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unknown - Communauté d'agglomération - Provence Alpes agglomération - 16 Charte avril24
Document publié le Lundi 1 janvier 2024
Lien du pdf (unknown - Communauté d'agglomération - Provence Alpes agglomération - 16 Charte avril24)
Thèmes du document : Environnement, Eau et assainissement, Aménagement du territoire,
PROJET DE CHARTE
2024-2039 VISER L’ÉQUILIBRE
Version mars 2024
PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON
93 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
En décembre 1929,
André Breton définissait le surréalisme comme
« la recherche d’un certain point de l’esprit
d’où la vie et la mort,
le réel et l’imaginaire,
le passé et le futur,
le communicable et l’incommunicable,
le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement ».
Peu de temps après, il localisait ce point de l’esprit
dans un site des gorges du Verdon, appelé Le Point Sublime.
©B.
Vac
her
a n d
- D
e n
a n
dPRÉAMBULE
Les changements climatiques et sociétaux en
cours ont et auront des répercussions impor-
tantes sur nos modes de vie, notre environne-
ment, et notre rapport à la nature. La diminu-
tion de la ressource en eau, le dépérissement
forestier, l’érosion de la biodiversité, la baisse des
rendements agricoles, les risques accrus d’aléas
naturels, sécheresses ou inondations, sont
autant de signes précurseurs qui démontrent
que notre territoire est vulnérable et impacté par
le contexte mondial, notamment concernant les
nombreuses ressources sous tension, dont l’eau et
l’énergie. Ces problématiques viennent s’ajouter,
voire renforcer celles déjà existantes : difficultés
d’accès au logement ou au foncier, de mobilité,
de maintien des services et des commerces de
proximité, ou d’accès à la culture. Le Verdon est
un territoire remarquable aux paysages majes-
tueux qui attire de nouveaux habitants et de
nombreux visiteurs chaque année permettant un
dynamisme économique. Cependant, les phéno-
mènes de concentration de la fréquentation sur
la période estivale et sur certains sites embléma-
tiques causant des dégradations ou des conflits
d’usage, doivent être traités collectivement pour
parvenir à un développement respectueux des
ressources naturelles et humaines.
Les bouleversements en cours viennent ques-
tionner cet équilibre précaire et nous obligent à
anticiper l’avenir. Que voulons-nous pour demain ?
Comment consolider nos bases ? Comment se
préparer au mieux pour garder l’équilibre ?
La période des deux décennies qui s’ouvre est
décisive pour pouvoir encore réagir : limiter le ré-
chauffement, en atténuer les impacts, s’adapter,
renforcer la résilience du territoire pour garantir
un cadre de vie durable à ses habitants et un
accueil de qualité à ses visiteurs. Deux décennies,
c’est le temps de notre charte de territoire.
Pour traverser ces moments difficiles, il nous
faudra trouver des solutions, chercher des
consensus, faire des choix qui nous permettront
à la fois de maintenir nos activités économiques,
de préserver notre qualité de vie, de gérer et
d’économiser des ressources naturelles de
plus en plus sous pression, et surtout de vivre
ensemble sans que les plus faibles ne soient
lésés. Il nous faudra reconsidérer notre place
dans la nature, sans tenter de la soumettre ou
d’en disposer sans limite. Trouver des solutions
innovantes, pouvant s’inspirer du passé et de nos
savoir-faire pour préparer un avenir satisfaisant.
Reconsidérer nos « biens communs » pour les
transmettre aux générations futures, s’appuyer
sur une ruralité porteuse d’avenir.
Cette recherche d’équilibre dans un contexte
complexe et sous pression s’inspire de la notion
de « capacité de charges » appliquée à l’origine à la
gestion des sites naturels et qui demande de s’accor-
der sur un objectif (un seuil), le définir collectivement
en tenant compte de plusieurs critères (humains,
économiques, environnementaux…) et s’en servir de
référence pour s’organiser, pour guider les décisions
et les choix d’aménagement ou de développement. Elle
peut s’appliquer à de nombreux sujets.
Une telle démarche exige que les décideurs et les ges-
tionnaires du territoire s’appuient sur plusieurs sources
de données techniques, sur l’expertise scientifique mais
aussi sur la connaissance et l’expérience des habitants.
La vie démocratique locale repose sur la « confronta-
tion » de visions et d’intérêts contradictoires. Le rôle
du Parc est d’animer autour d’une même table ges-
tionnaires, décideurs, usagers, experts techniques
et scientifiques pour permettre de faire progresser
collectivement la connaissance, de partager des
analyses et de débattre des solutions.
Le rôle du Parc est aussi de redonner toute sa place
à la science dans les processus de décisions.
C’est sans par l’acquisition de connaissances
fondées sur des pratiques et des méthodes
scientifiques rigoureuses que l’on peut
asseoir un langage commun et permettre des
décisions éclairées. Cela constitue un gage de
qualité et de sérieux envers les acteurs locaux
et une garantie vis-à-vis d’autres acteurs
régionaux ou nationaux.
C’est l’esprit dans lequel nous avons construit
la 3 e charte du Parc naturel régional du Verdon.
Une charte ambitieuse, issue d’une dynamique
de concertation, qui se veut fédératrice et en-
traînante, pour nous permettre de mobiliser des
moyens et des partenariats, et faire bouger les
lignes sur des sujets importants pour le territoire.
Un projet qui nous « oblige » aussi à être lucides,
à anticiper les changements et nous met face à
la difficulté partagée de susciter l’adhésion. Cette
ambition est couplée à une attitude réaliste sur
les moyens à mobiliser, les financements à trouver,
le pragmatisme à appliquer dans la priorisation de
nos interventions, la déclinaison des objectifs en
actions.
Le Président du Parc naturel régional du Verdon
5 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039SOMMAIRE
1 De la création du Parc à la 3e Charte ...................................................................................page 14
2 Une démarche de révision collective et progressive ..................................................page 18
3 Un périmètre d’étude qui réaffirme l’identité du Verdon ......................................... page 22
4 Les grands enseignements de la 2e Charte .....................................................................page 26
5 Le Verdon, un territoire rural en mutation .......................................................................page 31
1 La portée de la Charte ...............................................................................................................page 38
2 L’esprit de la Charte : faire ensemble ................................................................................ page 40
3 Le dispositif d’évaluation et de suivi du territoire ........................................................ page 51
1 Les enjeux et les défis de la nouvelle Charte.................................................................. page 54
2 Les objectifs de la nouvelle Charte .................................................................................... page 60
3 Guide de lecture des fiches et des objectifs ...................................................................page 61
4 Déclinaison des 3 Ambitions / 11 Orientations .............................................................page 66
PARTIE 1
Les fondements de la Charte page 13
PARTIE 2
Le cadre de la nouvelle Charte page 37
PARTIE 3
Un projet de territoire construit autour du changement climatique page 53
AMBITION 1
Agir collectivement face aux bouleversements
climatiques et sociétaux page 67
6 7 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
ORIENTATION 1
Animer et organiser un territoire plus résilient au changement climatique ........page 68
MESURE 1.1
Susciter la prise de conscience collective face à l’urgence des enjeux du changement climatique ..........................................................................................................page 70
MESURE 1.2
Promouvoir un développement rural innovant, répondant aux besoins essentiels et fonctionnels des habitants du territoire.......................................................................... page 74
MESURE 1.3
Développer l’économie circulaire et le lien entre consommateurs
et producteurs ................................................................................................................................... page 79
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous ...............................................................................................page 84
MESURE 2.1
Réduire la consommation énergétique du territoire ...................................................... page 87
MESURE 2.2
Faire du Parc un « territoire de villes et villages étoilés » à l’horizon 2039 ........page 92
MESURE 2.3
Accompagner le développement de petits projets énergétiques dans une démarche citoyenne .............................................................................................................. page 95
MESURE 2.4
Maîtriser la production industrielle d’énergie renouvelable dans le respect de la biodiversité et des paysages ...........................................................................................page 99
ORIENTATION 3
Renforcer l’éducation et l’esprit critique pour permettre à chaque citoyen d’agir face aux évolutions sociétales et environnementales ................................... page 106
MESURE 3.1
Adapter les actions pédagogiques aux différents publics ....................................... page 108
MESURE 3.2
Diversifier l’offre de formation pour accompagner le changement des pratiques des acteurs socio-professionnels et ouvrir des perspectives aux jeunes ..........page 112
MESURE 3.3
Soutenir les initiatives locales et favoriser les débats et
la participation citoyenne ...........................................................................................................page 116
Des pièces complémentaires précisent certains points ou permettent un récapitulatif, elles sont disponibles sur www.parcduverdon.frSOMMAIRE
AMBITION 2
Gérer de manière concertée nos « biens communs » page 121
8 9 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques .................................................................. page 179
MESURE 6.1
Améliorer les connaissances pour guider les choix de gestion forestière dans le contexte de changement climatique .........................................................................page 182
MESURE 6.2
Promouvoir une gestion forestière multifonctionnelle respectueuse des milieux ......................................................................................................................................... page 187
MESURE 6.3
Générer une dynamique territoriale permettant à chacun de comprendre les enjeux de la forêt ...........................................................................................................................page 196
ORIENTATION 7
Révéler et partager le patrimoine culturel .........................................................................page 201
MESURE 7.1
Sensibiliser à la fragilité du patrimoine bâti et des sites archéologiques et favoriser leur préservation ou leur restauration .......................................................... page 204
MESURE 7.2
Revitaliser et valoriser le patrimoine culturel ..................................................................... page 209
MESURE 7.3
Développer la transmission du patrimoine culturel pour que chacun devienne « passeur de patrimoine » ................................................................................................................page 213
ORIENTATION 8
Révéler et préserver les paysages du Verdon, accompagner leur évolution .....page 216
MESURE 8.1
Préserver les éléments caractéristiques et identitaires des paysages du Verdon .................................................................................................................................................. page 221
MESURE 8.2
Promouvoir une approche qualitative auprès des différents publics
afin d’accompagner les évolutions paysagères ...................................................................page 226
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques ........................................................... page 122
MESURE 4.1
Partager une culture commune et une gestion concertée de l’eau à l’échelle des bassins versants et déversants ...................................................................................... page 125
MESURE 4.2
Restaurer, atteindre et garantir une bonne qualité de l’eau
et des milieux aquatiques ..........................................................................................................page 129
MESURE 4.3
Piloter la gestion concertée pour une répartition équitable de l’eau entre milieux et usages, en exigeant la solidarité aval amont .............................................................. page 135
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures .............................................................................................................page 139
MESURE 5.1
Poursuivre l’acquisition et le partage des connaissances pour inciter à agir ......page 142
MESURE 5.2
Intégrer les enjeux de biodiversité dans les choix d’aménagement
et de gestion du territoire .........................................................................................................page 149
MESURE 5.3
S’engager concrètement et durablement dans des actions de gestion et de restauration de la biodiversité ....................................................................................page 158
MESURE 5.4
Préserver et valoriser la géodiversité dans ses différentes composantes ..........page 168
MESURE 5.5
Prévenir les risques de nuisances liés aux activités motorisées dans les espaces naturels ..................................................................................................................... page 174
Des pièces complémentaires précisent certains points ou permettent un récapitulatif, elles sont disponibles sur www.parcduverdon.frSOMMAIRE
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines ........................................................................................................................................ page 271
MESURE 11.1
Construire une offre d’écotourisme fondée sur la découverte, la rencontre et le respect des territoires ............................................................................................................ page 274
MESURE 11.2
Poursuivre la construction de la destination « Verdon » et sa promotion pour réussir un tourisme ancré au territoire, engagé dans la gestion de ses ressources et la qualité de vie de ses habitants .................................................................................................................................. page 280
MESURE 11.3
Améliorer l’accueil sur les sites et accompagner l’évolution des métiers du tourisme et des pratiques de loisirs pour atteindre collectivement une juste régulation de la fréquentation ....................................................................................................................................page 284
Index des sigles et abréviations ............................................................................................. page 292
AMBITION 3
Viser un développement équilibré du territoire page 231
10 11 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année..................................................................................................... page 232
MESURE 9.1
Accompagner la mise en œuvre des différentes politiques d’aménagement de l’espace en prenant en compte les spécificités rurales du Verdon .....................page 236
MESURE 9.2
Promouvoir et accompagner des projets d’aménagements
et d’habitats qualitatifs .................................................................................................................... page 242
MESURE 9.3
Reconquérir les cœurs de villages pour redonner envie de « vivre ensemble » ...page 248
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire ................................. page 252
MESURE 10.1
Favoriser le renouvellement des générations d’agriculteurs en préservant le patrimoine agricole ........................................................................................................................page 256
MESURE 10.2
Soutenir un pastoralisme viable, indispensable à la vie des communes et à a diversité des paysages ....................................................................................................... page 260
MESURE 10.3
Accompagner l’adaptation des pratiques agricoles face aux contraintes économiques et aux défis environnementaux .....................................................................page 264
MESURE 10.4
Valoriser les savoir-faire respectueux de la nature et les produits
agricoles répondant aux besoins alimentaires locaux .....................................................page 268
Des pièces complémentaires précisent certains points ou permettent un récapitulatif, elles sont disponibles sur www.parcduverdon.frPARTIE 1
Les fondements de la Charte
1 De la création du Parc à la 3e Charte
2 Une démarche de révision collective et progressive
3 Un périmètre d’étude qui réaffirme l’identité du Verdon
4 Les grands enseignements de la 2e Charte
5 Le Verdon, un territoire rural en mutation
13
P. 14
P. 18
P. 22
P. 26
P. 311. LES FONDEMENTS DE LA CHARTE
14 15 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Il convient de préciser que le classement du Parc pour
une durée de sept ans a néanmoins été ressenti
au niveau local comme une frustration par tous
ceux qui s’étaient impliqués dans la préparation et
dans la défense de la candidature du Verdon pour
l’obtention du label Parc naturel régional.
Ce classement inférieur à dix ans a ainsi fragilisé
le Parc au niveau local dans sa crédibilité à
porter une politique ambitieuse, inscrite sur le
long terme.
Malgré cela, le premier temps fort du Parc
nouvellement créé a été l’obtention d’un
contrat d’objectif touristique négocié pour la
période 1997-1999, dans le cadre du Contrat
de Plan État-Région.
Ce programme a permis d’une part, de
financer les premières actions portées par
le Parc et ses partenaires et, d’autre part,
d’instaurer des habitudes de travail entre le
Parc et ses principaux partenaires (Conseils
généraux, Région, État, Datar).
En 1999, la Loi sur l’aménagement et le
développement durable du territoire (LOADDT)
a instauré un volet territorial au Contrat de Plan
État-Région au bénéfice des territoires organisés
(Pays, Agglomérations et Parcs naturels régionaux).
C’est ainsi que le Parc a pu solliciter l’État et la
Région pour l’obtention d’un Contrat de Parc.
La préparation et la négociation, aux côtés des trois
autres Parcs naturels régionaux de Provence-Alpes-
Côte d’Azur, a duré près de deux années. Elle a
finalement abouti à la signature d’un Contrat de Parc
pour la période 2001-2003 (renouvelable pour la
période 2004-2006).
Dès 2001, les moyens apportés par ce contrat ont
permis de doubler l’équipe technique du Parc et ainsi
de répondre aux attentes exprimées fortement par les
acteurs du territoire.
1.1 DE LA CRÉATION DU PARC À LA 3e CHARTE
En novembre 1992, la commission extra-syndicale
a procédé à la mise en place d’une structure provi-
soire de préfiguration du Parc, l’association pour la
création du Parc naturel régional du Verdon.
Composée d’élus de la région, des deux départe-
ments concernés et des 48 communes pressen-
ties initialement pour le futur Parc, cette associa-
tion avait une durée de vie limitée dans le temps.
Elle a passé le relais en mars 1995 à un syndicat
mixte de préfiguration du Parc naturel régional
du Verdon qui prend la dénomination de syndi-
cat mixte de gestion du Parc naturel régional
du Verdon, le jour de la publication du décret
de classement.
Ce syndicat mixte de préfiguration a approuvé
en juin 1996 le projet de charte et l’a transmis au
Conseil régional pour délibération des collectivi-
tés locales concernées.
Le Conseil régional l’a adopté en octobre 1996
et transmis à l’État. Le décret de classement
du Parc a été pris le 3 mars 1997.
1997 À 2004 : SEPT ANNÉES
POUR RELEVER LES DÉFIS
DU VERDON
Dans la phase d’étude préalable à la création
du Parc, de nombreux acteurs se sont mobilisés
pour soutenir ce projet. La mise en place de
cette structure de gestion paraissait particu-
lièrement opportune au regard des richesses
exceptionnelles du territoire, mais aussi des
pressions qui s’y exerçaient.
La création du Parc en mars 1997 a ainsi récom-
pensé sept années de travail de collectivités
territoriales et d’associations.
Il faudra attendre la création du syndicat mixte
des pays du Verdon, dans les années 1970, pour
dépasser ce sentiment de dépossession, et voir
des élus ou des associations locales se structurer
pour faire valoir les intérêts locaux et promouvoir
un développement plus intégré.
Le dynamisme et les travaux du syndicat
mixte des pays du Verdon ont ainsi, pendant
plusieurs décennies, jeté les bases d’une identité
territoriale et posé les premières pierres de
stratégies de développement et d’amélioration
du cadre de vie. En 1988, le syndicat organise
les « Assises du Verdon » dont les conclusions
proposent la création d’un Parc naturel régional.
DE L’IDÉE D’UN PARC NATUREL
RÉGIONAL POUR LE VERDON À SA
MISE EN PLACE
Le projet de Parc naturel régional du Verdon a
été mis à l’étude par décision du Conseil régional
Provence-Alpes-Côte d’Azur le 17 décembre 1990.
La phase de préparation a été confiée à l’Agence
régionale pour l’environnement (ARPE), qui a mis
en place un comité de pilotage : la commission
extra-syndicale, structure de réflexion. Cette
commission associait les différents partenaires
concernés placés sous la présidence du Conseil
général des Alpes-de-Haute-Provence avec la
composition suivante : le collège des communes,
le collège des départements, de la Région et de
l’État, le collège des organismes associés.
Cette commission extra-syndicale a présidé aux
travaux techniques coordonnés par un chargé
de mission spécialement recruté pour le projet,
Serge Menicucci. Le bureau d’études Urbanis a
été également missionné au début de la mise à
l’étude pour dresser un inventaire des ressources
et patrimoines naturels, culturels et économiques
du territoire. Cet inventaire a été restitué en
décembre 1991.
Des réunions de travail ont eu lieu entre
septembre 1991 et avril 1992 au cours desquelles
ont été examinés, dans chaque catégorie, les
thèmes proposés par les élus (patrimoine culturel,
patrimoine naturel, activités économiques,
équipements collectifs et infrastructures) dont se
sont dégagés 3 thèmes majeurs qui constituent
les domaines d’intervention du Parc :
• l’eau,
• le paysage et le patrimoine naturel,
• les activités agricoles, forestières
et touristiques.
Cirque de Vaumale ©P. Murtas
Le Parc naturel régional du Verdon a été classé le
3 mars 1997 par décret du 1er Ministre (décret
n° 97-187) puis son classement a été renouvelé le
27 février 2008 (Décret n° 2008-181) pour une
durée de 12 ans. La Loi n° 2016-1087 du 8 août
2016 pour la reconquête de la biodiversité, de
la nature et des paysages a introduit plusieurs
évolutions pour les PNR, dont le passage de la
durée des chartes à 15 ans. Dans ce cadre, le
comité syndical a demandé cette prolongation
de 3 années supplémentaires en octobre 2016
et le Décret n° 2018-48 du 29 janvier 2018 a
reporté l’échéance du classement au 27 février
2023. Enfin, la loi portant lutte contre le dérè-
glement climatique d’aout 2021 (article 232)
a prorogé d’un an les classements de Parcs
naturels régionaux en cours de révision pour tenir
du contexte sanitaire.
LA LENTE CONSTRUCTION D’UNE
IDENTITÉ TERRITORIALE
Territoire très rural et souvent « oublié » aux confins
de deux départements, le Verdon sort de sa longue
léthargie au début du XXe siècle avec la « révélation »
des gorges par E.-A. Martel et I. Blanc. Ce sera le début
d’une longue construction touristique que plusieurs
personnages emblématiques comme Joëllo Font d’Eïlenc
dès les années 1930, ont contribué à façonner. Entre les
deux guerres, sous l’impulsion d’un grand amateur du
patrimoine, Marcel Provence, plusieurs musées sont
créés sur le territoire pour valoriser des patrimoines
ou savoir-faire typiques (musée lapidaire à Riez…).
En 1927, Marcel Provence rallume un four, relançant
ainsi la production de faïence de Moustiers.
Au milieu du XXe siècle, le programme d’aménagement
des compagnies électriques régionales puis, à partir
de 1945, d’EDF, permet l’édification de cinq
barrages : Castillon, Chaudanne, Esparron, Quinson
et Sainte-Croix, artificialisant le cours de la rivière,
noyant des terres agricoles, des fermes et le village
des Salles-sur-Verdon en 1974.
Cette transformation du territoire se poursuit en
1976 avec l’inauguration du camp d’entraînement
militaire de Canjuers, le plus grand d’Europe,
nouveau symbole de l’expropriation des
habitants qui y abandonnent des parcours
pastoraux, des fermes et un village, Brovès.
Ces événements successifs ont, en une
période assez condensée, entraîné des
bouleversements de fond sur le territoire : le
paysage a changé, les activités économiques ont
muté, les expropriations justifiées par l’intérêt
général ont fait naître un sentiment d’injustice.
Les populations locales se sont senties reléguées
et ont cru leur territoire voué au service des
populations urbaines, consommatrices de leurs
ressources (eau, tourisme…).L’inauguration de la maison du Parc, en septembre
2001, dans une propriété acquise par le
Conservatoire de l’espace littoral et des rivages
lacustres est venue symboliser ce nouvel élan
donné au Parc.
Pour la période 2001-2003, le Parc a ainsi
développé son action en matière de gestion de
l’eau, de protection et de valorisation des patri-
moines naturel et paysager, de développement
économique, de communication et d’éducation
à l’environnement. Des démarches globales ont
ainsi été lancées :
• Schéma d’aménagement et de gestion
de l’eau (SAGE),
• Opération grand site (OGS) pour
les gorges du Verdon,
• Plan de gestion du lac de Sainte-Croix,
• Schéma des activités de pleine nature.
En octobre 2002, le Parc a souhaité déposer
sa candidature pour l’obtention d’un programme
d’initiative communautaire européen « Leader + »
conjointement au Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
et au syndicat mixte des Pays du Verdon. Ce projet
a été retenu aux côtés de 139 autres candidatures.
Il faut noter que l’objectif principal de ce programme
s’articulait autour d’une ambition politique de réparti-
tion des flux touristiques en dehors des circuits les plus
fréquentés et en dehors de la saison estivale, en valori-
sant les patrimoines de l’ensemble du Verdon.
LA 1 E RÉVISION :
UNE ÉTAPE DÉCISIVE
Dès juin 2002, le Parc, qui avait été initialement classé
pour sept années, a lancé la révision de sa Charte.
Cette démarche a été une opportunité pour analyser
le chemin parcouru, aller débattre avec l’ensemble des
acteurs du territoire sur le Verdon et ses enjeux et
construire une politique de développement durable
pour la période 2006-2016.
Face à un enjeu fort d’ouverture et d’amélioration de
sa lisibilité sur le territoire, le syndicat a mis à profit la
démarche de révision pour associer les acteurs locaux
et les impliquer dans la construction du diagnostic et
Fête du parc 2004, collectif anti THT ©JP. Gallet
16 17 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
des aménagements nouveaux et en assurer
la gestion. Les interventions ont vocation à
permettre de manière prioritaire la mise en œuvre
de l’Opération Grand Site des gorges du Verdon ;
En 2015, un deuxième objet est ajouté au
syndicat pour permettre d’officialiser l’animation
du Schéma d’aménagement et de gestion de
l’eau (SAGE) du Verdon sur l’ensemble du bassin
versant : les 69 communes et huit EPCI concernées
sont invitées à y adhérer ;
En 2019 : après deux ans de concertation avec
les EPCI du Verdon, un troisième objet est créé,
permettant le transfert de la compétence gestion
des milieux aquatiques (GEMA) et la délégation de la
compétence prévention des inondations (PI).
Des avancées importantes ont été réalisées durant
cette période dans les domaines suivants :
l’amélioration des connaissances, la valorisation
et la préservation des patrimoines
l’animation territoriale pour organiser les acteurs
et coordonner les politiques publiques (gestion
de l’eau notamment, mais également l’énergie)
les actions pédagogiques ou de sensibilisa-
tion (dont la ferme pédagogique de Valx et le
dispositif écogardes)
l’accompagnement de l’évolution des pra-
tiques agricoles (cf Regain) ou touristiques
et les choix d’aménagement ou de déve-
loppement (retranscription du plan du parc
dans les documents d’urbanisme…)
la coopération et le partenariat
2018 : CAP SUR LA 3 E CHARTE
À l’automne 2018, les premiers travaux de
révision de la Charte sont lancés, pilotés par
le comité syndical du Parc et s’appuyant sur
l’ensemble des membres des commissions
thématiques, les partenaires techniques et
associatifs, le conseil scientifique.
LA 2 E CHARTE : LE TEMPS
DE L’OUVERTURE
En mettant « l’homme au cœur du projet »,
la nouvelle charte du Parc présente des ruptures
fortes et des évolutions marquées avec l’ancien
projet de territoire. Ce nouveau projet doit
en effet amener le Parc à construire peu à peu
un avenir plus riche autant en termes de contenu,
puisque la structure doit s’adapter à de nouveaux
enjeux (développement de nouvelles missions
comme la culture et l’énergie), qu’en termes
de méthode et de stratégie puisque des besoins
forts de rapprochement avec les communes
et les habitants, ainsi que des besoins de
politique partenariale avec les autres structures
du territoire ont été mis en lumière.
Pour cela une interrogation et une recomposition
de l’organisation du Parc ont été menées,
autant en interne (c’est-à-dire au niveau de
l’équipe technique, de ses liens avec les élus,
du fonctionnement des différentes instances)
qu’en externe (lien avec les autres structures du
territoire, les communes, les habitants…).
L’arrivée des nouveaux élus en mars 2008 permet
de relancer la dynamique : neuf commissions
thématiques ouvertes aux partenaires et
aux associations sont créées, un conseil de
développement est mis à l’étude.
Plusieurs programmes d’actions pluriannuels vont
se succéder, en lien avec des outils financiers en
perpétuelle évolution et passant des principes de
la contractualisation à celui de l’appel à projets. Le
paysage institutionnel se modifie fortement, au gré
des réformes territoriales et le Verdon se couvre
progressivement d’intercommunalités.
Le syndicat gagne en moyens financiers et
humains, et fait évoluer son organisation pour
répondre aux besoins spécifiques du territoire :
En 2013 : création d’une régie d’aménagement
et de gestion des sites naturels fréquentés
pour assurer, seule ou en association avec les
collectivités publiques, la maîtrise d’ouvrage
du nouveau projet de Charte. Durant trois ans, de
nombreuses réunions ont permis d’enrichir le bilan
évaluatif : dix réunions publiques et une enquête
auprès des habitants, forum des associations,
contribution du conseil scientifique… La réalisation
du diagnostic, confiée à un bureau d’étude (BRLi)
a généré des ateliers, des visites, des rencontres
de partenaires… sous l’égide du conseil syndical.
Sur la base des conclusions du diagnostic rendu
en 2004, une douzaine de réunions publiques a
permis d’identifier les grandes orientations de la
nouvelle Charte qui ont été précisées par le forum
des associations et les commissions thématiques
en identifiant les mesures et dispositions de
chaque objectif et les engagements des différents
signataires aux côtés du syndicat.
Après les avis intermédiaires pris en compte,
le projet de Charte a été mis en enquête publique
au printemps 2006. Les collectivités se sont
prononcées en 2007 : 46 des 56 communes du
périmètre d’étude ont validé la nouvelle Charte et
le décret de renouvellement du label a été signé en
février 2008.
Cette période a été décisive pour le Parc : en
pleine période de doutes (difficultés financières,
départ du deuxième directeur, déception des
élus locaux…), l’éclaircie arrive avec la décision
du Conseil d’État d’annuler le projet de ligne
THT 2 x 400 000 volts qui devait traverser
le territoire en son cœur. Ce projet qui s’est
développé concomitamment à la création du Parc
a longtemps été une « épine dans le pied » du
syndicat. La décision de s’associer à la procédure
de recours enfin prise par le comité syndical en
2005 a permis de clarifier le positionnement du
Parc et la décision du Conseil d’État a été vécue
comme une réelle victoire locale et a redonné
confiance aux acteurs.
Progressivement, des partenariats avec les ac-
teurs-clés du Verdon ont été conclus (Electricité
de France, Société du Canal de Provence…), des
programmes d’actions plus conséquents lancés
(éducation à l’environnement…), et de nouvelles
thématiques investies (développement, culture…).
Les moyens du Parc se sont étoffés et l’équipe a
pu se diversifier en gagnant en compétences.1.2 UNE DÉMARCHE DE RÉVISION
COLLECTIVE ET PROGRESSIVE
des moyens de communication, de
reprographie.
Dès le démarrage, une équipe projet a été
instaurée qui a eu pour objectif la production
d’une grande partie des pièces, et a été force de
proposition pour alimenter les temps de réflexion
et de rédaction par les partenaires et les élus.
C’est également l’équipe projet qui assurait les
temps d’animation…
Un enjeu important était la transparence de la
démarche et cela passait par la mise à disposition
des données et des documents produits à
l’ensemble des partenaires associés à la révision
mais également aux habitants du territoire. Cela a
été permis par la création d’une rubrique spéciale
révision de la Charte sur le site Internet du Parc
et la mise en ligne régulière des documents :
www.parcduverdon.fr/fr/verdon2038
Un plan de communication a été défini pour
répondre aux objectifs suivants :
Permettre les échanges d’information et faciliter
la collaboration de différentes parties prenantes
dans la rédaction de la Charte et de ses annexes.
Accompagner l’appropriation de la démarche
par les futurs signataires en leur permettant de
comprendre la procédure, de suivre les avancées
et de s’approprier les enjeux et contenus.
Rechercher l’adhésion, donner envie de participer
à la concertation.
Anticiper la validation de la Charte par les futurs
conseils municipaux issus des élections de 2020
en faisant de la nouvelle Charte du Parc un sujet
d’intérêt.
Les besoins et les outils à réaliser ont été
produits de manière progressive au gré de
l’avancement des travaux et en lien avec les
étapes de la procédure (concertation/avis/
validation). Certains ont été conçus de manière
mutualisée entre plusieurs Parcs, comme la vidéo
de présentation des révisions de chartes.
Le Parc du Verdon a choisi d’internaliser la
réalisation d’une grande partie de la procédure
de révision depuis la réalisation du diagnostic
de territoire. Ce choix était lié à des questions
budgétaires, mais surtout à la volonté de
mobiliser l’expérience, les compétences et les
années de connaissance du territoire accumulées
par l’équipe du Parc. Cela a également permis de
prendre le temps de s’appuyer sur les partenaires
et acteurs locaux pour une analyse plus partagée
du diagnostic, de l’évaluation et de l’écriture des
nouveaux objectifs.
3. La consultation intermédiaire : phase impor-
tante des avis intermédiaires obligatoires (CNPN,
Fédération des Parcs, Autorité environnemen-
tale…) qui permet d’amender et d’enrichir le
projet : réalisée en 2022 et début 2023,
4. La phase de validation : après l’enquête
publique, elle donne lieu aux délibérations
d’adhésion puis aux examens finaux par l’État
avant la signature du Décret par le 1 er Ministre :
prévue en 2023 et 2024.
Cette procédure de révision prend au minimum
4 ans, mais peut être plus longue en fonction
du contexte : il faut notamment tenir compte
des échéances électorales qui peuvent créer
des temps de latence au cours de la démarche
et également penser à faire le lien avec les
calendriers des autres démarches territoriales
(SCOT…). Pour le Verdon, le calendrier de la
révision a également été particulièrement impacté
par les conséquences de la crise sanitaire du
Covid 19 : les différentes phases de confinement
et le report des élections communales de 2020
ont entraîné un retard dans tous les temps de
concertation. La Loi portant lutte contre le
dérèglement climatique et renforcement de la
résilience face à ses effets qui a été publiée au
journal officiel du 24 août 2021 (article 232) a
prolongé la durée de validité de la Charte actuelle
d’un an, permettant de finaliser plus sereinement
l’écriture de la nouvelle Charte.
UNE DÉMARCHE DE RÉVISION
CO-CONSTRUITE PAR LE SYNDICAT
MIXTE ET LA RÉGION PROVENCE-
ALPES-CÔTE D’AZUR :
Une réflexion a été conduite avec les services
de la Région pour identifier les moyens à mobiliser,
en recherchant un maximum de mutualisation
(entre Parcs et avec les services internes de la
Région). Elle a permis de valider un budget de
révision pour prendre en charge les moyens
d’animation, d’ingénierie, de communication… et
se caler sur le financement de ce budget :
des moyens humains en interne au syndicat
(chargés de mission, géomaticien et évaluation,
concertation, communication, chargés de
mission et direction) et au sein des services
régionaux ;
de l’expertise complémentaire (partenariat
services régionaux, universités, agences
d’urbanisme, ARPE, GREC Sud, INSEE…),
conseil scientifique et consultants sur certains
points (évaluation, réécriture, concertation…) ;
des moyens de concertation (formation,
petit matériel, déplacements, location et frais
de convivialité…) ;
UNE DYNAMIQUE
DE CONCERTATION ANIMÉE
PAR LE PARC
• Élaborer le processus de concertation
C’est l’équipe du Parc qui a été chargée d’élaborer
le processus de concertation pour la révision de la
charte. Afin d’animer cette démarche participative et
collective, l’équipe du Parc a bénéficié d’une formation
par une structure spécialisée en éducation populaire
(SCOP l’Orage). Elle a ainsi essayé de développer des
outils et des méthodes favorisant le partage des idées,
garantissant à la fois la transparence du processus de
décision, l’expression et la prise en compte de tous les
participants.
• Animer la démarche de concertation
Une révision est un exercice complexe de concertation
associant différents types de partenaires et de publics.
Il convient de bien les identifier en amont en précisant
la nature des attentes pour chacun d’eux :
• La Région : prescrit le renouvellement et
conduit la démarche de révision,
• L’État : accompagne la procédure par des
avis motivés à chaque grande étape et veille
au respect des exigences qualitatives au
moment de la validation finale + veille au
respect des engagements,
• Les départements, les communes et leurs
groupements : participent aux travaux et
s’engagent à respecter les objectifs de la
Charte par délibération,
• Le syndicat : anime les travaux de révision en
permettant aux partenaires institutionnels,
à la communauté scientifique et aux acteurs
associatifs et économiques ainsi qu'aux
habitants de s’impliquer. Il coordonne les
contributions et valide toutes les étapes.
La période marquée par les séquences
successives de confinement a également
accru le recours aux nouvelles technologies en
permettant d’organiser des ateliers avec l'appui de
visio-conférences.
18 19 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
LE CADRE DE RÉFÉRENCE :
Une démarche de révision est longue, très
encadrée, et complexe : il s’agit tout à la fois de :
redéfinir la stratégie concertée de dévelop-
pement et de préservation du territoire,
créer ou relancer une dynamique collec-
tive d’appropriation des enjeux du territoire
et de validation concertée des objectifs
pour l’avenir,
aboutir à la validation coordonnée de ce
nouveau projet par délibération des collecti-
vités locales (engagements des communes,
EPCI, départements) et de la Région,
produire un projet qui réponde aux attentes
de l’État, garant de la politique des PNR et qui
le validera in fine, sur la base de différents avis
(CNPN, Fédération des Parcs…),
respecter la procédure, très normée,
et produire les différentes pièces attendues,
identifier et mobiliser les différentes res-
sources nécessaires : humaines, financières…
Les textes de référence qui encadrent les révisions
de chartes sont très précis :
Articles L. 333-1 et L. 333-4 du code de l’environ-
nement,
Décret n° 2017-1156 du 10 juillet 2017 relatif aux
parcs naturels régionaux, issu de la Loi n° 2016-1087
du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité,
de la nature et des paysages,
La circulaire NOR : TREL1826915N du ministre de la
Transition écologique et solidaire du 7 novembre 2018.
Pour avancer sereinement dans cette longue
procédure, une feuille de route préalable a été
construite par le Syndicat mixte de gestion
du Parc, permettant la clarification des rôles
des différents intervenants, identifiant les
ressources, fixant des objectifs de production et
un calendrier… Elle a nourri le lancement officiel
de la démarche par délibération du comité
syndical et du Conseil régional Sud Provence-
Alpes-Côte d’Azur en juin 2019.
4 grandes étapes ont rythmé la révision de
la charte :
1. La phase préparatoire : définition du périmètre
d’étude, organisation de la méthodologie, des
moyens, bilan d’actions, décision de lancement
officiel en lien avec la Région et l’État : réalisée
en 2018 et début 2019,
2. L’élaboration du projet de charte : élaboration
et partage du diagnostic, de l’évaluation,
concertation des élus, acteurs et habitants
du territoire pour rédiger le projet stratégique,
élaboration du plan de parc et des pièces
complémentaires : réalisée en 2020 et 2021,Les ateliers de la charte #5
ont quant à eux permis de préciser et de rédiger
chaque mesure collectivement.
Les ateliers de la charte#6
ont permis de cartographier les zones du territoire
selon leur nature et leur vocation dominante, localiser
des objectifs de la charte sur les secteurs concernés
sur le Plan du Parc.
En s’appuyant sur les instances existantes, les modalités d’association suivantes ont été appliquées :
INSTANCE
INSTANCE
COMPOSITION
COMPOSITION
RÔLE
RÔLE
Comité de pilotage :
pilote la démarche et valide
toutes les étapes.
14 réunions entre 2018 et
2022 + 1 séminaire en vi-
sioconférence (en 10 réunions
d’une heure)
Contribuent aux différentes
étapes en apportant des
données, des analyses,
des avis et faisant des
propositions.
60 réunions entre
2018 et 2021
Appuie et accompagne
la révision.
6 réunions entre 2018 et 2021
Les délégués des communes + les
maires de toutes les communes
du périmètre d’étude + des EPCI +
départements + région + services
de l’État (Sous-préfet et DREAL)
+ villes-portes + représentants
des amis du Parc, du Conseil
de développement, du conseil
scientifique, des chambres
consulaires.
Élus communaux, intercommu-
naux, délégués au Parc, membres
du conseil scientifique du Parc,
membres des commissions
thématiques du Parc, membres du
conseil de développement ou de
l’association des amis du Parc
Direction du Parc, équipe projet,
services de la région, DREAL,
Sous-préfet coordinateur,
départements 04 et 83, services
des EPCI, représentants du
conseil scientifique, ARPE,
comité de massif
Le Comité syndical élargi
Les Ateliers de la Charte
Le Comité partenarial
Espaces de débats éphémères proposés aux
habitants pour permettre de contribuer au
diagnostic de territoire et à l’évaluation de l’action
du Parc.
Ces cafés organisés dans des bistrots ou
improvisés dans l’espace public prenaient la forme
d’entretiens individuels ou de discussions collec-
tives selon la configuration du lieu et le nombre
de participants.
8 réunions organisées en 2019,
80 personnes rencontrées
Habitants
du territoire
Cycle de conférences-débats proposé aux
habitants pour débattre des problématiques
identifiées au cours du diagnostic, mieux cerner
leurs envies et leurs attentes, cibler les enjeux
et objectifs prioritaires à traiter dans la nouvelle
Charte au cours des 15 prochaines années.
8 séances dématérialisées sur 4 thèmes organi-
sées à l’automne 2020.
Pour chaque Fabrique, des ressources docu-
mentaires étaient mises en ligne sur un mini-site
internet, une web-conférence organisée le
mercredi en soirée et un débat le samedi.
été présentés en Comité syndical. Ils nous ont
permis d’enrichir l’état des lieux du territoire,
le bilan des actions et du fonctionnement du
Parc. Des encadrés bleu intitulés « Le regard
des habitants » ont été introduits au diagnostic
afin de relayer l’expression des habitants.
Les cafés du Parc
La Fabrique du Parc Habitants du territoire
Les ateliers de la charte #1
ont été mis en place afin de permettre aux
participants de se questionner sur la pertinence
du périmètre actuel du Parc et proposer des
modifications argumentées pour établir le nouveau
périmètre d’étude. Sur la base de ces propositions
compilées dans un tableau analytique, le conseil
scientifique a formalisé un avis mobilisant un
argumentaire scientifique. Cet avis a été soumis
au conseil syndical qui a, après échange avec les
communes concernées, statué sur le périmètre
d’étude.
Les ateliers de la charte #2
ont réuni 150 participants pour définir par
thématique les enjeux prioritaires. Ce qui est
ressorti de ces ateliers (priorisation, grilles
AFOM) a été débattu et travaillé au sein du
Comité syndical et ont permis de poser les bases
de l’état des lieux du territoire.
20 21 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Les ateliers de la charte #3
ont quant à eux été mis en place pour faire le
bilan des actions menées dans le cadre de la
charte précédente en analysant l’atteinte des
objectifs. 10 ateliers thématiques ont ainsi été
organisés sur une journée au sein des locaux de
la Maison du Parc. Ces éléments de bilan ont été
débattus en deux temps lors de deux comités
syndicaux : l’un portant sur le bilan des actions
et l’autre sur le bilan du fonctionnement du Parc
et de sa gouvernance. Ce dernier point a généré
des réunions spécifiques avec les membres des
instances consultatives (conseil scientifique,
conseil de développement, association les amis
du Parc).
Les ateliers de la charte #4
(10 ateliers thématiques organisés sur 5 jours
et sur trois sites en simultanés) afin de définir
la stratégie de la nouvelle charte en posant
clairement des grandes ambitions (orientations),
des objectifs et des mesures répondant aux
enjeux identifiés lors des précédents ateliers et
des « Fabriques du Parc ».
Les cafés du Parc
ont permis de créer des espaces de discussion pour
les habitants, de mieux cerner leurs attentes, leurs
interrogations, leur lien au territoire mais aussi à
la structure. L’ensemble de ces témoignages ont
Ces 4 « Fabriques du Parc »
ont été ouvertes aux habitants afin de cibler
avec eux les enjeux et objectifs prioritaires à
traiter dans la nouvelle Charte au cours des 15
prochaines années. Les réflexions issues de ces
débats citoyens ont servi de base aux ateliers de
la charte #4 pour définir les grandes ambitions
(orientations), les objectifs et les mesures de la
nouvelle charte.nard-sur-Verdon, le nouveau périmètre a été
arrêté à cinquante-neuf communes, à savoir : les
quarante-six communes actuellement classées,
treize communes supplémentaires : Brunet,
Estoublon, Senez, Moriez, Lambruisse, La Mure-
Argens, La Roque Esclapon, Vérignon, Tourtour,
Villecroze, Montmeyan, Artignosc, Baudinard.
Cette évolution représente 20,5 % d’augmenta-
tion de la superficie et 14 % d’augmentation de
la population :
Il est à noter que onze de ces nouvelles communes
étaient déjà concernées par les précédents
périmètres d’étude et que sept sont comprises
dans le bassin versant du Verdon et, à ce titre,
concernées par le deuxième objet du syndicat
mixte de gestion du Parc, en lien avec le SAGE.
Le territoire du Verdon s’étend autour des grandes
gorges qui constituent le noyau historique ayant
initié la démarche de classement en Parc naturel
régional. Il se structure autour de la rivière, ses cinq
lacs de retenue et les basses gorges et englobe
les massifs et les plateaux riverains (massifs
préalpins, plateau de Valensole, collines du Haut
Var). Les enjeux sont parfois très diversifiés entre
le nord et le sud, l’est et l’ouest mais la rivière agit
comme un fil rouge, une épine dorsale, reliant les
différents secteurs du Parc.
1.3 UN PÉRIMÈTRE D’ÉTUDE QUI RÉAFFIRME
L’IDENTITÉ DU VERDON
Réunion des Ateliers de la Charte#1 sur le périmètre d'étude, Aiguines octobre 2018
Les unités paysagères : les études préalables
à la création du Parc avaient mis en avant sept
unités paysagères. Des études complémentaires
(notamment les atlas départementaux des
paysages) ont depuis permis d’affiner et préciser
ces éléments de diagnostic sans toutefois les
remettre en question. Les communes concernées
par l’extension s’insèrent dans ces sept zones et
viennent en renforcer la cohérence.
Les paysages du plateau de Valensole : Vaste
zone plane ouvrant de belles perspectives vers
les contreforts alpins et dont émanent des
ambiances fortes variant au gré des saisons
(champs de lavandins, amandiers en fleur…).
L’activité agricole y est prégnante et a subi les
mêmes évolutions qu’ailleurs : remembrement
et mécanisation ont fortement fait évoluer le
paysage bocager. Les villages sont également
très attractifs et ont vu leur population croître
en lien avec la dynamique démographique
de la vallée de la Durance et du pôle aixois.
Le tourisme s’y est développé depuis longtemps
autour de la station thermale de Gréoux-les-
Bains et, plus récemment, de l’attractivité des
champs de lavandins.
Les paysages du lac de Sainte-Croix :
Ancienne vallée agricole noyée depuis la création
du barrage en 1973 et ayant donné naissance à
un paysage « littoral » où les pentes boisées des
collines enserrent une étendue d’eau turquoise,
très fréquentée en saison estivale.
Afin de questionner le périmètre de classement
actuel et de proposer des évolutions, des ateliers
thématiques ont été organisés en octobre 2018.
Ils ont associé les membres des commissions
thématiques du Parc (élus du territoire,
partenaires techniques et institutionnels,
acteurs associatifs et membres du conseil
scientifique) autour des Ateliers de la Charte #1,
organisés en trois thématiques :
Atelier patrimoine naturel / forêt /
agriculture / pastoralisme / paysages /
géologie,
Atelier socio-économique / mobilités /
bassins de vie,
Atelier dynamiques socio-culturelles /
actions éducatives / patrimoines et
savoir-faire spécifiques.
Environ 70 personnes ont pu ainsi participer et
dessiner plusieurs cartes potentielles accompagnées
d’un argumentaire. Toutes ces cartes ont ensuite
été rassemblées et analysées lors d’une séance
du conseil scientifique du Parc organisée à Riez
le 12 octobre 2018.
L’avis du conseil scientifique détaille les propositions
d’évolution du périmètre de manière synthétique
ci-après. Cet avis a été présenté en séance du comité
syndical le 12 décembre 2018 pour débat et validation.
À l’issue de ce vote, les communes potentiellement
concernées par une extension du périmètre d’étude de
la nouvelle charte du Parc ont été consultées avant la
décision finale qui a été prise lors des comités syndicaux
du 30 janvier 2019 et du 12 juin 2019.
Sur la base des réponses favorables des communes de :
Artignosc-sur-Verdon, Brunet, Estoublon, Lambruisse,
Moriez, La Mure-Argens, La Roque-Esclapon, Senez,
Tourtour, Villecroze et afin de respecter des enjeux
de continuité territoriale et de cohérence pour les
communes de Vérignon, Montmeyan et Baudi-
Les paysages des lacs et gorges du bas
Verdon : Secteur plus boisé, articulé autour
de la rivière et des retenues de Quinson et
Esparron-de-Verdon. Le cours d’eau y est
particulièrement soumis à la gestion des trois
retenues et concerné par une fréquentation
touristique croissante, mais revêt
paradoxalement un aspect plus « sauvage »,
comme dans les basses gorges.
Les paysages du Haut Var : Succession
de collines boisées et cuvettes cultivées, où
l’influence méditerranéenne est plus forte
(oliveraies, truffiers, vignes…). Secteur très
attractif ayant vu sa population fortement
augmenter avant même la création du Parc et dont
les paysages sont marqués par une urbanisation
diffuse, autour des centres anciens, de type
pavillonnaire.
Les paysages de l’Artuby : Série de vallées
cultivées et de versants boisés, dont certains
sommets constituent les points culminants du
département du Var (Mont Lachens, Brouis). Ce
secteur structuré autour de plusieurs affluents du
Verdon, peu peuplé, a gardé une certaine authenticité
et se développe en jouant de sa proximité avec
les zones urbaines des Alpes Maritimes et du centre
Var. La présence du camp militaire de Canjuers y est
assez marquante par endroit.
22 23 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039Les paysages des Préalpes : Région la plus
montagneuse du Parc, en position de charnière
entre la haute Provence et l’arc alpin. Les vallées
y sont plus encaissées et les altitudes s’élèvent.
Les activités humaines sont concentrées dans les
replats et en lien avec les voies de communication
structurantes (N85 et N202 et Train des pignes).
La végétation et l’architecture se teintent
d’influence alpine.
Paysages karstiques du Verdon : Au cœur
du Parc, ce secteur très minéral est dominé
par la présence de la « géologie » qui s’impose
au paysage : falaises calcaires, traces des
mouvements tectoniques, long travail d’érosion
de l’eau. Les gorges du Verdon s’insèrent ainsi dans
des paysages de plateaux, de forêts et de causses
(plan de Canjuers). L’agriculture et le pastoralisme
ont marqué les lieux et l’activité touristique s’y
est développée dès le début du XXe siècle.
espèces sont très liées aux pratiques agricoles.
On y retrouve des espèces patrimoniales telles
que l’Alouette calendre ou l’Outarde canepetière.
Les grandes gorges du Verdon : cœur du
Parc, les grandes gorges accueillent de nom-
breuses espèces patrimoniales, dont certaines
endémiques (Doradille). Au-delà des milieux
karstiques et rocheux, le site de Saint-Maurin
constitue un site remarquable de travertins.
Le plan de Canjuers : plateau karstique,
constitué de vastes parcours pastoraux et
ponctué de zones humides.
Les plaines orientales humides et les boi-
sements de l’Artuby : dans les vallées froides,
de nombreuses espèces patrimoniales sont
présentes dans les prairies hygrophiles et
les bas-marais. Les massifs sont boisés à
dominante résineuse.
Les massifs calcaires de l’arc de Castel-
lane : succession de vallées et de massifs : du
Montdenier à l’ouest (1750 m) à la montagne
de Cordeil (2114 m) au nord-est. Les espaces
forestiers laissent peu à peu place aux prairies
d’altitude héritées du pastoralisme. L’influence
En conclusion, l’extension proposée se justifie
au regard des différents critères :
La continuité des massifs et des entités
écologiques, en lien avec des enjeux pastoraux
ou agricoles cohérents avec les pratiques
du Verdon, soumis aux mêmes pressions,
notamment de changement climatique,
L’identité des paysages et des patrimoines,
facteur de cohérence en termes d’attractivité
territoriale et de tourisme,
La cohérence du bassin versant du Verdon,
périmètre d’action du syndicat au travers du
SAGE, du Contrat rivière et de la compétence
GEMAPI (exclusion faite des communes ap-
partenant déjà à d’autres parcs nationaux ou
régionaux),
Écorégions sur le périmètre d'étude du parc du Verdon
Les choix de développement et d’aména-
gement du territoire fondés sur le respect
des ressources et l‘identité rurale faits par les
élus et les populations locales,
Une évolution maîtrisée des activités
humaines et de l’occupation du sol ne
remettant pas en cause la qualité des patri-
moines et l’identité du territoire.
24 25 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
La Durance, le Verdon et ses lacs : herbiers
aquatiques, adoux, prairies inondables, méga-
phorbiaies, végétation herbacée des alluvions et
ripisylves composent des microrégions naturelles
réparties sur l’ensemble du territoire.
alpine se fait sentir, surtout dans les ubacs.
Cependant le changement climatique impacte
déjà les estives, les années les plus sèches.
Les continuités écologiques : le territoire du périmètre
d’étude présente des conditions écologiques variées.
Selon la topologie, la géologie, le climat, l’influence
humaine et leur conjonction, se distinguent huit
petites régions assez homogènes. Au sein de ces
écorégions, se rencontrent des habitats naturels et
semi-naturels spécifiques, supports d’une richesse
floristique et faunistique particulière.
Les collines sèches du haut Var occidental et
central : secteur le plus méditerranéen du Parc,
où les chênes verts côtoient les garrigues et les
pelouses calcicoles riches en orchidées.
Les basses gorges et le plateau de Malas-
soque : la minéralité des gorges conjuguée aux
influences méditerranéennes et la présence de
la rivière créent un contexte particulièrement
riche et accueillant pour des espèces patrimo-
niales.
Le plateau de Valensole : vaste plan de
poudingues, entaillé par des petites vallées, le
secteur du plateau est une zone de transition :
les chênes blancs viennent progressivement
remplacer les chênes verts. La végétation et les1.4 LES GRANDS ENSEIGNEMENTS DE LA 2 E CHARTE
• Une consultation en interne auprès de toute
l’équipe du parc consacrée à l’évaluation des
commissions et des instances consultatives et
délibérantes sous le format « world café » avec
une répartition en 3 ateliers.
La participation des partenaires s’est faite
au travers de questionnaires, d’ateliers et de
réunions :
• Les membres des différentes instances
du Parc (délégués, membres du conseil
scientifique, membres du conseil de
développement et de l’association des amis du
Parc) ont rempli des questionnaires portant sur
le fonctionnement de l’instance en question, et
plus largement sur le fonctionnement du Parc.
De même, des questionnaires ont été adressés
aux principaux partenaires techniques du Parc.
• Ces questionnaires ont été complétés par
des réunions de bilan-évaluation menées
auprès des mêmes personnes. Les participants
étaient invités à débattre et à répondre à
plusieurs questions évaluatives relatives au
fonctionnement du Parc et de ses instances.
Ainsi, trois réunions ont eu lieu avec :
• Les membres du conseil scientifique
(15/10/2019),
• Les membres du conseil de développement
et des amis du Parc (07/12/2019). Malgré
une faible participation, la présence du
« noyau dur » de ces associations à apporter
des éléments intéressants,
• Les délégués, membres du comité syndical
(15/01/2020), sur le fonctionnement des
instances délibérantes et des commissions,
complété par des discussions sur les moyens
du Parc et rôle des délégués.
• Après des ateliers de la Charte dédiés
au périmètre d’étude (octobre 2018) et
au diagnostic (mai-juillet 2019), un atelier
portant sur l’évaluation a été organisé
le 7/11/2019. Toutes les personnes liées
au Parc étaient invitées, dont les acteurs
économiques, techniques et associatifs du
territoire. Il s’agissait de les faire participer
au bilan des actions du Parc et à l’évaluation
de l’atteinte des 8 objectifs du référentiel.
Malgré une forte participation (44 personnes),
le but de la journée n’a été que partiellement
atteint, du fait de la technicité des sujets et
de la complexité à s’approprier la démarche
d’évaluation. Cela dit, cette journée aura
permis de communiquer efficacement sur les
actions du Parc auprès d’acteurs du territoire.
• Enfin, des questionnaires ont été envoyés
aux communes afin de réunir des éléments sur
le respect de leurs engagements.
L’analyse a porté sur la période 2008-2019
et a permis de produire un rapport complet
(disponible en annexe) structuré en 3 parties :
• L’analyse du fonctionnement du syndicat et
de sa gouvernance (partie 1) : cette évaluation
repose sur la présentation des moyens humains
et financiers mis en œuvre, sur l’analyse
du fonctionnement des commissions, des
instances délibérantes (comité syndical, bureau)
et consultatives (conseil scientifique, conseil de
développement, association des amis du Parc)
ainsi que sur l’analyse du rôle du Parc.
• L’évaluation de l’atteinte des objectifs de
la Charte (partie 2) : Cette évaluation se
fait via l’analyse du niveau d’atteinte des 8
objectifs du référentiel d’évaluation. Elle se
fonde sur les réalisations du Parc vis-à-vis
des actions prévues. Ces objectifs sont
eux-mêmes découpés en critères, plus précis
et opérationnels. Cette évaluation repose sur
des questions évaluatives de pertinence, de
cohérence (interne et externe) et d’efficacité. La
pertinence et la cohérence sont généralement
évaluées globalement, à l’échelle de l’objectif.
À l’inverse, l’efficacité est évaluée au travers
des critères. Ces 8 objectifs font l’objet de 8
fiches évaluatives, formant le cœur du rapport.
Atelier de la Charte#3 sur l'évaluation de l'atteinte des objectifs
Afin de favoriser l’appropriation, le Parc a fait
le choix de mener une auto-évaluation en interne,
tout en adoptant une approche participative.
L’évaluation a donc été l’occasion de donner
la parole aux partenaires et aux élus afin d’avoir
leurs points de vue sur le fonctionnement du Parc
ou l’atteinte des objectifs de la Charte. Elle s’est
fondée principalement sur des documents
rédigés par ou pour le Parc et sur des analyses
à dire d’expert. Parmi ces sources, on peut citer :
• Le rapport d’évaluation à mi-parcours.
Le travail d’analyse réalisé et les
recommandations qui y figurent ont servi
de base à l’évaluation finale. La méthode
définie a été largement reprise, ménageant
quelques modifications.
• Le logiciel EVA. L’obligation réglementaire
d’avoir un dispositif de suivi-évaluation étant
apparue en 2012 (article R.333-3 du code de
l’Environnement), son utilisation n’a vraiment
été effective qu’à partir de 2014. Sans grandement
faciliter l’évaluation, il a tout de même permis de
réaliser quelques analyses générales fondées sur le
paramétrage du logiciel afin de faciliter l’extraction
de données sous la forme de requêtes par mots-clés.
• Les programmes d’actions, les rapports d’activités,
les fiches projets, actions et bilans, afin d’établir
la liste des réalisations du parc.
• Les comptes-rendus des réunions du comité syndical,
du bureau, du conseil scientifique et des commissions
afin de réaliser les bilans de participation.
• Les bases de données du Système d’information
territorial (SIT). Au-delà de l’outil technique
cartographique de saisie de l’information par
les agents dans le cadre des différents inventaires
patrimoniaux du Parc, elles permettent de
bancariser et de mobiliser les indicateurs
spatialisés pour la mise en place du suivi de
l’évolution du territoire.
• L’évaluation du respect des engagements
des signataires de la Charte (partie 3) : l’État, la
Région et les communes du Parc ont permis divers
engagements dans la Charte. Si le Parc est un
acteur important du territoire, les changements qui
l’affectent dépendent aussi d’un contexte plus large
et notamment des politiques menées par les autres
acteurs. Conformément aux recommandations
de l’évaluation à mi-parcours, on évalue ici
l’implication de tous les membres du Parc et le
respect des engagements pris.
La synthèse des principaux enseignements
(réussites, manques) de cette évaluation
concernant l’atteinte des objectifs de la Charte
et le fonctionnement est résumée ci-dessous :
LES RÉUSSITES
• Des programmes d’actions pluriannuels
déployés sur l’ensemble du territoire pour
l’amélioration des connaissances, la valo-
risation et la préservation des patrimoines
(biodiversité avec notamment l’élaboration
de la trame verte et bleue et le programme
Natura 2000, architecture locale) et la
transmission des savoir-faire (art de bâtir,
fruitiers anciens).
• Des inventaires citoyens de la biodiversité,
ayant produit de la connaissance (un tiers des
observations faunistiques) et des chantiers
participatifs très appréciés et sensibilisant les
habitants (bonne participation).
• Des programmes pédagogiques en direction des
scolaires (21 actions annuelles en moyenne), des
centres de loisirs et du public adulte (conférences,
débats, formations, chantiers et inventaires
participatifs, etc.) et la création de la ferme
pédagogique sur le domaine de Valx.
• De nombreux outils d’information et de sensibi-
lisation créés et animés (supports communication,
évènements, 15 ans de patrouilles écogardes).
• De nombreuses données mises à disposition,
notamment à travers le SIT développé en interparcs.
26 27 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Les Salles-sur-Verdon ©B. Vacherand-Denand• Un Parc encore trop méconnu ou mal compris
par les habitants, malgré les importants efforts
de communication.
• Un programme éducatif dynamique mais
qui souffre depuis quelques années du
désengagement des principaux partenaires
financiers.
• La dynamique culturelle : les différents outils
créés (ex : Mescla) n’ont pas réussi à fédérer
et des actions ont dû être arrêtées faute de
moyens.
• La formation des acteurs du territoire :
malgré des résultats, il y a une importante
marge de progression et le Parc doit clarifier
son rôle.
• Le pastoralisme : un positionnement clair
et construit collectivement mais des actions
qui tardent à se déployer, faute de moyens.
• La marque Parc : beaucoup d’envie,
une mutualisation interparcs efficace mais
pas assez de temps d’animation consacré sur
le territoire. Une dynamique à relancer pour
le volet touristique.
• Le plan de gestion des gorges : malgré
de grandes avancées, il s’essouffle et
l’implication des partenaires n’est pas à la
hauteur des objectifs de conciliation des
usages.
• La circulation motorisée : un diagnostic
et des actions d’accompagnement menées
(formations, appui technique) mais des
communes qui peinent à se mobiliser.
• Les pollutions diffuses : des actions ont été
menées mais c’est une thématique complexe
(nouvelles molécules, pollutions agricoles, etc.).
La connaissance des eaux souterraines doit
être développée.
• Les centrales photovoltaïques : sujet
ambigu puisqu’il faut concilier la production
d’énergie renouvelable, tout en limitant leur
impact environnemental (paysage, foncier,
biodiversité). Signalons que le Parc a eu une
démarche proactive et pionnière sur le sujet.
Elle doit être réinterrogée.
• Une coopération régulière avec différents
acteurs : institutions (ex : Agence de l’eau,
universités et chercheurs, associations,
interparcs, etc.) et émergence de réseaux
métiers (ex : autour des écogardes).
• Des partenariats forts noués avec des
acteurs importants du territoire. Notamment,
les conventions avec la SCP et EDF qui ont
permis le financement de nombreuses actions
pour la gestion de l’eau (solidarité aval-amont).
LES MANQUES OU LES ÉCHECS
Des objectifs non atteints :
• Des thématiques victimes d’un manque
de moyens : la forêt (à la fois sur sa gestion,
sa valorisation et, dans une moindre mesure,
sur la connaissance de sa biodiversité),
le paysage (programmation, expertise ou
projets de valorisation), la géologie (gestion,
valorisation, protection de sites d’intérêts)
même si la Charte était peu ambitieuse
concernant cette dernière.
• Des objectifs ambitieux concernant les lo-
gements, le foncier, les déchets remis en
question par l’évolution des compétences
avec la structuration des EPCI.
• Des actions ou projets plus ponctuels dont
le cadre de référence a changé ou qui se sont
avérés peu pertinents ou mal cernés comme
le volet création/reprise d’entreprises et
qui questionnent le rôle du Parc sur ces sujets.
Un bilan mitigé sur :
• L’acquisition de connaissances en sciences
humaines : un important travail reste encore
à mener sur la transmission orale.
• L’observatoire de l’eau : peu développé, faute
de moyen.
• La restauration des continuités écologiques :
les efforts sont à poursuivre, notamment en
prenant appui sur la trame verte et bleue qui doit
désormais être traduite en actions concrètes.
• Les zones humides : il n’y a pas eu d’atteinte
grave à leur état mais le nombre d’actions
de gestion ou de valorisation pourrait augmenter.
• La réintroduction d’espèces : pas de pro-
gramme animé par le Parc mais un accompa-
gnement des partenaires (ex : LPO et vautour
percnoptère).
• Les espèces invasives : malgré des efforts,
leur gestion est difficile et constitue l’une
des grandes menaces pour la biodiversité
du territoire à prendre en compte dans la
prochaine Charte.
• Des démarches d’accompagnement à l’évo-
lution des pratiques agricoles ou touristiques
(démarche REGAIN sur le plateau de Valensole,
attribution de la marque Valeurs Parc et Charte
européenne du tourisme durable, etc.)
• Des efforts de valorisation des productions
agricoles locales (circuits courts, points de
vente collectif, marque).
• Des démarches d’animation territoriale
pour organiser les acteurs et coordonner
les politiques publiques :
Schéma d’aménagement et de gestion
des eaux (validé en 2014) : le syndicat
a permis de conserver la gestion de l’eau
à une échelle cohérente et de mettre
en œuvre une solidarité entre les EPCI.
L’arrivée de la compétence GEMAPI
a lancé une dynamique sur l’hydraulique
et la gestion des risques.
Plan de gestion des usages de la rivière du
moyen Verdon, permettant de concilier pra-
tiques de loisirs et préservation des milieux.
L’opération grand site des Gorges (OGS),
projet structurant d’amélioration de l’accueil
et de gestion de la fréquentation, incluant
d’importants aménagements (belvédères, lieux
d’interprétation), le développement de solutions
de mobilités et la production de contenus
valorisant le patrimoine. Il est porté par la régie du
Parc créée en 2014.
Structuration d’une destination touristique
à l’échelle du grand Verdon, en coopération avec
les EPCI.
• La gestion intégrée de l’eau à l’échelle du bassin
versant. Notamment, l’augmentation concertée des
débits réservés à l’aval des barrages permettant un
meilleur fonctionnement des milieux aquatiques.
• D’importants moyens mobilisés pour accompagner
des projets dans les collectivités : amélioration de la
qualité de l’eau (assainissement, toilettes sèches),
réduction des consommations d’eau, réduction
des consommations d’énergie des bâtiments et
de l’éclairage public.
• Un travail précurseur du Parc sur les enjeux
liés au changement climatique, pourtant absent
de la Charte. Il faut poursuivre les efforts sur
l’énergie, même si ce n’est pas le domaine où le
Parc peut avoir le plus d’impact.
• Le travail sur les mobilités est encourageant
et doit continuer à se développer.
• Un travail de fond mené pour veiller au
respect du Plan de Parc par les communes :
porter-à-connaissance, conseils et avis sur
les documents de planification et les projets
d’aménagement permettant de mieux prendre
en compte le patrimoine bâti, les paysages et
la biodiversité. Sur la consommation foncière
les résultats sont plus mitigés, mais les projets
véritablement incompatibles avec une mesure
de la Charte ont été généralement abandonnés.
RETOUR D’EXPÉRIENCE SUR LE
FONCTIONNEMENT : ACQUIS ET PISTES
D’AMÉLIORATIONS
• Des principes de fonctionnement formalisés et
plutôt bien partagés : approche transversale, logique
patrimoniale, pratique partenariale et participative,
éducation au territoire et au développement
durable, anticipation et expérimentation.
• Des moyens financiers et humains qui se
sont structurés et ont été confortés en début
de Charte mais qui restent fragiles de par
leur dépendance aux subventions. Le temps
consacré à la gestion administrative et
financière s’accroît au détriment du temps
d’animation et de terrain.
• Une gouvernance qui a évolué en cours de
Charte (suite à l’évaluation à mi-parcours) :
Passage de 9 à 5 commissions
thématiques, présidées par un
Vice-Président, pour donner plus de place
aux instances opérationnelles et clarifier
les processus de décisions.
Renforcement de l’inter commission
pour faire vivre la transversalité et faire
des arbitrages qui allègent les réunions de
Bureau.
• Une organisation de l’équipe qui s’est
structurée autour de 5 pôles techniques et
un pôle administratif.
Les acquis :
• Une bonne représentation des communes (une
collectivité = une voix).
• Une participation soutenue des délégués au
Bureau et au Comité Syndical (CS).
• Des Comités Syndicaux thématiques (ordre du
jour unique, apport d’infos et temps consacré aux
débats) appréciés.
• Une relation de confiance entre élus et techniciens.
• Des délégués globalement volontaires, satisfaits
de leur rôle, de l’action du Parc et du processus
de décision.
28 29 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
©D.ChavyEN CONCLUSION :
La dynamique autour des études préalables
(diagnostic de l’évolution du territoire et
évaluation des effets de la Charte) a permis
d’associer les élus et les différents partenaires
à la démarche de révision et a nourri les ateliers
de définition des nouveaux objectifs pour
le territoire.
Cette évaluation a été menée dans une logique
de questionnement, une démarche d’analyse
de l’action publique qui permet de prendre
la mesure de ce qui a été fait et de porter un
regard critique global et partagé sur la stratégie
et sur les actions. Elle permet d’adapter en
permanence le projet à l’évolution du contexte,
aux moyens disponibles et souhaités. Elle
alimente par les enseignements qu’on en tire
l’évolution des politiques publiques.
• Des groupes de travail et des comités
de pilotage dont le format est apprécié car
jugé efficace et opérationnel. Plus globale-
ment, les commissions permettent aux élus
de se former et de s’informer.
Les difficultés et les pistes d’amélioration :
• Un difficile équilibre est à trouver entre des
ordres du jour jugés trop chargés, des réunions
trop nombreuses et des redondances entre
les instances.
• Besoin de clarifier la répartition des rôles entre
les commissions, les réunions des vice-présidents,
le bureau et le CS. Où doivent avoir lieu les débats ?
À quel niveau la transversalité doit-elle être assurée ? Il
est proposé que chaque membre du CS doive s’impliquer
dans au moins une commission et que chaque membre
du Bureau soit référent d’une thématique.
• Certaines commissions sont devenues trop larges :
manque de temps pour préparer et traiter tous les
sujets, perte de la diversité des acteurs présents
auparavant et qui faisaient la richesse des échanges.
Un nouvel équilibre est à trouver.
• La distance et le manque de temps sont les
principaux freins à l’investissement des délégués.
Il faudrait développer la visio-conférence et
systématiser la dématérialisation.
• De moins en moins de maires délégués au Parc,
notamment du fait d’une mise en concurrence
avec les EPCI (manque de temps) qui génère
parfois un manque de légitimité pour le délégué.
• La communication et la formation des
élus sont à renforcer pour qu’ils soient plus
au courant des enjeux dans le processus
de décision et en mesure de communiquer sur
les décisions du Parc.
• Des liens quasi inexistants entre instances
délibérantes et consultatives.
• Le conseil scientifique est une instance
qui fait sens, mais ses liens sont à renforcer
à la fois avec les techniciens et les élus du Parc
• L’association des amis du Parc et le conseil
de développement n’ont pas su créer une
dynamique, comment les faire évoluer ?
Comment mobiliser les citoyens ?
1.5 LE VERDON, UN TERRITOIRE RURAL EN MUTATION
Le diagnostic de territoire élaboré en amont de
la rédaction de la nouvelle Charte a permis de
faire ressortir les principales problématiques du
territoire, confirmant certains enjeux forts ou
révélant de nouveaux sujets émergeants.
Un résumé de ce diagnostic est proposé ci-des-
sous, suivi de l’identification des défis qui devront
être traités dans la Charte.
LE VERDON, UN « MONUMENT
NATUREL » À LA CROISÉE DES ALPES
ET DE LA PROVENCE
La biodiversité du Verdon est d’autant plus
remarquable que les milieux sont nombreux : milieux
rupestres (vautours, Aigle royal, Grand-duc d’Europe,
Murin de Capaccini, Doradille du Verdon...), milieux
forestiers (Circaète Jean-le-Blanc, Barbastelle d’Europe,
Rosalie des Alpes...), milieux aquatiques (Apron du
Rhône, Écrevisse à pieds blancs...), espaces ouverts
(Lézard ocellé, Criquet hérisson) ou espaces agricoles
(flore messicole, Outarde canepetière, Bruant ortolan,
Chevêche d’Athéna, Criquet hérisson)… le Parc du Verdon
compte de nombreux réservoirs de biodiversité et de
nombreuses espèces endémiques. Elle est enrichie
par la prégnance du patrimoine géologique reconnu
par la Réserve naturelle nationale géologique de
Haute-Provence qui couvre en grande partie le Parc.
Grâce à un effort permanent d’inventaires et de
suivis, cette biodiversité est de mieux en mieux
connue, cartographiée, et prise en compte. De
nombreux outils réglementaires ont vu le jour
pour préserver ou gérer des espèces ou des sites
(Réserve naturelle régionale de Saint-Maurin,
Réserve biologique dirigée de la forêt d’Aiguines,
Arrêté inter préfectoral de protection de
biotope pour les chauves-souris ou l’Apron…).
Cependant ce patrimoine reste fragile et les
pressions perdurent, telles que la fermeture
des milieux, le développement de l’urbanisme
artificialisant les sols, les pressions liées à
certaines activités humaines trop concentrées
ou trop intensives (activités de pleine nature,
agriculture…). Le changement climatique pourrait
également altérer durablement les milieux les
plus sensibles (ressources pastorales, zones
humides) ou entraîner de profonds changements
des milieux forestiers.
Longue de 165 km, la rivière du Verdon se
caractérise par 5 grands aménagements hydroé-
lectriques qui modifient profondément son fonc-
tionnement. Les affluents et les zones humides qui
lui sont liés sont, comme lui, indispensables au bon
état des milieux naturels.
Définie comme un objectif prioritaire de la Charte
dès la création du Parc en 1997, la gestion de l’eau
et des milieux aquatiques est prise en charge par le
Parc à l’échelle de tout le bassin versant du Verdon,
et possède désormais un cadre, des outils et des
moyens dédiés (SAGE, Contrat rivière, structuration
de la compétence GEMAPI à l’échelle du bassin…). Les
grands enjeux de territoire liés à l’eau sont la gestion
quantitative de la ressource, la préservation de sa
qualité (79 % des masses d’eau sont en bon ou très
bon état), la conciliation des usages, la préservation
Paysages naturels
le Parc naturel régional du Verdon est
fait d’un assemblage remarquable de
paysages, entre influences alpines et
méditerranéennes. De la confluence
de la Durance aux sommets préalpins,
il est constitué d’une mosaïque de 7
entités paysagères fédérées autour du
Verdon, véritable épine dorsale du Parc.
Avec 77 % de sa surface, les espaces
naturels - et particulièrement la forêt -
dominent. S’ils n’occupent que 3 % du
territoire, les milieux aquatiques sont
aussi une composante identitaire forte.
Véritable richesse naturelle, ils forment
un réseau complexe de grandes rivières
et de petits affluents, ponctué des 5
lacs artificiels qui ont été créés pour
la production d’électricité et d’eau po-
table, agricole et industrielle.
30 31 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
©G. Saby
©P. Murtas-Margèset la restauration des milieux aquatiques. Ils passent
par la mise en œuvre des solidarités, dans un esprit
de concertation et de compromis. Les principales
problématiques auxquelles le Verdon fait face sont
des pollutions très circonscrites à quelques rejets
défectueux, à la reconquête de la qualité de la
nappe du plateau de Valensole, la résorption des
obstacles à la continuité sur le Verdon et certains
de ses affluents (évolution des débits réservés,
gestion des sédiments, effacement de seuils,
restauration hydromorphologique), la gestion
des milieux aquatiques (entretien de la ripisylve,
préservation des zones humides, maîtrise des
espèces invasives...). Les nombreux usages
de la ressource en eau (production électrique,
irrigation, loisirs, eau potable…) rendent
complexe la gestion des barrages et nécessitent
une bonne coordination et la recherche d’un
équilibre qui garantissent une reconnaissance
des besoins des milieux naturels ; mission
dévolue au Parc en tant qu’animateur du SAGE
Verdon.
Les paysages forestiers prédominent sur le
territoire. Très limités par les activités agricoles et le
pâturage jusqu’au milieu du XXe siècle, ils connaissent
maintenant une période d’expansion, colonisant peu à
peu les secteurs agricoles délaissés
Avec 69 % de couvert forestier, contre 48 % pour
la région, le territoire du Parc est fortement boisé.
La répartition entre feuillus (prépondérants à l’ouest)
et résineux (plus présents à l’est) y est relativement
équilibrée, mais la composition des essences évolue. Issu
de la reforestation du XXe siècle, le pin noir colonise peu à
peu les espaces délaissés par le pastoralisme et contribue
à la banalisation et à la fermeture du paysage. Surtout, les
premiers effets du changement climatique se font sentir.
Les pins sylvestres subissent un taux de défoliation
de près de 50 %, et des peuplements de sapins
dépérissent à cause du stress hydrique. Enfin, la forêt
est plus exposée au risque d’incendie : la saison propice
s’est allongée de 3 semaines durant les 60 dernières
années, et les zones géographiques sensibles aux feux
s’étendent vers le nord et en altitude.
des savoir-faire locaux (comme en témoignent les
nombreuses fêtes de la transhumance) et rend de
précieux services de lutte contre les feux de forêts,
en limitant l’embroussaillement. Par le pâturage
extensif, la fauche et le débroussaillage, les éleveurs
assurent l’entretien des parcours et des prairies,
freinent la fermeture naturelle du milieu, et participent
pleinement à préserver la biodiversité du territoire.
Pour anticiper les effets du changement climatique,
l’accès à l’eau doit être sécurisé. Il passe par l’adaptation
des pratiques agricoles, par des investissements
conséquents pour alimenter les cultures (projets
de réseaux d’irrigation en cours), et par la création
d’impluviums pour abreuver les troupeaux. Une prise en
compte de la prédation du loup qui ne cesse de croître
est également nécessaire, ce qui passe notamment par
la réouverture des zones embroussaillées pour offrir plus
d’espaces de pâturage sécurisés.
UN TERRITOIRE RURAL,
HABITÉ DEPUIS LA PRÉHISTOIRE
ET FAÇONNÉ PAR L’AGRICULTURE
ET LE PASTORALISME
Les traces d’occupation humaine dans le Verdon
remontent à 400 000 ans. Concentrée d’abord
dans les basses gorges du Verdon, elle s’étend
au reste du territoire avec la sédentarisation de
l’homme. À partir de 118 av. J.-C., les Romains y
installent des cités, comme à Castellane et Riez, et lui
donnent sa vocation agricole, créant des centaines
d’établissements ruraux isolés. La période du Moyen
Âge voit les villes et les échanges se développer,
tandis qu’aux XVIIe et XVIIIe siècle, la population
augmente et l’industrie locale apparaît (faïence,
draperie, tournerie…). Le XXe siècle est le temps des
grands bouleversements. La mécanisation modifie
les paysages et les pratiques agricoles. La création
des 5 barrages qui noient les vallées agricoles ouvre
sur une nouvelle vocation : le tourisme.
Forte de ce potentiel, une dynamique récente
d’amélioration des connaissances et de valorisa-
tion du patrimoine historique s’est affirmée avec,
notamment, la création du Musée de la Préhistoire
des Gorges du Verdon à Quinson.
Outre leurs richesses archéologiques et historiques,
les cultures du Verdon s’incarnent à travers son
art de bâtir, son patrimoine immatériel - avec ses
savoirs, ses savoir-faire et ses techniques - et ses
pratiques culturelles, à la fois vivantes et populaires.
L’occupation du sol agricole se répartit globalement
en deux grands espaces : les espaces agricoles
cultivables qui occupent 17 % du territoire avec,
notamment, à l’ouest du Parc, les grandes parcelles
du plateau de Valensole, avec leurs longs rangs
de lavandin, de céréales et d’oléagineux et les
secteurs de polyculture (maraîchage, oliviers,
chênes truffiers…). Dans les secteurs de moyenne
montagne, les troupeaux d’ovins parcourent les
alpages qui représentent un espace pastoral de
plus de 83 000 ha, soit plus de 40 % du territoire
du Parc du Verdon.
Avec le nombre de ses exploitations divisé par
deux entre 2000 et 2010 (il en reste 589 en 2018),
l’agriculture a connu un recul très important comme
partout ailleurs sur le territoire national. Et la
tendance pourrait s’aggraver, avec de nombreux
départs à la retraite. Malgré tout, le secteur agricole
reste un pourvoyeur d’emplois (750 emplois)
important pour le territoire (7 % de la totalité des
emplois), et une dynamique d’installation a permis
de stabiliser un peu la situation, grâce à 112
installations ou reprises comptabilisées en 10 ans.
Avec 83 000 ha consacrés à la pratique extensive
du pâturage, le pastoralisme est présent sur tout
le territoire. Il façonne les paysages en les maintenant
ouverts et constitue un des fondements de
l’identité du Verdon. Il participe au développement
économique et au maintien du patrimoine et
Paysages ruraux
Le territoire du Verdon a un carac-
tère rural très marqué. Il est jalonné
de villages dont l’implantation révèle
la diversité des reliefs, tandis que de
nombreux édifices à la fois modestes
et remarquables - chapelles, murs en
pierre sèche, enclos apiés, cabanons,
pigeonniers… - témoignent d’une na-
ture contraignante. Dans les massifs de
moyenne montagne, les activités pas-
torales assurent le maintien des vastes
pelouses rases et fleuries, constituant
des paysages ouverts caractéristiques
des massifs préalpins. Ailleurs, les
productions agricoles - qui vont des
cultures irriguées (céréales, vergers) aux
cultures emblématiques de Provence
(lavandes, lavandins, oliviers, vignes et
amandiers) - offrent une grande diversi-
té de paysages authentiques.
©C.Peuget
Paysages urbanisés
Au regard des pressions urbaines qu’on
peut observer partout, le Verdon est
un territoire préservé. Avec seulement
3 % du territoire, ses surfaces artificia-
lisées restent faibles, ce qui souligne son
caractère profondément rural. Mais les
extensions pavillonnaires ont démultiplié
l’étendue des villages. Si l’impression de
campagne demeure grâce aux reliefs et
à la végétation qui en limitent la visibilité,
leur développement banalise l’architecture
et brouille les limites entre espaces urbains
(ou construits), naturels et agricoles. Quant
aux espaces économiques, composés surtout
de petites zones artisanales ou commerciales
installées à l’entrée des villages, bien que
leur densité soit faible, ils se sont souvent
développés sans souci de qualité paysagère
ni grande logique d’aménagement, et ne
reflètent guère l’identité du Verdon.
Saint-Julien-le-Montagnier ©D. Tatin
32 33 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039Les bouleversements récents, souvent liés au
développement des progrès techniques, ont
profondément transformé les territoires, abou-
tissant parfois à des choix inadaptés. Comme
de nombreux territoires ruraux, le Verdon doit
aujourd’hui mieux prendre en compte l’existence
des risques naturels ou susceptibles d’impacter
les ressources et les milieux naturels, tels que les
inondations et les feux de forêt.
avoir été plutôt résilient face à la crise financière et
économique de 2008-2010. Le tourisme et l’agri-
culture sont ses deux grands piliers économiques,
mais l’emploi salarié public occupe aussi une place
importante avec 34 % des emplois (12 des 20 plus
grands employeurs du Verdon sont du secteur
public). Largement dominée par les commerces
et les services (85 % des emplois), son économie
est très fortement tournée vers la satisfaction des
besoins des habitants et des visiteurs, au détriment
de l’industrie ou des produits finis (15 %).
Avec une part dans l’agriculture et dans les
activités de première transformation plus im-
portante qu’ailleurs, la population active est
globalement plus diversifiée qu’en milieu urbain.
Elle présente également une vraie vitalité due au
solde migratoire, avec notamment une arrivée
de plus de 700 habitants par an entre 2006 et
2011. Mais le marché de l’emploi est déformé par
l’emploi touristique saisonnier qui représente
21 % de l’emploi total - contre seulement 6 %
en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le maintien d’un
tissu économique diversifié à l’année est donc une
nécessité, et la création d’un modèle de dévelop-
pement rural apparaît un enjeu particulièrement
fort pour le territoire, tout en restant appuyé sur le
pilier touristique. Les mobilités domicile / travail
sont une caractéristique importante du Verdon.
Au total, 42 % des travailleurs sortent du terri-
toire chaque jour pour aller sur leur lieu de travail.
Orienté vers le bassin d’emploi de Manosque et le
Centre d’études nucléaires de Cadarache, l’ouest
est le plus concerné par le phénomène.
Prépondérants sur le territoire, les espaces na-
turels et forestiers sont à la fois des marqueurs
identitaires et des facteurs d’attractivité incon-
tournables. Mais, sans un développement enca-
dré, ces paysages et ces patrimoines pourraient
se déqualifier et perdre de leur attrait.
Malgré leur faible part sur le territoire (3 %), les es-
paces artificialisés sont en forte progression,
avec plus 23 % entre 1999 et 2015. Essentielle-
ment réalisée au détriment des espaces agricoles
(630 ha perdus en 15 ans) et naturels (560 ha),
cette consommation foncière est d’abord dédiée
à l’habitat. Beaucoup plus marquée dans le Var
(70 %) que dans les Alpes-de-Haute-Provence
(30 %), cette pression s’explique à la fois par les
dynamiques démographiques qui sont à l’œuvre,
et par la proximité des agglomérations et des pôles
d’emplois qui caractérisent l’ouest du territoire.
Si la charte n’est pas directement opposable
aux autorisations de construire et d’aménager,
elle s’impose en revanche aux documents qui
les encadrent. Depuis 2013, les plans locaux
d’urbanisme se sont multipliés sur le territoire, et
deux schémas de cohérence territoriale (SCoT),
portant en partie sur le territoire du Parc, ont été
approuvés. Le schéma régional d’aménagement,
de développement durable et d’égalité des terri-
toires (SRADDET) a été adopté en 2019, faisant
du Parc un interlocuteur-clé de la planification sur
son territoire.
UN TERRITOIRE ATTRACTIF
MAIS ENCLAVÉ
Le Verdon est un territoire peu dense (17,2 hab. /km2),
au cœur d’une région très dense (160 hab./km2).
80 % de sa population se concentrent à l’ouest,
où l’on vit à la campagne, non loin des sites urbains
pourvoyeurs d’emplois, contre seulement 20 %
à l’est, où la vie est marquée par une très grande
ruralité. Très attractif, le Verdon a vu sa population
multipliée par 2,3 en moins de 50 ans. Toutefois,
du fait de sa grande ruralité - qui implique un
accès aux équipements et aux services limités,
des dynamiques de mobilité faibles et une offre
de formations supérieures quasi inexistante… - il
ne bénéficie pas d’un renouvellement naturel de
sa population. Cet essor démographique, il le doit
à des migrations résidentielles en provenance
de départements limitrophes, les nouveaux
arrivants étant principalement de jeunes adultes
entre 25 et 39 ans et des retraités. En l’espace
de 15 ans, l’âge médian du Verdon est ainsi passé
de 44 à 48 ans - avec des effectifs très importants
entre 65 et 70 ans - tandis que la tranche des 18-24
ans se trouve sous-représentée.
Concernant le logement, si, jusque dans les années
1970, on s’installait surtout dans le Verdon pour y
construire sa résidence secondaire (elles représentaient
alors jusqu’à 74 % du parc de logements), c’est d’abord
une résidence principale que l’on vient y chercher au-
jourd’hui (54 % du parc actuel, contre 38 % pour les rési-
dences secondaires). Avec seulement 3 logements neufs
commencés par an pour 1000 habitants (un rythme
de construction plus de 2 fois inférieur à la moyenne
régionale), le parc de logement est très largement dominé
par la maison individuelle tandis que les centres anciens
sont délaissés et se dégradent, au profit de l’habitat
diffus. Une partie de l’offre étant captée par la demande
touristique, le marché du logement permanent y
est plus réduit qu’ailleurs. Le parc locatif social est
quasiment inexistant et le parc locatif privé, lui aussi
peu développé, peine à répondre aux besoins des
ménages aux revenus les plus modestes.
Primordiales sur un territoire rural tel que le Verdon,
les associations compensent l’éloignement des ser-
vices et répondent à de nombreux besoins. Loisirs,
culture vivante, environnement, patrimoine, mé-
moire, développement durable… elles assurent une
vaste dynamique à la fois sociale et citoyenne.
Présentes à l’échelle des communes, elles peuvent
aussi s’emparer de sujets plus vastes comme la
protection de sites naturels, allant jusqu’à engager
des actions en justice. Moins pérennes ou évo-
luant dans le temps, on assiste aussi au montage
de collectifs autour d’enjeux fédérateurs comme
la mise en place de lignes à haute tension ou l’im-
plantation de parc éolien. Porté par les services,
le tourisme et l’agriculture, le territoire bénéficie
d’un taux d’emploi relativement correct. Mais il
peine encore à créer des emplois qualifiés à l’an-
née, et la transformation ou la valorisation de ses
ressources restent limitées.
Avec une augmentation de 0,4 % des emplois
par an entre 2010 et 2015 - contre 0,1 % pour
Provence-Alpes-Côte d’Azur - le Verdon semble
Paysages touristiques
Les paysages du Verdon appartiennent
à la catégorie des grands espaces et im-
pressionnent par leur démesure, alternant
profondeurs verticales et vastes horizons.
Sous l’influence de la Méditerranée et des
Alpes, la nature s’y exprime par une diver-
sité étonnante, et l’empreinte de l’homme
y a largement modelé le paysage, offrant
en tête d’affiche les perspectives colo-
rées et parfumées du plateau de Valen-
sole et une succession de lacs retenant
les eaux du Verdon. La fréquentation prin-
cipalement resserrée sur juillet et août et
la concentration des flux sur quelques
sites-phares viennent cependant com-
promettre l’intégrité paysagère à l’origine
de la renommée du Verdon. Son mode de
découverte privilégie les déplacements
en véhicule motorisé et offre une collec-
tion de points de vue à saisir sans effort
« au pied de la portière, voire en baissant
la vitre », provoquant des phénomènes
de saturation ponctuelle qui créent pro-
blèmes de sécurité, conflits d’usage et
incivilités (abandon de déchets, camping
sauvage, feux de camp). Enfin, une at-
tention doit être accordée à la bonne in-
tégration des équipements touristiques,
particulièrement lorsqu’ils se situent à
l’écart des villages.
Plage Aiguines ©JP. Gallet
34 35 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
UN TERRITOIRE DE
GRANDE NOTORIÉTÉ
À l’image des gorges du Verdon qui - avec leur
réputation de plus grand canyon d’Europe - ont
acquis une notoriété internationale, le territoire profite
d’une grande attractivité paysagère. Il bénéficie
d’une nature de premier plan aux portes des grandes
agglomérations, sa faune et sa flore comptant de
nombreuses espèces endémiques qui génèrent une
biodiversité d’exception. Son caractère rural marqué se
traduit par une faible densité de population et un tissu
d’habitats regroupés autour de villages aux silhouettes
remarquables. Les activités agricoles modèlent les
paysages, prenant l’allure de cartes postales pour des
visiteurs du monde entier. L’eau agit, elle aussi, comme une
ressource précieuse : elle est bienfaisante par ses vertus
thermales faisant la renommée de Gréoux-les-Bains, et
les plans d’eau et la rivière occupent une part importante
de l’offre touristique estivale.
Le tourisme génère 1780 emplois par mois en moyenne
sur l’année, soit environ 1/5 de l’emploi total hors
agriculture et fonction publique d’État. Durant la
période estivale, il est près de 3,5 fois plus élevé
qu’en janvier. L’offre d’activités touristiques est
largement dominée par les pratiques sportives
de nature encadrées ou en liberté. Eau vive,
randonnée aquatique et canyons dans le cours
du Verdon et ses affluents, escalade dans les
gorges, parapente et vol à voile dans les airs,
activités nautiques sur les lacs… les sites
naturels du Verdon sont souvent utilisés comme
un vaste terrain de jeu et de sensations.
Bien répartis sur l’ensemble du territoire,
les sentiers de randonnée occupent également
une place de choix, avec des circuits
emblématiques comme le sentier Blanc-Martel
ou de l’Imbut, et plus récemment le sentier du
Garde-canal dans les basses gorges du Verdon.
La randonnée se décline désormais en parcours
d’itinérance proposant un mode de découverte
et de séjours au rythme de la marche. Le VTT et le
tourisme à vélo complètent le potentiel de mobilité
douce. Quant aux sites de visite et de découverte, ils
se sont multipliés depuis la création du Parc et sont
également bien répartis sur le territoire, tandis que
l’offre culturelle assure une vraie diversité d’événements
tout au long de l’année, sur tout le territoire.
Avec un million de visiteurs par an dans les gorges
du Verdon et jusqu’à 500 randonneurs par jour sur les
sentiers les plus emblématiques… l’afflux de touristes
est concentré à la fois dans le temps et dans l’espace.
Pour faire face à ce tourisme pouvant être qualifié « de
masse », il a fallu aménager les sites et mettre en œuvre
un tourisme plus durable.
Du fait de leur sur-fréquentation, certains sites naturels
du Verdon souffrent de dégradations qui déprécient leur
notoriété. Depuis 2014, une régie d’aménagement et de
gestion, adossée au syndicat mixte du Parc, accompagne
les collectivités territoriales pour assurer une meilleure
gestion de ces sites (opérations en maîtrise d’ouvrage,parmi lesquelles on compte l’aménagement des
belvédères sur la route des Crêtes et sur des sites
emblématiques comme le Point Sublime en vue
de l’obtention du label Grand Site de France).
Parallèlement, l’opération écogardes assume la
sensibilisation du public aux enjeux et à la fragilité
du territoire et contribue à des opérations de police
environnementale, tandis que des programmes
de formation sont proposés aux entreprises
d’activités d’eau vive pour les aider à adapter
leurs prestations aux fragilités écologiques des
sites. Sur le plan de la mobilité, des déséquilibres
existent dans la desserte des sites : l’offre de
transport collectif est faible, et les déplacements
individuels en voiture sont la règle. L’élaboration
d’un schéma de mobilité touristique durable a
permis de densifier le cadencement de la LER 27,
la principale ligne de transport collectif routier,
et d’assurer la prise en charge par le Parc de la
navette Blanc-Martel dédiée aux randonneurs du
sentier du même nom.
Le Verdon s’inscrit dans une vision globale et concer-
tée du développement touristique. Avec 4 parcs
nationaux, 9 parcs naturels régionaux pour la seule
Région Sud, il est au cœur de la première zone d’espaces
protégés de France. Destination de tourisme rural par
excellence, il trouve sa place entre l’attrait balnéaire du lit-
toral azuréen et les stations touristiques des Alpes du Sud.
LE VERDON DEMAIN ?
Grâce aux travaux du Groupe régional d’experts sur le
climat (GREC Sud) en Provence-Alpes-Côte d’Azur, on
sait que le territoire connaîtra :
• une hausse substantielle des températures et une
augmentation des sécheresses estivales, à la fois en
durée et en intensité,
• une fonte précoce du manteau neigeux en-dessous
de 1500 m, qui entraînera des problèmes d’alimenta-
tion régulière des cours d’eau et une augmentation
de la sévérité des étiages estivaux,
• une baisse potentielle du cumul des précipita-
tions annuelles de 10 à 20 % qui devrait affecter
plus particulièrement la saison estivale.
Une agriculture plus vulnérable et des forêts sous
tension : avec des sécheresses estivales plus
intenses et plus longues, les demandes en irriga-
tion devraient se faire plus précoces et plus fortes,
tandis que l’augmentation des températures
pourrait modifier le rythme de développement
des cultures et altérer durablement la qualité des
récoltes. Quant aux forêts, des dépérissements
dus au manque d’eau s’observent déjà, à l’instar
du pin sylvestre dont la croissance moyenne s’est
effondrée sur les 15 dernières années. Corollai-
rement, le risque incendie augmente, la période
à risque s’étant déjà allongée de 3 semaines au
cours des 60 dernières années.
Quel tourisme pour demain ? L’intensité et la durée
des vagues de chaleur pourraient compliquer sa
fréquentation durant l’été (ex. : flux supplémen-
taires vers les bords de lac), surconsommation
de l’énergie (climatisation), tandis que le risque
incendie pourrait limiter plus souvent l’accès au
territoire (randonnées vers les massifs). Quant aux
lâchers d’eau qui assurent une partie des activités
de sport et de loisirs, ils pourraient être remis en
cause du fait de conflits d’usage plus nombreux
autour de la ressource en eau. Il sera également
plus difficile de maintenir les cotes touristiques
des lacs de retenue. Au-delà des impacts sur
les activités économiques et de loisirs, d’autres
effets sont à craindre pour la santé humaine et la
biodiversité : dégradation de la qualité des eaux,
prolifération d’espèces invasives et allergènes,
impacts sur les écosystèmes et les espèces…
Tension sur les ressources : Outre les 5 barrages
qui régulent la rivière et font du Verdon un territoire
largement excédentaire dans sa consommation
d’électricité, les centrales photovoltaïques y
connaissent un développement continu depuis
2008. Mais leur emprise au sol et leur impact sur
le paysage et l’environnement sont importants,
et il est désormais demandé aux collectivités
de limiter leur accueil et de le planifier à une
échelle intercommunale. Engagé en faveur du
développement durable, le Parc a également
étudié le gisement potentiel de méthanisation et
de bois-énergie, mais le développement de ces
énergies renouvelables semble ne pas vraiment
répondre aux besoins actuels du territoire.
En parallèle des plans de gestion de la ressource
en eau et de l’amélioration des dispositifs
d’assainissement, un programme sur les économies
d’eau a été intégré au contrat de rivière. Ainsi, les
communes sont accompagnées dans la réduction
de la consommation des bâtiments publics, et les
usagers sont sensibilisés au travers de factures
pédagogiques et de documents de sensibilisation.
Situé au carrefour d’influences clima-
tiques méditerranéennes et monta-
gnardes, le Verdon n’échappe pas aux
tendances d’évolution du climat que
l’on peut observer au niveau national
et mondial. Comme le précise le rapport
du Groupe d’experts intergouvernemen-
tal sur l’évolution du climat d’octobre
2018, toute augmentation supplémen-
taire de la température moyenne, aussi
minime soit-elle, est désormais suscep-
tible d’entraîner des bouleversements
pérennes ou irréversibles qui engendre-
ront une raréfaction des ressources et
affecteront aussi bien les écosystèmes
que la santé et les activités des popula-
tions qui y vivent.
Adopter une trajectoire de transition
énergétique et écologique favorisant
la résilience du territoire du Verdon
est donc une nécessité urgente qui
s’impose à tous.
PARTIE 2
Le cadre de la nouvelle Charte
1 La portée de la Charte
2 L’esprit de la Charte : faire ensemble
3 Le dispositif d’évaluation et de suivi du territoire
37 36
P. 38
P. 40
P. 512. LE CADRE DE LA NOUVELLE CHARTE
2.1 LA PORTÉE DE LA CHARTE
À l’initiative du Conseil régional, et ainsi que défini
par le Code de l’Environnement (article R333-1),
peut être classé en Parc naturel régional un « ter-
ritoire à l’équilibre fragile, au patrimoine naturel
et culturel riche et menacé, faisant l’objet d’un
projet de développement fondé sur la préserva-
tion et la valorisation du patrimoine ». Il a pour
objet de :
protéger les paysages et le patri-
moine naturel et culturel, notamment par
une gestion adaptée ;
contribuer à l’aménagement du territoire ;
contribuer au développement économique,
social, culturel et à la qualité de la vie ;
contribuer à assurer l’accueil, l’éducation
et l’information du public ;
réaliser des actions expérimentales ou exem-
plaires dans les domaines cités ci-dessus et de
contribuer à des programmes de recherche.
Le classement se fait sur la base d’une Charte, qui définit
le projet de territoire, exprimant une vision politique et
une volonté collective pour l’évolution du territoire dans
un horizon de 15 ans. Approuvée volontairement, elle
peut être comparée à un contrat entre les signataires
(collectivités) et l’État qui s’engagent à en respecter les
objectifs et les dispositions, dans le respect de leurs
compétences respectives.
La Charte promeut une démarche de qualité pour
le territoire, en posant un niveau d’ambition. Elle suscite
également une dynamique collective, créant une
émulation entre les signataires et les différentes
acteurs et habitants du territoire.
La Charte privilégie la recherche de solutions,
souvent dans des situations complexes ou
sensibles pour trouver un juste équilibre entre dé-
veloppement et préservation des patrimoines, en
assumant les éventuelles contradictions issues
de l’application des différentes réglementations
ou interventions sectorielles mais toujours dans
la perspective de l’intérêt général.
LES OBLIGATIONS IMPOSÉES
PAR LA CHARTE :
En fixant des objectifs à atteindre qui
engagent les signataires, la Charte crée une
obligation de cohérence des actions menées
par les collectivités adhérentes et par l’État.
Ainsi, les mesures, les dispositions de la Charte
peuvent comporter des règles de fond avec
lesquelles les décisions des signataires doivent
être cohérentes, sous réserve que ces règles :
respectent les législations en vigueur,
soient compatibles avec l’objet des parcs,
soient nécessaires à la réalisation des objectifs.
Cela signifie que la Charte ne peut pas contenir
d’interdiction absolue (à l’égard des tiers ou
des signataires), qu’elle ne peut pas prévoir
de règles de procédure autres que celles prévues
par les législations en vigueur mais qu’elle peut
engager ses signataires à utiliser les outils et les
dispositifs réglementaires afin d’atteindre les
objectifs. Le non-respect des engagements peut
entraîner, au moment de la révision, la perte du
label pour le territoire.
Le syndicat mixte de gestion du Parc ne dispose
pas de pouvoir réglementaire spécifique car
la Charte ne peut pas créer d’obligation qui
s’applique aux tiers (personnes morales ou
physiques), autres que les collectivités signataires.
Le syndicat est garant de la Charte mais il ne se
substitue pas, il anime, coordonne, harmonise…
En approuvant la Charte, les collectivités
s’engagent sur un plan politique, autour
d'objectifs précis de gestion et de valorisation
des patrimoines et des ressources naturelles.
Elles font le choix d’un développement
économique et d’un aménagement du territoire
raisonnés et respectueux des patrimoines et des
hommes qui y vivent. C’est aussi l’expression
d’une identité rurale et d’une volonté à travailler
collectivement pour rechercher le meilleur
équilibre entre développement et préservation
des biens communs.
Les élus de la commune devront alors veiller à ce
que leurs projets :
respectent et valorisent les patrimoines
naturels, culturels et paysagers,
participent à la gestion des ressources
(eau, forêt, etc.), à leur utilisation raisonnée
et équitable,
permettent d’habiter et de travailler
sur le territoire sans détruire ni la qualité
des paysages, ni les terres agricoles, ni les
espaces naturels remarquables.
En terme de fonctionnement, en intégrant
le syndicat mixte, les communes s’engagent à :
participer aux instances de décisions (comités
syndicaux et bureaux) et de propositions
(commissions et groupes de travail),
s’acquitter d’une cotisation de fonctionnement.
Sur un plan opérationnel, les communes
adhérentes :
bénéficient des services apportés
par le syndicat : valorisation du territoire,
animation ou portage d’actions à visée
territoriale, accès aux connaissances et
aux outils de communication développés
par le Parc, accompagnement technique ou
financier sur les actions communales découlant
de la charte et inscrites au programme d’action...
peuvent communiquer sur leur engagement
en faveur des patrimoines (biodiversité,
paysages…) et sur leur appartenance
au territoire du Parc auprès de leurs habitants,
entreprises et touristes ;
bénéficient de financements mobilisés par
le syndicat pour le territoire (ex : programmes
européens, territoire à énergie positive et pour
la croissance verte….) ;
permettent à leurs entreprises ou acteurs
socio-culturels d’accéder à une valorisation
et un accompagnement via la marque
« Valeurs parcs » ou intégrer des démarches
collectives (ex : REGAIN pour l’accompa-
gnement des agriculteurs volontaires vers
des pratiques plus durables, sur le plateau
de Valensole).
LES ENGAGEMENTS
PARTICULIERS, À PORTÉE
RÉGLEMENTAIRE :
Il faut noter quelques sujets particuliers qui
engagent les communes et intercommunalités
de manière réglementaire.
La Charte et les documents d’urbanisme :
Afin d’assurer la cohérence des actions menées
sur le territoire par les différentes collectivités, la
Charte doit être compatible avec les documents
et stratégies de portée nationale ou régionale. La
Charte doit en outre être prise en compte par les
documents et politiques locales, dans le respect de la
hiérarchie des normes : lois et stratégies nationales
→ stratégies régionales (SRADDET) → Charte →
SCOT et documents d’urbanisme locaux, schémas
et programmes intercommunaux ou locaux.
La loi confère à la charte d’un Parc naturel régional
une portée juridique précisant que les documents
d’urbanisme doivent être compatibles avec
les orientations et les mesures de la charte, c’est-à-dire
ne pas être en contradiction (article L 333-1 du code
de l’environnement). Ainsi la mise en compatibilité doit
être réalisée dans un délai de trois ans après l’entrée
en vigueur du document d’urbanisme (article L 131-3 du
code de l’urbanisme). Plusieurs moyens permettent de
garantir cette comptabilité :
La transcription des dispositions pertinentes de
la Charte et leur délimitation au Plan du Parc dans
les SCOT ou directement ans les PLU(i) et cartes
communales en l’absence de SCOT. Pour faciliter
cette transposition les dispositions pertinentes ont
été identifiées avec le pictogramme suivant :
La consultation du syndicat mixte en tant que
PPA dans les différentes étapes de construction
des documents d’urbanisme (diagnostic,
définition des objectifs et prescriptions). Cette
consultation se traduit par la participation des
services du syndicat aux différentes étapes
d’élaboration et la prise d’un avis par les élus
du syndicat permettant d’analyse la bonne
prise en compte des objectifs de la Charte.
L’encadrement de la publicité :
Dans un Parc naturel régional, la publicité est
interdite comme partout, hors agglomération
(article L 581-7 du code de l’environnement)
mais également en agglomération (article
581-8 du code de l’environnement), sauf pour
les pré-enseignes dérogatoires (fabrication ou
ventre de produits du terroir, activité culturelle,
monument historique ouvert à la visite,
opération ou manifestation exceptionnelle
à titre temporaire).
Il ne peut être dérogé à cette interdiction que par
l’instauration d’un règlement local de publicité
(RLP) à l’échelle communale ou intercommunale,
qui doit être élaboré dans le respect des conditions
prévues dans la Charte. Ce RLP (ou RLPi) vient
préciser les règles d’installation de publicités
de façon plus restrictive que dans la réglementation
nationale et permet d’en réintroduire dans certains
endroits.
Si la présence d’un RLP(i) entraîne le transfert du
pouvoir de police au maire, pouvoir jusque-là détenu par
le Préfet, la loi Climat et résilience du 24 août 2021 vient
renforcer son pouvoir de police en matière de publicité
(qu’il y ait un RLP ou non). Ainsi, à partir du 1er janvier
2024, cette compétence sera attribuée à l’échelle
communale (ou intercommunale en cas de transfert de
compétences au président de l’établissement public
de coopération intercommunale).
« Le ministère des Armées s'engage
à prendre en compte, autant que
possible, les dispositions de la charte.
Ces dispositions ne peuvent toutefois
conduire à remettre en cause l'activité
et le fonctionnement d'une installation
ou d'un projet de travaux, d'ouvrage
ou d'aménagement répondant à un
impératif de défense nationale et plus
généralement l'exécution de la politique
de défense, telle que définie par les
dispositions de l'article L. 1142-1
du code de la défense. »
38 39 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20392.2 L’ESPRIT DE LA CHARTE : FAIRE ENSEMBLE
LES ACTEURS EN PRÉSENCE
SUR LE TERRITOIRE ET LEUR RÔLE
DANS LA MISE EN ŒUVRE DE
LA CHARTE
La mise en œuvre d’une Charte de Parc naturel
régional, parce qu’elle se doit de créer une
dynamique de projet vertueux sur un territoire,
ne peut être mise en œuvre par le seul syndicat
mixte de gestion du Parc. Le respect et la
traduction opérationnelle des objectifs de la
Charte impliquent tous les acteurs du territoire :
publics, institutionnels mais également
les forces vives associatives, culturelles,
économiques… Le syndicat mixte a pour
première mission d’animer cette dynamique en
créant les conditions favorables à la coopération
et en coordonnant au mieux les interventions de
chacun. Son organisation, sa gouvernance sont
donc construites dans le but de créer du lien entre
les différents intervenants, d’organiser des lieux
de débats et de prise de décision collective impliquant
plusieurs niveaux de compétences. Le syndicat mixte
peut cependant porter de manière opérationnelle
les actions qui lui sont déléguées. La réussite du
projet tient davantage à la mobilisation et l’implication
de chacun qu’aux seules actions du syndicat.
La Charte pose des objectifs pour le territoire et propose
à chacun d’apporter sa contribution à leur réalisation,
à chaque niveau, et chacun selon ses moyens et ses
compétences :
L’État :
Garant du label délivré par décret ministériel, il encadre
la procédure et valide la Charte, reconnaissant ainsi la
qualité du territoire et la pertinence de son projet. Il
contribue au succès de la mise en œuvre opérationnelle
du projet en mobilisant ses services et établissements
publics ou ses moyens financiers, en facilitant les
actions expérimentales, en sollicitant l’avis du
syndicat sur les procédures ou les projets tels que
prévus dans les textes réglementaires. Il s’assure,
au travers de l’exercice du contrôle de légalité, du
respect des engagements par les signataires de la
Charte.
La Région Sud Provence Alpes Côte d’Azur :
Compétente en matière de création de
Parcs naturels régionaux, elle initie et veille à
la procédure de révision accompagne la bonne
mise en œuvre de la Charte, elle mobilise ses
moyens humains et financiers pour aider à
l’atteinte des objectifs, elle veille à mettre en
cohérence avec la Charte, ses interventions sur
le territoire et s’appuie sur le Parc pour déployer
ses politiques sectorielles ou expérimenter de
nouvelles dispositions.
Les associations :
Sur un territoire rural comme le Verdon,
les associations ont un rôle primordial.
Elles participent à la vie et à la cohésion sociale
du territoire, permettent aux habitants un accès
aux loisirs ou à la culture, créent des espaces
d’échanges et de convivialité. Elles sont aussi
le premier maillon de la démocratie, en permettant
aux citoyens de s’exprimer et d’agir concrètement
sur leur commune ou leur territoire.
Par leur implication et la diversité de leurs
adhérents, elles participent à l’amélioration
des connaissances, à la préservation et à la
transmission des patrimoines ainsi qu’à
l’amélioration du cadre de vie, au développement
d’activités socio-culturelles indispensables
au vivre ensemble. Elles sont des partenaires
privilégiés pour favoriser la prise de conscience
et l’évolution des pratiques, et des acteurs
indispensables de la transition écologique.
Les partenaires techniques ou institutionnels,
les chambres consulaires, les groupements so-
cio-économiques :
La mise en œuvre de la Charte repose sur
des partenaires opérationnels (services
techniques des collectivités, les services de l’État,
agences et établissements publics (l’ONF,
l’Agence de l’eau, l’ADEME, l’OFB…),des chambres
consulaires, des associations spécifiques ou
d’organismes techniques tels que le Conservatoire
du littoral et des espaces lacustres (CEL), le
Conservatoire des espaces naturels (CEN), le
Centre National de la Propriété forestière -CNPF,
les syndicats gestionnaires de milieux, les agences
de développement touristique ou des grands
« usagers » du territoire tels qu’EDF ou la SCP.
Leurs contributions technique, administrative,
financière peuvent également s’intensifier
dans des programmes d’engagement ou des
partenariats formalisés par des conventions avec
le Parc.
Les scientifiques :
L’apport d’expertise, l’aide à la connaissance et
l’analyse des acteurs de la science et du monde
universitaire est précieux pour soutenir les prises
de décision des élus du syndicat à prendre leurs
décisions. Le conseil scientifique du Parc permet
de faciliter ce recours à la science et fait une place
aux personnes ressources dans la gouvernance
du syndicat.
Les citoyens, habitants du Verdon d’un jour
ou de toujours :
Les habitants du territoire ont aussi leur mot
à dire, ils apportent une « expertise d’usage »
du territoire qui, au même titre que l’expertise
scientifique ou technique, permet d’éclairer
les décisions prises par les élus du syndicat
mixte.
S’ils ne peuvent à titre individuel participer aux
instances de gouvernance du syndicat mixte,
les citoyens sont systématiquement sollicités
en amont de la mise en œuvre des grands
projets portés par le Parc. De l’information
et des ressources bibliographiques leur sont
fournies ; des temps de débats, des espaces
d’expression, des démarches de concertation, des
enquêtes publiques leur sont ouvertes, en fonction
des projets en cours et des actualités. Les citoyens
pourront aussi à titre particulier s’investir en tant
que « passeurs de patrimoine » (cf. plus bas).
Les Départements des Alpes-de-Haute-Pro-
vence et du Var :
En lien avec leurs compétences de développe-
ment socioculturel, économique et touristique,
d’organisation des activités de pleine nature, de
préservation des espaces naturels sensibles,
et dans le cadre de la gestion de leurs
services (collèges, routes…), ils mobilisent
leurs moyens humains et financiers pour
participer à l’atteinte des objectifs de la Charte
et veillent à la cohérence de leurs interventions
avec la Charte.
Les intercommunalités du Verdon :
Elles contribuent à la cohérence des politiques
publiques en prenant en compte les
objectifs de la Charte dans leurs différentes
politiques et interventions. Elles assurent,
dans la limite de leur moyens, la maîtrise
d’ouvrage d’actions contribuant à la mise en
œuvre de la Charte. Elles mobilisent leurs
moyens humains et financiers pour participer
à l’atteinte des objectifs de la Charte et
veillent à la cohérence de leurs interventions
avec la Charte.
Les communes adhérentes :
Pierre angulaire du Parc, à la base du classement
du territoire, elles s’impliquent dans la vie
du syndicat, dans la gouvernance et la prise
de décisions afin de porter les spécificités
et les besoins de leurs territoires et de leurs
habitants. Elles recherchent la cohérence dans
leurs actions avec les communes voisines
et veillent au respect des objectifs de la Charte.
Elles assurent, dans la limite de leur moyens, la
maîtrise d’ouvrage d’actions contribuant à la
mise en œuvre de la Charte. Elles mobilisent
leurs moyens humains et financiers pour
participer à l’atteinte des objectifs de la Charte.
Elles informent et associent le syndicat mixte
à leurs projets. Elles relaient les engagements
et les actualités du syndicat auprès de leurs
habitants.
Les villes-portes :
Les 2 villes-portes de Digne-les-Bains et
Draguignan récemment intégrées au syndicat,
développent des partenariats et des projets
communs pour renforcer les liens entre
les territoires et les habitants autour de
la culture, de l’éducation à l’environnement,
de la découverte et des loisirs, de la valorisation
des produits locaux…
Rougon et grand Canyon ©B. Vacherand-Denand
40 41 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039Évolutions récentes
du syndicat mixte :
• 2015 : Extension du syndicat et création
d’un 2e objet : pour « la gestion globale du
grand cycle de l’eau » permettant d’intégrer
l’ensemble des communes du bassin versant
du Verdon et de formaliser l’animation par
le syndicat du SAGE Verdon validé en 2014.
• 2019 : Après un an et demi de
concertation, création d’un 3 e objet
permettant le transfert de la compétence
Gestion des milieux aquatiques (GEMA)
et la délégation de la compétence
Protection contre les inondations (PI)
des 7 intercommunalités adhérentes.
La modification des statuts a également
permis d’acter l’adhésion officielle des deux
premières villes-portes du Parc : Draguignan
et Digne-les-Bains.
Ces évolutions ont étoffé et complexifié
le fonctionnement du syndicat avec des
territoires d’intervention différents selon
les objets et l’obligation de réunir le CS
selon des « formations » spécifiques :
Plénière, pour statuer sur toutes
les questions d’ordre général (budget,
personnel),
Parc, pour suivre la mise en œuvre
et réviser la Charte,
Gestion de l’eau, pour suivre et
faire évoluer le SAGE Verdon, le contrat
rivière, etc.
LE SYNDICAT MIXTE DE
GESTION DU PARC NATUREL
RÉGIONAL DU VERDON : RÔLE,
ORGANISATION ET MOYENS
Le rôle du syndicat mixte de gestion du Parc naturel
régional :
L’article R333-14 du Code de l’Environnement définit le
rôle des syndicats mixtes de Parc de la façon suivante :
« dans le cadre fixé par la Charte, il assure sur le territoire
du Parc, la cohérence et la coordination des actions de
protection, de mise en valeur, de suivi, d’évaluation,
de gestion, d’animation et de développement menées
par les collectivités territoriales et les établissements
publics de coopération intercommunale à fiscalité
propre ayant approuvé la Charte, par l’État et par les
partenaires associés ».
Pour animer et favoriser la dynamique de
développement durable du territoire, le syndicat
mixte fédère les principales collectivités et propose
des instances de dialogue et de consultation
ouverte aux acteurs socio-économiques. Ceci est
d’autant plus vrai depuis les évolutions récentes de
l’organisation territoriale qui ont permis d’intégrer
les intercommunalités à la gouvernance.
Tous les signataires de la Charte, engagés
et adhérents du syndicat, se partagent la
responsabilité d’administrer le Parc. Le syndicat
est composé des signataires de la Charte
(Région, Départements 04 et 83), intercommu-
nalités, communes) chargés de veiller à la mise
de celle-ci (premier objet), mais également des
collectivités concernées par le bassin versant
du Verdon (plus large que le Parc) et adhérentes
pour les deuxième et troisième objets du
syndicat, l’animation du SAGE et la mise en
œuvre de la compétence GEMAPI.
Comment et dans quels buts agit le syndicat
mixte ?
Le syndicat a plusieurs modes d’actions :
Il s’appuie sur les compétences de ses
membres et les accompagne (c’est le Parc
« boîte à outils ») ;
Il porte des démarches globales, et facilite
la coopération entre différents types d’acteurs
(SAGE, OGS, programmes financiers...) ;
Il porte des actions quand il n’y a pas d’autres
acteurs ou quand elles lui sont déléguées
(ex. de la Régie ou de Gemapi).
Ses interventions permettent de :
améliorer les connaissances sur le territoire,
et les diffuser (ex : inventaires, conférences,
centre de ressources, porter-à-connaissance,
fiches pédagogiques, guides gratuits…) ;
favoriser l’implication et l’émergence de
projets collectifs : sensibiliser, concerter,
permettre l’implication des acteurs et des
habitants à la mise en œuvre de la charte
(ex : écogardes, actions pédagogiques
dans les écoles, actions culturelles
comme l’Inventoire du Verdon, démarches
de concertation comme celle menée dans
les gorges pour concilier enjeux environne-
mentaux et activités économiques…) ;
porter des démarches globales de valori-
sation ou de développement (ex : attribution
de la marque « valeurs Parc », formations,
plan de gestion des gorges du Verdon…) ou
permettant la mise en cohérence et l’articu-
lation de plusieurs intervenants (schémas,
stratégies, programmes…) ;
aider au montage technique et financier
des projets qui vont dans le sens de
la charte (ex: chantiers de restauration
du patrimoine bâti, rénovation ou création
de stations d’épuration, rédaction des cahiers
des charges d’élaboration des PLU, projets
d’aménagement…) ;
veiller au respect de la charte et s’assurer
de sa mise en œuvre : à ce titre, il dispose de
plusieurs moyens d’intervention de la maîtrise
d’ouvrage directe à la signature de partenariats,
en passant par le conseil et les avis.
Mais il ne se substitue pas aux collectivités
signataires qui restent légitimes dans l’exercice
de leurs compétences, ni à l’État ou aux autres
organismes publics. Il ne peut pas, par exemple :
gérer des services attribués aux collectivités
locales (ex : collecte ou traitement des déchets…),
réglementer une activité ou un usage, il n’a pas
de pouvoir de contrôle de la légalité, il ne contraint
pas mais cherche à convaincre, à mobiliser,
subventionner directement les actions.
L’organisation des instances :
• Les instances délibérantes :
Les décisions du syndicat sont prises au sein de
ses instances délibérantes :
Le comité syndical, composé de
représentants des collectivités signataires de
la Charte (Région, départements, l’ensemble
des communes et intercommunalités,
villes-portes), il se réunit environ 4 fois par an,
sur le territoire, et est chargé d’administrer
le syndicat en validant les modifications de
statuts, les budgets, les décisions relatives
au personnel et toutes les décisions
stratégiques (grands partenariats,
programmes d’actions concertés…). Des
membres consultatifs sont également
conviés aux séances pour éclairer les
décisions : représentants des chambres
consulaires, du conseil économique et social
régional (CESR), du conseil scientifique
du Parc et de l’association des amis du Parc.
Le bureau, composé de 22 membres
élus au sein du comité syndical, il se réunit
presque tous les mois ; il est chargé de mettre
en application les décisions du CS : recherche
et organisation des moyens, décisions
administratives (conventions, marchés…), suivi
et mise en cohérence des actions.
©D. Chavy
Comité syndical du Parc, octobre 2021 à Comps-sur-Artuby
42 43 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039Les commissions thématiques sont les
instances ouvertes aux forces vives du
territoire. Composées d’élus, de membres du
conseil scientifique, d’acteurs institutionnels,
de professionnels (groupements d’entreprises,
entreprises classiques ou coopératives, ex : Scoop,
Scic, etc.), ou d’associations, elles apportent à
la fois une expertise d’usage et technique sur les
sujets traités.
Ce sont des lieux de réflexion collective, de
rencontres et de débats. Elles contribuent à
l’élaboration, au suivi et à l’évaluation des actions
participant à la mise en œuvre de la charte. Elles
définissent des priorités, puis des projets qu’elles
seront amenées à coordonner.
Leur nombre et leur intitulé sont définis en début de
mandat, ainsi que leur composition et leurs modalités
de fonctionnement. Elles ont vocation à associer les
différentes catégories d’acteurs du territoire.
Des groupes de travail, en lien avec ces
commissions, sont créés de manière plus
ponctuelle avec une visée plus opérationnelle.
Conformément aux objectifs de gouver-
nance partagée de la nouvelle charte, il
conviendra de continuer de question-
ner les attributions de ces instances,
leur composition et leurs modalités
de fonctionnement afin d’assurer une
meilleure contribution et appropria-
tion des actions du Parc par les acteurs
et habitants.
La place des citoyens, des expériences
à explorer :
Que ce soit à l’échelle nationale, régionale ou
très locale, les citoyens souhaitent redéfinir
les modalités d’exercice de la démocratie.
Une certaine défiance vis-à-vis de l’action
publique est constatée, souvent accompagnée
d’un sentiment d’éloignement des décideurs,
possiblement renforcée par les récents
regroupements de collectivités. Nombre d’entre eux
affirment le désir d’une démocratie plus transparente,
souhaitent s’impliquer dans la préservation
des biens communs, et aspirent à plus qu’une simple
consultation par voie d’enquête publique. Cette crise
de la représentativité fait de la participation citoyenne
un outil de premier choix pour les élus qui veulent
renouer avec leurs administrés et éclairer d’un jour
nouveau leurs décisions.
Cette gouvernance traduit la volonté de favoriser
l’implication des élus et de s’appuyer sur les délégués
de chaque collectivité. La répartition des voix vise
une représentation égale de chaque commune
sans distinction de taille ou de population afin de
favoriser l’implication de chacune et de préserver
le poids des secteurs ruraux du territoire.
Des comités syndicaux thématiques peuvent être
organisés à la demande des élus pour approfondir
des sujets (apport de connaissance, débat,
préparation de prise de position...) sans donner
lieu à délibération.
Les modalités de fonctionnement évoluent et
s’appuient sur les innovations technologiques
pour faciliter l’implication des élus
(développement de la visioconférence, déma-
térialisation…).
• Autres instances délibérantes :
Les instances du syndicat mixte s’appuient
également sur d’autres instances ayant un
pouvoir décisionnaire, soit rattachées au syndicat
(ex de la régie) ou pour lesquelles le syndicat est
animateur et chargé de leur secrétariat :
La régie d’aménagement et de gestion des sites
naturels fréquentés et son conseil d’exploitation :
le Parc a créé en décembre 2013 une régie
d’aménagement et de gestion des sites naturels
fréquentés de son territoire. Son but est d’assurer,
seule ou en association avec les collectivités publiques
(et les opérateurs publics ou privés, le cas échéant),
la maîtrise d’ouvrage des aménagements nouveaux
ainsi que leur gestion. Les interventions ont vocation
à permettre de manière prioritaire la mise en œuvre
de l’Opération Grand Site (OGS) mais également
l’aménagement et la gestion de l’ensemble des sites
naturels fréquentés tant des gorges du Verdon, des
espaces lacustres que de ceux de l’ensemble du Parc.
La régie est en outre habilitée à mettre à disposition
ses moyens, sous condition financière et dans le
respect, le cas échéant, du droit de la concurrence, à
tous opérateurs publics et privés qui la solliciteraient
à cet effet, dans la mesure où cela ne porterait
pas préjudice à ses missions statutaires. Il s’agit
d’une régie dotée de l’autonomie financière au
sens de l’article L 2221-10 du Code général des
Collectivités territoriales.
De ce fait, elle est administrée par un conseil
d’exploitation doté d’un président ainsi que
d’un directeur. Le conseil d’exploitation de la
régie réunit des membres désignés par le CS
(11 membres au total) et se réunit en moyenne
4 à 5 fois par an pour définir son programme
d’actions mais aussi pour suivre la mise en
place des projets. Son fonctionnement, sa
composition sont décrits dans les statuts de la
régie validés en comité syndical.
La Commission locale de l’eau : Le Schéma
d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE)
est élaboré collectivement par les acteurs
de l’eau du territoire, regroupés au sein d’une
assemblée délibérante, la CLE. Véritable noyau
décisionnel, la CLE, présidée par un élu local,
se compose de trois collèges : les collectivités
territoriales, les usagers (agriculteurs,
industriels, propriétaires fonciers, associations,
etc.), l’État et ses établissements publics.
La CLE du bassin versant du Verdon a été mise
en place en 2003, elle a validé l’état des lieux et
les orientations stratégiques du SAGE en 2005,
le projet de SAGE Verdon à soumettre à enquête
publique en 2012, et le SAGE Verdon en 2014. La
CLE comprend actuellement 40 sièges (25 pour
le collège des collectivités, 13 pour le collège des
usagers et 12 pour le collège de l’État). Elle pilote
et veille à la bonne mise en œuvre du SAGE,
notamment en rendant des avis sur les projets.
• Le rôle des élus :
Comme tout établissement constitué de collec-
tivités, le syndicat est administré par des élus,
soumis aux règles de fonctionnement des collec-
tivités (personnel, budgets…). Chaque collectivité
désigne un ou plusieurs délégués pour siéger au
syndicat. Le délégué, véritable ambassadeur
du Parc, a un rôle important car il assure le lien
entre les collectivités et le syndicat, en faisant
remonter les besoins de la commune vers le Parc,
en permettant la circulation d’informations, en
représentant le Parc dans la commune. L’implica-
tion du délégué est essentielle pour que le Parc soit
en phase avec le territoire et que son action soit
utile et comprise. Aucune compétence particulière
n’est requise ; des temps d’information réguliers
ou des rapports d’analyse et d’aide à la décision
permettent à chaque délégué de s’approprier
les sujets pour pouvoir jouer son rôle sereinement.
Le syndicat est représenté par le président, son
rôle est exécutif, il est chargé de faire appliquer
les décisions, d’animer les instances et de
piloter les services. Le président s’appuie sur des
vice-présidents à qui il confie des délégations
thématiques, des présidents de commissions
thématiques.
• Les instances consultatives et collaboratives :
Le mode de gouvernance d’un Parc naturel régional
est basé sur l’instauration d’un dialogue continu
entre élus, forces vives du territoire et acteurs
institutionnels. L’interconnaissance, le dialogue
et la construction collective sont des conditions
indispensables à la mise en œuvre des actions.
Le conseil scientifique est une équipe plu-
ridisciplinaire, composée de scientifiques ou
d’experts dédiant leurs travaux aux enjeux
identifiés dans la charte. Il a pour vocation
de participer à une meilleure connaissance des
patrimoines naturels, paysagers, culturels et
humains présents sur le territoire du Parc naturel
régional du Verdon. Il formule des avis, apporte un
éclairage scientifique collectif, sur sollicitation
du président du Parc ou par auto-saisine.
Le conseil scientifique contribue également
à la production d’une réflexion scientifique
territorialisée et à la vulgarisation scientifique.
Cette instance est assistée dans son
fonctionnement par des chargés de mission du
syndicat. Son président ou son représentant
est invité à siéger au comité syndical et ses
membres sont conviés à intégrer les commissions
thématiques. Les règles de fonctionnement sont
définies dans un règlement intérieur spécifique.
Le conseil scientifique peut :
• donner un avis consultatif lors des comités
syndicaux,
• être sollicité par les commissions pour rendre
une expertise, alimenter un débat, suivre
des études, etc.
• faire remonter des enjeux du territoire
et proposer un sujet à l’ordre du jour des comités
syndicaux,
• mener des actions, des études ou animer
des débats sur lesdits sujets.
La pertinence de cette instance s’est illustrée
notamment via ses contributions collectives sur
le périmètre d’étude et l’élaboration de la charte,
ou lors des participations individuelles de ses
membres aux commissions et groupes de travail
du Parc. La place du conseil scientifique
dans la gouvernance du Parc est à conforter,
en renforçant notamment ses relations avec les
autres instances.
La Commission Locale de l'Eau valide le SAGE à l'unanimité en 2014
44 45 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039Pourtant, si la participation est de plus en plus
plébiscitée et revendiquée, elle tarde à trouver une
réelle place dans la gouvernance publique. Il est
souvent très difficile de mobiliser dans la durée.
Pour rechercher des solutions collaboratives qui
répondent à l’intérêt général, il est nécessaire
de dépasser les enjeux sectoriels et les intérêts
particuliers. Il s’agit de donner une part nouvelle et
juste aux citoyens, aux experts et aux élus. L’enjeu
pour le Parc du Verdon est d’être à l’écoute des
habitants, d’imaginer avec eux et d’expérimenter
de nouvelles manières de collaborer, plus
adaptées à leurs désirs et leurs contraintes.
• Expérimentation de démarches plus ciblées
ou plus ascendantes :
La tentative de formalisation d’une instance
citoyenne au travers de la création d’un
conseil de développement lors de la dernière
charte fut peu concluante : peu de renouveau
parmi ses membres, difficulté à mobiliser et à
rassembler dans la durée, difficulté à toucher
toutes les classes d’âges, difficulté à s’investir
sur un territoire considéré trop vaste et sur des
thématiques très variées.
Partant du postulat que les citoyens sont prêts à
s’investir sur des sujets qui leurs tiennent à cœur, par
lesquels ils sont intéressés et se sentent concernés, il
a été décidé de réfléchir à des démarches participatives
plus adaptées, plus ciblées et concentrées dans le
temps.
Au cours des quinze prochaines années, le Parc naturel
régional du Verdon s’engage :
• à solliciter les citoyens en amont de la mise en œuvre
des grands projets portés par le Parc par la mise en
place de temps de débats et d’expression, des temps
de concertation et des groupes de travail,
• à favoriser l’accès à l’information et à des
ressources bibliographiques,
• à favoriser l’émergence de lieux de rencontre,
d’échanges et de débats,
• à expérimenter des approches plus ascendantes
et à réfléchir à des moyens pour les citoyens
d’interpeler les élus du syndicat mixte.
• Implication citoyenne au travers des « passeurs
du patrimoine » :
Les citoyens pourront aussi, à titre particulier,
s’investir en tant que « passeurs de patrimoine ».
Cette nouvelle notion recouvre différents
aspects et notamment la volonté du Parc
de fédérer et créer des dynamiques locales
d’acteurs du territoire autour de la connaissance
et transmission des patrimoines.
Cette dynamique autour des passeurs du
patrimoine doit permettre aux habitants de
s’engager pour une meilleure connaissance et la
préservation des patrimoines du territoire, qu’il
s’agisse de patrimoines naturels ou culturels,
matériel ou immatériels.
Indirectement, cela leur donne une place
potentielle dans les possibles débats citoyens
en portant des enjeux patrimoniaux, mais aussi
leur permet de s’inscrire dans une dynamique
d’échanges et de partage au-delà de leur
environnement communal.
Ce réseau doit se composer des forces en présence
et faire émerger des référents ou personnes
ressources sur certains sujets (biodiversité,
archéologie, savoir-faire traditionnels du bâti,
pratiques agricoles ou pastorales etc. etc.). Il y a
derrière une envie, une philosophie de partage de
ses connaissances, de transmission et se nourrir
collectivement les uns des autres pour croiser
nos regards.
L’ensemble des dispositions prévues dans la
Charte autour de ces passeurs du patrimoine
doit permettre de diffuser des valeurs Parcs et
de créer des relais locaux.
Le Parc s’engage indirectement vers une mise
en réseau qui passera par différentes phases
allant de l’identification d’acteurs volontaires
à une véritable implication via des travaux ou
projets collectifs, en passant par des moments
de formations et de partage entre acteurs. Dans
tous les cas, ces réseaux ne peuvent s’improviser,
et nous nous situons au croisement d’enjeux
culturels, naturalistes et touristiques.
Un des éléments clés de ces passeurs de
patrimoine sera de veiller à poser un regard
pluriel et croisé. Il se dessine un véritable
enjeu de pluridisciplinarité où les questions
naturalistes viennent composer avec les
questions culturelles, et inversement. C’est dans
ce dialogue et ouverture que doit se construire
l’approche patrimoniale de notre territoire. Très
concrètement, cette vision large doit pouvoir
inciter les associations ou tout autre acteur local
à s’ouvrir à l’ensemble des patrimoines, plutôt
que de générer de nouvelles structures locales
trop ciblées sur un seul sujet.
Être dans ce réseau doit permettre à tout
un chacun de connaître, s’approprier la
connaissance, la transmettre, la valoriser. Ce rôle
de passeur s’inscrit pleinement dans la volonté
de transmission auprès des publics mais aussi
auprès des générations futures pour que la
mémoire du territoire perdure. Cette transmission
peut s’inscrire dans des dynamiques touristiques,
éducatives, patrimoniales ou scientifiques.
Ces passeurs du patrimoine ne sont pas
forcément en interface direct avec les publics
mais ils sont de véritables personnes ressources
pour les prescripteurs (médiateurs culturels, les
prestataires pédagogiques ou les prestataires
touristiques). Cela passe par des échanges
directs ou des temps de formations, et s’inscrit
globalement dans une perspective de partage et
d’appropriation.
• L’association des « Amis du Parc »
L’association des « Amis du Parc » regroupe
des personnes soutenant l’action du Parc.
Elle se donne pour mission :
• de défendre les valeurs et l’outil « Parc naturel
régional», de le faire connaître à l’échelle locale
mais aussi régionale,
• de mobiliser la société civile sur des sujets
sensibles portés par le Parc du Verdon ou
l’un des parcs de la Région SUD Provence-
Alpes-Côte d’Azur.
Elle désigne parmi ses membres, un président
chargé des relations avec le syndicat mixte.
Cette association est indépendante et est invitée
aux instances décisionnelles du syndicat mixte.
Ses membres, au même titre que tous les membres
des associations du territoire, peuvent intégrer
des commissions thématiques ou des groupes
de travail.
Les moyens du syndicat :
Le syndicat mixte dispose de sa propre autonomie
financière et fonctionne selon les règles
des collectivités locales, il vote et exécute
ses budgets et administre ses services.
• Des financements qui se diversifient:
Doté d’un budget qui se situe dans la moyenne
des parcs naturels régionaux de France (selon
les données de la Fédération), le syndicat dispose
de recettes de 3 types :
les cotisations statutaires de ses membres
(dont la part principale est apportée par
la Région) et d’une dotation de fonctionnement
de l’État,
les subventions sur opérations, qui sont
recherchées et obtenues en lien avec les projets
portés par le syndicat,
les recettes propres, très minoritaires, liées
aux services développés par le syndicat mais
en progression.
Le budget principal du Parc a été récemment complété
par des budgets annexes relatifs aux nouveaux services
mis en place (cf. Régie d’aménagement et de gestion
des sites naturels fréquentés), ou au transfert de
la compétence Gestion des milieux aquatiques et de
la délégation de la compétence Protection contre
les inondations.
Les dépenses du syndicat sont essentiellement
liées à son équipe technique, véritable levier
de mise en œuvre de la Charte (portage
d’actions ou conseils et accompagnement des
actions des signataires). Elles sont complétées
par des dépenses relatives au programme
d’actions (ex : programme pédagogique,
dispositifs écogardes, inventaires et suivis…)
voté à chaque début de mandat et découlant
des objectifs de la Charte.
Les investissements jusqu’alors minoritaires
car n’étant pas la vocation première du syndicat
ont cependant augmenté ces dernières années
en lien avec l’Opération Grand Site des Gorges
du Verdon (ex : travaux de requalification du
Point sublime) ou avec la GEMAPI (ex : travaux de
restauration hydromorphologique du Colostre).
©D. Allemand
46 47 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039• Une équipe pluridisciplinaire
Principal poste de dépenses, l’équipe pluridis-
ciplinaire du syndicat est son premier moyen
d’intervention.
Elle permet de :
• aider à mieux diagnostiquer les problèmes et enjeux,
• construire les projets et les politiques susceptibles
d’y répondre,
• soutenir les projets concrétisant la charte du Parc,
• impulser et expérimenter des solutions innovantes,
le cas échéant,
• mettre en œuvre les actions confiées au syndicat
ou à sa régie d’aménagement et de gestion des sites
naturels fréquentés.
Il n’y a pas de formation spécifique pour devenir agent de
Parc. Les profils des agents sont variés, entre niveaux
d’études élevés et parcours autodidactes. Les domaines
ou les univers sont multiples : du patrimoine naturel
à l’urbanisme, de l’éducation à l’agriculture, de l’eau
au tourisme… sans oublier tous les métiers supports
indispensables au fonctionnement.
Le travail en transversalité est de mise, chacun ayant
besoin des connaissances et des compétences des
autres.
Quelques chiffres :
En 2021 : 45 personnes travaillent au Parc. La
moyenne d’âge est de 41,5 ans. 26 sont titulaires
de la Fonction publique territoriale et les autres
contractuels. Plus de la moitié travaille au sein de
la structure depuis plus de 10 ans et 10 depuis
plus de 5 ans.
• Moyens de communication :
Une série d’outils et d’actions ont été mis
en place par le syndicat pour aller au contact
des différents publics et éveiller à la fois leur
intérêt, leur compréhension et leur appartenance
à un projet commun et, par la suite, leur envie
de participer à ce projet : dépliants, affiches,
flyers, brochures, lettres d’information, panneaux
d’exposition, de signalétique et d’interprétation,
posters, livres, kakémonos… Il organise également
des événementiels (inauguration, lancement,
journée festive, etc.). La plupart des projets
conduits par le syndicat comprend l’édition
de brochures et d’ouvrages pour différents publics
sous la forme de collections : guides pratiques,
rapports, synthèses d’étude, plaquettes,
vidéos, etc.
Ces efforts de communication vont être poursuivis
selon les besoins et les publics en adaptant
au mieux les contenus au public visé. En effet,
la communication du syndicat a une tonalité
essentiellement institutionnelle. Pour accrocher
l’intérêt des différents publics visés, il conviendra
d’adopter une stratégie éditoriale répondant
aux attentes de chaque public et des registres
rédactionnels adaptés à chaque public.
Par ailleurs, ces dernières années, le syndicat
a de plus en plus développé ses actions sur
le numérique au travers de plusieurs outils :
Facebook, newsletter, site Internet et une
chaine YouTube. Ce champ de la communication
numérique et digitale évoluant très rapidement,
il faudra être en capacité d’adapter les actions
en fonction car ce dispositif doit devenir le cœur de
la communication. Il doit se composer de supports
complémentaires, avec des lignes éditoriales
spécifiques en privilégiant une approche
interactive plus participative, plus pédagogique,
voire ludique…
Équipe technique du Parc avec des élus en 2011
Une partie importante de la communication
repose également sur les relations entretenues
avec les médias. Cela a donné lieu à la création
de partenariats avec des radios locales
et l’envoi de communiqués de presse réguliers.
Ces relations doivent être approfondies
et développées, notamment avec les relais locaux
de communication : bulletins municipaux, groupes
sur réseaux sociaux, etc.
Le syndicat a tout intérêt à s’appuyer aussi sur
la tradition d’oralité du territoire pour faire passer
ses messages et développer une communication
orale avec les élus, les habitants déjà « convaincus »,
les agents d’accueil des offices de tourisme…
En synthèse, pour les années à venir,
la communication du Parc du Verdon doit
se concentrer vers les habitants, les élus
et les touristes pour valoriser la vie locale
et inciter à y participer, faire connaître les enjeux
du territoire, valoriser les richesses patrimoniales,
faire comprendre le rôle et les actions du syndicat
et des collectivités du territoire et inciter à des
éco-comportements. Pour remplir ces objectifs,
le Parc devra sélectionner des contenus pertinents
en les adaptant au public visé, ne pas démultiplier
les supports mais mieux les articuler entre eux,
se centrer sur le web et le digital sans délaisser
la communication orale.
48 49 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039• Les questions évaluatives
Le dispositif repose sur des questions évaluatives de
pertinence, de cohérence (interne et externe) et d’ef-
ficacité. La pertinence et la cohérence sont générale-
ment évaluées globalement, à l’échelle de l’objectif. À
l’inverse, l’efficacité est évaluée au travers des critères.
Il s’agit d’évaluer la Charte et les actions du Parc selon
les deux niveaux suivants :
• Niveau stratégique : pour déterminer si la Charte
prend en compte les enjeux réels du territoire et si le
projet proposé est cohérent et pertinent.
• Niveau opérationnel : pour voir si les projets menés
dans le cadre des programmes d’actions pluriannuels
ont permis d’atteindre les objectifs (efficacité).
L’évaluation de ces deux niveaux repose sur des
questions évaluatives classiques, qui peuvent se
poser à différentes échelles et pour tout type de
projet :
PERTINENCE : les objectifs de la Charte ré-
pondent-ils aux enjeux du territoire ?
On cherche à vérifier si la stratégie définie dans
la Charte traite bien des besoins et des enjeux,
si de nouveaux enjeux ont émergé et si le Parc
s’en est saisi.
COHÉRENCE
• Interne : les moyens utilisés permettent-ils
d’atteindre les objectifs ?
L’analyse des moyens humains et financiers évalue
s’ils étaient proportionnés aux attentes et s’ils
étaient bien répartis.
• Externe : les actions du Parc sont-elles
cohérentes avec les autres politiques du
territoire ?
On analysera ici le rôle joué par les autres acteurs
et politiques du territoire afin de définir si les
actions sont complémentaires, contradictoires ou
redondantes.
EFFICACITÉ, IMPACT : les objectifs fixés sont-ils
atteints ?
Au-delà des réalisations, il s’agira d’expliquer l’écart
entre les résultats prévus et les résultats réalisés,
de mettre en avant les avancées et les difficultés.
Lorsque cela est possible, il s’agit d’analyser l’impact
des résultats obtenus vis-à-vis des enjeux du territoire.
Coopérer : du local au global
Le Verdon est un territoire complexe,
soumis à de nombreux enjeux et aléas.
Le syndicat mixte de gestion du Parc,
soucieux d’apporter sa part à la recherche
de solutions et à la mise en œuvre d’actions
permettant de répondre aux enjeux
environnementaux et de développement
durable du territoire, il s’appuie sur plusieurs
niveaux de coopération avec les territoires
voisins, les autres espaces naturels et
le réseau des Parcs naturels régionaux
régional, national, et européen.
Ainsi, le travail en réseau permet :
• un partage d’expériences,
• une mutualisation des moyens et des ré-
flexions,
• une présence dans les lieux de décision
supra afin d’y faire valoir les besoins et
les enjeux du territoire.
Les principaux réseaux dans lesquels
le Verdon s’implique sont :
• la Fédération nationale des Parcs natu-
rels régionaux,
• le réseau des Parcs naturels régionaux
de la région Sud,
• le Réseau des espaces naturels de la ré-
gion Sud (RREN),
• le réseau alpin des espaces protégés
(Alparc) et le réseau européen (Europarc).
Il peut également, en tant que de besoin,
s’impliquer dans divers réseaux théma-
tiques ou développer des coopérations
plus abouties avec des partenaires natio-
naux ou internationaux : c’est le cas no-
tamment avec un projet de Parc au Liban.
L’évaluation de la charte d’un Parc naturel
régional répond à une exigence fixée par le
Code de l’Environnement. Extrait du décret
n° 2012-83 du 24 janvier 2012 : « En appli-
cation des dispositions prévues à l’article
R. 333-3, le rapport doit prévoir un dispo-
sitif d’évaluation de la mise en œuvre de la
charte et un dispositif de suivi de l’évolution
du territoire défini au regard des mesures
phares/prioritaires et prévoir la périodicité
des bilans prévus dans ce cadre ».
Évolution du cadre législatif suite au
Décret du 24 janvier 2012 relatif aux PNR
2.3 LE DISPOSITIF D’ÉVALUATION
ET DE SUIVI DU TERRITOIRE
LES PRINCIPES ET LES VALEURS
DU PROJET DE CHARTE
Un certain nombre de principes d’action doivent
sous-tendre les interventions du syndicat mixte et
sont partagées par les différents signataires de la
Charte :
L’approche transversale :
• Croiser les logiques thématiques et profes-
sionnelles avec les démarches territoriales.
• Rapprocher les logiques publiques et privées,
notamment en ouvrant des espaces
de concertation.
La logique patrimoniale :
• Considérer les patrimoines naturels
et culturels comme le meilleur atout
du développement à long terme.
L’éducation au territoire et au développement
durable :
• Prévoir une dimension éducative à toute action
menée ou accompagnée par le Parc.
• Diffuser et partager les valeurs du développement
durable.
• Promouvoir la démarche de progrès.
La pratique partenariale et participative :
• Mobiliser, coordonner et responsabiliser les acteurs
dans la mise en œuvre de la charte en tant que projet
de territoire.
• Ne jamais faire à la place de ceux qui peuvent et/ou
sont légitimes pour agir.
• Favoriser, inciter la mise en réseau et les démarches
collectives pour une plus grande solidarité des
territoires et des acteurs.
L’anticipation et l’expérimentation
• Rester à l’écoute, observer l’évolution des territoires
pour anticiper, se projeter dans l’avenir et réorienter
les priorités et les modes d’intervention.
• Être force de proposition, innover, engager des
actions expérimentales, en acceptant de prendre
des risques.
Pour répondre à ces différents principes, le syndicat
mixte est amené à coopérer avec différents
types de publics :
élus ou techniciens des communes, inter-
communalités, départements, région,
services de l’État et structures institution-
nelles,
élus ou techniciens d’autres parcs, d’autres
structures de développement durable (et leurs
réseaux),
acteurs économiques et leurs groupements,
associations locales, régionales ou nationales,
habitants.
L’évaluation de la Charte du Parc permet d’analyser
le niveau d’atteinte de nos objectifs, le fonction-
nement des instances et sa gouvernance, et le
respect des engagements des signataires. Elle
constitue en soi un outil de suivi, de pilotage et
d’aide à la décision au service du syndicat mixte du
parc, des élus, des partenaires et des financeurs.
Elle veille à l’articulation et à la cohérence des
actions du parc avec celles des signataires et
des partenaires. L’évaluation permet également
de suivre l’évolution du territoire, des avancées
faites, des éventuels déséquilibres du territoire et
des menaces nouvelles. Elle se révèle être un outil
de mobilisation des acteurs et des partenaires
autour des enjeux du territoire mais aussi de com-
munication sur l’action du parc.
Pour ce faire, il importe de partager des outils
communs de suivi et d’évaluation afin de s’assurer
de sa bonne mise en œuvre et de réorienter le
cas échéant certaines stratégies en fonction des
effets de la mise en œuvre de la charte ou selon les
évolutions du territoire ou encore des politiques
publiques en vigueur.
50 51 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
SUIVIE ET ÉVALUATION
CHARTE DES PNR
Dispositif de suivi
de la mise en oeuvre
de la charte
Observatoire
du territoire
Dispositif mutua-
lisé pour tous les
Parcs de la Région
Provence-Alpes-Côte
d'Azur
Dispositif de suivi
de l'évolution du
territoireLes informations recueillies ont vocation à
être partagées et portées à connaissance des
signataires de la Charte, des partenaires, des
porteurs de projets et des habitants.
LES TEMPS FORTS
DE L’ÉVALUATION
L’évaluation est conduite dans un objectif d’amé-
lioration en continu et fait l’objet d’une procédure
complète à mi-parcours et à l’issue de la Charte,
associant les membres des différentes instances
du parc dans une approche participative
(réalisation de forum, questionnaires, ateliers…).
L’évaluation intermédiaire à mi-parcours de
la Charte permet de faire le point sur l’état
d’avancement des actions engagées et les
résultats obtenus. Ce point d’étape dans la vie
de la Charte autorise de porter un regard critique
sur le projet. Menée à mi-parcours, l’évaluation
permet, au besoin, de réorienter les actions.
L’évaluation finale permet de mesurer l’impact
du parc sur le territoire via l’analyse de la mise en
œuvre de la Charte au regard du niveau d’atteinte
de nos objectifs. Elle fournit un bilan de l’action
du Parc et des partenaires de la Charte dont les
conclusions aident à la préparation et l’élaboration
du nouveau projet de territoire.
Un tableau récapitulatif de l’ensemble des
indicateurs d’évaluation, précisant les objectifs,
les questions évaluatives, les valeurs associées et
leurs modalités de calcul a été annexé à la Charte.
La réponse aux questions évaluatives sera facilitée
par la mise en place de critères d’évaluation et d’un
« tableau de bord » d’indicateurs de suivi de la mise
en œuvre de la charte et d’indicateurs de suivi de
l’évolution du territoire.
LES INDICATEURS DE SUIVI
Le suivi se décline selon deux approches complé-
mentaires :
• Le suivi de la mise en œuvre de la charte en
continu à l’aide des indicateurs de réalisations
des objectifs de la Charte regroupés au sein
d’un « tableau de bord ». Ces indicateurs
permettent de suivre l’avancée de la mise en
œuvre de l’ensemble des mesures ; l’organisa-
tion du tableau de bord est bâtie de manière
à pouvoir s’appuyer sur le logiciel d’évaluation
EVA développé par la Fédération des Parcs
naturels régionaux de France.
• Le suivi de l’évolution du territoire à l’aide des
indicateurs d’état regroupés au sein du système
d’information territorial (SIT) développé en interparc.
L’OBSERVATOIRE DU TERRITOIRE
La collecte, la compilation et l’analyse des données sont
formalisées dans le système d’information territorial
(SIT). Au-delà de l’outil technique cartographique, il
permet de mutualiser les informations disponibles entre
les différents parcs et de porter un regard sur l’évolution
du territoire régional. C’est au travers de cet observatoire
du territoire que l’on anime le dispositif évaluatif, assure le
suivi des indicateurs et réalise les analyses des données.
Le suivi des indicateurs quantitatifs et qualitatifs
d’évolution du territoire est rendu possible par l’agrégation
des données du SIT et le contenu des observatoires
thématiques (exemple : observatoire de la biodiversité,
observatoire photographique du paysage…). Il est
complété par différents diagnostics thématiques,
études et enquêtes qualitatives, notamment sociolo-
giques, questionnaires, interviews d’acteurs, etc.
PARTIE 3
Un projet de territoire construit autour
du changement climatique
1 Les enjeux et les défis de la nouvelle Charte
2 Les objectifs de la nouvelle Charte
3 Guide de lecture des fiches
4 Déclinaison des 3 Ambitions / 11 Orientations
53 52
ENJEUX IMPACTS
OBJECTIFS
MOYENS
RÉALISATIONS
RÉSULTATS PERTINENCE
EFFICACITÉ
Société ancrée sur un territoire
Projet de territoire
P. 54
P. 60
P. 61
P. 66le recueil et la transmission de la mémoire
orale et des savoirs empiriques (accumulation
d’expériences) ou vernaculaires (propres au pays),
la préservation des ressources naturelles par
rapport aux usages et besoins locaux (agriculture,
tourisme) et régionaux (approvisionnement en eau
potable, production d’énergie),
la préservation et la restauration des continuités
écologiques,
la résorption des points noirs paysagers ou la
requalification paysagère d’équipements, de bâtis
ou de sites naturels (signalétique, infrastructures
diverses dont touristiques, entrées de villes et zones
commerciales, sites naturels fréquentés, fermeture
paysagère, privatisation de l’espace, préservation du
ciel nocturne…).
Pour la structure de gestion du Parc, il s’agit de
réussir la mobilisation locale, y compris citoyenne,
dans la perspective de faire de cette ambition un
facteur de cohérence territoriale, d’amélioration des
conditions de vie et de renforcement du sentiment
d’appartenance au territoire du Verdon et à son
identité rurale. Cela nécessitera également la
mise en cohérence des outils de planification
intercommunale à l’échelle du Verdon et au
regard des intérêts du territoire.
La Charte aura donc à répondre à ce 1 er défi
de porter collectivement la gestion des biens
communs, en les plaçant au cœur de l’action du
Parc, en définissant une politique volontariste
de gestion, restauration, valorisation des
patrimoines, à l’échelle du territoire et qui
permette un engagement plus fort que dans la
précédente Charte.
3. UN PROJET DE TERRITOIRE
CONSTRUIT AUTOUR DU CHANGEMENT
CLIMATIQUE
3.1 LES ENJEUX ET LES DÉFIS DE LA NOUVELLE CHARTE
Enjeu global, qui se retrouve tout au long
du diagnostic, le changement climatique, et ses
diverses conséquences sur la nature, les ressources
et les modes de vie, est considéré comme
un enjeu « chapeau », englobant tous les autres.
L’atténuation de ses effets et l’adaptation à cette
problématique fondamentale sont essentielles.
Elles devront structurer la nouvelle Charte autour
de l’ambition de favoriser la résilience du territoire,
en renforçant ses capacités à anticiper, réagir et
s’adapter pour faire face aux aléas qui le menacent.
Cette transition doit permettre une évolution vers
un nouveau modèle économique et social durable,
qui renouvelle nos façons de consommer, de
produire, de travailler et de vivre ensemble pour
répondre aux grands enjeux environnementaux :
changement climatique, rareté des ressources,
perte accélérée de la biodiversité et multiplication
des risques sanitaires environnementaux.
Fil conducteur de la nouvelle Charte, cet enjeu
renvoie au défi transversal de faire prendre
conscience aux habitants des changements
en cours et de leur pouvoir d’agir.
Cette démarche éducative mise sur le fait que les
changements doivent être initiés par le plus grand
nombre et se faire en toute connaissance du
contexte, notamment des effets du changement
climatique sur les ressources patrimoniales
(eau, forêt, espaces pastoraux, architectures
locales, pratiques et savoir-faire, etc.), des leviers
d’action possible et de leurs conséquences.
Cette démarche promeut la motivation, la res-
ponsabilisation et la capacité à agir des citoyens.
Cet enjeu global est ensuite décliné en sept
enjeux thématiques :
la préservation et la valorisation concertées
des biens communs,
la réduction de la vulnérabilité du territoire face
à l’épuisement des ressources énergétiques,
le maintien de la vocation agricole et pastorale
du territoire et la relocalisation du système
d’alimentation,
la maîtrise des pressions anthropiques
exercées sur le territoire et la préservation de la
qualité du cadre de vie,
l’organisation d’une économie touristique
engagée pour les biens communs et bénéfique
au territoire,
le renforcement des liens sociaux nécessaires
à l’adaptation aux changements en cours,
le renforcement du poids des élus ruraux et de
la voix des citoyens dans les politiques locales.
La notion de « biens communs » est essentielle.
Leur préservation et leur gestion concertée ont
été réaffirmées comme le cœur de métier du
Parc. On parle de biens qui appartiennent à tous,
ne peuvent être privatisés, ou accaparés, ni
considérés comme des marchandises. Ce sont
des ressources naturelles (eau, air, biodiversité,
matières premières, paysages) ou humaines
(savoir-faire, connaissances, patrimoines)
indispensables à la vie mais pouvant être
sous-pression (surexploitées, privatisées, polluées
ou délaissées…). Ils nécessitent une gouvernance
collective pour assurer leur gestion équitable, leur
préservation et rester accessibles à tous.
Le bien commun a pour but véritable l’épanouis-
sement des personnes et des groupes. Il doit
donc viser leur développement matériel, moral et
spirituel. Cette notion philosophique est reprise
dans le projet de « Déclaration universelle du bien
commun de l’humanité » élaboré au sommet des
peuples à Rio en 2012.
L’enjeu pour le territoire du Verdon est la prise en
compte de la diversité et la sensibilité de ses biens
communs par le plus grand nombre, la nécessité
de coordonner l’ensemble des usagers et des
décideurs autour d’objectifs de gestion partagés.
Cela passera par :
la pérennisation des démarches de
connaissance et d’observation des patrimoines
afin de mieux les préserver et les valoriser,
Amandier isolé dans un champs de lavandes ©D. Allemand
Cirque de Vaumale ©P. Murtas
Plus de 20 ans après la création du Parc,
l’analyse de l’évolution du territoire met en
évidence des tendances fortes qui perdurent
et d’autres qui apparaissent ou semblent
s’intensifier, allant jusqu’à devenir des
urgences à agir. Une profonde modification
du paysage socio-économique en lien avec
les changements sociétaux, économiques
ou suite aux réformes institutionnelles nous
oblige également à rebattre les cartes de nos
organisations locales.
Face à ces constats, le Parc naturel régional
a lancé la révision de sa Charte en commençant
par un temps d’analyse partagé des évolutions
du territoire, dans une approche globale (environ-
nementale, patrimoniale, socio-économique…).
Ce diagnostic de territoire et les différents temps
de débats et d’analyse collective qu’il a générés ont
permis d’identifier de façon objective et factuelle
les tendances, les dynamiques en cours, les enjeux
actuels et futurs, et d’en dégager les grands défis
auxquels la nouvelle Charte devra répondre. Huit enjeux
principaux ont ainsi été validés par les élus du comité
syndical du Parc desquels découlent huit défis que la
nouvelle Charte devra traiter de manière prioritaire.
UN ENJEU TRANSVERSAL :
L’ATTÉNUATION ET L’ADAPTATION AUX
EFFETS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
ENJEU N° 1 : LA PRÉSERVATION
ET LA VALORISATION CONCERTÉES
DES BIENS COMMUNS
54 55 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039©PNR Verdon
Blieux ©L. Courtil
Puimoisson ©PNR Verdon
(notamment des espaces agricoles, pastoraux et
naturels) et la réduction de l’imperméabilisation des
sols, voire leur reconquête (revégétalisation…) ainsi
que la reconquête des centres anciens par la revita-
lisation économique et la valorisation des espaces
publics.
Pour tenir compte et accompagner l’évolution des
besoins des populations résidentes, l’adaptation du
patrimoine bâti traditionnel aux attentes sociales
et aux normes de performance énergétique devient
un enjeu primordial, ainsi que le développement de
formes urbaines moins consommatrices d’espaces,
intégrées au paysage et génératrices de lien social.
Sur certains secteurs du territoire, il faudra prendre en
compte les besoins de requalification des lotissements
et extensions urbaines récentes (intégration paysagère,
amélioration énergétique, création ou valorisation des
espaces publics…).
Pour répondre à ces enjeux forts, la nouvelle Charte
devra impliquer les acteurs autour de ce 4 e défi et
réinventer de nouvelles formes d’aménagement et
d’habitat rural, plus respectueuses des ressources
et des patrimoines et adaptées aux besoins actuels
des populations. Le syndicat mixte aura à impulser,
voire expérimenter des démarches, coordonner
les actions (publiques) d’aménagement raisonné
du territoire. Plusieurs leviers d’action seront
privilégiés comme la recherche d’une maîtrise
immobilière et foncière permettant de déployer
des politiques adaptées aux enjeux d’accès
au logement, de services à la population,
d’autonomie énergétique, d’agriculture, d’ali-
mentation, etc. Il s’agira aussi d’accompagner
la mise en cohérence des outils de planification
intercommunale à l’échelle du Verdon et au
regard des intérêts du territoire.
56 57 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
ENJEU N° 2 : LA RÉDUCTION DE
LA VULNÉRABILITÉ DU TERRITOIRE
FACE À L’ÉPUISEMENT DES
RESSOURCES ÉNERGÉTIQUES
La relocalisation de l’économie, de la formation
et de l’emploi, notamment concernant les jeunes
générations, reste au cœur des besoins sur un
territoire qui a vu son économie profondément
évoluer en quelques décennies. Fort de son
identité agricole et pastorale, le Verdon a besoin de
renforcer la place de ses activités traditionnelles et
de renouer des liens plus forts entre producteurs
et consommateurs résidents ou de passage. Pour
y parvenir, plusieurs enjeux seront à prendre en
compte dans la Charte dont l’accès pour tous à des
produits locaux et de qualité, le renouvellement,
la transmission et l’installation d’exploitations
agricoles ou d’activités de transformation viables.
Par ailleurs, les activités agricoles et pastorales
sont soumises à des évolutions fortes
du contexte réglementaire, socio-économique
et environnemental qui exigent des dynamiques
d’adaptation des professionnels parfois déjà
en difficulté.
La nouvelle Charte devra s’emparer de ce 3 e défi
et ainsi se mobiliser pour la transition agricole
et alimentaire et le maintien d’un pastoralisme
vivant. Cela passera par la préservation du
foncier agricole et pastoral et la facilitation des
installations ou des reprises d’exploitations,
l’identification et la valorisation de savoir-faire
traditionnels, la valorisation d’un modèle agricole
de proximité via la structuration de filières locales
et le confortement de lieux d’approvisionnement
Les choix faits en terme d’aménagement du
territoire sont cruciaux et ont des répercus-
sions directes sur les ressources, les milieux, les
paysages mais également en termes de modes de
vie et de déplacement des habitants. L’identité
rurale et l’attractivité du cadre de vie du Verdon
sont dépendants des politiques locales de
préservation des ressources (eau, foncier, espaces
naturels, forêt…) et d’urbanisation. Les pressions
sur ces ressources sont croissantes et génèrent
régulièrement des conflits d’usages qui ne vont
faire que s’aggraver avec les effets du changement
climatique.
Un des principaux enjeux pour le territoire est
de concevoir un aménagement du territoire
maîtrisant les pressions anthropiques et
préservant la qualité du cadre de vie. Cela passera
par la limitation de l’artificialisation des sols
diversifiés et de proximité. Un volet important
d’accompagnement des professionnels est
également à conforter, permettant l’adaptation
du pastoralisme face aux impacts du changement
climatique ou à l’augmentation de la prédation
par le loup, ou l’évolution des pratiques agricoles
vers des agrosystèmes plus résilients (moins
dépendants des intrants, misant sur des sols
vivants plus fertiles, et prenant davantage en
compte la biodiversité et la qualité de l’eau).
ENJEU N° 3 : LE MAINTIEN
DE LA VOCATION AGRICOLE
ET PASTORALE DU TERRITOIRE
ET LA RELOCALISATION DU
SYSTÈME D’ALIMENTATION
ENJEU N° 4 : LA MAÎTRISE
DES PRESSIONS ANTHROPIQUES
EXERCÉES SUR LE TERRITOIRE
ET LA PRÉSERVATION DE LA
QUALITÉ DU CADRE DE VIE
L’amélioration de la résilience du territoire face aux impacts
du changement climatique passera obligatoirement par
une stratégie d’atténuation et d’adaptation. D’une part,
réduction de la dépendance à l’énergie, notamment
fossile non renouvelable, dans l’ensemble des secteurs
(en particulier dans l’habitat et les transports). D’autre
part, renforcement de l’adaptation via une économie
plus résidentielle, une agriculture plus résiliente ou
encore via l’isolation des bâtiments.
Le 2e défi de la nouvelle Charte exigera de s’investir
dans plus d’autonomie énergétique en développant
une stratégie basée sur le triptyque de la démarche
« négaWatt » : sobriété - efficacité - énergies
renouvelables. La Charte devra notamment
réactualiser, en lien avec les intercommunalités,
une politique concertée de développement
des énergies renouvelables sur le territoire en
distinguant les capacités de production à petite
échelle (ex : capteurs solaires sur toitures) et
les équipements de production industriels (ex :
centrales photovoltaïques au sol). Elle devra aussi
définir une stratégie d’utilisation des revenus
générés par la filière dans des actions locales de
sobriété (amélioration de l’isolation, production
d’eau chaude solaire, alternatives au véhicule
thermique individuel…).ENJEU N° 5 : L’ORGANISATION
D’UNE ÉCONOMIE TOURISTIQUE
ENGAGÉE POUR LES BIENS
COMMUNS ET BÉNÉFIQUE
AU TERRITOIRE
Point-Sublime ©Lovely Toilettes
Mescl’arts Festival, 2012 ©P. Faugier
Charte ateliers diagnostic 2019
Dans un contexte de crise globale (économique,
sociétale et environnementale) et à l’échelle de la
planète, le besoin de se recentrer et d’apporter
des réponses locales est fort. Dans cette période
de profonds changements, le renouveau du
mode de vie rural peut apparaître comme une
réponse en tant que générateur de lien social et
facilitant l’adaptation aux changements sociaux
et environnementaux en cours. Ce mode de vie
doit réaffirmer ses valeurs rurales et inventer de
nouvelles réponses pour prendre en compte le
vieillissement de la population et les aspirations
permettant de rendre le territoire plus attractif
pour les jeunes dont les besoins évoluent. Les
enjeux sont nombreux : il s’agira de permettre un
meilleur ancrage territorial des nouveaux arrivants,
de lutter contre l’isolement et l’individualisme par,
entre autre, la création de lieux de rencontre pour
les habitants ou par des dynamiques intergéné-
rationnelles. Il faudra faciliter cette aspiration au
« mieux vivre ensemble » en conciliant les visions
et les usages parfois contradictoires des espaces
publics et des biens communs, de créer des
dynamiques plus collectives pour faire société.
La nouvelle Charte devra prendre en compte
ce 6 e défi en définissant des orientations pour
soutenir des modes de vie favorisant les liens
sociaux, la solidarité et le bien-être. Cela
passera par l’expérimentation d’organisations
collectives et de services à la population adaptés
aux contraintes de la vie rurale « verdonnienne »
(création de réseaux d’entraides et de sociabilité,
offre culturelle itinérante, crèches parentales,
cinéma itinérant, bistrots, cafés ou épiceries
associatives, etc.), par le soutien aux dynamiques
portées par les nouvelles générations de jeunes
adultes (nouveaux arrivants, comme natifs) ou
le développement et le bon usage du potentiel
numérique.
Miser sur la cohésion et les solidarités locales pour
continuer à vivre au pays, pour réinventer le mode
de vie rural et pour préserver « l’art de vivre en
Verdon » sera un défi central de la nouvelle Charte.
La mise en débat de la gestion des biens communs
et la garantie de leur prise en compte dans
l’arbitrage politique sont exprimées comme une
aspiration citoyenne forte. Il s’agit des conditions
indispensables pour motiver l’implication
citoyenne dans l’amélioration des connaissances,
la gestion et la valorisation des patrimoines. Cette
aspiration de participation citoyenne va de pair
avec le besoin de renforcement des partenariats
et des coopérations avec les acteurs de la
recherche et la nécessité pour les acteurs institu-
tionnels du territoire de mutualiser leurs moyens
afin de faire face à la complexité administrative et à
la baisse des financements publics. Ces enjeux sont
exacerbés par le contexte continu ces dernières
décennies de métropolisation des politiques d’amé-
nagement du territoire et de complexification du
paysage institutionnel rendant difficile la lisibilité
du « millefeuille » administratif et menaçant l’avenir
et la représentation des communes rurales (maintien
de l’échelon local, poids des élus ruraux, éloignement
des centres de décisions). La continuité des actions
mises en œuvre par les élus locaux est revendiquée,
notamment afin de défendre les intérêts du territoire à
l'échelle régionale (renouvellement des concessions des
barrages, SAGE Durance, SRADDET, etc).
La Charte prend en compte cet enjeu politique en
formulant un 7 e défi qui amènera le Parc à donner une
place aux citoyens et à fédérer la population et les élus
locaux pour peser davantage à l’échelle régionale.
Le Parc aura à jouer un rôle d’interface, de lieu de
débat, et d’implication. Il sera dans une posture
de porte-voix des valeurs de la ruralité et des
intérêts du territoire afin d’en garantir des usages
concertés et la préservation. Cela nécessitera une
écoute des citoyens et une communication entre
les institutions et la population. Les instances du
Parc seront à repenser pour en faire un outil de
démocratie participative rurale.
58 59 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
de l’intérêt général. Il s’agira de faire du Verdon
un territoire reconnu pour sa gestion des sites
naturels touristiques en s’impliquant concrètement
dans des projets d’amélioration des conditions
d’accueil et dans des services facilitant la gestion
de la fréquentation.
ENJEU N° 6 : LE RENFORCEMENT
DES LIENS SOCIAUX NÉCESSAIRES
À L’ADAPTATION AUX CHANGE-
MENTS EN COURS
ENJEU N° 7 : LE RENFORCEMENT
DU POIDS DES ÉLUS RURAUX ET
DE LA VOIX DES CITOYENS DANS
LES POLITIQUES LOCALES
La diversité paysagère et la notoriété des gorges du
Verdon, plus grand canyon d’Europe, font du Verdon un
territoire attractif où l’offre touristique s’est progressive-
ment développée autour des activités de pleine nature.
Si la professionnalisation des acteurs et la diversifica-
tion de l’offre ont progressé ces dernières décennies,
l’encadrement et la gestion de la fréquentation estivale
des sites naturels restent plus que jamais au cœur des
enjeux touristiques du Verdon. Cet enjeu est crucial
et garantit la durabilité de l’activité touristique en
permettant une qualité d’accueil et une préservation
de l’environnement indispensables. Au regard des
faibles moyens des communes rurales du Verdon,
cet enjeu revêt une préoccupation financière de
redistribution des retombées économiques du
tourisme et le développement de la mixité des
usages des équipements et services touristiques.
En complément à ce besoin de gestion, le dévelop-
pement d’une offre de découverte basée sur les
patrimoines et sur des déplacements alternatifs
à la voiture individuelle, pour les habitants et les
visiteurs (écotourisme), permettra la structuration
d’une économie touristique plus respectueuse des
ressources et bénéfique au territoire.
Ainsi la nouvelle Charte devra s’emparer de ce 5e
défi et le Parc devra incarner un tourisme ancré au
territoire, engagé dans la gestion de ses ressources
et le bien-être de ses habitants. Cela supposera de
promouvoir un tourisme contribuant au bien-être
général du territoire et d’impliquer l’ensemble des
acteurs institutionnels et privés du tourisme dans
la construction d’un modèle touristique au service3.2 LES OBJECTIFS DE LA NOUVELLE CHARTE 3.3 GUIDE DE LECTURE DES FICHES OBJECTIFS
des annexes réglementaires : liste des
communes du périmètre d’étude, liste des col-
lectivités ayant approuvé la Charte, emblème du
Parc, statuts du syndicat mixte, organigramme,
programme d’actions pluriannuel et projection
financière, rapport environnemental et des
documents complémentaires pouvant aider à la
compréhension du projet. Ces annexes seront
fournies dans la version finale de la Charte.
Le présent rapport de Charte est accompagné
par des pièces complémentaires disponibles en
ligne sur www.parcduverdon.fr et précisant :
Tableau de correspondance SRADDET/
Charte/Dispositions pertinentes,
Fiches descriptives des Sites d’intérêt
écologique majeur (SIEM),
Fiches récapitulatives des pépites
du patrimoine bâti par commune,
Cahier des paysages.
Dispositif d’évaluation
Récapitulatif des engagements
des signataires
• Organisation et contenu des fiches
Les objectifs ci-dessous définis doivent répondre
aux enjeux et aux défis issus du diagnostic et
être suffisamment ambitieux pour correspondre
aux critères de qualité attendus par l’État garant
du label « Parc naturel régional » (notamment en
contenant des objectifs de qualité paysagère et
de préservation et restauration de la Trame verte
et bleue). Ils concernent le territoire et l’ensemble
de ses composantes et de ses acteurs, pas
uniquement le syndicat mixte de gestion du Parc.
Ils ont été co-construits puis validés par les futurs
signataires de la Charte (communes, intercommu-
nalités, départements, région). L’organisation doit
permettre aux partenaires, aux acteurs socioé-
conomiques et aux citoyens de s’impliquer pour
participer à leur atteinte.
Le projet de Charte 2024-2038 est organisé en
3 grandes parties (les ambitions) déclinées en 11
orientations (grands objectifs thématiques) et
35 mesures (objectifs plus opérationnels, leviers
permettant d’atteindre l’orientation).
Certaines dispositions ont vocation à être retranscrites dans les documents d’urbanisme
(SCOT, PLUi, PLU…) et sont identifiées comme « dispositions pertinentes » avec le pictogramme
suivant :
La Charte étant élaborée pour 15 ans elle se place à un
niveau stratégique et évite de citer des actions trop
précises ou des dispositifs ou outils étant amenés
à évoluer. Un programme d’actions pluriannuel en
annexe permet d’identifier les actions et les moyens
prévus pour sa traduction concrète dans les premières
années de sa mise en œuvre.
Chaque orientation comprend une introduction
permettant de recontextualiser les enjeux puis est
déclinée en fiches mesures.
Chaque fiche-orientation est construite selon le même
modèle :
Rappel du contexte et des enjeux issus du diagnostic,
Présentation de la stratégie,
Déclinaison de la stratégie en mesures,
Renvoi au plan du Parc
Puis chaque mesure est présentée, déclinée en
dispositions, les modalités de mise en œuvre :
répartition des rôles et engagements des signa-
taires, dispositif d’évaluation sont indiquées.
Conformément aux textes en vigueur (article
R333-3-III du Code de l’Environnement),
la Charte est construite sur la base d’études pré-
alables permettant d’alimenter son contenu :
Le diagnostic du territoire : il décrit les
dynamiques à l’œuvre sur l’ensemble du terri-
toire d’étude en les recontextualisant dans le
territoire régional, il identifie les principales
évolutions qui ont marqué le territoire depuis
la précédente charte et pointe les enjeux et
les urgences à agir, issus des temps d’analyse
collective et de débats.
L’évaluation de la mise en œuvre de la
précédente Charte : elle dresse un bilan des
actions menées et analyse leur cohérence, leur
efficacité et leurs effets et permet de retenir
les principaux enseignements à prendre en
compte dans la définition de la nouvelle Charte.
Le dossier de Charte est constitué de plusieurs
éléments :
un rapport de Charte regroupant les objectifs et
leurs modalités de mise en œuvre,
un plan du Parc, cartographiant le territoire et les
secteurs d’application des objectifs,
©P. Murtas
60 61 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039L’ARTICULATION DE LA CHARTE
ET DU PLAN DU PARC
Le plan du Parc est une pièce obligatoire qui
permet de cartographier les zones du territoire et
de localiser les objectifs décrits dans le rapport
de charte. Il permet de visualiser les secteurs
prioritaires d’application de la Charte.
D’après l’article R. 333-3 du Code de l’Environne-
ment, un plan de Parc représente « le périmètre
de classement potentiel et le périmètre classé,
sur lequel sont délimitées, en fonction du
patrimoine et des paysages, les différentes
zones où s'appliquent les orientations et les
mesures définies dans le rapport ; le plan
caractérise toutes les zones du territoire selon
leur nature et leur « vocation dominante ».
Il s’agit d’un document de référence qui servira
régulièrement pour faciliter la mise en œuvre
de la Charte, et notamment dans le cadre de la
transposition des objectifs dans les documents
d’urbanisme. Il permet également un porter
à connaissance des données patrimoniales du
territoire, utiles aux porteurs de projet dans leurs
démarches préalables.
En identifiant les principaux projets connus de
valorisation ou de gestion des patrimoines et des sites,
il permet également de se projeter dans une vision
coordonnée du territoire.
Pour le Verdon, il est établi au 1/100 000e.
Il indique par un zonage adapté les différentes
vocations du territoire, les objectifs liés à la
préservation des patrimoines et paysages, il met
en avant les enjeux de continuités écologiques via
les Trames vertes et bleues.
Il est composé de :
Une carte principale localisant les orientations et
les mesures spatialisées : 1.1, 2.1, 2.3, 2.4, 3.1, 3.2,
3.3, 3.2, 3.3, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.4, 5.5, 6.1,
6.2, 6.3, 7.1, 7.2, 7.3, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 9.3, 10.1, 10.2,
10.3, 11.1, 11.2, 11.3
5 encarts thématiques qui permettent de préciser
ou de mettre en avant certains enjeux spécifiques
ou importants :
Agriculture et pastoralisme,
Eaux souterraines et gestion quantitative,
Patrimoines naturels,
Patrimoines paysagers et culturels,
Tourisme : régulation et qualité de l’accueil.
Pour assurer l’articulation entre rédaction et
cartographie :
le rapport de charte précise en fin d’orienta-
tion les zonages du plan de Parc en lien avec
chaque objectif cartographiable (attention : tous
les objectifs ne donnent pas lieu à une traduction
cartographique, soit par nature, soit parce qu’il
s’appliquent également sur tout le territoire).
La légende du plan est construite de manière à reprendre les objectifs de la charte (orientations et mesures) :
LA PRISE EN COMPTE
DU SRADDET
La loi portant sur la nouvelle organisation de la
République (NOTRe) du 7 août 2015 est venue
préciser et renforcer le rôle de la région dans sa
fonction planificatrice en créant le schéma régio-
nal d’aménagement, de développement durable
et d’égalité des territoires (SRADDET). Ainsi le
SRADDET de la région Sud Provence-Alpes-Côte
d’Azur acte la stratégie régionale d’aménage-
ment à moyen et long termes (horizons 2030 et
2050) en définissant des objectifs et des règles
se rapportant à onze domaines obligatoires. Il a
été adopté en juin 2019 et approuvé en octobre
2019, au moment où le Parc du Verdon a engagé
sa démarche de révision de sa charte.
Ce schéma est dit « intégrateur » puisqu’il ras-
semble d’autres schémas et plans sectoriels
auxquels il se substitue et il est dit « prescriptif »
puisqu’il s’impose aux documents de planification
infrarégionaux : chartes de parcs naturels régio-
naux, schémas de cohérence territoriale (SCOT),
plans de déplacements urbains (PDU), plans lo-
caux d’urbanisme intercommunaux / communaux
et cartes communales en absence de SCoT, plans
climat air énergie (PCAET).
L’état des lieux posé lors de l’élaboration du
SRADDET fait apparaître une région en perte d’at-
tractivité avec une croissance démographique qui
s’essouffle, une consommation de l’espace deux
fois plus rapide que la croissance démographique,
des fractures sociales et territoriales qui s’accen-
tuent, des déplacements quotidiens en voiture
individuelle de plus en plus importants.
Face à ce constat, la région a souhaité trouver un
nouveau modèle d’aménagement, se positionner
en rupture avec le schéma de développement
actuel et inverser la tendance. Ces éléments de
rupture ont donné lieu à trois lignes directrices qui
constituent l’architecture du SRADDET :
Renforcer et pérenniser l’attractivité du
territoire régional : Cette ligne directrice vise
à renforcer le rayonnement, notamment éco-
nomique, du territoire (axe 1), en proposant un
modèle d’aménagement durable et qualitatif
du territoire (axe 2) et en accompagnant la
transition environnementale et énergétique
vers une économie de la ressource (axe 3).
Maîtriser la consommation de l’espace et
renforcer les centralités et leur mise en ré-
seau : Cette deuxième ligne directrice vise à
mieux organiser le territoire selon des niveaux
de centralités et à maîtriser le développement
des espaces sous influence métropolitains
(axe 1), à mettre en cohérence l’offre de mobi-
lité avec la stratégie urbaine (axe 2) et à maî-
triser le foncier en diminuant la consommation
d’espaces et en restaurant les continuités
écologiques (axe 3).
Conjuguer égalité et diversité des territoires
pour des territoires solidaires et accueillants :
Cette troisième ligne directrice consiste à tirer
le meilleur parti des potentialités de développe-
ment des territoires selon leurs spécificités (axe
1), à soutenir l’amélioration de la qualité de vie et
la réduction des inégalités d’accès au logement
(axe 2) et à développer échanges et réciprocités
entre territoires (axe 3).
Par ailleurs, la stratégie régionale s’appuie sur un
parti pris spatial par grand espace afin de prendre en
compte les enjeux spécifiques de chaque territoire,
d’ajuster les objectifs et de moduler les règles à une
échelle infrarégionale, tout en tenant compte des re-
groupements intercommunaux. Ainsi quatre espaces
ont été définis : alpin, azuréen, provençal et rhodanien.
Le Parc du Verdon est principalement concerné par les
espaces alpin et provençal.
Forte de neuf parcs naturels régionaux couvrant
30 % du territoire régional, la région les identifie
au travers de son SRADDET, comme des espaces
d’équilibre et de respiration d’autant qu’une partie
d’entre eux sont positionnés à l’articulation ou à
proximité de plusieurs systèmes métropolisés. Ils
sont également considérés comme des acteurs
stratégiques favorisant la mise en cohérence
des politiques régionales avec les politiques lo-
cales, pouvant s’affranchir des limites adminis-
tratives. Du fait de leur gouvernance spécifique
et d’une ingénierie disponible, ils sont en outre
des laboratoires d’expérimentation en faveur
d’un développement cohérent alliant attrac-
tivité et développement local, protection de
l’environnement et préservation du cadre de
vie et des identités locales.
62 63 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Préserver et restaurer les continuités écologiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.5, 6.1, 6.2, 6.3, 8.1,
8.2, 9.1, 9.2, 10.2, 10.3, 11.1, 11.2, 11.3
Préserver, gérer et valoriser les sites à la
biodiversité et à la géodiversité emblématiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.4, 5.5, 7.2, 7.3, 8.1,
11.1, 11.2, 11.3
Préserver l’identité des paysages ruraux
Mesures 2.4, 5.2, 6.2, 7.1, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 9.3, 10.1
Préserver et restaurer la trame verte :
Préserver et restaurer la trame bleue et turquoise :
Fond de plan
Sous-trame des milieux forestiers
La sous-trame des plans et cours d’eau
Sous-trame des zones humides
Sous-trame des milieux ouverts et semi-ouverts
Sous-trame des milieux agricoles cultivés
Sous-trame des milieux rocheux
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Espace artificialisé
Préserver les monuments emblématiques
du grand paysage
Limite communale
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Corridor écologique
Corridor écologique
Zone d'activités, d’équipements et centrales
photovoltaïques au sol
Préserver les espaces ouverts et les perceptions
lointaines du Plateau de Valensole
Protéger les paysages agricoles
et leurs motifs particuliers
Veiller à la qualité des routes de découverte
des paysages et de leurs abords
Préserver l’identité des routes emblématiques
ou pittoresques
Préserver les cônes de vues et le devenir
des espaces associés
Veiller à la qualité des paysages perçus depuis les points
hauts du territoire offrant des perceptions lointaines
Protéger les édifices du patrimoine bâti traditionnel
identifiés en tant que pépites, jalonnant les paysages
naturels, agricoles et urbains
Veiller à la qualité des entrées de parc en améliorant les
aménagements ou en préservant leur identité rurale
Périmètre d’étude
Limite du camp militaire de Canjuers
Carrière en activité
Corridor écologique
Corridor écologique
Veiller à la qualité de l’urbanisation et
des aménagements
Mesures 2.1, 5.2, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 10.1, 11.3
Préserver la silhouette des villages
et hameaux traditionnels
Veiller à la qualité des espaces publics, des projets
d’aménagement et des constructions
Requalifier les espaces urbains banalisés ou dégradés
Promouvoir la densification des quartiers périphériques
Traiter qualitativement les franges villageoises
Requalifier les abords routiers, les entrées et les
traversées de villes et villages banalisées ou dégradées
Affirmer les limites d’urbanisation et contenir
le développement urbain pour empêcher le mitage
des espaces agricoles et naturels
Requalifier des infrastructures touristiques
et les espaces naturels fréquentés dégradés
Préserver et gérer les sites d’intérêt
écologique majeur
Préserver et valoriser les géositesLA CONTRIBUTION DE
LA CHARTE À LA STRATÉGIE
CLIMATIQUE
Le choix des élus du Verdon de faire de la cause
climatique un fil rouge de la nouvelle charte du
Parc se traduit par la nécessité d’identifier (en
utilisant des pictogrammes) l’effet pressenti de
chaque objectif énoncé sur les enjeux climatiques.
Cela exige de pouvoir évaluer ces effets et de se
les approprier en amont des actions publiques afin
d’éclairer les prises de décision ou de peser dans
les choix politiques locaux.
Les objectifs de cette démarche d’identification et
de « marquage » par des « pictogrammes » sont de :
• Passer de la préoccupation théorique à la mise
en pratique en faisant le lien direct entre contexte
global (climat, biodiversité…) et les objectifs (me-
sures et dispositions) de la Charte ;
• Participer au porter-à-connaissance pour sensi-
biliser, faire de la pédagogie et pour aider à la déci-
sion publique en toute connaissance des impacts
pour encourager les démarches ou les usages les
moins carbonés ;
• Développer le réflexe de « calcul de l’empreinte
carbone » en amont des choix et des décisions,
en faire un outil d’animation et d’appropriation
des problématiques climatiques en faisant vivre
le questionnement dans les instances du Parc :
utiliser les pictogrammes dans la présentation des
projets, au quotidien : s’y habituer, se les appro-
prier, les mettre en avant, s’en servir pour prioriser
ou présenter le programme d’actions.
La démarche s’inscrit pleinement dans la stra-
tégie nationale bas carbone (SNBC), le Plan cli-
mat national et le plan climat régional, une Cop
d’avance. En ce sens, elle nécessite une approche
plus large en insérant le Parc dans une dynamique
régionale inter-parcs - cf. partenariat en cours
avec le conseil régional et le groupe d’experts
régional du climat (GREC Sud) pour travailler sur
une méthode partagée.
Les orientations et les mesures des chartes de
parcs naturels régionaux doivent être compatibles
avec les règles du SRADDET (c’est-à-dire respecter
l’esprit de la règle prévue par le document de rang
supérieur) et doivent prendre en compte les objec-
tifs (c’est-à-dire ne pas s’écarter des orientations
fondamentales du document de rang supérieur).
Le SRADDET de la région Sud PACA comporte 53
règles et 68 objectifs.
• Préserver les ressources naturelles et paysa-
gères et améliorer la résilience face au change-
ment climatique. Ce thème recouvre :
• la préservation des équilibres naturels,
agricoles et paysagers,
• la restauration de la trame verte et bleue
régionale,
• la réduction de la vulnérabilité du territoire
face aux risques naturels,
• la réduction de la consommation d’énergie,
• la conciliation de la préservation des patri-
moines naturels, culturels et paysagers avec les
objectifs de développement des énergies renou-
velables.
• Maîtriser la consommation d’espace pour un urba-
nisme intégré et de qualité. Ce thème recouvre :
• la déclinaison de la stratégie urbaine régionale sur le
territoire du Parc,
• l’encadrement de la maîtrise de l’urbanisation et le
renouvellement urbain afin de limiter la consommation
d’espaces naturel, agricole et forestier,
• l’accompagnement pour un développement harmo-
nieux des territoires sous-pression.
• Renforcer un modèle de développement rural exem-
plaire et améliorer le cadre de vie. Ce thème recouvre :
• l’accompagnement pour définir de nouvelles ré-
ponses en matière de logements, de services et de
mobilités,
• l’incitation au développement d’opérations
d’aménagement exemplaires en respectant
l’identité paysagère du territoire,
• l’accompagnement de l’économie locale, la
valorisation des ressources et potentiels touris-
tiques,
• la protection des productions agricoles et
sylvicoles.
L’articulation entre la Charte et le SRADDET est
mise en lumière dans un tableau de correspon-
dances inséré en annexe. Ce tableau permet de
cibler les objectifs et les règles du SRADDET
concernés pour chaque orientation et mesure
de la charte, en même temps que d’identifier les
dispositions considérées comme pertinentes
pour faciliter la transposition de la charte dans
le document d’orientation et d’objectif (DOO)
des SCoT ou directement dans les PLU-i, PLU et
cartes communale en l’absence de SCoT.
Pour mettre en pratique la proposition, il s’agit d’identifier l’effet ou le rôle que chaque mesure ou disposition (voire projet ou action dans la phase de mise en œuvre), peut jouer dans l’atteinte des objectifs suivants :
Atténuer les émissions des gaz à effets de serre et leur concentration en réduisant notre consommation énergétique, en décarbonant nos sources d’énergie, en favorisant les stocks de carbone existants et en favorisant la séquestration naturelle du carbone ;
S’adapter en réduisant la vulnérabilité des écosystèmes, des populations, des activités économiques et du territoire au sens large vis-à-vis des ef- fets du changement climatique et des risques naturels qui en découlent par une évolution de nos pratiques quotidiennes et professionnelles et des modalités d’aménagement du territoire ;
Favoriser la santé des habitants et leur bien-être en limitant les pollu- tions, en assurant un accés à l’eau potable, en favorisant une alimentaion saine et de qualité, en réduisant leur exposition aux aléas climatiques ex- trêmes (canicules, inondations…), en assurant à tous un accés aux soins et, d’une façon générale, en améliorant leur cadre de vie ;
Favoriser la préservation de la biodiversité dans toutes ses compo- santes, espèces, habitats, écosystèmes et fonctionnalités, en limitant l’artificialisation des sols, l’utilisation des pesticides, en restaurant des sols fonctionnels et vivants, en conservant ou en restaurant des corridors naturels et en protégeant, d’une façon générale, les espèces vivantes et leurs habitats.
Cette identification se fera via l’apposition d’un pictogramme et la description syn- thétique des effets attendus et sera appliquée aux projets des différents programmes d’actions de mise en œuvre de la Charte.
64 65 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20393.4 DÉCLINAISON DES 3 AMBITIONS / 11 ORIENTATIONS
AMBITION 1
Agir collectivement
face aux boulever-
sements climatiques
et sociétaux
AMBITION 3
Viser un
développement
équilibré du
territoire
AMBITION 2
Gérer de manière
concertée nos
« biens communs »
Orientation 1
Animer et organiser un
territoire plus résilient au
changement climatique
Orientation 2
S’engager dans une politique
de sobriété et de productions
énergétiques diversifiées, au
bénéfice de tous
Orientation 3
Renforcer l’éducation et l’es-
prit critique pour permettre
à chaque citoyen d’agir face
aux évolutions sociétales et
environnementales
Orientation 4
Renforcer la gestion
commune et solidaire entre
territoires aval et amont de
la ressource en eau et des
milieux aquatiques
Orientation 5
Faire de la biodiversité un
bien commun à préserver et à
transmettre aux génerations
futures
Orientation 6
S’appuyer sur la capacité
naturelle d’adaptation
des forêts pour favoriser
leur résilience face aux
changements climatiques
Orientation 7
Révéler et partager
le patrimoine culturel
Orientation 8
Révéler et préserver les
paysages du Verdon,
accompagner leur évolution
Orientation 9
Agir pour un aménagement
équilibré du Verdon, adapté
aux modes de vie ruraux, et
attractif à l’année
Orientation 10
Accompagner et valoriser une
agriculture et un pastoralisme
tournés vers l’avenir et
respectant les ressources
naturelles du territoire
Orientation 11
Rechercher l’équilibre entre
économie touristique,
vie locale et respect
des patrimoines
66 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039 67
AMBITION 1 :
AGIR COLLECTIVEMENT FACE
AUX BOULEVERSEMENTS CLIMATIQUES
ET SOCIÉTAUX
ORIENTATION 1
Animer et organiser un territoire plus résilient
au changement climatique
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions
énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
ORIENTATION 3
Renforcer l’éducation et l’esprit critique pour permettre à chaque
citoyen d’agir face aux évolutions sociétales et environnementales
P. 68
P. 84
P. 1061 1
CONTEXTE
Dans un contexte mondial de lutte contre
le changement climatique et de transition
énergétique et écologique visant l’adoption
d’un modèle de production et de consommation
moins énergivore et plus durable, l’ensemble
des échelles territoriales est appelé à renforcer
la mobilisation.
Au niveau national ce nouveau modèle, traduit dans
la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) vise à
atteindre la neutralité carbone en 2050 et ainsi à
limiter une aggravation des dérèglements climatiques.
Plus près du Parc, à l’échelle régionale, l’État met l’accent
sur une double perspective d’action au regard de ces
grands défis : l’atténuation des émissions de gaz à effet
de serre - GES (liées notamment aux consommations
d’énergie) et l’adaptation au changement climatique.
Le préfet de région incite ainsi à la définition d’objectifs
locaux de réduction des GES et des consommations
énergétiques (bâtiments, mobilité résidentielle et
touristique, économie circulaire), de production d’énergie
renouvelable préservant les espaces naturels et
agricoles, promeut un tourisme responsable (ex. obtenir
le label Grand site de France pour les gorges).
La Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Schéma
régional d’aménagement, de développement durable
et d’égalité des territoires (SRADETT) traduisent ces
défis au travers notamment d’un encouragement
à l’innovation pour renforcer la résilience des
territoires, qui passe par une économie de moindre
impact (circulaire, sobre, de proximité) et une plus
grande anticipation de l’augmentation des risques
et de la fragilisation des ressources (milieux
naturels, eau). Le Plan climat de la Région « Une
COP d’avance » vise également la neutralité
carbone en 2050, avec, au niveau des territoires,
l’encouragement du privé et de l’action publique à
la maîtrise de leur empreinte carbone, de l’artifi-
cialisation des sols.
Au niveau du Parc, au-delà d’objectifs chiffrés
de ces incitations à agir dans certains champs
d’actions (maîtrise des consommations énergé-
tiques, production d’énergies renouvelables), la
mise en œuvre d’une stratégie basée sur les enjeux
prioritaires du territoire et la recherche collective
d’effets de leviers pour accélérer les transitions
devient vitale.
ORIENTATION 1
Animer et organiser un territoire plus résilient au changement climatique
Trembles et bouleaux en automne ©D. Allemand
Les phases de concertation précédentes ont mis
l’accent sur la nécessité de créer les conditions
d’un changement de modèle pour anticiper les
effets du changement climatique et promouvoir
une économie au service des biens communs du
territoire, de ses modes de vie ruraux (où chaque
personne est plus proche de la nature, de ses
voisins, des producteurs locaux…).
Fort de ce constat, plusieurs enjeux se
dessinent pour le territoire du Verdon :
• La prise de conscience des
élus, habitants et entreprises
pour engager des changements
de pratique.
• L’accélération des changements
de pratiques vers des modes
de vie plus sobres et solidaires.
• L’accompagnement des mutations
économiques et sociales, en prenant
en compte les nouveaux usages
du numérique.
• La recherche d’un territoire où la
transition écologique passe aussi par
des changements comportementaux
dans la gestion des ressources,
dans la production de biens et de
services communs.
• L’aide à la création d’activités
de réparation, de réemploi pour
offrir une alternative à la mise
en décharge systématique
et soutenir l’emploi local.
ENJEUX & DÉFIS
STRATÉGIE
Pour ce faire, un changement des comportements
est un facteur de réussite essentiel.
Celui-ci doit jouer un rôle important de catalyseur
de la transition, en s’appuyant sur la pédagogie
(prendre conscience de l’urgence à agir),
une gouvernance élargie aux forces vives du
territoire (associations, chambres consulaires,
représentations professionnelles) et adaptée
à des modes de faire prospectifs (au-delà des
15 ans de la Charte).
La coopération et l’expérimentation de projets
répondent ainsi aux besoins essentiels et
renforcent la résilience du territoire.
MESURES
Formation d’habitants au jardinage biologique par le Parc ©PNR Verdon
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour
des mesures suivantes :
• Mesure 1.1
Susciter la prise de conscience collective face à l’urgence des enjeux du changement climatique
• Mesure 1.2
Promouvoir un développement rural innovant, répondant aux besoins essentiels et fonctionnels des habitants du territoire
• Mesure 1.3
Développer l’économie circulaire et le lien entre consommateurs et producteurs
68 69 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20391 1
ORIENTATION 1
Animer et organiser un territoire plus résilient au changement climatique
Il souhaite s’appuyer sur les plans climat air énergie
territoriaux (PCAET) émergeant sur les EPCI se
recoupant avec son territoire pour accélérer la
trajectoire de la résilience, et de fait corollairement
la neutralité carbone, notamment en accompa-
gnant les réflexions préalables à la définition des
actions opérationnelles de ces PCAET.
Les objectifs sont de :
• Accélérer la prise de conscience des communes,
habitants et entreprises,
• Préparer les comportements pour engager des
changements de pratique vers des modes de vie
plus sobres et solidaires,
• Coopérer avec les réseaux citoyens et les inter-
communalités engagées ou allant s’engager dans
une démarche de type PCAET.
OBJECTIFS DE LA MESURE
Dans un contexte de lutte contre le changement
climatique et de transition énergétique et écologique
visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre
et, plus largement, adopter un modèle de production
et de consommation moins énergivore et plus durable,
le changement des comportements est un facteur de
réussite essentiel, qui doit jouer un rôle important de
catalyseur de la transition.
Si la société civile s’est mobilisée souvent plus vite que
les structures publiques sur ces sujets, un risque existe
que des initiatives locales, trop isolées, demeurent
anecdotiques ou s’essoufflent.
Dans ce contexte, le Parc souhaite participer à la
mise en œuvre d’une gouvernance associant les
forces vives du territoire (associations, chambres
consulaires, représentations professionnelles)
souhaitant se mobiliser autour de la prise de
conscience des enjeux du changement climatique
et / de la transition énergétique pour améliorer la
résilience du territoire.
DISPOSITIONS
Mieux connaître et faire reconnaître l’action des réseaux citoyens et des collecti- vités sur le sujet de la résilience des territoires
• Renforcer la connaissance et la prise de conscience des conséquences du changement climatique, en assurant une veille sur le travail des acteurs qui gravitent autour de ces préoccupations, tant dans le champ de la recherche que de l’éducation.
• Faciliter le rapprochement des acteurs pour mieux connaître leur champ d’action et identifier les pistes de synergies (ex. enquête, forum, réseau d’« habitants-chercheurs » sur le changement
70 71 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 1.1
Susciter la prise de conscience collective face à l’urgence
des enjeux du changement climatique
Le conseil scientifique mobilisé autour du changement climatique ©D. Chavy - PNR Verdon
climatique…). À ce titre, le rapprochement de têtes de réseau (groupe PACA – climat) ou d’associations structurantes comme le GREC sud (Groupe régional d’expert sur le climat), opéré depuis 2019, dans le cadre d’une publication sur les enjeux climatiques dans le Verdon, doit être poursuivi, dans une démarche partagée avec les autres Parcs de la région, au-delà de la convention de partenariat signée en 2020.
• Au sein de ces réseaux, identifier et valoriser les actions engagées se rapportant de manière large au sujet de la résilience du territoire.
Appuyer les réseaux citoyens dans la mise en œuvre d’actions de sensibilisation à une plus grande résilience territoriale
• Capitaliser les initiatives citoyennes tournées autour des besoins essentiels pour favoriser la mise en réseau des acteurs.
• Faire le lien entre ces initiatives et les dispositifs susceptibles de consolider la démarche des projets.
• Solliciter les acteurs socio-culturels pour investir le sujet et promouvoir des créations artistiques autour des enjeux de la résilience.
• Proposer des actions en lien avec le tissu associatif du territoire (ex : programme de rencontres, ateliers citoyens, voyages d’études pour élus et acteurs sur des communes exemplaires en termes de résilience sur l’alimentation, l’énergie).
• Maintenir et pérenniser des espaces de débats type « café citoyen ».
• Accompagner des initiatives locales et des instances de participation (conseil de développement ; SCOP ou associations d’éducation populaire).
• Identifier, accompagner les réseaux professionnels et associatifs présents sur le territoire et soutenir les initiatives collectives déjà engagées, dans les domaines à enjeux forts pour le Parc (agriculture, patrimoine naturel, tourisme et activités de pleine nature…) en recherchant des passerelles entre les secteurs.
• La marque « Valeurs Parcs » pourra être mobilisée vers une plus grande prise en compte de la résilience et une réflexion engagée sur l’attribution de critères spécifiques.
• Organiser des temps d’échange de pratiques (co-formation) entre socio-professionnels.
• Proposer des ateliers citoyens pour acquérir des savoirs et savoir-faire en lien avec la mise en œuvre d’une sobriété de nos pratiques au quotidien (l’observatoire des saisons-IMB, phénoclim, en quête d’eau-OFB…).
• Initier des outils de parrainage / échanges de services « intergénérationnels » facilitant l’accueil des personnes en formation.
Inciter tous les acteurs du territoire à évaluer leur impact carbone
• Inscrire la gestion des programmes et des activités dans les objectifs de la stratégie nationale bas carbone 2050 en intégrant l’impact carbone des actions dans le processus de décision et d’évaluation.
• Identifier en lien avec les expertises régionales (ex. ADEME, Groupe régional d’expert sur le climat - GREC sud), les gisements et modes d’actions les plus pertinents dans les différents secteurs (agriculture, forêt, bâtiment, transport…) et définir les secteurs prioritaires à mobiliser. Un accent particulier sera mis sur le piégeage du CO² (absorption des gaz à effet de serre) jusqu’à présent insuffisamment pris en compte. A ce titre les puits de carbone naturels seront privilégiés par rapport aux solutions de captation technologique du CO2. L’outil ALDO pourra être mobilisé pour évaluer le stock et les flux carbone du territoire. Mobiliser les outils d’évaluation des impacts carbone sur les secteurs prioritaires, permettant de mesurer les émissions de GES, éviter et réduire ces émissions et renforcer, le cas échéant, la capacité de séquestration des émissions de GES. À un niveau plus opérationnel, des outils comme « quantiGES » (ADEME) pourront contribuer à évaluer les gaz à effet de serre potentiellement évités par une action favorable à la transition énergétique.
• Promouvoir ces outils d’évaluation auprès des secteurs identifiés comme prioritaires. Les collectivités pourront s’appuyer sur des outils spécifiques dans le cadre de démarches plus englobantes communales (ex. Villes de demain, Cit’ergie) ou intercommunales (ex. Plan climat air énergie territorial). Concernant le secteur économique, et notamment le tourisme et l’agriculture, il pourra être fait appel au diagnostic de type « Bilan carbone » ou à des outils spécifiques (ex. « Bon Diagnostic Carbone » pour le secteur agricole).1 1
ORIENTATION 1
Animer et organiser un territoire plus résilient au changement climatique
MESURE 1.1 Susciter la prise de conscience collective face à l’urgence des enjeux du changement climatique
• Adopter des démarches visant l’exemplarité
en matière d’impact carbone, c’est-à-dire cor-
respondant à l’empreinte « Gaz à effet de serre
(GES) » du territoire, en parvenant à la neutra-
lité carbone sur l’ensemble des GES émis en
lien avec les activités et acteurs présents sur le
territoire (collectivités, entreprises, particuliers,
associations, institutions publiques ou privées).
• Mettre en œuvre les stratégies territoriales
de type Plan climat air énergie territorial -
PCAET, en coordination avec les autres terri-
toires de recoupement.
• Évaluer l’impact carbone de leurs politiques
publiques.
Les départements s’engagent à :
• Assurer un appui technique (Agence dé-
partementale IT04 pour les Alpes de Haute
provence) et/ou financier auprès des collectivi-
tés et acteurs autour des questions de résilience
et de la lutte contre le changement climatique.
• Partager leurs outils, bases de données
et expertises.
• Relayer des supports de communication au
titre de la compétence/signalisation routière.
La Région s’engage à :
• Impulser une dynamique régionale et contri-
buer à l’animation des réseaux thématiques
interParcs pour mieux interagir avec l’action
menée sur le territoire (relais des politiques
publiques ; concertation en amont de l’élabora-
tion de ces dernières).
• Évaluer l’impact carbone de ses politiques
publiques.
• Mettre en œuvre le plan climat régional en
lien avec les actions du Parc.
• Soutenir l’expérimentation, notamment en
contrepartie des fonds européens LEADER,
de démarches d’anticipation du changement
climatique et d’évaluation de l’impact carbone
des collectivités et des acteurs des filières éco-
nomiques stratégiques.
• Partager ses outils, bases de données
et expertises.
L’État s’engage à :
• Participer, en fonction du champs d’attri-
bution des services, aux démarches et projets
appelant son attention sur le territoire, via ses
dispositifs de soutien technique et/ou financier.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Suscite la prise de conscience des diffé-
rents acteurs par différents moyens (actions
d’information, éducatives, expérimenta-
tions…) et mobilise les représentations de ces
derniers.
• Assure la capitalisation et le transfert d’ex-
périences, y compris au-delà de son territoire,
au sein de réseaux régionaux (InterParcs ;
PACA Climat…) ou nationaux (Fédération des
Parcs naturels régionaux…).
• Accompagne les initiatives en faisant appel
à ses compétences propres ou au travers d’une
ingénierie externe si des financements publics le
permettent (appui notamment des communes dans
l’élaboration de cahier des charges, d’études).
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Proposer aux habitants et relayer activement les
informations et les initiatives existantes.
• Accompagner les initiatives locales par un soutien
technique et/ou financier aux actions d’information et
d’éducation visant une transition vers une économie
zéro émission nette et résiliente.
• Adopter des démarches visant l’exemplarité en
matière d’impact carbone en tant qu’organisation
(patrimoine et compétences), c’est-à-dire cor-
respondant à l’empreinte « Gaz à effet de serre »
du patrimoine immobilier et des services rendus
aux administrés dans le champ de compétences
de la collectivité. Cette démarche touchera
également la réflexion communale au niveau des
choix d’urbanisme potentiellement stockeurs ou
déstockeurs de carbone, en vue de proposer les
mesures adéquates.
• Favoriser la mise en place de processus
participatifs impliquant les habitants dans la
conception, la mise en œuvre et/ou l’évaluation
de leurs projets (notamment structurants).
Les intercommunalités s’engagent à :
• Sensibiliser les habitants aux enjeux du
changement climatique.
• Accompagner les initiatives locales par un
soutien technique et/ou financier aux actions
d’information et d’éducation visant une tran-
sition vers une économie zéro émission nette
et résiliente.
72 73 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
• Consulter ou associer le syndicat mixte du
Parc lors de projets susceptibles d’avoir un
impact significatif sur son territoire.
• Soutenir le syndicat mixte dans l’élaboration
de démarches de réflexions diverses concou-
rant à améliorer la résilience su territoire.
• Être attentif à la mise en cohérence des
politiques publiques et des dispositifs proposés
dans les territoires.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche
Le Groupe Régional d’experts du climat
(GREC Sud) :
• Apporte son expertise dans l’évaluation des
actions du point de vue de leur impact carbone.
Les partenaires techniques et institutionnels
Le Centre d’études et d’expertise sur les
risques, l’environnement, la mobilité et l’amé-
nagement (CEREMA) :
• Mobilise son ingénierie et son expertise
sur les démarches d’évaluation des politiques
publiques de lutte contre le changement clima-
tique (appui technique, retours d’expérience).
L’Agence de l’environnement et de la maitrise
de l’énergie (ADEME PACA) :
• Met à disposition son expertise et ses
données pour accompagner les politiques
publiques de transition énergétique et de lutte
contre le réchauffement climatique.
L’Agence Régional de Santé (ARS) PACA :
• Partage ses outils, bases de données et ex-
pertises sur les sujets touchant à la santé et
l’environnement.
Les associations, groupements et relais locaux :
France nature environnement :
• Contribue potentiellement à l’animation de
temps de sensibilisation des communes et de
leurs habitants.
L’interparcs ou les réseaux :
Les interParcs « énergie », « éducation »,
« biodiversité », urbanisme »
et « agriculture » :
• Mutualisent, en relation avec la Région Sud
(co-animation), les réflexions et les retours d’ex-
périence sur les sujets touchant notamment
à la transition énergétique et la lutte contre le
changement climatique.
Le réseau PACA-Climat (animé par la DREAL
PACA, l’ADEME et la Région Sud) :
• Partage des expériences, mutualise des
outils de travail et diffuse des informations
réglementaires et financières. Organise des
journées techniques dédiées prioritairement
aux collectivités.
Le GRAINE PACA (Réseau régional pour l’édu-
cation à l’environnement vers un développe-
ment durable (EEDD)) :
• Alimente la réflexion sur les approches péda-
gogiques, entre autres, autour de la lutte contre
le changement climatique.
Le réseau régional des espaces naturels
(RREN PACA) :
• Développe des actions communes d’informa-
tion et de sensibilisation du public.
INDICATEURS D’ÉVALUATION
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indicateur
du SRADDET, les sources, l’année de référence
de la valeur initiale et les valeurs cibles à mi-par-
cours de la Charte et à la fin de la Charte :
• N°1 : Nombre d’actions de sensibilisation menées
• N°2 : Nombre de démarches engagées
en matière d’évaluation des impacts carbone
• N°3 : Quantité (tonnes) de GES (CO2,
CH4, N2O) émise : - d’origine énergétique
(issues des combustions et émissions in-
duites par la consommation d’énergie se-
condaire (électrique ou thermique) - et non
énergétiques (déchets)1 1
ORIENTATION 1
Animer et organiser un territoire plus résilient au changement climatique
les initiatives des entreprises et des habitants, et
ouvrir ainsi la voie à une évolution plus résiliente
des modes de vie (diversification, nouvelles filières
et métiers de demain, nouvelles formes d’activités,
solutions fondées sur la nature).
Dans ce contexte, le Parc s’est fixé l’ambition
de partager une vision commune de la sobriété,
d’accélérer l’évolution des modes de vie par
l’innovation sociale et la coopération entre acteurs.
Il souhaite contribuer à nourrir les Plans climats air
énergie territoriaux pour en faire des catalyseurs
de la transition.
Les objectifs sont de :
• Accélérer les changements de pratique vers
des modes de vie plus sobres et solidaires,
• Accompagner les mutations économiques et
sociales, en prenant en compte les nouveaux
usages du numérique.
OBJECTIFS DE LA MESURE
Dans un contexte de transition énergétique visant à
réduire les émissions de gaz à effet de serre par un modèle
de production et de consommation moins énergivore et
plus durable, la sobriété et l’efficacité énergétique doivent
être recherchées tant au travers de la vie quotidienne
des habitants qu’au niveau des différents secteurs
économiques. Cette démarche doit contribuer à prendre
le virage d’une société de l’après pétrole par une activité
économique et des pratiques quotidiennes décarbonées,
un usage plus frugal des matières premières tout en
impactant moins les écosystèmes.
Elles concernent principalement les besoins essentiels
et fonctionnels des habitants du territoire (se loger, se
nourrir, se soigner, se déplacer, accéder à l’énergie et
au numérique, travailler, échanger, s’épanouir...) mais
aussi les pratiques agricoles, les productions de biens
en général et les aménagements.
Des nouveaux modes de faire ensemble doivent
être inventés pour faire se rencontrer les politiques
publiques aux différentes échelles territoriales et
DISPOSITIONS
Favoriser l’intelligence collective et les coopérations, terreau de l’innovation
• Réadapter les formes de gouvernance institutionnelles pour les rendre plus mobilisatrices et participatives, en recherchant des modes de rencontres et d’échanges d’information plus adaptés aux évolutions actuelles (usage du numérique, processus d’aides à la décision moins verticaux).
• Faire converger l’intelligence économique (des acteurs économiques) et intelligence territoriale (ingénierie des collectivités, jusqu’à l’échelle régionale, services de l’État) vers une intelligence
Résilience territoriale :
« Un territoire résilient peut être défini
comme ayant la capacité à anticiper, à réagir
et à s’adapter pour se développer durablement
quelles que soient les perturbations auxquelles
il doit faire face. » - Nicolas Beaurez, directeur
de projet « résilience des territoires » au Cere-
ma (centre d’études et d’expertise sur les risques,
l’environnement, la mobilité et l’aménagement).
Économie présentielle :
Elle comprend l’ensemble des activités écono-
miques majoritairement destinées à satisfaire
les besoins des populations résidant sur un
territoire, mais également celle des per-
sonnes présentes provisoirement sur ce
territoire, elle intègre donc notamment la
présence touristique (à la différence de
l’économie résidentielle qui n’intègre pas
cette dernière).
Économie sociale et solidaire :
Forme d’entreprenariat touchant à tous
les domaines de l’activité humaine, l’ESS
désigne l’ensemble des entreprises orga-
nisées sous forme de coopératives, mu-
tuelles, associations, ou fondations, dont le
fonctionnement interne et les activités sont
fondés sur un principe de solidarité et d’utilité
sociale. Elles adoptent des modes de gestion
démocratiques et participatifs et encadrent
strictement l’usage des bénéfices réalisés : le
profit individuel est proscrit et les résultats sont
réinvestis. Leurs ressources financières sont gé-
néralement en partie publiques.
DÉFINITIONS
74 75 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 1.2
Promouvoir un développement rural innovant, répondant aux
besoins essentiels et fonctionnels des habitants du territoire
Marché paysans ©L. Courtil - PNR Verdon
collective en identifiant les potentiels de
développement pouvant renforcer la résilience
territoriale et l’innovation face aux grands
défis (changement climatique, transition
énergétique, érosion de la biodiversité).
• Reconsidérer les territoires comme des
espaces de vie construits autour d’une synergie
de projets, en partageant les démarches de
projets dès leur amorce pour favoriser leur
appropriation et bénéficier de l’enrichissement
des regards croisés.
• S’articuler avec les EPCI autour des grands
axes de politiques publiques (aménagement,
mobilité, logement, transition énergétique).
• Poursuivre l’implication dans des
projets de coopérations infrarégionaux ou
internationaux (Europe et au-delà).
• Engager le partage des réflexions au sein
des groupes interParcs de la Région Sud.
• Réfléchir à la définition d’indicateurs de
résilience territoriale pour mieux appréhender
la lecture des projets en amont de leur réflexion.
Accompagner les mutations écono-
miques et sociales du territoire
• Impulser et/ou participer à des travaux
de recherche, notamment en termes de
prospective territoriale pour évaluer les
tendances à l’œuvre des grandes mutations
du territoire en lien avec les dynamiques
territoriales proches (jusqu’à l’échelon
régional).
• Favoriser l’économie présentielle, l’accueil
d’entreprises d’utilité sociale (en direction des
publics vulnérables, en faveur du lien social, de
l’éducation à la citoyenneté, du développement
durable, de la transition énergétique, de la
promotion culturelle…) relevant notamment
de l’économie sociale et solidaire - ESS.
• Contribuer au renforcement de l’ancrage
territorial de l’économie sociale et solidaire,
notamment autour des activités relevant
de l’économie circulaire en recensant les
structures existantes et leurs champs
d’intervention.
• Appuyer les dynamiques économiques,
écoresponsables et collaboratives.
• Repérer et soutenir / sauvegarder les
filières locales existantes (accompagnement
des transmissions, structuration, montée en
compétences, diversification…).
• Désenclaver le territoire grâce au
développement des usages numériques,
en promouvant les lieux connectés auprès
des différents publics (notamment les
« itinérants » : entreprises, actifs, touristes…),
pour renforcer l’attractivité touristique et
économique du territoire.1 1
ORIENTATION 1
Animer et organiser un territoire plus résilient au changement climatique
MESURE 1.2 Promouvoir un développement rural innovant, répondant aux besoins essentiels et fonctionnels des habitants du territoire
• Repenser la mobilité autrement, en s’appuyant sur l’aménagement du territoire comme solution pour anticiper et gérer les flux de mobilité, les comportements combinés avec la mise en œuvre de stratégies de modification des habitudes de mobilité. Une approche de l’offre de transports doit dorénavant être pensée du point de vue des usagers et de leurs besoins (en réponse à la demande des résidents et des visiteurs).
• Relayer la « voix du territoire » auprès des autorités organisatrices de la mobilité pour adapter les horaires à des usages particuliers.
• Participer à la gouvernances des schémas directeurs de développement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) et véhicules hybrides rechargeables, ouvertes au public, prévues par la Loi d’orientation des mobilités afin d’assurer la cohérence de l’action sur le territoire.
• Développer le caractère itinérant ou mobile des biens et services, des évènements…
• Saisir l’opportunité de l’accès au numérique du plus grand nombre pour créer de l’innovation dans les services, la formation, l’entreprenariat et en prenant en compte l’accessibilité aux publics les plus modestes.
• Contribuer au développement et à la promotion des tiers-lieux en appréhendant le rôle de ces derniers dans une stratégie plus globale de revitalisation des bassins de vie (cf également les mesures 2.1 et 9.3.
• Structurer les filières de métiers, anciens et nouveaux, adaptées au territoire et permettant aux jeunes de vivre et travailler à l’année dans le Verdon.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Assure la capitalisation et le transfert d’expé-
riences, y compris au-delà de son territoire, au sein
de réseaux régionaux (InterParcs ; PACA Climat…)
ou nationaux (Fédération des Parcs naturels
régionaux…).
• Accompagne les initiatives en faisant appel à
ses compétences propres ou au travers d’une
ingénierie externe si des financements publics le
permettent (appui notamment des communes
dans l’élaboration de cahier des charges,
d’études).
• Accompagne et veille à la mise en cohérence
des stratégies communales et intercommu-
nales, notamment pour prendre en compte la
double problématique des mobilités résiden-
tielles (navettes quotidiennes domicile-tra-
vail ; gestion des flux touristiques).
• Organise des échanges d’information et de
partenariats avec d’autres territoires de projet
et suscite la réflexion pour le déploiement de
solutions de mobilité innovantes et réplicables,
en valorisant les contenus des études du Parc
menées depuis 2013 et portant au besoin des
nouvelles démarches d’études, d’innovations ou
d’expérimentations.
• Mobilise son ingénierie dédiée et coopère
avec les démarches de type contrat de tran-
sition écologique, les programmes Espaces
valléen voisins (Luberon-Lure), programmes
alimentaires territoriaux.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Proposer aux habitants et relayer activement
les informations et les initiatives existantes.
• Accompagner les initiatives locales par un
soutien technique et/ou financier aux actions
d’information et d’éducation visant une transi-
tion vers une économie zéro émission nette et
résiliente.
• Favoriser la mise en place de processus
participatifs impliquant les habitants dans la
conception, la mise en œuvre et/ou l’évaluation
de leurs projets (notamment structurants).
• Reconquérir le cœur économique des centres
anciens en complément des zones d’activité.
• Être actives et forces de proposition sur les
questions de ruralité au sein des conseils com-
munautaires et d’agglomération.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Accompagner les initiatives locales par un
soutien technique et/ou financier aux actions
d’information et d’éducation visant une tran-
sition vers une économie zéro émission nette
et résiliente.
• Adopter des démarches visant l’exemplarité
en matière d’impact carbone, c’est-à-dire cor-
respondant à l’empreinte « Gaz à effet de serre
(GES) » du territoire, en parvenant à la neu-
tralité carbone sur l’ensemble des GES émis
en lien avec les activités et acteurs présents
sur le territoire (collectivités, entreprises, par-
ticuliers, associations, institutions publiques
ou privées).
• Mettre en œuvre les stratégies territoriales
de type Plan climat air énergie territorial -
PCAET, en coordination avec les autres terri-
toires de recoupement.
• Informer et sensibiliser les élus et les
habitants et favoriser la mise en place
de processus participatifs impliquant les
habitants dans la conception, la mise en
œuvre et/ou l’évaluation de leurs projets
(notamment structurants).
• Évaluer l’impact carbone de leurs politiques
publiques.
• S’impliquer dans des projets de coopération
à différentes échelles.
• Favoriser la diversification économique et la
relocalisation des activités et des emplois.
• Reconquérir le cœur économique des centres
anciens en complément des zones d’activité.
• Porter le développement de la mobilité
électrique : schémas directeurs ou d’actions
découlant du déploiement des infrastructures
de recharge pour véhicules électriques.
• Équiper les sites naturels en point de collecte
et signalétique d’information/sensibilisation
des visiteurs.
• Veiller à l’intégration paysagère des équipe-
ments (ne pas suréquiper inutilement).
Les départements s’engagent à :
• Assurer un appui technique (Agence dé-
partementale IT04 pour les Alpes de Haute
provence) et/ou financier auprès des collec-
tivités et acteurs autour des questions de
résilience et de la lutte contre le changement
climatique.
• Partager leurs outils, bases de données
et expertises.
• Participer à l’essor du covoiturage et des
mobilités douces, via leurs compétences dépar-
tementales sur leurs réseaux et leurs politiques
de soutien aux projets des territoires et dans le
cadre de leurs politiques touristiques (pour les
maitrises d’ouvrage mais également pour les
aménagements pouvant être autorisés sur le
domaine public départemental).
• Relayer des supports de communication au
titre de la compétence/signalisation routière.
La Région s’engage à :
• Impulser une dynamique régionale et contri-
buer à l’animation des réseaux thématiques in-
terParcs pour mieux interagir avec l’action menée
sur le territoire (relais des politiques publiques ;
concertation en amont de l’élaboration de ces
dernières).
• Évaluer l’impact carbone de ses politiques
publiques.
• Mettre en œuvre le plan climat régional en lien
avec les actions du Parc.
• Soutenir l’expérimentation de démarches d’antici-
pation du changement climatique et d’évaluation de
l’impact carbone des collectivités et des acteurs des
filières économiques stratégiques.
• Participer à l’essor du co-voiturage et des mobilités
douces via leurs politiques de soutien aux projets
des territoires et dans le cadre de leurs politiques
touristiques.
• Partager ses outils, bases de données et ex-
pertises.
• Contribuer aux réflexions engageant la
gestion et l’optimisation de l’offre en trans-
ports collectifs. Assurer à ce titre la desserte
des communes par les lignes régionales sur
des axes stratégiques (toute l’année) ou via
des services innovants (TAD).
• Soutenir les expérimentations de
solutions innovantes de transport alternatif à
la voiture individuelle, tant pour les habitants
que les visiteurs.
• Permettre le maintien et l’implantation de
commerces multiservices ou multi-activités
de proximité : soutien au dispositif Bistrot de
Pays, soutien direct à l’acquisition et travaux
nécessaires à la création d’un établissement
multiservices de proximité.
• Soutenir le maintien et le redéploiement d’une
médecine de proximité et de qualité : création de
Maisons régionales de la santé pluri-profession-
nelles et aux autres formes d’exercice coordonné,
aide à l’installation de médecins généralistes en
zones rurales, bourses de stage aux internes de
médecine générale, soutien à la modernisation des
hôpitaux de proximité et accompagnement des
innovations organisationnelles et techniques dans
la médecine de proximité...
L’État s’engage à :
• Participer aux démarches et projets appelant
son attention sur le territoire, via ses dispositifs de
soutien technique et/ou financier.
• Consulter ou associer le Parc lors de projets
susceptibles d’avoir un impact significatif sur son
territoire.
76 77 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20391 1
• Soutenir le Parc dans l’élaboration de
démarches de réflexions diverses concourant
à améliorer la résilience su territoire.
• Être attentif à la mise en cohérence
des politiques publiques et des dispositifs
proposés dans les territoires.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche
Le Groupe Régional d’experts du climat
(GREC Sud) :
• Apporte son expertise dans l’évaluation des
actions du point de vue de leur impact carbone.
Les partenaires techniques et institutionnels
Les Chambres du commerce et de l’industrie (CCI) :
• Veillent et appréhendent les tendances à l’œuvre
des grandes mutations du territoire en lien avec les
dynamiques territoriales proches (jusqu’à l’échelon
régional).
• Apporte leur appui pour favoriser l’économie pré-
sentielle.
• Accompagnent les porteurs de projet du monde
économique au travers du point accueil installation
et du point accueil transmission, du CEPPP, des
conseillers techniques et du montage de dossiers
de demande de Dotation Jeune Agriculteur, de stage
parrainage.
Le Centre d’études et d’expertise sur les risques,
l’environnement, la mobilité et l’aménagement
(CEREMA) :
• Mobilise son ingénierie et son expertise sur les
démarches d’évaluation des politiques publiques
de lutte contre le changement climatique (appui
technique, retours d’expérience).
L’Agence de l’environnement et de la maitrise
de l’énergie (ADEME) :
• Met à disposition son expertise et ses
données pour accompagner les politiques
publiques de transition énergétique et de
lutte contre le réchauffement climatique.
Les associations, groupements
et relais locaux :
Le réseau PACA-Climat (animé par la DREAL
PACA, l’ADEME et la Région Sud) :
• Partage des expériences, mutualise des
outils de travail et diffuse des informations
réglementaires et financières. Organise des
journées techniques dédiées prioritairement
aux collectivités.
ORIENTATION 1
Animer et organiser un territoire plus résilient au changement climatique
MESURE 1.2 Promouvoir un développement rural innovant, répondant aux besoins essentiels et fonctionnels des habitants du territoire
Le réseau régional des espaces naturels
(RREN PACA) :
• Favorise les échanges techniques, scien-
tifiques et culturels, et les échanges d’expé-
riences. Contribue à la formation des acteurs
régionaux.
L’interparcs ou les réseaux :
Les interParcs « énergie », « éducation », « bio-
diversité », urbanisme » et « agriculture » :
• Mutualisent, en relation avec la Région Sud
(co-animation), les réflexions et les retours d’ex-
périence sur les sujets touchant notamment
à la transition énergétique et la lutte contre le
changement climatique.
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives
et pour chaque indicateur s’il est également
un indicateur du SRADDET, les sources, l’an-
née de référence de la valeur initiale et les
valeurs cibles à mi-parcours de la Charte et
à la fin de la Charte :
• N°4 : Nombre d’actions de résilience
portées ou accompagnées par le Parc
INDICATEURS D’ÉVALUATION
MESURE 1.3
Développer l’économie circulaire et le lien entre consommateurs
et producteurs
Spectacle « Bon débarras » (Co Champs libres) sur la consommation durable et les déchets, proposé par l’association Le Colibricole avec le soutien du Parc ©D. Imburgia - PNR Verdon
OBJECTIFS DE LA MESURE
Les territoires ruraux n’échappent pas à
l’accélération des changements économiques et
sociaux. La révolution technologique et numérique
concerne tous les secteurs d’activités et n’a
pas encore démontré son efficacité à freiner la
consommation des ressources.
Le changement climatique impose de réfléchir
à une adaptation des modes de production et
de consommation vers plus de sobriété. Un
changement de modèle de développement
est donc incontournable pour préserver un
avenir soutenable. L’économie circulaire trouve
aujourd’hui une place importante dans ces défis,
par sa démarche vertueuse, notamment en termes
d’économie de ressources (matières, eau, énergie).
Le Parc vise ainsi à engager le territoire vers une
transition écologique et sociétale des activités qui
puissent replacer les habitants et les professionnels
de tous horizons au sein de modèles économiques
répondant aux défis écologiques et sociaux.
Il participe au développement de l’économie
circulaire sur le périmètre du territoire en participant
activement aux projets menés par les EPCI
compétents en matière de prévention, gestion et
valorisation des déchets.
Concernant la gestion des déchets, ce territoire
est soumis à de fortes contraintes qui imposent
un surdimensionnement des équipements et du
fonctionnement durant la saisonnalité touristique.
Le maintien de la qualité d’accueil et des sites
nécessite un engagement important de l’ensemble
des acteurs et collectivités compétentes.
Les objectifs sont de :
• Relever ensemble les défis de la consommation
individuelle responsable, pour une baisse de
consommation des ressources et une réduction
des déchets,
• Faire du Verdon un territoire où la transition
écologique passe aussi par des changements
comportementaux dans la gestion des
ressources, dans la production de biens et
de services communs,
• Aider à la création d’activités de réparation,
de réemploi pour offrir une alternative à la
mise en décharge systématique et soutenir
l’emploi local.
Économie circulaire :
« Utiliser et réutiliser les mêmes ressources
(matières premières, eau, énergie) pour les éco-
nomiser ». L’économie circulaire peut se définir
comme un modèle économique (production et
échanges) qui, dans l’idéal, fonctionne en boucle
et réutilise systématiquement les déchets géné-
rés. Exemples d’actions : approvisionnement des
cantines avec des produits de proximité et retour
au sol des déchets compostés ; lutte contre le
gaspillage alimentaire ; création d’une ressource-
rie pour réparer les objets et leur donner une deu-
xième vie ; économie du partage (autopartage,
outils de bricolage, jardinage…).
DÉFINITION
78 79 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20391 1
DISPOSITIONS
Promouvoir une consommation individuelle plus économe en ressources et moins productrice de déchets
• Faire connaître et développer l’offre locale de produits (annuaires), notamment alimentaires, auprès des habitants, des visiteurs, professionnels de la restauration et de l’hébergement, ges- tionnaires de la restauration collective.
• Sensibiliser les habitants à la relocalisation de l’acte d’achat et aux modalités de conditionne- ment (vrac et consignes organisés en local).
• Valoriser les structures du territoire qui œuvrent à la promotion de l’économie circulaire.
• Co-organiser avec ces dernières des évènementiels pédagogiques autour d’ateliers de répa- ration ou de détournement des objets (encourager la création ou l’usage de biens utiles à « faible niveau de technologie » et donc plus facilement réparables).
• Favoriser et relayer les initiatives permettant le partage et l’utilisation consciente des biens de consommation (outils collaboratifs, FabLab, bricothèques et plateformes de troc et de prêt…).
• Poursuivre l’organisation de voyages d’études sur des démarches et des projets bénéficiant d’un recul d’expérience pertinent dans des contextes territoriaux similaires.
• Participer aux appels à manifestation d’intérêt de l’État ou de la région en matière de lutte contre la dissémination des plastiques dans les espaces de nature et l’eau.
Promouvoir et engager des démarches de progrès auprès des entreprises et des collectivités
• Mobiliser les acteurs publics et privés en diffusant une culture de l’économie circulaire : relayer les dispositifs et programmes régionaux, valoriser les acteurs engagés et leurs actions (des programmes phares aux actions facilement réplicables).
• Intégrer l’économie circulaire dans la marque
« valeurs Parc » pour les entreprises productrices
de biens (artisanat, métier de bouche. Ex.
sensibiliser et conseiller les producteurs locaux,
sur leurs emballages jetables).
• Soutenir et promouvoir les lieux de
pédagogie active autour des déchets
(associations, organismes gestionnaires).
• Participer à l’élaboration et la mise en
œuvre des plans locaux de prévention des
déchets ménagers et assimilés (PLPDMA)
par les EPCI, en lien avec le PRGPD régional
; notamment pour aider à la création et la
promotion de filières locales de traitement
des déchets économiques et susciter
l’adhésion des acteurs économiques.
• Accompagner la création de ressourcerie
ou d’autres initiatives de réemploi des
déchets (ex. « donnerie », « gratuiterie », évènementiel de type « gratiferia »), notamment via l’insertion par l’activité économique.
• Promouvoir la récupération et la réutilisation des déchets nobles dans les opérations de réhabilitation des bâtiments anciens, ainsi que la mise en œuvre de matériaux biosourcés.
ORIENTATION 1
Animer et organiser un territoire plus résilient au changement climatique
MESURE 1.3 Développer l’économie circulaire et le lien entre consommateurs et producteurs
Territoires zéro déchet, zéro gaspillage :
Territoires labellisés par l’association
ZéroWaste France, en partenariat à leur
démarrage avec le ministère de la Transition
écologique, portant un projet ambitieux
pour réduire les sources de gaspillage,
donner une seconde vie aux produits et
recycler tout ce qui est recyclable. Au-delà
des programmes locaux de prévention des
déchets, ces territoires s’appuient sur l’éco-
nomie circulaire et la notion de résilience
territoriale.
DÉFINITION
• Assurer une veille technologique (procédés de valorisation) et réglementaire.
• Appuyer l’émergence de nouveaux projets (études, expérimentations) et valoriser ces derniers pour favoriser leur réplicabilité.
• Engager des démarches territoriales inspirées des “Territoires zéro déchet, zéro gaspillage”.
• S’appuyer sur les diagnostics des SCOT pour appréhender les potentiels de valorisation des résidus (en lien avec les zones d’activités).
Gérer les déséquilibres de la fréquentation touristique en matière de déchets
• Engager une expérimentation en direction de la réduction des déchets issus de la restauration nomade en proximité des sites naturels (orienter les consignes de tri en fonction des publics).
• Concevoir des opérations spécifiques en lien avec les établissements touristiques (biodéchets-com- posteurs dans les campings) en lien avec les structures œuvrant dans ce domaine (associations spéciali- sées, EPCI ou syndicats impliqués dans la gestion des déchets).
• Développer les opérations de dépollution des sites naturels en lien avec les macro-déchets (ex. encombrants, dépôts sauvages) et la problématique des plastiques.
Dépollution du Lac de Sainte Croix, retrait d’épaves ©PNR Verdon
80 81 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20391 1
ORIENTATION 1
Animer et organiser un territoire plus résilient au changement climatique
MESURE 1.3 Développer l’économie circulaire et le lien entre consommateurs et producteurs
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Assure la capitalisation et le transfert d’ex-
périences, y compris au-delà de son territoire,
au sein de réseaux régionaux (InterParcs ;
PACA Climat…) ou nationaux (Fédération des
Parcs naturels régionaux…).
• Accompagne les initiatives en faisant appel
à ses compétences propres ou au travers
d’une ingénierie externe si des financements
publics le permettent (appui notamment des
communes dans l’élaboration de cahier des
charges, d’études).
• Mobilise son ingénierie dédiée et coopère avec
les démarches de type contrat de transition écolo-
gique, les programmes Espaces valléen voisins (Lu-
beron-Lure), programmes alimentaires territoriaux.
• Sensibilise aux bons comportements en matière
de déchets.et accompagne l’harmonisation des stra-
tégies et plans d’actions en faveur de l’amélioration et
la réduction des déchets en sites naturels fréquentés.
• Contribue à la coordination, mise en cohérence des
politiques publiques locales de gestion des déchets
(lien entre acteurs économiques, collectivités pour
intégrer une approche transversale ; conseil dans
l’intégration paysagère des équipements de collecte
des communes et EPCI), facilite l’expérimentation
(gouvernance et moyens) en matière de gestion des
déchets touristiques et soutient les initiatives.
• Aide à l’identification des dépôts sauvages
(appui sur le dispositif écogardes ; développe-
ment / adaptation d’une application numérique en
ligne…) et renforcer ces actions auprès des EPCI
n’ayant pas de compétence en matière de police
environnementale.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Proposer aux habitants et relayer active-
ment les informations et les initiatives exis-
tantes.
• Accompagner les initiatives locales par un
soutien technique et/ou financier aux actions
d’information et d’éducation visant une transi-
tion vers une économie zéro émission nette et
résiliente.
• Adopter des démarches visant l’exemplarité
en matière d’impact carbone en tant qu’orga-
nisation (patrimoine et compétences), c’est-à-
dire correspondant à l’empreinte « Gaz à effet de
serre » du patrimoine immobilier et des services
rendus aux administrés dans le champ de com-
pétences de la collectivité. Cette démarche
touchera également la réflexion communale au
niveau des choix d’urbanisme potentiellement
stockeurs ou déstockeurs de carbone, en vue
proposer les mesures adéquates.
• Favoriser la mise en place de processus
participatifs impliquant les habitants dans la
conception, la mise en œuvre et/ou l’évaluation
de leurs projets (notamment structurants).
• Équiper les sites naturels en point de collecte
avec une signalétique d’information/sensibili-
sation dédiée, identifier les dépôts sauvages et
être exemplaires dans la gestion des déchets
produits par leurs services.
• Privilégier les matériaux locaux biosourcés
dans leurs projets d’aménagement extérieur
ou de bâtiment.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Accompagner les initiatives locales par un
soutien technique et/ou financier aux actions
d’information et d’éducation visant une tran-
sition vers une économie zéro émission nette
et résiliente.
• Adopter des démarches visant l’exemplari-
té en matière d’impact carbone, c’est-à-dire
correspondant à l’empreinte « Gaz à effet de
serre (GES) » du territoire, en parvenant à la
neutralité carbone sur l’ensemble des GES
émis en lien avec les activités et acteurs
présents sur le territoire (collectivités, entre-
prises, particuliers, associations, institutions
publiques ou privées).
• Mettre en œuvre les stratégies territoriales
de type Plan climat air énergie territorial
- PCAET, en coordination avec les autres
territoires de recoupement.
• Informer et sensibiliser les élus et les
habitants et favoriser la mise en place
de processus participatifs impliquant les
habitants dans la conception, la mise en
œuvre et/ou l’évaluation de leurs projets
(notamment structurants).
• Évaluer l’impact carbone de leurs politiques
publiques.
• S’impliquer dans des projets de coopéra-
tion à différentes échelles,
• Mettre en place des espaces de réemplois
dans les déchetteries.
• Développer les ressourceries intercommu-
nales et/ou associatives.
• Sensibiliser les usagers via le rôle des am-
bassadeurs de tri.
• Privilégier les matériaux locaux biosourcés
dans leurs projets d’aménagement extérieur
ou de bâtiment.
Les départements s’engagent à :
• Assurer un appui technique (Agence dé-
partementale IT04 pour les Alpes de Haute
provence) et/ou financier auprès des collec-
tivités et acteurs autour des questions de
résilience et de la lutte contre le changement
climatique.
• Partager leurs outils, bases de données et
expertises.
• Favoriser l’émergence et l’accompagne-
ment de nouveaux projets socio-écono-
miques, répondant notamment aux objectifs
d’insertion professionnelle et sociale de
publics en difficulté.
La Région s’engage à :
• Favoriser l’implantation de points de vente
collectifs (producteurs agriculteurs).
• Impulser une dynamique régionale et contri-
buer à l’animation des réseaux thématiques
interParcs pour mieux interagir avec l’action
menée sur le territoire (relais des politiques
publiques ; concertation en amont de l’élabora-
tion de ces dernières).
• Évaluer l’impact carbone de ses politiques
publiques.
• Mettre en œuvre le plan climat régional en
lien avec les actions du Parc.
• Partager leurs outils, bases de données et
expertises, notamment au travers de ces outils
dédiés au réseau régional de l’économie circulaire.
• Relayer sa communication sur les pollutions
plastiques (zéro déchet).
L’État s’engage à :
• Participer aux démarches et projets
appelant son attention sur le territoire, via
ses dispositifs de soutien technique et/ou
financier.
• Consulter ou associer le Parc lors de projets
susceptibles d’avoir un impact significatif sur
son territoire.
• Soutenir le Parc dans l’élaboration de
démarches de réflexions diverses concourant
à améliorer la résilience su territoire.
• Être attentif à la mise en cohérence des po-
litiques publiques et des dispositifs proposés
dans les territoires.
• Informer le syndicat mixte du Parc sur les évo-
lutions réglementaires concernant les activités
économiques, les modalités de financement
européen ou national de projets innovants dans
les champs de l’ESS ou de l’économie circulaire
(services régionaux du ministère chargé de la
Transition écologique et solidaire).
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise dans l’évaluation des
actions (atténuation des émissions de gaz à effet
de serre).
Les partenaires techniques et institutionnels
Les chambres consulaires (chambres d’agriculture,
chambres des métiers, chambres de commerce et
de l’industrie...) :
• Se mobilisent pour apporter leurs contribu-
tions et relayer les actions auprès de leurs res-
sortissants (ex. dans le déploiement d’actions
de sensibilisation et d’outils de diagnostics et
d’évaluation en matière d’impact carbone…).
Le CEREMA :
• Pour mobiliser son ingénierie et son
expertise sur les réflexions et projets (appui
technique, retours d’expérience).
Le Sydevom des Alpes-de-Haute-Pro-
vence :
• Apporte sa contribution en termes
de mobilisation d’outils de communica-
tion spécifique sur les consignes de tri,
notamment pour les publics de visiteurs.
INDICATEURS D’ÉVALUATION
En pièce jointe à la Charte, un document
précise les objectifs, les questions évalua-
tives et pour chaque indicateur s’il est égale-
ment un indicateur du SRADDET, les sources,
l’année de référence de la valeur initiale et les
valeurs cibles à mi-parcours de la Charte et à
la fin de la Charte :
• N°5 : Nombre de structures de réemploi / ré-
utilisation
• N°6 : Nombre d’entreprises accompagnées
dans des démarches de sobriété (énergie, fon-
cier, eau….)
82 83 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20392 2
CONTEXTE
Dans un contexte mondial de lutte contre
le changement climatique et de transition
énergétique et écologique visant l’adoption
d’un modèle de production et de consommation
moins énergivore et plus durable, l’ensemble des
échelles territoriales sont appelées à renforcer leur
mobilisation.
Au niveau national, ce nouveau modèle, traduit
dans la stratégie nationale bas-carbone (SNBC), vise
à atteindre la neutralité carbone en 2050 et ainsi
limiter l’aggravation des dérèglements climatiques.
Il se concrétise également dans la programmation
pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2019-2023 / 2024-2028
qui définit des objectifs d’économie d’énergie par secteur
et de production d’énergie renouvelable (moins carbonée).
À l’échelle régionale, la Région Sud Provence-Alpes-Côte
d’Azur est une des régions les plus consommatrices
d’énergie, avec une dominante de consommation
d’énergies fossiles, alors qu’elle dispose des ressources
naturelles pour produire des énergies renouvelables
(EnR). Pour autant, la production régionale d’EnR (11 %)
reste en dessous du niveau national (15 %) et bien en
deçà de l’objectif national fixé à 40 % pour 2030.
L’État met au niveau régional l’accent sur une double
perspective d’action au regard de ces grands défis :
l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre -
GES (liées notamment aux consommations d’énergie)
et l’adaptation au changement climatique. Le préfet
de région incite ainsi à la définition d’objectifs locaux
de réduction des GES et des consommations
énergétiques (bâtiments, mobilité (résidentielle et
touristique), économie circulaire…, de production
d’énergie renouvelable préservant les espaces
naturels et agricoles, à travers des filières locales.
La Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et
le Schéma régional d’aménagement, de déve-
loppement durable et d’égalité des territoires
(SRADDET) traduisent ces défis au travers
notamment d’un urbanisme sobre en énergie
(densification, mobilité douce, parking relais…),
la rénovation énergétique des bâtiments, l’opti-
misation des flux d’énergie (réseaux intelligents,
stockage), l’implication des collectivités et citoyens
dans les projets d’énergie renouvelable…Le Parc
devra viser l’atteinte d’au moins 30 % de réduction
en 2050 en cohérence avec et le SRADDET et les
PCAET du périmètre d’étude, objectif révisable avec
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
Barrage hydro-électrique de Chaudanne ©C. Guin
l’évolution du SRADDET et de la stratégie nationale
énergie et climat.
Au niveau du Parc, sa situation de territoire
excédentaire au niveau de la satisfaction des
besoins en électricité (près de quatre fois
plus de production que de besoins) en fait un
contributeur net à l’échelle régionale. Il reste
cependant dépendant des énergies fossiles pour
les besoins énergétiques des déplacements
et du chauffage. Déplacements et logement
pèsent dans le bilan énergétique (plus de 80 %
des consommations), et doivent bénéficier d’une
mobilisation importante prenant en compte les
populations les plus fragilisées.
Les phases de concertation précédentes ont mis
l’accent sur la nécessité de promouvoir fortement
la maîtrise de l’énergie et un développement des
énergies renouvelables privilégiant la proximité
(projets locaux citoyens/collectivités), sur des
surfaces prioritairement artificialisées et très
encadrées concernant les projets à vocation
industrielle (centrales photovoltaïques au sol), eu
égard aux potentiels impacts visuels et environ-
nementaux de ces derniers.
STRATÉGIE
Pour ce faire, le Parc veut partager une vision
commune de la transition énergétique en
s’appuyant sur la démarche NégaWatt qui prône la
sobriété énergétique (maîtrise des besoins), l’effi-
cacité énergétique et la substitution des énergies
fossiles par des énergies renouvelables.
Les collectivités devront aussi montrer l’exemple
dans leur fonctionnement et projets de construc-
tion / rénovation et d’aménagement.
Concernant la production photovoltaïque in-
dustrielle (centrales au sol), la position des élus
sur l’accueil de ces projets devra être évaluée
régulièrement, et au besoin réadaptée, pour
permettre aux élus d’émettre des avis sur les
projets, en prenant en compte l’évolution de la ré-
glementation, des technologies et filières, et des
pressions sur les milieux naturels et les paysages.
Cette stratégie trouvera tout son sens et son
efficacité en recherchant la complémentarité et
les synergies avec les intercommunalités.
Fort de ce constat, plusieurs enjeux se
dessinent pour le territoire du Verdon :
• Réduction des consommations
d’énergie et des impacts du
changement climatique en anticipant
notamment l’adaptation
dans l’habitat.
• Choix de la sobriété énergétique
dans les actions (publiques et
privées) de consommation,
production et aménagement,
en visant l’atteinte d’au moins
- 30 % de consommation d’énergie
en 2050 en cohérence avec le
SRADDET et les PCAET concernés
par le périmètre d’étude.
• Évolution des mobilités pour
un désenclavement du territoire
(physique et numérique).
• Développement de démarches
proches ou plus englobantes des
EPCI pour optimiser les synergies
d’actions et agir sur la précarité
énergétique.
• Réduction des émissions de GES
et contribution aux objectifs de
production d’EnR.
• Le recours aux énergies renouvelables
comme un levier local de
développement et d’appropriation
des enjeux de lutte contre le
changement climatique et d’une
transition énergétique non subie.
• L’encadrement du développement
des énergies renouvelables de nature
industrielle (ex. centrales
photovoltaïques au sol).
• La promotion de cette démarche
avec une gouvernance locale,
facteur d’attractivité et de sécurité
dans l’approvisionnement énergétique
du territoire.
• L’accompagnement et la valorisation
des communes, des professionnels
et des citoyens qui s’engagent
dans les énergies renouvelables.
• L’engagement d’une dynamique
territoriale de lutte contre la
pollution lumineuse et ses impacts
entraînant l’ensemble des acteurs
potentiellement producteurs
de pollution lumineuse.
ENJEUX & DÉFIS
84 85 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20392 2
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
RENVOIS VERS LE PLAN DU PARC
MESURE 2.1
Réduire la consommation énergétique du territoire
Les « visites de l’habitat durable » proposées par le Parc à des habitants chez des habitants ©D. Imburgia - PNR Verdon
OBJECTIFS DE LA MESURE
Dans un contexte d’urgence climatique et
de transition énergétique visant à réduire les
émissions de gaz à effet de serre par un modèle de
production plus durable et de consommation moins
énergivore, en lien notamment avec la stratégie
nationale bas carbone, la sobriété et l’efficacité
énergétique doivent être recherchées dans le
quotidien des habitants, l’activité économique et le
fonctionnement des collectivités.
Le diagnostic territorial a mis en évidence que le
Parc du Verdon est très excédentaire au niveau de
la satisfaction des besoins en électricité (près de
quatre fois plus de production que de besoins). C’est
un territoire contributeur net à l’échelle régionale. Il
reste cependant dépendant des énergies fossiles
pour les besoins énergétiques des déplacements
et le chauffage.
Les déplacements et le logement pèsent
lourdement dans le bilan énergétique (plus de
80 % des consommations), et doivent bénéficier
d’une mobilisation importante, prenant en
compte les populations les plus fragilisées. Les
collectivités doivent aussi montrer l’exemple par
leur fonctionnement et projets de construction/
rénovation et d’aménagement, tandis que les
entreprises pesant le plus dans le bilan énergétique
du territoire (tourisme, agriculture) doivent prendre
le virage de la sobriété.
Le Parc veut partager une vision commune de la
transition énergétique s’appuyant sur la démarche
NégaWatt en misant sur une évolution plus
frugale et responsable des modes de vie et sur la
coopération entre acteurs.
Les objectifs sont de :
• Réduire les consommations d’énergie et les
impacts du changement climatique en anticipant
notamment l’adaptation dans l’habitat ;
• Faire opter pour la sobriété énergétique dans
les actions de consommation, production et
aménagement (publics et privés) ;
• Repenser les mobilités pour un désenclave-
ment du territoire (physique et numérique) ;
• S’appuyer sur les démarches proches ou
plus englobantes des EPCI pour optimiser
les synergies d’actions et agir sur la précarité
énergétique.
NégaWatt :
Démarche proposée depuis 2001 par l’as-
sociation du même nom, partant du principe
que l’énergie la moins polluante est celle qu’on
ne consomme / produit pas. Il repose sur une
vision de l’énergie s’appuyant sur une démarche
de bon sens en trois étapes : sobriété, efficaci-
té énergétique et développement des énergies
renouvelables.
DÉFINITION
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour
des mesures suivantes :
• Mesure 2.1
Réduire la consommation énergétique du territoire
• Mesure 2.2
Faire du Parc un « territoire de villes et villages étoilés » à l’horizon 2039
• Mesure 2.3
Accompagner le développement de petits projets énergétiques
dans une démarche citoyenne
• Mesure 2.4
Maîtriser la production industrielle d’énergie renouvelable dans le respect de la biodiversité et des paysages
86 87 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURES
Préserver et restaurer les continuités écologiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.5, 6.1,
6.2, 6.3, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 10.2, 10.3, 11.1, 11.2, 11.3
Préserver, gérer et valoriser les sites à la
biodiversité et à la géodiversité emblématiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.4, 5.5,
7.2, 7.3, 8.1, 9.1, 11.1, 11.2, 11.3
Préserver l’identité des paysages ruraux
Mesures 2.4, 5.2, 6.2, 7.1, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 9.3, 10.1
Préserver et restaurer la trame verte :
Préserver et restaurer la trame bleue et turquoise :
Fond de plan
Sous-trame des milieux forestiers
Sous-trame des plans et cours d’eau
Sous-trame des zones humides
Sous-trame des milieux ouverts et semi-ouverts
Sous-trame des milieux agricoles cultivés
Sous-trame des milieux rocheux
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Espace artificialisé
Préserver les monuments emblématiques du grand paysage
Limite communale
Préserver et gérer les sites d’intérêt
écologique majeur
Préserver et valoriser les géosites
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Corridor écologique
Corridor écologique
Zone d’activités, d’équipements et centrales
photovoltaïques au sol
Préserver les espaces ouverts et les perceptions lointaines du Plateau de Valensole
Protéger les paysages agricoles et leurs motifs particuliers
Veiller à la qualité des routes de découverte des paysages et de leurs abords
Préserver l’identité des routes emblématiques
ou pittoresques
Préserver les cônes de vues et le devenir des espaces associés
Veiller à la qualité des paysages perçus depuis les points
hauts du territoire offrant des perceptions lointaines
Protéger les édifices du patrimoine bâti traditionnel
identifiés en tant que pépites, jalonnant les paysages
naturels, agricoles et urbains
Veiller à la qualité des entrées de parc en améliorant les
aménagements ou en préservant leur identité rurale
Périmètre d’étude
Limite du camp militaire de Canjuers
Carrière en activité
Corridor écologique
Corridor écologique
Veiller à la qualité de l’urbanisation et des aménagements
Mesures 2.1, 5.2, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 10.1, 11.3
Préserver la silhouette des villages et hameaux traditionnels
Veiller à la qualité des espaces publics, des projets
d’aménagement et des constructions
Requalifier les espaces urbains banalisés ou dégradés
Promouvoir la densification des quartiers périphériques
Traiter qualitativement les franges villageoises
Requalifier les abords routiers, les entrées et les
traversées de villes et villages banalisées ou dégradées
Affirmer les limites d’urbanisation et contenir
le développement urbain pour empêcher le mitage
des espaces agricoles et naturels
Requalifier des infrastructures touristiques
et les espaces naturels fréquentés dégradés
Itinéraire structurant vélo et VTT
Projet de voies cyclables
Eurovelo 8
Parking relais en lien avec des services de transport
Service de transport en commun ligne de car et train
Train des Pignes
Itinéraires de découverte
Infrastructures et services de mobilité2 2 DISPOSITIONS
Sensibiliser aux économies d’énergie et à l’efficacité énergétique
dans les bâtiments
• Mettre à disposition et communiquer ou animer (+ veille dans le rôle) une boîte à outils et/ ou guichet unique « économies d’énergie » facile d’accès pour les habitants, les collectivités et acteurs économiques.
• Faciliter l’accès aux outils mis en place à l’échelle des EPCI et de leurs partenaires (ex. Plan Climat Air Energie Territorial des EPCI, Cit’ergies, programme « Service d’accompagnement à la rénovation énergétique –SARE ») pour
optimiser les synergies d’actions et agir sur
la précarité énergétique.
• Prôner l’approche bioclimatique et
l’isolation renforcée dans le conseil apporté
par le Parc aux communes, habitants et aux
professionnels dans la rénovation, pour maîtriser
la consommation et améliorer le confort d’été
quels que soient les coûts de l’énergie.
• Promouvoir auprès des professionnels du
bâtiment (architectes, artisans, fournisseurs de
matériaux) l’usage de matériaux biosourcés.
• Encourager les collectivités à mener des opérations exemplaires (allant au-delà des performances exigées par la réglementation) pour créer des références sur le territoire.
• Assurer un suivi des consommations des collectivités via la valorisation des données disponibles à partir de la base de données régionale d’Atmosud (CIGALE).
• Proposer et construire un label territorial de type « Territoire à énergie positive - TEPOS » à l’échelle du Parc ou plus large avec les EPCI volontaires.
Développer les modes de déplacements alternatifs à la voiture individuelle et l’intermodalité
• Doter le territoire d’infrastructures et équipements permettant des modes de mobilité douce ou alternative, tant au service de la mobilité des résidents que des visiteurs.
• Favoriser, de façon volontariste, les voiries au sol non imperméabilisé et requalifier les voies de circulation déjà existantes, afin de limiter l’artificialisation des espaces.
• Assurer le relais des Autorités organisatrices de la mobilité durable (AOMD) présentes sur le territoire, pour rassembler et diffuser l’information, sensibiliser les publics aux modes de déplacements alternatifs.
• Accompagner le développement et l’innovation dans la pratique du covoiturage lié aux navettes domicile-travail, aux évènementiels où à la mobilité quotidienne.
• Encourager l’économie de la fonctionnalité, notamment dans le champ des nouvelles mobilités (autopartage, location de véhicules, mise à disposition de flottes publiques de véhicules en dehors de périodes de service…).
• Faire redécouvrir les bénéfices écologiques, économiques et de bien-être du vélo dans les déplacements quotidiens au sein des villages et sécuriser sa pratique (voies adaptées, signalétique dédiée, parking, rack à vélo).
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
MESURE 2.1 Réduire la consommation énergétique du territoire
Repenser les mobilités en expérimentant
et en innovant
• Promouvoir un « urbanisme des courtes dis-
tances » et la réhabilitation des centres bourgs
pour limiter les déplacements locaux, en réhabi-
litant notamment l’usage du vélo.
• Intégrer les nouveaux modes de déplacement
et d’habiter dans les procédures d’aménage-
ment, en aidant les communes à anticiper et
traduire les enjeux de mobilité dans leurs projets
de territoire.
• Prendre appui sur l’étude-action « Schéma
de mobilité touristique (2018) » pour développer
l’expérimentation de nouvelles approches et
services de mobilité (navettes routières ou
lacustres, services de transports de bagages, de
consignes pour les itinérants et randonneurs).
• Accompagner le développement des tiers-lieux sur le territoire (campus connectés) et valoriser les exemples existants.
• Soutenir le déploiement des véhicules électriques, notamment au travers d’un maillage de bornes cohérent avec les besoins des résidents à l’année et ceux des visiteurs.
Riez, tiers-lieu « Le Lieu-dit » ©A. Germain - COSENS 04
88 89 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Biosourcés :
Les matériaux biosourcés : d’origine vé-
gétale (bois, chanvre, pailles diverses) ou
animale (laine de mouton), ils valorisent
le plus souvent des sous-produits de
cultures ou d’élevages.
DÉFINITION
DÉFINITION
Tiers-lieux :
Ce sont des espaces entre domicile et
travail où ce dernier se mélange à d’autres
aspects de la vie en collectif, propice
aux rencontres, échanges et au faire en-
semble (ex. lieu de formation, de livraison
de paniers de produits alimentaires locaux).
Ils sont une forme de réponse au télétravail,
au développement des travailleurs indépen-
dants et sont très ancrés dans les territoires.
disposition pertinente2 2
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
MESURE 2.1 Réduire la consommation énergétique du territoire
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Incite et soutien techniquement les
collectivités à réaliser des diagnostics éner-
gétiques des bâtiments et équipements
publics (et notamment leurs parcs d’éclairage
publics).
• Accompagne les collectivités en matière
d’urbanisme pour intégrer les enjeux de la
transition énergétique et la conception de
projets à énergétiquement et bioclimatique-
ment performants.
• Expérimente des opérations de rénovation
faisant appel à des matériaux locaux (dans les
bâtiments dont il a la gestion ou dans le cadre de
chantiers de rénovation menés sur du patrimoine
communal).
• Vise l’exemplarité dans la maîtrise de ses consom-
mation énergétiques (bâtiments gérés par le Parc,
déplacements).
• Impulse et accompagne des expérimentations
sur la mobilité durable (études, création d’offres), de
l’éco-mobilité et des mobilités douces.
• Assure une veille et un accompagnement sur
l’émergence de projets issu du monde de l’entreprise
ou des collectivités (ayant ou non une compétence
en matière d’organisation de la mobilité) : recherche
de financements, repérage d’opérations exemplaires,
mise en réseau.
• Poursuit l’animation de son schéma de mobilité
touristique durable, en lien avec les autres schémas
de mobilité ou de transport (régional, intercommu-
naux) et les porteurs publics ou privés susceptibles
de développer des offres locales.
• Capitalise et redéploye des actions à partir
de ses expérimentations menées en partena-
riat avec la Région Sud sur la gestion des flux
touristiques et faisant appel à des applications
numériques (navigateur Waze ; application Coq
trotteur).
• Porte des projets de mobilité visant à
améliorer l’accueil des visiteurs, notamment
au niveau de l’opération Grand Site de France
en projet des Gorges du Verdon (cf Mesure
11.1) : offre de navette d’accès au sentier
Blanc-Martel avec réservation pour mieux
maitriser les flux.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Traiter la mobilité en transversalité dans
leurs documents de planification PLU (PADD,
Règlements, Orientations d’aménagement et
de programmation).
• Solliciter le Parc pour l’informer de leurs
projets et solliciter son appui.
• Adapter / rédiger les documents d’urba-
nisme pour prendre en compte la mesure.
• Porter à connaissance du Parc tous les
projets dont elles ont connaissance sur leur
territoire.
• Privilégier les matériaux locaux biosourcés
dans leurs projets d’aménagement extérieur ou
de bâtiment.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Lancer des études pré-opérationnelles à la
mise en place d’actions d’accompagnement
sur la rénovation énergétique des logements
du territoire.
• Privilégier les matériaux locaux biosourcés
dans leurs projets d’aménagement extérieur
ou de bâtiment.
• Traiter la mobilité en transversalité dans
leurs documents de planification et plus
particulièrement le SCOT ou les plans locaux
d’urbanisme intercommunaux (PLUi) et les
plans climat air énergie territorial (PCAET).
• Organiser le transport.
• Construire, aménager et gérer les pôles
d’échange multimodal (PEM).
• Créer un observatoire de la mobilité.
• Voter un plan mobilité visant à mettre en
place des actions de multimodalité, alterna-
tives à la voiture solo, vélos, co-voiturage, stop
organisé et à animer, soutenir et coordonner les
actions des communes de leur territoire.
• Promouvoir les démarches, travailler en
transversalité avec le Parc, avec, pour les
intercommunalités ayant la compétence
éclairage public, la prise en compte des ca-
ractéristiques de matériels d’éclairage public
moins impactant énergétiquement.
• Engager une démarche de promotion et de
soutien aux projets dans le cadre de leur PCAET.
Les départements s’engagent à :
• Inviter le Parc au même titre que les col-
lectivités à participer à la gouvernance des
programmes d’accompagnement à la réhabi-
litation des logements des particuliers et/ou
de lutte contre la précarité énergétique.
• Participer à l’essor du covoiturage et des
mobilités douces, via leurs politiques de
soutien aux projets des territoires et dans le
cadre de leurs politiques touristiques.
• Partager leurs outils, bases de données
et expertises.
La Région s’engage à :
• Associer les Parcs à ses réflexions en amont
de l’élaboration de dispositifs de soutien à la
rénovation énergétique des bâtiments publics.
• Associer les Parcs et les collectivités, lors
de l’élaboration des documents de planifi-
cation de la mobilité (schéma de transport
régional) et lors des comités de lignes quand
des liaisons locales sont concernées.
• Soutenir les expérimentations de solutions
innovantes de transport alternatif à la voiture
individuelle, tant pour les habitants que
les visiteurs.
• Partager ses outils, bases de données
et expertises.
L’État s’engage à :
• Promouvoir auprès des communes et
EPCI la mise en œuvre des dispositifs et pro-
grammes de l’État dédiés à la maîtrise de
l’énergie, notamment dans le domaine de
la énovation énergétique, notamment dans
le domaine de la rénovation énergétique, de
la lutte contre la précarité énergétique, de la
nouvelle réglementation environnementale
pour les constructions neuve.
• Associer le syndicat mixte du Parc aux
instances de dialogue en matière de mobilité
durable (AOMD) touchant le territoire du Parc.
• Accompagner l’émergence de pôles
d’échanges multimodaux et de parking relais
autour de problématiques d’accès aux sites
fréquentés majeurs du Parc et notamment
dans le cadre de l’opération Grand site.
Soutenir et favoriser l’implantation de bornes
électriques sur les parcs de stationnement
gérés par le Parc.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche
Le Conseil scientifique du Parc :
• Mène des investigations supplémentaires
auprès d’acteurs experts du sujet.
Les partenaires techniques et institutionnels
L’Agence locale énergie climat Var :
• Assure un conseil indépendant aux particuliers
et anime des programmes de rénovation énergé-
tique.
ENEDIS :
• Pourra mettre à disposition des données de
consommation dans le cadre du respect des infor-
mations commercialement sensibles. Les communes
pourront donner au Parc un mandat pour traiter ces
données.
Les associations, groupements et relais locaux
France nature environnement :
• Soutient possiblement lors de temps de sen-
sibilisation des communes et de leurs habitants.
INDICATEURS D’ÉVALUATION
En pièce jointe à la Charte, un document
précise les objectifs, les questions évalua-
tives et pour chaque indicateur s’il est égale-
ment un indicateur du SRADDET, les sources,
l’année de référence de la valeur initiale et les
valeurs cibles à mi-parcours de la Charte et à
la fin de la Charte :
• N°7 : Nombre d’actions de sensibilisation aux
enjeux de la transition énergétique
• N°8 : Taux de communes ayant engagé des ac-
tions de maîtrise de l’énergie (diagnostics, travaux)
• N°9 : Nombre d’études et d’actions menées
en matière de mobilité (études, réalisations)
90 91 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20392 2
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
vue technique, notamment au niveau des installations, et de la gestion (pratique d’une coupure noc- turne d’au moins 6 h, modulable sur l’année).
• Profiter des démarches de progrès engagées avec les communes volontaires pour sensibiliser les habitants et professionnels locaux et se rapprocher des représentations des métiers de ces derniers (ex. syndicats départementaux de l’hôtellerie de plein air).
• S’appuyer sur les évènementiels nationaux (Jour de la Nuit, les Nuits des étoiles, Nuit de la chouette), pour mener des animations nocturnes de sensibilisation, en lien avec des acteurs éducatifs associatifs locaux.
• Faire monter en compétence les acteurs éducatifs du territoire (enseignants, éducateurs, animateurs) au travers de formations sur des contenus et approches pédagogiques spécifiques), en lien avec les groupes thématiques interParcs énergie, biodiversité, tourisme.
• Enrichir l’offre locale d’animation sur le sujet de la pollution lumineuse, présente sur le Parc ou sur sa périphérie.
• Poursuivre le travail mené au sein des groupes interParcs thématiques mobilisés autour du sujet (énergie, bio- diversité, tourisme), tant en termes de réflexion sur les stratégies de lutte que partage et de conception / réalisa- tion d’outils communs de sensibilisation, et associer les associations environnementales mobilisées sur le sujet.
Agir auprès des communes par un appui dédié
• Aider les communes volontaires à identifier leurs problématiques locales de pollution lumineuse (état tech- nique du parc d’éclairage, enjeux de biodiversité nocturne), définir leurs besoins, identifier les contraintes (ex. vidéo surveillance).
• Engager avec les autres Parcs naturels régionaux de la Région l’élaboration d’un guide de recomman- dations pour un éclairage plus responsable, à destination des collectivités et syndicats ayant compé- tence en matière d’éclairage public.
• Faire le lien avec les syndicats ou collectivités compétentes en matière de gestion d’éclairage ; re- chercher/relayer des possibilités de financements.
• Traduire les enjeux locaux de la pollution lumineuse dans les documents d’urbanisme et dans le Règlement local de la publicité, le cas échéant, en produisant des prescriptions spécifiques (ex. température de couleurs des luminaires < 2400, voire en dessous sur les secteurs à enjeux forts de biodiversité)., dans la perspective de mettre en œuvre une trame noire.
• Soumettre l’option de pratiquer l’extinction nocturne dans les communes à une démarche de concertation avec les habitants.
• Valoriser les résultats obtenus au-delà des économies d’énergie réalisées (réduction de la pollu- tion lumineuse ; reconquête de la biodiversité nocturne si mesurable…).
• Créer des effets de leviers sur l’amélioration de la performance des parcs d’éclairage public : en assurant une veille technologique sur l’évolution des matériels, les bonnes pratiques ; en accompa- gnant techniquement et /ou financièrement la réalisation d’audits des parcs d’éclairage (rédaction des cahiers de charges, suivi de l’audit), et en organisant l’organisation de groupements de com- mande en lien avec les syndicats d’éclairages ou EPCI dont dépendent les communes (ex. détecteurs de présence pour les parcs déjà équipés de LEDs).
• Promouvoir le label « Villes et villages étoilés » et appuyer techniquement les communes candi- dates (remplissage en ligne des éléments de caractérisation du parc d’éclairage et aide à la définition d’une stratégie de la commune pour lutter contre la pollution lumineuse).
DISPOSITIONS
Sensibiliser les communes, les professionnels et les habitants à la pollution lumineuse
• Informer les communes sur leurs prérogatives en matière de lutte contre la pollution lumineuse (arrêté du 27 décembre 2018.
• Sensibiliser les habitants et les communes sur les enjeux de la pollution lumineuse et des continuités écologiques.
• Inciter les communes à aller au-delà des obligations légales en visant l’exemplarité du point de
92 93 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
OBJECTIFS DE LA MESURE
Alors que la quantité de lumière émise la nuit par un éclairage
public a augmentée de 94 % depuis les années 1990 et que
ce dernier représente souvent le premier poste de dépenses
d’investissement et en moyenne 50 % de la facture d’élec-
tricité des communes, de nombreuses actions sont menées
pour réduire l’éclairage nocturne et ses impacts. En effet,
la lumière artificielle croissante émise la nuit n’est pas sans
conséquences sur la biodiversité, la santé, les consomma-
tions énergétiques et enfin l’observation du ciel, patrimoine
commun de l’humanité.
Le Parc accompagne depuis quelques années les
communes pour améliorer la qualité de leur éclairage
public et lutter contre la pollution lumineuse (aide au
diagnostic, mobilisation de financements d’investisse-
ments) et sensibilise les habitants sur les communes
envisageant une coupure nocturne (conférences
publiques, animations nocturnes). Il aide par ailleurs
les communes à candidater au label « Villes et
villages étoilés » (géré par l’Association nationale de
protection du ciel et de l’environnement nocturnes
- ANPCEN). Rougon a été la première commune
labellisée en 2017 et quatre autres ont suivi en 2021.
Au total, sept communes pratiquent déjà la coupure
nocturne de leur éclairage.
Aussi, afin de profiter de cette dynamique, le Parc
souhaite aller plus loin en visant le label « territoire
de villes et villages étoilés » pour lequel devront avoir
été labellisées « Villes et villages étoilés » au moins
deux tiers des communes du territoire représentant
la moitié de la population ou la moitié des communes
représentant les deux tiers de la population
Les objectifs sont de :
• Sensibiliser les communes, les professionnels et
les habitants aux enjeux de la pollution lumineuse,
• Réduire substantiellement l’impact de l’éclairage
sur la biodiversité locale et le budget de l’énergie
des communes,
• Impulser une dynamique territoriale entraînant
l’ensemble des acteurs potentiellement produc-
teurs de pollution lumineuse vers une démarche
d’engagement reconnu.
MESURE 2.2
Faire du Parc un « territoire de villes et villages étoilés »
à l’horizon 2039
Appui technique des communes par le Parc pour un éclairage performant ©D. Imburgia - PNR Verdon
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Assure une veille règlementaire en matière
de lutte contre la pollution lumineuse et tech-
nologique concernant les matériels et disposi-
tifs de gestion innovants.
• Appui les collectivités pour améliorer la
connaissance des enjeux techniques et envi-
ronnementaux liés à leur parc d’éclairage (aide
à l’élaboration de cahier des charges).
• Sensibilise les élus et le grand public par le
biais notamment de conférence sur les enjeux
de la pollution lumineuse.
• Met à jour l’offre d’animation disponible sur le
territoire et à proximité et aide à monter en compé-
tence les acteurs éducatifs du territoire sur le sujet.
• Capitalise les données relatives aux parcs d’éclai-
rage communaux (nombre de points lumineux publics
et leur caractérisation technique, cartographie).
• Porte administrativement la candidature du terri-
toire du Parc au label « Territoires de villes et villages
étoilés ».
• Informe l'État sur les modalités d'application par
les acteurs du territoire, de la réglementation relative
à la pollution lumineuse.2 2
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
MESURE 2.2 Faire du Parc un « territoire de villes et villages étoilés » à l’horizon 2039
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Mobiliser l’ingénierie du Parc pour les
accompagner de leur réflexion et la mise en
œuvre d’une stratégie d’éclairage responsable.
• Mettre en œuvre les conditions de réussite
d’un éclairage responsable (mise aux normes
des parcs d’éclairage, pratique totale ou
partielle nocturne, animation/ sensibilisation
des habitants).
• Candidater au label « Villes et villages étoilés »
(délivré par l’association nationale de protection
du ciel et de l’environnement nocturne - ANPCEN),
avec l’appui du Parc, afin de contribuer à l’objectif de
ce dernier fixé dans la Charte d’être labellisé « Terri-
toires de villes et villages étoilés » délivré par l’ANPCEN.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Promouvoir les démarches, travailler en transver-
salité avec le Parc, avec, pour les intercommunalités
ayant la compétence éclairage public, la prise en
compte des caractéristiques de matériels d’éclairage
public moins impactant.
• Intégrer des prescriptions spécifiques de lutte
contre la pollution lumineuse des publicités, en adé-
quation avec le travail réalisé dans le cadre du PLUi
ou encore d’un plan de paysage.
• Mettre à disposition leurs données numériques
sur les emplacements et caractéristiques des
parcs d’éclairage communaux.
• Engager une démarche de promotion et de
soutien aux projets dans le cadre de leur PCAET.
Les départements s’engagent à :
• Soutenir, le cas échéant, la réalisation de dia-
gnostics d’éclairage sur la base de critères de
qualité des cahiers de charges partagés avec
le Parc.
• Partager leurs outils, bases de données
et expertises.
La Région s’engage à :
• Poursuivre son soutien aux Parcs sur le
sujet de la lutte contre la pollution lumineuse
au titre des enjeux de maîtrise de l’énergie,
d’érosion de la biodiversité et de développe-
ment de la filière écotouristique.
• Partager ses outils, bases de données
et expertises.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche
Le Conseil scientifique du Parc :
• Mène des investigations supplémentaires
auprès d’acteurs experts du sujet.
Les partenaires techniques et institutionnels
Le SymielecVar :
• Assure un appui technique auprès des
communes (soutien financier à la réalisa-
tion d’audits et travaux de rénovation sur les
parcs d’éclairage), et la mise à disposition de
données numériques sur les emplacements
et caractéristiques des parcs d’éclairage
communaux.
Le CEREMA :
• Assure un appui et une expertise auprès du
Parc et des communes, sur la plan technique
et réglementaire.
ENEDIS :
• Pourra mettre à disposition des données
de consommation dans le cadre du respect
des informations commercialement sensibles.
Les communes pourront donner au Parc un
mandat pour traiter ces données.
• Met à disposition des compteurs com-
municants permettant la gestion centralisée
et optimisée de l’éclairage ; mise à dispo de
données au niveau territoriale, communal.
Les associations, groupements et relais locaux
Groupe Chiroptères de Provence (GCP) :
• Peut contribuer à la mise à disposition
de données sur les enjeux locaux relatifs
aux espèces.
OBJECTIFS DE LA MESURE
Dans un contexte territorial où les énergies renou-
velables sont principalement focalisées sur des
projets de nature industrielle (barrages du Verdon,
et plus récemment l’avènement des grandes cen-
trales photovoltaïques au sol), il reste un potentiel
important de développement de plus petits projets
visant une production locale collective d’énergie
renouvelable. Ces projets peuvent être portés par
des collectivités ou des collectifs citoyens, via
des structures de gouvernance locale dédiées (ex.
démarche des « centrales villageoises »). Leurs
membres peuvent participer directement au
financement des investissements, ils favorisent
ainsi une appropriation locale des richesses créées
et de l’usage de l’énergie. Ils doivent par ailleurs
être développés dans le respect des paysages, de
l’architecture et de la biodiversité.
Ces opérations offrent des opportunités per-
tinentes pour prendre le virage de la transition
énergétique et répondre à la fois aux enjeux
du changement climatique par une production
d’énergie moins carbonée, et aux objectifs territo-
riaux préconisés par le SRADDET.
Parmi les filières énergétiques mobilisables pour ce
type de projet, le solaire photovoltaïque est actuel-
lement la filière la plus plébiscitée sur le territoire
du Parc mais il reste marginalement développé
dans le cadre de cette approche. D’autres filières
de production d’énergie renouvelable, peu ou pas
développées sur le territoire telles que la méthani-
sation, le bois-énergie, la petite hydraulique, le petit
éolien doivent être étudiées au cas par cas.
Le Parc souhaite ainsi voir mobiliser en priorité
l’implantation de ces énergies en promouvant des
opérations sur des espaces anthropisés tels que
l’habitat, les bâtiments d’activité tertiaire, les amé-
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives
et pour chaque indicateur s’il est également
un indicateur du SRADDET, les sources, l’an-
née de référence de la valeur initiale et les
valeurs cibles à mi-parcours de la Charte et
à la fin de la Charte :
• N°10 : Nombre d’évènementiels grand
public réalisés sur la pollution lumineuse
• N°11 : Taux de réussite ou de reconduc-
tion des communes au label VVE
INDICATEURS D’ÉVALUATION
MESURE 2.3
Accompagner le développement de petits projets énergétiques
dans une démarche citoyenne
Centrale photovoltaïque de la ferme caprine de Valx, portée par la SCIC Energ’Ethique04, en partenariat avec la Région Sud et le Parc du Verdon ©Energ’Ethique 04
94 95 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
nagements publics, les friches d’espaces dégradés.
Pour le photovoltaïque, les projets peuvent aller de
trois à quelques dizaines de kilowatt crêtes (KWc).
En ce qui concerne les espaces naturels, s’ils sont
susceptibles d’être mobilisés pour produire de
l’énergie solaire photovoltaïque dans le cadre
de projets citoyens, les projets devront alors se
limiter à une puissance inférieure à 1 mégawatt
crêtes (MWc) soit environ 1 ha de surface, sur
des secteurs sans enjeux environnementaux et
paysagers.
Les objectifs sont de :
• Réduire les émissions de gaz à effet de serre et
contribuer aux objectifs de production d’énergie
renouvelable,
• Faire des énergies renouvelables un levier de
développement local et citoyen et d’appropria-
tion des enjeux de lutte contre le changement cli-
matique et d’une transition énergétique non subie,
• Promouvoir les démarches citoyennes de produc-
tion d'énergie avec une gouvernance locale, facteur
d’attractivité et de sécurité dans l’approvisionnement
énergétique du territoire,
• Accompagner et valoriser les communes, les profes-
sionnels et les citoyens qui s’engagent dans les éner-
gies renouvelables dans une démarche participative,
• Prioriser l’implantation des équipements issus d’un
projet citoyen de production d’énergie en espaces
anthropisés, afin de préserver les paysages et les
espaces naturels et agricoles.2 2
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
DISPOSITIONS
Promouvoir activement les outils disponibles et les projets
réalisés sur le territoire du Parc et à proximité
• Promouvoir des projets collectifs à voca-
tion citoyenne dans une démarche de gou-
vernance partagée (ex. démarche des « cen-
trales villageoises »), notamment auprès des
communes et du monde associatif.
• Impliquer les habitants dans la réalisa-
tion de projets citoyens.
• Faire connaître l’existence d’outils gratuits
d’estimation du potentiel de développement
de projets photovoltaïques et thermiques en
toiture (ex. cadastre solaire régional).
• Relayer les appels à projets nationaux et régio-
naux auprès des collectifs de citoyens identifiés et
des communes.
• Faire le lien avec les structures d’appui existantes
dédiées au développement de projets citoyens.
• Valoriser les démarches exemplaires et les
structures privées du territoire ou situées à proxi-
mité (associatives, entreprises) qui promeuvent
ces types de projets, auprès des élus, des habitants et des professionnels.
Appuyer les communes dans la réflexion d’une ambition locale de développement des énergies renouvelables de proximité
• Identifier des sites potentiels susceptibles d’accueillir des projets photovoltaïques citoyens, en mo- bilisant prioritairement les bâtiments et les autres surfaces anthropisées en toiture, en ombrière ou au sol, dans le respect de la biodiversité et des paysages ; ces espaces anthropisés comprennent l’habitat, les bâtiments d’activité tertiaire (commerces, bureaux, écoles...), les aménagements et équipements publics (parkings, bâtis…), les friches d’espaces dégradés.
• Traduire ces sites au sein des documents de planification, avec pour objectif de préserver l’authen- ticité des villages et le respect de la biodiversité et des paysages, en prenant en compte les critères de zonage suivants :
Des zones rédhibitoires, où le niveau des enjeux naturalistes et paysagers exclue les installations.
Des zones à enjeux forts, où le niveau des enjeux naturalistes et paysagers ainsi que les usages locaux ne sont pas favorables à priori à des installations et qui nécessitent une analyse plus appro- fondie de la part des porteurs de projets pour en démontrer la faisabilité.
Des zones favorables à prioriser sur les bâtiments et autres surfaces anthropisées.
• Favoriser une implantation adaptée sur la parcelle ou sur le bâti, en prenant en compte les contraintes d’optimisation technique (placement de capteurs solaires, déploiement proche de lieux très consommateurs tels que EHPAD, logements collectifs, groupes scolaires…) et les enjeux d’intégration paysagère.
• Travailler avec les intercommunalités en matière de planification du développement des éner- gies renouvelables pour optimiser les synergies d’actions et ainsi appréhender le plus en amont possible la prise en compte des enjeux de la Charte.
• Assister techniquement les projets dans leur phase d’émergence et faire le lien avec les struc- tures d’appui au développement de projets citoyens.
MESURE 2.3 Accompagner le développement de petits projets énergétiques dans une démarche citoyenne
• Compléter ou soutenir les dispositifs d’accompagnement existants des porteurs de projets (études, investissements).
• Étudier et valoriser les ressources énergétiques du territoire et les adapter aux particularités locales, dans une démarche tournée vers l’innovation et la recherche de solutions au plus près des besoins.
• Étudier au cas par cas les autres sources de production d’énergie renouvelable (petit éolien, petite hydraulique, méthanisation...). Concernant la petite hydraulique, il s’agira d’anticiper l’impact du chan- gement climatique sur l’hydrologie, qui va modifier les capacités de production hydroélectrique, tout en veillant à ce que les nouveaux projets soient sans impacts sur l’hydromorphie et les continuités piscicoles, afin de garantir une compatibilité de la charte avec le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE).
Relancer la filière solaire thermique
• Promouvoir les avantages de cette filière pour la production d’eau chaude sanitaire et/ou chauffage dans les projets portés par les communes (neuf et rénovation).
• Sensibiliser les prescripteurs locaux de travaux (architectes, services publics de conseils en énergie et ré- novation pour les particuliers et les communes (ex. CAUE, SARE…) pour qu’ils puissent à leur tour sensibiliser leurs clients ou leurs publics.
• Engager une réflexion avec les ABF sur des modalités d’acceptation de ce type de projet dans les périmètres des bâtiments historiques.
• Reconduire des sessions de formation à vocation de perfectionnement en direction des artisans, en prenant appui sur leurs représentations consulaires.
• Valoriser les démarches, projets exemplaires et les structures privées (associatives, entreprises) du territoire qui promeuvent cette filière.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Informe, sensibilise sur l’opportunité de ces
filières au regard des enjeux écologique, écono-
mique et de résilience du territoire, et alerte sur
les démarches commerciales abusives.
• Apporte un conseil technique sur les
installations.
• Accompagne les collectifs de citoyens,
les communes sur l’émergence des projets
(< 50 KWc) : aide au montage de dossiers de
financement (réponses aux opportunités d’AMI
institutionnels), consultation des entreprises
(rédaction de cahier des charges, analyse
des offres).
• Valorise les projets de production d’énergie
renouvelables participatifs et citoyens réalisés
sur ses bâtiments ou sur le territoire.
• Suscite le partage d’expériences localement
ou avec d’autres territoires.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Encourager le développement des projets
citoyens.
• Solliciter le Parc pour l’informer de leurs pro-
jets et solliciter son appui.
• Porter à connaissance du Parc tous les projets
dont elles ont connaissance sur leur territoire.
96 97 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039 disposition pertinente
Loi Climat et Résilience :
La loi «Climat et Résilience» du 22 août
2021 traduit une partie des 146 proposi-
tions de la Convention citoyenne pour le
climat, pour réduire les émissions de gaz
à effet de serre.
Elle s’articule autour des cinq théma-
tiques sur lesquelles la Convention ci-
toyenne pour le climat (CCC) a débattu et
présenté ses propositions en juin 2020 :
consommer, produire et travailler, se dé-
placer, se loger et se nourrir.
DÉFINITION
• Relayer auprès des développeurs la
position du Parc en matière d’accueil des
projets de production industrielle d’énergie.
• Étudier le potentiel et privilégier les
secteurs artificialisés pour l’implantation
des centrales photovoltaïques au sol.
• Promouvoir l’outil « cadastre solaire régional»
pour favoriser l’installation en toiture des bâti-
ments des habitants et professionnels.
• Sur leurs propres projets de développe-
ment d’énergie renouvelable, favoriser l’in-
vestissement local par des formes de gouver-
nance intégrant la participation des habitants,
y compris dans le financement des projets.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Inciter les communes à favoriser dans leurs
projets l’investissement local par des formes de gou-
vernance intégrant la participation des habitants, y
compris dans le financement des projets.
• Promouvoir la prise de participation des collecti-
vités, ou autres acteurs publics, dans les sociétés de
projet créées en partenariat avec les développeurs
citoyens privés d’énergies renouvelables.
Les départements s’engagent à :
• Partager leurs outils, bases de données et ex-
pertises sur les projets à vocation citoyenne.
• Aider à définir des critères d’implantation des
projets qui visent à préserver l’authenticité des
villages et le respect de la biodiversité, de la géo-
diversité et des paysages.2 2
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
MESURE 2.3 Accompagner le développement de petits projets énergétiques dans une démarche citoyenne
La Région s’engage à :
• Promouvoir et soutenir, via des appels à ma-
nifestation, l’expérimentation et/ou le déve-
loppement de projets d’énergie renouvelable
de proximité, en encourageant les démarches
intégrant un volet participatif citoyen.
• Partager ses outils, bases de données
et expertises.
L’État s’engage à :
• Solliciter en tant que de besoin l’expertise
du syndicat mixte lors des projets de produc-
tion d’énergie renouvelable sur son territoire,
quel que soit la taille des projets.
• Identifier le Parc comme territoire pilote dans le
domaine de la Transition énergétique.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche
Le Conseil scientifique du Parc :
• Mène des investigations supplémentaires auprès
d’acteurs experts du sujet.
• Contribue à la veille sur l’évolution des développe-
ments des filières industrielles photovoltaïques, et la
démarche d’observatoire (cf. disposition 3).
Les partenaires techniques et institutionnels :
L’Agence locale énergie climat Var :
• Assure via son conseiller (soutenu par l’ADEME
dans le cadre de son dispositif « les générateurs ») un
conseil indépendant auprès des particuliers, collectif
souhaitant se lancer dans le développement d’un
projet citoyen de centrale photovoltaïque.
Association « Energie Partagée » :
• Pourra mettre à disposition son appui technique,
notamment sur la phase d’émergence (conseil sur
le plan juridique et réglementaire des projets) et
les possibilités de financement des projets.
Association « Centrales villageoises » :
• Pourra mettre à disposition son appui
technique concernant les projets, notamment
sur la phase d’émergence (conseil sur le plan
juridique et réglementaire des projets).
ENEDIS :
• Pourra mettre à disposition son appui
technique concernant les projets, notamment
au niveau de la problématique de raccorde-
ment au réseau.
Les associations, groupements et relais locaux
France nature environnement :
• Soutient possiblement lors de temps de sen-
sibilisation des communes et de leurs habitants.
Saint-Julien-du-Verdon, stage d’initiation sur
l’isolation thermique écologique, en partenariat avec
la Région Sud et l’ADEME - © PNR du Verdon
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives
et pour chaque indicateur s’il est également
un indicateur du SRADDET, les sources, l’an-
née de référence de la valeur initiale et les
valeurs cibles à mi-parcours de la Charte et
à la fin de la Charte :
• N°12 : Nombre de projets d’Enr impli-
quant des citoyens (via des collectifs ou des
collectivités)
• N°14 : Production d’énergie renouvelable
(en GWh)
• N°15 : Taux de couverture énergétique
(production Enr/ consommation totale)
INDICATEURS D’ÉVALUATION
OBJECTIFS DE LA MESURE
Dans un contexte d’urgence climatique et de
transition énergétique visant à réduire les émis-
sions de gaz à effet de serre, la substitution des
énergies fossiles par des énergies renouvelables
occupe une place fondamentale dans la recherche
d’un modèle de production et de consommation
moins énergivore et plus durable.
Troisième pilier de la démarche « NégaWatt »
après la sobriété et l’efficacité énergétique, la pro-
duction d’énergie renouvelable, aujourd’hui, est
institutionnellement très encouragée à travers
l’État et les régions au niveau de la production
industrielle, dans une logique de développement
de filières locales adaptées aux gisements des
territoires. La situation de péninsule électrique
de la Région Sud, de par sa situation en « bout
de réseau », et sa faible production énergétique
(qui permet de couvrir seulement 11,8 % de sa
consommation) pousse à la promotion d’un
modèle d’approvisionnement électrique basé sur
une production locale.
Si l’État et la Région Sud Provence-Alpes-Côte
d’Azur (à travers son SRADDET) expriment une
ambition forte sur les énergies renouvelables, ils
incitent également à appréhender leur dévelop-
pement en veillant à la préservation des espaces
naturels, agricoles et des paysages.
Au niveau du Parc, sa situation de territoire excé-
dentaire au niveau de la satisfaction des besoins
en électricité (près de quatre fois plus de produc-
tion que de consommation) en fait un contribu-
teur net à l’échelle régionale. Le territoire reste
cependant dépendant des énergies fossiles pour
les besoins énergétiques liés aux déplacements
et au chauffage.
MESURE 2.4
Maîtriser la production industrielle d’énergie renouvelable sur
le territoire dans le respect de la biodiversité et des paysages
Centrale photovoltaïque au sol de Vallongue à Gréoux-les-Bains ©L. Courtil - PNR Verdon
Au-delà de la nécessité de promouvoir fortement
la maîtrise de l’énergie, le développement des
énergies renouvelables doit se faire dans le
respect du territoire en privilégiant la proxi-
mité (projets locaux associant citoyens et
collectivités), en ciblant des surfaces priori-
tairement artificialisées et très encadrées
concernant les projets à vocation industrielle,
eu égard aux potentiels impacts visuels et
environnementaux de ces derniers.
Cette production industrielle cible une typologie
particulière d’équipements de production :
• Les centrales photovoltaïques au sol : équi-
pement de grande puissance (d’un à plusieurs
milliers de kilowatt crêtes - kWc) se caractérisant
par une implantation directe sur le sol allant d’un à
plusieurs dizaines d’hectares.
• Les installations relevant de la filière agrivol-
taïque, à savoir :
Les serres photovoltaïques : structures abritant
une production agricole principale dont la toiture
et/ou les murs extérieurs sont en tout ou partie
équipés de modules photovoltaïques destinés à une
production d’énergie en tant qu’activité secondaire ;
L’agrivoltaïsme de plein champ (ombrières pho-
tovoltaïques sur cultures) : installations subsidiaires
à une production agricole de plein champ apportant
une plus-value agronomique, une résilience face aux
aléas climatiques (lutte contre le stress hydrique et les
gels tardifs) et permettant une production d’énergie
adaptée aux pratiques culturales;
Les hangars agricoles photovoltaïques : bâtiments
techniques de grande superficie, dont la toiture est
majoritairement recouverte ou constituée de modules
photovoltaïques destinés à la production d’énergie,
98 99 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20392 2
DISPOSITIONS
Garantir le moindre impact environnemental et paysager des projets industriels de production d’énergie renouvelable
• Prioriser l’installation de projets en toiture, en ombrière ou au sol dans les espaces anthropisés, dans le respect de la biodiversité et des paysages. Ces espaces comprennent l’habitat, les bâtiments d’ac- tivité tertiaire (commerces, bureaux, écoles...), les aménagements et équipements publics (parkings, bâtis…), les friches d’espaces dégradés.
• Exclure les espaces agricoles et naturels à enjeux patrimoniaux et paysagers des projets d’implanta- tion d’unité de production d’énergie renouvelable.
• Respecter les principes de zonage issus des doctrines définies par l’Etat (DREAL, DDT) pour ce qui concerne les protections réglementaires et issus de la Charte et de son plan du Parc, définis comme suit :
Zones de niveau rédhibitoire où toute implantation d’unité de production d’énergie renouvelable est exclue : réservoirs de biodiversité de la trame verte et bleue du Parc du Verdon, sites d’intérêts écologique majeurs, géosites, monuments emblématiques du grand paysage, plans d’eau aux usages multiples, espaces agricoles.
Zones de niveau fort où l’implantation d’unité de production d’énergie renouvelable est fortement déconseillée sauf à démontrer l’absence d’impact au cas par cas, notamment : corridors de la trame verte et bleue du Parc du Verdon, silhouettes villageoises des villages perchés, cônes de vue et points de vue hauts, routes emblématiques et routes de découverte des paysages et leurs abords, pépites patrimoniales et leurs abords, paysages agricoles et dont paysages agricoles aux perceptions lointaines du plateau de Valensole, entrées de Parc.
• Définir des principes de zonages prenant en compte les enjeux naturalistes et paysagers afin d’en- cadrer l’accueil d’unité de production d’énergie renouvelable dans les espaces agricoles.
• Développer des projets agrivoltaïques dans le cadre d’une démarche expérimentale, sur de petites surfaces avec un suivi agronomique (parcelle témoin), en veillant à ce que l’activité agricole reste éco- nomiquement prépondérante et l’exploitant agricole ne doit pas être intéressé par le bénéfice financier généré par la vente de l’électricité produite.
• Appliquer des principes d’aménagement visant l’intégration paysagère (évitement des lignes de crêtes, implantation dans les courbes de niveau, nature et couleur des matériaux en adéquation avec le site…) et écologique (perméabilité à la petite faune, maintien des ligneux remarquables situés à proximité…) des projets de production d’énergie renouvelable.
• Maintenir les fonctions de la forêt, en particulier des forêts anciennes, pour la préservation de la biodi- versité, des milieux aquatiques et de la ressource en eau.
• Orienter le volet compensation de la séquence « éviter – réduire – compenser » (ERC) vers des projets et des sites locaux.
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
MESURE 2.4 Maîtriser la production industrielle d’énergie renouvelable sur le territoire dans le respect de la biodiversité et des paysages
et qui ont un usage intrinsèquement à l’activité
agricole (stockage de matériels ou production,
élevage, ateliers de transformation…).
• Les centrales photovoltaïques en toiture,
relevant parfois de niveaux de puissance consé-
quents (plusieurs dizaines de kWc) et donc de
surfaces importantes (plusieurs centaines de
m²), pour lesquels, les sollicitations des services
instructeurs des collectivités ou de l’État pour
émettre un avis ne sont pas toujours systéma-
tiques.
Ces préoccupations sont majeures dans un ter-
ritoire de Parc qui tire une grande partie de ses
richesses économiques et patrimoniales de sa nature
et ses paysages emblématiques. Elles se sont traduites
depuis 2008 dans une position des élus du Parc, docu-
ment définissant les conditions d'accueil d’équipements
de production d’énergies renouvelables de grandes sur-
faces d’origine solaire, et qui vise un double objectif :
• Rappeler aux porteurs de projets, publics ou privés,
la volonté du Parc de contribuer au développement des
énergies renouvelables, et sa vigilance pour garantir la prise
en compte des enjeux de préservation des espaces agri-
coles, naturels et des paysages qui donnent au territoire du
Verdon son identité unique.
• Aider les élus du Parc à émettre des avis formalisés sur la
base des critères définis lorsque les services de l’État les
y invitent.
Comme pour tout document intrinsèquement lié
à la Charte, cette position porte une exigence de
compatibilité pour tous les documents d’urbanisme
(SCOT, PLUi, cartes communales) qui entreront en
modification ou révision lorsque l’opportunité d’un
projet se présentera.
La position pose des principes d’accueil en accord
avec les orientations de la Charte et son plan du
Parc, concourant à la recherche d’un développe-
ment durable des énergies renouvelables. Elle vise
avant tout à inscrire les projets de production in-
dustrielle dans une démarche globale de maîtrise de
la demande en énergie en référence à la démarche
« NégaWatt ». Elle demande ensuite à mobiliser
en priorité les zones anthropisées dans le but de
préserver les espaces naturels, agricoles et les pay-
sages. Pour cela elle fixe des critères d’exclusion de
certaines zones à enjeux naturalistes et paysagers
identifiés sur la base des protections réglemen-
taires existantes d’une part, et de la connaissance
des milieux et des paysages que le Parc a pu déve-
lopper depuis son existence d’autre part. Elle incite
enfin les intercommunalités à mettre en œuvre une
planification territoriale permettant de maitriser
de manière plus cohérente le développement des
projets publics et privés.
Serre solaire photovoltaïque ©PNR Verdon
100 101 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Les objectifs sont de :
• Animer la position des élus du Parc en matière
d’accueil des projets industriels de production
d’énergie renouvelable photovoltaïque et des
projets éoliens ;
• Inscrire tout projet de production industrielle
dans une démarche globale de maîtrise de la
demande en énergie par les maîtres d’ouvrage
publics ou privés en référence à la démarche
« NégaWatt » ;
• Accompagner les intercommunalités dans leurs
démarches de développement des projets de
production industrielle d’énergie renouvelable, et
notamment d’origine photovoltaïque ;
• Promouvoir les projets innovants en matière
de production industrielle d’énergie renouvelable
engagés sur le territoire ou à l’extérieur, ayant voca-
tion à être dupliqués ;
• Appréhender les autres filières potentielles du
mix énergétique (hydraulique, éolien, méthanisa-
tion, bois énergie, géothermie) dans une démarche
d’étude au cas par cas ;
• Favoriser en parallèle le développement d’actions
visant la sobriété énergétique (isolation des bâtiments,
éclairage public, mobilité collective...) dans le cadre de la
mutualisation des bénéfices issus de la production éner-
gétique et revenant de manière optimale au territoire.
disposition pertinente2 2
Assurer une veille et une fonction d’observatoire des énergies
renouvelables industrielles
• Mener une veille sur les évolutions des filières industrielles de production, du point de vue :
Réglementaire.
Technologique en lien notamment avec l’optimisation des flux d’énergie (réseaux intelligents entre l’adéquation de la production et de la demande ; stockage).
Gouvernance, autour de l’implication des collectivités, citoyens et entreprises dans les projets d’énergie renouvelable.
• Produire un bilan quantitatif et qualitatif régulier des avis émis dans le cadre de la position du Parc du Verdon.
• Animer un groupe de travail dans le cadre d’une gouvernance large (acteurs institutionnels, associatifs...) pour échanger et capitaliser sur des retours d’expérience divers (suivi naturaliste et paysager, actions locales de maîtrise de l’énergie, retombées économiques, gouvernance des projets…).
• Animer un observatoire des énergies renouvelables en mettant régulièrement à jour l’ensemble des données relatives aux différentes unités de production d’énergie renouvelable sur le territoire (filière, locali- sation, puissance, production, cartographie...).
• Diffuser les projets innovants en matière de production industrielle d’énergie renouvelable engagés sur le territoire ou à l’extérieur, ayant vocation à être dupliqués.
• Favoriser l’intérêt général par une maîtrise du foncier par les collectivités des sites d’implantation d’unité de production d’énergie renouvelable industrielle, afin de limiter le risque de spéculation et faire bénéficier le territoire des retombées économiques issus de la production d’énergie.
• Appréhender les énergies renouvelables industrielles du mix énergétique au regard de cer- taines considérations techniques contribuant à limiter la consommation d’espaces, comme :
L’innovation technologique, l’expérimentation et la réversibilité, pour améliorer le rendement des installations.
Le recyclage des matériaux et des équipements utilisés.
L’optimisation des équipements hydroélectriques existants (grands barrages) ou le développe- ment d’installations sans impact sur la qualité de l’eau et des milieux (microcentrales sur conduites d’eau potable).
Le développement de projets de méthanisation alimentés en productions locales, ne recourant pas à des cultures dédiées et préservant la vocation alimentaire et fourragère des terres agricoles.
• Aider les élus du Parc à émettre des avis formalisés lorsqu’ils sont sollicités par les services de l’État ou les collectivités.
Accompagner les démarches d’élaboration de stratégie de maîtrise de l’énergie
• Prioriser la recherche d’économies d’énergies, en parallèle de tout projet visant à augmenter la production, dans le cadre d’une stratégie énergétique locale alimentée financièrement par les revenus issus des projets locaux industriels de production d’énergie renouvelable.
• Accompagner les collectivités dans l’élaboration de leur stratégie énergétique afin de favoriser la com- patibilité avec les dispositions de la Charte.
• Projets par une gouvernance impliquant habitants et acteurs du territoire, permettant une meilleure appropriation de la question énergétique visant un développement local plus sobre et moins dépendant des énergies fossiles.
Planifier le développement des projets de production industrielle d’énergie renouvelable à l’échelle intercommunale
• Inciter les intercommunalités, comme le préconise l’État, à mettre en œuvre une planification ter- ritoriale permettant de maîtriser de manière plus cohérente le développement des projets d’énergie renouvelable publics et privés.
• Identifier et transposer les zones à exclure et les zones à privilégier pour le développement des énergies renouvelables dans les documents de planification (SCOT, PLUi, PLU).
• Diversifier les sources de production d’énergie renouvelable (photovoltaïque, éolien, métha- nisation, bois-énergie, géothermie), pour favoriser un mix énergétique adapté aux différents potentiels de production et besoins du territoire et renforcer sa résilience énergétique.
• Aider les collectivités à mieux appréhender les enjeux locaux dans l’élaboration et l’applica- tion de la séquence ERC liée à l’évaluation environnementale des projets, notamment en faisant prendre en compte les principes de la position du Parc sur le photovoltaïque au sol.
• Aider les collectivités dans la rédaction de cahier des charges liés à la consultation de déve- loppeurs et à l’analyse technique des offres.
• Être actif dans le suivi naturaliste et paysager des projets en contribuant à l’élaboration des plans de gestion des projets (conception, mesures de suivi).
• Participer aux comités techniques et/ou de pilotage liés à la mise en œuvre et au suivi des plans de gestion.
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
MESURE 2.4 Maîtriser la production industrielle d’énergie renouvelable sur le territoire dans le respect de la biodiversité et des paysages
102 103 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039 disposition pertinente
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Garantit une bonne prise en compte des
objectifs de la Charte dans le choix des espaces
dédiés au déploiement des projets d’énergies
renouvelables à vocation industrielle.
• Veille à l’intégration environnementale et
paysagère de ces projets et accompagne les
collectivités et les opérateurs dans leur mise en
œuvre exemplaire., y compris sur le volet gou-
vernance des projets et l’optimisation de leurs
retombées économiques sur le territoire.
• Accompagner les EPCI dans leurs démarches
de planification territoriale de développement
des énergies renouvelables, par un appui via des
outils méthodologiques liés notamment : à la
démarche d’évitement afin de mieux prendre en
compte les sensibilités paysagères et environ-
nementales pour tout développement d’énergie
industrielle, à la mise en concurrence d’opé-
rateurs (rédaction de cahier des charges avec
gouvernance locale, identification d’actions
locales en faveur de la transition énergétique,
mobilisation des acteurs locaux…).
• S’implique dans les suivis techniques des
études d’impact environnemental réalisées dans
le cadre de projets d’aménagements de ce type.
• Communique les données à sa disposition
auprès des intercommunalités et des déve-
loppeurs retenus dans le cas de démarches de
mise en concurrence portés par ces mêmes in-
tercommunalités. Il assure également le porter
à connaissance en amont des projets, lors de
sa participation aux réunions de concertation
et dans le cadre de la formulation de ses avis
quand il est saisi officiellement par l’Etat.
• Capitalise via sa fonction d’observatoire les
bonnes pratiques d’un point de vue environne-
mental et paysager de ces activités, y compris
sous l’angle de l’innovation technologique,
financière, des modes de gouvernance.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Appréhender le développement des
projets, notamment de centrales photovol-
taïques au sol, à l’échelle intercommunale pour
éviter une concurrence contre-productive
entre les projets communaux, et ainsi engager
une démarche de planification territoriale in-
tercommunale qui mobilise prioritairement des
surfaces artificialisées, (notamment les parkings,
en s’appuyant sur des objectifs chiffrés et un
calendrier de planification).
• Adapter / rédiger les documents d’urbanisme
pour prendre en compte la mesure.
• Encourager l’implication des citoyens dans le
développement des projets, en favorisant l’inves-
tissement local par des formes de gouvernance
intégrant la participation des habitants, y compris
dans le financement des projets.
• Porter à connaissance du Parc tous les projets
dont elles ont connaissance sur leur territoire,
• Relayer auprès des développeurs la position du
Parc en matière d’accueil des projets de production
industrielle d’énergie photovoltaïque.2 2
ORIENTATION 2
S’engager dans une politique de sobriété et de productions énergétiques diversifiées, au bénéfice de tous
MESURE 2.4 Maîtriser la production industrielle d’énergie renouvelable sur le territoire dans le respect de la biodiversité et des paysages
• Mobiliser l’ingénierie du Parc pour les assister
au besoin dans la lecture territorialisée des
enjeux pris en compte par la Charte.
• Étudier le potentiel et privilégier les
secteurs artificialisés pour l’implantation des
centrales photovoltaïques au sol.
• Promouvoir l’outil « cadastre solaire régio-
nal » pour favoriser l’installation en toiture des
bâtiments des habitants et professionnels.
• Organiser des consultations pour mettre en
concurrence les opérateurs dans une logique
d’optimisation des retombées économiques et
environnementales à l’avantage du territoire.
• Affecter une partie substantielle des recettes
fiscales, des loyers ou des mesures d’accompagne-
ment à des actions locales en faveur de la transition
énergétique et écologique et de l’adaptation au chan-
gement climatique.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Protéger dans leurs documents d’urbanisme (SCOT,
PLUi) les zones n’ayant pas vocation à recevoir des
équipements industriels et de production d’énergie
renouvelable.
• S’appuyer sur le Parc pour tout projet de développe-
ment de ces activités.
• Saisir le Parc dans le cadre d’un projet soumis à éva-
luation environnementale pour le déploiement de ces
activités industrielles de production d’énergie.
• Coordonner le déploiement de celles-ci dans une
politique d’aménagement global du territoire.
• Promouvoir la prise de participation des collectivi-
tés, ou autres acteurs publics, et des citoyens dans
les sociétés de projet créées en partenariat avec les
développeurs privés d’énergies renouvelables.
Les départements s’engagent à :
• Associer le Parc à ses réflexions concernant
les plans et projets ayant trait au développe-
ment des projets industriels de production
d’énergie renouvelable.
• Partager leurs outils, bases de données
et expertises.
La Région s’engage à :
• Promouvoir et soutenir, via des appels à
projet, le développement du photovoltaïque
sur les zones déjà artificialisées et impactées
par les activités humaines : toitures des grands
bâtiments industriels et commerciaux, toitures
des bâtiments publics, parkings, anciennes
friches industrielles ou militaires, anciennes
carrières sans caractère patrimonial, serres
agricoles.
• Partager ses outils, bases de données
et expertises.
L’État s’engage à :
• Conseiller les communes sur l'intégration
de principes d'accueil des projets d'aména-
gement dans les documents d'urbanisme,
notamment dans les secteurs sensibles.
• Prendre en compte la Charte dans l’élabo-
ration de ses divers schémas et documents
d’orientations.
• Inciter les maîtres d’ouvrage et porteurs de
projet à porter à la connaissance du Parc leurs
projets d’aménagements susceptibles d’avoir
un impact sur le territoire du Parc, en particulier
ceux soumis à évaluation environnementale.
• Associer le Parc à l’élaboration du schéma
régional des carrières et à sa mise en œuvre et
tout autre réflexion sur les enjeux de dévelop-
pement des filières existantes ou émergentes.
• Informer le syndicat mixte du Parc sur les
projets soumis à étude d’impact, lorsque ces
projets concernent le territoire du Parc.
• Informer le Parc des mesures ERC prévues
par le pétitionnaire.
• Informer le syndicat mixte du Parc sur les
dossiers de demande d’autorisation ICPE
soumis à évaluation environnementale au titre
du Code de l’Environnement sur son territoire
(ex. centrales solaires thermodynamiques).
• Soutenir les opérations d'aménagement
exemplaires et innovantes déployées par les
collectivités, à travers par exemple : l’expéri-
mentation de critères d'éco-conditionnalité ou
de bonification dans les dispositifs d'aide.
• Solliciter l’avis du syndicat mixte du parc sur les
projets de SCOT et d’UTN en commission Espace
et urbanisme du Comité de massif des Alpes.
• Solliciter en tant que de besoin l’expertise
du syndicat mixte lors des projets de produc-
tion d’énergie renouvelable sur son territoire.
• Identifier le parc comme territoire pilote
dans le domaine de la Transition énergétique.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche
Le Conseil scientifique du Parc :
• Mène des investigations supplémentaires
auprès d’acteurs experts du sujet.
• Contribue à la veille sur l’évolution des déve-
loppements des filières industrielles photovol-
taïques, et la démarche d’observatoire (cf. dis-
position 3).
• Participe à la production du bilan quantitatif
et qualitatif régulier des avis émis dans le cadre
de la position.
Les partenaires techniques et institutionnels
RTE / ENEDIS :
• Pourront mettre à disposition des données
de production et de consommation dans le
cadre du respect des informations commer-
cialement sensibles. Les communes pourront
donner au Parc un mandat pour traiter ces
données.
• Associeront le Parc lors de l’élaboration
de leurs plans (Schéma régional de raccorde-
ment au réseau des énergies renouvelables,
pour RTE) et projets (rénovation des lignes de
distribution de l’électricité).
INDICATEURS D’ÉVALUATION
Intégration paysagère du bâti technique, centrale photovoltaïque de La Verdière ©PNR Verdon
104 105 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Les associations, groupements et relais locaux
France nature environnement :
• Mise à disposition potentielle de données
lors de l’instruction des avis par le Parc.
Ligue de protection des oiseaux (LPO) :
• Mise à disposition potentielle de données lors
de l’instruction des avis par le Parc.
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indicateur
du SRADDET, les sources, l’année de référence de
la valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours
de la Charte et à la fin de la Charte :
• N°13 : Nombre de projets énergétiques sou-
mis à avis du bureau (dont projets ayant reçu
un avis défavorable)3 3
ORIENTATION 3
Renforcer l’éducation et l’esprit critique pour permettre à chaque citoyen d’agir face aux évolutions sociétales et environnementales
2019-Refuge du Mt Chiran-ACM Castellane-Barreme ©J. Mordelet
ACM ; il est primordial de développer des projets
intergénérationnels et destinés aux familles.
Par ailleurs, du fait qu’il n’y ait pas de lycées sur le
territoire ni d’accès à des filières de formations
supérieures, la majorité des adolescents et jeunes
adultes du territoire (tranche d’âge 15-25 ans) se
voient contraints de le quitter. Les jeunes adultes
sont sur le territoire plus exposés au chômage et
il semble nécessaire de les rencontrer, d’entendre
leurs préoccupations et d’œuvrer pour leur offrir une
qualité de cadre de vie et un avenir dans le Verdon.
Enfin, la vie citoyenne est elle aussi en pleine
métamorphose et redéfinition. D’une part sur
notre territoire les associations sur qui reposent
la transmission des patrimoines locaux et de la
mémoire, mais aussi, la vie sociale et culturelle
ainsi que certains services à la population (cercles,
cinéma itinérant, AMAP, épiceries associatives
etc.) sont, comme partout à l’échelle nationale,
en grande difficulté (perte de financements, de
bénévoles etc.). D’autre part nous observons
l’émergence de nouvelles façons de s’engager
(engagements plus informels et ponctuels). Une
partie de la population rurale qui se voit de plus
en plus éloignée des centres de prise de décision,
réclame effectivement à être entendue et à
participer à la vie du territoire mais sur des actions
concrètes et ponctuelles.
Fort de ce constat, plusieurs enjeux se
dessinent pour le territoire du Verdon :
• La transmission des connaissances
et des savoirs à partir des
ressources du territoire ;
• L’accompagnement des
changements de pratiques
des habitants pour aller vers
un territoire plus résilient ;
• La possibilité pour les habitants
de s’exprimer, d’échanger
et de débattre,
• L’accès à une orientation et une
formation plus diversifiées pour
les jeunes du territoire.
• La possibilité pour les différentes
catégories socio-professionnelles
de se former, d’acquérir des
compétences pour accompagner
la pérennisation de leur activité
et l’évolution des pratiques
pour s’adapter aux enjeux
des changements climatiques,
environnementaux et sociétaux.
• L’envie de créer, d’agir, de se
mobiliser ensemble et de préserver
les biens communs
• Le soutien à la vie associative et aux
dynamiques citoyennes en faisant
de la place aux jeunes.
ENJEUX & DÉFIS
CONTEXTE
Face aux différents bouleversements que
sont le changement climatique, l’érosion de
la biodiversité mais aussi les changements
sociétaux, il y a urgence à agir. D’autant plus que les
grandes crises qu’entraîneront ces changements,
risquent d’augmenter les inégalités sociales ou
géographiques et que nos territoires ruraux seront
particulièrement concernés.
L’éducation et la participation citoyenne doivent
permettre à toutes et tous d’agir mais aussi à chacun de
repenser la place de l’homme dans son environnement et
dans sa relation aux autres.
Le jeune public doit être au cœur de notre action car en
demande, plus sensible et plus ouvert aux changements.
Il est aussi plus facile à toucher via les réseaux structurés
de l’Éducation nationale et de l’Éducation populaire. Il est
nécessaire de proposer des projets spécifiques et adaptés
à ce public. Malgré un fort turn-over dans le personnel
des accueils collectifs de mineurs (ACM) ou sur les
postes ‘relais’ de l’éducation nationale, il est important
de travailler en étroite collaboration aussi bien avec les
instances qui supervisent les structures d’accueils, que
directement avec les enseignants et enseignantes,
les équipes pédagogiques et les directions des ACM
(centres de loisirs, foyers ruraux, club ados…).
Pour compenser une répartition inégale sur le
territoire des établissements scolaires et des ACM :
sur les 59 communes du périmètre d’étude, 34 ont
des établissements scolaires et 19 seulement des
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour
des mesures suivantes :
• Mesure 3.1
Adapter les actions pédagogiques aux différents publics
• Mesure 3.2
Diversifier l’offre de formation pour accompagner le changement des pratiques des acteurs socio-professionnels et ouvrir des perspectives aux jeunes
• Mesure 3.3
Soutenir les initiatives locales et favoriser les débats et la participation citoyenne
MESURES
106 107 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
STRATÉGIE
La stratégie éducative et citoyenne repose sur
le principe d’amener à la prise de conscience, au
respect du vivant, à la responsabilisation et à
l’action, en se référant au passé, en se projetant
dans le futur, en parcourant à la fois le local et le
global, en faisant appel à la rigueur scientifique
comme à la créativité artistique.
La structuration du cadre et des partenariats, la
professionnalisation des acteurs, le besoin d’éva-
luer les programmes sont des leviers pour faire
de l’éducation un élément fort de la politique de
connaissance, de partage des valeurs locales et
de cohésion sociale.
Il est important de viser l’ensemble des publics
et de permettre à chacun et chacune de pouvoir
s’exprimer, trouver sa place et décider de son
implication.
Pour cela il faut à la fois développer des ap-
proches originales et variées, mais aussi des
actions ciblées en fonctions des personnes
que l’on veut toucher et de multiplier les temps
d’échanges et de rencontre que ce soit dans la
sphère professionnelle (ou scolaires pour les plus
jeunes) que dans le quotidien (la vie de tous les
jours, les loisirs, la vie citoyenne).
Il faut établir des relations de confiance et cela
passe notamment par des actions conviviales
et durable dans le temps : des projets avec
plusieurs interventions, l’animation de réseau,
la mise en place de rendez-vous réguliers, la
participation à des actions dont le résultat
perdure dans le temps
Les actions éducatives s’articuleront sur les
principes suivants :
• Développer des approches pluri-disciplinaires
(historique, géographique, économique, écolo-
gique, culturelle, scientifique...) croisant tous les
publics (habitants, visiteurs, professionnels…) et
tous les âges.
• S’ancrer sur la réalité locale pour s’ouvrir
au global.
• Amener les différents publics en extérieur et en
immersion sur le terrain.
• S’appuyer sur des démarches innovantes et convi-
viales, où chacun est actif
• Participer à la transmission et à l’échange
des connaissances ou des compétences (scientifiques,
techniques, populaires, artistiques).
• Veiller à ce que les actions menées soient inclusives.3 3
ORIENTATION 3
Renforcer l’éducation et l’esprit critique pour permettre à chaque citoyen d’agir face aux évolutions sociétales et environnementales
Les objectifs sont de :
• Développer un appui éducatif et de formation
autour des enjeux de transition énergétique et
écologique, en s’appuyant notamment sur la ferme
pédagogique du domaine de Valx
• Sensibiliser les habitants et promouvoir
des actions pour faire ensemble la transition
du territoire.
OBJECTIFS DE LA MESURE
L’éducation à l’environnement et au territoire vise à
permettre aux citoyens, qui habitent ou séjournent sur le
territoire, d’appréhender la complexité des enjeux envi-
ronnementaux - au sens large - tels qu’ils s’y expriment.
Au plus près des situations vécues, les actions de
sensibilisation et d’éducation du Parc s’inscrivent
comme un axe essentiel de la mise en œuvre de la charte
et constitue un des outils d’évolution du territoire dans
un objectif de lutte contre le changement climatique et
de transition énergétique et écologique.
DISPOSITIONS
Maintenir et renforcer un programme éducatif et structurer le réseau des acteurs en milieu scolaire
• Développer, co-construire et coordonner une offre éducative qui s’inscrive dans la durée (avec plusieurs interventions par projet pédagogique).
• Maintenir des temps de formations ou d’animations pédagogiques sur les patrimoines du Parc pour les professeurs du primaire et du secondaire. Les outiller pour qu’ils s’approprient le territoire.
• S’appuyer sur le réseau des structures en EET -éducation à l’environnement et au territoire- des partenaires, et les lieux de découverte ou de ressources du territoire comme supports de l’offre pédagogique.
• Développer et créer des outils pédagogiques et de mise en réseau pour les partenaires éduca- tifs et le corps enseignant.
• Renouveler un partenariat étroit avec le Rectorat (nouvelle convention Education Nationale/ Parc) et organiser des temps d’échanges avec les relais territoriaux et les responsables pédago- giques (Inspecteur de l’Education Nationale, conseillers pédagogiques).
• Engager des partenariats avec les écoles du professorat (INSPÉ- instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation) permettant aux jeunes enseignants d’identifier le territoire du Verdon comme terrain pédagogique.
• Mettre à disposition des enseignants, des ressources, outils et fiches pédagogiques, (ferme pédago- gique domaine de Valx).
• Utiliser la salle pédagogique pour les temps de formation et d’échanges avec les enseignants (ferme pédagogique domaine de Valx).
• Co-construire avec les enseignants des projets pédagogiques sur les thématiques du pastoralisme, de l’agriculture et de l’alimentation. Proposer aux scolaires des expériences riches et authentiques en s’appuyant notamment sur la vie de l’exploitation caprine et l’utilisation d’un véritable laboratoire de transformation en ferme pédagogique domaine de Valx).
Maintenir et renforcer l’offre éducative pour les jeunes hors cadre scolaire
• Accompagner les structures d’accueil en dehors des temps scolaires dans la réalisation de projets favorisant l’écocitoyenneté et le développement durable (appel à projets dédié, aide technique, conseil éducatif, mise en réseau).
• Favoriser l’immersion en milieu naturel des jeunes, leur permettant d’accéder à des sites remarquables avec des approches variées : approche active, contemplative, sportive, culturelle ou ludique (séjour avec itinérance et nuitée en refuge ou en bivouac, chantiers participatifs de restauration du patrimoine…).
• Encourager les jeunes à développer des systèmes de services solidaires qui leur permettent de s’impli- quer directement auprès de la population et sur leur territoire (chantiers participatifs, coopératives jeunes solidaire...).
• Favoriser les espaces d’expressions artistiques et culturelles.
• Proposer une offre de formation pour permettre aux professionnels des « loisirs jeunesse » (accueils collectifs de mineurs ou services jeunesse), d’acquérir des connaissances, des méthodes et des outils pédagogiques pour faire découvrir le territoire.
• Favoriser la mutualisation des moyens et des compétences entre les structures.
• Accompagner le développement de structures d’accueil de groupe.
• Mettre à disposition des professionnels des « loisirs jeunesse » des ressources, outils et fiches pédagogiques.
• Utiliser la salle pédagogique pour les temps de formation et d’échanges des professionnels. (Ferme pédagogique domaine de Valx).
• Co-construire avec les professionnels des « loisirs jeunesse » des animations, projets ou séjours pédagogiques sur les thématiques du pastoralisme, de l’agriculture et de l’alimenta- tion. Proposer aux jeunes des animations basées sur des expériences riches et authentiques en s’appuyant notamment sur la vie de l’exploitation caprine et l’utilisation d’un véritable laboratoire de transformation. (Ferme pédagogique domaine de Valx).
108 109 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 3.1
Adapter les actions pédagogiques aux différents publics
Séjour La Routo ©Le Cenographe
2018 - Opération jeunes au sommet ©M. Grange3 3
Permettre aux habitants de se rencontrer et créer du lien
• Proposer aux habitants comme aux visiteurs, des ateliers, des initiations, des stages ou des rencontres (projections-débats, conférences, visites etc.) sur des sujets d’actualité qui ques- tionnent le lien des hommes à leur environnement et/ou en lien avec la transition écologique du territoire.
• Mobiliser les habitants dans la connaissance et la préservation des patrimoines naturels et culturels (chantiers, observatoires et inventaires participatifs, projets artistiques, projets archéologique …).
• Développer et favoriser les actions intergénérationnelles permettant la transmission de la mémoire orale et des savoirs empiriques.
• Favoriser des temps de mixité sociale et culturelle.
• Développer un lieu d’accueil, de sensibilisation et d’éducation sur les enjeux alimentaires et agricoles, favoriser l’accès à une alimentation durable pour tous et toutes. (Ferme pédagogique domaine de Valx).
• Organiser des temps d’échanges et de convivialité (ex : spectacles, conférences ou projections débats) sur les enjeux alimentaires et agricoles. (Ferme pédagogique domaine de Valx).
• Proposer des chantiers participatifs, des initiations, des ateliers découverte, des stages, pour favoriser l’autonomie notamment alimentaire (ex : créer un jardin partagé, faire son potager, son compost, entretenir un verger, faire ses conserves, construire un mur en pierre sèche etc.) et l’échange de savoirs et de savoir-faire. (Ferme pédagogique domaine de Valx).
ORIENTATION 3
Renforcer l’éducation et l’esprit critique pour permettre à chaque citoyen d’agir face aux évolutions sociétales et environnementales
MESURE 3.1 Adapter les actions pédagogiques aux différents publics
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Initie et anime une stratégie et une politique
éducative sur le territoire.
• Développe et anime une offre éducative
notamment à travers le Domaine de Valx.
• Développe des temps collectifs, des médiation
scientifiques et culturelles.
• Coordonne et anime le réseau de partenaires
éducatifs pour répondre aux objectifs de diversi-
fication des approches.
• Participe à la formation des enseignants, des
éducateurs et des partenaires éducatifs, sur les
enjeux du territoire du Verdon et ses spécificités.
• Coordonne des actions phares en lien avec
son projet éducatif et les enjeux identifiés dans
la charte.
• Capitalise et mets à disposition les différentes
données, informations, ressources, méthodes et
outils d’intégration, mais aussi étudie, l’existence
de pratiques innovantes grâce au partenariat
avec le monde de la recherche.
• S’implique et participe dans les réseaux
d’éducation et de médiations scientifiques et
culturelles à l’échelle régionale et nationale.
• Évalue les actions éducatives dans un souci
d’amélioration des projets.
• Mobilise des financements.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Participer aux instances de co-construc-
tion de la politique éducative du Parc (via
leurs délégués).
• Relayer l’actualité éducative du Parc (auprès
des écoles, centres de loisirs, centres sociaux,
habitants) et la valorisent.
• Relayer les informations via les délégués .
• Soutenir les actions pédagogiques initiées
par le Parc en fonction de leurs moyens (mise à
disposition de salles, de terrain, de transports,
de temps de travail des services techniques,
hébergement d’intervenants…).
Les intercommunalités s’engagent à :
• Participer aux instances de co-construction
de la politique éducative du Parc.
• Instaurer des partenariats avec les services
jeunesses, culture et communication (quand
ils existent).
• Soutenir les actions pédagogiques initiées
par le Parc en fonction de leurs moyens (mise à
disposition de salles, d’outils, de transports…).
Les départements s’engagent à :
• Participer aux instances de co-construc-
tion de la politique éducative du Parc.
• Inciter les collèges à participer et à orienter
une partie de leurs financements sur l’offre
éducative du Parc.
• Assurer le lien avec les collèges.
La Région s’engage à :
• Participer aux instances de co-construction
de la politique éducative du Parc.
• Soutenir les actions d’éducation au
territoire du Parc.
• Assurer le lien avec les lycées.
• Développer des aides pour les transports
en lien avec les projets pédagogiques
• Faire le lien entre ses différents services
pour favoriser la mise en place de projets
pédagogiques et la diffusion de démarches
scientifiques et culturelles.
L’État s’engage à :
• Informer le syndicat mixte du Parc des
appels à projets permettant de mettre en
place des actions pédagogiques sur les terri-
toires : sur les enjeux sanitaires, sur les enjeux
de la transition, sur les enjeux culturels, sur
les enjeux de biodiversité avec le dispositif
des aires éducatives …
• Former et accompagner, les profession-
nels des accueils collectifs de mineurs, des
services jeunesse et les acteurs associatifs,
vers les offres de formation dédiées.
• Participer à l’élaboration du programme
éducatif du syndicat mixte du Parc.
• Relayer l’actualité éducative du syndicat
mixte du Parc (auprès des écoles, collèges et
lycées) et la valoriser.
• Inviter le Parc à participer aux formations
des enseignantes et des enseignants.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte de la donnée et aide à la diffusion
des connaissances.
• Fournit des données, connaissances et res-
sources scientifiques s bibliographiques pour
enrichir les démarches et pour animer des
débats.
• Informe sur des expériences connues en
sciences sociales et met en relation le territoire
avec des chercheurs ou structures.
Les partenaires techniques et institutionnels
L’Éducation Nationale via les académies
d’Aix-Marseille et de Nice :
• Participe à l’élaboration du programme éducatif
du Parc.
• Relaie l’actualité éducative du Parc auprès des
écoles, collèges et lycées.
• Permet au Parc de participer aux formations à
destination des enseignantes et enseignants.
Les associations, groupements et relais locaux
Les associations et partenaires éducatifs :
• Étoffent l’offre éducative par de nouvelles activités.
• Participent aux temps d’échanges,
relayent les actions et la politique éducative du Parc.
• Mutualisent les outils.
Les associations d’éducation populaire en
lien avec le territoire :
• Apportent des ressources méthodologiques.
• Aident à animer des temps de débats.
• Relayent les actions et la politique
éducative du Parc.
• Mutualisent les outils.
Les réseaux
Educ’Alpes, groupe éducation de l’Inter-
parcs PACA, groupe éducation culture de la
Fédération des Parcs :
• Proposent des actions concrètes collec-
tives (formations, mutualisation et création
d’outils pédagogique, communication).
• Favorisent la mise en place de partenariat
à différentes échelles (État, Région, massif
des Alpes).
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indica-
teur du SRADDET, les sources, l’année de réfé-
rence de la valeur initiale et les valeurs cibles à
mi-parcours de la Charte et à la fin de la Charte :
• N°16 : Nombre de projets pédagogiques réalisés
en milieu scolaire et nombre d’élèves concernés
• N°17 : Nombre de projets pédagogiques réali-
sés avec des structures ACM
• N°18 : Nombre de rencontres habitants et d’ate-
liers thématiques réalisées
INDICATEURS D’ÉVALUATION
110 111 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20393 3
DISPOSITIONS
Valoriser les métiers du territoire
• Élaborer des parcours de découvertes diversifiés dès le collège puis en lien avec les lycées et les centres de formation (CFFPPA - Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole / CFA - centres de formation d’apprentis /universités…).
• Proposer des temps de découverte des filières professionnelles et d’échange de pratiques pour le public des 16-25 ans qui sont sortis du cursus scolaire en s’appuyant sur les missions locales, (ex : coopératives jeunes). Une attention particulière sera portée auprès des publics en CFA et lycées professionnels et agricoles.
ORIENTATION 3
Renforcer l’éducation et l’esprit critique pour permettre à chaque citoyen d’agir face aux évolutions sociétales et environnementales
Fomation changements climatiques - 2020
OBJECTIFS DE LA MESURE
Le portrait sociodémographique du territoire a permis
de mettre en exergue une population active du Verdon
peu diplômée. Cela est en partie dû au fait que pour
avoir accès aux études supérieures et aux centres de
formations il faut quitter le territoire. On sait aussi que
le taux des actifs du Verdon qui utilisent leur droit à la
formation continue est inférieur à 36 %. Ce qui peut
s’expliquer, entre autres, par le nombre important des
emplois saisonniers et des travailleurs indépendants.
L’accès à la formation continue pour une montée en
compétence et l’accompagnement de l’évolution
des pratiques des socio-professionnels ainsi que la
formation des habitants hors cadre professionnel
est primordial pour permettre le développement et
la montée en compétences du territoire. De même,
l’accompagnement des jeunes adultes dans leurs
parcours universitaires ou dans leur parcours
d’installation sur le territoire reste un enjeu
important du territoire.
Les objectifs sont de :
• Valoriser les filières de métiers, anciens et
nouveaux, adaptées au territoire et permettant de
s’installer à l’année.
• Permettre l’accès à une orientation plus diversi-
fiée pour les jeunes du territoire.
• Permettre aux différentes catégories socio-pro-
fessionnelles d’acquérir des compétences pour
accompagner la pérennisation de leur activité, et
favoriser l’évolution des pratiques face aux enjeux
des changements climatiques, environnementaux
et sociétaux.
• Transmettre des savoirs et savoir-faire écores-
ponsables aux habitants pour accompagner la
résilience du territoire.
• Favoriser la volonté d’un retour à l’authentique des jeunes grâce à des parcours professionnels ancrés dans le territoire.
• Faire la promotion de la diversité des métiers du territoire et notamment en assurant une veille sur les nouveaux métiers.
• Rendre possible les passerelles entre les métiers et favoriser la pluriactivité notamment en travaillant sur le regroupement des besoins des employeurs.
Favoriser l’accès à la formation et diversifier l’offre depuis le territoire
• Permettre une montée en compétence du Parc et de ses partenaires en organisant des temps de formations, notamment en lien avec la marque « Valeurs Parc ».
• Coordonner une offre de formations en s’appuyant sur les acteurs locaux.
• Assurer une veille et des études permettant de connaître les dispositifs et besoins en formation du territoire et les conditions de réussite (logements, mobilité…).
• Communiquer et conseiller sur les cadres réglementaires, dispositifs d’aides de la formation profes- sionnelle pour les entreprises et les bénéficiaires.
• Favoriser la mise en œuvre de formations adaptées à la population locale pour les métiers du tourisme, de l’environnement, de l’accueil et les emplois générés par l’économie locale.
• Étudier la possibilité de devenir organisme de formation et/ou de formaliser un/des partenariats avec des organismes existants pour développer des actions de formation sur le territoire.
• Faire de la formation un levier de la transition notamment dans les filières du bâtiment (archi- tectes et artisans), de l’écoconstruction et de la restauration des patrimoines bâtis.
• Saisir l’opportunité du développement des usages numériques et de la présence d’un réseau de partenaires et d’espaces physiques (Maisons France Service, tiers lieux, Adrets...) pour développer l’accès à des offres de formation en ligne adaptées aux besoins du territoire.
• Créer des lieux, des espaces physiques ou virtuels permettant à des partenaires extérieurs (universitaires) de s’inscrire dans le projet de Charte.
Apiculteur Valensole - Interparcs ©Le Cenographe
112 113 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 3.2
Diversifier l’offre de formation pour accompagner le changement
des pratiques des acteurs socio-professionnels et ouvrir
des perspectives aux jeunes3 3
Les associations d’éducation populaire en lien
avec le territoire :
• Apportent des ressources méthodologiques.
• Proposent des temps de formation
et d’échanges pour les acteurs associatifs.
• Partagent leurs retours d’expériences.
Les réseaux
Educ’Alpes, groupe éducation de l’Interparcs
PACA, groupe éducation culture de la Fédération
des Parcs :
• Proposent des actions concrètes collectives (for-
mations, mutualisation et création d’outils pédago-
gique, communication).
• Favorisent la mise en place de partenariat
à différentes échelles (État, Région, massif des Alpes).
ORIENTATION 3
Renforcer l’éducation et l’esprit critique pour permettre à chaque citoyen d’agir face aux évolutions sociétales et environnementales
MESURE 3.2 Diversifier l’offre de formation pour accompagner le changement des pratiques des acteurs socio-professionnels et ouvrir des perspectives aux jeunes
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Initie et anime une stratégie sur la formation
dans le territoire.
• Développe et anime une offre formative
notamment à travers le Domaine de Valx.
• Développe des temps collectifs et de
co-formations pour les réseaux de partenaires
à l’échelle du territoire, (dont le réseau de parte-
naires éducatifs) pour répondre aux objectifs de
de valorisation des métiers.
• Participe à la formation des enseignants, des
éducateurs et des partenaires, sur les enjeux du
territoire du Verdon et ses spécificités.
• Capitalise et mets à disposition les différentes
données, informations, ressources, méthodes et outils
d’intégration, mais aussi étudie, l’existence de pratiques
innovantes grâce au partenariat avec le monde de la
recherche.
• Facilite le lien entre des professionnels du territoire
(dans les secteurs de l’agriculture, de l’environnement, et
du développement durable) et les jeunes qui recherchent
des stages localement.
• Mobilise des financements.
• Recueille et valorise les expériences réalisées
sur le territoire.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Participer aux instances de co-construction de
la politique éducative du Parc (via leurs délégués).
• Relayer les informations via les délégués.
• Soutenir les actions de formations initiées
par le Parc en fonction de leurs moyens (mise
à disposition de salles, de terrain, de temps de
travail des services techniques, hébergement
d’intervenants…).
• Mettre à disposition des espaces de travail.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Participer aux instances de co-construction
de la politique éducative du Parc.
• Associer le Parc dans l’organisation) des
forums ou espaces d’échanges consacrés à la
formation ou à l’emploi en milieu rural.
• Relayer l’info via les bureaux information
jeunesse pour favoriser l’accès à la formation
des jeunes.
• Instaurer des partenariats avec les services
jeunesses (quand ils existent).
• Soutenir les actions de formation (et/ou
d’accès à l’orientation) initiées par le Parc en
fonction de leurs moyens (mise à disposition
de salles, d’outils…).
• Soutenir et valoriser les démarches inno-
vantes de développement économique par la
formation ou la création d’activités (ex : espace
de travail collaboratif, couveuses d’entreprise...).
Les départements s’engagent à :
• Participer aux instances de co-construction
de la politique éducative du Parc.
• Soutenir les collèges dans l’organisation
de forums d’orientation et sur les métiers.
• Relayer la communication sur formations
locales.
La Région s’engage à :
• Participer aux instances de co-construction
de la politique éducative du Parc.
• Soutenir la programmation de formations
plus proches des territoires.
• Assurer le lien avec la Direction régionale de
l’économie, de l’emploi, du travail et des solida-
rités (DREETS).
• Relayer la communication sur les initiatives
locales.
• Faire le lien entre ses différents services
pour favoriser la mise en place de projets péda-
gogiques et la diffusion de démarches scienti-
fiques et culturelles.
• Favoriser la formation des acteurs associatifs,
L’État s’engage à :
• Favoriser l’accès à la formation initiale et
continue en milieu rural (ex : développer les
campus connectés).
• Orienter et accompagner, les professionnels
des accueils collectifs de mineurs, des services
jeunesse et les acteurs associatifs, vers les
offres de formation dédiées.
• Participer à l’élaboration du programme
éducatif du syndicat mixte du Parc.
• Favoriser des partenariats et méthodes
de travail sur le long terme.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte de la donnée et aide à la diffusion
des connaissances.
• Aide à la programmation et participe en tant
qu’experts aux formations.
• Accompagne la présence des étudiants
et universitaires dans le territoire (campus
connectés, etc.).
• Fournit des données, connaissances et res-
sources scientifiques s bibliographiques pour
enrichir les formations.
Les partenaires techniques et institutionnels
L’Éducation Nationale via les académies
d’Aix-Marseille et de Nice :
• Associent le Parc aux forums des métiers
organiser collèges et lycées.
• Donnent accès aux Espaces Services
Jeunesses du territoire.
• Invitent le Parc à participer aux formations à
destination des enseignantes et enseignants.
Les services à la jeunesse, à l’engagement
et aux sports (SJES) :
• Invitent le Parc à participer aux formations
à destination des directeurs, directrices, édu-
cateurs et éducatrices des structures ACM.
Les associations, groupements et relais locaux
Les associations et partenaires éducatifs :
• Participent aux temps d’échanges et
aux formations.
• Mutualisent les outil.
• Interviennent dans les formations du Parc.
Structures partenaires du territoire qui sont
organisme de formation :
• Se mettent au service des projets (offre
de formation).
• Sont en lien avec le conseil scientifique.
• Valorisent des initiatives collectives.
2015 - Formation pour une approche sonore de l'environnement ©I. Isoard
114 115 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
INDICATEURS D’ÉVALUATION
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives et
pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l’année
de référence de la valeur initiale et les va-
leurs cibles à mi-parcours de la Charte et à
la fin de la Charte :
• N°19 : Nombre de formations réalisées
ou accompagnées
• N°20 : Nombre et types de personnes
touchées par la formation
• N°21 : Nombre de jeunes accompagnés
dans leurs démarches d’orientation3 3
ORIENTATION 3
Renforcer l’éducation et l’esprit critique pour permettre à chaque citoyen d’agir face aux évolutions sociétales et environnementales
OBJECTIFS DE LA MESURE
Cette mesure doit permettre à celles et ceux qui
le souhaitent, quel que soit leur âge, de pouvoir à
la fois faire entendre leur voix, et de s’impliquer de
différentes manières dans la vie du territoire mais aussi
d’accompagner des changements de société en lien avec
les enjeux du territoire.
Les objectifs sont de :
• Questionner la place de l’humain dans son environne-
ment et dans sa relation aux autres ainsi que la notion
de biens communs, pour faire société.
• Permettre aux habitants dans toute leur diver-
sité de pouvoir s’exprimer, échanger et débattre.
• Soutenir la vie associative et les dynamiques
citoyennes qui participent à la transition, à la vie
sociale et culturelle du territoire.
• Donner l’envie de créer et de se mobiliser
ensemble.
• Encourager et favoriser le passage à l’acte, l’im-
plication citoyenne et les changements de com-
portements
2018 - Initiation jardinage écologique ©E. Masson
Encourager les initiatives locales écocitoyennes
• Accompagner, valoriser ou impulser des initiatives citoyennes, individuelle ou collective, qui par- ticipent au changement des pratiques, favorisent la sobriété énergétique, la consommation respon- sable, la mobilité douce, la réduction des déchets, le respect du vivant.
• Organiser et favoriser des temps de partage d’expériences avec différents publics (citoyens, entre- prises, associations, collectivités) et d’échanges entre la population locale et le Parc (ex : rencontres comme les « Cafés du Parc »).
• Permettre aux habitants de faire entendre leur voix sur des sujets « sensibles » ou qui les concernent directement, les associer aux réflexions initiées par le Parc grâce à la mise en place de groupes de travail citoyens ou de débats publics.
• Favoriser le passage à l’acte vers un mode de vie plus durable : identifier les freins au passage à l’acte et les leviers à actionner.
• Assurer un suivi des initiatives citoyennes et un recueil d’expériences sur le territoire.
• Porter à connaissances les données produites par le Parc – donner à voir et à comprendre. Permettre l’accès à une information claire et objective.
• Favoriser l’émergence de lieux d’éducation populaire, des espaces de dialogue pour redonner le goût de débattre ensemble.
• S’appuyer sur des organismes de participation (SCOP ou associations d’éducation populaire) pour mettre en place ces démarches participatives.
• Restituer et diffuser auprès de la population les résultats de ces temps participatifs.
• Mettre en place des dispositifs de recherches ou d’inventaires participatifs.
• Permettre aux habitants de s’engager en tant que « Passeurs » pour participer à une meilleure connaissance et la préservation des patrimoines naturels ou culturels du territoire.
• Donner les moyens aux délégués du Parc d’être de véritables « Ambassadeurs du Parc » pour porter les valeurs Parc, informer la population locale sur l’actualité du Parc, son fonctionnement et ses missions.
Favoriser l’implication des jeunes citoyens
• Donner et prendre en compte la parole des jeunes sur les enjeux environnementaux, écono- miques, culturels et sociaux pour nourrir l’action du Parc.
• Encourager et accompagner les communes qui souhaiteraient la mise en place de conseils municipaux des jeunes.
• Réaliser des actions phares et fédératrices à destination des jeunes du territoire.
• Favoriser les projets intergénérationnels.
• Initier des liens avec les éco-délégués des collèges.
DISPOSITIONS
Maintenir et valoriser le tissu associatif
• Soutenir et accompagner les collectifs et les associations qui partagent les valeurs des Parcs naturels régionaux : associations socio-culturelles, de sauvegarde du patrimoine, naturaliste etc.
• Favoriser la mise en réseau des acteurs associatifs en proposant des temps de rencontre, d’échanges, de formation et de co-formation (ex : bourses d‘échanges de savoirs, type SEL - Système d’échange local).
• Favoriser la mutualisation entre les acteurs associatifs et/ou les collectivités (accès aux salles, mu- tualisation du matériel) basé sur un fonctionnement par zone géographique et/ou à l’échelle du Parc.
• Engager des actions solidaires entre territoires suite à des catastrophes naturelles, ou pour soutenir des causes communes (ex : soutien à la Roya sinistrée).
• Valoriser et promouvoir les actions du tissu associatif et du Parc auprès des habitants (mobili- sation des médias web, radio etc.).
• S’appuyer sur ce réseau pour construire des rencontres et des projets pédagogiques en nouant des partenariats.
2018 - Soupe aux livres Quinson ©A. Robert
116 117 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 3.3
Soutenir les initiatives locales, favoriser le débat
et la participation citoyenne3 3
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Développe et anime une offre éducative et
culturelle en lien avec le tissu associatif du terri-
toire notamment à travers le Domaine de Valx.
• Développe et anime des projets participa-
tifs (chantiers, sciences participatives…).
• Développe des temps collectifs, des
médiation scientifiques et culturelles.
• Coordonne des réseaux associatifs à l’échelle
du territoire pour répondre aux les enjeux du ter-
ritoire identifiés dans la charte.
• Capitalise et mets à disposition les différentes
données, informations, ressources, méthodes
et outils.
• Organise et anime des temps collectifs, de ren-
contres et d’échanges entre les associations.
• Facilite la mise en place d’espaces et de temps
de débat et de rencontres citoyennes.
• Soutien et/ou accompagne des initiatives locales
pouvant contribuer à la transition du territoire et en
accord avec les valeurs portées par le Parc.
• Valorise les réussites collectives.
• Recueille et valorise les expériences réalisées sur
le territoire.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Relayer les rencontres d’habitants et les
actions participatives du Parc (auprès des asso-
ciations, centres sociaux, habitants).
• Relayer les informations via les délégués.
• Soutenir les actions associatives contribuant
à la transition du territoire et en accord avec les
valeurs portées par le Parc(mise à disposition
de salles, de matériel ou autre en fonction des
besoins et des moyens…).
• Favoriser l’implication des jeunes dans des
actions communales (ex : conseils municipaux
de jeunes).
• Mettre à disposition des espaces de travail.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Relayer l’info via les bureaux information
jeunesse pour favoriser l’implication des jeunes.
• Relayer la communication sur les initiatives
locales.
• Partager des expérimentations et des
bonnes pratiques.
• Instaurer des partenariats avec les services
culture et communication (quand ils existent).
• Soutenir les démarches innovantes en lien
avec les enjeux climatiques et de transition.
• Soutenir les actions associatives en lien
avec les enjeux de la charte (mise à disposition
de salles, de matériel ou de subventions).
• Maintenir les aides aux associations qui
relèvent de leurs compétences et de leurs
objectifs.
Les départements s’engagent à :
• Relayer la communication sur les initiatives
locales.
• Soutenir les actions associatives, dans la
mesure de ses moyens en lien avec les enjeux
de la charte.
La Région s’engage à :
• Soutenir les actions associatives en lien
avec les enjeux de la charte (subventions,
accompagnement type DLA (dispositif local
d’accompagnement), mise à disposition de
matériel via la Régie culturelle PACA.
• Favoriser la formation des acteurs associatifs.
• Accompagner les expérimentations portées
activement par le territoire.
L’État s’engage à :
• Soutenir, les associations et les profes-
sionnels du secteur culturel.
• Favoriser des partenariats et méthodes
de travail sur le long terme.
• Favoriser la formation des acteurs associatifs.
• Accompagner les expérimentations portées
activement par le territoire.
ORIENTATION 3
Renforcer l’éducation et l’esprit critique pour permettre à chaque citoyen d’agir face aux évolutions sociétales et environnementales
MESURE 3.3 Soutenir les initiatives locales, favoriser le débat et la participation citoyenne
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche
Le Conseil scientifique du Parc :
• s’implique au sein des projets en Sciences
participatives (type inventaire).
• fournit des données, connaissances et res-
sources scientifiques s bibliographiques pour
enrichir les démarches participatives et pour
animer des débats.
• informe sur des expériences connues en
sciences sociales et met en relation le territoire
avec des chercheurs ou structures.
• apporte un regarde critique en proposant
une analyse aux projets citoyens observés et
de leur ancrage sur le territoire.
Les associations, groupements et relais locaux
Les associations et partenaires du territoire
en lien avec les enjeux de la charte :
• participent aux temps d’échanges.
• relayent la communication et valorisent
les initiatives locales.
• mutualisent les outils.
• favorisent les démarches participatives
dans leur actions en partenariat avec le Parc.
Les associations d’éducation populaire
et tiers-lieux en lien avec le territoire :
• apportent des ressources méthodologiques.
• aident à la mise en place et à l’animation
des temps de débats.
• proposent des temps de co-formation
et d’échanges pour les acteurs associatifs.
• partagent leurs retours d’expériences.
Les réseaux
Educ’Alpes, groupe éducation de l’Interparcs
PACA, groupe éducation culture de la Fédéra-
tion des Parcs :
• proposent des actions concrètes collectives
(formations, mutualisation et création d’outils
pédagogique, communication).
• favorisent la mise en place de partenariat à diffé-
rentes échelles (État, Région , massif des Alpes).
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indicateur
du SRADDET, les sources, l’année de référence de
la valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours
de la Charte et à la fin de la Charte :
• N°18 : Nombre de rencontres habitants et
d’ateliers thématiques réalisés
• N°22 : Nombre et types de démarches
participatives destinées à la population
mises en place dont nombre et types
d’actions d’implication des jeunes
• N°23 : Nombre et types d’initiatives
citoyennes accompagnées, valorisées
ou soutenues
• N°24 : Nombre de projets de coopération
menés
INDICATEURS D’ÉVALUATION
2012 -Inventaires citoyens de la biodiversité d'Allons ©D. Tatin
118 119 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039AMBITION 2 :
GÉRER DE MANIÈRE CONCERTÉE
NOS « BIENS COMMUNS »
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval
et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver
et à transmettre aux générations futures
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour
favoriser leur résilience face aux changements climatiques
ORIENTATION 7
Révéler et partager le patrimoine culturel
ORIENTATION 8
Révéler et préserver les paysages du Verdon,
accompagner leur évolution
121
P. 122
P. 139
P. 179
P. 201
P. 2164 4
CONTEXTE
Le Verdon prend sa source sur la commune
d’Allos à 2325 m d’altitude (dans le Parc national
du Mercantour) et se jette dans la Durance sur
la commune de Saint-Paul-les-Durance à 237 m
d’altitude, après un trajet d’environ 165 km. Il s’agit
d’une rivière emblématique, mondialement connue
pour ses gorges et ses paysages. Le Verdon est un
cours d’eau d’une importance majeure pour la Région
Provence-Alpes-Côte d’Azur puisqu’il alimente,
grâce à un réseau de canaux, une grande partie des
Bouches-du-Rhône et du Var. Il a ainsi permis, par les
grands transferts d’eau (actuellement environ 200
millions de m 3 par an), le développement de territoires
qui souffraient de pénuries d’eau en période estivale.
Le Verdon est caractérisé par les grands aménagements
(5 barrages hydroélectriques) et par le multi usage de l’eau.
À côté des usages historiques à l’origine de la création des
grands aménagements, la production hydroélectrique et
la fourniture d’eau (eau potable, agricole et industrielle),
on trouve des usages plus récents de loisirs liés à l’eau
(nautisme sur les lacs, sports d’eau vive dans les gorges,
canyoning...).
Le bassin versant du Verdon (2289 km 2 ) touche
69 communes sur 4 départements, pour des parties
plus ou moins importantes de leur territoire (parfois
très à la marge) : 36 communes des Alpes-de-Haute-
Provence, 27 communes du Var, 5 communes des
Alpes-Maritimes et 1 commune des Bouches-du-
Rhône. Il fait partie du bassin versant de la Durance.
La qualité des eaux est globalement préservée,
il existe des dégradations ponctuelles liées à
l’assainissement qui reste la principale source
de dégradation malgré l’importante amélioration
des systèmes d’assainissement depuis quelques
années. On observe une dégradation importante
de la qualité des eaux souterraines sous le
plateau de Valensole en lien avec les activités
agricoles.
Le bassin versant comporte une grande diversité
de milieux et d’espèces, liées aux changements
d’altitude, au passage d’un climat et d’un régime
hydrologique montagnards à méditerranéens :
cours d’eau méditerranéo-alpins. Il abrite de
nombreuses espèces animales et végétales
patrimoniales comme l’apron, le barbeau
méridional, l’écrevisse à pieds blancs, le castor
d’Europe, la cistude, le campagnol amphibie…
Fort de ce constat, plusieurs enjeux se
dessinent pour le territoire du Verdon :
• La pérennisation de la gestion
concertée et intégrée à l’échelle
des bassins versants,
• La préservation et restauration
de la qualité de l’eau et des milieux
aquatiques,
• La connaissance et la préservation
de la qualité des eaux souterraines,
• La solidarité aval amont,
• Les conséquences du changement
climatique sur la diminution
de la ressource, l’augmentation
des étiages, la satisfaction des
usages, la dégradation de la qualité,
la biodiversité aquatique…
• Le renouvellement des concessions
hydroélectriques,
• La prise en compte des besoins
du Verdon dans la définition
des politiques régionales
(grands transferts notamment).
ENJEUX & DÉFIS
STRATÉGIE
La loi sur l’eau de 1992 a reconnu la gestion
concertée de l’eau par bassin versant.
La pertinence et l’efficacité de cette gestion
de l’eau à l’échelle des bassins versants sont
maintenant unanimement admises. Dès la
création du Parc en 1997, l’eau représentait
l’un des trois objectifs prioritaires de la Charte,
qui demandait « d’assurer une gestion intégrée
de la ressource en eau ».
Le Parc du Verdon s’est donc positionné comme
la structure gestionnaire du bassin versant du
Verdon, en portant et animant les démarches de
gestion globale et concertée par la mise en place
d’un SAGE et d’un Contrat de rivière. À ce titre,
il est intervenu sur l’ensemble du bassin versant
(69 communes, dont 26 communes hors Parc),
pour porter des études et faire émerger des
projets. Dans le cadre du SAGE, le Parc a défini
en concertation avec tous les acteurs du bassin
les objectifs d’une politique de gestion équilibrée
de l’eau et des milieux aquatiques.
Jusqu’en novembre 2017, le syndicat mixte
de gestion du Parc du Verdon regroupait 43
des 69 communes du bassin versant, et 3
communes situées hors bassin du Verdon. En
2014, le syndicat mixte a engagé une démarche
d’extension de son périmètre, afin de le mettre
en cohérence avec ses missions de gestionnaire
du bassin versant, et de pouvoir conserver le
portage de la mise en œuvre du SAGE. Pour cela
les statuts ont été modifiés avec la création d’une
seconde compétence concernant la « gestion
globale du grand cycle de l’eau ». L’ensemble
des communes et intercommunalités du bassin
versant ont été sollicitées pour adhérer à cette
compétence. En 2017, le syndicat mixte a validé
ses nouveaux statuts avec adhésion de 57 des
69 communes du bassin versant, et 8 des 9 EPCI.
Le bassin versant est donc entièrement couvert
par le syndicat qui peut ainsi rester la structure
porteuse du SAGE.
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour des mesures suivantes :
• Mesure 4.1
Partager une culture commune et une gestion concertée de l’eau à l’échelle des bassins versants et déversants
• Mesure 4.2
Restaurer, atteindre et garantir une bonne qualité de l’eau et des milieux aquatiques
• Mesure 4.3
Piloter la gestion concertée pour une répartition équitable de l’eau entre milieux et usages, en exigeant la solidarité aval amont
MESURES
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques
Moyen Verdon ©F. Carone
122 123 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
À partir de 2016 le Parc a mis en place une
démarche de concertation pour accompagner les
EPCI et définir une organisation de la compétence
« Gestion des Milieux Aquatiques et de Prévention
des Inondations (GEMAPI) » sur le bassin versant
du Verdon.
Un diagnostic GEMAPI du bassin du Verdon a été
établi, puis une programmation pluriannuelle des
actions à mettre en œuvre, ainsi qu’une prospective
financière. La concertation avec les 7 EPCI concernés
a permis d’identifier et discuter les différents modes
d’organisation possible (délégation ou transfert,
travaux régie ou entreprises), les modes de financement
(niveaux de mutualisation et de solidarité), et la
gouvernance Finalement, la compétence GEMAPI a été
confiée au syndicat mixte du Parc et est ainsi exercée
à l’échelle cohérente du bassin versant depuis le 1 er
janvier 2020.
Les compétences du syndicat sont donc devenues
multiples :
• la mise en œuvre de la Charte,
• la gestion globale du grand cycle de l’eau. À
ce titre, le syndicat porte le SAGE, le contrat
rivière, et traite les enjeux de gestion
quantitative de la ressource, de préservation
de la qualité, de conciliation des usages.
Il porte et défend les enjeux du territoire
dans les démarches supra territoriales
(bassin de la Durance, démarches
régionales), et œuvre à la mise en œuvre
de solidarités. Il intervient à l’échelle
géographique du bassin versant du Verdon,
les parties de communes faisant partie
d’autres bassins étant gérées par d’autres
syndicats,
• la mise en œuvre de la GEMAPI.4 4 • Développer les démarches visant à connaître la perception de la population vis-à-vis des milieux
aquatiques et des enjeux de l’eau, ainsi que des
approches historiques concernant l’eau.
• Conduire des démarches d’amélioration des
connaissances et d’éducation à la préservation
des milieux aquatiques.
• Pérenniser la gestion concertée et intégrée
par bassin versant.
• Mettre en œuvre une gestion équilibrée
et durable de l’eau et des milieux aquatiques.
• Atteindre les objectifs fixés par les politiques
cadres.
• Porter et défendre les enjeux du Verdon à
l’échelle supra territoriale.
OBJECTIFS DE LA MESURE
Il existe sur les territoires une « culture de l’eau »
ancienne, dont la transmission n’est pas toujours
assurée, qui se perd, et il est important de
pérenniser ou développer cette culture de l’eau.
La connaissance de cette culture de l’eau peut
venir compléter les connaissances techniques,
et permettre une construction plus durable
des projets. L’association des usagers et des
habitants aux projets permet, par une meilleure
appropriation des enjeux, de recréer cette culture
locale de l’eau. Celle-ci passe également par la
diffusion des connaissances.
Dans le domaine de la gestion des milieux
aquatiques, les politiques cadres, comme la
Directive cadre Eau (DCE), la loi sur l’eau et le
Schéma directeur d’aménagement et de gestion
des eaux (SDAGE), posent les principes d’une
gestion concertée et intégrée à l’échelle des
bassins versants. La gestion concertée vise
à arrêter les décisions en associant tous les
acteurs concernés, et notamment les utilisateurs.
Elle permet une coordination des politiques
sectorielles au niveau de l’aménagement du
territoire, du développement économique, de
l’eau, des milieux aquatiques et de la prévention
des inondations.
Cette gestion concertée et intégrée vise à mettre
en œuvre une gestion équilibrée et durable de la
ressource en eau telle que définie par la loi sur
l’eau de 1992 et rappelée dans l’article L211-1
du Code de l’Environnement, et à atteindre les
objectifs fixés par la directive cadre européenne
sur l’eau et le SDAGE.
Les objectifs sont de :
• Associer les usagers de l’eau et des milieux
aquatiques, les parties prenantes (élus, acteurs
économiques, associations), ainsi que les riverains
et les habitants dans l’élaboration et la mise
en œuvre des actions de préservation et de
restauration des milieux aquatiques.
RENVOIS VERS LE PLAN DU PARC
Article L. 211-1 du Code
de l’Environnement :
«[…] cette gestion prend en compte les adap-
tations nécessaires au changement clima-
tique et vise à assurer : la prévention des inon-
dations et la préservation des écosystèmes
aquatiques, des sites et des zones humides […],
la protection des eaux et la lutte contre toute
pollution […], la restauration de la qualité […],
la protection de la ressource en eau, la valori-
sation de l’eau comme ressource économique
[…], une utilisation efficace, économe et durable
de la ressource en eau […], le rétablissement de
la continuité écologique […] ».
DÉFINITION
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques
Animations scolaires, Maison des Lacs
Préserver et gérer les sites d’intérêt
écologique majeur
124 125 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 4.1
Partager une culture commune et une gestion concertée de l’eau
à l’échelle des bassins versants et déversants
Préserver et restaurer les continuités écologiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.5, 6.1, 6.2, 6.3, 8.1,
8.2, 9.1, 9.2, 10.2, 10.3, 11.1, 11.2, 11.3
Préserver et restaurer a trame bleue et turquoise :
Sous-trame des plans et cours d’eau
Sous-trame des zones humides
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Corridor écologique
Préserver, gérer et valoriser les sites à la
biodiversité et à la géodiversité emblématiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.4, 5.5, 7.2, 7.3, 8.1,
11.1, 11.2, 11.3
Préserver et valoriser les géosites
Eaux souterraines
Gestion quantitative
Captage prioritaire
Zone vulnérable aux nitrates
Masse d’eau souterraine stratégique
Masse d’eau souterraine dégradée à restaurer
Autre masse d’eau souterraine
Secteur sensible au niveau quantitatif
(Défini dans le cadre du SAGE Verdon)4 4
DISPOSITIONS
Développer la « culture de l’eau » et susciter la prise de conscience collective des enjeux • Développer les démarches participatives dans le domaine de la gestion de l’eau et des milieux aquatiques, notamment en faisant participer les habitants dans l’élaboration et la mise en œuvre des actions de préservation et de restauration des milieux aquatiques (concertation en amont et au cours des projets, chantiers participatifs…) et en s’inspirant des expériences existantes. • Développer des approches pluridisciplinaires de l’eau autour de l’histoire, des traditions, de la géographie, de l’économie, de l’écologie et de la culture.
• Améliorer la connaissance de la culture locale de l’eau, notamment la perception de la popula- tion vis-à-vis des milieux aquatiques et des enjeux de l’eau, la demande sociale liée à l’eau, et de son évolution historique.
• Connaître et valoriser le patrimoine historique et naturel lié à l’eau.
• Développer la culture provençale de l’eau auprès des touristes et sur les territoires desservis.
• Développer la culture du risque, du fonctionnement des cours d’eau et des aménagements, du multi-usage.
Mettre en œuvre des actions de sensibilisation et d’éducation dans le domaine de l’eau et des milieux aquatiques
• Conduire des actions pédagogiques adaptées aux différents publics (y compris sur les territoires desservis) : actions participatives, immersives, pluridisciplinaires, croisant approches scientifiques et artistiques, sentiers pédagogiques (économies d’eau, risques naturels, fonctionnement des cours d’eau, des aménagements…).
• Mener des actions pédagogiques scolaires, dès le plus jeune âge, basées sur des projets, des métiers, les sciences participatives.
• Valoriser les efforts réalisés.
• Sensibiliser / communiquer sur la qualité des eaux du Verdon (usage eau potable pour toute la région).
Améliorer et diffuser les connaissances sur l’eau et les milieux aquatiques pour une meilleure compréhension des enjeux et défis de demain
• Poursuivre l’acquisition des connaissances et leur diffusion.
• Mettre en œuvre des actions de suivi notamment sur l’état des milieux aquatiques, la qualité des eaux, les débits, les espèces, les usages et les besoins…
• Développer les outils pour stocker, utiliser et diffuser ces données comme un observatoire de l’eau, des tableaux de bord, des outils de communication, des Porter à connaissance, des sciences participatives…
Pérenniser la gestion concertée et intégrée par bassin versant
• Renforcer les gouvernances locales de l’eau.
• Animer les instances de gouvernance à l’échelle des différents bassins.
• Animer les démarches de gestion à l’échelle des bassins versants comme les Schémas d’aména- gement et de gestion des eaux (SAGE), les contrats de milieux, les Programmes d’aménagement et de prévention des inondations (PAPI), les Projets de territoire pour la gestion des eaux (PTGE).
• Assurer une gestion intégrée en renforçant la concertation entre les acteurs de l’eau, de l’aménagement et du développement économique.
• S’impliquer dans les démarches de renouvellement des concessions hydroélectriques pour faire intégrer les enjeux du territoire.
• Mettre en œuvre la compétence GEMAPI à l’échelle des bassins versants, et notamment au niveau des plans de gestion stratégique des zones humides et des plans pluriannuels de restau- ration et d’entretien des cours d’eau.
Défendre les enjeux du Verdon à l’échelle régionale
• S’impliquer dans les démarches supra territoriales afin de porter et défendre les enjeux locaux du bassin versant, comme demandé par le SAGE Verdon, en lien avec l’évolution des transferts d’eau, de la ressource, de la gestion Durance/Verdon ou du renouvellement des concessions hydroélectriques.
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques
MESURE 4.1 Partager une culture commune et une gestion concertée de l’eau à l’échelle des bassins versants et déversants
126 127 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Les intercommunalités s’engagent à :
• Participer à la gestion globale intégrée de la
ressource en eau et des milieux aquatiques à
l’échelle des bassins versants, en s’impliquant
dans les instances de gouvernance.
• Participer à la mise en œuvre d’actions de sen-
sibilisation dans le domaine de l’eau.
• Informer le syndicat mixte des actions et projets
concernant l’eau et les milieux aquatiques.
Les départements s’engagent à :
• Participer à la gestion globale intégrée de la
ressource en eau et des milieux aquatiques à l’échelle
des bassins versants, en s’impliquant dans les
instances de gouvernance.
• Valoriser leur patrimoine historique et naturel lié
à l’eau.
• Informer le syndicat mixte des actions et projets
concernant l’eau et les milieux aquatiques.
La Région s’engage à :
• Participer à la gestion globale intégrée de la
ressource en eau et des milieux aquatiques à
l’échelle des bassins versants, en s’impliquant
dans les instances de gouvernance.
• Participer à la mise en œuvre d’actions de
sensibilisation dans le domaine de l’eau.
• Participer à la mise en œuvre des actions
pour développer la culture provençale de
l’eau sur les territoires desservis par l’eau du
Verdon.
• Informer le syndicat mixte des actions et
projets concernant l’eau et les milieux aqua-
tiques.
L’État s’engage à :
• Soutenir le syndicat mixte du Parc naturel
régional du Verdon dans son rôle de gestion-
naire du bassin versant du Verdon.
• Participer à la gestion globale intégrée de
la ressource en eau et des milieux aquatiques
à l’échelle des bassins versants, en s’impliquant
dans les instances de gouvernance.
• Associer le syndicat mixte aux plans et pro-
grammes concernant la gestion de la ressource
en eau et des milieux aquatiques.
• Informer le syndicat mixte du Parc naturel
régional du Verdon et la Commission Locale de l’Eau
sur l’avancement du renouvellement des conces-
sions hydroélectriques ; les associer dans le cadre
prévu par la réglementation ; veiller, en tant qu'auto-
rité concédante, à la prise en compte de l'ensemble
des enjeux liés à la gestion de l'eau, notamment ceux
identifiés par le SAGE Verdon.
• Communiquer auprès du syndicat mixte du
Parc et des usagers sur les enjeux liés à l’eau et les
contrôles en la matière, en accord préalablement
avec les préfets et les procureurs.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
En tant que Parc :
• Participe aux démarches de gestion par
bassin versant portées par les syndicats
gestionnaires de milieux aquatiques sur les
communes du Parc situées hors bassin du
Verdon et porte les enjeux de la Charte.
• Appuie les syndicats gestionnaires de
milieux aquatiques pour la mise en œuvre de la
politique de l’eau, notamment sur le volet sen-
sibilisation – éducation – culture de l’eau.
• Met en œuvre des actions de sensibilisation
et d’éducation dans le domaine de l’eau et des
milieux aquatiques.
• Assure des porter à connaissance pour la
bonne intégration des dispositions de la Charte
dans les documents d’urbanisme.
• Met en œuvre les engagements de la Charte
régionale de l’eau dont le Parc est signataire.
En tant que porteur de l’EPAGE du bassin versant
du Verdon :
• Développe les démarches participatives
et les approches pluridisciplinaires dans le
domaine de la gestion de l’eau et des milieux
aquatiques.
• Met en œuvre des actions de sensibilisation
et d’éducation dans le domaine de l’eau et des
milieux aquatiques.
• Participe à l’amélioration des connaissances
et met en place les outils pour la centralisation
et la diffusion de la connaissance.
• Porte et anime les démarches de gestion
concertée du bassin versant du Verdon : porte
le SAGE Verdon et anime la CLE, porte le
contrat rivière Verdon, porte le PAPI Verdon.
• Défend les enjeux du Verdon à l’échelle
régionale en s’impliquant dans les démarches
supra territoriales.
• Porte la compétence GEMAPI à l’échelle du
bassin versant du Verdon pour le compte des
intercommunalités, dans le cadre d’un transfert
de compétence pour le volet GEMA et d’une
délégation pour le volet PI.
Les engagements des signataires :
Dans le cadre de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Participer à la mise en œuvre d’actions de
sensibilisation dans le domaine de l’eau, relayer
les actions d’information et de sensibilisation
menées par le syndicat mixte auprès de leurs
citoyens (journal communal, site internet…).
• Connaître et valoriser leur patrimoine histo-
rique et naturel lié à l’eau.
• Informer le syndicat mixte des actions et
projets concernant l’eau et les milieux aquatiques.4 4
Espaces de Bon Fonctionnement (EBF)
Les EBF sont définis sur les secteurs à enjeux
par les structures de gestion de l’eau par bas-
sin versant, en concertation avec les acteurs du
territoire, et notamment les acteurs de l’aména-
gement afin de faciliter leur prise en compte dans
les documents de planification et d’aménage-
ment. Dans le cas où cette délimitation n’est pas
faite, les études préalables aux projets prennent
en compte les différents éléments des espaces
de bon fonctionnement (lit mineur, espace de mo-
bilité, annexes, lit majeur, bassins d’alimentation
des zones humides…) avec lesquels le projet est
susceptible d’entrer en interaction et mettent en
œuvre la démarche « éviter-réduire-compenser ».
(disposition du SDAGE).
Le Colostre à Saint-Martin-de-Brômes ©B. Roulet
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques
MESURE 4.1 Partager une culture commune et une gestion concertée de l’eau à l’échelle des bassins versants et déversants
128 129 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
• EDF s’implique sur les actions de sensibili-
sation dans le domaine de l’eau, et notamment
sur le fonctionnement de ses aménagements
et sur les aspects risques.
Les associations, groupements et relais locaux :
• Participent à la gestion globale intégrée de
la ressource en eau et des milieux aquatiques à
l’échelle des bassins versants, en s’impliquant
dans les instances de gouvernance.
• Participent au travers de leurs actions à la
mise en œuvre de la Charte.
• Mettent à disposition leurs données.
• Informent et associent le syndicat mixte à
la mise en œuvre de leurs actions concernant
la gestion de l’eau et des milieux aquatiques.
concernant le périmètre du Parc du Verdon et
le bassin versant du Verdon.
• Apportent leur expertise ou leurs moyens
dans la mise en œuvre des objectifs de la Charte.
• Veillent à conduire leurs projets dans un
cadre concerté et une vision globale des enjeux.
L’interparcs ou les réseaux :
• Permettent de mutualiser les moyens, de
bénéficier de retours d’expérience inter parcs
et de rendre des avis communs.
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives et
pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l’année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin
de la Charte :
• N°25 : Nombre de projets pédagogiques et
culturels sur l’eau
INDICATEURS D’ÉVALUATION
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise et mobilise ses
connaissances ou ses réseaux.
• Participe aux travaux de la commission
eau et milieux aquatiques et à la diffusion des
connaissances.
• Veille et alerte les élus sur des enjeux
émergents.
Les autres acteurs de la recherche : Centre
national de recherche scientifique (CNRS), Institut
national de recherche en sciences et technologie
pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA) :
• Apportent leur expertise sur des sujets spéci-
fiques.
Les partenaires techniques et institutionnels dont
l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerranée-Corse :
• Participent à la gestion globale intégrée de la
ressource en eau et des milieux aquatiques à l’échelle
des bassins versants, en s’impliquant dans les instances
de gouvernance.
• Participent au travers de leurs actions à la mise en
œuvre de la Charte.
• Informent et associent le syndicat mixte à la mise en
œuvre de leurs actions concernant la gestion de l’eau
et des milieux aquatiques concernant le périmètre du
Parc du Verdon et le bassin versant du Verdon.
• Veillent à conduire leurs projets dans un cadre
concerté et une vision globale des enjeux.
• Apportent leur expertise ou leurs moyens dans la
mise en œuvre des objectifs de la Charte.
• Participent à l’effort d’économie d’eau né-
cessaire à une bonne gestion de la ressource et
des milieux.
• La SCP (Société du Canal de Provence) s’im-
plique sur les actions de sensibilisation dans le
domaine de l’eau, notamment sur les territoires
desservis par l’eau du Verdon et le développe-
ment de la culture provençale de l’eau.
OBJECTIFS DE LA MESURE
Le bassin versant du Verdon et le territoire du
Parc recèlent des milieux aquatiques d’un grand
intérêt écologique qui jouent un rôle majeur dans
le maintien de la biodiversité, de la qualité des
eaux, et la régulation des débits (crues, étiages).
Des milieux aquatiques en bon état seront
plus résilients face aux effets du changement
climatique et pourront rendre des services
durables : fourniture d’eau, loisirs aquatiques,
régulation des crues et sécheresses, préservation
de la santé humaine…
La préservation du bon état des milieux
aquatiques nécessite d’agir sur diverses compo-
santes : qualité et quantité d’eau, continuités éco-
logiques, transport des matériaux, forme du cours
d’eau, espaces de bon fonctionnement…
Les pollutions menacent le bon état des milieux
aquatiques mais aussi les différents usages tels
que l’alimentation en eau potable, la baignade, les
loisirs nautiques, la pêche … Malgré les progrès
importants en terme d’assainissement des
eaux usées des efforts restent à accomplir pour
résorber les pollutions à l’origine de dégradations,
qui risquent de s’accentuer avec les effets du
changement climatique.
Une autre menace concerne la ressource en
eau : l’exploitation des huiles ou gaz de schiste.
Compte tenu des énormes quantités d’eau
nécessaires pour la fracturation hydraulique et du
caractère karstique des sous-sols du territoire,
les risques de dispersion dans les nappes
phréatiques d’une partie de cette eau polluée par
les additifs chimiques sont donc particulièrement
amplifiés dans le Verdon, avec des conséquences
évidentes pour les milieux aquatiques, la chaine
alimentaire et la santé humaine. De plus au regard
des infrastructures périphériques propres à ces
forages (chemins reliant les puits de forage ;
bassins de stockages, torchères, besoins en
accès et transports…) ces types de projet sont
susceptibles d’impacter le paysage (valeur
MESURE 4.2
Restaurer, atteindre et garantir une bonne qualité de l’eau
et des milieux aquatiques
DÉFINITION
identitaire forte du Parc), la qualité de l’air, la qualité
de vie des habitants et l’attractivité du territoire
pour ses nombreux visiteurs. Exprimé par les élus
du Parc en 2011 au travers d’une position votée,
ces types de projet et leurs conséquences envi-
ronnementales, économiques et sociales sur le
territoire du Parc du Verdon sont incompatibles
avec le projet de développement durable du
Verdon qui est traduit dans sa Charte.
Les objectifs sont de :
• Préserver et restaurer le fonctionnement des
milieux aquatiques,
• Lutter contre les pollutions de la ressource
et l’altération des milieux aquatiques.4 4
DISPOSITIONS
Préserver les milieux aquatiques
Mettre en œuvre le principe de non dégrada-
tion des milieux aquatiques dans les projets
de développement et d’aménagement
du territoire.
• Préserver les cours d’eau, ripisylves et
forêts alluviales, espaces de bon fonction-
nement, zones humides, nappes alluviales
notamment en intégrant un zonage adapté
dans les documents de planification, per-
mettant les opérations de restauration et
de gestion de ces milieux.
• Préserver les réservoirs biologiques et
renforcer leur rôle à l’échelle des bassins versants.
• Protéger les ressources stratégiques
destinées à l’alimentation en eau potable iden-
tifiées dans le plan de Parc en définissant les
zones de sauvegarde, en les intégrant dans les
documents d’urbanisme, et en les prenant en
compte dans les projets d’aménagement.
• Poursuivre la préservation de la qualité des eaux destinées à l’alimentation en eau potable (périmètres de protection des captages, respect des servitudes associées, potabilisation).
• Préserver les espèces à forte valeur patrimoniale et leurs habitats par la mise en place d’une gestion et d’un suivi spécifique.
• Poursuivre l’amélioration des connaissances sur les espèces peu connues, rares mais pas forcément protégées comme les macro-invertébrés ou certaines espèces végétales…
Gérer les milieux aquatiques et restaurer les milieux dégradés, en favorisant les solutions d’adaptation fondées sur la nature
• Gérer et restaurer les ripisylves dans le cadre de plans pluriannuels à l’échelle des bassins versants pour qu’elles puissent jouer leurs rôles en termes de fonctionnement des milieux et de biodiversité (régulation de température, fixation des nutriments, maintien des sols, habitats et corridors éco- logiques…), en définissant un niveau et une fréquence d’entretien proportionnés aux enjeux, et en privilégiant la non intervention dans les secteurs sans enjeux.
• Restaurer la morphologie des milieux aquatiques dégradés en programmant des actions prioritaires à l’échelle des bassins versants
dans le but d’atteindre les objectifs d’état
écologique fixés par le SDAGE (ex: Colostre,
Pesquier-Recluse, Verdon à La Foux d’Allos,
Malaurie), et ce dans une démarche
concertée permettant de prendre en
compte l’ensemble des enjeux (besoins en
eau des usages et enjeux économiques,
prévention des inondations, amélioration
du cadre de vie…).
• Gérer et restaurer les zones humides
afin de garantir l’ensemble des fonction-
nalités et leur espace de bon fonctionne-
ment, dans le cadre de plans de gestion
stratégiques à l’échelle des bassins versants permettant de disposer d’un diagnostic global et d’une stratégie d’actions (non dégradation, gestion, restauration).
• Limiter les impacts de la gestion des grands aménagements sur les milieux et espèces aquatiques en poursuivant la concertation dans le cadre du SAGE Verdon afin de concilier production hydroélec- trique, amélioration de l’état des milieux et espèces aquatiques, et satisfaction des usages.
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques
MESURE 4.2 Restaurer, atteindre et garantir une bonne qualité de l’eau et des milieux aquatiques
130 131 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
• Restaurer la continuité écologique des milieux aquatiques tant au niveau des espèces aquatiques qu’au niveau du transport sédimentaire par la mise en œuvre d’actions sur les ouvrages selon une priorisation à établir (obligations réglementaires, objectifs du SDAGE, enjeux écologiques), dans un cadre concerté permettant ainsi de prendre en compte l’ensemble des autres enjeux (usages socio-économiques, patri- moines, risques…).
• Définir et mettre en œuvre des plans de gestion sédimentaires dans les sous bassins versants où le transport solide est altéré par les pressions existantes, dans le but d’amélioration de l’état des milieux aquatiques et de prévention des inondations.
• Gérer les espèces exotiques envahissantes par la mise en œuvre de plans d’actions à l’échelle des bassins versants établis par les structures de gestion des milieux aquatiques, afin de prévenir l’introduc- tion et limiter le développement de ces espèces (gestion de secteurs identifiés, veille et alerte, sensibili- sation et démarches participatives …).
• Préserver et reconquérir la qualité de l’eau des captages d’eau potable prioritaires identifiés au niveau du SDAGE notamment en délimitant les aires d’alimentation des captages, en définissant les aires d’actions efficaces et des programmes d’actions.
• Reconquérir progressivement des espaces de bon fonctionnement par des actions de restauration définies en concertation dans le cadre des études de délimitation des EBF.
Réduire les pollutions afin d’atteindre, et maintenir à long terme, les objectifs de qualité des eaux
• Mettre en conformité les dispositifs d’assainissement avec les différentes réglementations (directive eaux résiduaires urbaines « ERU », directive baignade, SAGE Verdon…) en intégrant la notion de réduction des pollutions à la source au travers par exemple d’actions de sensibilisation auprès des particuliers ou des entreprises y compris les campings (impact des rejets de certains produits sur le fonctionnement du système d’assainissement et la qualité des eaux).
• Équiper les sites fréquentés isolés en toilettes sèches afin de limiter l’impact des rejets diffus sur la qualité des eaux.
• Actualiser, de préférence en amont de l’élaboration des documents d’urbanisme, les schémas directeurs assainissement permettant à partir d’un diagnostic de définir un programme d’équi- pements adapté au contexte local (capacités épuratoires du milieu, variations de charge saison- nières…) dans le but de garantir une bonne adéquation entre le développement démographique et économique et les dispositifs d’assainissement.
• Lutter contre la pollution par les pesticides et les nitrates, afin de favoriser des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement, en mobilisant les acteurs et outils financiers, notamment sur le plateau de Valensole.
• Lutter contre l’imperméabilisation des sols et les pollutions liées au lessivage par les eaux pluviales, en limitant l’imperméabilisation des sols lors des aménagements, en conduisant des projets de désimperméabilisation, et en mettant en œuvre sur les secteurs sensibles des disposi- tifs de rétention des pollutions à la source (huiles, hydrocarbures, plastiques…).
• Améliorer la gestion de crise en cas de pollution accidentelle en identifiant, dans le cadre d’une stratégie, des mesures et des moyens à mettre en œuvre pour limiter les impacts (en lien avec la réflexion portée au niveau du bassin de la Durance sur la gestion des pollutions accidentelles, à laquelle le syndicat mixte du Parc est associé).
• Protéger le territoire de l’exploitation des gaz et huiles de schiste.
Réservoirs biologiques :
Les réservoirs biologiques sont des milieux
qui présentent des caractéristiques éco-
logiques naturelles telles que les espèces
y trouvent des conditions favorables pour
l’accomplissement de tout ou partie de leur
cycle de vie et dont l’influence dans le bas-
sin versant est avérée (zones refuges, zones
de reproduction, de grossissement …). Ils
sont définis par la SDAGE. Les réservoirs
biologiques et leur rôle doivent être pris en
compte dans tout projet d’aménagement
ou travaux qui viendrait potentiellement im-
pacter de manière directe ou indirecte leur
qualité et les fonctions.
DÉFINITION
Continuité écologique :
La continuité écologique des milieux aqua-
tiques repose sur trois facteurs principaux :
la quantité d’eau dans le milieu, le transport
sédimentaire et la circulation des espèces.
DÉFINITION
Station d'épuration de Bauduen ©PNR Verdon
disposition pertinente4 4
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques
MESURE 4.2 Restaurer, atteindre et garantir une bonne qualité de l’eau et des milieux aquatiques
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
En tant que Parc :
• Assure des porter à connaissance pour la
bonne intégration des dispositions de la Charte
dans les documents d’urbanisme, notamment
pour la préservation des zones humides, des
cours d’eau, des ripisylves, des espaces de bon
fonctionnement, des zones de sauvegarde des
ressources stratégiques.
• Poursuit l’animation des démarches,
notamment sur le plateau de Valensole, afin de
favoriser des pratiques agricoles plus respec-
tueuses de l’environnement et notamment de la
ressource en eau.
En tant que porteur de l’EPAGE du bassin versant
du Verdon :
• Porte la compétence GEMAPI à l’échelle du bassin
versant du Verdon pour le compte des intercommunali-
tés, dans le cadre d’un transfert de compétence pour le
volet GEMA et d’une délégation pour le volet PI.
• Dans le cadre de cette compétence, met en œuvre
dans un cadre concerté avec les acteurs du territoire le
programme pluriannuel d’actions défini avec les inter-
communalités : plans pluriannuels de restauration et
d’entretien des ripisylves, restauration morphologique
et plans de gestion sédimentaire, plan de gestion
stratégique des zones humides, gestion des espèces
exotiques envahissantes.
• Assure des porters à connaissance pour la bonne
intégration du SAGE dans les documents d’urbanisme,
et notamment : préservation des zones humides, des
cours d’eau, des ripisylves, des espaces de bon fonc-
tionnement, des zones de sauvegarde des ressources
stratégiques ; adéquation besoins / ressource.
• Poursuit dans le cadre de l’animation du SAGE la
concertation sur la gestion des grands aménage-
ments hydroélectriques.
• Dans le cadre de l’animation du contrat rivière
accompagne les projets visant la préservation, la
gestion ou la restauration des milieux aquatiques,
la préservation ou l’amélioration de la qualité de
l’eau, l’amélioration de la gestion quantitative.
• S’implique dans la réflexion en cours sur
la Durance concernant la gestion des crises
« pollution accidentelle ».
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Mettre en compatibilité leurs documents d’ur-
banisme avec la Charte et/ou le SAGE Verdon,
notamment concernant : préservation des
zones humides, des cours d’eau, des ripisylves,
des espaces de bon fonctionnement, des zones
de sauvegarde des ressources stratégiques.
• Mettre en œuvre des actions de gestion
des espèces exotiques envahissantes sur leurs
espaces et sensibiliser leurs habitants à la problé-
matique des espèces exotiques envahissantes.
• Mettre en conformité et optimiser leur
système d’assainissement.
• Mettre en place des toilettes sèches sur les
secteurs fréquentés isolés pouvant conduire à
une pollution des eaux.
• Mettre en œuvre des actions pour limiter
ou diminuer l’imperméabilisation des sols et
des dispositifs de rétention des pollutions à la
source (huiles, hydrocarbures, plastiques…).
Les intercommunalités s’engagent à :
• Mettre en compatibilité leurs documents
d’urbanisme avec la Charte et / ou le SAGE
Verdon, notamment concernant : préservation
des zones humides, des cours d’eau, des ripisyl-
ves, des espaces de bon fonctionnement, des
zones de sauvegarde des ressources straté-
giques, adéquation besoins – ressource.
• Mettre en conformité les systèmes d’assai-
nissements (équipements et performances),
voire optimiser les performances dans le cadre
d’une réutilisation des eaux usées traitées.
• Délimiter les aires d’alimentation de leurs
captages d’eau potable classés prioritaires et les
zones d’actions efficaces, et mettre en œuvre
des programmes d’actions de préservation.
• Mettre en œuvre des actions de gestion
des espèces exotiques envahissantes sur leurs
espaces et sensibiliser leurs habitants à la problé-
matique des espèces exotiques envahissantes.
• Mettre en œuvre des actions pour limiter
ou diminuer l’imperméabilisation des sols et
des dispositifs de rétention des pollutions à la
source (huiles, hydrocarbures, plastiques…).
Les départements s’engagent à :
• Participer à la gestion globale intégrée de la
ressource en eau et des milieux aquatiques à
l’échelle des bassins versants, en s’impliquant
dans les instances de gouvernance.
• Informer le syndicat mixte des actions et
projets concernant l’eau et les milieux aqua-
tiques.
• Soutenir techniquement, via leur ingénierie,
dans la limite de leurs champs d’intervention en
vigueur, et financièrement, via leurs règlements
d’aides en vigueur, les actions de préservation
et de restauration des milieux aquatiques et de
la qualité de l’eau.
• Intégrer les enjeux de la Charte et du SAGE
en matière de préservation des milieux aqua-
tiques dans les projets d’aménagements et
d’entretien d’infrastructures routières de leur
compétence, ainsi que dans les projets des
collectivités qu’ils soutiennent dans un souci de
mise en cohérence des politiques publiques.
• Mettre en œuvre des actions de gestion
des espèces exotiques envahissantes sur
leurs espaces et sensibiliser leurs agents
techniques à la problématique des espèces
exotiques envahissantes.
• Participer à la réduction des pollutions des
milieux aquatiques situés dans leurs Espaces
Naturels Sensibles.
• Contribuer à une vision stratégique des res-
sources en eau pour l’alimentation en eau potable.
La Région s’engage à :
• Soutenir techniquement, via son ingénierie,
et financièrement, via son règlement d’aides
en vigueur, les actions de préservation et de
restauration des milieux aquatiques et de la
qualité de l’eau.
• Alerter les collectivités dont elle finance les
projets sur les enjeux de la Charte du Parc.
• Veiller à une bonne application des disposi-
tions liées à l’eau du SRADDET en accompa-
gnant les territoires dans la déclinaison de ce
schéma.
L’État s’engage à :
• Soutenir le syndicat mixte du Parc naturel
régional du Verdon dans son rôle de gestion-
naire du bassin versant du Verdon.
• Participer à la gestion globale intégrée de la
ressource en eau et des milieux aquatiques à
l’échelle des bassins versants, en s’impliquant
dans les instances de gouvernance.
• Associer le syndicat mixte du Parc aux plans
et programmes concernant la gestion de la
ressource en eau et des milieux aquatiques.
• Informer le syndicat mixte du Parc naturel
régional du Verdon et la Commission Locale de
l’Eau sur l’avancement du renouvellement des
concessions hydroélectriques ; les associer
dans le cadre prévu par la réglementation ;
veiller, en tant qu'autorité concédante, à la
prise en compte de l'ensemble des enjeux liés
à la gestion de l'eau, notamment ceux identifiés
par le SAGE Verdon.
• Communiquer auprès du syndicat mixte du
Parc et des usagers sur les enjeux liés à l’eau et les
contrôles en la matière, en accord préalablement
avec les préfets et les procureurs.
• Promouvoir et accompagner les actions de lutte
contre les polluants et de reconquête de la qualité,
notamment sur les captages prioritaires et les zones
de sauvegarde identifiées.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise et mobilise ses connais-
sances ou ses réseaux.
• Participe aux travaux de la commission
eau et milieux aquatiques et à la diffusion
des connaissances.
• Veille et alerte les élus sur des enjeux
émergents.
Les autres acteurs de la recherche : Centre
national de recherche scientifique (CNRS),
Institut national de recherche en sciences
et technologie pour l’environnement et
l’agriculture (IRSTEA) :
• Apportent leur expertise sur des sujets spé-
cifiques.
Les partenaires techniques et institutionnels,
dont l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerra-
née-Corse :
• Participent à la gestion globale intégrée de
la ressource en eau et des milieux aquatiques
à l’échelle des bassins versants, en s’impliquant
dans les instances de gouvernance.
• Participent au travers de leurs actions à la
mise en œuvre de la Charte.
• Informent et associent le syndicat mixte à
la mise en œuvre de leurs actions concernant la
gestion quantitative et qualitative de l’eau et des
milieux aquatiques concernant le périmètre du
Parc du Verdon et le bassin versant du Verdon.
• Veillent à conduire leurs projets dans un cadre
concerté et une vision globale des enjeux.
apportent leur expertise ou leurs moyens dans la
mise en œuvre des objectifs de la Charte,
• La SCP (Société du Canal de Provence) s’implique
sur les actions de sensibilisation dans le domaine de
l’eau, notamment sur les territoires desservis par
l’eau du Verdon et le développement de la culture
provençale de l’eau.
132 133 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20394 4
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques
MESURE 4.2 Restaurer, atteindre et garantir une bonne qualité de l’eau et des milieux aquatiques
• EDF s’implique sur les actions de sensibili-
sation dans le domaine de l’eau, et notamment
sur le fonctionnement de ses aménagements
et sur les aspects risques.
Les associations, groupements et relais locaux :
• Participent à la gestion globale intégrée de
la ressource en eau et des milieux aquatiques
à l’échelle des bassins versants, en s’impli-
quant dans les instances de gouvernance.
• Participent au travers de leurs actions à la
mise en œuvre de la Charte.
• Mettent à disposition leurs données.
• Informent et associent le syndicat mixte à
la mise en œuvre de leurs actions concernant la
gestion de l’eau et des milieux aquatiques concer-
nant le périmètre du Parc du Verdon et le bassin
versant du Verdon.
• Apportent leur expertise ou leurs moyens dans la
mise en œuvre des objectifs de la Charte.
• Veillent à conduire leurs projets dans un cadre
concerté et une vision globale des enjeux.
L’interparcs ou les réseaux :
• Permettent de mutualiser les moyens, de bénéficier
de retours d’expérience inter parcs et de rendre des
avis communs.
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives et
pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l’année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°26 : Pourcentage des masses d’eau en
bon état / très bon état écologique (eaux
superficielles) et en bon état chimique (eaux
souterraines) (bassin versant du Verdon)
N°27 : Linéaires d’Espace de Bon Fonctionne-
ment définis (bassin versant Verdon)
N°28 : Nombre de projets de restauration
morphologique et linéaires (bassin versant
Verdon)
N°29 : Linéaires travaux de restauration et en-
tretien ripisylves (bassin versant Verdon)
N°30 : Nombre d’ouvrages aménagés ou gé-
rés pour les continuités écologiques (bassin
versant Verdon)
N°31 : Surfaces interventions sur les espèces
exotiques envahissantes végétales (bassin
versant)
N°32 : Nombre d’actions de lutte contre les
espèces animales exotiques envahissantes
dans les milieux aquatiques
N°33 : Nombre de captages prioritaires avec
programme d’actions approuvé (bassin ver-
sant Verdon)
N°34 : Evolution de la qualité des cours d’eau
et des masses d’eau souterraines (paramètres
DBO, NH4, Pt, bactério pour eaux superfi-
cielles ; pesticides et nitrates pour eaux sou-
terraines) (bassin versant Verdon)
N°35 : Nombre de stations d’épuration
conformes selon le portail national (BV + Parc)
INDICATEURS D’ÉVALUATION
DISPOSITIONS
Concilier les prélèvements avec les besoins des milieux aquatiques • Conduire des démarches de plans de gestion de la ressource en eau dans les sous bassins en déséqui- libre ou en équilibre fragile permettant à partir d’une analyse prospective de la ressource et des besoins de construire un programme d’actions pour atteindre l’équilibre quantitatif, en donnant la priorité aux économies d’eau, à l’optimisation des équipements existants et à l’organisation des prélèvements. • Rendre compatibles les politiques et projets d’aménagement du territoire avec la disponibilité de la ressource mobilisable et la bonne fonctionnalité des milieux aquatiques, notamment par la prise en compte par les collectivités de la disponibilité de la ressource et de son évolution dans la définition de leur projet de développement (actualisation des schémas directeurs eau potable en amont des documents de planification). • Améliorer la connaissance des ressources, des prélèvements et des besoins.
• Optimiser les prélèvements par rapport aux besoins, via les économies d’eau, la limitation des pertes, et la priorité donnée à l’optimisation des équipements existants par rapport à la réalisation de nouveaux aménagements.
134 135 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Signature du Contrat rivière 2 à Vinon-sur-Verdon en 2017 ©PNR Verdon
OBJECTIFS DE LA MESURE
Une quantité d’eau suffisante dans les cours
d’eau et les nappes est nécessaire pour leur bon
fonctionnement. La gestion quantitative équilibrée
de la ressource en eau est un enjeu majeur,
notamment en lien avec le changement climatique
qui va accroître les tensions (augmentation des
étiages, accroissements des besoins avec le
réchauffement et l’assèchement des sols).
En matière de gestion quantitative, la stratégie
vise à préserver l’équilibre quantitatif, ou à
l’atteindre dans les secteurs en déséquilibre ou
en équilibre précaire, avec une vision prospective
intégrant les effets du changement climatique.
Cela passe par une gestion équilibrée et durable
de la ressource permettant de satisfaire
les besoins des milieux tout en répondant
au mieux aux besoins actuels et futurs des
usages (alimentation en eau potable, activités
économiques ou de loisir).
MESURE 4.3
Piloter la gestion concertée pour une répartition équitable de l’eau entre milieux et usages, en exigeant la solidarité aval amont
Les objectifs sont de :
• Atteindre et préserver l’équilibre entre
besoins des usages et ressource disponible,
dans le respect de la bonne fonctionnalité des
écosystèmes aquatiques, et en anticipant le
changement climatique.
• Conduire des démarches de concertation à
des échelles adaptées (sous bassins versants
à l’équilibre précaire ou en déséquilibre) afin de
définir et mettre en œuvre des plans de gestion,
des projets de territoire pour la gestion de l'eau
(PTGE).
• Développer les économies d’eau.
• S’impliquer dans les démarches supra territoriales
afin de porter et défendre les enjeux locaux du bassin
versant (en lien avec la mesure 4.1).
• Poursuivre les démarches pour développer les
solidarités financières aval/amont.
disposition pertinente4 4
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques
MESURE 4.3 Piloter la gestion concertée pour une répartition équitable de l’eau entre milieux et usages, en exigeant la solidarité aval amont
Mettre en œuvre une répartition équitable de l’eau du Verdon
• Poursuivre la concertation sur la gestion des grands aménagements dans le cadre du SAGE Verdon, afin de concilier production hydroélectrique, amélioration de l’état des milieux et espèces aquatiques, et satisfaction des usages.
• Défendre les enjeux du Verdon à l’échelle régionale dans le cadre d’une concertation inter bassins permettant de concilier les enjeux des territoires où la ressource est prélevée (impacts sur les milieux et les usages) et les enjeux des territoires desservis (soulagement des pressions sur les milieux qui bénéficient du transfert).
Développer les économies d’eau
• Réaliser des campagnes régulières locales de sensibilisation aux économies d’eau auprès de tous les usagers et secteurs d’activités, sur le territoire du Parc et du bassin versant et sur les territoires desservis par l’eau du Verdon : pratiques, modes de consommation, mises en place d’équipements et technologies économes en eau…
• Poursuivre les programmes de diagnostic des consommations dans les équipements et bâtiments publics, ainsi que dans les hébergements touristiques et notamment les campings et mettre en œuvre des actions pour la réduction des pertes et les économies d’eau.
• Poursuivre les actions pour la réduction des fuites sur les réseaux d’eau publics et l’optimisation des rendements.
• Développer des opérations pilotes en mettant en œuvre des projets innovants ou exemplaires, notamment au niveau des aménagements urbains (récupération des eaux pluviales, réutilisation des eaux usées traitées…) et en développant le multi-usage.
• Développer les techniques agricoles économes en eau, notamment en accompagnant les agricul- teurs pour une optimisation de l’irrigation et le développement de pratiques agricoles moins consom- matrices en eau.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Mettre en œuvre des actions pour dévelop-
per les économies d’eau (réduction des fuites
sur les réseaux, diagnostic des consommations
dans les équipements et bâtiments publics
suivis de programmes d’actions, utilisation
d’espèces locales adaptées moins consomma-
trices en eau dans leurs espaces…).
• Relayer les outils et informations qui sensibi-
lisent les publics à une meilleure gestion de l’eau.
• Mettre en œuvre des projets innovants ou
exemplaires au niveau des aménagements
urbains (gestion intégrée des eaux de ruisselle-
ment, récupération des eaux pluviales, réutilisa-
tion des eaux usées traitées…).
Les départements s’engagent à :
• Soutenir la mise en œuvre des actions pour
développer les économies d’eau (réduction des
fuites sur les réseaux, diagnostic des consom-
mations dans les équipements et bâtiments
publics suivis de programmes d’actions,
utilisation d’espèces locales adaptées moins
consommatrices en eau dans leurs espaces…).
• Contribuer à une vision stratégique des
ressources en eau pour l’alimentation en eau
potable.
La Région s’engage à :
• Soutenir techniquement, via son ingénierie,
et financièrement, via son règlement d’aides
en vigueur, les actions d’amélioration de la
gestion quantitative de l’eau.
• Poursuivre l’animation et la mise en œuvre
de la Charte régionale de l’eau, et ce, dans le
cadre de sa mission d’animation et de concer-
tation dans le domaine de l’eau, obtenue par
décret ministériel du 9 juillet 2018 confiant
à la Région Provence-Alpes Côte d'Azur les
missions d'animation et de concertation dans
le domaine de la gestion et de la protection de
la ressource en eau et des milieux aquatiques.
• Prendre en compte les enjeux de gestion
quantitative de l’eau du Verdon dans les
décisions d’aménagement et les schémas à
l’échelle régionale, afin de concilier les enjeux
des territoires où la ressource est prélevée
(impacts sur les milieux et les usages) et les
enjeux des territoires desservis.
• Poursuivre la réflexion sur la mise en œuvre de
mécanismes de solidarité financière aval-amont.
• Veiller à une bonne application des disposi-
tions liées à l’eau du SRADDET en accompagnant
les territoires dans la déclinaison de ce schéma.
• Alerter les collectivités dont elle finance les
projets sur les enjeux de la Charte du Parc.
L’État s’engage à :
• Soutenir le syndicat mixte du Parc naturel
régional du Verdon dans son rôle de gestion-
naire du bassin versant du Verdon.
• Participer à la gestion globale intégrée de la
ressource en eau et des milieux aquatiques à
l’échelle des bassins versants, en s’impliquant
dans les instances de gouvernance.
• Associer le syndicat mixte du Parc aux plans
et programmes concernant la gestion de la
ressource en eau et des milieux aquatiques.
• Communiquer auprès du syndicat mixte du
Parc et des usagers sur les enjeux liés à l’eau et
les contrôles en la matière, en accord préalable-
ment avec les préfets et les procureurs.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise et mobilise ses connais-
sances ou ses réseaux.
• Participe aux travaux de la commission eau et
milieux aquatiques et à la diffusion des connais-
sances.
• Veille et alerte les élus sur des enjeux
émergents.
Les autres acteurs de la recherche : Centre
national de recherche scientifique (CNRS),
Institut national de recherche en sciences et
technologie pour l’environnement et l’agri-
culture (IRSTEA) :
• Apportent leur expertise sur des sujets
spécifiques.
Les partenaires techniques et institution-
nels ,dont l'Agence de l'Eau Rhône-Méditerra-
née-Corse :
• Participent à la gestion globale intégrée de
la ressource en eau et des milieux aquatiques
à l’échelle des bassins versants, en s’impli-
quant dans les instances de gouvernance.
• Participent au travers de leurs actions à la
mise en œuvre de la Charte.
• Informent et associent le syndicat mixte à
la mise en œuvre de leurs actions concernant
la gestion quantitative et qualitative de l’eau et
des milieux aquatiques concernant le périmètre
du Parc du Verdon et le bassin versant du Verdon.
• Veillent à conduire leurs projets dans un cadre
concerté et une vision globale des enjeux.
• Apportent leur expertise ou leurs moyens dans la
mise en œuvre des objectifs de la Charte.
• Participent à l’effort d’économie d’eau nécessaire
à une bonne gestion de la ressource et des milieux.
• La SCP (Société du Canal de Provence) s’implique
sur les actions de sensibilisation dans le domaine
de l’eau, notamment sur les territoires desservis par
l’eau du Verdon et le développement de la culture
provençale de l’eau.
• EDF s’implique sur les actions de sensibilisation
dans le domaine de l’eau, et notamment sur le fonc-
tionnement de ses aménagements et sur les aspects
risques.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
En tant que Parc :
• porte les démarches globales sur les économies
d’eau auprès des collectivités et soutient en matière
d’ingénierie les expérimentations visant une gestion
économe de l’eau,
• poursuit la réflexion sur la mise en œuvre de
mécanismes de solidarité financière aval-amont.
• met en œuvre les engagements de la Charte
régionale de l’eau dont le Parc est signataire
En tant que porteur de l’EPAGE du bassin versant
du Verdon :
• porte les démarches de gestion quantitative de
la ressource à l’échelle des sous bassins versants
(études volumes prélevables…),
• porte les démarches globales sur les économies
d’eau (sensibilisation, diagnostics…),
• défend les enjeux de gestion quantitative de
l’eau du Verdon à l’échelle régionale en s’impliquant
dans les démarches supra territoriales (AGORA,
SAGE Durance…),
• poursuit la réflexion sur la mise en œuvre de
mécanismes de solidarité financière aval-amont.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• mettre en œuvre des actions pour développer
les économies d’eau (réduction des fuites sur les
réseaux, diagnostic des consommations dans
les équipements et bâtiments publics suivis de
programmes d’actions, utilisation d’espèces
locales adaptées moins consommatrices en eau
dans leurs espaces…),
• relayer les outils et informations qui sensibi-
lisent les publics à une meilleure gestion de l’eau,
• mettre en œuvre des projets innovants ou
exemplaires au niveau des aménagements
urbains (gestion intégrée des eaux de ruisselle-
ment, récupération des eaux pluviales, réutilisa-
tion des eaux usées traitées…).
136 137 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20394 4
Les associations, groupements et relais locaux :
• Participent à la gestion globale intégrée de
la ressource en eau et des milieux aquatiques à
l’échelle des bassins versants, en s’impliquant
dans les instances de gouvernance.
• Participent au travers de leurs actions à la
mise en œuvre de la Charte.
• Mettent à disposition leurs données.
• Informent et associent le syndicat mixte à
la mise en œuvre de leurs actions concernant la
gestion de l’eau et des milieux aquatiques. concer-
nant le périmètre du Parc du Verdon et le bassin
versant du Verdon.
• Apportent leur expertise ou leurs moyens dans
la mise en œuvre des objectifs de la Charte, veillent
à conduire leurs projets dans un cadre concerté et
une vision globale des enjeux.
L’interparcs ou les réseaux :
• Permettent de mutualiser les moyens, de bénéficier
de retours d’expérience inter parcs et de rendre des
avis communs.
ORIENTATION 4
Renforcer la gestion commune et solidaire entre territoires aval et amont de la ressource en eau et des milieux aquatiques
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
Fauvette orphée ©N. Martinez
CONTEXTE
Le contexte global du changement climatique
et l’érosion forte de la biodiversité, avec près
d’un tiers des espèces de France métropolitaine
désormais menacées, n’épargnent pas le Verdon.
Sur le territoire du Parc, cette pression touche les
espèces dites « spécialisées », les plus sensibles
à la qualité de leur environnement comme le Petit
rhinolophe, l’Outarde canepetière, la Pie-grièche,
l’Écrevisse à pattes blanche, et/ou les espèces à
faible capacité de dispersion.
On observe pour certaines espèces les mêmes
tendances au déclin qu'au niveau régional ou
national. Ainsi, un déclin de 20 % des gîtes à Petit
rhinolophe a été observé en seulement 10 ans sur
le plateau de Valensole.
Ce déclin de la biodiversité pose ainsi la question
de la relation homme/nature qui a toujours été
importante dans les territoires ruraux. Cependant
le changement des modes de faire et l’évolution de
l’urbanisation font perdre peu à peu cette relation
étroite et fragile.
À son échelle, le Parc a un rôle à jouer pour
contribuer à enrayer cette érosion de la biodiver-
sité. Ainsi se pose le défi d’une Charte résolument
engagée et qui saura mobiliser le territoire.
Il est donc important de continuer à observer et à
étudier, pour évaluer, comprendre, aider à prendre
les bonnes décisions et se donner envie d’agir.
Ainsi le territoire a besoin de passer à une prise
de conscience globale et à l’urgence d’enclencher
des actions concrètes, en s’appuyant sur les
bonnes pratiques et en suscitant une évolution
des comportements. Il est urgent d’agir.
STRATÉGIE
En s’appuyant sur les politiques publiques et les
outils en faveur de la biodiversité, comme la stratégie
nationale des aires protégées, les plans nationaux
et régionaux d’actions pour préserver des espèces
menacées, la démarche Natura 2000 et la mise en
œuvre de la Trame verte et bleue, il s’agira de mener
des actions concrètes de gestion, de préservation
et/ou de restauration de la biodiversité.
Que ce soit à l’échelle de sites, avec une approche plus
tournée vers les « milieux » et/ou vers des espèces à fort
enjeu de conservation, ou à l’échelle territoriale dans des
approches plus transversales et avec des actions qui
s’appuieront également sur des pratiques de gestion
favorables à la biodiversité comme les pratiques
agro écologiques, une gestion forestière et pastorale
durable, la gestion et préservation des milieux
aquatiques, le développement de l’écotourisme….
Les actions ne doivent pas être tournées
uniquement vers les espèces et habitats rares ou
protégés, mais aussi portersurles espèces dites plus
« ordinaires » ou « communes » les plus affectées
par le contexte d’érosion de la biodiversité. Avec
en toile de fond, dans le contexte de changement
climatique, la nécessité de maintenir en bon
état de conservation ou restaurer la fonction-
nalité écologique des écosystèmes, nécessaire
au maintien de la biodiversité et par là-même
vitale pour la santé humaine et notre capacité à
s’adapter au changement climatique.
Le défi à générer une mobilisation forte et
collective en faveur de la biodiversité, à l’échelle
d’un territoire mais aussi entre territoires,
implique aussi pour le Parc de renforcer les actions
de sensibilisation, de développer plus avant la
participation et l’implication citoyenne, tant dans
la connaissance que dans des actions concrètes en
faveur de la biodiversité ; tout comme de renforcer
les partenariats avec les acteurs qui œuvrent en
région et sur le territoire du Parc pour la préservation
de la biodiversité.
Enfin, les documents de planification, en premier lieu
desquels on peut citer les Schémas de Cohérence
Territoriaux (SCOT) et les Plans Locaux d’Urbanisme
(PLU), constituent déjà une porte d’entrée importante
pour intégrer les enjeux de préservation de la biodiversité
dans les choix d’aménagement du territoire.
Suivant leur degré d’ambitions, ils peuvent déployer des
outils pertinents, s’appuyant sur les Codes de l’Urbanisme
et de l’Environnement. S’ils ne permettent pas d’agir sur
les pratiques de gestion, ils sont la clé pour prévenir et
lutter contre l’artificialisation des sols qui constitue
l’une des causes importantes de perte de la biodiversité.
Ils offrent ainsi un premier niveau d’opérationnalité pour
contribuer à préserver les continuités écologiques.
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives et
pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l’année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°36 : Nombre de communes engagées
dans une démarche d’économie d’eau (BV +
Parc)
• N°37 : Volume financier de la solidarité aval-
amont (BV + Parc)
INDICATEURS D’ÉVALUATION
138 139 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 4.3 Piloter la gestion concertée pour une répartition équitable de l’eau entre milieux et usages, en exigeant la solidarité aval amont
Prise de Boutre - Départ Canal de Provence ©SCP5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURES
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour des mesures suivantes :
• Mesure 5.1
Poursuivre l’acquisition et le partage des connaissances pour inciter à agir
• Mesure 5.2
Intégrer les enjeux de biodiversité dans les choix d’aménagement
et de gestion du territoire
• Mesure 5.3
S’engager concrètement et durablement dans des actions de gestion et de restauration de la biodiversité
• Mesure 5.4
Préserver et valoriser la géodiversité dans ses différentes composantes
• Mesure 5.5
Prévenir les risques de nuisances liés aux activités motorisées dans les espaces naturels
RENVOIS VERS LE PLAN DU PARC
Secteurs à enjeux
Zone de pression de fréquentation et de conflits d’usage
Zone de pression liée à la circulation motorisée
Zone de pression liée aux survols aériens
Sites avec protection réglementaire
Périmètre de protection de la réserve naturelle nationale
géologique de Haute-Provence
Projet de classement en réserve nationale (réserve
naturelle nationale géologique de Haute-Provence)
Réserve naturelle régionale
Réserve biologique (ONF)
Arrêté préfectoral de protection de biotope
Zones naturelles d’intérêt écologique floristique
et faunistique (ZNIEFF)
ZNIEFF Type 1
Site Natura 2000
Sites avec protection foncière
Zone de protection spéciale (ZPS)
Zone spéciale de conservation (ZSC)
Site du Conservatoire du littoral
Espace naturel sensible (ENS) des départements
Sites avec des mesures de protection
contractuelle
Site géré par le Conservatoire d’espaces naturels
de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN PACA)
Site doté d’une convention « Refuge chauves-souris »
140 141 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
ENJEUX & DÉFIS
Fort de ce constat, le territoire du Verdon
doit répondre à plusieurs enjeux et peut
agir à différents niveaux :
• La connaissance et la sensibili-
sation du plus grand nombre aux
enjeux de l’érosion de la biodiver-
sité.
• La préservation des espèces
menacées.
• La préservation et restauration
de la fonctionnalité écologique des
écosystèmes pour augmenter leur
capacité de résilience dans le contexte
de changement climatique, endiguer la
perte de biodiversité et préserver toutes
les ressources qu’ils apportent aux acti-
vités humaines et dont nous dépendons.
Cela implique notamment :
• La prévention et la lutte contre
l’artificialisation des sols.
• L’accompagnement de l’évolution des
pratiques en lien avec les différents milieux :
agricoles et pastoraux, aquatiques, rupestres,
forestiers…
• L’observation et l’accompagnement de
l’adaptation des milieux et espèces au chan-
gement climatique.
• La maitrise et la réduction des impacts ou
des pollutions.
• La sensibilisation aux problématiques
liées aux espèces exotiques envahissantes, la
veille et la mise en œuvre d’actions concrètes
pour éviter/contenir leur dissémination dans
les espaces naturels et leur développement
en lien avec les modifications des habitats.
• Le renforcement de l’animation, une capa-
cité à mobiliser, fédérer les différents acteurs
du territoire pour la mise en œuvre d’actions
coordonnées, aux différentes échelles.
Préserver et restaurer les continuités écologiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.5, 6.1, 6.2, 6.3, 8.1,
8.2, 9.1, 9.2, 10.2, 10.3, 11.1, 11.2, 11.3
Préserver, gérer et valoriser les sites à la
biodiversité et à la géodiversité emblématiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.4, 5.5, 7.2, 7.3, 8.1,
11.1, 11.2, 11.3
Préserver l’identité des paysages ruraux
Mesures 2.4, 5.2, 6.2, 7.1, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 9.3, 10.1
Préserver la trame verte :
La trame bleue et turquoise :
Sous-trame des milieux forestiers
La sous-trame des plans et cours d’eau
La sous-trame des zones humides
La sous-trame des milieux ouverts et semi-ouverts
La sous-trame des milieux agricoles cultivés
La sous-trame des milieux rocheux
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Préserver les monuments emblématiques
du grand paysage
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Corridor écologique
Corridor écologique
Préserver les espaces ouverts et les perceptions
lointaines du Plateau de Valensole
Protéger les paysages agricoles
et leurs motifs particuliers
Veiller à la qualité des routes de découverte
des paysages et de leurs abords
Préserver l’identité des routes emblématiques
ou pittoresques
Préserver les cônes de vues et le devenir
des espaces associés
Veiller à la qualité des paysages perçus depuis les points
hauts du territoire offrant des perceptions lointaines
Protéger les édifices du patrimoine bâti traditionnel
identifiés en tant que pépites, jalonnant les paysages
naturels, agricoles et urbains
Veiller à la qualité des entrées de parc en améliorant les
aménagements ou en préservant leur identité rurale
Corridor écologique
Corridor écologique
Veiller à la qualité de l’urbanisation et
des aménagements
Mesures 2.1, 5.2, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 10.1, 11.3
Préserver la silhouette des villages
et hameaux traditionnels
Veiller à la qualité des espaces publics, des projets
d’aménagement et des constructions
Requalifier les espaces urbains banalisés ou dégradés
Promouvoir la densification des quartiers périphériques
Traiter qualitativement les franges villageoises
Requalifier les abords routiers, les entrées et les
traversées de villes et villages banalisées ou dégradées
Affirmer les limites d’urbanisation et contenir
le développement urbain pour empêcher le mitage
des espaces agricoles et naturels
Requalifier des infrastructures touristiques
et les espaces naturels fréquentés dégradés
Préserver et gérer les sites d’intérêt
écologique majeur
Préserver et valoriser les géosites5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
Narcisse d'Asso ©D. Chavy - PNR Verdon
MESURE 5.1
Poursuivre l’acquisition et le partage des connaissances
pour inciter à agir
OBJECTIFS DE LA MESURE
L’Humanité est confrontée à un déclin inquiétant de
la biodiversité qui, si nous n’arrivons pas à l’enrayer ou
le contenir, pourrait fortement impacter à terme nos
vies et les ressources dont nous dépendons. Ce déclin,
dont nous percevons des signaux alarmants sans qu’il
soit irréversible à ce stade, risque d’être amplifié par le
contexte du changement climatique. Près d’un tiers
des espèces de France métropolitaine sont désormais
menacées et le territoire du Verdon, aussi riche soit-il en
nombre d’espèces, n’est pas épargné.
Pour agir, il faut d’abord connaître quels sont les
enjeux, où intervenir et comment. La connaissance
constitue le socle d’une stratégie de préservation
de la biodiversité. Connaître, mieux comprendre,
c’est bien. Mais l’urgence à agir maintenant implique
que ces enjeux doivent être le plus possible
partagés, compris par tous, les actions davantage
coordonnées et inciter toutes les bonnes volontés
à agir ensemble. La diffusion et le partage des
connaissances, autour des sciences participatives
et des actions de sensibilisation, d’éducation,
doivent être ainsi, plus que jamais, renforcés.
Il y a un enjeu, un besoin fort d’une animation
à l’échelle du territoire qui soit à la fois un lieu
d’information (où se retrouver), de partage (qui
donne envie de s’impliquer), d’action (qui puisse
permettre de valoriser les initiatives).
Le déploiement d’un observatoire territorial de la
biodiversité et le développement des démarches
de sciences participatives auront pour objectifs de :
• Disposer d’indicateurs de suivi de la biodiversité
sur le territoire du Parc ;
• Guider les actions du Parc en matière d’actions
de gestion, de préservation ou de restauration de
la biodiversité ;
• Éveiller les consciences sur l’érosion de la
biodiversité, aider à mieux faire comprendre quels
peuvent être nos impacts sur la biodiversité et
comment les éviter ;
• Mobiliser les différents acteurs pour des
actions concrètes, coordonnées et à différentes
échelles en faveur de la biodiversité ;
• Renforcer l’appropriation des enjeux auprès
des élus et du grand public en développant
des démarches participatives, en travaillant
sur la valeur pédagogique des données issues
des observations et des indicateurs de suivis
de la biodiversité, en valorisant les retours
d’expérience.
142 143 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
DISPOSITIONS
Animer un observatoire territorialisé de la biodiversité et du changement climatique
• Se doter d’indicateurs de suivi de l’évolution de la biodiversité pour guider la mise en œuvre des actions de la Charte du Parc dans le contexte d’érosion de la biodiversité et de changement climatique.
• Fédérer les différents acteurs sur cette acculturation autour de la biodiversité et de ses fonctionna- lités, et de donner un objectif commun.
• Développer et renforcer une culture citoyenne autour des enjeux de préservation de la biodiversité.
• Faire connaître et valoriser les différentes initiatives sur le territoire en faveur de la biodiversité.
• Mobiliser, conforter et valoriser le tissu associatif local qui reste fragile sur le territoire.
• Permettre aux élus, citoyens, associations, de se sentir plus légitimes et mieux préparés pour alimen- ter en données l’observatoire et contribuer à le faire vivre (formations, supports pédagogiques, interface numérique).
• Créer et entretenir une mise en réseau et une dynamique sur le territoire de personnes ressources, « de passeurs du patrimoine » autour de la connaissance et des enjeux de la biodiversité de leur territoire ;
• Identifier sur le territoire des sites « supports », portes d’entrées pour faciliter la participation des habitants mais aussi des visiteurs.
• Travailler avec des personnes ressources sur le territoire pour faire connaître l’observatoire, le faire vivre et s’en emparer comme outil ressource pour leurs activités : guides de pays et accompa- gnateurs, hébergeurs (en particulier marqués « Valeurs Parcs »), associations environnementales, de randonnée…
• Permettre aux écoles primaires et collèges du territoire (ainsi que les villes portes du territoire pour les lycées) de s’emparer de l’observatoire comme source de contenu pédagogique mais aussi pour y participer.
• Renforcer et coordonner les démarches de sciences participatives avec les habitants et visi- teurs du territoire, lesquelles peuvent constituer une première porte d’entrée vers la connaissance pour le public (atlas communaux de la biodiversité, observations participatives…) et sensibiliser, alerter sur la nécessité de changer nos comportements pour mieux préserver la biodiversité.
• Soutenir la dynamique d’inventaires naturalistes portés par le Parc sur le territoire (moyens à mobiliser pour les inventaires et pour l’animation).
• Renforcer, développer des partenariats en particulier avec les acteurs de la Recherche appli- quée et le tissu universitaire de la Région.
• Nouer des collaborations, des partenariats avec différents acteurs contribuant à l’amélioration de la biodiversité régionale (associations naturalistes, Office national des Forêts, services départe- mentaux de l’Office Français de la Biodiversité…) permettant un portage collectif de l’outil.
• Pouvoir compter sur un ou plusieurs sites ressources pouvant accueillir et héberger des cher- cheurs, des étudiants, afin de stimuler la connaissance scientifique sur le territoire.
• Contribuer à renseigner des indicateurs de l’observatoire régional de la biodiversité.
• Veiller à l’appropriation du grand public en évitant d’en faire un outil trop technique et permettre une vision globale pour une appréhension facile des enjeux de biodiversité sur le territoire.
• Rendre compte aux contributeurs du bon usage de leurs données.
• Penser l’observatoire en y associant aussi les territoires voisins car les enjeux liés à la biodiversité ont rarement des limites administratives.5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
Renforcer la conscience citoyenne en faveur de la biodiversité
• Contribuer à l’essor et inscrire davantage dans le territoire des évènementiels sur le thème de la biodiversité comme le Festival de la biodiversité Inventerre aux côtés de Provence Alpes Ag- glomération…
• Renforcer et diversifier les éditions sur la faune, la flore et la géodiversité du territoire.
• Concevoir des outils de sensibilisation à destination prioritairement des acteurs du tourisme (ex : sets de table sur la faune et la flore du Verdon, posters etc. remis aux restaurateurs, hébergeurs, OT, campings, loueurs d’embarcations etc.) et les associer à leur conception.
• Promouvoir une offre écotouristique mettant en avant la découverte du patrimoine naturel et humain et leur fragilité.
• S’appuyer sur le dispositif de sensibilisation des écogardes et les former pour leur permettre de mieux connaître et partager leurs connaissances sur le patrimoine naturel avec les habitants et les touristes rencontrés sur site.
Conforter les outils d’acquisition et de partage des connaissances naturalistes
• Poursuivre et conforter l’engagement du Parc dans le développement de la base de données faune- flore inter-parcs (GeoNature), base de données partagée entre les PNR de la Région et qui permet d’alimenter la connaissance à l’échelle régionale (SILENE : plateforme régionale du Système d’Informa- tion de l’Inventaire du Patrimoine naturel (SINP).
• Développer une interface grand-public permettant de nourrir les interactions avec le grand public par la possibilité de « poster des photos » avec des données de localisation.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Initie, anime, gère et valorise l’Observatoire
territorial de la biodiversité, en lien avec l’Obser-
vatoire Régional de la Biodiversité (ORB).
• Définit et met en œuvre un programme
continu d’amélioration des connaissances du
patrimoine naturel et de suivi de l’évolution de la
biodiversité sur le territoire.
• Mobilise et valorise les actions de ses par-
tenaires pour l’amélioration des connaissances
du patrimoine naturel et pour faire vivre cet
observatoire.
• Anime et/ou coordonne des démarches de
sciences participatives et favorise des interac-
tions entre les différentes démarches et leurs
acteurs.
• Assure la diffusion des connaissances et des
résultats des inventaires auprès des acteurs du
territoire.
• Contribue à la connaissance régionale sur
la biodiversité en reversant dans SILENE les
données naturalistes issues d’inventaires portés
par le Parc (réalisés en régie ou en prestation).
• Effectue un Porter à connaissance sur les
enjeux de biodiversité lorsqu’il est saisi par
les communes et les intercommunalités pour
contribuer au diagnostic environnemental des
documents de planification.
• Contribue aux actions de connaissance, de
gestion et de préservation d’espèces à enjeux sur
le territoire relevant de plans nationaux d’actions
(PNA) et de leurs déclinaisons régionales (PRA).
• Appuie l’Office National des Forêts pour la
mise en œuvre des plans de gestion des réserves
biologiques forestières, en particulier pour les
forêts communales.
• Initie des études de faisabilité préalables à la
réintroduction d’espèces menacées.
• Anime et met en œuvre un programme sur la
connaissance, la préservation et la valorisation
de la géodiversité, notamment en partenariat
étroit avec la Réserve naturelle nationale géolo-
gique de Haute-Provence et l’UNESCO GeoParc
de Haute-Provence.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Appuyer le Parc et ses partenaires dans la
mise en œuvre des inventaires et suivis.
• Mobiliser les habitants à l’occasion de
démarches de sciences participatives
impulsées ou relayées par le Parc et ses par-
tenaires.
• Pour les communes volontaires, à participer
activement aux démarches d’atlas communaux
de la biodiversité proposés par le Parc.
• Et de manière générale, à relayer les démarches
de sciences participatives animées sur le territoire
par le Parc ou ses partenaires.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Appuyer le Parc et ses partenaires dans la mise en
œuvre des inventaires et suivis ;
• Relayer voire co-animer les démarches d’inven-
taires participatifs proposés par le Parc aux communes
du territoire ;
Les départements s’engagent à :
• Porter des inventaires et des suivis naturalistes sur
les Espaces Naturels Sensibles (ENS) ;
• Favoriser la mise en œuvre d’animations au sein
des ENS à destination de tous les publics, contri-
buant à la démarche de sensibilisation et d’appro-
priation des enjeux de la biodiversité ;
• Associer le Parc à l’élaboration et la mise
en œuvre des plans de gestion des Espaces
Naturels Sensibles.
• Associer le Parc aux comités de pilotage
des ENS et à la mise en œuvre de leurs plans
de gestion.
• Étudier avec le Parc la possibilité de
nouveaux ENS ou leur activation.
• Réaliser un diagnostic préalable des enjeux
de biodiversité, en particulier pour l’avifaune
nicheuse et les chiroptères afin de prendre
en compte ces enjeux dans les modalités
d’intervention en amont des travaux d’entre-
tien ou de restauration des ouvrages d’arts.
• Partager avec le Parc leur connaissance des
enjeux de biodiversité au niveau des ouvrages
d’art et les données de suivis.
• Contribuer à la préservation et la valorisation
de la géodiversité du territoire au niveau des
ENS et grâce à l’action de la Réserve naturelle
nationale géologique de Haute-Provence ;
• Contribuer à la découverte du patrimoine
géologique au niveau de leur plan départemental
des itinéraires de promenade et de randonnée, en
lien notamment avec l’animation menée sur le ter-
ritoire par le Parc pour la création et la valorisation
de nouveaux itinéraires et via la démarche et l’outil
inter-parcs « Chemin des Parcs ».
La Région s’engage à :
• Soutenir l’acquisition et la diffusion des connais-
sances sur le territoire du Parc, ainsi que l’acquisi-
tion d’indicateurs de suivi de la biodiversité et du
changement climatique.
• Concourir aux études prévues dans les plans de
gestions des Réserves Naturelles Régionales sur le
territoire du Parc.
144 145 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 5.1 Poursuivre l’acquisition et le partage des connaissances pour inciter à agir
Sortie à la découverte des araignées, Atlas de la biodiversité communale de Saint-Julien-du-Verdon ©D. Chavy - PNR Verdon5 5
• Appuyer la création et le fonctionnement de
l’observatoire territorialisé du Parc.
• Soutenir les démarches de sciences partici-
patives concourant aux objectifs de l’observa-
toire.
• Associer le Parc au développement de
sa plateforme régionale de la Connaissance
du territoire : le portail de la donnée et de la
connaissance en région Provence-Alpes-Côte
d’Azur.
• Impliquer le Parc dans le Comité Régional de
la Biodiversité (CRB) et dans la mise en œuvre de
l’Observatoire Régional de la Biodiversité (ORB).
• Soutenir l’acquisition et la mise à jour des outils
de bancarisation et de partage des données na-
turalistes permettant une entière interopérabilité
avec SILENE.
• Aider le Parc à avoir une vision globale et une mise
en cohérence des enjeux de la trame verte et bleue
sur son territoire et avec les territoires voisins.
• Soutenir le Parc, les intercommunalités du territoire
et les territoires voisins dans l’acquisition et l’actua-
lisation des données d’occupation du sol à grande
échelle.
L’État s’engage à :
• Soutenir l’acquisition et la diffusion des connais-
sances sur le territoire du Parc, ainsi que l’acquisi-
tion d’indicateurs de suivi de la biodiversité et du
changement climatique.
• Encourager la réalisation les études et suivis
scientifiques prévus dans les aires protégées du
territoire, ainsi que pour évaluer et suivre l’évo-
lution des fonctionnalités des continuités écolo-
giques.
• Soutenir les démarches de sciences participa-
tives concourant aux objectifs de l’observatoire.
• Valoriser la connaissance produite sur le
territoire via la démarche SILENE et le SINP.
• Soutenir l’acquisition et la mise à jour des
outils de bancarisation et de partage des
données naturalistes permettant une entière
interopérabilité avec SILENE.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise et ses connaissances
en appui à l’action du Parc.
• Appuie le Parc pour la définition de proto-
coles d’inventaires et de suivis, et participe à
l’Observatoire de la biodiversité du territoire en
contribuant à la définition d’indicateurs et leurs
suivis.
• Épaule le Parc dans sa mission de diffusion
des connaissances (courrier scientifique du
Parc, conférences, sorties grand-public, contri-
bution et relecture de contenus d’expositions,
livrets pédagogiques, mobilier d’interprétation
des patrimoines etc.).
Le Conservatoire du littoral et des rivages
lacustres :
• Transmet au Parc les résultats des études na-
turalistes qu’il commandite ou réalise en interne,
découlant de la mise en œuvre des plans de
gestion acquis par le Conservatoire au sein du
périmètre du Parc.
• Contribue à la stratégie d’amélioration des
connaissances que mènent le Parc et ses parte-
naires, en facilitant les inventaires et suivis sur
les sites du Conservatoire du littoral.
• Guide sa politique d’acquisition de sites et de
gestion en lien avec les enjeux identifiés avec le
Parc ;
• Associe le Parc aux comités de suivi des sites et
à la mise en œuvre de leurs plans de gestion.
Les Conservatoires botaniques nationaux :
• Apportent leurs expertises et leurs connais-
sances en appui à l’action du Parc ;
• Guident le Parc dans la définition et le suivi
d’une stratégie territoriale d’amélioration des
connaissances de la flore régionale patrimo-
niale.
• Portent des actions de connaissance et de
sensibilisation sur les espèces et les habitats
naturels.
La Réserve naturelle nationale géolo-
gique de Haute-Provence (CD des Alpes
de Haute-Provence) :
• Conseille et appuie le Parc pour l’aider à
améliorer les connaissances et préserver le pa-
trimoine géologique sur les communes du Parc
non inclues dans le périmètre de protection de
la Réserve.
• Fait bénéficier le Parc de ses retours d’expé-
rience et lui facilite la mise en contact avec des
personnes ressources (experts…).
• Transmet au Parc les études sur le patrimoine
géologique réalisées sur le territoire du Parc.
• Met à disposition du Parc les résultats des in-
ventaires naturalistes portés par la Réserve dans
le cadre de la mise en œuvre du plan de gestion
de la Réserves.
• Contribue aux actions du Parc et à ses
instances participatives permettant de définir
et hiérarchiser le programme d’actions annuel
du Parc.
Le GéoParc de Haute-Provence :
• Associe étroitement le Parc concernant les
communes du Parc inclues dans le périmètre
du GéoParc à la définition des projets de valo-
risation et d’interprétation du patrimoine géolo-
gique et leur mise en œuvre.
• Consulte le Parc sur les projets de signalétique
afin de maintenir une harmonisation et une lisibi-
lité de la signalétique d’information à l’échelle du
périmètre du Parc.
Les partenaires techniques et institutionnels :
L’Office national des forêts (ONF) :
• Met à profit son expertise naturaliste
au sein de l’observatoire territorialisé de la
biodiversité.
• Mobilise ses agents pour participer à des
inventaires et suivis naturalistes sur les éco-
systèmes forestiers.
• Associe le Parc au renouvellement des
aménagements forestiers, sous réserve
d'accord préalable du propriétaire pour
les forêts non domaniales relevant du
régime forestier, en lui demandant un por-
ter-à-connaissance spécifique sur les enjeux
de biodiversité et de géodiversité.
• Associe le Parc à la création de réserves
biologiques forestières, à la définition, la
mise en œuvre et au suivi de leurs plans de
gestion.
• Prend en compte les Porter à connais-
sance sollicités auprès de la Réserve
naturelle nationale géologique de Haute-Pro-
vence, du Parc ou tout autre acteur de
référence, dans ses travaux de gestion fores-
tière et de desserte susceptibles d’impacter
le patrimoine géologique.
Le Centre Régional de la Propriété forestière
et la Coopérative forestière Provence Forêt :
• Sollicitent le Parc pour un porter à
connaissance des enjeux liés à la biodiversité
et la géodiversité dans le cadre de l’élaboration
ou le renouvellement des plans simples
de gestion (PSG) auprès des propriétaires
volontaires.
• Promeuvent l’élaboration de plans simples
de gestion et dans ce cadre, sous réserve
des financements disponibles, informent et
sensibilisent les propriétaires aux diagnostics
écologiques proposés par le Parc.
Les Chambres d’Agriculture :
• Relaient et sensibilisent les agriculteurs
aux actions d’inventaires et de suivi de la
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.1 Poursuivre l’acquisition et le partage des connaissances pour inciter à agir
146 147 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
biodiversité dans les espaces agricoles portées
par le Parc et ses partenaires.
• Contribuent à en diffuser les résultats via
leurs outils et réseaux de communication.
• Tiennent compte des enjeux de biodiversité
identifiés dans leurs stratégies d’intervention.
Le Centre d’Etudes et de Réalisation Pastorales
Alpes-Méditerranée (CERPAM) :
• Apporte son expertise et œuvre aux côtés du
Parc pour croiser la fonctionnalité pastorale avec
la fonctionnalité écologique au sein de la sous-
trame des milieux ouverts et semi-ouverts.
• Relaie l’information, sensibilise et encourage la
participation des éleveurs aux programmes d’études
concourant au suivi de l’état de conservation des
espaces agro-pastoraux portés par le Parc et ses
partenaires, en particulier dans le contexte de
changement climatique.
Electricité De France (EDF) :
• Contribue aux objectifs d’amélioration des
connaissances de la biodiversité en portant
une politique volontariste sur les terrains et
les ouvrages dont EDF est propriétaire et/ou
exploitant, ainsi qu’en facilitant leur accès au
Parc et ses partenaires.
• Partage avec le Parc les résultats de ces
inventaires et suivis scientifiques.
La Société du canal de Provence (SCP) :
• Contribue aux objectifs d’amélioration
des connaissances en portant une
politique volontariste sur les terrains et
les ouvrages dont la SCP est propriétaire
et/ou exploitant, ainsi qu’en facilitant leur
accès au Parc et ses partenaires.
• Partage avec le Parc les résultats de ces
inventaires et suivis scientifiques.
Les associations, groupements et relais locaux :
Les associations :
• Informent le Parc des inventaires et suivis
qu’elles mènent sur le territoire et de la possibi-
lité pour le Parc de bénéficier de cette connais-
sance pour guider sa priorisation des actions.
• Reversent les données d’inventaires réalisés
en prestation sur le territoire du Parc via des fi-
nancements publics dans la plateforme régionale
des données naturalistes faune et flore SILENE
et adoptent cette démarche pour toutes les
données qu’elles collectent en propre sur le ter-
ritoire, avec le cadre donné par SILENE pour les
espèces dites sensibles.
• Inscrivent leurs actions dans la démarche de
territoire animée par le Parc et en lien avec d’autres
acteurs.
• Participent aux instances consultatives du Parc
qui peuvent favoriser du liant entre les actions et
les acteurs à l’échelle du territoire.5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.1 Poursuivre l’acquisition et le partage des connaissances pour inciter à agir
Les fédérations départementales des
chasseurs :
• Mobilisent et renforcent leurs objectifs
de conservation de manière à répondre aux
objectifs identifiés dans la Charte du Parc
(état des lieux des populations de Tétras-lyre;
gibier d’eau dans le cadre de la conservation
de zones humides….).
• Favorisent leur contribution à des suivis
communs avec le Parc sur la faune sauvage
dans le cadre de programmes portés
respectivement, y compris sur les espèces non
chassables.
• Contribuent aux côté du Parc à des études de
faisabilité à la réintroduction d’espèces faunistiques
dans un objectif de biodiversité et, suivant les
conclusions, contribuent à leur mise en œuvre.
Les Fédérations départementales de pêche et pour
la protection des milieux aquatiques :
• Mènent et proposent au Parc de participer à des
inventaires et suivis sur la faune aquatique, y compris
sur les espèces piscicoles non pêchables.
• Contribuent ainsi aux objectifs d’amélioration des
connaissances en portant des actions d’inventaires et
de suivis de la faune aquatique en coordination avec
le Parc et les autres acteurs, ainsi qu’en apportant
leur appui (animation, participation technique et/ou
financière) dans la mesure du possible aux études
portées par le Parc et ses partenaires.
• Restituent auprès du PNR et des différents
acteurs les résultats de leurs programmes
d’inventaires et suivis, dans un objectif de partage
de la connaissance et des enjeux.
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives et
pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l'année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°38 : Nombre d’observations faune-flore
réalisées sur le territoire et capitalisées
• N°39 : Nombre d’études et de programmes
de suivi réalisés
• N°40 : Nombre d’inventaires participatifs
menés
INDICATEURS D’ÉVALUATION
• Apportent notamment leur expertise
technique et participent aux suivis sur l’Apron
du Rhône, l’Ecrevisse à pattes blanches ainsi
qu’au suivi d’espèces exotiques envahissantes
dans les milieux aquatiques et de la trame
turquoise ;
Dans le contexte du changement climatique et
d’érosion de la biodiversité, le maintien d’une
bonne fonctionnalité des continuités écologiques
et le cas échéant leur restauration, constituent
un enjeu prioritaire à ne pas négliger pour le
territoire. Les continuités écologiques sont
principalement composées de vastes corridors
et réservoirs de biodiversité non ou peu
fragmentés par l’urbanisation et les réseaux
linéaires (voies rapides, voies ferrées…).
La sous-trame des milieux ouverts et
semi-ouverts constitue l’une des sous-trames
majeures pour le territoire, au regard de la
biodiversité qu’elle abrite et du lien très étroit
entre cette dernière et l’activité pastorale,
activité économique historique et structurante
pour le Verdon. Cependant, la dynamique générale
de fermeture des milieux observée sur l’ensemble
du territoire est le premier facteur à grande échelle
de fragmentation de cette sous-trame. De surcroît,
cette problématique se conjugue plus localement
avec d’autres pressions. Ainsi, la croissance de
l’urbanisation diffuse ces 20 dernières années,
en particulier dans la partie ouest et sud-ouest du
territoire, doit alerter. Dans la partie varoise à l’ouest
du territoire, la bonne fonctionnalité de la sous-trame
des milieux ouverts et semi-ouverts repose aussi sur
le maintien de petits corridors reliant entre eux de plus
grands espaces et permettant également de maintenir
un socle de biodiversité dans les espaces cultivés où
s’imbriquent encore des pelouses sèches et des landes à
genévrier et garrigues.
Le développement important des centrales photo-
voltaïques au sol dans les espaces naturels et leurs
possibles effets de cumul encore mal appréhendés,
constituent également une pression supplémentaire qui
s’exerce sur cette sous-trame.
OBJECTIFS DE LA MESURE
Les documents de planification, en premier
lieu desquels on peut citer les SCOT et les PLU,
constituent une première porte d’entrée importante
pour intégrer les enjeux de préservation de la
biodiversité dans les choix d’aménagement du
territoire. Suivant leur degré d’ambitions, ils
peuvent déployer des outils pertinents, s’appuyer
sur les Codes de l’Urbanisme et de l’Environnement
et intégrer des objectifs du Schéma Régional
d’Aménagement, de Développement Durable
et d’Égalité des Territoires (SRADDET). Les
documents d’urbanisme ont l’obligation de mise
en compatibilité avec les documents précédents
ainsi qu’avec la Charte sous 3 ans prévue à l’article
L131-3 du code de l’urbanisme.
S’ils ne permettent pas d’agir sur les pratiques de
gestion, ils sont la clé pour prévenir et lutter contre
l’artificialisation des sols qui constitue l’une des
causes importantes de perte de la biodiversité,
avec l’obligation de diviser par deux le rythme d’ar-
tificialisation des sols d’ici 2030 pour atteindre une
artificialisation nette de zéro d’ici 2050. Ils offrent
ainsi un premier niveau d’opérationnalité pour
contribuer à préserver les continuités écologiques.
Les objectifs sont de :
• Contenir l’artificialisation des sols, facteur
d’érosion de la biodiversité ;
• Préserver et restaurer les continuités
écologiques ;
• Renforcer les ambitions et l’opérationnalité
des documents de planification, d’urbanisme en
faveur de la biodiversité, remarquable ou plus
« ordinaire » ;
• Définir et mettre en œuvre la séquence évi-
ter-réduire-compenser aux bonnes échelles
appropriées, avec une vision des effets cumulés
sur l’environnement à l’échelle territoriale.
Amandier sur le plateau de Valensole ©D. Chavy - PNR Verdon
MESURE 5.2
Intégrer les enjeux de biodiversité dans les choix d’aménagement
et de gestion du territoire
148 149 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Ophrys saratoi ©D. Chavy - PNR Verdon5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.2 Intégrer les enjeux de biodiversité dans les choix d’aménagement et de gestion du territoire
Enfin, à l’aune du changement climatique, dans
les parcours préalpins et montagnes méditerra-
néennes sèches qui caractérisent le territoire, il est
plus qu’indispensable d’avoir une lecture croisée
des enjeux entre la fonctionnalité pastorale et
écologique de ces espaces. Un enneigement
aléatoire, un allongement de la saison estivale sur
l’automne et une ressource en eau plus incertaine
rendent indispensables de se doter d’indicateurs
de suivi et d’aide à la gestion pastorale ; de
manière également à accompagner une transition
des pratiques qui pourra s’avérer nécessaire
pour conserver tant aux milieux qu’aux systèmes
pastoraux leur capacité de résilience.
Dans les espaces agricoles, outre la préservation
des terres agricoles comme socle de la démarche,
le développement des pratiques agro-écologiques
(préservation et restauration des sols, préservation et
consolidation des éléments topographiques et autres
éléments non productifs, diversification de l’assolement,
préservation et restauration de la qualité de la ressource
en eau etc.) constitue là aussi une voie de travail à
poursuivre et renforcer sur l’ensemble du territoire. Les
outils comme les mesures agroenvironnementales peuvent
venir appuyer cette transition des pratiques. L’extension
des réseaux d’irrigation peut aider à cette transition, en
veillant toutefois à bien encadrer l’usage de l’eau pour se
prémunir de toute intensification des pratiques et d’une
consommation accrue de la ressource en eau qui seraient
préjudiciables.
La préservation et la restauration des continuités
écologiques forestières implique également d’explorer
de nouveaux modes de gestion sylvicole et de
s’inspirer du fonctionnement naturel des écosystèmes
forestiers. Et en premier lieu de préserver les sols
forestiers. L’objectif politique de stockage du carbone
ne doit pas se traduire par une intensification des
pratiques (ex : rajeunissement systématique de
l’âge des peuplements, plantations d’essences sur
des surfaces importantes ou même boisement de
terres agricoles) au détriment de la biodiversité
et des autres fonctions de la forêt. Maintenir et
conforter une trame de vieux bois, favoriser des
forêts aux essences diversifiées et accompagner
prioritairement les essences issues de la
régénération naturelle constituent ainsi une voie
d’entrée pour conforter la trame forestière du
territoire et contribuer à l’objectif de stockage
du carbone. L’accentuation de la vulnérabilité aux
feux de forêts implique également une stratégie
planifiée et coordonnée de prévention et de lutte
contre les feux de forêt, sans l’opposer à l’enjeu des
trames de vieux bois.
Enfin, les milieux aquatiques (cours d’eau, zones
humides) constituent sans nul doute la sous-trames
la plus vulnérable à court terme au changement
climatique. La vulnérabilité sera d’autant plus
forte dans les secteurs où s’exerce une pression
humaine forte aux périodes les plus contraintes
(prélèvements d’eau, activités touristiques dans
les milieux aquatiques dont verticaux comme
les canyons). La petite taille des zones humides
et leur dispersion sur l’ensemble du territoire et
bassin versant du Verdon rendent également plus
difficile le travail de sensibilisation aux fonctions
qu’elles remplissent. Les ripisylves et les cours
d’eau sont aussi des voies d’introduction et de
dissémination des principales espèces exotiques
envahissantes recensées sur le territoire,
appelant une stratégie de veille et de lutte pour
contenir le développement de ces espèces. Les
populations d’écrevisses à pattes blanches sont
ainsi directement menacées par l’extension des
linéaires colonisés par des écrevisses exotiques
et toutes porteuses de l’aphanomycose, maladie
qui a déjà fait disparaître plusieurs populations
d’écrevisses à pattes blanches sur le territoire.
Pour la flore, la Renouée du japon et la Berce du
Caucase sont les espèces les plus problématiques.
Ainsi, l’ossature de la trame verte et bleue du Parc,
bien que non ou jusqu’à présent peu fragmentée
par l’artificialisation des sols, pourrait être à un
point de bascule « invisible » dont l’avenir et
les usages liés à ces espaces nécessitent une
politique ambitieuse, engagée et constante
pour les 15 prochaines années de cette nouvelle
charte de Parc. Cela implique des interventions
coordonnées entre tous les acteurs du territoire
et aussi de se doter d’outils de suivi à long terme
de l’état de conservation des milieux et d’espèces
indicatrices.
Les enjeux liés à la trame noire concernent
également toutes les sous-trames qui composent
la Trame verte et bleue du Parc. Si la pollution
lumineuse nocturne n’est pas comparable à celle
de territoires plus urbanisés, localement cette
problématique répondant tant à des enjeux
énergétiques, de biodiversité mais aussi de
santé publique, implique de poursuivre le travail
engagé par les premières communes précurseurs
du territoire et à se donner à l’horizon 2039 un
objectif de « territoire de villes et villages étoilés »
(cf. mesure 2.2).
150 151 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
DISPOSITIONS
S’appuyer sur la trame verte et bleue du
Parc pour guider les choix d’aménagement
et de gestion du territoire
• Intégrer les enjeux de la Trame verte et
bleue (TVB) du Parc dans les documents de
planification en transposant la cartographie
des réservoirs de biodiversité et des corridors
écologiques pour chacune des sous-trames
identifiées en s’appuyant notamment sur le
guide de la TVB rédigé par le Parc.
• Identifier dans la mesure du possible au
niveau des documents cartographiques et/
ou dans le règlement des documents de pla-
nification (SCOT, PLU(i), carte communale) les
espaces pouvant faire l’objet d’un changement
d’usage et d’actions spécifiques pour améliorer
voire restaurer les continuités écologiques et
la biodiversité comme des espaces à ré-ouvrir
ou défricher pour la préservation d’espèces de
milieux ouverts, la création de gîtes artificiels pour le Petit rhinolophe en espace agricole ou naturel…
• Encourager et accompagner les démarches d’extinction des éclairages publics extérieurs, éviter l’installation de nouveaux points de lumière à proximité de gîtes connus à Petit rhinolophe.
• Conduire une approche sur les clôtures et limites séparatives entre les propriétés de manière à conserver une perméabilité pour la petite faune sauvage dans une démarche de transparence écologique.
• Instaurer dans la mesure du possible la notion « d’urbanisme réversible » afin de préserver l’intégrité des sols lors d’opération d’aménagement et/ou énergétique, et laisser ainsi la possi- bilité à un retour à l’état initial pour une vocation agricole ou naturelle.
Préserver les espaces naturels remarquables, pépites de la biodiversité et géodiversité du territoire
• Traduire dans les documents de planification sous forme cartographique et dans le règle- ment (prescriptions) les objectifs de préservation :
des sites d’intérêt écologique majeur.
des géosites.
Identifiés au Plan de Parc pour leur patrimoines naturels remarquables et fragiles, ou pour leur géodiversité qui leur confère une forte valeur pédagogique.
Encourager les pratiques favorables à la biodiversité
Encourager l’évolution des pratiques dans les espaces verts, les jardins et les zones cultivées : Adopter une gestion des espaces verts et des jardins prenant mieux en compte la biodiversité comme la gestion et les périodes d’intervention, les pratiques agroécologiques favorables aux pollini- sateurs sauvages et préservant les sols…
• Préserver la biodiversité domestique en recensant, conservant et valorisant les variétés fruitières anciennes du territoire et en implantant des vergers conservatoires communaux.
• Œuvrer pour la transition agro écologique en confortant la démarche « REGAIN » et étendre cette démarche à d’autres systèmes agricoles et secteurs géographiques du territoire (conforter et déve- lopper de nouveaux partenariats, valoriser et soutenir les initiatives des agriculteurs).
Intégrer les enjeux de biodiversité dans l’entretien et la restauration du patrimoine bâti :
• Intégrer dans les projets de restauration du patrimoine bâti remarquable (cabanons, pigeonniers, restanques, oratoires, lavoirs…) une composante biodiversité afin d’éviter une restauration trop " hermétique ".
• Préserver et restaurer les réseaux d’irrigation gravitaire, les sources et les mines à eau associés qui sont également source de biodiversité, et adopter une gestion de ces aménagements favorable à la biodiversité.
disposition pertinente
DÉFINITIONS
Les sous-trames de la Trame Verte :
• sous-trame des milieux ouverts
et semi-ouverts (agropastoraux)
• sous-trame des espaces agricoles
• sous-trame forestière
• sous trame des milieux rupestres
Les sous-trames de la Trame Bleue
et turquoise :
• sous-trame des cours d’eau et plans
d’eau (et de leurs ripisylves associées)
• sous-trame des zones humides
Les enjeux liés à la trame noire sous-tendent
l’ensemble des sous-trames5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.2 Intégrer les enjeux de biodiversité dans les choix d’aménagement et de gestion du territoire
• Informer le Parc pour la réalisation d’un diagnostic préalable en cas de travaux de rénova- tion nécessitant une déclaration ou un permis de construire dans les bâtiments abritant des colonies de chauves-souris.
• Montrer l’exemple sur les bâtiments communaux notamment en conservant, voire res- taurant l’accès pour la petite faune dépendante en grande partie du bâti pour nicher/gîter comme les hirondelles, les martinets et les chauves-souris (ne pas employer des enduits répulsifs, ne pas boucher les accès aux génoises des toits).
Développer des pratiques permettant une meilleure maitrise des espèces invasives :
• Définir un plan d’actions de lutte contre les espèces exotiques envahissantes en s’ap- puyant sur des actions de prévention et de lutte contre la dissémination de ces espèces, notamment au niveau des milieux humides.
• Intégrer la problématique des espèces exotiques envahissantes dans les opérations de restauration des continuités écologiques dans les milieux aquatiques.
• Surveiller l’installation du frelon asiatique et communiquer sur comment le distinguer du frelon européen et sur les techniques de lutte.
• Proscrire dans les documents d’urbanisme les plantations d’essences exotiques envahissantes, dont la liste est présentée en annexe, dans les haies séparatives des propriétés, dans les espaces verts communaux et le long des cours d’eaux.
Investir les franges villageoises comme lieu privilégié de préservation de la « biodiversité ordinaire »
• Conforter les interfaces entre les enveloppes bâties et les espaces agricoles et naturels, pour la préservation et la restauration des continuités écologiques, en particulier pour la biodiversité dite " ordinaire ".
• Définir et mettre en œuvre des actions favorables à la biodiversité en croisant les approches entre enjeux paysagers, agricoles, pastoraux, fonciers et de défense forestière contre les incendies (DFCI), comme maintenir des cultures traditionnelles aux franges urbaines, gérer les lisières par le pastora- lisme, mettre en valeur ou restaurer des restanques, restaurer des pigeonniers ou cabanons…
• Permettre d’impliquer les habitants et les rendre acteurs pour l’appropriation des enjeux et la gestion de ces espaces par la création de jardins partagés avec hôtels à insectes, ruchers…
152 153 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Paysage semi-bocager à l’entrée du village de Rougon ©D. Chavy - PNR Verdon
• À réduire les impacts sur la biodiversité et la
qualité des ciels nocturnes en améliorant le fonc-
tionnement de leur système d’éclairage public (ex :
systèmes d’éclairage, orientation, température
de couleur, suppression ou décalage de points
lumineux problématiques etc. ), ainsi qu’en privilé-
giant une période d’extinction nocturne.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Solliciter et prendre en compte les porter à
connaissance effectués par le Parc sur la biodiver-
sité et la géodiversité dans les documents de plani-
fication.
• En particulier, via les SCOT et PLU(i), à identifier les
sites d’intérêt écologique majeur et géosites du Plan
de Parc, les continuités écologiques identifiées dans
la trame verte et bleue du Parc et les zones humides
annexées au SAGE Verdon ainsi que celles identifiées
dans les différents plans de gestion stratégiques des
zones humides recoupant le territoire du Parc, comme
devant faire l’objet de zonages et de prescriptions
spécifiques pour assurer leur préservation.
• Retranscrire la cartographie et les enjeux de la
TVB du Parc dans les SCOT ou PLUi, et définir les
attendus et les recommandations pour les PLU.
• Maintenir voire renforcer les continuités
écologiques au cœur même des centres
urbains.
• Maintenir voire restaurer les continui-
tés écologiques au niveau des franges
villageoises, espaces de transitions et
d’interfaces entre l’espace urbain, agricole
et naturel.
• Associer le Parc dès la phase des dia-
gnostics du SCOT ou PLU(i) permettant de
développer une stratégie intercommunale
pour maîtriser la consommation d’espaces
naturels et agricoles.
• Associer le Parc aux démarches de recon-
quêtes de terres agricoles et/ou pastorales et
croiser les enjeux agronomiques, fonciers avec
ceux relatifs à la biodiversité et les continuités
écologiques.
• Articuler et adapter la gestion des espaces
naturels dans la planification de la DFCI avec les
enjeux de la TVB.
• Promouvoir et inciter les communes à rénover
leur éclairage public extérieur pas uniquement
dans une démarche de sobriété énergétique mais
également pour la prise en compte des enjeux
de biodiversité et de qualité des ciels nocturne
de la trame noire (ex : démarche « villes et villages
étoilés »).
• En synergie avec le Parc, à animer et porter ces
démarches pour les intercommunalités ayant pris
cette compétence.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Assure la diffusion des connaissances et des
résultats des inventaires auprès des acteurs du
territoire.
• Effectue un Porter à connaissance sur les
enjeux de biodiversité lorsqu’il est saisi par
les communes et les intercommunalités pour
contribuer au diagnostic environnemental des
documents de planification.
• Anime la démarche Trame verte et bleue car-
tographiée sur le territoire du Parc et accom-
pagne les intercommunalités et les communes
dans sa prise en compte.
• Accompagne les communes pour les aider
à formaliser et mettre en œuvre leurs projets
pour la reconquête des entrées de village et des
franges villageoises (ingénierie, recherche de
sources de financements).
• Soutient les démarches de labellisation
comme la démarche « villes et villages étoilés »,
« Territoires engagés pour la Nature ».
• Initie, porte, coordonne, accompagne des
actions permettant d’améliorer ou de restaurer
les continuités écologiques de la trame verte et
bleue du territoire.
• Appuie techniquement les communes dans
l’instruction des demandes d’autorisation de
pratiques de loisirs, d’installations nouvelles ou
de manifestations sportives pour lesquelles elles
sont sollicitées.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Solliciter et prendre en compte les porter à
connaissance effectués par le Parc sur la bio-
diversité et la géodiversité dans les documents
d’urbanisme et leurs projets d’aménagements.
• En particulier à mobiliser les documents d’ur-
banisme et autres moyens d’actions possibles
pour préserver les sites d’intérêt écologique
majeur et géosites du Plan de Parc, les continui-
tés écologiques identifiées dans la trame verte
et bleue du Parc, ainsi que les zones humides
annexées au SAGE Verdon et conformément
aux enjeux et plans d’actions prévus aux plans
de gestion stratégiques des zones humides
recoupant le territoire.
• Inciter les agents des services techniques à
se former pour mieux favoriser la biodiversité
dans la gestion des espaces communaux plus
respectueuse du patrimoine arboré hors forêt
(arbres isolés, haies), ainsi qu’à la reconnaissance
de plantes exotiques invasives et aux méthodes
de lutte pour éviter leur propagation.5 5
Les départements s’engagent à :
• Prendre en compte des enjeux de biodiver-
sité notamment dans le cadre de l’entretien
des voiries départementales et des ouvrages
d’art routiers.
• Réaliser un diagnostic préalable des enjeux
de biodiversité, en particulier pour l’avifaune
nicheuse et les chiroptères afin de prendre en
compte ces enjeux dans les modalités d’inter-
vention en amont des travaux d’entretien ou
de restauration des ouvrages d’arts.
• Partager avec le Parc leur connaissance des
enjeux de biodiversité au niveau des ouvrages
d’art et les données de suivis.
• Tenir compte, dans le cadre de travaux d’élargis-
sement de voiries ou d’aménagements de préven-
tion contre les risques naturels (ex : pose de filets
de protection sur les parois rocheuses), des enjeux
du patrimoine faunistique, floristique et géologique
en sollicitant le Parc et les différents acteurs pour des
porters à connaissance et avis.
• Contribuer à la découverte du patrimoine géologique
au niveau de leur plan départemental des itinéraires de
promenade et de randonnée, en lien notamment avec
l’animation menée sur le territoire par le Parc pour la
création et la valorisation de nouveaux itinéraires et via
la démarche et l’outil inter-parcs « Chemin des Parcs ».
La Région s’engage à :
• Aider le Parc à avoir une vision globale et une mise
en cohérence des enjeux de la trame verte et bleue
sur son territoire et avec les territoires voisins.
• Pour ce faire à favoriser la participation du Parc
à des programmes menés aux échelles supra-terri-
toriale et régionale en particulier sur les continui-
tés écologiques, ou à défaut à le faire bénéficier
des résultats.
• Soutenir le Parc, les intercommunalités du
territoire et les territoires voisins dans l’acquisi-
tion et l’actualisation des données d’occupation
du sol à grande échelle.
• Soutenir les actions du Parc en matière de
gestion et de préservation de la biodiversité
y compris dite " commune ", par ses appels à
projets et autres modalités de financements
ciblés sur la biodiversité et les continuités
écologiques.
L’État s’engage à :
• Soutenir le syndicat mixte du Parc dans
son rôle d’animateur et de médiateur territo-
rial pour la transition écologique du territoire.
• Soutenir le Parc pour la préservation de la
biodiversité sur le territoire, par les appels à
projets et financements.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Mobilise ses différents champs disciplinaires
et réseaux en appui aux actions conduites par
le Parc.
• Contribue aux actions d’information et de
sensibilisation en appui au Parc.
Le Conservatoire du littoral et des rivages
lacustres :
• Par les modalités de gestion mises en
œuvre sur ses sites, concoure aux objectifs
de la Charte du Parc en matière d’agroéco-
logie, de préservation et restauration des
continuités écologiques ; ainsi que de prise en
compte des enjeux de biodiversité au travers
des différents usages.
Les Conservatoires botaniques nationaux :
• Apportent leurs expertises et connais-
sances permettant d’évaluer l’état de conser-
vation des habitats et leurs fonctionnalités
écologiques (ex : appui méthodologique).
La Réserve naturelle nationale géologique de
Haute-Provence :
• Par les modalités de gestion mises en œuvre
sur les sites classés en réserve nationale,
concoure aux objectifs de la Charte du Parc
en matière d’agroécologie, de préservation
et restauration des continuités écologiques ;
ainsi que de prise en compte des enjeux de
biodiversité au travers des différents usages.
• Contribue aux côtés du Parc aux porter à
connaissance sur le patrimoine géologique et
plus largement sur la géodiversité, pour l’éla-
boration et la révision des documents d’urba-
nisme et de planification.
• Apporte son expertise au sein de son
périmètre de protection sur les projets sus-
ceptibles de porter atteinte au patrimoine
géologique et à la géodiversité.
• En dehors de son périmètre de protection,
apporte son expertise et conseille le Parc le
cas échéant, pour la préservation et la valo-
risation du patrimoine géologique dans les
projets d’aménagements et de planification.
Le GéoParc de Haute-Provence :
• Associe étroitement le Parc concernant les
communes du Parc inclues dans le périmètre
du GéoParc à la définition des projets de va-
lorisation et d’interprétation du patrimoine
géologique et leur mise en œuvre.
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.2 Intégrer les enjeux de biodiversité dans les choix d’aménagement et de gestion du territoire
154 155 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
rables au maintien des fonctionnalités écolo-
giques de la sous-trame forestière.
• S’engagent à conforter, développer et pro-
mouvoir la trame de vieux bois et à préserver
le bon fonctionnement des écosystèmes fo-
restiers dans les forêts cartographiées comme
anciennes sur le territoire.
• Encouragent, sur les stations forestières s’y
prêtant, une sylviculture plus douce s’appuyant
sur le fonctionnement des écosystèmes fores-
tiers (sylviculture à couvert continu, la régénéra-
tion naturelle…).
• Vérifient lors de l’agrément des PSG qu’il n’y a
pas d’incompatibilité entre les mesures de gestion
proposées et la préservation du patrimoine géolo-
gique.
Les Chambres d’Agriculture :
• Soutiennent et promeuvent aux côtés du Parc les
démarches agroécologiques permettant d’accom-
pagner les systèmes agricoles vers plus de durabi-
lité (démarche multi-partenariale REGAIN…).
• Participent à l’élaboration et contribuent à
la mise en œuvre d’un programme agro-envi-
ronnemental et climatique (PAEC) porté par le
Parc ou démarches similaires.
• Associent le Parc aux démarches de re-
conquête de terres « agricolables » en
adoptant une approche multi-enjeux
prenant en compte les enjeux de biodiver-
sité et de continuités écologiques.
• Contribuent, relaient et participent aux
actions portées par le Parc visant à pro-
mouvoir la biodiversité dans les systèmes
agricoles.
Le Centre d’Etudes et de Réalisation Pasto-
rales Alpes-Méditerranée (CERPAM) :
• Œuvre aux côtés du Parc pour croiser la
fonctionnalité pastorale avec la fonctionna-
lité écologique au sein de la sous-trame des
milieux ouverts et semi-ouverts.
• Appuie le Parc pour œuvrer à la préserva-
tion et la restauration des continuités écolo-
giques dans ce cadre notamment d’un projet
agroenvironnemental et climatique porté par le
Parc ou démarches similaires.
La Société d’Aménagement Foncier et d’Etablis-
sement Rural (SAFER) :
• Appuie le Parc pour aider à préserver, améliorer
et/ou restaurer les continuités écologiques.
• Mobilise son expertise, ses outils et ses moyens
pour contribuer à la préservation des espaces
agricoles et de leur biodiversité, en particulier pour
la préservation des zones humides, le maintien et la
restauration des continuités écologiques.
• Consulte le Parc sur les projets de signalé-
tique afin de maintenir une harmonisation et
une lisibilité de la signalétique d’information à
l’échelle du périmètre du Parc.
Les partenaires techniques et institutionnels :
L’Office national des forêts (ONF) :
• Met à profit son expertise naturaliste en
appui aux objectifs de la Charte du Parc.
• Expérimente de manière concertée avec le
Parc des modes de gestion sylvicoles favo-
rables au maintien des fonctionnalités écolo-
giques de la sous-trame forestière.
• Privilégie la régénération naturelle des
peuplements forestiers et, dans le contexte
de changement climatique, associe étroite-
ment le Parc aux choix de gestion dans les
forêts publiques aux côtés des communes, en
s’appuyant le plus possible sur le fonctionne-
ment naturel de l’écosystème forestier pour
favoriser la capacité de résilience des forêts
aux effets du changement climatique.
• S’engage à conforter, développer et pro-
mouvoir la trame de vieux bois.
• Associe le Parc au renouvellement des
aménagements forestiers et l’informe des
projets de coupes dans les forêts relevant du
régime forestier (enjeux de biodiversité et de
géodiversité).
• Prend en compte les Porter à connais-
sance sollicités auprès de la Réserve naturelle
nationale géologique de Haute-Provence,
du Parc ou tout autre acteur de référence,
dans ses travaux de gestion forestière et de
desserte susceptibles d’impacter le patri-
moine géologique.
Le Centre Régional de la Propriété forestière
et la Coopérative forestière Provence Forêt :
• encouragent les propriétaires à la prise en
compte de la biodiversité dans leur gestion,
en s'appuyant sur les règles et conseils du
Schéma Régional de Gestion Sylvicole relatifs
à cet enjeu ».
• Sollicitent le Parc pour un Porter à connais-
sance des enjeux liés à la biodiversité et la
géodiversité dans le cadre de l’élaboration
ou le renouvellement des plans simples de
gestion (PSG) auprès des propriétaires volon-
taires.
• Encouragent les propriétaires pour que le
contenu des plans simples de gestion soit plus
volontariste dans l’identification et la prise en
compte des enjeux de biodiversité en forêt.
• Sensibilisent les propriétaires forestiers à
la préservation des zones humides intra fores-
tières, au maintien de vieux bois et à l’enjeu de
conserver des arbres morts sur pied et au sol.
• Expérimentent de manière concertée avec
le Parc des modes de gestion sylvicoles favo-5 5
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indica-
teur du SRADDET, les sources, l'année de réfé-
rence de la valeur initiale et les valeurs cibles à
mi-parcours de la Charte et à la fin de la Charte :
• N°41 : Nombre de communes pratiquant
l’extinction nocturne ou totale
• N°42 : Evolution du linéaire de haies
existantes dans les espaces agricoles du
territoire du Parc
• N°44 : Pourcentage de sites d’intérêt
écologique majeur faisant l’objet d’une
démarche d'animation/gestion/restauration
(18 sites)
• N°46 : Part de la surface du territoire
en protection forte (SNAP)
INDICATEURS D’ÉVALUATION
RENVOIS VERS LE PLAN DU PARC
Sites avec protection réglementaire
Site Natura 2000
Sites avec protection foncière
Zones naturelles d’intérêt écologique floristique
et faunistique (ZNIEFF)
Périmètre de protection de la réserve naturelle nationale
géologique de Haute-Provence
Projet de classement en réserve nationale (réserve
naturelle nationale géologique de Haute-Provence)
Réserve naturelle régionale
Réserve biologique (ONF)
Arrêté préfectoral de protection de biotope
Zone de protection spéciale (ZPS)
Zone spéciale de conservation (ZSC)
Site du Conservatoire du littoral
Espace naturel sensible (ENS) des départements
ZNIEFF Type 1
Sites avec des mesures de protection
contractuelle
Site géré par le Conservatoire d’espaces naturels
de Provence-Alpes-Côte d’Azur (CEN PACA)
Site doté d’une convention « Refuge chauves-souris »
156 157 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Électricité De France (EDF) :
• Contribue aux objectifs de préservation et
de restauration de la biodiversité sur le terri-
toire du Parc en portant une politique volon-
tariste sur les terrains et les ouvrages dont
EDF est propriétaire et/ou exploitant.
• Recherche les meilleures solutions déli-
mitées par un cadre technique, économique
et réglementaire, pour améliorer la fonc-
tionnalité écologique des milieux aquatiques
impactés par les grands aménagements.
La Société du canal de Provence (SCP) :
• Contribue aux objectifs de préservation et de
restauration de la biodiversité sur le territoire du
Parc en portant une politique volontariste sur les
terrains et les ouvrages dont la SCP est propriétaire
et/ou exploitant.
• Promeut le développement de pratiques agroé-
cologiques permettant de mieux préserver les sols, la
ressource en eau ainsi que la biodiversité (démarche
REGAIN sur le plateau de Valensole…).
• Inscrit la réflexion et les grands aménagements en
terme d’extension des réseaux d’irrigation des terres
agricoles dans une approche intégrée au territoire,
croisant les enjeux économiques, agronomiques et
liés au changement climatique avec ceux liés à la lutte
contre l’érosion de la biodiversité.
Les associations, groupements et relais locaux :
Les associations naturalistes et du cadre de vie :
• Par leur animation locale, leurs expertises,
concourent aux côtés du Parc à favoriser la prise en
compte de la biodiversité dans les projets d’aména-
gements et de planification du territoire.
• Peuvent être porteuses d’initiatives, de projets
concourant aux échelles communales ou inter-
communales aux objectifs de la Charte du Parc.
• Participent aux instances consultatives du
Parc qui favorisent les débats et apportent du
liant entre les actions et les acteurs à l’échelle
du territoire.
Les fédérations départementales des
chasseurs :
• Mobilisent et renforcent leurs objectifs de
conservation en particulier en faveur de la
petite faune dans les espaces agricoles et les
milieux ouverts.
• Relaient auprès des chasseurs les mes-
sages de sensibilisation pour éviter la divaga-
tion des chiens de chasse dans les couverts
engagés par les agriculteurs pour la préserva-
tion des espèces.
• Proposent et participent à des suivis
communs avec le Parc sur la faune sauvage
dans le cadre de programmes portés res-
pectivement, y compris sur les espèces non
chassables.
• Développent des partenariats avec le Parc
pour des actions de gestion et de restaura-
tion de la biodiversité, en particulier dans les
espaces agricoles et agropastoraux.
Les Fédérations départementales de pêche et
pour la protection des milieux aquatiques :
• Contribuent aux objectifs de la Charte du
Parc en matière de préservation et de restau-
ration des milieux aquatiques, proposant et
portant dans ce sens des actions en synergie
avec l’ensemble des acteurs.
• Prennent en compte dans le cadre des
actions à objectif piscicole (restauration d’ha-
bitats, introduction de poissons) les modalités
de gestion des enjeux de conservation relatifs à
d’autres espèces patrimoniales, et de s’assurer
de la provenance géographique et génétique
des individus pour ne pas impacter les popula-
tions de souches locales et prévenir le risque de
colonisation ou d’hybridation.
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.2 Intégrer les enjeux de biodiversité dans les choix d’aménagement et de gestion du territoire5 5
DISPOSITIONS
Définir une stratégie collective de préservation et de restauration des continuités écologiques
• Conforter et développer de nouveaux partenariats autour de plans d’actions, d’une stratégie de territoire pour préserver et renforcer la fonctionnalité écologique de trois sous-trames ma- jeures du territoire : la sous-trame « pastorale » (milieux ouverts et semi-ouverts), « agricole » et « forestière ».
158 159 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
OBJECTIFS DE LA MESURE
En s’appuyant sur les politiques publiques et les outils
en faveur de la biodiversité (Stratégie nationale des aires
protégées, plans nationaux et régionaux d’actions pour
préserver des espèces menacées, démarche Natura
2000, mise en œuvre de la Trame verte et bleue, etc.),
il s’agit de mener des actions concrètes de gestion, de
préservation et/ou de restauration de la biodiversité.
Que ce soit à l’échelle de sites, avec une approche plus
tournée vers les « milieux » ou vers des espèces à fort
enjeu de conservation, les actions de s’appuieront
également sur des pratiques de gestion plus
favorables à la biodiversité comme les pratiques agro
écologiques, l’agroforesterie, la gestion forestière
durable, la gestion écopastorale, le plan de gestion
stratégique des zones humides, la préservation de
la qualité de l’eau et des milieux aquatiques etc. Les
actions ne doivent pas être tournées uniquement
vers les espèces et habitats rares ou protégés,
mais aussi porter sur les espèces dites plus
« ordinaires » ou « communes », les plus affectées
par le contexte d’érosion de la biodiversité.
Les objectifs sont donc de :
• Mener des actions concrètes de gestion, de
préservation et restauration de la biodiversité, en
lien avec les enjeux identifiés sur le territoire mais
aussi à l’échelle régionale et nationale ;
Préserver les sites d’intérêt écologique majeur
au Plan de Parc ainsi que les zones humides dans
leur globalité ;
• Préserver et restaurer les continuités
écologiques à l’échelle du territoire mais aussi en
lien avec les territoires voisins ;
• Poursuivre la contribution du territoire du
Parc à la stratégie nationale des aires protégées
(SNAP) ;
• Définir et mettre en œuvre une stratégie de
préservation d’espèces floristiques d’intérêt
patrimonial.
Lézard ocellé ©D. Chavy - PNR Verdon
MESURE 5.3
S’engager concrètement et durablement dans des actions
de gestion et de restauration de la biodiversité
• Mieux appréhender, sensibiliser et poursuivre la mise en œuvre d’actions concrètes à l’échelle du territoire pour répondre aux enjeux liés à la trame noire.
• Mettre en œuvre un plan d’actions coordonné entre les différents acteurs de la Gestion des Milieux Aquatiques et de la Prévention des Inondations (GEMAPI) pour la gestion et la préservation des zones humides du bassin versant du Verdon et des autres sous-bassins recoupant le périmètre du Parc.
• Accompagner les démarches d’élaboration des trames vertes et bleues des territoires voisins afin de favoriser les continuités écologiques à l’échelle infrarégionale.
• Guider les actions d’aménagement du territoire et de gestion des espaces naturels et agricoles, de manière à conforter la fonctionnalité écologique et la résilience des espaces naturels (dont forestiers et pastoraux) et agricoles, dans le contexte d’érosion de la biodiversité et de changement climatique.
• Sensibiliser à la fragilité de certains milieux, notamment les canyons et les milieux aquatiques.
• Valoriser les activités permettant une découverte pédagogique et respectueuse des milieux et mettre en place le cas échéant des mesures concertées de gestion et de préservation des milieux.
• Renforcer les expertises sur l’évaluation des fonctionnalités écologiques des différentes sous-trames, notamment en lien avec les démarches éviter-réduire-compenser.
• Mobiliser des partenariats, des outils fonciers et/ou réglementaires comme la veille foncière, l’ani- mation SAFER, l’animation auprès de propriétaires forestiers ou l’outil Zone Agricole Protégée, afin de faciliter la mise en place d’actions de gestion coordonnées pour le maintien et la restauration des continuités écologiques, aux échelles pertinentes et en lien avec la stratégie d’aménagement de territoire portées aux échelles communale et intercommunale.
Préserver et gérer les sites naturels remarquables
Préserver les 18 sites d'intérêt écologique majeur inscrits au Plan du Parc tels que décrits en annexe (pièce complémentaire n°3) :
• Animer des démarches concertées de gestion, de préservation, de sensibilisation et de valo- risation de la biodiversité.
• Protéger ces sites non seulement pour les espèces et les milieux sensibles qu’ils hébergent, mais aussi comme lieux de supports pédagogiques pour favoriser l’appropriation des enjeux de conservation de la biodiversité en lien avec l’Observatoire de la biodiversité du territoire.
• Renforcer les synergies et partenariats en s’appuyant notamment sur les espaces naturels sensibles (ENS) des départements, les sites du Conservatoire du Littoral, ainsi que ceux (co) gérés par d’autres gestionnaires d’espaces naturels comme l’Office National des Forêts, le Conservatoire Espaces Naturels de Provence, la Ligue pour la Protection des oiseaux, le Groupe Chiroptères de Provence, etc.
Animer le réseau Natura 2000 :
• Poursuivre et conforter l’animation des sites Natura 2000.
• Renforcer les échanges et les collaborations avec les autres structures animatrices de sites Natura 2000 sur le territoire (mutualisation d’outils, de compétences et partager les retours d’ex- périences) et mieux les intégrer dans la définition et la gouvernance des démarches de territoire animées ou co-animées par le Parc (ex : programme agroenvironnemental de territoire…).
Contribuer à la stratégie nationale des aires protégées :
• Mobiliser de manière concertée des outils de protection réglementaire quand ces derniers peuvent permettre de conforter et pérenniser les actions de gestion, sauvegarder des milieux et des espèces à fort enjeu de conservation, en complémentarité notamment des démarches de sensibilisation et d’autres outils pouvant être mobilisés (contractuels et fonciers).
• Poursuivre la contribution du Parc à la stratégie nationale des aires protégées en identifiant avec les acteurs du territoire et sur la base de diagnostics d’enjeux, les secteurs qui justifieraient la mise en place de ces outils et démarches, notamment en s’appuyant sur les sites d’intérêt écologique majeur et les géosites cartographiés au Plan de Parc, les réservoirs de biodiversité de la trame verte et bleue…
• Renforcer la synergie avec la Réserve naturelle nationale géologique de Haute-Provence gérée par le Département des Alpes de Haute-Provence pour coordonner la mise en œuvre d’actions de préser- vation et de mise en valeur du patrimoine géologique à l’échelle du périmètre du Parc.5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.3 S’engager concrètement et durablement dans des actions de gestion et de restauration de la biodiversité
• Conforter la mission d’information et de sensibilisation du dispositif des écogardes du Parc, premier pilier sur le terrain pour favoriser une meilleure appropriation des enjeux de préserva- tion de la biodiversité par le grand public, ainsi que pour une meilleure prise de conscience du risque des feux de forêts.
• Contribuer par ses agents commissionnés aux côtés des services de l’Etat et par ses différents établissements publics, à des actions coordonnées de police de la nature, sur le territoire du Parc.
Les espaces naturels sensibles :
• Renforcer les liens, les échanges et les partenariats avec les conseils départementaux pour l’actualisation des connaissances, la définition et la gestion des Espaces Naturels Sensibles (ENS).
Poursuivre et conforter le partenariat avec le Conservatoire du Littoral qui, par sa politique d’ac- quisition foncière, œuvre à la préservation de sites, au maintien et à la restauration des continuités écologiques.
• Contribuer à la définition, l’animation, la mise en œuvre et l’évaluation des plans de gestion sur ces sites.
Les zones humides :
• Animer, mettre en œuvre et évaluer le Plan de gestion stratégique des zones humides du bassin versant du Verdon.
• Travailler en synergie avec les autres structures animant également cette démarche sur les autres bassins-versants recoupant le périmètre du Parc (méthodologies, partage d’expériences, coordination des actions, contribution à leur mise en œuvre via la démarche Natura 2000 et l’animation de mesures agroenvironnementales…).
• Mener des actions de gestion pour préserver et/ou restaurer le bon état de conservation des habitats humides et leur bonne fonctionnalité écologique.
• Identifier les espaces de fonctionnalité, éviter toute nouvelle artificialisation des sols et promouvoir des pratiques de gestion contribuant à préserver le bon fonctionnement hydraulique et écologique de ces milieux humides.
• Évaluer la fonctionnalité écologique et les services rendus que peuvent représenter ces zones humides, non pas à l’échelle de chaque site, mais en considérant le maillage constitué par de nom- breuses petites zones humides comme un ensemble potentiellement fonctionnel.
160 161 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Réserve naturelle régionale de Saint-Maurin ©D. Chavy - PNR Verdon
Contribuer aux objectifs de la stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) :
La Stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP) 2030 prévoit un objectif de 30 % d’aires protégées dont 10 % sous protection forte. Sur la période des 2 chartes précédentes, le Parc a été moteur pour la création sur son territoire de plusieurs aires protégées : la Réserve naturelle régionale de Saint-Maurin dont il est co-gestionnaire, deux arrêtés de protection de biotope (respectivement sur une grotte à Esparron-de-Verdon et pour la préservation de l’habitat de l’Apron du Rhône dans le moyen-Verdon) et la Réserve biologique dirigée d’Aiguines (RBD).
À l’horizon 2030, ces sites en protection forte devraient être confortés par :
le projet d’extension du périmètre de l’AIPPB « Grand canyon du Verdon » pour la préservation de l’habitat de l’Apron du Rhône.
la démarche initiée par le Parc en 2022 auprès des communes de Saint-Julien le Montagnier, Quinson et Esparron-de-Verdon, pour le classement en APPB d’un réseau de tunnels et souter- rains du bas-Verdon dans le but de préserver les gîtes d’hivernage pour les chauves-souris et en particulier le Murin de Capaccini.
le projet de reconnaissance en protection forte d’au moins 4 sites du Conservatoire du lit- toral bénéficiant d’un plan de gestion et dotés d’un gestionnaire : le site des Eouvières (Baudi- nard-sur-Verdon), le domaine de Valx-Félines (Moustiers-Sainte-Marie) et les sites des Cavaliers et de la grande Forêt (Aiguines).
le projet d’extension de la Réserve nationale géologique de haute-Provence avec l’identification de 4 nouveaux sites potentiels au sein du périmètre d’étude de la Charte 2024-2039 : le Petit Ségriès (Moustiers-Sainte-Marie), le Stratotype du Barrémien (Angles), le site des Siréniens (Castel- lane) et le secteur de Rayaup-Saint Suaire (Castellane).
Ces derniers pourront également à l’avenir être enrichis par plusieurs Espaces Naturels Sensibles (ENS) des deux départements.
Le Parc naturel régional du Verdon, aux côtés de ses partenaires, apportera son appui en terme d’anima- tion et de sensibilisation pour l’aboutissement de ces démarches, mais aussi le cas échéant pour l’anima- tion de ces outils et, par ses différents programmes d’actions, contribuer à la gestion des sites et les suivis scientifiques.
En 2022, environ 1,3 % du territoire d’étude du projet de Charte 2008-2039 du Parc naturel régional du Verdon est en protection forte (3091 ha). A l’horizon 2030, la surface pourrait être portée à environ 5000 ha ( 2,1 % de la surface du périmètre d’étude de la Charte 2024-2039).
Sur la base des secteurs potentiels identifiés pour conforter et améliorer le réseau des aires protégées en Pro- vence-Alpes-Côte d’Azur et, à partir d’un état des lieux partagés des différents enjeux (biodiversité, socio-éco- nomiques, usages etc.), le Parc du Verdon animera en appui aux communes une démarche de concertation, de manière à examiner avec l’ensemble des acteurs, la faisabilité de les inscrire dans une démarche de protection renforcée. Et d’identifier pour ce faire les outils qui pourraient être mobilisés (ex : outils de protection régle- mentaire et/ou contractuelle et/ou foncière, mise en place de plans de gestion etc.).
Prairie humide à narcisses des poètes et trolles d'Europe ©D. Chavy - PNR Verdon
disposition pertinente5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.3 S’engager concrètement et durablement dans des actions de gestion et de restauration de la biodiversité
En lien avec le Plan de gestion stratégique des zones humides du bassin versant du Verdon, le syndicat mixte de gestion du Parc également EPAGE, pourra également être amené à proposer de mobiliser des outils de protection réglementaire pour préserver des zones humides menacées.
Sans être pré-identifiés, le Parc du Verdon avec l’expertise scientifique notamment de la Réserve nationale géologique de Haute-Provence, étudiera également la possibilité de mobiliser l’outil « Géotope » pour préserver des sites d’intérêt géologique régional ou national qui seraient menacés.
S’engager dans la préservation des espèces patrimoniales ou communes
• Identifier et prioriser, au regard de l’importance que revêt le territoire du Parc pour ces espèces, les plans nationaux d’actions et leurs déclinaisons régionales auxquels contribuer à l’échelle du territoire ; ou entre territoires notamment dans le cadre du réseau des parcs natu- rels régionaux de la Région et/ou avec les parcs nationaux.
• Porter ou accompagner des programme d’actions à l’échelle du territoire ou plus localement pour la sauvegarde d’espèces emblématiques et vulnérables comme l’Outarde canepetière, plusieurs espèces de chauves-souris, les plantes messicoles, l’Apron du Rhône, le Vautour percnoptère…
• Proposer la mise en place de nouveaux plans d’actions à l’échelle régionale et y contribuer, comme par exemple pour la sauvegarde des populations d’écrevisses à pieds blancs qui régressent sur le territoire face à l’introduction et à la colonisation d’écrevisses exotiques dans des cours d’eau et lacs du territoire.
• Renforcer l’amélioration des connaissances et le suivi d’espèces plus communes mais pour autant sentinelles de l’état de la biodiversité sur le territoire, en lien avec l’Observatoire territorial de la biodi- versité.
• Mettre en place, animer ou relayer des démarches d’inventaires participatifs de plusieurs espèces communes mais sentinelles de l’état de la biodiversité sur le territoire et/ou en Région.
• Renforcer les actions en faveur des pollinisateurs sauvages, de la connaissance aux actions de sen- sibilisation et à la transition vers des pratiques de gestion des milieux qui leur soient plus favorables, que ce soit dans les villages, dans les espaces agricoles ou naturels.
• Développer les actions d’éducation à l’environnement dans les établissements scolaires et auprès du grand-public.
• Conforter et renforcer les actions menées en faveur de la biodiversité domestique, notamment sur le patrimoine fruitier local.
• Porter ou accompagner des programmes de réintroduction d’espèces (sous réserve que cela ne grève pas les moyens pour sauvegarder des espèces déjà présentes sur le territoire mais mena- cées), en apportant un soin particulier à l’acceptation locale des projets, ainsi qu’à leur dimension pédagogique auprès des différents publics.
• Mettre en place un suivi scientifique à long terme et des partenariats pour conforter la péren- nité de ces démarches de réintroduction.
• Suivant la faisabilité, réintroduire l’Ecrevisse à pattes blanches dans des cours d’eau d’où elle a disparu et assurer le suivi des populations et l’information des gestionnaires de cours d’eau, des pr priétaires et usagers pour garantir au maximum la survie dans de bonnes conditions de ces populations.
• Initier un suivi de l’état de conservation de plusieurs populations d’espèces floristiques d’in- térêt patrimonial et mettre en place des actions de gestion, de préservation ou de restauration pour le bon état de conservation des milieux dont elles dépendent.
• Participer aux réseaux de suivi de la flore « sentinelle » mis en place dans la Région et animés par les deux conservatoires botaniques nationaux (respectivement alpin et méditerranéen).
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Effectue un Porter à Connaissance sur les
enjeux de biodiversité lorsqu’il est saisi par
les communes et les intercommunalités pour
contribuer au diagnostic environnemental des
documents de planification.
• Anime la démarche Trame verte et bleue car-
tographiée sur le territoire du Parc et accom-
pagne les intercommunalités et les communes
dans sa prise en compte.
• Associe étroitement, dans le cadre de la
GEMAPI, les territoires d’intercommunalités
dans la gouvernance, la mise en œuvre et le
suivi du Plan de gestion stratégique des zones
humides du bassin versant du Verdon.
• Mène des actions d’animation, de sensibili-
sation, de gestion et de préservation dans les
sites d’intérêt écologique majeur et les géosites
identifiés au Plan de Parc (pour ces derniers, en
lien étroit avec la Réserve nationale géologique
de Haute-Provence et en cohérence avec le plan
de gestion de la Réserve dans son périmètre
de protection ; et en synergie avec l’UNESCO
Géoparc de Haute-Provence pour les actions de
valorisation pour les communes du Parc au sein
du du Géoparc).
• Appuie les communes dans leur démarche de
concertation, de manière à examiner avec l’en-
semble des acteurs, la faisabilité d'une protec-
tion renforcée pour les sites d'intérêt écologique
majeur en identifiant les outils qui pourraient
être mobilisés (ex : outils de protection régle-
mentaire et/ou contractuelle et/ou foncière,
mise en place de plans de gestion etc.).
• Initie, porte, coordonne, accompagne des
actions permettant d’améliorer ou de restaurer
les continuités écologiques de la trame verte et
bleue du territoire.
• Contribue aux actions de connaissance, de
gestion et de préservation d’espèces à enjeux
sur le territoire relevant de plans nationaux
d’actions (PNA) et de leurs déclinaisons régio-
nales (PRA).
• Appuie l’Office National des Forêts pour
la mise en œuvre des plans de gestion des
réserves biologiques forestières, en particulier
pour les forêts communales.
• Initie des études de faisabilité préalables à la
réintroduction d’espèces menacées.
• Anime et met en œuvre un programme sur
la préservation et la valorisation de la géodi-
versité, notamment en partenariat étroit avec
la Réserve naturelle nationale géologique de
Haute-Provence et l’UNESCO GeoParc de
Haute-Provence.
• Appuie techniquement les communes dans
l’instruction des demandes d’autorisation de
pratiques de loisirs, d’installations nouvelles
ou de manifestations sportives pour lesquelles
elles sont sollicitées.
• Accompagne les communes et les collectivités
compétentes dans la mise en œuvre de schémas
locaux de circulation sur les chemins publics et la
mise en défends de l’accès aux espaces naturels.
• Développe à l’attention des élus et des publics
des moyens de communication et de sensibili-
sation informant sur la réglementation relative
à la circulation des véhicules terrestres dans les
espaces naturels.
• Veille et apporte sa contribution à la maitrise de
la pénétration et du survol de son territoire par les
aéronefs moto propulsés en se rapprochant des
services de l’aviation civile.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Solliciter et prendre en compte les porter à
connaissance effectués par le Parc sur la biodiversité
et la géodiversité dans les documents d’urbanisme
et leurs projets d’aménagements.
• En particulier à mobiliser les documents d’urba-
nisme et autres moyens d’actions possibles pour
contribuer à la stratégie nationale de protec-
tion des aires protégées et préserver les sites
naturels d'intérêt écologique et géosites du Plan
de Parc, les continuités écologiques identifiées
dans la trame verte et bleue du Parc, ainsi que
les zones humides annexées au SAGE Verdon
et conformément aux enjeux et plans d’actions
prévus aux plans de gestion stratégiques des
zones humides recoupant le territoire.
• Inciter les agents des services techniques
à se former pour mieux favoriser la biodiver-
sité dans la gestion des espaces communaux
plus respectueuse du patrimoine arboré hors
forêt (arbres isolés, haies), ainsi qu’à la recon-
naissance de plantes exotiques invasives et aux
méthodes de lutte pour éviter leur propagation ;
• Informer et solliciter l’avis du Parc sur des ma-
nifestations sportives ou évènements dont elles
auraient connaissances sur le territoire communal
ou portées par elles ; en vue de favoriser leur inté-
gration environnementale et prévenir les impacts
sur la biodiversité.
• Ne pas promouvoir directement ou indirecte-
ment les activités motorisées en espace naturel.
• Ainsi qu’à ne pas promouvoir le développement
d’hélisurfaces à des fins commerciales et touris-
tiques (ex : baptêmes de l’air) et à ne les autoriser
sur terrain communal que de manière très limitée
lors d’évènementiels particuliers, en cohérence
avec les enjeux de sobriété énergétique portés par
la Charte.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Solliciter et prendre en compte les porter à connais-
sance effectués par le Parc sur la biodiversité et la
géodiversité dans les documents de planification.
162 163 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20395 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.3 S’engager concrètement et durablement dans des actions de gestion et de restauration de la biodiversité
• En particulier, via les SCOT et PLU(i), à iden-
tifier les sites d’intérêt écologique majeur et
géosites du Plan de Parc, les continuités écolo-
giques identifiées dans la trame verte et bleue
du Parc et les zones humides annexées au
SAGE Verdon ainsi que celles identifiées dans
les différents plans de gestion stratégiques
des zones humides recoupant le territoire du
Parc, comme devant faire l’objet de zonages
et de prescriptions spécifiques pour assurer
leur préservation.
• Retranscrire la cartographie et les enjeux de
la TVB du Parc dans les SCOT ou PLUi, et définir
les attendus et les recommandations pour les PLU.
• Associer le Parc dès la phase des diagnostics
du SCOT ou PLU(i) permettant de développer une
stratégie intercommunale pour maîtriser la consom-
mation d’espaces naturels et agricoles.
• Associer le Parc aux démarches de reconquêtes de
terres agricoles et/ou pastorales et croiser les enjeux
agronomiques, fonciers avec ceux relatifs à la biodiver-
sité et les continuités écologiques.
• Articuler et adapter la gestion des espaces naturels
dans la planification de la DFCI avec les enjeux de la TVB.
• Promouvoir et inciter les communes à rénover leur
éclairage public extérieur dans le cadre de la prise en
compte de la trame noire (démarche « villes et villages
étoilés »).
• Concourir activement aux objectifs des plans de
gestion stratégique des zones humides des bassins
versants recoupant le périmètre du Parc et le bassin
versant du Verdon.
• Maintenir voire renforcer les continuités écolo-
giques au cœur même des centres urbains.
• Préserver voire renforcer les continuités écolo-
giques au sein des franges villageoises, espaces
de transition et interfaces entre les espaces
urbain, agricole et naturel.
Les départements s’engagent à :
• Associer le Parc à l’élaboration et la mise
en œuvre des plans de gestion des Espaces
Naturels Sensibles.
• Prendre en compte des enjeux de biodiversi-
té notamment dans le cadre de l’entretien des
voiries départementales et des ouvrages d’art
routiers.
• Associer le Parc aux comités de pilotage des
ENS et à la mise en œuvre de leurs plans de
gestion.
• Étudier avec le Parc la possibilité de nouveaux
ENS ou leur activation.
• Réaliser un diagnostic préalable des enjeux
de biodiversité, en particulier pour l’avifaune
nicheuse et les chiroptères afin de prendre en
compte ces enjeux dans les modalités d’inter-
vention en amont des travaux d’entretien ou de
restauration des ouvrages d’arts.
• Partager avec le Parc leur connaissance des
enjeux de biodiversité au niveau des ouvrages
d’art et les données de suivis.
• Contribuer à la préservation et la valorisation
de la géodiversité du territoire au niveau des
ENS et grâce à l’action de la Réserve naturelle
nationale géologique de Haute-Provence.
• Pour le Conseil départemental des Alpes de
Hautes Provence, gestionnaire de la Réserve
naturelle nationale géologique de Haute-Pro-
vence : associer le Parc aux projets d’extension
ou de création de nouveaux sites géologiques
classés sur le territoire du Parc.
• Tenir compte, dans le cadre de travaux d’élar-
gissement de voiries ou d’aménagements de
prévention contre les risques naturels (ex : pose
de filets de protection sur les parois rocheuses),
des enjeux du patrimoine géologique en sollici-
tant le Parc.
• Participer à la maîtrise des activités motori-
sées en espace naturel.
• Associer le Parc dans leurs actions de
maîtrise des activités motorisées et le cas
échéant dans l’élaboration du schéma départe-
mental des activités motorisées.
• Dans leur stratégie touristique : à ne pas pro-
mouvoir directement ou indirectement le déve-
loppement des baptêmes d’hélicoptères pour la
découverte aérienne du territoire, en cohérence
avec les enjeux de sobriété énergétique portés
par la Charte.
La Région s’engage à :
• Concourir aux études prévues dans les
plans de gestions des Réserves Naturelles
Régionales sur le territoire du Parc.
• Appuyer le Parc par ses financements pour
l’animation de la démarche Natura 2000 et la
mise en œuvre des documents d’objectifs.
• Impliquer le Parc dans le Comité Régional de
la Biodiversité (CRB) et dans la mise en œuvre
de l’Observatoire Régional de la Biodiversité
(ORB).
• Aider le Parc à avoir une vision globale et
une mise en cohérence des enjeux de la trame
verte et bleue sur son territoire et avec les
territoires voisins.
• Soutenir le Parc, les intercommunalités du
territoire et les territoires voisins dans l’acqui-
sition et l’actualisation des données d’occupa-
tion du sol à grande échelle.
• Mobiliser sa politique des Réserves natu-
relles régionales sur le territoire du Parc en
accompagnant le Parc et les collectivités pour
des projets qui émaneraient du territoire.
• Soutenir les actions du Parc en matière de
gestion et de préservation de la biodiversité,
par ses appels à projets et autres modalités de
financements ciblés sur la biodiversité et les
continuités écologiques.
• Dans sa stratégie touristique : à ne pas
promouvoir directement ou indirectement le
développement des baptêmes d’hélicoptères
pour la découverte aérienne du territoire, en
cohérence avec les enjeux de sobriété énergé-
tique portés par la Charte.
• Encourager l’animation et la mise en œuvre
de mesures agroenvironnementales à enjeu
biodiversité par ses financements au niveau
du territoire.
L’État s’engage à :
• Encourager l’animation et la mise en œuvre
de mesures agroenvironnementales à enjeu
biodiversité par ses financements au niveau
du territoire.
• Solliciter le Fond d’Intervention pour l’Envi-
ronnement (FIE) pour aider à la mise en œuvre
des actions du Parc au sein du camp militaire
de Canjuers.
• Soutenir techniquement les actions locales
relevant des plans nationaux d’actions (ex :
Apron du Rhône, plantes messicoles, Outarde
canepetière, Vautour moine, Vautour fauve,
Vipère d’Orsini, Lézard ocellé, Aigle de Bonelli,
Loup gris etc.).
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise et ses connaissances
en appui à l’action du Parc.
• Conseille le Parc sur des priorités d’actions
de gestion et de préservation/restauration
d’habitats et d’espèces, en lien notamment
avec la mise en œuvre de plans nationaux et
régionaux d’actions.
• Alerte les élus du Parc sur des problématiques
allant à l’encontre de la préservation de la biodi-
versité et géodiversité sur le territoire du Parc.
Le Conservatoire du littoral et des rivages
lacustres :
• Guide sa politique d’acquisition de sites et
de gestion en lien avec les enjeux identifiés
avec le Parc.
• Associe le Parc aux comités de suivi des
sites et à la mise en œuvre de leurs plans de
gestion.
Les Conservatoires botaniques nationaux :
• Apportent leur expertise et leurs connais-
sances en appui à l’action du Parc.
• Guident le Parc dans la définition et le suivi
d’une stratégie territoriale de gestion et de pré-
servation de la flore régionale patrimoniale.
• Contribuent au côté du Parc aux actions de
connaissance, de sensibilisation, de gestion et
de restauration des plantes messicoles dans les
systèmes agricoles.
La Réserve naturelle nationale géologique de
Haute-Provence :
• Associe étroitement le Parc aux projets d’exten-
sion ou de création de nouveaux sites classés en
Réserve sur le territoire du Parc.
• Conseille et appuie le Parc pour l’aider à améliorer
les connaissances et préserver le patrimoine géolo-
gique sur les communes du Parc non inclues dans le
périmètre de protection de la Réserve.
• Fait bénéficier le Parc de ses retours d’expé-
rience et lui facilite la mise en contact avec des
personnes ressources (experts…).
• Contribue aux actions du Parc et à ses
instances participatives permettant de définir
et hiérarchiser le programme d’actions annuel
du Parc.
Le GéoParc de Haute-Provence :
• Associe étroitement le Parc concer-
nant les communes du Parc inclues dans
le périmètre du GéoParc à la définition des
projets de valorisation et d’interprétation
du patrimoine géologique et leur mise en
œuvre.
• Consulte le Parc sur les projets de signa-
létique afin de maintenir une harmonisation
et une lisibilité de la signalétique d’informa-
tion à l’échelle du périmètre du Parc.
Les partenaires techniques et institutionnels :
L’Office national des forêts (ONF) :
• Expérimente de manière concertée avec
le Parc des modes de gestion sylvicoles favo-
rables au maintien des fonctionnalités écolo-
giques de la sous-trame forestière.
• S’engage à conforter, développer et promou-
voir la trame de vieux bois.
• Associe le Parc au renouvellement des amé-
nagements forestiers et l’informe suffisamment
tôt des projets de coupes dans les forêts relevant
du régime forestier (enjeux de biodiversite et de
géodiversité).
• Est à l’écoute du Parc pour la création de nouvelles
réserves biologiques forestières et associe le Parc à
leur création, à la définition, la mise en œuvre et au
suivi de leurs plans de gestion.
• Prend en compte les Porter à connaissance solli-
cités auprès de la Réserve naturelle nationale géo-
logique de Haute-Provence, du Parc ou tout autre
acteur de référence, dans ses travaux de gestion
forestière et de desserte susceptibles d’impacter
le patrimoine géologique.
164 165 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20395 5
En pièce jointe à la Charte, un document précise les
objectifs, les questions évaluatives et pour chaque
indicateur s’il est également un indicateur du
SRADDET, les sources, l'année de référence de la
valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours
de la Charte et à la fin de la Charte :
• N°43 : Nombre de zones humides (inventaire
2020-2021) -hors ripisylves- faisant l’objet
de démarches de gestion/préservation/
restauration (bassin versant et Parc)
• N°45 : Nombre d'actions de préservation
et/ou de restauration des continuités
écologiques terrestres• N°48 Nombre
d'espèces PNA/PRA concernées par des
actions menées par le PNR et/ou ses
partenaires
• N°48 Nombre d'espèces PNA/PRA
concernées par des actions menées par le
PNR et/ou ses partenaires
• N°49 : Suivi de l'évolution de la biodiversité:
nombre de programmes de suivis d'espèces/
guides d'espèces standardisés pluriannuels
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.3 S’engager concrètement et durablement dans des actions de gestion et de restauration de la biodiversité
Le Centre Régional de la Propriété forestière
et la Coopérative forestière Provence Forêt :
• Encouragent les propriétaires à la prise en
compte de la biodiversité dans leur gestion,
en s'appuyant sur les règles et conseils du
Schéma Régional de Gestion Sylvicole
relatifs à cet enjeu ».
• Sollicitent le Parc pour un Porter à
connaissance des enjeux liés à la biodi-
versité et la géodiversité dans le cadre de
l’élaboration ou le renouvellement des plans
simples de gestion (PSG) auprès des proprié-
taires volontaires.
• Encouragent les propriétaires pour que le
contenu des plans simples de gestion soit plus
volontariste dans l’identification et la prise en
compte des enjeux de biodiversité en forêt.
• Sensibilisent les propriétaires forestiers à la pré-
servation des zones humides intra forestières, au
maintien de vieux bois et à l’enjeu de conserver des
arbres morts sur pied et au sol.
• Expérimentent de manière concertée avec le
Parc des modes de gestion sylvicoles favorables au
maintien des fonctionnalités écologiques de la sous-
trame forestière.
• S’engagent à conforter, développer et promouvoir
la trame de vieux bois et à préserver le bon fonction-
nement des écosystèmes forestiers dans les forêts
cartographiées comme anciennes sur le territoire.
• Encouragent, sur les stations forestières s’y
prêtant, une sylviculture plus douce s’appuyant
sur le fonctionnement des écosystèmes forestiers
(sylviculture à couvert continu, la régénération
naturelle…).
• Vérifient lors de l’agrément des PSG qu’il n’y
a pas d’incompatibilité entre les mesures de
gestion proposées et la préservation du patri-
moine géologique.
Les Chambres d’Agriculture :
• Soutiennent et promeuvent aux côtés du
Parc les démarches agroécologiques permet-
tant d’accompagner les systèmes agricoles
vers plus de durabilité (démarche multi-par-
tenariale REGAIN…).
• Participent à l’élaboration et contribuent à
la mise en œuvre d’un programme agro-envi-
ronnemental et climatique (PAEC) porté par
le Parc ou démarches similaires.
• Associent le Parc aux démarches de recon-
quête de terres « agricolables » en adoptant
une approche multi-enjeux prenant en
compte les enjeux de biodiversité et de conti-
nuités écologiques.
• Contribuent, relaient et participent aux
actions portées par le Parc visant à pro-
mouvoir la biodiversité dans les systèmes
agricoles.
Le Centre d’Etudes et de Réalisation Pasto-
rales Alpes-Méditerranée (CERPAM) :
• Œuvre aux côtés du Parc pour croiser la
fonctionnalité pastorale avec la fonctionna-
lité écologique au sein de la sous-trame des
milieux ouverts et semi-ouverts.
• Appuie le Parc pour œuvrer à la préserva-
tion et la restauration des continuités écolo-
giques dans ce cadre notamment d’un projet
agroenvironnemental et climatique porté par
le Parc ou démarches similaires.
La Société d’Aménagement Foncier et d’Eta-
blissement Rural (SAFER) :
• Appuie le Parc pour aider à préserver, améliorer
et/ou restaurer les continuités écologiques.
• Mobilise son expertise, ses outils et ses
moyens pour contribuer à la préservation des
espaces agricoles et de leur biodiversité, en
particulier pour la préservation des zones
humides, le maintien et la restauration des
continuités écologiques.
Électricité De France (EDF) :
• Contribue aux objectifs de préservation et
de restauration de la biodiversité sur le terri-
toire du Parc en portant une politique volon-
tariste sur les terrains et les ouvrages dont
EDF est propriétaire et/ou exploitant.
• Recherche les meilleures solutions déli-
mitées par un cadre technique, économique
et réglementaire, pour améliorer la fonction-
nalité écologique des milieux aquatiques
impactés par les grands aménagements.
La Société du canal de Provence (SCP) :
• Contribue aux objectifs de préservation et
de restauration de la biodiversité sur le terri-
toire du Parc en portant une politique volon-
tariste sur les terrains et les ouvrages dont la
SCP est propriétaire et/ou exploitant.
• Promeut le développement de pratiques
agroécologiques permettant de mieux
préserver les sols, la ressource en eau ainsi
que la biodiversité (démarche REGAIN sur le
plateau de Valensole…).
• Inscrit la réflexion et les grands aména-
gements en terme d’extension des réseaux
d’irrigation des terres agricoles dans une
approche intégrée au territoire, croisant les
enjeux économiques, agronomiques et liés
au changement climatique avec ceux liés à la
lutte contre l’érosion de la biodiversité.
Les associations, groupements et relais locaux :
Les associations :
• Par leurs actions (ex : gestion de sites, sen-
sibilisation), concourent à la préservation de
la biodiversité du territoire.
• Inscrivent leurs actions dans la démarche
de territoire animée par le Parc et en lien avec
d’autres acteurs.
• Participent aux instances consultatives du
Parc qui peuvent favoriser du liant entre les
actions et les acteurs à l’échelle du territoire.
Les fédérations départementales des
chasseurs :
• Mobilisent et renforcent leurs objectifs
de conservation de manière à répondre aux
objectifs identifiés dans la Charte du Parc
(état des lieux des populations de Tétras-lyre;
préservation des zones humides, conserva-
tion des plantes messicoles….).
• Relaient auprès des chasseurs les
messages de sensibilisation pour éviter la
divagation des chiens de chasse dans les
couverts engagés par les agriculteurs pour la
préservation des espèces.
• Développent des partenariats avec le Parc
pour des actions de gestion et de restaura-
tion de la biodiversité, en particulier dans les
espaces agricoles.
• Contribuent aux côté du Parc à des études
de faisabilité à la réintroduction d’espèces
faunistiques dans un objectif de biodiversité
et, suivant les conclusions, contribuent à leur
mise en œuvre.
Les Fédérations départementales de pêche et
pour la protection des milieux aquatiques :
• Contribuent aux objectifs de la Charte du
Parc en matière de préservation et de restau-
ration des milieux aquatiques, proposant et
portant dans ce sens des actions en synergie
avec l’ensemble des acteurs.
• Apportent leur expertise technique et par-
ticipent aux suivis sur l’Apron du Rhône et à la
définition des outils et mesures de gestion pour
préserver la population endémique des grandes
gorges du Verdon.
• Soutiennent les démarches de sauvegarde
des populations d’écrevisses à pieds blancs et
relayent auprès des pêcheurs les messages d’in-
formation et de sensibilisation sur les bons gestes
à avoir pour préserver ces populations.
• Prennent en compte dans le cadre des actions
à objectif piscicole (restauration d’habitats, intro-
duction de poissons) les modalités de gestion des
enjeux de conservation relatifs à d’autres espèces
patrimoniales, et de s’assurer de la provenance
géographique et génétique des individus pour ne
pas impacter les populations de souches locales et
prévenir le risque de colonisation ou d’hybridation.
INDICATEURS D’ÉVALUATION
Chantier de gestion d'une zone humide ©PNR Verdon
166 167 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20395 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
OBJECTIFS DE LA MESURE
Le territoire du Parc abrite un patrimoine géologique
exceptionnel qu’atteste la création de la Réserve naturelle
nationale géologique de Haute-Provence ainsi que le
GéoParc Unesco de Haute-Provence dont les périmètres
recoupent une partie du territoire du Parc. Cette
géodiversité s’exprime :
• par la diversité des paysages et de ces reliefs, de la
biodiversité du territoire, des ressources naturelles mais
aussi des risques naturels qui ont modelé l’occupation
humaine et son histoire sur le territoire ;
• par les savoir-faire et l’évolution de l’économie locale ;
• par un important réseau karstique qui constitue un
enjeu majeur pour la préservation de la ressource en
eau pour et au-delà du territoire.
Cependant, malgré des paysages majestueux et
imposants comme le grand canyon du Verdon
faisant la renommée internationale du territoire,
ou encore la présence de gisements d’importance
paléontologique, ce patrimoine remarquable
n’est pas toujours suffisamment reconnu et les
moyens qui seraient nécessaires à sa valorisation
et préservation se retrouvent souvent effacés
par d’autres priorités dont la gestion de la
fréquentation touristique qui mobilise fortement
le territoire.
Or, le territoire devra aussi fortement se mobiliser
face aux défis que posent l’érosion de la biodiversité
et le changement climatique. Pourtant, parler et
préserver la biodiversité implique de s’intéresser
aux substrats rocheux, aux sols, aux formes de
relief, aux cavités souterraines qui sont à l’origine
de toute la diversité du vivant. Biodiversité et
géodiversité sont indissociables. S’intéresser à
la géodiversité, c’est ouvrir des portes d’entrées
immersives et passionnantes pour apprendre à
connaître autrement le territoire et son histoire
humaine, plus intimement.
En synergie avec la Réserve naturelle nationale
géologique de Haute-Provence et le GéoParc
Unesco, la 3ème Charte doit être l’occasion de
redonner au patrimoine géologique sa juste place
dans les actions de connaissance, de préservation
et de valorisation des patrimoines, sur l’ensemble
du périmètre du Parc.
Les objectifs sont donc de :
• Mener, accompagner des actions de connais-
sance, de préservation et de valorisation de sites
d’intérêt géologique ;
• Mieux intégrer la géodiversité dans les politiques
d’aménagement et de découverte du territoire,
des patrimoines.
Pli géologique ©D. Chavy - PNR Verdon
168 169 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 5.4
Préserver et valoriser la géodiversité dans
ses différentes composantes
DISPOSITIONS
Regrouper et actualiser les connaissances sur la géodiversité
• Actualiser l’inventaire géologique des communes du Parc non inclues dans le périmètre de la Réserve naturelle nationale géologique de Haute-Provence et l’étendre aux nouvelles communes adhérentes.
• Redéfinir et poursuivre le partenariat entre la Réserve nationale géologique de Haute-Provence et le Parc, dans le but de renforcer les synergies et travailler en complémentarité pour la connaissance, la préservation et la valorisation du patrimoine géologique et plus largement des patrimoines liés à la géodiversité.
• Croiser les compétences et mener conjointement des démarches d’inventaires croisant les patri- moines géologique, archéologique et de biodiversité.
• Mener un programme de connaissance sur la genèse des formations tuffigènes localement impor- tantes sur le territoire et évaluer leur fonctionnement hydrogéologique, les usages actuels et leurs enjeux de conservation.
• Dans le contexte de changement climatique : mobiliser le cas échéant des études des paléo-végé- tations (ex : palynologie, anthracologie) pouvant apporter un éclairage complémentaire aux modèles prédictifs sur les possibles végétations de demain, dans des contextes climatiques similaires à ceux des prévisions à l’horizon 2050-2070.
• Recenser et étudier les vieux bois de construction comme mémoire des usages et des périodes passées.
• Mieux connaître le sous-sol et recenser les cavités souterraines afin d’améliorer la connaissance du système karstique et de la biodiversité qu’il recèle.
• Mener des inventaires participatifs et s’appuyer sur la connaissance des habitants.
• Diffuser et valoriser les connaissances en adaptant les formes de rendus au degré de sensibilité des sites comme l’exposition au pillage des sites fossilifères.
Identifier, préserver et sensibiliser sur les sites d'intérêt géologique
• Effectuer un Porter à connaissance auprès des porteurs de projets et, pour ce faire, renfor- cer les consultations réciproques entre la Réserve nationale géologique de Haute-Provence et le Parc.
• Définir une stratégie d’actions pour la conservation et la valorisation de ce patrimoine, en particulier à partir des géosites cartographiés au Plan de Parc.
• Identifier et proposer de nouveaux sites géologiques à classer en réserve nationale ou pouvant bénéficier d’autres outils de protection : réglementaire (ex : arrêté de géotope), contractuelle ou foncier.
• Renforcer les synergies entre les acteurs pouvant, via leurs modes d’intervention et/ou compé- tences techniques et scientifiques, contribuer à la gestion et préservation de sites présentant un intérêt géologique : Réserve naturelle nationale géologique de Haute-Provence, espaces naturels sensibles –ENS des départements, sites du Conservatoire du Littoral, veille et animation foncière par la SAFER, sites gérés par le Conservatoire Espaces naturels de Provence etc. ;
• Élargir le champ partenarial en s’appuyant sur le tissu associatif local existant ou à encourager.
• Informer et sensibiliser les propriétaires de sites, ainsi que le public amateur collectionneur des conséquences des prélèvements/ramassages non scientifiques.
• Renforcer la coordination entre les différentes gestionnaires ayant des agents commissionnés, les communes, les services et établissements publics de l’Etat pour la surveillance des sites sensibles, la lutte contre le pillage et les ventes illégales de fossiles.
• Prévenir des dépôts sauvages de déchets inertes ou autres au détriment d’un patrimoine géologique d’importance.
• Mener des actions de formations/sensibilisation auprès des acteurs du tourisme aux enjeux de la géodiversité pour réduire les impacts (piétinement, érosion, pollutions…) et participer à la valorisation des patrimoines.5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.4 Préserver et valoriser la géodiversité dans ses différentes composantes
Prendre en compte la géodiversité dans l’aménagement du territoire, au même titre que les enjeux paysagers et la biodiversité
• Préserver la qualité paysagère de cônes de vue et des clés de lecture sur le territoire.
• Éviter d’urbaniser/d’artificialiser des sols pouvant abriter des gisements fossilifères ou des coupes géologiques affleurantes de référence ou des sites à valeur pédagogique.
• Préserver d’anciens gisements de matériaux (gypse, carrière…) dont on retrouve des traces dans le bâti du Verdon et son histoire humaine et économique.
• Préserver les possibilités de valorisation et donner vie à une interprétation in situ de l’Histoire humaine.
• Mieux appréhender les risques naturels liés à la nature du substrat et son exploitation passée (risque d’éboulements, de glissements de terrain, d’effondrement, phénomène de retrait/gonfle- ment des argiles qui impacte la stabilité des bâtiments…).
• Préserver la biodiversité, intimement liée et indissociable des sols, du substrat rocheux qui en font sa diversité et sa richesse.
• Retranscrire dans les documents d’urbanisme les enjeux forts de préservation du patrimoine géologique portés à connaissance par le Parc et/ou la Réserve naturelle nationale géologique de Haute-Provence dans les documents cartographiques et prescriptifs, notamment les géosites identi- fiés au Plan de Parc ; et en prenant soin de ne pas localiser trop précisément les enjeux pour les sites fossilifères sensibles au risque de pillage et de prélèvements sauvages.
• Développer des temps de formation pour les élus, les gestionnaires d’espaces naturels, animateurs Natura 2000, propriétaires, gestionnaires et exploitants forestiers etc. pour une meilleure connais- sance et appropriation des enjeux géologiques et des impacts des activités humaines sur les sols.
• Veiller à la prise en compte des enjeux de préservation du patrimoine géologique dans les projets d’exploitation du sous-sol.
Faire de la géodiversité un support pédagogique pour une autre découverte du territoire
• Développer les supports pédagogiques in situ (actions de gestion et d’interprétation sur sites) et ex-situ (expositions, ouvrages) en donnant des clés de lecture et de connaissance au public pour rendre le patrimoine géologique plus accessible.
• Intégrer la géodiversité dans les projets de valorisation et d’interprétation des patrimoines, no- tamment dans le cadre de l’Opération Grand Site de France portée par le Parc et dans le cadre des démarches « Pays d’art et d’histoire ».
• Valoriser les matériaux utilisés dans le patrimoine bâti vernaculaire (gypse, galets, travertins) et les structures marquantes du paysage (restanques, canaux d’irrigation gravitaire en pierre sèche…).
• Intégrer des carrières en fin d’exploitation dans le cadre de leur réhabilitation dans un schéma de découverte et de valorisation du patrimoine géologique en proposant des aménagements participant à la découverte du patrimoine géologique (accessibilité et mise en valeur de coupes stratigraphiques, d’accidents tectoniques révélés sur les fronts de taille).
• Identifier, gérer et valoriser un réseau de sites clés reconnus pour leur rôle pédagogique et pouvant accueillir du public sans nuire à leur préservation, pour une découverte immersive des différentes facettes géologiques du territoire.
• Intégrer les enjeux de la géodiversité dans les programmes pédagogiques proposés par le Parc et ses partenaires.
• Développer un partenariat avec le GéoParc de Haute-Provence autour des enjeux de sensi- bilisation, de valorisation pédagogique et de la géodiversité comme vecteur d’une découverte écotouristique respectueuse des patrimoines et du territoire.
• Identifier la faisabilité d’étendre le label GeoParc de Haute-Provence à l’ensemble du territoire du Parc ou la possibilité d’une candidature portée par le Parc pour l’obtention du label.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Mobilise et valorise les actions de ses parte-
naires pour l’amélioration des connaissances du
patrimoine géologique et de la géodiversité.
• Favorise les interactions entre les différentes
démarches et acteurs pour la connaissance,
la préservation et valorisation du patrimoine
géologique.
• Assure la diffusion des connaissances et des
résultats des inventaires auprès des acteurs du
territoire.
• Mène des actions d’animation, de sensi-
bilisation, de gestion et de préservation des
géosites au plan de Parc, en lien étroit avec la
Réserve nationale géologique de Haute-Pro-
vence et en cohérence avec le plan de gestion
de la Réserve dans son périmètre de protec-
tion ; et en synergie avec l’UNESCO Géoparc
deHaute-Provence pour les actions de valorisa-
tion au sein du du Géoparc).
• Sollicite l’avis et l’expertise de la Réserve
nationale géologique de Haute-Provence, ainsi
que d’autres acteurs scientifiques reconnus,
pour guider ses actions de préservation et va-
lorisation du patrimoine géologique sur la partie
du territoire non comprise dans le périmètre de
protection de la Réserve nationale.
• Dans le périmètre de protection de la Réserve
compris dans le Parc, s’appuie en priorité sur
les actions menées par la Réserve et pour les
actions qu’il porterait, les mène en accord et en
synergie avec la Réserve.
Au vu des enjeux de conservation du patrimoine
géologique et plus largement des patrimoines liés
à la géodiversité.
• Appuie techniquement les communes dans
l’instruction des demandes d’autorisation de
pratiques de loisirs, d’installations nouvelles
ou de manifestations sportives pour lesquelles
elles sont sollicitées.
• Accompagne les communes et les collecti-
vités compétentes dans la mise en œuvre de
schémas locaux de circulation sur les chemins
publics et la mise en défends de l’accès aux
espaces naturels.
• Développe à l’attention des élus et des
publics des moyens de communication et de
sensibilisation informant sur la réglementation
relative à la circulation des véhicules terrestres
dans les espaces naturels.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Appuyer le Parc et ses partenaires dans la mise
en œuvre des inventaires et suivis.
• Solliciter et prendre en compte les porter à
connaissance effectués par le Parc sur la biodiver-
sité et la géodiversité dans les documents d’urba-
nisme et leurs projets d’aménagements.
• En particulier à mobiliser les documents d’urba-
nisme et autres moyens d’actions possibles pour
préserver les géosites du Plan de Parc, ainsi que plus
largement les patrimoines liés à la géodiversité (ex :
petit patrimoine bâti remarquable).
• Pour les sites fossilifères, à adopter dans les
documents publics une représentation cartographique,
une symbologie et une rédaction adaptées de manière à
ne pas accroître le risque de pillage des sites.
• Contrôler par arrêté motivé l'accès de certaines
voies ou de certains secteurs de la commune aux
véhicules motorisés (hors véhicules de la défense
contre les incendies et nécessaires aux secours),
notamment dans les secteurs à enjeux prioritaires
définis au Plan du Parc ou autres sites sensibles
portés à connaissance par la Réserve nationale
géologique de Haute-Provence.
• Ne pas développer les activités de sports
motorisés terrestres en dehors des espaces
aménagés à cet effet.
• Informer et solliciter l’avis du Parc pour les
manifestations sportives dont elles auraient
connaissance sur leur commune ou qu’elles por-
teraient, de manière à éviter le cas échéant d’im-
pacter des sites géologiques fragiles à l’érosion.
• Favoriser des actions de réouverture
de milieux permettant de sauvegarder
notamment le patrimoine géologique.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Solliciter et prendre en compte les porter à
connaissance effectués par le Parc sur le patri-
moine géologique et plus largement la géodiver-
sité dans les documents de planification.
• En particulier, via les SCOT et PLU(i), à identifier
les géosites du Plan de Parc, comme devant faire
l’objet de zonages et de prescriptions spécifiques
pour assurer leur préservation.
• Pour les sites fossilifères, à adopter dans les
documents publics une représentation cartographique,
une symbologie et une rédaction adaptée de manière à
ne pas accroître le risque de pillage des sites.
• Associer le Parc dès la phase des diagnostics
du SCOT ou PLU(i) permettant de développer une
stratégie intercommunale pour maîtriser la consom-
mation d’espaces naturels et agricoles, pouvant par
là-même impact le géopatrimoine.
• Associer le Parc aux démarches de reconquêtes
de terres agricoles et/ou pastorales et croiser les
enjeux agronomiques, fonciers avec ceux relatifs à
la géodiversité.
170 171 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039 disposition pertinente5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.4 Préserver et valoriser la géodiversité dans ses différentes composantes
Les départements s’engagent à :
• Contribuer à la préservation et la valorisa-
tion de la géodiversité du territoire au niveau
des ENS du territoire.
• Associer le Parc à l’élaboration et la mise
en œuvre des plans de gestion des Espaces
Naturels Sensibles, associer le Parc à leurs
comités de pilotage.
• Pour le Conseil départemental des Alpes de
Hautes Provence, gestionnaire de la Réserve
naturelle nationale géologique de Haute-Pro-
vence : associer le Parc aux projets d’extension
ou de création de nouveaux sites géologiques
classés sur le territoire du Parc.
• Tenir compte, dans le cadre de travaux d’élargis-
sement de voiries ou d’aménagements de prévention
contre les risques naturels, des enjeux du patrimoine
géologique en sollicitant le Parc.
• Contribuer à la découverte du patrimoine géologique
au niveau de leur plan départemental des itinéraires de
promenade et de randonnée, en lien notamment avec
l’animation menée sur le territoire par le Parc pour la
création et la valorisation de nouveaux itinéraires et via
la démarche et l’outil inter-parcs « Chemin des Parcs ».
• Participer à la maîtrise des activités motorisées en
espace naturel.
• Associer le Parc dans leurs actions de maîtrise des
activités motorisées et le cas échéant dans l’élabora-
tion du schéma départemental des activités motori-
sées.
La Région s’engage à :
• Soutenir l’acquisition et la diffusion des connais-
sances géologiques sur le territoire du Parc, ainsi
que les actions de gestion, préservation et valori-
sation liées à la géodiversité.
• Concourir au volet géologique des plans de
gestions des Réserves Naturelles Régionales
sur le territoire du Parc.
• Mobiliser sa politique des Réserves natu-
relles régionales sur le territoire du Parc en
accompagnant le Parc et les collectivités pour
des projets qui émaneraient du territoire.
• Soutenir les actions du Parc en matière de
gestion et de préservation de la biodiversité et
de la géodiversité, par ses appels à projets et
autres modalités de financements.
L’État s’engage à :
• Contribuer à l’acquisition et la diffusion des
connaissances sur le patrimoine géologique
du Parc (ex : inventaire national du patrimoine
géologique).
• Soutenir et accompagner le Parc pour
la mise en place concertée sur le territoire
d’arrêtés de géotope.
• Faciliter la mise en œuvre de programmes
d’études pour une meilleure connaissance du
réseau karstique.
• Pour l’autorité militaire : au sein du camp
militaire de Canjuers, à solliciter le Fond d’In-
tervention pour l’Environnement (FIE) pour
aider à la mise en œuvre des actions du Parc
validées par l’institution militaire.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise et ses connaissances
en appui à l’action du Parc.
• Appuie le Parc pour la priorisation des
actions et la mise en contact auprès de
personnes ressources.
• Épaule le Parc dans sa mission de diffusion
des connaissances.
• Alerte les élus du Parc sur des probléma-
tiques allant à l’encontre de la préservation du
patrimoine géologique et de la géodiversité sur
le territoire du Parc.
Le Conservatoire du littoral et des rivages
lacustres :
• Sur ses sites ayant des enjeux : contribue
à la connaissance, à la préservation et valori-
sation du patrimoine géologique du territoire.
• Intègre les enjeux de conservation du pa-
trimoine géologique dans sa stratégie d’ac-
quisition de sites.
• Associe le Parc aux comités de suivi des sites
et à la mise en œuvre de leurs plans de gestion.
La Réserve naturelle nationale géologique de
Haute-Provence :
• Associe étroitement le Parc aux projets
d’extension ou de création de nouveaux sites
classés en Réserve sur le territoire du Parc.
• Conseille et appuie le Parc pour l’aider à
améliorer les connaissances et préserver le
patrimoine géologique sur les communes du
Parc non inclues dans le périmètre de protec-
tion de la Réserve.
• Fait bénéficier le Parc de ses retours d’ex-
périence et lui facilite la mise en contact avec
des personnes ressources (experts…).
• Transmet au Parc les études sur le patrimoine
géologique réalisées sur le territoire du Parc.
• Met à disposition du Parc les résultats des
inventaires naturalistes portés par la Réserve
dans le cadre de la mise en œuvre du plan de
gestion de la Réserves.
• Contribue aux actions du Parc et à ses instances
participatives permettant de définir et hiérarchi-
ser le programme d’actions annuel du Parc.
Le GéoParc de Haute-Provence :
• Associe étroitement le Parc concernant les
communes du Parc inclues dans le périmètre
du GéoParc à la définition des projets de va-
lorisation et d’interprétation du patrimoine
géologique et leur mise en œuvre, en concor-
dance avec le schéma d’interprétation des
patrimoines porté par le Parc.
• Consulte le Parc sur les projets de signalé-
tique afin de maintenir une harmonisation et
une lisibilité de la signalétique d’information à
l’échelle du périmètre du Parc.
Les partenaires techniques et institutionnels :
L’Office national des forêts (ONF) :
• Associe le Parc au renouvellement des
aménagements forestiers et l’informe des
projets de coupes dans les forêts relevant du
régime forestier (enjeux de biodiversite et de
géodiversité).
• Associe le Parc à la création de réserves
biologiques forestières, à la définition, la mise
en œuvre et au suivi de leurs plans de gestion,
lesquels peuvent comporter des actions sur
le patrimoine géologique.
• Prend en compte les Porter à connais-
sance sollicités auprès de la Réserve naturelle
nationale géologique de Haute-Provence,
du Parc ou tout autre acteur de référence,
dans ses travaux de gestion forestière et de
desserte susceptibles d’impacter le patri-
moine géologique.
Le Centre Régional de la Propriété forestière
et la Coopérative forestière Provence Forêt :
• Sollicitent le Parc pour un Porter à connais-
sance des enjeux liés à la biodiversité et la
géodiversité dans le cadre de l’élaboration
ou le renouvellement des plans simples de
gestion (PSG) auprès des propriétaires volon-
taires.
• Encouragent les propriétaires pour que le
contenu des plans simples de gestion soit
plus volontariste dans l’identification et la
prise en compte des enjeux de biodiversité en
forêt – et le cas échéant en faveur de la géo-
diversité.
• Sensibilisent les propriétaires forestiers à
la préservation des sites d’intérêt géologique
intra forestiers, notamment le cas échéant en
prévision de la création de dessertes forestières.
• Pour ce faire, se rapprochent du Parc du
Verdon ou de la Réserve nationale géologique
de haute-Provence (au sein de son périmètre de
protection), pour vérifier que les interventions
projetées ne risquent pas de mettre en péril des
éléments connus du patrimoine géologique re-
marquable du territoire.
La Société d’Aménagement Foncier et d’Etablis-
sement Rural (SAFER) :
• Le cas échéant, examine la possibilité d’in-
tégrer les enjeux de conservation du patrimoine
géologique portés à sa connaissance par le Parc
dans sa politique d’acquisition foncière.
Électricité De France (EDF) :
• Contribue aux objectifs de préservation et de
restauration du patrimoine géologique sur le terri-
toire du Parc en portant une politique volontariste
sur les terrains et les ouvrages dont EDF est pro-
priétaire et/ou exploitant.
La Société du canal de Provence (SCP) :
• Contribue aux objectifs de préservation et de
restauration du patrimoine géologique sur le ter-
ritoire du Parc en portant une politique volon-
tariste sur les terrains et les ouvrages dont la
SCP est propriétaire et/ou exploitant.
• Inscrit la réflexion et les grands aména-
gements en terme d’extension des réseaux
d’irrigation des terres agricoles dans une
approche intégrée au territoire, croisant les
enjeux économiques, agronomiques et liés
au changement climatique avec ceux liés à
la lutte contre l’érosion de la biodiversité,
mais aussi la préservation du patrimoine
géologique remarquable du territoire.
INDICATEURS D’ÉVALUATION
En pièce jointe à la Charte, un document
précise les objectifs, les questions évalua-
tives et pour chaque indicateur s’il est égale-
ment un indicateur du SRADDET, les sources,
l'année de référence de la valeur initiale et les
valeurs cibles à mi-parcours de la Charte et à
la fin de la Charte :
• N°47 : Nombre de géosites faisant l’objet
d’actions d'une démarche d'animation/
préservation/valorisation
172 173 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20395 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
OBJECTIFS DE LA MESURE
Depuis plus de 20 ans d’observation et de contrôle des
pratiques motorisées par les services du Parc et de l’Etat, il
est constaté une circulation récurrente et anarchique des
véhicules terrestres à moteur (véhicules 4x4, quad, motos
et autres quadricycles à moteur…) dans certains espaces
naturels. Ces pratiques motorisées ont des impacts
répétés sur :
• La faune sauvage (dérangement d’espèces), la flore
et les habitats naturels (arasement de la couverture
herbacée dégradation des cortèges floristiques) ;
• L’intégrité des petits patrimoines bâtis ou en pierres
sèches (calades, murets…)
• Les sols en provoquant l’érosion, l’accentuation des
phénomènes de ravinement jusqu’à la disparition des
sols dans les milieux les plus fragiles, notamment les
pelouses d’altitude impactées par le changement
climatique, aux sols maigres et difficiles à reconquérir
• Les habitants riverains et les autres usagers de la
nature ou de l’espace comme les bergers, éleveurs,
randonneurs, propriétaires, habitants (conflits
d’usages).
Par ailleurs, les avancées technologiques récentes
en matière de mobilité électrique permettent
d’envisager à court terme la démocratisation
massive des moteurs électriques sur les véhicules
fréquentant le territoire. L’apparition des vélos tout
terrain à assistance électrique (VTTae) dotés de
moteurs électriques a d’ores et déjà radicalement
modifié les usages et les impacts. Des machines
encore plus puissantes sont en cours de commer-
cialisation. Il faut d’ores et déjà anticiper sur les
pratiques à venir.
Parallèlement, le territoire du Parc naturel régional
du Verdon connaît une recrudescence des survols
d’aéronefs à des fins de loisirs (avions légers
de tourisme, baptêmes d’hélicoptères, ULM,
autogire…) ou à but touristique et commercial. Le
développement de ces activités, non seulement
peu compatible avec les enjeux de la transition
énergétique et écologique, s’accompagne du
développement d’une publicité signalétique au
sol anarchique, génère des nuisances sonores
pour les habitants et sont également source de
dérangement pour la faune sauvage des sites
Natura 2000 emblématiques du territoire comme
les basses ou grandes gorges du Verdon ou
encore le plateau de Valensole. Ces activités se
cumulent à l’activité aérienne militaire déjà très
présente sur le territoire du Parc, rajoutant ainsi
aux nuisances sonores et pouvant induire des
risques de sécurité.
Enfin au titre des nouveaux usages qui ont émergé
ces quinze dernières années, la démocratisation
des prix et l’évolution technologique rapide ont
conduit à une multiplication de l’usage des drones
sur le territoire, tant pour des pratiques profes-
sionnelles que par un public amateur. Or cette
pratique, non encadrée, peut ne pas être sans
incidence sur la biodiversité, notamment en terme
de dérangement sur la faune sauvage, comme
elle peut induire des questions de sécurité et des
règles de savoir-vivre à rappeler (vols « intrusifs »
au-dessus de propriétés privées, accidents…).
Les dispositions de la mesure visent à préserver
la quiétude des sites dans un contexte où les
pratiques motorisées augmentent et perturbent
les écosystèmes.
Les grandes gorges du Verdon: un secteur sensible au survol aérien à basse altitude ©D. Chavy - PNR Verdon
DISPOSITIONS
Poursuivre l’encadrement des activités
motorisées en espaces naturels
• Mettre en application la réglementation des
activités motorisées en espaces naturels.
• Porter une attention accrue pour une appli-
cation renforcée de la loi dans les sites d’intérêt
écologique majeur, aux géosites et aux réser-
voirs de biodiversité de la trame verte et bleue
du Parc figurés au plan de Parc, ainsi qu’aux
sites patrimoniaux bâtis ou archéologiques.
• Définir des schémas locaux de circulation sur
les chemins publics et mettre en défends l’accès
aux espaces naturels et aux sites patrimoniaux
notamment en priorité sur les secteurs à enjeux
définis au Plan du Parc.
• Avoir une vigilance particulière sur le dévelop-
pement des usages des véhicules électriques ou à
assistance électrique qui se développent en milieu
terrestre, aquatique ou aérien afin de prévenir au
mieux les problématiques concomitantes à celles-
ci comme les conflits d’usages, les nuisances
économiques et environnementales, l’atteinte à la
sécurité et à la tranquillité publique.
• Accompagner les demandes d’autorisation
de manifestions de sports motorisés hors
réseau routier en évitant les sites d’intérêt éco-
logique majeur reconnus au plan de Parc, ainsi
que les réservoirs de biodiversité de la trame verte et bleue du Parc, et les sites patrimoniaux et archéologiques (cf. les pépites du patrimoine bâti).
• Accompagner les demandes d’autorisation ou d’homologation pour l’implantation ou l’extension de terrains de sports motorisés en évitant les sites d’intérêt écologique majeur reconnus au plan de Parc, ainsi que les réservoirs de biodiversité de la trame verte et bleue du Parc, et les sites patrimo- niaux et archéologiques (cf. les pépites du patrimoine bâti).
Renforcer la vigilance et l’encadrement des pratiques de survol et de circulation aérienne
• Veiller à ce que les activités commerciales de survol en aéronefs, notamment en hélicoptères, soient compatibles avec les objectifs de la Charte notamment en matière de préservation de l’envi- ronnement et de tourisme durable, et dans le respect du Code de l’Environnement et de l’arrêté du 6 mai 1995. En effet, pour les communes du Parc en zone montagne, l’atterrissage d’aéronefs motorisés à des fins de loisirs, à l’exception des aéronefs sans personne à bord, ainsi que la dépose de passagers sont interdits (Code de l’Environnement L 363-1).
• Améliorer la connaissance de la réglementation et des usages afin de maîtriser les impacts de ces activités et harmoniser la réglementation locale.
• Limiter le développement des hélisurfaces sur le territoire du Parc qui ne sont pas compatibles avec les objectifs de la Charte en matière d’aménagement du territoire. Dans tous les cas, elles devront être utilisées à titre occasionnel et sur des aires sécurisées mais non aménagées.
• Réduire les nuisances phoniques, résultant de l’exploitation d’une hélisurface et portant atteinte à la tranquillité du voisinage.
174 175 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Les objectifs sont donc de :
• Poursuivre la mise en application de la régle-
mentation en vigueur relative à la circulation des
véhicules terrestres dans les espaces naturels ;
• Poursuivre l’encadrement des activités motori-
sées en espaces naturels ;
• Renforcer la vigilance et l’encadrement des pra-
tiques de survol et de circulation aérienne.
MESURE 5.5
Prévenir les risques de nuisances liés aux activités motorisées
dans les espaces naturels DÉFINITION
Article L362-1 du Code
de l’Environnement :
« En vue d'assurer la protection des espaces na-
turels, la circulation des véhicules à moteur est
interdite en dehors des voies classées dans le do-
maine public routier de l'Etat, des départements
et des communes, des chemins ruraux et des
voies privées ouvertes à la circulation publique
des véhicules à moteur.
Les chartes de parc national et les chartes de
parc naturel régional définissent des orienta-
tions ou prévoient des mesures relatives à la
circulation des véhicules à moteur visant à
protéger les espaces à enjeux identifiés sur
les documents graphiques des chartes de
parc national et sur les plans des chartes
de parc naturel régional, pour des motifs
de préservation des paysages et du pa-
trimoine naturel et culturel. Ces orien-
tations ou ces mesures ne s'appliquent
pas aux voies et chemins soumis à une
interdiction de circulation en application
du premier alinéa du présent article. »5 5
• Communiquer sur les règles de survol des drones, les bonnes pratiques et Porter à connais- sance des secteurs sensibles.
Ces dispositions ne sont pas applicables aux activités et installations relevant de la Défense nationale, des services publics de protection civile et de lutte contre les incendies.
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.5 Prévenir les risques de nuisances liés aux activités motorisées dans les espaces naturels
Article L363-1 du Code de l’Environnement :
«Dans les zones de montagne, l'atterrissage d'aéronefs motorisés à des fins de loisirs, à l'exception des aéronefs sans personne à bord, et la dépose de passagers par aéronefs motorisés à des fins de loisirs sont interdites, sauf sur un aérodrome au sens de l'article L. 6300-1 du code des transports, ainsi que sur les emplacements autorisés par l'autorité administrative.. »
À noter que la publicité, directe ou indirecte, de services faisant usages des pratiques mentionnées à l’article L. 363-1 est interdite (Art. L363-2). Les hélisurfaces peuvent également être interdites par le préfet dans les lieux où leur utilisation est susceptible de porter atteinte à la tranquillité et à la sécurité publique, à la protection de l’environnement ou à la défense nationale (article D132-6 du code de l’aviation civile).
En site Natura 2000 :
Par ailleurs, en site Natura 2000 et dans le département des Alpes de Haute-Provence, la création d’hélisurface doit faire l’objet d’une évaluation des incidences (liste locale départe- mentale des projets soumis à évaluation).
Arrêté du 6 mai 1995 relatif aux aérodromes et autres emplacements utilisés par les hélicoptères
En particulier pour les communes non situées en zone montagne, le Titre III relatif aux hé- lisurfaces, dont son Article 11, l’arrêté du 6 mai 1995 précise la définition d’une hélisurface et par nature son caractère occasionnel, notamment du fait que les mouvements doivent rester peu nombreux :
• le nombre de mouvements annuel doit être inférieur à 200
• le nombre de mouvements journalier doit être inférieur à 20
Observation étant faite qu’un atterrissage et un décollage constituent deux mouvements. Seuls des évènements exceptionnels et temporaires, à raison de trois jours maximum par semaine pendant les trois mois de la pleine saison, peuvent donner lieu à un dépassement de ces limitations.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Appuie techniquement les communes dans
l’instruction des demandes d’autorisation de
pratiques de loisirs, d’installations nouvelles
ou de manifestations sportives pour lesquelles
elles sont sollicitées.
• Accompagne les communes et les collecti-
vités compétentes dans la mise en œuvre de
schémas locaux de circulation sur les chemins
publics et la mise en défends de l’accès aux
espaces naturels.
• Développe à l’attention des élus et des
publics des moyens de communication et de
sensibilisation informant sur la réglementation
relative à la circulation des véhicules terrestres
dans les espaces naturels.
• Veille sur le terrain, sensibilise et participe
aux opérations de police (cf. via les écogardes
et gardes assermentés).
• Veille et apporte sa contribution à la maitrise
de la pénétration et du survol de son territoire
par les aéronefs moto propulsés en se rappro-
chant des services de l’aviation civile.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Contrôler par arrêté motivé l'accès de
certaines voies ou de certains secteurs de
la commune aux véhicules motorisés (hors
véhicules de la défense contre les incendies et
nécessaires aux secours), notamment dans les
secteurs à enjeux prioritaires définis au Plan
du Parc.
• Ne pas développer les activités de sports
motorisés terrestres en dehors des espaces
aménagés à cet effet.
• Ne pas développer sur les espaces lacustres
toute nouvelle pratique de plaisance et de loisir
électrique.
• Ne pas développer en terrain communal la
création d’hélisurfaces pour des prestations de
vols de loisirs comme les baptêmes d’hélicop-
tères et d’effectuer un contrôle de la publicité
« sauvage » liée à ces activités.
• Associer le Parc en amont pour l’établis-
sement des schémas locaux de circulation
motorisée.
• Associer le Parc en amont de la phase
d’instruction des manifestations de sports
motorisés préexistantes lorsqu’elles sont
saisies par les organisateurs.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Dans leurs stratégies touristiques et de
communication, à ne pas promouvoir les
activités motorisées en espace naturel, ainsi
que le développement des baptêmes en hélicop-
tères, sources de nuisances sonores répétées
pour les riverains, localement pouvant causer
des problèmes de dérangement et de perturba-
tions d’espèces et contre-signal par rapport aux
objectifs de sobriété énergétique qui s’imposent
à la société.
Les départements s’engagent à :
• Participer à la maîtrise des activités motorisées
en espace naturel.
• Associer le Parc dans leurs actions de maîtrise
des activités motorisées et le cas échéant dans
l’élaboration du schéma départemental des activités
motorisées.
La Région s’engage à :
• Dans sa stratégie touristique et de communica-
tion, à ne pas promouvoir les activités motorisées
en espace naturel, ainsi que le développement des
baptêmes en hélicoptères, sources de nuisances
sonores répétées pour les riverains, localement
pouvant causer des problèmes de dérangement et
de perturbations d’espèces et contre-signal par
rapport aux objectifs de sobriété énergétique qui
s’imposent à la société.
L’État s’engage à :
• Solliciter en tant que de besoin l’expertise
environnementale du Parc en matière de
manifestations sportives ou d’activités de
loisirs.
• Définir avec le Syndicat mixte du Parc et
les organismes de l’Etat ayant compétence
en matière de police de l’Environnement, les
principes de coordination des interventions
respectives en vue de renforcer les actions
de surveillance et de contrôle, plus particu-
lièrement sur les sites sensibles ou zones
d’intérêt écologique majeur, notamment aux
périodes les plus sensibles.
• Associer le syndicat mixte du Parc et les
communes concernées au traitement des
signalements d’hélisurfaces dont l’utilisation
serait susceptible de porter atteinte à la pro-
tection de l’environnement (article R. 132-1-6 du
code de l’aviation civile).
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise et ses connaissances en
appui à l’action du Parc.
• Conseille le Parc sur des priorités d’interventions,
en lien notamment avec la mise en œuvre de plans
nationaux et régionaux d’actions.
• Alerte les élus du Parc sur des problématiques
allant à l’encontre de la préservation de la biodiversi-
té et géodiversité sur le territoire du Parc.
Règles de survol générales (hauteur de survol ) :
Les règles concernant les hauteurs minimales de survol sont définies dans la partie 5 du SERA (Standardized European Rules of the Air), paragraphe 5005 f) 1). En règle générale, en dehors des agglomérations, la hauteur minimale de survol est fixée à 500 ft, soit environ 150 mètres. Elle est de 300 m au-dessus des villes, agglomérations ou rassemblements de personnes en plein air.
À noter également que le Préfet peut interdire des hélisurfaces dans des lieux où leur utilisation serait susceptible de porter atteinte à la tranquillité et à la sécurité publique, à la protection de l’environnement ou à la défense nationale (Article D 132-6 du code de l’aviation civile).
176 177 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
DÉFINITIONS
DÉFINITION5 5
ORIENTATION 5
Faire de la biodiversité un bien commun à préserver et à transmettre aux générations futures
MESURE 5.5 Prévenir les risques de nuisances liés aux activités motorisées dans les espaces naturels
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives et
pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l'année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°50 : Nombre d’actions menées pour
maitriser la circulation motorisée en espace
naturel (avis, arrêtés, signalétique...)
INDICATEURS D’ÉVALUATION
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
Peuplement de pins sylvestres ©D. Chavy - PNR Verdon
CONTEXTE
Le territoire du Parc est aujourd’hui couvert par
119 000 ha de forêts (soit à 62 % de sa surface
totale) avec une prédominance de forêt privée
(79 %). De nombreux services sont rendus
par ces forêts et leur maintien est essentiel à
l’équilibre environnemental, social et économique
du territoire. Les écosystèmes forestiers sont
des habitats pour la biodiversité, ils permettent
de séquestrer du carbone, d’offrir des espaces
de loisirs, de produire du bois pour différents
types d’usages (chauffage, énergie, papier,
construction), de préserver les sols et réduire
les risques inondation en limitant l’érosion des
versants.
Aujourd’hui la gestion forestière fait donc face à
de nouveaux défis. Elle doit, d’une part, intégrer
les objectifs et les intérêts multiples des parties
prenantes concernant un éventail de fonctions
et de services écologiques, économiques et
sociaux des écosystèmes forestiers, et d’autre
part prendre en compte les effets du changement
climatique pour mettre en place des mesures
de gestion adaptées à ces nouvelles et futures
conditions environnementales.
STRATÉGIE
Reprenant le principe de s’appuyer sur des solutions
fondées sur la nature, à l’instar des pratiques
agro-écologiques dans les espaces agricoles,
l’enjeu de s’appuyer sur la capacité naturelle
d’adaptation des forêts est de plus en plus mis
en avant pour la gestion forestière. Sous réserve
que la fonctionnalité écologique des écosystèmes
forestiers ne soit pas dégradée et permette
à la forêt de mieux résister et s’adapter à ces
changements et sous réserve de l’ampleur de ces
changements. Pour ce faire, dans une logique de
production de bois mais aussi multifonctionnelle, il
est d’autant plus important que les gestionnaires et
propriétaires forestiers puissent s’appuyer sur des
outils de diagnostic et d’aide à la gestion.
Ces outils sont aussi des supports d’animation,
de formation et facilitateurs de partages
d’expériences entre les acteurs forestiers, comme
ils peuvent permettre de mieux faire comprendre et
rapprocher la gestion forestière des autres acteurs du
territoire.
Les espaces forestiers contribuent grandement aux
réservoirs de biodiversité du territoire du Parc. En
particulier, les forêts matures sont des forêts qui
présentent des critères de maturité biologique
plus importants et diversifiés, comme la quantité
de gros bois et très gros bois, le volume de bois
mort au sol ou encore la diversité ou le nombre
de micro habitats.
Ces forêts à plus forte naturalité présentent
ainsi souvent une biodiversité plus riche et
spécifique, à forte valeur patrimoniale. Les forêts
à la fois anciennes et très matures présentent
les plus forts enjeux de conservation. Les forêts
de production ont ainsi un rôle à jouer dans la
connectivité de cette trame de vieux bois. De
manière générale, la biodiversité forestière est
liée au bon fonctionnement des écosystèmes
forestiers.
Dans le contexte de changement climatique, il
est également important de maintenir le stock
initial de carbone dans les sols et de l’augmenter
dans les bois et dans le sol, ce qui n’est pas
antinomique d’une exploitation raisonnée des
bois. À ce titre, il est particulièrement important de
préserver la vocation forestière des forêts anciennes
qui ne présenteraient pas forcément une densité
importante de gros bois ou d’arbres sénescents. En
effet, dans les forêts tempérées, les sols forestiers
stockent davantage de carbone que la biomasse
aérienne. Mettre à nu les sols sur des surfaces
importantes libère du carbone dans l’atmosphère,
encore plus si le sol est travaillé.
Les forêts du Verdon, parmi les multiples services
qu’elles rendent, ont eu aussi de tout temps un rôle
économique qui a contribué à façonner l’histoire du
territoire comme les charbonnières ou l’exploitation
par câble. Dans les forêts de production, suivant une
optique de gestion multifonctionnelle, l’objectif est
ainsi d’améliorer progressivement la qualité des bois
quand les conditions stationnelles le permettent,
afin de diversifier les filières locales de valorisation et
Le Conservatoire du littoral et des rivages
lacustres :
• Par l’acquisition, la gestion de ses sites
et la présence de gardes assermentés,
contribue à préserver les espaces naturels
et participe à la priorisation et programma-
tion des interventions de police, en coor-
dination avec le PNR et les autres acteurs
services et établissements de l’État.
La Réserve naturelle nationale géologique de
Haute-Provence :
• Par la réglementation des sites et la présence
de gardes assermentés, la Réserve nationale
contribue aux côtés des autres acteurs aux
actions de sensibilisation ainsi qu’à celles coor-
données de police de la nature et de contrôle des
activités motorisées dans les espaces naturels.
Les partenaires techniques et institutionnels :
L’Office national des forêts (ONF) :
• De par ses missions, l’ONF est un acteur important
du dispositif piloté par l’Etat pour sensibiliser, porter
et participer aux opérations coordonnées entre les
acteurs de police de la nature, dont les missions in-
ter-services de contrôle de la circulation motorisée
dans les espaces naturels.
Le Centre d’Etudes et de Réalisation Pastorales
Alpes-Méditerranée (CERPAM) :
• Informe le PNR et les communes concernées, ou
directement les services de l’Etat en charge de la
Police de la Nature, des sites où une problématique
récurrente de circulation motorisée dans les espaces
pastoraux lui serait portée à connaissance et serait
préjudiciable à l’activité pastorale ; afin de trouver
des solutions en appui aux éleveurs et bergers.
Électricité De France (EDF) :
• Sur les voies de desserte des aménagements
et terrains EDF, prévoit les équipements néces-
saires pour empêcher leur fréquentation par les
engins motorisés et ainsi le risque de dissémina-
tion depuis ces voies dans les espaces naturels.
La Société du canal de Provence (SCP) :
• Sur les voies de desserte des aménage-
ments et terrains de la SCP, prévoit les équi-
pements nécessaires pour empêcher leur fré-
quentation par les engins motorisés et ainsi le
risque de dissémination depuis ces voies dans
les espaces naturels.
Les associations, groupements et relais locaux :
Les fédérations départementales
des chasseurs :
• Informent le PNR et les communes concer-
nées, ou directement les services de l’Etat en
charge de la Police de la Nature, des sites où
une problématique récurrente de circulation
motorisée dans les espaces pastoraux leur serait
portée à connaissance et génèrerait des conflits
d’usage au détriment des différents usages.
• Sensibilisent les pratiquants au respect de
la réglementation sur l’ouverture de nouvelles
pistes et la circulation dans les espaces naturels.
Les Fédérations départementales de pêche et
pour la protection des milieux aquatiques :
• Informent le PNR et les communes concer-
nées, ou directement les services de l’Etat en
charge de la Police de la Nature, des sites où
une problématique récurrente de circulation
motorisée dans les espaces pastoraux leur serait
portée à connaissance et génèrerait des conflits
d’usage au détriment des différents usages.
• Sensibilisent les pratiquants au respect de
la réglementation sur la circulation dans les
espaces naturels et en particulier sur les bonnes
pratiques pour la mise à l’eau des embarcations.
178 179 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20396 6
promouvoir notamment l'usage du bois local dans
les constructions comme le Pin d’Alep.
Mais la faible qualité et valeur des bois, la
gestion courante des coupes à blanc de taillis
et le morcellement de la propriété forestière
constituent un frein pour les regroupements de
propriétaires forestiers pour permettre, dans les
forêts de production, une exploitation raisonnée
des bois et pallier à des coupes opportunistes qui
ne sont pas toujours vertueuses. A contrario, ces
regroupements sont encouragés à tendre vers
une gestion durable et multifonctionnelle, en se
référant au Schéma Régional de Gestion Sylvicole
(SRGS). Enfin, a contrario d’exploitations à
caractère industriel pour la biomasse énergie, Il y a
un enjeu à privilégier l’essor et l’approvisionnement
sur le territoire de petites chaudières bois-énergie.
La cartographie et le croisement des enjeux à l’échelle
territoriale (ressource en bois, biodiversité, paysages,
desserte…) pourraient constituer le point de départ
d’une feuille de route. Cela permettrait à l’ensemble des
acteurs de partager les enjeux et de mettre en œuvre un
plan d’actions répondant à ces enjeux à l’échelle d’une
Charte forestière de territoire.
Ces dernières années, l’implantation de centrales de
biomasse en région a accentué la pression des coupes
forestières, en particulier dans les communes du Var.
Certaines coupes peu vertueuses et l’augmentation des
conflits d’usage et liés au foncier desservent l’image de
la gestion forestière et de ses acteurs.
Relever les défis pour les forêts de demain passe ainsi
par une meilleure connaissance de la gestion forestière
auprès des habitants et des élus du territoire, par
une valorisation des bonnes pratiques, ainsi que
par le développement d’une émulation entre les
acteurs forestiers et autour de l’expérimentation de
nouveaux modes de gestion alternatifs comme par
exemple la sylviculture sous couvert continu...
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
Fort de ce constat, le territoire du Ver-
don devra prendre en compte :
• Anticipation et adaptation
des forêts aux effets du
changement climatique.
• Contribution à la captation
du carbone.
• Préservation des écosystèmes
forestiers et des paysages.
• Reconnaissance et conciliation
des multiples usages de la forêt.
• Structuration et qualité de la
filière bois locale.
• Réappropriation de la forêt par
les habitants et les élus locaux
(connaissance, sensibilisation,
mobilisation).
• Développement d’une culture
partagée de la forêt et
dynamique collective.
ENJEUX & DÉFIS
MESURES
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour des mesures suivantes :
• Mesure 6.1
Améliorer les connaissances pour guider les choix de gestion forestière dans le contexte de changement climatique,
• Mesure 6.2
Promouvoir une gestion forestière multifonctionnelle respectueuse des milieux,
• Mesure 6.3
Générer une dynamique territoriale permettant à chacun de comprendre les enjeux de la forêt.
RENVOIS VERS LE PLAN DU PARC
Préserver et restaurer les continuités écologiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.5, 6.1, 6.2, 6.3, 8.1,
8.2, 9.1, 9.2, 10.2, 10.3, 11.1, 11.2, 11.3
Préserver l’identité des paysages ruraux
Mesures 2.4, 5.2, 6.2, 7.1, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 9.3, 10.1
Préserver et restaurer la trame verte :
Sous-trame des milieux forestiers
Sous-trame des milieux ouverts et semi-ouverts
Réservoir de biodiversité
Préserver les monuments emblématiques
du grand paysage
Réservoir de biodiversité
Corridor écologique
Préserver les espaces ouverts et les perceptions
lointaines du Plateau de Valensole
Protéger les paysages agricoles
et leurs motifs particuliers
Préserver les cônes de vues et le devenir
des espaces associés
Veiller à la qualité des paysages perçus depuis les points
hauts du territoire offrant des perceptions lointaines
Corridor écologique
180 181 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20396 6
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
Les objectifs sont donc de :
• Développer et animer des outils de diagnostic
et d’aide à la gestion forestière, comme par
exemple les démarches simplifiées de catalogues
des stations forestières ;
• Développer, partager des outils de suivi de
l’état de conservation des habitats forestiers
et de de diagnostic de la résilience des forêts
au contexte de changement climatique, pour
guider les actions de gestion; l’état sanitaire des
peuplements ;
• Disposer d’une meilleure connaissance de la
ressource et des propriétaires forestiers ;
• Conforter la trame de vieux bois sur le territoire
et ses franges.
Relevé dendro-écologique sur une placette forestière ©D. Chavy - PNR Verdon
MESURE 6.1
Améliorer les connaissances pour guider les choix de gestion
forestière dans le contexte de changement climatique
DISPOSITIONS
Améliorer les connaissances sur la forêt,
son évolution et ses usages
• Développer, déployer et animer des outils
de diagnostic en appui à la gestion forestière
et pour une prise en compte de la multifonc-
tionnalité des enjeux.
• Renforcer et développer sur le territoire
du Parc un réseau de placettes de suivi den-
dro-écologiques dans le but d’évaluer et de
suivre dans le temps l’état de conservation
des habitats forestiers.
• Disposer de peuplements « sentinelles » de
suivi des effets du changement climatique en
appui à la gestion forestière afin de s’appuyer sur des écosystèmes forestiers les plus fonctionnels et résilients possibles.
• S’appuyer sur le réseau des réserves biologiques forestières mais aussi d’autres secteurs hors-sylvi- culture (forêts de protection…) comme laboratoires de suivi de l’évolution des forêts sans intervention humaine (dynamique de la régénération naturelle).
• Dans une logique de production de bois raisonnée et d’une valorisation plus qualitative des dé- bouchés : compléter et spatialiser les connaissances sur la ressource et ses potentialités (qualité des peuplements, accessibilité, volumes mobilisables, valorisations possibles, etc.), établir un diagnostic spatialisé multi-enjeux dans un objectif de mobilisation durable et de valorisation des bois, dans une démarche concertée de type charte forestière de territoire (Cf. Mesure 6.2).
Mieux évaluer la connectivité de la trame
de vieux bois, en particulier dans les
forêts de production.
• Conforter la trame de vieux bois sur le terri-
toire et ses franges.
• Identifier les secteurs pouvant contribuer à
conforter la trame de vieux bois et améliorer sa
fonctionnalité écologique.
• Évaluer la connectivité au sein de la sous-
trame forestière et avec les territoires voisins
permettant notamment d’identifier plus préci-
sément une trame de vieux bois à conserver ou
à développer au sein des forêts de production.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Recense et synthétise les différents réseaux de
suivi de placettes forestières existant en France.
• Mobilise les acteurs des dispositifs de placettes
pour étudier avec les partenaires forestiers la fai-
sabilité d’en étendre la portée sur le territoire du
Parc et/ou d’en renforcer la fréquence.
• Adapte des protocoles de suivis de placettes
qui permettront une reproductibilité à l’échelle
du territoire et dans des conditions acceptables
garantissant leur pérennité dans le temps.
• Sollicite et valorise les partenaires forestiers et
leur expertise, ainsi que des experts en écologie
forestière.
• Anime à l’échelle du territoire une démarche mul-
ti-partenariale et recherche les moyens financiers
visant à promouvoir et/ou développer des outils
simplifiés et didactiques de description des stations
forestières ; des outils et démarches visant à mieux
évaluer la capacité de résilience des forêts dans le
contexte de changement climatique et comme outils
d’aide à la gestion et au dialogue.
OBJECTIFS DE LA MESURE
Dans un objectif de production de bois raisonnée et
de gestion multifonctionnelle, d’autant plus dans un
contexte d’érosion de la biodiversité et changement
climatique pouvant laisser présager des bouleversements
importants, il est important que les gestionnaires et
propriétaires forestiers puissent s’appuyer sur des outils
fins de diagnostics et d’aide à la gestion.
Ces outils sont aussi des supports d’animation, de
formation et facilitateurs de partages d’expériences
entre les acteurs forestiers, comme ils peuvent
permettre de mieux faire comprendre et rapprocher la
gestion forestière des autres acteurs du territoire.
Le suivi de l’écosystème forestier peut ainsi apporter
des informations précieuses pour le gestionnaire et
propriétaire forestier désireux de s’appuyer le plus
possible sur la capacité naturelle d’adaptation des
forêts, ou plus simplement, pour guider des choix
de gestion inspirés de la nature.
182 183 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
DÉFINITION
Dendro-écologie
Étude des relations spatiotemporelles entre
les végétaux ligneux et leur habitat. Elle se
concentre sur l'influence des signaux envi-
ronnementaux communs à tous les arbres
d'une communauté ; les signaux climatiques
et leurs interactions avec les conditions éco-
logiques locales, mais aussi les perturbations à
grandes échelles externes au peuplement.
La sous-trame forestière de
la Trame verte du Parc
Les forêts à caractère plus mature ont
été cartographiées comme réservoirs
de biodiversité de la sous-trame fores-
tière (forêts présentant une plus forte
densité de gros bois, d’arbres âgés et
de bois mort sur pied et au sol). Les fo-
rêts anciennes (forêts encore présentes
dans la seconde moitié du XIXe siècle) en
constituent les corridors écologiques.
DÉFINITION6 6
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
MESURE 6.1 Améliorer les connaissances pour guider les choix de gestion forestière dans le contexte de changement climatique
• Encourager la réalisation d’inventaires et de
suivis scientifiques en forêt privée.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Appuie le Parc dans l’identification des
réseaux existants de suivi dendro-écologique
et/ou sanitaire pour le développement d’un
réseau de placettes sur le territoire du Parc.
• Appuie le Parc dans l’identification des
travaux de recherche et la mobilisation de leurs
acteurs, pour en faire bénéficier le territoire et
favoriser la mise en œuvre d’expérimentations et
de suivis (mise en place d’une station de mesures
de variables environnementales fines complé-
tant le réseau des stations de recherche sur les
effets du changement climatique dans la zone
biogéographique entre alpes et méditerranée…).
• Apporte son expertise et participe à la
démarche d’identification des stations fores-
tières puis au suivi de son déploiement sur le
territoire du Parc.
• Relaie auprès des communes du périmètre
du Parc les journées d’information et les for-
mations organisées par les partenaires tech-
niques forestiers, y participe et peut contri-
buer à l’organisation de ces formations en
apportant du contenu et une expertise sur
certaines thématiques.
Les partenaires techniques et institutionnels :
L’Office national des forêts (ONF) :
• Mobilise ses réseaux d’experts et son ingé-
nierie pour contribuer au déploiement sur le ter-
ritoire d’une approche des stations forestières
au sein des unités territoriales recoupant le
périmètre du Parc.
• Mobilise ses outils de diagnostic/connais-
sance et contribue en partenariat avec le Parc
aux programmes de suivi de l’évolution des
forêts et d’évaluation de leur résilience dans le
contexte de changement climatique.
• Contribue ainsi activement à la définition et la
mise en œuvre d’un réseau de placettes de suivi
au sein d’un échantillon de forêts publiques du
territoire, auquel le protocole des réserves bio-
logiques forestières (PSDRF) peut contribuer.
• En synergie avec le Parc, favorise l’accès et
le partage des données favorisant la connais-
sance et le suivi des forêts sur le territoire.
• Favorise l’accès aux forêts qu’il gère pour la ré-
alisation d’inventaires et de suivis scientifiques.
• Associe le Parc au renouvellement des amé-
nagements forestiers, sous réserve d'accord
préalable du propriétaire pour les forêts non
domaniales relevant du régime forestier, en lui
demandant un porter-à-connaissance spéci-
fique sur les enjeux de biodiversité et de géo-
diversité.
• Renforce le réseau d’îlots de sénescence
dans les forêts domaniales dans le cadre de la
démarche Natura 2000 et à le proposer aux
communes pour les forêts communales.
• Mobilise les experts des différents réseaux na-
turalistes de l’ONF pour des actions communes
ou menées en synergie avec le Parc pour guider
les actions de gestion.
• Apporte ses compétences et son expertise dans
cadre d’une démarche de type « Charte forestière
de territoire » pour en faciliter la mise en œuvre.
• Contribue activement aux sessions de rencontres
organisées entre les différents acteurs publics et
privés (partages d’expériences autour de la mise en
œuvre d’outils de diagnostics, de suivis d’actions ou
de chantiers démonstratifs dans le contexte du chan-
gement climatique).
Le Centre régional de la propriété forestière (CNPF) :
• En tant qu'établissement public à caractère admi-
nistratif ayant pour principale mission le dévelop-
pement de la gestion durable des forêts privées,
promeut les documents de gestion durable sur le
territoire du PNR et veille au respect du SRGS lors
de l'agrément de ces documents. En partenariat
avec le Syndicat Mixte, il cherchera à dévelop-
per des projets dans ce sens. Il pourra de plus
apporter un avis d'expert technique sur les
actions conduites par le Syndicat Mixte ayant
un lien avec la forêt privée.
• Mobilise ses réseaux d’experts et son in-
génierie pour contribuer au déploiement
sur le territoire d’outils de diagnostics et de
connaissance, notamment une approche
simplifiée des stations forestières.
• Assure une communication et une
animation de l’utilisation des outils auprès
des propriétaires forestiers (diagnostic éco-
logique, l’Indice de biodiversité potentielle,
placette forestière de suivi…).
• Favorise la réalisation d’inventaires et de
suivis scientifiques en forêt privée ; promeut
auprès des propriétaires forestiers les enjeux de
maintenir, créer une trame de vieux bois.
• Dans la mesure de ses moyens, en partenariat
avec le Parc, participe aux objectifs de suivi
de l’évolution des forêts dans le contexte
de changement climatique et d’érosion de la
biodiversité.
• Recherche aux côtés du Parc des moyens finan-
ciers pour la mise en place de plans d’actions en
forêt privée.
• Contribue activement aux sessions de rencontres
organisées entre les différents acteurs publics et
privés (partages d’expériences autour de la mise en
œuvre d’outils de diagnostics, de suivis d’actions
ou de chantiers démonstratifs dans le contexte du
changement climatique).
• Se coordonne avec l'ONF pour la mise en place
d'opérations de gestion public-privé.
• Propose et recherche des financements pour
la mise en œuvre de diagnostics écologiques en
forêt privée.
• Joue le rôle d’ensemblier pour susciter et
faciliter les actions des différents acteurs des
forêts publiques et privées, et favoriser les
transferts de connaissance.
• Valorise les expertises et compétences
des acteurs forestiers pour appuyer le travail
d’animation territoriale dans le but de struc-
turer une stratégie « Forêt » partagée pour le
territoire.
• Partage les données cartographiques qu’il
produit ou pour lesquelles il est autorisé à le faire
avec les gestionnaires forestiers, de manière à
favoriser les porter à connaissance entre acteurs et
travailler en synergie.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Favoriser la mise en œuvre, dans les forêts commu-
nales, de dispositifs de suivi des forêts du Verdon et aux
outils de connaissance au niveau des forêts communales
(ex : catalogue simplifié des stations forestières).
• Investir ou réinvestir dans des expérimentations, et
apporter leur contribution à la trame de vieux bois dans
le cadre de la gestion des forêts communales.
• Retranscrire dans les documents d’urbanisme la
sous-trame forestière de la trame verte cartogra-
phiée au plan de Parc et à en préserver le socle.
• Mobiliser les acteurs communaux aux pro-
grammes d’actions portés par le Parc et ses par-
tenaires.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Associer le Parc aux instances de définition
des objectifs et de suivi de la mise en œuvre de
stratégies territoriales de gestion durable et
multifonctionnelle de la forêt (démarche du type
Charte forestière de territoire).
• Rechercher des synergies et des passerelles
avec les autres intercommunalités et le Parc,
afin de pouvoir répondre aux enjeux à l’échelle
géographique d’entités forestières les plus co-
hérentes possibles.
• Associer le Parc à la mise en œuvre des plans
et schémas dont elles ont pris la compétence.
• Se coordonner avec le Parc dans le cadre
de leurs stratégies locales de développement
forestier.
• Appuyer le Parc dans le déploiement d’outils
de connaissance et de suivi de l’évolution des
forêts dans le contexte de changement clima-
tique et d’érosion de la biodiversité, en appui
aux acteurs forestiers et communes.
Les départements s’engagent à :
• Contribuer au niveau des forêts départe-
mentales et des Espaces naturels sensibles à
dominante forestière aux dispositifs de suivi des
forêts du Verdon et aux outils de connaissance.
La Région s’engage à :
• Soutenir, par sa politique forestière en lien
avec les orientations du programme régional de
la forêt et du bois (PRFB) et son plan d’actions, les
enjeux de connaissance et outils de diagnostic
que peuvent s’approprier directement les ges-
tionnaires et propriétaires forestiers.
• Soutenir et accompagner la ou les démarche(s)
du type « Chartes forestières de territoire » aux
échelles les plus appropriées pour répondre aux
enjeux soulevés dans la Charte.
• Soutenir l’acquisition d’outils de connaissance,
de diagnostics et de suivi destinés à mieux
évaluer et suivre l’évolution des forêts, leur état
de conservation et sanitaire.
• Accompagner le Parc dans sa stratégie
forestière.
• Appuyer l’animation et la mise en œuvre des
stratégies territoriales concourant aux objectifs
du Parc.
L’État s’engage à :
• Soutenir l’acquisition d’outils de connaissance,
de diagnostics et de suivi destinés à mieux
évaluer et suivre l’évolution des forêts, leur état
de conservation et sanitaire.
• Mettre en œuvre la feuille de route du Ministère
de l’Agriculture et de l’Alimentation pour l’adapta-
tion des forêts au changement climatique et le
guide de gestion des peuplements forestiers de
production vulnérables et dépérissants en Pro-
vence-Alpes-Côte d’Azur, en veillant à s’assurer
de la convergence avec les enjeux de préservation
de la biodiversité.
• Mobiliser les réseaux d’experts et l’ingénierie
des établissements publics au service des forêts
pour contribuer au déploiement sur le territoire
d’une approche des stations forestières (ex : en
lien avec l’outil BioClimSol) et de démarches de
type « Charte forestière de territoire ».
• Assurer une communication et une animation
des antennes régionales des établissements
publics au service des forêts sur l’utilisation des
outils auprès des propriétaires forestiers (ex :
diagnostic écologique, indice de biodiversité po-
tentielle, placettes forestières de suivi etc.).
184 185 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20396 6
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
MESURE 6.1 Améliorer les connaissances pour guider les choix de gestion forestière dans le contexte de changement climatique
Les associations, groupements et relais locaux :
Les associations des communes forestières :
• Accompagnent la mise en œuvre des
actions d’animation territoriale du Parc dans
ses missions de conseils technique et finan-
ciers, d’animation et de formation auprès des
communes.
• Associent le Parc au réseau des territoires
forestiers de la région.
• Favorisent la mise en réseau des acteurs
publics et privés, et apportent un transfert de
connaissances et un retour d’expériences.
• Communiquent auprès des communes fo-
restières lors de la mise en place de journées
d’échanges et de formation.
Les syndicats des propriétaires forestiers :
• Incitent les propriétaires forestiers adhérents aux
syndicats à participer aux formations et contribuer
activement aux actions mises en œuvre par le Parc
(placettes de suivi…).
• Relayent les informations et outils dont peuvent
se saisir les propriétaires forestiers pour favoriser une
gestion forestière durable de leur forêt (diagnostic éco-
logique, Indice de biodiversité potentielle…).
• Contribuent à appuyer auprès des proprié-
taires forestiers adhérents, les démarches
d’animation et à promouvoir les formations et
journées d’échanges techniques.
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives et
pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l'année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°51 : Nombre de placettes forestières
permanentes de suivi dendro-écologique
• N°52 : Nombre de diagnostics écologiques
ou d’identification des stations forestières
INDICATEURS D’ÉVALUATION
Au regard de l’enjeu d’adaptation aux changements
climatiques, la filière bois doit porter la volonté
d’une gestion forestière de type adaptative qui
se remet en question, expérimente (gestion et
exploitation forestière sous couvert continu),
explore de nouvelles pistes en s’appuyant sur
la connaissance et le fonctionnement des
écosystèmes forestiers. Pour ce faire, elle doit
s’appuyer sur des outils de diagnostic dans
une logique de mutualisation et de partage
d’expériences. Localement, des expérimenta-
tions de plantations pourtester le comportement
de nouvelles essences face aux changements
climatiques peuvent être conduites. Toutefois,
ces tests de gestion devront être menés à petite
échelle, par exemple sous la forme de placeaux ou
d'ilots d'avenir, faire l'objet de dispositifs de suivis
pérennes et encadrés, sans nuire à la préservation
d’habitats forestiers et associés remarquables, à la
trame de vieux bois, ainsi qu’aux enjeux paysagers.
Les documents de gestion durable, ainsi que les
démarches de certification constituent un atout pour
répondre aux défis de demain. Ils sont aussi synonymes
d’une plus grande implication du propriétaire forestier
dans sa forêt et sont plus favorables à un suivi régulier
et à une évaluation des actions de gestion menées.
Ces démarches sous-tendent un objectif de production
de bois, en recherchant notamment lorsque cela est
possible, la production de bois de plus grande qualité
et en permettant de développer, conforter davantage
des filières locales de valorisation comme le bois
construction ou le bois énergie. L’amélioration de la
qualité des bois a une faisabilité limitée sur le territoire,
se heurtant aux faibles volumes prélevables permettant
de rentabiliser les coupes. Toutefois, cet objectif ne doit
pas être abandonné, d’autant plus s’il permet d’alimenter
les filières locales de l’exploitation à la valorisation des
bois comme le bois de charpente pour la construction.
OBJECTIFS DE LA MESURE
La première Charte forestière de territoire a
été mise en place en 2006 par le syndicat
Intercommunal à vocations multiples (SIVOM)
Artuby-Verdon, accompagnée par le Parc dans le
cadre d’un partenariat avec le Centre régional de
la propriété forestière (CRPF). En 2021, une seule
Charte forestière de Territoire recoupant en partie
le périmètre du Parc est désormais présente. Elle
est animée par la Communauté de communes
Alpes-Provence-Verdon « Sources de lumière »
(CCAPV). Étendre ce type de démarche à l’ensemble
du périmètre du Parc, en synergie avec la CCAPV,
permettrait de répondre de manière transversale
et opérationnelle à l’ensemble des enjeux
soulevés que sont la préservation, l’exploitation et
l’adaptation de l’écosystème forestier.
Les sols forestiers constituent une des principales
richesses des forêts. Peu ou pas dégradés, ils
constituent certainement des réservoirs de
biodiversité insoupçonnés. Les sols forestiers,
lorsqu’ils ne sont pas mis à nu, stockent également
davantage de carbone que la biomasse aérienne. Il
est ainsi particulièrement important de préserver
la vocation forestière des forêts anciennes et de
s’appuyer le plus possible sur le fonctionnement
naturel de l’écosystème forestier, pour une
exploitation raisonnée des bois.
Lorsque des enjeux spécifiques environnemen-
taux et/ou paysagers le justifient, des modalités
de gestion alternatives peuvent également
être recherchées comme le débardage au câble
mât supprimant l’ouverture de cloisonnements
impactants pour les sols et le paysage, ou le
débardage à cheval sur de petites coupes. Plus
coûteuses, elles ont cependant le grand intérêt de
préserver toutes les autres fonctions et ressources
que peuvent apporter les forêts et d’apporter une
assise plus durable à l’objectif de production de bois.
Réserve biologique dirigée de la forêt communale d'Aiguines ©D. Chavy - PNR Verdon
MESURE 6.2
Promouvoir une gestion forestière multifonctionnelle
respectueuse des milieux
Échanges techniques en forêt sur la conduite de peuplements ©A. Ferment - PNR Verdon
186 187 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20396 6
• Rechercher une plus grande résilience des
forêts face aux défis du changement climatique ;
• Développer le déploiement sur le territoire
des documents et certifications de gestion
forestière durable, renforcer leur plus-value en-
vironnementale.
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
MESURE 6.2 Promouvoir une gestion forestière multifonctionnelle respectueuse des milieux
Les objectifs sont donc de :
• Définir collectivement un schéma de gestion
à l’échelle du territoire ;
• Disposer d’outils de diagnostic partagés
à l’attention des propriétaires et gestionnaires
forestiers ;
• Promouvoir des pratiques préservant les sols,
la biodiversité, la géodiversité et les paysages ;
Exploitation au câble mat court en forêt domaniale du Montdenier ©D. Chavy - PNR Verdon
DISPOSITIONS
Développer des outils de gestion multifonctionnelle et durable des forêts du Verdon
• S’appuyer sur une stratégie forestière de territoire définie collectivement permettant de disposer d’une vision globale sur la gestion et l’exploitation des forêts du Verdon de manière à mobiliser des bois tout en s’assurant de préserver et mieux prendre en compte les patrimoines et les sensibilités paysagères (biodiversité, éléments du petit patrimoine bâti comme les murets en pierre sèche et les restanques).
• Expérimenter de nouvelles pratiques sylvicoles pour tendre vers une valorisation des bois plus quali- tative et plus locale impliquant un travail collectif et concerté de tous les acteurs forestiers, aussi bien de la forêt publique que privée, afin de favoriser des actions de gestion groupée entre forêt publique et privée, ainsi que par massif (mutualisation des moyens, des outils d’exploitation…).
• Promouvoir une culture forestière partagée et une réappropriation de la filière autour des enjeux forestiers du territoire, en renforçant et en s’appuyant sur une animation de territoire comme trait d’union entre les différents acteurs et les différents enjeux, et pour impulser, faire émerger et suivre la mise en œuvre d’un plan d’actions.
• Animer ou co-animer à l’échelle de ses massifs une démarche du type Charte forestière de ter- ritoire s’appuyant sur un travail d’identification, de croisement et de cartographie des différents enjeux à prendre en compte pour une gestion multifonctionnelle des forêts.
• Inciter, mobiliser les conditions nécessaires pour développer des modes d’exploitation plus doux en priorité là où les enjeux le justifient pleinement ; favoriser, promouvoir et accompagner des expérimentations en matière de sylviculture (renouvellement des taillis âgés de chênes blancs, sylviculture à couvert continu…) pour conforter les espaces et la ressource forestière, tendre vers des écosystèmes forestiers les plus fonctionnels et résilients possible dans le contexte du changement climatique.
• Promouvoir, développer, animer des outils de terrain permettant de mieux identifier la di- versité des stations forestières des forêts du Verdon et pouvoir ainsi mieux guider les objectifs sylvicoles, dans une approche multifonctionnelle et dans une logique de gestion à long terme.
• Proposer aux propriétaires forestiers privés volontaires la réalisation de diagnostics écolo- giques dans leurs forêts, notamment en préalable à l’élaboration de plans simples de gestion afin de renforcer la prise en compte de la biodiversité dans ces documents de gestion durable et, de manière générale, sensibiliser et favoriser l’appropriation des enjeux par les propriétaires forestiers privés.
188 189 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Promouvoir des modalités de gestion plus respectueuses des ressources et favorisant la résilience
• Inciter, favoriser et accompagner des expérimentations en matière de sylviculture (probléma- tique du renouvellement des taillis âgés de chênes blancs, sylviculture à couvert continu…) pour tendre vers des écosystèmes forestiers les plus fonctionnels et résilients possibles dans le contexte du changement climatique.
• Favoriser et privilégier la régénération naturelle des feuillus et des pins comme préalables avant le recours à des opérations de reboisements.
• Privilégier des modes d’exploitation alternatifs comme l’exploitation au câble mat ou le débardage à cheval quand les conditions le permettent.
• Identifier les secteurs à enjeux pour anticiper les nouvelles coupes et dessertes forestières (exper- tises, partenariats…) et définir les conditions favorables pour l’exploitation (recherche de financements, étude du foncier et de la desserte, recherche d’acteurs pouvant répondre à des cahiers des charges plus techniques…).
• Renforcer l’animation sur le territoire pour promouvoir et développer la prise en compte des enjeux liés à la biodiversité forestière et milieux associés au niveau des plans simples de gestion en forêt privée et des aménagements forestiers en forêt publique.
• Renforcer leur diagnostic et prise en compte des enjeux liés à la biodiversité forestière et milieux associés.
• Conforter les démarches de certification d’une gestion forestière durable (FSC, PEFC) en se donnant les moyens d’en contrôler le respect des engagements.
Favoriser, accompagner le développement de filières de valorisation locale des bois
• Évaluer sur le territoire la ressource forestière pouvant se prêter à des bois de plus grande qualité, en intégrant les autres enjeux de préservation de la biodiversité, des sols et des paysages.
• Mener des animations pour regrouper les propriétaires forestiers, optimiser le tri et regrouper les bois par lots pour favoriser leur mobilisation.
• Valoriser le Pin d’Alep, essence désormais reconnue dans les constructions.
• Disposer d’une vue d’ensemble sur les voies de desserte et leurs contraintes d’accès et d’utilisation comme la mise en œuvre de schémas de desserte intercommunaux ou par massif).
• Rechercher des leviers publics pour maintenir ou attirer l’installation d’activités du bois, de l’exploitation à la 1e transformation des bois (scieries, entreprises locales de production de plaquettes forestières…), notamment entre territoires et à l’échelle régionale.
• Étudier la possibilité de se saisir de démarches de certification comme celle « Bois des Alpes » pour les entreprises.
• Développer la valorisation du bois localement dans la construction et le chauffage dans un objectif de transition énergétique (petites chaudières bois, réseaux de chaleur au bois).6 6
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
MESURE 6.2 Promouvoir une gestion forestière multifonctionnelle respectueuse des milieux
DISPOSITIONS
Développer des outils de gestion multifonctionnelle et durable des forêts du Verdon
• S’appuyer sur une stratégie forestière de territoire définie collectivement permettant de disposer d’une vision globale sur la gestion et l’exploitation des forêts du Verdon de manière à mobiliser des bois tout en s’assurant de préserver et mieux prendre en compte les patri- moines et les sensibilités paysagères (biodiversité, éléments du petit patrimoine bâti comme les murets en pierre sèche et les restanques).
• Expérimenter de nouvelles pratiques sylvicoles pour tendre vers une valorisation des bois plus qualitative et plus locale impliquant un travail collectif et concerté de tous les acteurs forestiers, aussi bien de la forêt publique que privée, afin de favoriser des actions de gestion groupée entre forêt publique et privée, ainsi que par massif (mutualisation des moyens, des outils d’exploitation…).
• Promouvoir une culture forestière partagée et une réappropriation de la filière autour des enjeux forestiers du territoire, en renforçant et en s’appuyant sur une animation de territoire comme trait d’union entre les différents acteurs et les différents enjeux, et pour impulser, faire émerger et suivre la mise en œuvre d’un plan d’actions.
• Animer ou co-animer à l’échelle de ses massifs une démarche du type Charte forestière de territoire s’appuyant sur un travail d’identification, de croisement et de cartographie des différents enjeux à prendre en compte pour une gestion multifonctionnelle des forêts.
• Inciter, mobiliser les conditions nécessaires pour développer des modes d’exploitation plus doux en priorité là où les enjeux le justifient pleinement ; favoriser, promouvoir et accompagner des expéri- mentations en matière de sylviculture (renouvellement des taillis âgés de chênes blancs, sylviculture à couvert continu…) pour conforter les espaces et la ressource forestière, tendre vers des écosystèmes forestiers les plus fonctionnels et résilients possible dans le contexte du changement climatique.
• Promouvoir, développer, animer des outils de terrain permettant de mieux identifier la diversité des stations forestières des forêts du Verdon et pouvoir ainsi mieux guider les objectifs sylvicoles, dans une approche multifonctionnelle et dans une logique de gestion à long terme.
• Proposer aux propriétaires forestiers privés volontaires la réalisation de diagnostics écologiques dans leurs forêts, notamment en préalable à l’élaboration de plans simples de gestion afin de ren- forcer la prise en compte de la biodiversité dans ces documents de gestion durable et, de manière générale, sensibiliser et favoriser l’appropriation des enjeux par les propriétaires forestiers privés.
©D. Chavy - PNR Verdon
190 191 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Promouvoir des modalités de gestion plus respectueuses des ressources et favorisant la résilience
• Inciter, favoriser et accompagner des expérimentations en matière de sylviculture (problématique du renouvellement des taillis âgés de chênes blancs, sylviculture à couvert continu…) pour tendre vers des écosystèmes forestiers les plus fonctionnels et résilients possibles dans le contexte du changement climatique.
• Veiller à préserver le bon fonctionnement biologique des sols, la régénération naturelle des peu- plements forestiers et son potentiel, facteurs clés dans la capacité de résilience des forêts dans le contexte de changement climatique, en lien avec les différents usages de la forêt.
• Privilégier des modes d’exploitation alternatifs comme l’exploitation au câble mat ou le dé- bardage à cheval quand les conditions le permettent.
• Identifier les secteurs à enjeux pour anticiper les nouvelles coupes et dessertes forestières (expertises, partenariats…) et définir les conditions favorables pour l’exploitation (recherche de financements, étude du foncier et de la desserte, recherche d’acteurs pouvant répondre à des cahiers des charges plus techniques…).
• Renforcer l’animation sur le territoire pour promouvoir et développer la prise en compte des enjeux liés à la biodiversité forestière et milieux associés au niveau des plans simples de gestion en forêt privée et des aménagements forestiers en forêt publique.
• Renforcer leur diagnostic et prise en compte des enjeux liés à la biodiversité forestière et milieux associés.
• Conforter les démarches de certification d’une gestion forestière durable (FSC, PEFC) en se donnant les moyens d’en contrôler le respect des engagements.
Favoriser, accompagner le développement de filières de valorisation locale des bois
• Évaluer sur le territoire la ressource forestière pouvant se prêter à des bois de plus grande qualité, en intégrant les autres enjeux de préservation de la biodiversité, des sols et des paysages.
• Mener des animations pour regrouper les propriétaires forestiers, optimiser le tri et regrouper les bois par lots pour favoriser leur mobilisation.
• Valoriser le Pin d’Alep, essence désormais reconnue dans les constructions.
• Disposer d’une vue d’ensemble sur les voies de desserte et leurs contraintes d’accès et d’utilisation comme la mise en œuvre de schémas de desserte intercommunaux ou par massif).
• Rechercher des leviers publics pour maintenir ou attirer l’installation d’activités du bois, de l’ex- ploitation à la 1 e transformation des bois (scieries, entreprises locales de production de plaquettes forestières…), notamment entre territoires et à l’échelle régionale.
• Étudier la possibilité de se saisir de démarches de certification comme celle « Bois des Alpes » pour les entreprises.
• Développer la valorisation du bois localement dans la construction et le chauffage dans un objectif de transition énergétique (petites chaudières bois, réseaux de chaleur au bois).6 6
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
MESURE 6.2 Promouvoir une gestion forestière multifonctionnelle respectueuse des milieux
Les intercommunalités s’engagent à :
• Associer le Parc aux instances de définition
des objectifs et de suivi de la mise en œuvre
de stratégies territoriales de gestion durable
et multifonctionnelle de la forêt (démarche du
type Charte forestière de territoire).
• Rechercher des synergies et des passerelles
avec les autres intercommunalités et le Parc,
afin de pouvoir répondre aux enjeux à l’échelle
géographique d’entités forestières les plus co-
hérentes possibles.
• Associer le Parc à la mise en œuvre des plans
et schémas dont elles ont pris la compétence.
• Se coordonner avec le Parc dans le cadre
de leurs stratégies locales de développement
forestier.
• Prévenir l’artificialisation et la fragmentation
des espaces forestiers par l’urbanisation ou par
tout autre projet d’envergure.
Les départements s’engagent à :
• Contribuer au développement de méthodes
de gestion alternative quand les conditions
stationnelles et la configuration des peuple-
ments le permettent au sein des forêts dépar-
tementales et des Espaces naturels sensibles à
dominante forestière.
La Région s’engage à :
• Soutenir, par sa politique forestière en lien
avec les orientations du programme régional de
la forêt et du bois (PRFB) et son plan d’actions, les
enjeux de connaissance et outils de diagnostic
que peuvent s’approprier directement les ges-
tionnaires et propriétaires forestiers.
• Soutenir et accompagner la ou les démarche(s)
du type « Chartes forestières de territoire » aux
échelles les plus appropriées pour répondre aux
enjeux soulevés dans la Charte.
• Soutenir les petites entreprises locales d’ex-
ploitation et de transformation qui maintiennent
une économie locale du bois (bois de qualité pour
la construction, démarches de valorisation et de
certification…).
• Soutenir l’acquisition d’outils de connaissance,
de diagnostics et de suivi destinés à mieux
évaluer et suivre l’évolution des forêts, leur état
de conservation et sanitaire.
• Soutenir les actions de gestion et d’exploita-
tion alternative permettant d’exploiter des bois
tout en préservant mieux les sols, la biodiversité
et les paysages.
• Accompagner le Parc dans sa stratégie
forestière.
• Appuyer l’animation et la mise en œuvre des
stratégies territoriales concourant aux objectifs
du Parc.
L’État s’engage à :
• Soutenir et accompagner la ou les démarches
de type « Chartes forestières de territoire » aux
échelles les plus appropriées pour répondre aux
enjeux soulevés dans la Charte.
• Assurer les contrôles pour conforter la légitimité
des documents de gestion forestière durable.
• Soutenir par ses dispositifs financiers les actions
concourant à promouvoir une gestion forestière
multifonctionnelle.
• Favoriser et garantir la prise en compte des enjeux
de préservation de la biodiversité et des continuités
écologiques dans les espaces forestiers, notamment
dans le cadre des enjeux liés à la transition énergétique.
• Soutenir l’acquisition d’outils de connaissance, de
diagnostics et de suivi destinés à mieux évaluer et
suivre l’évolution des forêts, leur état de conservation
et sanitaire.
• Effectuer des contrôles de la conformité des
coupes et fait appliquer la réglementation.
• Assurer une coordination entre les établisse-
ments publics au service des forêts pour la mise en
place d’opération de gestion public-privé.
• Œuvrer pour favoriser l’élaboration des plans
simples de gestion, en lien avec les règles et
conseils du SRGS en cours de révision et pour
favoriser l’identification et la préservation de la
biodiversité.
• Rechercher aux côtés du Syndicat mixte
du Parc des moyens financiers pour la mise en
place des plans d’actions en forêt privée.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Appuie le Parc dans l’identification des
réseaux existants de suivi dendro-écologique
et/ou sanitaire pour le développement d’un
réseau de placettes sur le territoire du Parc.
• Appuie le Parc dans l’identification des
travaux de recherche et la mobilisation de leurs
acteurs pour en faire bénéficier le territoire et
favoriser la mise en œuvre d’expérimentations et
de suivis, dans l’optique de conforter la résilience
des forêts au changement climatique, en s’ap-
puyant notamment sur le fonctionnement des éco-
systèmes forestiers.
• Apporte son expertise et participe à des
démarches du type catalogues simplifiés des
stations forestières puis au suivi de leur déploiement
sur le territoire du Parc.
• Relaie auprès des communes du périmètre du
Parc les journées d’information et les formations
organisées par les partenaires techniques fores-
tiers, y participe et peut contribuer à l’organisation
de ces formations en apportant du contenu et une
expertise sur certaines thématiques.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Sollicite et valorise les partenaires forestiers
et leur expertise, ainsi que des experts en
écologie forestière.
• Anime à l’échelle du territoire une démarche
multi-partenariale et recherche les moyens
financiers visant à promouvoir et/ou développer
des outils simplifiés et didactiques de description
des stations forestières ; des outils et démarches
visant à mieux évaluer la capacité de résilience des
forêts dans le contexte de changement climatique
et comme outils d’aide à la gestion et au dialogue.
• Soutient et accompagne une mobilisation
raisonnée des bois comme vecteur de développement
local pour le territoire.
• Joue le rôle d’ensemblier pour susciter et faciliter les
actions des différents acteurs des forêts publiques et
privées, et favoriser les transferts de connaissance.
• Valorise les expertises et compétences des acteurs
forestiers pour appuyer le travail d’animation territoriale
dans le but de structurer une stratégie « Forêt » partagée
pour le territoire.
• Travaille en synergie et en partenariat avec les in-
tercommunalités de manière à ce que les différentes
démarches d’aménagement du territoire, schémas de
développement, de gestion et de valorisation des forêts
puissent se compléter et s’articuler entre eux aux diffé-
rentes échelles.
• Recherche des moyens financiers et des partena-
riats techniques et scientifiques pour renforcer l’ani-
mation sur le territoire autour des enjeux de la gestion
multifonctionnelle des forêts, la mise en place de
dispositifs de suivi et le développement d’initiatives
de gestion alternative.
• Anime ou co-anime une démarche de type «
Charte forestière de territoire » (CFT) en inscrivant
le territoire dans des démarches de réseaux tech-
niques et scientifiques aux échelles régionales et
nationales.
• Partage les données cartographiques qu’il
produit ou pour lesquelles il est autorisé à le faire
avec les gestionnaires forestiers, de manière à
favoriser les porter à connaissance entre acteurs
et travailler en synergie.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Contribuer à la mise en place d’actions de
gestion alternatives ou expérimentales au sein
des forêts communales, visant à produire et
mobiliser des bois, tout en préservant le bon
fonctionnement des écosystèmes forestiers.
• Investir ou réinvestir dans des expérimenta-
tions, et apporter leur contribution à la trame de
vieux bois dans le cadre de la gestion des forêts
communales.
• Retranscrire dans les documents d’urbanisme
la sous-trame forestière de la trame verte car-
tographiée au plan de Parc et à en préserver le
socle.
• Étudier, entre communes voisines et dans un
esprit de solidarité, les modalités de dessertes
à entretenir de manière partagée, afin d’éviter
l’ouverture de nouvelles dessertes qui seraient
impactantes pour les milieux et coûteuses
(schémas de desserte intercommunaux ou à
l’échelle de massifs).
• Appuyer le Centre régional de la propriété
forestière (CNPF) dans ses actions d’animation
auprès des propriétaires forestiers pour favoriser
la mise en œuvre d’actions en forêt privée
répondant aux enjeux du territoire.
• Promouvoir le développement des pratiques
forestières moins impactantes pour la biodiversi-
té via des actions d'information et de recherche
de financements, conduites de manières
conjointes avec les acteurs forestiers ».
• Participer aux journées d’échanges en forêts
et contribuer à définir un programme répondant
aux besoins et attentes des communes.
• Mobiliser les acteurs communaux aux pro-
grammes d’actions portés par le Parc et ses
partenaires.
• Rechercher des moyens financiers pour dé-
velopper l'usage du bois en local (notamment
en bois d'œuvre, via le développement de
scieries), en lien avec les collectivités et les
acteurs forestiers.
• À solliciter, en cas de doutes et de questions
sur la qualité et la régularité de coupes fores-
tières en forêt privée, le CNPF et le Parc pour in-
formation et, si besoin d’investiguer les services
de l’État (DDTM).
192 193 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20396 6
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
MESURE 6.2 Promouvoir une gestion forestière multifonctionnelle respectueuse des milieux
Les partenaires techniques et institutionnels :
L’Office national des forêts (ONF) :
• Mobilise ses réseaux d’experts et son in-
génierie pour contribuer au déploiement sur
le territoire d’une approche des stations
forestières au sein des unités territoriales
recoupant le périmètre du Parc.
• Contribue activement à la définition et
la mise en œuvre d’un réseau de placettes
de suivi au sein d’un échantillon de forêts
publiques du territoire, auquel le protocole des
réserves biologiques forestières (PSDRF) peut
contribuer.
• Favorise l’accès aux forêts qu’il gère pour la
réalisation d’inventaires et de suivis scientifiques,
mais également pour la mise en œuvre de modalités
de gestion à caractère démonstratif, expérimental,
visant à renforcer la prise en compte des enjeux en-
vironnementaux et paysagers dans l’exploitation fo-
restière.
• Contribue aux objectifs de préservation de la bio-
diversité forestière en associant le Parc à l’élaboration
des plans d’aménagements forestiers et à leur mise en
œuvre.
• Renforce le réseau d’îlots de sénescence dans
les forêts domaniales dans le cadre de la démarche
Natura 2000 et à le proposer aux communes pour les
forêts communales.
• Est force de propositions ou à l’écoute du Parc
pour la création d’une nouvelle réserve biologique
forestière sur le territoire du Parc.
• Mobilise les experts des différents réseaux na-
turalistes de l’ONF pour des actions communes ou
menées en synergie avec le Parc pour guider les
actions de gestion.
• Informe et associe le Parc de projets de plan-
tations sur le territoire du Parc, que ce soit en
forêt domaniale ou communale.
• Apporte ses compétences et son expertise
dans cadre d’une démarche de type « Charte
forestière de territoire » pour en faciliter la
mise en œuvre.
• Contribue activement aux sessions de
rencontres organisées entre les différents
acteurs publics et privés (partages d’expé-
riences autour de la mise en œuvre d’outils
de diagnostics, de suivis d’actions ou de
chantiers démonstratifs dans le contexte du
changement climatique).
Le Centre régional de la propriété forestière
(CRPF) :
• En tant qu'établissement public à caractère
administratif ayant pour principale mission le
développement de la gestion durable des forêts
privées, promeut les documents de gestion
durable sur le territoire du PNR et veille au
respect du SRGS lors de l'agrément de ces
documents. En partenariat avec le Syndicat
Mixte, il cherchera à développer des projets
dans ce sens. Il pourra de plus apporter un avis
d'expert technique sur les actions conduites
par le Syndicat Mixte ayant un lien avec la forêt
privée.
• Mobilise ses réseaux d’experts et son ingé-
nierie pour contribuer au déploiement sur le
territoire d’une approche des stations fores-
tières et de démarches de type « Charte fores-
tière de territoire ».
• Mobilise son ingénierie et ses outils aux
côtés du Parc dans des démarches multi-par-
tenariales visant à mieux évaluer la capacité
de résilience des forêts du territoire au chan-
gement climatique -notamment par une
approche multi-facteurs, comme outils d’aide
à la gestion et de dialogue.
• Assure une communication et une
animation de l’utilisation des outils auprès des
propriétaires forestiers (diagnostic écologique,
l’Indice de biodiversité potentielle, placette fo-
restière de suivi, outil BioClimSol…).
• Associe le Parc aux formations à la gestion
forestière (ex : FOGEFOR, journées d’informa-
tion) qui ont lieu sur son territoire.
• Favorise la réalisation d’inventaires et de
suivis scientifiques en forêt privée.
• Œuvre pour favoriser des plans simples de
gestion plus ambitieux sur l’identification et la
préservation de la biodiversité, en lien avec les
règles et conseils du SRGS.
• Recherche aux côtés du Parc des moyens
financiers pour la mise en place de plans
d’actions en forêt privée.
• Associe le Parc dans le cadre de projets de
desserte forestière en forêt privée pour un
porter à connaissance des enjeux de biodiver-
sité et de géodiversité dont il a connaissance.
• Contribue activement aux sessions de
rencontres organisées entre les différents
acteurs publics et privés (partages d’expé-
riences autour de la mise en œuvre d’outils de
diagnostics, de suivis d’actions ou de chantiers
démonstratifs dans le contexte du change-
ment climatique).
• Se coordonne avec l'ONF pour la mise en
place d'opérations de gestion public-privé.
Les associations, groupements et relais locaux :
Les associations des communes forestières :
• Accompagnent la mise en œuvre des
actions d’animation territoriale du Parc dans
ses missions de conseils technique et finan-
ciers, d’animation et de formation auprès des
communes.
• Associent le Parc au réseau des territoires
forestiers de la région.
• Favorisent la mise en réseau des acteurs
publics et privés, et apportent un transfert de
connaissances et un retour d’expériences.
• Communiquent auprès des communes fo-
restières lors de la mise en place de journées
d’échanges et de formation.
Les syndicats des propriétaires forestiers :
• Incitent les propriétaires forestiers
adhérents aux syndicats à participer aux for-
mations et contribuer activement aux actions
mises en œuvre par le Parc.
• Relayent les informations et outils dont
peuvent se saisir les propriétaires forestiers
pour favoriser une gestion forestière durable
de leur forêt (ex : diagnostic écologique, Indice
INDICATEURS D’ÉVALUATION
En pièce jointe à la Charte, un document précise les
objectifs, les questions évaluatives et pour chaque
indicateur s’il est également un indicateur du SRAD-
DET, les sources, l'année de référence de la valeur ini-
tiale et les valeurs cibles à mi-parcours de la Charte
et à la fin de la Charte :
• N°53 : Nombre de démarches territoriales
de planification forestière
• N°54 : Surface pour la conservation de
la trame de vieux bois dans les documents
d'aménagements forestiers/PSG
de biodiversité potentielle, évaluation du dé-
périssement et de la capacité de résilience des
forêts avec une approche multi-facteurs …).
• Contribuent à appuyer auprès des proprié-
taires forestiers adhérents, les démarches
d’animation et à promouvoir les formations et
journées d’échanges techniques.
Chêne ©D. Chavy - PNR Verdon
194 195 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20396 6
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
©D. Chavy - PNR Verdon
OBJECTIFS DE LA MESURE
Ces dernières années, un regain de tensions et d’in-
compréhensions s’exprime sur le territoire face au
développement de coupes forestières et à leurs surfaces
importantes, principalement dans le département du Var.
Ces questionnements, incompréhensions peuvent trouver
leur origine dans une méconnaissance de la gestion
forestière et des objectifs recherchés des coupes ; mais
ils sont aussi alimentés dans une certaine mesure par des
coupes peu vertueuses, pouvant discréditer l’utilité de
documents de gestion durable
L’objectif est de favoriser une émulation, le partage
des connaissances et des retours d’expérience autour
de la gestion multifonctionnelle des forêts, tant en
matière de sylviculture et d’exploitation que de prise
en compte de la biodiversité, des paysages et des
autres usages en forêt (pastoralisme, randonnée,
activité cynégétique, cueillette des champignons et
autres coproduits de la forêt…). Pour la forêt privée,
cette démarche peut s’inspirer et s’inscrire dans
des cycles de formation à la gestion forestière
(FOGEFOR) animées par le Centre régional
des propriétaires forestiers et/ou d’autres
acteurs comme le Centre d’étude technique
environnemental et forestier (CETEF).
Autre enjeu, les forêts du territoire sont exposées
au risque des feux de forêts et le changement
climatique accentuera leur vulnérabilité à l’aléa
des incendies.
Les objectifs sont donc de :
• Partager la connaissance de la gestion forestière
auprès du grand public,
• Développer la coopération entre les acteurs
forestiers,
• Anticiper les risques d’incendie pour développer
une exploitation forestière résiliente.
Troncs calcinés après un incendie ©A. Prioul - PNR Verdon
DISPOSITIONS
Diffuser une meilleure connaissance des modalités de gestion forestière et des règles applicables auprès des communes, propriétaires forestiers et habitants
• Faire connaître aux élus communaux, aux habitants du territoire et aux utilisateurs de la forêt (chas- seurs, randonneurs) et leur permettre de s’approprier :
la diversité des modalités de gestion et leurs objectifs (documents cadres de gestion forestière durable et multifonctionnelle comme les schémas régionaux d’aménagement pour les forêts publiques et le schéma régional de gestion sylvicole pour les forêts privées).
le rôle des différents acteurs forestiers.
la réglementation en vigueur.
• Organiser des journées « forêts ouvertes » pour expliciter des techniques de gestion parfois mal comprises du grand public, valoriser des chantiers de gestion exemplaires par la mise en œuvre de modalités de gestion permettant de mieux tenir compte des sols, de la biodiversité et des différents patrimoines de manière générale.
Animer une mise en réseau des acteurs forestiers pour favoriser les partages d’expériences et d’enjeux
• Favoriser les rencontres et échanges en forêt entre les acteurs et gestionnaires forestiers, notamment entre acteurs des forêts publiques et privées, dans une diversité d’approches, pour enrichir les réflexions et partager les expériences.
• Partager des outils de diagnostics et tester des changements de pratique en s’appuyant prioritairement sur le fonctionnement naturel des écosystèmes forestiers, dans un contexte de changement climatique (chantiers pilotes, démonstratifs, gestion alternative, placettes de suivi, reconnaissance simplifiée des stations forestières, etc.).
• Intégrer la composante du risque feu de forêts dans l’évaluation de la capacité de résilience des forêts et pour guider les actions de gestion.
• Sensibiliser et accompagner les propriétaires forestiers privés pour les aider à diversifier leurs modes de gestion ; tester lorsque cela est pertinent d’autres techniques que les coupes à blanc majoritairement réalisées pour régénérer les taillis.
• Encourager et valoriser les bonnes pratiques (ex : promouvoir des contrats type d’exploitation auprès des propriétaires forestiers, partenariats publics/privés pour la gestion et mobilisation du bois, démarches de labellisation/certification, sensibilisation aux plans simples de gestion et au code des bonnes pratiques sylvicoles, animation de démarches de type « sylvo-trophés »).
196 197 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 6.3
Générer une dynamique territoriale permettant de comprendre
les enjeux de la forêt6 6
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
MESURE 6.3 Générer une dynamique territoriale permettant de comprendre les enjeux de la forêt
Conforter la prévention et la sensibilisation au risque de feux de forêts
• Mobiliser, animer sur le territoire et articuler entre eux les outils destinés à prévenir au maximum le risque des feux de forêts (schémas de planification, documents d’urbanisme, mesures de Défense de la forêt contre les incendies, sylvopastoralisme…).
• S’appuyer sur le pastoralisme pour l’entretien des coupures de combustible élargies aux zones de renfort.
• Renforcer la communication et la sensibilisation au risque des feux de forêts.
• Développer les partenariats et le partage d’expériences entre les maîtres d’ouvrage DFCI du territoire en vue d’une stratégie inter-massifs et d’assurer une cohérence dans les actions d’infor- mation, de communication et de déploiement des ouvrages DFCI.
• Participer à des programmes de recherche sur les évolutions des risques liées au changement clima- tique et leurs conséquences sur l’aménagement, la programmation des travaux et les techniques de lutte.
• Intégrer dans les aménagements et les modalités de gestion de la défense des forêts contre les incendies, les enjeux de biodiversité dans les sites Natura 2000 et de la trame de vieux bois.
• Intégrer la composante du risque feu de forêts dans l’évaluation de la capacité de résilience des forêts et pour guider les actions de gestion.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Joue le rôle d’ensemblier pour susciter et faciliter les
actions des différents acteurs des forêts publiques et
privées, et favoriser les transferts de connaissance.
• Valorise les expertises et compétences des acteurs
forestiers pour appuyer le travail d’animation territo-
riale dans le but de structurer une stratégie « Forêt »
partagée pour le territoire.
• Travaille en synergie et en partenariat avec les in-
tercommunalités de manière à ce que les différentes
démarches d’aménagement du territoire, schémas
de développement, de gestion et de valorisation des
forêts puissent se compléter et s’articuler entre eux
aux différentes échelles.
• Recherche des moyens financiers et des parte-
nariats techniques et scientifiques pour renforcer
l’animation sur le territoire autour des enjeux de la
gestion multifonctionnelle des forêts, la mise en
place de dispositifs de suivi et le développement
d’initiatives de gestion alternative.
• Anime ou co-anime une démarche de type «
Charte forestière de territoire » (CFT) en inscri-
vant le territoire dans des démarches de réseaux
techniques et scientifiques aux échelles régio-
nales et nationales.
• Partage les données cartographiques qu’il
produit ou pour lesquelles il est autorisé à le faire
avec les gestionnaires forestiers, de manière à
favoriser les porter à connaissance entre acteurs
et travailler en synergie.
• Accompagne ou, par défaut, porte des
démarches de planification organisant ou contri-
buant à la défense des forêts contre les incendies
(ex : PMPFCI), permettre les actions de gestion
visant ces objectifs (ex : MAEC à enjeu DFCI) ainsi
que les actions d’animation-sensibilisation (ex :
dispositif des écogardes-garde régionale fores-
tière).
• Appuie les communes dans l’éventualité
d’études et de travaux de restauration de
terrains incendiés.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Appuyer le Centre régional de la propriété
forestière (CRPF) dans ses actions d’animation
auprès des propriétaires forestiers pour favoriser
la mise en œuvre d’actions en forêt privée
répondant aux enjeux du territoire.
• Promouvoir le développement des pratiques
forestières moins impactantes pour la biodiversi-
té via des actions d'information et de recherche
de financements, conduites de manières
conjointes avec les acteurs forestiers ».
• Participer aux journées d’échanges en forêts
et contribuer à définir un programme répondant
aux besoins et attentes des communes.
• Mobiliser les acteurs communaux aux pro-
grammes d’actions portés par le Parc et ses
partenaires.
• À solliciter, en cas de doutes et de questions
sur la qualité et la régularité de coupes fores-
tières en forêt privée, le CRPF et le Parc pour in-
formation et, si besoin d’investiguer les services
de l’État (DDTM).
• Soutenir les démarches de planification or-
ganisant ou contribuant à la défense des forêts
contre les incendies (ex : PMPFCI, POPI) ainsi
que les modalités de gestion visant ces objectifs
(ex : MAEC à enjeu DFCI).
Les intercommunalités s’engagent à :
• Associer le Parc aux instances de définition
des objectifs et de suivi de la mise en œuvre
de stratégies territoriales de gestion durable
et multifonctionnelle de la forêt (démarche du
type Charte forestière de territoire).
• Rechercher des synergies et des passerelles
avec les autres intercommunalités et le Parc,
afin de pouvoir répondre aux enjeux à l’échelle
géographique d’entités forestières les plus co-
hérentes possibles.
• Associer le Parc à la mise en œuvre des plans
et schémas dont elles ont pris la compétence.
• Se coordonner avec le Parc dans le cadre
de leurs stratégies locales de développement
forestier.
• Soutenir, voire porter et animer les démarches
de planification organisant ou contribuant
à la défense des forêts contre les incendies
(ex : PMPFCI, POPI) ainsi que les modalités de
gestion visant ces objectifs (ex : MAEC à enjeu
DFCI, ouvrages et aménagements DFCI).
• Soutenir le territoire dans l’éventualité
d’études et de travaux de restauration de
terrains incendiés.
Les départements s’engagent à :
• Contribuer au niveau des forêts départe-
mentales et des Espaces naturels sensibles à
dominante forestière aux journées de forma-
tions thématiques organisées en forêt auprès
des communes, gestionnaires et propriétaires
forestiers (ex : gestion multifonctionnelle,
enjeux DFCI, gestion forestière et changement
climatique, connaissance et préservation des
sols forestiers, les différents outils et cadres
réglementaires etc.).
• Plus globalement, à accompagner le Parc
dans sa stratégie forestière et appuyer l’anima-
tion et la mise en œuvre des stratégies territo-
riales concourant aux objectifs du Parc.
• Soutenir les démarches de planification
organisant ou contribuant à la défense des
forêts contre les incendies (ex : PMPFCI, POPI),
les modalités de gestion visant ces objectifs
(ex : MAEC à enjeu DFCI, ouvrages et aména-
gements DFCI) ainsi que les actions d’anima-
tion-sensibilisation afférentes.
• Soutenir le territoire dans l’éventualité
d’études et de travaux de restauration de ter-
rains incendiés.
La Région s’engage à :
• Soutenir et accompagner la ou les démarche(s)
du type « Chartes forestières de territoire » aux
échelles les plus appropriées pour répondre aux
enjeux soulevés dans la Charte.
• Contribuer aux journées de formations théma-
tiques organisées en forêt auprès des communes,
gestionnaires et propriétaires forestiers (ex :
gestion multifonctionnelle, enjeux DFCI, gestion fo-
restière et changement climatique, connaissance et
préservation des sols forestiers, les différents outils
et cadres réglementaires etc.) ;
Plus globalement, à :
• Accompagner le Parc dans sa stratégie forestière et
appuyer l’animation et la mise en œuvre des stratégies
territoriales concourant aux objectifs du Parc.
• Soutenir les démarches de planification organi-
sant ou contribuant à la défense des forêts contre
les incendies (ex : PMPFCI, POPI), les modalités de
gestion visant ces objectifs (ex : MAEC à enjeu DFCI,
ouvrages et aménagements DFCI) ainsi que les
actions d’animation-sensibilisation (ex : la garde
régionale forestière).
• Soutenir le territoire dans l’éventualité
d’études et de travaux de restauration de
terrains incendiés.
L’État s’engage à :
• Appuyer l’animation territoriale concou-
rant aux objectifs de la Charte du Parc.
• Contribuer, le cas échéant, aux journées
de formations thématiques organisées en
forêt auprès des communes, gestionnaires
et propriétaires forestiers (ex : gestion multi-
fonctionnelle, enjeux DFCI, gestion forestière
et changement climatique, connaissance et
préservation des sols forestiers, les différents
outils et cadres réglementaires etc.).
• Soutenir, au travers de sa politique fores-
tière alpine, les démarches type de contrat de
développement de débardage par câble et un
soutien aux petites entreprises locales de 1ère et
2ème transformation.
• Assurer une communication et une animation de
l’utilisation des différents outils auprès des • pro-
priétaires forestiers (ex : diagnostics écologiques,
indice de biodiversité potentielle, placettes fores-
tières de suivi, BioClimSol etc.).
• Associer le syndicat mixte du Parc aux formations
à la gestion forestière (FOGEFOR) et journées d’infor-
mation qui ont lieu sur son territoire.
• Accompagner le territoire du Parc sur le plan
technique et administratif, dans la mesure de ses
moyens, dans l’éventualité d’études et de travaux de
restauration de terrains incendiés.
198 199 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20397
6
ORIENTATION 6
S’appuyer sur la capacité naturelle d’adaptation des forêts pour favoriser leur résilience face aux changements climatiques
MESURE 6.3 Générer une dynamique territoriale permettant de comprendre les enjeux de la forêt
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Peut contribuer à la réalisation des
journées de formations et d’échanges en
forêt, en apportant de l’expertise scientifique
sur certaines thématiques.
Les partenaires techniques et institutionnels :
L’Office national des forêts (ONF) :
• Apporte ses compétences et son expertise
dans cadre d’une démarche de type « Charte fo-
restière de territoire » pour en faciliter la mise en
œuvre.
• Contribue activement aux sessions de rencontres
organisées entre les différents acteurs publics et
privés, forestiers et non forestiers (partages d’expé-
riences autour de la mise en œuvre d’outils de dia-
gnostics, de suivis d’actions ou de chantiers démons-
tratifs dans le contexte du changement climatique).
• Pour ce faire, mobilise son ingénierie et favorise
l’accès aux forêts qu’il gère pour organiser ces sessions
de formations et d’échanges en forêt.
• Contribue à l’identification des enjeux, mobilise son
ingénierie et expertise dans les actions de prévention
des feux de forêts mais aussi, le cas échéant, en vue de
la restauration de terrains incendiés.
Le Centre régional de la propriété forestière (CRPF) :
• Associe le Parc aux formations à la gestion fores-
tière (ex : FOGEFOR, journées d’information) qui ont
lieu sur son territoire.
• Contribue activement aux sessions de ren-
contres organisées entre les différents acteurs
publics et privés, forestiers et non forestiers
(partages d’expériences autour de la mise en
œuvre d’outils de diagnostics, de suivis d’actions
ou de chantiers démonstratifs dans le contexte
du changement climatique, cadre réglementaire
etc.).
• Pour se faire, mobilise son ingénierie, ses
outils et facilite le lien avec des propriétaires
forestiers privés pour que ces sessions de for-
mations et d’échanges puissent également se
tenir en forêt privée.
• Se coordonne avec l'ONF pour la mise en
place d'opérations de gestion public-privé ;
• Contribue à l’identification des enjeux,
mobilise son ingénierie et expertise dans les
actions de prévention des feux de forêts mais
aussi, le cas échéant, en vue de la restauration
de terrains incendiés.
• Dans cette éventualité, cherche à informer
et regrouper les propriétaires forestiers pour
permettre et optimiser les actions de restaura-
tion après incendie.
Les associations, groupements et relais locaux :
Les associations des communes forestières :
• Accompagnent la mise en œuvre des
actions d’animation territoriale du Parc dans
ses missions de conseils technique et finan-
ciers, d’animation et de formation auprès des
communes.
• Associent le Parc au réseau des territoires
forestiers de la région.
• Favorisent la mise en réseau des acteurs
publics et privés, et apportent un transfert de
connaissances et un retour d’expériences.
• Communiquent auprès des communes fo-
restières lors de la mise en place de journées
d’échanges et de formation.
Les syndicats des propriétaires forestiers :
• Incitent les propriétaires forestiers adhérents
aux syndicats à participer aux formations et
contribuer activement aux actions mises en
œuvre par le Parc et ses partenaires.
• Relayent les informations et outils dont
peuvent se saisir les propriétaires forestiers
pour favoriser une gestion forestière durable de
leur forêt (diagnostic écologique, Indice de bio-
diversité potentielle…).
• Contribuent à appuyer auprès des proprié-
taires forestiers adhérents, les démarches
d’animation et à promouvoir les formations et
journées d’échanges techniques.
ORIENTATION 7
Révéler et partager le patrimoine culturel
Chantier castellane 2022 ©M. Salvarelli - PNR Verdon
CONTEXTE
À la croisée des Alpes et de la Méditerranée, le
Verdon est une zone d’échanges culturels continus
couvrant toutes les périodes de notre Histoire
jusqu’aux transformations récentes : urbanisation,
aménagements hydrauliques, tourisme, camp
militaire de Canjuers, etc. Les patrimoines culturels
et les paysages en sont les témoins, trait d’union
entre le monde d’hier, d’aujourd’hui et de demain.
Les découvertes réalisées via les programmes de
fouilles ou de recherche, permettent d’approfondir
nos connaissances de l’histoire locale, d’obtenir des
précisions sur les modes de vie et d’occupation, des
échanges au sein du territoire et avec l’extérieur.
La multiplication de ces programmes témoigne de
l’importance prise par le monde de la recherche.
Cette richesse patrimoniale contribue à faire
émerger une offre culturelle pour les habitants
et les visiteurs : naissance de musées, maisons
thématiques, parcours, panneaux d’information ou
de valorisation ou signalétique, publications, outils
de promotions touristiques, etc.
Le territoire du Verdon se révèle par une architecture
rurale simple au caractère méditerranéen affirmé.
Il est marqué par un bâti vernaculaire prégnant,
des villages modestes éparpillés qui parfois sont
accrochés au relief comme des villages perchés
(Trigance, Rougon), peu de villes hormis quelques
bourgs (Aups, Castellane, Riez). Cette architecture
rurale évolue au cours des 19e et 20e siècles, sous
l’influence de la ville vers une architecture plus
savante avec des demeures bourgeoises sobres et
quelques hôtels remarquables.
Le patrimoine religieux prédomine, tout comme le
bâti hydraulique lié aux usages du quotidien pour
capter et drainer l’eau. Le patrimoine médiéval
marque encore fortement certains villages. Certains
éléments ont été révélés lors des inventaires comme
les apiés-enclos très présents sur la commune
d’Aups, ou les cabanons et pigeonniers du plateau
de Valensole.
L’ensemble de ces bâtis fait appel à des techniques
traditionnelles utilisées par les « anciens » comme
la pierre sèche, la chaux ou le gypse. Savamment
recueillis, gestes et pratiques sont restitués au
travers d’ouvrages, transmis lors de formations, de
chantiers bénévoles de restauration…
Différents acteurs soutenus financièrement par des
collectivités ou fondations jouent ce rôle de « passeurs de
patrimoine ».
D’ailleurs, ces patrimoines dits immatériels sont souvent
riches sur les territoires ruraux, le Verdon s’inscrivant
dans cette dynamique. Cela nous incite à s’intéresser
et à préserver quelques spécificités, comme :
• les usages agricoles autour du pastoralisme ou
des cultures de plantes à parfum ou vivrières,
• l’artisanat avec la faïence à Moustiers-Sainte-
Marie, la tournerie sur bois à Aiguines ou les
draps à Saint-André-les-Alpes,
• une culture de l’eau avec ces systèmes de
captage et ces protections contre les crues,
• l’oralité au travers de la langue provençale
qui, bien que fragilisée au sein de la société
contemporaine, se retrouve dans la toponymie
et les fêtes traditionnelles ;
• la cuisine locale paysanne,
• un patrimoine de l’écrit et de l’image, source
d’inspiration pour les artistes.
Plusieurs sites patrimoniaux disposent de
classements ou labellisations (sites et monuments
classés ou inscrits) leur permettant d’accéder à des
financements. Le bâti inventorié dans le cadre de
l’inventaire général du patrimoine culturel est aussi un
levier pour obtenir des aides régionales ou d’État pour
les territoires concernés afin de préserver, restaurer et
valoriser les édifices. Cela n’empêche pas de constater
que certains de ces patrimoines se dégradent.
D’un autre côté, une série de labels d’État ou reconnus
sont des leviers de développement économique,
touristique et culturel. Ils encouragent les collectivités
à œuvrer à la préservation, mais surtout à la valorisation
comme le label national « Pays d’Art et d’Histoire », le label
départemental « Villages et Cités de caractère » dans des
Alpes de Haute-Provence, ou encore l’appellation « Musée
de France ».
En urbanisme, l’outil de protection architectural et
paysager Site patrimonial remarquable (SPR) ou l’iden-
tification et la protection d’édifices bâtis modestes au
niveau des plans locaux d’urbanisme contribuent à cette
préservation.
201 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039 200
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives et
pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l'année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin
de la Charte :
• N°55 : Nombre d'actions auprès du grand-
public pour la connaissance des acteurs
forestiers et de la gestion forestière
INDICATEURS D’ÉVALUATION
201 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20397 7
ORIENTATION 7
Révéler et partager le patrimoine culturel
STRATÉGIE
Les patrimoines sont la manifestation de la culture
d’un groupe humain dans toutes ses dimensions.
La stratégie portant sur les patrimoines culturels
repose sur une vision large des patrimoines,
regroupant les patrimoines dits matériels
et immatériels, qu’ils soient remarquables
ou modestes.
C’est dans cette diversité que doit se construire
une intervention concertée qui tient compte des
moyens humains et financiers. Il faut considérer
que le patrimoine est une construction qui
n’est pas figée, mais qui évolue en permanence.
Il interroge sur ce qui fera patrimoine demain.
La place accordée à la mémoire, au besoin de la
recueillir et la transmettre, est essentielle. Elle aide
les individus à s’ancrer dans un lieu, une histoire et donc
un territoire. Cette mémoire s’incarne par des écrits, la
parole et les gestes des hommes et des femmes. Tout
en valorisant les habitants, elle peut devenir un facteur
d’intégration des nouvelles populations.
Enfin, la stratégie doit reposer sur une approche vivante,
ouverte, accessible de la culture, mais aussi qui englobe
un ensemble d’acteurs d’horizons différents mêlant
approche scientifique et savoirs populaires, et qui accepte
la diversité culturelle au sein de ce territoire. La charte doit
pouvoir faire dialoguer le passé avec le présent et le futur,
en réinventant de nouveaux usages pour nos patrimoines
culturels. Ainsi, ces usages nouveaux pourraient
contribuer pleinement à l’attractivité du Verdon pour son
cadre de vie, ses activités économiques et touristiques,
son développement autour de valeurs citoyennes, etc.
Fort de ce constat, plusieurs enjeux se
dessinent pour le territoire du Verdon :
• La recherche de leviers d’action
pour conserver, préserver et
restaurer les patrimoines bâtis
et immatériels afin que nos
patrimoines ne soient pas figés,
mais s’ancrent dans la modernité.
• La mobilisation de moyens pour
mieux comprendre l’histoire humaine
du territoire et donner une place
aux sciences humaines et à
la mémoire collective.
• Le développement des liens entre
les acteurs publics, associatifs et
habitants mobilisés dans des
démarches de recherche,
préservation, valorisation,
éducation artistique et culturelle.
• La construction d’un projet de
préservation et de valorisation
autour des « pépites » patrimoniales
du bâti pour donner de la lisibilité
au territoire.
• L’interaction des territoires du
Verdon avec les territoires
limitrophes et le reste de
la Provence.
ENJEUX & DÉFIS
MESURES
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour
des mesures suivantes :
• Mesure 7.1
Sensibiliser à la fragilité du patrimoine bâti et des sites archéologiques et favoriser leur préservation ou leur restauration
• Mesure 7.2
Revitaliser et valoriser le patrimoine culturel
• Mesure 7.3
Développer la transmission du patrimoine culturel pour que chacun devienne « passeur de patrimoine »
RENVOIS VERS LE PLAN DU PARC
Préserver l’identité des paysages ruraux
Mesures 2.4, 5.2, 6.2, 7.1, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 9.3, 10.1
Préserver les monuments emblématiques
du grand paysage
Préserver les espaces ouverts et les perceptions
lointaines du Plateau de Valensole
Protéger les paysages agricoles
et leurs motifs particuliers
Veiller à la qualité des routes de découverte
des paysages et de leurs abords
Préserver l’identité des routes emblématiques
ou pittoresques
Préserver les cônes de vues et le devenir
des espaces associés
Veiller à la qualité des paysages perçus depuis les points
hauts du territoire offrant des perceptions lointaines
Protéger les édifices du patrimoine bâti traditionnel
identifiés en tant que pépites, jalonnant les paysages
naturels, agricoles et urbains
Veiller à la qualité des entrées de parc en améliorant les
aménagements ou en préservant leur identité rurale
Veiller à la qualité de l’urbanisation et
des aménagements
Mesures 2.1, 5.2, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 10.1, 11.3
Préserver la silhouette des villages
et hameaux traditionnels
Veiller à la qualité des espaces publics, des projets
d’aménagement et des constructions
Requalifier les espaces urbains banalisés ou dégradés
Promouvoir la densification des quartiers périphériques
Traiter qualitativement les franges villageoises
Requalifier les abords routiers, les entrées et les
traversées de villes et villages banalisées ou dégradées
Affirmer les limites d’urbanisation et contenir
le développement urbain pour empêcher le mitage
des espaces agricoles et naturels
Requalifier des infrastructures touristiques
et les espaces naturels fréquentés dégradés
Labels patrimoniaux et équipements culturels
Dispositifs de protection
Architecture contemporaine remarquable
Site classé (loi 1930)
Site inscrit (loi 1930)
Monument historique (loi 1913)
Site patrimonial remarquable
Projet Grand Site de France des gorges du Verdon
Les Plus Beaux Villages de France
Villages & cités de caractère
Pays d’Art et d’Histoire
Musée et maison thématique
202 203 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20397 7
Chantier de fouilles préhistoriques aux près de Laure - vallée du Jabron 2018 ©J. Carmille - PNR Verdon
ORIENTATION 7
Révéler et partager le patrimoine culturel
la fragilité, l’urgence et la nécessité d’intervention.
Cet objectif préalable devra s’appuyer sur des
outils mis en place et la mise à jour de l’inventaire.
• Trouver des leviers pour accompagner des
actions qui s’inscrivent en faveur de conser-
vation, préservation et restauration d’édifices
bâtis : chantiers, partenariats et mutualisation,
programmes de recherches, retours d’expérience
et échanges avec d’autres territoires, etc.
• Partager les états des lieux du patrimoine et
sensibiliser les acteurs du territoire, les habitants
et les élus, à la fragilité et au besoin d’intervenir
sur nos patrimoines. Il s’agit d’interpeller et de
faire prendre conscience du besoin et de l’urgence
d’agir dans certains cas.
• Sensibiliser les élus sur les bonnes pratiques
en s’appuyant sur des opérations exemplaires
afin de mieux considérer ces éléments patri-
moniaux dans leurs projets de développement
communal (visite de chantier, présentation en
conseil municipal, etc.)
DISPOSITIONS
Préserver le patrimoine bâti identitaire
et notamment les « pépites »
patrimoniales du bâti
• Considérer l’ensemble des patrimoines
bâtis comme élément culturel à préserver,
restaurer et valoriser, en portant une attention
toute particulière sur les « pépites » patrimo-
niales bâties telles que définies en annexe.
• Identifier ces « pépites » du patrimoine bâti
conjointement avec les élus, associations et
chercheurs pour transmettre un patrimoine,
révéler l’histoire des lieux, préserver les pay-
sages, conserver l’identité du territoire.
• Identifier et préserver ces patrimoines bâtis
et pépites patrimoniales dans les documents d’urbanisme.
• Prendre en compte la valeur patrimoniale des pépites lors de projets d’aménagements et de projets touristiques par une restauration dans les règles de l’art.
• S’assurer à minima de préserver le patrimoine bâti identitaire inscrit au Plan de Parc, c’est-à-dire de veiller à l’entretenir pour éviter qu’il ne tombe en ruine, sans pour autant rendre obligatoire des interventions de restauration sur le bâti.
• Proposer des programmes d’actions permettant des projets de recherche, de restauration et de valorisation en les considérant dans leur globalité (composition architecturale, insertion pay- sagère, fonctionnement du site, usage…) et en faire des projets exemplaires.
Participer à la transmission au plus grand nombre des savoir-faire traditionnels de construction
• Renforcer l’action de formation des professionnels du bâtiment en partenariat avec les or- ganismes professionnels chambres des métiers et de l’artisanat (CMA), Confédération de l’arti- sanat et des petites entreprises du bâtiment (CAPEB), Fédération française du bâtiment (FFB). Autour des matériaux traditionnels ou biosourcés, afin d’impulser une montée en compétences autour de ces savoir-faire et de disposer localement de personnes qualifiées : Une mobilisation de la marque « valeurs Parc » est à envisager dans le futur programme d’actions pour mettre en avant les artisans compétents du territoire.
• Pérenniser l’action auprès des agents communaux avec l’appui du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) en proposant de façon plus régulière des chantiers-écoles localisés sur le territoire pour faciliter la participation des agents.
• Promouvoir la mise en œuvre de techniques constructives traditionnelles dans l’accompagne- ment des porteurs de projets publics : communiquer sur les opérations exemplaires réalisées sur le territoire, valoriser des professionnels compétents pour encourager une restauration dans les règles de l’art, diffuser les pistes de financements, etc.
• Engager une réflexion sur le développement d’une filière économique en lien avec des matériaux locaux. Le gypse, très présent dans les alpes du Sud, sera l’objet d’une étude à l’échelle régionale qui portera aussi bien sur le volet de la production de plâtre et de sa commercialisation jusqu’aux actions de formation des professionnels et d‘opérations qualitatives de restauration.
• Travailler de façon concertée les actions de sensibilisation avec les services concernés qui portent des projets (services urbanisme, patrimoine, architecture des collectivités) et en l’inscrivant autour de la transmission des savoir-faire afin de créer une dynamique entre les besoins de restauration ciblés et le développement de cette filière économique.
• Mettre en avant la plus-value sociale, culturelle, touristique apportée par le patrimoine dans le main- tien du cadre de vie et le développement économique.
• Initier des démarches participatives autour du bâti comme les chantiers participatifs afin de sen- sibiliser le grand public à la qualité et l’importance des édifices traditionnels présents sur le territoire, encadrés par des professionnels spécialisés dans le bâti ancien et les techniques traditionnelles (pierre sèche, gypse, chaux, etc.).
OBJECTIFS DE LA MESURE
Les découvertes archéologiques et les inventaires du
bâti menés sur le territoire du Parc nous conduisent à
traiter avec attention le patrimoine vernaculaire comme
les édifices prestigieux, le paysage du quotidien comme
les paysages grandioses, mais aussi les savoir-faire
immatériels en tant que marqueurs culturels. Ces
éléments patrimoniaux participent à la richesse de ce
territoire, reflet des communautés d’hommes et de
femmes qui se sont succédé au fil des siècles, laissant
leur empreinte dans le paysage.
Les différents travaux révèlent le plus souvent une
certaine fragilité et un risque de disparition de ces
patrimoines. Il convient donc de mieux les préserver,
conserver ou restaurer. Du simple oratoire au
château jusqu’au site préhistorique majeur, tous ces
éléments patrimoniaux ont de la valeur, car ils sont
témoins de notre histoire et doivent être partagés
et transmis aux générations futures.
Les objectifs sont donc de :
• Identifier les éléments patrimoniaux à préserver,
conserver ou restaurer. Ce travail permet d’estimer
204 205 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 7.1
Sensibiliser à la fragilité du patrimoine bâti et des sites
archéologiques et favoriser leur préservation ou leur restauration
« Pépite » patrimoniale bâtie :
Spécificité pouvant correspondre à une
typologie de bâti, un élément architectural, un
ensemble intéressant composé de plusieurs
édifices, une implantation dans un site qui
marque le paysage, ou encore parce qu’elle
renvoie à une thématique forte localement
en lien avec le schéma de valorisation des
patrimoines du Parc.
DÉFINITION
disposition pertinente7 7
• Développer des actions de sensibilisation auprès des étudiants (architecture, archéologie, histoire de l’art…) et des lycées techniques afin d’expérimenter des projets de restauration et de valorisation d’édifices et mener une démarche active auprès de l’éducation nationale pour étoffer le programme sur les savoir-faire traditionnels et sur les métiers possibles.
Soutenir ou initier des programmes de recherche ou de découverte du patrimoine
• Considérer la recherche à travers une approche ouverte et transversale, où le patrimoine naturel reste connecté à l’histoire humaine, et les connaissances acquises sont un potentiel de développement culturel et touristique.
• Mettre en valeur certains projets par des visites et des partages de témoignages afin de montrer le potentiel de développement et de valorisation sur un territoire (visite de projets exem- plaires locaux, échanges autour d’expériences extérieures au territoire, etc.).
• Donner une place à ces programmes de recherche et de découverte dans les projets éducatifs et les événements (démarches plus participatives pour une meilleure appropriation locale).
• Donner de la visibilité aux projets pour qu’ils puissent s’ancrer localement en créant des liens entre des chercheurs et les collectivités, habitants, professionnels, associations et visiteurs (convention avec les communes, création d’espace de découverte ou d’interprétation sur des sites, etc.) pour mieux faire connaître les programmes de recherche et les découvertes sur les communes où elles se déroulent.
• Mutualiser les moyens et les forces d’actions au sein du territoire pour monter des programmes plus riches et complets (collaboration entre structures, mutualisation de moyens humains techniques et financiers).
• Accompagner les projets jusqu’à leur diffusion en communiquant et sensibilisant auprès des publics pour faire prendre conscience de la valeur de ces patrimoines (événements pour se rencontrer, publi- cations scientifiques et vulgarisées sur les patrimoines à recenser, journées de sensibilisation sur la réglementation, etc.).
• Soutenir des projets qui s’axent autour de la mémoire orale du patrimoine (rencontre avec les anciens qui détiennent des connaissances ou savoirs dans une perspective transmission, etc.).
ORIENTATION 7
Révéler et partager le patrimoine culturel
MESURE 7.1 Sensibiliser à la fragilité du patrimoine bâti et des sites archéologiques et favoriser leur préservation ou leur restauration
• Accompagne les collectivités dans les projets
de restauration, d’interprétation– valorisation des
patrimoines.
• Accompagne les porteurs de projets dans leurs
démarches administratives.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Considérer les pépites dans leurs projets
d’aménagements ou leurs documents d’urba-
nisme.
• Tenir compte des découvertes survenues
dans le cadre d’inventaires ou de programmes de
recherche dans leurs projets de développement
et notamment dans l’objectif de développer un
tourisme culturel.
• Assurer la maîtrise d’ouvrage pour des
aménagements communaux en anticipant leur
usage futur.
• Assurer l’accueil et l’entretien de leur bâti.
• Participer activement au temps de sensibili-
sation et de formations proposées.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Organiser avec le Parc des actions de
sensibilisation de restaurations exemplaires
auprès des élus.
• Considérer les pépites du patrimoine bâti
dans leurs projets d’aménagements ou leurs
documents d’urbanisme.
• Tenir compte des découvertes survenues
dans le cadre d’inventaires ou de programmes
de recherche dans leurs projets de développe-
ment et notamment dans l’objectif de dévelop-
per un tourisme culturel.
• Assurer la maîtrise d’ouvrage pour certains
aménagements d’envergure intercommunale.
• Accompagner les communes sur les
démarches administratives pour les dossiers de
restauration du patrimoine selon leurs compé-
tences.
• Accompagner les communes dans la
recherche de financements et la mise en œuvre
de projets de restauration et valorisation du
patrimoine, selon leurs compétences.
Les départements s’engagent à :
• Mettre en avant des critères liés à la qualité
de la restauration du bâti (artisan compétent,
respect des savoir-faire…) dans le cadre des
appels à projets ou programmes de soutien.
• Reconnaître le rôle du Parc pour accompa-
gner les communes dans le montage de dossier
de subvention et dans le suivi de projet.
• Informer le Parc des appels à projets et le
mobiliser lors des évolutions des dispositifs
pour un retour d’expérience de terrain.
• Porter une attention particulière aux sites
ou bâtis considérés comme des pépites
patrimoniales.
• Informer le Parc sur les programmes de
recherche notamment dans le domaine de l’ar-
chéologie afin d’initier des collaborations.
• Mener des programmes de recherche et de
valorisation en les partageant localement.
La Région s’engage à :
• Mettre en avant des critères liés à la qualité de la
restauration du bâti (artisan compétent, respect des
savoir-faire…) dans le cadre des appels à projets ou
programmes de soutien.
• Soutenir des projets qui s’insèrent dans les poli-
tiques territoriales.
• Reconnaître le rôle du Parc pour accompagner les
communes dans le montage de dossier de subvention
et dans le suivi de projet.
• Informer le Parc de ses appels à projets et le
solliciter lors des évolutions des dispositifs pour un
retour d’expérience de terrain.
• Porter une attention particulière aux sites
ou bâtis considérés comme des pépites pa-
trimoniales.
• Associer le Parc sur les avancées de l’in-
ventaire du patrimoine selon les normes en
vigueur.
• Soutenir et inciter à une vision commune
des programmes de recherche collaboratifs
et partenariaux du territoire.
• Encourager des projets autour de l’art
de bâtir dans le cadre de son soutien à la
formation des professionnels et des lycées
techniques.
• Aider financièrement des projets structu-
rants sur le territoire via ses aides régulières
ou des financements ponctuels, en mobilisant
les sites inventoriés par l’inventaire général ou
des artistes régionaux ou le réseau de culture
science.
• Mener des programmes de recherche scien-
tifique notamment via l’inventaire général du
patrimoine.
L’État s’engage à :
• Soutenir, via le service régional d’archéologie (SRA)
et des Monuments historiques (MH), des projets de
recherche ou des inventaires qui s’inscrivent dans le
cadre de programme de coopération entre structures
scientifiques et ancrées sur les territoires.
• Être disponible pour apporter des avis ou conseils
sur la préservation et restauration des pépites patrimo-
niales du bâti, via les services compétents.
• Soutenir des actions exemplaires grâce à des fonds
des services de l’État compétents.
• Se mobiliser sur les territoires ruraux et notamment
les territoires du Parc en déclinant la convention
nationale de développement culturel.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Joue un rôle de facilitateur pour le développe-
ment de projets patrimoniaux entre les élus de la
collectivité, les financeurs, les services adminis-
tratifs et les associations patrimoniales.
• Organise avec les intercommunalités des
actions de sensibilisation et/ou de restaurations
exemplaires auprès des élus.
• Veille à ce que les programmes d’inventaires
et de recherches menés soient partagés au
sein des communes par les élus, habitants et
associations au travers de démarches partici-
patives, et effectués selon les normes scienti-
fiques et techniques de l’inventaire régional du
patrimoine culturel.
• Accompagne des projets de coopération
autour de projets de recherche, restauration ou
valorisation du patrimoine.
• Poursuit le partenariat avec le service de
l’inventaire de la Région Provence-Alpes-Côte
d’Azur afin de compléter les inventaires actuels,
ou d’investir de nouvelles thématiques ou d’élargir
aux communes du nouveau périmètre.
• Conduit des chantiers participatifs en
mettant son savoir-faire à profit des partenaires
volontaires.
• Mobilise les partenaires pour proposer des for-
mations à destination des artisans ou des agents
municipaux sur la restauration du bâti.
• Mobilise à l’échelle du Parc, les acteurs du terri-
toire en matière de patrimoines culturels.
206 207 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20397 7
• Accompagner les acteurs pour expliciter les
démarches administratives.
• Communiquer aux communes et aux collec-
tivités, dans le cadre de l’association à l’élabora-
tion des documents d’urbanisme, l’existence des
zones archéologiques sensibles et notamment
celles qui mériteraient, à ce titre, une protection
particulière.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Conseille dans des projets de restauration ou
préservation.
• Intervient sur des journées de sensibilisation et
formations autour de projets exemplaires.
• Crée des liens ou initie des coopérations entre
structures de recherches pour développer ou enrichir
des programmes de recherches ou inventaires.
• Incite à une ouverture des projets de recherche,
mêlant patrimoines et environnement proches du
Verdon.
• Contribue aux réflexions sur les évolutions contem-
poraines de la société et son rapport à son patrimoine,
notamment en aidant à déconstruire des évidences et
à porter un regard critique sur les choses.
• Aide à définir des programmes de recherche.
Le Centre national pour la recherche scientifique
(CNRS) :
• Fait comprendre et partager des méthodologies
de travail.
• Explique des démarches administratives quand
il est impliqué sur des projets.
• Contribue à élargir la vision du territoire en le
connectant au reste de la Région pour donner de
nouvelles clés de lecture.
Les universités régionales, dont la Maison
méditerranéenne des sciences et de l’homme
(MMSH) :
• S’insèrent dans des projets de recherche.
• Proposent des terrains d’études aux étudiants
situés sur des territoires comme celui du Parc.
Les associations, groupements et relais locaux :
• Se mobilisent sur des chantiers participatifs.
• Partagent les connaissances lors des mis-
sions d’inventaires ou de valorisation.
• Sollicitent les habitants sur le déploiement
de financements locaux sur des projets.
ORIENTATION 7
Révéler et partager le patrimoine culturel
MESURE 7.1 Sensibiliser à la fragilité du patrimoine bâti et des sites archéologiques et favoriser leur préservation ou leur restauration
Les objectifs sont donc de :
• Mobiliser les médias culturels et artistiques pour
toucher et sensibiliser les publics et donner à com-
prendre et apprécier nos patrimoines culturels. Il
s’agit de rapprocher les patrimoines culturels des
publics, en offrant une autre manière de voir et
ressentir les patrimoines culturels. L’intention est
d’aller au-delà de la visite, du panneau d’informa-
tion classique. L’objectif est de proposer des ap-
proches d’interprétation, sensibles et artistiques,
qui ouvrent une autre vision des patrimoines.
• Développer une offre culturelle et artistique
autour des patrimoines culturels à destination
des habitants et des touristes en investissant et
détournant des lieux de leur utilisation première
pour pallier le manque de lieux culturels et pour
inviter à une découverte plus originale du territoire.
OBJECTIFS DE LA MESURE
Face au désintérêt pour certains patrimoines
culturels, matériel ou immatériel, qui ont parfois
basculé dans l’oubli ou restent inconnus pour les
habitants, il apparait nécessaire de redonner vie
à ces lieux, de susciter une nouvelle attractivité.
Ils s’inscrivent dans des habitudes culturelles,
des relations sociales, une vie de village, etc.
L’approche culturelle et artistique est un des
partis pris pour encourager cette démarche.
En effet, les médiateurs culturels et les artistes
et portent en eux des démarches sensibles,
et sont capables de réinventer une nouvelle
manière de considérer les patrimoines. De
manière générale, l’art a la capacité d’interroger
tout un chacun sur nos patrimoines, notre
histoire, et de nous aider à faire ressortir et
questionner l’esprit des lieux.
Chantier de restauration du bâti four de Blaron 2016 ©M. Salvarelli - PNR Verdon
MESURE 7.2
Revitaliser et valoriser le patrimoine culturel
DISPOSITIONS
Soutenir et mener des programmes culturels qui s’étendent sur l’année
• Initier ou soutenir des programmations où s’entremêlent éléments du patrimoine (publics ou privés) et approches artistiques.
• Développer et soutenir une programmation à l’année pour les visiteurs et les habitants.
• Développer la culture scientifique en proposant des activités de médiation scientifique et culturelle pour tous et en particulier les jeunes, afin de les éveiller à la démarche scientifique, les amener à se questionner sur les grands enjeux de société et les orienter vers des filières professionnelles.
• Nouer des partenariats avec les acteurs culturels du territoire (associations culturelles, Pays d’art et d’histoire, service culture des collectivités, musées ou maisons thématiques, médiathèques, bénévoles, etc.) pour créer une émulation et gagner en complémentarité.
• Privilégier des approches originales dans les événements culturels : partage d’expériences, rencontre intergénérationnelle, etc.
208 209 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives et
pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l'année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°56 : Nombre d’édifices du patrimoine
bâti restaurés avec l’appui du Parc
• N°57 : Pourcentage de pépites du
patrimoine bâti préservées
• N°58 : Nombre de coopération pour des
programmes de recherches ou d’inventaires
• N°59 : Nombre d’actions de sensibilisation
ou de formations
INDICATEURS D’ÉVALUATION
Parcours patrimoine et artistique - Trigance ©Arober - PNR Verdon7 7
• Multiplier les lieux de rencontre dans la mise en place des manifestations : tournée dans les villages, programmation entre plusieurs sites, occupation des espaces extérieurs, immersion dans les foyers.
• S’appuyer sur les professionnels (guides, accompagnateurs, associations, offices du tou- risme) pour offrir une découverte des sites inaccessibles au public (chapelles, sites privés…).
Inviter des artistes à créer et à questionner nos patrimoines culturels
• Investir le champ large de la création artistique, notamment l’art contemporain, pour offrir une lecture différente de nos patrimoines.
• Recenser les artistes et leurs productions pour les inviter sur des projets.
• Renforcer la valorisation du patrimoine en invitant les artistes sur les sites (créations artistiques, spectacles, installations d’œuvres) tout en veillant à conserver une pertinence entre le lieu et l’œuvre.
• Soutenir les artistes en s’appuyant sur les acteurs culturels du territoire par une mise en commun des compétences (médiation, direction artistique, programmation, etc.).
• Offrir aux habitants des temps de restitution du travail de création (résidence, avant-première…) et ainsi relier la création à l’action culturelle pour un meilleur ancrage des projets sur le territoire.
Soutenir et initier des démarches d’interprétation
• S’appuyer sur des outils méthodologiques initiés dans le cadre du projet Grand site des gorges du Verdon et du schéma de valorisation des patrimoines, en les enrichissant des échanges avec les autres acteurs du territoire.
• Privilégier l’approche de l’interprétation pour valoriser des sites patrimoniaux (parcours thématiques, ouvrages sur les patrimoines, etc.).
• Mener un travail de fond plus que d’information sur des approches sensibles qui mettent en avant l’esprit des lieux, et oser ne pas vouloir tout raconter dans les projets conçus, pour donner aux publics l’envie de revenir ou de creuser d’autres sujets.
• Développer des approches multiples et complémentaires selon les besoins des publics : raconter l’histoire avec un petit h (anecdotes, souvenirs, etc.), proposer des dimensions ludiques (jeux de piste), s’emparer du numérique pour mener des projets de valorisation de nos patrimoines (site internet, application numérique pour Smartphone, centre de ressources, etc.).
• Proposer des projets à l’échelle d’un territoire, en misant sur la complémentarité entre les spécifi- cités de chaque village : circuit de village en village (circuit sur le gypse, circuit des cadrans solaires) ; nouvelles pistes à explorer (lavoirs et fontaines, Préhistoire…). ; cohérence des supports produits (exemple : avoir une même charte graphique).
• Inscrire l’humain au centre de la médiation culturelle en mobilisant un réseau de partenaires (guides, offices de tourisme, pédagogues, etc.) pour aller au-delà des supports classiques, en ex- plorant certaines approches de médiation qui incarnent la parole : conteurs / crieurs qui allaient de village en village autrefois, en misant sur la transmission orale de personne en personne, de génération en génération, de public en public (scolaires, habitants, etc.).
• S’appuyer sur les habitants pour concevoir les projets, mais aussi leur permettre de se les approprier et parfois de faire changer le regard qu’ils portent sur leur village.
• Penser la conception et l’entretien des supports conçus, tout en acceptant qu’ils puissent avoir une durée de vie limitée.
ORIENTATION 7
Révéler et partager le patrimoine culturel
MESURE 7.2 Revitaliser et valoriser le patrimoine culturel
Contrat territoire lecture 2022 restitution ©A. Zorzan - PNR Verdon
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Valorise les découvertes du territoire auprès de
tous les publics.
• Conduit les démarches d’interprétation sur
des projets englobant ou à l’échelle d’un large
territoire.
• Se fait le relais des expériences ou de projets
exemplaires du territoire et d’ailleurs.
• Apporte de la cohérence territoriale sur la
forme et le fond dans le développement de
projets.
• Propose des temps forts autour des patri-
moines et de la culture pour créer des liens avec
les habitants, en initiant des partenariats locaux
ou régionaux
• Fait bénéficier les acteurs du territoire des
accords culturels avec des organismes régionaux
et nationaux.
• S’implique au sein de réseaux régionaux
comme le réseau culture science.
• Coordonne à l’échelle de la destination Gand
Verdon des démarches autour de la valorisation
numérique des patrimoines.
• Mobilise des artistes dans des projets de valo-
risation du patrimoine qu’il porte ou accompagne.
• Est le relais des dispositifs de financements ou
appels à projets auprès des artistes du territoire
ou acteurs culturels.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Proposer des actions qui renforcent l’ap-
propriation du patrimoine par ses habitants.
• Informer la population via leurs outils de
communication.
• Faire remonter l’information sur les événe-
ments culturels aux structures qui coordonnent
les agendas comme les offices de tourisme.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Coordonner l’offre événementielle de leur terri-
toire via les offices de tourisme intercommunaux.
• Impulser des événements locaux autour d’une
programmation commune.
• Développer des circuits sur le patrimoine ou des
événements à l’échelle de l’intercommunalité.
• Mettre à disposition des publications pour
favoriser la découverte.
• Mobiliser le réseau local pour se connaître et
échanger.
• Mettre en avant des actions exemplaires ou des
richesses du territoire entre les communes adhé-
rentes.
210 211 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20397 7
Les départements s’engagent à :
• Communiquer les découvertes archéolo-
giques auprès des élus.
• Aider financièrement des projets structu-
rants sur le territoire via ses aides régulières
ou l’intervention de ses structures départe-
mentales ou services.
• Proposer des événements départementaux
pouvant associer des structures à différentes
échelles du territoire.
• Faciliter le développement de projets d’amé-
nagement ou d’interprétation en impliquant ses
services et les structures culturelles dont il a la
gestion.
La Région s’engage à :
• Mobiliser les acteurs culturels locaux du territoire
lorsque des initiatives régionales sont entreprises.
• S’appuyer sur le Parc pour décliner les opérations
régionales notamment en matière artistique, mais aussi
en lien avec le développement d’une culture scientifique.
• Soumettre des propositions artistiques à travers son
panel régional.
• Financer des projets de recherche et de médiation
pour insuffler une culture scientifique.
L’État s’engage à :
• Soutenir des projets culturels et artistiques de
résidence, création et diffusion par des programmes
financiers.
• Accompagner des projets de valorisation ou d’in-
terprétation autour des patrimoines en mobilisant
notamment ses UDAP qui apportent conseils et
contenus.
• Se mobiliser sur les territoires ruraux et
notamment les territoires du Parc en déclinant la
convention nationale de développement culturel.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Mobilise ses membres sur l’apport ou la
relecture de contenus lors de projets de valo-
risation et sur des interventions grand public,
professionnelles ou politiques.
• Partage des connaissances et peut inter-
venir dans certaines actions de vulgarisation
scientifique.
Le Centre national pour la recherche scienti-
fique (CNRS) :
• Communique sur les découvertes.
Les associations, groupements et relais locaux :
• Participent à des journées de sensibilisation
grand public.
• Accompagnent des actions de valorisation
autour de programmes de recherche.
• Se mobilisent à la mise en place d’actions
culturelles à travers des programmations artis-
tiques et l’accueil d’artistes.
• Contribuent à la construction de projets
d’interprétation en raison de ses connais-
sances locales.
L’interparcs ou les réseaux :
• Le réseau Culture science en Provence-
Alpes-Côte d'Azur pourrait être investi pour
s’ancrer dans une dynamique régionale.
ORIENTATION 7
Révéler et partager le patrimoine culturel
MESURE 7.2 Revitaliser et valoriser le patrimoine culturel
OBJECTIFS DE LA MESURE
En tant que biens communs, les patrimoines
culturels constituent un socle important pour
la construction individuelle et collective, ils
favorisent l’ancrage des individus au territoire
du Verdon. Ils sont les témoins de notre histoire
et de nos savoirs. Il est donc nécessaire de
trouver les leviers pour mieux les transmettre
et les faire approprier par tout un chacun.
Les objectifs sont donc de :
• Développer nos connaissances sur les
patrimoines culturels en s’appuyant sur les
sciences humaines (l’histoire, l’ethnologie,
l’archéologie, etc.). C’est par l’acquisition de
connaissances fondées sur des pratiques et des
méthodes scientifiques rigoureuses que l’on peut
asseoir notre savoir et proposer un socle et un
langage communs. Cela constitue un gage de
qualité et de sérieux envers les acteurs locaux et
une garantie vis-à-vis d’autres acteurs régionaux
ou nationaux.
Projection débat Histoires d'eau 2019 ©Cinéma de Pays 04
MESURE 7.3
Développer la transmission du patrimoine culturel pour que chacun devienne un « passeur de patrimoine »
• Faire des patrimoines culturels un sujet partagé et
commun aux différents acteurs qui s’y intéressent,
en s’appuyant aussi bien sur les individus, les
associations patrimoniales que les chercheurs.
L’acquisition et le partage de la connaissance
reposent sur une multiplicité d’acteurs qui
viennent confronter leur vision propre pour faire
progresser collectivement la connaissance.
• Créer des dynamiques multi-acteurs autour
des enjeux patrimoniaux, en développant la
notion de « passeur de patrimoine ». Le travail
multi-acteurs ne s’improvise pas et nous nous
devons de trouver les moyens d’initier des travaux
collectifs, de créer des dynamiques collectives.
Pour cela, nous cherchons à développer cette
notion de « passeur du patrimoine » pour permettre
à tout un chacun de connaître, s’approprier la
connaissance, la transmettre, la valoriser. Ce rôle
de passeur s’inscrit pleinement dans la volonté de
transmission auprès des publics, mais aussi auprès
des générations futures pour que la mémoire du
territoire perdure.
DISPOSITIONS
Rassembler les acteurs autour d’une thématique et définir un projet commun
• S’appuyer sur le schéma de valorisation des patrimoines : le Verdon, territoire d’eaux ; le Verdon, ter- ritoire résilient ; le Verdon, territoire en mouvements ; le Verdon, territoire exploité ; le Verdon, territoire d’images - document de 2016 qu’il faudra questionner et faire évoluer au cours de la charte - pour cibler les thématiques de travail et ne pas hésiter à questionner ce document ; s’appuyer sur des instances existantes pour éclairer les choix de sujet (conseil scientifique, commission cultures, etc.).
• Travailler les thématiques par zone géographique ou sur la totalité du territoire, selon leur pertinence.
Fédérer différents acteurs autour d’une thématique patrimoniale qui les interpelle et faire émerger un travail collectif.
212 213 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
En pièce jointe à la Charte, un document
précise les objectifs, les questions évaluatives
et pour chaque indicateur s’il est également
un indicateur du SRADDET, les sources,
l'année de référence de la valeur initiale et les
valeurs cibles à mi-parcours de la Charte et à
la fin de la Charte :
• N°60 : Nombre projets d’interprétation
accompagnés ou portés
• N°61 : Nombre de programmations
culturelles et artistiques accompagnées ou
portées
• N°62 : Nombre de partenaires culturels
et artistiques mobilisés
INDICATEURS D’ÉVALUATION7 7
ORIENTATION 7
Révéler et partager le patrimoine culturel
MESURE 7.3 Développer la transmission du patrimoine culturel pour que chacun devienne un « passeur de patrimoine »
• Connaître et fédérer les associations
autour de thèmes communs pour parta-
ger des envies, coopérer et s’enrichir des
travaux des uns et des autres.
• Créer une dynamique de projet en
précisant le rôle, le contenu, et le niveau
d’intervention de chacun, etc. en propo-
sant une répartition des rôles.
• Définir et suivre une méthodologie pour
mener des études mobilisant un panel de
personnes ou structures ressources (his-
toriens, ethnologues, archéologues…).
Soutenir une montée en compétences
des différents acteurs du territoire
• Sensibiliser les équipes municipales (rôle
moteur dans le patrimoine) pour pallier le déficit
de connaissances et les disparités selon les
zones du territoire (exemple : restaurer un édifice de manière exemplaire, expliciter les démarches administratives, etc.).
• Permettre aux acteurs associatifs et passionnés de se former, après définition des besoins, à des méthodes diverses (enquêtes orales, recherches en archives, etc.) en s’appuyant sur des formations exis- tantes ou en les initiant avec l’appui des partenaires (archives départementales…).
• Créer des moments de rencontre avec les acteurs du patrimoine (associations, guides de pays, archéologues, médiateurs culturels, offices de tourisme, etc.) et de la culture (musée ou maison thé- matiques, archives départementales, laboratoires de recherche, réserves, mais aussi en dehors de lieux formels, etc.). Cela permettra de mieux se connaître, d’étendre le champ de connaissance et des possibles, de partager des expériences, de désacraliser certains lieux, et d’initier progressivement un réseau.
Développer un réseau de « passeur du patrimoine »
• Identifier des référents dans les forces existantes sur quelques thématiques (archéologie, res- tauration, histoire du pays, etc.) que l’on peut mobiliser et qui ont l’envie de partager leur connais- sance ou leur réseau.
• Sur cette base, constituer un noyau d’acteurs et d’individus pour se nourrir collectivement, les mobiliser dans les projets de recherche, et s’appuyer sur eux pour diffuser les connaissances acquises.
• Développer un réseau aux regards multiples et croisés, mêlant approches culturelle et na- turaliste.
• Cette mise en réseau et cette volonté de transmission touchent plusieurs activités du terri- toire qui sont d’ordres culturel, éducatif, touristique, naturaliste et agricole.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Organise ou co-organise des journées de sen-
sibilisation et des formations auprès des acteurs
culturels, touristiques et élus.
• Porte ou appuie des programmes de re-
cherches et des projets de développement
culturels sur des thématiques patrimoniales
identifiées.
• Sensibilise les élus au fait que le Parc sert de lien
entre les institutions plutôt que d’être considéré
comme une institution supplémentaire.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Participer activement au temps de sensibili-
sation et de formations proposées.
• Faire remonter auprès du Parc les contacts,
projets ou spécificités des associations ou pas-
sionnés de la commune.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Soutenir des programmes de recherches ou
des projets de développement culturels sur des
thématiques patrimoniales identifiées.
• Appuyer les communes en apportant leur
compétence en médiation des patrimoines
Les départements s’engagent à :
• S’appuyer sur les services et structures
départementales pour organiser des forma-
tions et les déployer sur le territoire selon les
manques identifiés.
La Région s’engage à :
• Apporter son expertise en matière de culture
scientifique grâce à son réseau et son comité
d’experts.
• Soutenir des projets multi-acteurs dans le
cadre de projets de recherche.
• Soutenir et inciter à une vision commune des
programmes de recherche collaboratifs et parte-
nariaux du territoire.
L’État s’engage à :
• Soutenir au travers de financements des
projets multi-acteurs.
• Accompagner les acteurs pour expliciter les
démarches administratives, faire respecter des
règles et lois.
• Se mobiliser sur les territoires ruraux et
notamment les territoires du Parc en déclinant la
convention nationale de développement culturel.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• S’appuie sur ses membres pour nourrir l’apport
ou de relecture de contenus lors de projets de valo-
risation, partager ou mettre en commun des outils.
• Porte ses conseils méthodologiques sur les
projets thématiques.
• Incite à porter des regards croisés sur les projets
du Parc, où l’histoire de l’homme s’imbrique forcément
dans son environnement.
• Intervient sur des journées de sensibilisation et for-
mations autour de projets exemplaires.
• Aide à définir des programmes de recherche.
Le Centre national pour la recherche scientifique
(CNRS) :
• Partage des connaissances en tant que passeur
de patrimoine.
Les universités régionales, dont la Maison
méditerranéenne des sciences et de l’homme
(MMSH) :
• S’insèrent dans des projets de recherche.
• Proposent des terrains d’études aux
étudiants situés sur des territoires comme
celui du Parc.
Les associations, groupements et relais locaux :
• Se mobilisent comme passeur de patri-
moine.
L’interparcs ou les réseaux
• Le réseau Culture science en Provence-
Alpes-Côte d'Azur pourrait être investi pour
s’ancrer dans une dynamique régionale.
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indicateur
du SRADDET, les sources, l'année de référence de
la valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours
de la Charte et à la fin de la Charte :
• N°59 : Nombre d’actions de sensibilisation ou
de formations
• N°63 : Nombre et répartition sur le territoire
d’acteurs culturels mobilisés dans le réseau de
passeurs de patrimoines
214 215 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Passeur du patrimoine :
Un « passeur du patrimoine » est une
personne-ressource qui détient un savoir et
s’engage dans une dynamique de partage
de qualité auprès des autres, et sous des
formes variées (événement, ouvrage,
entretien, etc.), avec une philosophie fondée
sur la transmission. Il n’est pas forcément
un médiateur qui va interagir avec le
grand public, mais il peut transmettre une
connaissance brute, une expérience, une
méthode, etc. dont d’autres vont s’emparer.
DÉFINITION
INDICATEURS D’ÉVALUATION8 8
ORIENTATION 8
Révéler et préserver les paysages du Verdon, accompagner leur évolution
territoire, investis de manière soudaine par de
nouveaux usages.
Actuellement, le traumatisme vécu par les popu-
lations locales tend à s’atténuer avec le temps qui
passe et du fait notamment des aménités offertes
par la présence des lacs.
Plus largement, à l’instar de la région, le territoire a
connu un dynamisme démographique appréciable
pour les petits villages du Verdon en raison d’un
attrait pour le « Sud » et pour une certaine idée de
la Provence, et ce notamment dans les unités du
plateau de Valensole et du Haut Var. Toutefois, ce
mouvement a eu pour corolaire un développement
résidentiel important, resté pendant longtemps
peu réfléchi et mal maîtrisé.
De plus l’engouement du public pour les activités
nautiques et la prégnance de l’image touristique
des gorges ont eu tendance à reléguer au second
plan les paysages ruraux, qui ne sont pas encore
pleinement considérés comme un atout pour la
valorisation du territoire.
Or si les paysages emblématiques du Verdon, tels
que les majestueuses et impressionnantes gorges
du Verdon ou les villages provençaux au caractère
pittoresque, font la renommée du territoire en
France et à l’international, il est un autre Verdon
plus discret et plus modeste dans les vallons, dans
les hameaux. Ces paysages ruraux moins connus
et moins valorisés sont plus intimes et constituent
pour la majorité des habitants du Verdon, les
paysages de leur quotidien.
Ces paysages du quotidien connaissent une
banalisation à l’œuvre depuis plusieurs décennies
au travers de l’urbanisation récente qui s’est faite
en rupture avec l’organisation traditionnelle des
villages du territoire. Les extensions pavillonnaires
ont démultiplié l’étendue des villes et villages
qui étaient jusque-là contenus dans leurs limites
historiques. Cette dynamique, particulièrement
forte dans les unités paysagères du plateau de
Valensole et du Haut Var, se traduit par une ré-
interprétation maladroite de l’architecture locale
dans les constructions nouvelles et une dilution
de la perception des entrées d’agglomérations.
La banalisation des paysages se manifeste
également par des dégradations d’édifices bâtis
remarquables du fait d’interventions inappropriées
lors de restauration. En outre, les abords de routes
et les espaces publics dans les villages restent
peu pensés lors des aménagements et sont
souvent entachés par la multiplication d’éléments
disgracieux ou peu cohérents (publicités, mobiliers
urbains, clôtures…) alors qu’ils sont la première
vitrine de découverte du territoire.
Plus récemment, les paysages et les milieux
naturels ont été marqués par l’avènement du
photovoltaïsme en raison de l’important niveau
d’ensoleillement qui caractérise la région. Ce
sont ainsi plus de 300 ha d’espaces naturels qui
ont été consacrés à l’implantation de centrales
photovoltaïques au sol, à l’Ouest du Parc, sur
le plateau de Valensole pour l’essentiel. Si ces
aménagements sont la résultante d’un besoin
mondial en énergie non carbonée et de politiques
nationales et européennes ambitieuses en faveur
du développement des énergies renouvelables, ils
posent localement la question de l’acceptation
sociale et de l’intégration de ces nouveaux
paysages de l’énergie.
Enfin, l’Est du territoire très rural et davantage
préservé des pressions d’urbanisation et de
développement énergétique, connaît un recul
progressif du pastoralisme extensif et la
fermeture de milieux ouverts par la colonisation
spontanée de la forêt.
CONTEXTE
Sept entités paysagères caractérisent le territoire
du Verdon, de la plaine de la Durance aux sommets
préalpins, des plateaux du haut Var et de Valensole
aux collines de la basse Provence et de l’Artuby, des
gorges ombrageuses du Verdon, aux paysages de
lacs et de retenues d’eau. Ces paysages sont fédérés
autour du Verdon, véritable épine dorsale du Parc.
Marqués par une grande diversité issue des influences
alpines et méditerranéennes, la singularité des paysages
du Verdon relève à la fois :
• D’éléments naturels tels que la diversité des reliefs
qui induisent des changements d’ambiances soudains
voire spectaculaires ; de l’eau des gorges et des lacs par-
ticulièrement limpide et transparente qui contraste avec
l’écrin verdoyant des étendues de forêts ; de la végétation
omniprésente au travers de vastes massifs forestiers ou de
pelouses et de landes plus en altitude.
• De facteurs humains et culturels tels que les villages
typiques nichés aux pieds des montagnes ou perchés sur
leurs contreforts rocheux, la mosaïque agricole variée ; et le
patrimoine bâti vernaculaire modeste et remarquable qui
ponctue les campagnes du Verdon.
• Et aussi du contraste des couleurs dans les paysages qui
marque les esprits et invite à la détente : le vert de la rivière,
le blanc des falaises calcaires, les verts des forêts, le bleu
lavande, l’or des blés durs…
Le territoire du Verdon a connu d’importants
bouleversements au cours de la seconde moitié du
XXe siècle qui ont marqué durablement les paysages
et les esprits. Ainsi les grands aménagements
hydroélectriques des années 1950 à 1970 ont
entrainé la mise en eau de plusieurs vallées, tandis
que l’installation du camp militaire de Canjuers en
1974 s’est faite au détriment de vastes espaces
qui ont été confisqués et d’expropriations dans les
gorges, l’Artuby et le Haut Var. Dans la continuité,
un tourisme de masse a investi le territoire, basé
sur la contemplation des paysages et les pratiques
nautiques et de pleine nature.
Ces transformations profondes marquent
encore les mémoires et ont induit un sentiment
d’impuissance face aux changements de
destination imposés par des volontés extérieures.
Elles ont notamment rendu plus compliqué
la gestion collective de certains espaces tels
que le lac de Sainte-Croix. Elles ont parfois
pour conséquences des choix d’aménagement
déconnectés de l’ambiance de certains sites du
Vue sur les gorges du Verdon et le lac de Sainte-Croix ©Ph. Lacreuse
Le paysage selon la Convention européenne
du paysage (2000) : « Le paysage désigne
une partie de territoire telle que perçue par
les populations, dont le caractère résulte de
l’action de facteurs naturels et/ou humains
et de leurs interrelations ».
Structure paysagère : Système formé
par des éléments de paysages et par
les interrelations qui les lient entre eux ;
l’ensemble de structures constituent ainsi
les traits caractéristiques d’une unité
paysagère (ex : un alignement d’arbres, un
versant boisé…).
Unité paysagère : Caractérisée par un
ensemble de structures paysagères, partie
continue de territoire qui est cohérente d’un
point de vue paysager (fait sens pour les
populations et à l’échelle de l’aire d’étude)
et qui se distingue des unités voisines par
une différence de présence, d’organisation
ou de formes de ces structures.
DÉFINITION
STRATÉGIE
La permanence des grands ensembles paysagers
et de certaines structures paysagères telles que les
massifs forestiers et leur sommet, la rivière Verdon
et le grand canyon, les silhouettes villageoises, le
patrimoine bâti vernaculaire sont des marqueurs
forts qui enracinent les habitants et constituent
des repères qui se transmettent dans le temps.
Ces paysages semblent immuables ou du moins
les évolutions qu’ils connaissent se font dans le
temps long et sont donc difficilement perceptibles
à l’échelle d’une vie humaine, comme c’est le cas des
remembrements agricoles par exemple. A contrario,
certaines évolutions paysagères sont beaucoup plus
soudaines et interpellent, comme le Verdon a pu et peut
encore en connaître, de l’ennoiement de vallées agricoles
à l’avènement du photovoltaïque industriel en passant
par la périurbanisation et le développement d’une
urbanisation diffuse. Ainsi travailler à la préservation
des paysages du Verdon revient à s’intéresser autant
aux paysages emblématiques souvent monumentaux
qu’aux paysages de proximité souvent (mais pas
systématiquement) plus communs. Cela revient
aussi à inscrire ses actions dans le temps.
Au cours de la précédente charte, le Parc a
développé des outils de connaissance tels qu’un
observatoire photographique des paysages et
mené des démarches de sensibilisation autour
de la qualité des paysages.
Ces actions devront être poursuivies car
malgré l’attachement des habitants et acteurs
du territoire aux paysages du Verdon, le
constat posé dans la précédente charte d’une
banalisation des paysages urbains mais aussi
agricoles reste d’actualité.
Cette nouvelle charte devra également être
l’occasion d’affirmer le paysage comme
un préalable à toute action, à tout projet
d’aménagement, à toute planification. Le
paysage sera utilisé dans la stratégie du
Parc comme objet de transversalité entre les
thématiques qu’il aborde au travers de ses actions.
Pour ce faire, des objectifs de qualité paysagère,
insérés dans un cahier des paysages en annexe,
ont été déterminés : communs à l’ensemble du
territoire, pour préserver les structures et éléments
paysagers emblématiques ou qui concernent toutes
les unités paysagères, et par unité de paysage, afin
de sauvegarder les particularités paysagères de
chacun de ces territoires.
Dans le cadre de sa mission de préservation des
paysages, le Parc doit définir des objectifs de qualité
paysagère qui s’appliquent à protéger des structures
paysagères préalablement identifiées et décrites,
appartenant elles-mêmes à des unités paysagères.
216 217 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20398 8
ORIENTATION 8
Révéler et préserver les paysages du Verdon, accompagner leur évolution
Fort de ce constat, plusieurs enjeux se
dessinent pour le territoire du Verdon :
• La diffusion d’une culture commune
des paysages par la connaissance et
la sensibilisation.
• La préservation des monuments
emblématiques du paysage, toile de
fond du grand paysage.
• La préservation de paysages agri-
coles de qualité et diversifiés.
• La préservation et la restauration
du patrimoine bâti ancien jalonnant les
paysages du Verdon et constitutifs de leur
identité.
• Le maintien de la qualité des silhouettes
villageoises.
• La préservation des principales vues sur
les paysages remarquables et les silhouettes
villageoises.
• Le développement urbain sobre et qualitatif,
adapté aux besoins contemporains et respec-
tueux de l’identité rurale du Verdon.
• Une meilleure prise en compte des enjeux
de préservation des paysages dans les docu-
ments d’urbanisme et dans les projets d’amé-
nagement.
• La prise en compte des paysages dans
l’exploitation des ressources forestières.
• L’amélioration de l’intégration paysagère
des réseaux aériens de transport de flux, des
équipements touristiques et des abords des
routes du Verdon.
• La requalification paysagère des secteurs
urbains et des sites naturels fréquentés
dégradés.
MESURES
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour des mesures suivantes :
• Mesure 8.1
Préserver les éléments caractéristiques et identitaires des paysages du Verdon
• Mesure 8.2
Promouvoir une approche qualitative auprès des différents publics afin d’accompagner les évolutions paysagères
RENVOIS VERS LE PLAN DU PARC
Préserver et restaurer les continuités écologiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.5, 6.1, 6.2, 6.3, 8.1,
8.2, 9.1, 9.2, 10.2, 10.3, 11.1, 11.2, 11.3
Préserver, gérer et valoriser les sites à la
biodiversité et à la géodiversité emblématiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.4, 5.5, 7.2, 7.3, 8.1,
11.1, 11.2, 11.3
Préserver et restaurer la trame verte :
Préserver et restaurer la trame bleue et turquoise :
Sous-trame des milieux forestiers
Sous-trame des plans et cours d’eau
Sous-trame des zones humides
Sous-trame des milieux ouverts et semi-ouverts
Sous-trame des milieux agricoles cultivés
Sous-trame des milieux rocheux
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Corridor écologique
Corridor écologique
Corridor écologique
Corridor écologique
Préserver et gérer les sites d’intérêt
écologique majeur
Préserver et valoriser les géosites
218 219 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
ENJEUX & DÉFIS8 8
ORIENTATION 8
Révéler et préserver les paysages du Verdon, accompagner leur évolution
OBJECTIFS DE LA MESURE
Le Parc du Verdon constitue un remarquable
assemblage d’ambiances paysagères, fruit du
mariage des influences alpines et méditerranéennes,
autour de la rivière Verdon, véritable épine dorsale
du Parc. Les paysages spectaculaires du Verdon
font sa renommée en France et à l’international. Ils
relèvent à la fois d’éléments naturels, des reliefs,
de la végétation, des ressources en eau et du ciel
nocturne, ainsi que de facteurs humains et culturels
qui contribuent à leur richesse et leur diversité.
Derrière la carte postale, le Verdon est avant
tout un territoire rural aux paysages agricoles et
naturels prégnants, au sein desquels s’insère un
archipel de villages patrimoniaux et de hameaux
traditionnels qui se sont adaptés aux contraintes de
Paysage de terrasses agricoles entretenues, depuis les hauteurs du village de Bargème ©Les Panoramistes - PNR Verdon
MESURE 8.1
Préserver les éléments caractéristiques et identitaires
des paysages du Verdon
leur environnement. Ces paysages monumentaux
ou plus discrets sont largement plébiscités et
font l’objet de pressions de différentes natures
qui contribuent à flouter les limites urbaines ou
encore à altérer la qualité des espaces agricoles
et naturels.
Les objectifs sont de :
• Préserver les éléments structurants
des paysages du Verdon.
• Accompagner le territoire dans la mise en
œuvre des objectifs de qualité paysagère
par unité paysagère.
DISPOSITIONS
Préserver les paysages remarquables, toile de fonds des grands paysages du Verdon
• Confirmer la vocation naturelle et/ou agricole des paysages remarquables et toile de fonds des pay- sages au travers des documents d’urbanisme, en lien notamment avec les enjeux de la trame verte et bleue du Parc et de l’Opération Grand Site des gorges du Verdon.
• Garantir la protection des paysages remarquables vis-à-vis de l’urbanisation et de nouveaux équi- pements, constructions ou activités pouvant porter atteinte aux ambiances paysagères.
• Veiller à la qualité architecturale, environnementale et paysagère des constructions et aménagements autorisés et s’appuyer sur les outils réglementaires pour stopper le mitage.
Préserver l’identité des paysages ruraux
Mesures 2.4, 5.2, 6.2, 7.1, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 9.3, 10.1
Préserver les monuments emblématiques
du grand paysage
Préserver les espaces ouverts et les perceptions
lointaines du Plateau de Valensole
Protéger les paysages agricoles
et leurs motifs particuliers
Veiller à la qualité des routes de découverte
des paysages et de leurs abords
Préserver l’identité des routes emblématiques
ou pittoresques
Préserver les cônes de vues et le devenir
des espaces associés
Veiller à la qualité des paysages perçus depuis les points
hauts du territoire offrant des perceptions lointaines
Protéger les édifices du patrimoine bâti traditionnel
identifiés en tant que pépites, jalonnant les paysages
naturels, agricoles et urbains
Veiller à la qualité des entrées de parc en améliorant les
aménagements ou en préservant leur identité rurale
Veiller à la qualité de l’urbanisation et
des aménagements
Mesures 2.1, 5.2, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 10.1, 11.3
Préserver la silhouette des villages
et hameaux traditionnels
Veiller à la qualité des espaces publics, des projets
d’aménagement et des constructions
Requalifier les espaces urbains banalisés ou dégradés
Promouvoir la densification des quartiers périphériques
Traiter qualitativement les franges villageoises
Requalifier les abords routiers, les entrées et les
traversées de villes et villages banalisées ou dégradées
Affirmer les limites d’urbanisation et contenir
le développement urbain pour empêcher le mitage
des espaces agricoles et naturels
Requalifier des infrastructures touristiques
et les espaces naturels fréquentés dégradés
220 221 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039 disposition pertinente8 8
ORIENTATION 8
Révéler et préserver les paysages du Verdon, accompagner leur évolution
Préserver les principales vues sur les
paysages remarquables du Verdon
et sur les silhouettes villageoises
• Préserver les cônes de vue identifiés au plan
du Parc, en maîtrisant le devenir des espaces
associés à ces points de vue et leur écrin pay-
sager dans les documents d’urbanisme.
• Veiller au maintien de la qualité des paysages
perçus depuis les points hauts du territoire
identifiés au plan du Parc.
• Veiller à la qualité architecturale et à l’inté-
gration paysagère des constructions et amé-
nagements autorisés et s’appuyer sur les outils
réglementaires pour stopper le mitage.
• Définir à l’échelle communale ou intercom-
munale (SCOT, PLU-i, PLU), des points de vue
significatifs, complémentaires aux cônes de
vue identifiés au plan du Parc, sur les paysages
remarquables localement (silhouettes villa-
geoises et front bâtis, lignes de crête…).
Préserver le patrimoine bâti jalonnant les
paysages naturels, agricoles et urbains et
participant à leur qualité et leur identité
• Identifier et protéger les éléments du patri-
moine bâti vernaculaire non protégés dans les
documents d’urbanisme, qu’ils soient situés en
espace urbain comme en espaces agricole et
naturel, en s’appuyant notamment sur la base
de données du Parc.
• Veiller à la préservation de la qualité et de
l’identité du bâti traditionnel par des règles
architecturales à intégrer dans les documents
d’urbanisme.
• Favoriser et soutenir l’émergence d’actions
de protection du patrimoine paysager et architectural adaptées au contexte local (site patrimonial remarquable, site classé au titre de la loi de 1930…) en concertation avec les élus et les services de l’État.
• Poursuivre le travail de production et diffusion des connaissances mené par le Parc et ses parte- naires (inventaire, promotion des savoir-faire traditionnels) et le travail de restauration des éléments bâtis identitaires du Verdon sur la base des savoir-faire traditionnels (accompagnement des com- munes, mise en œuvre et/ou suivi de chantiers artisans et participatifs).
• Soutenir les échanges entre les différentes structures œuvrant à la préservation du patrimoine bâti et des paysages sur le territoire (services de l’État, de la Région Sud PACA, des collectivités tels que les Pays d’art et d’histoire…).
MESURE 8.1 Préserver les éléments caractéristiques et identitaires des paysages du Verdon
Les paysages agricoles du Verdon :
Les paysages agricoles et leurs structures
sont décrits en détail dans le cahier des
paysages annexé à la Charte et sont
identifiés au plan du Parc soit en tant que
paysages agricoles soit en tant qu’espaces
ouverts aux perceptions lointaines pour
ce qui concerne les secteurs cultivés du
plateau de Valensole.
DÉFINITION
Vue sur les hauteurs de Moustiers Sainte-Marie depuis le chemin de Croix ©Les Panoramistes - PNR Verdon
222 223 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039 disposition pertinente
Protéger les paysages agricoles et leurs
motifs particuliers
• Préserver les structures paysagères agricoles en
lien avec les enjeux de la trame verte et bleue du
Parc et leur vocation agricole à travers les docu-
ments d’urbanisme.
• Préserver les infrastructures agroécologiques
(IAE) enrichissant la mosaïque agricole en les pro-
tégeant dans les documents d’urbanisme (arbres
isolés, alignements d’arbres, haies, ensembles
d’arbres fruitiers) en lien avec les enjeux de la
trame verte et bleue du Parc.
• Préserver les structures ou édifices bâtis
traditionnels ponctuant les paysages agricoles
(murets, murs de restanques sur les versants,
oratoires…) en les identifiant et en les protégeant dans les documents d’urbanisme.
• Maintenir les équipements techniques agricoles spécifiques (systèmes hydrauliques tels que les canaux, les drainages, les systèmes gravitaires).
• Veiller à la qualité architecturale, environnementale et paysagère des constructions et aména- gements autorisés et s’appuyer sur les outils réglementaires pour stopper le mitage.
• Maintenir ouverts et accessibles les chemins ruraux d’exploitation.
• Participer au maintien de paysages ouverts par des pratiques agricoles adaptées permettant de lutter contre l’enfrichement, notamment en soutenant l’activité pastorale dans les secteurs des Préalpes et de l’Artuby.
Les paysages remarquables du Verdon :
• Des gorges du Verdon (grand canyon, basses gorges), les gorges de l’Artuby.
• Des moyennes montagnes des Préalpes et de l’Artuby.
• Des pelouses et landes d’altitude des Préalpes.
• Des lacs (Castillon, Chaudanne, Sainte-Croix, Esparron).
• Des espaces ouverts du plateau de Valensole.
• Du plan de Canjuers.
• Des collines du Haut Var.
• Des paysages forestiers, des ripisylves.
• Du ciel nocturne.
Les paysages remarquables sont en partie identifiés au plan du Parc en tant que monuments emblématiques du grand paysage, pour ce qui concerne les éléments de reliefs marquants et identitaires de chaque unité paysagère (ligne de crête et versants).
DÉFINITION
DÉFINITION
Les principales vues du Verdon :
Elles sont repérées au plan du Parc sous deux
formes :
Soit en tant que cône de vue, principalement
visible depuis la route, donnant à voir des
silhouettes villageoises, des patrimoines bâtis ou
des paysages remarquables reconnus localement.
Soit en tant que point de vue offrant un très large
panorama sur le grand paysage, principalement
depuis les points hauts du territoire, dans des
sites surtout accessibles à pied par des sentiers de
randonnées.
DÉFINITION
Les édifices identitaires
du patrimoine bâti :
Parmi les édifices identitaires du
patrimoine bâti, ceux identifiés en tant
que pépites patrimoniales bâties sont
repérés au plan du Parc et la liste précise
de ces édifices est annexée à la Charte.8 8
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indicateur
du SRADDET, les sources, l'année de référence de la
valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours de
la Charte et à la fin de la Charte :
• N°64 : Suivi de l’évolution des paysages
perçus depuis les cônes de vue du Plan du Parc
• N°65 : Nombre de zones agricoles recon-
nues et protégées pour leur valeur paysagère
dans les documents d’urbanisme par un outil
approprié (ex. zone A indicée p)
• N° 70 : Nombre de dispositifs de protec-
tion réglementaire mis en place en faveur
de la préservation des paysages
ORIENTATION 8
Révéler et préserver les paysages du Verdon, accompagner leur évolution
MESURE 8.1 Préserver les éléments caractéristiques et identitaires des paysages du Verdon
L’État s’engage à :
• Veiller à la prise en compte des objectifs de
préservation des espaces naturels, agricoles et
paysagers définis dans la Charte lors de l’instruc-
tion des autorisations d’urbanisme, de l’élabora-
tion des projets et des documents d’urbanisme.
• Consulter ou associer le Parc lors de projets
susceptibles d’avoir un impact significatif sur son
territoire.
• Élaborer des porters-à-connaissance et des
outils d’aide à la décision en matière d’urbanisme,
d’aménagement, de paysages.
• Accompagner les collectivités lors de l’éla-
boration ou de la révision de protections régle-
mentaires des paysages et du patrimoine bâti
(comme par exemple l’extension du site classé
du Roc de Castellane).
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise.
• Aide à la définition de programmes de recherche.
• Participe aux travaux de la commission
paysages, aménagement, énergie.
• Mobilise ses réseaux.
• Participe à la diffusion des connaissances et
à la sensibilisation.
• Veille et alerte les élus sur des enjeux
émergents.
Les partenaires techniques et institutionnels :
• Apportent leur expertise.
• Appuient le Parc dans la définition de pro-
grammes d’actions et dans la mise en œuvre
d’actions.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Porte à connaissance des différents acteurs
et partenaires, les objectifs de qualité paysagère
définis dans la Charte et les accompagne dans
leur mise en œuvre.
• Accompagne les collectivités dans la tra-
duction des objectifs et recommandations
paysagers lors de l’élaboration des projets
urbains et d’aménagement et lors de l’élaboration
ou de la révision des documents d’urbanisme.
• Est garant de la qualité paysagère du territoire, au
regard des objectifs de qualité paysagère définis dans
la Charte et émet à ce titre des avis sur les documents
d’urbanisme et les projets d’aménagement.
• Participe à l’élaboration de dispositifs de protection
des espaces agricoles ou naturels sensibles ou sous
pression.
• Facilite, voire coordonne les échanges entre les diffé-
rentes structures œuvrant à la préservation du patrimoine
bâti sur le territoire.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Intégrer et préserver les éléments structurants des
paysages du Verdon que sont les paysages naturels
remarquables, les paysages agricoles particuliers et
leurs motifs paysagers, les cônes de vue identifiés au
plan de Parc, les silhouettes villageoises dans leurs
documents d’urbanisme et de planification.
• Veiller à la qualité paysagère des projets d’amé-
nagement d’extension urbaine ou de gestion de
l’espace pouvant avoir un impact sur les paysages
naturels remarquables, les paysages agricoles, les
cônes de vue, les silhouettes villageoises.
• Développer des orientations d’aménage-
ment et de programmation (OAP) intégrant la
dimension paysagère.
• Informer et associer le Parc en amont des
projets d’aménagement, d’autant plus lorsqu’ils
sont susceptibles d’avoir un impact environne-
mental, paysager, social.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Intégrer et préserver les éléments struc-
turants des paysages du Verdon que sont
les paysages naturels remarquables, les
paysages agricoles particuliers et leurs motifs
paysagers, les cônes de vue identifiés au plan
de Parc, les silhouettes villageoises dans leurs
documents d’urbanisme et de planification.
• Veiller à la qualité paysagère des projets
d’aménagement d’extension urbaine ou de
gestion de l’espace pouvant avoir un impact
sur les paysages naturels remarquables, les
paysages agricoles, les cônes de vue, les sil-
houettes villageoises.
• Informer et associer le Parc en amont
des projets d’aménagement, d’autant plus
lorsqu’ils sont susceptibles d’avoir un impact
environnemental, paysager, social.
• Développer des orientations d’aménage-
ment et de programmation (OAP) intégrant la
dimension paysagère.
• Informer et associer le Parc en amont des
projets d'aménagement, d'autant plus lorsqu'ils
sont susceptibles d'avoir un impact environne-
mental, paysager, social.
Les départements s’engagent à :
• Intégrer les enjeux paysagers définis dans
les atlas paysagers départementaux et dans le
cahier des paysages de la Charte dans le cadre
de leurs interventions.
• Consulter ou associer le Parc lors de projets
susceptibles d’avoir un impact significatif sur
son territoire ou lors de l’élaboration de plans
ou de schémas départementaux susceptibles
d’avoir un impact significatif.
La Région s’engage à :
• Soutenir le Parc et l’accompagner dans les
actions d’amélioration et de valorisation des
connaissances des paysages du territoire.
• Soutenir le Parc et les collectivités et les ac-
compagner dans les projets de requalification des
secteurs banalisés ou dégradés.
• Mettre à disposition des partenaires et
notamment des communes et communautés
de communes, les données dont elle dispose en
matière de patrimoines paysager et culturel, afin
de contribuer au porter à connaissance sur ces
thématiques.
• Mettre à disposition des aménageurs des
outils pédagogiques en lien avec l’aménagement,
les paysages, etc., tels qu’un guide de l'aménage-
ment durable.
• Consulter ou associer le Parc lors de projets
susceptibles d’avoir un impact significatif sur
son territoire ou lors de l’élaboration de plans
ou de schémas régionaux susceptibles d’avoir
un impact significatif.
INDICATEURS D’ÉVALUATION
• Sont personnes publiques associées lors de
l’élaboration de documents de planification et
d’urbanisme, et lors de l’instruction de projets
d’aménagement (chambres consulaires, struc-
tures porteuses de SCOT).
• Veillent et alertent les élus et les techniciens
sur des enjeux émergents.
• Réalisent des études thématiques, des outils
d’aide à la décision (diagnostics, observatoires…).
• Mobilisent leurs réseaux.
Le plateau de Valensole cultivé aux paysages ouverts et aux horizons lointains ©A. Goubely - PNR Verdon
224 225 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20398 8
ORIENTATION 8
Révéler et préserver les paysages du Verdon, accompagner leur évolution
Cabanon du plan des Coulettes à Puimoisson photographié en 2018 puis en 2019 dans le cadre de l’observatoire photographique des paysages ©Les Panoramistes - PNR Verdon
L’ensemble de ces phénomènes fait peser sur le
Verdon une perte d’identité patrimoniale, identité
à laquelle les habitants sont pourtant attachés et
que recherchent les visiteurs. Ainsi ce territoire
qui s’appréhende pour beaucoup par la route peut
offrir des paysages spectaculaires, comme donner
à voir des paysages dégradés ou maltraités au
détour d’un virage.
Les objectifs sont de :
• Faire du paysage un préalable à tout projet.
• Améliorer la connaissance des éléments consti-
tutifs et structurants des paysages du Verdon.
• Accompagner le territoire dans la mise en
œuvre des objectifs de qualité paysagère
par unité paysagère.
• Diffuser une culture commune des paysages.
• Accompagner les évolutions des paysages.
OBJECTIFS DE LA MESURE
Bien qu’ils puissent sembler immuables, et au-delà de leur
caractère remarquable, les paysages ruraux préservés
du territoire ne sont toutefois pas figés et connaissent
des évolutions soit ponctuelles au fil du temps, soit plus
soudaines et plus visibles comme ce fut le cas avec la
mise en eau des lacs de barrage hydroélectrique et avec
la confiscation du plan de Canjuers par l’armée dans les
années 1970. Depuis une dizaine d’années, ce sont les
installations de centrales photovoltaïques au sol ou les
bâtiments techniques qui marquent le plus fortement le
territoire de leur empreinte.
Par ailleurs les évolutions urbaines des dernières
décennies ont elles aussi des répercussions sur les
paysages du Verdon. Le mitage par l’habitat diffus
entraîne une banalisation des espaces agricoles
et naturels tandis que les villages traditionnels
subissent un déficit de traitement qualitatif de
leurs espaces publics.
MESURE 8.2
Promouvoir une approche qualitative auprès des différents publics afin d’accompagner les évolutions paysagères
DISPOSITIONS
Partager une culture commune du paysage
• Mettre le paysage au cœur de l’aménagement du territoire en approfondissant la connais- sance des paysages (structures paysagères, mécanismes d’évolution…), en prenant en compte le paysage à chaque échelle de projet, en diffusant des principes d’aménagement respectueux de l’identité rurale du Verdon.
• Diffuser les objectifs de qualité paysagère définis dans le cahier des paysages (en annexe de la Charte).
• Développer des outils et supports pédagogiques adaptés tels que des plans de paysage (théma- tiques et/ou spatialisés), des ateliers pluridisciplinaires d’étudiants et/ou d’experts (en sciences de l’espace et sciences humaines).
• Sensibiliser les publics à la compréhension et à la qualité des paysages du Verdon et les valoriser (poursuite de l’observatoire photographique des paysages et diffusion, lectures de paysages, confé- rences, concours photos…).
Veiller à l’intégration paysagère des projets d’aménagement, d’extension urbaine et de gestion de l’espace
• Accompagner les projets d’implantation d’infrastructures pour en réduire les impacts paysagers et environnementaux (bâtiments techniques, zones d’activités).
• Garantir l’intégration paysagère et environnementale des équipements de production d’énergie renouve- lable et protéger les secteurs agricoles et les secteurs à forts enjeux environnementaux et paysagers, de l’im- plantation d’infrastructures industrielles de production d’énergie (voir la position du Parc du Verdon concernant l’accueil d’équipements de production d’énergie renouvelable de grandes surfaces d’origine solaire).
• Définir des projets d’extension urbaine en intégrant la dimension paysagère dès la phase de conception et s’assurer que les extensions urbaines n’altèrent pas la silhouette villageoise ou le front bâti mais les renforcent.
• Prendre en compte et traiter qualitativement les franges villageoises, en composant avec les éléments de paysages, en prenant en compte les fonctionnalités et la perméabilité de la trame verte et bleue du Parc, en limitant les risques et les nuisances.
• Veiller à la bonne intégration paysagère des équipements collectifs ou d’intérêt général en particu- lier dans les espaces naturels et agricoles (réseaux aériens, antennes, postes électriques…).
• Intégrer la dimension paysagère dans les actions de gestion et de valorisation forestière.
• Intégrer la dimension paysagère et environnementale dans les actions de prévention des risques et de protection des populations face aux risques.
Requalifier les secteurs banalisés ou dégradés
• Identifier et requalifier les espaces urbains banalisés ou dégradés (espaces publics de villes, villages ou lotissements, zones d’activités, entrées de villes et villages, entrées de Parc).
• Requalifier les infrastructures touristiques existantes dégradées (campings, bases nau- tiques…), en se référant prioritairement aux secteurs identifiés au plan du Parc (ou en identifiant préalablement les sites non repérés nécessitant une requalification).
• Requalifier les espaces naturels fréquentés dégradés (secteur couvert par l’Opération Grand Site, plage de Saint-Julien, plages du Galetas…), en se référant prioritairement aux secteurs identifiés au plan du Parc.
• Requalifier les autres secteurs dégradés situés en espaces naturels (décharges sauvages, an- ciennes décharges, bâtiments abandonnés…).
• Réduire l’impact des réseaux aériens de transport d’électricité et de communication dans le cadre d’une démarche collective, en élaborant par exemple un schéma d’intégration des réseaux.
Veiller à la qualité paysagère des routes
emblématiques et des routes de décou-
verte du territoire et de ses paysages
• Préserver et valoriser le patrimoine routier
caractéristique du Verdon qui contribue en
partie à la mise en scène des paysages, à savoir
notamment les murs en pierre sèche, les ban-
quettes de pierre, les murs de soutènement
accrochés aux rochers, les parapets maçonnés,
les végétaux et alignements d’arbres de bord de
route…, pour les deux types de routes identi-
fiées au plan du Parc.
• Éviter l’élargissement de routes de campagne
et de montagne caractéristiques du Verdon
et les aménagements banalisants, de sorte à
conserver leur caractère rural, notamment pour
les routes emblématiques ou pittoresques iden-
tifiées au plan du Parc.
Les principales routes du territoire du
Verdon sont repérées au plan du Parc
sous deux formes :
Soit en tant que route de découverte des paysages
empruntant les principaux axes de circulation du Parc.
Soit en tant que route emblématique ou pittoresque,
qui constituent en tant que telle une expérience de
visite du fait de leurs caractéristiques patrimoniales
(aménagements) ou de leur renommée en lien
avec les paysages qu’elles donnent à voir ; il s’agit
notamment de la route des Crête, de la route des
gorges (rive droite et rive gauche).
DÉFINITION
226 227 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039 disposition pertinente8 8
ORIENTATION 8
Révéler et préserver les paysages du Verdon, accompagner leur évolution
MESURE 8.2 Promouvoir une approche qualitative auprès des différents publics afin d’accompagner les évolutions paysagères
• Améliorer et promouvoir la qualité des abords des routes emblématiques ou pittoresques et des routes de découverte des paysages qui maillent le territoire, dans le cadre d’une démarche collective notamment en élaborant un schéma de gestion des abords routiers.
• Veiller à la qualité des entrées de Parc routières, identifiées au plan du Parc, soit en améliorant les secteurs banalisés (transition Luberon Verdon, Logis du Pin, Poteau de Telle) soit en préser- vant leur identité rurale et en évitant tout intervention susceptible de dénaturer l’esprit du site (RD4 Valensole vers Oraison).
• Harmoniser, limiter voire retirer les mobiliers et les affichages publicitaires présents en bords de route et impactant la qualité du paysage perçu.
Maîtriser la publicité et harmoniser la signalétique
• Maîtriser l’affichage publicitaire, conformément à la réglementation nationale en vigueur et en impliquant tous les acteurs compétents (État, communes…).
• Résorber les points noirs en matière de publicité et de signalisation par l’élaboration d’un dia- gnostic partagé et par la définition d’un plan d’actions pour améliorer la situation tout en répondant aux besoins des acteurs économiques ; ce travail sera réalisé en portant une attention particulière à certains secteurs sensibles d’un point de vue paysager tels que les abords des routes de découverte du paysage et des routes pittoresques, les entrées de villes et villages signalées dans les cônes de vue, les abords des espaces naturels et des patrimoines bâtis remarquables.
• Privilégier la mise en place d’une signalétique locale de type SIL pour identifier les activités présentes dans les communes et la sobriété en matière de signalétique et harmoniser la signalétique sur le territoire du Verdon en lien avec la charte signalétique du Parc.
• Poursuivre l’information des élus et des acteurs économiques concernant la réglementation et appor- ter du conseil pour favoriser l’intégration paysagère des supports ou orienter vers les services concernés.
• Privilégier l’instauration de règlements locaux de publicité pour les communes qui le nécessitent le plus (à savoir celles présentant une forte densité de services, de commerces et d’activités) et préférer leur élaboration à l’échelle intercommunale pour plus de cohérence.
• Pour les collectivités souhaitant encadrer les enseignes et les pré-enseignes dérogatoires ou réintro- duire de la publicité en agglomération par le biais d’un règlement local de publicité, respecter l’identité rurale du territoire et la qualité des paysages notamment :
en privilégiant la sobriété dans la taille et la couleur des dispositifs
et en recourant à des matériaux de qualité,
en évitant le recours aux enseignes lumineuses et respectant
les extinctions nocturnes obligatoires conformément à la réglementation nationale sur la préservation du ciel nocturne,
en interdisant tout affichage dans les zones à fort enjeu paysager
(notamment définies dans le plan du Parc) telles que les silhouettes villageoises, les cônes de vue, les abords de routes emblématiques ou pittoresques, les monuments emblématiques du grand paysage, les patrimoines bâtis remarquables,
en différenciant les zones au sein des centres villes et villages permettant de définir des exigences fortes pour les secteurs les plus patrimoniaux et de traiter qualitativement les traversées routières et les entrées de villes et villages,
en étant cohérent avec les orientations de la Charte
et avec la charte signalétique du Parc.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Porte à connaissance des différents acteurs
et partenaires, les objectifs de qualité paysagère
définis dans la Charte et les accompagne dans
leur mise en œuvre.
• Accompagne les collectivités dans la traduc-
tion des objectifs et recommandations paysagers
lors de l’élaboration des projets urbains et d’amé-
nagement et lors de l’élaboration ou de la révision
des documents d’urbanisme.
• Est garant de la qualité paysagère du territoire,
au regard des objectifs de qualité paysagère
définis dans la Charte et émet à ce titre des avis
sur les documents d’urbanisme et les projets
d’aménagement.
• Impulse et accompagne les collectivités pour la
requalification de secteurs banalisés ou dégradés
et pour la résorption des points noirs en matière
d’affichage publicitaire.
• Accompagne les collectivités lors de la mise en
place de règlements locaux de publicité et veille
à leur compatibilité avec les orientations de la
charte.
• Impulse ou accompagne la mise en œuvre de
plans de paysage.
• Élabore ou participe à l’élaboration d’outils pé-
dagogiques de connaissance et de sensibilisation
à la qualité des paysages, en partenariat avec les
acteurs et services des institutions intervenant
sur le territoire.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Développer des orientations d’aménage-
ment et de programmation (OAP) intégrant la
dimension paysagère.
• Veiller à la qualité paysagère des projets
d’aménagement d’extension urbaine ou de
gestion de l’espace.
• Informer et associer le Parc en amont des
projets d’aménagement, d’autant plus lorsqu’ils
sont susceptibles d’avoir un impact environne-
mental, paysager, social.
• Identifier les secteurs banalisés ou dégradés
et inscrire la volonté de leur requalification dans
les documents d’urbanisme en cours d’élabora-
tion ou de révision.
• Informer les acteurs locaux sur la réglemen-
tation en matière de publicité avec l’appui du
Parc (et de sa charte signalétique) et la mettre
en application.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Développer des orientations d’aménage-
ment et de programmation (OAP) intégrant la
dimension paysagère.
• Veiller à la qualité paysagère des projets
d’aménagement d’extension urbaine ou de
gestion de l’espace.
• Informer et associer le Parc en amont des
projets d’aménagement, d’autant plus lorsqu’ils
sont susceptibles d’avoir un impact environne-
mental, paysager, social.
• Identifier les secteurs banalisés ou dégradés et
inscrire la volonté de leur requalification dans les
documents d’urbanisme en cours d’élaboration ou
de révision.
• Informer les acteurs locaux sur la réglementation
en matière de publicité avec l’appui du Parc (et de
sa charte signalétique) et la mettre en application.
Les départements s’engagent à :
• Intégrer les enjeux paysagers définis dans les
atlas paysagers départementaux et dans le cahier
des paysages de la Charte dans le cadre de leurs
interventions.
• Participer à l’élaboration d’un schéma de
gestion des abords routiers et mettre en ap-
plication les recommandations définies dans
ce cadre.
• Limiter l’élargissement des routes emblé-
matiques ou de caractère lors des travaux de
réfection.
• Participer à l’harmonisation de la signa-
létique aux abords des routes départemen-
tales.
• Consulter ou associer le Parc lors de
projets susceptibles d’avoir un impact signifi-
catif sur son territoire ou lors de l’élaboration
de plans ou de schémas départementaux sus-
ceptibles d’avoir un impact significatif.
La Région s’engage à :
• Soutenir le Parc et l’accompagner dans les
actions d’amélioration et de valorisation des
connaissances des paysages du territoire.
• Soutenir le Parc et les collectivités et les ac-
compagner dans les projets de requalification des
secteurs banalisés ou dégradés.
• Consulter ou associer le Parc lors de projets sus-
ceptibles d’avoir un impact significatif sur son terri-
toire ou lors de l’élaboration de plans ou de schémas
régionaux susceptibles d’avoir un impact significatif.
228 229 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039 disposition pertinente8
ORIENTATION 8
Révéler et préserver les paysages du Verdon, accompagner leur évolution
MESURE 8.2 Promouvoir une approche qualitative auprès des différents publics afin d’accompagner les évolutions paysagères
L’État s’engage à :
• Veiller à la prise en compte des objectifs de
préservation des espaces naturels, agricoles et
paysagers définis dans la Charte lors de l’ins-
truction des autorisations d’urbanisme et de
l’élaboration des projets.
• Veiller à la mise en œuvre de la réglemen-
tation en matière de publicité dans la limite de
leurs moyens et apporter son assistance au Parc
en vue de sensibiliser les acteurs du territoire.
• Appuyer le Parc dans son action de préserva-
tion et de valorisation des abords routiers.
• Consulter ou associer le Parc lors de projets
susceptibles d’avoir un impact significatif sur son
territoire.
• Élaborer des porters-à-connaissance et des outils
d’aide à la décision en matière d’urbanisme, d’aménage-
ment, de paysages.
• Soutenir le Parc dans l’élaboration d’outils de
sensibilisation à la préservation et au maintien de la
qualité des paysages.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise.
• Aide à la définition de programmes de recherche.
• Participe aux travaux de la commission paysages,
aménagement, énergie.
• Mobilise ses réseaux.
• Participe à la diffusion des connaissances et à
la sensibilisation.
• Veille et alerte les élus sur des enjeux émergents.
En pièce jointe à la Charte, un document
précise les objectifs, les questions évaluatives
et pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l'année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°66 : Nombre de schémas, d’études
directeurs ou de de démarches partenariales
élaborés de manière concertée en faveur de
la préservation des paysages
• N°67 : Nombre d’actions de conseil du
Parc pour la prise en compte des enjeux
environnementaux et paysagers dans les
projets agricoles, forestiers, urbains
• N°68 : Nombre d’actions de requalification
de secteurs banalisés ou dégradés
(dont actions de l’OGS et sur l’affichage
publicitaire)
• N°69 : Nombre d’actions de sensibilisation
• N°71 : Poursuite de l’observatoire photo-
graphique des paysages
INDICATEURS D’ÉVALUATION
Les partenaires techniques et institutionnels :
• Apportent leur expertise.
• Appuient le Parc dans la définition de pro-
grammes d’actions et dans la mise en œuvre
d’actions.
• Sont personnes publiques associées lors de
l’élaboration de documents de planification et
d’urbanisme, et lors de l’instruction de projets
d’aménagement (chambres consulaires, struc-
tures porteuses de SCOT).
• Veillent et alertent les élus et les techniciens
sur des enjeux émergents.
• Réalisent des études thématiques, des outils
d’aide à la décision (diagnostics, observatoires…).
• Mobilisent leurs réseaux.
230
AMBITION 3 :
VISER UN DÉVELOPPEMENT ÉQUILIBRÉ
DU TERRITOIRE
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté
aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme
tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles
du territoire
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique,
vie locale et respect des patrimoines
231
P. 232
P. 252
P. 2719 9
Ainsi le défi de la Charte consistera à trouver un
équilibre entre urbanisation et développement
des unités de production industrielle d’énergie
renouvelable, et préservation du socle naturel, agricole
et paysager, entre développement de l’habitat à
l’année et résidences secondaires et touristiques, et
entre accueil de nouvelles populations et fréquentation
touristique de masse.
Il s’agira d’aider les collectivités locales dans la
définition de modèles de développement urbain moins
consommateurs d’espaces tout en étant adaptés aux
spécificités d’un territoire rural (entre péri-urbain à l’ouest
et hyper-rural à l’est). Pour cela, une attention particulière
devra être portée au réinvestissement des centres urbains
par la valorisation des espaces publics et la rénovation
du patrimoine bâti pour renouveler l’offre de logements,
l’adapter aux besoins contemporains, et garantir le niveau
de services attendus par les habitants. La stratégie vise
également les zones de lotissements existantes et les
projets de développement résidentiel et économique
afin d’inciter à la définition de démarches qualitatives et
respectueuses des aménités géologiques, naturelles,
paysagères et agricoles du territoire marqueurs de
l’identité du Verdon. La Charte contribuera au maintien
d’une vie rurale qualitative et attractive.
Enfin si une Charte de parc naturel régional
n’impose pas de réglementation supplémentaire
en matière d’urbanisme, elle doit accompagner
l’application des différentes politiques publiques
sur le territoire et veiller à la prise en compte des
spécificités des différents secteurs du Verdon. Le
Parc aura le rôle d’assembler et de coordonner les
différentes collectivités, de niveaux communal
et intercommunal, autour d’un territoire riche et
fragile qu’il a pour mission de préserver. Cela se
fera notamment au travers de l’accompagne-
ment et du suivi des documents de planification
et d’urbanisme, qui ont l’obligation de mise en
compatibilité avec la Charte sous 3 ans (comme
prévu à l’article L131-3 du code de l’urbanisme), et
de l’animation d’un InterSCoT.
CONTEXTE
Plus grand parc naturel régional de la Région
Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Parc du Verdon
offre une mosaïque paysagère et écologique
riche et variée, liée à l’étendue et à la diversité des
milieux et reliefs du territoire.
Si le Parc du Verdon est un territoire profondément
rural, il est toutefois bordé par les unités urbaines de
Manosque, Aix-en-Provence, Brignoles, Draguignan
et Digne-les-Bains. Ainsi huit habitants sur dix vivent
à l’ouest du territoire où se trouvent les communes
les plus peuplées (Vinon-sur-Verdon, Valensole et Gré-
oux-les-Bains). La croissance démographique soutenue
entre 1999 et 2010 (+2,7 % par an) s’est ralentie entre
2011 et 2016 (+0,82 %) du fait d’un excédent migratoire
beaucoup plus modéré.
Sur les quinze dernières années, les évolutions de
l’occupation des sols ont principalement été portées
par la progression des territoires artificialisés qui ont
augmenté de 23 % (soit près de 1 200 ha entre 1999 et
2015). Cette progression s’est faite au détriment des
espaces naturels et plus fortement encore au détriment
des espaces agricoles et s’est principalement exprimée
sur les secteurs du haut Var et du plateau de Valensole.
La consommation de l’espace est majoritairement due
à une urbanisation sous forme de lotissements et de
bâtis diffus.
Ce phénomène de périurbanisation a entraîné une
désaffection pour les centres anciens voire une
dévitalisation économique. Par ailleurs, le tourisme
polarisé dans le temps et l’espace occupe une place
importante dans l’économie locale et participe à
l’essor des résidences secondaires et touristiques
saisonnières qui rend difficile l’accès au logement
pour les populations permanentes.
En outre, à l’image d’une dynamique régionale
en partie portée par le schéma régional climat
air énergie (SRCAE), de nombreux projets de
centrales photovoltaïques se sont développés
sur le territoire du Parc du Verdon depuis
plus de 10 ans. Ces projets sont fortement
consommateurs d’espaces et ne sont pas sans
conséquence sur la qualité environnementale et
paysagère du territoire.
Le Parc du Verdon a connu une profonde mutation
de la gouvernance et de la planification depuis 2008,
date de mise en œuvre de la 2e charte du Parc du
Verdon. Ainsi l’organisation intercommunale locale
Fort de ce constat, plusieurs enjeux se
dessinent pour le territoire du Verdon :
• Le maintien des grands équilibres
de l’occupation de l’espace par
vocation naturelle, agricole, urbaine.
• La poursuite de l’effort de limitation
de la consommation de l’espace en
favorisant le renouvellement urbain
au sein des centralités existantes.
• Le réinvestissement des centres-
villes et centres-villages, supports
de l’armature urbaine locale.
• Le développement d’un urbanisme
durable et résilient tant au niveau
des formes urbaines, du bâti que
de l’échelle urbaine.
• Le développement d’une offre
diversifiée de logements accessibles
et adaptés au changement
climatique.
• Le renforcement de la prise en
compte des risques naturels dans
l’aménagement du territoire.
ENJEUX & DÉFIS
a considérablement évolué, les compétences des
territoires se sont enrichies et complexifiées.
Le territoire est aujourd’hui entièrement couvert
d’intercommunalités qui portent toutes des
projets de planification exécutoires ou en cours
d’élaboration (SCoT, PLU-i, PLU).
Les défis pour le territoire du Verdon sont à la fois
issus de problématiques rencontrées à l’échelle
nationale nécessitant de préserver le foncier et
de réduire la consommation de l’espace (objectif
du « zéro artificialisation nette » d’ici 2050), ainsi
que du contexte local, à savoir celui d’un territoire
rural soumis à une forte pression touristique et
énergétique et cherchant à maintenir la qualité de
son cadre de vie pour ses habitants.
STRATÉGIE
Depuis une quarantaine d’années, un important
corpus législatif national s’est constitué en faveur
de la préservation du foncier et incitant à la gestion
économe de l’espace. Les évolutions législatives
récentes consacrent la limitation voire l'arrêt de
l'artificialisation des sols comme l’objectif du
« zéro artificialisation nette » d’ici 2050 issu de
la loi climat et résilience du 24 août 2021.
Si les raisons de ce renforcement juridique sont
comprises et acceptées d’un point de vue théorique
(stopper la consommation d’espaces agricoles,
garantir l’autonomie alimentaire nationale,
préserver la biodiversité…), la mise en œuvre de
ces politiques génère des tensions localement,
en donnant le sentiment de vouloir imposer aux
espaces ruraux, le modèle de développement
urbain des métropoles et agglomérations, en
concentrant notamment les logements, les
activités et les services dans les centralités
urbaines. Les petits villages maillant le territoire du
Verdon se sentent mis à l’écart du développement
sachant qu’ils connaissent déjà des difficultés à
maintenir une population permanente.
MESURES
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année
Vue sur le lac de Castillon et de ses rives cultivées ©C. Peuget - PNR Verdon
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour des mesures suivantes :
• Mesure 9.1
Accompagner la mise en œuvre des différentes politiques d’aménagement de l’espace en prenant en compte les spécificités rurales du Verdon
• Mesure 9.2
Promouvoir et accompagner des projets d’aménagements et d’habitats qualitatifs
• Mesure 9.3
Reconquérir les cœurs de villages pour redonner envie de « vivre ensemble »
232 233 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20399 9
RENVOIS VERS LE PLAN DU PARC
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année Préserver l’identité des paysages ruraux Mesures 2.4, 5.2, 6.2, 7.1, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 9.3, 10.1
Préserver les monuments emblématiques
du grand paysage
Préserver les espaces ouverts et les perceptions
lointaines du Plateau de Valensole
Protéger les paysages agricoles
et leurs motifs particuliers
Veiller à la qualité des routes de découverte
des paysages et de leurs abords
Préserver l’identité des routes emblématiques
ou pittoresques
Préserver les cônes de vues et le devenir
des espaces associés
Veiller à la qualité des paysages perçus depuis les points
hauts du territoire offrant des perceptions lointaines
Protéger les édifices du patrimoine bâti traditionnel
identifiés en tant que pépites, jalonnant les paysages
naturels, agricoles et urbains
Veiller à la qualité des entrées de parc en améliorant les
aménagements ou en préservant leur identité rurale
Veiller à la qualité de l’urbanisation et
des aménagements
Mesures 2.1, 5.2, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 10.1, 11.3
Préserver la silhouette des villages
et hameaux traditionnels
Veiller à la qualité des espaces publics, des projets
d’aménagement et des constructions
Requalifier les espaces urbains banalisés ou dégradés
Promouvoir la densification des quartiers périphériques
Traiter qualitativement les franges villageoises
Requalifier les abords routiers, les entrées et les
traversées de villes et villages banalisées ou dégradées
Affirmer les limites d’urbanisation et contenir
le développement urbain pour empêcher le mitage
des espaces agricoles et naturels
Requalifier des infrastructures touristiques
et les espaces naturels fréquentés dégradés
Préservation du foncier agricole
Zone agricole protégée (ZAP)
234 235 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
Préserver et restaurer les continuités écologiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.5, 6.1, 6.2, 6.3, 8.1,
8.2, 9.1, 9.2, 10.2, 10.3, 11.1, 11.2, 11.3
Préserver, gérer et valoriser les sites à la
biodiversité et à la géodiversité emblématiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.4, 5.5, 7.2, 7.3, 8.1,
11.1, 11.2, 11.3
Préserver et restaurer la trame verte :
Préserver et restaurer la trame bleue et turquoise :
Sous-trame des milieux forestiers
Sous-trame des plans et cours d’eau
La sous-trame des zones humides
Sous-trame des milieux ouverts et semi-ouverts
Sous-trame des milieux agricoles cultivés
Sous-trame des milieux rocheux
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Corridor écologique
Corridor écologique
Corridor écologique
Corridor écologique
Préserver et gérer les sites d’intérêt
écologique majeur
Préserver et valoriser les géosites9 9
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année
Vue sur la silhouette villageoise de Puimoisson et son socle agricole ©PNR Verdon
MESURE 9.1
Accompagner la mise en œuvre des différentes politiques
d’aménagement de l’espace en prenant en compte les spécificités
rurales du Verdon
autres sont en cours d’élaboration. Elles sont ainsi
de plus en plus conscientes des conséquences et
des enjeux de la consommation d’espaces, d’autant
que la majeure partie d’entre elles est soumise aux
dispositions de la loi Montagne et quelques-unes
à celles de la loi Littoral imposant des conditions
d’urbanisation spécifiques et limitées. Les petites
communes du Parc ont toutefois le sentiment de se
faire imposer un modèle de développement urbain
inadapté à leur territoire rural voire hyper-rural.
Conscient de l’intérêt de conserver l’identité
rurale du territoire et un cadre de vie de qualité, la
Charte souhaite poursuivre le travail de maîtrise de
l’urbanisation engagé ces dernières années tout en
accueillant le développement nécessaire à une vie à
l’année et adapté aux spécificités locales.
Les objectifs sont de :
• Limiter la consommation foncière des espaces
agricoles et naturels, notamment sur les franges
du territoire.
• Favoriser une urbanisation économe et équilibrée
sur le territoire, en privilégiant la densification et le re-
nouvellement urbain.
• Mener un aménagement cohérent entre les dif-
férents secteurs du Parc et prenant en compte les
spécificités rurales du territoire.
• Positionner le Parc dans un rôle d’interSCoT et de
mise en cohérence des politiques de planification
sur le territoire.
• Anticiper la prise en compte des risques naturels
dans l’aménagement du territoire.
• Développer une culture commune de l’urbanisme
durable et résilient.
OBJECTIFS DE LA MESURE
Au regard des pressions urbaines, le Verdon est un territoire
préservé. Avec seulement 3 % du territoire, ses surfaces
artificialisées restent faibles, ce qui souligne son caractère
profondément rural.
Toutefois entre 2003 et 2015, le développement s’est
fait au détriment principalement des espaces agricoles
et sous l’effet des extensions pavillonnaires (lotissements
et bâti diffus) qui ont démultiplié l’étendue des villages. Si
l’impression de campagne demeure grâce aux reliefs et à la
végétation qui en limitent la visibilité, leur développement
banalise l’architecture locale et brouille les limites entre
espaces urbains, naturels et agricoles. Quant aux
espaces économiques, composés surtout de petites
zones artisanales ou commerciales installées à l’entrée
de villages, bien que leur densité soit faible, ils se sont
souvent développés sans souci de qualité paysagère ni
grande logique d’aménagement et ne reflètent pas par-
ticulièrement l’identité du Verdon. Le territoire connaît
en outre depuis la fin des années 2000, un important
déploiement de centrales photovoltaïques au sol, en
espaces naturels majoritairement (8 infrastructures
existantes soit une surface cumulée de 300 ha) et en
raison de ses qualités d’ensoleillement exceptionnelles.
Cette consommation foncière revêt des disparités
territoriales assez marquées puisqu’elle s’est exercée
principalement dans les communes situées à l’ouest
et au sud du territoire (plateau de Valensole et Haut
Var), sur les franges du Parc. Cette situation s’explique
en partie par les dynamiques démographiques à
l’œuvre dans l’arrière-pays varois et par la proximité
d’agglomérations et de pôles d’emplois.
En parallèle, les communes du Parc sont de mieux
en mieux couvertes par les documents d’urbanisme.
Elles sont quasiment toutes dotées d’un plan local
d’urbanisme (PLU), d’un PLU intercommunal (PLU-i) ou
d’une carte communale tandis que trois schémas de
cohérence territoriale (SCoT) sont approuvés et trois
236 237 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
DISPOSITIONS
Protéger le socle agricole, naturel
et paysager
• Identifier et transposer la Trame verte et bleue
du Parc dans les SCoT, PLU-i, PLU et cartes
communales, afin de préserver les continuités
écologiques et leurs fonctionnalités, sur la base
des données produites par le Parc du Verdon.
• Protéger et confirmer la vocation naturelle ou
agricole des espaces remarquables et sensibles
présents sur le territoire du Parc et les préserver
de toute urbanisation (protection graphique
adaptée aux caractéristiques de ces espaces,
prescriptions de préservation environnemen-
tale et paysagère).
• Assurer une protection renforcée du foncier
agricole, en l’identifiant et le préservant de l’ur-
banisation (zonage dans les documents d’urba-
nisme, définition de zone agricole protégée ou
d’un autre outil de préservation du foncier agricole adapté).
• Identifier les infrastructures agroécologiques en zone agricole dans les documents d’urbanisme (arbre isolé, alignement d’arbres, haie) en se référant aux données produites par le Parc, et les préser- ver en recourant aux outils adaptés prévus par le code de l’urbanisme.
• Assurer une vigilance sur les bâtiments agricoles susceptibles de changer de destination afin d’éviter tout conflit d’usage et spéculation foncière (en cas de changement de destination, identi- fier le bâtiment, sa localisation et le projet associé au changement de destination lorsque celui-ci est connu).
• Veiller à la qualité architecturale et à l’intégra-
tion paysagère des nouveaux aménagements et
équipements agricoles.
• Éviter l’implantation d’aménagements im-
pactants dans les espaces agricoles les plus
sensibles d’un point de vue paysager identifiés
au plan du Parc, et en cas de projet, inscrire les
aménagements dans une approche environne-
mentale, architecturale et paysagère exemplaire.
• Permettre une reconquête de certains
espaces forestiers anciennement agricoles
qui concilie les différents enjeux du territoire
(biodiversité, paysages, qualité des sols, risques
naturels…) et identifier les secteurs concernés
au sein des documents d’urbanisme.
• Soutenir l’activité pastorale au sein des
documents d’urbanisme, en identifiant les
secteurs concernés avec un zonage spécifique
et en autorisant les aménagements dédiés à
l’activité (cabanes, impluviums, bâtiments légers…).
• Identifier des limites d'urbanisation claires et cohérentes pour éviter la consommation d'espaces naturels et agricoles et contenir le développement urbain au sein de ces limites d'urbanisation pour em- pêcher le mitage et la cabanisation des espaces agricoles et naturels.
• Définir des coupures d'urbanisation entre les villages afin de préserver des espaces de respiration et limiter les risques de conurbation.
DÉFINITIONS
Espaces remarquables et sensibles :
Les paysages remarquables et toile de fond
du grand paysage identifiés au travers des
monuments emblématiques du grand paysage
dans le plan du Parc.
Les réservoirs de biodiversité identifiés au sein
de la Trame verte et bleue réalisée par le Parc.
Les espaces de fonctionnalité des cours d’eau, à
savoir les zones d’expansion des crues, les ripisylves…
Les zones humides identifiées dans l’inventaire
réalisé par le Parc.
DÉFINITION
Espaces à vocation agricole :
Les zones cultivées, les prairies, les
vignes, les vergers, les prés vergers
(surtout au niveau des Préalpes), les
vespaces intermédiaires entre plaines et
contreforts ou en altitude (ex : anciennes
prairies de fauche encore pâturées, zones
de restanques), les friches agricoles.
Ces espaces sont inscrits au plan du Parc
soit en tant que paysages agricoles soit en
tant qu’espaces ouverts aux perceptions
lointaines comme pour le plateau de Valensole.
disposition pertinente9 9
Maîtriser l’urbanisation et promouvoir un aménagement urbain économe en espace et qualitatif dans un contexte rural
• Réduire la consommation foncière au travers des documents d’urbanisme en privilégiant le renouvellement urbain, la densification au sein du tissu urbain existant et la reconquête des centres anciens et des hameaux les plus importants.
• Identifier les zones d’habitat diffus pouvant être densifiées en prenant en compte le niveau d’équipement (raccordement aux réseaux, proximité au centre-ville et village) et les enjeux pay- sagers et environnementaux.
• Prioriser la densification et le renouvellement des zones d’activités existantes avant toute création de nouvelles zones d’activités (l’article 204 de la loi Climat et résilience prévoit le principe d’interdiction de construction de nouvelles surfaces commerciales qui entrainerait une artificialisation des sols).
• Proposer des densités urbaines acceptables selon les types d’espaces et densifier en tenant compte des tissus urbains environnants : composition architecturale, trame viaire, trame végétale et paysagère.
• Maîtriser l’urbanisation en zone à risque(s) naturel(s), en orientant le type de développement possible au regard de la qualification du risque.
• Promouvoir un urbanisme de courte distance dans la planification, notamment au niveau des polarités urbaines du territoire.
• Préserver le caractère et la silhouette des villages et hameaux traditionnels identifiés au plan du Parc.
• Définir des orientations d’aménagement spécifiques pour encadrer les extensions de bourgs ou hameaux prenant en compte les enjeux paysagers, agricoles et de biodiversité.
• Recourir à des formes urbaines économes en espace et plus denses, en prenant en compte les attentes et besoins des futurs résidents et le cadre de vie rural : mitoyenneté entre les habitations, hauteur dans les maisons individuelles, espaces communs et partagés, mutualisation des espaces de stationnement…
• Accompagner les nouvelles constructions dans le respect des spécificités des territoires de mon- tagne et de littoral, en prenant en compte les caractéristiques de l’organisation du bâti préexistant et de l’architecture traditionnelle locale et en en l'adaptant à la topographie et aux conditions climatiques.
• Valoriser et améliorer les entrées de villes et villages.
• Travailler sur les lisières et les interfaces entre espaces naturels, agricoles et urbains : qualité des extensions urbaines, prise en compte des enjeux de biodiversité et de maintien des continuités éco- logiques, prise en compte des risques et des paysages…
• Identifier et inscrire le traitement des points noirs paysagers dans les documents d’urbanisme.
Augmenter la sécurité des populations exposées aux inondations en tenant compte du fonctionnement naturel des milieux aquatiques et en limitant l’implan- tation d’enjeu dans les zones à risque
• Mener une réflexion à l’échelle des bassins versants pour prioriser les ouvrages à retenir en système d’endiguement et statuer sur le devenir des autres ouvrages de protection.
• Mettre en conformité, gérer et surveiller les systèmes d’endiguement du territoire.
• Accompagner la mobilisation des acteurs et des moyens autour de la prévision des crues et des inondations et de la mise en place de l’alerte.
• Mettre en place des systèmes locaux d’avertissement sur les secteurs à l’hydrologie naturelle.
• Instaurer un lien avec le concessionnaire pour les tronçons où le débit est principalement influencé par les déversés des barrages, pour la transmission d’informations concernant les débits déversés en crue par ces ouvrages, afin de permettre une bonne gestion de la crue et des inondations.
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année
MESURE 9.1 Accompagner la mise en œuvre des différentes politiques d’aménagement de l’espace en prenant en compte les spécificités rurales du Verdon
238 239 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039 disposition pertinente
• Faire le lien entre la gestion des ouvrages hydrauliques de type systèmes d’endiguement et la gestion de crise mise en œuvre par les communes au travers des plans communaux de sauvegarde (PCS) et des études de dangers des systèmes d’endiguement venant notamment alimenter les PCS.
• Informer la population de l’existence d’un risque, de ses conséquences et des mesures à prendre pour s’en prémunir (rôle de l’information préventive et développement de la culture du risque).
• Favoriser l’étude des solutions de restauration et de préservation des espaces de bon fonctionne- ment des cours d’eau et des zones humides dans les scénarios d’action de prévention des inondations.
• Préserver et améliorer l’équilibre sédimentaire pour conserver les habitats et les fonctionnalités du milieu aquatique et pour éviter l’affouillement des ouvrages d’art en bordure des cours d’eau.
• Établir des plans de gestion de la ripisylve pour limiter les risques liés aux embâcles, renforcer la stabilité des berges, favoriser les écoulements dans les zones à enjeux, freiner les écoulements dans les secteurs de moindres enjeux, ainsi que pour permettre l’équilibre du milieu rivulaire, la diversité des espèces et des trames écologiques.
• Favoriser la préservation et la restauration des champs d’expansion des crues, à travers la définition des espaces de bon fonctionnement des cours d’eau (espace de respiration et de mobilité de la rivière).
• Élaborer une stratégie intégrée du risque inondation à l’échelle des bassins versants. Pour ce faire, mettre en place une gouvernance associant les acteurs assurant la gestion de la compétence GEMAPI, les acteurs de la gestion de crise et les acteurs impliqués dans l’élaboration des documents de planification et d’urba- nisme : syndicats, EPCI du bassin versant, communes, préfectures, services de l’Etat.
Améliorer la prévention et la gestion du risque incendie et réduire la vulnérabilité des po- pulations tout en tenant compte des autres enjeux du territoire (paysages, biodiversité)
• Retranscrire dans les règlements des documents de planification et d’urbanisme les porter à connaissance sur les aléas incendies.
• En matière d’aménagement du territoire, travailler en particulier les zones d’interfaces entre les espaces urbain, naturel et agricole (franges villageoises) comme des zones stratégiques pour prévenir et réduire la vulnérabilité au risque incendie ; maintenir une trame agricole et une mosaïque de milieux ouverts dans ces espaces de franges et faire le lien avec les enjeux de la trame verte du Parc.
• Intégrer les enjeux paysagers et de biodiversité dans les travaux et aménagements DFCI.
• Animer les plans de massifs DFCI (PMPFCI, PIDAF) en lien avec la multifonctionnalité des espaces naturels dont forestiers, agricoles et pastoraux.
• Promouvoir une communication et interopérabilité entre les différents plans (PMPFCI, PIDAF, POPI…) et les structures qui les animent à l’échelle du territoire (ex : intercommunalités) en lien avec les acteurs de la DFCI.
• Renforcer les partenariats et les complémentarités entre les différents acteurs intervenant dans la prévention et la lutte des feux de forêts (garde régionale forestière, comités communaux feux de forêts, ONF, SDIS, services de l’Etat etc.)
• Promouvoir la création de comités communaux feux de forêts ;
• Maintenir un dispositif type « Garde Régionale Forestière » permettant de surveiller, sensibiliser et prévenir le risque incendie de forêts ;
• Renforcer la communication auprès des différents publics et s’appuyer sur les acteurs touristiques comme relais ;
• Développer les formations de bonnes pratiques pour la réalisation des brûlages dirigés.
Accompagner les collectivités dans l’élaboration de leur document de planification et assurer la cohérence des politiques d’aménagement sur le territoire du Verdon
• Conseiller en apportant une expertise pluridisciplinaire et en développant des outils pour faciliter la prise en compte de la Charte dans l’élaboration ou la révision des documents d’urbanisme (transmission d’un porter à connaissance, suivi par un groupe de travail, élaboration de fiches, échanges techniques…).
• Assurer la cohérence des politiques d’aménagement de l’espace sur le territoire du Parc, au travers de l’élaboration ou la révision des documents d’urbanisme et en animant un interSCOT sur le territoire du Verdon.
• Veiller à l’articulation de la charte avec les territoires voisins concernés par des enjeux communs à ceux du territoire du Verdon, afin d’assurer une cohérence sur le long terme.
• Organiser des cycles d’information adressés aux élus pour une meilleure prise en main des règlementa- tions en matière de planification, d’urbanisme, d’aménagement du territoire.9 9
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année
MESURE 9.1 Accompagner la mise en œuvre des différentes politiques d’aménagement de l’espace en prenant en compte les spécificités rurales du Verdon
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Réalise et diffuse des porter à connaissance
concernant les enjeux de préservation des
espaces naturels, agricoles et des paysages.
• Accompagne et conseille les communes et
intercommunalités lors de l’élaboration ou de la
révision de leurs documents de planification afin
de faciliter la prise en compte des orientations de
la Charte, du plan du Parc et du SAGE Verdon.
• Donne un avis sur les documents de planifica-
tion en cours d’élaboration ou de révision en s’assu-
rant de leur compatibilité avec les orientations de la
Charte, du plan de Parc et du SAGE Verdon.
• Mobilise les collectivités autour des enjeux de
gestion économe et durable de l’espace et produit des
outils pédagogiques d’aide à la décision en lien avec ces
thématiques.
• Contribue à l’analyse et au suivi de l’évolution de la
consommation d’espace.
• Participe à l’élaboration de dispositifs de protection des
espaces agricoles, naturels sensibles ou sous pression.
• Joue un rôle de relai dans la prise en compte des risques
naturels dans l’aménagement du territoire.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes et les intercommunalités s’engagent à :
• Traduire les orientations de la Charte, du plan du
Parc et du SAGE Verdon, à l’occasion de l’élaboration
et de l’évolution des documents de planification.
• Confirmer la vocation naturelle des continuités
écologiques et des paysages remarquables dans
leur document de planification ou d’urbanisme.
• Maintenir les surfaces agricoles de leur terri-
toire et confirmer leur vocation agricole dans leur
document de planification ou d’urbanisme.
• Réduire la consommation de l’espace selon
les principes du zéro artificialisation nette et de
ceux du Schéma régional d’aménagement, de
développement durable et d’égalité des terri-
toire (SRADDET).
• Mettre à disposition du Parc les documents
de planification ou d’urbanisme sous format
numérique et SIG (pour le règlement graphique)
de la phase projet à l’approbation.
• Associer le Parc dès l’amont de l’élaboration
des documents de planification ou d’urbanisme,
et de tout projet d’aménagement pouvant avoir
un impact sur les terres agricoles et naturelles.
• Informer le Parc en amont des projets d’amé-
nagement qu’elles portent ou dont elles ont
connaissance sur leur territoire, d’autant plus
lorsqu’ils sont susceptibles d’avoir un impact
environnemental, paysager, social.
• Intégrer la problématique des risques
naturels dans leurs documents de planification
et d’urbanisme ainsi que dans leurs projets
d’aménagement.
• Identifier les points noirs paysagers et les
entrées de villages peu qualitatives et inscrire
la volonté de leur requalification dans les
documents de planification et d’urbanisme en
cours d’élaboration ou de révision.
• Étudier la possibilité de mettre en place des
dispositifs de protection du foncier agricole le
plus sensible ou sous pression.
Les départements s’engagent à :
• Consulter ou associer le Parc lors de projets,
d'élaboration de plans ou de schémas dépar-
tementaux susceptibles d’avoir un impact
significatif sur son territoire.
• Partager leurs outils, bases de données,
compétences et expertises.
La Région s’engage à :
• Soutenir le Parc dans l’accompagnement des
communes en amont de l’élaboration et de la
révision des documents de planification et d’ur-
banisme.
• Mobiliser ses politiques publiques concourant
aux objectifs de maitrise de l’étalement urbain et
à l’amélioration du cadre de vie.
• Intégrer les avis donnés par le Parc en tant que
PPA dans ses propres avis
• Mettre à disposition ses outils, bases de
données, compétences et expertises.
• Consulter ou associer le Parc lors de projets,
d'élaboration de plans ou de schémas régionaux
susceptibles d’avoir un impact significatif sur son
territoire.
• Participer à la mise en cohérence des
documents d’urbanisme et de planification inter-
communaux en veillant notamment à la bonne
articulation du SRADDET, de la Charte, des SCoT,
des PLU-i / PLU et des projets d’aménagement.
• Associer le Parc en tant que membre des
instances territoriales de dialogue des espaces
du SRADDET le concernant.
L’État s’engage à :
• Veiller à la prise en compte des objectifs de
préservation des espaces naturels, agricoles
et paysagers définis dans la Charte lors de
l’instruction des autorisations d’urbanisme, de
l’élaboration des projets et des documents de
planification et d’urbanisme.
• Consulter ou associer le syndicat mixte du
Parc lors de projets susceptibles d’avoir un impact
significatif sur son territoire.
• Élaborer des porter à connaissance et des
outils d’aide à la décision en matière d’urba-
nisme, d’aménagement, de paysage.
• Rappeler dans ses porter à connaissance et
vérifier par le contrôle de légalité la nécessaire
compatibilité des documents d’urbanisme (SCoT,
PLU-i, PLU, cartes communales) avec la Charte du
Parc, le plan du Parc et le SAGE Verdon.
• Soutenir le syndicat mixte du Parc dans l’éla-
boration d’outils d’aide à la décision en matière
d’urbanisme et d’aménagement.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise.
• Aide à la définition de programmes de
recherche.
• Participe aux travaux de la commission
paysages, aménagement, énergie.
• Mobilise ses réseaux.
• Participe à la diffusion des connaissances et
à la sensibilisation.
• Veille et alerte les élus sur des enjeux
émergents.
Les autres partenaires de la recherche :
• Peuvent être sollicités sur des sujets spéci-
fiques pour apporter leur expertise.
Les partenaires techniques et institutionnels :
• Apportent leur expertise.
• Appuient le Parc dans la définition de pro-
grammes d’actions et dans la mise en œuvre
d’actions.
• Sont personnes publiques associées lors de
l’élaboration de documents de planification et
d’urbanisme, et lors de l’instruction de projets
d’aménagement (chambres consulaires, structures
porteuses de SCoT).
• Veillent et alertent les élus et les techniciens sur
des enjeux émergents.
• Réalisent des études thématiques, des outils
d’aide à la décision (diagnostics, observatoires…).
• Mobilisent leurs réseaux.
En pièce jointe à la Charte, un document précise les
objectifs, les questions évaluatives et pour chaque
indicateur s’il est également un indicateur du
SRADDET, les sources, l'année de référence de la
valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours de la
Charte et à la fin de la Charte :
• N°72 : Nombre de porter à connaissance
réalisés et transmis aux collectivités lors
de l’élaboration ou de la révision de leur
document d’urbanisme
• N°73 : Nombre de collectivités ayant
bénéficié d’un accompagnement du Parc
lors de l’élaboration ou de la révision de
leur document d’urbanisme, allant au-delà
du rôle de personne publique associée
• N°74 : Nombre d’avis émis sur des
documents d’urbanisme
• N°75 : Part des documents d’urbanisme
définissant un classement ou zonage
adapté permettant la protection de la
trame verte et bleue et des infrastructures
agro-écologiques
• N°76 : Part des espaces artificialisés
• N°77 : Part des espaces naturels et
agricoles
• N°78 : Nombre de dispositifs de protection
du foncier agricole mis en place (de type ZAP
ou autre outil équivalent)
INDICATEURS D’ÉVALUATION
240 241 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-20399 9
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année
Visiteurs sur le belvédère du Point sublime récemment requalifié ©A. Robert - PNR Verdon
OBJECTIFS DE LA MESURE
Les paysages urbains du Verdon connaissent une
banalisation sous l’effet de différents processus :
dispersion de l’habitat qui brouille les limites et les
transitions entre espaces urbains, naturels et agricoles ;
architecture des nouvelles constructions qui dénote avec
l’architecture traditionnelle (style néo-provençal pastiche
et éclectisme) ; faible traitement des espaces publics,
mobiliers urbains ou de bords de route peu qualitatifs ;
standardisation des abords des habitations…
Les paysages naturels remarquables font quant à eux
l’objet d’une fréquentation touristique massive en
saison estivale mettant à mal la qualité paysagère et
environnementale de certains sites emblématiques
pouvant impacter l’expérience des visiteurs. Les
espaces naturels forestiers connaissent par ailleurs
une pression forte pour l’installation de centrales
photovoltaïques au sol.
Au cours de la précédente Charte, le Parc du Verdon
a mené une série d’actions visant l’amélioration du
cadre de vie par la planification, la préservation de
l’identité rurale et patrimoniale des édifices tradi-
tionnels, l’incitation à la performance énergétique
des bâtiments. Ce travail est à poursuivre et
à renforcer.
Mettre en œuvre le cadre de vie de demain pour
conserver l’identité du territoire et ses qualités,
c’est avant tout l’aménager avec soin et pour cela,
l’accompagner vers une stratégie d’urbanisme
opérationnel et intégré, et développer une culture
de l’urbanisme durable qui soit partagée.
Les objectifs sont de :
• Améliorer la qualité de l’urbanisme dans les villes
et villages du Verdon.
• Limiter la consommation d’espaces nouveaux,
densifier et renouveler l’existant.
• Prendre en compte l’identité rurale du Verdon
dans les opérations d’aménagement.
• Promouvoir des opérations d’aménagement
qualitatives et intégrées.
• Accompagner les porteurs de projets de
construction et de restauration le plus en amont
possible de leur démarche.
DISPOSITIONS
Promouvoir des opérations d’aménagements et d’habitats exemplaires, durables et intégrées
• Définir des intentions qualitatives dans les orientations d’aménagement et de programmation (OAP) des PLUi et PLU aux regards des enjeux paysager, architectural, environnemental et urbain :
Qualité paysagère : implantation dans la parcelle, insertion dans la pente, préservation des éléments végétaux et bâtis préexistants, relation avec l’espace public et la voirie, traitement et harmonisation des clôtures, intégration des dispositifs de production d'énergie renouvelable dans le bâti, prise en compte des points de vue et covisibilités.
Qualité architecturale : détermination des principes architecturaux (matériaux, teintes), compacité, volume, performances énergétiques (recourt à des écomatériaux, confort thermique et bioclimatisme).
Qualité environnementale : perméabilité des sols, traitement des eaux pluviales, prise en compte de la biodiversité et de la fonctionnalité écologique, préservation des continuités écologiques, gestion des éclairages extérieurs publics et privés, traitement de la lisière villageoise.
Qualité urbaine : articulation avec le tissu urbain existant, traitement des espaces publics, liaisons douces entre les différents espaces urbains, desserte, gestion des stationnements.
• Privilégier les opérations d’ensemble en cas d’ouverture d’une zone à l’urbanisation afin de garantir la cohérence dans l'aménagement de la zone et éviter une urbanisation au coup par coup.
• Veiller à la préservation de la qualité et de l’identité du bâti par des règles architecturales à intégrer dans les documents d’urbanisme.
• Prévoir des typologies de logements diversifiées pour répondre aux besoins des populations résidant à l’année sur le territoire et rencontrant des difficultés d’accès à un logement adapté et décent.
• Prévoir des formes de développement adaptées à l'éco-tourisme et l'agritourisme en milieu rural, intégrées aux paysages et à l’environnement, et garantissant la préservation des milieux agricoles et naturels.
• Identifier à l’échelle communale les éléments patrimoniaux (bâtis et végétaux) à préserver et à valoriser et les inscrire dans les pièces réglementaires du document d’urbanisme.
• Privilégier un aménagement des espaces publics respectueux de l’identité rurale du Verdon en évitant de recourir à du vocabulaire trop urbain en ce qui concerne le mobilier (abris bus, pou- belles…), le revêtement des sols, les luminaires…
• Promouvoir des formes urbaines innovantes, économes en espace, intégrées aux tissus urbains environnants et privilégiant la qualité architecturale et paysagère en prenant en compte l’identité rurale du Verdon.
• Soutenir les projets d’habitats participatifs, d’habitats partagés et les projets d’éco-hameaux dans la mesure où ils permettent d’anticiper les impacts environnementaux et paysagers potentiels et de prévoir l’intégration des constructions dans le site d’implantation et qu’ils sont générateurs de lien social.
• Traiter qualitativement les abords dans les projets d’aménagement et de construction d’habitation (transition entre espaces publics et privés, espèces végétales locales pour les plantations, absence de clôtures en zone rurale ou clôtures perméables à la petite faune et intégrées esthétiquement…).
• Repenser la gestion de l’éclairage extérieur public et privé dans une démarche de lutte contre la pollution lumineuse (impact sur la faune et contemplation du ciel nocturne) et de sobriété énergétique.
• Veiller à l’intégration paysagère et environnementale des nouveaux aménagements, notamment pour ce qui concerne les bâtiments techniques, les bâtiments agricoles, les infrastructures de production d’énergie renouvelable et intégrer la réversibilité dans les projets d’aménagements.
• Intégrer dans tout projet d’aménagement, l’adaptation au changement climatique : lutte contre les îlots de chaleur, place du végétal dans les centres urbains, confort des espaces publics, bioclimatisme, performance énergétique du bâti et des logements (isolation, confort d’été…), prise en compte des risques d’inondation et de ruissellement en améliorant la gestion des eaux pluviales, en limitant l’imper- méabilisation (surfaces et matériaux perméables), en adaptant l’architecture.
disposition pertinente 242 243 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 9.2
Promouvoir et accompagner des projets d’aménagements
et d’habitats qualitatifs
disposition pertinente9 9
• Intensifier la place du végétal dans les espaces urbains, et particulièrement dans les nouveaux aménagements : préservation du patrimoine végétal existant, recours à des essences locales, développement de la nature en ville comme réponse à différents enjeux (qualité de vie, qualité des espaces publics, maintien de la biodiversité, îlots de fraicheur), mise en valeur des cours d'eau en milieu urbain.
• Prévoir la création de liens entre les quartiers et penser les cheminements en mode actif lors de la création de nouveaux quartiers.
• Mobiliser les compétences pluridisciplinaires lors des projets d’aménagement et de requalifi- cation (urbanistes, architectes, paysagistes, écologues…).
• Inciter le recours aux démarches participatives faisant appel aux habitants ou aux futurs habi- tants dans les projets d’aménagement et les projets d’habitat.
Accompagner l’évolution des entrées de villages, des quartiers périphériques et considérer les franges villageoises
• Requalifier les entrées de villes et villages sur la base d’une identification préalable des secteurs qui le nécessitent (zones d’activités, lotissements).
• Prioriser la densification des zones d’activités existantes avant toute création de nouvelles zones d’activités.
• Requalifier d’un point de vue paysager les zones d’activités existantes et améliorer leur fonctionnalité économique (signalétique, parkings, espaces verts…).
• Assurer les liaisons et cheminements en mode actif (pédestre, cyclo…) entre les entrées de villes et villages et les noyaux villageois.
• Marquer des limites d’urbanisation claires et cohérentes en traitant qualitativement les franges vil- lageoises, à l’interface avec les espaces agricoles, naturels et forestiers (enjeux de préservation de la biodiversité et de maintien des continuités écologiques, des paysages, des espaces agricoles, prise en compte du risque incendie).
Accompagner les actions d’urbanisme opérationnel et sensibiliser à un urbanisme durable
• Promouvoir des modes d’habiter alternatifs moins consommateurs d’espaces, adaptés au chan- gement climatique, intégrés aux paysages, privilégiant le lien social et facilitant l’accès au logement.
• Mobiliser les élus, agents des collectivités, citoyens, associations en faveur de la conception en- vironnementale et paysagère des aménagements.
• Accompagner les porteurs d’un projet privés (habitants, acteurs économiques…) de construc- tion ou de réhabilitation le plus en amont possible par un conseil en architecture, urbanisme et paysage (permanences mensuelles a minima).
• Expérimenter des projets participatifs associant le public et le privé.
• Expérimenter des pratiques assurant la réversibilité des aménagements en appuyant les projets intégrant dès la conception la possibilité de revenir à un état initial.
• Accompagner collectivement les projets de construction de bâtiments techniques dont les bâtiments d’exploitation agricoles le plus en amont possible pour faciliter leur intégration envi- ronnementale et paysagère.
• Mettre en place un atelier rural multipartenarial et des outils spécifiques au service d’un urba- nisme rural pour accompagner collectivement les projets d’urbanisme opérationnel des collec- tivités (requalification de zones d’activités, aménagements d’espace public, de centre-bourg ou d’extension de bourg, constructions ou rénovations d’équipements publics…).
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année
MESURE 9.2 Promouvoir et accompagner des projets d’aménagements et d’habitats qualitatifs
244 245 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
• Sensibiliser les habitants et les acteurs économiques privés à l’usage raisonné de leur territoire et à un aménagement qualitatif respectueux de l’identité rurale du territoire, par le biais d’événements et d’outils pédagogiques adaptés (conférences, guides…), élaborés avec les différents acteurs concer- nés par ces thématiques.
• Organiser des visites et des rencontres d’élus autour de réalisations exemplaires sur le territoire du Parc ou à proximité (interParcs notamment).
• Encourager l’intervention des collectivités dans la mise en place d’une politique foncière volontariste pour avoir les moyens de mener des projets qualitatifs (au travers notamment d’actions expérimentales).
Promouvoir une exploitation durable de la ressource minérale
• Prioriser le renouvellement et l’extension des carrières existantes en prenant en compte les enjeux paysagers, environnementaux et sociaux.
• Se référer aux gisements d'intérêts national et régional identifiés au Schéma régional des carrières pour l'ouverture de nouvelles carrières. Le cas échéant, éviter les espaces remarquables et sensibles identifiés au plan du Parc tels que les réservoirs de biodiversité de la trame verte et bleue , les sites d’intérêt écolo- gique majeur et géosites, les monuments emblématiques du grand paysage, les espaces de fonctionnalité des cours d’eau, les zones humides, qui n'ont a priori, pas vocation à les accueillir.
• Veiller à la qualité paysagère et environnementale des opérations de réhabilitation des carrières en fin d’exploitation.
• Soutenir l’ouverture de carrières de proximité, de très petites dimensions en lien avec la restaura- tion patrimoniale du patrimoine bâti et les savoir-faire traditionnels locaux, en prenant en compte les enjeux paysagers et environnementaux.
• Faciliter le recours ponctuel à des gisements localisés en cas de chantiers de restauration patri- moniale d’édifice bâti (pierre, gypse…), en prenant en compte les enjeux paysagers et environne- mentaux et en prévoyant la remise en état du site une fois les travaux terminés.
• Rechercher la remise en état optimale des sites en fin d’exploitation.
Vue sur la silhouette villageoise de Comps-sur-Artuby ©Les Panoramistes - PNR Verdon
disposition pertinente9 9
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année
MESURE 9.2 Promouvoir et accompagner des projets d’aménagements et d’habitats qualitatifs
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Veille à la bonne intégration environnemen-
tale, architecturale, paysagère, énergétique,
sociale des projets d’aménagement, urbains et
d’habitat.
• Participe à développer une culture du projet
urbain durable notamment au travers d’un
atelier multipartenarial et sensibilise les élus, les
acteurs de l’aménagement et les habitants aux
enjeux d’un urbanisme durable.
• Accompagne les communes dans l’élaboration de
cahiers des charges d’études ou de maitrise d’œuvre
destinés à des équipes pluridisciplinaires.
• Participe au développement de projets urbains
durables (valorisation des formes récentes d’urbani-
sation, nouveaux quartiers, nouvelles zones d’activités
reconquête des centres anciens…) en accompagnant les
porteurs de projet dans les études pré-opérationnelles et
dans leur mise en œuvre.
• Mène des actions de communication et de sensibilisa-
tion aux enjeux de gestion économe et durable de l’espace
et au développement de nouvelles formes d’habiter.
• Assure la promotion de la prise en compte du réchauf-
fement climatique, de la nature en ville, de l’environne-
ment, de la qualité des espaces publics dans le projet
urbain et de la maîtrise du foncier.
• Suscite le partage d’expériences localement ou avec
d’autres territoires.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes et les intercommunalités s’engagent à :
• Porter une attention particulière à l’intégration
paysagère des projets urbains.
• Solliciter les conseils du Parc et d’autres par-
tenaires techniques sur la conception qualitative
des opérations.
• Conduire des études pré-opérationnelles
prenant en compte les questions du réchauf-
fement climatique, de la nature en ville, de l’en-
vironnement, de la qualité des espaces publics
dans le projet urbain.
• Mettre en œuvre des projets urbains de
qualité et résilients à titre démonstratif en visant
leur reproductibilité.
• Informer le Parc en amont des projets d’amé-
nagement qu’elles portent ou dont elles ont
connaissance sur leur territoire, d’autant plus
lorsqu’ils sont susceptibles d’avoir un impact en-
vironnemental, paysager, social.
• Informer ou associer le Parc pour mener des
projets de qualité de reconquête des centres
anciens, de valorisation des formes urbaines
récentes et de nouveaux quartiers d’habitat ou
d’activités.
• Identifier les points noirs paysagers et les
entrées de villages peu qualitatives et inscrire
la volonté de leur requalification dans les
documents de planification et d’urbanisme en
cours d’élaboration ou de révision.
• Informer voire associer les habitants lors
de l’élaboration de projets urbains.
Les départements s’engagent à :
• Consulter ou associer le Parc lors de projets,
d'élaboration de plans ou de schémas dépar-
tementaux susceptibles d’avoir un impact
significatif sur son territoire.
• Participer à l’élaboration d’un référentiel
commun visant à la réalisation d’aménage-
ments qualitatifs et respectueux de l’identité
du territoire des abords routiers.
• Partager leurs outils, bases de données,
compétences et expertises.
La Région s’engage à :
• Mobiliser ses politiques publiques concourant
aux objectifs de maitrise de l’étalement urbain et
à l’amélioration du cadre de vie.
• Consulter ou associer le Parc lors de projets
susceptibles d’avoir un impact significatif sur son
territoire, notamment dans le cadre de l’élabora-
tion des contrat régionaux d’équilibre territorial
(CRET) ou des soutiens du fonds régional d’amé-
nagement du territoire (FRAT).
• Soutenir les opérations d’aménagement
exemplaires et innovantes déployées par les
collectivités, en apportant un appui technique et
financier.
• Encourager les collectivités dans la mise en
place d’une politique foncière volontariste.
L’État s’engage à :
• Veiller à la qualité architecturale et environne-
mentale des projets urbains.
• Contribuer à encourager les formes urbaines
contemporaines et accompagner les initiatives
nouvelles dans ce domaine.
• Soutenir le syndicat mixte du Parc dans l’éla-
boration d’outils d’aide à la décision en matière
d’urbanisme et d’aménagement.
• Associer le syndicat mixte du Parc à l’élabo-
ration du schéma régional des carrières et à sa
mise en œuvre et tout autre réflexion sur les
enjeux de développement des filières existantes
ou émergentes.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise.
• Aide à la définition de programmes de
recherche.
• Participe aux travaux de la commission
paysages, aménagement, énergie.
• Mobilise ses réseaux.
• Participe à la diffusion des connaissances et
à la sensibilisation.
• Veille et alerte les élus sur des enjeux
émergents.
Les autres partenaires de la recherche :
• Peuvent être sollicités sur des sujets
spécifiques pour apporter leur expertise.
Les partenaires techniques et institutionnels :
• Apportent leur expertise.
• Appuient le Parc dans la définition de pro-
grammes d’actions et dans la mise en œuvre
d’actions.
• Sont personnes publiques associées lors de
l’élaboration de documents de planification et
d’urbanisme, et lors de l’instruction de projets
d’aménagement (chambres consulaires, struc-
tures porteuses de SCoT).
• Veillent et alertent les élus et les techniciens sur
des enjeux émergents.
• Réalisent des études thématiques, des outils
d’aide à la décision (diagnostics, observatoires…).
• Mobilisent leurs réseaux.
Belvédère Cauvin requalifié donnant à voir le couloir Samson ©M. Economides - PNR Verdon
246 247 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indicateur
du SRADDET, les sources, l'année de référence de la
valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours de la
Charte et à la fin de la Charte :
• N°67 : Nombre d’actions de conseil du Parc pour
la prise en compte des enjeux environnementaux
et paysagers dans les projets agricoles,
forestiers, urbains
• N°79 : Nombre d’avis émis sur des projets
d’aménagement
• N°81 : Nombre de projets d’aménagement
opérationnels exemplaires associant le
Parc et ses partenaires
• N°82 : Nombre d’actions de sensibilisa-
tion menées
INDICATEURS D’ÉVALUATION9 9
DISPOSITIONS
Revaloriser le « village » en tant que lieu de vie et d’échange
• Promouvoir la qualité de vie au village au regard de la présence et proximité entre logements, services, activités et loisirs, animation locale et lien social et de la plus grande indépendance quant à l’usage de la voiture.
• Revaloriser l’intérêt du bâti traditionnel urbain, en l’inscrivant dans les fonctionnements contem- porains et en l’adaptant aux enjeux climatiques, environnementaux et sociaux de demain : com- munication et sensibilisation sur le bâti ancien, les formes urbaines présentes sur le territoire, les savoir-faire traditionnels.
• Réaliser des études urbaines identifiant les problématiques et les réponses à apporter pour chaque village : logements vacants, logements indignes, logements inadaptés aux besoins contemporains, vulné- rabilité énergétique, place de la nature en ville, organisation du stationnement, qualité et cohérence des espaces publics, place des commerces et de l’artisanat…
• Informer sur les outils et les leviers à utiliser pour réinvestir les centres anciens et aider à la mise en place de politiques publiques adaptées (foncier, habitat, fiscalité, revitalisation commerciale, projet urbain…).
• Faire appel aux témoignages d’habitants dans les projets de requalification pour identifier les problé- matiques et définir les projets urbains collectivement.
Valoriser les espaces publics et redonner envie de vivre dans les centres anciens
• Traiter qualitativement les espaces publics ou requalifier les espaces publics dégradés (revêtement, mobilier urbain, signalétique, nature en ville, relation entre espaces publics et privés…).
• Favoriser le réinvestissement et la mutation des tissus urbains des centres anciens en tenant compte de leurs caractéristiques patrimoniales et des modes de vie contemporains (besoins et qualité des logements, qualité architecturale, environnementale et énergétique, aération des tissus urbains et espaces publics, nature en ville, déplacements et place du stationnement…).
• Lancer des opérations de réhabilitation de l’habitat répondant aux modes de vie contemporains (confort des logements, mixité sociale, performance environnementale et énergétique, remobilisa- tion des logements vacants…).
• S’assurer de la qualité des extensions urbaines en continuité immédiate des centres anciens en s’appuyant sur les morphologies et les typologies des tissus urbains environnants (relief, densité, trame urbaine…).
• Rechercher des solutions innovantes répondant aux besoins contemporains pour faciliter la vie dans les centres anciens (jardins partagés, stationnement, transports des courses…).
• Mettre en œuvre des projets de restauration d’édifices bâtis publics en recherchant l’équilibre entre le respect des règles de l’art et la performance environnementale et énergétique, avec l’appui du Parc et de ses partenaires.
• Développer des actions innovantes de densification, de renouvellement urbain et de requalification des zones d’habitation périurbaines proches des centres anciens, visant à faire émerger de nouveaux modes d’habiter en milieu rural et de nouvelles formes urbaines villageoises (habitat groupé, habitat mitoyen, éco-quartier, éco-faubourg).
Soutenir la mixité fonctionnelle des centres anciens
• Inciter à la mixité des usages (commerces, services, habitat) et à la mixité sociale et générationnelle pour renforcer la qualité de vie dans les centres anciens.
• Encourager le maintien et le développement d’espaces partagés au sein des villages favorisant notam- ment la proximité entre lieu d’habitation et lieu de travail (télétravail, tiers-lieux…).
• Retrouver de la vitalité commerciale dans les centres anciens en agissant en faveur du maintien des commerces existants, en priorisant l’implantation de nouveaux commerces et en régulant leur développe- ment dans les zones d’activités périphériques notamment en limitant les constructions et les extensions des grandes surfaces existantes.
• Soutenir et étudier les conditions d’implantation d’activités économiques productives dans les centres anciens (petites activités industrielles et artisanales, services et équipements).
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année
Vue sur les toitures en tuile canal de Moustiers Sainte-Marie ©J. Darot - PNR Verdon
OBJECTIFS DE LA MESURE
Les noyaux villageois anciens disséminés sur tout le
territoire sont caractérisés par la continuité du bâti, une
densité importante de petites maisons de villages étagées
aux façades plutôt modestes et des ruelles étroites. Leur
caractère pittoresque est souligné par la richesse du
patrimoine bâti et par l’utilisation de matériaux et de
savoir-faire traditionnels.
Bien que relativement préservé des pressions de
l’urbanisation observées en Région Sud, le Verdon n’a
pas échappé à un développement urbain en rupture
avec les tissus urbains traditionnels depuis la seconde
moitié du 20 e siècle. Ainsi le modèle de la maison
pavillonnaire s’est généralisé et a remplacé la maison
de village. Il a entrainé une désaffection pour les
centres anciens comme en témoigne un niveau de
vacance urbaine de 8 % en 2015 sur le territoire du
Parc, supérieur au niveau nécessaire à la fluidité des
marchés de l’habitat (admis entre 5 et 7 %). En effet,
les centres anciens répondent difficilement aux
besoins contemporains en matière de confort de
vie (espace, lumière, accessibilité, mobilité). De fait,
ces espaces urbains ont tendance à se dégrader
et à se paupériser.
L’envie de redonner aux centres anciens leur
attrait est une demande forte des acteurs et
habitants du territoire. Aussi la Charte souhaite
accompagner les communes en formulant un cadre
d’intervention qui permette d’améliorer la qualité
de vie dans les centres anciens, qui les rende plus
habitables et attractifs pour la population locale.
De plus, réinvestir les centres anciens contribue
à lutter contre la consommation des espaces
agricoles qui ceinturent les villages provençaux.
Les objectifs sont de :
• Réinvestir les centres anciens et lutter contre
leur abandon.
• Favoriser un urbanisme économe en accord avec
l’identité rurale du Verdon.
• Adapter le patrimoine bâti ancien aux besoins
contemporains tout en préservant son identité.
• Favoriser le lien social.
248 249 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 9.3
Reconquérir les cœurs de villages pour redonner envie
de « vivre ensemble »
disposition pertinente9 9
Constituer un réseau d’échange entre les communes
• Organiser un réseau d’échange entre les communes du territoire inscrites dans des pro- grammes d’aménagement et de développement qualitatif, tel que le programme « Petites villes de demain », pour bénéficier d’un retour d’expérience à l’échelle du Verdon.
• Faire bénéficier de ce retour d’expérience aux autres communes désireuses de valoriser leur centre ancien.
• Contribuer à une réflexion partagée concernant l’évolution des bourgs sur différentes théma- tiques telles que l’habitat participatif, la place du télétravail, la politique foncière des communes et intercommunalités…
ORIENTATION 9
Agir pour un aménagement équilibré du Verdon, adapté aux modes de vie ruraux, et attractif à l’année
MESURE 9.3 Reconquérir les cœurs de villages pour redonner envie de « vivre ensemble »
Maisons de village dans le hameau de La Foux à Peyroules ©PNR Verdon
• Conduire des études pré-opérationnelles
prenant en compte les questions du réchauffe-
ment climatique, de la nature en ville, de l’envi-
ronnement, de la qualité des espaces publics
dans le projet urbain.
• Mettre en œuvre des projets urbains de
qualité et résilients à titre démonstratif en visant
leur reproductibilité.
• Informer ou associer le Parc pour mener des
projets de qualité de reconquête des centres
anciens, de valorisation des formes urbaines
récentes et de nouveaux quartiers d’habitat ou
d’activités.
• Informer voire associer les habitants lors
de l’élaboration de projets urbains.
Les départements s’engagent à :
• Participer à la mise en place de dispositifs
de soutien spécifique aux projets de revitali-
sation des centres anciens.
• Consulter ou associer le Parc lors de
projets, d'élaboration de plans ou de schémas
départementaux susceptibles d’avoir un
impact significatif sur son territoire.
• Partager leurs outils, bases de données,
compétences et expertises.
La Région s’engage à :
• Mobiliser ses politiques publiques concourant
aux objectifs de maitrise de l’étalement urbain et
à l’amélioration du cadre de vie.
• Participer à la mise en place de dispositifs de
soutien spécifique aux projets de revitalisation
des centres anciens (dispositif "zéro rideaux
fermés", Bistrot de Pays, aide sur les équipements
multiservices).
• Consulter ou associer le Parc lors de l’élabora-
tion ou la réalisation de projets d’aménagement
des collectivités locales inscrites sur le territoire
du Parc et susceptibles d’avoir un impact signifi-
catif sur le territoire.
• Soutenir les opérations d’aménagement
exemplaires et innovantes déployées par les
collectivités, en apportant un appui technique et
financier.
• Encourager les collectivités dans la mise en
place d’une politique foncière volontariste.
L’État s’engage à :
• Sensibiliser les collectivités pour la recherche
et la mise en œuvre de formes d’habitats
durables et innovantes permettant de redonner
envie de vivre dans les centres anciens.
• Participer à la mise en place de dispositifs de
soutien spécifique aux projets de revitalisation
des centres anciens.
• Mobiliser l’établissement public foncier pour
soutenir la revitalisation urbaine et économique
des centres anciens.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise.
• Aide à la définition de programmes de recherche.
• Participe aux travaux de la commission
paysages, aménagement, énergie.
• Mobilise ses réseaux.
• Participe à la diffusion des connaissances et à la
sensibilisation.
• Veille et alerte les élus sur des enjeux émergents.
Les autres partenaires de la recherche :
• Peuvent être sollicités sur des sujets spécifiques
pour apporter leur expertise.
Les partenaires techniques et institutionnels :
• Apportent leur expertise.
• Appuient le Parc dans la définition de programmes
d’actions et dans la mise en œuvre d’actions.
• Sont personnes publiques associées lors de
l’élaboration de documents de planification et
d’urbanisme, et lors de l’instruction de projets
d’aménagement (chambres consulaires, struc-
tures porteuses de SCoT).
• Veillent et alertent les élus et les techniciens
sur des enjeux émergents.
• Réalisent des études thématiques, des
outils d’aide à la décision (diagnostics, obser-
vatoires…).
• Mobilisent leurs réseaux.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Veille à la bonne intégration environnementale,
architecturale, paysagère, énergétique, sociale
des projets d’aménagement, urbains et d’habitat.
• Participe à développer une culture du projet
urbain durable notamment au travers d’un atelier
multipartenarial et sensibilise les élus, les acteurs
de l’aménagement et les habitants aux enjeux
d’un urbanisme durable.
• Soutient et accompagne les collectivités dans
les actions de revalorisation des espaces urbains
et de l’habitat dans les centres anciens et leurs
espaces périurbains.
• Assure la promotion de la prise en compte du
réchauffement climatique, de la nature en ville, de
l’environnement, de la qualité des espaces publics
dans le projet urbain et de la maîtrise du foncier.
• Suscite la réflexion pour le déploiement de
solutions innovantes facilitant la vie dans les
centres anciens.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes et les intercommunalités
s’engagent à :
• Porter une attention particulière à l’intégra-
tion paysagère des projets urbains.
• Solliciter les conseils du Parc et d’autres par-
tenaires techniques sur la conception qualitative
des opérations.
En pièce jointe à la Charte, un document pré-
cise les objectifs, les questions évaluatives et
pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l'année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°80 : Nombre de centres anciens ayant
fait l’objet de démarches d’amélioration de leur
cadre de vie
INDICATEURS D’ÉVALUATION
250 251 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203910 10
Ainsi, quatre piliers ou leviers sont clairement identifiés
au travers des mesures :
• la préservation du capital humain, naturel et matériel
au travers des savoir-faire, des ressources naturelles
et des infrastructures,
• le soutien au pastoralisme, dénominateur
commun à l’ensemble du territoire,
• l’agroécologie comme nouveau fil rouge de
l’action agricole du Parc,
• la relocalisation de l’alimentation.
CONTEXTE
Dans un contexte général de tensions sur
l’agriculture, ce secteur d’activité reste un atout
considérable pour le territoire du Parc naturel
régional du Verdon. Les contraintes et attentes
sont nombreuses :
• effets du changement climatique combiné à des
aléas accrus : gels, sécheresse, parasites...
• activité encadrée par la politique agricole commune,
les réglementations, l’organisation professionnelle…
• l’évolution des attentes sociétales (parfois contradic-
toires) faisant ressortir des enjeux de reconnaissance du
rôle de l’agriculture par l’ensemble de la population.
• une activité en profonde mutation, avec une transition
des pratiques en cours mais de grandes difficultés d’adap-
tation.
• un renouvellement des générations d’agriculteur néces-
saire dont les effectifs ont été divisés par deux en 30 ans.
L’agriculture, l’élevage et le pastoralisme ont un poids éco-
nomique, culturel et un rôle reconnu sur l’environnement
et les paysages avec
35 000 ha de terres agricoles,
100 000 ha d’estives et parcours pastoraux,
589 exploitations,
200 emplois salariés (hors saisonniers),
11 périmètres de signes officiels de qualité AOP
ou IGP reconnaissant la qualité des productions
(fromages de Banon, vins et miels du plateau de
Valensole et du Haut Var, huile d’olive de Pro-
vence, plantes aromatiques, lavande « fine » des
sommets des Préalpes…)
L’activité agricole s’insère pleinement dans le
tissu économique du Verdon au travers de la
production de matières premières et de biens
transformés en direct par les agriculteurs ou par
un tissu d’entreprises artisanales ou industrielles
de l’agroalimentaire dans le territoire ou en région.
Certaines productions sont également exportées
et s’insèrent dans des marchés mondiaux comme
l’huile essentielle de lavande, les céréales, les
semences, le vin…
Fort de ce constat, plusieurs enjeux se
dessinent pour le territoire du Verdon :
• La relocalisation de l’alimentation
et l’accès pour tous à des produits
locaux et de qualité.
• Le maintien du pastoralisme face
à la prédation, aux effets des dérè
glements climatiques, la difficile
valorisation de la qualité des
productions et la dépendance
aux aides publiques…).
• La valorisation des synergies entre
agriculture et biodiversité et
la nécessaire transition des
pratiques vers l’agroécologie.
• La préservation voire la reconquête
foncière des espaces naturels
agricoles et pastoraux.
ENJEUX & DÉFIS
STRATÉGIE
La stratégie choisie se veut englobante au regard
des enjeux pour pouvoir intervenir tout au long
de la Charte en fonction des problématiques de
fonds comme :
• le foncier ou le renouvellement des générations.
• les urgences à agir suivant l’accélération des
changements climatiques ou des crises notam-
ment économiques
• la nécessité de projeter le Parc et les acteurs
agricoles dans une transition agricole et alimen-
taire nécessaire, volontaire et lisible dans le temps.
L’activité agricole a également des caractéris-
tiques de transversalité avec le secteur des
services touristiques grâce à l’agritourisme ou la
création d’aménités porteuses de richesse comme
les paysages agricoles. Ainsi elle est soumise aux
mêmes enjeux transverses que l’ensemble de
notre économie locale :
La recherche d’un territoire sobre, résilient moins
dépendant des aides publiques, des clientèles
touristiques et des variations de prix des matières
premières.
La relocalisation de l’économie, de la formation et
de l’emploi.
• Le développement de l’économie « productive »,
créatrice d’emploi à l’année et moins dépendante
notamment de l’activité touristique.
• Le renouvellement, la transmission et la création
d’entreprises (artisanat, agriculture, tourisme)
L’agriculture et l’élevage doivent donc faire face à
des enjeux spécifiques pour lesquels des réponses
devront être formulées à l’horizon de la présente
Charte du Parc.
MESURES
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire
St-André-Crete-Serres ©C. Peuget Élevage ovin dans le Montdenier ©N. Schneiderman
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour des mesures suivantes :
• Mesure 10.1
Favoriser le renouvellement des générations d’agriculteurs en préservant le patrimoine agricole
• Mesure 10.2
Soutenir un pastoralisme viable, indispensable à la vie des communes et à a diversité des paysages
• Mesure 10.3
Accompagner l’adaptation des pratiques agricoles face aux contraintes économiques et aux défis environnementaux
• Mesure 10.4
Valoriser les savoir-faire respectueux de la nature et les produits agricoles répondant aux besoins alimentaires locaux
252 253 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203910 10
RENVOIS VERS LE PLAN DU PARC
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire
Pauline Gervais et Adrien Bukowski, chevriers installés sur le domaine de Valx ©PNR Verdon
Préserver et restaurer les continuités écologiques
Mesures 2.3, 2.4, 4.1, 4.2, 4.3, 5.1, 5.2, 5.3, 5.5, 6.1, 6.2, 6.3, 8.1,
8.2, 9.1, 9.2, 10.2, 10.3, 11.1, 11.2, 11.3
Préserver et restaurer la trame verte :
Préserver et restaurer la trame bleue et turquoise :
Sous-trame des milieux forestiers
Sous-trame des plans et cours d’eau
Sous-trame des zones humides
Sous-trame des milieux ouverts et semi-ouverts
Sous-trame des milieux agricoles cultivés
Sous-trame des milieux rocheux
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Réservoir de biodiversité
Corridor écologique
Corridor écologique
Corridor écologique
Corridor écologique
Veiller à la qualité de l’urbanisation et
des aménagements
Mesures 2.1, 5.2, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 10.1, 11.3
Affirmer les limites d’urbanisation et contenir
le développement urbain pour empêcher le mitage
des espaces agricoles et naturels
Préserver l’identité des paysages ruraux
Mesures 2.4, 5.2, 6.2, 7.1, 8.1, 8.2, 9.1, 9.2, 9.3, 10.1
Préserver les monuments emblématiques
du grand paysage
Préserver les espaces ouverts et les perceptions
lointaines du Plateau de Valensole
Protéger les paysages agricoles
et leurs motifs particuliers
Eaux souterraines
Gestion quantitative
Espaces agricoles
Préservation du foncier agricole
Captage prioritaire
Zone vulnérable aux nitrates
Masse d’eau souterraine stratégique
Masse d’eau souterraine dégradée à restaurer
Autre masse d’eau souterraine
Secteur sensible au niveau quantitatif
(défini dans le cadre SAGE Verdon)
Espace agricole cultivé
Espace agricole cultivé avec plantes à parfum
Zone agricole protégée (ZAP)
Secteurs à enjeux pastoraux
Occupations pastorales
Espace naturel et pastoral à restaurer
Espace naturel et pastoral à améliorer
Alpage
Parcours de moyenne et basse altitudes sur lesquels
inciter au développement du pastoralisme dans le cadre
de la mise en œuvre du projet de charte
254 255 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203910 10
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire
Journée presse de fruits à Castellane en 2018 ©PNR Verdon
OBJECTIFS DE LA MESURE
Le diagnostic de territoire a remis en exergue la nécessité
de maintenir une mesure concernant le renouvellement
des effectifs agricoles. En effet, comme partout en
France, les populations d’agriculteurs ont fortement
chuté ces 20 dernières années dans le Verdon. Pour
l’instant, ce phénomène a renforcé l’agrandissement
des exploitations et notamment impliqué des gains de
productivité et la mécanisation.
Cela a permis de maintenir la surface agricole utile dans le
Verdon mais n’a pas permis un véritable renouvellement
(même si des secteurs géographiques comme le
plateau de Valensole sont plus dynamiques) ni une
diversification des agricultures. Les quinze prochaines
années seront décisives dans la transmission des
exploitations car c’est la tranche d’âge majoritaire
des plus de 50 ans qui va partir en retraite.
Cette mesure a pour objectif de rassembler les
acteurs territoriaux de ce renouvellement autour
de l’accompagnement des porteurs de projet
et de la création des conditions favorables
à l’installation ou la transmission agricole
notamment en agissant sur le maintien ou le
réemploi des infrastructures de production
patrimoniales comme les canaux, les captages de
sources, les restanques, les bassins, les moulins,
les fours, les granges et hangars… Cette mesure
appuie également sur l’intérêt des savoir-faire
écologiques paysans et la nécessité d’investir
des voies nouvelles de production.
Les objectifs sont donc de :
• Maintenir les effectifs agricoles après une longue
chute des effectifs et réussir la transmission des
exploitations dans les quinze prochaines années.
• Installer des porteurs de projet en agriculture
autour de plus petites unités foncières, mobilisant
des infrastructures de production agricoles à
rénover et tournés vers la satisfaction des besoins
de proximité.
• Porter à connaissance les savoirs écologiques
et de sélection des races et variétés qui sont
héritées de l’observation des paysans, au fil des
générations.
Récolte du lavandin sur le plateau de Valensole (mode de récolte par ensilage) ©PNR Verdon
256 257 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 10.1
Favoriser le renouvellement des générations d’agriculteurs
en préservant le patrimoine agricole
DISPOSITIONS
Préserver le foncier et les infrastructures de production agricole notamment celles liées à l’accès à l’eau
• Tendre vers une consommation nulle des espaces agricoles (des PLU et SCOT) et réduire la rétention foncière en lien avec les dispositions portées à l’échelle nationale (zéro artificialisation nette).
• Favoriser la reconquête d’espaces pastoraux (de parcours), mobiliser les outils de gestion collectifs (ex : associations foncières pastorales) et de zones agricoles en déprise (restanques, friches…) tout en intégrant leurs caractéristiques de réservoirs ou continuités écologiques.
• Favoriser l’accès à la ressource en eau « agricole » pour l’ensemble du territoire, et valoriser les équipements existants en faveur d’une agriculture de proximité (anciens canaux, mines…) (cf. pratiques économie d’eau).
• Utiliser le développement de l’irrigation notamment sur le plateau de Valensole pour favoriser la transition et l’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques, par le développement de pratiques agroécolo- giques prenant en compte les enjeux de préservation de la biodiversité.
• Limiter les changements de destination du bâti agricole, maintenir les sièges d’exploitation.
• Sensibiliser les élus, les collectivités aux enjeux agricoles en développant les échanges entre élus et acteurs agricoles.
Encourager l’installation et la reprise d’activités agricoles
• Communiquer positivement sur les métiers et formations en agriculture.
• Créer les conditions favorables à l’accueil des porteurs de projet (dans et hors cadre familial) et au développement de leur activité (test d’activité, mobilisation de foncier, accompagnement technique, parrainage, solutions financières…).
• Explorer de nouvelles formes d’installation plus collective ou familiale favorisant la polyculture et la résilience des modèles économiques moins dépendants des aides publiques.
Préserver et dynamiser les savoir-faire écologiques et agricoles professionnels et amateurs
• Conserver les races et variétés locales et/ou résilientes grâce aux savoirs écologiques paysans (arbres fruitiers, céréales et légumineuses).
• Reconnaître et animer les démarches de reconquête de la biodiversité domestique locale.
• S’appuyer sur des démarches socioéducatives pour entrainer les publics professionnels et ama- teurs dans la connaissance et la transmission de ces savoirs écologiques.
• S’appuyer sur le domaine de Valx et la ferme pédagogique comme un centre de ressources et de démonstrations au bénéfice des porteurs de projets agricoles.
disposition pertinente10 10
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Communique et sensibilise les habitants sur
les enjeux du maintien de l’agriculture et les
contraintes du métier d’agriculteur.
• Facilite la diffusion et la mise à disposition
auprès des communes et de leurs groupements
des « porter à connaissance » concernant les
enjeux agricoles.
• Donne un avis sur les documents d’urbanisme
en cours d’élaboration ou de révision ainsi que sur
les procédures de compensation agricole et s’assure
de leur compatibilité avec la Charte.
• Participe à la mobilisation d’outils de préservation
des espaces agricoles (ZAP, PAEN).
• Initie ou appuie les opérations de reconquête des
terres agricoles ou espaces pastoraux.
• Impulse ou participe à la mise en œuvre de dispositif
d’accueil et d’aide à l’installation de porteurs de projet
en agriculture.
• Favorise, avec ses partenaires, les communes et les
intercommunalités, les parcours d’installation, la trans-
mission d’exploitation, la création de plus-value et l’auto-
nomie des exploitations.
• Veille à ce que les organismes compétents (SAFER,
Chambre d’agriculture, Région, établissements publics
locaux d’enseignement et de formation professionnelle
agricoles (EPLEFPA)) se fixent comme action prioritaire
l’installation de jeunes agriculteurs.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Intégrer les secteurs agricoles et pastoraux à
enjeux dans leurs documents d’urbanisme.
• Préserver le foncier agricole et pastoral (Zones
agricoles protégées, remembrements, réserves
foncières, dispositifs de type espaces tests).
Les intercommunalités s’engagent à :
• Faciliter l’accès au foncier pour les porteurs
de projet en s’intégrant notamment dans des
démarches d’espaces test.
• Associer le Parc dès l’amont de l’élaboration
des documents d’urbanisme et de tout projet
d’aménagement pouvant avoir un impact sur les
terres agricoles et naturelles.
• Retranscrire les secteurs agricoles à enjeux
dans leurs documents d’urbanisme pour préserver
un espace agricole suffisant et cohérent pour
maintenir et développer les exploitations agricoles.
• Étudier l’opportunité de créer des zones
agricoles protégées (ZAP) communales ou inter-
communales sur les zones à enjeux agricoles et,
le cas échéant, les mettre en place.
Les départements s’engagent à :
• Soutenir l'installation des jeunes agricul-
teurs dans le respect du partage des compé-
tences avec la Région.
• Cofinancer les opérations en contrepartie
des fonds européens agricoles (FEADER).
• Participer au développement des infrastruc-
tures d'hydraulique, des opérations d’amé-
nagement foncier rural et des périmètres de
protection des espaces agricoles et naturels
périurbains.
La Région s’engage à :
• Soutenir les communes et les Établissements
Publics de Coopération Intercommunale dans
les démarches réglementaires, de type « zones
agricoles protégées » (ZAP) ou « périmètres de
protection des espaces agricoles ou naturels
périurbains » (PAEN).
• Accompagner les démarches d’animation
foncière en faveur de la reconquête des friches
agricoles.
• Mobiliser les instruments financiers régionaux
et européens en faveur de l’installation et de la
modernisation des activés agricoles.
• Favoriser et adapter les parcours de formation
aux métiers de l’élevage.
L’État s’engage à :
• Assurer le financement et l’encadrement du
dispositif « Point accueil installation », du Plan de
Professionnalisation Personnalisé, du stage 21h,
des stages parrainages.
• Mettre en œuvre le schéma régional des
structures particulièrement la disposition per-
mettant de refuser une autorisation d’exploiter
pour agrandissement excessif.
• Appuyer les dynamiques de reconquête de
friches agricoles et la lutte contre la rétention
foncière.
• Accompagner les collectivités dans la mobi-
lisation des outils réglementaires du type mise
en valeur des terres incultes, ZAP, PAEN ou ré-
intégration dans le patrimoine public des biens
vacants et sans maître.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Veille et interviennent pour la préservation
du foncier agricole et pastoral notamment aux
regards des équipements industriels d’énergie
renouvelables.
• Anime des instances locales de suivi et d’ac-
compagnement des installations et des trans-
missions.
Les associations, groupements et relais locaux :
Chambre d'agriculture ;
• Accompagne les porteurs de projet agricoles
au travers du point accueil installation et du
point accueil transmission, du CEPPP, des
conseillers techniques et du montage de
dossiers de demande de Dotation Jeune Agri-
culteur, de stage parrainage…
La Société d'aménagement foncier et d'éta-
blissement rural (SAFER) de Provence Alpes
Côte d’Azur :
• Appuie le Parc dans la veille et la recherche de
solutions foncières pour les collectivités dans le
cadre de la préservation du foncier et la trans-
mission ou installation d’exploitations agricoles.
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire
MESURE 10.1 Favoriser le renouvellement des générations d’agriculteurs en préservant le patrimoine agricole
• Sollicite et accompagne le Parc ou les collec-
tivités du Verdon dans la recherche de solutions
foncières en faveur du maintien ou de l’installation
pastorale.
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indicateur
du SRADDET, les sources, l'année de référence de la
valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours de la
Charte et à la fin de la Charte :
• N°83 : Nombre d’exploitations dans le périmètre
d’étude du Parc
• N°84 : Age moyen des exploitants agricoles
• N°85 : Nombre de projets d'installation facilités
par le Parc
• N°86 : SAU moyenne des exploitations
agricoles du Parc (ha)
INDICATEURS D’ÉVALUATION
Brebis et son agneau ©P. Murtas - PNR Verdon
258 259 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203910 10
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire
Foire de Sainte-André-les-Alpes ©L. Courtil - PNR Verdon
OBJECTIFS DE LA MESURE
Des plaines de la Durance et du Verdon aux alpages des
Préalpes, la présence du pastoralisme et de l’élevage
jalonne le territoire, créé des paysages, apporte de la
vie et de l’activité dans les villages, nous reconnecte au
rythme des saisons quand viennent les transhumances.
Cette activité ancestrale subit depuis plus de 20 ans le
retour du loup, espèce protégée, et la lente adaptation à
cette présence, créé des fragilités autant économiques
que sociales ou environnementales.
Les objectifs de cette mesure visent à décrire comment
le Parc peut aborder un enjeu contradictoire fort entre
le maintien des bénéfices notamment écologiques de
cette activité humaine ancestrale, dont une grande
partie des pratiques sont adaptées au développement
de la biodiversité, et une espèce protégée, un grand
prédateur, reconnu d’intérêt communautaire à
l’échelle européenne.
À la faveur de la mise en exergue des enjeux croisés
entre ressource alimentaire pastorale et milieux
favorables à la biodiversité, il s’est avéré que le
maintien et la réouverture d’espaces naturels
sont un dénominateur commun qui sera le fil
conducteur opérationnel de l’action du Parc et de
ses partenaires.
Parallèlement compte tenu d’une implantation
totale et permanente du loup dans le Verdon, tout
doit être mis en œuvre pour soutenir, adapter
ou faire coexister l’élevage et le loup. C’est
l’engagement politique des élus du Parc qu’ils
souhaitent réaliser sous la responsabilité et avec
les moyens de l’Etat.
Par ailleurs, le pastoralisme est une activité vivante
qui repose sur des hommes et des femmes qui
ont une connaissance pointue du monde animal
et végétal et dont la transmission des savoirs
(métiers) et des exploitations doit être au cœur
des préoccupations.
Enfin, vaches, brebis, chèvres du Verdon… sont des
races à viande ou à lait au patrimoine génétique
adapté dont il faut valoriser la qualité à la hauteur
des bénéfices qu’ils rendent pour l’environnement
et la santé des consommateurs.
Les objectifs sont donc de :
• Maintenir et améliorer les fonctionnalités des
espaces naturels et pastoraux en cours de fer-
meture au profit de l’activité d’élevage et de la
biodiversité.
• Maintenir l’activité pastorale dans un contexte de
présence et de prédation permanente par le loup.
• Promouvoir le pastoralisme comme marqueur de
l’identité rurale du Verdon et une activité d’avenir.
260 261 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
DISPOSITIONS
Faire de la gestion des milieux et des espaces naturels le dénominateur commun entre maintien de la biodiversité et pratiques pastorales
• Construire et animer des programmes de travaux de reconquête et d’amélioration des milieux natu- rels et pastoraux (ouverture mécanique, écobuage…).
• Favoriser le maintien et le développement du sylvo-pastoralisme notamment dans les zones dites intermédiaires de basse altitude (mobiliser les outils du type plans d’occupation pastoraux).
• Poursuivre la mise en œuvre de mesures agroenvironnementales (MAE) pastorales dans les espaces Natura 2000 du Parc du Verdon et participer à leur animation en dehors des aires Natura 2000.
• Démontrer et communiquer sur l’intérêt du pastoralisme pour la qualité des paysages et de la biodiversité.
• Mettre en œuvre et diffuser les résultats des programmes de recherche/action et d’expérimentations portés par les partenaires techniques afin d’accompagner l’adaptation de la filière pastorale aux change- ments globaux actuels (évolution des modes de consommation alimentaire et de vie, changement climatique et raréfaction de la ressource en eau, multi-usages des espaces).
• Anticiper les effets du changement climatique sur la ressource alimentaire pastorale notamment dans les estives.
• Pérenniser l’accès au foncier pastoral au travers de la planification urbaine.
• Développer les usages pastoraux dans le cadre de stratégie de gestion du risque incendie.
Soutenir le pastoralisme et les activités d’élevage extensif face à la prédation, la fermeture des milieux et aux aléas climatiques
• Animer une gouvernance dédiée aux enjeux pastoraux et associant l’ensemble de ses acteurs.
• Participer aux instances locales et nationales en lien avec la gestion de la prédation afin de faire reconnaître les enjeux du territoire Verdon.
• Construire, expérimenter et mettre en œuvre tous les dispositifs d’appui à l’élevage en situation de prédation (berger d’appui, réseau radio…).
• Suivre et participer aux programmes de recherche visant à développer la coadaptation des acti- vités d’élevage et de l’espèce loup.
• Planifier et aménager les équipements pastoraux nécessaires dans un contexte de prédation et de changement climatique (cabanes, impluvium ou citerne, charniers, clôtures…).
• Informer et rechercher des solutions aux conflits liés au partage de l’espace pastoral notamment entre usagers et chiens de protection.
Valoriser le pastoralisme et ses métiers ainsi que la qualité des produits issus de l’élevage extensif
• Promouvoir les produits alimentaires, artisanaux ou de nouveaux usages (laine, matériaux écolo- giques, tissus) issus des modes d’élevage extensifs notamment au travers des outils collectifs de trans- formation de proximité.
• Soutenir des solutions d’abattage multi-espèces local dans la mesure où elles sont complémentaires avec les équipements existants.
• Mettre en scène et donner à comprendre l’héritage patrimonial pastoral (transhumances et routes, bâti, culture…) et communiquer sur les enjeux contemporains du pastoralisme.
• Valoriser les métiers de l’élevage et leur technicité auprès des publics jeunes et développer des partena- riats avec des organismes de formation agricole.
• Favoriser l’installation et la transmission des exploitations pastorales.
MESURE 10.2
Soutenir un pastoralisme viable, indispensable à la vie
des communes et à la diversité des paysages
disposition pertinente10 10
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire
MESURE 10.2 Soutenir un pastoralisme viable, indispensable à la vie des communes et à la diversité des paysages
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• S’appuie sur les acteurs techniques du
monde pastoral (Maison régionale de l’élevage,
Centre d’études et de réalisations pastorales
méditerranée, Maison de la transhumance…)
pour renforcer le soutien et la valorisation du
pastoralisme sur le territoire du Parc.
• Initie ou participe aux actions de réouverture
des milieux naturels qui contribuent à la conser-
vation de la biodiversité, des paysages et de la
ressource alimentaire pastorale.
• Soutien techniquement et politiquement le monde
de l’élevage face aux problématiques de la prédation
(conditions de vie des bergers et éleveurs, gestion de la
prédation, relation avec les services de l’Etat...).
• Sensibilise le public à l’importance et aux enjeux du
pastoralisme dans un espace naturel protégé et participe
à la prévention des conflits d’usages et de partage de
l’espace pastoral.
• Met en valeur touristiquement et culturellement le
pastoralisme et la transhumance (GR La Routo).
• S’implique dans les études scientifiques autour de
l’adaptation des pratiques pastorales aux changements
climatiques et à la conduite des troupeaux en contexte
de prédation.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Mobiliser le foncier communal en faveur
notamment de l’installation agricole pastorale :
amélioration de l’accès aux parcours des
troupeaux, conditions de vie des bergers (points
d’eau, abris de bergers…).
• Organiser ou soutenir les événements popu-
laires dédiés à l’activité pastorale et la transhu-
mance.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Mettre en place des outils de planification et
d’animation des espaces à vocation pastorale du
type Plan d’Orientation Pastoral Intercommunal
(POPI).
• Intégrer les enjeux de l’activité pastorale dans
les SCOT ou PLUi (besoins en équipements,
identification des espaces à enjeux/tensions sur
le foncier…).
• Porter ou favoriser l’implantation d’outils
d’abattage, de transformation et de commer-
cialisation des viandes ou produits dérives de
l’élevage.
• Prendre en compte le lien entre Défense Fo-
restière Contre les Incendie (DFCI) et activités
pastorale dans le cadre des plans de massif de
défense contre les incendies.
Les départements s’engagent à :
• Participer au développement des équipe-
ments pastoraux.
• Soutenir le déploiement des équipements
pastoraux et de Plans d’Orientation Pastoraux
Intercommunaux (POPI).
La Région s’engage à :
• Soutenir la réalisation de diagnostics et de
Plans d’Orientation Pastoraux Intercommunaux
(POPI).
• Soutenir les initiatives culturelles et touris-
tiques de mise en valeur du pastoralisme.
L’État s’engage à :
• Mettre à disposition du syndicat mixte du
Parc les données communicables relatives à l’ac-
tivité pastorale et à l’évolution de l’espèce Loup
sur son territoire.
• Informer le syndicat mixte du Parc sur les
actions du Plan National d’Actions sur le Loup
et les activités d’élevage, mises en œuvre dans
le cadre du comité départemental Loup.
• Soutenir les acteurs du pastoralisme dans
l'adaptation de leur activité à la prédation et
sensibiliser le grand public à la présence des
chiens de protection.
• Participer à l’adaptation locale des outils
réglementaires favorisant le sylvopastoralisme,
le déploiement d’équipements pastoraux néces-
saire à l’adaptation au changement climatique et
à la prédation.
• Maintenir une stratégie incitative à la contrac-
tualisation de mesures agro-environnementales
et climatique (MAEC) dédiées à la pratique
pastorale en milieu méditerranéen.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise et ses connaissances
en appui à l’action du Parc en matière d’évolution
de la présence du loup ou d’autres prédateurs.
• Conseille le Parc sur des priorités d’actions de
gestion et de préservation/restauration d’ha-
bitats et d’espèces, en lien avec les pratiques
pastorales.
Les partenaires techniques et institutionnels :
L’Office national des forêts :
• S’engage à prendre en compte les activités
pastorales lors de la révision des plans d’aména-
gements des forêts soumises au régime forestier.
• S’appuie sur le sylvopastoralisme dans les
secteurs à enjeux identifié dans le plan du
Parc pour l’entretien des espaces forestiers et
ouverts, dans le respect des objectifs sylvicoles
et de conservation de la biodiversité.
Le Centre d’Études et de Réalisations Pasto-
rales Alpes Méditerranée (CERPAM) :
• Poursuit l’accompagnement auprès des
éleveurs et contribuent à la mise en place d’une
« veille et prospective » sur l’évolution du pasto-
ralisme au sein du territoire du Parc.
• Appuie le Parc dans l’élaboration et l’anima-
tion de la stratégie en faveur du pastoralisme
et contribue aux actions d’information et de
formation des élus et du grand public aux enjeux
du pastoralisme.
INDICATEURS D’ÉVALUATION
Les Chambres d’agriculture :
• Participent à la préservation des espaces
pastoraux.
Le Centre régional de la propriété forestière
(CRPF) :
• S’engage à prendre en compte les activités pas-
torales lors de l’animation et du conseil effectué
auprès des propriétaires forestiers privés du terri-
toire du Parc.
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indicateur
du SRADDET, les sources, l'année de référence de la
valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours de la
Charte et à la fin de la Charte :
• N°87 : Nombre de contrats MAEC pastorales
• N°88 : Surface des MAEC pastorales
engagées
• N°89 : Surface des opérations de
reconquête pastorale (ha)
Vincent Bondil avec son troupeau ©P. Psaltis
262 263 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203910 10
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire
Couverts vegetaux lavandin plateau Valensole ©D. VERNET
OBJECTIFS DE LA MESURE
L’agriculture est une activité de plus en plus sous
contraintes et sous pression. Les attentes de la société
vis-à-vis des modes production plus respectueux de la
santé et de l’environnement, les normes et règles de plus
en plus nombreuses, des aléas naturels qui se cumulent et
la rentabilité attendue des investissements mettent une
charge de plus en plus lourde sur le métier et la conduite
des exploitations.
Cependant, de plus en plus d’agriculteurs sont conscients
des limites de leur système productif et parfois de
l’épuisement de leur outil de travail qui est la terre.
Nombreux sont motivés ou déjà engagés dans l’idée de
faire évoluer leurs pratiques et mettre en œuvre une
transition vers des principes agroécologiques.
Cette mesure repose notamment sur un travail
technique collectif important de tous les acteurs
agricoles pour aider les agriculteurs à relever le
défi de la nécessaire adaptation et de la transition
agricole attendue. Toutes les dimensions doivent
être prises en compte : l’économie agricole,
l’environnement et les paysages, les attentes et
les impacts sociaux.
L’activité agricole et ses acteurs font partie
du socle vivant de notre Parc naturel régional.
Ils doivent être au centre des préoccupations
techniques et politiques afin de réussir les
ambitions de la charte.
Les objectifs sont donc de :
• Poursuivre et accélérer la transition agroéco-
logique avec les agriculteurs et les partenaires
techniques.
• Ne plus opposer développement agricole et pré-
servation de la biodiversité.
• Redonner une place aux écosystèmes dans
les activités agricoles.
MESURE 10.3
Accompagner l’adaptation des pratiques agricoles face
aux contraintes économiques, aux défis environnementaux
DISPOSITIONS
Cultiver la diversité des agrosystèmes
• Accompagner les agriculteurs « acteurs de la transition vers des agrosystèmes plus durables », mobiliser de l’expertise et expérimenter des solutions de « plein champ » (ex : couverts per- manents, apports de matières organiques...) en prenant en compte les modèles économiques des exploitations.
• Diversifier les paysages agricoles afin de créer ou rétablir des mosaïques (diversité de cultures qui côtoient des éléments naturels comme les haies, etc.) favorables à la biodiversité.
Article L335-1 du Code de
l’Environnement :
« Les parcs nationaux et les parcs naturels
régionaux peuvent, avec l'accord unanime des
exploitants agricoles concernés, exclure la
culture d'organismes génétiquement modifiés
sur tout ou partie de leur territoire, sous réserve
que cette possibilité soit prévue par leur charte ».
DÉFINITION
264 265 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
• Identifier et valoriser les services rendus par
les écosystèmes (pollinisation, protection natu-
relle des cultures…).
• Reconnaître et renforcer le rôle de l'agricul-
ture dans la trame verte et bleue, conserver et
implanter des infrastructures agroécologiques
(haies, arbres isolés, mares…).
• Accompagner les filières identitaires ancrées
dans le territoire comme l’apiculture, l’oléicul-
ture, la lavandiculture… dans la recherche de
solutions face au changement climatique et aux
pressions sur leurs activités.
• Mettre en œuvre, dans le cadre de l’article
L. 335-1 du Code de l’Environnement, et sur la
base de l’engagement volontaire et collectif
après accord des exploitants agricoles concernés, des « aires sans OGM » (sous partie du territoire du Parc) où la culture d’OGM est exclue.
Promouvoir le développement des pratiques agro-écologiques centrées sur le sol et la matière organique
• Développer les pratiques de couverts végétaux permanents, temporaires et intermédiaires et la réduc- tion du travail du sol (non-labour).
• Réintroduire des systèmes de rotations avec des cultures adaptées et ouvrant vers de nouvelles filières de commercialisation (légumineuses…).
• Réduire significativement l’usage des intrants chimiques, notamment des produits phytophar- maceutiques, et optimiser leur efficience (agriculture de précision), favoriser les amendements organiques notamment issus de l’élevage.
• Augmenter la séquestration de carbone dans les sols agricoles et faire reconnaître cette fonction comme participant à la lutte contre le changement climatique.
• Développer l’agroforesterie, redonner une place à l’arbre dans les systèmes d’exploitation (haies, prés-vergers, cultures intercalées (agroforesterie intra-parcellaire) …).
• Promouvoir l’agriculture biologique, la marque Valeurs Parcs naturels régionaux et d’autres cer- tifications environnementales, afin de préserver et d’améliorer la qualité des sols et celle des eaux souterraines.
• Rester en alerte sur l’introduction dans le territoire des cultures génétiquement modifiées tout en analysant les avantages et les inconvénients des autres biotechnologies d’intérêt agricole.
Adapter les cultures et les pratiques au changement climatique
• Observer collectivement les changements (observatoires participatifs, inventaires, études), ex- périmenter et encadrer le développement des cultures et des pratiques plus résilientes face aux dérèglements climatiques et leurs effets induits (sécheresses récurrentes, fortes chaleurs, gels, épisodes pluvieux méditerranéens, ravageurs et maladies…).
• Promouvoir le rôle de stockage du carbone des sols.
• Adapter les infrastructures existantes d’accès à l’eau pour développer des usages économes de la ressource en eau.
• Veiller à ce que les nouvelles infrastructures (réseaux d’irrigation, stockage…) économisent la res- source en eau, soient correctement intégrées dans le paysage et préservent la biodiversité.
• Promouvoir des pratiques d’irrigation résilientes.
• Réduire la dépendance aux énergies fossiles des exploitations, et développer l’usage des énergies renou- velables dans le respect des paysages.
• Valoriser les résidus et effluents utilisables dans la production.10 10
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire
MESURE 10.3 Accompagner l’adaptation des pratiques agricoles face aux contraintes économiques, aux défis environnementaux
• Met en place des outils fonciers et contrac-
tuels favorables à la pérennisation des pratiques
agroécologiques (Obligations réelles environne-
mentales, baux ruraux environnementaux...).
La Société du Canal de Provence (SCP) :
• Entretient et adapte les réseaux d’irrigation
en fonction des enjeux, dans un objectif de
maintien de l’activité agricole et de la diversifi-
cation des cultures.
• Participe à l’accompagnement des porteurs
de projet en agriculture via ses compétences en
matière d’hydraulique.
• Apporte un soutien technique au Parc et aux
collectivités partenaires dans le cadre de ses
compétences en matière de génie agronomique
et d’irrigation économe.
L’Agence de l’eau Rhône Méditerranée :
• Cofinance via les fonds européens les MAEC,
ainsi que la modernisation et l’adaptation de l’ir-
rigation au changement climatique.
Les associations, groupements et relais locaux :
Agrilinc : association pour une agriculture
locale, innovante et collective, qui porte le GIEE
Essen’sol.
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indicateur
du SRADDET, les sources, l'année de référence de
la valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours
de la Charte et à la fin de la Charte :
• N°90 : Nombre de vergers conservatoires
• N°91 : Nombre de plants de variétés tradition-
nelles diffusées
• N°92 : Nombre de contrats MAEC biodiversité
• N° 93 : Surfaces engagées en MAEC biodiversité
• N°94 : Part de l’agriculture biologique dans la
surface agricole totale (%)
• N°95 : Taux de matière organique des sols
dans 30 parcelles de référence
• N° 96 : Nombre de communes du Parc clas-
sées en zone vulnérable nitrate
• N°97 : Linéaires de haies diversifiées im-
plantés (en km)
• Financer la modernisation des exploitations
agricoles en vue de leur adaptation aux diffé-
rents défis.
L’État s’engage à :
• Contribuer et soutenir, à travers les différents
programmes nationaux, les mesures agro-envi-
ronnementales et climatiques dans le cadre d’un
programme territorialisé animé par le Parc.
• Favoriser la transition agro-écologique
des exploitations agricoles en soutenant les
démarches de réduction des intrants.
• L’Etat s’engage à travers le Plan Stratégique
National 2023-2027 :
à ce que 18 % des surfaces soient converties
à l’agriculture biologique en 2027. Il soutient la
conversion à l’agriculture biologique et le main-
tien en agriculteur biologique via l’écorégime
(paiement direct de l’agriculteur pour l’accom-
pagner dans sa transition).
à encourager la mise en place d’infrastruc-
tures agroécologiques (haies, mares…) via
l’écorégime.
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le Conseil scientifique du Parc :
• Apporte son expertise et ses connaissances
en appui à l’action du Parc en matière d’agroéco-
logie et de vie des sols.
• Conseille le Parc sur des priorités d’actions
de gestion et de préservation/restauration d’ha-
bitats et d’espèces, en lien avec les pratiques
agricoles.
La chaire d’entreprise Agrosys :
• Accompagne le Parc et ses partenaires dans
la compréhension et la recherche de solutions
agronomiques face aux enjeux agricoles identi-
fiés dans la Charte.
Les partenaires techniques et institutionnels :
Les Chambres d’agriculture :
• Accompagnent les irrigants vers des usages
responsables de la ressource en eau.
La Société d'aménagement foncier et d'éta-
blissement rural (SAFER) de Provence Alpes
Côte d’Azur :
• Mobilise et encourage ses attributaires (agri-
culteurs) dans le cadre de la mise en œuvre de
pratiques agroécologiques (ex. agroforesterie,
zones humides...).
INDICATEURS D’ÉVALUATION
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Met en œuvre des moyens technico-éco-
nomiques, des démarches d’animation, de
formation et des expérimentations pour
accompagner les agriculteurs dans le dévelop-
pement de pratiques agroécologiques (qualité
des sols, agroforesterie, infrastructures agroé-
cologiques…).
• Porte des projets agro-environnementaux
et climatiques (PAEC).
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Proposer des clauses d’évolution agroécologiques
de pratiques dans les baux agricoles sur foncier public.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Porter des projets de développement de l’irrigation.
• Valoriser les démarches collectives et les évolutions
de pratiques agricoles vers l’agroécologie.
• Élaborer et porter des stratégies de transition agroé-
cologiques dans le cadre notamment de leur document
de planification (SCOT) ou PCAET.
• Mettre en cohérence les politiques intercommu-
nales au regard des enjeux agricoles (compétences
Eau et environnement, tourisme, développement
économique…).
Les départements s’engagent à :
• Soutenir le développement des équipements
d’irrigation économes en eau en accord avec la
compétence régionale.
La Région s’engage à :
• Soutenir les projets de modernisation, d’optimi-
sation et d’extension des équipements et réseaux
d’irrigation agricole collectifs en cohérence avec
les orientations du SDAGE du bassin Rhône-Mé-
diterranée-Corse.
• Soutenir au travers de ses politiques, les
programmes, projets, actions d’intégration
des pratiques agricoles respectueuses de
l’environnement.
• Accompagner de façon privilégiée le dé-
veloppement de l’agriculture biologique sur le
territoire du Parc.
• S’appuyer sur le Parc pour la mise en œuvre
de mesures de soutien aux pratiques agro-éco-
logiques.
Journée technique Regain sur les sols ©L. Courtil
266 267 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203910 10
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire
Aups Foire aux vins et truffes ©P. Murtas
OBJECTIFS DE LA MESURE
La commercialisation des produits agricoles dans le
Verdon bénéficie d’un atout majeur grâce à la présence
d’une activité touristique forte en saison estivale. Cette
rente territoriale a permis de soutenir la vente directe
et conforte le revenu des exploitations. Cependant
et malgré la présence de marché hebdomadaire à
l’année, la production et la diversification incomplète
ne suffit pas à la satisfaction des besoins à l’année.
Les consommateurs encore volatiles et tournés vers
les bassins de consommation des agglomérations
voisines sont contradictoires dans leur acte d’achat :
recherchant tantôt la qualité, la proximité ou le prix et
la disponibilité.
Des marges de progrès sont donc encore importantes
afin de relier les acteurs de la consommation et de
la production alimentaire. Toutes les initiatives de
l’offre ou de la demande doivent être accompagnées,
suscitées si le territoire veut atteindre des objectifs,
même partiels, d’autonomie alimentaire. À côté
d’une agriculture exportatrice et responsable doit
également exister des agricultures de proximité,
plus nourricières, écologiquement intensives.
C’est une des clés de la résilience territoriale,
ambition prioritaire du projet de territoire.
Les objectifs sont donc de :
• Soutenir la promotion des produits agricoles
adhérents aux valeurs de la charte.
• Promouvoir une agriculture de proximité répon-
dant aux besoins alimentaires locaux et pouvant
prendre la forme d’un ou plusieurs Projets Alimen-
taires Territoriaux.
• Conforter l’autonomie des exploitations et leur
intégration dans les circuits courts
MESURE 10.4
Valoriser les savoir-faire respectueux de la nature et les
produits agricoles répondant aux besoins alimentaires locaux
DISPOSITIONS
Développer et promouvoir la qualité des pratiques et des produits agricoles
• Diversifier l’offre de production et de produits transformés dans un objectif de qualité et de création de plus-value socio-économique pour le territoire.
• Amorcer le développement de filières locales, protéger des productions identitaires, développer des débouchés à l’extérieur et à l’intérieur du territoire, donner de la visibilité à des démarches en- gagées pour la nature.
• Promouvoir les produits du territoire bénéficiant de signes officiels de qualité (AOP, IGP, BIO, label rouge) existants ou à venir, ou de marques territoriales.
• Promouvoir l’élevage extensif.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Valorise les productions issues de l’agriculture
biologique ou de pratiques agroécologiques.
• Anime des démarches de valorisation des
productions agricoles.
• Propose aux agriculteurs la marque « Valeurs
Parc naturel régional du Verdon » pour les
produits agricoles et renforce la communication
autour de cette marque pour valoriser la transforma-
tion locale des produits.
• Organise avec les organismes professionnels et les
établissements de formation agricole, la sensibilisa-
tion et la formation des exploitants agricoles et des
étudiants en agriculture aux enjeux du Parc.
268 269 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
• Accompagner les pratiques engagées pour la nature et une agriculture plus autonome du point de vue des intrants (alimentation animale, matière organique, nitrates, énergie).
• Favoriser le lien producteur/consommateur et plus particulièrement au travers de la vente directe (marchés, vente à la ferme, en points de vente collectif, foires ou évènements…).
• Faire de l’agritourisme et de la restauration gastronomique des vecteurs de la promotion des produits et de l’échange entre les visiteurs et les agriculteurs.
• Sensibiliser et former à l’évolution des pratiques agricoles : faire évoluer le regard porté sur les chan- gements de pratiques agricoles (élus, agriculteurs, habitants, enseignants agricoles, enfants et visiteurs).
• Faire découvrir les métiers de l’agriculture et leur importance dans la gestion du territoire et la vie locale.
Faire le lien entre l’agriculture de proximité, une alimentation de qualité pour tous et la santé des consommateurs
• Diversifier les exploitations vers des productions nourricières de proximité pour compléter l’offre de pro- duits tout au long de l’année et élargir le bol alimentaire: maraichage, petit élevage.
• Participer à la mise en œuvre et la cohérence des projets alimentaires territoriaux des EPCI (ensemble d’actions menées autour de l’alimentation sur un territoire : développement des productions, éducation, lutte contre le gaspillage alimentaire et la précarité alimentaire, accès à une alimentation de qualité…).
• Mettre en œuvre localement les objectifs législatifs sur l’approvisionnement en produits bio et locaux de la restauration scolaire et collective.
• S’appuyer sur et encourager les initiatives locales (AMAP, associations, jardins partagés, magasins de producteurs…) et la ferme pédagogique de Valx pour sensibiliser, former aux enjeux de l’alimentation, à la richesse de nos produits et à leurs usages culinaires, lutter contre la « malbouffe ».
• Promouvoir le « régime méditerranéen » et les avantages des produits locaux dans la prévention et le traitement des problèmes de santé (obésité, maladies cardio-vasculaires …).
• Soutenir et encourager la consommation locale, et l’évolution des habitudes d’achat des habi- tants en valorisant les points de vente et les commerces locaux commercialisant les produits du territoire ou en leur proposant d’identifier les producteurs.
Développer l’autonomie alimentaire du territoire et de ses habitants
• Accompagner le développement de micro-filières fondées sur des productions agricoles issues de la onservation de races ou variétés locales comme les fruits, fruits à coque, viandes, fromages…
• Investir dans des outils de transformation collectifs et de proximité.
• S’appuyer sur le domaine de Valx, la ferme pédagogique et les unités de transformation collective ou à la ferme pour développer la valeur ajoutée des produits agricoles par les professionnels ou ama- teurs (charcuterie, conservation des aliments, plantes aromatiques…).
• Accompagner les dynamiques de jardinage collectives, promouvoir les pratiques de jardinages écologiques et les bonnes pratiques d’autoconsommation.
• Encourager une diversification des métiers agricoles ou liés à l’alimentation durable.
• Diversifier les filières locales de production et de transformation pour relocaliser la consommation alimentaire.10 10
MESURE 10.4 Valoriser les savoir-faire respectueux de la nature et les produits agricoles répondant aux besoins alimentaires locaux
ORIENTATION 10
Accompagner et valoriser une agriculture et un pastoralisme tournés vers l’avenir et respectant les ressources naturelles du territoire
• Accompagne au vu des besoins des acteurs
locaux la mise en place d’outils de transforma-
tion collectifs et de proximité.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Relayer l’information et la sensibilisation
sur l’alimentation et l’agriculture locales auprès
de leurs administrés.
• Mettre à disposition, dans la mesure de leurs
possibilités et des opportunités, du foncier ou des
locaux pour développer des magasins ou ateliers
collectifs de producteurs.
• Favoriser la consommation de produits locaux et
issus de l’agriculture biologique dans les établisse-
ments scolaires communaux.
• Mettre à disposition lorsque cela est possible du foncier
ou des équipements communaux pour appuyer des
dynamiques de jardinage ou de vergers conservatoires.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Porter et animer de projets alimentaires territoriaux.
• Participer à l’organisation de marchés paysans ou de
foires ou d’événements promotionnels.
Les départements s’engagent à :
• Soutenir et cofinancer le développement d’ateliers de
transformation des produits à la ferme et les filières de
qualité (AOP, IGP, agriculture biologique) notamment
au travers de la promotion touristique assurée par
l’agence départementale de développement.
• Accompagner au vu des besoins des acteurs
locaux la mise en place d’outils de transformation
collectifs et de proximité.
• Prioriser l'approvisionnement en produits
locaux et bio ou en agriculture raisonnée des
cantines scolaires des collèges et développer le
lien producteur/restaurateur.
La Région s’engage à :
• Soutenir et valoriser les filières et les produc-
tions agricoles engagées au travers des signes
d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO
et marque Valeurs Parc).
• Participer à la sauvegarde des filières et des
cultures agricoles emblématiques du territoire.
• Accompagner la réalisation de Projets Alimen-
taires Territoriaux.
L’État s’engage à :
• Favoriser l’expérimentation territoriale dans
les secteurs de la transformation et de la com-
mercialisation des produits agricoles.
L’apport des partenaires :
Les partenaires techniques et institutionnels :
Les Chambres d’agriculture :
• Accompagnent les initiatives de diversifica-
tion et de vente en circuits courts.
L’association Bienvenue à la ferme Alpes
Provence :
• Accompagne l’animation et le développement
des marchés paysans du Verdon.
Les villes portes :
• Favorisent le développement de magasins de
producteurs ou coopératives.
• Accueillent les producteurs locaux du Verdon
sur leurs marchés.
L’interparcs ou les réseaux :
L’interparcs Agriculture Région SUD :
• Coordonne la communication et la stratégie
de promotion de la marque Valeurs Parc.
En pièce jointe à la Charte, un document
précise les objectifs, les questions évaluatives
et pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l'année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°98 : Nombre de filières de produits
agricoles accompagnées via la marque
« valeurs Parc »
• N°99 : Nombre de points de vente
collectifs (dont marchés) de produits locaux
INDICATEURS D’ÉVALUATION
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
Point-Sublime 2021 ©Lovely Toilettes
CONTEXTE
Les paysages du Verdon appartiennent à la
catégorie des grands espaces et impressionnent
par leur démesure alternant profondeurs verticales
et vastes horizons. La nature s’exprime par
une diversité étonnante sous l’influence de la
méditerranée et des Alpes toutes proches. Pour
parfaire ce tableau, l’empreinte de l’homme a
largement modelé le paysage offrant en tête
d’affiche les perspectives colorées et parfumées
du plateau de Valensole et une succession de lacs
telles des petites mers intérieures retenant les
eaux du Verdon.
Cette richesse place le Verdon comme un haut
lieu du tourisme mondial. Le périmètre d’étude de
la nouvelle charte du Parc bénéficie de la présence
de sites à forte notoriété qu’il faut savoir gérer
pour en préserver l’écrin. Ainsi, la fréquentation
encore trop resserrée sur la période estivale et la
concentration des flux sur quelques sites phares,
imposent de prendre en main la gestion de
l’accueil des publics sous peine de compromettre
l’intégrité paysagère et patrimoniale fondatrice de
la renommée du Verdon.
Du fait d’une situation à l’écart des pôles de transport
et de mobilité, le mode de découverte privilégie
majoritairement les déplacements en véhicule
motorisé. De cette dépendance aux véhicules
individuels résulte un mode de découvrir orienté
par la quête de points de vue à saisir sans effort
« au pied de la portière, voire en baissant la vitre ».
Ces pratiques s’accompagnent de phénomènes de
saturation ponctuelle et créé des problèmes de
sécurité, de conflits d’usage et parfois d’incivilités
(abandons de déchets, camping sauvage, feux de
camp). Ces situations accentuées par un lot d’aléas
difficilement prévisibles (crise sanitaire, sociétale,
climatique) amènent à envisager et co-construire
un nouveau modèle de développement touristique
basé sur la quête d’équilibre et sur des consciences
éveillées grâce à l’apport et à la diffusion de
connaissance.
Bénéficiant d’un univers naturel propice et diversifié,
ponctué de reliefs et de grandes étendues, l’offre
d’activités touristiques est largement dominée par
les pratiques sportives de nature encadrées ou en
liberté. Eau vive, randonnée aquatique et canyons dans
le cours du Verdon et ses affluents… escalade dans les
Gorges, parapente et vol à voile dans les airs, activités
nautiques sur les lacs… les sites naturels du Verdon
sont un vaste terrain de jeu et de sensations. Evoluant
au contact des milieux naturels, le développement
exponentiel de ces activités, parfois éclairées par des
événements sportifs de grande ampleur, nécessite
de préciser les points d’équilibre pour prévenir les
atteintes tout en considérant leurs apports so-
cio-économiques.
En complément se développe une offre de
mobilité douce, apte à proposer des alternatives
pour se déplacer et découvrir. Bien répartis
sur l’ensemble du territoire, les sentiers de
randonnée occupent une place de choix, avec
des circuits emblématiques comme le sentier
Blanc-Martel et plus récemment le sentier du
garde canal dans les basses gorges du Verdon.
La randonnée se décline désormais en parcours
d’itinérance proposant un mode de découverte
et de séjours au rythme de la marche. Le VTT et le
tourisme à vélo complètent le potentiel de mobilité
douce et diversifient le réseau d’itinérance grâce à
l’appui d’une animation dédiée.
Quant aux sites de visite, ils se sont multipliés depuis
la création du Parc et sont également bien répartis
sur le territoire. L’offre culturelle assure une vraie
diversité d’événements tout au long de l’année, sur
tout le territoire.
270 271 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203911 11
En matière d’organisation et de développement
touristique, l’action du Parc s’inscrit dans une relation
complémentaire en privilégiant la concertation et
en intégrant la diversité des usages. La conduite
des projets intègre les cadres de compétences
et associe étroitement les collectivités : agglo-
mérations, intercommunalités et communes
adhérentes et prend en compte les usages so-
cio-économiques portés par les entreprises et les
habitants. Engagé dans une dynamique collective
de destination dépassant le périmètre du Parc et
porté par l’élan de l’écotourisme partagé avec le
réseau des espaces protégés de Provence-Alpes-
Côte d’Azur, le Parc doit trouver sa place dans
l'organisation et auprès des compétences touris-
tiques et justifier sa plus-value.
STRATÉGIE
L’intention générale de la Charte se place dans la
recherche d’équilibres et dans la réduction des faits et
situations pouvant entrer en contradiction : entre déve-
loppement de l’économie locale et maîtrise des atteintes à
l’environnement, valeurs de l’offre ou réponse permanente
à la demande, échelle locale et contexte global, intérêt
général et besoins particuliers, touristes et excursion-
nistes, coûts de gestion et retombées économiques… Du
fait de l’intensité ponctuelle de la fréquentation touristique,
certains sites naturels du Verdon souffrent de dégradations
qui déprécient leur notoriété appelant une urgence à agir.
Depuis 2014, une régie d’aménagement et de gestion
adossée au syndicat mixte du Parc accompagne les collecti-
vités territoriales pour assurer une meilleure gestion de ces
sites. Grâce à cet outil le Parc est désormais en capacité
d’assurer des opérations d’aménagement en maitrise
d’ouvrage ou en assistance à maitrise d’ouvrage pour le
compte de collectivités adhérentes.
Parmi-celles-ci les opérations de requalification des sites
des Gorges du Verdon conditionnent l’obtention du label
Grand Site de France et par leurs modes de réalisation
et de gestion auront valeur d’exemple pour l’ensemble
des sites attractifs.
Parallèlement, l’opération écogarde - garde ré-
gionale forestière contribue à la sensibilisation du
public aux enjeux et à la fragilité du territoire, et
participe à des opérations visant au respect des
cadres réglementaires.
En complément de cette stratégie visant à renforcer
la qualité de l’accueil, l’orientation envisage de
nouveaux modes de découverte plus en phase
avec les valeurs de l’écotourisme constituant une
promesse à tenir en tant que Parc. Cette offre doit
se construire autour de critères de valeurs et d’en-
gagements portés par la marque « Valeurs Parc »
partagée par le réseau des parcs.
Enfin en matière d’organisation, le Parc n’agit pas
seul en inscrivant ses missions au service de projets
complexes, garant d’une attention bienveillante
à l’égard des ressources du territoire à considérer
comme des biens communs.
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
Fort de ce constat, plusieurs enjeux se
dessinent pour le territoire du Verdon :
• La préservation, requalification et
gestion des sites à forte notoriété
pour préserver leur attractivité et
offrir des modes de découverte
sensibles.
• La vision de la fréquentation à
l’échelle du territoire en optimisant
les solutions de mobilité pour
accéder et se déplacer.
• La cohérence de la politique
d’accueil et d’information des
publics pour transmettre les clés
de compréhension et de découverte
des patrimoines naturels et culturels.
• L’implication des partenaires privés
ainsi que des habitants pour en faire
des ambassadeurs des patrimoines
du Verdon auprès des clientèles
touristiques et les impliquer
activement.
• L’accompagnement des entreprises
touristiques, en s’appuyant
sur la marque Valeurs Parc, vers
les valeurs de l’écotourisme en
encourageant l’éthique des
pratiques et des modes
de consommation.
• La structuration de filières de l’offre
autour de modes de découverte
appropriés à la rencontre du
territoire orientés sur l’itinérance
et l’ensemble des déplacements
doux.
• La construction et mutualisation
des filières de l’offre orientées sur
les valeurs de l’écotourisme en
partageant les projets à l’échelle
de la destination et du réseau
régional des espaces protégés.
• L’équilibre entre le besoin de nature
et le maintien de la biodiversité
en cultivant et diffusant l’effort
de compréhension.
ENJEUX & DÉFIS
RENVOIS VERS LE PLAN DU PARC
Parking relais en lien avec des
services de transport
Service de transport en commun
ligne de car et train
Train des Pignes
Office de tourisme
Polarité touristique
Infrastructures et services de mobilité
Vocation touristique Secteurs à enjeux
Zone de pression de fréquentation et de conflits d’usage
Zone de pression liée à la circulation motorisée
Zone de pression liée aux survols aériens
Zone de forte fréquentation saisonnière
Projet Grand Site de France des gorges du Verdon
Route touristique remarquable
Sentier de grande randonnée
Itinéraire structurant vélo et VTT
Projet de voies cyclables
Eurovelo 8
Itinéraires de découverte
272 273 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURES
Fort de ces objectifs, le Parc développera sa stratégie autour des mesures suivantes :
• Mesure 11.1
Construire une offre d’écotourisme fondée sur la découverte, la rencontre et le respect des territoires
• Mesure 11.2
Poursuivre la construction de la destination « Verdon » et sa promotion pour réussir un tourisme ancré au territoire, engagé dans la gestion de ses ressources et la qualité de vie de ses habitants
• Mesure 11.3
Améliorer l’accueil sur les sites et accompagner l’évolution des métiers du tourisme et des pratiques de loisirs pour atteindre collectivement une juste régulation de la fréquentation11 11
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
• Créer les filières de l’offre autour de modes de
découverte appropriés à la rencontre du territoire
orientés sur l’itinérance et l’ensemble des dépla-
cements doux.
• Diffuser et promouvoir l’offre en veillant aux
messages et à l’image véhiculée en étant parti-
culièrement attentif à la préservation des sites et
des cadres de vie.
Réseau d'itinérance "les Tours du Verdon" © Stefano BLANC - PNR Verdon
Dans cette construction, le Parc du Verdon
bénéficie de la dynamique régionale regroupant les
espaces naturels protégés. Les outils privilégiés
seront la marque Valeurs Parc naturel régional
avec un effet d’entraînement et de mise en réseau
des entreprises engagées. Cette dynamique
collective sera portée par l’accompagnement du
développement de l’offre d’itinérance dans une
optique de diversifier l’attractivité du Verdon vers
une découverte sur les saisons intermédiaires.
Il s’agit de changer les modèles de déplacement
pour opter sur des modes nécessitant certes plus
d’efforts mais affichant une meilleure cohérence
avec la nécessité de servir les enjeux de la
transition écologique.
Les objectifs sont de :
• Définir et mettre en œuvre le rôle du Parc
dans la construction de l’offre et promouvoir
les valeurs de l’écotourisme en s’appuyant sur
la marque Valeurs Parc naturel régional et sur
les actions de réseau (espaces protégés, Comité
régional du tourisme, agence de développement
touristique).
• Accompagner les entreprises touristiques
vers les valeurs de l’écotourisme en encoura-
geant l’éthique des pratiques et des modes de
consommation.
MESURE 11.1
Construire une offre d’écotourisme fondée sur la découverte,
la rencontre et le respect des territoires
OBJECTIFS DE LA MESURE
Les modes de consommation touristique du Verdon sont
en grande partie orientés vers des pratiques et activés
en contact avec la nature. Dans cette relation, il convient
d’éveiller les consciences sur le caractère vivant et fragile
des milieux naturels supports d’activités pour transmettre
au plus grand nombre la capacité à mieux percevoir
l’importance de ces espaces de vie.
C’est en grande partie la voie que doit dessiner le
Parc pour entraîner les partenaires touristiques et les
clientèles vers une nouvelle relation au territoire et
engager les visiteurs de passage à passer de l’autre
côté de la carte postale. Cette trajectoire oriente
vers les valeurs de l’écotourisme Elle incite à la
valorisation des ressources patrimoniales naturelles
et culturelles tout et favorise leur préservation, en
s’appuyant sur la diffusion des connaissances.
L’écotourisme doit aussi consacrer une nouvelle
relation aux habitants qui sont à la fois impliqués
dans l’accueil et prescripteurs de l’offre mais qui
pourront également bénéficier des équipements
et services mis en place à à destination de l'offre
touristique.
Bien plus qu’une simple notion ou un effet de
mode, l’écotourisme doit se révéler comme une
voie exemplaire et innovante. Il prendra corps
autour de nouveaux modes de découverte,
privilégiant une relation douce et réclamant le
temps nécessaire pour vivre le territoire. Riche
de diversité à l’image de la mosaïque paysagère
du Verdon, cette offre s’ancre sur des valeurs et
favorise la rencontre et l’immersion.
• Agir pour favoriser un rapport apaisé entre le
besoin de nature et le maintien de la biodiversité en
cultivant et diffusant l’effort de compréhension.
• Renforcer et animer le réseau des entreprises
engagées.
• Garantir les retombées économiques de l'engage-
ment vers l'écotourisme.
DISPOSITIONS
Qualifier l’offre de découverte autour de la marque Valeurs Parc naturel régional, signe distinctif de l’engagement en faveur de l’écotourisme dans le Verdon
• Définir et partager les valeurs de l’écotourisme autour des critères de la marque Valeurs Parc.
• Afin de rendre la marque Valeurs Parc lisible et crédible : conforter et élargir le nombre de prestataires hébergeurs, activités accompagnées, productions agricoles et déploiement de nouveaux référentiels sur les sites de visite, les restaurateurs, l’artisanat d’art.
• Organiser la gouvernance partagée de la marque autour d’un comité de gestion collégial.
• Engager le réseau des entreprises marquées dans des démarches de formation favorisant leur ancrage territorial et leur capacité à transmettre collectivement leur attachement au territoire et leur connaissance sur les patrimoines.
• En mettant à profit les savoir-faire des missions du Parc, accompagner les professionnels dans des plans de progression de leur activité pour garantir une offre simple et sincère partagée entre nature et culture.
• Impliquer l’ensemble des formules d’hébergements et particulièrement les hébergements bénéficiaires de la marque dans la création d’une offre de séjour adaptée à la découverte douce et apaisée dans des rythmes adaptés.
• Au travers de la marque Valeurs Parc, définir un modèle d’intégration des campings et être globalement attentif à l’évolution de l’offre de l’hôtellerie de plein-air constituant une capacité d’accueil touristique de premier ordre mais posant des questions de consommation d’espaces sensibles et d’impacts.
• Faire rayonner la marque au sein de la destination touristique Verdon et auprès des réseaux partenaires pour générer un effet d’entrainement.
• Participer aux réseaux régionaux et nationaux autour de la marque.
Sortie labélisée Valeurs Parc ©D. Bruschi - PNR Verdon
274 275 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203911 11
• Soutenir les événementiels dans leurs engagements vers l’écoresponsabilité en privilégiant l’ac- compagnement des programmations culturelles et sportives se déroulant sur les saisons touristiques moins fréquentés.
• Anticiper et organiser la demande de proximité autour d’une offre adaptée qui soit aussi au bénéfice des habitants.
• Organiser l’accueil de tous les publics pour garantir une offre accessible socialement et bienveillante à l’égard des personnes touchées par le handicap notamment ainsi que des jeunes ou des familles.
• Porter attention à l’attractivité internationale du Verdon en veillant à traduire et diffuser les informa- tions et les contenus sur les patrimoines de manière à intégrer les clientèles étrangères dans les objectifs de préservation.
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
MESURE 11.1 Construire une offre d’écotourisme fondée sur la découverte, la rencontre et le respect des territoires
Afin d’associer les territoires et les entreprises engagés, miser sur la construction d’un réseau d’itinérance et une offre multi-pratique originale, valorisant de façon douce et sans impact, la diversité des milieux naturels du Verdon et les patrimoines liés à l’activité humaine.
• Développer le réseau d’itinérance autour des mobilités douces.
• Poursuivre le développement du réseau d’itinérance pédestre et à vélo en lien avec les réseaux partenaires et en prenant en compte les compétences des collectivités concernées : création d’itinéraires, animation du réseau, mise en tourisme, enrichissement des séjours autour de contenus patrimoniaux.
• Connecter les itinéraires à pied ou à vélo avec les grandes itinérances traversant ou à proxi- mité : la Routo GR 69, GR 4 et GR 49, GR 99 route Napoléon, EV 8, connexion avec la Maralpine (itinéraire Préalpes d’Azur).
• En lien avec les missions en charge de l’inventaire des ressources patrimoniales, révéler au fil des itinéraires l’esprit des lieux en révélant les points d’intérêts patrimoniaux.
• Développer la culture de l’accueil des clientèles en itinérance en offrant des services adaptés et en accompagnant les porteurs de projet sur les offres d’hébergement et de service adaptés.
• En cohérence avec le réseau d’itinérance consolider les moyens d’accès au territoire et le maillage de dessertes et de déplacement en transport en commun.
• Faire de l’offre d’itinérance une alternative crédible vis-à-vis des prestataires. Prouver sa capacité à être génératrice d’économie et de développement local sur une large période et particulièrement au prin- temps et à l’automne permettant la mise en réseau des partenaires et des territoires.
• Poursuivre la promotion de l’offre d’itinérance autour d’outils numériques innovants (Cheminsdes- parcs.fr) afin de faciliter l’organisation des séjours en mobilité douce en diffusant les informations sur les parcours, les services et les points d’intérêts. Impliquer les partenaires dont les offices de tourisme dans la production de médias enrichis en contenus.
Animer les acteurs du tourisme pour « dénicher » et construire des produits écotouristiques diversifiés valorisant les ressources du territoire, permettant d’élargir les saisons et de diffuser la fréquentation à l’échelle du territoire
• Passer de la promotion de prestations individuelles à la construction d’une offre mutualisée et diver- sifiée combinant la mise en réseau des prestataires engagés (Valeurs Parc) et les modes de découverte favorables à l’immersion et à la rencontre en lien avec le plan de valorisation des patrimoines.
• Construire et partager le processus d’animation de l’offre en réunissant les partenaires (destina- tion Verdon, filière écotourisme) autour d’une instance de gouvernance partageant la gestion des réseaux et leur valorisation (comité d’itinérance).
• Décloisonner l’offre touristique pour faire du tourisme un levier pour les savoir-faire et produc- tions agricoles et artisanales du Verdon, vecteur de valorisation des ressources locales et porteur de sens, de santé et de bien-être autour d’expériences vécues.
• Bâtir une offre permettant un enrichissement personnel autour de l’apprentissage et la trans- mission des savoir-faire locaux basé sur une mise en réseau des différents métiers pour favoriser les dynamiques hors-saison et hors-circuit.
• Innover dans la créativité de l’offre en lien avec le positionnement partagé à l’échelle nationale par le réseau des Parcs naturels régionaux pour transmettre aux clientèles touristiques l’art de vivre du Verdon dans toutes les dimensions de sa ruralité (environnement, patrimoine, paysage, art d’habiter).
• Enrichir les contenus de l’offre touristique afin de diffuser les connaissances sur le territoire et ses évolutions en mettant à profit l’ensemble des missions du Parc dont celles liées aux pa- trimoines naturels, à la culture et à la diffusion des connaissances afin de susciter à travers les modes de découverte, l’éveil des consciences permettant d’agir pour préserver les ressources patrimoniales.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Anime et développe la marque Valeurs Parc.
• Équilibre et met en réseau l’offre qualifiée.
• Accompagne/soutien le développement de
l’offre d’itinérance (randonnée pédestre et vélo).
• Met au service de l’écotourisme l’ensemble
des missions du Parc pour privilégier la valeur
de l’offre et la richesse des contenus ainsi que
l’accompagnement des entreprises vers une
gestion écoresponsable.
• Anime la commission écotourisme et gestion
des sites fréquentés pour fédérer les partenaires
publics et privés rendre compte et mobiliser.
• Recense et partage les bonnes pratiques et
propose un programme de formations.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Contribuer au développement de l’offre
d’itinérance, en implantant les équipements et
services nécessaires.
• Assurer l’entretien des chemins ruraux
relevant de leurs compétences.
• Soigner la qualité de l’accueil autour des
valeurs de l’écotourisme en intervenant avec
cohérence sur les cadres de vie de l’espace
public et les services : espaces verts, signalé-
tiques, équipements, soutien aux commerces
valorisant les productions locales.
• Communiquer sur les actions touristiques
coordonnées par le Parc afin d’entrainer les
habitants à devenir ambassadeurs et prescrip-
teurs de l’offre d’écotourisme.
• S’investir dans la programmation d’événe-
mentiels.
• Soutenir le commerce de proximité qui
participe à la valorisation et à la commercialisa-
tion des produits du terroir.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Soutenir la création d’itinéraires de mobilité douce
au travers des compétences sentiers ou voirie pour ce
qui concerne les pratiques à vélo.
• Contribuer à la gestion dans le temps des réseaux
d’itinérance dans le cadre des compétences.
• Dédier dans les espaces d’accueil touristique
par l’intermédiaire des Offices de Tourisme
Intercommunaux, des emplacements réservés
à la communication sur l’offre Parc et assurer la
promotion de l’écotourisme sur les différents
supports publiés (éditions, sites Internet,
réseaux sociaux).
• Contribuer à la production et à la mise en
marché de l’offre d’écotourisme via les offices
de tourisme intercommunaux.
• Participer à l’observatoire du tourisme
afin d’évaluer les retombées de l’offre
d’écotourisme et de mesurer le retour des
clientèles et contribuer à l’observation des flux
via les offices de tourisme intercommunaux
• Penser dans les documents d’urbanisme
(SCOT et PLUI) l’organisation des modes de
découverte privilégiant les réseaux d’itinérance
et les mobilités douces (voie verte, itinéraires
cyclables partagés)
Les départements s’engagent à :
• Élaborer / réactualiser leur schéma de dévelop-
pement touristique départemental en associant
le Parc dans l’organisation de l’offre d’écotourisme
sur le territoire du Verdon.
• Associer le syndicat mixte et ses partenaires
dans l’élaboration et la mise en œuvre des schémas
départementaux vélo pour une cohérence d’en-
semble dans les parcours et la mise en tourisme de
l’offre.
• Accompagner le développement des itinérances
pédestres dans le cadre du Plan départemental des
Itinéraires de promenade et de randonnée (PDIPR) en
mettant à disposition des projets, les compétences
techniques permettant de définir les tracés, d’évaluer
les travaux et de coordonner les partenariats (inter-
276 277 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203911 11
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
MESURE 11.1 Construire une offre d’écotourisme fondée sur la découverte, la rencontre et le respect des territoires
communalités concernées, instances de la Fédé-
ration française de randonnée pédestre (FFRP).
• Participer aux objectifs de promotion de
l'offre d'écotourisme en cohérence avec les
dynamiques impulsées à l'échelle de la des-
tination Verdon et de la filière régionale éco-
tourisme, et coordonner la destination Verdon
en assurant le pilotage de la démarche par le
biais des Agences de développement 04 et
83 en partenariat avec l'ensemble des acteurs
touristiques concernés par la destination.
• Contribuer à la structuration de l’offre via
leur schéma de développement touristique.
• Animer le système d’information touristique
via leurs agences de développement touristique
et soutenir les missions d’observation touristique.
• Apporter les contenus historiques et scienti-
fiques pour enrichir la relation au territoire par le biais
des Archives départementales et des missions de
recherche, de médiation et d'interprétation portées
par les services départementaux (archéologie, Réserve
géologique de Haute-Provence, espaces naturels
sensibles... cf. projet de l'Aventure Géologique).
La Région s’engage à :
• Intégrer des critères obligatoires d’écoresponsabilité
dans le cadre du soutien aux événements dont les mani-
festations de sport de nature.
• Porter et mutualiser les engagements en faveur de
l’écotourisme au travers de la filière réunissant le réseau
des espaces protégés.
• Maintenir le soutien au réseau tourisme des parcs
naturels régionaux pour pérenniser les moyens d’ani-
mation et les objectifs de qualification portée par la
marque Valeurs Parc.
• Soutenir le tourisme d’itinérance via le schéma
régional des véloroutes et voies vertes sur ses volets
aménagement et promotion.
• Rechercher l’adaptation du schéma régional
des véloroutes et voies vertes pour implanter
les services et aménagements nécessaires aux
cyclistes (ex intégration des itinéraires structu-
rants) afin d’en faire une alternative en matière
de déplacement.
• Apporter son soutien à la formation des
entreprises et des aides à l’amélioration des
pratiques écoresponsables
• Soutenir l’éco-responsabilité des manifesta-
tions sportives pour celles se déroulant sur le
territoire du Parc et bénéficiant d’un finance-
ment Région.
L’État s’engage à :
• Soutenir les initiatives en intégrant l’écotou-
risme comme une filière prioritaire pour l’attrac-
tivité de la Destination France, en lien avec les
EPCI, les Offices du tourisme et la Région.
• Apporter un soutien financier via des pro-
grammes d’accompagnement pour permettre
d’orienter les investissements des entreprises
dans la mise en œuvre des plans de progres-
sion vers une gestion écoresponsable (cf. fond
tourisme durable en lien avec le plan de relance).
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le conseil scientifique du Parc :
• Aide à identifier et transmettre les contenus
permettant de mieux comprendre les res-
sources patrimoniales du Verdon. Mise en ap-
plication dans le cadre des formations à l’atten-
tion des marqués.
Les partenaires techniques et institutionnels :
Chambre de commerce et d’industrie territo-
riale des Alpes-de-Haute-Provence et du Var :
• Assurent le suivi des entreprises, de leur création,
à leur développement et à leur transmission.
• S’engagent également sur les dispositifs en
faveur de la gestion écoresponsable et sou-
tiennent des réseaux partenaires valorisant les
circuits courts ainsi que les modes de découverte
ancrés localement comme le réseau Bistrots de
pays.
Chambre d’agriculture des Alpes-de-Haute-
Provence et du Var :
• Anime la diversification des activités autour
de l’agritourisme en développant les réseaux
« Bienvenue à la ferme » en identifiant dans ce
réseau les entreprises pouvant être qualifiées
sur les valeurs de l’écotourisme. Participation à
la valorisation des productions locales.
Chambre de métiers et d’artisanat des Alpes-
de-Haute-Provence et du Var :
• Contribue à la création d’itinéraires valori-
sant les savoir-faire locaux : route des métiers
d’art avec les entreprises du patrimoine vivant,
routes gourmandes. Participent aux référentiels
de la marque sur les savoir-faire artisanaux.
Comité régional du tourisme :
• Appuie la structuration, la promotion et la
mise en marché de l’offre d’écotourisme dans
le cadre du contrat de filière en faveur de l’éco-
tourisme.
Agences de développement touristique des
Alpes-de-Haute-Provence et du Var :
• Appuient la structuration, la promotion et
la mise en marché de l’offre d’écotourisme,
pilotage et orientation des objectifs de la desti-
nation Verdon.
Offices de tourisme de la destination Verdon :
• Soutiennent et valorisent le positionnement
écotourisme de la destination en relation avec
les espaces protégés inscrits dans le périmètre.
• Soutiennent à la production et mise en
marché de séjours écotourisme.
• Participent à identifier l’offre et à accompa-
gner les entreprises vers les démarches d’éco-
tourisme.
• Contribuent au développement de la marque
Valeurs Parc en étant associés aux phases
d’audit et aux étapes d’accompagnement sur
la durée de l’engagement et à la promotion de
l’offre marquée.
Agence Régionale pour la Biodiversité et
l’Environnement - Réseau régional des
Espaces Naturels (ARBE - RREN) :
• Promeut l’offre d’écotourisme sur les
supports de promotion comme les « Chemins
de la biodiversité ».
• Appuie aux démarches de gestion écorespon-
sables
Les associations, groupements et relais locaux :
Fédération française de randonnée pédestre
(FFRP ) - Comités départementaux de
randonnée pédestre :
• Accompagnent la création du réseau d’itiné-
rance et contribue à la qualification de l’offre via
le label GR et GR de Pays.
• Soutiennent l’entretien du réseau d’itiné-
rance et contribue à l’animation du PDIPR en
lien avec les départements et les collectivités
compétentes.
Vélo Loisir Provence :
• Accompagne la création du réseau d’itiné-
rance à vélo,
• Anime le réseau d’entreprises autour de la
marque accueil vélo,
• Assure la promotion de l’offre.
Entreprises bénéficiaires de la marque Valeurs
Parc naturel régional :
• S’engagent à répondre/respecter aux valeurs
de la marque dans ses dimensions humaines,
territoriales et dans le respect des écosys-
tèmes et de la biodiversité.
Ligue de protection des oiseaux, France nature
environnement :
• Apportent des contenus naturalistes et scien-
tifiques pour mieux évaluer les pressions et
adopter les bonnes pratiques.
L’interparcs ou les réseaux :
Réseau interparcs Région Sud et partenaires de
la filière écotourisme dont Parcs nationaux :
• Définissent l’offre d’itinérance dans les espaces
protégés, mise en tourisme et promotion de l’offre.
• Évaluent les retombées et l’évolution de l’offre en
prenant appui sur les bonnes pratiques et réussites.
• Développent les filières de l’écotourisme : astro-
tourisme, observations faune, flore, artisanats et sa-
voir-faire.
Réseau régional des espaces protégés dont Parcs
nationaux (Mercantour en lien avec la destination) :
• Enrichissent l’offre d’écotourisme et échange de
bonnes pratiques en partageant les démarches de
qualification (Valeurs Parc et Esprit Parc).
Canoës basses gorges ©S. Blanc - PNR Verdon
En pièce jointe à la Charte, un document
précise les objectifs, les questions
évaluatives et pour chaque indicateur s’il
est également un indicateur du SRADDET,
les sources, l'année de référence de
la valeur initiale et les valeurs cibles à
mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°100 : Nombre d’entreprises
engagées dans la Marque Parc
• N°101 : Nombre de sentiers de
randonnées crées - GR de Pays
• N°102 : Linéaires d’itinéraires vélo créés
voies propres ou partagées
• N°111 Évolution des créations
d'entreprises du tourisme
• N°112 Evolution de la collecte de la taxe
de séjour
278 279 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
INDICATEURS D’ÉVALUATION11 11
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
Les enjeux concernant l’organisation touristique
de la destination Verdon doivent considérer la
place du Parc comme garant du positionne-
ment écotourisme autour d’une offre porteuse
de valeurs et d’une attention exemplaire pour
préserver les sites à forte notoriété, sensibiliser
les clientèles et réguler les flux dans le temps et
dans l’espace.
Les objectifs sont de :
• Participer activement à la construction et
la mise en œuvre de la destination Verdon
« des sources à la confluence » ;
• Définir et activer la solidarité pour partager les
enjeux de préservation des sites à forte notoriété
dont le Parc se porte garant ;
• Construire un positionnement appuyé par une
communication responsable pour organiser
et promouvoir la découverte respectueuse du
Verdon ;
• Construire et mutualiser des filières de l’offre
orientées sur les valeurs de l’écotourisme en
partageant les projets à l’échelle de la destination
et du réseau régional des espaces protégés ;
• Intégrer les attentes et avis des habitants et
des socio-professionnels dans les orientations
touristiques et les instances de gouvernance.
©D. Bruschi
OBJECTIFS DE LA MESURE
Le Parc est directement investi dans la création et la
promotion de l’offre touristique autour de démarches
ciblées, comme la marque Valeurs Parc et les filières
de l’écotourisme. Il intervient sur la question des sites
fréquentés et partage, dans un effort constant de
concertation, des solutions d’aménagement et de gestion
pour préserver et valoriser les aménités du Verdon. Dans
ses engagements, le principe qui conduit l’action du Parc
est de rassembler, d’impliquer largement les partenaires.
Ainsi, l’action touristique du Parc s’inscrit dans la
cohérence des compétences portées par les collecti-
vités locales dont principalement les agglomérations
et intercommunalités ainsi que les communes ayant
le statut de station touristique. Ces compétences ont
récemment évolué dans le cadre des réformes territo-
riales de 2014 à 2017.
Avec l’évolution de cette organisation des compé-
tences, correspond l’émergence d’une dynamique
collective pour construire une destination tou-
ristique Verdon coordonnée à une échelle large
dépassant le périmètre du Parc. C’est une ambition
ancienne qui a connu des expériences réussies et
des échecs. À cela, s’ajoute des partenariats établis
avec les villes de Draguignan et de Digne-les-Bains
sur le principe de convention attribuant le statut
de ville porte du Parc.
DISPOSITIONS
Co-construire la destination Verdon « des sources à la confluence » pour garantir aux côtés des espaces protégés un positionnement écotourisme sincère partagé et assumé collectivement.
• Dépasser les limites administratives et le jeu des compétences territoriales pour bâtir une organi- sation touristique coordonnée. Intégrant dans la dynamique les partenaires (la Région Sud, les dépar- tements, les intercommunalités, les Parcs du Mercantour et du Verdon).
• Mettre en place avec les partenaires une gestion équilibrée en dosant les arguments d’attractivité au regard des enjeux de préservation.
• Transmettre les connaissances du territoire grâce à l’expertise des missions du Parc pour enrichir le positionnement de la destination en cultivant ses valeurs écologiques et patrimoniales.
• Donner une priorité aux patrimoines liés à l’eau autour de la rivière Verdon constituant un axe central et structurant de la destination.
• Poursuivre l’objectif d’un tourisme 4 saisons, engager les activités sportives de nature dans des pra- tiques vertueuses et limitées en impact. Faire le lien avec les savoir-faire et les productions du territoire pour valoriser les terroirs du Verdon dans une approche immersive.
• Coordonner les contenus de l’information touristique sur les patrimoines en enrichissant le système d’information touristique régional grâce aux missions du Parc (patrimoines bâtis, paysages, biodiversité).
Définir et activer la solidarité pour assumer collectivement les enjeux de préservation des sites à forte notoriété dont le Parc se porte garant.
• Projeter des modèles économiques équilibrés sur le long terme pour les opérations de requali- fication des sites afin d’assumer collectivement la responsabilité de gestion. Dans cette optique, concrétiser le déploiement et l’animation du fonds de soutien 1 % pour le Verdon visant à mobiliser des contributions volontaires pour agir avec solidarité et sur le long terme à la gestion des sites.
• Poursuivre et faire vivre les conventions de partenariat ville-porte autour d’objectifs et d’ac- tions concrètes permettant de générer des projets mutualisées pour organiser les flux (liaisons pédestres et cyclables, schéma de mobilité).
• Mutualiser des dispositifs de sensibilisation, d’accueil et d’information des publics pour ima- giner l’organisation des parcours en misant sur une approche progressive (équiper les entrées de territoire, orienter les flux en fonction des niveaux de fréquentation).
Coopérer à la dynamique régionale autour de l’écotourisme dans le cadre du réseau des espaces protégés.
• Participer à cette dynamique régionale écotourisme avec les partenaires du réseau des espaces protégés (Parcs naturels régionaux, parcs nationaux, réserves naturelles, Grand Site de France, propriétés du conservatoire du littoral).
• Décliner les axes du contrat de filière écotourisme régional avec en priorité les objectifs de quali- fication de l’offre via la marque Valeurs Parc ainsi que la création d’une offre de séjour permettant de mettre en réseau les entreprises et les territoires.
• Construction des filières de l’offre autour des thématiques de l’écotourisme permettant de vivre l’expérience des parcs.
• Production de contenus pour promouvoir l’offre en lien avec le Comité régional du tourisme.
• Promotion de la marque Valeurs Parc auprès des entreprises et des visiteurs.
280 281 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 11.2
Poursuivre la construction d’une organisation touristique ancrée
au territoire, engagée dans la gestion de ses ressources et la
qualité de vie de ses habitants11 11
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
MESURE 11.2 Poursuivre la construction d’une organisation touristique ancrée au territoire, engagée dans la gestion de ses ressources et la qualité de vie de ses habitants
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Participe aux actions et à la gouvernance de
la destination Verdon en mobilisant les techni-
ciens et les élus dans les instances.
• Participe aux actions et à la dynamique col-
lective de la filière écotourisme régionale.
• Contribue à l’autofinancement des projets
selon les répartitions prévues entre les partenaires.
• Met en cohérence sa stratégie tourisme
durable pour participer à la construction de
la destination Verdon en articulant les actions
au-delà du périmètre du Parc.
• Anime la commission écotourisme et gestion
des sites fréquentés pour une instance ouverte en
capacité à fédérer les partenaires publics et privés.
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Intégrer et contribuer à la dimension destina-
tion Verdon comme périmètre d’organisation et de
promotion touristique.
Les intercommunalités s’engagent à :
• Participer à la destination Verdon en contribuant à
l’ingénierie de projet et en cofinançant le programme
d’actions.
• Mettre en cohérence les stratégies touristiques
et notamment celles impactant les activités
sportives de nature pour viser un développement
en correspondance avec la nature espace protégé
porté par le Parc et s’appuyer sur les Offices de
tourisme intercommunaux pour contribuer aux
plans d’action de la destination.
• Intégrer le périmètre de la destination dans
leur communication touristique quand il s’agit
d’évoquer leur attachement au Verdon en
capitalisant sur sa notoriété.
Les départements s’engagent à :
• Participer aux objectifs de promotion de
l'offre d'écotourisme en cohérence avec les
dynamiques impulsées à l'échelle de la desti-
nation Verdon et de la filière régionale écotou-
risme, et coordonner la destination Verdon en
assurant le pilotage de la démarche par le biais
des Agences de développement 83 en parte-
nariat avec l'ensemble des acteurs touristiques
concernés par la destination.
• Contribuer à la structuration de l’offre via
leur schéma de développement touristique.
• Animer le système d’information touristique
via leurs agences de développement touris-
tique et soutenir les missions d’observation
touristique.
La Région s’engage à :
• Porter et mutualiser les engagements en faveur
de l’écotourisme au travers de la filière réunissant
le réseau des espaces protégés.
• Prolonger le programme « Smart Destination »
(ou équivalent) et cofinancer la mise en œuvre du
plan d’actions en l’inscrivant dans le plan de crois-
sance de l’économie touristique régionale.
• Soutenir la filière écotourisme en l’inscrivant
dans le plan de croissance de l’économie touris-
tique régionale.
L’État s’engage à :
• S’investir sur la protection et la gestion des
sites constituant des biens communs pour la
destination via les services des Préfectures
(arrêtés réglementant les pratiques, cellules de
veille associant les partenaires de la destination).
• Financer les actions dans le cadre des pro-
grammes financiers nationaux ou européens
(ex : espace valléen) concernés par la destination.
• Proposer des contrats cadres de dévelop-
pement adaptés à la ruralité du Verdon pour
soutenir la Destination avec l’appui d’Atout
France.
L’apport des partenaires :
Les partenaires techniques et institutionnels :
Comité régional du tourisme :
• Appuie la structuration, la promotion et la mise
en marché de l’offre d’écotourisme dans le cadre
du contrat de filière en faveur de l’écotourisme.
Agences de développement touristique des
Alpes-de-Haute-Provence et du Var :
• Appuient la structuration, la promotion et
la mise en marché de l’offre d’écotourisme,
pilotage et orientation des objectifs de la desti-
nation Verdon.
Agences de développement des Alpes-de-
Haute-Provence et du Var et offices de
tourisme de la destination Verdon :
• Soutiennent et valorisent le positionnement
écotourisme de la destination en relation avec
les espaces protégés inscrits dans le périmètre.
• Soutiennent à la production et mise en
marché de séjours écotourisme.
• Soutiennent les opérations d’aménagement
et de gestion.
• Contribuent aux actions de sensibilisation et
diffusent les messages.
• Participent à l’accueil et l’information des
publics en participant à des opérations de
terrain.
Offices de tourisme intercommunaux et
stations classées de tourisme :
• Appuient et financent l’animation de la des-
tination.
Les associations, groupements et relais locaux :
Fédération française de randonnée pédestre
(FFRP ) – Comités départementaux de
randonnée pédestre :
• Accompagnent la création du réseau d’itiné-
rance et contribue à la qualification de l’offre via le
label GR et GR de Pays.
• Soutiennent l’entretien du réseau d’itinérance
et contribue à l’animation du PDIPR en lien avec les
départements et les collectivités compétentes.
Vélo Loisir Provence :
• Participe à la gouvernance de la destination au
travers de son réseau d’entreprises engagées dans
l’offre de tourisme à vélo.
L’interparcs ou les réseaux :
Réseau interparcs Région Sud et partenaires de la
filière écotourisme dont Parcs nationaux :
• Définissent l’offre d’itinérance dans les espaces
protégés, mise en tourisme et promotion de l’offre.
• Évaluent les retombées et l’évolution de l’offre en
prenant appui sur les bonnes pratiques et réussites.
• Développent les filières de l’écotourisme : astro-
tourisme, observations faune, flore, artisanats et sa-
voir-faire.
Villes et agglomérations portes d’entrée du Parc :
• Animent la convention de partenariat ville-porte
autour de projets reliant les territoires ainsi que des
événementiels dédiés.
En pièce jointe à la Charte, un document précise
les objectifs, les questions évaluatives et pour
chaque indicateur s’il est également un indicateur
du SRADDET, les sources, l'année de référence de la
valeur initiale et les valeurs cibles à mi-parcours de la
Charte et à la fin de la Charte :
• N°104 : Déploiement des lignes de transport
collectif et offre touristique connexe
• N°105 : Nombre de professionnels des
activités de pleine nature formés aux enjeux
patrimoniaux
• N°109 : Nombre de partenariats
Randonneurs cadieres brandis ©A. Goubely - PNR Verdon
282 283 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
INDICATEURS D’ÉVALUATION11 11
Travaux d'aménagement du Point-Sublime ©Wego Productions
OBJECTIFS DE LA MESURE
Le mot tourisme construit sur le préfixe « tour », traduit
d’abord le besoin essentiel de mouvement, de rencontre et
d’épanouissement personnel propre à chaque individu en
quête de dépaysement. De plus, le fait touristique s’exprime
par une diversité de modes de visite et de séjour allant de
l’excursionnisme de passage à la villégiature de longue
durée. Dans le Verdon, l’expression de la fréquentation
touristique se traduit avec une intensité variable dans le
temps et dans l’espace. Ces nuances dans les pratiques
touristiques s’accordent sur l’attractivité de quelques
sites qui à eux seuls portent la notoriété du Verdon. C’est
le cas des Gorges du Verdon, des espaces lacustres ou
du Plateau de Valensole. Cette concentration des flux
sur les sites emblématiques introduit la question de la
surfréquentation autrement appelée « sur-tourisme »
et pose la problématique des impacts et pression sur
les milieux naturels et les cadres de vie.
Dans un contexte fait d’aléas avec des situations
inédites comme la crise sanitaire du COVID et des
perspectives inquiétantes comme le changement
climatique, l’évolution de la demande devient difficile
à appréhender. Le besoin de nature et d’horizons
spectaculaires font malgré tout du Verdon une
valeur sûre. Cette attractivité nécessite d’engager
des actions visant à garantir une qualité d’accueil
à la hauteur de l’imaginaire véhiculé et espéré.
Ceci impose de requalifier les sites fréquentés
au travers d’opération d’aménagement et
d’engager des plans de gestion concertés autour
d’équipement et de services. Ces objectifs
permettront de préserver les sites tout en les
mettant en lumière en proposant des modes
de découverte adaptés sans oublier d’inciter
à la diffusion des flux à l’échelle du territoire.
Ce rééquilibrage de la fréquentation doit aussi
s’appuyer sur des solutions de mobilité organisées
et moins dépendantes des véhicules individuels.
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
Ces démarches doivent privilégier une vision
globale, à l’échelle du Verdon, pour faire en sorte
que les intentions d’aménagement et de gestion
des sites fréquentés accompagnées d’une
régulation des flux ne génèrent pas de reports sur
des sites jusqu’alors à l’écart des flux touristiques.
L’approche globale sous-entend de définir une mé-
thodologie d’évaluation de la capacité de charge
qui permettent d’agir en adaptant les plans de
gestion à la spécificité de chaque site.
Ces enjeux d’accueil doivent entrainer une
dynamique de solidarité impliquant les terri-
toires du Verdon et les différentes collectivités
concernées. Les prestataires d’activités touris-
tiques qui évoluent sur les milieux naturels doivent
être accompagnés dans leurs pratiques pour être
en mesure de comprendre et transmettre les
risques d’impacts sur les milieux naturels et la bio-
diversité. Enfin, il convient de considérer les usages
locaux concernant plus directement les habitants
dans leurs habitudes de loisirs.
À l’échelle du périmètre du Parc qui est vaste et
diversifié, il sera nécessaire d’avancer par étape
en mutualisant les moyens pour mobiliser le plus
largement possible.
La capacité de charge :
Il s’agit d’un jeu d’équilibre entre l’impor-
tance du tourisme dans l’économie locale
et la régulation de ses impacts tant sociaux,
économiques qu’environnementaux pour
arriver à en faire une ressource durable.
Un objectif (notion de seuil) est fixé col-
lectivement (gestionnaires, propriétaires,
riverains, pratiquants, acteurs écono-
miques, scientifiques…) à partir de plusieurs
critères/valeurs :
DÉFINITION
Capacité
de charge
Seuil
Les objectifs sont de :
• Définir la notion de sites attractifs et partager
leurs enjeux d’aménagement et de gestion en
organisant les maîtrises d’ouvrage autour de gouver-
nances permettant de renforcer la concertation pour
s’assurer de l’appropriation collective dans la conduite
des actions;
• Envisager la fréquentation à l’échelle du territoire en
optimisant les solutions de mobilité pour accéder et se
déplacer.
• Repenser la politique d’accueil et d’information des
publics pour transmettre les clés de compréhension et
de découverte des patrimoines naturels et culturels en
renforçant les missions de sensibilisation et en précisant
le cadre d’intervention des missions de police de l’environ-
nement.
• Toucher les partenaires privés ainsi que les habitants
pour en faire des ambassadeurs des patrimoines du
Verdon auprès des clientèles touristiques et les impliquer
activement dans leur préservation et leur valorisation.
284 285 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039
MESURE 11.3
Améliorer l’accueil sur les sites et accompagner l’évolution des
pratiques touristiques et de loisirs pour atteindre collectivement
une juste régulation de la fréquentation
Capacité physique
(sécurité, infrastructures, conditions et moyens d’accueil…)
Capacité économique
(rentabilité, pérennité des entreprises, emplois …)
Capacité écologique (dégradations, impacts sur les milieux, érosion, piétinement…) Capacité psychologique (ressentis des visiteurs, des pratiquants, des locaux, image, conflits d’usages….)
DISPOSITIONS
Aménager et gérer collectivement les sites emblématiques et fréquentés en organisant un accueil de qualité et en enrichissant les modes de découverte
• Poursuivre les programmes de restauration et de requalification des sites fréquentés dans le cadre d’opérations fondées sur une approche globale. Equilibre entre la préservation des fonc- tions écologiques des sites, les retombées économiques pour les entreprises et le territoire, et le besoin social des visiteurs en considérant avec attention les habitants.
• Définir et mettre en œuvre de façon concertée et anticipée des plans de gestion dans une approche complémentaire aux choix d’aménagement. Ces plans de gestion projettent le fonction- nement des sites dans la durée en prenant en compte les différents usages.
• Intégrer dans la gestion les méthodologies liées à la définition de la capacité de charge et l’enjeu de choix d’aménagement les moins émissifs en carbone, à ce titre l’outil « quantiGES » (ADEME) pourra être mobilisé pour évaluer les gaz à effet de serre potentiellement évités par une action favo- rable à la transition énergétique.
• Privilégier les matériaux locaux biosourcés dans les projets d’aménagement extérieur ou de bâtiment.
• Dans le cadre du schéma d'accueil des lacs, adapter les infrastructures liées aux espaces lacustres et aux lieux de baignade en les calibrant par rapport à l’intensité du flux, afin de contenir les atteintes aux milieux et aux paysages et de garantir la salubrité et la bonne qualité de l’eau, comme définis dans le schéma d’accueil des lacs.
• Poursuivre et réussir les démarches de labélisation dont le label Grand Site de France sur le site classé des Gorges du Verdon pour confirmer la valeur de bien commun de ce paysage emblématique. S’inspirer du cahier des charges du label pour faire rayonner l’expérience sur l’ensemble des sites fréquentés dont prioritairement les espaces lacustres en relation avec le schéma d’accueil des lacs, les sites de gorges (gorges de Baudinard, basses-gorges), plateau de Valensole, les espaces naturels sensibles.
• Accompagner les démarches réglementaires visant à organiser et réguler les activités encadrées ou non sur les sites fréquentés (ex : Arrêtés interpréfectoraux de navigation).
disposition pertinente11 11
Comprendre l’organisation des flux pour réguler les circulations motorisées et proposer des alternatives à l’excursionnisme basé sur des itinéraires touristiques routiers
• Construire et mutualiser un observatoire des flux touristiques pour modéliser les fonctions portes d’entrées du Parc. Repérer les axes routiers fréquentés ainsi que les nœuds multimodaux propices à des solutions de parking relais.
• Poursuivre la mise en œuvre du schéma de mobilité touristique en justifiant auprès des autorités organisatrices de la mobilité, les besoins de déploiement des lignes de transport en commun en visant l’équilibre du réseau de desserte à l’échelle du territoire.
• Expérimenter des solutions innovantes et alternatives de déplacement limitant la forte emprise des véhicules motorisés : covoiturage.
• Prendre en compte la croissance des modes de visite et de séjour en véhicule aménagé et en cam- ping-car afin d’organiser avec les communes et intercommunalités des aires d’accueil et de service adaptées s’inscrivant dans une complémentarité avec l’offre privée des campings et permettant de limiter les pratiques de camping et de bivouac non encadrées en milieu naturel.
• Organiser et diffuser l’offre d’accès aux services de mobilité par un portail d’information et de réser- vation adapté et couplé à des offres de découverte.
• Considérer et organiser le traitement particulier des derniers kilomètres en reculant les accès aux sites par l’aménagement de parking relais couplé à des services de navette.
Définir et appliquer une stratégie concertée, d’accueil, d’information, de sensibilisation et de respect des réglementations et l’adapter en prenant en compte les observations de terrain
• Poursuivre et mutualiser le dispositif de terrain : écogardes - garde régionale forestière en élargis- sant la période d’intervention au-delà de la saison estivale et en couvrant l’ensemble des communes du Parc.
• Promouvoir le dispositif écogardes - garde régionale forestière auprès des jeunes du territoire afin de favoriser leur recrutement et permettre ainsi de renforcer le rôle des habitants dans les objectifs de préservation.
• Améliorer les moyens techniques d’intervention des écogardes pour répondre à des impératifs de sécurité relatifs à leur mission de terrain et pour accompagner leurs missions de sensibilisation.
• Réguler les situations de surfréquentation, avec pour optique de prévenir et encadrer les inci- vilités, en misant d’abord sur la pédagogie et la sensibilisation.
• Doter le dispositif écogardes de compétences en matière de police de l’environnement en veillant à appliquer la régulation des incivilités dans un cadre privilégié de missions inter-service. Le Parc du Verdon se positionnant comme coordinateur des services de police de l’environne- ment sur des secteurs et des thématiques précises (patrouilles lacustres, prévention incendie, circulation motorisée, campings et événements non déclarés en milieu naturel).
• Coordonner le conseil aux communes avec l’appui des collectivités concernées pour ajuster la réglementation en matière de police de l’environnement.
• Prendre en compte l’évolution climatique qui entraîne une recrudescence des risques in- cendie, générant des contraintes et des limites d’accès aux sites orientant ainsi la mission des écogardes - garde régionale forestière.
• Renouveler les moyens d’observation en mutualisant à l’échelle régionale (réseau des parcs) les outils et bases de données et en partageant les données d’observation pour alimenter les plans de gestion des sites et pour contribuer aux observatoires touristiques animés par la des- tination, les Départements et la Région.
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
MESURE 11.3 Améliorer l’accueil sur les sites et accompagner l’évolution des pratiques touristiques et de loisirs pour atteindre collectivement une juste régulation de la fréquentation
• Viser à la mutualisation des services d’accueil et co-construire la définition des contenus, les messages d’information et la communication pour améliorer la sensibilisation des publics.
• Réaliser des supports cartographiques à l’échelle des entités paysagères définies dans le plan du Parc, relayés par des médias papiers, numériques ou signalétiques d’affichage, permettant aux visiteurs d’accéder aux informations géolocalisées d’accueil sur les sites.
• Créer des supports de sensibilisation des usagers et des visiteurs en les adaptant aux pratiques et modes de découverte pour révéler les richesses vivantes et aider à en percevoir l’importance et les fragilités.
• Organiser et maîtriser les pratiques sportives de nature en s’appuyant sur les organisations locales, les fédérations sportives, le pôle ressource national sports de nature, les services de l’Etat, les Départements dans le cadre des Plans départementaux des espaces, sites et itiné- raires et les collectivités locales.
• Définir comme ligne d’équilibre la prise en compte des fragilités écologiques pour adapter les pratiques et non l’inverse en partageant les enjeux de pression sur les milieux supports d’acti- vité et en coordonnant à l’échelle du Parc la conduite d’un diagnostic territorial approfondi pour cerner le panorama des sports de nature et anticiper ses évolutions.
• S’appuyer sur une expertise externe de médiation orientant vers la voie des solutions pour remédier aux conflits d’usage.
• S’intéresser à toutes les pratiques y compris celles se faisant en liberté, sans accompagnement d’un professionnel diplômé d’État, en fédérant les partenariats pour mener des campagnes de sen- sibilisation innovantes en termes de contenus et de médias avec une large diffusion.
Former les partenaires touristiques pour équilibrer le développement de leurs activités avec le respect des sites et des cadres de vie.
• Définir un programme annuel de formation au territoire à destination des professionnels du tou- risme en adaptant les contenus à la typologie des entreprises (formations spécifiques aux enjeux des patrimoines du Verdon à destination des pratiques de sports et loisirs de nature.).
• Mutualiser les objectifs de formation inscrits dans le programme de qualification de la marque « Valeurs Parc » et visant à progresser sur le champ des bonnes pratiques dont la gestion écores- ponsable des entreprises, la connaissance des patrimoines et de leur préservation comme élément incontournable d’une offre d’écotourisme.
• Porter les bonnes pratiques à la connaissance des réseaux d’entreprises à l’aide d’interfaces dédiées en misant sur l’ouverture des bases de données d’inventaire (patrimoines culturels et naturalistes) et de description des patrimoines.
Restauration du site du Point-Sublime ©Wego Productions
286 287 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203911 11
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
MESURE 11.3 Améliorer l’accueil sur les sites et accompagner l’évolution des pratiques touristiques et de loisirs pour atteindre collectivement une juste régulation de la fréquentation
Les intercommunalités s’engagent à :
• Participer à l’observatoire du tourisme afin
d’évaluer les retombées de l’offre d’écotourisme
et de mesurer le retour des clientèles et
contribuer à l’observation des flux via les offices
de tourisme intercommunaux.
• Penser dans les documents d’urbanisme
(SCOT et PLUI) l’organisation des modes de
découverte privilégiant les réseaux d’itinérance
et les mobilités douces (voie verte, itinéraires
cyclables partagés).
• Mettre en cohérence les stratégies
touristiques et notamment celles impactant
les activités sportives de nature pour viser
un développement en correspondance avec
la nature espace protégé porté par le Parc
et s’appuyer sur les Offices de tourisme
intercommunaux pour contribuer aux plans
d’action de la destination.
• Participer à la définition des programmes
d’aménagement et à leur plan de gestion en
mettant au service des projets les compétences
utiles (déchets, sentiers, accueil touristique et
activités de pleine nature).
• Accompagner des projets d’aménagement
et de gestion au-delà des périmètres
des intercommunalités sur des entités
emblématiques comme les espaces lacustres/
ou les Gorges.
• Via les offices du tourisme Intercommunaux,
participer à la sensibilisation des visiteurs sur les
enjeux de préservation des sites et des milieux
Informer/associer le Parc aux projets et stratégies
de développement des sports de nature sur
leurs territoires (équipements, aménagements,
promotion).
Les départements s’engagent à :
• Contribuer via les compétences liées aux
PDESI sur les sites inscrits à viser une gestion
maîtrisée des sites et des pratiques prenant en
considération les aspects socioéconomiques,
environnementaux et sportifs.
• Dans le cadre des compétences PDIPR et
PDESI mettre au service de la définition de
la capacité de charge des sites, des moyens
d’observation (éco-compteur, comptages
routiers flux vision…).
• Contribuer à l’observation touristique du
territoire via les observatoires départementaux.
• Participer aux opérations d’aménagement
visant l’obtention du label Grand site de
France pour les Gorges et plus globalement
inventaires et transmission des connaissances
naturalistes portant sur les espaces naturels
départementaux.
• Réaliser des aménagements et équipements
routiers en cohérence avec le grand paysage
et l'optimisation de la gestion des flux".
La Région s’engage à :
• Appuyer les messages de sensibilisation qui ac-
compagnent l’offre d’écotourisme.
• Soutenir financièrement pour équilibrer
les opérations d’aménagement et de gestion
des sites.
• Soutenir l’opération écogarde - garde forestière
régionale avec appui sur l’acquisition d’équipe-
ments spécifiques adaptés aux missions de terrain.
• Soutenir l’innovation pour modéliser la fréquentation
des sites et mettre en place des solutions de gestion
et d’équilibre en lien avec le protocole de capacité de
charge.
• Déployer des outils d’observation des clientèles dans
le cadre du système d’information touristique régionale
et des enquêtes cordons régionales.
• Soutenir la communication visant à respecter les
sites en lien avec l’action du RREN, du réseau des
PNRs-interparc et l’apport du CRT.
L’État s’engage à :
• Accompagner la démarche Grand Site de
France qui consacre les Gorges du Verdon au rang
de patrimoine national et renforce la dimension
espace protégé pour la destination Verdon.
• Contribuer aux opérations d’aménagement
et aux plans de gestion de l’opération Grand
Site ainsi que des sites fréquentés avec en
priorité les entités lacustres avec l’appui et
l’expertise de ses services (Inspection des
sites ; conservatoire du littoral et des rivages
lacustres).
• Mettre en place et contrôler les régle-
mentations visant à encadrer les usages, les
activités et la préservation des espèces et
milieux : associe le Parc et les partenaires.
• Contrôler la salubrité des eaux de baignade
(Agence régionale de la santé).
• Appuyer l’assermentation d’agents du Parc
rattachés à l’opération Ecogardes – Garde fores-
tière régionale.
• Mettre à disposition les ressources du Pôle
ressource des sports nature ; Au travers de ces
liens aux fédérations sportives facilite la concer-
tation pour équilibrer les pratiques vis-à-vis de la
fragilité des sites et faire évoluer les formations et
les diplômes de guides et accompagnateurs.
• Mobiliser les services de police de l’environnement,
dans le cadre des plans de contrôles départemen-
taux définis en MISEN, notamment ceux concernant
l’encadrement des usages, des activités de sports de
nature, ou encore la préservation des espèces et des
habitats naturels.
• Contribuer à la sensibilisation des publics pour
limiter les impacts et sécuriser les pratiques, dans le
cadre des missions de ses établissements et services,
de leurs programmes d’activités annuel, tenant
compte des directives nationales et régionales.
RÉPARTITION DES RÔLES
Le syndicat mixte :
• Contribue à l’autofinancement des
projets selon les répartitions prévues entre
les partenaires.
• Partage les objectifs de préservation
des milieux naturels autour de contenus et
d’actions de sensibilisation.
• Coordonne et anime la démarche de labé-
lisation Grand site de France des Gorges du
Verdon et diffuse cette approche sur d’autres
sites fréquentés.
• Peut porter des maitrises d’ouvrage de travaux
d’aménagement et de gestion de sites (Cf Régie) et
/ ou accompagner les collectivités (AMO, Moe) à la
demande des collectivités concernées.
• Mobilise de l’expertise pour réunir les moyens d’in-
vestissement nécessaires à l’aménagement et à l’équi-
pement des sites.
• Anime la commission écotourisme et gestion des sites
fréquentés pour fédérer les partenaires publics et privés.
• Coordonne l’opération Ecogardes - garde régionale
forestière.
• Contribue à définir et à animer les modes de
concertation en fonction des enjeux (aménagement
des sites, solution de mobilité, prévention des
pressions sur les milieux).
• Recherche l’innovation pour expérimenter des
solutions de gestion des flux et limiter les impacts.
• Recense et partage les bonnes pratiques et
propose un programme de formations.
• Contribue aux instances de concertation sur
les sports de nature en appui aux Départements
(CDESI) pour viser une gestion conciliée/concertée
et partagée des activités de nature (enjeux so-
cioéconomiques, sportifs et environnementaux).
• Met en place des mesures de gestion sur les
sites sensibles fréquentés (diagnostic écologique
des sites et itinéraires de pratiques, informations
sur site, mise en défens, conventionnement…).
Les engagements des signataires :
Dans la mesure de leurs compétences,
Les communes s’engagent à :
• Assurer l’entretien des chemins ruraux
relevant de leurs compétences.
• Favoriser, préserver au travers des PLU, le
charme des villages provençaux par des opéra-
tions de valorisation réhabilitation des centres
anciens, restauration des façades, respect des
matériaux et des savoir-faire traditionnels,
traitement des espaces verts dans le cadre
d’une gestion différenciée adaptée au contexte
climatique et valorisant les espèces locales.
• Mettre en cohérence les documents d’ur-
banisme pour limiter l’extension des campings
et soigner leur intégration particulièrement
pour ceux en bord de rivière ou à proximité des
espaces naturels sensibles.
• Relayer les informations et messages auprès
des habitants concernant les actions pouvant
interagir sur les pratiques de loisirs.
• Assumer auprès de leur intercommunali-
tés la reconnaissance des sites marqueurs
de notoriété situés sur le périmètre du Parc
du Verdon.
• Participer aux opérations d’aménagement et
de gestion des sites en soutenant les besoins
de maitrise foncière préalable par la mise à dis-
position de terrain ou par la médiation avec les
propriétaires privés.
• Participer au plan de gestion des sites
fréquentés en adaptant la réglementation
communale et en intégrant une planification
stratégique en matière d’équipements tou-
ristiques et de loisirs dans les documents
d’urbanisme.
• Soutenir la régulation des activités sportives
de nature par la prise d’arrêtés municipaux
spécifiques.
• Faire respecter la loi concernant la circula-
tion des véhicules motorisés dans les espaces
naturels (article L362-1 du Code de l’Environ-
nement) et prendre des arrêtés limitant ou
interdisant la circulation sur les chemins ruraux
dans les secteurs sensibles.
• Solliciter l’avis du Parc en amont et freiner
tout nouveau projet d’installation ou de déve-
loppement d’activités ou de manifestations de
sports motorisés.
• Participer au soutien financier du dispositif
écogardes – garde forestière.
• Mettre à disposition des moyens d’accueil et
de services (local technique, bureau) en fonction
des secteurs écogardes.
• Relayer la communication sur la sensibilisa-
tion des publics.
• Participer au schéma de mobilité dans la
définition des nœuds multimodaux et des
parkings relais.
288 289 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-203911
L’apport des partenaires :
Les partenaires de la recherche :
Le conseil scientifique du Parc :
• Contribue à la définition du protocole de
capacité de charge en mobilisant les partena-
riats de recherche scientifiques permettant
d’expérimenter cette notion globalement.
Les partenaires techniques et institutionnels :
Comité régional du tourisme :
• Coordonne les campagnes de sensibilisation
aux respects des sites et espaces protégés.
• Aide à mieux matérialiser les entrées de Parc
pour permettre aux visiteurs de mieux comprendre
le caractère préservé et les valeurs patrimoniales
des espaces protégés.
Agences de développement touristique des Alpes-
de-Haute-Provence et du Var :
• Mettent en cohérence de la stratégie marketing
pour appuyer la préservation des sites et promouvoir
des modes de découverte respectueux.
Offices de tourisme intercommunaux et stations
classées de tourisme :
• Organisent des missions d’accueil et d’information
en collaboration avec le Parc. Intègre les opérations
de préservation des sites fréquentés et informe les
publics sur les objectifs de ces opérations.
Agence Régionale pour la Biodiversité et l’Environ-
nement - Réseau régional des Espaces Naturels
(ARBE - RREN) :
• Appui aux démarches de gestion écorespon-
sables.
Conservatoire du littoral et des rivages lacustres :
• Intervient sur les opérations d’aménagement et
de gestion des sites concernant les propriétés du
Conservatoire (lac de Sainte-Croix et Grand canyon
du Verdon).
Office national de la biodiversité, Office national
des forêts, Gendarmerie nationale :
• Participent aux opérations interservices de
police de l’environnement.
• Contribuent à la sensibilisation des publics pour
limiter les impacts et sécuriser les pratiques.
Les associations, groupements et relais locaux :
Ligue de protection des oiseaux, France nature
environnement :
• Apportent de contenus naturalistes et scien-
tifiques pour mieux évaluer les pressions et
adopter les bonnes pratiques.
Fédérations sportives, clubs et associations
locales de pratiquants des activités et des
sports de nature :
• Contribuent à l’encadrement des pratiques
pour limiter les pressions sur les milieux naturels
supports des activités.
• Aident à la définition d’un programme de
formation et font évoluer les compétences des
encadrants.
Associations locales de préservation de l’envi-
ronnement, associations nationales (Mountain
Wilderness, FNE) :
• Participent aux opérations de dépollution
• Soutiennent la communication sur les
bonnes pratiques de préservation.
ORIENTATION 11
Rechercher l’équilibre entre économie touristique, vie locale et respect des patrimoines
MESURE 11.3 Améliorer l’accueil sur les sites et accompagner l’évolution des pratiques touristiques et de loisirs pour atteindre collectivement une juste régulation de la fréquentation
En pièce jointe à la Charte, un document
précise les objectifs, les questions évaluatives
et pour chaque indicateur s’il est également un
indicateur du SRADDET, les sources, l'année
de référence de la valeur initiale et les valeurs
cibles à mi-parcours de la Charte et à la fin de
la Charte :
• N°103 : Nombre de projets d’amélioration
de l’accueil et de gestion des flux portés ou
accompagnés par le Parc
• N°106 : Nombre et répartition des visiteurs
dans le temps et dans l’espace
• N°107 : Nombre de visiteurs contactés par
les écogardes, enquête cordon
• N°108 : Nombre d’actions de communica-
tion et de sensibilisation des publics aux va-
leurs Parc
• N°110 : Évolution du taux de fonction
touristique
INDICATEURS D’ÉVALUATION
29004 : Alpes-de-Haute-Provence
83 : Var
AAPPMA : Association agréée de pêche et de protection des milieux aquatiques
ACM : Accueil collectif de mineurs
ADEAR : Association pour le développement de l’emploi agricole et rural
ADEME : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
ADP : Amis du Parc
ADT : Agence de développement touristique
AFB : Agence française pour la biodiversité
Loi ALUR : Loi pour l’Accès au logement et un urbanisme rénové
APPB : Arrêté préfectoral de protection de biotope
AIPPB : Arrêté inter-préfectoral de protection de biotope
AMU : Aix-Marseille Université
ARPE : Agence régionale pour l’environnement
BRF : Bois raméal fragmenté
BRGM : Bureau de recherches géologiques et minières
CASDAR : Compte d’affection spécial au développement agricole et rural
CAUE : Conseil d’architecture, d’urbanisme et l’environnement
CBN : Conservatoire botanique national
CBNA : Conservatoire botanique national alpin
CBNMed : Conservatoire botanique national méditerranéen
CCAPV : Communauté de communes Alpes-Provence-Verdon
CCLGV : Communauté de communes lacs et gorges du Verdon
CCI : Chambre de commerce et d’industrie
CD : Conseil départemental
CDD : Conseil de développement
CDNPS : Commission départementale de la nature, des paysages et des sites
CDPENAF : Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers
CEFE : Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive
CELRL : Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres
CEN : Conservatoire d’espaces naturels
CEREMA : Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement
CERPAM : Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée
CETD : Charte européenne du tourisme durable
CFPPA : Centre de formation professionnelle et de promotion agricole
CIMA : Convention interrégionale du massif des Alpes
CLE : Commission locale de l’eau
CNRS : Centre national de la recherche scientifique
CRET : Contrat régional d’équilibre territorial
CRIEPPAM : Centre régionalisé interprofessionnel d'expérimentation en plantes à parfum aromatiques et médicinales
CRPF : Centre régional de la propriété forestière
COPIL : Comité de pilotage
CS : Comité syndical
CTS : Contrat territorial solidaire
INDEX DES SIGLES ET ABRÉVIATIONS
DBO5 : Demande biochimique en oxygène (mesurée au bout de 5 jours)
DDT(M) : Direction départementale des territoires (et de la mer)
DFCI : Défense de la forêt contre les incendies
DLVA : Durance Luberon Verdon Agglomération
DRAC : Direction régionale des affaires culturelles
DREAL : Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement
EDF : Électricité de France
EH : Équivalent-habitant
ENS : Espace naturel sensible
ENSAM : École nationale supérieure d’architecture de Marseille
EPCI : Établissement public de coopération intercommunal
EPFR : Établissement public foncier régional
ETP : Équivalent temps-plein
FEADER : Fonds européen agricole pour le développement rural
FEDER : Fonds européen de développement régional
FNE : France nature environnement
GAEC : Groupement agricole d’exploitation en commun
GAL : Groupe d’acteurs locaux
GCP : Groupe chiroptères de Provence
GEMAPI : Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations
GES : Gaz à effet de serre
GPFSA : Groupe pour la préservation de la faune sud-alpine
GR : Grande randonnée
GT : Groupe de travail
HT : Hors taxe
IGN : Institut géographique national
IMBE : Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie
INRA : Institut national de la recherche agronomique
INRAE : Institut national de recherche en agriculture, alimentation et environnement
IRSTEA : Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture
INSEE : Institut national de la statistique et des études économiques
LEADER : Liaison entre action de développement de l’économie rurale
LER : Ligne express régionale
LPO : Ligue pour la protection des oiseaux
MAE(C) : Mesure agro-environnementale (et climatique)
MAET : Mesure agro-environnementale territorialisée
MRE : Maison régionale de l’eau
Loi NOTRe : Nouvelle organisation territoriale de la République
OFB : Office français de la biodiversité
OGS : Opération grand site
ONF : Office national des forêts
ONCFS : Office national de la chasse et de la faune sauvage
OUGC : Organisme unique de gestion collective
292 293 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039PAC : Politique agricole commune
PAEC : Projet agro-environnemental et climatique
Pays A3V : Pays Asses, Verdon Vaïre, Var
PLU(i) : Plan local d’urbanisme (intercommunal)
PMPFCI : Plan de massif pour la protection des forêts contre les incendies
PNA/PRA : Plan national/régional d’action
POIA : Programme opérationnel interrégional du massif alpin
POPI : Plan d’orientation pastoral intercommunal
PRIDES : Pôle régional d’innovation et de développement économique et solidaire
RBD : Réserve biologique dirigée
RNR : Réserve naturelle régionale
RNGHP : Réserve nationale géologique de Haute-Provence
RT2012 : Réglementation thermique 2012
SAFER : Société d’aménagement foncier et d’établissement rural
SAGE : Schéma d’aménagement et de gestion des eaux
SCA3P : Société coopérative agricole des plantes à parfum de Provence
SCAP : Stratégie de création des aires protégées
SCIC : Société coopérative d’intérêt collectif
SDAGE : Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux
SIEM : Site d’intérêt écologique majeur au plan de Parc
SMAB : Syndicat mixte d’aménagement de la Bléone
SCOT : Schéma de cohérence territoriale
SCP : Société du canal de Provence
SILENE : Système d’information et de localisation des espèces natives et envahissantes
SINP : Système d’information sur la nature et les paysages
SIT : Système d’information territorial
SIVU : Syndicat intercommunal à vocation unique
SOURSE : Schéma d’organisation des usages et de la ressource solidaire en eau
SRADDET : Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires
SRCE : Schéma régional de cohérence écologique
STEP : Station d’épuration des eaux usées
TEPCV : Territoires à énergie positive pour la croissance verte
TTC : Toute taxe comprise
TVB : Trame verte et bleue
UDAP : Unité départementale de l’architecture et du patrimoine
VP : Vice-président
ZA : Zone d’activité
ZH : Zone humide
ZIEM : Zone d’intérêt écologique majeur au plan de Parc
ZPS : Zone de protection spéciale
ZSC : Zone spéciale de conservation
294 295 PARC NATUREL RÉGIONAL DU VERDON • PROJET DE CHARTE • 2024-2039Parc naturel régional du Verdon
Domaine de Valx
04360 Moustiers-Sainte-Marie
Tél : 04 92 74 68 00
www.parcduverdon.fr
©
B .V
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h e
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D e
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