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unknown - Discours contre loi immigration A Bourgeais
Document publié le Mercredi 20 décembre 2023 par la commune de Rezé.
Lien du pdf (unknown - Discours contre loi immigration A Bourgeais)
Thèmes du document : Démocratie, Famille, Handicap et inclusivité,
Réaction des élus de la majorité à l'adoption de la loi
immigration
La date du 20 décembre 2023 restera une date honnie: celle de
l'adoption, par l'alliance de députés Renaissance, Les
Républicains et du Rassemblement National d'un texte qui
piétine les droits des étrangers sur notre sol et qui piétine notre
Histoire commune.
Elle marque un tournant. Avec cette loi, la France « terre des
droits de l'Homme» affiche désormais sans ambages son rejet
de l'autre. Elle affirme que ses maux ont une cause et une
couleur: les immigrés.
Elle bafoue les valeurs, inscrites dans notre devise et sur nos
frontons, dont nous portons aujourd'hui collectivement le
deuil: les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité.
Un texte liberticide, inégalitaire et haineux
C'est en effet un texte liberticide, qui rétablit le délit de séjour
irrégulier et réaffirme l'existence de quotas migratoires.
C'est un texte qui marque une rupture d'égalité sur le sol
français, en imposant pour les personnes étrangères le
paiement d'une caution pour étudier en France, et en accordant
aux préfets un pouvoir discrétionnaire sur la régularisation des
travailleurs sans-papiers. La rupture d'égalité s'organise aussi à
travers la distinction des personnes avec et sans emplois pour
l'accès aux droits fondamentaux: les APL, les allocations
familiales, ou l'allocation personnalisée d'autonomie
dépendront désormais pour les étrangers de leur situation sur
le marché du travail.
C'est enfin un texte ouvertement xénophobe, qui durcit les
conditions du regroupement familial, restreint le droit du sol
français, prévoit la déchéance de nationalité et utilise la misère
sociale pour limiter l'immigration. La haine remplace la
fraternité.Le contenu de la loi votée hier par les députés est non
seulement une honte pour la France mais annonce surtout un
désastre humain et un renoncement aux principes républicains
qui sont le ciment de notre société.
Accentuer la fragilité et les difficultés que rencontrent déjà au
quotidien les personnes immigrées, c'est accepter que toujours
plus d'enfants vivent dans la rue, que des personnes malades
ne puissent pas se soigner, que des travailleurs cotisent mais ne
bénéficient d'aucune protection sociale.
Un déni de démocratie
Ce 20 décembre 2023, l'extrême droite a remporté une victoire.
Ne nous y trompons pas: ce texte dicté par le programme d'un
parti raciste, n'est adopté que parce que la droite, les
macronistes et le gouvernement ont fait le choix de l'approuver
et de l'adopter. Il n'est d'autres responsables que ceux qui ont
écrit, soutenu et voté celui-ci.
Les méthodes d'adoption de ce texte sont d'ailleurs aussi
indignes que son contenu. Parce que celui-ci avait été rejeté par
l'Assemblée nationale, il aurait dû être retiré. L'illégitime
organisation d'une commission mixte paritaire pour le faire
aboutir malgré tout aura i:fJ-W5 été un paravent pour masquer
des négociations qui se sont déroulées à Matignon, sous l'égide
de la Première Ministre. En aucun cas, ce texte n'a suivi un
cheminement démocratique, ni respecté la séparation des
pouvoirs.
Pire encore, la posture présidentielle d'Emmanuel Macron sur
le sujet constitue un naufrage pour notre démocratie. Celui qui
s'est présenté comme le rempart à l'extrême droite et qui
reconnaissait le soir de son élection un résultat qui
«l'obligeait», est à la manœuvre, un an plus tard, de cette
«victoire idéologique» des idées de l'extrême droite.
Un sujet non prioritaire pour les FrançaisLa dislocation des droits des étrangers ne permettra pas à nos
hôpitaux de mieux fonctionner, aux personnes précaires
d'accéder à des logements décents, aux familles
monoparentales d'emmener leurs enfants en vacances, aux
personnes âgées d'être moins isolées, aux voitures de moins
polluer, aux salariés d'être mieux traités et rémunérés.
Le gouvernement le reconnaît lui-même: la question
migratoire n'est pas une priorité au regard des attentes de
français. Mais plutôt que de faire marche arrière sur le sujet,
celui-ci enjoint tout un chacun à accepter et oublier au plus vite
cette loi, pour passer à la suite.
Ce texte n'est ni plus ni moins désormais que le projet de loi le
plus régressif depuis au moins 40 ans pour les droits et
conditions de vie des personnes étrangères, y compris celles
présentes depuis longtemps en France.
Aujourd'hui, la sidération et l'indignation nous animent. Nous
devons réagir. La cohésion de notre société ne vaut que parce
que nous œuvrons pour vivre ensemble.