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Document publié le Jeudi 17 octobre 2019 par la commune de Saint-Étienne-du-Rouvray.
Lien du pdf (Déliberation - delib29 1)
Thèmes du document : Changement climatique, Environnement, Aménagement du territoire,
Conseil municipal | Séance du 17 octobre 2019
Extrait du registre des délibérations
Délibération n°2019-10-17-29 | Charte de l'arbre en Ville
Sur le rapport de Monsieur Le Cousin Pascal
Nombre de conseillers en exercice : 35
Nombre de conseillers présents à l'ouverture de la séance : 30
Date de convocation : 11 octobre 2019
L’An deux mille dix neuf, le 17 octobre, à 18h30, le Conseil municipal légalement
convoqué s'est réuni à la mairie en séance publique, sous la présidence de Monsieur
Joachim Moyse, Maire.
Etaient présents :
Monsieur Joachim Moyse, Madame Francine Goyer, Monsieur Pascal Le Cousin, Monsieur David Fontaine, Monsieur Jérôme Gosselin, Madame Danièle Auzou, Madame Murielle Renaux, Monsieur Patrick Morisse, Monsieur Michel Rodriguez, Madame Léa Pawelski, Madame Fabienne Burel, Monsieur Daniel Launay, Madame Réjane Grard-Colombel, Madame Thérèse-Marie Ramaroson, Monsieur Philippe Schapman, Monsieur Francis Schilliger, Madame Michelle Ernis, Madame Marie-Agnès Lallier, Monsieur Antoine Scicluna, Monsieur Daniel Vézie, Monsieur Gabriel Moba M'Builu, Monsieur Didier Quint, Madame Najia Atif, Madame Catherine Olivier, Madame Nicole Auvray, Madame Florence Boucard, Monsieur Jocelyn Chéron, Monsieur Philippe Brière, Madame Noura Hamiche, Madame Agnès Bonvalet.
Etaient excusés avec pouvoir :
Monsieur Hubert Wulfranc donne pouvoir à Monsieur Pascal Le Cousin, Madame Samia Lage donne pouvoir à Monsieur David Fontaine, Monsieur Gilles Chuette donne pouvoir à Monsieur Daniel Vézie, Madame Carolanne Langlois donne pouvoir à Monsieur Francis Schilliger.
Etaient excusés :
Madame Pascale Hubart.
Secrétaire de séance :
Monsieur Gabriel Moba M'Builu
Conseil municipal 2019-10-17-29 | 1/2Exposé des motifs :
Depuis des décennies, la qualité du cadre de vie est une préoccupation constante à Saint-
Etienne-du-Rouvray. La forêt et les espaces verts agrémentent la Ville tandis que les
arbres animent les espaces.
Cependant, aussi important soit-il, ce patrimoine arboré est fragile et doit être protégé.
C’est à ce titre que l’Agenda 21 stéphanais prévoyait de lancer une réflexion sur la place
de l’arbre en Ville.
Le Conseil municipal
Après avoir entendu le présent exposé,
Vu :
Le Code général des collectivités territoriales,
Le projet de charte de l’arbre en ville,
Considérant :
La nécessité de protéger le patrimoine arboré stéphanais, composante structurante
de notre paysage urbain,
Les impacts positifs de la présence de l’arbre en ville, que ce soit au niveau
ornemental, sociétal ou environnemental,
Le risque que le dérèglement climatique fait peser sur la population,
Après en avoir délibéré,
Décide :
D’adopter la charte de l’arbre en ville.
Après en avoir délibéré, le Conseil municipal adopte à l'Unanimité la délibération,
par 34 votes pour.
Pour extrait conforme
Monsieur Joachim Moyse
Maire
Accusé certifié exécutoire
Réception en préfecture : 21/10/2019
Identifiant de télétransmission : 76-217605757-20191017-lmc114540-DE-1-1
Conseil municipal 2019-10-17-29 | 2/2POURQUOI UNE CHARTE DE L’ARBRE ?
La reconnaissance des arbres comme éléments structu-
rants du paysage urbain est intervenue dès les années
1980 à Saint-Étienne-du-Rouvray, animée par la préoccu-
pation constante de la qualité de son environnement et
de son cadre de vie.
Notre patrimoine arboré est considérable :
1/5 du territoire est occupé par la forêt et par les
espaces verts
Les parcs, jardins publics, massifs, pelouses
et terrains de sport occupent une superficie de 30 ha
L’inventaire en cours précisera les 5500 arbres
accompagnant les voiries, les équipements publics
et les parcs de la ville. Concernant les 16,5 ha de bois
urbains, 520 unités de plus de 50 cm de diamètre
ont été repérées. Une centaine de hêtres, chênes et
platanes remarquables font partie du patrimoine de la
commune auxquels il faut ajouter la présence excep-
tionnelle d’un orme de plus d’un mètre de diamètre.
L’arbre participe ainsi à l’embellissement de la ville en
apportant des éléments de diversité dans un paysage
bâti. L’arbre d’ornement est d’ailleurs souvent carac-
térisé par sa floraison spectaculaire, la couleur de son
feuillage, sa forme spécifique, la texture de son écorce
ou toutes les autres caractéristiques ornementales qui le
rendent attractif.
Sa longévité dépassant largement celle de l’homme,
l’arbre a un impact sociétal positif en matérialisant le lien
générationnel et illustre l’importance de la transmission
du patrimoine naturel.
De surcroît, aujourd’hui, alors que les scientifiques
alertent sur les conséquences du dérèglement climatique
reconnu comme un risque majeur pour la biodiversité et
la santé humaine, la présence de la nature et d’espaces
verts boisés en ville joue un rôle positif sur la santé. Ils
contribuent en effet à atténuer les effets du réchauffe-
ment climatique et ses conséquences, notamment sur la
dégradation des écosystèmes et la perte de biodiversité.
La présence de la nature et d’arbres en ville s’avère ainsi
source de bien-être psychologique et physique.
La végétation urbaine marque l’identité d’une ville ou
d’un quartier, conditionne l’attachement de ses habi-
tants et l’attractivité du territoire. L’arbre en ville suscite
également de multiples questions techniques quant aux
modalités de sa gestion et de sa préservation dans l’es-
pace public ou privé.
I - S’ADAPTER AU CHANGEMENT
CLIMATIQUE ET PRÉSERVER
LA BIODIVERSITÉ
Le rôle de l’arbre face au changement climatique
Dans le contexte de réchauffement climatique observé à
l’échelle planétaire, les villes connaissent des microcli-
mats appelés «îlots de chaleur » qui amplifient le phéno-
mène à l’échelle urbaine. En effet, les villes présentent
souvent des températures plus élevées que leur périphé-
rie ou les milieux ruraux en raison notamment de leur
morphologie et des activités qu’elles abritent.
Or les îlots de chaleur, dont les écarts de températures
peuvent varier de 2 °C à 12 °C, portent atteinte à la santé
(malaises, syncopes, hausse du taux de mortalité liée à
la canicule…) et à l’environnement (qualité de l’air inté-
rieur et extérieur, usage de la climatisation qui accroît
l’émission de GES…).
Les facteurs responsables de ces îlots de chaleur sont
divers, à la fois naturels (climat, topographie, conditions
météorologiques…) et humains (formes urbaines, cou-
vert végétal, matériaux…).
L’aménagement urbain doit désormais penser un déve-
loppement urbain adapté au changement climatique.
Parmi les concepts et techniques susceptibles d’influen-
cer favorablement cette évolution, la réintroduction de
l’arbre en ville favorise la création d’« îlots de fraîcheur »
qui peut localement réduire la température jusqu’à 10°C.
Dépassant sa simple vocation ornementale, l’arbre est en
effet un véritable acteur climatique contribuant à régu-
ler et diminuer localement la température grâce à son
feuillage qui procure de l’ombre et contribue, par évapo-
transpiration, à l’humidité et donc au rafraîchissement
ambiant.
L’arbre en milieu urbain agit aussi comme un véritable
filtre à air automatique en captant les particules pol-
luantes en suspension (notamment l’oxyde d’azote et
l’ozone), en stockant le gaz carbonique et libérant de
l’oxygène. Un arbre adulte, de l’envergure d’un hêtre,
capte environ 1,4 kg de poussières par an grâce à sa sur-
face foliaire qui, si elle était déployée au sol, couvrirait
presque 2 terrains de football.
Charte de l’arbreLe rôle de l’arbre dans la préservation
de la biodiversité
Autre élément prépondérant, l’arbre est un réservoir et
un activateur de la biodiversité ; plus il est âgé plus il en
est riche. Il forme un biotope aérien et souterrain où sont
associés oiseaux, petits mammifères, insectes, autres vé-
gétaux et micro-organismes. Par son envergure ramifiée
et ses éventuelles cavités, il abrite et protège ; grâce à la
présence de ses fruits et des petits organismes vivants
sous son écorce, il permet aux animaux de se nourrir.
En offrant à la fois le gîte et le couvert, il garantit ainsi la
présence de tous des maillons indispensables à l’équi-
libre et à la pérennité de nos écosystèmes.
II - PROTÉGER – GÉRER L’ARBRE
« Je ne fais que planter des arbres :
je sais que je suis trop vieux pour jamais
pouvoir profiter ni de leurs fruits ni de leur ombre,
mais je ne vois pas de meilleur moyen
de m’occuper de l’avenir. »
La vie des arbres,
Francis Hallé, botaniste-dendrologue
Pourquoi protéger/gérer ?
L’arbre est un être vivant. Par son rôle ornemental et sa
place dans l’environnement, l’arbre permet d’améliorer
la qualité de vie des citoyens.
Sa croissance s’étale sur plusieurs vies humaines, il ar-
rive à maturité au bout de 30 à 40 ans en moyenne. Nous
nous devons donc de tenir compte de son cycle de vie
dans les aménagements urbains qui se font à un rythme
plus soutenu que son développement. Car c’est à partir
de cet âge qu’il commence à avoir un impact positif dans
la régulation du climat urbain.
La ville n’est pas l’habitat de prédilection des arbres ;
pour autant, la symbiose entre la nature et l’Homme
conditionne notre bien-être. En retour, nous nous devons
de laisser une place à l’arbre et de tout faire pour trou-
ver les bons compromis entre urbanisation et patrimoine
arboré.
L’arbre est un être fragile, mais malgré tout doté d’une
grande résilience. Exposé à un environnement inadé-
quat, il ne s’épanouira pas totalement et nombreuses
seront les interventions d’entretien pour le maintenir en
état.
Il est schématiquement constitué de deux parties :
La partie aérienne, composée du tronc et du houppier,
assure les échanges avec l’atmosphère environnante
en produisant notamment de l’oxygène,
La partie souterraine, constituée des racines,
en relation directe avec le sol, assure l’ancrage et
l’alimentation en eau et nutriments.
La croissance des branches est conditionnée par l’envi-
ronnement proche de l’arbre. Le tronc, quant à lui, est
exposé aux chocs et dégradations tandis que les racines
sont sensibles au tassement et aux sols imperméables
qui limitent le puisement des nutriments et de l’eau.
Bâtis, réseaux aériens et souterrains, circulation routière,
pollution atmosphérique, ou encore pollution lumineuse
perturbent ainsi le cycle de croissance de l’arbre qui, for-
tement impacté, ne peut remplir son rôle à 100 %.
Comment protéger/gérer ?
« Dix jeunes arbres ne remplacent pas un vieux : un quart
de siècle au moins sera nécessaire avant que la dépollu-
tion atmosphérique ne retrouve son niveau initial ;
en attendant, toute une génération de jeunes urbains
va devoir vivre sous un “ ciel de pétrole ” ».
Plaidoyer pour l’arbre,
Francis Hallé, botaniste-dendrologue
Dans de nombreux aménagements urbains, le même
constat est établi : un manque de prise en compte de
l’arbre existant. Il est souvent plus facile de supprimer un
alignement d’arbres et de replanter de jeunes essences
qui répondent aux besoins de l’aménagement immédiat.
Protéger un arbre, c’est commencer par accepter qu’on ne
peut le considérer comme un accessoire de voirie inerte.
Un arbre était présent avant, il le sera après si personne
ne vient perturber son cycle.
S’il n’est pas toujours possible de conserver l’existant,
une vraie réflexion doit s’imposer avant de décider d’un
abattage, notamment dans le cas d’alignement d’arbres
où il est scientifiquement prouvé que ces individus com-
muniquent entre eux. Abattre certains arbres d’un ali-
gnement n’a pas uniquement un impact paysager, cette
action a aussi des conséquences sur la croissance des
autres sujets environnants.
La volonté de conserver l’existant conduit à favoriser la
cohabitation et à protéger l’arbre à tous les stades :
dès la conception des projets et des permis
de construire et d’aménager en les intégrant
à la réflexion ;
en amont des travaux en identifiant les sujets
à protéger ;
en phase chantier en assurant la protection effective
des troncs contre les chocs, en stockant les matériels
à bonne distance, en prenant soin des racines et des
branches en évitant les circulations et les tranchées
trop proches.
Les agressions ont des répercussions que l’on ne re-
marque que plusieurs années plus tard : ralentissement
anormal de la croissance, chute d’arbre due à un manque
d’ancrage des racines, difficulté à lutter contre les para-
sites…
Il est également essentiel de continuer à planter pour
agrandir et renouveler le patrimoine arboré.
Il existe environ 70 000 espèces d’arbres dans le monde.Choisir la bonne espèce, plutôt locale, au bon endroit va
contribuer à simplifier la gestion de l’arbre en ville et ce
en fonction de divers facteurs : développement du sys-
tème racinaire, amplitude du houppier, résistance à la
pollution et au stress hydrique, type de sol, exposition…
Une fois l’espèce sélectionnée, il convient également de
pouvoir choisir l’individu en pépinière afin d’apprécier
la qualité de son système racinaire et son houppier, la
présence de maladies, etc. Le choix de la dimension de
l’arbre a aussi son importance : un bel arbre avec un tronc
important et un houppier fourni aura un effet immédiat ;
il mettra cependant beaucoup plus de temps à s’accli-
mater à son nouvel environnement et sa gestion les pre-
mières années (arrosage, tuteurage…) n’en sera que plus
difficile.
Une fois tous ces critères respectés, il convient de donner
le maximum de chance à l’arbre de s’implanter. Comme
évoqué plus haut, le sol urbain est peu propice à la crois-
sance des arbres. Il faut donc réfléchir à un compromis
entre la place du système racinaire et les revêtements né-
cessaires aux aménagements. Une plantation est réussie
lorsqu’un végétal a pu reprendre un cycle de vie normal.
Enfin, pour une gestion optimale de l’arbre en ville, il faut
connaître son patrimoine arboré.
Un inventaire précis suivi d’un diagnostic de chaque
individu est nécessaire de façon à programmer des in-
terventions mais aussi garder un historique des évène-
ments antérieurs, l’objectif principal étant de favoriser et
d’améliorer la coexistence entre les arbres et les autres
composantes de la vie urbaine.
III - ALERTER, SENSIBILISER, DIALOGUER
AVEC LES HABITANTS, LES USAGERS ET
LES ACTEURS DE NOTRE TERRITOIRE
Sensibiliser pour aménager autrement
La nature en ville porte des enjeux que les projets d’amé-
nagements doivent intégrer en amont : biodiversité,
qualité de l’air, qualité des sols, ambiance sonore et
lumineuse, gestion de l’eau, confort thermique, concen-
tration en gaz à effets de serre, alimentation, attractivité
des espaces urbanisés, approche économique.
La nature en ville contribue à la qualité des espaces
urbains et du cadre de vie et nécessite à ce titre d’être
partie prenante aux projets. L’arbre est un élément indis-
sociable de l’aménagement urbain qui doit anticiper et
concilier les différents usages à tous les âges de la vie : se
déplacer, habiter, travailler, créer du lien social…
La diffusion de la connaissance du fonctionnement des
écosystèmes auprès des habitants, usagers et acteurs du
territoire est indispensable à une prise de conscience col-
lective des enjeux et des bonnes pratiques.
La charte de l’arbre
Afin de valoriser l’importance du patrimoine naturel, de
partager les enjeux d’une politique de l’arbre sur notre
territoire, d’agir en concertation avec toutes les bonnes
volontés pour la promotion de la nature en ville et de
l’arbre, le plan d’actions de notre Agenda 21 local com-
porte l’élaboration de la présente charte de l’arbre.
Elle vise à accompagner l’évolution des représentations
des citoyens à l’égard de la place de la nature dans la ville
et à faciliter la prise de conscience du rôle que peut jouer
chaque gestionnaire d’un espace vert public ou privatif.
Elle doit également promouvoir la mise en place et le
partage d’outils de gestion du patrimoine existant et
des plantations futures avec l’ensemble des acteurs du
territoire et favoriser le développement des partenariats
nécessaires afin de partager les responsabilités, de pré-
server la santé et le bien-être des habitants.
Avec la charte de l’arbre, la Ville exprime sa volonté de
concertation avec les habitants et tous les acteurs du
territoire dès la conception des projets pour améliorer la
prise en compte de l’arbre.