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unknown - Communauté de communes - Puisaye-Forterre - ANNEXE 116 2026 Validation du document cadre du Plan paysage des etangs de Puisaye et lancement de son Plan dactions compressed
Document publié le Jeudi 1 janvier 2026
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Puisaye-Forterre - ANNEXE 116 2026 Validation du document cadre du Plan paysage des etangs de Puisaye et lancement de son Plan dactions compressed)
Thèmes du document : Aménagement du territoire, Environnement, Espaces terrestres et maritimes,
Maître d’ouvrage
Communauté de communes de Puisaye Forterre
et de Berry Loire Puisaye
Maître d’oeuvre
Atelier POLIS , Victor Bourdet, Gingko, Fais la ville
Plan paysage
étangs de Puisaye
Étangs de Puisaye
plan paysage Communauté de communes Berry Loire Puisaye Battilly-en-Puisaye, Breteau, Briare, Champoulet, Dammarie-en-Puisaye, Escrignelles, Faverelles, La Bussière, Ouzouer-sur-
Trézée et Thou
Communauté de communes de Puisaye Forterre
Bléneau, Champcevrais, Champignelles, Lainsecq, Lavau, Moutiers-en-Puisaye, Rogny-les-sept-écluses, Saint-Amand-en- Puisaye, Saint-Fargeau, Saint-Martin-des-champs, Saint-Privé, Saint-Sauveur-en-Puisaye, Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe et Villeneuve-les-genêts
Phase 2
Plan d’actions
________________________________________________________________________________
OPÉRATION SOUTENUE PAR L’ÉTAT2 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
SOMMAIRE
Vous avez dit plan paysage ?
Contexte de l’étude 5
Contexte territorial 6
Démarche du plan de paysage 8
État des lieux de la connaissance paysagère 9
La carte des unités paysagères 10
Synthèse du diagnostic
1/L’unité paysagère du canal de Briare 11
La sous-unité paysagère du canal à Briare 12
Sous-unité paysagère des lacets entre canaux et Trézée 13
Sous-unité paysagère du bief de partage et le canal noyé 14
Sous-unité paysagère du canal rectiligne 15
Dynamique paysagère du canal de Briare 16
L’ utopie : Le canal moteur d’une l’économie touristique locale vertueuse 17
Dystopie : l’effacement d’un paysage infrastructurel 18
2/L’unité paysagère - Forêt des étangs de Puisaye 19
Sous-unité paysagère de la forêt de Puisaye 20
Sous-unité paysagère de la Trézée et des étangs d’alimentation 21
Dynamique paysagère de la Forêt des étangs de Puisaye 22
L’utopie : la forêt partagée 23
Dystopie : la forêt confisquée 24
3/ L’unité paysagère de la vallée du Loing 25
Sous-unité paysagère des sources du Loing 26
Sous-unité paysagère des collines de Haute Puisaye 27
Sous-unité paysagère de la vallée cultivée 28
Sous-unité paysagère des affluents 29
Dynamique paysagère de la vallée du Loing 30
L’utopie : La vallée vivante 31
Dystopie : Le Loing oublié 32
4/ L’unité paysagère des plateaux cultivés 33
Sous-unité paysagère des plateaux ondulés 34
Sous-unité paysagère des plateaux de basse Puisaye 35
Dynamique paysagère des plateaux cultivés 36
L’utopie : Maintien d’une agriculture diversifiée à l’échelle humaine 37
Dystopie : L’industrialisation extrême du paysage agricole 38
Plan d’actions pour les paysages
Les Objectifs de qualité paysagère 40
OQP N°1 ADAPTER LES PAYSAGES 41
Priorisation des actions 42
Sous OQP 1.1 Adapter les espaces habités au changement climatique 43
Action 1.1.1 Créer un inventaire des arbres et alignements remarquables 44
Action 1.1.2 Nommer et rendre lisible la biodiversité 45
Action 1.1.3 Planter les espaces publics 46
Action 1.1.4 Concrétiser les opérations de revitalisation des centres-bourgs 47
Sous OQP 1.2 Accompagner la transition des systèmes agricoles et renforcer les
circuits courts 48
Action 1.2.1 Lutter contre la déprise agricole par le soutien à l’élevage et la conservation
des haies et prairies permanentes 49
Action 1.2.2 Renforcer et valoriser les producteurs locaux et bio 50
Action 1.2.3 Préserver la qualité architecturale des fermes poyaudines 51
Action 1.2.4 Encourager l’adaptation de l’agriculture au changement climatique 52
Sous OQP 1.3 Maintenir le bocage et l’arbre dans le paysage agricole 53
Action 1.3.1 Mettre en place un projet «Puis’haies» 54
Action 1.3.2 identifier le patrimoine végétal dans les documents de gestions et
préciser les modalités de gestion 55
Action 1.3.3 Maintenir et développer les formes arborées traditionnelles (trognes,
vergers) 56
Sous OQP 1.4 Préserver la qualité paysagère des forêts de Puisaye 57
Action 1.4.1 Conserver l’accès à la forêt des étangs de Puisaye 58
Action 1.4.2 Valoriser et développer les gestions forestières favorables à la biodiversité
en forêt publique comme privée 60
Action 1.4.3 Lutter contre l’engrillagement des forêts et veiller au respect de la nouvelle
réglementation sur les clôtures 61
Action 1.4.4 Développer une gestion participative des forêts 62
Sous OQP 1.5 Définir les modalités de production d’énergies renouvelables compatibles
avec les paysages 63
Action 1.5.1 Définir des critères d’intégration paysagère et une méthode d’analyse des
projets d’énergie renouvelable 64
Action 1.5.2 Créer une carte de sensibilité paysagère aux différentes énergies 66
Action 1.5.3 Créer une commission ouverte de suivi des projets énergétiques 673 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP N°2 PARTAGER LES PAYSAGES 69
Priorisation des actions 70
Sous OQP 2.1 Partager avec le vivant 71
Action 2.1.1 Développer des micro-habitats propices à la conservation des espèces 72
Action 2.1.2 Améliorer la connaissance de la biodiversité 73
Action 2.1.3 Encourager la contemplation des espaces naturels 74
Sous OQP 2.2 Faire vivre le patrimoine bâti 75
Action 2.2.1 Créer un atlas du patrimoine monumental et vernaculaire de la Puisaye 76
Action 2.2.2 Créer un observatoire photographique des paysages (OPP) 77
Action 2.2.3 Accompagner la rénovation du bâti ancien 78
Action 2.2.4 Créer des boucles de découverte des patrimoines 79
Action 2.2.5 Veiller à la protection des espèces protégées lors de la rénovation du bâti
80
Sous OQP 2.3 : Renforcer les mobilités douces : pour le quotidien et le tourisme
d’itinérance 81
Action 2.3.1 Créer une stratégie des mobilités douces et du tourisme d’itinérance 82
Action 2.3.2 Créer un pôle d’échanges multimodal (PEM) à Briare 83
Sous OQP 2.4 Créer une destination éco-touristique 84
Action 2.4.1 Développer des projets d’éco-tourisme (ornithologique et pêche) 85
Action 2.4.2 Rendre lisible l’entrée dans le territoire des étangs de Puisaye par des
aménagements repères 86
Action 2.4.3 Créer une charte publicitaire et de signalétique 87
Action 2.4.4 Créer de l’hébergement insolite avec vue sur les étangs 88
Sous OQP 2.5 Partager la culture paysagère Poyaudine 90
Action 2.5.1 Faire vivre le plan paysage auprès des élus 91
Action 2.5.2 Veiller au suivi du plan paysage 92
Action 2.5.3 Intégrer le plan paysage aux documents d’urbanisme 93
OQP N°3 VALORISER L’EAU DANS LES PAYSAGES 94
Priorisation des actions 95
Sous OQP 3.1 Fédérer autour de l’eau 96
Action 3.1.1 Sensibiliser au grand et petit cycle de l’eau 97
Action 3.1.2 Réaliser un inventaire des zones humides support d’une stratégie zones
humides 98
Action 3.1.3 Engager une réflexion sur la gestion quantitative et qualitative de l’eau sur
le territoire (EVP) 99
Sous OQP 3.2 Valoriser les rivières : Connaître les histoires, usages et cheminements de
l’eau 100
Action 3.2.1 Restaurer les rivières pour une meilleure qualité écologique des milieux
humides 101
Action 3.2.2 Accompagner les riverains dans l’entretien de la ripisylve 102
Action 3.2.3 Valoriser le petit patrimoine hydraulique 103
Action 3.2.4 «Remettre la rivière au centre du village 104
Site : Ru du Bourdon à Saint-Fargeau 105
Site : Reconnecter le Loing Saint-Sauveur-en-Puisaye 106
Sous OQP 3.3 Faire vivre le canal de Briare 108
Action 3.3.1 Valoriser le patrimoine architectural du canal 109
Action 3.3.2 Remettre le canal au centre du village 110
Site de la maison éclusière n°7 d’Ouzouer-sur-Trézée 111
Site du quai Mazoyer et des abords du pont canal 112
Action 3.3.3 Aménager des parcours agréables le long de l’eau 114
Sous OQP 3.4 Affirmer des étangs dans le paysage de Puisaye 115
Action 3.4.1 Mettre en valeur l’étang de Grand Rue 116
Action 3.4.2 Sensibiliser sur l’histoire, les usages, les impacts et la biodiversité des
étangs 118
Action 3.4.3 Réaménager l’étang du Bourdon avec sentiers de randonnée et désignation
ENS 119
Action 3.4.4 Encadrer l’accès aux piétons aux secteurs à enjeux pour la biodiversité
(gazons amphibies, îles, héronnières) 1204 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Vous avez dit paysages
des étangs de Puisaye ?
Volet 15 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Contexte de l’étude
Comprendre les paysages
•approche scientifique
•approche artistique
•approche humaine
Choisir pour demain
•ce que l’on veut préserver
•ce qui doit évoluer
•ce que l’on veut transmettre
Construire des outils
concrets
•aménagements
•gestion
•pédagogie Des actions concrètes et
coordonnées pour
la qualité des
paysages
PHASE 1 Diagnostic
PHASE 2 Stratégie paysagère
PHASE 3 Plan d’actions
Lancement
du plan de paysage
Calendrier des étapes du plan de paysage
mars
2025
juin
2025
octobre
2025
juin
2026
Fiche d’identité du territoire
Département : Yonne, Nièvre, Loiret
Communauté de communes de Puisaye-
Forterre (CCPF), 14 communes et la
Communauté de communes de Berry-Loire-
Puisaye (CCBLP), 10 communes
Superficie : 463 km² avec une altitude
comprise entre 116 et 366 m
Nombre d’habitants : 17 550 hab (CCPF :
9782, CCBLP : 7768) (2022 INSEE).
Contexte de la commande
Le plan de paysage est un outil de prise
en compte du paysage dans les politiques
sectorielles d’aménagement du territoire
(urbanisme, transports, infrastructures, énergies
renouvelables, agriculture). Il est l’occasion
de créer une dynamique collective autour des
paysages et vise la prise de conscience collective
de leurs qualités et de leurs fonctionnements afin
de mieux préserver ou valoriser leurs identités dans
un contexte de transition.
Le site d’étude concerne une partie de deux
territoires intercommunaux situés sur la Puisaye. Le
Plan de paysage et le Projet de territoire partagent
des objectifs communs et complémentaires.
Cela afin de définir une stratégie territoriale
adaptée à travers trois objectifs :
•Améliorer la gestion quantitative et qualitative de
la ressource en eau et du paysage environnant
•Mettre en valeur et préserver le patrimoine bâti
et naturel lié à l’eau et aux milieux humides et
aquatiques
•Repenser le partage des espaces selon leurs
fréquentations et leurs différents usages
Les Communautés de Communes de Puisaye-Forterre (CCPF) et de Berry-Loire-Puisaye (CCBLP) sont Lauréates de l’appel à projet “Plans de paysage” 2024 lancé par le Ministère de la Transition Écologique. «Le plan de paysage est une démarche volontaire, portée par une collectivité qui invite les acteurs de son territoire à repenser la manière de concevoir l’aménagement du territoire.»6 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
La Communauté de Communes de Puisaye-Forterre
(CCPF) est située en région Bourgogne Franche-
Comté, au sud-ouest du département de l’Yonne,
s’étalant sur la partie nord du département de la
Nièvre. La Communauté de Communes de Berry-
Loire-Puisaye (CCBLP) est située en région Centre-
Val de Loire, au sud-est du département du Loiret.
Les départements
Le territoire des étangs de Puisaye s’étend sur
trois départements différents. À l’est, les étangs
de la vallée du Loing et de la forêt se situent dans
l’Yonne, l’un des 8 départements de la région
Bourgogne-Franche-Comté. Ce département,
créé en 1790, reprend des parties des anciennes
provinces de Bourgogne, Champagne, Nivernais
et Île-de-France. Bien desservie par son accès à
Paris, l’Yonne offre un paysage varié, avec vallées,
plaines et plateaux, et sa principale ville, Auxerre,
qui en est la préfecture. Les étangs et le Canal de
Briare, quant à eux, se trouvent dans le Loiret, un
des 6 départements de la région Centre-Val de
Loire. Ce département, également créé en 1790,
faisait partie de l’Orléanais. Traversé par la Loire,
le Loiret est principalement constitué de plaines et
de vallées, et son grand centre urbain, Orléans, en
est la préfecture. Enfin, la partie sud du territoire
empiète également sur la Nièvre, département de la
région Bourgogne-Franche-Comté. Créée en 1790,
la Nièvre faisait partie de la province historique du
Nivernais. Ce département combine des paysages
vallonnés et montagneux, avec Nevers comme
principale ville et préfecture.
Les étangs de Puisaye à l’échelle nationale Les étangs de Puisaye à l’échelle des intercommunalités Les étangs de Puisaye à l’échelle régionale
Contexte territorial
Région Bourgogne
Franche Comté
Communauté de communes
de Berry Loire Puissaye
(CCBLP)
Communauté de
communes de Puisaye
Forterre (CCPF)
Communes CCBLP
Batilly-en-Puisaye, Breteau,
Briare, Champoulet,
Dammarie-en-Puisaye,
Escrignelles, Faverelles, La
Bussière, Ouzouer-sur-Trézée
et Thou
Région Centre
Communes CCPF
Bléneau, Champcevrais,
Champignelles, Lainsecq,
Lavau, Moutiers-en-Puisaye,
Rogny-les-sept-écluses,
Saint-Amand-en-Puisaye,
Saint-Fargeau, Saint-Martin-
des-champs, Saint-Privé,
Saint-Sauveur-en-Puisaye,
Treigny-Perreuse-Sainte-
Colombe et Villeneuve-les-
genêts7 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Les communautés de communes
Les intercommunalités de Puisaye-Forterre et
de Berry-Loire-Puisaye, toutes deux nées en
2017, forment un ensemble démographique et
géographique complémentaire au cœur d’un vaste
réseau rural. La première s’étend sur 1 750 km² avec
57 communes, tandis que la seconde regroupe 20
communes sur un territoire plus resserré de 547,40
km².
Un territoire reconnu pour ses paysages
Malgré cette implantation sur deux régions, deux
départements et deux intercommunalités, le
territoire partage une forte présence de l’eau dans
les paysages. Diverses mesures de protection
du patrimoine paysager, architectural et naturel
poyaudin ont été mises en place, telles que les
des sites n2000 , les périmètres de protection des
bâtiments historiques ou les inventaires ZNIEFF de
type 1 et 2. Il s’agit, par le biais de l’étude, d’élargir la
réflexion sur les paysages de l’ensemble du bassin
d’alimentation du canal de Briare, remarquables
comme quotidiens.
Projet de territoire
En 2021, la communauté de communes Puisaye-
Forterre a débuté un projet de territoire en vue
d’établir une stratégie de développement partagée
entre ses 57 communes. Ce projet s’ inscrit dans
le cadre du contrat de relance et de transition
écologique avec l’Etat.
Contexte territorial
Carte du périmètre des étangs de Puisaye
Communauté de Communes de Puisaye-Forterre (CCPF)
Communauté de Communes de Berry-Loire-Puisaye (CCBLP)8 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Démarche du plan de paysage
Une démarche partagée
Le plan de paysage n’est pas une démarche
d’analyse descendante, mais bien une opportunité
pour caractériser collectivement les paysages.
Une mobilisation des forces vives
Les résidences in situ, ont permis d’identifier les
acteurs à mobiliser. Élus, habitants et acteurs
socio-économique (entre autres) rencontrés au
fil des ateliers constituent un premier réseau
“d’activateurs des paysages” amené à porter
durablement les ambitions du plan de paysage.
Une vision territoriale
Les paysages ont été historiquement façonnés
sans outil de planification. Cependant, les enjeux
actuels et le contexte de transition (écologique,
énergétique, climatique, l’érosion de la biodiversité,
etc.) nous invitent désormais à doter les territoires
de projets ambitieux. L’intention est de définir une
vision stratégique de développement permettant
d’accompagner ces transitions.
L’aménagement du territoire repose sur une
division du paysage par des politiques sectorielles
(urbanisme, transport, agriculture, énergie,
gestion de l’eau, etc.). Les éléments garants de
la qualité paysagère se situent bien souvent en
“limite d’intervention”, aux marges du périmètre
de chaque acteur.
Le plan de paysage invite à repenser de
manière transversale la gestion, la protection
et l’aménagement du territoire, en remettant le
paysage au cœur du processus.
La démarche de plan de paysage vise à appréhender et projeter collectivement l’identité paysagère du territoire.
Voyages collectifs du plan de paysage Voyages scolaire du plan de paysage9 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
L’insaisissable île de Puisaye
De nombreux auteurs du 20ème siècle —
politiques (le sous-préfet de Gien, P.G. Dartonne),
géographes (G. Goujon), agronomes (J.P. Rocher),
archéologues (F.P. Chapat) — ont décrit la Puisaye.
Leurs observations, bien que centenaires pour
certaines, sont toujours mobilisées par les acteurs
du territoire (CEN, CPIE). Si ces auteurs identifient
difficilement des qualités propres à la Puisaye,
ils la délimitent comme une « île », bornée par
des villes (entre Cosne, Briare, Joigny, Auxerre et
Clamecy chez F.P. Chapat), des cours d’eau (entre
l’Yonne et la Loire chez J.P. Rocher) ou des régions
naturelles (Gâtinais, Forêt d’Orléans, Val de Loire,
Forterre chez G. Goujon).
Esquisser les limites de la Puisaye
Définir des limites précises de la Puisaye est une
tâche complexe, puisqu’elle partage plusieurs
de ses caractéristiques avec ses voisins : la forte
présence de la forêt, que la Puisaye partage avec
la forêt d’Orléans, ou la présence de sols argileux
ponctués d’étangs et de haies, que la Puisaye
partage avec le Gâtinais. Les limites sont plus
nettes avec le Val de Loire, aux horizons plus
ouverts, aux villes plus peuplées et au marqueur de
la vigne, quasi-absent en Puisaye. Elles sont aussi
franches au sud avec la Forterre, dont les sols
calcaires et secs contrastent avec les paysages
humides de Puisaye.
Puisaye aimée et détestée
Ces regards, bien que portés par des scientifiques,
sont aussi subjectifs. J.P. Rocher qualifie la Puisaye
par « la médiocrité de son sol, son bocage, son
habitat dispersé, son mode d’exploitation par
métairies ». Le préfet agronome de l’Yonne, Rougier
de la Bergerie, pose un regard plus bucolique sur la
Puisaye qu’il définit comme « un pays bocager et
pastoral et, pour qui sait aimer et sentir la nature,
une contrée charmante ». Georges Goujon décrit la
Haute Puisaye comme une « tourmente de verdure
» où « rien n’est agréable comme la route de Saint-
Sauveur à Treigny, avec son ombre, ses vallons, ses
étangs et ses vues sur la vallée de la Vrille. »
État des lieux de la connaissance paysagère
Situation de la Puisaye - François-Pierre Chapat, 1980
Carte des région naturelles de Puisaye G.Goujon, 191110 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
La carte des unités paysagères
Qu’est-ce qu’une unité paysagère ?
Les unités paysagères sont des espaces homogènes
en termes de composantes paysagères, de
perceptions et de représentations sociales. L’unité
paysagère est une échelle pertinente pour la
compréhension du cadre de vie des habitants, au-
delà des limites administratives et pour la conception
d’une politique globale des paysages.
Les apports du plan de paysage
La définition des unités paysagères du plan de
paysage se base sur l’analyse des sources de
connaissance paysagères disponibles, notamment
l’atlas des paysages de l’Yonne. À l’échelle du bassin
versant du canal de Briare, la démarche de plan
paysage a fait émerger 4 unités paysagères : le canal
de Briare, la forêt des étangs de Puisaye, la vallée du
Loing et les plateaux cultivés.
• L’unité du canal de Briare est une nouveauté,
développée par le plan de paysage pour son
importance dans la lecture du territoire. En effet,
le canal est l’unité fédératrice qui fait le lien avec
l’ensemble des paysages de l’eau décrits dans les
autres unités. Cette nouvelle unité permet une
compréhension plus fine du paysage du canal, et de
son influence dans le paysage poyaudin à travers
quatre sous-unités.
• L’unité de la forêt des étangs de Puisaye reprend
l’unité du plateau boisé de Puisaye et distingue
désormais trois sous-unités : le plateau forestier, la
vallée de la Trézée et le bocage en transition.
• L’unité du plateau cultivé a été précisée par le
plan de paysage et inclut désormais les affluents du
Loing comme motifs du paysage agricole.
• Les limites de l’unité de la vallée du Loing décrite
par l’atlas ont été retravaillées et étendues jusqu’à la
source. L’unité enveloppe dorénavant sous forme de
sous-unité les collines bocagère de Puisaye et l’unité
de la Forterre .
Carte des unités du plan de paysage
Plateau cultivé
Foret des étangs de Puisaye
Canal de Briare
Vallée du Loing11 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Une unité définie par l’ouvrage
Dès sa conception, le canal a été pensé comme une
infrastructure globale à l’échelle du territoire. Ses
différents éléments constitutifs — palplanches,
chemin de halage, écluses, ouvrages d’art — ont
été construits de manière cohérente et définissent
le paysage du canal de Briare. Le paysage du canal
s’adapte aussi aux sites et prend des visages
différents au fil de l’itinéraire. Ainsi, l’unité
paysagère se divise en quatre sous-unités qui
diversifient les 18 km qui séparent Briare de Rogny-
les-Sept-Écluses.
Bornée par des ouvrages remarquables
Deux monuments historiques marquent l’extrémité
de l’unité paysagère. À l’ouest, le pont-canal de
Briare, ouvrage métallique de 662 mètres qui
enjambe la Loire. À l’est, l’échelle des 7 écluses de
Rogny, construite au 17e siècle.
Un paysage normé
Les éléments utiles à la navigation constituent
un point de stabilité visuelle depuis près de 150
ans. Bien que cet ensemble paraisse immuable,
ses dimensions ont évolué notamment avec la loi
Becquey en 1830 puis la loi Freycinet en 1880.
Un paysage dédié aux loisirs
En 1842, le canal permettait le transport de 260
000 tonnes de marchandises par an. Aujourd’hui,
c’est un axe consacré aux loisirs. Le pont-canal
accueille jusqu’à 300 000 vélos par an et 40 000
visiteurs naviguent sur le canal.
L’héritage industriel lié au canal
Les traces de l’activité industrielle sont encore
visibles avec la manufacture des Émaux de Briare
fondée en 1837. A son apogée, le site s’étendait sur
200 hectares et employait jusqu’à 2000 personnes.
Carte des sous-unité paysagère du canal de Briare
1/L’unité paysagère du canal de Briare
Sous unité N°1 du canal de Briare
Sous unité N°2 des lacets entre canaux et Trézée
Sous unité N°3 du canal noyé
Sous unité N°4 du canal rectiligne
Étangs et rigoles d’alimentation
1
2
3
412 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Cette sous-unité se caractérise par la traversée
d’un tissu urbain mixte et la rencontre du canal avec
la Loire. Dédié aujourd’hui au loisir, le canal porte
encore les traces d’une intense activité industrielle.
La manufacture des Émaux de Briare marque encore
le paysage, notamment avec la dune aux émaux,
apparue en bord de canal avec l’accumulation des
rebuts de production. Le canal prend ici une forme
plus complexe, se diffuse dans la ville et s’éloigne
du tracé homogène du reste de son parcours.
Il s’évase pour former de vastes miroirs
qui reflètent la silhouette de la ville,
ponctués de bateaux de plaisance. Il se
divise en deux bras qui témoignent de la
pugnacité des Hommes à surmonter les
difficiles traversées de la Loire. Le premier
bras, toujours navigable conduit au monumental
pont-canal, et poursuit son chemin sur l’autre rive de
la Loire. Le second bras est l’ancien tracé qui conduit
aux points de traversée du fleuve utilisés avant la
construction du pont canal. L’écluse de Baraban
est utilisée à la mise en service, puis l’écluse des
Combles, qui conclut le parcours du canal latéral
jusqu’à Châtillon-sur-Loire réalisé en 1838.
La sous-unité paysagère du canal à Briare
Pont canal
Port de
plaisance
Usine élevatoire
Tissus urbains diversifiés
L’A77 Ancien canal
Digue de la Loire à Briare L’usine élévatoire depuis le Pont-canal L’église Saint-Étienne qui se reflète dans l’ancien canal13 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Ouzouer-sur-Trézée Aqueduc de la Trezée Ouzouer-sur-Trézée
La sous-unité des lacets entre
canaux et Trézée se caractérise par
l’entremêlement du canal et de la
Trézée. L’A77 marque l’entrée dans
cette sous-unité paysagère. Le canal
quitte ici ses abords construits
pour une lisière boisée de plusieurs
centaines de mètres où sillonne la
Trézée, ou le chevelu de ces deux
affluents, le ruisseau de l’Aubruyère et
du Botteron.
Si l’ambiance boisée des bords de
canal domine, le jalonnement des
écluses, les ouvertures sur le paysage
agricole et la croisée d’ouvrages (ligne
haute tension, pont de la conduite
d’adduction de l’usine élévatoire)
rythment le parcours. Le corset boisé
de l’unité, ne s’efface qu’au niveau
d’Ouzouer-sur-Trézée, où les usages
de la commune s’ouvrent sur le canal
: place de marché, parc de la salle des
fêtes, aire de camping-car.
Sous-unité paysagère des lacets entre canaux et Trézée
Tracé sinueux de la Trézée
Écluse
Ourlet boisé
Chemin de halage14 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Le bief de partage n’est pas qu’un point
important dans le fonctionnement
hydraulique du canal de Briare.
C’est aussi un paysage singulier le
long du canal. Ici, plusieurs étangs
s’implantent aux abords immédiats
du canal. Si le gabarit du canal reste
identique, l’eau repousse l’ourlet boisé
à plusieurs centaines de mètres. Les
vastes surfaces d’eau de l’étang de la
Gazonne, des Boudinières (15 ha plus
8 ha de zone humide) puis du Petit
Chaloy (8,8 ha) agissent comme des
miroirs qui reflètent le ciel et invitent à
la rêverie. Plus loin l’étang du Chesnoy
et de Grande Rue, reliés au canal par
des rigoles amènent ce labyrinthe
hydraulique au cœur d’une dense
forêt.
Sous-unité paysagère du bief de partage et le canal noyé
Abduction d’eau de
l’usine élévatoire
Étang du Petit
Chaloy
Étang de la
Baudinière
Étang de la
Gazonne
Roselière de la
queue d’étang
Étang du
Chesnoy
Bois
humide
Des terasses dans la pente Bord du canal accessible Tracé du canal et étangs d’emprunts Ponton de l’étang des FichusLa jonction de la rigole de Saint-Privé et
la présence de silos à grains marquent
l’entrée dans cette sous-unité. Le canal
ouvre alors une longue perspective en
adoptant un tracé rectiligne de près
de 1,5 kilomètre. De vastes séquences
forestières alternent avec des ouvertures
franches sur le paysage agricole. Dans
ce paysage agricole ouvert, une ripisylve
émerge. Elle ne couvre pas un cours
d’eau, mais l’ancien tracé sinueux du
canal, supplanté par une géométrie
plus efficace. L’ancien canal constitue
aujourd’hui une ruine propice aux espèces
de zones humides. L’arrivée du canal sur
les hauteurs de Rogny-les-Sept-Écluses
offre un point de vue dégagé marqué par
les ruines de l’échelle des sept écluses.
Les façades alignées et la silhouette
du bourg se reflètent dans la courbe du
canal. Au cœur du village, le canal se mêle
au Loing autour d’une île-jardin avant
de reprendre son indépendance et de
partager le lit majeur du Loing.
Ancien canal de l’étang Neuf Grande perspective Les-sept-Écluses
Sous-unité paysagère du canal rectiligne
Ouverture sur le
paysage agricole
Ancien canal
D14
Canal rectiligne16 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Dynamique paysagère du canal de Briare
Orthophotographie 1947 Orthophotographie 2025
Stabilité du canal
L’analyse des photographies aériennes sur
cinquante ans révèle une grande pérennité du
canal de Briare et de ses ouvrages d’art hérités
du XVIIe siècle. Le pont-canal, les écluses et les
maisons éclusières, ou encore les Sept Écluses de
Rogny (inutilisées depuis 1887), constituent des
constantes dans le paysage.
La gestion d’un paysage hydraulique
Cette stabilité de l’ouvrage dans le paysage est
liée à sa gestion par VNF. Le gestionnaire lutte
notamment contre l’accumulation de sédiments au
fond du canal qui réduit la profondeur disponible
pour la navigation. Pour compenser cette perte de
tirant d’eau, le niveau de la voie est artificiellement
relevé, ce qui fragilise des ouvrages qui n’ont
pas été conçus pour de telles pressions. Dans
ces conditions, les travaux de dragage sont
indispensables et réalisés dans le cadre du Contrat
d’Objectifs et de Performance de VNF 2020-2029.
Un cloisonnement du canal
Aux abords du canal, on note l’épaississement des
boisements le long de la voie d’eau, qui témoigne
des difficultés à gérer le patrimoine végétal d’un
tel linéaire et qui tend à isoler le canal de son
environnement immédiat.
Le barrage de Grand Rue
L’étang de Grand-Rue, vaste réservoir de 125
hectares, fait l’objet d’un projet de réhabilitation
d’envergure suite à sa vidange en 2011 pour
des raisons de sécurité structurelle. Ce site est
stratégique non seulement pour l’alimentation
rapide du bief de partage en moins de deux heures,
mais aussi pour sa biodiversité exceptionnelle
classée Natura 2000, aujourd’hui menacée par
l’absence d’eau et l’enfrichement. Les travaux
de consolidation actuellement menés visent une
remise en service complète à l’horizon 2028,
permettant ainsi de restaurer à la fois ses fonctions
hydrauliques cruciales et ses milieux naturels de
pelouses amphibies en régression.17 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Mise en récit des enjeux paysagers
L’ utopie : Le canal moteur d’une économie touristique locale vertueuse
Niveau d’eau stable permettant la naviga-
tion touristique sur le canal
Les étangs d’alimentation du canal sont valorisés
comme des espaces de biodiversité et de décou-
verte du territoire pour les visiteurs
Des quais aménagés et entretenus, support de mo-
bilité douce
Valorisation culturelle et
pédagogique du canal
Mises en valeur des ouvrages
liés au canal
Création de lien entre le canal et les
bourgs qu’il traverse
Réhabilitation des anciennes maisons éclusières et
leurs abords
Pour ouvrir la phase d’objectif de qualité paysagère,
l’équipe a produit des collages prospectifs sur
l’évolution de chaque unité paysagère. Une vision
utopique propose une vision idéalisée des paysages
et de la relation entre les acteurs, tandis qu’une
vision dystopique propose un scénario marqué
par l’éclatement du dialogue dans un contexte
d’accélération du changement climatique. Ces
visions forcément caricaturales ont été présentées
aux élus et aux habitants lors des ateliers afin de
susciter le débat sur le devenir du territoire.
L’utopie du canal de Briare
L’avenir du canal se dessine comme le moteur d'une
économie touristique vertueuse où l'infrastructure
devient un lieu de vie et de découverte. Cette vision
propose la réhabilitation des maisons éclusières et
la mise en valeur des ouvrages d'art pour renforcer
l'attractivité culturelle du territoire. Les étangs
d’alimentation sont maintenus pour permettre le
maintien du niveau d’eau. Ils s'ouvrent aux visiteurs
curieux de la biodiversité qu’ils accueillent tandis
que les quais aménagés favorisent les mobilités
douces.Le niveau d’eau du canal ne permet
plus son bon fonctionnement
Les étangs d’alimentation et les
rigoles sont vidés et s’enfrichent
Les quais et voies de hallage ne sont
plus entretenus
Les aménagements autour du canal
sont banalisés et peu valorisés
Oublie du patrimoine du canal Oublie du patrimoine du canal Le canal ne dialogue pas avec les bourgs qu’il traverse.
Destruction ou abandon des maisons éclusières
Mise en récit des enjeux paysagers
Dystopie : l’effacement d’un paysage infrastructurel
La dystopie du canal de Briare
La dystopie du canal de Briare dépeint un futur
où l’infrastructure s’efface progressivement du
paysage sous l’effet de l’abandon et du manque
d’entretien. Les étangs d’alimentation, dont la
gestion se complexifie, sont désormais vidés et
s’enfrichent progressivement. Ce phénomène
entraîne la perte des zones humides remarquables
au profit de milieux forestiers fermés, provoquant la
disparition des habitats naturels caractéristiques.
Le niveau d’eau nécessaire au bon fonctionnement
de l’ouvrage n’étant plus atteint, la navigation de
plaisance cesse définitivement. Cette rupture
hydraulique paralyse l’activité touristique du
territoire avec la fin des croisières et la baisse
de fréquentation du pont-canal, désormais à sec
durant la période estivale. Les aménagements
entourant la voie d’eau sont banalisés et perdent
leur attractivité pédagogique et culturelle.
Les maisons éclusières tombent en ruine
ou sont détruites, tandis que les quais et les
anciennes voies de hallage se dégradent faute de
maintenance. Dans ce scénario de déprise, le canal
perd tout dialogue avec les bourgs qu’il traverse
et l’identité paysagère liée à l’eau s’effondre. Le
tourisme se réduit alors à la visite de quelques
éléments patrimoniaux isolés au sein d’un paysage
infrastructurel en voie d’effacement.19 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
2/L’unité paysagère - Forêt des étangs de Puisaye
Sous unité N°1 de la Trézée et des étangs d’alimentation
Sous unité N°2 de la forêt de Puisaye
1
2 Carte des sous-unité paysagère de la forêt des Étangs de Puisaye Berges de l’étang du château
L’unité paysagère de la forêt des Étangs de Puisaye
se définit comme une vaste étendue forestière
humide, principalement privée, dont le relief est
rythmé par de grands étangs dédiés en partie à
l’alimentation du canal de Briare.
La forêt quadrillée
Le massif présente un contraste marqué entre
la diversité naturelle des essences et le tracé
rigoureux d’un réseau de chemins forestiers
organisé de manière systématique. L’omniprésence
de miradors, de grillages et d’aménagements liés à
l’exploitation du bois souligne la double vocation
cynégétique et sylvicole de cette forêt.
La forêt ponctuée
Au cœur de cette forêt, les étangs et les rigoles
gérés par Voies Navigables de France constituent
des espaces ouverts au public et représentent des
axes rares pour parcourir le massif. Un maillage
hydraulique anthropisé ou spontané de mares
forestières, favorise l’existence de zones de
biodiversité rares colonisées par une végétation
humide. Ces points d’eau et de transit créent des
respirations au sein du couvert forestier, offrant
des ambiances singulières liées à la présence
constante de l’élément aquatique.
Clairière agricole
Des clairières agricoles rythment la traversée
de la forêt. Certaines sont de vastes étendues
céréalières offrant des vues dégagées, tandis que
d’autres, plus intimes, accueillent des troupeaux
paissant entre les haies, dans un paysage plus
confidentiel de bocage.
L’organisation spatiale de ces clairières s’articule
principalement autour de fermes isolées ou de
hameaux , témoignant de l’activité agricole et de
l’histoire locale, à l’image de Champoulet où les
clairières agricoles s’intègrent au tissu urbain.20 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Sous-unité paysagère de la forêt de Puisaye
Mare forestière
Domaine de
chasse
Taillis sous futaie
de Chêne
Ferme
abandonnée
Clairière agricole
Grillage
Portail
Chemin
forestier inaccessible
La sous-unité de la forêt de
Puisaye se caractérise par des
parcelles forestières exploitées qui
s’entremêlent avec des clairières
agricoles à dominante bocagère.
L’exploitation sylvicole et l’activité
cynégétique constituent les usages
majeurs de cet espace et marquent
le paysage par leurs aménagements
(miradors de chasse, grillages, etc.).
En dépit d’une apparence
homogène, la configuration des
grandes parcelles forestières
engendre une perception
nuancée des paysages, laquelle
varie en fonction des essences
d’arbres présentes, des modalités
d’exploitation mises en œuvre et des
interfaces paysagères observées
avec les paysages liés à l’agriculture
et à l’eau.
Route entre la forêt et le Bourdon Clairières forestières
Exploitation sylvicole21 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Sous-unité paysagère de la Trézée et des étangs d’alimentation
Étang du
Château
Rigole
Chemin
d’entretien des rigoles
Digue
Vanne
Queue d’étang
Tourbière
Berges
Étang
de la Tuilerie
Roselière
La sous-unité de la Trézée et des
étangs d’alimentation se distingue
par un réseau hydrographique dense
qui serpente à travers la forêt. Les
rigoles, ruisseaux et canaux tissent
le fil conducteur difficilement
perceptible d’un réseau d’étangs.
Certains traversent les routes
forestières, offrant une vue sur
leurs différents profils : plutôt semi-
naturels et sinueux en sous-bois,
parfois plus construits et larges,
bordés d’un chemin d’entretien et
d’arbres en lisière de bois.
Les étangs ponctuent et rythment
le paysage de la forêt. D’abord
anthropiques, leurs berges
définissent des paysages de
transition singuliers, où la végétation
et les milieux humides s’imbriquent
dans la forêt.
Étang de la Cahauderie
Étang Neuf Rigole des Beaurois Déversoir du petit Chaloy22 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
En Puisaye, la majorité des parcelles forestières
sont privées et historiquement gérées en taillis
sous futaie avec une réserve de chênes pédonculés.
Le sous-étage est composé de taillis de charmes,
d’érables champêtres, de trembles et de frênes.
La futaie de chêne est généralement conduite
pour la production de bois d’œuvre, le chêne de
Puisaye étant reconnu pour sa grande qualité
grâce aux propriétés spécifiques des sols argilo-
limoneux. Une parcelle dotée de beaux sujets
représente une manne financière importante,
estimée à environ 150 €/m³. Cependant, différents
problèmes sanitaires tels que l’oïdium du chêne ou
la chalarose du frêne affectent la forêt. Conjugués
au changement climatique, ces aléas questionnent
désormais les modes de gestion futurs de ce
patrimoine sylvicole.
Extension, engrillagement et
privatisation de la forêt
On constate une augmentation des surfaces
forestières due notamment à l’enfrichement des
parcelles agricoles, au regroupement foncier
et à l’extension des domaines de chasse. Cette
dynamique bénéficie aux activités cynégétiques
qui participent activement à la privatisation de
ce paysage boisé. La création de linéaires de
clôtures, parfois accompagnés d’une haie et d’un
chemin d’entretien, marque la propriété privée et
réorganise profondément la structure de la forêt
ainsi que la perception que l’on peut en avoir
depuis l’espace public.
Mise en tourisme des étangs
En contraste avec l’engrillagement croissant de
la forêt, les étangs et les rigoles tendent à devenir
les principaux points de découverte de la forêt de
Puisaye. En accord avec Voies Navigables de France
(VNF), une stratégie de valorisation du paysage des
étangs dans leur écrin boisé est progressivement
dessinée par les professionnels du tourisme et les
acteurs locaux.
Dynamique paysagère de la Forêt des étangs de Puisaye
Orthophotographie 1947 Orthophotographie 201923 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Les étangs s’affirment comme des espaces
écotouristiques majeurs du territoire
La forêt est gérée de
manière raisonnée
L’usage des forêts est abordé
et organisé collectivement
La forêt est accessible, des chemins
de randonnée s’ouvrent
Espaces de sensibilisation et de découverte des milieux forestiers Les forêts ne se ferment plus par le biais de l’engrillagement.
Mise en récit des enjeux paysagers
L’utopie : la forêt partagée
Pour ouvrir la phase d’objectif de qualité paysagère,
l’équipe a produit des collages prospectifs sur
l’évolution de chaque unité paysagère. Une vision
utopique propose une vision idéalisée des paysages
et de la relation entre les acteurs, tandis qu’une
vision dystopique propose un scénario marqué
par l’éclatement du dialogue dans un contexte
d’accélération du changement climatique. Ces
visions forcément caricaturales ont été présentées
aux élus et aux habitants lors des ateliers afin de
susciter le débat sur le devenir du territoire.
L’utopie de la forêt des étangs de Puisaye
Cette vision idéale projette une forêt de Puisaye
où l’usage des espaces est abordé et organisé
de manière collective entre tous les acteurs du
territoire. Dans ce scénario, les massifs forestiers
ne se ferment plus par le biais de l’engrillagement,
permettant une circulation fluide de la faune.
Une gestion raisonnée assure la présence durable
de la forêt dans le paysage. La création de nouveaux
chemins de randonnée permet la découverte de
cette unité par le plus grand nombre. Au cœur
de la forêt, les étangs s’affirment alors comme
des espaces écotouristiques majeurs, mêlant
des espaces de sensibilisation et de découverte
des milieux naturels. Ce modèle repose sur une
harmonie retrouvée où la préservation de la
biodiversité et l’activité sylvicole coexistent avec
une appropriation sociale et pédagogique de la
forêt par les habitants et les visiteurs.24 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Les étangs et mares forestiers
s’enfrichent et ne sont plus visibles
La forêt est exploitée de manière intensive au détriment de la qualité écologique et paysagère
Les parcelles forestières se privatisent et
se transforment en domaines de chasse
La déprise agricole se traduit par
l’extension de la forêt et sa privatisation
La forêt s’engrillage
Mise en récit des enjeux paysagers
Dystopie : la forêt confisquée
La dystopie de la forêt des étangs de
Puisaye
Ce scénario dépeint un futur marqué par un
renforcement massif mais délétère de la forêt dans
le paysage. La déprise agricole et la vidange des
étangs, autrefois dédiés à la navigation sur le canal
de Briare, entraînent une extension incontrôlée
des boisements. Paradoxalement, si la forêt
occupe une place plus importante dans l’espace,
elle n’en devient pas plus accessible pour autant.
Au contraire, l’augmentation de la couverture
forestière s’accompagne d’une privatisation
croissante du territoire où les parcelles se
transforment massivement en domaines de chasse
clos. Ce phénomène provoque un engrillagement
systématique qui fragmente le paysage, dresse
des barrières physiques et interdit tout accès au
public.
Dans cette vision, la forêt est exploitée de manière
intensive au détriment de sa qualité écologique
et paysagère, tandis que les étangs et les mares
forestières s’enfrichent jusqu’à ne plus être
visibles. L’absence de dialogue entre les acteurs
locaux conduit à un éclatement de la gestion
territoriale, particulièrement critique dans un
contexte de changement climatique accéléré.
Ce patrimoine naturel se retrouve ainsi réduit à
un espace purement productif ou récréatif privé,
perdant sa fonction de bien commun et son identité
poyaudine.25 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Carte des sous-unité paysagère de la vallée du Loing
3/ L’unité paysagère de la vallée du Loing
Une colonne vertébrale
Depuis ses sources, à la limite des collines de
Forterre, la vallée du Loing regroupe plusieurs
séquences qui traversent le territoire de la Puisaye.
La première se situe au sud, où les collines de
Forterre offrent de larges points de vue sur
les sources du Loing et d’immenses parcelles
céréalières. La seconde apparaît ensuite, là où le
lit du Loing se mêle à une topographie collinaire et
à un réseau de « bouchures » caractéristique de
la Haute-Puisaye. Enfin, la vallée du Loing entaille
de manière plus linéaire le plateau agricole en
aval. Le fond de vallée est alors large de plus d’une
centaine de mètres, bordé par deux larges coteaux
d’une trentaine de mètres de hauteur chacun. Des
affluents complètent ce paysage de l’eau jusqu’au
cœur des plateaux agricoles.
Un cours d’eau discret
En Puisaye, le Loing, proche de ses sources, est un
cours d’eau encore assez modeste qui dépasse
rarement huit mètres de largeur. L’ourlet de sa
ripisylve se mêle au bocage, rendant le Loing assez
discret. Bien que facile à lire grâce à sa topographie,
les ouvertures directes sur l’eau sont rares.
Au centre des activités humaines
La vallée du Loing est aussi un bassin de vie pour
les habitants de la Puisaye. Les bourgs peuplés du
territoire se sont installés le long du cours d’eau,
notamment sur les coteaux du Loing qui comptent
des villes telles que Saint-Sauveur-en-Puisaye,
Saint-Fargeau ou encore Rogny-les-Sept-Écluses.
Bien que le Loing ait gardé un tracé plutôt naturel
sur ce territoire, la plupart des composantes
qui marquent l’identité de la vallée — bocages,
moulins ou encore prairies pâturées — rappellent
son caractère humanisé.
Sous unité N°1 de la Source du Loing en Forterre
Sous unité N°2 de la vallée bocagère de haute Puisaye
Sous unité N°3 de la vallée du Loing
Sous-unité N°4 des affluents
1
2
3
4
Le Loing à Saint-Privé26 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Sous-unité paysagère des sources du Loing
Grande parcelle
céréalière
Haie
bocagères
Arbres isolés
Collines de
forterre
Grande ferme
Sources du Loing La sous-unité des sources du
Loing se caractérise par un
paysage ouvert et vallonné,
typique du territoire de la
Forterre. De vastes parcelles de
cultures céréalières quadrillent
le paysage, exploitées par
de grandes fermes qui les
surplombent, le tout bordé par
quelques arbres d’alignement
ou isolés. En fond de vallée,
un réseau de ruisseaux et de
sources aux abords desquels se
sont installées des fermes plus
anciennes telles qu’au niveau
des sources du Loing (14e - 19e
siècle).
Source du Loing Ferme en promontoire Horizon sur les cheminées des centrales27 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Sous-unité paysagère des collines de Haute Puisaye
Ripisylve
cultures
céréalières
Bourg
Route
départementale
Le Loing
Prairies
humides Haie bocagère
La sous-unité des collines de
Puisaye se caractérise par
un paysage de collines et de
petits vallons, fermé par une
forte densité de parcelles
bocagères. Un large réseau
de haies, d’arbres isolés et
d’alignements lie entre elles
prairies humides et cultures
céréalières, complexifiant la
lecture de la topographie. La
sous-unité est traversée par le
Loing qui s’écoule en tresse, se
confondant avec ses affluents,
masqué par sa ripisylve et le
réseau bocager.
Prairie humide en fond de vallée Arbre isolé Eglise de Moutier Paysage bocager autour du Loing28 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Sous-unité paysagère de la vallée cultivée
Rypisilve
Villages de
coteau
Parcelles
céréalières
Le Loing
Rigole de St Privé
Haies
bocagères
Peupleraies La vallée cultivée forme une
entaille dans le plateau agricole
autour de laquelle se concentre
la plupart des espaces urbains.
Sur les coteaux s’étend une
mosaïque de larges parcelles
céréalières, prairies humides,
pâtures et boisements, parfois
liées entre elles par des haies
bocagères. Le fond de vallée,
plus large, est marqué par la
présence du Loing, masqué
par sa ripisylve, qui s’écoule
toujours en tresse en parallèle
de la rigole de St-Privé qui suit
les courbes topographiques du
coteau.
L’horizon s’ouvre sur la val-
lée depuis Saint-Sauveur Jardin d’Eau Pierre Doudeau à Bléneau Réservoir du Bourdon Prairie humide du Loing29 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Sous-unité paysagère des affluents Ripisilve Prairie
Cette sous unité est définie par
un ensemble de rus permanents
ou intermittents qui modèlent le
relief du plateau. Elle est le trait
d’union entre le paysage du
plateau et les vallées du Loing
et de la Trézée. La sous unité
rassemble des cours d’eau au
caractère hétérogène : le Ru du
Pont Chevron, et de L’Aubruyere
affluents de la Trézée et le
Beaune, la Chasserelle et 3 rus
intermittents en face de Saint
Privé affluents du Loing. Le
point commun de ces rus est
leur caractère anthropisé, avec
la mise en place d’étangs utiles
à l’alimentation du canal de
Briare. Entre ces étangs, les rus
offrent des tracés sinueux qui
se mêlent au bocage.
Ru du Pont Chevron Reliefs du ruisseau de l’étang de la Filionnière Vallée du Beaune30 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Le maintien des prairies humides
En fond de vallée, les prairies humides semblent être
préservées à travers le temps. Bien que le bocage
puisse toujours s’observer, la vallée n’échappe
pas à la disparition des haies. Ponctuellement,
certaines prairies de fond de vallée semblent
néanmoins être converties à la culture plutôt que
maintenues.
Le détachement de l’Homme du Loing
L’abandon progressif de certains ouvrages
hydrauliques quotidiens (les moulins ou les
lavoirs), remplacés par de nouveaux paradigmes
techniques, contribue au détachement des
populations du cours d’eau. Le Loing, qui serpente
principalement à travers des parcelles privées, voit
sa ripisylve s’épaissir progressivement.
Extensions urbaines en bord du Loing
La vallée aval du Loing est jalonnée de villages
dont l’urbanisation s’est étendue progressivement
le long des axes de communication parallèles au
cours du Loing. Ces changements dessinent une
Forterre aux horizons ouverts et maîtrisés par
l’agriculture et une Puisaye où la nature et la forêt
reprennent leurs droits.
Dynamique paysagère de la vallée du Loing
Orthophotographie 1947 Orthophotographie 201931 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Ouverture ponctuelle qui valorise les points
de vue sur le Loing
Les paysages bocagers des versants du Loing
sont valorisés et entretenus
Le petit patrimoine de l’eau est mis en valeur En zone urbaine ou abords de certains sites, des aménagements de qualités sont mis en place en bord de rivière
Chemins de randonnée ludiques et pédagogiques le long du Loing
Préservation des prairies humides et des pâturages
Mise en récit des enjeux paysagers
L’utopie : La vallée vivante
Pour ouvrir la phase d’objectif de qualité paysagère,
l’équipe a produit des collages prospectifs sur
l’évolution de chaque unité paysagère. Une vision
utopique propose une vision idéalisée des paysages
et de la relation entre les acteurs, tandis qu’une
vision dystopique propose un scénario marqué
par l’éclatement du dialogue dans un contexte
d’accélération du changement climatique. Ces
visions forcément caricaturales ont été présentées
aux élus et aux habitants lors des ateliers afin de
susciter le débat sur le devenir du territoire.
L’utopie de la vallée du Loing
Dans cette vision idéale, la vallée du Loing s’affirme
comme un espace dynamique où la préservation
écologique et l’activité humaine s’équilibrent
harmonieusement. Les paysages bocagers des
versants sont entretenus et valorisés, tandis que
les prairies humides et les pâturages bénéficient
de mesures de protection pérennes. Le patrimoine
local est mis en lumière à travers la restauration
du petit patrimoine de l’eau et l’aménagement de
qualité des zones urbaines ou des abords de sites
remarquables.
L’accessibilité et la pédagogie sont au cœur de ce
projet, avec la création de chemins de randonnée
ludiques le long du cours d’eau et l’aménagement
d’ouvertures ponctuelles offrant des points de
vue dégagés sur le Loing. Cette approche permet
de transformer la vallée en un véritable lieu de
découverte et de partage, renforçant le lien entre
les habitants et leur environnement naturel.32 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Le Loing est dissimulé derrière le dévelop-
pement de la végétation sur
les terres incultivables
Les paysages bocagers des versants du
Loing disparaissent progressivement
Le patrimoine de l’eau est
abandonné et s’efface
Aucun aménagement n’est
proposé le long du Loing
Les sentiers de randonnées ne
sont pas entretenus ou balisés
Les prairies humides dispa-
raissent
La mosaïque agricole du terri-
toire se standardise
Mise en récit des enjeux paysagers
Dystopie : Le Loing oublié
La dystopie de la vallée du Loing
Ce scénario dépeint un futur où la vallée perd son
identité au profit d’une standardisation des paysages
et d’un abandon des structures historiques. Les
paysages bocagers qui caractérisent les versants
du Loing disparaissent progressivement, tandis
que la mosaïque agricole du territoire se banalise.
Le cours d’eau lui-même devient invisible,
dissimulé derrière un développement anarchique
de la végétation (renouée du japon) sur les terres
laissées incultivables.
Sur le plan environnemental et patrimonial, les
conséquences sont marquées par la disparition
des prairies humides et l’effacement progressif
du petit patrimoine de l’eau, laissé à l’abandon. Ce
déclin s’accompagne d’une rupture du lien avec le
public : aucun aménagement n’est plus proposé
le long de la rivière et les sentiers de randonnée,
faute d’entretien ou de balisage, finissent par
devenir impraticables. La vallée cesse ainsi d’être
un espace de vie et de partage pour devenir un
paysage fonctionnel dégradé.33 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
L’identité de cette unité repose sur un
entrelacement permanent entre les massifs
forestiers et les espaces cultivés, traversés par des
routes rectilignes bordées de fossés.
Les ouvertures liées aux cultures
Le regard y parcourt une succession de «chambres
agricoles» cloisonnées par les bois, offrant des
ouvertures allant de quelques centaines de mètres
à plusieurs kilomètres sur la rive droite du Loing.
Ces perspectives, parfois cadrées par des lignes
électriques, butent systématiquement sur un
horizon boisé qui maintient le paysage à une
échelle humaine malgré l’étendue des cultures
céréalières ou de maïs.
L’arbre et l’eau omniprésents
L’arbre reste omniprésent à travers un maillage de
bosquets, de bois importants et d’un bocage qui,
bien que marqué par le remembrement, persiste
entre les parcelles ou dans le prolongement des
cours d’eau. Cette végétation se mêle étroitement
au réseau hydraulique composé d’affluents du
Loing et de la Trézée.
Un dense maillage de fermes
Le plateau est ponctué d’un maillage dense de
fermes souvent isolées, accessibles par des
voies rectilignes parfois plantées d’arbres.
Ces exploitations, qui intègrent presque
systématiquement des mares et ponctuellement
des vergers, présentent un bâti à la qualité
hétérogène. Si leur intégration paysagère
est généralement réussie, l’extension de ces
bâtiments sur les points hauts constitue un enjeu
architectural majeur.
4/ L’unité paysagère des plateaux cultivés
1
2
Sous unité N°1 des plateaux ondulés
Sous unité N°2 des plateaux de Basse Puisaye Plateau entaillé par la vallée du Loing Carte des sous-unités paysagère des plateaux cultivés34 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Sous-unité paysagère des plateaux ondulés
Prairie Bosquet
Bois
Arbre isolé
Champs La sous-unité paysagère des
plateaux ondulés se caractérise par
une fine imbrication de champs, de
prairies et de bois. Cette matrice se
décline selon des rapports différents
entre ces trois éléments, connectés
par le bocage.
En résulte un paysage de culture
cloisonné par la présence de bois, de
bosquets et de fermes et hameaux
isolés. La topographie modelée par
les affluents du Loing et de la Trézée
offre ponctuellement des vues
lointaines.
Récolte des foins Parcelles de céréales Ferme isolée35 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Sous-unité paysagère des plateaux de basse Puisaye
Étang
cultures
céréalières
Résineux
Bosquet
Enfrichement des
parcelles agricoles
Enfrichement du
réseau de haie
La sous-unité des plateaux de
basse Puisaye se caractérise par
une densité de boisements plus
forte. Par endroits, le bocage en
déprise tend à se confondre avec
la forêt, avec une frontière plateau
agricole-forêt subtile.
Cette évolution crée une
mosaïque de paysages imbriqués,
notamment marquée par des
parcelles de résineux plus
présentes que sur le plateau
forestier. Par ailleurs, la présence
d’étangs et de zones humides
contribue à une continuité des
perceptions de l’unité de forêt des
étangs, même si la présence de
parcelles céréalières s’intensifie
et crée des ruptures d’ambiance
entre les vallons dessinés par les
affluents de la Trézée.
Anciennes trognes Résineux victimes des scolytes Vache sur une prairie Élevage porcin36 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Transformation des pratiques agricoles
Les plateaux agricoles de la Puisaye ont vu leur
paysage drastiquement changer depuis la seconde
partie du XXè siècle. Les objectifs d’augmentation
des rendements agricoles ont amené aux
regroupements et au drainage des terres au
profit de la culture céréalière. Ce remembrement
parcellaire s’accompagne d’une disparition
progressive du bocage poyaudin, de ses haies,
de ses trognes et de ses bosquets désormais
résiduels. Les paysages sont davantage ouverts
qu’avant.
En basse Puisaye, une dynamique de reboisement
tend à confondre les limites de l’unité avec celle de
la forêt des étangs de Puisaye à l’est et de la forêt
d’Orléans à l’ouest.
Par ailleurs, un champ photovoltaïque a récemment
été installé à Briare, une dynamique en cours que
l’on peut anticiper.
Dynamique paysagère des plateaux cultivés
Orthophotographie 1947 Orthophotographie 201937 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Maintien et replantation du bocage et des
arbres isolés
Les prairies humides et ripisylves en bords de cours
d’eau sont conservées
Maintien de l’élevage extensif Implantation raisonnée et intégrée des énergies renouvelables
La campagne est habitée et
praticable pour tous les usagers
Développement d’une nouvelle économie
rurale qui crée du lien entre le territoire et
ses agriculteurs
Adaptation respectueuse de l’architec-
ture des corps de fermes
Mise en récit des enjeux paysagers
L’utopie : Maintien d’une agriculture diversifiée à l’échelle humaine
Pour ouvrir la phase d’objectif de qualité paysagère,
l’équipe a produit des collages prospectifs sur
l’évolution de chaque unité paysagère. Une vision
utopique propose une vision idéalisée des paysages
et de la relation entre les acteurs, tandis qu’une
vision dystopique propose un scénario marqué
par l’éclatement du dialogue dans un contexte
d’accélération du changement climatique. Ces
visions forcément caricaturales ont été présentées
aux élus et aux habitants lors des ateliers afin de
susciter le débat sur le devenir du territoire.
L’utopie des plateaux agricoles
Cette vision idéale projette le maintien d’une
agriculture diversifiée et à l’échelle humaine,
où l’économie rurale crée un lien direct entre les
agriculteurs et le territoire. Le paysage est marqué
par une adaptation respectueuse de l’architecture
des corps de ferme historiques et le maintien de
l’élevage extensif. Les énergies renouvelables sont
intégrées au paysage de manière raisonnée et
réfléchie, évitant toute saturation visuelle.
La structure végétale est préservée grâce au
maintien et à la replantation systématique du
bocage et des arbres isolés. Le long des cours
d’eau, les prairies humides et les ripisylves
sont conservées, assurant la protection de la
biodiversité locale. Dans ce scénario, la campagne
reste habitée et praticable pour tous les usagers,
favorisant une cohabitation harmonieuse entre les
activités de production et les fonctions récréatives.38 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Disparition des haies bocagères et des arbres isolés Les parcelles agricoles s’agrandissent au détriment des espaces de biodiversité
L’échelle humaine laisse place à
l’échelle de la machine
Implantations irraisonnées des énergies renouvelables
Certaines fermes sont abandonnées quand d’autres
s’agrandissent sans prendre en compte le paysage
Les paysages agricoles ne sont pas
partagés et ne participent pas au
développement du tourisme vert
Extensions peu qualitatives des exploitations
Mise en récit des enjeux paysagers
Dystopie : L’industrialisation extrême du paysage agricole
La dystopie de la vallée du Loing
Ce scénario dépeint un futur où l’échelle humaine
du paysage s’efface au profit de celle de la
machine. Les parcelles agricoles s’agrandissent de
manière démesurée au détriment des espaces de
biodiversité, tandis que les haies bocagères et les
arbres isolés disparaissent totalement du plateau.
Certaines fermes sont abandonnées, tandis que
d’autres s’étendent par des constructions peu
qualitatives sans aucune considération pour
l’harmonie paysagère.
Dans cette vision, les paysages ne sont plus
partagés et ne participent plus au développement
du tourisme vert. L’espace rural se transforme
en une zone de production industrielle marquée
par une implantation irraisonnée des énergies
renouvelables, comme des parcs éoliens et
photovoltaïques saturant l’horizon. Ce processus
de standardisation transforme le plateau en un
environnement fonctionnel et monotone, où le
dialogue entre l’activité agricole et la qualité du
cadre de vie est définitivement rompu.39 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Les objectifs de qualité paysagère
Volet 340 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Les Objectifs de qualité paysagère
Valoriser
l’eau dans
les paysages
Partager les
paysages
Eco-tourisme
Mobilités
Patrimoines
Zones humides
Canal
Rivières
Étangs
Adapter les
paysages
Transitions
Bocage
Agriculture
Forêt
EnergieOQP n°1 Adapter les paysages
OQP n°1 Le patrimoine agricole, forestier et naturel participe pleinement à la renommée et à la qualité des paysages de la Puisaye. Ce capital, parfois fragile, doit être préservé et s’adapter en profondeur pour faire
face au changement climatique. Les températures
annuelles moyennes pourraient atteindre 14°C
d’ici 2100 (contre 11,5° en moyenne entre 2005 et
2026) , avec des canicules estivales fréquentes, et
les précipitations estivales devraient diminuer dès
2030, augmentant le risque de sécheresses et la
raréfaction de l’eau. Cet objectif de qualité paysagère
vise à t accompagner les transitions écologiques par
le paysage et dans un souci de sobriété.
Transition urbaine
Les nouvelles constructions contribuent à la
banalisation du paysage et à la dégradation des
milieux. L’adaptation des bâtiments existants, par
la rénovation thermique ou l’intégration de modes
de production d’énergie renouvelable compatibles
avec le paysage, constitue un levier pour renforcer la
résilience du territoire. Le plan de paysage propose
une réflexion globale sur les paysages construits,
afin de guider les choix d’urbanisation vers des
formes harmonieuses, tout en maintenant les
continuités écologiques.
Transition agricole et forestière
L’adaptation de l’agriculture et de la sylviculture au
changement climatique se pense non seulement
techniquement, mais aussi à travers l’impact de
ces activités sur la fabrication des paysages. Dans
un contexte où ces espaces restent largement sous
maîtrise privée, la puissance publique peut jouer
un rôle pour impulser de nouveaux imaginaires et
encourager des pratiques conciliant production,
biodiversité et qualité paysagère. Elle peut également
stimuler les échanges interprofessionnels et soutenir
le développement de filières locales, renforçant la
connexion entre producteurs et habitants.
Transition énergétique
Au-delà de la sobriété, il s’agit d’organiser la
production d’énergies renouvelables de manière
volontaire, collective et mesurée. Dans un territoire
marqué par la présence de l’énergie nucléaire, ces
initiatives doivent s’intégrer harmonieusement
au paysage et à l’identité de la Puisaye, afin que la
transition énergétique renforce la résilience et la
cohérence paysagère du territoire.
Adapter les espaces habités au changement climatique
Accompagner la transition des systèmes agricoles et renforcer les circuits courts
Maintenir le bocage et l’arbre dans le paysage agricole
Préserver la qualité paysagère des forêts de Puisaye
Définir des modalités de production d’énergies compatibles avec les paysages
Les sous-objectifs de qualité paysagère
L’ objectif de qualité paysagère
1
2
3
4
5
Adapter les
paysages
Transitions
Bocage
Agriculture
Forêt
Energie42 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
Sous OQP 1.1
Adapter les espaces habités
au changement climatique
Sous OQP 1.2
Accompagner la transition
des systèmes agricoles et
renforcer les circuits courts
Sous OPQ 1.3
Maintenir le bocage et l’arbre
dans le paysage agricole
Sous OPQ 1.4
Préserver la qualité
paysagère des forêts de
Puisaye
Sous OPQ 1.5
Définir les modalités de
production d’énergies
renouvelables compatibles
avec les paysages
Mise en place Suivi de l’action Co-construction
Action 1.1.1 Créer un inventaire des arbres et alignements remarquables
Action 1.2.1 Lutter contre la déprise agricole par le soutien à l’élevage et la conservation des haies et prairies permanentes
Action 1.3.1 Mettre en place un projet «Puis’haies»
Action 1.4.2 Valoriser et développer les gestions forestières favorables à la biodiversité
Action 1.3.2 identifier le patrimoine végétal dans les documents de gestions et préciser les modalités de gestion
Action 1.5.1 Définir des critères d’intégration paysagère et une méthode d’analyse des projets d’énergie renouvelable
Action 1.5.3 Créer une commission ouverte de suivi des projets énergétiques
Action 1.5.2 Créer une carte de sensibilité paysagère aux différentes énergies
Action 1.3.3 Maintenir et développer les formes arborées traditionnelles (trognes, vergers)
Action 1.4.1 Conserver l’accès à la forêt des étangs de Puisaye
Action 1.4.3 Lutter contre l’engrillagement des forêts et veiller au respect de la nouvelle réglementation sur les clôtures
Action 1.4.4 Développer une gestion participative des forêts
Action 1.2.2 Renforcer et valoriser les producteurs locaux et bio
Action 1.2.3 Préserver la qualité architecturale des fermes poyaudines
Action 1.2.4 Encourager l’adaptation de l’agriculture au changement climatique
Action 1.1.2 Nommer et rendre lisible la biodiversité
Action 1.1.3 Planter les espaces publics
Action 1.1.4 Concrétiser les opérations de revitalisation des centres-bourgs
OQP N°2 Adapter les paysages
Priorisation des actions
Court terme Moyen terme Long terme
2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044
OQP
N°1Face aux effets croissants du changement
climatique, l’adaptation des espaces habités
devient un enjeu majeur pour la qualité de vie
des habitants. Cet objectif de qualité paysagère
invite ainsi à mieux connaître les milieux vivants,
à transformer les espaces urbains pour qu’ils
deviennent plus perméables et rafraîchissants, et
à repenser les paysages du quotidien pour qu’ils
participent pleinement à la transition écologique.
Mieux connaître et valoriser la biodiversité
urbaine
L’adaptation passe d’abord par une meilleure
compréhension du vivant. Identifier, nommer et
rendre visible la biodiversité urbaine permet de
révéler la richesse écologique souvent méconnue
de nos milieux de vie. L’inventaire des arbres
remarquables, l’atlas de la biodiversité ou les aires
terrestres éducatives sont autant de démarches
qui renforcent la connaissance et la sensibilisation,
en particulier auprès des jeunes générations.
Rendre les espaces urbains perméables et
rafraîchissants
Accueillir davantage de nature, c’est déjà maintenir
le caractère planté des centre-bourg (alignement
d’arbres, grimpante en façade de bâtiment, pied
de murs plantés…). C’est aussi penser chaque
nouvel aménagement comme une possibilité
pour créer des lieux vivant et ombragés. Chaque
aménagement existant (parking, voie, placette,
cimetière) doit desormais être capable d’atténuer
les effets de la chaleur et de gerer les eaux pluviales
et de réintroduire le vivant au cœur des espaces
habités.
Anticiper les mutations des paysages urbains
Ce sous-objectif vise à accompagner les
transformations des espaces habités vers plus
de qualité et de résilience. Intégrer les enjeux
paysagers dès la conception des projets de
revitalisation et des documents d’urbanisme
(place par logement crée par exemple, plantation
par logement, traitement des lisières entre
espaces urbains et agricole, repérage des points
de vue et des élements du patrimoine architectural
et végétal) permet d’agir au cœur même de la
structure urbaine.
OQP N°1 Co-construire des paysages résilients
Sous OQP 1.1 Adapter les espaces habités au changement climatique44 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.1 Adapter les espaces habités au changement climatique
Action 1.1.1 Créer un inventaire des arbres et alignements remarquables
Contexte
La Puisaye bénéficie d’un patrimoine arboré
qui forge son identité : chênes isolés dans les
pâtures du bocage, alignements de platanes le
long des canaux, arbres repère sur les places
de villages. La connaissance de ce patrimoine
vivant est inégale selon les communes. Faute
d’un recensement exhaustif et d’un diagnostic
sanitaire centralisé, ces sujets vénérables ou
ces trames linéaires sont vulnérables face aux
travaux de voirie, aux extensions urbaines ou aux
aléas climatiques. Cette méconnaissance prive
également les collectivités d’un levier puissant
pour la valorisation touristique et paysagère.
Objectif
Cette action vise à constituer une base de données
géoréférencée et qualitative de l’ensemble du
patrimoine arboré majeur du territoire (arbres
isolés, alignements, bosquets). Au-delà du
simple comptage, cet outil d’aide à la décision
doit permettre de qualifier l’état sanitaire et la
valeur écologique de chaque sujet. À court terme,
cet inventaire servira de socle pour inscrire ces
éléments au titre des protections paysagères dans
les documents d’urbanisme (PLUi) et adapter les
plans de gestion des services techniques (taille
douce, renouvellement anticipé des alignements
vieillissants).
Maîtrise d’ouvrage
ECPI
Acteurs
Habitants, Agriculteurs, Communes,
Chambres d’agricultures, Départements, CPIE,
CEN, ONF, Associations (BIRD, A.R.B.R.E.S)
Outils
- Alignement arbres (Article L.350-3 du CE)
- Élément paysager (Article L.151-23 du CU)
- www.arbres.org
Financement
Fondation crédit agricole Pays de France
Livret à l’usage du propriétaire_
A.R.B.R.E.S Inventaire participatif des arbres (ALM) Trogne des sources du Loing45 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.1 Adapter les espaces habités au changement climatique
Action 1.1.2 Nommer et rendre lisible la biodiversité
ATE de Sospel Belle de bitume
Contexte
Les cœurs de bourgs du territoire sont encore
fortement marqués par une minéralité dominante.
L’application de la réglementation « Zéro Phyto
» a entraîné l’arrêt des traitements chimiques,
favorisant le retour d’une végétation spontanée
sur les trottoirs et aux pieds des murs. Souvent
perçue à tort comme un signe de négligence ou
de manque d’entretien par les usagers, cette
flore urbaine méconnue constitue pourtant un
réservoir de biodiversité essentiel qui peine à
être accepté.
Objectif
Cette action vise à changer le regard sur la
«nature ordinaire» en passant d’une logique
d’éradication à une logique de valorisation
pédagogique. L’objectif est de légitimer cette
présence végétale à travers des dispositifs
ludiques comme l’opération « Belles de bitume
», qui identifie les plantes de rue à la craie
pour leur redonner une identité. En parallèle, le
déploiement d’« Aires Terrestres Éducatives »
(ATE) permettra d’impliquer les scolaires dans
la gestion écologique de parcelles communales,
créant ainsi des relais de sensibilisation durables
au cœur des villages.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
Écoles, Département, CPIE, , A Chacun Son
Chemin en Puisaye-Forterre, Fédérations
de pêche, EPAGE, CBNBP(Conservatoire
botanique national de Bourgogne)
Outils
- Découverte de la biodiversité « ordinaire »
CPIE
- Science participative : Sauvage de ma rue
Financement
OFB Aires terrestres éducative (ATE)
Natura 200046 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.1 Adapter les espaces habités au changement climatique
Action 1.1.3 Planter les espaces publics (Rues, pieds de façades, fosses d’arbres, programme pluriannuel de plantation d’arbres, cours d’école)
Contexte
Face à l’accélération du réchauffement
climatique, la minéralité excessive des centres-
bourgs génère des îlots de chaleur. Cette situation
résulte de l’imperméabilisation historiquement
privilégiée pour répondre aux besoins de
circulation et de stationnement au détriment
des espaces de pleine terre. Cette minéralisation
fonctionnelle a rompu le lien avec le paysage
champêtre environnant et a relégué le végétal
à un rôle accessoire, souvent confiné dans des
espaces résiduels déconnectés du sol naturel.
Objectif
Engager une stratégie de renaturation
structurelle pour rafraîchir le cadre de vie et
gérer les eaux pluviales à la parcelle. L’action vise
à désimperméabiliser les sols partout où cela est
possible (agrandissement des fosses d’arbres,
végétalisation des pieds de façades, création
de cours d’écoles « oasis », végétalisation des
cimetières). L’instauration d’un programme
pluriannuel de plantation permettra de
planifier les investissements sur le long terme,
garantissant ainsi le renouvellement continu de
la canopée urbaine et la résilience des essences
plantées.
Maîtrise d’ouvrage
Communes
Acteurs
Habitants,EPCI, Départements, Paysagistes
conseil de l’Etat
Outils
Permis de végétaliser ; Formation aux
agents et élus «jardiner la rue» du CAUE 33 ;
Exposition «jardiner la rue» FNCAUE
Art. L. 111-19-1_Loi Climat & Résilience sur les
stationnement de plus de 500 m2
Financement
Fonds vert - Agences de l’eau
Crèche Pirouette de Moutiers parking perméable à Saint-Fargeau
Gouttière
déconnectée
Vivaces
diversifiées
Paillage
Principe de bande plantée en pied de façade47 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.1 Adapter les espaces habités au changement climatique
Action 1.1.4 Concrétiser les opérations de revitalisation des centres-bourgs
Entrée de Bourg - Azay-le-Brûlé, Cerzeau (79) Chedigny , village planté L’initiative du bourg de Saint-jouin Plan guide de revitalisation de Saint-Fargeau
Maîtrise d’ouvrage
Communes
Acteurs
EPCI, CAUE,EPAGE, Départements
Outils
Programme petites villes de demain
Financement
Fonds vert - Agences de l’eau
ANCT
Contexte
Depuis les années 1970, les centres-bourgs ont
subi de plein fouet les transformations de notre
société (périurbanisation, vacance commerciale,
tout-voiture). Cependant, une dynamique de
reconquête majeure est aujourd’hui à l’œuvre
portée par plusieurs communes lauréates
du programme « Petites Villes de Demain » :
Bléneau, Champignelles, Charny Orée de Puisaye,
Courson-les-Carrières, Saint-Amand-en-Puisaye,
Saint-Fargeau, Saint-Sauveur-en-Puisaye, Toucy
et Briare.
Objectif
Cette action vise à passer de la stratégie à
l’opérationnel en engageant les travaux sur les
quatre axes identifiés par les études. Il s’agit de
concrétiser la transformation des bourgs par :
- La rénovation de l’habitat ancien pour ramener
des habitants en centre-bourg.
- Le soutien au commerce de proximité pour
recréer du lien social.
- L’adaptation des écoles et bâtiment publics aux
enjeux climatiques.
- L’apaisement des mobilités, en traitant la
problématique des poids lourds et en favorisant le
partage de l’espace public (zones de rencontre).Dans un contexte de mutation climatique,
économique et sociale, il est nécessaire
d’accompagner la transition des systèmes agricoles
afin de préserver la diversité des paysages ruraux,
soutenir les exploitants et renforcer les liens entre
production, territoire et consommation locale.
Maintenir l’échelle des paysages de Puisaye
La déprise agricole et la disparition progressive
de l’élevage fragilisent les structures paysagères
traditionnelles, notamment le bocage ou les
prairies permanentes. Le plan de paysage
encourage la conservation des prairies
permanentes, la plantation et la gestion des haies,
ainsi que la valorisation des milieux agricoles
riches en biodiversité (prairies humides, landes).
Ces actions visent à maintenir un équilibre entre
production agricole, qualité écologique et identité
paysagère.
Renforcer la consommation locale
La relocalisation des productions et des échanges
alimentaires constitue un levier majeur de
résilience. Le plan de paysage vise à soutenir les
producteurs locaux à travers les circuits courts
(AMAP, marchés, Drive Puisaye, label « Puisaye
» imaginé par l’association pour la sauvegarde
et le développement de la Puisaye, restauration
collective). Le développement de nouveaux
itinéraires de randonnée traversant les espaces
agricoles permettra également de renforcer le
dialogue entre habitants et exploitants, tout en
valorisant la qualité paysagère et patrimoniale des
fermes du territoire.
OQP N°1 Co-construire des paysages résilients
Sous OQP 1.2 Accompagner la transition des systèmes agricoles et renforcer les circuits courts49 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.2 Accompagner la transition des systèmes agricoles et renforcer les circuits courts
Action 1.2.1 Lutter contre la déprise agricole par le soutien à l’élevage et la conservation des haies et prairies permanentes
Contexte
Le paysage d’élevage emblématique de la Puisaye,
caractérisé par son bocage dense est fragilisé par
une crise économique structurelle qui pousse à la
déprise ou à la conversion vers la céréaliculture.
Cette dynamique cause la perte irrémédiable des
milieux riches de prairies humides et provoque la
fermeture du paysage.
Objectif
Cette action vise à enrayer la déprise agricole
en soutenant l’élevage extensif, acteur essentiel
de l’entretien des territoires ruraux. Elle
repose sur trois piliers complémentaires : la
reconnaissance et la rémunération des aménités
environnementales et paysagères produites par
les éleveurs, notamment à travers le maintien
des prairies permanentes et des haies ; le
développement de circuits de commercialisation
rémunérateurs via les labels de qualité et les
filières locales ; et enfin la protection du foncier
agricole ainsi que la facilitation de la transmission
des exploitations pour assurer le renouvellement
des générations et la pérennité de l’activité
agricole sur le territoire.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI / Porteurs de PAT (syndicat mixte du
Pays du Giennois, SMPG, CPIE)
Acteurs
Chambres d’agriculture, éleveurs, SAFER, ,
Terre de liens, BioBFC, Bio Centre
Outils
Zone agricole protégée (ZAP) , PEAN, Projet
Agro-Environnemental et Climatique (PAEC)
périmètres de protection des espaces
agricoles et naturels périurbains (PAEN), PAT,
PSE
Copyright © 2018 IGN - ESRI FRANCE
Département du
Littoral
resqu'île
ndaise
Littoral
resqu'île
daise
obre 2018
e observation
es : Département de Loire-Atlantique
2 km
Périmètre PEAN
PEAN Littoral de la Presqu’île Guérandaise
www.centre.equipement.gouv.fr
La Zone agricole protégée (ZAP)
de Montlouis sur Loire (37)
Source : dossier de presse
1
Zone agricole protégée (ZAP) de Montlouis-sur-Loire50 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.1 Adapter les espaces habités au changement climatique
Action 1.2.2 Renforcer et valoriser les producteurs locaux et bio
Contexte
Si la Puisaye est un territoire agricole, la valeur
ajoutée échappe souvent au territoire et le lien
entre le producteur et le consommateur s’est
distendu. Malgré une demande sociale émergente
pour une alimentation de proximité et de qualité,
comme en témoignent le succès d’initiatives
locales (AMAP, marchés, Drive Puisaye), le système
alimentaire local reste ancré dans une multitude
d’interdépendances extraterritoriales : tradition
d’export des broutards, crise de l’élevage laitier,
manque d’outils de transformation ( légumeries,
ateliers de découpe).
Objectif
Cette action vise à relocaliser l’économie
alimentaire afin de faire du « manger local » un
levier de développement territorial. Il s’agit de
structurer l’offre en soutenant la logistique des
circuits courts (plateformes de distribution, label
« Puisaye ») et en introduisant massivement les
produits locaux dans la restauration collective
(cantines, EHPAD).
Cette stratégie, bien développée dans le Plan
alimentaire territorial de la CCPF, nécessite un
élargissement au bassin versant des étangs de
Puisaye et une coopération étroite avec la CCBLP.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI, Porteurs de PAT (syndicat mixte du Pays
du Giennois, SMPG)
Acteurs
Communes, Gestionnaire d’équipement
collectifs, Agriculteurs, Chambres
d’agriculture, Association pour la Sauvegarde
et le Développement de la Puisaye , Association
Respire,Association Le Parc, Départements
Outils
PAT CCPF / SMPG ; Label Puisaye ; Agrilocal89
; Botte Mon Assiette (45) ; AMAP
Magasin de producteur de Grand Site (p33) Restaurant de Grand Site Apéro camping de Polminhac51 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.2 Accompagner la transition des systèmes agricoles et renforcer les circuits courts
Action 1.2.3 Préserver la qualité architecturale des fermes poyaudines
Contexte
L’identité de la Puisaye est liée à ses vastes
fermes isolées à l’architecture remarquable
organisée autour d’une mare. Aujourd’hui,
la dynamique de fusion des exploitations
bouleverse cet équilibre : d’un côté, les sites
d’exploitation abandonnés menacent de tomber
en ruine ; de l’autre, les sites en expansion
accueillent de nouveaux bâtiments de stockage
hors échelle. Ces nouvelles constructions,
souvent financées et dimensionnées par
l’opportunité du photovoltaïque, créent des
ruptures volumétriques fortes qui banalisent les
abords des fermes historiques.
Objectif
Cette action vise à concilier la modernisation
nécessaire de l’outil agricole avec la préservation
du « génie du lieu » poyaudin. Elle s’appuie d’abord
sur l’élaboration d’un guide de recommandations
architecturales et paysagères pour encadrer
l’implantation des nouveaux bâtiments
(notamment les hangars photovoltaïques). Mais
au-delà de ce référentiel, il s’agit surtout de
créer un Guichet Unique Agricole. Ce dispositif
opérationnel réunit sur le terrain l’agriculteur, un
paysagiste conseil et les services instructeurs
pour co-construire le projet en amont du permis
de construire.
Maîtrise d’ouvrage
Partagé
Acteurs
Agriculteurs, Chambres d’agriculture, CAUE,
EPCI, Architectes et Paysagistes conseil de
l’Etat
Outils
Guide sur la qualité architecturale des
bâtiments agricoles
Guide de recommandations architecturales et
paysagères de la Puisaye/Forterre
Guide d’intégration paysagère du bâti agricole - CAUE 13 Guichet unique agricole Ferme à Saint-Fargeau52 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.2 Accompagner la transition des systèmes agricoles et renforcer les circuits courts
Action 1.2.4 Encourager l’adaptation de l’agriculture au changement climatique
Contexte
La répétition des épisodes de sécheresse estivale
en Puisaye met en péril les rendements des
cultures historiques (maïs, céréales à paille) et
épuise les ressources en eau, créant des tensions
d’usage. Parallèlement, les phénomènes de
pluies intenses sur des sols argileux souvent
laissés peu végétalisé en interculture accentuent
l’érosion et le lessivage des nutriments vers les
cours d’eau. Cette nouvelle donne climatique
impose une évolution rapide des pratiques pour
garantir la viabilité économique des fermes et la
préservation des ressources naturelles.
Objectif
Cette action vise à accompagner la transition
agronomique des exploitations vers des
modèles plus résilients et économes en eau.
L’objectif est de promouvoir et de soutenir
techniquement l’agriculture de conservation
des sols (couverture végétale permanente, non-
labour) et l’agroécologie. Il s’agit d’encourager
la diversification des pratiques agricoles
(assolements vers des cultures moins gourmandes
en eau) de développer l’agroforesterie intra-
parcellaire.
Maîtrise d’ouvrage
Chambres d’agriculture
Acteurs
Agriculteurs, CPIE, Fédération Eaux Puisaye
Forterre (animation captage), EPAGE, CRPF
Outils
Végétal Local , Agroforesterie,
Financement
Agences de l’eau, Régions, Départements 89,
45
Accompagner les changements des pratiques - Sage Authion
Bonnes pratiques pour favoriser la biodiversité sur son exploitation observatoire agricole de la biodiversitéOQP N°1 Co-construire des paysages résilients
Sous OQP 1.3 Maintenir le bocage et l’arbre dans le paysage agricole
Le bocage constitue un élément emblématique
du paysage de Puisaye et un patrimoine vivant
essentiel à la qualité écologique, hydraulique et
paysagère du territoire. Sa préservation et sa
régénération sont aujourd’hui des enjeux majeurs
face à la disparition progressive des haies, à la
simplification des pratiques agricoles et aux effets
du changement climatique.
Connaître le bocage
La connaissance du bocage est un préalable
indispensable à sa préservation. La création d’un
observatoire des haies et des arbres de Puisaye
permettra de recenser les linéaires, leur état, leur
valeur patrimoniale et leurs fonctions écologiques.
Ces données serviront à orienter les actions de
restauration et de plantation et à sensibiliser
l’ensemble des acteurs au rôle des haies dans
la structuration des paysages et la résilience
écologique.
Préserver le bocage
L’intégration du bocage dans les documents de
planification et d’urbanisme constitue un levier
central pour sa protection. Les modalités de gestion
des haies seront définies dans ces documents afin
de garantir leur maintien et leur développement. Le
classement et la valorisation des formes arborées
traditionnelles, telles que les trognes et vergers,
ainsi que l’investissement dans les lisières entre
espaces habités et cultivés, contribuent à renforcer
la cohérence paysagère du territoire.
Faire vivre le bocage
La vitalité du bocage repose sur des actions
concrètes de gestion et d’entretien. Le
déploiement de la charte d’entretien des haies
(BIRD), la mise en place de plans de gestion et la
promotion de pratiques comme la régénération
naturelle assistée (RNA) permettent de restaurer et
maintenir les haies à long terme. Parallèlement, la
formation et la sensibilisation des acteurs locaux
favorisent l’appropriation des techniques simples
et peu coûteuses, tandis que le développement de
l’hydraulique douce contribue à limiter l’érosion
et à renforcer les continuités écologiques et
paysagères.54 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.3 Maintenir le bocage et l’arbre dans le paysage agricole
Action 1.3.1 Mettre en place un projet «Puis’haies»
Plantations participatives de haies
Pollinis - Vic-la-Gardioles
Contexte
Le bocage est la colonne vertébrale paysagère
et écologique de la Puisaye, mais sa trame
s’érode silencieusement. Au-delà des arrachages
visibles, c’est souvent la qualité fonctionnelle des
haies qui diminue, faute d’un état des lieux précis
et de pratiques d’entretien adaptées. L’absence
de données centralisées sur le linéaire réel, son
état sanitaire ou sa valeur biologique empêche
aujourd’hui de cibler efficacement les priorités
d’intervention. De plus, la plantation neuve
est souvent privilégiée par défaut, alors que
le potentiel de régénération naturelle des sols
locaux est immense mais sous-exploité.
Objectif
Cette action vise à structurer une politique
bocagère ambitieuse à travers le lancement du
projet « Puis’haies ». Ce dispositif débutera par
la création d’un observatoire des haies destiné
à qualifier précisément le linéaire existant
(statut foncier, fonctionnalités écologiques,
gestion) . Sur cette base de connaissance, le
projet déploiera des préconisations de gestion
en s’appuyant sur la charte d’entretien des
haies (BIRD) et en diffusant une pédagogie
active sur la Régénération Naturelle Assistée
(RNA). Enfin, « Puis’haies » assurera un guichet
d’accompagnement technique et financier pour
les projets de replantation .
Mise en place d’une charte pour l’entretien des haies - Collectif BIRD
Maîtrise d’ouvrage
Chambres d’agriculture,EPCI
Acteurs
Agriculteurs, Collectif BIRD, CPIE, Fédérations
de chasse, Communes, CRPF
Outils
Végétal Local , Agroforesterie
Diagnostic bocager de Puisaye Forterre CPIE
Financement
Agence de l’eau, Région, Département, Fonds
pour l’arbres55 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.3 Maintenir le bocage et l’arbre dans le paysage agricole
Action 1.3.2 identifier le patrimoine végétal dans les documents de gestions et préciser les modalités de gestion
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
CPIE, Agriculteurs, Propriétaires, Communes,
Groupe national Trognes, Gestionnaires de
voiries et agents techniques.
Outils
- Stage pour l’inventaire
- Alignement arbres (Article L.350-3 du CE)
- Élément paysager (Article L.151-23 du CU)
Contexte
Si le bocage, les voûtes végétales et les arbres
remarquables contribuent à l’identité de la
Puisaye, sa préservation dans les documents
d’urbanisme reste encore incomplète, les laissant
vulnérables. Par ailleurs, même lorsqu’une haie
est identifiée, le règlement d’urbanisme reste
souvent muet sur les méthodes d’entretien. Ce
vide juridique permet des pratiques de gestion
destructrices (usage intensif de l’épareuse, taille
en pleine période de nidification, brûlage) qui,
sans supprimer physiquement la haie, détruisent
sa valeur écologique et paysagère et la fragilisent
à terme.
Objectif
Cette action vise à traduire l’observatoire
« Puis’haies » en protection réglementaire
opposable. L’objectif est d’inscrire le maillage
bocager au titre des éléments de paysage à
protéger (article L.151-23 du Code de l’Urbanisme)
dans les documents graphiques des PLUi.
Au-delà du simple tracé, il s’agit d’intégrer au
règlement écrit des prescriptions de gestion
précises basées sur la charte BIRD et l’expertise
du CPIE notamment pour calibrer le relevage des
voutes sylvestres.
Extrait du PLUI d’Angers Loire Métropole56 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.3 Maintenir le bocage et l’arbre dans le paysage agricole
Action 1.3.3 Maintenir et développer les formes arborées traditionnelles
Maîtrise d’ouvrage
CPIE
Acteurs
Agriculteurs, Propriétaires, Communes,
Groupe national Trognes, scolaires
Outils
Inventaire participatif des trognes CPIE
Initiation à la taille, au plessage
Gestion participative des formes arborées
Groupe national des trognes
Inventaire participatif des trognes - CPIE Yonne et Nièvre
Contexte
Autrefois omniprésentes pour la production de
bois de chauffage, de fourrage, les trognes sont
aujourd’hui menacées. Le manque d’entretien
régulier et la sensibilité des charmes au
changement climatique accélèrent de manière
alarmante le dépérissement de ce patrimoine
vivant. Face à l’urgence, une dynamique de
revalorisation a été initiée dès 2018 avec le
programme « T’as vu nos trognes », animé
par le CPIE Yonne et Nièvre. Cette démarche
participative a permis de lancer un inventaire
et de sensibiliser le grand public à la valeur
culturelle de ces arbres.
Objectif
Cette action a pour objectif de faire connaître
et de prolonger le travail initié par le CPIE sur
la reconnaissance du patrimoine des trognes
de Puisaye. Elle vise à déployer une phase
opérationnelle en lançant des expérimentations
de restauration sur les arbres situés sur le domaine
public. Il s’agit aussi de former les services
techniques afin de leur transmettre les gestes
de taille spécifiques. Enfin, cette dynamique de
sauvegarde sera ouverte aux habitants à travers
l’animation de chantiers participatifs, favorisant
ainsi une appropriation collective et active de ce
patrimoine paysager.OQP N°3 Développer l’arbre comme outil de transition
Sous OQP 1.4 Préserver la qualité paysagère des forêts de Puisaye
La forêt constitue une composante essentielle du
paysage de Puisaye et une ressource importante
pour l’économie locale et la biodiversité. Sur le
territoire, 90 % des parcelles forestières sont
privées, tandis que quelques unités communales
ou domaniales offrent un accès public limité. Les
peuplements de feuillus, dominés par le chêne,
structurent l’identité paysagère et la sylviculture
locale. Afin de renforcer la visibilité et l’accessibilité
des forêts, des itinéraires de randonnée et de
VTT peuvent être créés ou aménagés, et des
équipements légers installés pour inviter le public
à découvrir la richesse des milieux forestiers.
Maintenir une gestion équilibrée des forêts
La préservation des forêts repose sur une
gestion durable conciliant production sylvicole
et maintien de la biodiversité. Les habitats
forestiers abritent de nombreuses espèces
protégées ou menacées, parmi lesquelles plantes
rares, amphibiens, oiseaux nicheurs, chauves-
souris et insectes emblématiques. La promotion
de pratiques sylvicoles respectueuses de ces
équilibres permettraient de renforcer la cohérence
et la qualité paysagère des boisements. La lutte
contre l’engrillagement excessif et le respect de la
réglementation sur les clôtures contribueraient à
maintenir l’ouverture et l’accessibilité des forêts.
Valoriser l’utilisation locale de la ressource bois
Le développement de filières locales de valorisation
du bois, pour la construction ou l’énergie, soutient
les exploitants et renforce le lien entre économie
et paysage. La création d’arboretums forestiers
et le développement d’une gestion participative
impliquant collectivités, propriétaires et usagers
favoriseraient l’appropriation des pratiques
durables. Ces actions contribueraient à préserver
la qualité paysagère et écologique des forêts, tout
en renforçant leur rôle social et économique au
sein du territoire de Puisaye.58 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.4 Préserver la qualité paysagère des forêts de Puisaye
Action 1.4.1 Conserver l’accès à la forêt des étangs de Puisaye
Maîtrise d’ouvrage
ECPI, Communes
Acteurs
CRPF, ONF, CPIE, EPCI, ONF et gestionnaires
privés, propriétaires, associations, VNF
Outils
Convention de passage
Convention d’aménagement
Contexte
Constituée en majorité de terrains privés, la
forêt des étangs de Puisaye n’est pas toujours
accessible au promeneur. Les offices du
tourisme ne proposent d’ailleurs que peu
d’itinéraires pédestres valorisés qui permettent
de la découvrir. Dans ce paysage forestier privé,
les étangs gérés par VNF sont les seuls espaces
accessibles. Ils permettent la découverte des
étangs, mais aussi de la forêt environnante.
Objectif
Cette action a pour objectif de maintenir l’accès
à la forêt des étangs de Puisaye. Il s’agit de faire
connaître et aménager les forêts publiques
de manière à encourager la découverte de
ce paysage (itinéraires randonnée, VTT ou
équestres, arboretums forestiers, signalétique
pédagogique). En complément, il s’agit de veiller
à l’ouverture des chemins publics et de travailler
à leurs interconnexions de manière à proposer
des itinéraires agréables. Pour les tronçons
stratégiques, il s’agira notamment d’établir des
conventions avec les propriétaires forestiers.
Festival des cabanes_Annecy La forêt monumentale_Forêt verte Rouen Arboretum forestier de Mirebel (Jura)59 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Liaison Guédelon-Bourdon
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Schéma
directeur des modes actifs de la CCPF, validé fin
2025 et dans le projet de labellisation du Bourdon
en espace naturel sensible (ENS). Ce tronçon vise
à organiser une liaison équestre entre l’étang du
Bourdon et le château de Ratilly, en passant par
Guédelon.
Au-delà du passage équestre, les participants
à l’atelier habitants ont relevé l’intérêt de cette
liaison pour la pratique de la marche et du vélo,
et ont souligné l’importance de l’interconnexion
entre Guédelon et la future voie verte.
Opération pilote d’une convention de
passage et d’aménagement
La réalisation de cette liaison nécessite
l’établissement d’une convention avec un
propriétaire forestier privé afin de permettre le
passage.
Il s’agit de diffuser le modèle de cette convention
à l’échelle du territoire afin de répondre à d’autres
situations de projet.
Vers voie verte
Passage sous
convention60 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.4 Préserver la qualité paysagère des forêts de Puisaye
Action 1.4.2 Valoriser et développer les gestions forestières favorables à la biodiversité en forêt publique comme privée
Maîtrise d’ouvrage
CNPF
Acteurs
ONF, CPIE, EPCI, CEN, gestionnaires privés,
propriétaires
Outils
-Les stations forestières de la Puisaye
-Groupement forestier foncier engagé
-Mobilisation des biens sans maîtres
Financement
Natura 2000
Cycle
sylvicole
150-200 ans
Cycle
biologique
300-400 ans
Jeune
plant
Croissance
Maturité
Vieillissement Arbre mort Bois mort
Contexte
Le territoire est structuré par la forte présence
de la forêt et de l’eau. Majoritairement plantée
de chênes et de charmes sur des sols acides et
argileux, la forêt abrite des habitats d’intérêt
européen (chênaies à Molinie, hêtraies) et une
faune exceptionnelle. Cependant, ce patrimoine
est complexe à gérer : 90 % de la surface est privée
et souvent très morcelée en petites parcelles (< 1
ha). De plus, les peuplements résineux artificiels
montrent des signes de dépérissement face au
changement climatique, tandis que certaines
pratiques d’exploitation menacent l’intégrité des
sols fragiles et la continuité des habitats.
Objectif
Cette action vise à encourager une gestion
raisonnée du patrimoine forestier, notamment
en veillant au maintien de la futaie irrégulière.
Elle promeut la conservation d’une biodiversité
fonctionnelle au cœur des exploitations, via la
création de réserves biologiques et d’îlots de
sénescence laissés en libre évolution, ainsi que
la conservation des vieux arbres, du bois mort
et des arbres à cavités, indispensables aux
cortèges saproxyliques (insectes, pics, chauves-
souris). Enfin, elle préconise l’adaptation des
calendriers d’intervention en proscrivant les
travaux forestiers durant les périodes sensibles
de reproduction de la faune.61 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.4 Préserver la qualité paysagère des forêts de Puisaye
Action 1.4.3 Lutter contre l’engrillagement des forêts et veiller au respect de la nouvelle réglementation sur les clôtures
Maîtrise d’ouvrage
EPCI, Associations
Acteurs
Communes, OFB, CNPF, Syndicat des
Propriétaires Forestiers de l’Yonne, Fédération
de chasse
Outils
Loi du 2 février 2023
Police de l’environnement et de l’urbanisme
(OFB, maire)
Contexte
La multiplication des propriétés de chasse closes
entraîne une fragmentation physique de la forêt
de Puisaye. Cet engrillagement hermétique
empêche la libre circulation de la faune sauvage,
indispensable à son cycle biologique, et appauvrit
génétiquement les populations. Au-delà de
l’impact faunistique, ces grillages privatisent
l’horizon, rompent les continuités visuelles
et transforment la forêt en une succession
d’enclaves inaccessibles. La loi du 2 février 2023
offre désormais un cadre juridique pour enrayer
ce phénomène dans les zones naturelles et
forestières.
Objectif
Cette action vise à restaurer la perméabilité
écologique et paysagère des massifs forestiers
en appliquant la réglementation issue de la loi.
Elle implique de transcrire dans les documents
d’urbanisme (PLUi) des normes imposant des
clôtures perméables à la petite faune (hauteur
maximale de 1,20 m, garde au sol de 30 cm) et
proscrivant les matériaux opaques. En s’inspirant
de l’association « Les Amis des Chemins de
Sologne », un recensement des clôtures non
conformes sera engagé pour permettre les
mises en demeure nécessaires pour rouvrir
progressivement les corridors biologiques.62 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.4 Préserver la qualité paysagère des forêts de Puisaye
Action 1.4.4 Développer une gestion participative des forêts
Maîtrise d’ouvrage
Communes disposant de forêt
Acteurs
GFCE du Baron Perché, CEN, ONF, CPIE, Union
régionale des communes forestières
Outils
Affouage pratiqué sur Thoux / Saint-Amand-
en-Puisaye
Mobilisation des biens sans maîtres
(Inventaire SAFER de l’Yonne)
AMAP bois de chauffage - Drôme (26) Pratique de l’affouage dans le Jura
Contexte
La forêt Poyaudine prend une place importante
sur le territoire et dans l’imaginaire collectif,
cependant 90% des parcelles forestières sont
privées. La forêt communale de Saint-Fargeau
(162 ha), la forêt de la Maison de Retraite de Saint-
Fargeau et la forêt domaniale de Thou sont les
seules unités publiques.
Objectif
Cette action vise à réinvestir la forêt comme
un bien commun à travers des modèles de
gouvernance partagée. Sur les forêts publiques, il
s’agit de renforcer les circuits courts de l’énergie
en valorisant le droit d’affouage ou en créant
une « AMAP Bois de chauffage », permettant
aux habitants d’entretenir les parcelles tout en
se chauffant localement. Parallèlement, pour
agir sur le foncier privé, l’action accompagnera
l’émergence de Groupements Forestiers
Citoyens et Écologiques (GFCE) sur le modèle du
« Baron Perché ». Ces structures permettront
aux citoyens de se regrouper pour acquérir
collectivement des parcelles forestières et
y appliquer une gestion durable et douce,
garantissant ainsi la préservation du couvert
forestier par l’investissement local.OQP N°1 Co-construire des paysages résilients
Sous OQP 1.5 Définir les modalités de production d’énergies renouvelables compatibles avec les paysages
Les modèles énergétiques, jadis alimentés
par l’Homme, les animaux, l’eau et le vent, ont
profondément transformé les paysages au fil des
siècles. La mécanisation agricole et la diffusion
des véhicules ont marqué l’identité paysagère de la
Puisaye. Aujourd’hui, la sensibilité des habitants et
des élus aux projets d’énergies renouvelables est
forte, révélée par l’apparition de projets d’ampleur
dans un paysage à l’échelle humaine, qu’il s’agisse
de photovoltaïque, de méthanisation ou de bois-
énergie.
Inventer des paysages énergétiques
Cette objectif de qualité paysagère vise à définir
un juste équilibre et une logique territoriale dans le
développement des énergies renouvelables dans le
paysage. Il s’agit de définir une méthode d’analyse
et des critères d’intégration paysagère permettant
d’évaluer systématiquement les projets afin de
limiter leur impact visuel et environnemental, tout
en assurant la cohérence et la qualité des paysages
de Puisaye64 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.5 Définir les modalités de production d’énergies renouvelables compatibles avec les paysages
Action 1.5.1 Définir des critères d’intégration paysagère et une méthode d’analyse des projets d’énergie renouvelable
Contexte
En réponse aux obligations de la loi APER, les
communes du territoire ont défini leurs Zones
d’Accélération des Énergies Renouvelables
(ZAER). Cependant, cet exercice réglementaire,
souvent réalisé à l’échelle communale, n’a pas
toujours permis d’intégrer une vision paysagère
d’ensemble à l’échelle du grand paysage. Si ces
zones flèchent les secteurs potentiels, elles ne
garantissent pas la qualité de l’insertion des
projets. Le territoire reste donc vulnérable face
à des développements qui, bien que situés dans
des zones «autorisées», pourraient saturer les
horizons, impacter les covisibilités patrimoniales
ou morceler les continuités écologiques s’ils ne
sont pas finement encadrés.
Objectif
Cette action vise à doter les élus et les services
instructeurs d’une grille d’analyse multicritère
pour améliorer la qualité des projets, au-delà
du zonage. Il s’agit de définir un référentiel
d’exigences précis portant sur l’implantation
(respect des lignes de force du relief, recul
par rapport à l’habitat), l’échelle, mais aussi
sur les détails souvent négligés (couleur des
postes de transformation, type de clôture,
intégration des pistes d’accès). Cette méthode
commune permettra d’harmoniser les exigences
sur l’ensemble du territoire et de disposer
d’arguments techniques solides pour négocier
des ajustements avec les développeurs en amont
du dépôt des permis.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
Communes, CDPENAF , Sem énergie,
Chambres d’agriculture, , Sem énergie ,
Développeurs, Paysagistes conseil de l’État
Outils
Guide de l’insertion architecturale et
paysagère des panneaux solaires (2023)
Guide pratique Intégration paysagère des
projets d’énergies renouvelables (2025) PNR
Médoc
Situations d’implantations discutées en atelier habitant Photo d’une situation d’implantation discutée en atelier habitant , Manon Rescan65 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Format de l’atelier
Dans la démarche du Plan de paysage, un
atelier ouvert aux habitants a permis de
discuter de différentes situations de projets
agriphotovoltaïques, de leurs enjeux et des
impacts paysagers potentiels. Il ne s’agissait pas
de juger un projet, mais d’envisager les impacts
potentiels et les critères de réussite de cette
implantation dans le paysage. Les schémas ci-
dessus sont extraits des échanges lors de cet
atelier ; ils constituent une base de travail, mais
en aucun cas une doctrine validée collectivement
par le territoire.
Critères d’implantation extraits de l’atelier
L’insertion dans le paysage est ressortie comme
un point important. L’analyse de chaque situation
permet d’illustrer une diversité de structures
paysagères favorables à l’intégration : bosquets
suffisamment larges pour assurer un filtre visuel
en été comme en hiver, éloignement des voies,
implantation en point haut générant des vues
rasantes ; ou défavorables : covisibilité depuis
un espace habité, implantation sur des versants,
implantation en milieux ouverts.
La composition du parc a été discutée,
notamment l’impact paysager des voies d’accès.
Une implantation dans le sens des panneaux
est à privilégier plutôt qu’une implantation
perpendiculaire.
La matérialité du parc a aussi été questionnée :
l’interdiction des semelles de fondation au profit
de pieux permet de limiter l’artificialisation des
sols, tout comme la nature des clôtures (bois et
grillage Ursus à privilégier plutôt que le treillis
soudé).
Limite de l’exercice et suite
Cet atelier constitue un premier temps de travail
sur les critères d’intégration de l’agrivoltaïsme
sur le territoire. Il s’agit de poursuivre ce travail
appuyé sur une montée en compétence des
participants et une validation politique de ses
principes réunis dans un référentiel énergie.66 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.5 Définir les modalités de production d’énergies renouvelables compatibles avec les paysages
Action 1.5.2 Créer une carte de sensibilité paysagère aux différentes énergies
Plan de paysage de Vienne et Gartempe, focus sur l’énergie Cartographie de l’impact éolien sur le territoire
Contexte
Le territoire fait face à une sollicitation croissante
des développeurs d’énergies renouvelables
(éolien, photovoltaïque au sol, méthanisation).
Les projets émergent souvent selon une logique
d’opportunité foncière privée (disponibilité des
terrains, raccordement réseau) plutôt que selon
une logique d’aménagement du territoire. Cette
approche au « coup par coup » fait peser un
risque de dégradation des paysages de Puisaye.
Les élus, souvent démunis face à la technicité
des dossiers, manquent d’un outil spatialisé
objectif pour argumenter leurs refus ou orienter
les implantations vers les secteurs les moins
impactants.
Objectif
Cette action vise à doter la collectivité d’un
atlas cartographique de sensibilité paysagère. Il
s’agit de croiser les enjeux techniques (gisement
solaire/vent) avec les enjeux patrimoniaux et
écologiques pour définir trois types de zones :
les secteurs d’exclusion (préservation stricte),
les secteurs de vigilance (projets sous conditions
d’intégration fortes) et les secteurs propices. Cet
outil servira de socle pour améliorer les Zones
d’Accélération des Énergies Renouvelables
(ZAER) lors de la révision de ces zones.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
Communes (prise en compte lors du
renouvellement des ZAER), Paysagistes
conseil de l’Etat
Outils
- Méthodologie des études d’aire d’influence
paysagère (AIP)
- Diagnostic du plan paysage
- Atlas paysage & Énergie de la Marne67 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°1
Sous OQP 1.5 Définir les modalités de production d’énergies renouvelables compatibles avec les paysages
Action 1.5.3 Créer une commission ouverte de suivi des projets énergétiques
Création d’un cycle de conférence sur
l’énergie Atelier Etape Paysage
Contexte
La transition écologique et énergétique est un
enjeu mondial, national et local. Pourtant, la
concrétisation des projets est souvent source de
crispations en milieu rural, où les projets (éoliens,
photovoltaïques) sont parfois perçus comme
imposés et déconnectés des réalités locales.
Le regard uniquement technique porté sur ces
infrastructures rend complexe la compréhension
et l’acceptation de ces projets par les habitants
et les acteurs locaux. Sur le territoire, plusieurs
associations sont mobilisées contre le
développement de l’agri-voltaïsme.
Objectif
Cette action a pour ambition d’expérimenter une
gouvernance locale de l’énergie. L’objectif est
double. Premièrement, concerter en amont pour
permettre aux élus, associations et citoyens de
discuter des projets dès les phases d’études (et
non plus seulement lors de l’enquête publique),
afin de co-construire les localisations les moins
impactantes pour le paysage. Deuxièmement,
utiliser cette commission comme un lieu de
pédagogie (conférences, visites) pour monter
en compétence collectivement sur les enjeux
énergétiques et paysagers.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
Communes , Associations, habitants, CAUE,
CDPENAF68 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions69 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP n°2 Partager les paysages
Partager le secret le mieux gardé de
Bourgogne
Partager les paysages de Puisaye, c’est faire
connaître ces paysages souvent présentés
comme le secret le mieux gardé de Bourgogne.
C’est poursuivre la dynamique de connexion du
territoire à ses voisins par un réseau de voies
vertes, par le rayonnement du canal de Briare et
en proposant au plus grand nombre de découvrir
le mode de vie Poyaudin.
Développer un tourisme durable
Partager les paysages de Puisaye, c’est aussi
proposer une autre manière de pratiquer le
tourisme, en imaginant un tourisme sans voiture,
qui prend le temps de la découverte et de
l’échange.
Partager avec les vivants
C’est aussi partager l’espace et les ressources de
manière plus équilibrée avec les autres vivants de
Puisaye, de manière à maintenir la biodiversité
qui façonne elle aussi les paysages et les rend
habitables.
En somme, cet objectif de qualité paysagère
vise à accompagner ce développement tout en
préservant la richesse écologique, culturelle et
humaine du territoire.
L’objectif de qualité paysagère
Partager avec les vivants
Faire vivre le patrimoine bâti
Renforcer les mobilités douces : pour le quotidien et le tourisme d’itinérance
Créer une destination éco-touristique
Partager la culture paysagère
1
2
3
4
5
Les sous-objectifs de qualité paysagère
OQP n°2
Partager les
paysages
Eco-tourisme
Mobilités
Patrimoines70 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions 70
OQP
N°2
Sous OQP 2.1
Partager avec le vivant
Sous OQP 2.2
Faire vivre le patrimoine
bâti
Sous OQP 2.3
Renforcer les mobilités
douces
Sous OQP 2.4
Créer une destination
éco-touristique
Sous OQP 2.5
Partager la culture
paysagère Poyaudine
OQP N°2 Partager le paysage
Priorisation des actions
Court terme Moyen terme Long terme
Mise en place Suivi de l’action Co-construction
2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044
Action 2.1.1 Développer des micro-habitats propices à la conservation des espèces
Action 2.1.2 Améliorer la connaissance de la biodiversité
Action 2.1.3 Encourager la contemplation des espaces naturels
Action 2.2.1 Créer un atlas du patrimoine monumental et vernaculaire de la Puisaye
Action 2.2.2 Créer un observatoire photographique des paysages (OPP)
Action 2.2.3 Accompagner la rénovation du bâti ancien
Action 2.2.4 Créer des boucles de découverte des patrimoines
Action 2.2.5 Veiller à la protection des espèces protégées lors de la rénovation du bâti
Action 2.3.1 Créer une stratégie des mobilités douces et du tourisme d’itinérance
Action 2.4.1 Développer des projets d’éco-tourisme
Action 2.4.2 Rendre lisible l’entrée dans le territoire des étangs de Puisaye par des aménagements repères
Action 2.5.1 Faire vivre le plan paysage auprès des élus
Action 2.5.2 Veiller au suivi du plan paysage
Action 2.5.3 Intégrer le plan paysage aux documents d’urbanisme
Action 2.4.3 Créer une charte publicitaire et de signalétique
Action 2.4.4 Créer de l’hébergement insolite sur les étangs
Action 2.3.2 Créer un pôle d’échanges multimodal (PEM) à BriareUn mouvement intellectuel contemporain, porté
notamment par Latour, Descola ou Morizot,
remet en question la séparation entre nature
et culture. En révélant le caractère historique
de cette distinction, il invite à repenser notre
manière d’habiter le monde, en reconnaissant les
interdépendances entre humains et non-humains.
Partager le paysage, c’est trouver le juste équilibre
entre ceux qui l’habitent, qu’ils soient humains ou
non-humains, préalable indispensable à un partage
plus large.
Connaître et protéger la biodiversité
Partager le paysage avec le vivant, c’est d’abord
mieux connaître et protéger les milieux naturels.
Cette ambition s’appuie sur la valorisation des
suivis ornithologiques (STOC, cigognes noires,
rapaces), des programmes de sensibilisation
(LPO, ONF, CPIE) ou encore des atlas de la
biodiversité. Ces démarches sont complétées par
la contractualisation avec les propriétaires privés
et publics (MAEC, ORE, contrats Natura 2000).
Il s’agit aussi de poursuivre le déploiement des
Espaces Naturels Sensibles (ENS), et d’assurer
une cohérence de la gestion des sites Natura 2000
entre l’Yonne et le Loiret, incluant la remise en
action effective du comité Natura 2000 côté Loiret.
Cohabiter avec le vivant
La préservation du vivant passe aussi par des
gestes concrets. L’installation de nichoirs, gîtes
à chauves-souris ou banquettes à loutres, la
restauration écologique des cours d’eau, ou encore
les aménagements pour les oiseaux piscivores dont
les Balbuzards pêcheurs renforcent la présence
du vivant dans les paysages du quotidien. L’art
et la médiation culturelle peuvent également
devenir des vecteurs puissants de sensibilisation,
en interpellant les habitants et les visiteurs sur la
beauté et la fragilité du patrimoine naturel.
OQP N°2 Partager les paysages
Sous OQP 2.1 Partager avec le vivant72 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.1 Partager avec le vivant
Action 2.1.1 Développer des micro-habitats propices à la conservation des espèces
Contexte
En complément des actions de connaissance, de
sensibilisation, de protection et de restauration
des milieux naturels essentiels à la préservation
du vivant, la création d’aménagements
spécifiques permet de proposer efficacement des
habitats pour certaines espèces peu communes.
La mise en place de ces aménagements permet
également de visibiliser cette biodiversité fragile
et son intégration aux activités humaines.
Objectif
Cette action vise à encourager la mise en place
de micro-habitats diversifiés sur l’ensemble du
territoire. Concrètement, il peut s’agir de pose
de gîtes à chiroptères ou de nichoirs à oiseaux
dans le bâti (hirondelles, chouettes, martinets,
rougequeues, mésanges), de création de mares,
d’aménagements sous les ponts (banquettes à
Loutre, nichoirs, gîtes), de construction de murs
en pierres sèches, d’installation de plateformes
à Balbuzard pêcheur, d’îlots pour les oiseaux
(laridés, limicoles, hérons) ou de microfalaises à
martin pêcheur. Ces aménagements peuvent être
mis en place directement sur le domaine public
(mairies, écoles, églises, parcs, étangs, ponts…)
mais également accompagnés sur le domaine
privé (fermes, habitations, jardins, étangs,
entreprises, pylônes électriques).
Maîtrise d’ouvrage
Communes, départements, agriculteurs,
entreprises, particuliers, propriétaires fonciers
Acteurs
EPCI,Associations et gestionnaires naturalistes
(LPO, SHNA-OFAB, CEN, Loiret Nature
Environnement, CPIE, Fédérations de pêche, RTE -
AVP)
Outils
Guides d’installation (LPO,SFEPM,Cerema, Natagora)
Financement
Collectivités, Agence de l’eau, fonds européens
(FEDER), fonds privés (RTE, développeurs
énergétiques, mécénat)
Action «une chouette un village» Plateformes à Balbuzard pêcheur (RTE) Principe de pierrier Ilôt artificiel à laridés (Perche Nature)73 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.1 Partager avec le vivant
Action 2.1.2 Améliorer la connaissance de la biodiversité
Contexte
En amont des actions de sensibilisation, de
protection et de restauration des milieux naturels,
la connaissance de la biodiversité est essentielle à
la préservation du vivant en Puisaye. Des données
de biodiversité existent déjà sur le territoire mais
elles sont parfois lacunaires et/ou difficilement
consultables. Ces données peuvent provenir
d’inventaires réalisés et coordonnés par les
structures naturalistes (associations, gestionnaires
Natura 2000, ONF, EPAGE du Loing), d’inventaires
réglementaires effectués dans le cadre de projets
d’aménagements (études d’impacts et suivis de
mesures) ou encore d’inventaires réalisés par
les particuliers (programmes participatifs et
inventaires opportunistes).
Objectifs
Cette action encourage le déploiement d’Atlas de la
Biodiversité Communaux ou Intercommunaux (ABC)
sur l’ensemble du territoire. Véritables diagnostics
écologiques, ces outils synthétisent les données
existantes et permettent de réaliser des inventaires
de terrain complémentaires.
Au-delà de la connaissance, l’ABC doit donner lieu
à un plan d’actionspour être un levier opérationnel
finançable qui fédère les acteurs locaux
(collectivités, associations, agriculteurs, acteurs
du tourisme). Son objectif est clair : identifier les
enjeux prioritaires pour les intégrer directement
dans les stratégies d’aménagement et les activités
économiques locales.
Maîtrise d’ouvrage
Communes et EPCI
Acteurs
LPO, SHNA-OFAB, CEN, Loiret Nature Environnement,
CPIE, Fédérations de pêche…), Natura 2000, ARB
(TEN), AVP (association valorisation de la Puisaye)
Outils
Atlas de la biodiversité intercommunale (ABI)
Puisaye Forterre ; Cahier d’accompagnement des
porteurs de projet et des services instructeurs -
Mieux Connaître et mobiliser pour la biodiversité
Financement
OFB, Département 89
Moutiers-en-Puisaye
Saint-Sauveur-en-Puisaye
Saints-en-Puisaye
Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe
A T
LAS illustr é
de la
BIODIVERSITÉ
ATLAS ILLUSTRÉ DE LA BIODIVERSITÉ
Moutiers-en-Puisaye - Saint-Sauveur-en-Puisaye - Saints-en-Puisaye - Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe
Atlas de la biodiversité
de Puisaye Forterre74 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.1 Partager avec le vivant
Action 2.1.3 Encourager la contemplation des espaces naturels
Wald.Berlin.Klima à Berlin - hochC Landscape Architects
Maîtrise d’ouvrage
EPCI, Communes
Acteurs
CPIE, Associations naturalistes (CEN, LPO,
SHNA...), EPAGE, Fédération de pêche, Offices
du tourisme, Scolaires, AVP (association
valorisation de la Puisaye), Artistes et
concepteurs locaux , ESAAB Nevers
Outils
ENS, ABC
Platelage surélevé_Dérive Les tremblants flottants PNR des Vosges du Nord
Contexte
La Puisaye abrite des habitats humides, bocagers
et forestiers qui hébergent une flore et une faune
remarquables et menacées. Pourtant, cette
richesse foisonnante reste souvent invisible,
faute de contact direct ou de connaissances
naturalistes de la part des habitants et visiteurs.
Cette méconnaissance a des conséquences
concrètes : elle conduit à des dérangements
involontaires (bruit, intrusion en zone de
nidification) ou à des dégradations progressives
de ces milieux fragiles par des usagers qui
ignorent la valeur de ce qu’ils traversent.
Objectif
Cette action vise à encourager la connaissance du
vivant par la contemplation, en conciliant l’accueil
du public et la préservation des habitats. Il s’agit
d’ouvrir des vues, de créer des aménagements
spécifiques (cheminements sur pilotis, platelages,
belvédères) qui permettent d’accéder aux sites
sensibles sans les piétiner ni les dégrader. Au-delà
de l’accès physique, il s’agit aussi d’interpeller le
public sur le patrimoine nature par l’art. Enfin,
l’action vise aussi à valoriser l’interprétation sur
site par des naturalistes (sorties LPO, échanges
d’informations) permettant la reconnexion au
vivant sur le territoire.La Puisaye possède un patrimoine bâti
exceptionnel, témoin d’une histoire rurale,
artisanale et architecturale singulière.
L’architecture vernaculaire, les châteaux ou les
églises peintes sont autant de repères paysagers
qui racontent la relation entre l’Homme, la terre
et les matériaux locaux. Faire vivre ce patrimoine,
c’est à la fois préserver les témoins du passé et
en faire des supports d’innovation, d’éducation
et d’attractivité. Cet objectif de qualité paysagère
vise à renforcer la connaissance, la transmission et
la valorisation du bâti poyaudin dans une démarche
durable et partagée.
Connaître et valoriser le patrimoine
Valoriser et transmettre le patrimoine bâti de
la Puisaye passe avant tout par une meilleure
connaissance et une diffusion partagée des
savoirs. Il s’agit de renforcer la compréhension
des architectures traditionnelles et du patrimoine
culturel, notamment archéologique, afin d’en
assurer la reconnaissance et la mise en valeur. Il
s’agit également de valoriser le rôle des associations
locales dans la collecte, la transmission et la
valorisation des savoir-faire.
Accompagner l’évolution du bâti
La réhabilitation du bâti ancien doit concilier
qualité architecturale et respect du vivant.
L’accompagnement des propriétaires et des
communes pour la protection des espèces lors des
travaux (visites d’écologues, installation de gîtes
et nichoirs) traduit une approche intégrée entre
patrimoine, paysage et biodiversité.
Partager et découvrir les patrimoines
Enfin, la création de boucles de découverte
thématiques, associant patrimoine, paysages et
savoir-faire, permettra de sensibiliser habitants
et visiteurs à la richesse du bâti poyaudin et
de renforcer le lien entre mémoire, territoire et
expérience.
OQP N°2 Partager les paysages
Sous OQP 2.2 Faire vivre le patrimoine bati76 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.2 Faire vivre le patrimoine bati
Action 2.2.1 Créer un atlas du patrimoine monumental et vernaculaire de la Puisaye
Livre blanc du PNR des Landes de Gascogne Atlas paysagers et patrimoniaux des communes de Picardie Maritime.
Contexte
La Puisaye bénéficie d’une forte notoriété liée
à son patrimoine monumental. Cependant,
le paysage urbain repose tout autant sur un
patrimoine vernaculaire, plus humble et dispersé,
qui tisse le lien entre l’habitant et son terroir. Ce
« petit patrimoine » (fermettes en briques et
grès ferrugineux, anciens fours à poterie, lavoirs,
puits, murets) est aujourd’hui fragilisé. Il subit
des dégradations silencieuses : rénovations
inadaptées (enduits ciment masquant la brique,
menuiseries PVC standardisées), démolitions
partielles... Cette banalisation progressive du bâti
ordinaire risque d’effacer l’identité architecturale
unique de la Puisaye.
Objectif
Cette action vise à constituer un Atlas du
patrimoine des étangs de Puisaye. Cet outil a pour
vocation de fédérer et de valoriser le mémoire
déjà réalisé par les associations d’histoire locale.
Il s’agira de regrouper, numériser et spatialiser
leurs fonds d’archives pour éviter la perte de
ces données précieuses. Cette connaissance
partagée servira ensuite de levier opérationnel
pour identifier les éléments à protéger dans les
documents d’urbanisme (PLUi) et pour éditer
des recommandations architecturales guidant
les rénovations vers le respect de l’authenticité
poyaudine.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
ABF, Inspecteur des sites, Associations du
patrimoine (St Fargeau, Saint-Sauveur) réseau
des peintures murale, musée des 2 marines,
Maisons Paysannes de France), Association
Sites et Patrimoines,CAUE
Outils
Repérage des éléments naturels, bâtis et
paysagers d’intérêt par commune (PLUI CCCP
2017) ; Guide de recommandation architectural
de Puisaye Forterre77 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.2 Faire vivre le patrimoine bati
Action 2.2.2 Créer un observatoire photographique des paysages (OPP)
2009 - 2014 , l’observatoire des paysages de l’Aveyron documente la fragilité de l’architecture traditionnelle des causses
Contexte
Le paysage de Puisaye est le siège de mutations
continues, parfois spectaculaires (projets
d’aménagement, énergies renouvelables) mais
souvent insidieuses et lentes (enfrichement, perte
du maillage bocager, évolution du bâti). Cette
transformation progressive installe une forme
d’amnésie paysagère collective : l’œil s’habitue
au changement quotidien et les références du
passé s’effacent. Faute de témoin objectif il est
parfois difficile pour les élus, les techniciens et
les habitants d’objectiver les trajectoires réelles
du territoire.
Objectif
Cette action vise a créer un Observatoire
Photographique des Paysages (OPP). Le principe
consiste à effectuer des prises de vue, qui seront
par la suite rephotographiées dans le temps selon
le même cadrage. Ainsi, seront traqués les signes
qui permettent de lire les évolutions du paysage
et de mieux les comprendre. Il peut amener à
prendre les mesures correctrices qui s’imposent.
Il constitue aussi un important dispositif
pédagogique pour inviter à un renouvellement
des pratiques et des comportements auprès des
habitants et aménageurs.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
ABF, CAUE, CPIE, Maisons Paysannes de
France, SPPEF, DDT, Paysagiste Conseil de
l’Etat, Association Sites et Patrimoines
Lieu Étang de Grand Ru
Outils Guide «Méthode de l’Observatoire
photographique du paysage» (OPP)78 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Valorisation du centre ancien - Saint Mathieu de Tréviers
Sous OQP 2.2 Faire vivre le patrimoine bati
Action 2.2.3 Accompagner la rénovation du bâti ancien
Contexte
Le patrimoine bâti de Puisaye se dégrade
lentement. Sous couvert d’efficacité énergétique
ou de facilité d’entretien, se multiplient des
interventions qui le dénaturent : remplacement
des menuiseries bois par du PVC blanc
standardisé, masquage des modénatures par des
isolations extérieures épaisses, ou application
d’enduits ciment étanches. Ces choix, souvent
dictés par l’urgence ou l’économie immédiate,
sont non seulement préjudiciables à l’esthétique
des bourgs, mais s’avèrent techniquement nocifs
pour le bâti ancien, en bloquant la respiration des
murs et en générant des pathologies d’humidité.
Objectif
Cette action vise à promouvoir une rénovation
intelligente et sensible. L’objectif est de déployer
un accompagnement pédagogique fort auprès
des propriétaires pour démontrer qu’une maison
ancienne peut être performante sans perdre son
âme. Il s’agit de diffuser les bonnes pratiques
(enduits correcteurs thermiques chaux-chanvre,
restauration des menuiseries, respect des
proportions) via des guides techniques adaptés
au contexte poyaudin et des permanences de
conseil architectural.
Réhabilitation d’une ancienne ferme en GÎte
Maîtrise d’ouvrage
Partagé (syndicats d’énergie, CAUE, EPCI)
Acteurs
EPCI, Communes, Fondation du patrimoine,
VNF, Maisons Paysannes de France
Outils
Guide de recommandations paysagères et
architecturales de la Puisaye Forterre (2001),
JM Vernhes79 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.2 Faire vivre le patrimoine bati
Action 2.2.4 Créer des boucles de découverte des patrimoines
Contexte
Entre le Parcours des Amis d’Harpignies et la
Route des églises à peintures murales, le territoire
jouit d’un maillage de randonnées riche et
thématique. Portées par des projets d’envergure
comme la Voie Verte et la Scandibérique,
les mobilités douces deviennent un pilier de
l’attractivité locale.
Objectif
Cette action vise à compléter l’offre et à améliorer
la communication et l’aménagement des boucles
d’interprétation du patrimoine.
Il s’agit d’offrir aux habitants un cadre de vie
propice à la mobilité douce et à la réappropriation
de leur patrimoine local, et de proposer aux
touristes des itinéraires complémentaires
favorables à l’allongement des durées de séjour.
Le plan paysage a ainsi imaginé une boucle des
ferriers en forêt de Saint-Fargeau, valorisant
l’exploitation du fer récemment mise en lumière
par les archéologues, ainsi qu’une boucle
connectant les étangs entre eux, s’appuyant sur
un tracé de l’association « À chacun son chemin
»
Maîtrise d’ouvrage
EPCI, Offices du tourisme
Acteurs
À chacun son chemin en Puisaye-Forterre,
Association lié au patrimoine, Association
réseau des peintures murale, AVP (association
valorisation de la Puisaye), CPIE (lecture
du paysage) , Paysagiste Conseil de l’État,
Départements
Outils
PDIPR, Schéma Directeur des Mobilités Actives
CCPF
Principe de boucle des ferriers et des essences forestières dans la Foret de Saint-Fargeau Plan de principe80 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.2 Faire vivre le patrimoine bati
Action 2.2.5 Veiller à la protection des espèces protégées lors de la rénovation du bâti
Contexte
Plusieurs espèces protégées dépendent de la
capacité de nos bâtiments à les accueillir pour
se reproduire, se reposer ou s’alimenter : oiseaux
(martinets, hirondelles, moineaux, faucons,
chouettes…), chauves-souris (pipistrelles,
rhinolophes, murins…) et reptiles. La plupart
de ces espèces voient leurs effectifs chuter,
notamment du fait des travaux de rénovation
thermique des bâtiments. Bien que ces
rénovations soient nécessaires pour lutter contre
le dérèglement climatique, elles ne doivent pas se
faire au détriment de la biodiversité.
Objectifs
Cette action vise à désigner un acteur ressource
au niveau local afin d’informer et d’accompagner
les communes, les promoteurs immobiliers,
les architectes, les entreprises de travaux et
les particuliers dans leurs projets de travaux
(travaux concernés, diagnostic écologique
avant travaux, nécessité d’une autorisation
préfectorale, calendrier des travaux, mesures de
compensation). La DREAL Bourgogne-Franche-
Comté a notamment mis en ligne un guide utile
expliquant comment entreprendre des travaux
en respectant la réglementation et les espèces
protégées
Maîtrise d’ouvrage
Communes, , propriétaires, EPCI
Acteurs
Constructeurs et artisans, EPCI, Associations
naturalistes (LPO, SHNA-OFAB, CEN, Loiret
Nature Environnement) CPIE, CAUE, Natura
2000
Outils
Guide de la DREAL Bourgogne-Franche-Comté
: « Travaux sur le bâti » ; Guide technique de
la LPO : « Rénovation du bâti et biodiversité »
Nichoirs artificiels posés sous le porche de la mairie de Villiers-saint-Benoit Guide Travaux sur le bâti DREAL BFCLongtemps enclavée, la Puisaye s’est
progressivement ouverte aux mobilités douces,
bien que selon des temporalités différentes au sein
des deux intercommunalités.
En Communauté de Communes Berry Loire
Puisaye, l’offre s’appuie sur des infrastructures
de renommée européenne : La Loire à Vélo et
l’EuroVelo 3 (Scandibérique), qui longe le canal de
Briare. De son côté, la Communauté de Communes
de Puisaye-Forterre a franchi une étape décisive
en finalisant son Schéma Directeur des Mobilités
Actives (SDMA) fin 2025. La pièce maîtresse de ce
réseau est la voie verte de 37 km reliant Rogny-
les-Sept-Écluses à Saint-Sauveur-en-Puisaye.
Aménagée sur une ancienne emprise ferroviaire
parallèle au cours du Loing, cette épine dorsale
a vocation, à terme, à s’étendre vers Toucy puis
Charny, afin de mailler l’ensemble du cœur de
territoire.
Toutefois, malgré ces deux dynamiques, les
périmètres administratifs actuels fragmentent le
bassin versant des étangs de Puisaye. Cet Objectif
de Qualité Paysagère (OQP) vise à poursuivre le
rapprochement des deux intercommunalités sur le
thème des mobilités douces à l’échelle des étangs
de Puisaye, initié dès 2016 avec un accord-cadre
entre la CCPF, la CCBLP et VNF, s’appuyant sur le
réseau hydraulique d’alimentation du canal pour
développer l’itinérance, puis avec le plan paysage.
Il s’agit de renforcer la coordination des projets
des deux intercommunalités afin d’affirmer et
de promouvoir un maillage cohérent à l’échelle
des étangs de Puisaye. Cette stratégie repose
également sur la valorisation de la gare de Briare,
véritable porte d’entrée décarbonée du territoire.
La présence de ce nœud ferroviaire, couplée à un
réseau cyclable efficace et au développement de
services de location, permettrait de structurer une
offre de découverte « sans voiture », plébiscitée
par les visiteurs et en adéquation avec les valeurs
de préservation de la Puisaye.
OQP N°2 Partager les paysages
Sous OQP 2.3 : Renforcer les mobilités douces : pour le quotidien et le tourisme d’itinérance82 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.3 : Renforcer les mobilités douces : pour le quotidien et le tourisme d’itinérance
Action 2.3.1 Créer une stratégie des mobilités douces et du tourisme d’itinérance
Penser le développement des mobilités douces en lien avec le paysage (Folléa Gautier)
Contexte
L’itinérance en Puisaye s’appuie sur des acquis
majeurs : le corridor de La Loire à Vélo (CCBLP)
et l’épine dorsale ferroviaire Rogny - Saint-
Sauveur (CCPF). Cependant, le découpage
administratif fragilise encore la cohérence du
bassin des étangs. L’accord-cadre de 2016,
signé entre VNF et ces deux communautés
de communes pour développer l’itinérance à
l’échelle du réseau hydraulique d’alimentation
du canal, puis le plan paysage co-porté par
ces intercommunalités, marquent une volonté
commune de reconnaissance des bassins des
étangs de Puisaye.
Objectif
Cette action vise à poursuivre et pérenniser le
partenariat stratégique entre la CCBLP et la CCPF
en matière de mobilité. Il s’agit de compléter le
réseau cyclable pour renforcer l’usage de la voie
verte en améliorant sa connexion aux bourgs
et à certains étangs clés du territoire : étangs
du Bourdon, de Grande Rue, de Moutiers, de la
Tuilerie... Il s’agit aussi de mettre en place une
signalétique commune et une gestion partagée
du linéaire entre les acteurs (VNF, communes,
ECPI) dans un contexte de contrainte budgétaire
accrue sur les fonds publics .
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
Communes, VNF, OT, ADT, Département
Outils
Schéma Directeur des Mobilités Actives CCPF83 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.3 : Renforcer les mobilités douces : pour le quotidien et le tourisme d’itinérance
Action 2.3.2 Créer un pôle d’échanges multimodal (PEM) à Briare
Pôle d’échange multimodal (PEM) à la gare de Lunel
Contexte
La gare de Briare est un équipement stratégique
pour l’ouverture du territoire. Grâce à sa liaison
directe avec Paris et l’éligibilité aux forfaits
Navigo, elle positionne le territoire à moins d’une
heure trente de la capitale. Cette accessibilité
ferroviaire exceptionnelle permet de capter
une clientèle touristique « sans voiture » et de
renforcer l’attractivité résidentielle auprès des
actifs pendulaires. Cependant, l’actuel manque
de fluidité entre le fer et les autres modes (vélo,
bus), ainsi que la faiblesse de l’offre de services
sur place, freinent encore la diffusion des flux
vers l’intérieur de la Puisaye.
Objectif
Cette action vise à transformer la gare de
Briare en un Pôle d’Échanges Multimodal (PEM),
capable d’assurer la continuité de la chaîne de
déplacement. Il s’agit d’aménager une connexion
physique lisible avec la Scandibérique, de
renforcer l’offre de services (stationnement
vélo sécurisé, bornes de recharge VAE, location)
et d’organiser les solutions de rabattement
(navettes, covoiturage, taxis). L’enjeu final est
d’irriguer efficacement les communes non
desservies par le rail, faisant de la gare la «porte
d’entrée» ferroviaire des étangs de Puisaye.
Maîtrise d’ouvrage
Commune de Briare
Acteurs
EPCI, SNCF , Région, Loueur de véloLa Puisaye offre une qualité paysagère rare et une
proximité avec les espaces urbains, permettant
d’envisager le territoire comme un véritable espace
de ressourcement et de reconnexion au vivant. Le
tourisme s’est développé grâce à la présence de
villages de caractère, de châteaux et à l’héritage
artistique local, avec des figures telles que Colette
ou Harpignies. Le réseau des peintures murales en
Puisaye-Forterre, créé en 2004, valorise l’histoire
et les usages de l’ocre dans quinze églises peintes
dont certaines remontent au XIIe siècle.
Des sites emblématiques contribuent également
à faire connaître les trésors de la forêt de Puisaye,
tels que le parc animalier de Boutissaint (inauguré
en 1968) ou le château de Guédelon (inauguré en
1998), qui a accueilli près de 300 000 personnes en
2024. Le canal de Briare et l’usine des émaux de
Briare représentent une autre source d’attractivité
touristique sur le territoire. Face au constat de
séjours de courte durée, cet objectif de qualité
paysagère vise à allonger la durée de séjour en
valorisant la diversité des expériences disponibles
sur le territoire.
Trouver l’équilibre entre attractivité et
préservation des milieux fragiles
Le développement d’activités de nature permet de
créer un tourisme favorisant la contemplation et
l’apprentissage plutôt que la consommation rapide
du territoire. L’impact de ces usages sur la faune et
les aménagements nécessaires ne doit cependant
pas être sous-estimé. L’essor de ces pratiques doit
donc être mesuré afin d’éviter que le surtourisme
menace l’identité des lieux, leur biodiversité et
la qualité de vie locale. Limiter les impacts passe
aussi par une signalétique harmonisée, pensée
comme un prolongement du paysage, et par des
itinéraires doux — vélo, randonnée, trail — qui
encouragent une mobilité respectueuse et une
découverte progressive du territoire.
OQP N°2 Partager les paysages
Sous OQP 2.4 Créer une destination éco-touristique85 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Observatoire ornithologique des étangs de Saclay
Sous OQP 2.4 Créer une destination éco-touristique
Action 2.4.1 Développer des projets d’éco-tourisme (ornithologique et pêche)
Contexte
Bien que la Puisaye dispose d’un capital naturel
d’exception reconnu, il demeure méconnu du
grand public. Pourtant, le tourisme de nature est
un secteur en pleine expansion : l’observation
des oiseaux connaît une croissance rapide et
attire désormais une clientèle diversifiée, allant
des experts aux familles en quête d’activités
de pleine nature. Parallèlement, le territoire
possède un potentiel halieutique déjà identifié,
avec des initiatives existantes de labellisation
de sites (parcours « Passion » et « Famille ») et
d’hébergements dédiés à la pêche.
Objectif
Cette action vise à faire connaître la Puisaye et
à développer une destination écotouristique de
référence en structurant une offre combinée
autour de l’ornithologie et de la pêche. Il s’agit
de coordonner les efforts et les outils des
acteurs départementaux (fédérations, offices du
tourisme) sur le territoire, de professionnaliser
l’offre par le développement d’un réseau de guides
spécialisés, d’hébergeurs et de commerçants
engagés dans l’écotourisme, et enfin de déployer
une stratégie de communication cohérente pour
promouvoir ce patrimoine naturel auprès du
grand public.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
Federation de pêche, LPO, Offices du tourisme,
AVP (association valorisation de la Puisaye),
VNF
Outils
Label hébergement pêche
Projet Nids douillets LPO
Financement
FEDER, taxe de séjour86 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.4 Créer une destination éco-touristique
Action 2.4.2 Rendre lisible l’entrée dans le territoire des étangs de Puisaye par des aménagements repères
Entrée de la D90 à Rogny-les-Sept-Écluses Principe de projet d’entrée dans les paysages des étangs de Puisaye
Remonté de houppier pour voir le paysage
totem d’entrée Table
Contexte
Bien que le bassin versant des étangs de
Puisaye constitue une entité géographique et
hydraulique réelle, cette unité peine à exister
institutionnellement. Écartelé entre plusieurs
découpages administratifs, ce pays d’eau souffre
d’un déficit de lisibilité. Pour le visiteur, aucun
signal concret n’invite à percevoir la Puisaye des
étangs comme une destination écotouristique
cohérente.
Objectif
Cette action vise à créer une signature paysagère
discrète, respectueuse de l’identité de la Puisaye.
L’objectif est de renforcer la cohérence territoriale
en scénographiant les points de bascule vers le
paysage des étangs. Plus qu’un totem, c’est une
réflexion d’ensemble à conduire pour chaque
entrée, comprenant la signalétique, la gestion
des ouvertures sur le paysage, les plantations ou
encore le traitement qualitatif des parkings. Ces
éléments, déclinés selon une charte graphique et
matérielle unique, agiront comme des marqueurs
visuels forts, permettant de « faire territoire »
au-delà des limites administratives.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
CAUE, Communes, gestionnaires de voirie,
Offices de tourisme
P ri
ncip
e de totem d’entr
ée87 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.4 Créer une destination éco-touristique
Action 2.4.3 Créer une charte publicitaire et de signalétique
Guide pratique publicité et paysage Grand Site du Cap d’Erquy- Cap Fréhel SIL de Monsoreau Guide de la signalétique
Parc naturel du Verdon
Contexte
Le territoire des étangs de Puisaye est
relativement bien préservé d’un développement
anarchique de la publicité. L’absence d’une
publicité trop invasive apaise la perception des
paysages. L’interdiction de la publicté hors
agglomération et de la publicité lumineuse dans
les agglomération de moins de 10000 habitants
sont plutot bien respectés.
Le foisonnement de panneaux en bord de route
et en entrée de ville, de couleurs, hauteurs et
dimensions hétérogènes est cependant un
élément à surveiller pour la qualité paysagère du
territoire.
Objectif
Cette action vise à instaurer une cohérence
visuelle à l’échelle du secteur des étangs de
Puisaye par l’élaboration d’une charte de
signalétique et de publicité partagée par les
deux intercommunalités (CCPF et CCBLP). Conçu
comme un outil pratique et pédagogique à
destination des élus et des acteurs économiques,
ce document a pour vocation de clarifier la
réglementation nationale et de fournir des
préconisations d’intégration paysagère
(implantations, typographies, matériaux).
Maîtrise d’ouvrage
EPCI, Communes
Acteurs
CAUE, Maire ou DDT (Police de la publicité)
Outils
Police de la publicité
Guide pratique de la reglementation de la
publicité exterieur
Financement
FEDER88 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.4 Créer une destination éco-touristique
Action 2.4.4 Créer de l’hébergement insolite avec vue sur les étangs
la forêt d’art contemporain - PNR Landes de Gascogne Cabanes du Château d’Ettevaux Refuges périurbains_Bruit du frigo
Maîtrise d’ouvrage
Porteurs de projet (privé ou public)
Acteurs
EPCI (appel à projet), VNF, CAUE, Offices
du tourisme , services instructeurs, écoles
d’architectures, ESAAB Nevers
Sur le territoire
Ecolodge Batilly-En-Puisaye
Les Blots - La Bussière
Contexte
Le territoire dispose d’un potentiel paysager
exceptionnel avec sa myriade d’étangs, mais
l’offre d’hébergement actuelle reste souvent
traditionnelle et en retrait des sites naturels
majeurs. Or, la demande touristique évolue
fortement vers une quête d’expérience et de
déconnexion : les visiteurs ne cherchent plus
seulement un toit, mais une immersion au cœur
du paysage
Objectif
Cette action vise à diversifier l’offre d’accueil
en favorisant l’implantation d’hébergements
insolites (cabanes sur pilotis, habitats légers) en
prise directe avec l’eau, tout en proscrivant les
dérives de cabanisation des berges publiques.
La mise en œuvre de ces projets nécessitera
une évolution des documents d’urbanisme afin
de créer un cadre réglementaire adapté à ces
nouvelles formes d’hébergement.
Ces projets devront être exemplaires en matière
d’intégration paysagère et écologique : usage
exclusif de matériaux locaux et biosourcés, faible
jauge d’accueil pour garantir la quiétude des
lieux et réversibilité totale des installations pour
préserver l’intégrité des sols et la biodiversité du
site.89 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Pour cette action déclic, une spatialisation
précise sur un étang en particulier n’a pas fait
consensus lors de l’atelier habitant. Ce schéma
illustre donc davantage un processus de projet
visant à implanter des hébergements insolites
au cœur des paysages naturels de la Puisaye,
notamment à proximité de ses étangs. L’initiative
se distingue par une approche écologique et
participative, en quatre étapes.
Appel à projet
Un appel à projets permettra d’identifier les
propriétaires et les collectivités intéressés par un
projet d’hébergements insolites.
Accompagnement stratégique du porteur de
projet
Le porteur de projet bénéficie d’un
accompagnement stratégique par les collectivités
locales, VNF, les offices de tourisme, le CAUE, et
les services instructeurs, permettant de définir
une programmation et un cahier des charges
cohérents avec le site. Ce cahier des charges met
l’accent sur deux piliers : l’originalité, pour créer
une expérience représentative de la Puisaye, et
le faible impact sur le milieu, en recherchant une
structure légère et une faible emprise au sol afin
de préserver la biodiversité et les sols naturels.
Accompagnement de conception
Une école d’architecture est mobilisée sur la base
de ce cahier des charges. Les étudiants apportent
leur créativité et leur expertise technique en
proposant des architectures originales, adaptées
au programme et au site.
Chantier participatif
Après recrutement d’un maître d’œuvre
professionnel et obtention des autorisations
d’urbanisme, le projet peut voir le jour. La
collectivité peut accompagner le porteur de projet
dans la structuration d’un chantier participatif.Le paysage n’est pas uniquement physique : il
incarne un ensemble d’histoires, de savoirs-faires
et de regards portés par les habitants sur leur
environnement, construit au fil du temps. Cette
culture paysagère s’est affaiblie au XIXe siècle avec
l’exode rural, mais elle se renouvelle aujourd’hui
grâce à l’arrivée de nouveaux habitants aux profils
variés. Sensibiliser ces derniers aux paysages
de la Puisaye constitue un enjeu fort, afin qu’ils
puissent comprendre, respecter et participer à la
construction de ce paysage, à leur échelle.
Le plan paysage n’est pas un document
réglementaire, mais un outil de projet original
initié par les communautés de communes de
Berry Loire Puisaye et Puisaye-Forterre. Malgré les
limites administratives, cette démarche permet de
reconnaître les unités paysagères et de réaliser un
diagnostic précis du territoire. Au-delà de l’analyse,
le plan paysage vise à créer une culture paysagère
vivante, en mobilisant et rassemblant les forces
locales. L’intégration de projets artistiques ou de
design sur les itinéraires, la participation active des
habitants et la sensibilisation continue permettent
de rendre le paysage perceptible et partagé. Ainsi,
la culture paysagère se transmet, se vit et s’enrichit,
renforçant l’identité du territoire et l’attachement
de ses habitants.
Poursuivre la dynamique du plan paysage
Le plan paysage n’est pas un document
réglementaire. Les deux communautés de
communes de Berry Loire Puisaye et Puisaye-
Forterre se sont lancées dans une démarche
originale de projet de paysage malgré les limites
administratives.
Par la reconnaissance des unités paysagères et
le travail du diagnostic, le plan paysage pose les
bases d’un recueil de cette culture paysagère
passée. Par le projet de paysage, le plan dépeint la
base d’une culture paysagère vivante, qui mobilise
et rassemble les forces vives.
OQP N°2 Partager les paysages
Sous OQP 2.5 Partager la culture paysagère Poyaudine91 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.5 Partager la culture paysagère Poyaudine
Action 2.5.1 Faire vivre le plan paysage auprès des élus
Maîtrise d’ouvrage
ECPI
Acteurs
Élus, CAUE, Associations locales, AVP
(association valorisation de la Puisaye),
DREAL, DDT, CPIE (lecture de paysage)
Outils
Conférence des maires
Contexte
La finalisation du Plan de Paysage intervient dans
une période charnière, concordant avec une fin
de mandat politique. Cette temporalité spécifique
génère un enjeu crucial de transmission : le
risque est que la dynamique s’essouffle ou que
la stratégie soit méconnue des futures équipes
exécutives. Or, les élus sont les clés de voûte de
cette démarche ; garants de l’intérêt général,
ce sont eux qui doivent traduire les ambitions
paysagères dans les politiques publiques .
Objectif
Cette action a pour but de garantir la pérennité et
l’opérationnalité de la démarche paysagère au-
delà des cycles électoraux. Elle vise à organiser
l’appropriation des enjeux par les élus, actuels
et futurs, en privilégiant la formation par le
terrain (lecture de paysage) et l’ouverture sur les
retours d’expériences nationaux (Club Plan de
Paysage). L’ambition est d’assurer que la qualité
paysagère reste le fil conducteur transversal des
futures politiques publiques d’aménagement du
territoire.92 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.5 Partager la culture paysagère Poyaudine
Action 2.5.2 Veiller au suivi du plan paysage
Contexte
Le plan paysage propose un plan d’actions riche,
qui nécessite un suivi régulier et une mobilisation
technique pour sa mise en œuvre. Assurer un
suivi technique du plan paysage, c’est garantir
la cohérence des actions dans le temps, ajuster
les interventions aux évolutions du territoire et
préserver la qualité paysagère comme levier de
développement durable.
Objectif
Cette action vise à sécuriser le portage technique
du plan à travers une stratégie de ressources
humaines mutualisée par les deux communautés
de communes. Il est indispensable de recruter
ou de pérenniser un poste de chargé de mission
paysage pour assurer le pilotage quotidien et
l’ancrage transversal des objectifs. Le plan
de paysage sera par ailleurs mis à disposition
du public en mairie, dans les bibliothèques et
dans les écoles, où il pourra servir de support
à des actions pédagogiques à destination des
enseignants.
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
DREAL, DDT, COTECH du plan paysage,
Paysagiste Conseil de l’État, CAUE
Outils
Site internet et tableau de suivi des actions du
plan paysage
Financement
Region BFC93 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°2
Sous OQP 2.5 Partager la culture paysagère Poyaudine
Action 2.5.3 Intégrer le plan paysage aux documents d’urbanisme
Schéma intercommunal d’aménagement des lisières
TCO_Folléa-Gautier
OAP Thématique lisière agri-urbaines
PLU Fontenay-le-Fleury
Maîtrise d’ouvrage
ECPI
Acteurs
Elus
Outils
SCOT, PLUI en cours d’élaboration
Contexte
Le Plan de Paysage est un document stratégique
et politique, mais il ne possède pas, par lui-
même, de valeur réglementaire opposable aux
tiers. Sans une traduction juridique rigoureuse,
les ambitions qu’il porte risquent de rester
des vœux pieux face à la réalité des dépôts de
permis de construire. L’article L121-1 du Code
de l’Urbanisme et la Convention européenne du
paysage imposent pourtant aux documents de
planification (SCOT, PLUi) d’intégrer un objectif
de qualité paysagère.
Objectif
Cette action vise à décliner l’approche paysagère
dans les pièces constitutives des documents
d’urbanisme (du diagnostic au règlement, en
passant par le PADD). L’objectif prioritaire est
de créer des Orientations d’Aménagement et
de Programmation (OAP) thématiques, outil
pédagogique et réglementaire puissant. Ces OAP
permettront de fixer des règles précises sur des
sujets transversaux comme le traitement des
lisières agri-urbaines, l’insertion des énergies
renouvelables ou la protection des vues.OQP n°3 Valoriser l’eau dans les paysages
OQP n°3 L’eau constitue l’un des fondements du paysage poyaudin. Vallées, étangs, canaux, rigoles, rivières, ruisseaux, mares et zones humides
confèrent à la Puisaye une identité forte mais
fragile, soumise aux enjeux du changement
climatique et de partage de la ressource.
Connaître et préserver un patrimoine vivant
Le plan de paysage invite à mieux comprendre
et valoriser la diversité des paysages de
l’eau. Le réseau d’étangs (étangs réservoirs
interconnectés et étangs privés), les rigoles
d’alimentation du canal, les rivières et leurs
nombreux ruisseaux affluents, les sols
hydromorphes et les diverses zones humides
abritent une biodiversité remarquable. Leur
bonne gestion et leur préservation constitue
un levier essentiel pour maintenir la qualité
chimique et écologique des milieux. L’objectif
est de reconnaître ces espaces comme un
patrimoine vivant, dont le bon état conditionne la
robustesse du territoire.
Faire de l’eau un bien commun à partager
Ressource indispensable à la vie et aux activités,
l’eau soutient de multiples usages : domestiques,
agricoles, halieutiques, récréatifs ou touristiques.
La fréquence des aléas climatiques (sécheresses,
surplus…) étant amenée à augmenter, une
approche concertée et collective du partage de
la ressource est de plus en plus nécessaire. Déjà
encadrée par des documents de planification
(SDAGE) et des acteurs clés (EPAGE, VNF,
collectivités…), la gestion de l’eau trouve dans
le plan de paysage un appui complémentaire
: fédérer les acteurs, favoriser le dialogue et
valoriser la dimension paysagère, patrimoniale
et culturelle de cette ressource.
Construire collectivement des paysages de
l’eau durables
Le plan de paysage propose de faire de l’eau un fil
conducteur du développement territorial. Il s’agit
d’unir les acteurs autour d’une gouvernance
partagée, conciliant préservation des milieux,
usages économiques (dont touristiques)
et qualité paysagère. En valorisant les sols
humides, les haies et les continuités écologiques
comme infrastructures naturelles de régulation,
ces actions visent à renforcer la résilience de la
Puisaye et à faire vivre durablement ses paysages
de l’eau.
Les sous-objectifs de qualité paysagère
L’objectif de qualité paysagère
Partager l’eau
Valoriser les rivières : Connaître les histoires, usages et cheminements de l’eau
Faire vivre le canal de Briare
Affirmer des étangs dans le paysage de Puisaye
1
2
3
4
Valoriser
l’eau dans
les paysages
Zones humides
Canal
Rivières
Étangs95 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
OQP N°3 Valoriser l’eau dans les paysages
Priorisation des actions
Court terme Moyen terme Long terme
2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044
Mise en place Suivi de l’action Co-construction
Action 3.1.1 Sensibiliser au grand et petit cycle de l’eau
Action 3.1.2 Réaliser un inventaire des zones humides support d’une stratégie zones humides
Action 3.2.1 Restaurer les rivières pour une meilleure qualité écologique des milieux humides
Action 3.2.2 Accompagner les riverains dans l’entretien de la ripisylve
Action 3.2.3 Valoriser le petit patrimoine hydraulique
Action 3.3.1 Valoriser le patrimoine architectural du canal
Action 3.3.1 Valoriser le patrimoine architectural du canal
Action 3.4.2 Sensibiliser sur l’histoire, les usages, les impacts et la biodiversité des étangs
Action 3.4.3 Réaménager l’étang du Bourdon et créer un ENS
Action 3.4.4 Limiter l’accès aux secteurs à enjeux pour la biodiversité
Action 3.3.2 Remettre le canal au centre du village
Action 3.3.3 Aménager des parcours agréables le long de l’eau
Action 3.2.4 Remettre la rivière au centre du village
Action 3.1.3 Engager une réflexion sur la gestion quantitative et qualitative de l’eau sur le territoire (EVP)
Sous OQP 3.1
Partager l’eau
Sous OQP 3.2
Valoriser les rivières
: Connaître les
histoires, usages et
cheminements de
l’eau
Sous OQP 3.3
Faire vivre le canal de
Briare
Sous OQP 3.4
Affirmer des étangs
dans le paysage de
PuisayeOQP N°3 Valoriser les paysages de l’eau
Sous OQP 3.1 Fédérer autour de l’eau
Face aux multiples usages de l’eau sur le territoire
de la Puisaye – domestiques, agricoles, touristiques,
récréatifs, halieutiques ou de navigation – partager
cette ressource est un enjeu central. Les évolutions
du climat, avec des régimes d’eau plus irréguliers,
imposent d’anticiper les besoins et de préserver
les milieux aquatiques, en intégrant à la fois la
quantité et la qualité de l’eau.
Créer les conditions de la bonne santé
écologique des milieux liés à l’eau
Les paysages humides de la Puisaye – boisements,
prairies, tourbières, landes – et les milieux
aquatiques surfaciques – rivières, ruisseaux,
étangs, mares, et leurs abords - abritent une
biodiversité remarquable comprenant diverses
espèces protégées et/ou menacées de plantes,
d’amphibiens, de poissons, d’oiseaux, de
mammifères et d’insectes. Les actions proposées
par le plan de paysage visent à considérer la santé
de la ressource en eau sur le territoire comme un
facteur essentiel de la présence d’une biodiversité
spécifique à la Puisaye. Le maintien des milieux
humides en place, la renaturation des cours d’eau,
la gestion des niveaux d’eau, la plantation de haies,
la création/restauration de mares y participent
concrètement, mais la valorisation de ces milieux
est également importante afin de faire reconnaître
leur richesse patrimoniale et leurs rôles essentiels
dans la régulation des cycles de l’eau.
Federer autour de la ressource en eau
La complexité du réseau hydrographique, des
usagers et des acteurs de la gestion de l’eau
nécessite une coordination entre tous : collectivités,
EPAGE, Voies Navigables de France, exploitants
agricoles, habitants, acteurs du tourisme… Le plan
de paysage accompagne les démarches existantes
(SDAGE) en apportant un appui pour fédérer les
acteurs autour de la dimension paysagère et
écologique de l’eau. Les échanges portent sur
la planification des prélèvements, l’anticipation
des besoins d’irrigation, la protection des zones
humides et la résilience des milieux face aux
variations climatiques.
Partager la connaissance
Faire connaître la gestion et la qualité de l’eau
contribue à renforcer l’appropriation collective des
paysages de l’eau. Sensibiliser les habitants et les
acteurs locaux, notamment à travers des cycles
pédagogiques sur le cycle de l’eau, l’accès aux
paysages et la valorisation des pratiques durables,
permet de relier usage humain et protection
écologique. Ces actions renforcent la résilience
du territoire, favorisent une prise de conscience
collective et inscrivent l’eau au cœur du projet
paysager de la Puisaye.97 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.1 Partager l’eau
Action 3.1.1 Sensibiliser au grand et petit cycle de l’eau
Contexte
La compréhension des mécanismes
hydrologiques est souvent fragmentaire : le «
petit cycle » (de l’assainissement au robinet)
est perçu comme un dû technique, tandis que
le « grand cycle » — le cheminement naturel de
la pluie vers les nappes et les rivières — reste
abstrait. Pourtant, le Festival de la Pluie de
Saint-Amand-en-Puisaye, porté par l’association
Respire, explore déjà les liens vitaux entre l’eau,
le climat et nos pratiques agricoles, forestières
et jardinières, démontrant que le sujet mobilise
bien au-delà des cercles d’experts.
Objectif
Cette action vise à généraliser la pédagogie de
l’eau pour changer les pratiques individuelles et
collectives. Il s’agit de s’appuyer sur la dynamique
du Festival de la Pluie pour ancrer une véritable «
culture de l’eau » sur le territoire. L’objectif est de
décloisonner les savoirs pour faire comprendre
l’interdépendance entre le geste quotidien
(consommation, jardinage, imperméabilisation
des sols) et la santé des milieux aquatiques. Cela
passe par le soutien aux initiatives associatives
existantes et le déploiement de nouveaux
outils de médiation (ateliers scolaires, balades
hydrologiques)
Festival de la Pluie de Saint Amand
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
Association respire (Atelier de la pluie), EPAGE
du Loing (animation), CPIE «Je parraine ma
rivière», Fédérations de pêche, scolaires,
Communes, Fédération Eaux Puisaye-Forterre
Financement
Agences de l’Eau, Conseils Départementaux:
actions éducatives dans les collèges98 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.1 Partager l’eau
Action 3.1.2 Réaliser un inventaire des zones humides support d’une stratégie zones humides
Contexte
Les zones humides abritent une biodiversité
exceptionnelle et assurent de nombreux services
essentiels : épuration de l’eau, régulation des
crues, atténuation des sécheresses, protection
des sols, stockage du carbone, valeur paysagère
et récréative, et sources de nourriture.
Particulièrement menacées, elles ont fortement
régressé depuis le XVIIIe siècle et encore
davantage depuis les années 1960, notamment en
tête de bassins versants. Un premier inventaire a
été réalisé en 2020 par le CEN avec l’EPAGE, et un
second est actuellement en cours dans le cadre
de Natura 2000 sur une partie du territoire de la
CCPF.
Objectifs
Cette action vise tout d’abord à cartographier les
zones humides sur les communes dépourvues
d’inventaires, notamment côté Loiret, en se
basant sur les méthodologies des cartographies
existantes et le SAGE du Loing à venir. Elle vise
également à intégrer et protéger de manière
explicite ces zones humides effectives dans
les documents d’urbanisme en cours et à venir.
Enfin, elle a pour objectif de créer une base de
données commune et facilement consultable de
l’ensemble des zones humides du territoire, via par
exemple les atlas communaux intercommunaux
de la biodiversité ou geovisualiseurs (type
SIGOGNE en BFC)
Maîtrise d’ouvrage
EPCI ou EPAGE
Acteurs
Communes, CEN , Natura 2000, associations
Outils
Pôle Milieux humides du CEN BFC/CVL
SDAGE Loire-Bretagne et Seine-Normandie
SAGE du Loing à venir
Financement
Agences de l’Eau, OFB, Inventaire de la
Biodiversité Communale (IBC), ABC(I)99 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.1 Partager l’eau
Action 3.1.3 Engager une réflexion sur la gestion quantitative et qualitative de l’eau sur le territoire (EVP)
Contexte
Le bassin versant des étangs de Puisaye a été
historiquement façonné pour répondre aux
besoins du canal de Briare. En période estivale,
les étangs peinent à soutenir le niveau d’eau,
obligeant l’usine élévatoire de Briare à pomper
les eaux de la Loire. Cette fragilité est aggravée
par le changement climatique et la pression
concomitante de l’irrigation, qui permet aux
agriculteurs de sécuriser un rendement seuil
face aux sécheresses. Cette situation génère
des conflits d’usage latents entre la navigation,
le soutien d’étiage des milieux naturels et la
viabilité économique des exploitations agricoles.
Objectif
Cette action vise à accompagner la réalisation
de l’étude des volumes prélevables de la nappe
de craie (EVP), dont l’élaboration vient d’être
engagée par l’EPAGE du Loing. Il s’agit de
reconstituer le fonctionnement naturel du bassin
versant et des nappes, puis de déterminer des
débits objectifs d’étiage (DOE) garantissant le
bon fonctionnement écologique des cours d’eau.
Enfin, l’étude devra définir les volumes pouvant
être affectés à chaque usage et prélevés sur la
ressource. Il s’agira de veiller à la bonne prise
en compte des ouvrages hydrauliques utiles au
canal dans cette étude.
Maîtrise d’ouvrage
EPAGE (en cours sur la nappe de la craie)
Acteurs
VNF, Syndicats d’Eau Potable Chambres
d’agriculture, Syndicat d’agriculteurs
irrigants, Propriétaires d’étangs privés
Fédérations de Pêche
Outils
EVP étude des volumes prélevables
Agences de l’EauOQP N°3 Valoriser les paysages de l’eau
Sous OQP 3.2 Valoriser les rivières : Connaître les histoires, usages et cheminements de l’eau
Cet objectif s’inscrit en continuité des actions
qui visent à renforcer la qualité des rivières
du point de vue écologique (morphologie,
température, oxygène, nitrates, espèces animales
et végétales), chimique (pesticides, métaux lourds,
hydrocarbures) et paysager, menées par les
structures compétentes, notamment l’EPAGE du
Loing.
Restaurer les rivières et leurs affluents
L’EPAGE conduit des actions de restauration
écologique (notamment du Loing) et
d’accompagnement des propriétaires privés, via
par exemple l’accompagnement à l’entretien des
berges et l’installation de panneaux pédagogiques
lors des chantiers. Le plan de paysage propose
de poursuivre ces initiatives et de sensibiliser à
l’obsolescence de certaines pratiques (drainage
forestier par exemple), et d’encourager l’adoption
de bonnes pratiques dans le but de favoriser un
retour des eaux dans les sols et de prolonger leur
chemin naturel. Les interventions dites low-tech
et low-cost, telles que la régénération des cours
d’eau basée sur les processus (technique « castor
») ou la régénération naturelle assistée (RNA) des
haies, sont encouragées pour restaurer le réseau
hydrographique, les zones humides associées et
renforcer leur biodiversité.
Valoriser l’eau en milieu urbain
L’eau doit être replacée au cœur des projets urbains
et des cœurs de village. Les rivières structurent le
paysage et les patrimoines bâtis associés — ponts,
lavoirs, ouvrages de franchissement — offrent
des espaces de contemplation et d’observation
des variations des niveaux. Le plan de paysage
encourage la découverte de l’eau par des
aménagements accessibles et valorisant la remise
en visibilité des cours d’eau dans les villages,
et la mise en place de guides de gestion pour
les collectivités concernant assainissement et
désimperméabilisation. Ces actions visent à faire
de l’eau un fil conducteur des paysages urbains,
à renforcer la sensibilisation des habitants et à
préserver la qualité écologique des rivières.101 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.2 Valoriser les rivières : Connaître les histoires, usages et cheminements de l’eau
Action 3.2.1 Restaurer les rivières pour une meilleure qualité écologique des milieux humides
Reméandrage de la Lemme (Jura) Rendre l’eau à la terre - Chantier castor
Contexte
L’homme a façonné depuis de nombreux
siècles les cours d’eau selon ses besoins et
ses perceptions visuelles (moulins, irrigation,
navigation, pisciculture, remembrements
agricoles, alimentation de canaux, barrages
hydroélectriques…). Aujourd’hui, les impacts de
ces aménagements sur la qualité des milieux
sont reconnus (qualité de l’eau, biodiversité,
inondations, sécheresse). La morphologie des
cours d’eau a été identifiée comme l’un des
principaux facteurs de dégradation des cours
d’eau français, d’où la mise en place depuis
plusieurs années de travaux de renaturation des
cours d’eau menés par les structures porteuses
de la compétence GEMAPI.
Objectifs
Cette action vise à encourager la poursuite des
travaux actuels de renaturation des cours d’eau
sur l‘ensemble du territoire et l’expérimentation
de nouvelles techniques novatrices de
régénération des cours d’eau.
Maîtrise d’ouvrage
EPAGE du Loing, Communauté de Commune
Berry Loire Puisaye (compétence GEMAPI)
Acteurs
Associations naturalistes (suivis des
populations après travaux)
Outils
Guide Régénération low-tech des milieux
rivières fondée sur les processus
Financement
Agences de l’Eau Seine-Normandie et Loire-
Bretagne , Régions102 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.2 Valoriser les rivières : Connaître les histoires, usages et cheminements de l’eau
Action 3.2.2 Accompagner les riverains dans l’entretien de la ripisylve
Guide de préservation des ripisylves
Contexte
Les ripisylves filtrent les ruissellements,
stabilisent les berges et limitent le
réchauffement de l’eau. Leur gestion incombe
légalement aux propriétaires riverains. Face à la
complexité de la réglementation et à la technicité
des interventions, de nombreux propriétaires se
sentent démunis ou craignent de commettre des
erreurs. Cette incertitude conduit souvent soit
à une inaction préjudiciable (embâcles, chutes
d’arbres), soit à des interventions radicales
inadaptées (coupes à blanc, artificialisation) qui
dégradent le corridor écologique.
Objectif
Cette action vise à faire Connaître au riverains les
guides réalisés par l’EPAGE du Bassin du Loing et
le CNPF et le département de L’Yonne. Il s’agit
de mobiliser les communes pour faire le relais de
ces documents d’informations. En complément
de l’information «papier», L’EPAGE peux proposer
un diagnostic individuel avec un marquage à
la peinture des arbres à abattre (dangereux,
invasifs) et surtout ceux à sanctuariser (arbres
gîtes, ombrage).
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
Communes (relais des documents), EPAGE ,
OFB, CNPF , CPIE, departements, Chambres
d’Agricultures.
Outils
- Guide du propriétaire riverain , EPAGE
- Guide pour la gestion des ripisylves et forêts
alluviales, CNPF, Département de L’Yonne
- Guide sur l’entretien des cours d’eau DDT89103 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.2 Valoriser les rivières : Connaître les histoires, usages et cheminements de l’eau
Action 3.2.3 Valoriser le petit patrimoine hydraulique
Moulin de Vanneau - Saints en Puisaye Les parapluies sur un pont de la Seille
Contexte
Avant la généralisation de l’eau courante, le
petit patrimoine hydraulique (lavoirs, fontaines,
passerelles) constituait le cœur battant de la
vie sociale, matérialisant un rapport quotidien
à la ressource. Ces ouvrages, tout comme les
nombreux moulins qui jalonnent le cours du Loing
et ses affluents, sont les témoins silencieux d’une
histoire technique et domestique riche. Pourtant,
ayant perdu leur usage fonctionnel premier, ils
sont souvent relégués au second plan, parfois
enfrichés, inaccessibles ou dégradés, coupant
ainsi le lien visuel et sensible entre les habitants
et leur rivière.
Objectif
Cette action vise, dans un premier temps, à créer
un inventaire pour localiser ce petit patrimoine,
évaluer son état et identifier ses propriétaires,
en impliquant notamment les pêcheurs et les
associations locales.
Dans un second temps, la mise en valeur de ce
patrimoine pourra prendre la forme d’expositions,
de balades thématiques ou d’interventions
artistiques. Enfin, un appel à projets de
restauration pourra être lancé pour redonner vie
à certains ouvrages, notamment les passerelles
sur le Loing.
Maîtrise d’ouvrage
ECPI (inventaire)
Acteurs
Communes, VNF (maisons éclusières)
Fédération de pêche, propriétaires, fondation
du patrimoine, Maisons Paysannes de
France, DDT89 service police de l’eau, EPAGE,
Association
Outils
Restauration lavoir de Saint Amand en Puisaye
Restauration du Lavoir de Saint-Fargeau
Restauration lavoir de Saint Amand en Puisaye104 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Parcours des Sources de la Norges Bord de Marne Florence Mercier
Sous OQP 3.2 Valoriser les rivières : Connaître les histoires, usages et cheminements de l’eau
Action 3.2.4 «Remettre la rivière au centre du village
Contexte
En définissant l’unité paysagère de la « Vallée du
Loing et de ses affluents », l’Atlas des paysages
de l’Yonne pose les bases d’une reconnaissance
des paysages de l’eau en Puisaye. Le diagnostic
du Plan de paysage s’inscrit dans cette lignée en
précisant les sous-unités de la vallée du Loing
et en qualifiant la sous-unité de la Trézée et des
étangs d’alimentation.
Cette reconnaissance des paysages des rivières
constitue une base pour leur prise en compte
dans les aménagements et le cadre de vie des
communes traversées.
Objectif
Cette action vise à reconnecter les communes
à leur rivière par la création d’aménagements
permettant l’accès, la contemplation et
la compréhension de ce milieu, ainsi que
l’organisation des différents usages.
Ces aménagements s’inscrivent également dans
les efforts visant l’atteinte du bon état écologique
et chimique des cours d’eau. Les projets destinés
à reconnecter les habitants aux rivières pourront
ainsi utilement s’accompagner de projets
portant sur la qualité des milieux aquatiques
(reméandrage, travail des berges, mise en place
de fascines, etc.).
Maîtrise d’ouvrage
Partagé (EPCI, Commune, EPAGE)
Acteurs
Fédération de pêche, EPAGE, CPIE «Je
parraine ma rivière», CAUE, Paysagistes
Conseil de l’État
Outils
Agences de l’eau105 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Parcours des Sources de la Norges
Site : Ru du Bourdon à Saint-Fargeau
Le ru du Bourdon à Saint-Fargeau
Comme le relève le diagnostic du Plan guide
de revitalisation de Saint-Fargeau, malgré
l’omniprésence de l’eau dans le centre-bourg,
cette composante du paysage est rarement
visible et accessible. Le ru du Bourdon offre
pourtant une continuité de 400 m jusqu’à
sa confluence avec le Loing, et constitue le
fil conducteur de plusieurs projets qu’une
démarche paysagère cohérente pourrait fédérer
: la restauration du lavoir, la renaturation du ru
par l’EPAGE, l’aménagement de la voie verte
sur ce linéaire, la création d’une aire d’accueil
des vélos et la restauration d’un bâtiment sur le
square en salle éphémère.
L’action vise à s’inscrire dans cette dynamique
pour développer une promenade continue et
agréable jusqu’au Loing et à la voie verte, à
travers la gestion des espèces invasives, des
plantations et l’accompagnement de la voie
verte par du mobilier et de la signalétique
adaptés.106 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3 Site : Reconnecter le Loing à Saint-Sauveur-en-Puisaye
Un centre-bourg en surplomb du Loing
La majorité des espaces habités de Saint-
Sauveur-en-Puisaye est implantée en surplomb
de la vallée du Loing, offrant des vues lointaines
remarquables sur la vallée (notamment depuis
l’église).
Un lavoir, implanté dans le fond de vallée, était
alimenté par une dérivation depuis le Loing. Ce
lieu de vie et de sociabilité quotidienne autour
de la ressource en eau a été délaissé avec
l’équipement des logements en eau courante.
De nouvelles infrastructures liées à la gestion
du petit cycle de l’eau sont apparues à proximité
du Loing : une station de captage et une station
d’épuration. Des équipements dont la fonction et
le rôle, cruciaux pour la collectivité, sont parfois
difficiles à appréhender pour les habitants.
S’appuyer sur la dynamique de la voie verte
La création de la voie verte constitue un élément
déclencheur qui invite à reconnecter Saint-
Sauveur-en-Puisaye au Loing. En effet, la voie
verte est située à mi-chemin entre le village et
le Loing. L’action vise, d’une part, à questionner
l’accès à la voie verte depuis le centre-bourg
et, d’autre part, à proposer une promenade de
découverte d’un bois humide en bord de Loing,
accessible depuis celle-ci.
Se reconnecter au Loing et comprendre le
petit cycle de l’eau
La création d’une promenade en bord de Loing
permettra d’intégrer ce paysage à l’imaginaire
collectif. Cette promenade devra veiller à
maintenir et à développer la qualité écologique du
bois humide existant. Le recours à des platelages
permettra d’éviter le tassement des sols.
Une signalétique pourra être déployée sur la
thématique des milieux écologiques visibles,
mais aussi sur la gestion du petit cycle de l’eau
et ses enjeux, du prélèvement au traitement, puis
au rejet dans le milieu naturel.
Station de captage
Le Loing
Voie verte107 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actionsOQP N°3 Valoriser les paysages de l’eau
Sous OQP 3.3 Faire vivre le canal de Briare
Le canal de Briare est un élément emblématique
du paysage de la Puisaye, à la fois patrimoine
hydraulique et support d’usages touristiques et
culturels. Faire vivre le canal consiste à définir
un projet global de mise en valeur qui valorise
son identité patrimoniale et renforce sa vocation
récréative et pédagogique.
Valoriser le patrimoine monumental et
architectural
Le canal et ses ouvrages – écluses, ponts, berges
et infrastructures – constituent un patrimoine
unique à protéger et à mettre en valeur. Le plan
de paysage propose de renforcer la visibilité de
ce patrimoine à travers des aménagements des
berges à Briare, Ouzouer et Rogny, et l’extension
de circuits accessibles en mobilité douce pour le
cyclotourisme et les promenades pédagogiques.
L’organisation d’événements culturels le long
du canal, combinée à la valorisation de ses
aspects naturels et hydrauliques, contribue à la
connaissance et à la sensibilisation des habitants
et visiteurs.
Créer des usages partagés et un projet de
territoire
Le canal doit redevenir un élément structurant
des villages et de leurs abords. La programmation
culturelle et pédagogique, la création de haltes
nautiques, d’aires de camping-cars et d’espaces
de promenade harmonisés avec le paysage
favorisent la mixité des usages et le lien social.
L’implication des acteurs – Voies Navigables
de France, collectivités locales et associations
de bateliers – permet de concilier navigation,
loisirs et préservation écologique, tout en
renforçant la protection du canal via notamment la
contractualisation Natura 2000. Ces actions visent
à inscrire le canal au cœur du projet territorial, à
préserver sa qualité paysagère et à renforcer son
attractivité durable.109 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.3 Faire vivre le canal de Briare
Action 3.3.1 Valoriser le patrimoine architectural du canal
Contexte
Le patrimoine bâti du canal de Briare se décline à
deux échelles distinctes. D’une part, le maillage
régulier des maisons éclusières, écluses et
ponts : suite à l’automatisation, les maisons
éclusières perdent leur fonction technique
et tombent à l’abandon ou sont cédées sans
projet d’ensemble. D’autre part, le canal dispose
d’ouvrages monumentaux : le célèbre pont-canal
de Briare et l’échelle des Sept-Écluses à Rogny.
Objectif
Cette action vise à réinventer les usages de ce
patrimoine pour en faire le support de l’animation
touristique et locale. Pour les maisons éclusières,
il s’agit de transformer ces bâtiments vacants
en haltes conviviales jalonnant le parcours, en
favorisant l’implantation de programmes vivants
: guinguettes, gîtes d’étape, cafés-librairies,
boutiques éphémères ou lieux tests. Pour le
patrimoine monumental, l’objectif est d’accroître
la renommée des sites et de désaisonnaliser la
fréquentation en développant une offre artistique
ambitieuse — mises en lumière, installations
artistiques — capable d’attirer des visiteurs au-
delà de la seule période estivale.
Maîtrise d’ouvrage
Communes
Acteurs
ABF, VNF, EPCI, associations, Offices du
tourisme, Comité des fêtes de Rogny, Les
turbines de Briare, Musée des deux marines
Financement
Région, Mécénat privé
Principe d’une mise en lumière des sept écluses de Rogny Principe d’une oeuvre gonflable sur le pont canal de Briare110 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.3 Faire vivre le canal de Briare
Action 3.3.2 Remettre le canal au centre du village
Plan guide du Grand Parc Canal Ici et là, une poétique du canal de bourgogne
Contexte
En définissant l’unité paysagère du canal de
Briare, le diagnostic du plan de paysage reconnaît
un paysage singulier qui marque l’identité du
territoire. La création de la Scandibérique, qui
emprunte les voies de halage, l’automatisation
des écluses, qui libère le foncier des maisons
éclusières, la remise en eau de l’étang du Grand
Ru et l’appel à manifestation d’intérêt lancé
par VNF sur l’usine élévatoire confirment une
dynamique de projet. Dès lors, la valorisation de
cet héritage hydraulique et paysager devient le
levier d’un nouveau modèle de développement
touristique et environnemental pour le territoire.
Objectif
Cette action vise à poursuivre la dynamique de
projet en réalisant un plan-guide pour poser
une vision globale et partagée des enjeux de
conservation, d’aménagement et de valorisation
du canal. Cette action-déclic a exploré deux
situations de projet pour préfigurer ce plan-guide
: la reconversion d’une maison éclusière, afin de
jalonner la Scandibérique avec des lieux de vie
et de rencontre entre habitants et visiteurs ; et
la requalification des abords du pont-canal, de
manière à créer une continuité d’espaces publics
donnant à voir le pont-canal, mais aussi l’usine
élévatoire et le port.
Maîtrise d’ouvrage
Partagé
Acteurs
VNF, Communes, EPCI, Gestionnaire du port,
CAUE
Outils
Stratégie immobilière de valorisation des
maisons éclusières rédigée par VNF
Délégation de gestion des port en cours111 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3 Site de la maison éclusière n°7 d’Ouzouer-sur-Trézée
Investir une maison éclusière
Du fait de l’automatisation des écluses, les
maisons éclusières sont progressivement
mises hors d’usage le long du canal de Briare.
La vacance de ce patrimoine bâti géré par
VNF génère des coûts et conduit à la vente
progressive de ces bâtiments vers le privé. Les
reconversions en logement impactent la nature
et le fonctionnement des espaces publics autour
des écluses.
Cette action vise à créer un partenariat entre les
communes et VNF permettant de mettre en place
des programmations ambitieuses et ouvertes
au public. Il s’agit de définir une programmation
cohérente à l’échelle du canal et complémentaire
à l’offre en commerces et en équipements en
place dans les communes traversées.
La maison éclusière N°7 d’Ouzouer-sur-Trézée
La maison éclusière n° 7 est située à proximité du
centre-bourg d’Ouzouer. Le site bénéficie de la
présence du canal, offre une vue intéressante sur
la silhouette du bourg et une ambiance calme,
préservée de la circulation automobile. Le site
n’est cependant pas totalement enclavé, avec
un accès au stationnement de la mairie situé à
150 m. Une esplanade de pelouse entre la maison
éclusière et le canal invite à la mise en place
d’usages extérieurs.
La maison éclusière n° 7 pourrait faire l’objet
d’une reconversion ouverte au public, en lien avec
la Scandibérique et le bourg. La programmation
reste à imaginer collectivement avec les
habitants et les acteurs locaux : guinguette
ou restauration légère tirant parti des usages
extérieurs, bibliothèque associative, tiers-lieu ,
espace culturel…
Lors de la réalisation de cette action, les
acteurs pourront utilement se rapprocher de
« La Prochaine Aire », une maison éclusière
transformée en tiers-lieu à Saint-Aubin-sur-
Yonne.112 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3 Site du quai Mazoyer et des abords du pont canal
Contexte
Le pont-canal est l’un des sites touristiques et
patrimoniaux majeurs du territoire des étangs
de Puisaye. Cette action déclic vise à définir un
projet global de valorisation de ses abords.
Création d’une boucle de promenade
Cette intention vise à créer une boucle de
promenade qui inscrit le pont-canal dans une
continuité d’espace public, support d’usages
pour la population et les visiteurs. Cette boucle
de promenade passe par le quai Mazoyet
jusqu’au pont de la D957, puis revient par le quai
sud,aujourd’hui
peu aménagé, jusqu’à
l’usine élévatoire (objet
d’un appel à projets VNF) et au
pont-canal.
Végétalisation du quais Mazoyet
Le quai Mazoyet est aujourd’hui un espace
minéral, dont l’aménagement a vieilli et
contraste avec le pont-canal.
Il s’agit
de réaménager
cet espace de
manière à le végétaliser,
à renforcer son identité et
à diversifier ses usages (jeux,
interprétation du patrimoine du canal, par
exemple). Il s’agit de veiller à maintenir un espace
flexible permettant d’adapter son usage aux
différentes saisons et d’assurer la coexistence
des différents flux et usagers.
Végétalisation du quais Mazoyer
Boucle de promenade
Ouverture au public de
l’usine élévatoire
S t a
t io n
d’interpretatio
nd
u c
a n
a l113 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Station d’interprétation du canal de Briare
Le pont permet une vue globale et surplombante
du pont-canal. Cette vue, bien connue des
habitants, n’est cependant pas toujours
confortable car l’espace piéton est réduit par
l’espace de voirie sur le pont.
La proposition est d’aménager une station
d’interprétation, permettant de valoriser ce
point de vue sur le pont, mais aussi sur le port
et l’usine élévatoire. Deux passerelles en demi-
cercle enserreront le pont existant et permetttont
une vue spectaculaire à 360°. L’ouvrage dessine
un cercle et s’inscrit dans la lignée des ouvrages
singuliers construits à Briare (pont-canal, pont
Rialto).
Au centre de ces passerelles, des filets
permettent de s’installer confortablement et
d’observer de manière originale le passage des
bateaux. Un garde-corps transparent renforce
la sensation de légèreté de l’ouvrage. Sa main
courante est large et accueille de la signalétique
sur l’histoire du canal de Briare et du pont-canal,
mais aussi des informations d’orientation dans
l’espace (fléchages vers l’usine élévatoire, le
centre de Briare, etc.).
En somme, au-delà d’un ouvrage qui résout le
partage de l’espace entre véhicules et piétons, il
s’agit de créer un projet d’architecture ambitieux,
qui valorise un point de vue inédit sur le pont-
canal et invite à une promenade autour du port.
Filet
Point de vue sur le port et
l’usine élévatoire Point de vue sur le pont canal114 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.3 Faire vivre le canal de Briare
Action 3.3.3 Aménager des parcours agréables le long de l’eau
Contexte
Le linéaire du canal bénéficie déjà d’un
aménagement en enrobé qui permet une
circulation fluide et sécurisée pour les piétons et
les cyclistes. Le promeneur traverse le paysage
sans véritablement le comprendre ni s’y attarder,
passant à côté de la richesse écologique et
historique du milieu aquatique qu’il longe.
Objectif
Cette action vise à rompre la monotonie du
parcours en proposant des aménagements
ludiques et pédagogiques. Il s’agit d’aménager
des zones de repos régulières (chaises longues,
pontons d’observation, bancs) orientées vers
l’eau ou des œuvre de land art pour favoriser la
contemplation.
Des stations de jeux en lien avec l’eau (maquettes
d’écluses à manipuler, jeux sur la physique
des fluides, parcours d’équilibre sur rondins)
peuvent également rythmer la balade des
familles. Enfin, une signalétique d’interprétation
discrète pourrait raconter l’histoire du canal et
sa biodiversité .
Maîtrise d’ouvrage
EPCI
Acteurs
VNF, Commune, EPCI, associations,
Département (scandibérique)
Outils
Principe d’aménagement du canal de Briare
Avant Après Land art Marquage ludique assisesOQP N°3 Valoriser les paysages de l’eau
Sous OQP 3.4 Affirmer des étangs dans le paysage de Puisaye
Les étangs constituent des éléments
emblématiques des paysages de la Puisaye,
supports de biodiversité et à potentiel d’usages
récréatifs et touristiques. Cet objectif de
qualité paysagère vise à mieux connaître leur
fonctionnement, à préserver leurs milieux naturels
et à valoriser ces espaces dans les paysages et la
vie du territoire.
Connaître, identifier les étangs
Il s’agit de cartographier les étangs, leurs
volumes et les flux d’eau, en précisant les effets
des petits étangs sur la continuité des cours
d’eau et la biodiversité piscicole. Des études
sur l’eutrophisation et le recul des pelouses
amphibies permettront de comprendre l’impact du
réchauffement climatique et des pratiques locales.
Le partage de cette connaissance, auprès des
gestionnaires, des propriétaires et des habitants,
est essentiel pour anticiper les besoins écologiques
et assurer la résilience hydraulique et biologique
des milieux.
Permettre la découverte des étangs, en
ménageant les espaces sensibles
Le plan paysage doit permettre d’encourager
l’accessibilité des étangs tout en préservant
les habitats sensibles. L’aménagement de
sentiers cyclables et piétonniers, d’observatoires
ornithologiques et de panneaux pédagogiques
peut permettre de valoriser la richesse de la faune
et la flore locales. Le maintien du caractère sauvage
des paysages des étangs est toutefois souhaité par
les personnes qui les fréquentent. Les projets de
« maison des étangs » et de circuits naturalistes,
en partenariat avec hébergeurs et restaurateurs,
contribueront à faire des étangs des destinations
éco-touristiques et pédagogiques.
Fédérer autour des étangs de Puisaye
La mobilisation des propriétaires privés, des
associations, de Voies Navigables de France et
des collectivités est un levier pour coordonner
les projets et préserver la qualité écologique.
L’accompagnement des activités de pêche et de
loisir, ainsi que la création de circuits cyclables
reliant les principaux étangs, permettra de relier
ces milieux entre eux. La sensibilisation via une «
Maison de l’eau » peut contribuer à transmettre
les connaissances et à renforcer l’appropriation
collective de ces paysages aquatiques, tout en
consolidant leur rôle dans l’identité et la résilience
du territoire.116 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.4 Affirmer des étangs dans le paysage de Puisaye
Action 3.4.1 Mettre en valeur l’étang de Grand Rue
Contexte
L’étang de Grand-Rue constitue un élément
important pour l’alimentation du canal de Briare
et un réservoir de biodiversité remarquable,
classé Natura 2000. Asséché depuis 2011, le
barrage-réservoir de Grand-Rue sera restauré
par Voies navigables de France (VNF) (cofinancés
par la Région CVL et le CD45) afin de retrouver sa
fonction d’alimentation en eau du canal de Briare.
À la fin des travaux prévus pour 2027, il pourra
stocker jusqu’à 5 millions de m³ d’eau sur
une superficie de 124 hectares. Un projet de
valorisation des abords intitulé « Grand-Rue
Nature », porté par la LPO et la Fédération de
pêche du Loiret, a été présenté à VNF en 2022.
Objectif
Cette action vise à poursuivre le travail engagé
avec la proposition « Grand-Rue Nature » et à
définir les abords de l’étang de Grand-Rue, afin
de concilier les différents usages.
Le projet ambitionne de faire de l’étang de Grand-
Rue un centre d’accueil multifonctionnel, alliant
le tourisme de nature à la préservation et à la
valorisation de la biodiversité du site.
Les travaux de réhabilitation de l’ouvrage font
l’objet d’un arrêté préfectoral d’autorisation
listant les obligations et les restrictions liées
au site. Par conséquent, l’ensemble des projets
d’aménagement devront impérativement être
compatibles avec ce cadre réglementaire
Maîtrise d’ouvrage
Partagé
Acteurs
VNF, Département (si ENS) Fédération de
Pêche du Loiret, LPO, EPCI, Communes, Offices
du Tourisme, association naturaliste, CPIE,
usagers du site
Outils
Création d’un groupe de travail élargi
N2000117 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Site d’accueil
- Salle
- mare et gite à
chauve souris
- Arceaux vélo
- aire de piquenique
camping-car
Promenade des
milieux humides
Scénographie et
acquisition de
supports sur les
milieux aquatiques et
la faune piscicole
Espace d’observation et
d’interprétation de la faune
- Création et mise en place des
infrastructures d’observation
et d’interprétation de la faune,
notamment des oiseaux
Espace pêche
Aménagement de
postes de pêche
adaptés au site et aux
différents publics,
de voies d’accès
et stationnements,
de panneaux
d’informations118 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.4 Affirmer des étangs dans le paysage de Puisaye
Action 3.4.2 Sensibiliser sur l’histoire, les usages, les impacts et la biodiversité des étangs
Contexte
Certains visiteurs méconnaissent l’origine
anthropique du paysage des étangs de
Puisaye ainsi que le rôle de certains étangs
dans l’alimentation du canal de Briare. Cette
méconnaissance concerne à la fois l’impact des
étangs sur les dynamiques et les écosystèmes
des rivières, et la connaissance de la faune
associée aux étangs.
Objectif
Cette action vise à sensibiliser les habitants et les
visiteurs à l’histoire, aux usages, aux impacts et à
la biodiversité des étangs. Il s’agit, par exemple, de
développer des panneaux d’interprétation sur les
habitats d’intérêt communautaire ou d’organiser
des journées de lecture du paysage réunissant un
écologue et un gestionnaire de VNF.
L’organisation d’ateliers techniques ciblés
pour les propriétaires d’étangs (gestion des
berges, vidanges) peut également permettre de
transmettre de bonnes pratiques dans la gestion
de cet élément singulier du paysage.
Maîtrise d’ouvrage
Partagé
Acteurs
Musée de la Marine, EPCI , VNF, Communes,
Compétences N2000 (VNF, CC Puisaye-
Forterre), associations naturalistes (CEN, LPO,
SHNA...) Féderation de pêche, Département
(ENS), AVP (association valorisation de la
Puisaye), CBN BFC-ORI
Outils
Panneaux pédagogique - FD peche 45
Formation au paysage des offices du tourisme
Étang des Fichus Usine élévatoire de Briare119 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.4 Affirmer des étangs dans le paysage de Puisaye
Action 3.4.3 Réaménager l’étang du Bourdon avec sentiers de randonnée et désignation ENS
Maîtrise d’ouvrage
Partagé
Acteurs
Département, Communauté de commune
de Puisaye-Forterre, Commune de St
Fargeau, Commune de Moutiers, Etat,
VNF, socioprofessionnels, usagers, AVP
(association valorisation de la Puisaye)
Financement
Etat, Région, Département, EPCI, Communes,
Privés.
Reserve naturel d’Arjuzanx ouverte au public Victoire du paysage 2014 ALEP Paysage
Contexte
Le lac réservoir du Bourdon bénéficie d’une situation
touristique privilégiée et accueille une diversité d’usages
qui coexistent sur le site. Le lac réservoir est en partie
couvert par un site Natura 2000, témoignant de la richesse
écologique du milieu. Dans ce contexte, la question de la
pression touristique estivale et de sa compatibilité avec
les enjeux environnementaux se pose. Le piétinement des
berges constitue un facteur de fragilisation des milieux,
notamment pour la flore. Par ailleurs, le site présente un
enjeu en matière de biodiversité, en particulier pour sa
richesse ornithologique, nécessitant la préservation de
zones de tranquillité adaptées. Le développement d’un
tourisme ornithologique, en lien avec d’autres sites de
Puisaye, constitue une opportunité à structurer. La menace
du développement des cyanobactéries sur les activités
aquatiques en période estivale constitue un risque pour ces
activités et peut nuire à l’attractivité du site. Cette situation
conduit à diversifier l’offre d’activités en privilégiant des
pratiques « hors d’eau » plus résillientes.
Objectif
Une étude d’aménagement, initié par le Département de
l’Yonne dans un cadre partenarial, a été engagée afin de
définir une feuille de route opérationnelle des aménagements
à mettre en œuvre. Elle vise à mieux répondre aux attentes
des visiteurs tout en améliorant la qualité de leur expérience.
L’enjeu principal est de concevoir un projet fondé sur
un modèle de développement résilient, garantissant un
équilibre entre la préservation des espaces naturels, leur
mise en valeur paysagère et la cohabitation des usages.
Le projet prévoit notamment l’installation d’équipements de
base adaptés, l’aménagement de parcours autour du lac et
le développement des mobilités douces. Une réflexion est
également engagée sur l’opportunité de labelliser une partie
du site en Espace Naturel Sensible (ENS), au regard d’enjeux
récemment confirmés (richesse ornithologique, flore de
berges, populations de batraciens). Le périmètre reste à
définir en lien avec les acteurs qui disposent du foncier (VNF
notamment).120 Plan de paysage des Étangs de Puisaye Plan d’actions
OQP
N°3
Sous OQP 3.4 Affirmer des étangs dans le paysage de Puisaye
Action 3.4.4 Encadrer l’accès aux piétons aux secteurs à enjeux pour la biodiversité (gazons amphibies, îles, héronnières)
Maîtrise d’ouvrage
communes, intercommunalités
Acteurs
VNF, Gestionnaires des sites Natura 2000
(Communauté de communes Puisaye-Forterre
et VNF), associations naturalistes, Féderation
de pêche, AVP, Département 89
Financement
Fonds européens FEADER à destination des
sites Natura 2000
FD peche 45
Contexte
Les différents étangs de Puisaye concentrent à
la fois des enjeux de biodiversité et de tourisme
importants. Ces habitats humides et aquatiques
très souvent insérés dans des boisements
accueillent de nombreuses espèces protégées et/
ou menacées, d’où notamment leur désignation
en site Natura 2000. Certaines de ces espèces
et leurs habitats peuvent s’avérer sensibles à
certaines perturbations anthropiques comme les
activités nautiques en période de nidification des
oiseaux ou le piétinement des gazons présents
sur les berges.
Objectifs
Cette action vise à cibler et protéger les secteurs
les plus sensibles aux activités humaines
au niveau des étangs les plus fréquentés.
Il s’agit notamment des stations d’espèces
floristiques protégées et des habitats d’intérêt
communautaire situés sur les berges exondées
ainsi que les sites de nidification de certaines
espèces d’oiseaux (héronnières, ilots, aires de
rapaces, herbiers aquatiques). Des panneaux
d’information localisant ces secteurs peuvent
notamment être envisagés aux abords des
parkings et des sentiers ainsi qu’un balisage
visuel autour des secteurs sensibles (bouées,
panneaux, cordes).
Étang du Bourdon