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Déliberation - cm170418
Document publié le Mardi 17 avril 2018 par la commune de Sainte-Luce-sur-Loire.
Lien du pdf (Déliberation - cm170418)
Thèmes du document : Démocratie locale et participation citoyenne, Aménagement du territoire, Investissement et développement économique,
1
Ville de Sainte - Luce - sur- Loire
Conseil municipal
Discours de Jean- Guy Alix, maire
Mardi 17 avril 2018 à 18h30
Mes chers collègues,
Plus que jamais, le devenir de notre commune est le fruit d'une
interaction entre les décisions communales et les orientations prises à
l'échelle de la métropole. Si nous décidons des équipements et des
services publics, l'aménagement de notre territoire est aussi pensé
dans une perspective d'agglomération : c'est le cas de notre réflexion
en cours sur la Loire, qui fait suite aux 30 engagements pris à l'échelle
de Nantes Métropole. C'est le cas des politiques de déplacements,
d'habitat et plus généralement de l'aménagement du territoire. Penser
la ville aujourd'hui, c'est effectuer sans cesse des zooms avant et
arrière pour passer d'une vision rapprochée à une vision éloignée, et
inversement. Si l'on se rapproche trop, il est possible d'oublier les
enjeux. Si l'on s'éloigne trop, c'est la proximité qui en pâtit. Il n'est pas
simple pour les habitants de s'y retrouver et c'est d'ailleurs toute la
richesse d'une instance d'expertise citoyenne comme le Conseil de
Développement Lucéen que d'y contribuer. La démocratie locale
mérite ce type de laboratoire pour concevoir de nouvelles formes
d'apprentissage et de partage et je salue l'initiative du Cdl d'organiser
prochainement des réunions d'informations pour mieux comprendre le
PLUm.
Notre rôle d'élus municipaux et communautaires consiste justement à
réussir ce yoyo perpétuel entre l'intérêt local et l'intérêt
intercommunal. C'est en pleine conscience de l'équilibre des échelles
d'enjeux que Sainte-Luce s'est abstenue vendredi sur le projet de Plan
Local d'Urbanisme métropolitain (PLUm), comme nous avons
finalement choisi d'émettre ce soir un avis défavorable sur le projet de
Plan de Déplacements Urbains (PDU). Ces documents stratégiques
vont être soumis prochainement à des enquêtes publiques et il est
essentiel que les Lucéennes et les Lucéens puissent en saisir les enjeux
et nos réserves, au-delà des objectifs globaux, largement consensuels.2
Oui, bien sûr, nous partageons les grandes orientations
d'aménagement du territoire et de l'organisation des déplacements de
notre agglomération, laquelle se place désormais dans une perspective
européenne. L'organisation urbaine, le développement de pôles de
centralité, le rôle de la Loire, la réduction mesurée de la place de la
voiture, le développement des transports collectifs et des
déplacements doux, le soutien à l'activité économique, tout cela nous
le soutenons. Sur le PLUm, nous avons été entendus par Nantes
Métropole et le projet de règlement va dans le sens d'un meilleur
équilibre entre centralités et zones pavillonnaires. Le rythme de
construction sera ralenti, avec 140 logements neufs produits par an.
Mais il est un élément essentiel sur lesquels ni le projet de PLUm, ni
le projet de Plan de Déplacements Urbains ne répondent
suffisamment, c'est l'évolution démographique du nord Est de
l'agglomération nantaise. Le développement de l'agglomération est en
train de s'équilibrer sur sa partie Est, qui s'urbanise rapidement, très
rapidement. Ce n'est pas un hasard si Sainte-Luce est la commune qui
a connu le plus fort essor démographique de Loire-Atlantique entre
2009 et 2014. Thouaré n'est pas loin derrière. Mais où sont les
équipements publics métropolitains structurants et la prise en compte
de ce développement dans les schémas de déplacement ? Il y a certes
eu la ligne C7 mais elle s'arrête à la Souillarderie. Comment sont pris
en compte l'impact du futur quartier nantais des Gohards, tout prêt de
chez nous, et celui des nouveaux quartiers thouaréens ? Pourquoi
aucun transport collectif en site propre n'est prévu route de Paris ?
Quid d'un arrêt TER ou d'une ligne express via la prairie de Mauves ?
Pourquoi ne pas prolonger la C7 jusqu'au centre de Nantes ?
Notre secteur est le grand oublié des projets de développement de
Nantes Métropole, qui ne prend pas suffisamment en compte la
mutation majeure de notre territoire et les attentes de nos habitants. En
s'abstenant sur le PLUm et en émettant un avis défavorable sur le
PDU, nous souhaitons exprimer non pas notre désaccord de fond sur
les grandes orientations mais la nécessité de rééquilibrer les politiques
publiques de la Métropole pour tenir compte de l'Est de
l'agglomération.3
Il n'est pas trop tard et nous pourrons notamment le faire mercredi lors
de la réunion publique sur le PDU organisée à 18h30 salle Renée-
Losq par Nantes Métropole.
Un autre sujet d'actualité a des résonnances à la fois locales et
métropolitaines, c'est celui de l'accueil des Roms migrants, que nous
allons aborder ce soir à travers deux délibérations : une demande de
fonds de concours à Nantes Métropole et le tarif d'occupation
provisoire du terrain de transit de la rue de la Gironnière. Ce sont des
questions complexes sur lesquelles je n'ai pas choisi la simplicité car il
faut trouver le juste équilibre entre humanisme et respect du droit,
comme nous l'avons titré vendredi dernier dans Sainte-Luce Infos.
J'estime que la Ville, en accueillant des familles au 86, rue de la Loire
et dans un terrain de transit rue de la Gironnière, a accompli son
devoir d'humanité. Pour le reste, dans le respect de la vie quotidienne
des riverains et pour un juste équilibre à l'échelle de l'agglomération,
nous ne pouvons aller plus loin. La Loi doit être respectée. Je vous
informe d'ailleurs que le terrain occupé illégalement rue de la Piais a
été quitté par ses habitants le week-end dernier.
La question des migrants ne peut être résolue à la seule échelle locale,
au risque d'exacerber localement les tensions. C'est le sens de la
circulaire gouvernementale du 31 janvier qui prévoit la réduction
durable des bidonvilles dans les 5 ans dans une démarche humaine et
exigeante favorisant l'insertion et qui s'inspire des expériences locales,
comme celle menée à Sainte-Luce. C'est aussi l'occasion pour moi de
saluer le travail mené par les bénévoles de Soleil Rom, même si nous
avons choisi de confier la gestion du 86 rue de la Loire à l'association
spécialisée Une famille Un toit pour inscrire cette démarche dans une
approche plus professionnelle et plus métropolitaine.
Dernier sujet à consonance à la fois locale et métropolitaine, l'avenir
des bords de Loire. Nous allons demander à Nantes Métropole des
fonds de concours pour aménager l'île Clémentine et passer une
convention avec le nouveau gestionnaire de la buvette de la Sablière
du Voyage à Nantes.4
Au cœur de ces deux projets, le tourisme et la préservation des
espaces naturels ligériens. Aujourd'hui, nous travaillons sur l'avenir de
nos bords de Loire, en lien avec le Conseil de Développement Lucéen
et le CAUE (Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement) et
nous reviendrons vers vous en juin pour vous présenter à la fois la
méthode et les grandes orientations de notre projet Loire.
Enfin, je conclurai par un sujet plus local : le Théâtre Ligéria et sa
saison culturelle. La dernière s'est achevée vendredi dernier par le
succès des Faux British. La prochaine sera lancée mi-juin et nous
allons vous proposer d'adopter la nouvelle grille de tarifs et demander
des subventions pour rénover le théâtre Ligéria cet été.
Notre programme d'équipements est ambitieux, conséquent, ce qui
peut expliquer certains retards en raison d'aléas techniques, mais dans
quelques mois, Sainte-Luce disposera d'un réseau étendu
d'équipements publics et de nouveaux services, répondant aux attentes
de nos concitoyens.
Je vous remercie.