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unknown - Brochure Domsure LaRemonte V6
Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Domsure.
Lien du pdf (unknown - Brochure Domsure LaRemonte V6)
Thèmes du document : Armement, Guerre en Ukraine, Ruralité,
Coligny (Ain). - Annexe de Remonte. - L'entrée.
DOMSURE – COLIGNY
CHRISTINE
DROUILHET
LA REMONTE
DE ROMANÈCHE
4
HISTOIRES LOCALESTO vs MIN BR TPE S
1
La Remonte de Romanèche
Descendance de
REVEL Denis Joseph
REVEL
Denis Joseph
Meunier
† 25 déc 1855
PIRAT
Marie Josephte
° 1799
† 3 août 1874
1
REVEL
Victor
Notaire à Coligny
° 1818
Coligny
† 8 fév 1875
Coligny
NEYRON
Marie Apollonie
† 5 avr 1875
Coligny
2
REVEL
Marie Augustine dite "Justine"
° 1821
† 27 sep 1908
POCHON
Jean Marie Alexandre
rentier
° 1812
† 1870
3
REVEL
Alexandre
Charcutier à Lons
° 1823
† 11 avr 1883
Lons-le-Saunier
4
REVEL
Edouard
° 1825
5
REVEL
François
° 1828
2.1
POCHON
Joseph Marie Alexandre
Propriétaire, Maire de Marboz, Sénateur
° 1840
† 13 sep 1908
CHAFFURIN
Marie "Louise" Léontine
° 1845
† 7 jan 1912
Groissiat
2.2
POCHON
Appolonie Victorine
° 1851
PERDRIX
Prosper
Percepteur des Contributions Directes à Miribel
2.1.1
POCHON
Marie "Louise"
° 10 nov 1863
Confrançon
PICQUET
Urbain "Léon" Henri Arsène
Directeur Crédit Foncier de France à Grenoble
° 10 jan 1862
Châtillon-en-Michaille
Savez-vous qu’en 1914 existait à 150 mètres du
territoire de notre village de Domsure une remonte
militaire ? Oui, ce que nous pourrions appeler un
hôpital militaire pour chevaux était implanté au
hameau de Romanèche, sur la commune de Coligny !
Des bâtiments immenses ont été construits pour la
plupart dans les années 1890 pour servir de ferme
hippique. C’est vers 1904 qu’il a acquis sa fonction
militaire pour l’élevage de jeunes chevaux. Son activité
s’est transformée fin 1914 pour répondre aux besoins
et aux conséquences de la guerre.
LA REMONTE
DE ROMANÈCHE
Christine Drouilhet
Commune de Domsure
Octobre 2022
La Remonte de RomanècheLa Remonte de Romanèche
2 3
LES DIFFÉRENTS
PROPRIÉTAIRES
DU SITE
Denis-Joseph Revel était déjà pro-
priétaire des « Granges Revel », et
du moulin « Revel » (actuel hameau
de Romanèche) lors de la création
du cadastre napoléonien, en
1836. Il décède en 1845. En 1858,
sa veuve Marie-Josephte Pirat fait
une donation du moulin avec bat-
toir, huilerie et bâtiments à sa fille
Augustine et son fils Edouard ; du
Domaine de Romanèche à ses fils
Victor et Alexandre. Le jour même
Alexandre cède sa part à son frère
Victor, et Edouard cède la sienne
à Augustine moyennant finances.
C’est en 1875, suite au décès de
Victor, que le Domaine revient à
ses neveux (enfants d’Augustine) :
Joseph et Appolonie.
En 1904, Augustine donne à
Joseph, à titre de partage anticipé,
une autre partie du Domaine de
Romanèche. La propriété s’étend
sur près de 47 hectares, sur les
communes de Coligny, Pirajoux
et Salavre. Elle comprend « deux
domaines dont l’un sert à l’exploi-
tation d’une ferme hippique, et un
moulin sur le Solnan ».
Joseph décède en 1908. Sa fille
Marie Louise hérite du Domaine
qui sera revendu en 1922 à Claude
François Marguin, propriétaire
cultivateur de Béréziat.
HISTOIRE
DES REMONTES
Les déboires de la cavalerie napo-
léonienne conduisent, dès 1818, le
maréchal de Gouvion-Saint-Cyr,
ministre de la Guerre, à imaginer
une structure centrale chargée
de la cavalerie et de l’artillerie. Il
s’agit notamment de s’assurer de
la qualité des chevaux indigènes
grâce aux élevages, tout en limi-
tant l’influence des marchands de
chevaux. Les dépôts de remontes
de Caen et de Clermont-Ferrand
sont créés à titre expérimental en
1818 et 1819. Deux décennies
plus tard, l’intérêt de cette solu-
tion est confirmé. Le maréchal
Soult, ministre de la Guerre de
Louis-Philippe, crée le service
des remontes militaires en 1831.
À l’issue de la guerre de 1870 et de
nouveaux déboires équestres, le
service des remontes est réorga-
nisé. Sur le territoire national, 16
dépôts de remonte seront consti-
tués, ainsi que 55 établissements
annexes ou dépôts de transition,
répartis en trois circonscriptions :
Paris, Tarbes et Caen. La circons-
cription de Paris compte 5 dépôts,
dont celui de Mâcon qui a deux
annexes : Laverdines (Cher) et
Coligny !
Les dépôts sont chargés de l’achat
de chevaux de trois ans et demi
à 8 ans. Leurs établissements
annexes, situés en zone rurale, re-
çoivent les chevaux achetés avant
l’âge de 5 ans. Dans ces annexes,
les jeunes animaux sont placés
sous étroite surveillance vété-
rinaire. Ils terminent leur crois-
sance, s’adaptent, tant sur le plan
comportemental que sanitaire, à
la vie en collectivité et s’habituent
à une ration dans laquelle prédo-
mine l’avoine. Une fois prêts, ces
animaux sont directement en-
voyés aux unités militaires qui en
ont besoin. En représentant une
année d’achats, ils constituent
une réserve de mobilisation non
négligeable.
ROMANÈCHE :
LE BAIL AVEC JOSEPH
ALEXANDRE POCHON
Né à Marboz en 1840, Joseph Po-
chon a un caractère bien trempé.
Il mène une vie politique tout
aussi remplie. Il devient conseiller
municipal à Marboz en 1865,
puis maire cinq ans plus tard, à
30 ans seulement. En 1883, il est
élu député puis prend la place de
la présidence du Conseil Général
en 1892. C’est un anti-cléricaliste
convaincu. Il est élu sénateur en
1901, et meurt à Marboz en 1908,
avant la fin de son mandat.
Il laisse deux héritières : sa femme
Marie Louise Léontine Chaffurin,
et sa fille, Marie Louise, épouse
Urbain Léon Henri Arsène Pic-
quet.
La première convention est
signée avec Joseph Pochon le
15 octobre 1904 pour 9 ans. Il met
à disposition de l’administration
de la Guerre un site qui sera utilisé
La Remonte de RomanècheCES e
CRT RE 2 Le
en … niet Na
= :
8 Ferrand, éditeur, 4|, rue Cuntralé, Bourg t An
culture maraîchère ». Collection Léa Chagnard.
Annese de Reünie de COLIGNY (Ale). — Vue
La Remonte de Romanèche
4 5
comme annexe de remonte, pour
l’entretien de jeunes chevaux,
pour la somme de 13 860 francs
annuel. M. Pochon devra nourrir
et loger les chevaux qui lui seront
confiés. Il devra, en outre :
- créer, aménager et entretenir
les installations,
- assurer l’adduction et la dis-
tribution d’eau,
- loger le personnel militaire de
l’établissement,
- meubler le logement des mili-
taires et fournir le combustible
de chauffage de la cuisine et
d’éclairage des écuries,
- fournir et maintenir en bon
état les moyens d’attache des
chevaux.
L’effectif maximum est de 210
chevaux, mais pas d’effectif mi-
nimum. L’établissement est placé
sous l’autorité d’un vétérinaire,
secondé par du personnel mili-
taire : un maréchal des logis, un
brigadier, 25 hommes de troupe,
dont 2 maréchaux-ferrants et un
cuisinier. Le site doit répondre
à un certain nombre de normes.
Le vétérinaire et le sous-officier
ont chacun un logement à part
de celui de la troupe. Le logement
des hommes doit comporter en
outre « un lavabo assez vaste
pour permettre l’installation d’un
appareil à bains par aspersion »,
des latrines, un moyen de chauf-
fage, une pièce pour isoler les
malades, ainsi qu’un local disci-
plinaire avec une pièce pouvant
servir de prison ! Il doit aussi y
avoir à proximité un terrain pour
« la culture maraichère » de
250 m 2 par homme.
En principe, le personnel d’une
annexe de remonte est déterminé à
raison d’un homme pour 10 che-
vaux, non compris le comptable,
les maréchaux-ferrants, l’ordon-
nance et le cuisinier. Chaque dé-
tachement de 15 hommes environ
comporte un maréchal des logis et
un brigadier.
Les écuries doivent permettre
l’isolement complet et absolu de
divers lots de chevaux, avec un
maximum de 40 à 50 animaux
chacune. Chaque écurie sera
attenante à un parcours d’un
hectare et demi, divisible en
deux parties égales et pouvant
être occupées successivement.
Lopin de terre destiné à la « culture maraîchère ». Collection Léa Chagnard.
Vue partielle des parcours et des bâtiments. Collection Léa Chagnard.
La Remonte de RomanècheColigny (Ain). - Annauc de Romomte. - L'entrée,
6 7
Les clôtures doivent être non
blessantes, les « fils de ronce
artificielle, et fils de fer » sont
interdits. Deux clôtures doivent
séparer les parcours d’au moins
trois mètres pour raison sanitaire.
Les chevaux de services, comme
celui du vétérinaire, sont logés à
part, et en sus de l’effectif de 210
chevaux.
Le site doit aussi comporter une
infirmerie, de la taille d’un dixième
de l’effectif, ainsi qu’un lazaret.
Le lazaret permet de mettre les
animaux en quarantaine pour vé-
rifier leur état sanitaire. Cette der-
nière installation doit être légère
afin de pouvoir « être détruite par
le feu, sinon désinfectée ». Les
places d’infirmerie et de lazaret
sont aussi en plus de l’effectif
maximal.
D’autres contraintes de surfaces,
volumes, toiture, matériaux
utilisés, mobilier à fournir sont
inscrites dans la convention. Il est
aussi précisé que le concession-
naire (M. Pochon) devra installer
un pont-bascule, et une pompe à
incendie.
Le site est doté d’un réservoir
d’eau enterré, de 75 m 3 . Il est
approvisionné par une turbine du
moulin Revel situé en contrebas,
sur le Solnan. Le moulin n’est
pas exploité à ce moment-là. Il
approvisionne alors l’annexe en
électricité (éclairage intérieur et
extérieur).
Le concessionnaire doit fournir
l’alimentation et 4 kg de paille /
cheval. La ration individuelle de
foin varie de 3,5 à 4,5 kg de foin,
et de 3,150 kg à 4,150 kg d’avoi-
ne, selon le type d’animal. Les
chevaux issus de l’artillerie et des
cuirassiers ont droit à un régime
plus élevé que ceux de la cavalerie
légère. Le fourrage sera payé au
concessionnaire au prix moyen
des marchés locaux.
Une prime de cinq centimes par
journée de présence effective du
cheval sera payée à chaque fin de
mois. À la signature de la conven-
tion, il est évalué la présence de
150 chevaux, 10 mois par an.
Le fumier sera remis gratuitement
au concessionnaire.
Si le concessionnaire n’habite pas
l’annexe, il est tenu d’avoir une
personne le représentant.
Joseph Pochon décède en sep-
tembre 1908. La convention aurait
dû être résiliée de plein droit trois
mois après. Les héritiers ont sou-
haité la poursuivre en consentant
une baisse du loyer à
11 400 francs. Le minis-
tère de la Guerre exige
également des travaux
dans les différents lo-
gements. Ce nouvel acte
est signé le 24 septembre
1910 avec Marie Louise
Pochon épouse Picquet.
Son mari, Léon, prend
rapidement les négociations en
main.
Lors de l’hiver 1912-1913, et an-
ticipant le renouvellement du bail,
les nouveaux propriétaires pro-
posent de construire un bâtiment
neuf pour le logement du vétéri-
naire, ainsi qu’une nouvelle écu-
rie. Ils envisagent l’aménagement
des logements du sous-officier, du
brigadier maréchal, des hommes
et du bureau et demandent à ce
que la date d’achèvement des tra-
vaux soit reportée au 1er octobre
1913. Ils demandent également
un agrandissement du nombre
de place : 244 chevaux dont 222
d’écurie et 22 d’infirmerie, pour
une indemnité annuelle portée à
14 457 francs. Le projet est validé
sans réserve par la commission
chargée d’examiner les proposi-
tions.
Voir le plan en pages 12-13.
Hélas, le 29 octobre, les travaux
sont loin d’être terminés. Une dé-
pêche ministérielle constate qu’il
faut encore deux mois de travaux,
le ministre accorde 10 jours.
Le personnel et une charrée de foin en 1909. Collection Léa Chagnard.
La Remonte de Romanèche La Remonte de RomanècheLa Remonte de Romanèche
8 9
Léon Picquet, devenu Conseiller
Général (et maire de Marboz)
au décès de son beau-père, de-
mande six mois pour terminer
l’appartement du sous-officier et
deux mois pour tous les autres
travaux ! M. Picquet est menacé
d’une amende de 25 francs par
jour de retard... Il se justifie en
raison du mauvais temps, et de la
difficulté de trouver des ouvriers.
Le ministre de la Guerre décide
d’appliquer l’amende à compter du
29 octobre pour tous les travaux,
mais accorde, à titre exceptionnel
un délai au 30 mars 1914 inclus
pour l’achèvement du logement
du sous-officier.
Le 10 janvier 1914, un pro-
cès-verbal fait état des nom-
breuses malfaçons : infiltrations
d’eau, matériaux de mauvaise
qualité, différents travaux doivent
être repris. Mais les efforts ont été
faits, malgré la rudesse de l’hiver.
Les hommes, comme les chevaux,
sont logés de façon acceptable.
C’est ainsi que M. Picquet de-
mande une dispense d’amende :
en effet, l’administration de la
Guerre a obligé les adjudicataires
des constructions des casernes
de Bourg et Belley à terminer les
travaux dans un délai extrême-
ment court. Ils ont offert de fortes
sommes d’argent aux ouvriers,
à des prix jamais vus dans la ré-
gion. Ces derniers ont déserté les
environs ! À leur retour, ils ont
demandé une augmentation de
salaire. M. Picquet précise égale-
ment qu’il a choisi lui-même de
faire un logement neuf (avec eau,
électricité et tout-à-l’égout) pour
le vétérinaire-directeur, alors
qu’il n’y était pas obligé, malgré
un coût supérieur.
Finalement, la réception des tra-
vaux est signée le 16 mai 1914.
M. Picquet doit payer 1 825 francs
d’amende. Le ministère de la
Guerre lui a réduit à 1 000 francs.
La remonte de Romanèche est
occupée par un détachement de
la 4 e Compagnie de Cavaliers de
Remonte.
LA MOBILISATION
DU 2 AOÛT 1914
Le 28 juin 1914, l’héritier de
l’empire austro-hongrois, Fran-
çois-Ferdinand de Habsbourg et
son épouse sont assassinés en
Bosnie par un étudiant nationa-
liste serbe. C’est la cause directe
du déclenchement de la première
guerre mondiale. Un mois plus
tard, l’Autriche-Hongrie déclare la
guerre à la Serbie. L’Empire alle-
mand déclare la guerre à l’Empire
russe le 1 er août, puis à la France
le 3 août. De très nombreux pays
suivront, au gré des alliances.
Pour les montures comme pour
les militaires, le début du conflit
est une hécatombe. On a dénom-
bré 9.5 millions de soldats morts
ou disparus, dont 1,4 million fran-
çais (sur 7,9 millions engagés) sur
toute la période de la guerre.
Quatorze millions d’animaux
auraient été entrainés dans la
grande guerre : chevaux et autres
équidés, chiens, pigeons..., comme
combattants, sauveteurs, soutien
logistique, voire même comme
nourriture du soldat. Nous
abordons ici seulement le cas du
cheval, puisque lui-seul était soi-
gné à la remonte de Romanèche.
La perte par les armées fran-
çaises s’élève à 1 140 000 sur les
1 880 000 chevaux et mulets qui
ont participé au conflit : 760 000
périrent par manque de soins
avant même de tomber sous les
frappes ennemies, les autres ont
disparu, sont devenus inaptes
au travail ou ont été réformés.
60% des effectifs équins incor-
porés ont été décimés ! La mort
du cheval est vécue parfois aussi
douloureusement que celle d’un
camarade de tranchée.
LES RÉQUISITIONS
À la mobilisation des hommes
s’est ajoutée la réquisition des
chevaux !
Avant la mobilisation, les armées
disposent de 190 000 chevaux.
Sur les 3,5 millions de chevaux
que compte alors la France, un
million d’entre eux a été recensé en
vue d’une éventuelle mobilisation.
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La Remonte de Romanèche
10 11 Plan des travaux, 1913. Source : SHD,GR9NN2295
La Remonte de RomanècheGotehers Photo COLIGNY (Ain) Annexe de Rémonte
La Remonte de Romanèche
12 13
Réquisitionnés en 17 jours,
520 000 chevaux et mulets
d’origines diverses se retrouvent
sur le terrain, ce qui est considé-
rable. L’impact économique est
non négligeable, une partie de la
population tente de résister alors
que l’heure des moissons a sonné.
Les jeunes hommes, forces vives
de la nation partent au combat
avec les chevaux. Qui va faire le
travail ? Sans parler de l’attache-
ment des propriétaires pour leurs
animaux !
Si la mobilisation a été une réus-
site sur le plan quantitatif, en re-
vanche, elle a été un désastre sur
le plan qualitatif.
Les commissions chargées des
réquisitions ont été débordées
et n’ont pas eu le temps de voir
les animaux inaptes, trop âgés,
présentant des tares, les juments
gravides... La guerre ne devait
durer que quelques semaines,
chaque journée gagnée semblait
importante. Il n’y a pas eu de
période d’adaptation ou de tran-
sition, ni sanitaire, ni alimentaire.
Le choc a été rude. Bien souvent,
ces chevaux réquisitionnés ne
correspondent pas du tout aux
chevaux dont l’armée a besoin. Ils
sont fragiles, fatigués, effrayés et
peu endurants. Une fois affectés
dans les régiments d’artillerie, il
faut encore poursuivre le dres-
sage pour qu’ils soient efficaces.
Les chevaux ont été mis dans
des conditions difficiles, ce qui
explique en partie les énormes
pertes des trois premiers mois,
où 130 000 chevaux meurent.
Cependant, dès octobre 1914, il
semble évident que la guerre va se
prolonger.
Une trentaine de dépôts du service
des remontes, répartis le long des
750 km de la ligne de front, sont
transformés en dépôts de chevaux
malades ou blessés.
À Coligny, comme ailleurs, les
attelages ont été réquisitionnés.
Et les charrois des denrées né-
cessaires au ravitaillement de
l’annexe se font difficilement.
M. Picquet demande à ce qu’on
lui mette à disposition un attelage
avec un chariot pendant toute
la durée de la guerre. Le bureau
des remontes le lui accorde, étant
entendu que les chevaux desti-
nés à assurer le service dans les
annexes de remonte doivent être
exemptés de la réquisition. Nous
sommes fin 1914.
À ce moment-là, il y a une qua-
rantaine d’hommes pour 180 che-
vaux. Les animaux sont expédiés à
leurs corps d’affectation au fur et
à mesure de leur dressage. Ils sont
remplacés par des jeunes chevaux
venant d’Amérique.
1906, une partie des militaires de l’annexe. Collection Léa Chagnard.
La Remonte de RomanèchePR + S 2 - : =
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La Remonte de Romanèche La Remonte de Romanèche
14 15
LES MISSIONS
DE LA CAVALERIE
Les chevaux sont répartis dans
différentes catégories selon des
critères de taille, poids, confor-
mation et nature de mission au
combat. Mais certains chevaux
fraichement réquisitionnés n’ont
pas les prédispositions requises
pour la rude vie militaire qui leur
est imposée. Beaucoup se révèlent
inaptes : ce sont des chevaux de
traits habitués aux efforts in-
tenses des champs sur un temps
limité, ou des pur-sang capables
de tenir une allure rapide sur des
courtes distances et qui peinent
lors des longues marches impo-
sées. Certaines unités parcourent
jusqu’à 180 km en trois jours. Le
manque de rusticité et d’entraî-
nement ne leur permet pas de ré-
sister à de tels mouvements, avec
peu de repos. Les conséquences
en sont désastreuses. Les maux de
garrot et les cas de surmenage se
multiplient. Les pertes sont consi-
dérables.
LES CONDITIONS
DE VIE
Les montures ne sont pas dessel-
lées tous les jours. De graves bles-
sures se cachent sous les selles et
les paquetages, des lambeaux de
peau nécrosée adhérent sous les
couvertures moites de sueur !
Dans la zone des armées, chevaux
et mulets sont hébergés dans les
cantonnements : ces abris de
fortune, improvisés, dans des
locaux divers, abandonnés ou
réquisitionnés et sommairement
aménagés.
En mouvement, hors des canton-
nements, les troupes bivouaquent :
les hommes sous la tente, les che-
vaux « à la corde », en plein air,
attachés et alignés le long d’une
corde tendue entre deux piquets.
Tolérable pendant une courte
période, la pratique du bivouac
« à la corde » expose les animaux
aux intempéries. La distribution
de la nourriture souvent jetée
à même le sol, dans la boue est
responsable des syndromes co-
liques. Les musettes-mangeoires,
indispensables à une distribution
correcte de l’avoine au bivouac
sont généralement inexistantes.
La promiscuité entre les animaux
est à l’origine de multiples coups
de pieds, fractures et prises de
longe.
L’ALIMENTATION
L’organisation de l’alimentation
des équidés est aussi lourde que
celle des hommes ou de l’approvi-
sionnement en munitions.
Les besoins alimentaires ont été
sous-estimés. La guerre devait
être courte, il était plus ou moins
prévu de « vivre sur le front » !
Les ressources en fourrage de
la zone des armées se révèlent
insuffisantes. Le manque de foin
pénalise particulièrement les
chevaux de ferme, où ils étaient
nourris à volonté. Ils n’étaient pas
non plus, habitués à consommer
de l’avoine.
Au printemps 1916, les armées
reçoivent l’ordre de ne pas dépas-
ser la consommation de 2,8 kg de
foin, mais elles pouvaient complé-
ter la ration par des substitutions
de son ou de paille.
Les hivers 1914-1915 et 1916-
1917 ont été particulièrement
rigoureux. L’occupation d’une
partie significative des terres
céréalières, ainsi que le manque
de main d’œuvre et d’engrais ont
concouru aux maigres récoltes
d’avoine. Il n’est plus possible de
diminuer la ration moyenne sans
prendre de risques. La population
est aussi rationnée. En 1917, la
guerre sous-marine interrompt
les importations américaines
d’avoine et aggrave les effets de la
pénurie nationale. Faute de pou-
voir les nourrir, les armées fran-
çaises doivent alors se séparer de
100 000 chevaux.
L’abreuvement fait également
défaut : il n’y a pas toujours des
abreuvoirs sur place, les animaux
doivent se contenter régulière-
ment de mares aux eaux dou-
teuses, quand ce n’est pas qu’une
seule fois par jour !
La paille manque aussi. Les che-
vaux, comme les hommes, dor-
ment sur la paille. Si les remontes
sont autorisées à utiliser 4 kg de2 £ f : è ou © € € _ l E < m2 = z e x | re eo o
Eu A" TE
La Remonte de Romanèche
16 17
paille par animal blessé, à peine
la moitié est à la disposition des
chevaux sur le terrain. L’utili-
sation de fougères, bruyère ou
tourbe locale est autorisée. Mais il
faut penser à évacuer les fumiers :
ce fertilisant naturel présente un
intérêt majeur pour les paysans
qui subissent une pénurie d’en-
grais azotés. En conséquence, ils
leur sont soit cédés, soit vendus.
À Romanèche, avant la guerre, les
cultivateurs locaux vendaient leur
excédent de paille, foin, avoine et
récupéraient le fumier pour ferti-
liser leurs champs. Tout le monde
s’y retrouvait.
LA VIE
À ROMANÈCHE
À Coligny, au début de la guerre,
on ressent les premières diffi-
cultés. M. Picquet ne peut plus
s’occuper de la distribution du
fourrage : il n’y a plus que des
femmes, des enfants et des vieil-
lards dans le coin, tous occupés
aux travaux de la campagne.
Ainsi, en 1916, le foin est de très
mauvaise qualité. Les fourrages
sont dorénavant fournis par le
Service du Ravitaillement de l’Ain.
Dès lors, M. Picquet ne peut plus
bénéficier des fumiers. Par contre,
ils ont été adjugés à un prix infime
à son fermier de 69 ans dont les
trois fils et les deux domestiques
sont eux aussi partis à la guerre.
La gare est proche. Quatre cava-
liers du train assurent le transport
des fourrages avec quatre che-
vaux, soit deux de trop officielle-
ment. Ils sont aussitôt retirés.
En 1916, alors qu’il était prévu
une proportion d’un homme pour
dix chevaux, presque tous les
cavaliers de Coligny sont partis
emmener des chevaux au dépôt
de Mâcon, si bien qu’il ne reste
plus que 6 à 8 hommes pour s’oc-
cuper des 150 chevaux. Pourtant,
Mâcon compte 126 hommes, la
hiérarchie leur impose alors de se
débrouiller seuls, sauf cas excep-
tionnel, et laisser les hommes de
Romanèche chez eux.
En plus, le concessionnaire em-
ploie un homme du détachement
pour entretenir les licols, ce qui
n’est pas autorisé. Une retenue lui
sera donc appliquée.
La recherche systématique
d’hommes aptes au service armé
entraîne le vieillissement du
personnel des remontes. Elles
ne disposent plus que d’hommes
issus de la réserve de l’armée ter-
ritoriale, souvent âgés de 45 à 48
ans, ou classés service auxiliaire,
non qualifiés et peu aptes physi-
quement à l’entretien et à la monte
des chevaux.
Le service médical des hommes
est assuré par un officier de santé
très dévoué de Coligny de 82 ans.
Ses prescriptions médicales
consistent à mettre les hommes
au repos ou à les envoyer à l’hô-
pital de Bourg sans formuler de
diagnostic. Il est probable que les
hommes abusent de cette facilité.
Les journées d’indisponibilité sont
beaucoup plus nombreuses à Co-
ligny que dans les autres annexes
de remonte. Il est envisagé de faire
passer une visite mensuelle par
un médecin militaire de Bourg,
ou signer une convention avec le
médecin civil de Saint Amour.
Archives départementales de l’Ain, 5 Fi 108/62
La Remonte de RomanècheOR NO MN 2 TN PEN A PEN PR RO TAN
La Remonte de Romanèche
18 19
LES IMPORTATIONS
La mobilisation à peine termi-
née, les dépôts régimentaires
se dégarnissent rapidement. Le
niveau des pertes a été largement
sous-estimé. Afin de reconstituer
les réserves, les régions militaires
doivent reprendre les réquisitions
et les achats d’équidés. L’impor-
tance des prélèvements effectués
devient alors inquiétante et
rend indispensable le recours à
des animaux en provenance de
l’étranger. La France importe donc
massivement chevaux et mulets
des États-Unis, d’Argentine et des
pays méditerranéens. Les chevaux
américains arrivent le plus sou-
vent à peine dressés.
Les commissions « font du
chiffre » et expédient sur le
front des animaux inadaptés, à
l’état sanitaire parfois médiocre,
malingres et affaiblis par leur
long voyage sur des navires de
commerce qui ne sont pas prévus
pour ce type de transport
En 1914, l’agriculture, mais aussi
l’industrie et le commerce sont
encore dépendants de la traction
animale.
Compte tenu de l’importance de
l’effort demandé, en particulier
à l’agriculture, les chevaux qui
se révèlent temporairement ou
définitivement inaptes au ser-
vice de la guerre sont mis à la
disposition des cultivateurs. Les
conditions d’achats à l’étranger
permettent d’envisager un apport
régulier d’équidés. Le ministre de
la Guerre décide de suspendre les
opérations de réquisition le 15
mars 1915, (sauf pour les chevaux
de trait lourds). L’interruption des
réquisitions soulage l’économie
du pays.
Dès 1917, avec la guerre sous-ma-
rine, les importations par bateau
deviennent aléatoires. L’approvi-
sionnement en chevaux, fourrages
et céréales en pâtit. Les effectifs
équins sont brutalement réduits.
Les régiments se motorisent.
LES MALADIES
ET BLESSURES
En temps de paix, les chevaux
achetés à l’âge de 4 ans séjournent
un an dans les établissements
annexes des dépôts de remontes
dotés de prairies. Ils préparent les
jeunes animaux au choc sanitaire
des grands effectifs régimen-
taires. La mobilisation a été rapide
et les chevaux n’ont pas pu être
préparés aux difficiles conditions
de guerre. Les animaux ont été
sommairement dressés aux dif-
férentes tâches. Les périodes de
transition ont été réduites, voire
inexistantes. Avec les hommes
et durant les premiers mois de
conflits, ils partagent les longues
étapes de la guerre de mouve-
ment : intempéries, inconfort des
bivouacs à la corde, alimentation
irrégulière et insuffisante, pan-
sage le plus souvent négligé faute
de temps. Leur état général se
dégrade en quelques semaines.
La porte est ouverte à toutes les
maladies, reflet de la misère phy-
siologique, de l’enlisement et de la
bêtise humaine.
Voici les différents problèmes sa-
nitaires qui affectent les chevaux :
La lymphangite épizootique est
une inflammation des tissus
sous-cutanés qui démarre très
souvent sur une plaie. Le traite-
ment est très lourd, l’immobilisa-
tion de l’animal est longue, notam-
ment si le diagnostic est tardif. Les
chevaux incurables sont abattus,
leur viande ne présente pas de
danger pour l’homme.
La morve est aussi une maladie de
l’appareil respiratoire. La version
cutanée de la maladie est appelée
farcin. La morve est très conta-
gieuse et très souvent mortelle.
Elle se propage rapidement en cas
de concentration d’animaux. Elle
peut se détecter par malléination.
Mais dans le cas des importations,
il est difficile de coordonner les
transports ferroviaires, maritimes
1917, paquebot Madonna de Marseille, aménagé pour le transport des chevaux d’Amérique : plus de 100 chevaux étaient morts en cours de route !
Source : Archives Départementales Ain Fond Félix Pirat 91Fi
La Remonte de RomanècheLa Remonte de Romanèche
20 21
avec les tests, sans parler des du-
rées d’incubation.
La gourme est une maladie de l’ap-
pareil respiratoire des équidés,
très contagieuse, à faible mortali-
té. Elle atteint essentiellement les
jeunes chevaux de moins de 5 ans.
La gale est une maladie para-
sitaire. L’animal est atteint de
démangeaisons, ne se repose plus
puis perd l’appétit. Les premiers
signes de la maladie sont régu-
lièrement négligés. Le cheval est
alors soigné avec des substances
corrosives. Les nettoyages, déca-
pages, tontes et pommades tentent
peu les soigneurs. Elle peut
devenir incurable. Cette maladie
ne contaminant pas la viande, les
animaux ainsi réformés sont soit
consommés par les unités ou par
les prisonniers, soit dirigés vers
les fabriques de saucissons, soit
vendus pour la consommation
civile. La gale est habituellement
maitrisée en temps de paix. Mais
ici, elle a été bien plus dévastatrice
que la morve : 50 000 chevaux et
mulets ont dû être abattus.
La gale et la gourme tuent peu
d’animaux, mais elles entraînent
l’immobilisation d’un important
potentiel équin et encombrent les
hôpitaux vétérinaires.
De très nombreux chevaux sont
blessés par projectibles ou éclat
d’obus. Leur grande taille fait
d’eux une cible facile. Beaucoup
sont abattus.
Les blessures d’harnachement
sont courantes. Les chevaux ne
sont pas dessellés tous les jours.
De plus, pour des gains de temps
et d’argent, les attelages d’artillerie
et de train font le choix de l’usage
de la bricole (large courroie per-
mettant la traction par un équidé
de charges légères). L’effort de
traction se répartit alors sur une
surface moindre que le collier,
et entraine de nombreuses bles-
sures.
La boue est aussi à l’origine
d’infections des pieds. Les ger-
çures évoluent en crevasses qui
contaminent les membres plus
profondément.
Les équidés sont aussi atteints
par les gaz de combat qui démora-
lisent les troupes mais sont moins
meurtriers que les tirs d’artillerie.
L’accès médiocre à une alimenta-
tion et à un abreuvement de quali-
té est responsable des coliques du
cheval.
Les chevaux sont atteints de sur-
menage. L’artillerie de campagne
tracte ses canons de 75 mm avec
quatre chevaux au lieu de six,
y compris dans la boue. Si elle
maintient ses batteries opéra-
tionnelles, elle épuise irrémé-
diablement les chevaux qui lui
restent. Aussi, les chevaux sellés
24 heures de suite avec de lourds
paquetages ne sont plus guère
fougueux. Avec la tête basse et les
pattes écartées, ils restent là où
on les a laissés, dans une torpeur
absolue.
La misère physiologique amène
dans les dépôts un nombre consi-
dérable d’animaux épuisés, dont
le rétablissement est aléatoire,
et dont un certain nombre meurt
peu après leur arrivée.
LE TRAITEMENT
DES CADAVRES
Afin d’économiser les ressources,
il est proposé « d’abattre, réformer
ou évacuer, sans délai les animaux
atteints d’affections incurables
ou justifiables de traitements de
longue durée ».
Dans la zone de l’avant, l’enfouis-
sement des cadavres est la seule
possibilité de leur élimination.
En revanche, dans la zone des
étapes, il reste quelques équa-
risseurs locaux qui permettent
une alternative occasionnelle.
Un règlement fixe les contraintes
d’enfouissement avec une fosse
de profondeur minimale d’un
mètre cinquante, avec application
de chaux vive, dénaturation de
la viande par du pétrole ou de
l’essence et lacération de la peau.
Dans les faits, la profondeur est
réduite à 1,20 m avec étalement de
couches de 30 cm de fumier sous
et sur le cadavre pour économiser
la chaux vive et accélérer le pro-
cessus de décomposition. Le tout
est recouvert de terre. Trente jours
La Remonte de RomanècheLa Remonte de Romanèche
22 23
après ce traitement, il ne reste que
le squelette de l’animal.
Pour éviter le gaspillage à tout
prix, sur les chevaux abattus pour
cause de maladie, les peaux sont
récupérées, les carcasses sont soit
consommées sur place par des
unités consentantes ou par des
prisonniers, soit dirigées vers des
ateliers militaires de fabrication
de saucisson ou vers des bouche-
ries civiles. Les abats sont utilisés
pour la fabrication de pâtés, et
en dehors de la peau et des crins,
toutes les autres issues – les os, le
sang coagulé et les sabots – sont
valorisés dans un centre spécia-
lisé situé à Ablis-Paray (Yvelines).
À Coligny, c’est un parcours qui
sert de lieu de sépulture. À la fin
de la guerre, il y a là 180 chevaux.
Il faudra attendre que le sol du
parcours se soit affaissé suite à
la décomposition des cadavres, et
qu’il ait repris de la consistance
pour pouvoir l’utiliser.
LES AMÉRICAINS
EN 1917
En novembre 1917, les dépôts
de chevaux malades prennent le
nom d’ « hôpitaux vétérinaires
aux armées » à l’occasion de la
réorganisation de la remonte des
unités, qui fait suite aux pertes
importantes subies par les effec-
tifs équins, en 1916.
La remonte de Romanèche est
mise à la disposition des Améri-
cains en mars 1918. Un avenant à
la convention est signé le 1 er juin
1918. Les Américains ont le droit
d’apporter des modifications et
faire des constructions. Elles sont
de leur entière propriété. Mais en
quittant les lieux, ils remettront
les locaux dans l’état où ils les ont
pris.
LA FIN DE LA GUERRE
Dès octobre 1918, l’Armée amé-
ricaine abandonne le site, comme
toutes les autres remontes. Il est
proposé d’y établir le service vété-
rinaire de Bourg qui est dans des
conditions d’hygiène déplorables.
En décembre, la direction de la
cavalerie accepte que l’annexe de
Romanèche soit utilisée provisoi-
rement pour l’installation d’une
partie de l’hôpital vétérinaire de
Bourg. Cette occupation est de
courte durée : le 13 avril 1919,
une dépêche ministérielle or-
donne la fermeture de l’hôpital de
Bourg, et par ricochet, l’annexe de
remonte de Coligny.
LE DÉMANTÈLEMENT
DE COLIGNY
Le ministre de la Guerre souhaite
maintenir le site. Or, le personnel
(vétérinaires, gradés, maréchaux,
cavaliers) manque ! Les che-
vaux en pâtissent, les cavaliers
ne peuvent plus prendre leurs
permissions. Les effectifs équins
seront inévitablement réduits.
Les Américains sont partis, en
laissant des bâtiments et des
parcours en mauvais état, et en
emportant divers objets. Le pré-
judice est estimé à 6 600 francs.
Une visite du commandant du
dépôt de Mâcon vient confirmer
l’extrême délabrement du site. Il
ne reste, sur place, qu’un vétéri-
naire Major 2 e classe directeur, un
brigadier maréchal, un brigadier,
trois cavaliers et un cavalier
ordonnance du vétérinaire. Le re-
présentant du propriétaire est ab-
sent. Il est impossible d’y renvoyer
des chevaux ; le commandant du
dépôt de Mâcon ne se prononce
pas quant au délai éventuel de la
reprise d’activité.
M. Picquet propose la résiliation
du bail, et réclame 25 000 francs,
ainsi que 6 600 francs de dégâts
estimés. En effet, le bail court
jusqu’en octobre 1922, soit une
dépense pour l’état de 50 581
francs pour la location du site
pour cette période, et 14 700
francs au titre de l’entretien des
chevaux. Le bureau des remontes
lui offre 10 000 francs en plus
de l’indemnité au titre de l’armée
américaine pour les dégâts loca-
tifs. Finalement, le bail est résilié
le 15 octobre 1919 avec une
indemnité correspondant à une
année de location, soit 14 457
francs.
La Remonte de RomanècheTo F3 AIT ZUNE NU ÆMVNR TPENZN
mure da Yomeats Vue à ensemble
: PRINTIES Louhans
La Remonte de Romanèche
24
Mais si le 11 novembre 1919, M.
Picquet a bien accusé la réception
de la notification de résiliation du
bail, il ne souhaite pas la signer
car le site est toujours occupé par
les hommes du dépôt de Mâcon,
l’état des lieux n’a pas été fait, et
les clés ne lui ont pas été remises.
Le 5 décembre, le Commandant
du dépôt de Mâcon fait remar-
quer qu’il reste 5 à 6 000 kilos de
matériel à Romanèche, et qu’il n’y
a pas de wagon disponible dans
l’immédiat à la gare de Coligny
pour rapatrier le matériel.
Il va de soi que M. Picquet négo-
cie à nouveau le prolongement
de la location jusqu’à la date de
règlement effective, augmenté des
nouvelles dégradations.
Le site est en grande partie déman-
telé en 1920 : plusieurs écuries,
infirmerie des chevaux, magasin
de sellerie, magasin de fourrage,
les logements du vétérinaire, du
régisseur, des sous-officiers,
des cavaliers, des palefreniers, la
bascule et le rond de cornage sont
démontés. Il reste, heureusement
pour nous, quelques photos qui
nous rappellent l’activité intense
de cette période.
Ce qu’il reste de l’ancienne ferme
hippique est revendue à Claude
François Marguin de Béréziat en
1922.
Photo de 1906, les trois bâtiments de droite ont été démontés.
Collection Léa Chagnard.
Merci à Alain et Bernadette Michel, ainsi qu’à Léa et
Claude Chagnard. de m’avoir raconté avec passion
quelques histoires sur ce domaine, et de m’avoir
montré de belles photos d’époque. Il n’en fallait pas
plus pour déclencher en moi une irrésistible envie d’en
savoir plus. J’ai déniché le gros du trésor au Service
Historique de la Défense, au Château de Vincennes,
dans le Val de Marne.
Merci à la commune de Domsure pour le financement
de ce livret.
REMERCIEMENTS
Photos de couvertures : Collection Léa Chagnard.
Conception et impression : PRINTIES Louhans
La Remonte de Romanèche- L'Entrée Annexe de Remonte de COLIGNY (Ain) à : Hpvayqu
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