Offres
API
Connexion
Documents similaires
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse -
unknown - Communauté de communes - Centre Corse
Document publié le Vendredi 7 novembre 2025
Lien du pdf (unknown - Communauté de communes - Centre Corse)
Thèmes du document : Inégalités sociales, Handicap et inclusivité, Travail et emploi,
Accusé de réception en préfecture 02A-200076958-20251029-0233751A-DE-1-1 reçu le 31/10/25 Publié le 31/10/25
1
DELIBERATION N° 25/132 CP DE LA COMMISSION PERMANENTE APPROUVANT LE RAPPORT SUR LA STRATÉGIE D'INCLUSION NUMÉRIQUE EN CORSE (2025-2027) - CADRE ET PERSPECTIVES
CHÌ APPROVA U RAPORTU NANT’À A STRATEGIA D’INCLUSIONE NUMERICA IN CORSICA (2025-2027) - QUADRU È PERSPETTIVE
_____
REUNION DU 29 OCTOBRE 2025
L'an deux mille vingt-cinq, le vingt-neuf octobre, la Commission Permanente, convoquée le 21 octobre 2025, s'est réunie sous la présidence de Mme Marie-Antoinette MAUPERTUIS, Présidente de l'Assemblée de Corse.
ETAIENT PRESENTS : Mmes et MM.
Véronique ARRIGHI, Paul-Félix BENEDETTI, Paul-Joseph CAITUCOLI, Françoise CAMPANA, Romain COLONNA, Saveriu LUCIANI, Marie-Antoinette MAUPERTUIS, Jean-Martin MONDOLONI, Nadine NIVAGGIONI, Chantal PEDINIELLI, Jean-Michel SAVELLI, Hyacinthe VANNI
ETAIENT ABSENTES ET AVAIENT DONNE POUVOIR :
Mme Marie-Hélène CASANOVA-SERVAS à Mme Véronique ARRIGHI Mme Angèle CHIAPPINI à Mme Chantal PEDINIELLI
Mme Julia TIBERI à M. Saveriu LUCIANI
LA COMMISSION PERMANENTE
VU le Code général des collectivités territoriales, titre II, livre IV, IVème partie, et notamment ses articles L. 4421-1 à L. 4426-1 et R. 4425-1 à D. 4425-53,
VU la délibération n° 21/124 AC de l’Assemblée de Corse du 22 juillet 2021 approuvant le renouvellement de la délégation de l’Assemblée de Corse à sa Commission Permanente,
VU la délibération n° 21/195 AC de l’Assemblée de Corse du 18 novembre 2021 adoptant le règlement budgétaire et financier de la Collectivité de Corse,
VU la délibération n° 22/074 AC de l’Assemblée de Corse du 2 juin 2022 approuvant le Schéma Directeur Territorial d’Aménagement Numérique de la Corse, SDTAN Smart Isula,Accusé de réception en préfecture 02A-200076958-20251029-0233751A-DE-1-1 reçu le 31/10/25 Publié le 31/10/25
2
VU la délibération n° 25/043 AC de l’Assemblée de Corse du 28 mars 2025 adoptant le Budget Primitif de la Collectivité de Corse pour l’exercice 2025,
VU la délibération n° 25/125 AC de l’Assemblée de Corse du 25 juillet 2025 adoptant le Budget Supplémentaire de la Collectivité de Corse pour l’exercice 2025,
VU la délibération n° 22/001 CP de la Commission Permanente du 26 janvier 2022 portant adoption du cadre général d’organisation et de déroulement des réunions de la Commission Permanente, modifiée,
SUR rapport du Président du Conseil exécutif de Corse,
SUR rapport de la Commission du Développement Économique, du Numérique, de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement,
SUR rapport de la Commission des Finances et de la Fiscalité,
APRES EN AVOIR DELIBERE
A l’unanimité,
Ont voté POUR (15) : Mmes et MM.
Véronique ARRIGHI, Paul-Félix BENEDETTI, Paul-Joseph CAITUCOLI, Françoise CAMPANA, Marie-Hélène CASANOVA-SERVAS, Angèle CHIAPPINI, Romain COLONNA, Saveriu LUCIANI, Marie-Antoinette MAUPERTUIS, Jean-Martin MONDOLONI, Nadine NIVAGGIONI, Chantal PEDINIELLI, Jean-Michel SAVELLI, Julia TIBERI, Hyacinthe VANNI
ARTICLE PREMIER :
APPROUVE le rapport du Président du Conseil exécutif de Corse et ses annexes, tel qu’annexés à la présente délibération.
ARTICLE 2 :
AUTORISE le Président du Conseil exécutif de Corse à solliciter une subvention d’un montant de 52 000 euros auprès de l’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires pour la mise en œuvre opérationnelle de la feuille de route « France Numérique Ensemble » (FNE) de la Corse et à signer les documents afférant à cette sollicitation.Accusé de réception en préfecture 02A-200076958-20251029-0233751A-DE-1-1 reçu le 31/10/25 Publié le 31/10/25
3
ARTICLE 3 :
La présente délibération fera l'objet d'une publication sous forme électronique sur le site internet de la Collectivité de Corse.
Aiacciu, le 29 octobre 2025
La Présidente de l'Assemblée de Corse,
Marie-Antoinette MAUPERTUISCOLLECTIVITE DE CORSE
RAPPORT
N° 2025/277/CP
COMMISSION PERMANENTE
REUNION DU 29 OCTOBRE 2025
RAPPORT DE MONSIEUR
LE PRESIDENT DU CONSEIL EXECUTIF DE CORSE
RAPORTU NANT'À A STRATEGIA D'INCLUSIONE
NUMERICA IN CORSICA (2025-2027) - QUADRU È
PERSPETTIVE
RAPPORT SUR LA STRATÉGIE D'INCLUSION
NUMÉRIQUE EN CORSE (2025-2027) - CADRE ET
PERSPECTIVES
COMMISSION(S) COMPETENTE(S) : Commission du Développement Economique, du Numérique, de l'Aménagement du Territoire et de l'Environnement
Commission des Finances et de la Fiscalité2
RAPPORT DU PRESIDENT DU CONSEIL EXECUTIF DE CORSE
1. Contexte et ambitions pour un numérique émancipateur
Depuis les années 2000, la Collectivité de Corse agit en faveur de la médiation numérique notamment via la structuration, la coordination et l’aide financière apportées aux structures de médiation insulaires.
En juillet 2022, le Livret 5 intitulé « une île inclusive et capacitante » du Schéma Directeur Territorial d’Aménagement Numérique - SMART ISULA1 détaillait les ambitions de la Corse en matière d’inclusion numérique.
Six enjeux clés étaient identifiés parmi lesquels :
• L’amélioration du maillage territorial de la médiation numérique autour d’une démarche collective nommée Hub Corsica ;
• La lutte contre la précarité numérique et l’illectronisme ;
• Le numérique pour renforcer le pouvoir d’agir de la société insulaire ; • La valorisation d’un du bien commun numérique de la Corse.
En 2024, l’Etat a proposé un cadre stratégique d’inclusion numérique, nommé France Numérique Ensemble (FNE) qui posait ses engagements en faveur des personnes exclues du numérique.
Sur ces bases, une déclinaison de la démarche FNE a été lancée en Corse.
Il s’agissait de bâtir une stratégie d’inclusion numérique mettant en perspective l’ensemble des dynamiques sur la base d’un diagnostic partagé issue d’une collaboration entre l’État, la Collectivité de Corse et les acteurs locaux concernés.
Ce rapport présente :
• Le diagnostic territorial (Annexe 1), fruit d’une analyse croisée de données quantitatives et d’entretiens qualitatifs ;
• La feuille de route 2025-2027 (Annexe 2), structurée pour répondre aux enjeux identifiés.
2. Diagnostic territorial : Un constat, des besoins différenciés.
Réalisé entre avril 2024 et 2025, le diagnostic territorial combine :
1 https://ambizionedigitale.isula.corsica/wp-
content/uploads/2023/03/SDTAN_Smart_Isula_Livret_5_v1.0_mars_2022-1.pdf3
• L’analyse de données (cartographies, indicateurs d’équipement, flux d’usagers) ;
• Des entretiens avec 15 acteurs clés (institutionnels, associatifs, territoriaux).
À l’issue du diagnostic : un constat et trois niveaux de besoins prioritaires ont été identifiés :
Le constat : l’inclusion numérique est l’affaire de tous, et nécessite la contribution active des territoires et la mobilisation des acteurs de terrain (associations ; institutions, élus, aidants). Sans eux, rien n’est possible.
Les 3 niveaux de besoins :
1. Besoins d’accès :
Persistance de « zones blanches de l’inclusion » (communes ou territoires sans relais d’accompagnement). Absence d’acteurs pour orienter, former ou soutenir les publics fragiles.
2. Besoins d’organisation :
Coordination insuffisante entre les structures (fléchage des dispositifs, repérage des publics invisibles) ;
Précarité des postes d’aidants numériques.
Manque de lisibilité des parcours pour les usagers.
3. Besoins de structuration :
Vision territoriale partagée à construire, en articulation avec les politiques des territoires et en prenant aussi en compte les dispositifs mis en œuvre par l’Etat (France Services, Aidants Connect) ;
Professionnalisation des acteurs ;
Gouvernance à renforcer pour une action pérenne.
Nota : Ce diagnostic préalable servira de point de référence afin d’élaborer une feuille de route pour la Corse.
3. Enjeux : spécificités territoriales et défis partagés
Le numérique devient une condition impérative pour l’accès aux droits, à l’emploi, à la santé et aux services publics. En Corse, sans doute, plus qu’ailleurs, les conditions d’accès aux outils numériques prennent une dimension particulière au regard notamment :
• De l’insularité et du caractère île-montagne ;
• Des spécificités culturelles et identitaires :
• Des disparités socio-économiques et du vieillissement démographique ; • De zones très enclavées et éloignées des services publics.
Chiffres marquants : 25 % de la population en Corse reste en grande difficulté d’autonomie numérique. Ces publics « éloignés du numérique » (personnes âgées, peu diplômées, en situation de handicap ou de précarité) cumulent généralement vulnérabilités sociales et territoriales.4
Le défi à relever : Garantir un accompagnement de qualité, équitablement réparti sur l’ensemble du territoire.
4. Gouvernance : une coordination à renforcer pour une action durable
Les entretiens ont révélé des besoins avérés en matière de :
• Clarification des rôles entre acteurs ;
• Animation continue et outils partagés (calendriers, référentiels, évaluations) ; • Coordination renforcée.
Propositions formulées dans la feuille de route :
Une gouvernance territoriale copilotée par l’État et la Collectivité de Corse organisée autour d’une représentation des acteurs par territoire (à l’échelle de l’EPCI par exemple) ;
Cette gouvernance bénéficierait d’outils partagés :
- un calendrier d’animation (temps forts territoriaux et comités locaux), des documents-cadres partagés ;
- la mise en place d’un référentiel commun de suivi, et une évaluation régulière des actions ;
- la production de données partagées (produites par collectivités, associations, opérateurs publics) pour piloter par la preuve – non pas pour contrôler, mais pour éclairer les décisions et mesurer l’impact.
4. Feuille de route 2025-2027 : quatre axes pour agir
La stratégie s’articule autour de 12 fiches-actions, déclinées en quatre axes complémentaires :
1. Mailler le territoire pour garantir un accès équitable à l’accompagnement : réduction des zones blanches de l’inclusion, sécurisation des postes d’aidants numériques, renforcement du maillage des lieux de médiation, mobilisation active des médiathèques, des Case di a lingua et des structures de proximité ;
2. Organiser et outiller les parcours d’autonomie numérique pour les publics fragiles : déploiement d’outils de diagnostic, articulation avec les services sociaux, médico-sociaux et d’insertion, reconnaissance des fonctions d’accompagnement, accompagnement progressif et personnalisé ;
3. Développer une filière insulaire de réemploi numérique solidaire : structuration de la chaîne collecte–reconditionnement–distribution d’équipements, appui sur l’économie sociale et solidaire (ESS), liens avec les politiques d’insertion et d’économie circulaire, soutien à l’emploi local ;
4. Faire de la culture numérique un levier de transformation sociale : formation continue des aidants, mobilisation des acteurs culturels et éducatifs, sensibilisation dès le plus jeune âge, valorisation des usages citoyens et critiques du numérique.5
Cette dynamique structurée autour :
• D’un ancrage intercommunal (via les EPCI) ;
• D’une coopération public-associatif-économique ;
• De l’intégration de l’inclusion numérique dans les politiques publiques (santé, éducation, emploi, culture).
6. Financement : un engagement de l’ANCT
L’Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT) a provisionné une subvention de 52 000 € pour accompagner la démarche.
Les crédits permettant de financer cette mise en œuvre sont prévus au programme 1212, section fonctionnement, sur l’affectation n° 1212P008.
Le plan de financement prévisionnel proposé pour la mise en œuvre opérationnelle de la feuille de route pour les années 2025 et 2026 est le suivant :
Plan de financement prévisionnel proposé
Coût total Répartition
52 000 € TTC 100 % de subvention de l’ANCT 52 000 € TTC
7. Conclusion : vers un pacte territorial pour un numérique émancipateur en Corse
La feuille de route FNE Corse 2025-2027 propose :
✅ Un modèle de gouvernance renforcé et clarifié (copilotage État-Collectivité, outils collaboratifs) ;
✅ Des actions concrètes pour réduire les fractures (maillage, parcours, réemploi, culture numérique) ;
✅ Une intégration transversale de l’inclusion numérique dans les politiques publiques ;
✅ Un financement pour un accompagnement opérationnel.
Perspective : Faire de l’inclusion numérique un levier d’émancipation collective, au service de la cohésion territoriale et sociale de la Corse.
8. Proposition de délibération
Il est proposé à l’Assemblée de Corse :
- D’approuver le présent rapport et ses annexes ;
- D’autoriser le Président du Conseil exécutif de Corse à solliciter la subvention de 52 000 € auprès de l’ANCT et signer les documents nécessaires à cette demande.
Je vous prie de bien vouloir en délibérer.FEUILLE DE ROUTE FRANCE NUMERIQUE ENSEMBLE
FNE CORSICA
VOLET 1 – DIAGNOSTIC TERRITORIALMentions légales
FOGLIU DI STRADA (DI) CORSICA NUMERICA INSEME
Date de publication : avril 2025
Directeur de publication : le préfet de Corse et le Président du Conseil exécutif de Corse • Responsable d’édition : le
Secrétariat Général pour les Affaires de Corse et la Direction de la Transformation et de l’Aménagement Numérique
de la Corse • Rédacteur et assistance à maîtrise d’ouvrage : FLEXIA SAS
Sous Licence Creative Commons BY NC ND (attribution / pas d’utilisation commerciale / pas de modification).3
SOMMAIRE
1.1 INTRODUCTION 5
1.1.1 Objectifs du diagnostic 6
1.1.2 Méthodologie utilisée 6
1.2 ÉTAT DES LIEUX DE L’INCLUSION NUMERIQUE EN CORSE 6
1.2.1 inclusion numerique : ILLECTRONISME ET Indice de fragilité 6
1.2.2 inclusion NUmerique : POLITIQUES PUBLIQUES MISES EN OEUVRE 7
1.2.3 inclusion numérique : LIEUX mobilisés 8
1.2.3.1 Répartition des lieux d'inclusion numérique 8
1.2.3.2 L’importance des labels pour orienter les usagers 9
1.2.3.3 Répartition des usagers accompagnés par des lieux labélisés 9
1.2.4 inclusion numérique : diversite des acteurs engages 10
1.2.4.1 L’indispensable implication des collectivités locales 10
1.2.4.2 Le rôle du Hub Corsica 10
1.2.4.3 L’essor du réseau régional des Tiers-Lieu, Dà Locu 11
1.2.4.4 L’incontournable mobilisation des associations 11
1.2.4.5 Les prémices d’un mécénat d’entreprises territorialisé 12
1.3 RETEX DES ENTRETIENS ET ATELIERS MENES 12
1.3.1 Points de convergence et de divergence 12
1.3.1.1 Convergences : un pilotage par la donnée mais aussi par l’humain 12
1.3.1.2 Divergences : une méconnaissance de la cartographie des acteurs 13
1.3.2 Bonnes pratiques identifiées 13
1.3.2.1 Outiller les parcours d’inclusion numérique 13
1.3.2.2 Renforcer les dynamiques de proximité 14
1.3.2.3 Professionnaliser l’écosystème de médiation 14
1.3.3 Freins à l’accès au numérique ET BESOINS EXPRIMES 15
1.3.3.1 Un consensus de tous les acteurs quant aux carences du territoire 15
Accès au matériel et au financement 15
Compétences et accompagnement insuffisants 15
Infrastructures et maillage territorial 15
Facteurs sociaux et culturels 15
1.3.3.2 Des besoins hétérogènes selon les publics en difficulté 16
1.3.4 Synthèse des entretiens et ateliers 17
1.4 PISTES D’ACTION 18
1.4.1 structurer une gouvernance lisible 194
1.4.2 Renforcer l’armature territoriale de la médiation 19
1.4.3 OUTILLER LES PARCOURS VERS L’AUTONOMIE NUMERIQUE 19
1.4.4 Accompagner l’émergence d’une filière de l’équipement solidaire 19
1.4.5 Favoriser une culture partagée de l’inclusion numérique 19
1.5 CONCLUSION 205
1.1 INTRODUCTION
Face à l’ampleur des inégalités numériques en France — près de 13 millions de personnes rencontrent
des difficultés avec les usages numériques de base — l’État a engagé, depuis 2018, une politique publique
structurée visant à faire du numérique une opportunité pour toutes et tous.
Cinq ans après le lancement de la première stratégie nationale pour un numérique inclusif (SNNI) et à
l’issue d’une vaste concertation partenariale menée dans le cadre du Conseil National de la Refondation,
l’Etat, les collectivités territoriales et les acteurs de la société civile ont souhaité réaffirmer leur
engagement en faveur de l’inclusion numérique du plus grand nombre.
Piloté par l’Agence Nationale de Cohésion des Territoires (ANCT), le programme France Numérique
Ensemble (FNE) vise à renforcer l'inclusion numérique via la rédaction de feuilles de route territoriales qui
déclinent les engagements nationaux.
En Corse, cette démarche est portée conjointement par la Préfecture de Corse et la Collectivité de Corse,
qui assurent la gouvernance du projet en lien avec l’ensemble des acteurs du territoire. Cette collaboration
garantit une approche cohérente et adaptée aux spécificités locales, avec un ancrage institutionnel fort et
un pilotage stratégique.
Ce partenariat doit en outre permettre d’articuler les initiatives publiques et privées, en mobilisant les
ressources nécessaires pour répondre efficacement aux défis de l’inclusion numérique en Corse.
L’élaboration de la feuille de route France Numérique Ensemble — FNE Corsica s’appuie sur les travaux
de Smart Isula qui, dès juin 2022, proposait une stratégie en matière de numérique inclusif, déclinée dans
le livret n°5 « une île inclusive et capacitante » de son Schéma Directeur Territorial d'Aménagement
Numérique (SDTAN).
Source : https://ambizionedigitale.isula.corsica/le-sdtan-de-corse/ Source : https://www.societenumerique.gouv.fr/nos-missions/france-
numerique-ensemble6
1.1.1 OBJECTIFS DU DIAGNOSTIC
L’inclusion numérique est un enjeu majeur pour la Corse, territoire aux spécificités géographiques et
socio-économiques marquées. Ce diagnostic territorial vise à dresser un état des lieux précis de la
situation actuelle afin d’identifier les besoins des populations et les opportunités d’amélioration. Il est
essentiel à la construction d’une feuille de route opérationnelle, alignée avec les dynamiques existantes
et les stratégies déjà engagées par les acteurs locaux.
Ce document a pour objectif de :
• Cartographier l’offre actuelle et les acteurs engagés dans le domaine ;
• Comprendre les freins et les leviers de l’inclusion numérique en Corse ;
• Analyser les besoins des différentes catégories de population ;
• Rassembler les retours des parties prenantes clés ;
• Définir des axes stratégiques pour une action coordonnée et efficace.
1.1.2 METHODOLOGIE UTILISEE
Ce diagnostic s’inscrit dans une dynamique collaborative visant à formuler des recommandations en
phase avec les réalités locales, et repose sur une approche participative et multi-acteurs. Il s’appuie sur
l’analyse d’études existantes, de rapports institutionnels, et de données qualitatives et quantitatives
recueillies lors des enquêtes, entretiens et ateliers menés entre mars 2024 et mai 2025, avec les
organismes publics, associatifs et privés qui composent l’écosystème insulaire.
Ce diagnostic sert ainsi de socle à la rédaction de la feuille de route. Son objectif est de structurer les
actions à mener pour favoriser l’émancipation des Corses par le numérique en leur donnant accès à un
réseau d’environnements capacitants répartis sur l’ensemble du territoire.
1.2 ÉTAT DES LIEUX DE L’INCLUSION NUMERIQUE EN CORSE
L’inclusion numérique est devenue un enjeu essentiel pour l’accès aux droits, la participation citoyenne,
l’autonomie et l’émancipation des individus. En Corse, comme ailleurs, la transition numérique
transforme profondément la relation des citoyens aux services publics, à l’emploi, à la formation et aux
démarches administratives. Cependant, cette transition ne bénéficie pas à tous de manière équitable.
L'éloignement des services publics constitue un défi majeur pour la Haute-Corse comme pour la Corse-
du-Sud. L'insularité et le relief montagneux rendent l'accès physique aux infrastructures administratives
et aux services publics plus complexe, amplifiant ainsi les inégalités territoriales. Face à cette réalité, le
développement de services numériques apparaît comme un levier essentiel pour garantir une accessibilité
équitable aux citoyens, notamment ceux résidant en zones rurales ou isolées.
1.2.1 INCLUSION NUMERIQUE : ILLECTRONISME ET INDICE DE FRAGILITE
Selon une étude de l’Insee publiée en avril 2023, environ 75 000 personnes âgées de 15 ans ou plus en
Corse étaient considérées en situation d’illectronisme en 2019, soit 26,3 % de cette tranche d’âge — un
taux parmi les plus élevés de France métropolitaine. Ce chiffre met en lumière une vulnérabilité accrue
des publics âgés et peu diplômés : près de 70 % des plus de 70 ans seraient concernés, contre seulement
8 % des 15-44 ans.
Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/74547827
L’indice de fragilité numérique (IFN) identifie les
territoires où les populations sont potentiellement
confrontées à des difficultés d’accès,
d’équipement ou d’usage du numérique. Le score
de ~6 sur 10 pour la Corse traduit une situation
jugée préoccupante, appelant la mise en œuvre
d’actions ciblées pour renforcer l’inclusion
numérique.
Source : https://www.fragilite-numerique.fr
Remarque : Ces chiffres sont toutefois à manier avec prudence car ils reposent sur des modèles nationaux
parfois éloignés des réalités locales.
1.2.2 INCLUSION NUMERIQUE : POLITIQUES PUBLIQUES MISES EN OEUVRE
L’État et la Collectivité de Corse agissent concurremment dans le domaine du numérique, aussi bien
quant au développement des infrastructures (réseau mobile, déploiement de la fibre optique) qu’à la mise
œuvre de politiques d’inclusion.
En Corse, l'État intervient notamment à travers la mise en place de Points d’Accueil Numérique (PAN),
dans les préfectures et sous-préfectures de Corse. Ces espaces fournissent aux citoyens des outils
numériques (ordinateurs, scanners) et un accompagnement individuel par des médiateurs numériques
afin de faciliter l’accès aux téléprocédures administratives en ligne.
Par ailleurs, l’État finance et coordonne le déploiement de conseillers numériques sur l’ensemble du
territoire insulaire, en lien avec les collectivités et les structures d’accueil. Ces professionnels, formés et
missionnés, accompagnent les citoyens dans leurs usages quotidiens et contribuent à structurer une offre
de médiation numérique de proximité. Il appuie également les collectivités et les structures associatives
via des dispositifs comme Aidants Connect, qui sécurise l’accompagnement des usagers dans leurs
démarches administratives.
Dans ce cadre, l’État a financé les deux postes de conseillers numériques coordinateurs depuis décembre
2023. Ils ont pour mission de renforcer l’animation territoriale et la coordination des actions d’inclusion
numérique à l’échelle insulaire, en lien avec Direction de la Transformation et de l'Aménagement
Numérique (ou DTAN) de la Collectivité de Corse, à laquelle ils sont rattachés.
En effet, la Collectivité de Corse est pleinement et efficacement engagée depuis plus de vingt ans dans le
domaine de l'inclusion numérique, avec des initiatives structurantes et innovantes qui participent
activement à l’émergence d’un territoire numérique inclusif et équilibré. Son action est caractérisée par
une intervention pluridimensionnelle comprenant notamment :
▪ Le financement des Espaces Publics Numériques (EPN) ;
▪ La réalisation du baromètre Corse numérique (https://ambizionedigitale.isula.corsica/barometre-du- numerique/) ;8
▪ L’animation des acteurs de la médiation numérique via un poste dédié au sein de la DTAN de Coordinatrice territoriale de la médiation numérique, en complément des conseillers numériques coordinateurs ;
▪ La mobilisation vers l’inclusion numérique d’importants crédits européens au travers des différents programmes FEDER-FSE 2021-2027.
La stratégie « Smart Isula » présente dans son livret n°5 intitulé « une île inclusive et capacitante », des
objectifs précis :
▪ Renforcer le maillage territorial et soutenir l’émergence du Hub Corsica ;
▪ Lutter activement contre la précarité numérique et l'illectronisme ;
▪ Stimuler une culture du bien commun numérique et de participation citoyenne ;
▪ Renforcer l'autonomie et le pouvoir d'agir des citoyens grâce à une utilisation adaptée et sécurisée des outils numériques ;
▪ Favoriser la prise de conscience des élus locaux et des décideurs quant aux enjeux d'inclusion numérique.
Ces objectifs résonnent avec ceux de la démarche France Numérique Ensemble, qui leur donnera une nouvelle impulsion et une réelle appropriation, notamment au sein des divers lieux d’inclusion qui maillent le territoire corse.
1.2.3 INCLUSION NUMERIQUE : LIEUX MOBILISES
1.2.3.1 Répartition des lieux d'inclusion numérique
La Corse dispose de 94 lieux engagés pour l’inclusion numérique au sens de la typologie nationale - répertoriés par le programme société numérique.
La diversité des lieux mobilisés témoigne de l’implications de toutes les strates de la société insulaire pour rendre les outils numériques accessibles au plus grand nombre. Elle illustre aussi une volonté partagée de faire de la corse une île innovante qui favorise l’émancipation de tous ses citoyens.
D’autres lieux, non répertoriés dans la typologie nationale, peuvent également jouer un rôle accru dans le
parcours d’inclusion. Il s’agit principalement des tiers-lieux et points d’accueil des missions locales, mais
aussi des bibliothèques et médiathèques.
Source : https://fiches.incubateur.anct.gouv.fr/fiches/numerique/région/04 et https://cartographie.societenumerique.gouv.fr/cartographie/regions9
1.2.3.2 L’importance des labels pour orienter les usagers
Les labels jouent un rôle essentiel dans la structuration, la qualité et la communication des services offerts
aux usagers.
La présence de ces labels contribue à renforcer la confiance et à assurer une homogénéité dans la qualité
des services proposés sur l'ensemble du territoire corse :
▪ Les conseillers numériques fournissent un accompagnement personnalisé pour développer les compétences numériques des citoyens en vue d’une certaine autonomie ;
▪ Les structures labellisées France Services offrent une gamme élargie de services publics, facilitant l'accès aux démarches administratives en ligne ;
▪ Les Aidants Connect sont des personnes habilitées pour réaliser les démarches à la place des usagers (ces derniers peuvent être des conseillers numériques ou des agents France Services).
1.2.3.3 Répartition des usagers accompagnés par des lieux labélisés
La Corse se distingue par un engagement significatif en matière d’accompagnement numérique, avec un
total au 6 juin 2025 de 276 000 accompagnements réalisés par les structures France Services depuis 2020
(124 357 en Haute-Corse pour 60 791 usagers accompagnés et de 151 643 en Corse-du-Sud pour 67 703
usagers accompagnés).
Toujours depuis 2020, 7 366 usagers ont été accompagnés en Haute-Corse par des conseillers
numériques et 4 485 pour la Corse-du-Sud.
Source : https://pilotage.conseiller-numerique.gouv.fr/login
L’inclusion numérique en Corse s’adresse à une diversité de publics, chacun confronté à des difficultés
spécifiques face au numérique.
TRANCHE D'AGE DES ACCOMPAGNES HAUTE-CORSE CORSE-DU-SUD 60 ANS ET PLUS 35% 39%
35-60 ANS 36% 31%
18-35 ANS 12% 12%
12-18 ANS 8,4% 4,1%
MOINS DE 12 ANS 8,8% 15%
STATUT DES ACCOMPAGNES HAUTE-CORSE CORSE-DU-SUD NON RENSEIGNE 10% 4,7%
RETRAITE 34% 37%
EN EMPLOI 21% 28%
SANS EMPLOI 18% 11%
SCOLARISE(E) 17% 19%
Source : https://inclusion-numerique.anct.gouv.fr/donnees/departements/2A & https://inclusion-numerique.anct.gouv.fr/donnees/departements/2B
Les personnes âgées constituent une part importante des bénéficiaires, souvent éloignées des outils
numériques et nécessitant un accompagnement pour l’utilisation des services en ligne, notamment10
administratifs et bancaires. De même, les personnes en situation de précarité, en raison d’un manque
d’équipement ou de compétences, rencontrent des obstacles pour accéder aux démarches essentielles,
comme la recherche d’emploi ou l’accès aux droits sociaux.
Les demandeurs d’emploi et les travailleurs précaires bénéficient également d’un soutien pour renforcer
leurs compétences numériques, devenues indispensables sur le marché du travail. Les jeunes en
situation de décrochage scolaire sont aussi concernés par ces dispositifs, avec des formations adaptées
pour leur permettre de mieux maîtriser les outils numériques et favoriser leur insertion professionnelle.
Pour les habitants des zones rurales et les personnes en situation de handicap les données relatives au
nombre de personnes accompagnées en matière d'inclusion numérique ne sont pas disponibles. Cela
souligne la nécessité de collecter des données plus précises pour ces populations afin de mieux adapter
les actions de médiation numérique. Enfin, les petits entrepreneurs et artisans, notamment en milieu rural,
bénéficient d’ateliers pour développer leur présence en ligne et utiliser les outils digitaux pour gérer leur
activité.
1.2.4 INCLUSION NUMERIQUE : DIVERSITE DES ACTEURS ENGAGES
L’Etat et la Collectivité de Corse agissent de concert avec les collectivités locales, les opérateurs publics
comme privés et les associations. Cette diversité de parties prenantes constitue le cœur d'un écosystème
dynamique et proactif dans lequel chacun peut tour à tour accompagner ou être accompagné dans le
déploiement de ses actions.
1.2.4.1 L’indispensable implication des collectivités locales
Les collectivités locales (EPCI et communes) étant au plus proches de leurs administrés, elles constituent
le « dernier kilomètre » des politiques publiques et sont à mêmes de proposer les services qui leur sont le
plus adaptés. Espaces d’accueil, ateliers ou accompagnement numériques, organisation de la solidarité
intergénérationnelles, soutien direct aux initiatives locales… sont autant de démarches qui œuvrent, au-
delà de l’accompagnement technologique, à renforcer le lien humain et social que peut distendre
l’éloignement numérique.
Le projet « Digital Factory in Paesi » (2022-2024), initié et porté par la Collectivité de Corse, illustre
parfaitement cette dynamique d’engagement territorial, en proposant des actions itinérantes de
médiation numérique dans les zones rurales, avec des ateliers pratiques, des rencontres pédagogiques
sur les risques numériques et un accompagnement personnalisé
(https://ambizionedigitale.isula.corsica/digital-factory-in-paesi-le-bilan/).
Le succès de ce projet a clairement dépendu du niveau d’appropriation des collectivités. Certaines se sont
fortement mobilisées, facilitant notamment l’accessibilité via des dispositifs de transport dédiés, ce qui a
permis une participation significative du public. D’autres au contraire ont rencontré des difficultés ou des
lenteurs administratives freinant le déploiement optimal des actions.
Ainsi, l’implication renforcée des collectivités locales demeure un levier essentiel pour le succès durable
des initiatives d’inclusion numérique.
1.2.4.2 Le rôle du Hub Corsica
Les hubs régionaux, créés avec l’appui financier de l’ANCT et de la Banque des Territoires, ont pour
mission de jouer un rôle de pivot au sein de l’écosystème numérique territorial. Via l’animation et la
formation continue des acteurs locaux de la médiation numérique ils doivent accompagner et assurer le
soutien opérationnel des projets territoriaux d'inclusion numérique.11
Le Hub Corsica compte parmi ses adhérents des collectivités, des organismes de formation, des acteurs
de terrain (association, entreprises, organismes sociaux, conseillers et médiateurs numériques)
Le Hub s’associe régulièrement avec d’autres entités du territoire pour proposer des actions de
sensibilisation et de formation. C’est par exemple le cas dans le cadre d’un partenariat avec l’Agence
Nationale de Lutte contre l’Illettrisme (ANLCI), qui, grâce à la formation à la méthode DUPLEIX, contribue
à la professionnalisation d’intervenants au plus près de publics fragilisés pour repérer et lutter contre
l’illectronisme au quotidien.
1.2.4.3 L’essor du réseau régional des Tiers-Lieu, Dà Locu
Soutenu par l’État à travers le programme « Nouveaux lieux, nouveaux liens » piloté par l’ANCT, et
partenaire privilégié de la Collectivité de Corse, le réseau des tiers-lieux Dà Locu œuvre à la consolidation
de l’écosystème régional et à l’animation des réseaux territoriaux.
Le réseau des tiers-lieux corses s’est
considérablement développé ces dernières
années, participant activement à la
dynamique de développement local et
d’innovation sociale. En mars 2025, la
cartographie actualisée recense une
trentaine de lieux sur les deux départements,
avec une concentration plus forte dans les
zones littorales et périurbaines. Venant en
appui d’actions de médiation numérique, ces
tiers-lieux constituent une ressource
essentielle pour pallier les inégalités
territoriales d’accès aux services et favoriser
les coopérations locales.
1.2.4.4 L’incontournable mobilisation des associations
Les associations jouent un rôle crucial dans l'accompagnement des populations dans l’inclusion
numérique. Elles interviennent souvent auprès des publics qui en sont les plus éloignés, tels les personnes
âgées, les demandeurs d'emploi, ou encore les personnes en situation de précarité.
Leurs interventions sont variées, allant de la formation aux démarches administratives en ligne. Toutefois,
elles font face à des besoins structurels significatifs : renforcement des équipes, équipements adaptés et
soutien financier pérenne, une grande partie d’entre elles déclarant une situation budgétaire incertaine ou
fragile.
Les associations du territoire sont fortement identifiées à la fois des autres acteurs de l’inclusion mais
aussi du grand public. Leurs missions sont rarement cantonnées au numérique, qui agit généralement
comme le catalyseur d’une émancipation plus générale des citoyens. Dans la lignée des collectivités
locales, elles sont à même de proposer des dispositifs pertinents et adaptés, comme des permanences
pour aider aux démarches administratives en ligne, des actions de sensibilisation aux risques liés au
numérique, ou encore des ateliers sur des thématiques d’actualité (cybersécurité, harcèlement en ligne,
éthique de l’intelligence artificielle…)
Elles constituent un maillon essentiel, et indispensable, de la chaîne de l'inclusion numérique.12
1.2.4.5 Les prémices d’un mécénat d’entreprises territorialisé
Le mécénat des opérateurs privés est encore trop peu développé sur le territoire, même s’il tend à devenir
une source de financements non négligeable pour le milieu associatif. Il concerne généralement des
opérations ponctuelles et thématiques, plutôt que des financements de long cours.
La plupart de ces opérateurs sont des entreprises nationales fortement implantées sur le territoire,
principalement dans la filière des télécoms, mais aussi dans celles des transports ou de l’énergie.
1.3 RETEX DES ENTRETIENS ET ATELIERS MENES
Quatorze entretiens ont été menés entre le 19 et le 27 mars 2025 avec des acteurs clés de l’écosystème
de l’inclusion numérique, afin de recueillir leurs impressions et observations vis-à-vis des politiques en
faveur de l’inclusion numérique, et plus généralement de l’organisation de cet écosystème :
ENTRETIENS INDIVIDUELS STRUCTURE FONCTION LOCALISATION
BARBARA BASTELICA COLLECTIVITE DE CORSE CONSEILLERE NUMERIQUE COORDINATRICE HAUTE-CORSE CORSE 2B
ESTELLE TROFFA COLLECTIVITE DE CORSE CONSEILLERE NUMERIQUE COORDINATRICE CORSE-DU-SUD CORSE 2A
PIERA-MARIA LUCIANI COLLECTIVITE DE CORSE COORDINATRICE TERRITORIALE MEDIATION NUMERIQUE CORSE (2A ET 2B)
ESTELLE PATAT ANCT CHEFFE DE PROJET PROGRAMME SOCIETE NUMERIQUE PARIS
BERNARD CESARI HUB CORSICA DELEGUE GENERAL – PORTEUR D’UN PROJET INTERREG MARITIMO CORSE (2A ET 2B)
KARINE TIREL ANLCI CHARGEE DE MISSION COORDINATRICE CORSE (2A ET 2B)
JAMILA HASSNAOUI CC CENTRE CORSE (4C) CONSEILLERE NUMERIQUE CORSE 2B
FRANÇOIS-XAVIER COSTA UDAF DE CORSE DU SUD CONSEILLER NUMERIQUE - CHEF DE PROJET TNE CORSE 2A
SOPHIE HARDOUIN BANQUE DES TERRITOIRES DIRECTRICE REGIONALE CORSE (2A ET 2B)
ELODIE POIGNET EMAHO CORSICA CHARGEE DE PRODUCTION CORSE 2B
ALEXIA CHIAVERINI EMAHO CORSICA CHEFFE DE PROJETS ET RESPONSABLE DE LA COMMUNICATION CORSE 2A
DANIELLE MATTEI HUB CORSICA PRESIDENTE CORSE (2A ET 2B)
MORGANE PASQUALI DA LOCU COORDINATRICE DU RESEAU REGIONAL DES TIERS-LIEUX DE CORSE CORSE (2A ET 2B)
ENTRETIEN COLLECTIF PREFECTURE DE CORSE FONCTION LOCALISATION
CHLOE FOURNIER SOUS-PREFECTURE DE SARTENE SECRETAIRE GENERALE ADJOINTE CORSE 2A
MARION DREVET- LEONARDI PREFECTURE DE CORSE / SGAC CHARGEE DE MISSION NUMERIQUE CORSE (2A ET 2B)
CLAIRE GIACOBBI PREFECTURE DE HAUTE-CORSE CHEF DE LA MISSION DE COORDINATION INTERMINISTERIELLE CORSE 2B
Des ateliers participatifs ont ensuite été organisés en avril et mai 2025, rassemblant une vingtaine de
structures publiques, privées et associatives, institutionnelles comme de terrain. S’est ainsi dressé un
panorama circonstancié, riche et nuancé du paysage de l’inclusion numérique insulaire.
1.3.1 POINTS DE CONVERGENCE ET DE DIVERGENCE
Un large socle de convergences émane des acteurs interrogés, mais aussi quelques divergences
importantes, notamment quant aux modalités d’action et responsabilités.
1.3.1.1 Convergences : un pilotage par la donnée mais aussi par l’humain
Tous les acteurs insistent sur la nécessité d’ancrer les actions dans les territoires. La micro-
territorialisation de la politique publique de l’inclusion numérique est vue comme un levier essentiel pour
toucher les publics dans leur quotidien.13
La reconnaissance du métier de médiateur numérique comme métier à part entière fait l’unanimité, tout
comme l’enjeu de la pérennisation des postes de conseiller numériques qui préoccupe structures
publiques ou privées.
Par ailleurs, si le lien humain est au cœur de toute démarche d’inclusion (patience, confiance, proximité)
et un pilier de la réussite des accompagnements, le pilotage par la donnée (quantitative et qualitative) est
considéré comme une clé stratégique pour objectiver les besoins, évaluer les effets et mieux répartir les
moyens.
1.3.1.2 Divergences : une méconnaissance de la cartographie des acteurs
Les divergences s’expriment sur plusieurs points sensibles, notamment les modalités de formation des
conseillers numériques : si le principe est partagé, les contenus sont jugés inadaptés ou trop
déconnectés des réalités locales. Une attente émerge pour des formations plus professionnalisantes et
contextualisées.
La connaissance des dispositifs lancés en Corse varie fortement d’un acteur à l’autre, ce qui crée des
décalages d’interprétation et d’appropriation. Plusieurs acteurs soulignent le besoin d’une lisibilité accrue
des dispositifs portés par l’État, la Collectivité ou les réseaux locaux, et militent pour un cadre de
gouvernance plus cohérent et mieux articulé.
Le positionnement du Hub Corsica dans l’écosystème territorial de l’inclusion numérique suscite des
perceptions contrastées. Sa participation au projet européen « Interreg Maritimo », en faveur du
reconditionnement informatique (cf. infra), constitue une contribution intéressante pour le territoire.
Toutefois, cette initiative reste peu connue de nombreux acteurs interviewés qui s’interrogent sur la
consistance du projet et son périmètre financier. Ce déficit de visibilité renforce les questionnements sur
la lisibilité globale de l’action du Hub Corsica à l’échelle territoriale.
Ces écarts, entre points de convergence et zones de tension, n'entament pas la dynamique engagée
autour de l’inclusion numérique en Corse. Ils révèlent cependant la nécessité d’un cadre de gouvernance
plus lisible, structurant et partagé, capable de renforcer la cohérence des initiatives et de favoriser une
montée en puissance collective à l’échelle du territoire.
1.3.2 BONNES PRATIQUES IDENTIFIEES
Les entretiens ont permis de faire émerger plusieurs initiatives et expérimentations considérées comme
inspirantes par les acteurs du territoire. Elles illustrent des réponses concrètes et complémentaires aux
enjeux de l’inclusion numérique en Corse, et peuvent être regroupées autour de trois grandes dynamiques.
1.3.2.1 Outiller les parcours d’inclusion numérique
Certaines initiatives se distinguent par leur capacité à structurer des démarches pédagogiques solides, en
lien avec les besoins fondamentaux des publics accompagnés.
C’est le cas de la démarche DUPLEX, portée par l’ANLCI en collaboration avec Dà Locu et le hub Corsica,
qui articule compétences de base (lecture, écriture, numératie) et compétences numériques essentielles.
Elle s’adresse en priorité aux publics en situation de double empêchement (illettrisme et illectronisme), et
mobilise des outils tels le diagnostic EVA ou les badges de formateurs.
Dans le champ éducatif, le programme Territoire Numérique Éducatif (TNE), déployé par l’académie de
Corse en lien avec les services de l’Éducation nationale et la Collectivité de Corse, vise à mieux structurer
l’éducation au numérique dans les établissements scolaires tout en associant les familles dans une
logique de coéducation.14
Sont également soulignés le rôle fondamental des initiatives portées par les associations de l’inclusion,
qui proposent des actions indispensables à la cohésion du territoire insulaire.
1.3.2.2 Renforcer les dynamiques de proximité
Plusieurs projets ont su structurer des réponses territorialisées, ancrées dans la réalité des bassins de vie
et adaptées aux spécificités locales.
Le projet Riusu & LinkPi, coordonné par le Hub Corsica, vise à structurer une filière régionale solidaire de
reconditionnement informatique et lowtech à but social. Soutenu par l’ADEME et inscrit dans le cadre du
projet européen Marittimo “Valor”, ce réseau associe des structures d’insertion, des fablabs, des
collectivités et des acteurs de l’inclusion numérique pour offrir une seconde vie aux équipements
informatiques et répondre aux besoins des publics sans matériel.
Autre exemple : l’opération Digital Factory in Paesi, initiée par la Collectivité de Corse, réalisée par émaho
Corse et financée par Corsica Fibra. Ce dispositif mobile a sillonné le territoire de décembre 2022 à juin
2024, et permis d’organiser 17 journées sur tout le territoire
Durant chaque journée, ont été proposées gratuitement des ateliers d’information, de découverte et
d’initiation pour les enfants et parents (ex : initiation à la programmation de robots, atelier fake news), des
conférences à destination des parents et encadrants (ex : les règles à appliquer pour un usage sécurisé
d’internet) et des stands d’information proposant des accompagnements spécifiques; le tout visant à
embrasser tous les publics tout en assurant des parcours individualisés.
D’autres initiatives à destination du grand public émergent également, comme les évènements Bastia Ville
Digitale ou les Quartiers Numériques de la ville d’Ajaccio proposant des ateliers ludiques et créatifs, et
des conférences interactives sur les nouveaux enjeux du digital.
1.3.2.3 Professionnaliser l’écosystème de médiation
La professionnalisation de l’écosystème de la médiation numérique est ressortie comme un enjeu
transversal de la part de tous les acteurs. Elle ne se limite pas à la formation ou à l’outillage des conseillers,
mais concerne aussi les modalités de travail, la structuration des équipes et la coopération
interprofessionnelle.
Plusieurs structures ont mis en place des démarches concrètes pour renforcer leurs liens avec les services
sociaux, comme les CCAS, les UDAF ou les travailleurs sociaux de proximité. Cette articulation permet de
mieux repérer les publics invisibles, d’orienter efficacement les bénéficiaires vers les bons relais, et de
coordonner les accompagnements de manière fluide. Comme le souligne une responsable associative : «
On ne peut plus travailler chacun de son côté. Aujourd’hui, nos conseillers numériques sont souvent
sollicités par les assistantes sociales du secteur. »
L’Ile Rousse 03.12.2022 Petreto-Bicchisano 28.10.2023 Borgo 21.01.2023 Lumio 18.11.2023 Sotta 04.02.2023 Sante Lucie de Tallano 09.12.2023 Grossetto Prugna 18.03.2023 Aleria 27.01.2024 Calacuccia 15.04.2023 Patrimonio 17.02.2024 Santa Lucia di Moriani 20.05.2023 Chisonaccia 13.04.2024 Venaco 17.06.2023 Vico 27.04.2024 I Fulelli 23.09.2023 Tavera 01.06.2024 Luri 22.06.202415
Certains opérateurs ont franchi un cap en choisissant de stabiliser leurs équipes, en recrutant leurs
conseillers numériques sur des postes durables, parfois en CDI. Cela a permis une meilleure intégration
des professionnels, une montée en compétence progressive, et une confiance accrue des usagers. L’un
d’eux témoigne : « Quand on est là depuis plus d’un an, les gens nous reconnaissent, ils reviennent, ils
parlent… On passe du dépannage à l’accompagnement. »
Cette dynamique de professionnalisation, encore inégale selon les territoires, constitue un levier essentiel
pour la qualité de service, la fidélisation des professionnels, et la consolidation de l’inclusion numérique
comme politique publique durable.
Ces exemples, sélectionnés pour leur pertinence, leur ancrage local et leur potentiel de réplication,
pourront nourrir les actions à inscrire dans la feuille de route France Numérique Ensemble.
1.3.3 FREINS A L’ACCES AU NUMERIQUE ET BESOINS EXPRIMES
1.3.3.1 Un consensus de tous les acteurs quant aux carences du territoire
Il ressort des ateliers et entretiens que si des divergences apparaissent quant à leur vision de démarches engagées, tous les avis (ou presque) convergent en ce qui concernent les difficultés qu’ils rencontrent en matière d’inclusion numérique :
Accès au matériel et au financement
▪ Coût élevé des équipements numériques (ordinateurs, smartphones) et des abonnements internet, freinant leur adoption par les publics précaires ;
▪ Manque de financements pour doter les structures de médiation numérique en matériel et en ressources humaines ;
▪ Besoin de dispositifs d’aide pour l’acquisition de matériel reconditionné à tarif solidaire.
Compétences et accompagnement insuffisants
▪ Persistance de l’illectronisme, notamment chez les seniors et les habitants des zones rurales ;
▪ Offre de formations parfois inadaptée aux besoins spécifiques des différents publics ;
▪ Déficit de conseillers et médiateurs numériques pour assurer un accompagnement de proximité.
Infrastructures et maillage territorial
▪ Présence de zones blanches limitant l’accès à internet, entravant l’usage des services en ligne ;
▪ Insuffisance de lieux de médiation dans certaines communes, notamment en milieu rural ;
▪ Faible coordination entre les différents acteurs de l’inclusion numérique, compliquant la mise en œuvre d’une stratégie cohérente.
Facteurs sociaux et culturels
▪ Réticences liées à la confiance dans le numérique et craintes vis-à-vis de la cybersécurité ;
▪ Manque de sensibilisation aux opportunités et risques du numérique, notamment chez les parents et les jeunes ;
▪ Difficulté à identifier et mobiliser les publics les plus éloignés du numérique, notamment dans les territoires ruraux.
Une réponse coordonnée et adaptée à ces enjeux est essentielle pour favoriser une inclusion numérique
durable et accessible à tous.16
1.3.3.2 Des besoins hétérogènes selon les publics en difficulté
L’accompagnement aux démarches administratives reste fondamental, en particulier pour les personnes
âgées, les publics en situation d’illettrisme ou d’illectronisme, les personnes peu francophones ou en
situation de handicap. Parallèlement, les enjeux de parentalité numérique sont massivement remontés :
les parents expriment le besoin d’être soutenus dans la gestion du temps d’écran, la compréhension des
usages numériques, les risques liés aux réseaux sociaux ou encore la cybersécurité familiale.
Bien que largement connectés, les jeunes eux-mêmes présentent des lacunes fonctionnelles : faible
maîtrise des outils bureautiques, méconnaissance des démarches en ligne, difficulté à faire un usage
critique de l'information. Ces éléments appellent à une stratégie différenciée selon les publics, combinant
accès aux droits et parcours vers l’autonomie numérique.
L’évolution des besoins se manifeste aussi par de nouvelles inquiétudes, notamment liées à l’intelligence
artificielle. Pour certains publics, l’IA est perçue comme anxiogène. Cette fracture cognitive appelle à une
montée en compétence des aidants numériques sur ces sujets.
À cela s’ajoute une attente forte de proximité territoriale : le besoin d’aller vers les publics dans les micro-
territoires, avec des dispositifs mobiles ou décentralisés. Enfin, les travailleurs indépendants, les conjoints
d’artisans ou les salariés de TPE rencontrent également de nombreuses difficultés, en particulier lorsqu’ils
sont peu familiarisés avec l’environnement numérique professionnel.
La meilleure classification des publics en fonction de leurs difficultés identifiées demeure, à l’instar
d’autres enjeux identifiés sur le territoire, une classification générationnelle. Plusieurs catégories
émergent ainsi, chacune nécessitant des approches spécifiques et différenciées :
POPULATION
CATEGORIE NOMBRE PART(%) PROBLEMATIQUES IDENTIFIEES
SENIORS
(60 ANS ET +) 106 479*
30,6 %
▪ DIFFICULTE D’ACCES AUX OUTILS NUMERIQUES ET
MANQUE DE FORMATION ADAPTEE.
▪ BESOIN D’ACCOMPAGNEMENT POUR LES DEMARCHES
ADMINISTRATIVES DEMATERIALISEES.
▪ SENSIBILISATION AUX RISQUES NUMERIQUES (FRAUDES,
CYBERSECURITE).
ADULTES
(30-59 ANS) 137 570*
33,6 % ▪ BESOIN DE DEVELOPPEMENT DES COMPETENCES NUMERIQUES POUR LE MARCHE DU TRAVAIL,
SENSIBILISATION A LA CYBERSECURITE
JEUNES ADULTES
ET
ADOLESCENTS
(15-29 ANS)
50 828* 14,6 %
▪ ACCES AUX OUTILS ET INFRASTRUCTURES NUMERIQUES,
DEVELOPPEMENT DES COMPETENCES POUR LES METIERS
DU NUMERIQUE
▪ BESOIN D’EDUCATION AU NUMERIQUE DES LE PLUS JEUNE
AGE, ACCES AUX INFRASTRUCTURES, SENSIBILISATION AUX
USAGES RESPONSABLES
ENFANTS
(- 14 ANS) 53 080* 15,3 % ▪ ACCES LIMITE AUX DISPOSITIFS D'ACCOMPAGNEMENT,
SENSIBILISATION A LA PARENTALITE NUMERIQUE
DEMANDEURS
D'EMPLOI
(A, B, C)
17 670** 15,3%
▪ FORMATION ET MONTEE EN COMPETENCES SUR LES
OUTILS NUMERIQUES PROFESSIONNELS.
▪ ACCES AUX PLATEFORMES D’EMPLOI EN LIGNE ET
ACCOMPAGNEMENT DANS LEUR UTILISATION.
▪ BESOIN DE CERTIFICATIONS POUR RENFORCER
L’EMPLOYABILITE.
PERSONNES EN
SITUATION
D’HANDICAP
32 785 NC
▪ ACCESSIBILITE DES INFRASTRUCTURES ET OUTILS
NUMERIQUES.
▪ FORMATION ET ACCOMPAGNEMENT PERSONNALISES.
▪ DEVELOPPEMENT DE SOLUTIONS ADAPTEES (EX.
LOGICIELS SPECIFIQUES, ERGONOMIE DES SITES).17
HABITANTS DES
ZONES RURALES 85 000 NC
▪ FORT TAUX D’ILLECTRONISME ET MANQUE
D’INFRASTRUCTURES D’ACCES AU NUMERIQUE.
▪ BESOIN D’INITIATIVES ITINERANTES POUR ALLER VERS LES
PUBLICS ISOLES.
▪ ACCES AU TRES HAUT DEBIT ET EQUIPEMENTS
CONNECTES
(*) : Dossier complet Région de Corse, INSEE, paru le 1er avril /2025 sur les chiffres 2021. (**) : France Travail-Dares, STMT, traitements Dares, T1 2025
1.3.4 SYNTHESE DES ENTRETIENS ET ATELIERS
L’analyse croisée entretiens et ateliers menés dans le cadre de l’élaboration de la feuille de route permet
de dresser un diagnostic clair et largement partagé sur l’état de l’inclusion numérique dans l’île.
Tous les acteurs s’accordent sur la persistance d’une « fracture numérique insulaire », marquée par la
dispersion des lieux d’accueil, les inégalités d’accès, la complexité des démarches en ligne et la faible
lisibilité des dispositifs existants. Si les publics les plus vulnérables sont bien identifiés (seniors, personnes
en situation d’illettrisme, actifs précaires), leur accompagnement demeure inégal et reste tributaire de la
capacité d’action locale des structures mobilisées.
L’implication des médiateurs numériques et des conseillers numériques est unanimement saluée, mais
leur statut, leur formation continue et la pérennisation de leurs postes font l’objet d’attentes fortes. Dans
ce contexte, la mise en œuvre du programme FNE est perçue comme une opportunité majeure pour
refonder une stratégie cohérente, structurée et durable.
Un consensus net émerge sur les besoins, mais aussi sur la nécessité de bâtir une gouvernance
territoriale claire, stable et partagée. Le besoin d’un espace de coordination, de mutualisation des
pratiques, d’échange d’informations et de suivi partagé revient avec insistance dans les entretiens.
Les difficultés rencontrées dans le déploiement des postes de conseillers numériques — multiplicité des
guichets, hétérogénéité des portages, manque de visibilité des actions — illustrent à elles seules la
fragmentation actuelle du pilotage et la nécessité de son évolution.
Du côté de l’État, les acteurs reconnaissent l’impulsion donnée à travers le déploiement de dispositifs
nationaux tels que les Espaces France Services, le dispositif Aidants Connect, les Conseillers numériques,
le Territoire Numérique Éducatif (TNE), ou encore France Numérique Ensemble. Toutefois, dans un
contexte budgétaire national incertain, qui nourrit des inquiétudes sur la reconduction ou la diminution
des financements, les perspectives d’arrêt ou de réduction des crédits alloués aux postes de conseillers
numériques suscitent de vives préoccupations. Le renouvellement des contrats, leur montée en
compétence et leur stabilisation dans la durée sont perçus comme des enjeux stratégiques, mais
aujourd’hui fragilisés.
Le lancement par la Collectivité de Corse d’un appel à projets FEDER dédié à l’inclusion numérique, bien
qu’apprécié pour sa capacité à soutenir l’équipement ou l’animation locale, ne permet toutefois pas — en
raison des règles mêmes du FEDER — de répondre à la préoccupation centrale exprimée par les structures
de terrain : la prise en charge des salaires des médiateurs numériques. Face à cette limite structurelle, et
dans un contexte de fragilité financière pour nombre de porteurs de projets, certains acteurs se montrent
prudents, voire se détournent de ces dispositifs faute de perspectives pérennes.
Ces inquiétudes s’étendent également au Hub Corsica, dont le modèle économique reste fragile. Malgré
un financement d’amorçage de la Banque des Territoires, le Hub n’est pas parvenu à hybrider son modèle
ni à sécuriser ses ressources dans la durée. De nombreux acteurs s’interrogent sur sa capacité à maintenir
ses fonctions d’animation et de coordination en l’absence de soutien financier pérenne.18
Au-delà des enjeux budgétaires, c’est surtout le rôle même du Hub Corsica qui fait l’objet
d’interrogations persistantes. Son fonctionnement, très centré sur une seule personne, combiné à des
moyens humains limités et à des outils de communication jugés peu opérationnels, est perçu comme
insuffisamment structuré pour fédérer l’écosystème insulaire. L’ambition initiale d’un Hub animateur et
catalyseur s’en trouve fragilisée. Dans ce contexte, plusieurs acteurs appellent à une clarification
collective de sa place dans l’armature territoriale de l’inclusion numérique, à une redéfinition de ses
missions dans un cadre plus partenarial, voire à une réorganisation en profondeur de son mode de
fonctionnement.
La matrice FFOM (forces, faiblesses, opportunités et menace) présentée ci-dessous synthétise les
principaux éléments issus du diagnostic territorial. Elle permet d’identifier les leviers, les freins, les
opportunités et les risques à anticiper pour réussir la territorialisation de l’inclusion numérique en Corse.
Cette analyse croisée met en évidence les atouts structurants sur lesquels s’appuyer pour construire une
feuille de route réaliste et ambitieuse, mais aussi les fragilités à anticiper pour garantir son déploiement
dans la durée.
FORCES FAIBLESSES
- Écosystème d’acteurs impliqués, expérimentés,
présents sur les deux départements
- Expérimentations locales inspirantes (Digital Factory
in Paesi, TZNRD, TNE…)
- Bon maillage de lieux d’inclusion numérique existants
- Appui structurant de l’Etat et de la Collectivité de
Corse dans les politiques sociales et d’accès aux droits
- Gouvernance encore floue entre les différents niveaux
d’acteurs
- Emplois de médiation numérique souvent précaires
(contrats courts, manque de lisibilité)
- Hétérogénéité forte entre territoires (notamment
ruralité / littoral)
- Faible visibilité de l’offre pour les publics et les
partenaires
- Actions menées visant très majoritairement « l’aide
aux démarches en ligne » et pas assez « l’émancipation
des Corses par le numérique »
OPPORTUNITÉS MENACES
- Démarche nationale FNE favorable à une
territorialisation adaptée
- Articulation possible avec d’autres dispositifs (Smart
Isula, Appui CNFS, reconditionnement)
- Réseaux actifs et mobilisables (France Services,
ANCT, écosystèmes de proximité)
- Volonté exprimée de co-construction par les acteurs
locaux
- Risque de décrochage ou de désengagement sans
pilotage structuré
- Fatigue des acteurs sollicités par des démarches
multiples
- Financements fragmentés et incertains pour les RH
- Difficulté à instaurer une culture commune de
l’inclusion numérique
1.4 PISTES D’ACTION
Le processus itératif, souhaité à la fois par la Préfecture et la Collectivité de Corse, co-porteurs de la
démarche France Numérique Ensemble, permet d’ancrer la feuille de route dans une approche à la fois
stratégique, territorialisée et coconstruite. Sur la base du diagnostic territorial, cinq axes stratégiques
émanent pour structurer les travaux de co-construction, consolider les dynamiques existantes tout en
comblant les lacunes identifiées lors du diagnostic.19
1.4.1 STRUCTURER UNE GOUVERNANCE LISIBLE
La gouvernance de l’inclusion numérique en Corse doit être partagée et adaptée aux réalités territoriales.
Il s’agit de rendre lisibles les rôles et responsabilités de chacun en instaurant des espaces réguliers de
concertation, une animation coordonnée à l’échelle micro-territoriale, et un pilotage appuyé sur les
données. Cette gouvernance pourra notamment s’appuyer un socle commun d’outils déjà disponibles
pour orienter les publics, cibler les territoires prioritaires et suivre les actions menées sur le terrain.
Il s’agit de clarifier les rôles de chaque niveau d’acteur et d’organiser la coordination des politiques
d’inclusion numérique à l’échelle insulaire et micro-territoriale.
1.4.2 RENFORCER L’ARMATURE TERRITORIALE DE LA MEDIATION
Malgré un maillage déjà existant, l’offre de médiation numérique reste inégale, notamment dans les zones
rurales ou enclavées. Il est nécessaire de consolider les lieux d’accueil, de stabiliser les postes (CNFS,
aidants numériques), et de déployer des dispositifs mobiles (« aller vers ») sur les territoires peu couverts,
en s’inspirant des expérimentations réussies comme la Digital Factory in Paesi ou le Territoire Zéro Non-
Recours aux Droits (TZNRD)
L’objectif est de consolider et territorialiser l’offre d’accompagnement numérique, en stabilisant les
ressources humaines et en luttant contre les disparités géographiques.
1.4.3 OUTILLER LES PARCOURS VERS L’AUTONOMIE NUMERIQUE
L’accompagnement des publics doit s’inscrire dans des parcours progressifs, modulés en fonction des
profils et des besoins spécifiques — qu’il s’agisse de seniors, de jeunes, de travailleurs indépendants ou
de personnes en insertion. Ces parcours gagnent à être construits en synergie avec les acteurs sociaux,
éducatifs, de santé et de la jeunesse, tout en s’appuyant sur les outils déjà disponibles (PIX, Aidants
Connect, plateforme Appui CNFS, etc.). Il est essentiel de ne pas dissocier les deux dimensions
complémentaires de l’inclusion numérique : l’aide aux démarches administratives, bien sûr, mais aussi
l’émancipation et la montée en autonomie des personnes dans l’usage du numérique.
1.4.4 ACCOMPAGNER L’EMERGENCE D’UNE FILIERE DE L’EQUIPEMENT SOLIDAIRE
Le besoin en matériel reste un frein majeur pour de nombreux publics. Il est nécessaire de structurer une
réponse insulaire en matière d’équipement solidaire, en mobilisant les acteurs du réemploi et de
l’économie sociale et solidaire (ex. projet VALOR). L’équipement doit être pensé en articulation avec
l’accompagnement, dans une logique de parcours.
Le but est de construire une réponse insulaire cohérente pour équiper les publics précaires, en s’appuyant
sur des initiatives locales de reconditionnement et de redistribution.
1.4.5 FAVORISER UNE CULTURE PARTAGEE DE L’INCLUSION NUMERIQUE
L’adhésion des élus, des institutions et des citoyens à la démarche d’inclusion numérique suppose un
travail de sensibilisation, de formation et de communication. Il s’agit de promouvoir une culture
commune, de développer des compétences émergentes (cybersécurité, parentalité numérique, usages
de l’IA) et de consolider la professionnalisation des aidants à travers une offre de formation continue
adaptée aux réalités corses. Il s’agit également de promouvoir la culture de création de communs, du
partage, de l’essaimage et de l’entraide entre les acteurs de terrain.20
L’objectif est de diffuser les enjeux de l’inclusion numérique auprès des élus, des agents, des citoyens et
des professionnels, tout en consolidant la formation continue des aidants.
1.5 CONCLUSION
La Corse dispose d’atouts indéniables — projets inspirants, engagements territoriaux, initiatives d’“aller
vers” — mais elle reste confrontée à des défis structurels : gouvernance à clarifier, filières professionnelles
à consolider, mutualisation des ressources à développer.
À la croisée des dynamiques locales et des stratégies nationales, les entretiens et ateliers ont constitué
des moments clé dans l’élaboration collective de la feuille de route. Ils ont permis de réunir une diversité
d’acteurs publics, associatifs et institutionnels impliqués dans l’inclusion numérique sur l’île. À travers
une méthode collaborative structurée, les participants ont partagé leurs constats, priorisé les actions à
mener et fait émerger un socle partagé de priorités et de leviers structurants. Ces orientations traduisent
une volonté commune de passer à l’opérationnalisation, en articulant ambition collective, ancrage
territorial et gouvernance renouvelée.
Ces pistes d’actions constituent l’ossature du deuxième volet de la démarche France Numérique
Ensemble : une feuille de route structurée autour d’un ensemble de fiches actions concrètes,
coconstruites avec les acteurs du territoire. Cette séquence vient finaliser le schéma de pilotage de la
feuille de route France Numérique Ensemble pour en faire un outil vivant, partagé et pleinement adapté
aux réalités du terrain.FEUILLE DE ROUTE FRANCE NUMERIQUE ENSEMBLE
FNE CORSICA
VOLET 2 – PLAN D’ACTIONS 2025-2027Mentions légales
FOGLIU DI STRADA (DI) CORSICA NUMERICA INSEME
Date de publication : juin 2025
Directeur de publication : le préfet de Corse et le Président du Conseil exécutif de Corse • Responsable d’édition : le
Secrétariat Général pour les Affaires de Corse et la Direction de la Transformation et de l’Aménagement Numérique
de la Corse • Rédacteur et assistance à maîtrise d’ouvrage : FLEXIA SAS
Sous Licence Creative Commons BY NC ND (attribution / pas d’utilisation commerciale / pas de modification).3
1.1 INTRODUCTION 4
1.1.1 Un diagnostic territorial COLLABORATIF 5
1.1.2 Une gouvernance strategique partagee 5
1.1.2.1 Une architecture à cinq niveaux 5
1.1.2.2 Modalités de fonctionnement : fréquence, coordination, outils 8
1.1.3 QUATRE AXES DE MISE EN PRATIQUE 9
1.1.4 Une trajectoire d’impact ambitieuse à l’horizon 2030 9
1.2 PROGRAMME D’ACTIONS STRATEGIQUES 2025-2027 10
1.2.1 Axe 1 : Renforcer l’ancrage territorial de l’offre de médiation 11
1.2.1.1 Fiche 1.1 : Pérenniser les postes d’aidants numériques 12
1.2.1.2 Fiche 1.2 : Réduire les « zones blanches » de médiation numérique 13
1.2.1.3 Fiche 1.3 : Renforcer la médiation numérique à l’échelle des microrégions14
1.2.2 Axe 2 : Vers l’autonomie numérique des publics fragiles 15
1.2.2.1 Fiche 2.1 : Structurer des parcours différenciés 16
1.2.2.2 Fiche 2.2 : Soutenir la médiation dans chaque microrégion 17
1.2.2.3 Fiche 2.3 : Interconnecter les acteurs de l’accompagnement social 18
1.2.3 Axe 3 : Structurer une filière territoriale d’équipement numérique 19
1.2.3.1 Fiche 3.1 : Filière insulaire de reconditionnement à vocation solidaire 20
1.2.3.2 Fiche 3.2 : Organiser la filière Numérique responsable en Corse 21
1.2.3.3 Fiche 3.3 : Articuler équipement et accompagnement numérique 22
1.2.4 Axe 4 : Faire de la culture numérique un levier de transformation sociale23
1.2.4.1 Fiche 4.1 : Favoriser l’appropriation des enjeux de l’inclusion numérique24
1.2.4.2 Fiche 4.2 : Développer la formation continue des aidants numériques 25
1.2.4.3 Fiche 4.3 : Ancrer l’inclusion numérique dans les lieux de vie des territoires 26
1.3 VERS UNE MISE EN ŒUVRE OPERATIONNELLE ET DURABLE 27
1.3.1 Créer les conditions systémiques du changement 27
1.3.2 Déployer une trajectoire d’impact 2025-2027-2030 27
1.3.3 Suivre les avancées, piloter la démarche par la donnée 28
1.4 CONCLUSION 294
1.1 INTRODUCTION
Face à l’ampleur des inégalités numériques en France — près de 13 millions de personnes rencontrent
des difficultés avec les usages numériques de base — l’État a engagé, depuis 2018, une politique publique
structurée visant à faire du numérique une opportunité pour toutes et tous.
Cinq ans après le lancement de la première stratégie nationale pour un numérique inclusif (SNNI) et à
l’issue d’une vaste concertation partenariale menée dans le cadre du Conseil National de la Refondation,
l’Etat, les collectivités territoriales et les acteurs de la société civile ont souhaité réaffirmer leur
engagement en faveur de l’inclusion numérique du plus grand nombre.
Piloté par l’Agence Nationale de Cohésion des Territoires (ANCT), le programme France Numérique
Ensemble (FNE) vise à renforcer l'inclusion numérique via la rédaction de feuilles de route territoriales qui
déclinent les engagements nationaux.
En Corse, cette démarche est portée conjointement par la Préfecture de Corse et la Collectivité de Corse,
qui assurent la gouvernance du projet en lien avec l’ensemble des acteurs du territoire. Cette collaboration
garantit une approche cohérente et adaptée aux spécificités locales, avec un ancrage institutionnel fort et
un pilotage stratégique.
Ce partenariat doit en outre permettre d’articuler les initiatives publiques et privées, en mobilisant les
ressources nécessaires pour répondre efficacement aux défis de l’inclusion numérique en Corse.
L’élaboration de la feuille de route France Numérique Ensemble — FNE Corsica s’appuie sur les travaux
de Smart Isula qui, dès juin 2022, proposait une stratégie en matière de numérique inclusif, déclinée dans
le livret n°5 « une île inclusive et capacitante » de son Schéma Directeur Territorial d'Aménagement
Numérique (SDTAN).
.
Source : https://ambizionedigitale.isula.corsica/le-sdtan-de-corse/ Source : https://www.societenumerique.gouv.fr/nos-missions/france-
numerique-ensemble5
1.1.1 UN DIAGNOSTIC TERRITORIAL COLLABORATIF
Le diagnostic territorial (Cf. volet 1) a mis en évidence un constat unanime : malgré la richesse et la
diversité des initiatives menées sur l’île, certains publics demeurent sans solution de médiation
numérique, et la coordination entre les acteurs — qu’ils soient institutionnels, associatifs ou économiques
— reste encore trop limitée.
La Corse dispose d’atouts indéniables — projets inspirants, engagements territoriaux, initiatives d’“aller
vers” — mais elle reste confrontée à des défis structurels : gouvernance à clarifier, filières professionnelles
à consolider, mutualisation des ressources.
À la croisée des dynamiques locales et des stratégies nationales, les entretiens et ateliers ont constitué
des moments clé dans l’élaboration collective de la feuille de route. Ils ont permis de réunir une diversité
d’acteurs publics, associatifs et institutionnels impliqués dans l’inclusion numérique sur l’île. À travers
une méthode collaborative structurée, les participants ont partagé leurs constats, priorisé les actions à
mener et fait émerger un socle partagé de priorités et de leviers structurants. Ces orientations traduisent
une volonté commune de passer à l’opérationnalisation, en articulant ambition collective, ancrage
territorial et gouvernance renouvelée.
Fortes de ce constat et portées par une ambition commune, la Collectivité de Corse et la Préfecture de
Corse ont fait le choix d’un engagement partagé : celui d’une feuille de route structurée, lisible et à la
hauteur des défis à relever, à même de faire de l’inclusion numérique non plus un objectif sectoriel, mais
un véritable levier de transformation durable et d’équité territoriale.
Sa réussite repose sur une gouvernance qui dépasse la coordination de projets : elle incarne une
transformation durable du pilotage de l’inclusion numérique en Corse. Elle vise à articuler les échelles
d’action (régionale, départementale, intercommunale) et à organiser les interactions entre institutions,
opérateurs et structures de proximité.
1.1.2 UNE GOUVERNANCE STRATEGIQUE PARTAGEE
L’analyse de terrain a mis en évidence une dispersion des rôles, un manque de pilotage transversal, ainsi
qu’un déficit d’outillage commun pour le suivi, l’animation, la consolidation des équipes et le réseautage
entre les acteurs.
La gouvernance stratégique doit ainsi répondre à plusieurs ambitions :
▪ Garantir la lisibilité de l’action publique dans un écosystème d’acteurs très diversifié ;
▪ Créer un cadre commun de mise en œuvre et d’évaluation ;
▪ Permettre une animation régulière, outillée et réactive, au plus près des réalités de terrain ;
▪ Inscrire la feuille de route dans une dynamique d’évaluation et d’adaptation continue.
1.1.2.1 Une architecture à cinq niveaux
C’est une architecture de gouvernance en cinq niveaux, qu’ont fait émerger les ateliers de concertations.
De l’instance décisionnelle jusqu’aux opérateurs de terrain, chaque niveau fait l’objet d’une définition
précise, incluant les acteurs impliqués, les fréquences de réunion, les fonctions assurées, et les outils
mobilisés :6
Chacun de ces niveaux remplit une fonction spécifique dans la chaîne de mise en œuvre de la feuille de
route, tout en s’articulant avec les autres dans une logique de subsidiarité.
Niveau 1 – Copilotage stratégique
Instance de gouvernance décisionnelle de la feuille de route, le comité de pilotage est co-présidé par le
préfet de Corse et le Président du Conseil exécutif de Corse. Il se réunit une fois par an, en lien avec les
échéances nationales et régionales.
Ses missions sont de :
▪ Valider les priorités annuelles de mise en œuvre ;
▪ Garantir la cohérence entre la feuille de route FNE et les politiques publiques existantes (Smart Isula, stratégie de lutte contre la pauvreté, inclusion sociale, transition numérique…) ;
▪ Arbitrer les ajustements à conduire sur les axes stratégiques ou les dispositifs territoriaux ;
▪ Suivre les engagements des partenaires et l’état d’avancement global.
Le COPIL s’appuie sur les données consolidées issues du pilotage territorial, ainsi que sur les
contributions des groupes de travail et des comités relais.
Niveau 2 – Coordination territoriale
La cellule de coordination associe la Collectivité de Corse, les services de l’État (préfectures de
département et SGAC), les EPCI pilotes et les partenaires mobilisés selon les besoins. Elle ne doit pas se
limiter à un rôle de suivi mais devenir un espace d’analyse, d’arbitrage et de recommandation, notamment
en amont des renouvellements de financements par les opérateurs nationaux (ANCT, Banque des
Territoires, ADEME…).
Sans se substituer aux financeurs, elle peut formuler des avis argumentés valorisant les coopérations,
mutualisations et maillages territoriaux. Elle incarne le lien entre pilotage stratégique et réalités de terrain,7
en adaptant les orientations de la feuille de route aux bassins de vie et aux capacités d’action des
intercommunalités.
Réuni trois fois par an sous forme de comité technique régional, ce cadre garantit :
▪ La remontée des besoins territoriaux et des retours d’expérience issus des comités relais ;
▪ La diffusion des outils de mise en œuvre (référentiels, indicateurs, kits opérationnels) ;
▪ La structuration de l’action publique à l’échelle intercommunale.
En fonction des sujets et du contexte des personnes qualifiées pourront être associées aux travaux de
cette cellule de coordination.
Niveau 3 – Animation territoriale
Au vu de la nécessité de professionnaliser l’animation pour favoriser la montée en compétences, la
capitalisation et la dynamique collective, l’animation de la gouvernance est confiée à la Collectivité de
Corse, via sa Direction de la Transformation et de l’Aménagement Numérique (DTAN).
En lien avec les équipes du Secrétariat Général pour les Affaires de Corse (SGAC), la DTAN coordonne la
mise en œuvre de la feuille de route en veillant à :
▪ Organiser le calendrier de déploiement des actions et groupes de travail ;
▪ Suivre l’état d’avancement global en lien avec les indicateurs consolidés ;
▪ Produire et diffuser les outils de mise en œuvre (kits d’animation, guides méthodologiques, etc.) ;
▪ Appuyer techniquement les porteurs de projets et les relais territoriaux ;
▪ Capitaliser les retours d’expérience et formuler des propositions d’ajustement stratégique.
Une réunion semestrielle de coordination opérationnelle est organisée, réunissant la DTAN, le SGAC, les
EPCI volontaires et les opérateurs partenaires.
Niveau 4 – Relais territoriaux
Ancrés à l’échelle des bassins de vie, les relais territoriaux constituent le maillon de proximité entre les
orientations stratégiques de la feuille de route et les réalités du terrain. Animés par la DTAN en lien étroit
avec le SGAC et les EPCI volontaires, ils assurent une présence continue auprès des acteurs locaux de
l’inclusion numérique.
Réunis au moins une fois par trimestre, ces comités :
▪ Partagent les remontées de terrain et identifient les besoins spécifiques des publics fragiles ;
▪ Assurent le suivi de la mise en œuvre des actions à l’échelle locale ;
▪ Facilitent la coordination entre les opérateurs (aidants numériques, conseillers numériques, tiers-lieux, CCAS, centres sociaux, etc.) et les pilotes institutionnels ;
▪ Font remonter les alertes et propositions vers les niveaux de coordination et de pilotage.
Niveau 5 – Opérateurs de projets
La DTAN et le SGAC pilotent et animent autant que de besoin des groupes de travail thématiques en lien
avec les quatre axes de la feuille de route, réunis au moins une fois par trimestre.
Le diagnostic territorial a permis de clarifier les ambitions portées par plusieurs acteurs bénéficiant de
financements publics spécifiques.8
Trois projets structurants ont été mis en avant à ce titre :
▪ Le programme Alt’Impact, porté par l’association Emaho, soutenu par l’ADEME, qui explore des
modèles de sobriété numérique à l’échelle territoriale ;
▪ Le projet RIUSU, développé par le Hub Corsica dans le cadre du programme Interreg Marittimo, visant à créer une filière insulaire de reconditionnement participatif ;
▪ Le déploiement du Territoire Numérique Éducatif – volet parentalité, porté par l'Udaf 2A jusqu’en
2026 avec le soutien du ministère de l’Éducation nationale.
Cette architecture de gouvernance à cinq niveaux garantit une mise en œuvre à la fois structurée,
territorialisée et réactive de la feuille de route. Elle permet d’articuler décisions stratégiques, coordination
technique et action de proximité. Chaque acteur y trouve une place claire et des responsabilités
partagées. Ce modèle évolutif fera l’objet d’un bilan annuel pour adapter les modalités au fil de la montée
en puissance. Il constitue l’ossature opérationnelle d’une gouvernance durable et apprenante.
1.1.2.2 Modalités de fonctionnement : fréquence, coordination, outils
La gouvernance doit s’appuyer sur des modalités de fonctionnement claires, régulières et adaptées à
chaque niveau pour pouvoir pleinement jouer son rôle. Fréquences de réunion, répartition des rôles, outils
de coordination et d’animation… autant d’éléments essentiels pour éviter les silos, garantir la fluidité de
l'information et soutenir l'efficacité collective.
Le tableau ci-dessous synthétise les engagements pris en matière de fonctionnement pour chacun des
cinq niveaux de gouvernance. Il détaille, pour chaque strate de gouvernance :
▪ Le nombre de réunions annuelles prévues, pour assurer un rythme soutenu sans surcharge ;
▪ Les structures animatrices, en responsabilité directe de l’organisation et de la circulation de l’information ;
▪ La fonction principale assumée par chaque niveau (pilotage, coordination, appui, veille, capitalisation…) ;
▪ Les outils mobilisés pour structurer les échanges, faciliter la remontée d’information et accompagner les acteurs.
Niveau Réunions / an Animateur(s) Fonction principale Outils
Copilotage
stratégique 1
Préfecture de Corse
Collectivité de Corse
Arbitrage stratégique,
validation
Ordres du jour,
bilans semestriels
Coordination
territoriale 3
Préfectures (2A, 2B, SGAC)
Collectivité de Corse, EPCI,
Adaptation locale,
remontées d’info
Tableaux de bord
partagés
Animation
territoriale 2 DTAN + SGAC
Cadencement, suivi
transverse
Calendrier, kits de
déploiement
Relais
Territoriaux 4 DTAN + SGAC
Veille, coordination
des acteurs
Carnets de bord
locaux, référentiels
Opérateurs de
projets ≥ 4 GT/an DTAN + SGAC
Appui, mutualisation,
capitalisation
Ressources et outils
partagés, …9
1.1.3 QUATRE AXES DE MISE EN PRATIQUE
Les quatre pistes d’actions proposées constituent l’ossature du deuxième volet de la démarche France
Numérique Ensemble pour en faire un outil vivant, partagé et pleinement adapté aux réalités du terrain.
▪ Le premier axe vise à mailler le territoire pour garantir un accès équitable à l’accompagnement numérique. Cela passe par la stabilisation des postes d’aidants numériques et le développement de réseaux locaux de médiation adaptés aux réalités insulaires.
▪ Le deuxième axe organise et outille les parcours d’autonomie numérique, en développant des outils de diagnostic et de suivi (EVA, IFN, CRA) et en construisant des passerelles concrètes entre inclusion numérique, action sociale, santé et insertion professionnelle.
▪ Le troisième axe structure une filière territoriale d’équipement solidaire, en consolidant une chaîne locale de collecte, reconditionnement et redistribution de matériel numérique, associant acteurs de l'économie sociale et solidaire, collectivités et opérateurs de proximité.
▪ Enfin, le quatrième axe propose de faire de la culture numérique un levier de transformation sociale, en mobilisant, dans un premier temps, pleinement le réseau des médiathèques et des Case di a Lingua, en renforçant la sensibilisation aux enjeux du numérique, et en ancrant la culture numérique dans les pratiques de la vie quotidienne insulaire.
Chaque axe est assorti d’objectifs mesurables, d'indicateurs de suivi, et s'inscrit dans une logique
d'amélioration continue.
1.1.4 UNE TRAJECTOIRE D’IMPACT AMBITIEUSE A L’HORIZON 2030
La feuille de route inscrit son action dans une trajectoire progressive et ambitieuse, à l’horizon 2030. Cette
échéance stratégique permet de donner de la visibilité aux acteurs locaux, de stabiliser les dispositifs, et
de construire une montée en compétences durable des territoires et des habitants.
▪ À court terme (2025-2027), les priorités porteront sur la mise en place de la nouvelle gouvernance, la consolidation des réseaux territoriaux, la généralisation des outils de suivi, la mobilisation des médiathèques et la mise en place des premiers circuits d'équipement solidaire. Dès 2027, une évaluation complète permettra d’ajuster la trajectoire aux réalités constatées et d’ainsi être en mesure de maximiser l’impact des actions menées.
▪ La vision à 2030 est celle d’une Corse plus connectée, plus inclusive et plus résiliente : une île où chaque habitant dispose d’un accès effectif aux services numériques essentiels, où la médiation numérique est ancrée dans les territoires, et où l’innovation numérique contribue au développement social, économique et culturel.
Ce cadre d’actions stratégique vise à renforcer durablement l’inclusion numérique sur l’ensemble du
territoire insulaire. Il s’appuie sur une conviction forte : le numérique ne doit pas être un facteur de fracture,
mais un levier de solidarité, d’autonomie et de transformation sociale.10
1.2 PROGRAMME D’ACTIONS STRATEGIQUES 2025-2027
Douze fiches-actions viennent décliner les priorités identifiées, selon une logique à la fois territorialisée et
systémique. Chaque fiche précise les objectifs poursuivis, les publics concernés, les porteurs, les
partenaires impliqués, le calendrier prévisionnel et les indicateurs de suivi. Une couverture intégrale de
l’île est recherchée, avec au minimum une action structurante par microrégion, en articulation étroite avec
les dynamiques de terrain.
Les 4 axes structurants traduisent les besoins exprimés par les acteurs du territoire, tout en mobilisant les
leviers techniques, institutionnels et logistiques disponibles. Ils offrent un cadre cohérent pour
expérimenter, documenter et diffuser des modèles d’action reproductibles, dans une logique de transition
capacitaire à l’échelle de la Corse, en privilégiant une approche fondée sur :
▪ La coopération entre acteurs de l’inclusion numérique, sociale, culturelle et éducative ;
▪ L’ancrage des actions dans les bassins de vie des EPCI ;
▪ L’articulation entre accompagnement humain, outils mutualisés et reconnaissance
institutionnelle.
La feuille de route constitue à cet égard un levier structurant de transition de l’action publique, en plaçant
l’inclusion numérique au cœur d’une stratégie d’aménagement solidaire, construite pour durer et portée
collectivement.11
1.2.1 AXE 1 : RENFORCER L’ANCRAGE TERRITORIAL DE L’OFFRE DE MEDIATION
Garantir à chaque habitant de Corse un accès effectif à un accompagnement numérique de qualité
constitue un enjeu majeur d’équité territoriale. L’analyse de terrain a révélé des disparités importantes
entre zones urbaines, rurales et de montagne, avec l’existence persistante de « zones blanches » de
médiation numérique. Cet axe vise à corriger ces déséquilibres en consolidant l’armature territoriale de la
médiation numérique et en assurant une continuité d’offre sur l’ensemble de l’île.
Le premier levier d’action est de pérenniser les postes d’aidants numériques existants (fiche 1.1), en
soutenant les structures de proximité et en renforçant les dispositifs d’appui aux employeurs. Cette
sécurisation est indispensable pour éviter les ruptures d’accompagnement qui fragilisent les parcours des
usagers. Parallèlement, il s’agit d’identifier, cartographier et de réduire les zones en carence d’offres de
médiation (fiche 1.2), grâce au déploiement de solutions adaptées : bus numériques itinérants, relais en
mairie, tournées de médiateurs mobiles. Pour renforcer la cohérence et l’efficacité de l’accompagnement,
l’axe prévoit également de structurer des mini-réseaux territoriaux de médiation (fiche 1.3). Constitués de
3 à 6 lieux par microrégion, ces réseaux seront animés de manière régulière pour mutualiser les
ressources, coordonner les actions, favoriser le partage de pratiques et construire des réponses
collectives aux besoins repérés localement.
Ce maillage de proximité s’appuiera sur les forces existantes (associations, France Services, tiers-lieux,
médiathèques, centres sociaux…), tout en intégrant de nouveaux acteurs capables de répondre aux
spécificités locales. Il s’inscrit dans une dynamique de coopération, de mutualisation et de solidarité
territoriale. En garantissant une présence effective de la médiation numérique dans toutes les
microrégions, la Corse affirme ainsi son engagement pour une inclusion numérique équitable et durable.
Ce tableau met en lumière les complémentarités des fiches action de l’Axe 1 avec les ambitions du Livret
5 de Smart Isula:
Fiches Action AXE 1 Complémentarité avec Smart Isula (Livret 5)
Fiche 1.1 – Pérenniser les
postes d’aidants
numériques
Répond directement à l’enjeu n°1 : « Améliorer le maillage territorial de la médiation
numérique ». La stabilisation des postes renforce la présence effective des services
d’accompagnement dans la durée. Elle contribue aussi à l’enjeu n°6 : susciter une
prise de conscience des décideurs, en rendant visible le besoin de sécurisation RH.
Fiche 1.2 – Réduire les
zones blanches de
médiation numérique
Complète les enjeux n°1 et n°2 du livret : lutter contre la précarité
numérique et assurer une couverture territoriale équitable. En déployant des
solutions mobiles ou hybrides, cette action permet d’atteindre les zones rurales ou
enclavées non couvertes. Elle opérationnalise l’inclusion numérique là où les
infrastructures seules ne suffisent pas.
Fiche 1.3 – Renforcer la
médiation numérique
dans les microrégions
En phase avec les enjeux n°1 (maillage), n°3 (renforcer le pouvoir d’agir) et n°5
(intégrer à l’observatoire Smart Isula le volet e-inclusion). La création de mini-
réseaux territoriaux outillés permet d’organiser l’offre, de fluidifier les parcours
d’usagers et de créer un pilotage localisé. Le ratio population / professionnels
proposé en amont de l’action contribue à territorialiser l’IFN, objectif directement
mentionné dans le livret.12
1.2.1.1 Fiche 1.1 : Pérenniser les postes d’aidants numériques
La qualité de l’accompagnement numérique repose sur la continuité des professionnels en poste quels
que soient leur titre (aidants, médiateurs, conseillers numériques…). Or, de nombreuses structures
emploient des aidants numériques via des contrats précaires et des financements fragiles. Cette fiche vise
à stabiliser ces postes en accompagnant les employeurs, mutualisant les efforts RH, et assurant un suivi
territorial. Elle vise aussi à fidéliser les professionnels et garantir un accompagnement durable pour les
publics fragiles.
FICHE 1.1 Pérenniser les postes d’aidants numériques
Enjeu stratégique visé ☑ Ancrage territorial de l’offre de médiation
Objectif principal Assurer une continuité de l’accompagnement et fidéliser les professionnels en poste
Public(s) cible(s) Aidants numériques en poste, employeurs de structures de médiation, bénéficiaires de l’accompagnement
Zone(s) d’intervention Toutes les microrégions de Corse, avec priorité aux zones rurales et de montagne
Structure(s) porteuse(s) Collectivités locales, associations d’accueil, structures labélisées France Services
Partenaires à mobiliser ANCT, Banque des Territoires, Entreprises du numérique mécènes via des actions de RSE…
Résumé de l’action
Mettre en place un cofinancement durable des postes d’aidants
numériques afin d’assurer la stabilité des parcours professionnels
et la continuité de l’accompagnement et ainsi soutenir les
structures employeuses via un appui RH mutualisé, une offre de
formation continue et un réseau professionnel animé à l’échelle
de l’île
Moyens mobilisés
Fonds régionaux mutualisés, appui à la gestion RH, réseau
d’animation, plateforme de veille sur les financements et
opportunités de pérennisation
Calendrier indicatif Lancement 2025 – Bilan fin 2026 –Généralisation en 2027
Indicateurs de résultats
Nombre de postes stabilisés à 12 mois ; taux de renouvellement
des contrats ; satisfaction des bénéficiaires ; nombre de
structures accompagnées en RH
Conditions de réussite / points de
vigilance
Clarifier le rôle des employeurs ; sécuriser les financements pluri-
acteurs ; mutualiser les fonctions supports à l’échelle micro
territoriale ; communiquer régulièrement sur les perspectives
d’emploi.13
1.2.1.2 Fiche 1.2 : Réduire les « zones blanches » de médiation numérique
Certaines zones rurales ou de montagne en Corse restent à l’écart de toute offre d’accompagnement
numérique. Pour garantir l’équité territoriale, cette fiche propose d’identifier précisément ces “zones
blanches” et d’y déployer des solutions mobiles ou décentralisées adaptées. Bus numériques, tournées
de médiateurs, points d’accueil en mairie : autant de réponses souples pour rapprocher l’offre des
citoyens.
FICHE 1.2 Réduire les zones blanches de médiation numérique
Enjeu stratégique ☑ Ancrage territorial de l’offre de médiation
Objectif principal Réduire les inégalités territoriales d’accès à l’accompagnement numérique
Public(s) cible(s) Habitants des communes rurales ou de montagne sans offre active de médiation
Zone(s) d’intervention Zones à identifier et à prioriser
Structure(s) porteuse(s) EPCI volontaires et communes rurales concernées
Partenaires à mobiliser Structures labellisées France Services, La Poste, Missions locales, associations, entreprises du numérique mécènes
Résumé de l’action
Identifier les zones blanches de médiation numérique à travers
une cartographie fine, puis y déployer des formats souples et
adaptés : bus numériques itinérants, points d’accueil en mairie,
médiateurs mobiles... Un programme pilote testera plusieurs
modèles dans 4 à 6 territoires dès 2026, en intégrant un suivi des
usages, une coordination locale et une évaluation des résultats
Moyens mobilisés Véhicules équipés, RH mobiles, système de rendez-vous à distance, petits équipements numériques pour ateliers…
Calendrier indicatif
S2 2025 : cartographie et définition des formats
S1 2026 : déploiement pilote à l’échelle des EPCI
S2 2026–2027 : extension aux autres zones non couvertes
Indicateurs de résultats
Nombre de permanences organisées ; usagers accompagnés ;
mairies partenaires impliquées ; couverture progressive des
zones blanches
Conditions de réussite / points de
vigilance
Adapter les solutions aux spécificités locales (relief, saisonnalité,
accessibilité) ; mobiliser les communes ; articuler avec les
dispositifs existants pour éviter les redondances14
1.2.1.3 Fiche 1.3 : Renforcer la médiation numérique à l’échelle des microrégions
Le sentiment d’isolement est fréquent chez les aidants numériques en zones peu denses. Cette fiche
propose de créer des mini-réseaux territoriaux de médiation à l’échelle des microrégions, animés
régulièrement. Ils permettront de mutualiser des outils, coordonner les actions, et construire ensemble
des réponses adaptées aux besoins locaux. L’objectif : renforcer les liens, les compétences et l’impact
collectif
FICHE 1.3 Renforcer l’aidant numérique dans les microrégions
Enjeu stratégique visé ☑ Ancrage territorial de l’offre de médiation
Objectif principal Renforcer les coopérations locales, éviter l’isolement des professionnels de la médiation
Public(s) cible(s) Structures de médiation, aidants numériques, animateurs, coordinateurs
Zone(s) d’intervention Microrégions cibles : Balagne, Taravu, Fium’Orbu, Alta Rocca…
Structure(s) porteuse(s) ANLCI, EPCI, communes
Partenaires à mobiliser Réseaux des médiathèques, Case di a Lingua, tiers-lieux, missions locales, La Poste, associations locales
Résumé de l’action
Structurer des mini-réseaux territoriaux de 3 à 6 lieux de médiation
numérique par microrégion, animés régulièrement pour partager
des outils, coordonner les interventions, construire des solutions
collectives. Chaque réseau bénéficiera d’un animateur désigné et
pourra s’appuyer sur une plateforme collaborative régionale pour
échanger et valoriser les bonnes pratiques
Moyens mobilisés
Temps d’animation, animateur dédié, plateforme numérique
collaborative, enveloppe mutualisée (matériel, formation,
prestations)
Calendrier indicatif Déploiement progressif : 3 territoires pilotes en 2025, généralisation à l’horizon 2027
Indicateurs de résultats
Nombre de réseaux actifs ; nombre de rencontres inter-pairs ;
taux de satisfaction des médiateurs ; projets mutualisés initiés
Conditions de réussite / points de
vigilance
Désigner un animateur clairement identifié ; s’appuyer sur les
dynamiques locales existantes ; favoriser un climat de
coopération ; respecter les temporalités propres à chaque
territoire15
1.2.2 AXE 2 : VERS L’AUTONOMIE NUMERIQUE DES PUBLICS FRAGILES
Pour permettre aux publics les plus éloignés d'acquérir une véritable autonomie, à rebours d’une logique
ponctuelle d’accompagnement, il est nécessaire d'organiser des parcours progressifs, lisibles et adaptés
à la diversité des situations rencontrées. Cet axe vise à franchir un cap en outillant les acteurs de terrain
et en renforçant les liens entre dispositifs d’accompagnement existants.
Le premier défi est d’outiller l'accompagnement des publics (fiche 2.1), en diffusant massivement des
outils simples et adaptés comme EVA, Aidants Connect, PIX, ou encore DUPLEX. L'objectif est de
permettre aux médiateurs d'évaluer plus finement les compétences numériques des usagers, de suivre
les progrès réalisés, et d’adapter les interventions en fonction des besoins identifiés.
Il est essentiel de renforcer la capacité des structures à piloter ces parcours sur leurs territoires (fiche 2.2).
Cela suppose non seulement d'équiper les structures, mais aussi d'animer des dynamiques locales où les
professionnels partagent leurs pratiques, mutualisent leurs ressources et construisent ensemble des
référentiels communs.
Il s’agit enfin d’interconnecter les acteurs de l’inclusion numérique, sociale et médico-sociale (fiche 2.3),
et de bâtir des passerelles concrètes entre les différentes sphères d’accompagnement, pour que les
personnes fragiles puissent être orientées rapidement vers les bonnes structures et bénéficier d'un
parcours fluide, sans rupture. Cette interconnexion passe par des temps de rencontre, la formalisation de
conventions de partenariat, et la mise en place de circuits courts de prescription. Enfin
En structurant ainsi les parcours d’autonomie numérique, la Corse se dote d’un cadre pragmatique et
ambitieux pour accompagner ses publics fragiles vers une véritable inclusion numérique, facteur d’accès
aux droits, à la formation et à la citoyenneté.
Ce tableau met en lumière les complémentarités des fiches action de l’Axe 2 avec les ambitions du Livret
5 de Smart Isula:
Fiches Action AXE 2 Complémentarité avec Smart Isula (Livret 5)
Fiche 2.1 – Structurer des
parcours différenciés
Répond à l’enjeu n°2 : « Lutter contre la précarité numérique par des parcours
différenciés et territorialisés ». Cette fiche donne une traduction concrète à la
volonté de bâtir des chemins progressifs d’accès aux compétences numériques.
Elle contribue aussi à l’enjeu n°3 : renforcer le pouvoir d’agir des usagers.
Fiche 2.2 – Soutenir la
médiation dans chaque
microrégion
Alimente les enjeux n°2 (autonomie), n°5 (outiller l’observation territoriale) et n°6
(renforcer les moyens et les compétences dans les territoires). En favorisant
l’appropriation d’outils communs et la mutualisation, elle structure une réponse
cohérente, efficace et mesurable à l’échelle microterritoriale.
Fiche 2.3 – Interconnecter
les acteurs
Complète les enjeux n°2 et n°4 : décloisonner les approches, articuler numérique et
accompagnement social. L’interconnexion des acteurs de la santé, du social et du
numérique répond à la nécessité d’une prise en charge globale, telle que formulée
dans le livret16
1.2.2.1 Fiche 2.1 : Structurer des parcours différenciés
Pour répondre à la diversité des besoins en matière d’autonomie numérique, il est essentiel de structurer
des parcours différenciés. Cette fiche vise à offrir un accompagnement progressif et adapté à chaque
public, du repérage à la montée en autonomie. L’approche territorialisée permet d’harmoniser les
pratiques tout en respectant les spécificités locales. L’objectif est de garantir une continuité dans
l’accompagnement, tout en valorisant les professionnels impliqués.
FICHE 2.1 STRUCTURER DES PARCOURS DIFFERENCIES
Enjeu stratégique visé ☑ Parcours d’autonomie adaptés
Objectif principal
Mettre en place des parcours d’accompagnement progressifs,
adaptés aux profils des publics et aux niveaux de maîtrise
numérique, tout en structurant un suivi dans la durée.
Public(s) cible(s) Aidants numériques en poste, employeurs de structures de médiation, bénéficiaires de l’accompagnement
Zone(s) d’intervention Toutes microrégions de Corse, avec attention aux zones rurales et de montagne
Structure(s) porteuse(s) Structures d’accueil des professionnels de la médiation
Partenaires à mobiliser Services de l’Etat, Banque des Territoires, France Travail, structures labellisées France Services, organismes de formation
Résumé de l’action
Créer un cadre de parcours d’autonomie structuré, du repérage
des besoins jusqu’à l’autonomisation numérique. Il s’agira
d’élaborer des référentiels partagés, de mobiliser des outils
d’évaluation (EVA, PIX, DUPLEX, etc.) et de formaliser les étapes
clés des parcours. Ce cadre sera décliné par microrégion pour
tenir compte des réalités locales
Moyens mobilisés Subvention d’amorçage, outils RH mutualisés, plateforme régionale d’appui, coordination territoriale.
Calendrier indicatif Lancement 2025 – bilan fin 2026 – pérennisation élargie en 2027
Indicateurs de résultats
Nombre de parcours individualisés créés ; taux de poursuite,
satisfaction des usagers ; continuité de l’accompagnement sur 6
mois.
Conditions de réussite / points de
vigilance
Formation des aidants aux outils de repérage et d’orientation ;
articulation avec les dispositifs sociaux ; adaptation aux
temporalités des publics.17
1.2.2.2 Fiche 2.2 : Soutenir la médiation dans chaque microrégion
Pour garantir la qualité et l'efficacité des parcours d’autonomie numérique, les structures de médiation
doivent pouvoir s’appuyer sur des outils partagés et un accompagnement professionnel. Cette fiche
propose de renforcer les compétences des aidants et de faciliter l’appropriation des outils existants
(Aidants Connect, EVA, PIX, etc.). Elle prévoit également la production de ressources mutualisées et un
appui au changement dans les structures.
FICHE 2.2 Soutenir la médiation dans chaque microrégion
Enjeu stratégique visé ☑ Parcours d’autonomie adaptés
Objectif principal
Améliorer la qualité des parcours d’accompagnement grâce à
une meilleure appropriation des outils et méthodes existants par
les aidants numériques
Public(s) cible(s) Usagers accompagnés dans leurs démarches administratives, leurs usages numériques ou leurs parcours d’autonomie
Zone(s) d’intervention Corse, avec une priorisation sur les structures déjà engagées dans des dynamiques de parcours
Structure(s) porteuse(s) EPCI, structures d’accueil numérique
Partenaires à mobiliser ANCT, Banque des Territoires, France Travail, structures labellisées France Services, conseillers numériques
Résumé de l’action
Accompagner les structures de médiation numérique dans
l’intégration de dispositifs-clés (Aidants Connect, EVA, PIX, Appui
CN...) à travers des formations, de la documentation pratique et
des retours d’expérience. En parallèle, des ressources
mutualisées seront produites à l’échelle régionale pour
harmoniser les pratiques et faciliter leur ancrage local
Moyens mobilisés Modules de formation, guides pratiques, plateforme de partage, accompagnement au changement
Calendrier indicatif Implémentation en 2025 – généralisation en 2026–2027
Indicateurs de résultats
Nombre de structures formées ; taux d’appropriation des outils ;
satisfaction des aidants ; impact perçu sur les usagers
accompagnés
Conditions de réussite / points de
vigilance
Adapter les supports aux réalités de terrain ; garantir un
accompagnement de proximité ; simplifier l’accès aux outils ;
maintenir une dynamique collective18
1.2.2.3 Fiche 2.3 : Interconnecter les acteurs de l’accompagnement social
Les publics les plus éloignés du numérique cumulent souvent d’autres fragilités : isolement, précarité,
rupture d’accès aux droits. Cette fiche vise à créer des passerelles concrètes entre les acteurs de
l’accompagnement social, sanitaire et numérique. L’objectif est de décloisonner les dispositifs pour
construire une prise en charge fluide et coordonnée. La formation croisée, les protocoles de prescription
et la concertation locale sont les leviers-clés.
FICHE 2.3 Interconnecter les acteurs de l’accompagnement social
Enjeu stratégique visé ☑ Parcours d’autonomie adaptés
Objectif principal Garantir une prise en charge globale et fluide des publics fragiles, en articulant accompagnement numérique, social et santé
Public(s) cible(s) Travailleurs sociaux, aidants numériques, professionnels de santé…
Zone(s) d’intervention Microrégions rurales, territoires prioritaires, zones de forte fragilité sociale
Structure(s) porteuse(s) EPCI pilotes, structures d’accompagnement social et de santé, structures d’accueil des professionnels de la médiation
Partenaires à mobiliser ANLCI, CAF, UDAF, MSA Agents publics du secteur social (ex : assistant(e)s sociales)
Résumé de l’action
Créer des passerelles concrètes entre les dispositifs d’aide
sociale, d’accompagnement santé et les lieux de médiation
numérique. L’action s’appuie sur : l’animation de groupes locaux
d’acteurs, l’élaboration de protocoles de prescription vers les
structures numériques, la formation croisée entre professionnels
du social, de la santé et de la médiation
Moyens mobilisés
Temps de coordination interacteurs, outils de suivi partagés,
appui méthodologique, formations croisées, journées
immersives multi-acteurs organisées sur le terrain
Calendrier indicatif Phase de diagnostic territorial partagé en 2025 – mise en œuvre progressive en 2026–2027
Indicateurs de résultats
Nombre de conventions inter-partenariales signées ; taux de
prescription vers les lieux numériques ; retours qualitatifs des
usagers ; diversité des acteurs impliqués
Conditions de réussite / points de
vigilance
Reconnaissance mutuelle des rôles ; continuité de l’engagement
institutionnel ; appui politique local19
1.2.3 AXE 3 : STRUCTURER UNE FILIERE TERRITORIALE D’EQUIPEMENT NUMERIQUE
L’accès au matériel informatique demeure fondamental pour toute politique d’inclusion numérique
efficace. En Corse, malgré des progrès en matière de médiation et d’accompagnement, de nombreux
publics demeurent privés d’équipement adapté, ce qui constitue un frein majeur à leur autonomie
numérique. Structurer une filière insulaire d’équipement solidaire est donc une priorité stratégique pour
lever cet obstacle de manière durable et territorialisée.
Le premier enjeu est de mettre en place une filière locale de reconditionnement solidaire (fiche 3.1), pour
collecter, trier, reconditionner et redistribuer du matériel informatique de qualité aux publics prioritaires.
Elle favorisera également l’insertion professionnelle par la création d’emplois et de formations dans les
ateliers de reconditionnement.
Il est essentiel d’organiser toute la chaîne logistique de la collecte au réemploi (fiche 3.2), en identifiant
des points de collecte de proximité (écoles, mairies, entreprises), en formalisant des conventions-types
de don, et en mettant en place des tournées de récupération structurées. Cette organisation garantira la
sécurisation des flux, la traçabilité des équipements et la montée en puissance progressive du dispositif à
l’échelle régionale.
Enfin, pour maximiser l’impact social de cette démarche, il s’agit d'articuler la remise d’équipements à un
accompagnement numérique de qualité (fiche 3.3). Chaque matériel reconditionné doit être remis dans
le cadre d’un temps d’accompagnement personnalisé, incluant l’initiation aux usages essentiels, les
premiers paramétrages et la transmission de ressources pédagogiques adaptées aux publics.
Par cette approche intégrée, la Corse affirme une volonté forte : faire de l’équipement solidaire non
seulement un levier d'inclusion numérique, mais aussi un outil d’insertion, de transition écologique, et de
justice sociale. En structurant localement une filière complète, elle anticipe les défis futurs et pose les
bases d’un modèle reproductible à long terme.
Ce tableau met en lumière les complémentarités des fiches action de l’Axe 3 avec les ambitions du Livret
5 de Smart Isula :
Fiches Action AXE 3 Complémentarité avec Smart Isula (Livret 5)
Fiche 3.1 – Structurer une
filière corse de
reconditionnement
solidaire
Répond à l’enjeu n°1 (maillage territorial des ressources) et à l’enjeu n°6 (outiller les
collectivités et accompagner les porteurs de projets). Elle concrétise la volonté
d’une gestion territorialisée, durable et inclusive de l’équipement numérique,
fondée sur l’économie circulaire et l’insertion.
Fiche 3.2 – Organiser la
filière numérique
responsable en Corse
En cohérence avec les enjeux n°1, 2 et 5 : elle traduit opérationnellement
l’engagement en faveur d’une économie numérique plus responsable, traçable et
partagée, en créant une chaîne logistique régionale claire et réplicable. Elle soutient
aussi les dynamiques de coopération interterritoriale encouragées par Smart Isula.
Fiche 3.3 – Articuler
équipement et
accompagnement
numérique
S’inscrit dans les enjeux n°2 et 3 : favoriser la montée en autonomie et renforcer le
pouvoir d’agir. Elle répond aussi à la logique de parcours usagers intégrés défendue
dans le livret. En liant systématiquement équipement et accompagnement, elle évite
l’effet “remise à blanc” dénoncé dans de nombreux territoires.20
1.2.3.1 Fiche 3.1 : Filière insulaire de reconditionnement à vocation solidaire
En Corse, l’accès à un équipement numérique fonctionnel reste un frein majeur pour de nombreux publics
précaires. Cette fiche vise à structurer une filière insulaire de reconditionnement à finalité solidaire, en
mobilisant les ressources locales : ateliers d’insertion, recycleries, collectivités, acteurs de l’économie
sociale et solidaire (ESS). L’objectif est de créer une chaîne territorialisée, de la collecte à la redistribution,
en intégrant les enjeux d’insertion, de logistique et de traçabilité. C’est un levier à la fois écologique, social
et structurant pour l’inclusion numérique.
FICHE 3.1 Filière corse du reconditionnement solidaire
Enjeu stratégique visé ☑ Équipement solidaire
Objectif principal Fournir du matériel accessible, fiable et durable aux publics précaires
Public(s) cible(s) Personnes en situation de précarité, familles sans équipement, jeunes en insertion, demandeurs d’emploi
Zone(s) d’intervention Ensemble de la Corse, avec ancrage local dans les zones rurales et QPV
Structure(s) porteuse(s)
Associations impliquées dans le reconditionnement à but social :
hub Corsica, Émaho et autres collectivités, associations et
opérateurs engagées
Partenaires à mobiliser
Reconditionneurs partenaires, centres sociaux pour le repérage
des publics, EPCI pour la logistique locale, ainsi que les
collectivités et le syndicat Syvadec, mobilisés autour des enjeux
de déchets, d’économie circulaire et d’inclusion
Résumé de l’action
Déployer la filière corse de reconditionnement solidaire, collecte,
reconditionnement local et redistribution, selon une gouvernance
participative. Son modèle économique s’appuie sur les expertises
locales, en lien avec l’ADEME
Moyens mobilisés
Réseau Riusu dans 6 microrégions, étude ADEME en appui au
modèle économique, comités de suivi thématiques, animation et
plateforme mutualisée
Calendrier indicatif Diagnostic filière en 2025 – expérimentation dans 2 bassins en 2026 – essaimage en 2027
Indicateurs de résultats Nombre d’équipements distribués ; taux de reconditionnement local ; part des publics cibles équipés
Conditions de réussite / points de
vigilance
Structurer la chaîne logistique ; sécuriser les flux entrants ;
garantir la viabilité économique du modèle21
1.2.3.2 Fiche 3.2 : Organiser la filière Numérique responsable en Corse
Donner une seconde vie au matériel numérique implique une chaîne d’organisation territoriale robuste.
Cette fiche propose de structurer chaque maillon de la filière : collecte, tri, récupération, redistribution,
maintenance. Elle vise à mobiliser les collectivités, les entreprises et les structures sociales autour d’un
circuit clair, encadré juridiquement, capable de répondre aux besoins croissants d’équipement des
publics. L’ancrage local et la traçabilité sont les conditions de réussite.
FICHE 3.2 Organiser la filière Numérique responsable en Corse
Enjeu stratégique visé ☑ Équipement solidaire
Objectif principal Construire une chaîne logistique locale intégrée, du don à la redistribution.
Public(s) cible(s) Collectivités, établissements publics, entreprises, structures sociales
Zone(s) d’intervention Territoire régional avec ancrages locaux en zones prioritaires ou rurales
Structure(s) porteuse(s) Associations soutenues par l’ADEME dans le cadre du projet Alt’Impact, autres dispositifs
Partenaires à mobiliser
Les entités publiques/privées/mixtes pouvant donner du matériel,
Les Missions Locales pour cibler les jeunes, La Poste pour l’appui
logistique, l’ADEME pour l’expertise en économie circulaire, ainsi
que des reconditionneurs partenaires et relais locaux pour
garantir l’efficacité de la chaîne, de la collecte à la redistribution
Résumé de l’action
Structurer une filière locale de gestion solidaire du matériel
numérique, depuis le recensement des points de collecte (écoles,
mairies, entreprises) jusqu’à la redistribution via des relais de
proximité. L’action prévoit des tournées de récupération
régulières, des conventions-types pour sécuriser les dons, et une
coordination logistique assurée à l’échelle territoriale
Moyens mobilisés
Véhicules et outils logistiques, personnel de collecte,
conventions-type, plateforme de suivi des flux, appui des
médiateurs et structures relais sur le terrain
Calendrier indicatif Diagnostic en 2025 – pilotes en 2026 – extension en 2027
Indicateurs de résultats Nombre de points de collecte actifs ; volume collecté ; taux de redistribution locale
Conditions de réussite / points de
vigilance
Coordination locale stable ; sécurité juridique des dons ; capacité
à gérer les pics et creux logistiques22
1.2.3.3 Fiche 3.3 : Articuler équipement et accompagnement numérique
Remettre un ordinateur ne suffit pas : sans accompagnement, le risque d’abandon est élevé. Cette fiche
vise à systématiser un appui pédagogique lors de la remise d’équipement : sensibilisation aux usages,
paramétrage, tutoriels de base. Elle inscrit le matériel reconditionné dans un véritable parcours
d’autonomie numérique. En valorisant le lien entre équipement et compétence, elle répond à un enjeu
central d’inclusion durable.
FICHE 3.3 Articuler équipement et accompagnement numérique
Enjeu stratégique visé ☑ Équipement solidaire
Objectif principal Associer chaque remise de matériel à un accompagnement adapté, pour garantir son usage réel
Public(s) cible(s) Jeunes, personnes âgées, familles précaires, en parcours d’insertion ou d’autonomie numérique
Zone(s) d’intervention Partout où des équipements solidaires sont déployés
Structure(s) porteuse(s) Coalition d’acteurs engagés dans l’inclusion et l’économie circulaire
Partenaires à mobiliser
Missions Locales pour l’orientation des jeunes, La Poste pour la
logistique, l’ADEME pour l’économie circulaire, et des
reconditionneurs et relais locaux pour la distribution et
l’accompagnement
Résumé de l’action
Associer un accompagnement systématique à chaque remise
d’équipement : prise en main, sensibilisation aux usages
numériques, paramétrage, et modules de base adaptés. Chaque
équipement s’inscrit ainsi dans un parcours structuré avec des
points de contact et des supports personnalisés
Moyens mobilisés Kits de démarrage, créneaux d’accueil animés par des médiateurs, tutoriels simplifiés, ressources mutualisées en ligne
Calendrier indicatif Démarrage en 2026, en parallèle des premières vagues de distribution
Indicateurs de résultats Part des équipements remis avec accompagnement ; taux de réutilisation effective ; satisfaction des usagers
Conditions de réussite / points de
vigilance
Éviter les remises sans suivi, former les médiateurs, impliquer les
prescripteurs dans le parcours23
1.2.4 AXE 4 : FAIRE DE LA CULTURE NUMERIQUE UN LEVIER DE TRANSFORMATION SOCIALE
En Corse, l'inclusion numérique ne saurait se limiter à l'acquisition de compétences techniques : elle doit
s'inscrire dans une ambition plus large de transformation sociale, d'accès à la culture, et de renforcement
du pouvoir d'agir des citoyens. Cet axe stratégique vise à inscrire durablement la culture numérique dans
les pratiques de proximité, en s'appuyant sur des acteurs relais et en valorisant les initiatives locales
innovantes.
Le premier levier d'action est de renforcer la coopération et la valorisation des initiatives de terrain (fiche
4.1). En créant un espace régional de mutualisation des projets réussis, en documentant les expériences
reproductibles et en organisant des temps de partage inter-territoires, la Corse se dote d'un outil
d'animation et de reconnaissance de l'effort collectif. Cette dynamique permettra aussi d'améliorer la
visibilité du secteur de la médiation numérique auprès des usagers, des décideurs et du grand public.
Parallèlement, il est essentiel de développer la formation continue des aidants numériques (fiche 4.2),
pour leur permettre de suivre l’évolution rapide des usages : cybersécurité, parentalité numérique,
intelligence artificielle, gestion des données personnelles… Une offre modulaire, accessible et reconnue
valorisera leur rôle en tant que vecteurs de culture numérique auprès des publics.
Enfin, la stratégie régionale doit mobiliser pleinement les lieux culturels de proximité (fiche 4.3), en
premier lieu les médiathèques municipales et territoriales, mais aussi les Case di a Lingua. Ces lieux,
parfois sous-exploités dans leur dimension numérique, peuvent devenir des acteurs clés de l’inclusion, en
proposant des ateliers, des événements de sensibilisation, et en mettant à disposition des ressources
pour accompagner la population vers de nouveaux usages. Leur capacité à tisser du lien social, à ancrer
les pratiques numériques dans la culture locale, et à promouvoir le bilinguisme numérique corse-français
en fait des partenaires stratégiques.
Faire de la culture numérique un levier de transformation sociale, c’est ainsi reconnaître que le numérique
ne doit pas être subi mais investi comme un espace d’émancipation, de création et de transmission. Cet
axe porte l’ambition de faire du numérique en Corse un bien commun partagé, accessible à tous, porteur
de valeurs de solidarité, d’inclusion et d’ouverture culturelle.
Ce tableau met en lumière les complémentarités des fiches action de l’Axe 4 avec les ambitions du Livret
5 de Smart Isula :
Fiches Action AXE 4 Complémentarité avec Smart Isula (Livret 5)
Fiche 4.1 – Renforcer la
culture de l’inclusion
numérique
Répond directement à l’enjeu n°6 : susciter une prise de conscience des décideurs
et du grand public. Elle contribue à la lisibilité de la stratégie régionale, encourage
les retours d’expérience et alimente la capitalisation collective des actions
d’inclusion numérique en Corse.
Fiche 4.2 – Développer la
formation continue des
aidants numériques
En lien avec les enjeux n°3 et n°6 : renforcer le pouvoir d’agir et accompagner les
professionnels. Elle participe à la montée en compétence de l’écosystème, tout en
favorisant l’harmonisation des pratiques et des référentiels. Elle s’inscrit aussi dans
la structuration du réseau régional de médiation mentionné dans le SDTAN.
Fiche 4.3 – Ancrer
l’inclusion numérique
dans les lieux de vie des
territoires
Répond aux enjeux n°1, 2 et 3 : renforcer les lieux de proximité, lutter contre
l’illectronisme, favoriser l’autonomie. Cette fiche donne un rôle actif aux
médiathèques dans l’animation locale de la culture numérique, en cohérence avec
les objectifs de diversification des lieux ressources du SDTAN.24
1.2.4.1 Fiche 4.1 : Favoriser l’appropriation des enjeux de l’inclusion numérique
Pour faire progresser l’inclusion numérique, il est essentiel de changer les représentations et de rendre
visibles les dynamiques existantes. Cette fiche vise à créer une culture partagée, en valorisant les
initiatives locales, en diffusant les retours d’expérience et en renforçant les liens entre acteurs. Elle répond
au besoin de reconnaissance des projets menés sur le terrain, tout en contribuant à structurer un récit
commun de l’inclusion numérique en Corse.
FICHE 4.1 Renforcer la culture de l’inclusion numérique
Enjeu stratégique visé ☑ Culture numérique
Objectif principal Donner de la visibilité aux initiatives locales réussies et renforcer les coopérations interacteurs
Public(s) cible(s) Acteurs de terrain, décideurs, usagers, médias locaux, partenaires institutionnels
Zone(s) d’intervention Ensemble de la Corse, avec relais locaux pour la diffusion
Structure(s) porteuse(s) Préfecture de Corse et Collectivité de Corse
Partenaires à mobiliser
ANLCI, EPCI, médias et réseaux de l’économie sociale et solidaire
(ESS) pour mobiliser, relayer les messages, appuyer la diffusion
territoriale et favoriser l’appropriation des enjeux de l’inclusion
numérique
Résumé de l’action
Créer un espace régional de valorisation des initiatives en matière
d’inclusion numérique (site dédié, carte interactive, newsletter),
appuyé par des temps de partage réguliers (rencontres régionales,
webinaires, témoignages). L’action visera à capitaliser les
expériences reproductibles et à favoriser les échanges entre
territoires
Moyens mobilisés
Supports de communication multiformats, plateforme en ligne,
animation éditoriale dédiée, production de contenus audio et
vidéo
Calendrier indicatif Lancement régional en 2025, avec programmation continue.
Indicateurs de résultats Nombre d’élus/agents sensibilisés ; fréquence des sessions ; retours d’appropriation ; demandes de suites
Conditions de réussite / points de
vigilance
Intégrer les acteurs dans la narration des projets ; y compris les
difficultés rencontrées ; Valoriser l’apprentissage collectif et les
démarches de progrès25
1.2.4.2 Fiche 4.2 : Développer la formation continue des aidants numériques
Les aidants numériques sont en première ligne face à des usages en constante évolution. Cette fiche vise
à structurer une offre de formation continue adaptée à leurs contraintes, avec des modules courts,
accessibles et orientés vers les nouveaux enjeux : cybersécurité, parentalité numérique, IA, etc. Elle
renforce leurs compétences tout en valorisant leur rôle clé dans les parcours d’autonomie.
FICHE 4.2 Développer la formation continue des aidants numériques
Enjeu stratégique visé ☑ Culture numérique
Objectif principal
Renforcer les compétences des aidants sur les nouveaux usages
du numérique
Public(s) cible(s) Aidants numériques, employeurs, acteurs de l’accompagnement.
Zone(s) d’intervention
Ensemble de la Corse, avec relais locaux pour l’animation et la
diffusion
Structure(s) porteuse(s)
Action copilotée par la Préfecture de Corse et la Collectivité de
Corse, avec l’appui des opérateurs de formation continue pour
l’ingénierie et le déploiement territorial
Partenaires à mobiliser
ANLCI, réseau Canopé, collectivités locales et structures de
formation seront associés à la co-construction des contenus et à
l’animation des parcours de montée en compétence
Résumé de l’action
Développer une offre de formation continue modulaire pour les
aidants numériques, avec des formats courts, accessibles et à
distance, couvrant des thématiques telles que la cybersécurité,
l’intelligence artificielle ou la parentalité numérique. Cette offre
devra répondre aux besoins identifiés sur le terrain et s’appuyer
sur un appui pédagogique et logistique structuré à l’échelle
régionale
Moyens mobilisés
Mobilisation de référentiels mutualisés, d’animateurs-
formateurs, de ressources pédagogiques en ligne et d’une
plateforme régionale dédiée à la formation continue
Calendrier indicatif Co-construction de l’offre en 2025, déploiement progressif à partir de 2026 jusqu’en 2027
Indicateurs de résultats Nombre d’aidants formés ; diversité des modules mobilisés ; résultats d’autoévaluation des compétences
Conditions de réussite / points de
vigilance
Adapter les formats aux réalités de terrain ; reconnaître le temps
de formation comme un temps professionnel ; impliquer les
employeurs dans la valorisation des parcours26
1.2.4.3 Fiche 4.3 : Ancrer l’inclusion numérique dans les lieux de vie des territoires
Les lieux de vie tels que les médiathèques sont des lieux privilégiés pour rapprocher la culture numérique
du quotidien des habitants. Cette fiche propose de faire de ce type de lieux des points d’ancrage pour
l’inclusion numérique, en les dotant d’équipements, de formations et de contenus adaptés. Ils pourront
ainsi jouer un rôle central dans l’acquisition des compétences de base et dans l’animation d’une culture
numérique de proximité.
FICHE 4.3 Ancrer l’inclusion numérique dans les lieux de vie des territoires
Enjeu stratégique visé ☑ Culture numérique
Objectif principal
Favoriser l’accès aux compétences numériques de base et
animer une culture numérique de proximité
Public(s) cible(s) Usagers en situation d’illectronisme, jeunes, seniors, grand public
Zone(s) d’intervention
Territoire régional, réseau des médiathèques territoriales, des
bibliothèques municipales, des Case di a lingua
Structure(s) porteuse(s) Collectivité de Corse, communes, ANLCI
Partenaires à mobiliser EPCI, réseau régional des tiers-lieux, structures labélisées France Services, relais territoriaux
Résumé de l’action
Former les équipes, équiper les lieux et proposer des ateliers
d’initiation aux usages numériques. Les lieux accueilleront
également des événements de sensibilisation, en lien avec les
cultures numériques locales (langue corse, création,
environnement…)
Moyens mobilisés Formations ciblées, équipements numériques, animation locale, ateliers et événements de sensibilisation
Calendrier indicatif Déploiement pilote en 2025 – généralisation en 2026-2027
Indicateurs de résultats Nombre de médiathèques impliquées ; nombre d’ateliers organisés ; taux de satisfaction des publics
Conditions de réussite / points de
vigilance
Associer pleinement les agents des médiathèques ; adapter les
formats aux besoins locaux ; garantir un appui technique ; humain
et pédagogique pérenne27
1.3 VERS UNE MISE EN ŒUVRE OPERATIONNELLE ET DURABLE
Concevoir une feuille de route ne consiste pas seulement à énumérer des actions : c’est une démarche
de transformation territoriale que cette section propose de mettre en lumière.
1.3.1 CREER LES CONDITIONS SYSTEMIQUES DU CHANGEMENT
Axe
stratégique Conditions de réussite explicites Conditions de réussite implicites Points de vigilance / Risques
Axe 1 –
Maillage
territorial
Pérennisation des postes d’aidants
numériques ; Réduction des zones
blanches via solutions mobiles ;
Structuration de mini-réseaux
territoriaux de médiation.
Rôle de coordination locale confié
aux EPCI, appuyés sur les
structures existantes. Besoin
d’ingénierie financière type DLA
pour sécuriser les financements et
pérenniser les postes.
Risque de discontinuité RH ;
Inégalités d'accès selon les zones ;
Isolement des professionnels ;
Difficulté à adapter les formats
mobiles aux contraintes locales
(relief, saisonnalité).
Axe 2 –
Parcours
d’autonomie
Diffusion d’outils de diagnostic et
de suivi (EVA, Aidants Connect, PIX)
; Passerelles concrètes entre
social, santé, numérique ;
Formation croisée des acteurs ;
Suivi territorialisé des parcours.
Formalisation de référentiels
partagés à l’échelle
microterritoriale ; Développement
d’une culture de l’orientation
commune entre les secteurs.
Manque de continuité
d’accompagnement ; Déficit
d’appropriation des outils par les
aidants ; Cloisonnement persistant
entre les sphères médico-sociales
et numériques.
Axe 3 –
Équipement
solidaire
Chaîne locale de collecte,
reconditionnement et redistribution
; Implication des acteurs ESS et des
collectivités ; Circuits courts
d’équipement.
Équipements associés à des
parcours de formation de base ;
Soutien logistique mutualisé entre
structures.
Risque de rupture
d’approvisionnement ; Difficulté de
structuration territoriale de la filière
; Manque de visibilité sur les lieux et
modalités d’accès.
Axe 4 –
Culture
numérique
Mobilisation du réseau des
médiathèques et des Casa di a
Lingua ; Ateliers de sensibilisation ;
Intégration dans les usages du
quotidien.
Ancrage culturel dans la vie
insulaire ; Utilisation de la langue
corse dans les contenus ; Création
d’événements conviviaux autour du
numérique.
Risque d’élitisme ou de faible
mobilisation des publics ; Manque
de moyens pour animer les lieux
ressources ; Faible articulation avec
les enjeux éducatifs ou citoyens.
Identifier les conditions de réussite est une étape essentielle, mais pour inscrire l’action dans la durée, il
est nécessaire de la projeter dans le temps, selon une trajectoire d’impact claire et partagée.
1.3.2 DEPLOYER UNE TRAJECTOIRE D’IMPACT 2025-2027-2030
La feuille de route porte une ambition structurante : installer durablement une culture de l’inclusion
numérique, en phase avec les spécificités territoriales, les attentes sociales et les priorités.
Cette transformation ne se décrète pas mais se construit dans le temps, selon une dynamique
progressive. Pour garantir la lisibilité de cette montée en puissance, une trajectoire d’impact à horizon
2030 est proposée. Elle structure l’action publique autour de trois séquences :
▪ 2025–2027 : pour poser les fondations, initier les dynamiques territoriales et commencer à
stabiliser les fonctions clés ;
▪ 2028–2029 : pour consolider les dispositifs, généraliser les parcours, mutualiser les outils et
diffuser les bonnes pratiques ;
▪ 2030 : pour inscrire les transformations dans les politiques publiques et les routines
professionnelles.28
Chaque axe stratégique – maillage, accompagnement, équipement solidaire, culture numérique – est
décliné selon ces trois horizons dans le tableau ci-après. Ce cadre sert de référence pour aligner les
efforts, suivre les avancées, et ajuster les moyens en continu :
Axe
stratégique Court terme (2025-2027) Moyen terme (2028-2029) Long terme (2030)
Axe 1 –
Maillage
territorial
Extension des aidants numériques ;
premiers mini-réseaux locaux ;
début des formats mobiles
Maillage achevé en zones rurales ;
dispositifs mobiles stabilisés ;
structuration inter-EPCI
Accès équitable sur tout le territoire
; continuité territoriale de
l’accompagnement
Axe 2 –
Parcours
d’autonomie
Déploiement des outils de
diagnostic (EVA, Aidants Connect) ;
premières formations croisées
Généralisation des parcours
usagers accompagnés ; outillage
partagé et formalisé
Autonomie numérique des publics
fragiles ; orientation fluide et suivie
Axe 3 –
Équipement
solidaire
Lancement d’opérations de
collecte et redistribution solidaire;
premiers partenariats ESS
Montée en puissance des flux de
matériel ; émergence de circuits
courts locaux
Filière territoriale d’équipement
solidaire stabilisée ; modèle
circulaire fonctionne
Axe 4 –
Culture
numérique
Démarrage d’ateliers de
sensibilisation ; mobilisation des
médiathèques ; première
dynamique insulaire.
Création de communautés de
pratique ; valorisation de la langue
corse ; ancrage dans les usages
citoyens.
Transformation culturelle inscrite ;
culture numérique comme levier
social et éducatif
1.3.3 SUIVRE LES AVANCEES, PILOTER LA DEMARCHE PAR LA DONNEE
Le déploiement de la feuille de route suppose un pilotage ancré dans les réalités du terrain. Ce pilotage
s’appuie sur une logique de données partagées, au service de trois objectifs principaux :
▪ Objectiver les avancées et les écarts, en tenant compte des spécificités locales ;
▪ Fédérer les acteurs autour de repères communs, pour renforcer la cohérence des actions ;
▪ Alimenter une dynamique d’amélioration continue, fondée sur l’expérience et l’impact.
Un tableau de bord sera mis en place dès 2025. Il intégrera trois principales sources de données :
▪ EVA porté par l’ANLCI : pour mesurer la progression des publics accompagnés ;
▪ IFN (Indice de Fragilité Numérique) : pour cibler les territoires et publics les plus exposés ;
▪ CRA (comptes rendus d’activité des structures) : pour documenter les interventions et qualifier
les actions.
Des indicateurs qualitatifs et quantitatifs seront définis par type d’action, typologie de public et territoire.
Exemples :
▪ Nombre d’usagers accompagnés, par action et zone géographique ;
▪ Taux d’équipement après médiation ;
▪ Progression moyenne sur EVA selon les profils ;
▪ Nombre de structures mobilisant Aidants Connect ou PIX ;
▪ Nombre d’actions menées dans les lieux ressources telles que les médiathèques.
Cette feuille de route, véritable trajectoire de transformation de l’inclusion numérique en Corse, sera
pilotée à partir de données robustes et contextualisées. Evolutive et dynamique elle s’adaptera aux
besoins et aux réalités de la Corse dans le temps.29
Toutes les données générées autour de cette feuille de route seront anonymisées et partagées en open
data afin d’alimenter les différentes études qui pourront être menées (exemple : le baromètre Corse
Numérique de la Collectivité de Corse).
1.4 CONCLUSION
La feuille de route France Numérique Ensemble ne constitue pas un plan figé, mais bien un socle
opérationnel pour engager une transformation durable, ancrée dans les spécificités de la Corse. Les douze
fiches action, structurées autour de quatre axes prioritaires, mettent en lumière la diversité des leviers à
activer : du renforcement de la coordination à l’échelle microterritoriale jusqu’à la structuration d’une
filière d’équipement solidaire, en passant par la professionnalisation des acteurs, la construction de
parcours d’autonomie numérique ou encore l’ancrage de la culture numérique dans les dynamiques
sociales.
Loin d’être juxtaposées, ces actions composent un tout cohérent. Elles tracent un cap partagé et
s’inscrivent dans une logique d’amplification des efforts déjà entrepris. Articulées à des indicateurs
communs, elles permettent d’objectiver les avancées, de repérer les fragilités persistantes, et d’éclairer
les décisions collectives.
La feuille de route France Numérique Ensemble - FNE Corsica offre un terrain d’expérimentation fécond
pour mieux anticiper les mutations technologiques, les évolutions des usages et les transformations de
l’action publique. En conjuguant subsidiarité, mutualisation et ancrage local, il donne à la Corse les
moyens de construire une stratégie numérique inclusive, résiliente et durable.