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Déliberation - 6 Lhistoire coles
Document publié le undefined NaN undefined NaN à NaNhNaN par la commune de Domsure.
Lien du pdf (Déliberation - 6 Lhistoire coles)
Thèmes du document : Histoire et mémoire, Éducation, Justice et droit,
DOMSURE
CHRISTINE
DROUILHET
6
DOMSURE SES ÉCOLES,
SON ÉCOLE OUBLIÉE
HISTOIRES LOCALESQui a eu un jour cette folle idée d’inventer
l’école ?
Peu avant l’an 800, Charlemagne demanda aux
prêtres d’instruire dans chaque paroisse les
enfants de toutes conditions sociales. Cette
décision fut peu appliquée.
Mille ans plus tard, un projet d’école publique
gratuite et obligatoire vit le jour. Mais il fallut
encore attendre les lois de Jules Ferry, en 1882,
pour établir un cadre plus précis.
À Domsure, on ne sait rien avant la Révolution.
Ce n’est qu’à partir de 1846 que nos
connaissances se précisent, grâce à l’abbé Dor,
qui acheta l’ancien office notarial pour en faire
une maison d’école. Le XIXe siècle fut marqué
par bien des querelles de clocher…
Christine Drouilhet
Commune de Domsure
Mai 2025
Photo de couverture : Rare photo de l’ensemble des classes prise vers 1930
Domsure, ses écoles, son école oubliée
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71
La Révolution pourvoit Domsure d’une école
Construite vers 1760, l’école communale était autrefois la propriété de la famille
Cabuchet. Cette famille, qui a joué un rôle important dans la commune de 1700 à
1800, a fourni à Domsure des notaires, des instituteurs et deux prêtres.
Un certificat délivré par Monsieur Michel, maire de Domsure, en date du 30 juin
1809, nous apprend que l’établissement de notre première école est l’œuvre de
Michel Marie Cabuchet :
« Nous, Michel, maire de Domsure, certifions que Michel Marie Cabuchet, ex-curé
de Sagy, bachelier de la Sorbonne, a établi en novembre 1794 une école publique à
Domsure, dont il était le chef, composée d’élèves internes et externes. Il y a ensei-
gné la langue latine, les belles lettres, les mathématiques, l’histoire, la géographie
et la sphère. » Ensuite, grâce à la célébrité qu’il s’était acquise et aux brillants
succès qu’il avait obtenus, cette école a été érigée en école secondaire en 1801. Il
a présidé cette école jusqu’en 1802, date à laquelle il est passé à l’école secondaire
de Saint-Amour.
Michel Marie Cabuchet, fils du notaire Antoine Cabuchet, était également agent
national à Domsure pendant la Révolution. Jean-Baptiste Cabuchet, âgé de 60
ans et oncle de Michel Cabuchet, fut accepté comme instituteur en 1794, et sa fille
Marie Josephte, âgée de 23 ans, comme institutrice en 1795.
Cependant, il ne semble pas que l’école de filles ait fonctionné régulièrement
par la suite. Une feuille de renseignements sur l’état de la paroisse, datée du
15 novembre 1823 et insérée dans les registres paroissiaux, signale l’absence
de maîtresse d’école et la présence d’un maître de bonne conduite. À la question
« Reçoit-il les enfants d’un autre sexe ? », il est répondu « oui », ce qui laisse à
penser que l’école était mixte.
On ne sait pas non plus depuis quand ce bâtiment a servi d’école. Le château de la
famille De Dompsure a aussi accueilli les enfants pendant plusieurs décennies ;
parfois l’école publique de garçons avec leur instituteur, parfois les sœurs et les
filles, au gré des besoins de notre petit village.
Après la mort de M. Cabuchet en 1834, M. Dor, curé de la paroisse, acheta la
maison des héritiers et y plaça des religieuses de la Congrégation Saint-Joseph
de Bourg. Puis, en 1846, la commune demanda à acheter une partie du bâtiment.
Jean-Claude Dor était curé de Domsure de 1827 à 1840 avant d’être nommé à
Saint-Didier d’Aussiat.
Ecole publique, école religieuse : premiers griefs !
Dans une lettre adressée à Sœur Ste Eugénie, institutrice, M. Dor consent à tous
les arrangements qui seront convenus. Mais il insiste : « Il est essentiel que la
maison communale et la vôtre soient indépendantes, qu’il n’y ait aucune commu-
nication, que les enfants des deux classes et les instituteurs ou les institutrices
soient séparés, isolés autant que possible, et que chaque maison ait son entrée
et sa sortie. C’est à nos supérieurs de réfléchir mûrement sur tous les inconvé-
nients […]. La partie nord est la moins solide. Des réparations y ont été effectuées
lorsque j’étais à Domsure. J’ignore si elles ont retenu le mur qui s’en allait. Je
serai d’avis qu’on cède cette partie à la commune.»
Dans une lettre du 1er février 1851, le préfet informe le maire de Domsure que
l’établissement des religieuses qui enseignent à Domsure voit son existence com-
promise par la modicité de ses ressources, sensiblement réduites depuis quelque
temps. Afin d’en assurer la conservation, on demande en faveur de l’institutrice
1885 : cette photo de classe de garçons avec l’instituteur Bagnon
est la plus ancienne de la commune
Domsure, ses écoles, son école oubliée Domsure, ses écoles, son école oubliée
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une rémunération sur le fonds de l’État. Comme les subventions de cette nature
ne sont accordées qu’aux institutrices communales, le curé de la paroisse offre de
payer de ses deniers un traitement de 50 francs à la religieuse qui enseigne pour
l’année courante. Cette offre est faite dans l’intérêt de la commune qui conserve
ainsi les moyens d’instruire gratuitement les jeunes filles pauvres.
En septembre 1852, l’instituteur public de Domsure fait part de son souhait de
quitter la commune à cause des incommodités et de l’insuffisance de son loge-
ment. Les religieuses qui instruisent les jeunes filles et soignent les malades vont
également être retirées par leur supérieure en raison de l’insuffisance des moyens
d’existence que leur offre la commune. Pour éviter d’en arriver là, il faudrait
déplacer l’école des garçons dans celle des filles. Cependant, une dépense de 300
ou 400 francs serait nécessaire pour isoler les deux logements.
En octobre 1852, la commune éprouve des difficultés à abandonner la maison
dans laquelle l’école des garçons est établie, car elle n’avait pas prévenu Mme De
Dompsure, propriétaire, en temps utile. Aucun bail n’a été soumis à l’approba-
tion du préfet, qui consent cependant à lui verser une légère indemnité si elle
subit un préjudice.
Concernant le logement de l’instituteur : indépendamment de la salle d’école,
l’instituteur, qui est marié, n’a à sa disposition qu’une pièce servant à la fois de
cuisine, de chambre à coucher, de mairie (avec les archives de la commune) et où
le conseil communal tient ses réunions. Le préfet s’étonne que le sieur Bagnon
(l’instituteur) ait supporté une telle situation depuis trois ans, alors qu’il a droit
à un logement d’au moins trois pièces ! Le préfet demande qu’un appartement soit
aménagé dans la maison des religieuses, à condition qu’elles consentent à y faire
quelques réparations. La salle d’école et la mairie conserveront leur affectation
actuelle. Cependant, les religieuses ne veulent pas effectuer les travaux, même
si elles acceptent volontiers de céder une partie de leur bâtiment. L’instituteur
se plaint également du mauvais état du mobilier, du manque de cartes géogra-
phiques et de l’achat de tableaux de lecture qu’il a dû payer lui-même.
Dans une lettre du 3 décembre 1854, M. le Maire St Sulpice se plaint auprès de
la Mère Supérieure du coût trop élevé d’un logement insuffisant. Les ressources
communales sont entièrement absorbées, et pour longtemps encore, par la
construction de l’église paroissiale. Le préfet ne veut pas autoriser la commune à
faire des réparations dans une maison qui ne lui appartient pas.
Dans une lettre du 6 décembre 1854, l’abbé Culas propose de placer l’école des
garçons dans le bâtiment des religieuses, qui est assez grand. Cela créerait une
nouvelle ressource annuelle de 200 francs, mais il faudrait que la Mère Supé-
rieure accepte de faire exécuter des travaux dans le logement.
En mai 1855, la commune envisage enfin d’abandonner le loyer de l’école des gar-
çons qu’elle tient de Mme De Dompsure.
La donation ne fait pas l’unanimité
Cette même année, l’abbé Dor a fait don à la commune de la maison d’école de la
congrégation Saint-Joseph, moyennant un traitement annuel de 300 francs pour
les religieuses institutrices de cette commune. Cependant, en raison des faibles
ressources de la commune, le conseil municipal a ajourné l’acceptation de cette
offre généreuse jusqu’à ce que l’État lui communique le montant de l’aide qu’il
pourrait accorder pour les réparations nécessaires dans cette maison. La com-
mune est dans l’impossibilité de faire des sacrifices à cet égard.
En septembre 1855, l’abbé Dor ajoute une clause stipulant que l’école des jeunes
filles sera dirigée à perpétuité par les sœurs de Saint-Joseph, qui seront tenues de
recevoir gratuitement 12 jeunes filles parmi les plus pauvres et jouiront gratuite-
ment et à perpétuité de la moitié de la maison, etc.
Si la commune refuse la donation, la maison bourgeoise sera vendue et l’établis-
sement des sœurs de Saint-Joseph sera supprimé, ce qui sera préjudiciable à la
commune et à ses jeunes filles. La commune ne pourra plus, non plus, y établir
sa mairie.
Un an plus tard, le ministre de l’Instruction Publique et des Cultes accorde une
aide de 4 000 francs.
De lourds travaux endettent la commune
Octobre 1856 : le devis initial des réparations qui s’élevait à 7 500 francs a dû
être ajourné de 3 500 francs. Le devis de 4 000 francs comprend l’établissement
de deux salles d’école, des fours, des lieux d’aisance et le mur de séparation des
cours. La cave, l’escalier du grenier des sœurs ainsi que la salle de la mairie sont
ajournés. L’instituteur devra continuer à recevoir le conseil municipal pour ses
assemblées dans ses appartements privés. Le conseil envisage de demander à Mme
la Supérieure de Saint-Joseph de bien vouloir contribuer à rendre le logement des
religieuses plus commode. Quant à la salle de la mairie, le conseil souhaite prier
Domsure, ses écoles, son école oubliée Domsure, ses écoles, son école oubliée
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M. le Préfet de couvrir les frais avec les fonds départementaux à sa disposition
(300 francs). Si les habitants de la commune effectuent les charrois gratuite-
ment, cela représentera encore 200 francs d’économies. D’autres économies sont
envisagées, comme remplacer les planches en sapin coûteuses par un carrelage
moins cher et plus durable dans nos régions humides et boueuses, surtout pour
des salles accueillant des enfants pauvres. La maison serait ainsi convenablement
restaurée.
Juillet 1859 : Les travaux sont en cours d’exécution, et la commune sera en me-
sure d’abandonner les appartements loués à Mme De Dompsure d’ici au 11 no-
vembre.
Octobre 1859 : Les religieuses bravent l’autorité du maire et les ordres de l’archi-
tecte en construisant à leur guise. Le maire demande à faire payer la communauté
Saint-Joseph pour le coût des réparations inutiles. Les sœurs n’ont pas voulu
céder un petit jardin à l’instituteur, alors qu’elles disposent d’un clos de 10 ares.
Les réparations de la salle de la mairie ne peuvent attendre, car l’instituteur n’a
qu’une seule pièce et devra loger les archives.
Octobre 1860 : Le préfet a accordé une aide de 100 francs pour le mobilier de
l’école des garçons. L’abbé Culas demande la même somme pour l’école des filles.
Maison d’école : les grosses réparations
des années 1870
14 Février 1870 : Le bâtiment est en mauvais état. Les travaux envisagés sont les
suivants :
• Démolition de murs et de combles
• Démolition des appendices construits en pisé et torchis sans fondation
• Construction de murs, croisées, escaliers, planchers, cloisons, plafonds et
combles
• Reconstruction des appendices à la hauteur du corps du bâtiment
Les tuiles seront descendues avec précaution et réemployées après la pose de la
charpente. La pierre de taille proviendra de la carrière de Balanod, et la chaux
sera extraite des fours du Moulin des Ponts.
Concernant les paiements, 10 % du montant des travaux seront retenus pendant
un an après la réception définitive des travaux. Il est également précisé dans les
conditions particulières qu’il est expressément interdit de travailler ou de faire
travailler les dimanches et jours fériés, sauf autorisation du maire.
1871 : L’école des garçons compte 86 élèves, et le maire demande un maître ad-
joint. En effet, Monsieur Bagnon, l’instituteur titulaire, peut disposer d’un
jeune homme qui se prépare à la carrière de l’enseignement.
1872 : Il est rappelé que l’ensemble de la maison d’école a une apparence chétive,
bien qu’elle soit située dans une position idéale au centre du bourg et facilement
accessible. L’aide de 4 000 francs reçue de l’État en 1856 pour les réparations a à
peine suffi à installer médiocrement les deux écoles, et d’autres réparations très
urgentes ont dû être ajournées faute de fonds. Cependant, la situation financière
de la commune est désormais moins précaire, et le conseil municipal estime qu’il
doit poursuivre la restauration de cette maison. Le montant des travaux s’élève à
6 000 francs, dont 5 000 francs empruntés.
1873 : Les travaux de restauration entraîneront une dépense presque double de
ce qui était prévu au devis. Il est nécessaire de construire un préau et un four à
l’usage de l’instituteur. Le conseil a instamment demandé à Monsieur le Préfet
de solliciter une aide sur les produits des amendes de police correctionnelle. Une
aide de 200 francs est accordée. Les devis s’élèvent à 1 000 francs, mais la com-
mune ne dispose que de 500 francs. Les 300 francs restants seront prélevés sur le
produit de l’imposition extraordinaire de 1874.
1874 : L’inspection primaire note que le bâtiment de l’école des garçons est conve-
nablement établi :
• Le logement offre cinq grandes pièces à l’instituteur
• La salle de classe présente une surface de 80 m² pour un maximum de 80
élèves (dont 10 étrangers qui seront pensionnaires chez l’instituteur).
Les lieux d’aisance sont mal placés et rendent impossible l’usage du four en rai-
son de l’infection qu’ils répandent. L’école des filles dispose de six grandes pièces
pour le logement de l’institutrice, mais la salle de classe n’a que 56 m² pour 80
élèves et 2 maîtresses. Des modifications consisteraient à établir deux salles de
classe d’une superficie totale de 80 m² (12,50 m de long x 6,40 m de large). Ces
divers changements augmenteraient d’environ 700 francs la dépense prévue.
L’inspection primaire demande que le secours sollicité auprès de l’État soit de
3 500 francs sur une dépense totale de 14 500 francs.
1878 : Le cahier des délibérations nous apprend que les premiers travaux exécutés
en 1873-1874 sont tout à fait incomplets, faute de ressources. Les salles de classe
sont actuellement non terminées, la toiture n’a pas été refaite, et le logement
Domsure, ses écoles, son école oubliée Domsure, ses écoles, son école oubliée
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des instituteurs et institutrices laisse beaucoup à désirer, la toiture menaçant
de tomber en ruine. Le nouveau projet d’achèvement et de restauration s’élève
à 8 300 francs. Les travaux de restauration de l’église ont fragilisé les finances
de la commune de 1851 à 1877, et augmenter les impôts serait préjudiciable aux
contribuables. La commune a dépensé environ 14 000 francs sans aucune aide de
l’État, et les nouveaux travaux s’élèvent à 8 300 francs. La commune empruntera
2 000 francs et demande un secours de 6 300 francs. L’inspection primaire sou-
tient les demandes auprès de l’inspection académique de 1879.
1879 : La population est de 887 habitants. L’école compte 96 garçons et 82 filles.
La législation de l’enseignement évolue
Nous sommes à l’époque de Jules Ferry, et l’organisation des écoles prend une
nouvelle direction.
Dans l’esprit des républicains des années 1880, la consolidation du régime poli-
tique né en 1875 passe par l’instruction publique. En laïcisant l’école, ils veulent
affranchir les consciences de l’emprise de l’Eglise et fortifier la patrie en formant
les citoyens, toutes classes confondues, sur les mêmes bancs. Cette réorganisa-
tion de l’enseignement exige une réforme en deux temps dont Jules Ferry sera la
figure emblématique.
Tout d’abord, le but est de séculariser l’école au nom des principes de 1789. Pour
libérer l’enseignement de l’influence des religieux, le gouvernement crée des
écoles normales dans chaque département pour assurer la formation d’institu-
teurs laïcs, destinés à remplacer le personnel congrégationniste (loi du 9 août
1879).
Parallèlement, les personnalités étrangères à l’enseignement, et notamment les
représentants de l’Eglise, sont exclus du conseil supérieur de l’instruction pu-
blique (loi du 27 février 1880).
Cette première phase passée, les républicains poursuivent la mise en place d’une
école pour tous, faisant écho à l’appel de Jean Macé. Ils commencent par pronon-
cer la gratuité de l’école publique, et exigent que les instituteurs obtiennent un
brevet de capacité pour pouvoir enseigner dans les écoles élémentaires (loi du 16
juin 1881). Ils affirment ensuite l’obligation pour les enfants des deux sexes, de
fréquenter l’école de 6 à 13 ans (loi du 28 mars 1882 sur l’enseignement primaire
obligatoire).
Le mouvement de scolarisation de masse a déjà commencé mais 600 000 enfants
ne sont toujours pas scolarisés. L’avancée la plus significative porte sur la scola-
risation des filles et des enfants des campagnes, que les parents sont obligés d’en-
voyer à l’école alors qu’ils préféreraient les voir participer aux tâches ménagères
ou travailler dans les champs. La loi Dury de 1867 avait déjà fait un pas en ce sens
en obligeant les communes à ouvrir une école publique de filles.
Mais la loi de 1881 a mis le feu dans les esprits de notre village : Elle stipulait
la création d’écoles de hameau lorsque la distance entre le hameau et le village
dépassait 3 kilomètres.
Villeneuve, l'école oubliée
Alors que la restauration de la maison d’école
du bourg est achevée en 1878, un projet de
construction d’une maison d’école au centre
de la section de Villeneuve se dessine dès 1881,
mais il est loin de faire l’unanimité.
En décembre, alors que le conseil municipal
a rejeté le projet par 7 voix contre 5 (dont 4
conseillers habitant Villeneuve), une pétition
demandant l’ouverture de cette école est lan-
cée.
En juillet 1882, le rapport de l’inspecteur
d’académie fait le constat suivant :
• La superficie de la commune est de 1 521
ha.
• La population de 887 habitants y est
éparse, sans former d’agglomération de
plus de 15 ou 18 maisons. Elle se compose de plusieurs sections, dont la plus
populeuse est Villeneuve, avec 104 maisons, 109 ménages et 394 habitants.
• Cette section est reliée au chef-lieu, où se trouvent les écoles intercommu-
nales, par deux chemins empierrés : l’un de 2,7 km et l’autre de 3 km. Entre
ces deux voies, il existe un autre chemin d’environ 2 000 mètres, qui, pen-
dant une grande partie de l’année, suit un ravin humide (le chemin dit « de
Messe ») et ne consiste qu’en un sentier boueux et difficile à emprunter par
temps sec ; il est absolument impraticable en cas de pluie ou de neige.
Plan de l’école de Villeneuve
Domsure, ses écoles, son école oubliée Domsure, ses écoles, son école oubliée
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NS
E 2
Le projet rencontre une vive opposition dans
le reste de la commune. La principale raison
est la crainte de voir le nombre d’élèves dans
chacune des classes du bourg réduit à 50 ou
moins, ainsi que la suppression de deux postes
d’instituteurs adjoints.
En septembre, le conseil s’étonne que le préfet
ordonne sa convocation pour la troisième fois
en si peu de temps, après deux rejets concer-
nant ce projet :
• la nécessité de cette école n’est pas dé-
montrée, puisque la position de l’école est
actuellement très centrale,
• les chemins sont en cours de restaura-
tion, et d’autres s’ouvriront rapidement,
• la commune s’est déjà imposé de lourds
sacrifices pour les écoles centrales, et ces dépenses ne sont pas encore soldées,
• ces écoles ont encore besoin de travaux,
• Domsure n’est pas la commune de l’arrondissement qui a le plus besoin d’une
nouvelle école.
Pour toutes ces raisons, le conseil rejette une troisième fois la proposition de
création d’une école à Villeneuve par 7 voix contre 5. Cinq jours plus tard, l’ad-
joint transmet l’extrait du registre des délibérations au préfet (puisque le maire
l’a depuis 4 jours dans sa poche mais ne l’a toujours pas transmis). Il précise que
le maire avait quitté la salle après lecture de la délibération, accompagné de 4
conseillers de la minorité. L’adjoint prie le préfet de ne plus convoquer le conseil
pour le même motif.
Au même moment, la direction de l’enseignement primaire écrit au ministre de
l’Instruction Publique pour lui envoyer le dossier. Elle précise que, de l’avis de
l’inspecteur d’académie, il ne faut pas tenir compte de l’opposition d’une partie
du conseil. La loi stipule que « toute section située à plus de 2 500 mètres des
écoles a droit à une école de hameau ». Cependant, les distances se mesurent de-
puis le centre des sections. De plus, les deux chemins dits « de la Richardière » et
« des Bois » (La Plume) sont en cours d’empierrement.
Au printemps 1883, le maire propose un terrain inculte de 6 hectares appartenant
à la section de Villeneuve pour accueillir ces deux écoles. Le questionnaire rempli
par l’inspecteur primaire révèle que la parcelle prélevée sera de 35 ares, qu’elle
est distante de 2 km du cimetière, que l’école sera isolée de toute construction et
que le voisinage n’est pas dangereux. Il donne un avis favorable. Le Conseil dé-
partemental approuve la construction de l’école le 2 juin et vote une subvention
de 6 000 francs (coût des travaux : 14 000 francs, dont 8 000 francs d’emprunts,
remboursés par la vente des bois).
L’école aura une capacité de 64 élèves, en classe mixte. La dimension de la salle
sera de 8m x 11m, avec possibilité de diviser la salle en deux pour créer deux
classes de même sexe.
Le 9 octobre 1885, l’inspecteur primaire de Bourg constate qu’il n’y a pas un
nombre considérable d’habitations éloignées de plus de 3 km (sauf pour 8 ou 10
maisons) et que les enfants peuvent se rendre à l’école en empruntant le sentier
(le Chemin de Messe) lorsque les longues pluies n’ont pas détrempé le terrain. Il
note également que les écoles du chef-lieu bénéficient de la présence d’un adjoint
et d’une adjointe. Il conclut à un report de la construction à un moment où les res-
sources seront plus favorables et où la municipalité sera plus disposée à le faire.
Une semaine plus tard, le conseil délibère à l’unanimité et décide que le projet est
définitivement abandonné ; la section affectera la vente de ses bois à des besoins
plus urgents.
Retour à notre école centrale
En 1885, la demande d’un poste d’institutrice adjointe est approuvée pour la
classe qui accueille 80 filles (la classe des garçons est déjà pourvue d’un adjoint
pour ses 77 élèves).
L’état de l’école est la suivante :
La salle de classe des garçons mesure 12,7 m x 6 m, soit 76 m², et pourrait donc
accueillir 76 élèves. Or, ils ne sont que 45 inscrits. Il y a deux lieux d’aisance, un
jardin, pas de préau couvert, une bibliothèque de 460 livres et un musée scolaire.
Les fournitures classiques sont en partie remises gratuitement aux élèves. L’ins-
tituteur-adjoint a sa chambre dans le logement de l’instituteur.
L’école des filles comporte deux salles pour 54 élèves : une de 34 m² et une de 21
m², ce qui est insuffisant. Il y a également deux lieux d’aisance, un jardin, pas de
préau couvert, une bibliothèque de 162 livres et un musée scolaire.
Plan de l’école de Villeneuve
Domsure, ses écoles, son école oubliée Domsure, ses écoles, son école oubliée
12 13La classe avec M. Pérréal
L’école religieuse Saint-Joseph
au cœur des préoccupations
Les esprits sont à peine apaisés, qu’une nouvelle loi vient remettre de l’huile sur
le feu : alors que les religieux étaient maintenus en fonction dans les écoles élé-
mentaires après l’obtention du brevet de capacité ; c’est la loi du 30 octobre 1886
sur l’organisation de l’enseignement primaire qui les en écarte en ordonnant la
laïcisation progressive du personnel des écoles publiques.
En 1887, le maire demande au préfet de l’informer sur le propriétaire réel de la
maison où se trouvent les deux écoles communales : la commune ou les sœurs ?
Si le bâtiment appartient à la commune (qui en jouit et y fait des réparations
depuis 40 ans), elle souhaite y construire un préau pour l’école des garçons. Elle
souhaite également donner à l’instituteur une partie du jardin pour en faire un
jardin d’application et d’expériences.
Cependant, la donation de l’abbé Dor du 17 octobre 1855 stipule que les sœurs
doivent jouir gratuitement et à perpétuité d’une partie du bâtiment ainsi que du
jardin en question, et qu’elles ne peuvent en être privées sans aucun prétexte. La
commune est tenue de payer 250 francs de rente annuelle et perpétuelle pour le
traitement des institutrices ; les travaux seront à la charge de la commune.
En mai 1888, le conseil demande au préfet de faire appliquer la nouvelle loi sur
l’organisation de l’école primaire et de confier la direction de l’école des filles
à des institutrices laïques, afin que les enfants ne soient plus « témoins de ces
haines et antipathies qui existent actuellement entre leurs maîtresses ».
Le conseil réalise qu’en agissant ainsi, il devra soit abandonner l’immeuble de
l’école, soit le racheter. Le bâtiment avait été évalué à 5 000 francs. La rente
annuelle était de 5% du capital, soit 250 francs. Les travaux réalisés depuis
s’élèvent à 22 000 francs. L’inspecteur autorise immédiatement la laïcisation. La
commune rachète le bâtiment 5 400 francs aux héritiers de l’abbé Dor. La com-
mune va enfin pouvoir envisager la construction du préau, de quatre urinoirs, de
quatre cabinets et la consolidation d’un mur.
Le premier dimanche d’août 1888, après une délibération matinale, le conseil
municipal décide de l’expulsion des religieuses l’après-midi même, après les vê-
pres. Elles reçoivent asile au château de M. de Dompsure, où elles continuent à
L'école religieuse en 1896
Domsure, ses écoles, son école oubliée Domsure, ses écoles, son école oubliée
14 1515h00.
A és cit s épidémies de
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rtive.
donné.
antine.
faire école pour un certain nombre de filles. Installées avec leurs élèves dans les
dépendances du château, cet arrangement ne peut être que provisoire.
M. Maréchal, curé de la paroisse, fait construire à ses frais une école libre sur
la route de Beaupont, sur un terrain cédé par M. de Dompsure. Les religieuses
s’établissent dans le nouvel établissement vers 1890 ou 1891, pour en repartir
définitivement en 1904, lorsque leur droit d’enseigner leur est enlevé.
Fin 1888, la commune envisage la construction de deux préaux (un pour les gar-
çons et un autre pour les filles). Ainsi, les enfants n’iront plus jouer à la croisée
des chemins, où des accidents se produisent. Le jardin de l’instituteur sera consa-
cré à des expériences pour l’enseignement de l’agriculture, de l’horticulture et de
l’arboriculture.
L’achat de l’immeuble et la construction du préau coûteront 12 500 francs. Avec
l’aide des subventions, la commune empruntera 5 000 francs, qu’elle rembourse-
ra sur 50 ans.
L’école des filles en 1900
En 1889, la commune envisage la création d’une classe enfantine annexée à
l’école des filles : « Cela aurait l’avantage de permettre aux mères de famille de se
livrer à leurs occupations sans pour autant laisser leurs enfants à l’abandon ! »
La commune possède un local convenable pour cette classe mixte, qui sera dirigée
par l’institutrice adjointe. Sa création n’entraînera aucune nouvelle charge ni
pour la commune ni pour l’État. La commune dispose du mobilier nécessaire.
Cependant, la commune doit s’engager à maintenir cette classe pendant 10 ans.
L’école publique nécessite encore des travaux
État de l’école en 1891 : La commune compte 820 habitants, une école laïque de
119 élèves (60 filles et 59 garçons) et une école libre de filles. Les quatre salles de
classe sont dotées d’un mauvais carrelage qu’il est urgent de remplacer par des
planches. Le mur de la façade est lézardé suite à un affaissement de terre consé-
cutif à un hiver très rigoureux. Le mobilier scolaire a besoin d’être entièrement
renouvelé.
1895 : Les fondations d’un mur de classe doivent être refaites de toute urgence,
coût : 3 700 francs. Il faut également réinvestir dans le mobilier des classes, qui
est incomplet, pour un montant de 1 348 francs.
1898 : Changement des heures de classe : de 7h30 à 10h30 et de 12h00 à 15h00.
26 mars 1904 : Le préfet ordonne la fermeture des classes suite à des épidémies de
scarlatine et de diphtérie. Il rouvrira les classes le 26 avril.
1929 : L’inspecteur primaire a visité l’école pour examiner l’emplacement choisi
pour la future cantine. Celle-ci sera construite sur le site d’une buanderie utilisée
par le couple d’instituteurs Cuzin.
1941 : Projet d’aménagement d’un terrain pour l’éducation physique et sportive.
1945 : Le projet est abandonné.
1952 : Installation de l’eau dans les écoles, ainsi qu’à la cantine.
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Legs Léandre Jaillet
Un habitant de la commune, Léandre Jaillet est décédé à
l’âge de 80 ans, le 27 mars 1957. Par un testament olo-
graphe daté du 10 novembre 1948, il institue la commune
comme légataire universel. Les revenus seront répartis
entre le bureau d’aide sociale et la cantine scolaire.
Le 16 février 1958, le conseil décide de procéder à la vente
aux enchères de la maison avec cour et jardin, d’une su-
perficie de 40 ares 50, afin de subvenir aux frais de liquidation de la succession,
conformément aux conditions du testament. La vente aura lieu le samedi 8 mars
1958, et l’immeuble est estimé à 882 753 anciens francs.
Il y a également 5 ha 47 ares 11 ca répartis sur 11 parcelles à louer. En 1959, les
locations ont rapporté 50 300 anciens francs : 5 300 pour la cantine et 45 000
pour le bureau d’aide sociale.
Lors de sa séance du 7 décembre 1958, le conseil constate le très mauvais état de
la cantine ainsi que l’étroitesse du local. Il décide d’agrandir et d’aménager le
local.
Le 3 mai 1959, le conseil approuve le devis de M. Jules Derrier, entrepreneur à
Coligny, pour un montant de 1 487 350 anciens francs.
La dépense sera financée comme suit :
• Vente de l’immeuble du legs Jaillet : 886 000 francs
• Reliquat du legs : 425 000 francs
• Emprunt : 176 000 francs
1958 : Achat d’un chauffage électrique Mercedes pour la classe des garçons.
1958 : Mixité des classes.
1959 : Installation de WC à l’école des garçons.
1961 : Mise en place d’un service de transports scolaires pour 45 élèves, réalisé
par Gaston Ruy au prix de 37 NF (Nouveau Franc) par jour. Les parents paient
une participation de 0,25 NF par jour. Le conseil vote une indemnité forfaitaire
de 150 NF par trimestre scolaire à M. Charles Fournier, instituteur, pour assurer
la surveillance des élèves déposés à l’école lors du premier passage du car, soit de
7h40 à 8h20, ainsi que pour le travail de régisseur des recettes pour le service de
ramassage scolaire.
1962 : Vu le très mauvais état des WC de l’école des filles et la non-étanchéité de la
fosse, le conseil décide de construire de nouveaux WC munis d’une fosse septique
et de les raccorder à l’égout du bourg.
1965 : Mixité totale des deux classes et transformation des deux écoles spéciales
en une école mixte à deux classes (version officielle).
Dans la réalité, le départ de Mlle Didier en 1958 a précipité la mixité des classes
au premier trimestre de cette année-là.
1970 : État de vétusté très avancé des locaux scolaires et des logements des ins-
tituteurs, dont la dégradation présente un danger permanent pour la sécurité du
personnel enseignant et celle des élèves.
1972 : Admission des enfants dès l’âge de 4 ans et demi.
Nouvel ensemble mairie-école et regroupement pédagogique
1973 : Projet de reconstruction d’un bâtiment scolaire et administratif approuvé
par le conseil municipal pour un budget de 771 357 francs. Il se déroulera en deux
phases :
• partie scolaire avec deux classes, sanitaires, préau, salle de gymnastique,
logement des instituteurs et chauffage central,
• partie administrative avec salle de conseil, bureau du maire, secrétariat,
salle de cadastre et salle de réunion.
Démolition de l’ancienne
école en 1974
Maquette réalisée en 1983-1984 par les
élèves de CM1 CM2, avec la supervision de
M. Comtet
Domsure, ses écoles, son école oubliée Domsure, ses écoles, son école oubliée
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Les institutrices jusqu'en 2002 :
Les Religieuses institutrices :
Les instituteurs qui ont marqué notre village
Les comptes-rendus de l’inspecteur académique sont riches d’enseignements sur
nos écoles et nos anciens instituteurs, présents avant la seconde guerre.
Pierre Denis Bagnon
Né à Montrevel en 1826, il a enseigné à Domsure de 1850 jusqu’à son décès en
1887. Il était « énergique et sévère, et instruisit ses nombreux élèves d’une ma-
nière remarquable ». Sa renommée attirait de nombreux élèves des villages voi-
1974 : La rentrée des classes se fait dans les nouveaux locaux.
1975 : Projet de création d’une classe maternelle intercommunale Pirajoux-Beau-
pont-Domsure, refusé par l’inspectrice départementale car impossible à réaliser.
1977 : Regroupement pédagogique Beaupont-Domsure avec classes enfantines +
CM1/CM2 qui resteront à Domsure, et CP/CE1/CE2 qui iront à Beaupont. Nomi-
nation d’une femme de service à temps complet auprès de la classe enfantine de
Domsure (26 heures par semaine).
2004 : Après le départ en retraite de M. Comtet, Domsure accueille uniquement
les enfants de maternelle (parfois CP) dans 2 classes ; les plus grands vont à Beau-
pont.
Liste des instituteurs / institutrices
Voici la liste des instituteurs/institutrices qui ont enseigné dans notre village
jusqu’en 2004.
Les dates correspondent aux années où l’instituteur principal est en poste. Il est
secondé par un autre dont les années ont rarement été retrouvées. On ne sait donc
pas précisément combien de temps ont enseigné leurs adjoint(e)s.
Les instituteurs jusqu'en 2004 :
Instituteurs Instituteurs adjoints
1794 - 1802 Michel CABUCHET
1816 - 1836 Pierre Joseph PERRET
1836 - 1839 Constant PERNET
1839 - 1844 Joseph Philippe COULON
1844 - 1848 François PERRET
1848 - 1850 Joseph Marie CONVERS
1850 - 1887 Pierre Denis BAGNON 1876 M. CLAIR
1887 - 1889 Alexandre RONZIER Jean Marie VAUDEY
1889 - 1919 François PERREAL MM. BERTHET BONDET, VULIN, MARGUIN
1919 - 1932 Joseph CUZIN Marthe CUZIN
1932 - 1935 Carlos BOULEY Marie Louise BOULEY
1935 - 1969 Charles FOURRIER
1969 - 2004 Georges COMTET
Institutrices Institutrices adjoints
1795 Marie Josephte CABUCHET
1887 Mme PINGEON
1888 - 1902 Mlle LEVRAT Mme BERTHET BONDET
1902 - 1936 Léonie PERREAL Mmes BERARD, VULIN, MARGUIN, PROST, MOREL, GERMAIN, DELARCHE
1936 - 1942 Colette DELARCHE Mlle JUILLET, Jeanne LAROCHE
1942 - 1943 Henriette DEVAUX
1943 - 1946 Lucienne MORNIEUX
1946 Marie DRUJON Mlle LAPLACE
1950 Suzanne DIDIER Mme DONCHE
1956 - 1957 Suzanne DIDIER Mlles RENAUDAT, BASSET, Mlle GERMAIN, Mlles BASSET
1957 - 1987 Michelle PUTHET Monique FAVIER, Sylvie GERMAIN…
1987 - 2002 Michelle PACORET
Religieuses institutrices
1830 - 1834 Sœur Sainte Céline
1834 Sœur Saint Eugène
1847 Sœurs Ste Eugène, Véronique, Marine
1874 Sœurs Ste Eugène, Antonia, Marie
1900 Sœur Alodie, Sœur Eléonore
Domsure, ses écoles, son école oubliée Domsure, ses écoles, son école oubliée
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sins, qui prenaient pension chez Mme Bagnon. Il aurait eu jusqu’à 75 enfants.
Sous la direction d’un seul maître, une discipline sévère était nécessaire pour
maintenir l’ordre parmi les petits et les grands garçons de 15 ou 16 ans. Parmi ces
derniers, un ou deux étaient désignés pour faire lire aux plus jeunes. Ces jeunes
maîtres bénévoles étaient dispensés de payer leurs plumes, leurs crayons et la
redevance mensuelle.
François Pérréal
Né à Poisoux (Jura) en 1855, il a enseigné dans notre école pendant 30 ans, de
1889 à 1919. Il est le père de Léonie, qui a également fait carrière à Domsure.
Classe de M. Pérréal
vers 1918
Classe de Mlle Pérréal
vers 1920
Léon Alphonse Marguin
Léon Alphonse est né le 30 avril 1883 à Échallon. Fils d’instituteur, il a fréquenté
l’École Normale de Bourg de 1900 à 1903. Il était le sous-maître de François Pér-
réal. Avec son épouse, il est nommé à Domsure fin 1911.
Son résumé de notes de l’École Normale révèle que « sa conduite n’a pas toujours
été irréprochable, mais s’est améliorée la troisième année. Son caractère est un
peu frustre et fermé. Il est lent en toutes choses. Sa mémoire est assez rebelle.
Il a passablement réussi la partie littéraire et assez bien la partie scientifique.
Il a montré, à l’école annexe, de la bonne volonté mais trop peu d’animation et
d’énergie. Il aura besoin, au moins au début de son exercice, d’être dirigé, soute-
nu, stimulé. »
Le rapport de l’inspection académique de juin 1912 indique que « la fréquenta-
tion de l’école des garçons de Domsure est médiocre en hiver et mauvaise en été »
(12 élèves présents ce jour-là sur les 28 inscrits…).
« L’instituteur a un bon rapport avec ses collègues, les autorités locales, les fa-
milles et le directeur. La tenue des registres obligatoires est bonne. »
Et conclut : « Résultat satisfaisant dans l’ensemble, les élèves répondent bien. Il
a fait des progrès, les devoirs sont régulièrement corrigés. »
Cependant, durant l’été 1914, les relations politiques européennes se dégradent
fortement. Le 3 août, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Léon Alphonse
Marguin est mobilisé le 12 août 1914 au 321e régiment d’infanterie. Ce régiment
a la réputation d’être une troupe d’élite, mais il perdra 1 461 hommes.
On ne sait pas dans quelles conditions exactement est mort le soldat Léon Al-
phonse Marguin. Notre courageux instituteur a été blessé au cuir chevelu par
un éclat d’obus au Bois Fumin, le 15 juin 1916. Il décède le jour même à Landre-
court. Il laisse derrière lui sa femme, Marie-Louise Laetitia Waille, et son petit
garçon, Georges Louis Victor de 3 ans. Une plaque a été apposée dans l’école en sa
mémoire, et une salle de réunion a porté son nom.
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Joseph Léon Cuzin
Il est né le 26 avril 1883 à Saint-Didier-de-Formans. Il a fréquenté l’école nor-
male de Bourg de 1899 à 1902. On a souligné son bon caractère, bien qu'il fût
un peu timide, ainsi que sa bonne intelligence et ses progrès satisfaisants. Il a
obtenu son certificat d’aptitude pédagogique en 1904. Titularisé en 1905, il a
été promu en première classe en 1925, puis en classe exceptionnelle en 1938. Il a
reçu la mention honorable en 1921, la médaille de bronze en 1934, et a été promu
officier d’académie en 1937.
Il était en poste à Montrevel lors de sa mobilisation le 2 août 1914. Il a été blessé
le 25 août à Méhoncourt (54) et a passé un mois à l’hôpital. Puis, il a de nouveau
été blessé en mai 1915 à Ablain-Saint-Nazaire (62). Il a subi une fracture par
balle au coude gauche, ce qui lui a valu 15 mois d’hôpital. Il a alors été réformé
temporairement pour un an et renvoyé chez lui en août 1916. Cependant, il a de-
mandé à reprendre ses fonctions d’instituteur dès le 1er octobre, car sa blessure ne
l’empêchait pas d’enseigner.
En 1919, il est nommé à Domsure.
Le compte rendu de l’inspecteur primaire en 1920 révèle que le musée scolaire
est dans un état passable, que la superficie du jardin est de 528 m² et qu'il est
utilisé pour l’enseignement agricole. M. Cuzin, qui n’exerce que depuis cinq mois
à Domsure, a déjà accompli un bon travail, et l’inspecteur compte sur lui pour
amener ses élèves à un bon niveau intellectuel.
En 1920, il devient secrétaire de mairie.
Lors du contrôle de l’inspection du 16 octobre 1922, sur 32 élèves inscrits dans
la classe, seuls 10 sont présents, et 21 sont présents sur les 63 inscrits à l’école.
En 1925, 10 élèves ont l’âge du Certificat d’Études Primaires. Il y a 3 candidats,
et 3 élèves ont été reçus au cours des 3 dernières années.
En 1926, le bulletin d’inspection constate que M. Cuzin est un maître très
consciencieux et dévoué.
Le 1 er octobre 1932, il quitte Domsure pour devenir directeur à l’école de Fer-
ney-Voltaire.
Charles Fourrier
Il est né en 1909 à Mâcon. Il a obtenu son certificat d’aptitude pédagogique en
1930 à Bourg. Après avoir enseigné à Polliat, Coligny et Pirajoux, il est nom-
mé à Domsure en 1935, où il enseigne pendant 30 ans. Il ne cesse d’obtenir des
promotions et termine en 1968 avec le grade d’Officier des Palmes Académiques.
Dès 1935, l’inspecteur primaire remarque que son travail est fait avec « goût et
méthode » et qu’il est « fructueux ». En 1942, il note : « Sur bien des points, ce
maître est un bel exemple pour ses collègues ». Le même inspecteur commente en
1954 : « Je suis toujours avec grand plaisir la classe de M. Fourrier, qui a atteint
une maîtrise remarquable de son enseignement ». Tout au long de sa carrière, la
tenue des cahiers de ses élèves est remarquée, ses leçons sont adaptées au milieu
rural, les élèves sont disciplinés et la salle de classe est bien entretenue. Ces obser-
vations sont cohérentes avec les remarques actuelles de ses anciens élèves, qui le
percevaient comme un instituteur volontaire, juste et droit, extrêmement engagé
dans la vie communale. Il a fait partie de nombreuses associations du village.
Il était également secrétaire de mairie. Il a été mobilisé en septembre 1939 pen-
dant 10 mois. Sa femme l’a remplacé sur ce poste pendant cette période. Il lui a
envoyé plus de 250 lettres sur lesquelles il lui expliquait ce qu’elle devait faire.
Jusqu’en 1955, l’entrée en 6 e se faisait sur concours. À Domsure, en général, les
deux meilleurs élèves étaient présentés au concours. Les autres poursuivaient
Photo à la sortie de la guerre
Domsure, ses écoles, son école oubliée Domsure, ses écoles, son école oubliée
26 27ie du Département de l’Ain.
leur scolarité jusqu’à 14 ans pour obtenir le Certificat d’Études. À partir de
1967, tous les enfants allaient en 6e.
Il a co-écrit le livre intitulé Petite Géographie du Département de l’Ain.
Michelle Puthet
Michelle Puthet est née en 1932 à Saint-Jean-d’Etreux. Elle a étudié à l’École
Normale de Lons-le-Saunier et a exercé quelques années dans un petit village du
Jura, à Lamarre, avant de venir à Domsure. Au début, seules les petites classes
étaient mixtes. Elle a enseigné les petites classes de 1957 à 1987. Elle a été direc-
trice de l’école des filles de 1958 à 1965, date à laquelle M. Fourrier a pris la direc-
tion de l’école entière. C’était une femme discrète, et les photos d’elle sont rares.
Georges Comtet
M. Comtet est né à Pirajoux en 1949. Avec le BAC en poche, il a été nommé rem-
plaçant à Coligny et Bourg-en-Bresse la première année, puis à Domsure. Il a im-
médiatement pris la direction de l’école en tant que remplaçant de M. Fourrier.
Il a ensuite passé son Certificat d’Aptitude Pédagogique puis a été titularisé. Il
a enseigné à l’école de Domsure de 1969 jusqu’à sa retraite en 2004. Il a tout de
suite été accepté par les habitants du village.
Comme M. Fourrier, M. Comtet était très impliqué dans la vie du village et dans
les différentes associations. Les activités avec le Sou des Écoles étaient un temps
fort de la vie périscolaire.
Les premières années, les voyages et sorties de neige avaient lieu en dehors
du temps scolaire, c’est-à-dire pendant les vacances, ou le mercredi matin (à
l’époque, il n’y avait pas classe le mercredi matin, mais le samedi matin). Il y
avait ainsi moins de contraintes administratives. Les sorties se faisaient dans le
cadre du Sou des Écoles, affilié à la Fédération des Œuvres Laïques. Ainsi, les pa-
rents d’élèves participaient aux sorties. Ce n’est qu’à partir du milieu des années
80 que les classes de neige et de mer se sont déroulées pendant le temps scolaire.
M. Comtet a laissé une empreinte dans notre village qui sera visible pendant de
nombreuses générations. Depuis 1976, il a filmé ses élèves ainsi que la vie associa-
tive communale. Ses films ont été numérisés, et les scènes d’école constituent un
témoignage précieux d’une époque déjà révolue : activités d’échasses dans la cour
goudronnée sans protection pour les enfants, crêpes sur une gazinière, étude du
principe de distillation d’eau-de-vie…
Les films étaient financés par le recyclage des vieux journaux
Domsure, ses écoles, son école oubliée Domsure, ses écoles, son école oubliée
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À A Conception et impression : Printie's Louhans
Je tiens à exprimer toute ma gratitude envers :
• toutes les personnes qui m’ont aimablement prêté
les photos et autorisé leur diffusion, et celles qui
m’ont apporté des précisions,
• Daniel Fourrier pour la relecture,
• la commune de Domsure pour le financement
de ce livret.
Notes de Marie Debeux
Archives Congrégation Saint Joseph, Lyon
Notes diverses de l'Abbé Culas
Archives Départementales Ain, Bourg en Bresse
Registre des délibérations de la commune
Remerciements
Sources
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La classe des filles, et celle des garçons, vers 1929