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unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DELB 20200070 01
Document publié le Jeudi 8 décembre 2016
Lien du pdf (unknown - Le Havre Seine Métropole (communauté urbaine) - DELB 20200070 01)
Thèmes du document : Eau et assainissement, Environnement, Changement climatique,
7
ET
Liberté » Égalité + Fraternité
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
PRÉFET
DE LA RÉGION
, D'ILE-DE-FRANCE
Agence de l'eau Direction Régionale et Interdépartementale de l'Environnement et de l'Energie
STRATÉGIE D’ADAPTATION AU
CHANGEMENT CLIMATIQUE
DU BASSIN SEINE-NORMANDIE ADOPTÉE À L’UNANIMITÉ PAR LE COMITÉ DE BASSIN LE 8 DÉCEMBRE 2016
Établissement public sous tutelle
du ministère de l’Environnement
Établissement public
du ministère de l’Environnementea SEINE
NORMAaNDIE
ENSEMBLE
DONNONS
VIe à L'EAU
Agence de l'eau
Mise en forme
Graphies 97480
Photographies
AESN
P. Bourguignon, R. Goujon,
N. Hannetel, M. Loup
DRIEE
Phovoir
Quatrevingtdouze
Rosoy-Pano
SIAAP
Couverture
Kazoar, O. Nomblot
Éditorial
Sur le bassin Seine-Normandie, tous les acteurs de l’eau et tous les
territoires du bassin sont ou seront prochainement affectés par le
changement climatique : les collectivités en termes de ruissellements et
d’îlots de chaleur urbains, les industriels en termes de refroidissement et
de rejet, les agriculteurs en matière de sécheresse hydrique des sols,
de raccourcissement des cycles culturaux, d’adaptation des cultures,
d’érosion accrue, et in fine l’ensemble de la population en termes
d’inondations (par ruissellement, par érosion côtière, par submersion
marine ou par débordement), de coulées de boues, d’accès à l’eau potable...
Le changement climatique est le défi de notre siècle, nous devrons le
relever ensemble sur tous les plans : environnemental, économique,
social, culturel, sanitaire… Il exige de concevoir nos activités autrement,
comprenant désormais que les acteurs, les territoires, les enjeux mais
aussi les risques sont interconnectés. Notre environnement va changer,
cela est devenu une certitude, il nous faut donc repenser nos pratiques
et nos modèles à toutes les échelles pour rendre nos territoires
plus résilients* et solidaires*, sachant s’adapter aux événements
climatiques extrêmes comme aux mutations profondes et progressives.
Il est nécessaire en premier lieu de réduire très fortement nos émissions
de gaz à effet de serre pour limiter l’ampleur de ces perturbations :
c’est le rôle des politiques d’atténuation. Mais nous devons aussi dès
maintenant organiser notre adaptation aux modifications inéluctables du
climat, et c’est l’objet de la présente stratégie. Ces politiques d’atténuation
et d’adaptation doivent être autant que possible élaborées en cohérence,
de manière à ce que l’une ne vienne pas dégrader l’efficacité de l’autre.
La perspective du changement climatique a d’ores et déjà conduit à
des stratégies d’adaptation territoriales ou sectorielles plus ou moins
explicites et coordonnées. Afin d’assurer une gestion responsable
et équilibrée des usages de l’eau et d’éviter les effets cumulés ou
divergents de stratégies sectorielles sur l’eau et les milieux, il est
nécessaire d’articuler les stratégies d’adaptation, à l’échelle du bassin
Seine-Normandie et des sous-bassins, pertinents pour leur cohérence
hydrologique et leur mode de gouvernance, pour enfin décliner la
présente stratégie en fonction des arbitrages locaux.
Il était donc de notre responsabilité, en tant que préfet coordonnateur
de bassin et de président du Comité de bassin, de développer une
stratégie d’adaptation et de veiller à sa cohérence avec les objectifs de la
politique de l’eau, qui en soi constitue un premier pas vers l’adaptation.
Jean-François Carenco
Préfet coordonnateur de bassin
François Sauvadet
Président du Comité de bassin
Stratégie d’adaptation
au changement
climatique du bassin
Seine-Normandie
Équipe projet
Sarah Feuillette,
Maylis Castaignet,
Anne Belbéoc’h
Agence de l’Eau
Seine-Normandie
Service Prévision,
évaluation et prospective
Frédéric Raout
DRIEE
Direction Régionale
et Interdépartementale
de l’Environnement
et de l’Énergie
Contacts
Sarah Feuillette
feuillette.sarah@aesn.fr
Frédéric Raout
Frederic.Raout@developpement-durable.gouv.fr
« Une large part du réchauffement climatique que nous vivons depuis
50 ans est déjà due aux activités humaines. Si rien n’est fait pour lutter
contre le réchauffement climatique, il atteindra 4 à 5°C d’ici la fin du siècle
et sera loin d’être stabilisé. Tous les voyants seraient alors au rouge. »
Extrait de l’intervention de Jean Jouzel au Comité de bassin du 31 mars 2016.Glossaire
ice
ion
in ?
e?
stratégiques
scientifiques
ort du préfet
engagement
Guide de lecture de la stratégie
La présente stratégie d’adaptation s’accom-
pagne d’annexes opérationnelles :
n Annexe n°1
Guide des réponses stratégiques
Cette annexe développe des actions issues
d’expériences de terrain et leurs modalités
que les acteurs peuvent mettre en place
pour s’adapter au changement climatique
dans leur domaine de compétence et à leur
échelle. Elle a vocation à évoluer et à être
complétée au fil des expérimentations.
n Annexe n°2
Données scientifiques
pour le bassin Seine-Normandie
Cette annexe détaille les projections scienti-
fiques globales et régionales (températures,
niveau marin, conséquences sur les res-
sources en eau et les milieux …) de l’impact
du changement climatique sur lesquelles la
stratégie s’est appuyée.
n Annexe n°3
Résumé du programme d’actions et d’études
issu du rapport du préfet sur l’hydrologie
de la Seine
n Annexe n°4
Engagement pour la stratégie d’adaptation
au changement climatique
Cette annexe pose les engagements aux-
quels souscrivent les signataires de la pré-
sente stratégie.
n Annexe n°5
Glossaire
Cette annexe définit les termes et concepts
utilisés dans la présente stratégie.
Les termes avec un astérisque sont définis
dans le glossaire.
1
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
SOMMAIRE
Éditorial
I- Fondements de la stratégie : l’urgence d’agir ....................................................................... 2
Une démarche collaborative et évolutive..................................................................................................2
Un engagement ambitieux.........................................................................................................................2
Une démarche du bassin accompagnée par l’État et ses institutions ...................................................3
Une démarche renforcée par les citoyens................................................................................................3
L’avis du comité d’experts ..........................................................................................................................4
II- Orientation générale de la stratégie : vers plus de résilience ............................................ 5
Principes de la stratégie.............................................................................................................................5
Cinq objectifs pour un territoire plus résilient face au changement climatique ...................................6
III- Des réponses pour des territoires acteurs de leur adaptation .......................................... 7
Tous agir pour l’adaptation : informer, former et transformer ensemble .............................................8
Métropoles et centres urbains...................................................................................................................8
Littoral et estuaires.....................................................................................................................................9
Territoires ruraux et agricoles .................................................................................................................10
Zones péri-urbaines et d’activités industrielles.....................................................................................11
IV- Quel degré d’ambition pour l’adaptation du bassin ? .......................................................12
V- Quelle mise en œuvre et quel suivi de la stratégie ? .........................................................12
Annexe n°1 : Guide des réponses stratégiques......................................................................13
Guide de lecture des réponses stratégiques..........................................................................................16
Réponse stratégique A : Favoriser l’infiltration à la source et végétaliser la ville ............................17
Réponse stratégique B : Restaurer la connectivité et la morphologie des cours d’eau et des milieux littoraux .................................................................................23
Réponse stratégique C : Coproduire des savoirs climatiques locaux................................................28
Réponse stratégique D : Développer les systèmes agricoles et forestiers durables.......................30
Réponse stratégique E : Réduire les pollutions à la source...............................................................37
Réponse stratégique F : Faire baisser les consommations d’eau et optimiser les prélèvements .... 45
Réponse stratégique G : Sécuriser l’approvisionnement en eau potable..........................................49
Réponse stratégique H : Agir face à la montée du niveau marin.......................................................52
Réponse stratégique I : Adapter la gestion de la navigation .............................................................54
Réponse stratégique J : Renforcer la gestion et la gouvernance autour de la ressource ...............55
Réponse stratégique K : Développer la connaissance et le suivi ........................................................58
Annexe n°2 : Données scientifiques........................................................................................59
Annexe n°3 : Programme d’actions et d’études issu du rapport du préfet
sur l’hydrologie de la Seine .................................................................................................69
Annexe n°4 : Déclaration d’engagement .................................................................................73
Annexe n°5 : Glossaire..............................................................................................................77ement.
ésilient face aux changements climatiques.
inéfiques.
capacités de séquestrations de gaz à effet de serre.
D'AGIR
t conséquemment, les usages de l'eau.
Composition du prix de l’eau moyen au 1 er
janvier 2015 sur le bassin Seine et côtiers
normands
À SAVOIR
Une stratégie correspond à l’ensemble des orientations adoptées pour
atteindre un objectif. L’objectif global commun au préfet coordonnateur
de bassin, aux acteurs du bassin et à ses habitants est de bâtir un
territoire plus résilient face aux changements climatiques.
L’adaptation est le processus d’ajustement des activités humaines au
climat présent ou attendu et à ses effets. Dans les systèmes humains,
l’adaptation cherche à modérer ou éviter les nuisances ou à exploiter les
opportunités bénéfiques.
L’atténuation est l’ensemble des interventions humaines ayant pour
objectif de limiter ou réduire les émissions et concentrations de gaz
à effet de serre dans l’atmosphère liées aux activités humaines ou
d’améliorer les capacités de séquestrations de gaz à effet de serre.
Une démarche
collaborative et évolutive
La présente démarche est transversale et
collaborative, ancrée dans les enjeux ter-
ritoriaux et tient compte des attentes des
acteurs. Des réunions de travail locales et
thématiques ont été organisées tout au long
de l’année 2016 pour co-construire cette
stratégie avec les acteurs du bassin afin de
renforcer la solidarité entre usages comme
entre territoires, nécessaire pour relever ce
défi de taille. La stratégie qui en découle
s’adresse à l’ensemble des gestionnaires
et des usagers de l’eau et sera renouvelée
en fonction de l’avancement des connais-
sances scientifiques, techniques, législa-
tives et sociétales.
Tous les acteurs sont invités à s’approprier
cette stratégie, à la décliner dans leurs stra-
tégies sectorielles, les différents schémas,
programmes et plans concernant l’occupa-
tion du territoire (SCOT et PLU, programmes
de l’Agence de l’eau, SAGE, SDAGE, PGRI,
SRADDET, PCEAT, etc.) et à la mettre en
œuvre concrètement.
Cette stratégie s’inspire elle-même du
PNACC 1 2011-2015 au niveau national, du
SDAGE 2016-2021 et du PGRI 2 au niveau du
bassin, des SRCAE 3 des régions du bassin,
des PCEAT 4 locaux, et autres initiatives thé-
matiques et territoriales. Les outils finan-
ciers existants pourront être mobilisés pour
la mise en œuvre de la démarche partagée,
notamment le programme de l’Agence de
l’eau, le Fonds de prévention des risques
naturels majeurs (dit « Fonds Barnier »),
les fonds européens.
Tandis que les SRCAE mettent plutôt
l’accent sur l’atténuation du changement
climatique, cette stratégie s’intéresse à
l’adaptation de la société confrontée à
l’augmentation de la température, à la raré-
faction des ressources en eau, à la montée
du niveau de la mer, aux perturbations des
éco-systèmes et à l’augmentation de la fré-
quence des pluies intenses ou des périodes
de sécheresses…
Pour autant, au regard de l’enjeu majeur
que représente l’atténuation*, il est néces-
saire de ne pas dissocier ces défis et donc
de privilégier les mesures favorables à
ces deux enjeux. En effet, au-delà de 2°C
de hausse des températures globales, les
scientifiques insistent sur le fait qu’il devien-
dra très difficile de s’adapter. L’emballement
des systèmes inhérent à une trop forte aug-
mentation des températures ne permet pas
d’envisager un monde vivable. Par ailleurs,
anticiper l’adaptation permettra d’en limi-
ter les coûts, comme souligné par le rap-
port Stern 5 qui montre qu’à l’échelle mon-
diale, l’inaction pourrait coûter jusqu’à vingt
fois plus cher que l’action.
Le défi de long terme qu’est l’adaptation*
aux changements climatiques nécessite de
faire évoluer ou de repenser des secteurs
entiers et leur articulation (urbanisme,
construction, agriculture, industrie, etc.),
d’où l’importance de l’anticiper à temps et
d’accompagner progressivement les chan-
gements nécessaires. Les acteurs du bas-
sin sont porteurs de solutions et l’adap-
tation au changement climatique doit se
concevoir comme un levier d’innovations
durables, favorables au bien-être du plus
grand nombre.
Une adaptation réussie dépend de la volon-
té et de l’ambition politique mises en œuvre
mais aussi de la solidarité et du travail
concerté des acteurs du bassin. L’impact
des mesures prises est maximisé si elles
sont appliquées à grande échelle. C’est le
rôle du préfet coordonnateur de bassin que
de veiller à cette cohérence de l’action, avec
l’ensemble des acteurs du bassin.
1 - PNACC : Plan
national d’adaptation au
changement climatique
2 - PGRI : Plan de gestion
des risques d’inondations
3 - SRCAE : Schéma
régional pour le climat,
l’air et l’énergie
4 - PCEAT : Plan climat
énergie air territorial
5 - Stern Review on
Economics of Climate
Change (2006), rapport
de Nicholas Stern,
économiste, à la demande
du ministère britannique
des Finances. Dès 2008,
l’auteur avouait avoir
même largement sous-
estimé les conséquences
économiques du
changement climatique.
Un engagement ambitieux
Dans son ensemble, la politique de l’eau du bassin va déjà dans
le sens d’une gestion responsable de la ressource au regard du
changement climatique. Cependant, jusqu’alors elle ne considère
pas suffisamment l’enjeu d’adaptation. Ainsi, le préfet coordonna-
teur de bassin et le président du Comité de bassin ont, de concert,
lancé en septembre 2015 l’élaboration d’une stratégie d’adapta-
tion dans le prolongement de l’adoption du SDAGE.
Il s’agit dans cette stratégie d’anticiper les changements à venir
affectant profondément les ressources en eau, les milieux aqua-
tiques et marins et conséquemment, les usages de l’eau.
2
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
I • FONDEMENTS DE LA STRATÉGIE :
L’URGENCE D’AGIRPre
COMITE DE BASSIN SEINE-NORMANDIE
Réunion du 31 Mars 2016
PSL (CEA-CNRS-UVSQ)
climatiques ;
t ressources d'un territoire ;
s territoriales ;
ou une notation par exemple ;
des sols).
Une démarche du bassin
accompagnée par l’État
et ses institutions
La France a pris, avec l’accord de Paris adop-
té à la COP21 et entré en vigueur au niveau
international le 4 novembre 2016, un engage-
ment fort guidant les politiques publiques sur
le long terme : mettre les moyens en œuvre
pour limiter le réchauffement climatique en
dessous des 2°C d’ici la fin du siècle et pro-
gresser vers des territoires plus résilients.
Il est du ressort et de la responsabilité de
l’État, des collectivités et des acteurs éco-
nomiques de :
• mettre en cohérence les orientations
politiques et considérer ou reconsidérer
les modèles et les projets à la lumière des
objectifs d’atténuation et d’adaptation aux
changements climatiques ;
• consulter les établissements publics spé-
cialisés lors de la planification des grands
projets d’aménagement et respecter au mieux
les besoins et ressources d’un territoire ;
• accompagner la structuration et l’adap-
tation des filières, développer de nouveaux
débouchés économiques (en agriculture
durable, en écologie industrielle etc.) et
favoriser les circuits courts ou de proximité ;
• aider les collectivités publiques à organi-
ser les actions territoriales ;
• flécher les aides publiques pour favoriser
les projets allant dans le sens des probléma-
tiques d’atténuation et d’adaptation via une
labellisation ou une notation par exemple ;
• orienter la recherche publique vers des
systèmes, pratiques et matériaux durables
et sensibiliser les acteurs spécialisés et le
grand public ;
• développer une politique tarifaire et fis-
cale à pression fiscale constante incitant à
être vertueux (par exemple : les outils per-
mettant de limiter les prélèvements ou les
consommations de ressources ou encore
l’imperméabilisation des sols).
Ensuite, il faut souligner que même une
politique volontariste ne nous préservera
pas totalement des situations extrêmes.
Ainsi, améliorer nos capacités de résilience
signifie aussi continuer à anticiper les
crises (par exemple avec des simulations
et des plans d’actions localisés de gestion
d’événements extrêmes) et apprendre à
gérer les conséquences matérielles mais
aussi socio-économiques des catastrophes
naturelles causées entre autres aux diffé-
rents réseaux de transport, de télécommu-
nication, d’énergie et d’eau, aux activités
économiques, mais aussi aux particuliers.
Suite aux inondations de mai-juin 2016
sur le bassin, le préfet coordonnateur de
bassin a été missionné par le Premier
ministre pour mettre en place un pro-
grammes d’études visant à améliorer
la gestion d’une grande partie du bas-
sin en termes d’étiages et d’inondations
[cf. annexe n° 3].
Enfin, il ne faut pas perdre de vue qu’en
complément à la présente stratégie, des
actions devront certainement être menées
aussi à l’échelon national voire européen :
certains sujets (notamment les évolutions
fiscales ou tarifaires, la politique de sou-
tien à la transition des filières agricoles ou
industrielles) relèvent en tout ou partie du
cadre législatif et réglementaire national ou
européen.
Une démarche renforcée
par les citoyens
Tous les citoyens peuvent contribuer à
cette stratégie d’adaptation en adoptant
une consommation plus économe de l’eau
mais aussi en s’informant, en se rassem-
blant et en choisissant leurs produits et
leurs équipements au mieux. Par exemple,
les citoyens sont de plus en plus invités à se
renseigner sur les produits et producteurs
pour soutenir l’économie locale, mais aussi
sur les produits issus d’une agriculture uti-
lisant peu d’intrants comme de l’agriculture
biologique ou agro-écologique identifiables
par des labels géographiques ou de qualité.
Il est aussi désormais possible de s’équiper
d’embouts ou de joints régulateurs de débits
pour les robinets, de récupérateurs d’eaux
grises ou d’eaux pluviales, de chasses d’eau
économiques, des équipements d’assainis-
sement écologiques… De manière générale,
économiser et recycler permet non seule-
ment de faire naître ou renaître des filières
et des métiers mais participe aussi souvent
au lien social et au développement d’un ter-
ritoire. Les citoyens ont un rôle à jouer dans
la transition de nos sociétés, en tant que
consommateurs mais aussi en tant qu’habi-
tants d’un territoire, en tant qu’innovateurs
ou entrepreneurs.
3
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie - Décembre 2016experts
Jivants :
es crues ;
; d'expériences ; ions particulières, etc.
a qualité de l'eau.
D | logiq
pert :
ouzel,
Jeard,
rrault,
enoît,
Bertrand,
llen,
Boé,
nnte,
sta,
lipo,
ets,
dine,
rrin,
'etit,
irel,
IOUX.
ju comité d'experts le 18 octobre 2016.
L’avis du comité d’experts
La stratégie d’adaptation du bassin se veut
donc dynamique et évolutive, et les actions
qui en découlent, réunies en annexe dans un
« guide des réponses stratégiques », pour-
ront évoluer au fur et à mesure qu’elles se
diffuseront et que leurs coûts et leurs béné-
fices seront mieux connus.
Néanmoins, et dès maintenant, le comité
d’experts réuni autour de Jean Jouzel a invi-
té les acteurs du bassin à mettre en œuvre
en première priorité les actions relevant des
domaines suivants :
• accroître l’infiltration en zones rurales et
urbaines ;
• favoriser les ripisylves et les zones d’ex-
pansions des crues ;
• développer la sensibilisation, la formation
et les échanges d’expériences ;
• accompagner les activités économiques,
notamment l’agriculture vers plus de rési-
lience ;
• réduire les pollutions à la source pour
limiter les conséquences de la baisse des
débits et de l’augmentation de la tempéra-
ture sur la qualité de l’eau.
Le comité d’experts souligne que ces
mesures sont efficaces à court comme à
long terme ; utiles quel que soit le type de
territoire ; et sont multifonctionnelles vis-
à-vis du climat tout en présentant de nom-
breux co-bénéfices pour la société.
De manière générale, le comité d’experts
nous invite donc à mettre en œuvre avant
toute chose les solutions qui exploitent les
fonctionnalités naturelles pour améliorer
notre résilience : infiltration pour éviter le
ruissellement et augmenter le remplissage
naturel des nappes, végétalisation durable,
restauration du cours naturel des rivières ;
et les nécessaires évolutions des comporte-
ments, pour mieux consommer et mieux par-
tager la ressource. Ceci sans écarter ensuite
des solutions ou compléments technolo-
giques : réservoirs pour la gestion des crues
et le soutien d’étiage, solutions innovantes de
traitement, recharge artificielle des nappes
en complément de l’infiltration naturelle dans
certaines situations particulières, etc.
Comme le montrent les simulations, le rem-
plissage des retenues serait peu efficace
sur le bassin compte tenu des conditions
d’évaporation et des précipitations, sachant
que le bassin dispose par ailleurs de nappes
non soumises à l’évaporation dont il convien-
drait d’améliorer la recharge naturelle. La
recharge artificielle des nappes, lorsque
celle-ci est faite par pompage, présente un
rendement faible aujourd’hui (25 % au maxi-
mum), elle n’est donc pas favorable à l’atté-
nuation contrairement à l’infiltration natu-
relle, qui est une solution plus systémique.
Enfin la réutilisation des eaux usées exige
parfois selon les usages, des traitements de
purification énergivores et coûteux. Par ail-
leurs il est nécessaire de comptabiliser cette
eau dans le bilan quantitatif : il ne s’agit pas
d’une ressource créée mais d’une eau sous-
traite au cycle hydrologique 6.
6 - Pour répondre à des
besoins locaux, dans une
démarche collective, et
dans l’objectif d’en tirer
un retour d’expérience
à partager à l’échelle du
bassin, tout en tenant
compte de l’avis des
experts, la stratégie
n’écarte pas ce type de
solutions (actions C.3,
D.2, G.4 et E.5) et des
expérimentations sont par
ailleurs menées sur le
bassin.
Ont participé
à ce comité d’expert :
Jean Jouzel,
son président,
et Bénédicte Augeard,
Sophie Ayrault,
Marc Benoît,
François Bertrand,
Gilles Billen,
Julien Boé,
Philippe Bonte,
Stéphane Costa,
Nicolas Flipo,
Florence Habets,
Jean Philippe Lemoine,
Charles Perrin,
Fabienne Petit,
Guillaume Thirel,
Jean-François Vernoux.
4
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie - Décembre 2016
Réunion du comité d’experts le 18 octobre 2016.strategie
des réservoirs de rétention ;
RÉSILIENCE
dre de 1,5 à 3°C d'ici 2050 et de 2 à 4,5°C d'ici 2100.
“obable des événements de fortes pluies.
elle nationale) à l'horizon 2100.
on 2050 on 2100.
tuel à partir de 2080. 7 - L’Accord de Paris a
été adopté le 12 décembre
2015 par 195 États lors de
la COP21 et est entré en
vigueur en novembre 2016
après la ratification de 55
États représentant 55%
des émissions de gaz à
effet de serre. Les États se
sont engagés à limiter le
réchauffement climatique
en deçà de 2°C et à fournir
des contributions révisées à
la hausse tous les cinq ans.
8 - http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ONERC_Resume_decideurs_vol2_AR5_fr_non_officielle_V3_Figures.pdf et http://leclimatchange.fr/impact-adaptation-vulnerabilite/
Principes de la stratégie
La stratégie d’adaptation au changement
climatique du bassin Seine- Normandie est
fondée autant que possible sur des mesures :
• sans regret : compte tenu du contexte
d’incertitudes sur les effets et l’ampleur du
changement climatique, il est préférable
d’opter pour des mesures dites « sans
regret »*, c’est-à-dire bénéfiques quelle
que soit l’ampleur des changements cli-
matiques. Elles doivent aussi être durables
mais flexibles dans le temps et dans leur
mise en œuvre, les plus économiques
possibles et consommant le moins de res-
source possible ;
• multifonctionnelles et en particulier
atténuantes : la stratégie à mettre en
œuvre devra être gagnante à la fois pour
les acteurs concernés ainsi que pour la
société dans son ensemble et cohérente
avec les objectifs de la politique de l’eau. Les
mesures devront autant que possible avoir
des impacts positifs sur plusieurs aspects
environnementaux voire apporter des co-
bénéfices (santé, économie, etc.) mais aussi
être favorables à l’atténuation, contribuant
ainsi à atteindre les objectifs fixés par l’Ac-
cord de Paris 7, sans quoi l’adaptation sera
encore plus difficile ;
• évitant la maladaptation* : il convient
d’éviter les mesures qui ont pour effet
d’augmenter les émissions de gaz à effet de
serre de manière directe ou indirecte, d’im-
pacter les ressources en eau ou encore de
reporter le problème sur d’autres acteurs,
dans le temps, ou sur un autre territoire.
Par exemple pour lutter contre les îlots de
chaleur urbains, il s’agit de privilégier les
solutions durables de végétalisation de la
ville ou de conception des bâtiments plutôt
que la climatisation ou encore, pour lutter
contre le risque accru de ruissellement, il
s’agit de favoriser prioritairement l’infiltra-
tion à la source avant, le cas échéant, de
recourir à des réservoirs de rétention ;
• solidaires : les acteurs du bassin sont
liés entre eux par une responsabilité com-
mune et des intérêts partagés, c’est pour-
quoi il est indispensable que les décisions
des uns prennent en compte les impacts
sur les autres. Les populations et les ter-
ritoires, les ressources en eau ne disposent
pas des mêmes atouts, ne subissent pas les
mêmes contraintes. Les mesures d’adapta-
tion demandent de la coopération : les solu-
tions fondées sur les solidarités renforcent
la résilience et permettent de répartir les
efforts, à différentes échelles : terre/mer,
rural/urbain, amont/aval, etc.
Ces actions doivent améliorer la résilience*
des territoires et des sociétés, c’est-à-dire
la capacité des systèmes sociaux, écono-
miques et environnementaux à absorber
de fortes perturbations, en répondant ou
en se réorganisant de manière à maintenir
la capacité d’adaptation, d’apprentissage
et de transformation ainsi que la robus-
tesse des territoires et des écosystèmes 8.
Des sociétés résilientes sont plus pérennes
et prospères en situation d’incertitude.
DES DONNÉES SCIENTIFIQUES À RETENIR
n Une augmentation des températures atmosphériques moyennes
annuelles de l’ordre de 1,5 à 3°C d’ici 2050 et de 2 à 4,5°C d’ici 2100.
n Une baisse des précipitations d’environ 6 % d’ici 2050 et de l’ordre
de 12 % à l’horizon 2100 surtout en été et, en fin de siècle, une aug-
mentation très probable des événements de fortes pluies.
n Une baisse des débits des cours d’eau de 10 à 30 % à horizon 2070-
2100.
n Une augmentation moyenne des températures de l’eau d’environ
2°C (1,6°C à l’échelle nationale) à l’horizon 2100.
n Une augmentation de la concentration des polluants et risques
d’eutrophisation.
n Une augmentation de l’évapotranspiration potentielle (ETP) de l’ordre
de 16 % à l’horizon 2050 et de 23 % à l’horizon 2100.
n Une augmentation des sécheresses* inhabituellement fortes et
étendues surtout en été et en automne à partir de 2050 et des séche-
resses probables en toutes saisons, sans retour à la normale par rap-
port au climat actuel à partir de 2080.
A l’échelle mondiale
n Une augmentation des températures moyennes de 5°C au moins si
les émissions de gaz à effet de serre continuent de s’accroître d’ici 2100.
n Une élévation du niveau marin de 30 cm à 1 m d’ici 2100 selon les
différents scénarios.
n Une augmentation de l’acidité des océans jusqu’à 150 % d’ici 2100.
Ces chiffres correspondent à des valeurs moyennes de plusieurs scénarios climatiques. Pour plus de précisions, se reporter à l’annexe 2..
5
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie - Décembre 2016
II • ORIENTATION GÉNÉRALE DE LA STRATÉGIE :
VERS PLUS DE RÉSILIENCEresilient
Ir cinq objectifs.
ondés sont en annexe 2.
er ces épisodes critiques.
essences et à une sylviculture adaptées.
6
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
1 n Réduire la dépendance à l’eau et assurer
un développement humain moins consommateur d’eau
Dans la perspective de diminution du débit des rivières et du
niveau des nappes, chaque usage devrait gagner en sobriété pour
permettre le développement des activités économiques sans aug-
menter les pressions sur les ressources en eau. Ainsi, afin que
les besoins en eau ne soient pas limitants pour les progrès de la
société et que l’approvisionnement en eau potable soit garanti
pour les besoins vitaux, il faut inventer des approches moins
consommatrices d’eau.
Une répartition équitable et responsable de l’eau pour la satisfac-
tion des usages et du milieu demande une organisation rigoureuse,
une optimisation de la gestion des ouvrages et une transparence de
l’information (qui prélève combien et que reste-t-il dans le milieu).
Il convient également d’envisager l’aménagement du territoire à la
lumière de cet objectif d’une part pour adapter les prélèvements
aux ressources disponibles, d’autre part pour favoriser la rétention
naturelle de l’eau (ralentissement des écoulements et infiltration).
Les procédures actuelles de gestion des ressources en eau et les
règles de gestion des ouvrages de régulation existantes vont devoir
évoluer en fonction des conditions de sécheresses, canicules ou
étiages sévères à venir et donner lieu à des mesures de suivi, de
prévision et de gouvernance et à des plans d’actions locaux pour
mieux anticiper et gérer ces épisodes critiques.
2 n Préserver la qualité de l’eau
Avec une diminution des débits et une augmentation de la tempéra-
ture de l’eau, la qualité de l’eau risque de se dégrader et notamment
d’accroître les risques d’eutrophisation* et les risques sanitaires.
Il s’agit donc de diminuer les rejets potentiellement polluants,
quelles que soient leurs origines et de préférence à la source.
Plusieurs pistes sont disponibles : une diminution des rejets à la
source ou un traitement amélioré des eaux usées avant rejet dans
les cours d’eau. En termes d’aménagement du territoire les rejets
devraient se situer dès que possible au plus près des sources de
pressions. Des solutions fondées sur l’hydromorphologie* telles
que la restauration de l’écoulement de l’eau et la mise en place
d’une ripisylve doivent être favorisées pour limiter la hausse de la
température de l’eau.
3 n Protéger la biodiversité
et les services éco-systémiques*
La hausse de la température, la variabilité plus forte du climat et les
risques pesant sur la quantité et la qualité des milieux aquatiques et
marins peuvent fortement perturber les écosystèmes et les services
qu’ils rendent. Il est donc d’autant plus nécessaire d’atteindre et de
maintenir une bonne santé écologique des cours d’eau grâce au res-
pect des débits minimum biologiques, de recréer des espaces de mobi-
lité des cours d’eau et de diversifier les habitats et les écoulements.
Pour limiter l’échauffement des eaux et permettre aux écosystèmes
de s’adapter, il convient de rétablir dès que possible le libre écoule-
ment des eaux, la reconnexion entre les annexes aquatiques et les
milieux humides ou sur le littoral, la connexion entre l’estran et les
arrières littoraux et les continuités écologiques des zones humides
en milieu urbain, agricole et forestier. Par ailleurs, les forêts, qui
composent 22 % du territoire du bassin et qui jouent un rôle impor-
tant de réservoir de biodiversité mais aussi dans le stockage du car-
bone et l’infiltration de l’eau pluviale, peuvent voir ce rôle maximisé
grâce à des essences et à une sylviculture adaptées.
4 n Prévenir les risques
d’inondations
et de coulées de boue
Pour ce qui concerne le risque accru d’inon-
dations et de coulées de boues par ruissel-
lement, il s’agit de réduire la vulnérabilité
des territoires en favorisant lorsque cela est
possible, l’infiltration* à la source sur tous
les types de territoires, qu’ils soient urbains,
péri-urbains ou agricoles et d’encourager à la
désimperméabilisation. Cela permet en outre
d’accroître la recharge des nappes et plus
globalement de « ralentir » le cycle hydro-
logique, tout en réduisant les rejets directs
d’eaux pluviales urbaines dans les rivières,
qui contribuent par ailleurs à la pollution des
milieux aquatiques. Cela suppose aussi de
restaurer ou d’améliorer le pouvoir de réten-
tion en eau des sols, par exemple en limitant
le travail profond des sols ou en augmentant
la teneur en matière organique des sols. Les
expériences démontrent que les dégâts des
inondations par débordements ou ruisselle-
ments peuvent être largement réduits par
des mesures d’hydraulique douce*, d’infil-
tration et des zones d’expansion des crues *,
une couverture des sols adaptée, en com-
plément des mesures plus classiques de
gestion des aléas par des ouvrages et des
mesures de gestion du risque (systèmes de
prévision, diffusion de la culture du risque).
La gestion des aléas liés au cycle de l’eau
(inondations, étiages sévères) fait l’objet
d’un programme d’études et d’actions sur le
fonctionnement hydrologique du bassin de la
Seine (annexe 3).
5 n Anticiper les conséquences
de l’élévation du niveau de la mer
Face à l’élévation du niveau marin, il est
conseillé de préserver ou de restaurer
la mobilité naturelle du trait de côte* et
des estuaires. Cela consiste à limiter les
ouvrages artificialisant les côtes et faisant
obstacle à la migration des milieux et des
espèces, préservant ainsi les capacités
protectrices des espaces naturels littoraux
et arrière-littoraux. Pour cela, une gestion
intégrée* du trait de côte est primordiale
ainsi que le développement des connais-
sances sur les conséquences des modifi-
cations des milieux littoraux et marins. Un
dialogue sur la relocalisation des activités
et des biens, menacés par la submersion
marine doit être engagé dès aujourd’hui.
Cinq objectifs pour un territoire plus résilient
face au changement climatique
La stratégie d’adaptation pour le bassin repose sur cinq objectifs.
Les éléments de diagnostics sur lesquels ils sont fondés sont en annexe 2.ADAPTATION
lormandie est caractérisé par :
cent :
“je du bassin :
- Typologie LE TREPORT
res EP!
: AMIENS PR Sin SRDIE = SAINT-QUENTIN
5 È . CHARLEVILLE-MEZIERES .
TERGNIER.
DE/REUIL.
cu
RSS ÉCBARLE-DUuc ARGENTAN | | BARLEOUO
JU Territoire urbain dense
ae Territoire rural fortement artificialisé ou campagne périurbaine
J Territoire de grandes cultures
JU Territoire viticole ce
MM Territoire d'élevage “
Territoire mixte (prairies, cultures, bourgs)
md Territoire où la forêt prédomine
it et soutenir ainsi l'étiage des rivières ;
-ural en amont et en aval :
3s touristique sur la facade normande ;
7
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
III • DES RÉPONSES POUR DES TERRITOIRES
ACTEURS DE LEUR ADAPTATION
Le bassin Seine-Normandie est caractérisé par :
• un fleuve principal au débit faible (300 m3/s en moyenne à Paris)
au regard des pressions qui s’y exercent ;
• l’importance de ses nappes sédimentaires qui jouent d’une part
un rôle régulateur du cycle hydrologique (crues et étiages) et d’autre
part une fonction de réservoir à l’abri de l’évaporation 9 , et aussi la
présence de sous-sols karstiques à la périphérie du bassin ;
• un relief peu accidenté avec des altitudes généralement infé-
rieures à 300 m ; la Seine est une rivière de plaine, ce qui n’exclut
pas, localement, des pentes suffisantes pour générer des risques de
ruissellement et d’érosion ;
• un régime pluvial océanique et une forte propension à l’évapora-
tion 10 ;
• des métropoles et grands centres urbains dont la métropole pari-
sienne et la région francilienne qui représentent la zone urbaine la
plus dense en population et en activités de France, mais également
de vastes espaces ruraux très peu peuplés ;
• un sol perméable au coefficient théorique d’infiltration élevé,
composé à 75 % de craie et de calcaire. Ces terrains, qui permettent
potentiellement l’infiltration dans les nappes, constituent des zones
de stockage et d’infiltration indispensables, peuvent restituer les
eaux progressivement et soutenir ainsi l’étiage des rivières ;
• une agriculture spécialisée (majoritairement des grandes cultures,
notamment céréalières mais aussi de viticulture en amont et d’éle-
vage en aval) et un territoire rural en amont et en aval ;
• une façade littorale très anthropisée au niveau de l’estuaire de la
Seine et très touristique sur la façade normande ;
• des zones artisanales et industrielles importantes.
9 De l’ordre d’un milliard
de m3 par an sont prélevés
dans les nappes du bassin.
10 Les conditions
météorologiques du bassin
(précipitations, humidité,
rayonnement, vent) ainsi
que l’occupation des sols
conduisent à de forts taux
d’évaporation : seulement
30 % des précipitations
conduisent à l’écoulement
(contre 50 % pour le bassin
du Rhône).
Figure 1 - Typologie
des territoires
du bassin
Seine-Normandie
Source : OGRE RA 2010 -
AESN/DREEensemble
ires.
axe Seine, Reims, Caen...
ns.
E
opulation
des polluants
2 chaleur urbains
au ruissellement
EE
(A)
es pollutions à la source [EF]
prélèvements (F)
1 gestion et La gouvernance (J}
e suivi et La connaissance
Le bassin Seine-Normandie qui compte
18 millions d’habitants est caractérisé
par une région Ile-de-France concentrant
12 millions d’habitants. Les besoins en eau
et la pression polluante qui s’exercent sur
la Seine sont très importants pour un fleuve
dont le débit rapporté à l’habitant est très
faible 11 et dont les modèles annoncent qu’il
pourrait encore être réduit de 10 à 30 % d’ici
la fin voire le milieu du siècle. En parallèle,
les projections de l’INSEE 12 donnent une
augmentation de 10 % de la population entre
2007 et 2040 en Ile-de-France. Ainsi, 65 % de
la population du bassin est concentrée sur
1 % de la surface du territoire.
L’accroissement de la population dans les
grands centres urbains (axe Seine, Reims,
Caen…) peut accentuer les conflits d’usages
relatifs à l’eau potable, souvent « impor-
tée » de territoires ruraux, dans un contexte
de baisse des ressources et d’autre part de
concentration des rejets polluants dans des
rivières et dans un fleuve à capacité de dilu-
tion réduite qui assurent également la pro-
duction d’eau potable 13. Ces mêmes ques-
tions se poseront dans des configurations
différentes pour les autres centres urbains
du bassin : axe Seine, Reims, Caen…
Par ailleurs, les villes vont connaître un
phénomène d’îlots de chaleur urbains* :
une élévation localisée des températures
enregistrées en milieu urbain par rapport
aux zones rurales ou forestières voisines,
particulièrement des températures maxi-
males diurnes et nocturnes, du fait de la
concentration des activités humaines, et de
l’absence de végétation et de vent.
Enfin, l’augmentation de la fréquence des
fortes pluies à moyen terme pourrait avoir
comme effet d’accroître les problèmes
de ruissellement urbain, avec ce que cela
implique en termes d’inondations locales et
de pollutions.
Tous agir pour l’adaptation :
informer, former et transformer ensemble
Pour s’adapter, un grand nombre d’actions ont été proposées et discutées lors des nom- breuses réunions thématiques et locales organisées en 2016 au niveau du bassin (plus d’une trentaine). Ces actions, regroupées en réponses stratégiques (annexe 1) sont présentées ci-après par rapport aux principaux enjeux des territoires.
Les actions sont destinées à être mises en œuvre par des acteurs ciblés ou sur des ter- ritoires précis. Cependant, certaines actions transversales profitent à tous les territoires, quelles que soient leurs caractéristiques et à tous les acteurs. Il s’agit notamment des actions permettant de développer le suivi, la connaissance et la formation sur les change- ments climatiques à des niveaux locaux ou encore celles consacrées au renforcement de la gouvernance autour de la ressource afin de mieux appréhender les transformations et choisir les solutions les plus adéquates.
11 - Dont le débit moyen
rapporté à l’habitant est dix
fois moins élevé que celui
du Rhône par exemple.
12 - Institut national des
statistiques et des études
économiques
13 - Une étude prospective
sur les besoins en eau
potable dans le cadre du
développement du Grand
Paris a été lancée fin
2015 par l’ASTEE avec une
participation de l’Agence
de l’eau, les résultats sont
attendus pour fin 2016.
Métropoles et centres urbains
8
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie - Décembre 2016
Métropoles et centres urbains
n Pression sur la demande en eau liée à la
densité de population
n Concentration des polluants
n Ilots de chaleur urbains
n Vulnérabilité au ruissellement
Réponses stratégiques
n Favoriser l’infiltration à la source et végéta-
liser la ville (A)
n Coproduire des savoirs climatiques locaux (C)
n Réduire les pollutions à la source (E)
n Faire baisser les consommations d’eau et
optimiser les prélèvements (F)
n Sécuriser l’approvisionnement en eau
potable (H)
n Renforcer la gestion et la gouvernance (J)
n Développer le suivi et la connaissance (K)
Risques
Les lettres attachées aux réponses stratégiques
correspondent à l’ordre développé en l’annexe 1.s fluviales
14 - Voir LiCCo pour
Littoral et changements
côtiers, qui est un projet
partenarial transmanche
qui accompagne les
populations côtières pour
comprendre, se préparer
et s’adapter aux effets du
changement climatique,
de l’élévation du niveau de
la mer et de l’érosion sur
leur littoral
http://www.licco.eu/what-
is-licco/?lang=fr
Littoral et estuaires
La montée du niveau de la mer augmente
les risques de submersion et d’inondations
dans de nombreux secteurs de la vallée de
la Seine, dans les petits estuaires et sur une
partie du littoral normand, notamment des
côtes basses du Calvados et du Cotentin. Le
risque de salinisation des nappes d’eaux
souterraines littorales est également accru,
ainsi que celui de remontée du gradient de
salinité vers l’amont des cours d’eau et
des sédiments en suspension (bouchon
vaseux). L’estran et les estuaires, abritant
des habitats et sous-habitats, notamment
pour la reproduction et la nourricerie des
espèces constituant les stocks des popula-
tions exploitées par la pêche commerciale
pour toute la Manche orientale, comme le
bar, sont les zones très productives du bas-
sin dont dépendent de nombreux usages.
Ces interfaces (estuaires, pré salé, platier
rocheux, zones de vasières etc) verront leur
écosystème perturbé sous l’effet de l’aug-
mentation du niveau de l’influence marine.
Les connaissances sur les impacts de ces
perturbations sont encore insuffisantes.
La façade maritime normande se situe sur l’une des routes mari-
times les plus fréquentées du monde qui représente 20 % du trafic
international. L’artificialisation du littoral induite par la navigation et
l’activité portuaire bouleverse aussi les habitats côtiers et marins.
Le tourisme littoral est très important sur le bassin et pourrait s’ac-
croître considérablement avec l’évolution du climat. Se pose alors la
question, y compris pour l’activité économique, des risques de sub-
mersion marine de villes balnéaires, du recul du trait de côte, mais
aussi plus largement de l’alimentation en eau potable de popula-
tions côtières menacée par les intrusions salines.
Par exemple, pour ce qui concerne la basse vallée de la Saâne
(Seine-Maritime), des événements tempétueux météorologiques
extrêmes de plus en plus intenses et l’élévation du niveau de la mer,
rendent les problématiques d’érosion et d’inondations particulière-
ment prégnantes sur ce site et de nombreux dégâts sont engendrés
par les inondations fluviales 14.
La partie littorale du bassin est également un haut lieu de la conchy-
liculture, activité quasi-patrimoniale hautement dépendante de la
qualité des eaux du bassin versant et donc des pressions issues
des activités en amont. Ce secteur risque de souffrir du change-
ment de son milieu. C’est pourquoi la question de l’adaptation des
pratiques et des filières aquacoles se pose aussi.
9
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie - Décembre 2016
Littoral et estuaires
n Hausse du niveau marin
n Menace d’intrusion saline pour l’alimenta-
tion en eau potable des villes littorales
n Érosion du trait de côte et risques de sub-
mersion
n Perturbation des activités économiques lit-
torales
n Perturbation de la faune et de la flore
marine et aquatique
Réponses stratégiques
n Restaurer la connectivité et la morphologie
des cours d’eau et des milieux littoraux (B)
n Coproduire des savoirs climatiques locaux (C)
n Agir face à la montée du niveau marin (G)
n Réduire les pollutions à la source (E)
n Faire baisser les consommations d’eau et
optimiser les prélèvements (F)
n Renforcer la gestion et la gouvernance (J)
n Développer le suivi et la connaissance (K)
n Sécuriser l’approvisionnement en eau
potable (H)
Risques
Les lettres attachées aux réponses stratégiques
correspondent à l’ordre développé en l’annexe 1.agricoles
2010).
i climat.
paysagères.
3 sont bien traitées.
de la qualité
accrue des sols
accrue des pollutions
accrue des sols
iodiversité
ES
es pollutions [E]
s (D)
‘au et des milieux littoraux (B)
prélèvements (F)
1 gestion et La gouvernance (J)
e suivi et La connaissance
L’agriculture est un secteur particulière-
ment concerné par les perspectives de
changement climatique notamment du fait
des risques de sécheresses des sols et de
l’augmentation des risques d’échaudage
(arrêt du développement par dessèche-
ment). Mais l’agriculture est aussi un sec-
teur porteur d’opportunités d’atténuation,
notamment par le stockage du carbone et
la production d’énergies renouvelables
(par biomasses), et pouvant améliorer la
résilience des territoires. Tout en offrant
des perspectives de réduction des émis-
sions de gaz à effet de serre et de stockage
de carbone, ce secteur pourrait, selon son
mode de développement, s’avérer promo-
teur d’une économie circulaire, de création
d’emplois sur son territoire et d’un enri-
chissement de la biodiversité. Beaucoup
constatent qu’améliorer la résilience des
systèmes agricoles impacte positivement
la résilience économique des filières. C’est
pourquoi l’adaptation de l’agriculture est un
défi majeur pour notre environnement mais
aussi pour notre économie.
La majeure partie de la surface du bassin
(60 %) est couverte par l’agriculture, qui
représente une production de 11,5 milliards
d’euros (en 2010).
Des progrès ont été accomplis en matière
de gestion de la fertilisation, à mettre néan-
moins en balance avec l’augmentation des
ventes de pesticides sur le bassin de 24 %
en termes de tonnage entre 2008 et 2014 15.
En outre, les modifications morphologiques
des cours d’eau liées à l’activité agricole ou
à d’autres activités (rectification, ripisylve
pauvre ou inexistante, envasement du fait
de l’érosion des sols) peuvent être domma-
geables à la vie aquatique et aux écosys-
tèmes et rendent les territoires moins rési-
lients aux variations du climat.
La vulnérabilité de certaines zones 16 aux
phénomènes de coulées de boues est cau-
sée par l’érosion des sols (sols limoneux, à
faible teneur en matière organique et sans
végétation une partie de l’année) et accen-
tuée par la présence encore trop faible d’in-
frastructures paysagères.
Enfin, dans certains territoires ruraux, les
pressions démographiques peuvent être
trop fortes par rapport au débit des rivières,
ce qui posera des problèmes de concen-
tration des pollutions, y compris quand les
eaux usées sont bien traitées.
15 - Source Banque
nationale des ventes des
distributeurs
16 - Comme au nord de la
Normandie ou en Ile-de-
France qui sont mixtes,
c’est-à-dire à la fois très
agricoles et ponctuées de
petites villes.
Territoires ruraux et agricoles
10
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie - Décembre 2016
Territoires ruraux et agricoles
n Dégradation de la qualité
n Sécheresse accrue des sols
n Concentration accrue des pollutions
n Érosion accrue des sols
n Perte de biodiversité
n Réduction des ressources et augmentation
des pressions liées à l’irrigation et aux activi-
tés industrielles
Réponses stratégiques
n Réduire les pollutions (E)
n Développer les pratiques agricoles et fores-
tières durables (D)
n Restaurer la connectivité et la morphologie
des cours d’eau et des milieux littoraux (B)
n Sécuriser l’approvisionnement en eau
potable (H)
n Coproduire des savoirs climatiques locaux (C)
n Faire baisser les consommations d’eau et
optimiser les prélèvements (F)
n Renforcer la gestion et la gouvernance (J)
n Développer le suivi et la connaissance (K)
Risques
Les lettres attachées aux réponses stratégiques
correspondent à l’ordre développé en l’annexe 1.rielles
tenlle-de-France.
dilution.
2 chaleur urbains
EE L (A)
des sols es pollutions à la source [EF]
accrue sur la ressource
accrue des pollutions
prélèvements (G]
a gestion de La navigation ||)
1 gestion et La gouvernance (J}
e suivi et La connaissance
11
(O 1
m1
17 - http://www.oree.org/ecologie-industrielle-territoriale/presentation.html
À l’instar des zones urbaines, les zones péri-
urbaines et zones d’activités industrielles,
caractérisées notamment par les centres
commerciaux et les zones de transport, de
stockage et les parkings, sont à l’origine
d’imperméabilisation des sols limitant l’in-
filtration. Ce sont potentiellement aussi des
zones soumises aux phénomènes d’îlots de
chaleur urbains.
Par ailleurs, si de nombreuses entreprises
ont considérablement amélioré leurs sys-
tèmes d’utilisation de l’eau (circuits fermés)
et de traitement, il subsiste des pressions
sur les ressources, en quantité ou en qua-
lité, pressions qui seront exacerbées avec
une diminution des ressources et des capa-
cités de dilution.
À l’échelle du bassin, la moitié des prélève-
ments en eau réalisés dans les cours d’eau,
soit 900 millions de m3 chaque année, sert
au refroidissement industriel, et sont resti-
tués à 99 % au milieu, mais avec des carac-
téristiques différentes de l’eau prélevée.
Hors refroidissement, sur le bassin, les
prélèvements d’eau pour l’industrie repré-
sentent environ 450 millions de m3 chaque
année, soit 16 % du total des prélèvements ;
ils sont en baisse d’environ 4 % par an, ce
qui traduit de réels progrès en économies
d’eau mais aussi le recul de l’activité indus-
trielle, notamment en Ile-de-France.
Il y a donc des efforts à amplifier pour conti-
nuer d’inventer des procédés industriels
plus économes en eau. L’amélioration des
connaissances, par la généralisation des
diagnostics « eau » dans le secteur artisa-
nal et industriel, et le recours systématique
aux meilleures techniques disponibles sont
donc à poursuivre pour réduire l’empreinte
« eau » de l’industrie.
Au titre des solutions déjà mises en œuvre
dans certains territoires et qu’il faut décu-
pler, mentionnons les synergies existantes
ou à créer entre les différents acteurs
d’un territoire pour aller vers une écologie
industrielle et territoriale* 17 permettant,
non seulement d’économiser l’eau mais aus-
si l’ensemble des ressources (déchets, éner-
gie) et de dynamiser ainsi tout le territoire.
Zones péri-urbaines et d’activités industrielles
11
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie - Décembre 2016
Zones péri-urbaines et d’activités industrielles
n Ilots de chaleur urbains
n Vulnérabilité au ruissellement liée à l’im-
perméabilisation des sols
n Pression accrue sur la ressource
n Concentration accrue des pollutions
Réponses stratégiques
n Favoriser l’infiltration à la source et végéta-
liser la ville (A)
n Réduire les pollutions à la source (E)
n Sécuriser l’approvisionnement en potable
(H)
n Faire baisser les consommations d’eau et
optimiser les prélèvements (G)
n Adapter la gestion de la navigation (I)
n Coproduire des savoirs climatiques locaux (C)
n Renforcer la gestion et la gouvernance (J)
n Développer le suivi et la connaissance (K)
Risques
Les lettres attachées aux réponses stratégiques
correspondent à l’ordre développé en l’annexe 1.GIE ?
et rendus accessibles.
12
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
IV • QUEL DEGRÉ D’AMBITION POUR
L’ADAPTATION DU BASSIN ?
V • QUELLE MISE EN ŒUVRE
ET QUEL SUIVI DE LA STRATÉGIE ?
Le degré d’adaptation dépendra des échelles,
de la temporalité et des moyens déployés
pour la mise en œuvre. Nous pouvons dis-
tinguer au moins deux scénarios de mise en
œuvre de cette stratégie, qui rendront évi-
demment des résultats différents en termes
de prévention des risques, de bien-être des
populations et d’efficacité économique.
Le premier demande peu d’efforts, il
implique des bonnes pratiques, des mesures
incrémentales de sobriété et d’optimisation,
et n’implique pas de questionner fondamen-
talement les systèmes en place. Il suit une
courbe d’efficience continue mais qui attein-
être un levier plus puissant de prévention
des risques, d’efficacité économique et de
bien-être pour les populations. Ce second
scénario plus exigeant implique toutefois
des remises en question de certains sec-
teurs de notre économie et une transfor-
mation du paysage urbain. Pour certains
aspects il peut impliquer des investisse-
ments, notamment en termes de formation
et d’aménagements, mais probablement
moindres que ce que coûteraient des réac-
tions à chaque situation de crise en cas
d’adaptation insuffisante.
La présente stratégie sera mise en œuvre
par les acteurs qui s’y engagent (cf décla-
ration d’engagement, annexe 4). Elle inci-
tera les schémas, plans et programmes du
bassin (le 11e programme de l’Agence de
l’eau, le futur SDAGE, le PGRI, les SAGE,
les PLU, les SCOT, les appels à projets
FEDER, le Plan Seine…) à mieux prendre
en compte les enjeux d’adaptation au
changement climatique. La stratégie sera
au cœur des réflexions sur les sources
de financement afin d’accompagner les
acteurs du bassin dans la mise en œuvre
des actions d’adaptation.
Deux types de modalités pourront per-
mettre de suivre la mise en œuvre de cette
stratégie. D’une part, les instances de bas-
sin (comité, forums locaux et comité du
Plan Seine) pourront faire annuellement
un bilan des outils de planification locaux
et des contrats du bassin intégrant expli-
citement la stratégie d’adaptation. D’autre
part, quelques indicateurs 18 permettant
de suivre les actions phares de la stratégie,
et suffisamment renseignés en termes de
données, pourraient faire l’objet d’un suivi
annuel et d’une présentation au comité de
bassin. Les projets aidés sur le bassin par
l’agence de l’eau, l’Etat ou les collectivités
pourraient bénéficier par ailleurs d’un label
« Adaptation au changement climatique »
lorsqu’ils sont compatibles avec la présente
stratégie. Enfin, pour mieux accompagner
les instances décisionnelles des différentes
échelles pour une mise en œuvre et une ges-
tion adaptatives, les observatoires adéquats
ainsi que les réseaux de surveillance et de
connaissance seront développés et pilotés
en conséquence et rendus accessibles.
Il ne dépend que de nous d’anticiper ces transitions et d’y voir des opportunités éco- nomiques et de bien-être pour le plus grand nombre. Ces bouleversements à l’œuvre impulsent déjà des innovations technologiques sur lesquelles il semble avantageux et prometteur de miser (le biomimétisme, les énergies propres, l’ingénierie écologique…) mais aussi des innovations organisationnelles (villes durables, gouvernance sociale et environnementale des entreprises, économie circulaire, réseaux d’agriculteurs enga- gés…). Les engagements pris à la COP21 devraient nous orienter vers un degré d’ambi- tion très élevé : en effet, poursuivre les tendances d’émissions de gaz à effet de serre actuelles conduirait à un réchauffement général dépassant les limites de l’adaptation.
Ce débat dépasse largement le domaine de l’eau pour toucher au développement des filières, à l’aménagement des territoires et à nos positionnements économiques. Il implique une vision, des projets de territoire et des engagements locaux, c’est pourquoi les acteurs du bassin sont invités à se mobiliser et à s’engager de la façon la plus complète pour des territoires plus résilients et solidaires.
dra vite un palier structurel. Outre le fait qu’il
aurait beaucoup moins d’impact sur nos
réductions de gaz à effet de serre et donc sur
la limitation du changement climatique, il est
prévisible que de simples bonnes pratiques,
efficaces à court et moyen terme, se révèlent
insuffisantes à plus long terme.
Le second scénario, plus ambitieux, consiste
à faire évoluer les systèmes en place dès
aujourd’hui de manière généralisée, que
ce soit en milieu urbain ou rural, vers une
plus grande résilience. Il demande à cha-
cun une volonté forte et des efforts d’anti-
cipation plus poussés mais il devrait aussi
18 - Cinq indicateurs
semblent des repères
raisonnables.13
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
ANNEXE N°1
RÉPONSES STRATÉGIQUES14
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôàISSiIN.
de savoirs climatiques locaux.
sement choisis.
à l'eau.
des cours d’eau.
les.
1 2022 et à 20 % d'ici 2050.
des cours d'eau.
sionnels avant l'échéance de
végétaux.
griculture.
on des eaux usées traitées.
sblics d'ici 2022.
pe de ressource.
intrusion saline.
15
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
LES RÉPONSES
STRATÉGIQUES
Réponse stratégique A
Favoriser
l’infiltration à la source
et végétaliser la ville
n Action A.1 : Intégrer dans les documents
d’urbanisme et dans chaque projet, la pro-
blématique d’infiltration.
n Action A.2 : Limiter l’imperméabilisation
des sols et encourager la désimperméabi-
lisation.
n Action A.3 : Favoriser l’hydraulique douce
rurale.
n Action A.4 : Fixer un objectif par collecti-
vités de couverture végétalisée sur les toi-
tures, murs et surfaces piétonnes d’ici 2022
avec des végétaux judicieusement choisis.
n Action A.5 : Choisir des espèces peu
consommatrices d’eau, rafraîchissantes,
assainissantes ou épuratives, des essences
régionales ou résistantes aux conditions
pédo-climatiques futures pour l’aménage-
ment des espaces urbains et l’intégration
du végétal en milieu urbain et diversifier les
espèces.
Réponse stratégique B
Restaurer la connectivité
et la morphologie
des cours d’eau
et des milieux littoraux
n Action B.1 : Restaurer des zones d’ex-
pansion des crues sur 10 % du linéaire des
cours d’eau d’ici 2022 et à 20 % d’ici 2050.
n Action B.2 : Limiter ou supprimer dès
que possible, les obstacles à l’écoulement
naturel des cours d’eau pour améliorer la
circulation de l’eau, limiter son échauffe-
ment et reconquérir des espaces de bon
fonctionnement des cours d’eau.
n Action B.3 : Définir une stratégie foncière
et d’aménagement pour la préservation
des zones humides et des interfaces litto-
rales.
n Action B.4 : Renforcer les trames vertes
et bleues.
Réponse stratégique C
Co-produire des savoirs
climatiques locaux
n Action C.1 : Développer la formation des
acteurs du bassin.
n Action C.2 : Diffuser les connaissances
sur les impacts environnementaux, écono-
miques, politiques et sociétaux et stimu-
ler les collectifs citoyens de partage et de
coproduction de savoirs climatiques locaux.
n Action C.3 : Favoriser l’innovation, le tra-
vail pluridisciplinaire et le développement
des réseaux d’initiatives notamment via des
appels à projets plaçant l’innovation et le
changement climatique au cœur des critères.
Réponse stratégique D
Développer les systèmes
agricoles et forestiers durables
n Action D.1 : Rendre l’agriculture plus
résiliente et robuste face au changement
climatique.
n Action D.2 : Rendre l’agriculture moins
dépendante à l’eau.
n Action D.3 : Lutter contre l’érosion des sols
et la pollution des cours d’eau.
n Action D.4 : Accompagner la transition
agricole en structurant les réseaux et les
filières durables.
n Action D.5 : Développer une gestion durable
des forêts.
Réponse stratégique E
Réduire les pollutions
à la source
n Action E1 : Adopter des pratiques alter-
natives de fertilisation et de protection des
végétaux.
n Action E.2 : Pour l’entretien des surfaces
végétalisées, réduire puis supprimer l’utili-
sation de pesticides par les jardiniers ama-
teurs ou professionnels avant l’échéance de
la loi (1er janvier 2019 pour les particuliers)
et développer les pratiques alternatives de
protection des végétaux.
n Action E.3 : Améliorer la sobriété en eau
des industries.
n Action E.4 : Développer une stratégie
d’écologie industrielle territoriale y compris
en lien avec l’agriculture.
n Action E.5 : Améliorer l’assainissement
et la réutilisation des eaux usées traitées.
Réponse stratégique F
Faire baisser
les consommations d’eau
et optimiser les prélèvements
n Action F.1 : Pour les collectivités de plus
de 10 000 habitants en priorité, réduire les
volumes d’eau utilisés en équipant en comp-
teurs et en dispositifs hydro-économes la
totalité des bâtiments publics d’ici 2022.
n Action F.2 : Pour les collectivités de plus
de 10 000 habitants en priorité, réduire les
volumes d’eau utilisés pour l’arrosage et le
nettoyage.
n Action F.3 : Connaître d’ici 2022 l’état de
100 % des réseaux d’eau potable et en aug-
menter la performance.
n Action F.4 : Adapter le dimensionnement
des réseaux AEP et eaux usées à l’évolution
des consommations et leurs modalités de
gestion.
n Action F.5 : Obtenir sur les zones de
répartition des eaux (ZRE), 75 % de rende-
ment sur la totalité des réseaux d’eau desti-
née à la consommation humaine d’ici 2022,
puis 80 % d’ici 2028.
n Action F.6 : Répartir les prélèvements
suivant la saison et le type de ressource.
n Action F.7 : Développer une politique tari-
faire et fiscale incitative pour limiter les pré-
lèvements.
Réponse stratégique G
Sécuriser l’approvisionnement
en eau potable
n Action G.1 : Délimiter 100 % des aires
d’alimentation de captages destinées à
la production d’eau potable et en doter au
moins 50 % d’un programme de protection
par rapport aux pollutions diffuses permet-
tant d’atteindre les objectifs de qualité d’eau
potable d’ici 2022.
n Action G.2 : Généraliser les schémas
directeurs d’alimentation en eau potable
pour les collectivités de plus de 10 000 habi-
tants.
n Action G.3 : Limiter les prélèvements en
eau souterraine dans les zones littorales
afin d’éviter les risques d’intrusion saline.
n Action G.4 : Recharger les nappes artifi-
ciellement seulement dans le cas de l’intru-
sion saline dans les nappes ou sous réserve
des justifications de rendement et de bilan
carbone pour protéger des ressources en
eau potable stratégiques.jues de s'organiser.
iU marin.
2022.
)assin.
ns sont fixées a minima sur la période 2017-2022.
doivent être présents à la conception de l'action.
(page 6).
dans la stratégie (pages 8 à 11].
; le SDAGE.
t contextes locaux.
s financiers.
ur l'adaptation aux changements climatiques).
2s par Le pictogramme ci-contre.
16
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
GUIDE DE LECTURE DES RÉPONSES STRATÉGIQUES
Réponse stratégique H
Agir face à la montée
du niveau marin
n Action H.1 : Développer une gestion inté-
grée du trait de côte.
n Action H.2 : Déplacer, adapter ou rehaus-
ser les infrastructures de gestion de l’eau
(eau potable et assainissement) confrontées
à l’élévation des niveaux d’eaux marines (et
consécutivement continentales).
Réponse stratégique I
Adapter la gestion
de la navigation
n Action I.1 : Adapter la gestion des étiages
des grands canaux à la navigation commer-
ciale.
Réponse stratégique J
Renforcer la gestion
et la gouvernance
autour de la ressource
n Action J.1 : En cas de déficit récurrent
mettre en place une gestion collective de
territoire permettant de coordonner les pré-
lèvements en vue d’un équilibre ressources/
usages.
n Action J.2 : Améliorer les délais d’alerte
en cas de sécheresse pour laisser le temps
aux acteurs économiques de s’organiser.
n Action J.3 : Mettre en place un système
de gouvernance sur la partie aval de la
Seine (CLE ou EPTB) pour anticiper et gérer
les pressions notamment avec l’évolution
du Grand Paris.
n Action J.4 : Intégrer dans les politiques
d’urbanisme et les documents cadre ou
contractuels (PLU, PLUI, SCOT, PLH, PDU,
PADD, DOO) le principe de cohérence entre
densité de population et/ou d’activités et
ressource en eau.
n Action J.5 : Développer un dialogue autour
de la montée du niveau marin.
n Action J.6 : Inciter les collectivités terri-
toriales ou syndicats mixtes de bassins
versants à prendre la compétence ruisselle-
ment/érosion pour compléter les missions
de la compétence GEMAPI des communes
et intercommunalités.
n Action J.7 : Émettre au nom du Comité
de bassin en lien avec le conseil scientifique
un avis sur la conformité des grands projets
d’aménagement avec la présente stratégie
d’adaptation, dans le cadre des consulta-
tions publiques.
Réponse stratégique K
Développer la connaissance
et le suivi
n Action K.1 : Développer le réseau d’ac-
quisition de données pour l’analyse et de
surveillance de l’eau d’ici 2022.
n Action K.2 : Engager des études de
connaissances des pressions et du fonction-
nement hydrologique du bassin.
n Action K.3 : Anticiper les futurs possibles.
Les ambitions sont fixées a minima sur la période 2017-2022.
Les actions recommandées sont issues des propositions relevées
durant les réunions thématiques et territoriales, des documents
et plans climat nationaux et territoriaux, des chambres d’agri-
culture, associations, coopératives ou autres groupements, de
l’état des recherches actuelles et d’autres exemples extérieurs
au bassin. Ce guide des réponses stratégiques a vocation à être
complété ou amendé dans le temps, en fonction des l’évolution
des connaissances et des retours d’expérience.
Acteurs clés : ce sont les acteurs qui ont le pouvoir de lancer l’ac-
tion ou qui doivent être présents à la conception de l’action.
Objectif(s) visé(s) : renvoie aux cinq objectifs identifiés dans la
stratégie (page 6).
Type(s) de territoire(s) visé(s) : renvoie aux types de territoires
présentés dans la stratégie (pages 8 à 11).
Atténuation : l’action peut avoir un impact positif, négatif ou
neutre vis-à-vis de l’atténuation et de la lutte contre le changement
climatique.
Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021 : le SDAGE et le PGRI pré-
voient des mesures qui peuvent être favorables à l’adaptation et/ou
à l’atténuation, la stratégie essaie d’aller plus loin que les mesures
présentes dans le SDAGE.
Indication coût : sur une échelle de 1 à 3, l’indicateur permet
d’avoir un ordre de grandeur des investissements nécessaires. Des
informations complémentaires devraient être apportées en fonction
des projets et contextes locaux.
Comment mettre en œuvre cette action ? Cela traduit des leviers
existants permettant de mettre en œuvre l’action. Sont différenciés
ici les outils techniques/méthodologiques, les outils réglementaires
et les outils financiers.
Indication sur les co-bénéfices pour la société (des bénéfices
autres que pour l’adaptation aux changements climatiques).
Les actions « phare » sont les réponses stratégiques A à E
mises en avant à la demande du comité d’experts (page 4) et
sont identifiées par le pictogramme ci-contre.res.
RATION
LA VILLE
ur l'adaptation du bâti existant.
Collectivités
matique d'infiltration
In des sols
perméabilisation
Composition du prix de l’eau moyen au 1 er
janvier 2015 sur le bassin Seine et côtiers
normands
À SAVOIR
Le bassin de la Seine est globalement très
perméable mais les études d’infiltrabilité
peuvent cependant révéler que l’infiltra-
tion n’est pas toujours possible locale-
ment. Exemple : en présence d’argile, de
gypse, d’ancienne carrière, de sol pollué,
de pente trop importante, l’infiltration à la
parcelle doit se réaliser en préservant un
périmètre autour des zones de captage et
des bâtiments afin d’éviter les intrusions ou
les glissements de terrains, notamment en
zones côtières.
17
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
RÉPONSE STRATÉGIQUE A
FAVORISER L’INFILTRATION À LA SOURCE
ET VÉGÉTALISER LA VILLE
Pourquoi ? Face à l’accroissement probable de la fréquence des
pluies intenses d’une part et à la multiplication des sécheresses et
des étiages sévères d’autre part, il est essentiel de favoriser une
gestion à la source des eaux pluviales afin de limiter les ruisselle-
ments, d’augmenter l’humidité des sols et de contribuer en milieu
rural à la recharge de nappes pour le soutien des étiages. En milieu
urbain, cette stratégie de gestion à la source permet de réduire les
eaux pluviales fréquentes versées 19 aux réseaux ou à la rivière, sus-
ceptibles d’accroître la pression polluante dans un contexte de débit
réduit. Cette stratégie contribue également à atténuer les impacts
des pluies intenses dans une certaine mesure. De plus, la stratégie
de végétalisation urbaine permet notamment de lutter contre les
îlots de chaleur urbains et ainsi d’atténuer les conséquences locales
du changement climatique pour une meilleure qualité de vie. La
végétalisation de la ville représente une solution multifonctionnelle
et peu coûteuse pour l’adaptation du bâti existant.
Acteurs clés : Collectivités
Action A.1 . Intégrer la problématique d’infiltration
dans les documents d’urbanisme et dans chaque projet
En fixant un seuil minimum de surface d’infiltration lors de tout renouvellement d’es- pace urbain (lorsque le terrain y est favorable) et un seuil à atteindre pour tout bâtiment ou surface déjà construits dans chaque collectivité
Il s’agit ici de limiter au maximum l’imperméabilisation du sol et de privilégier la gestion à la source des eaux pluviales, pour cela, les schémas d’Aaménagement de gestion des eaux (SAGE) sont un outil important dans l’orientation stratégique des documents d’urbanisme.
Action A.2 . Limiter l’imperméabilisation des sols
et encourager la désimperméabilisation
En optant pour un revêtement filtrant des routes et des trottoirs au fur et à mesure des travaux de restauration et renouvellement urbain afin d’atteindre 10% des routes et trot- toirs en chaussée filtrante, poreuse ou perméable d’ici 2022.
La mise en place de chaussées poreuses peut entraîner une réduction efficace des débits de pointe (jusqu’à 42% par rapport à une chaussée traditionnelle), un retard de pic de crue et une réduction significative de l’évaporation. Il convient lors des travaux d’appréhender les questions de colmatage.
En mettant en place une fiscalité incitant l’infiltration à la source (les parkings et autres surfaces urbaines poreux ou perméables).
Une nouvelle composante de la redevance eau pourrait être envisagée, à pression fiscale constante.
En opérant des diagnostics infiltration des bâtiments et surfaces déjà aménagées.
Dans chaque collectivité, en atteignant au minimum 10 % de surface urbaine en noues et terrains non revêtus d’ici 2022.
19 - Plusieurs bassins versants urbains comportant des aménagements de gestion des eaux pluviales à la source ont vu leurs volumes d’eau ruisselés diminuer de 50% par rapport aux systèmes de conception classique où les eaux sont collectées et évacuées rapidement dans des réseaux d’assainissement. LEESU : Bressy et al (2014)dépendance à l'eau.
risques d'inondations.
sphériques.
osition 2-B1, 2-B2 et 2-F2.
e 1.5 à
18
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
En aménageant en ville des zones humides, en réhabilitant des friches urbaines ou industrielles en zone humide ou en espace vert en ville notamment.
En limitant l’étalement urbain.
Il s’agit d’orienter, à l’aide de documents de planification urbaine comme le Schéma directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF), les besoins de logements dans le sens de la ville « compacte » et « multifonctionnelle », à la fois dense et où les distances entre logement, travail et services sont faibles. Cela a pour conséquence de limiter l’imperméabilisation en plus de réduire les besoins en eau pour le nettoyage des voiries, l’arrosage et les besoins en transports.
En compensant à hauteur de 150 % l’imperméabilisation en zone urbaine et pour les grands projets d’aménagement.
Pour les grands projets d’aménagements n’ayant pas prévu de surface d’infiltration suffi- sante (se référer aux PPRI), il est recommandé de compenser l’imperméabilisation des sols engendrés à hauteur de 150 %.
rir des terrains pour les réaliser. L’infiltration
à la source permet de préserver les réseaux
existants et de diminuer les quantités d’eaux
pluviales à stocker, transporter, traiter etc.
En termes de coûts d’entretien, les avis
divergent sur l’entretien courant des chaus-
sées poreuses, à sec ou humide. Lorsque
l’enrobé est colmaté, le décolmatage peut
coûter de de 1.5 à 3 €/m2.
Exemple : la CUB (Communauté urbaine de
Bordeaux), 2009 : « […] si le lotissement de 148
lots avait été réalisé avec une structure réser-
voir sous chaussée poreuse, le coût d’un décol-
matage serait de 32 300 € TTC pour 15 500 m 2
de voirie. Sur la base d’un décolmatage tous les
trois ans, le coût d’entretien ressortirait à 72 €
par an et par lot ».
Une des principales difficultés : le faible nombre
de machines aptes à réaliser ce décolmatage.
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
• Technique et méthodologique : formation
et sensibilisation des urbanistes et aména-
geurs ; inventaire des surfaces susceptibles
d’être désimperméabilisées et soutien aux
travaux de désimperméabilisation, carto-
graphie des zones humides restaurables
pour d’éventuelles compensations.
• Législatif et réglementaire : la possibilité
d’une fiscalité incitative doit être étudiée au
niveau national en tenant compte de la taxe
optionnelle GEMAPI. Elle pourrait prendre
la forme, à fiscalité globale constante,
d’une composante de la redevance eau
assise sur les surfaces imperméabilisées
(en baissant les autres composantes de la
redevance). Élaboration d’une doctrine de
l’État sur la prise en compte de l’objectif de
compensation à 150 % dans les documents
d’urbanisme dans l’attente de la révision
du SDAGE. Adaptation des documents
d’urbanisme, possibilité d’intégration d’une
mesure de compensation de l’imperméabi-
lisation dans le prochain SDAGE.
• Financier : aides de l’Ademe possibles sous
conditions sur la mise en sécurité et la réhabi-
litation des friches, aides de l’agence de l’eau.
+ Co-bénéfice activités récréatives.
n Objectif(s) visé(s)
• Réduire la dépendance à l’eau.
• Prévenir les risques d’inondations.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Métropoles et centres urbains, zones péri-
urbaines et d’activités économiques en prio-
rité mais concerne l’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif. Les revêtements poreux ou
perméables stockent moins la chaleur et les
plantes et les arbres sont source d’évapo-
transpiration pour rafraîchir l’air et les bâti-
ments. Les végétaux absorbent une partie
des polluants atmosphériques.
n Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021
• Orientation 2 : Maîtriser les rejets par
temps de pluies en milieu urbain : « les pres-
criptions permettant de limiter les volumes
d’eaux de ruissellement collectés dans les
réseaux de la collectivité soient intégrées au
règlement d’urbanisme […] Ces prescrip-
tions concernent notamment la limitation de
l’imperméabilisation des sols sur les zones
urbaines, les zones d’activités économiques et
les zones à urbaniser ».
• Disposition D1.8 : Renforcer la prise en
compte des eaux pluviales dans les docu-
ments d’urbanisme : « la limitation de l’imper-
méabilisation des sols sur les zones urbaines,
les zones d’activités économiques et les zones
à urbaniser ».
• Disposition D1.9 : Réduire les volumes
collectés par temps de pluie : « Favoriser la
non imperméabilisation ».
• PGRI : Disposition 2-B1, 2-B2 et 2-F2.
n Subventionné par le 10e programme de
l’Agence de l’eau : notamment « Acquisition
foncière des zones humides, ou d’un terrain
pour un effacement d’ouvrage ou une renatu-
ration » et « Maîtrise du ruissellement urbain
: action de réduction des apports d’eaux plu-
viales aux réseaux (désimperméabilisation,
gestion à la source, noues etc...) ».
n Rappel législatif et réglementaire
• Article L. 111-1-1 du Code de l’urbanisme :
« les schémas de cohérence territoriale (SCOT),
les schémas de secteur et, en l’absence de
SCOT, les plans locaux d’urbanisme (PLU) et les
cartes communales doivent être compatibles ou
rendus compatibles dans un délai de 3 ans avec
« Les orientations fondamentales d’une gestion
équilibrée de la ressource en eau et les objectifs
de qualité et de quantité des eaux définis par les
schémas directeurs d’aménagement et de ges-
tion des eaux ».
• Article L. 2224-10 du Code général des
collectivités territoriales : les communes
ou leurs établissements publics de coopéra-
tion intercommunale délimitent les zones où
des mesures doivent être prises pour limiter
l’imperméabilisation des sols et pour assu-
rer la maîtrise du débit et de l’écoulement
des eaux pluviales et de ruissellement.
• Loi pour la reconquête de la biodiversité, de
la nature et des paysages du 8 août 2016 : le
texte prévoit que l’autorisation d’exploitation
commerciale des magasins dont la demande
de permis de construire est déposée à comp-
ter du 1er mars 2017 ne pourra être accordée
s’ils ne respectent pas un certain nombre de
conditions environnementales.
Les bâtiments devront tout d’abord intégrer
sur tout ou partie de leurs toitures des pro-
cédés de production d’énergies renouve-
lables (panneaux photovoltaïques, éoliennes
sur toiture) et/ou un système de végétali-
sation garantissant « un haut degré d’effica-
cité thermique et d’isolation et favorisant la (…)
biodiversité», et/ou d’autres dispositifs abou-
tissant au même résultat.
Concernant les parkings, le texte de loi
impose des revêtements de surface, des
aménagements hydrauliques ou des disposi-
tifs végétalisés favorisant la perméabilité et
l’infiltration des eaux pluviales (ou leur éva-
poration), et préservant les fonctions écolo-
giques des sols.
n Indication coût
Niveau 2 : les aménagements peuvent être
légers mais la collectivité doit parfois acqué-20 - http://www.eau-seine-normandie.fr/index.php?id=7751
21 - Mission sur le fonctionnement hydrologique du bassin de la Seine - Éléments de diagnostic et premières propositions AESN-DRIEE (2016).
22 - http://www.agglo-seine-eure.fr/Les-Hauts-Pres-une-marque-et-un-projet_a1199.html
19
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie - Décembre 2016
Exemples sur le bassin 20
n Le Schéma directeur de la Région Ile-
de-France (SDRIF) adopté en 2013 prévoit
une maîtrise de l’urbanisation nouvelle et de
l’aménagement urbain renouvelé en privi-
légiant la gestion à la source des eaux plu-
viales. Il contribue à limiter l’imperméabili-
sation des sols et ses conséquences par un
objectif minimal d’espaces verts par habitant
à atteindre de 10 m2. Dans les espaces déjà
urbanisés, il fixe une norme de débit de rejet
des eaux pluviales dans les réseaux impo-
sant ainsi l’absorption à la parcelle (toitures
végétales, récupération, noues etc). Le SDRIF
prévoit aussi que l’urbanisation doive res-
pecter l’écoulement naturel des cours d’eau
et permet par conséquent la réouverture
des rivières urbaines. La région, avec son
Schéma régional de cohérence écologique
(SRCE), veut accompagner les porteurs de
projets de « solutions vertes » (zones d’ex-
pansion des crues, renaturation des berges,
etc.) efficaces et moins coûteuses que les
« solutions grises » telles que la construction
de digues et de barrages. La région entend
finaliser son Plan vert et sa stratégie d’adap-
tation au changement climatique au cours de
l’année 2017.
n Au bord de l’Yerres, en région parisienne,
la commune de Crosnes s’est lancée depuis
plus de dix ans dans un projet ambitieux de
renaturation d’une zone humide qui était
utilisée comme décharge sauvage. La com-
mune s’est engagée dans une politique de
rachat des terrains et des propriétés situés
dans une zone humide inondée annuelle-
ment et identifiée comme une zone naturelle
d’intérêt écologique faunistique et floristique
(ZNIEFF). L’enjeu est multiple : revaloriser un
quartier, restaurer la qualité de l’eau, rétablir
la fonctionnalité des milieux humides, réha-
biliter une zone d’expansion de crue, déve-
lopper la biodiversité et contribuer de ce fait
à la trame Verte et Bleue.
n Aux Mureaux (78) les eaux pluviales sont
infiltrées au plus proche du lieu de précipi-
tation sur les espaces publics et privés, en
visant le « zéro rejet ». Le dossier loi sur l’eau
validé par arrêté préfectoral a permis de fixer
les modalités réglementaires de gestion des
eaux pluviales, avec des prescriptions impo-
sées à tous et un accompagnement de la ville
sur les parcelles privées.
n Le département du Val-de-Marne a éla-
boré un zonage pluvial situant les possibilités
d’infiltration, fixant des limitations de débits
de rejet d’eaux pluviales au réseau d’assai-
nissement et proposant des fiches sur les
techniques alternatives. Son enjeu est la
lutte contre les inondations et la préservation
de la qualité des eaux du milieu récepteur. Il
acquiert après enquête publique une valeur
réglementaire s’il est intégré au PLU.
n Depuis le début des années 2000, la ville
de Paris 21 a mis en place une politique de
végétalisation et, en 2005, la gestion à la
parcelle des eaux pluviales avec l’objectif
d’abattre, suivant les différents secteurs de
la ville, 4 à 16 mm de pluie. Pour la régu-
lation des pluies moyennes à fortes, la ville
prévoit des bassins paysagers ou des zones
inondables.
n Les 10 000 m2 couverts du bâtiment des
Hauts-Prés 22, laissés jusqu’alors en friche,
seront aménagés pour accueillir le pôle
régional d’agriculture biologique. Un projet
applaudi par tous les partenaires. L’ancien
bâtiment Greif, sur la zone des Hauts-Prés
à Val-de-Reuil est réaménagé pour devenir
le lieu incontournable de l’agriculture et du
maraîchage biologiques de Normandie.
n Le SAGE Marne Confluence a adopté une
disposition destinée à « mettre en œuvre des
démarches exemplaires de gestion intégrée
des eaux pluviales à la source lors de tout projet
d’aménagement ou de rénovation urbaine ». Il
guide de ce fait, les documents d’urbanisme
vers une désimperméabilisation des sols.
Exemples hors bassin
n Depuis 1995, Munich s’est engagée à
réduire de 15 % son imperméabilisation à
l’horizon 2020. Une redevance assise sur la
surface imperméabilisée a été instaurée,
actuellement de 1,3 €/m2, versée par les
privés d’une part et par la collectivité d’autre
part, via un transfert de ligne budgétaires.
Depuis 1997, aucun apport supplémentaire
d’eau pluviale dans les réseaux publics n’a
été constaté. Les surfaces actives (donc qui
contribuent au ruissellement du fait de leur
imperméabilisation) ont baissé notamment
en domaine privé (3 millions de m2 en moins
sur les dix dernières années).
n Depuis vingt ans, l’agglomération de Douai
a équipé de dispositifs d’abattement volu-
mique (principalement des noues et des
chaussées d’infiltration) environ 20 % de son
territoire. Ces dispositifs dimensionnés pour
des pluies de temps de retour de 5 à 20 ans
auraient contribué à protéger le secteur
concerné contre les inondations lors d’une
pluie centennale (80 mm en 6 heures), alors
que tous les autres secteurs de l’aggloméra-
tion étaient inondés.it collectivités
er lhydraulique douce rurale —
risques d'inondations.
dépendance à l'eau.
la qualité de l'eau.
ruissellement, d'érosion.
‘Ux aquatiques
osition 2 D2, 2 F1.
s a u 5 visés.
hydraulique douce (haies, fascines, mares, bandes enherbées, etc.).
nnées BD-Castor.
20
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Exploitants agricoles et collectivités
Action A.3 . Favoriser l’hydraulique douce rurale
L’hydraulique douce est une technique visant à gérer les eaux pluviales le plus en amont possible, pour favoriser leur infiltration lente et réduire les ruissellements et l’érosion. Cette technique s’appuie sur la mise en place de petits aménagements tels que les haies, les fascines, les mares, les talus ou encore les fossés placés dès que possible en bas des pentes, perpendiculairement aux talwegs. Le développement généralisé de ces techniques est utile pour le cycle hydrologique local puisqu’elles permettent de favoriser la réten- tion d’eau dans les sols, l’infiltration vers la nappe d’une eau non chargée en résidus ou polluants dus au ruissellement, et indirectement, de soutenir les étiages en période esti- vale. Ils constituent aussi des habitats pour la biodiversité et favorise ainsi la trame verte et bleue. En plus de ces bénéfices, ces aménagements peuvent aider à limiter l’usage de pesticides en jouant le rôle d’auxiliaires de culture. Bien que dimensionnés généralement pour les pluies de période de retour inférieures à dix ans, certains ouvrages peuvent réduire le pic du débit ruisselé des pluies ayant un temps de retour de 50 à 100 ans de 7 à 15 % 23, des études 24 montrent que l’association de différentes techniques peut être très efficace pour réduire les inondations importantes par ruissellement ou débordement de réseaux.
n Objectif(s) visé(s)
• Prévenir les risques d’inondations.
• Réduire la dépendance à l’eau.
• Préserver la qualité de l’eau.
• Protéger la biodiversité et les services
éco-systémiques
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Territoires ruraux et agricoles
n Atténuation
Impact positif. Les plantes et arbres rafrai-
chissent l’air.
n Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021
• Orientation 33 : Limiter les impacts des
inondations en privilégiant l’hydraulique
douce et le ralentissement dynamique des
crues.
• Orientation [SDAGE/PGRI] 35 : Prévenir
l’aléa d’inondation par ruissellement.
• Disposition D8.144 : Privilégier la gestion
et la rétention des eaux à la parcelle
(2.F.2 PGRI) : « l’objectif poursuivi est la réten-
tion et la gestion des eaux adaptées à chaque
parcelle en mobilisant les techniques de l’hy-
draulique douce, lorsque cela est technique-
ment possible, notamment si les conditions
pédo-géologiques le permettent : mise en place
de haies, de talus, de fascines, de noues… ».
• Orientation 4 : Adopter une gestion des sols
et de l’espace agricole permettant de réduire
les risques de ruissellement, d’érosion.
• Disposition D2.16 : Protéger les milieux
aquatiques des pollutions par le maintien de
la ripisylve naturelle ou la mise en place de
zones tampons et de transfert des polluants
vers les milieux aquatiques
• PGRI : Disposition 2 D2, 2 F1.
n Subventionné par le 10e programme de
l’Agence de l’eau : se référer à la carte des
zones éligibles aux actions érosion/ruis-
sellement (pour la répartition hydraulique
douce ou hydraulique structurante)
1CompCsistnipCidussrx
n Le syndicat du bassin versant de l’Arques 25 a souhaité concentrer ses efforts dans l’élabo-
ration de Plans communaux d’aménagements d’hydraulique douce (PCAHD). Ces plans com- munaux ont pour objet d’identifier les problèmes de ruissellement et d’érosion à l’échelle d’un sous-bassin versant, puis de proposer des solutions via la mise en place ou le maintien d’amé- nagements d’hydraulique douce (haies, fascines, mares, bandes enherbées, etc.).
n De plus la Chambre d’agriculture de Seine Maritime 26 promeut l’hydraulique douce via
des vidéos à l’attention des agriculteurs et des élus locaux. Les syndicats de bassin versant très présents aux côtés des collectivités permettant ainsi une mise en œuvre large de ces mesures.
n Les syndicats de bassin versant de Seine-Maritime ont mis en place des PCAHD : plans
concertés entre élus, agriculteurs et animateurs afin d’apporter une solution globale à l’échelle de « chemins de l’eau ». Ces syndicats, qui pourraient évoluer en EPAGE, prennent la maitrise d’ouvrage de travaux d’hydraulique douce afin d’impulser une dynamique d’aménagement. L’ensemble de ces aménagements est recensé à l’échelle de l’ex-Haute-Normandie grâce à la base de données BD-Castor.
n Indication coût
Niveau 1 à 2 : les chaussées drainantes
coûtent 240 à 450 €/mètre linéaire en
investissement pour une durée de trente
ans. Les noues et fossés coûtent 17 €/ml
en investissement pour une durée de trente
ans. Pour la communauté d’aggloméra-
tion d’Hénin-Carvin, l’installation de noues
avec plantes vivaces amphibies couvre-sol
pour des noues légèrement profilées d’une
emprise totale de trois mètres de large
sur une longueur de 500 mètres a coûté
10 605 € (en 2009), l’entretien courant étant
chiffré à 1 500 €/an. La mise en place des
haies à vocation d’infiltration représente
un investissement de 15 à 17 €/ml (jusqu’à
60 € pour les haies denses), pour un coût
d’entretien estimé à 3 €/ml/an (sachant que
l’entretien peut donner lieu à valorisation
par bois de chauffe par exemple). La PAC
peut attribuer une aide de mise en place
d’environ 84 €/ha pour atteindre les 5 % de
terre arable exigés pour le paiement vert.
Au-delà il est possible d’ajouter une aide
pour la mise en place de mesures agro-
environnementales et climatiques, entre 50
et 900 €/ha selon l’exigence environnemen-
tale des mesures et les couverts visés.
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : forma-
tion et sensibilisation des agriculteurs et
des collectivités, implication des syndicats,
prise en charge de la mesure optionnelle
ruissellement de la GEMAPI par une col-
lectivité territoriale dépassant les échelles
locales avec possibilité de déléguer au syn-
dicat mixte.
• Réglementaire : élaboration de plans
communaux d’hydraulique douce.
• Financier : soutien des filières valorisant
les haies (chaufferies au bois utilisant en
priorité du bois) produit localement.
+ Co-bénéfice paysage.
23 - Mission sur le fonctionnement hydrologique du bassin de la Seine -
Éléments de diagnostic et premières propositions, AESN-DRIEE (2016)
24 - Lee et al (2012) et Ahiablame et Shakya (2016)
25 - http://www.bvarques.fr/nos-actions/limiter-l-%C3%A9rosion-et-le-ruissellement-agricole/hydraulique-douce/
26 - http://www.chambre-agriculture-76.fr/environnement/eau/lutte-contre-lerosion-et-le-ruissellement/lhydraulique-douce-en-video/risques d'inondations.
Collectivités
collectivité
see sur Les toitures, murs
ots de chaleur urbains.
consommatrices d’eau,
iener puisque leur cycle de vie s'étale sur une plus longue période.
ir une durée de vie de trente ans.
5 atmosphériques).
21
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Collectivités
Action A.4 . Fixer un objectif par collectivité
de couverture végétalisée sur les toitures, murs
et surfaces piétonnes d’ici 2022
avec des végétaux judicieusement choisis
Les toits verts 27 réduisent la quantité de chaleur transférée du toit vers l’intérieur du bâti- ment grâce à l’évapotranspiration et à l’ombrage créé par les plantes et les arbres. Ils sont utiles globalement pour réduire les volumes d’eaux de ruissellement à l’échelle annuelle ou pluriannuelle mais cet abattement est variable 28 d’un événement pluvieux à l’autre 29. Les murs végétaux 30 sont des écosystèmes verticaux qui créent un microclimat abaissant substantiellement la température de l’enveloppe du bâtiment et améliorant le comporte- ment énergétique de celui-ci, ils procurent également une meilleure isolation thermique en hiver. Ces installations végétales constituent donc une solution efficace, durable vis-à-vis des ressources en eau, et relativement peu coûteuse pour l’adaptation du bâti existant et à venir au risque d’îlots de chaleur urbains.
Action A.5 . Choisir des espèces peu consommatrices d’eau,
rafraîchissantes, assainissantes ou épuratives,
des essences régionales ou résistantes aux conditions
pédo-climatiques futures pour l’aménagement
des espaces urbains et l’intégration du végétal
en milieu urbain et diversifier les espèces
La végétalisation des villes est une action destinée à relever plusieurs défis : la désimper- méabilisation des sols, la lutte contre les îlots de chaleur urbains et le développement des trames vertes et bleues. Les espèces de plantes choisies doivent être robustes, consommer peu d’eau et être arrosées autant que possible avec de l’eau de pluie (gravitaire ou récupérée) pour ne pas augmenter parallèlement les demandes en eau. Une réflexion spécifique pour les arbres est à mener puisque leur cycle de vie s’étale sur une plus longue période.
27 - https://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/988_MesuresIlotsChaleur.pdf
28 - CSTC Belgique, 2007 – CSTB/LEESU/ADIVET/CD92, 2009 - CEREMA : D. Ramier, 2016
29 - L’efficacité dépend du type de toiture végétalisée, les toits verts sont par contre peu efficaces pour les pluies fortes à exceptionnelles, le cumul d’eau de l’événement pluvieux dépassant souvent les capacités de stockage de la toiture (cf expérimentations en cours dans « exemples »)
30 - Kingsbury et Dunnett, 2008
n Objectif(s) visé(s)
• Prévenir les risques d’inondations.
• Protéger la biodiversité et les services
éco-systémiques
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Métropoles et centres urbains.
n Atténuation
Impact positif
n Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021
• Orientation 2 : Maîtriser les rejets
par temps de pluies en milieu urbain :
« Développer et accroître les surfaces d’es-
paces verts, par exemple en utilisant les capa-
cités des documents d’urbanisme, comme les
PLU, pour fixer des règles de surface d’espaces
verts de pleine terre de la surface totale de tout
nouvel aménagement urbain (cf. article L.123-
1-5 du Code de l’urbanisme) ».
n Subventionné par le 10e programme de
l’Agence de l’eau : notamment : « Favoriser
la bonne gestion des apports par temps de
pluie dans la conception et la réalisation
des projets d’urbanisme et d’aménagement
urbain (par exemple : végétalisation et aména-
gements paysagers). » ; « Gestion à la source
des eaux pluviales ».
n Indication coût
Niveau 1. La plantation d’arbres ou de plantes
implique des aménagements de voiries et
des coûts d’entretien. Les toitures végéta-
lisées coûtent 40 à 70 €/m3 en investisse-
ment, pour une durée de vie de trente ans.
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
• Technique et méthodologique : formation
d’écojardiniers, sensibilisation et informa-
tion du public sur les risques liés à l’usage
des phytosanitaires. Réalisation et diffusion
d’un retour d’expériences (bonnes pra-
tiques, écueils à éviter) sur les toitures et
murs végétalisés.
+ Co-bénéfice santé (les plantes et arbres
captent les pollutions atmosphériques).
+ Co-bénéfice activités récréatives et lien
social (si jardinage et agriculture urbaine
possible).22
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
1CompCsistnipCidussrx
n La ville de Paris, dans son Plan Climat
Énergie 31, s’engage dans son Action 20 :
sélectionner et planter de nouvelles espèces
végétales adaptées au climat futur. Elle mène
dans un premier temps des études sur l’évo-
lution des gammes végétales en ville tenant
compte du contexte de pollution, chaleur,
sécheresse, maladies, incendies, tempêtes
et raréfaction des ressources en eau ainsi
que des propriétés de rafraîchissement et de
gestion des eaux pluviales.
n La ville de Crépy-en-Valois 32 a souhaité
valoriser les eaux pluviales par la maîtrise des
pollutions et la réduction des volumes d’eaux
de pluie dirigés vers les réseaux d’assainisse-
ment dès l’origine du ruissellement dans les
aménagements urbains et la prise en compte
de la nature au travers de ces projets.
n Les collectivités d’Arcueil et des Mureaux
ont adopté dès 2004, avec le soutien de
l’Agence de l’eau, des toitures végétalisées.
D’après les retours d’expériences, les diffi-
cultés ne résidaient ni dans l’entretien (très
faible) ni dans les potentiels problèmes
31 - http://www.paris.fr/municipalite/action-municipale/paris-pour-le-climat-2148
32 - http://www.capitale-biodiversite.fr/experiences/zonage-et-gestion-alternative-des-eaux-pluviales-et-gestion-differenciee
engendrés (étanchéité) mais dans l’intégra-
tion d’une composante paysage dans les tra-
vaux de bâtiment. Des entreprises proposent
un service complet de conception-réalisa-
tion. Des expérimentations sont en cours
sur des structures de stockages renforcées
sous complexe végétal. Cependant, l’aug-
mentation du stockage en toiture imposera
un dimensionnement de structure renforcée
pour tenir compte de la charge supplémen-
taire liée à la quantité d’eau stockée.
n Des exemples en Seine Saint Denis ont
montré que les toits verts pouvaient retenir
5 à 10 mm de hauteur de pluie pour envi-
ron 90 % des événements pluviaux étudiés.
D’autres travaux ont confirmé l’efficacité de
ces toitures pouvant réduire de 60 à 70 % le
volume d’une pluie d’orage. Pour les évé-
nements pluvieux dépassant la capacité
de stockage des surfaces végétalisées, les
écoulements peuvent être freinés mais les
surfaces végétalisées arriveront à saturation.
La réduction des volumes est donc significa-
tive pour les pluies faibles à moyennes.JRS D'EAU
contre les événements extrêmes que ces milieux nous offrent.
1 temporaire des eaux de crues.
risques d'inondations.
du bassin.
de carbone).
es d'expansion des crues
GRI).
ants agricoles
1.D.2 du PGRI).
23
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
RÉPONSE STRATÉGIQUE B
RESTAURER LA CONNECTIVITÉ
ET LA MORPHOLOGIE DES COURS D’EAU
ET DES MILIEUX LITTORAUX
Pourquoi ? Face au risque accru d’inondations et de pressions sur la biodiversité du fait d’une hausse rapide des températures et, sachant que le bassin Seine-Normandie est pres- sentie comme étant une « zone refuge » pour les espèces sur la façade littorale ouest de la France, améliorer le fonctionnement des rivières, des zones humides et des connectivités, est un enjeu essentiel pour accroître la résilience des territoires et préserver les capacités protectrices contre les événements extrêmes que ces milieux nous offrent.
Acteurs clés : Collectivités et exploitants agricoles
Action B.1 . Restaurer des zones d’expansion des crues
sur 10 % du linéaire des cours d’eau d’ici 2022
et à 20 % d’ici 2050
Les dégâts causés par les inondations en France s’élèvent en moyenne à 265 millions d’eu- ros par an (sources : données du ministère de l’Ecologie et du Développement durable). Les zones d’expansion des crues à préserver sont des secteurs inondables non urbanisés. Elles jouent un rôle majeur dans la prévention des inondations en réduisant les débits à l’aval, en amortissant l’onde de crue et en allongeant la durée des écoulements. Ces zones ont aussi leur importance dans la structuration du paysage et dans l’équilibre des écosystèmes.
Les plaines inondables jouent le rôle de réservoir naturel et contribuent ainsi à la prévention contre les inondations. Par leur capacité de rétention de l’eau, comme les zones humides, elles diminuent l’intensité des crues, et, à l’inverse, soutiennent les débits des cours d’eau en période d’étiage (basses eaux) et contribuent à recharger les nappes. Aujourd’hui sur le bassin moins de 3% des zones humides des lits majeurs sont suffisamment fonctionnelles pour jouer ce rôle, du fait de l’occupation des sols. Des reconnexions hydrauliques ou des mises en prairie sont parfois nécessaires pour permettre cette expansion. Les surinonda- tions provoquées peuvent donner lieu à indemnisation, elles sont alors qualifiées de zones de rétention temporaire des eaux de crues.
n Objectif(s) visé(s)
• Prévenir les risques d’inondations.
• Protéger la biodiversité et les services
éco-systémiques
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif (si mise en prairie pour le
stockage de carbone).
n Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021
• Orientation [SDAGE/PGRI] 32 : Préserver
et reconquérir les zones naturelles d’ex-
pansion des crues.
• Disposition D8.138 : Identifier les zones
d’expansion des crues (2.C.1 PGRI) : « Au
cours du cycle de gestion 2016-2021, les col-
lectivités territoriales ou leurs groupements
compétents, les EPTB, les préfets, les établis-
sements publics, les porteurs de SAGE, les
porteurs de PAPI sont invités à identifier les
zones d’expansion des crues à l’échelle d’un
bassin ou d’un sous bassin hydrographique ».
• Disposition D8.139 : Prendre en compte et
préserver les zones d’expansion des crues
dans les documents d’urbanisme (2.C.2 et
2.C3 du PGRI).
• Disposition D8.140 : Éviter, réduire, com-
penser les installations en lit majeur des
cours d’eau (1.D1 et 1.D.2 du PGRI).
n Subventionné par le 10e programme de
l’Agence de l’eau : « Restauration de champs
d’expansion de crues ».
n Rappel législatif et réglementaire
• Le Code civil rappelle qu’il appartient aux
particuliers de se protéger contre les petites
crues fréquentes (période de retour entre
un et cinq ans), la collectivité locale peutde retour supérieure à dix ans. ise en état
LL 11 | |
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L_1 | L LI
I I ] I ]
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24
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
prendre le relais pour les crues de période
de retour de cinq à dix ans (article L. 211-7
du Code de l’environnement) et les établis-
sements publics de bassin gèrent les crues
de période de retour supérieure à dix ans.
• Article L. 211-12 modifié par ordonnance
n° 2014-1345 du 6 novembre 2014 - art. 5 du
Code de l’environnement : « Des servitudes
d’utilité publique peuvent être instituées à la
demande de l’État, des collectivités territo-
riales ou de leurs groupements sur des ter-
rains riverains d’un cours d’eau ou de la déri-
vation d’un cours d’eau, ou situés dans leur
bassin versant, ou dans une zone estuarienne
[…] Créer des zones de rétention temporaire
des eaux de crues ou de ruissellement, par
des aménagements permettant d’accroître
artificiellement leur capacité de stockage de
ces eaux, afin de réduire les crues ou les ruis-
sellements dans des secteurs situés en aval ».
Ces servitudes sont décidées par le préfet
sur demande de l’établissement qui a un
projet de barrage de surstockage.
n Indication coût
Niveau 2. À titre d’exemple, l’Entente Oise-
Aisne a mis en place un protocole d’indem-
nisations. Des indemnités ont été payées
lors de la régulation de janvier 2011 à
Proisy (pâtures). Sur 230 ha de surinonda-
tion (jusqu’à + 5 m pendant 48 h), environ
20 000 E d’indemnités ont été versées, aux-
quels se sont ajoutés 20 000 E de ramassage
des flottants échoués dans les parcelles et
de remise en état des clôtures. Globalement
ces indemnisations restent très modestes
au regard des dommages évités et même
du coût du projet. L’Entente Oise-Aisne dis-
pose d’un fonds abondé à hauteur d’environ
500 000 E, qui permet de couvrir une crue
mobilisant ces ouvrages et de financer les
travaux de remise en état
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : Connaître
les zones d’expansion des crues (ZEC)
à préserver et restaurer, reconnexions
hydrauliques. Mettre en place une politique
pour les zones qui seraient surinondées
volontairement pour préserver des zones
habitées avec les volets suivants, dans le
cadre d’une stratégie de gestion du risque.
Définir la contribution attendue des espaces
agricoles. Développer les cultures et filières
aval correspondantes valorisant ces espaces
sans recours à l’indemnisation. S’appuyer
autant que possible sur le guide sur l’indem-
nisation des surinondations qui vient d’être
publié par les ministères de l’agriculture et
de l’environnement, la chambre d’agricul-
ture de Loire-Atlantique et la commission
mixte inondation. Formaliser ces politiques
dans des protocoles entre les maîtres d’ou-
vrage et les chambres d’agriculture. Mettre
en place une stratégie foncière des collecti-
vités (PLU, PLUI, SCOT).
• Financier : Mettre en place un fonds
indemnitaire pour l’exploitant ainsi que pour
le propriétaire si le risque de dévalorisation
du foncier est avéré. Adapter le programme
d’intervention de l’agence de l’eau pour per-
mettre l’accompagnement financier de ces
différentes actions.
1CompCsistnipCidussrx
n La zone inondable de la Bassée entre Nogent-sur-Seine et Bray-sur-Seine joue le rôle de
zone d’expansion des crues de la Seine en amont de Paris. Pour remplacer cette infrastructure naturelle par un barrage d’écrêtement des crues, il faudrait débourser entre 100 et 300 mil- lions d’euros selon Eau France 34. Ce dernier nous informe aussi que lors de ces dix dernières années, la Camargue, Redon, Charleville-Mézières ont subi de graves inondations ; sont en cause les changements d’occupation des sols et la destruction des zones humides tampons en tête de bassin versant.
n La commission locale de l’eau (CLE) Sarthe Amont a édité un guide pédagogique et pratique
des zones d’expansion des crues dans le cadre de son objectif de lutte contre les inondations.
n L’Entente Oise-Aisne 35 a voulu décliner, pour les crues de période de retour supérieure à
dix ans, le principe de solidarité de bassin et a mis en place des protocoles d’indemnisations pour servitude d’utilité publique pour surinondations. L’établissement a relevé des différences de situations qui donnent lieu à différentes indemnisations selon : les pratiques culturales, la saison d’occurrence, le zonage, la forme de la vallée, le bénéficiaire (cf. « Indications coûts »).
34 - http://www.zones-humides.eaufrance.fr/actualit%C3%A9/des-zones-humides-pour-nous-prot%C3%A9ger-des-inondations
35 - Mission sur le fonctionnement hydrologique du bassin de la Seine - Éléments de diagnostic et premières propositions, Annexe 7 : servitudes liées à la surinondation- Expérience Entente Oise-Aisne AESN-DRIEE (2016)ue possible
; cours d’eau
préserver sa qualité.
la qualité de l'eau.
es risques inondations
iSSIN.
jement climatique. Le: du Défi 6.
7 6 000 à:
osition 2 À, 2G.
L 1 L 1 | Il L L 1
LL 1 L | I I I I
25
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Tous
Action B.2 . Limiter ou supprimer dès que possible
les obstacles à l’écoulement naturel des cours d’eau
pour améliorer la circulation de l’eau,
limiter son échauffement et reconquérir des espaces
de bon fonctionnement des cours d’eau
Cette action porte sur les obstacles à la continuité (barrages, seuils,...) mais aussi sur les connexions latérales, tout en intégrant l’impact des arasements de barrages sur le niveau de certaines nappes alluviales et le devenir des zones humides riveraines. Restaurer l’écou- lement des cours d’eau permet de limiter l’échauffement de la surface de l’eau et ainsi de contribuer à préserver sa qualité.
n Objectif(s) visé(s)
• Préserver la qualité de l’eau.
• Protéger la biodiversité et les services
éco-systémiques.
• Prévenir les risques inondations
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Territoires ruraux et agricoles en priorité
mais concerne l’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif. Il convient de relever que le
bassin Seine-Normandie, en raison de sa
topographie, n’est pas propice au dévelop-
pement des équipements d’hydroélectricité,
pourtant bénéfiques dans la lutte contre le
changement climatique. En effet, même si
tout le potentiel hydroélectrique était déployé
sur le bassin, la production passerait de 1 à
2 % dans la part d’hydroélectricité nationale.
De tels investissements ne sont donc pas
recommandés compte tenu des faibles gains
attendus et des effets négatifs avérés sur
l’adaptation au changement climatique.
n Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021
• Orientation 19 : Assurer la continuité
écologique pour atteindre les objectifs
environnementaux des masses d’eau.
« La continuité écologique pour les milieux
aquatiques se définit par la circulation des
espèces et le bon déroulement du transport
des sédiments. Elle a une dimension amont-
aval, impactée par les ouvrages transversaux
comme les seuils et barrages, et une dimen-
sion latérale, impactée par les ouvrages longi-
tudinaux comme les digues et les protections
de berges. Elle permet : le bon déroulement
du transport naturel des sédiments ; la circu-
lation des espèces, notamment leur accès aux
zones indispensables à leur reproduction, leur
croissance, leur alimentation ou leur abri ; les
connexions latérales avec les réservoirs biolo-
giques ; la reconquête des formes naturelles
des rivières, notamment l’alternance des
radiers et des mouilles ; l’autoépuration ».
• Orientations 18 : Préserver et restaurer
la fonctionnalité des milieux aquatiques
continentaux et littoraux ainsi que la bio-
diversité. « Garantir une fonctionnalité opti-
male des milieux aquatiques continentaux et
littoraux par la prise en compte de l’ensemble
des phénomènes physiques (hydrauliques,
morphologiques...), biologiques et de leurs
interactions afin d’atteindre ou de maintenir le
bon état ou le bon potentiel ».
• Orientation 22 : Mettre fin à la disparition
et à la dégradation des zones humides et
préserver, maintenir et protéger leur fonc-
tionnalité du Défi 6.
• Disposition D6.68 : Décloisonner les cours
d’eau pour restaurer certains traits hydro-
morphologiques, contribuer à l’atteinte du
bon état écologique, et améliorer la conti-
nuité écologique.
• PGRI : Disposition 2 A, 2G.
n Subventionné par le 10e programme de
l’Agence de l’eau : notamment « Arasement
de seuil (suppression d’obstacles à la libre
circulation) » et « Restauration hydromor-
phologique, continuité latérale, restauration
des milieux et zones humides (y compris
par recul ou arasement de digues, quand la
restauration de milieux justifie leur mise en
œuvre, que ce soit sur le littoral ou en milieu
terrestre) ».
n Rappel législatif et réglementaire
• Article L. 211-12 modifié par ordonnance
n° 2014-1345 du 6 novembre 2014 - art. 5
du Code de l’environnement : « Créer ou
restaurer des zones de mobilité du lit mineur
d’un cours d’eau en amont des zones urbani-
sées dans des zones dites “ zones de mobi-
lité d’un cours d’eau “, afin de préserver ou
de restaurer ses caractères hydrologiques et
géomorphologiques essentiels ».
n Indication coût
Niveau 2. Les travaux menés pour le pro-
gramme de mesures ont évalué à 557,6 mil-
lions d’euros le budget pour un arasement
de 1 450 ouvrages du bassin (Grenelle,
anguilles et cours d’eau Liste 2). Selon le
type d’ouvrage et le débit d’étiage du cours
d’eau, le coût de son effacement est sus-
ceptible de varier d’un facteur 100 soit une
fourchette de 16 000 à 1 600 000 E.
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : cartogra-
phie des cours d’eau incluant le petit che-
velu, formation et sensibilisation des collec-
tivités et agriculteurs, chartes...
• Financier : programme d’aides de l’agence.
1CompCsitnspCsduiirx
n Afin d’améliorer la gestion des aléas inondations, le syndicat de l’Orge (SIVOA) choisit de
retirer les freins hydrauliques (pont Duparchy, clapets, seuils), d’acquérir des zones inon- dables, d’élaborer puis de suivre et d’animer une politique « zéro rejet » d’eaux pluviales pour toute construction nouvelle (règle inscrite dans le règlement d’assainissement du syndicat). Ces démarches ont eu pour effet de limiter les dégâts de la crue de juin 2016.risques d'inondations.
sposition 2 À, 2E.
zones humides.
ants agricoles
ie foncière
sservation
(en 1
Jn guide.
(PSE).
antre la fin 2011 et La mi-2015.
e
verte et bleue.
26
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
1CompCsistnipCidussrx
n Dans le cadre de la gestion écologique de
zones humides, le Conservatoire d’espaces
naturels de Haute-Normandie 38 a engagé
un programme d’actions de restauration
sur onze zones humides dont il a la maîtrise
d’usage ou foncière. Ces travaux de nettoyage
des déchets, de taillage et de débroussail-
lage, de mise en pâturage extensif etc ont été
réalisés entre la fin 2011 et la mi-2013.
n Le SAGE Marne Confluence prévoit la
protection et le suivi des zones humides
dans les documents d’urbanisme, l’intégra-
tion de cet enjeu dans les projets d’aména-
gement, la gestion écologique et la création
de milieux humides dans le cadre de leur
trame verte et bleue.
Acteurs clés : Collectivités et exploitants agricoles
Action B.3 . Définir une stratégie foncière
et d’aménagement pour la préservation
des zones humides et des interfaces littorales
Les zones humides jouent un rôle dans la stabilisation et la protection des sols : la végétation, adaptée à ce type de milieu fixe les berges, les rivages. Elle participe à la protection des terres contre l’érosion, freine la vitesse du courant lors de crues et possèdent des capacités auto- épuratoires (lieu de dénitrification et d’élimination de certains polluants). Les tourbières ne couvrent que 3 à 4 % des terres émergées de la planète mais sont reconnues comme d’impor- tants puits de carbone qui stockent 25 à 30 % du carbone dans les écosystèmes terrestres, soit deux fois plus que les forêts du monde; leur drainage et leur transformation pour d’autres usages sont d’importantes sources d’émissions. Les zones humides ont un rôle fondamental à jouer dans le cycle du carbone et dans l’atténuation des changements climatiques mais elles aident aussi les populations, les espèces et les éco-systèmes à s’adapter à ces changements.
En évitant les projets portant atteinte aux zones humides et à leur bassin d’alimentation hydrologique. En l’absence de solution d’évitement ou de réduction des impacts d’un projet, accroitre l’exigence de compensation sur les zones les plus vulnérables au changement climatique.
En prenant davantage en compte les milieux dans la gestion du trait de côte: en préservant ou restaurant sa mobilité, la reconnexion des milieux et la continuité écologique dans les inter- faces terre-mer
En intégrant systématiquement dans les politiques d’urbanisme et les documents cadres ou contractuels (PLU, PLUI, SCOT, PLH, PDU, PADD, DOO), le maintien ou la restauration des zones humides et des interfaces terre-mer et les mesures d’interdiction ou règles qui y sont rattachées.
En privilégiant la suppression des digues en petit côtier (en 1 er rang, possibilité de faire des digues en 2e rang) ; recherche de foncier et de solutions alternatives
n Objectif(s) visé(s)
• Protéger la biodiversité et les services
éco-systémiques.
• Prévenir les risques d’inondations.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif. Les zones humides stockent
du carbone.
n Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021
• Défi 6 : Protéger et restaurer les milieux
aquatiques et humides.
• Orientation 22 : Mettre fin à la disparition
et à la dégradation des zones humides et
préserver, maintenir et protéger leur fonc-
tionnalité.
• PGRI : Disposition 2 A, 2E.
n Subventionné par le 10e programme de
l’Agence de l’eau : « Les indemnisations pour
changements de pratique ou de systèmes
agricoles permettant de protéger les zones
humides et les milieux aquatiques » ; « Sont
éligibles au titre des études : la délimitation
et l’inventaire des zones humides » ; « Les
acquisitions foncières ne sont éligibles que
si la pérennité de l’acquéreur et de la gestion
foncière protectrice des milieux est garantie ».
n Rappel législatif et réglementaire
Le Code de l’environnement (art. L. 211-1)
affirme que la préservation et la gestion
durable des zones humides sont d’inté-
rêt général. Il souligne que les politiques
nationales, régionales et locales d’aménage-
ment des territoires ruraux doivent prendre
en compte l’importance de la conservation,
l’exploitation et la gestion durable des zones
humides qui sont au cœur des politiques de
préservation de la diversité biologique, du
paysage, de gestion des ressources en eau
et de prévention des inondations. En consé-
quence, les aides publiques doivent être
attribuées pour soutenir une agriculture, un
pastoralisme, une sylviculture, une chasse,
une pêche et un tourisme adaptés à la ges-
tion durable des zones humides.
n Indication coût
Niveau 1 à 2. Reconnues pour leur régu-
lation du régime des eaux (recharge des
nappes, contrôle des crues, épuration des
eaux etc), les nombreux bénéfices éco-
nomiques des zones humides alluviales
fonctionnelles sont estimés à 1 613 €/ha/
an soit 22 fois le coût de l’entretien de leur
entretien. Le coût d’entretien des zones
humides est évalué entre 254 et 521 €/
ha/an (CGDD, 2010). Par ailleurs des MAE
peuvent être attribuées aux agriculteurs
pour la gestion des zones humides : la MAE
« Gestion des prairies humides par pâturage
extensive ou fauche tardive sans fertilisation »
de 203,98 €/ha/an et la MAE « Gestion des
prairies mésophiles de bord de cours d’eau ou
riveraines de zones humides par pâturage ou
par fauche avec limitation de fertilisation » de
147,28 €/ha/an.
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : s’assurer
qu’un plan de gestion est bien en place sur
les zones humides acquises et que des
mesures pérennes de protection sont mises
en place. Favoriser des engagements plu-
riannuels pour l’entretien, développer l’ani-
mation permettant l’acquisition foncière des
zones humides, s’appuyer sur un opérateur
de type « Conservatoire du littoral » pour les
acquisitions réalisées par l’Agence de l’eau.
Acquisition foncière des zones humides
par les établissements publics tels que
SAFER ou EPF. Définir et délimiter les zones
humides et les répertorier dans un guide.
• Financier : développement des paiements
pour services environnementaux (PSE).
38 - http://www.cren-haute-normandie.com/index.php/
travaux-de-gestion-de-zones-humides; trames vertes et bleues
D rs
>
EE
> [|
ntion des matières en suspension et de zones de frayère.
la qualité de l'eau
n aux PLU
n annuel [moins de 5).
osition 2 À
27
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Collectivités et exploitants agricoles
Action B.4 . Renforcer les trames vertes et bleues
En inscrivant dans les documents d’urbanisme (PLU, SCOT) les bordures de rivières.
En implantant autant que possible de la ripisylve en bordure de petits cours d’eau pour limiter l’échauffement des eaux superficielles.
En développant des « micro-réservoirs » de diversité.
La trame verte et bleue est un réseau formé de continuités écologiques terrestres et aqua- tiques identifiées par les schémas régionaux de cohérence écologique (SRCE) ainsi que par les documents de planification de l’État, des collectivités territoriales et de leurs groupements. De nombreux cours d’eau ne bénéficient plus de l’ombrage des arbres, qui en parallèle jouent un rôle de rétention des matières en suspension et de zones de frayère.
n Objectif(s) visé(s)
• Protéger la biodiversité et les services
éco-systémiques.
• Préserver la qualité de l’eau
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation : Impact positif.
n Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021
• 4.2.1 : la prise en compte du changement
climatique dans le SDAGE : « Par exemple,
l’orientation 19 relative à la continuité écologique,
raison d’être de la trame verte et bleue, doit per-
mettre d’améliorer la migration des espèces ».
• Orientation 19 : assurer la continuité éco-
logique pour atteindre les objectifs environ-
nementaux des masses d’eau : « La restau-
ration de la continuité écologique est un enjeu
qui concerne l’ensemble des cours d’eau du
bassin. Elle vise à améliorer le fonctionnement
des cours d’eau et la biodiversité et participe à
l’atteinte du bon état des masses d’eau […] Les
documents d’urbanisme tels que les SCOT,
PLU, PLUi et cartes communales doivent être
compatibles ou rendus compatibles avec l’ob-
jectif général de restauration de la continuité
écologique ».
• D2.16 : protéger les milieux aquatiques des
pollutions par le maintien de la ripisylve natu-
relle ou la mise en place de zones tampons.
• PGRI : Disposition 2 A
n Subventionné par le 10e programme de
l’Agence de l’eau : « L a préservation et la
reconquête écologique des milieux humides et
aquatiques, le rétablissement de la continuité
écologique, la renaturation, la restauration et
l’entretien des milieux aquatiques et humides ».
n Rappel législatif et réglementaire
• La loi n°2010-788 du 12 juillet 2010 por-
tant engagement national pour l’environne-
ment (Grenelle 2) introduit la Trame verte
et bleue dans le code de l’environnement
(article L. 371-1 et suivants modifié par la
loi biodiversité de 2016), avec sa définition,
ses objectifs, le dispositif de la TVB et le lien
avec les SDAGE : « La trame verte et la trame
bleue ont pour objectif d’enrayer la perte de
biodiversité en participant à la préservation,
à la gestion et à la remise en bon état des
milieux nécessaires aux continuités écolo-
giques, tout en prenant en compte les activités
humaines, et notamment agricoles, en milieu
rural ainsi que la gestion de la lumière artifi-
cielle la nuit ».
• Après la finalisation des schémas régio-
naux de cohérence écologique, la loi pour
la reconquête de la biodiversité du 8 août
2016 vient renforcer la Trame verte et bleue
avec la création de l’Agence nationale pour
la biodiversité et du Comité national de la
biodiversité pour accompagner les acteurs
de la biodiversité et de l’aménagement du
territoire.
n Indication coût
Niveau 1 à 2. La plantation d’une ripisylve
adaptée coûte de l’ordre de 25 € le mètre
linéaire (hors éventuel terrassement), aux-
quels il faut ensuite ajouter quelques €/ml
pour l’entretien annuel (moins de 5).
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : forma-
tion et sensibilisation des collectivités et
agriculteurs, cartographie des cours d’eau
intégrant le petit chevelu, l’acquisition fon-
cière des rives par la collectivité, notam-
ment dans les villages et villes, permet
d’implanter une ripisylve. Définir et délimi-
ter les ripisylves et les répertorier dans un
guide.
• Réglementaire : Inscription aux PLU
• Financier : Au-delà des aides de l’agence,
la CDC Biodiversité, filiale de la Caisse des
dépôts et consignations, lance le programme
Nature 2050 pour attirer de nouveaux acteurs
vers des actions de restauration de la biodi-
versité et d’adaptation des espaces naturels
au changement climatique. Soutenu par un
large éventail de partenaires, du monde de
la recherche aux associations et aux entre-
prises, Nature 2050 prévoit plusieurs modes
opératoires. L’appel à projets « Initiative pour
la biodiversité » doté de 10 M€, qui est lancé
fin 2016 par l’Agence de l’eau, permettra de
faire émerger des projets, dans le cadre de
la mise en œuvre de la loi biodiversité, en
articulation avec les régions, qui sont en
application de la loi, sont chefs de file des
collectivités.
1CompCsistnipCidussrx
n Le département de Seine-Saint-Denis 39
a des espaces naturels très morcelés du fait
des nombreuses infrastructures qui les tra-
versent. Dans le cadre de sa réflexion sur la
trame verte et bleue, le département a mis en
place, dès 2009, un chemin des parcs partagé
par les piétons et les vélos avec des infras-
tructures paysagères et écologiques pour la
connectivité des espèces végétales et ani-
males. Le parc d’affaire Paris Nord 2 a instal-
lé un verger en libre accès, la ville de Bobigny
quant à elle, a valorisé une ancienne gare en
jardin en friche.
n Sur le bassin Artois-Picardie, le partenariat
Agence de l’eau - CRPF a permis d’avoir un
acteur forestier dans la restauration des boi-
sements rivulaires et leur entretien. En parte-
nariat avec les acteurs de l’eau, le CRPF Hauts
de France a mené la restauration de ripisylves
sur 114 sites pour un linéaire de 93 km.
n Le SAGE Marne Confluence a intégré des
objectifs de qualité paysagère liés à l’eau
dans les documents d’urbanisme ainsi que
dans tous les projets d’aménagement. Les
aménageurs reconnaissent ainsi l’importance
des ripisylves et des habitats naturels pour la
biodiversité et les cours d’eau.
n Les études du Grand Troyes en 2015 en
matière de trame verte et bleue ont identi-
fiés de multiples objectifs : écologiques tout
d’abord : réduire la fragmentation des milieux,
permettre le déplacement des espèces, pré-
parer l’adaptation au changement climatique,
préserver les services rendus par la biodiver-
sité (qualité des eaux, pollinisation, préven-
tion des inondations…). Mais aussi paysagers,
économiques, environnementaux au sens
large. Fort de ces études, un plan d’actions
trame verte et bleue va donc être déployé pour
prendre en compte l’enjeu de biodiversité face
au changement climatique.
39 - http://parcsinfo.seine-saint-denis.fr/La-trame-verte-et-bleue.htmldu bassin
ssances sur Les impacts
Favoriser l'innovation,
ives notamment
ces afin de décupler les bonnes pratiques.
28
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
RÉPONSE STRATÉGIQUE C
COPRODUIRE DES
SAVOIRS CLIMATIQUES LOCAUX
Pourquoi ? Favoriser et développer le dialogue, le partage d’expérience et la diffusion des savoirs entre chercheurs, acteurs locaux de terrain et population pour permettre la coproduc- tion des savoirs climatiques et hydroclimatiques locaux autour de l’adaptation, devraient amé- liorer l’appropriation des enjeux et des solutions par les acteurs locaux. Les collectivités, les associations de citoyens ou de consommateurs, les syndicats, les chambres d’agriculture ou les chambres de commerce et d’industrie entre autres ont un rôle d’information et d’animation particulièrement important dans la compréhension des enjeux et l’appropriation des actions.
Acteurs clés : Tous
Action C.1 . Développer la formation des acteurs du bassin
Pour avoir une efficacité ancrée, la stratégie doit intégrer des actions de formation des élus, des professionnels et de la population.
En organisant des ateliers locaux de formation et de participation des élus à l’élaboration de plans de gestion et d’adaptation au changement climatique à l’échelle du bassin versant (par exemple : des ateliers, des randonnés pédagogiques, des projections débats etc).
En encourageant le développement de cycles de formations continues spécifiques aux questions climatiques et d’adaptation, à destination des professionnels de l’eau et des usa- gers du bassin.
En sensibilisant les consommateurs aux conséquences de leurs pratiques, à l’empreinte eau de leur consommation et à leur rôle dans la réduction de leur empreinte sur le cycle de l’eau.
En simulant des exercices de crise des ressources en eau pour que les différents usa- gers puissent organiser des plans d’action.
Action C.2 . Diffuser les connaissances sur les impacts
environnementaux, économiques, politiques et sociétaux
et stimuler les collectifs citoyens de partage
et de coproduction de savoirs climatiques locaux
En soutenant par exemple des actions de sensibilisation des jeunes publics aux questions d’impacts des changements climatiques, d’atténuation et d’adaptation, dans le cadre sco- laire ou para-scolaire (par ex. via des associations travaillant sur la vulgarisation scientifique).
Action C.3 . Favoriser l’innovation,
le travail pluridisciplinaire et le développement
des réseaux d’initiatives notamment
via des appels à projets plaçant l’innovation
et le changement climatique au cœur des critères
L’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques sont des leviers de recherche et de développement qui permettent de redéfinir ou de faire progresser nos pratiques voire nos sociétés entières grâce à des innovations techniques et/ou organisationnelles. Les collec- tivités sont invitées à donner une place importante à l’expérimentation qui est une manière proactive de se projeter dans ce défi de long terme mais aussi un moyen de fournir des retours d’expériences afin de décupler les bonnes pratiques.miques, etc.
:s élus à se former davantage.
29
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
n Objectif(s) visé(s)
Tous.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition L2.174 : Former les acteurs
ayant des responsabilités dans le domaine
de l’eau « Pour augmenter les chances d’at-
teindre les objectifs du SDAGE, il est néces-
saire que les acteurs ayant des responsabi-
lités dans le domaine de l’eau soient formés
aux enjeux de la gestion de l’eau, notamment
par la réalisation des classes d’eau non sco-
laires », notamment les membres du bas-
sin et des commissions territoriales, les
maîtres d’ouvrage, les membres de la CLE,
des représentants de la société civile, les
acteurs économiques, etc.
n Rappel législatif et réglementaire
Le droit à la formation fait partie du statut
de l’élu local. Malgré des besoins impor-
tants dus à une gestion locale de plus en
plus complexe, il reste très peu utilisé. De
nouvelles dispositions, en place depuis le
1er janvier 2016, visent à renforcer ce droit
et inciter les élus à se former davantage.
n Indication coût
Niveau 1.
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
• Technique et méthodologique : Vulgariser
les documents scientifiques qui permettent
de mieux comprendre les vulnérabilités des
territoires et leur adaptation au change-
ment climatique. Développer des outils de
1CompCsistnipCidussrx
n Hyccare 40 : HYdrologie, Changement Climati
que, Adaptation, Ressource en Eau.
Hycarre Bourgogne est un projet de recherche
action partenarial et pluridisciplinaire qui vise
à mettre à disposition des décideurs locaux
des outils leur permettant de mieux prendre
en compte le changement climatique dans
la gestion de l’eau. Pour atteindre cet objectif
opérationnel, le projet a été construit autour de
deux axes : l’élaboration de connaissances sur
le changement climatique et ses impacts sur
la ressource en eau (débits des cours d’eau,
réserve en eau des sols) à une échelle fine et en
continu, d’une part ; et l’analyse des perceptions
et de l’intégration du changement climatique
dans les dispositifs actuels de gestion de l’eau
sur plusieurs bassins versants bourguignons,
d’autre part. Alterre, agence régionale pour l’en
vironnement et le développement soutenable,
en a assuré la coordination du fait de son rôle
reconnu de plateforme d’échanges entre cher
cheurs, institutionnels et acteurs locaux.
n LICCO 41 (Living with a Changing Coastline) est
un projet partenarial Transmanche coordonné
par le Conservatoire du littoral, qui accompagne
les populations côtières pour comprendre, se
préparer et s’adapter aux effets du changement
climatique, de l’élévation du niveau de la mer et de
l’érosion sur leur littoral. Le projet a commencé
en avril 2011 et s’est terminé en septembre 2014.
Leurs leviers d’action : utiliser le passé comme
témoin des changements, des évènements qui
ont pu toucher notre littoral et sa mobilité per
pétuelle ; appréhender les enjeux et la commu
nication avec les acteurs locaux, et ce grâce à des
rencontres, des ateliers, des évènements ; étu
dier les effets du changement climatique sur les
environnements naturels et humains. Sept sites
ont été choisis pour leur géomorphologie côtière,
leur biodiversité, leur type de gouvernance et
d’usages et trois sites sont encore suivis. Ces
rencontres ont vocation à faire changer les men
talités et de démontrer l’utilité fondamentale des
zones humides et des interfaces littorales pour la
protection du territoire face à l’élévation du niveau
marin et aux événements extrêmes.
n De plus, la Région Normandie offre avec le
projet « Notre littoral pour demain » des for-
mations à l’attention des élus et du personnel
technique des collectivités sur les questions
d’échelle géographique, temporelle, climati-
que en les mettant en relation avec les enjeux
socio-économiques des territoires
n L’établissement public d’aménagement
de Marne-la-Vallée 42 avec ses écoquartiers
redonne sens au « vivre ensemble » au-delà de
son caractère écologique. En 2014, l’écoquar-
tier de Montévrain a été reconnu « engagé dans
la labellisation Écoquartier » par le Ministère
du logement et de l’égalité des territoires.
Dans cette logique, les projets d’écoquar-
tiers retiennent un mode de gouvernance qui
implique les différentes parties prenantes et
favorise la concertation. Ainsi, à Bussy-Saint-
Georges et Montévrain, les équipes chargées
de la conception et de la mise en œuvre des
projets sont composées à la fois de techniciens
de la commune et d’Epamarne. À Bussy-Saint-
Georges, ce travail technique, orienté en amont
lors de rencontres avec les partenaires sous
forme d’ateliers thématiques collaboratifs, est
validé par un comité de pilotage réunissant les
élus de la commune, le directeur général d’Epa-
marne et les partenaires territoriaux associés.
À Montévrain, des ateliers thématiques ont été
organisés avec les élus pour définir les objectifs
et aboutir à la signature d’une charte du déve-
loppement durable. Des « rendez-vous de l’éco-
quartier » sont proposés à la population et aux
usagers. Sept rendez-vous ont eu lieu : ils ont
permis de présenter la charte du développement
durable, le plan guide et prendre connaissance
des attentes des habitants du nouveau quartier
et du bourg ancien, et de faire un premier retour
d’expérience.
communication et les outils pédagogiques.
Accompagner le développement des ser-
vices climatiques, organiser des consulta-
tions publics, des réunions de sensibilisation
et des ateliers de co-construction de projet.
Développer les partenariats avec les orga-
nismes professionnels spécialisés pour offrir
des formations techniques aux profession-
nels (chambres de commerce et d’industrie,
centres de formation et d’apprentissage…).
Mettre en place au niveau de l’agence et des
collectivités des outils internet (blog, forum)
dédiés au partage d’expérience sur les ques-
tions d’adaptation. Intégrer systématique-
ment un volet « changement climatique »
dans les classes d’eau à destination des usa-
gers du bassin. En soutenant par exemple,
les « organismes frontières » en capacité de
faire des ponts entre milieux académiques et
acteurs locaux.
43 - http://expe.parisandco.com/projet/214%20/%20urbanlab@parisandco.com
44 - https://www.seine-saint-denis.fr/-conseil-departemental-.html
45 - http://www.territoires-climat.ademe.fr/demarches-outils/climat-pratic
40 - http://www.alterrebourgognefranchecomte.org/r/127/projet-de-recherche-hyccare
41 - http://www.licco.eu/what-is-licco/?lang=fr
42 - http://www.epa-marnelavallee.fr/
n La ville de Paris et son Urban lab Paris & co 43 ont
lancé un appel à expérimentations sur l’adapta-
tion au changement climatique, en partenariat
avec l’ADEME, l’Agence parisienne du climat,
Eau de Paris et le réseau 100 Resilient Cities.
Quatre grandes thématiques de l’adaptation
au changement climatique ont été retenues
pour cet appel à expérimentations : le rafraî-
chissement de la ville (bâtiments et espace
public) ; l’économie des ressources en eau ; le
renforcement du lien social ; la modularité des
espaces et des modes de vie. Le choix de ces
thématiques a été guidé par la combinaison de
trois facteurs : leur pertinence de réponse aux
enjeux de l’adaptation, leur inclusion dans les
objectifs stratégiques de la ville et enfin leur
potentiel d’expérimentation, dans le cadre per-
mis par la réglementation.
n Le département Seine-Saint-Denis 44, sou-
cieux de poursuivre les efforts engagés pour
la COP21, a lancé son réseau des acteurs de
la transition écologique de Seine-Saint-Denis.
L’Appel pour la transition écologique des quartiers
populaires, signé par vingt-et-un maires et prési-
dents de territoires le 12 février 2016, pointe des
objectifs ambitieux dans de nombreux domaines
(rénovation énergétiques, mobilités durables,
économie verte, mobilisation des acteurs locaux
etc.). Par la suite, ils souhaitent se doter d’un
cadre collectif d’échange, de partage de projets,
de mise en réseaux et d’impulsion des futurs
engagements en matière d’écologie urbaine.
Deux thèmes pour cette première édition seront
particulièrement abordés : les mobilités durables
et la nature en ville.
n Climat Pratic 45 est un outil d’aide à l’éla-
boration et à la mise en place d’une politique
« climat-air-énergie » ou d’un plan climat-
air-énergie territorial (PCAET). Destiné aux
communes et intercommunalités de moins de
50 000 habitants, aux pays et aux PNR, il per-
met de les guider pas à pas pour définir rapi-
dement un programme d’actions « climat-air-
énergie » adapté à leur territoire.ueuse des cycles sylvicoles.
Lture plus resiliente
30
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
RÉPONSE STRATÉGIQUE D
DÉVELOPPER LES SYSTÈMES AGRICOLES
ET FORESTIERS DURABLES
Pourquoi ? L’agriculture et la forêt sont deux secteurs particulièrement concernés et déjà touchés par les dérèglements climatiques. L’agriculture traverse une grave crise struc- turelle qui déstabilise l’activité économique ; mais elle est sans conteste un secteur clé d’adaptation du bassin et porteur de solutions durables. Dans une perspective de plafon- nement ou de baisse des rendements causés notamment par les sécheresses prolongées, la baisse des ressources en eau ou encore les événements de forte pluie, les mesures qui permettent à l’agriculture de faire face aux chocs climatiques vont également dans le sens d’une meilleure résilience économique : rendre l’agriculture plus robuste et résiliente per- mettra de sauvegarder de bons rendements sur le long terme. La forêt, pour jouer pleine- ment son rôle de puits carbone et de réservoir de biodiversité, doit avoir une gestion plus durable et plus respectueuse des cycles sylvicoles.
Acteurs clés : Exploitants agricoles
Action D.1 . Rendre l’agriculture plus résiliente
et robuste face au changement climatique
En allongeant les rotations culturales et en diversifiant les cultures.
En diversifiant les variétés à la parcelle.
En privilégiant les systèmes de cultures et variétés sobres en eau, adaptés aux condi- tions pédo-climatiques locales et favorables au développement de la biodiversité cultivée.
Il s’agit de diversifier les cultures afin d’une part de diminuer les risques naturels et éco- nomiques face aux événements extrêmes (échaudages, pluies, maladies…), en privilégiant notamment les systèmes multivariétaux (privilégier les mélanges de variétés dans une même parcelle voire de population), mais aussi en choisissant des cultures plus adaptées, pouvant être semées en associations complexes (légumineuses et céréales) et fournisseuses de valeur ajoutée importante (lentilles, fèves, céréales nouvelles : épeautres, …).
En développant l’agroforesterie.
Ce sont toutes les pratiques agricoles qui intègrent l’arbre dans un environnement de pro- duction, et s’inspirent, en termes agronomiques, du modèle de la forêt. Plusieurs systèmes existent : formes bocagères, prés-vergers, prés-bois, alignements de peupliers ou encore plantations de noyers associées à l’élevage ou d’autres essences associées aux cultures. Cette pratique traditionnelle est aujourd’hui remise au goût du jour avec les innovations actuelles car elle permet une meilleure utilisation des ressources, une plus grande diversité biologique et la création d’un micro-climat favorable à l’amélioration des rendements 46 dans la perspective de réchauffement climatique.
En développant la sélection et la conception (notamment participative) de semences, de mélanges variétaux et/ou de populations résilients et adaptés localement.
Outre les recherches menées par les grands semenciers ou par l’INRA à plus grandes échelles sur des variétés résistantes au stress hydrique, ce même institut de recherche travaille aussi avec des agriculteurs et des associations sur la sélection participative des semences et sur les mélanges de variétés répondant à leurs besoins spécifiques et aux conditions pédo-climatiques. La prise en compte de la diversité des territoires et l’usage de variétés adaptées aux conditions pédo-climatiques locales permet de sélectionner les varié- tés les plus résistantes aux variations météorologiques et donc de mieux garantir un revenu en cas d’événements météorologiques perturbants.
46 - http://agriculture.gouv.fr/lagroforesterie-comment-ca-marchela qualité de l'eau.
dépendance à l'eau.
es de l'ordre de 50
)ays.
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n Objectif(s) visé(s)
• Protéger la biodiversité et les services
éco-systémiques.
• Préserver la qualité de l’eau.
• Réduire la dépendance à l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Territoire ruraux et agricoles.
n Atténuation
Impact positif.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition D3.30 : Réduire le recours aux
pesticides en agissant sur les pratiques :
« Ces systèmes favorisent la diversité afin
de développer la résistance naturelle des
cultures aux maladies et aux ravageurs (par
l’allongement des rotations, la diversification
des assolements et des variétés de semences
et de plantes), favorisent les auxiliaires de
culture par la mise en place de haies et de
zones enherbées ».
n Subventionné par le 10e programme de
l’Agence de l’eau : « Les opérations […] sont
éligibles en tant que ”dispositifs d’expérimenta-
tion et de promotion de pratiques innovantes” » ;
« Les études générales sur la thématique agri-
cole et les changements des pratiques agricoles
pour la préservation de la ressource en eau sont
éligibles en tant que ”dispositifs d’expérimenta-
tion et de promotion de pratiques innovantes” ».
n Rappel législatif et réglementaire
• Loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimen-
tation et la forêt du 13 octobre 2014 : « Les
projets pourront ainsi notamment s’appuyer
sur les principes de l’agro-écologie qui vise
principalement la diversification, la recherche
d’autonomie et la résilience de l’exploitation.
Plusieurs systèmes de production recher-
chant ces objectifs sont d’ores et déjà déve-
loppés par des exploitants ou leurs réseaux :
systèmes de cultures pérennes en protection
intégrée, systèmes de grandes cultures à bas
niveau d’intrants, systèmes de polyculture-
élevage plus autonomes ou systèmes agro-
forestiers, par exemple ».
• Loi sur la reconquête de la biodiversité, de
la nature et des paysages du 8 août 2016 :
la loi élargit la possibilité pour les agricul-
teurs d’échanger des semences n’apparte-
nant pas à une variété protégée par un droit
de propriété industrielle. Cette possibilité
n’était jusque-là ouverte qu’aux agricul-
teurs membres d’un groupement d’intérêt
économique et environnemental (GIEE).
« La cession, la fourniture ou le transfert, réa-
lisé à titre gratuit de semences ou de matériels
de reproduction des végétaux d’espèces culti-
vées de variétés appartenant au domaine public
à des utilisateurs finaux non professionnels ne
visant pas une exploitation commerciale de la
variété n’est pas soumis aux dispositions [de
l’article L. 661-8 du Code rural], à l’exception
des règles sanitaires relatives à la sélection et
à la production ». L’article L. 661-8 impose
des contraintes de sélection des semences,
d’inscription au Catalogue officiel et de tra-
çabilité. Cela vient confirmer ce qui était,
jusque-là permis par la jurisprudence.
• Le Plan de développement de l’agrofores-
terie 2015-2020 démontre les bénéfices
de combiner agriculture et foresterie pour
l’environnement, les rendements agricoles
et le bien-être animal. Il propose cinq axes
en lien avec le Plan national d’adaptation au
changement climatique (PNACC) :
- mieux connaître la diversité des systèmes
agroforestiers et leur fonctionnement ;
- améliorer le cadre réglementaire et juri-
dique et renforcer les appuis financiers ;
- développer le conseil, la formation et la
promotion de l’agroforesterie ;
- améliorer la valorisation économique des
productions de l’agroforesterie de manière
durable ;
- promouvoir et diffuser l’agroforesterie à
l’international.
n Indication coût
Niveau 1 à 2. À titre d’exemple, la diversifi-
cation de succession culturale en production
légumière est estimée à 500 €/ha/an (coût
de fonctionnement récurrent). Par ailleurs, la
mise en place d’agroforesterie intra-parcel-
laire sur les surfaces en cultures représente
un coût d’investissement de l’ordre de 700 €/
ha pour l’implantation des arbres (densité de
50 à 100 arbres/ha) auquel s’ajoute un coût
de fonctionnement annuel pour l’entretien
des arbres de l’ordre de 50 €/ha/an
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : dans un
premier temps sensibiliser les agriculteurs
aux changements climatiques ; par exemple
avec d’une part l’Observatoire régional sur
l’agriculture et le changement climatique
(Oracle) et d’autre part l’outil de sensibili-
sation Agri-accept et développer l’usage de
ces outils par les chambres d’agriculture.
Développer la recherche agronomique dans
ce sens. Développer les visites de fermes
exemplaires, l’animation, adapter la forma-
tion agricole. Soutenir les filières adaptées.
Diffuser les savoirs et techniques amélio-
rant la résilience dans les lycées agricoles.
Contractualisation possible entre collectivi-
tés et parties prenantes de la filière agricole
pour aider la transition des filières agricoles
ou intégration de la dimension « Changement
climatique » dans les contrats de pays.
+ Co-bénéfice résilience économique (adap-
ter les cultures aux conditions climatiques
locales les rendent moins vulnérables aux
aléas météorologiques).
1CompCsistnipCidussrx
n Le projet Wheatamix 47 à l’INRA se donne
pour objectif d’évaluer les impacts agroéco-
logiques et socio-économiques des mélanges
variétaux de blé, et d’estimer leur intérêt
pour la résilience des écosystèmes dans un
contexte de changement global. Le projet
réunit des fermes réparties sur six départe-
ments du bassin parisien: Cher, Eure, Indre,
Loir-et-Cher, Loiret et Seine-et-Marne. Des
essais sont également menés sur les sites
INRA de Versailles, Le Moulon, Rennes, Dijon,
Clermont-Ferrand et Toulouse.
n Un éleveur « à l’herbe » en Basse-
Normandie a témoigné de sa résilience
économique face aux sécheresses de 2003
et 2015 par rapport à la moyenne des éle-
vages conventionnels de la région. Le conseil
départemental et la chambre d’agriculture
de Seine-et-Marne accompagne les agricul-
teurs dans la diversification de leur produc-
tion par la mise en place d’une plateforme de
collecte, de transformation et de condition-
nement des produits locaux. Le GAB Ile-de-
France a mis en place des circuits biologiques
de proximité via la mise en place d’une légu-
merie, d’un atelier de transformation, d’une
structure de commercialisation.
n BASE 48 est une association qui regroupe
des professionnels passionnés par l’agricul-
ture de conservation, soucieux de réfléchir à
leurs pratiques et curieux de comprendre le
fonctionnement de l’écosystème du sol agri-
cole.
n Agri-accept 49 est un projet multi-régional
2015-2017 sur l’agriculture et l’adaptation
au changement climatique. Cette initiative,
dans laquelle les chambres d’agriculture de
Normandie sont investies, a pour but d’objec-
tiver l’évolution locale observée et projetée du
climat de 1980 à 2040 et d’élaborer des réfé-
rences opérationnelles, à partir d’indicateurs
climatiques et agro-climatiques, pour adap-
ter l’agriculture au changement climatique.
47 - http://www6.inra.fr/wheatamix
48 - http://asso-base.fr/
49 - http://draaf.normandie.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/20160120-CA76-Seminaire-8oct2015_cle85271e_cle03cbe3.pdfs dépendante à l’eau
l'érosion des sols
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Acteurs clés : Exploitants agricoles et collectivités
Action D.2 . Rendre l’agriculture moins dépendante à l’eau
Sur le bassin Seine-Normandie, la proportion de culture irriguée est faible mais en augmen- tation. Les ressources en eau allant devenir de moins en moins disponibles, il est donc pri- mordial d’adopter des pratiques de rétention d’eau naturelle des sols, d’adapter les cultures au climat, et d’opter pour des techniques d’irrigation, lorsque celle-ci est incontournable, peu consommatrices d’eau.
En favorisant la rétention d’eau dans les sols et l’enracinement profond.
Il s’agit de favoriser les systèmes et pratiques permettant de faire jouer au sol son rôle d’« éponge » en optimisant sa réserve utile : en évitant le tassement du sol, le travail en profondeur, avec un couvert végétal permanent, cela augmente la restitution de la matière organique au sol permettant d’améliorer sa structure. Par ailleurs, le recours au mulch, la mise en place de haies, l’agroforesterie et le maintien d’arbres coupe-vent, des techniques testées et approuvées y compris en grandes cultures, permettent de limiter l’évaporation et conserve ainsi l’humidité dans le sol. La préparation du lit de semences et du profil cultural pour permettre un enracinement rapide et dense sera ainsi un élément clé des itinéraires techniques pour rendre les cultures plus résilientes aux aléas de précipitations.
En privilégiant en cas d’irrigation des techniques peu consommatrices d’eau.
Sachant que les ressources en eau risquent d’être très affectées par le changement clima- tique, il est conseillé de ne recourir à l’irrigation qu’une fois que le travail sur le système, le choix des cultures et des variétés, les pratiques d’optimisation du travail du sol ont été mis en place. Dans ce cas, des systèmes très économes sont préconisés de type goutte-à-goutte, aspersion, etc. En outre, le travail sur la rétention d’eau dans les sols comme l’ombrage des parcelles ou les haies coupe-vent permettent de limiter le recours à l’irrigation. Pour rap- pel, le bassin Seine-Normandie est particulièrement peu propice en termes de topographie et d’évaporation au développement de retenues de surfaces mais possède des nappes non soumises à l’évaporation.
En développant une coordination sur les secteurs déjà irrigués.
Sur les secteurs du bassin qui ont recours aujourd’hui à l’irrigation il s’agit de veiller à l’évolu- tion de l’adaptation des systèmes de production au changement climatique et de développer la coordination des usages dans l’esprit de la circulaire sur les projets de territoires pour une gestion équilibrée de la ressource. 50
Action D.3 . Lutter contre l’érosion des sols
et la pollution des cours d’eau
En développant les infrastructures agro-écologiques/l’hydraulique douce, notamment en augmentant de 2 % par an le linéaire d’infrastructures naturelles jusqu’en 2022.
Les infrastructures agro-écologiques sont les haies, bosquets, arbres isolés et alignés, bandes tampons, prairies gérées de manière extensive, murets, banquettes, mares, ver- gers… Elles constituent un bouquet de réponses intéressantes par rapport au changement climatique : meilleure infiltration de l’eau quand elles sont situées de manière optimale dans le paysage, rétention des polluants, limitation de l’érosion, source d’auxiliaires pour lutter contre les ravageurs, maintien de la biodiversité, stockage de carbone, brise-vent... et contri- buent ainsi à améliorer le rendement agricole. Et pourtant, depuis les années soixante-dix, dans le Calvados, la Manche et l’Orne notamment, la moitié des haies a disparu. Chaque année en Normandie, 2 000 km de linéaire de haies sont détruits faute de temps pour l’entre- tien et de valorisation suffisante. La prise de conscience par les régions, l’essor de la filière bois et le développement de chaudières collectives alimentées localement incitent les agri- culteurs à les replanter. La plantation de haies perpendiculairement aux pentes a des effets positifs dans la lutte contre l’érosion du sol et les risques de ruissellements.
50 - http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2015/06/cir_39702.pdf Instruction du Gouvernement du 4 juin 2015 NORDEVL1508139J « La conférence environnementale du 19 et 20 septembre 2013 a conditionné la levée du moratoire sur le financement des stockages d’eau par les agences de l’eau à leur intégration dans des projets territoriaux. […] La loi sur l’eau permet, là où c’est possible sans dégrader les écosystèmes et avec la certitude de pouvoir les remplir dans de bonnes conditions, la construction de stockage d’eau pour sécuriser l’agriculture et anticiper les effets du changement climatique ».dépendance à l'eau.
la qualité de l'eau.
ruissellement, d'érosion.
:UX aquatiques.
de de l'environnement.
à l'automne).
‘angement
5 de pays.
és.
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1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
n Objectif(s) visé(s)
• Réduire la dépendance à l’eau.
• Préserver la qualité de l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Territoire ruraux et agricoles.
n Atténuation
Impact positif. Stockage de carbone dans le
sol et restitution de matière organique au sol.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition D2.14 : Optimiser la couver-
ture des sols en automne pour atteindre les
objectifs environnementaux du SDAGE.
• Orientation 4 : Adopter une gestion des sols
et de l’espace agricole permettant de réduire
les risques de ruissellement, d’érosion.
• Disposition D2.16 : Protéger les milieux
aquatiques des pollutions par le maintien de
la ripisylve naturelle ou la mise en place de
zones tampons et de transfert des polluants
vers les milieux aquatiques.
n Rappel législatif et réglementaire
Les territoires classés en zones vulnéra-
bles en application de la directive nitrates
91/676 CEE sont définis en application de l’ar-
ticle R. 211-76 du Code de l’environnement.
L’arrêté modifié du 19 décembre 2011 relatif
au programme d’actions national à mettre
en œuvre dans les zones vulnérables afin de
réduire la pollution des eaux par les nitrates
d’origine agricole impose la couverture des
sols en période pluvieuse en fin d’été et à
l’automne en inter-culture longue et pour
certaines inter-cultures courtes (colza suivi
d’un semis à l’automne).
n Indication coût
Niveau 2 : la mise en place des haies à voca-
tion d’infiltration représente un investisse-
ment de 15 à 17 € par mètre linéaire (jusqu’à
60 e pour les haies denses), pour un coût
d’entretien estimé à 3 €/ml/an (sachant que
l’entretien peut donner lieu à valorisation par
bois de chauffe par exemple). La PAC peut
attribuer une aide de mise en place d’environ
84 €/ha pour atteindre les 5 % de terre arable
exigés pour le paiement vert. Au-delà il est
possible d’ajouter une aide pour la mise en
place de Mesures Agro-Environnementales
et Climatiques, entre 50 et 900 €/ha selon
l’exigence environnementale des mesures et
les couverts visés.
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
• Technique et méthodologique : dans un
premier temps sensibiliser les agriculteurs
aux changements climatiques, par exemple
avec l’outil Oracle développé par la chambre
d’agriculture de Poitou-Charentes ou Agri-
accept, diffuser les savoirs et techniques
économes en eau dans les lycées agricoles.
Se renseigner auprès de sa chambre d’agri-
culture pour connaître les meilleures com-
binaisons de couverture des sols et les plus
adaptées à sa culture.
• Réglementaire et financier : contractuali-
sation possible entre collectivités ou EPCI et
parties prenantes de la filière agricole pour
aider la transition des filières agricoles ou
intégration de la dimension « Changement
climatique » dans les contrats de pays.
En assurant une couverture hivernale des sols d’au moins 90 % d’ici 2022 avec des mélanges variétaux adéquats.
Une couverture du sol à l’automne a un double effet positif : lutter contre l’érosion des sols, et maintenir un couvert productif lors des années favorables. Elle peut également présenter d’autres bénéfices : meilleure restitution d’azote dans le sol pour la culture suivante, effet structurant 51 permettant au système racinaire de la culture suivante de croître plus profon- dément et de mieux résister à la sécheresse 52. Des sols nus durant l’automne et l’hiver, a contrario, entrainent un lessivage hivernal (entrainement des éléments du sol en cas de forte pluie) augmentant ainsi la pression polluante dans les cours d’eau. Bien que la couverture des sols soit maintenant obligatoire (moutarde, phacélie, seigle, rais, avoine, trèfle…) pour les zones vulnérables, cette pratique est encore perfectible pour différentes raisons (déroga- tions, intervalles entre cultures, nature de la couverture végétale).
Exemples sur le bassin
n La DREAL Normandie travaille actuellement
sur le suivi des linéaires de haies, la protection
de celles-ci par les collectivités locales, via
les documents d’urbanisme et les schémas
régionaux de cohérence écologique ainsi que
sur l’amélioration des pratiques agricoles et
le développement d’une animation territoriale,
via le programme opérationnel du FEADER
et les partenariats avec le Conseil régional
Normandie et l’Agence de l’eau.
n La CUMA Haies’nergie 53 valorise les haies
en déchiquetant et vendant le bois d’entretien.
Produire de l’énergie par l’entretien régulier
des haies est un moyen de contribuer à leur
préservation, tout en produisant une énergie
renouvelable. L’utilisation du bois déchiqueté
en chauffage présente un bilan CO2 exem-
plaire : la quantité de CO2 dégagée lors de la
combustion est égale à la quantité absorbée
par la biomasse lors de sa croissance. À rende-
ment égal, il est presque trois fois moins cher
que le gaz et cinq fois moins cher que le fioul.
n La fédération des CUMA 54 de Basse-
Normandie a mis en place le projet « Terres
d’énergies » qui valoriser les biomasses inex-
ploitées en structurant autour de la CUMA un
collectif de réflexion/expérimentation afin d’ex-
plorer des solutions pour mieux valoriser les
biomasses actuellement inexploitées (menues-
pailles, bord de champs, etc.)
Exemple hors du bassin
n Pascal Poot 55, un agriculteur de l’Hérault
est un cas unique sur lequel se sont pen-
chés les chercheurs agronomes depuis 2004.
Aujourd’hui spécialisé dans les semences, il
cultive des tomates (aubergines, poivrons etc)
sur un sol très caillouteux et aride, sans eau
ni tuteur ni intrant. Il dissémine ses graines
sur du terreau puis place ses jardinières sur
un énorme tas de fumier en décomposition,
dont la température atteint 70 degrés pendant
plusieurs jours, chauffant la serre et permet-
tant la germination des graines, avant de les
planter sur son terrain et de ne plus s’en occu-
per jusqu’à la récolte. La technique, appelée
« couche chaude », est très ancienne. C’est
elle qui permettait aux maraîchers parisiens
du XIXe siècle de récolter des melons en pleine
ville dès la fin du printemps. Toutes petites la
première année, les tomates sont ensuite très
nombreuses et volumineuses car elles déve-
loppent ensuite leur propre défense, il sélec-
tionne ses semences dans un contexte de dif-
ficulté et de stress pour la plante, ce qui les
rend extrêmement tolérantes, concentrées en
nutriments et améliore leur qualité gustative.
Ces plants possèdent au niveau génétique des
capacités d’adaptation exceptionnelles.
51 - Des expérimentations de long terme, avec culture systématique d’engrais verts avant la plante tête de rotation, ont montré que la stabilité structurale était sensiblement améliorée (Destain, 2008, présentation dans le cadre d’une Journée TMCE)
52 - http://www.hautsdefrance.chambres-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Hauts-de-France/029_Inst-Hauts-de-France/Environnement-et-territoires/Eau_sol/Directive_nitrate/2015_ Synthese_CIPAN_Oise.pdf
53 - http://www.chauffage-boisdechiquete.fr/index.php/80-ag-de-la-cuma-haie-nergie-et-territoireresponsable
54 - https://normandieboisenergie.com/ et http://www.chauffage-boisdechiquete.fr/index.php/80-ag-de-la-cuma-haie-nergie-et-territoire
55 - http://rue89.nouvelobs.com/2015/03/09/tomates-sans-eau-ni-pesticide-cette-methode-fascine-les-biologistes-257958ants agricoles
on agricole
res durables
ri-
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Acteurs clés : Collectivités et exploitants agricoles
Action D.4 . Accompagner la transition agricole
en structurant les réseaux et les filières durables
Il s’agit de proposer aux agriculteurs un accompagnement incitatif et stable en prenant en compte les freins et leviers pour les différentes parties prenantes de la filière agricole pour aller vers des systèmes et des pratiques durables, résilientes face au changement clima- tique. Cela passe notamment par une stabilisation des différentes mesures agro-environne- mentales (MAE) et la définition de feuilles de routes claires en matière de transition agricole.
En soutenant la mise en prairie, l’élevage à l’herbe et les produits issus de l’élevage à l’herbe.
Le maintien des surfaces en herbes (prairies permanentes ou temporaires) est essentiel pour préserver la qualité des eaux et utile pour limiter les ruissellements ruraux. La valori- sation de ces surfaces est possible avec un élevage extensif, néanmoins, la filière élevage est soumise à une rude concurrence et les aides à la mise en prairies sont souvent jugées insuf- fisantes. Soutenir les élevages du bassin à l’herbe par la communication, la sensibilisation, voire le soutien des débouchés par des contrats d’achat ou des plateformes de vente, peut permettre le développement de ce type d’élevage.
En contractualisant la transition des pratiques agricoles
Les baux ruraux ou les marchés publics sont des premiers outils de développement des pratiques agricoles durables puisqu’ils peuvent demander le respect de certaines clauses environnementales. Il est possible d’imaginer de contractualiser de façon plus poussée, par des outils existants ou à créer, la transition des pratiques agricoles. Par exemple avec des clauses environnementales dans les marchés publics ou l’intégration d’une dimension cli- mat dans les contrats de pays. In fine, des collectivités et des parties prenantes de la filière agricole pourraient apporter un soutien renforcé en matière économique, technique et de communication moyennant un calendrier d’évolution des pratiques.
En soutenant les filières agricoles à bas niveau d’intrant, l’agriculture intégrée, l’agri- culture biologique et les circuits courts ou de proximité.
En soutenant le développement de l’agroforesterie.
(voir la description dans l’action D.1, page 29)
En structurant des réseaux d’agriculteurs, d’agroforestiers, de chercheurs, d’associa- tions sur les territoires afin de diffuser les connaissances et les pratiques et de développer la sélection participative des semences.
En aidant à la valorisation des haies et biomasses.
La valorisation des haies et des biomasses (en bois de chauffe ou par méthanisation par exemple) dans des circuits de proximité est une condition à la replantation d’infrastructures écologiques. Les filières de valorisation sont perfectibles notamment au niveau de la collecte, de la vente et de l’approvisionnement.
En sensibilisant les habitants à une consommation responsable.
L’information et l’intérêt des consommateurs à la consommation responsable peuvent passer par exemple par des visites à la ferme, une information sur les produits durables, des sites de producteurs de vente en ligne, des partenariats entre entreprises ou collectivités et exploitants locaux, le développement de magasins distribuant des produits locaux…
En promouvant et en accompagnant les pratiques adaptées aux zones humides sans aucun rejet ni prélèvement (élevage extensif sur prairies, zones humides, tourbières…).
Certains milieux fragiles, comme les zones humides, peuvent être conciliés avec certains usages comme un élevage extensif maintenu grâce à des aides spécifiques.la qualité de l'eau.
tiles pour stocker le carbone.
»”.
toire.
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n Objectif(s) visé(s)
• Préserver la qualité de l’eau.
• Protéger la biodiversité et les services
éco-systémiques.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Territoire ruraux et agricoles.
n Atténuation
Impact positif. Les prairies et les zones
humides sont utiles pour stocker le carbone.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition D2.19 : Maintenir et déve-
lopper les surfaces en herbe existantes
(prairies temporaires ou permanentes)
« Les activités d’élevage compatibles avec ces
objectifs de maintien des surfaces en herbe
et de restauration de la qualité de l’eau sont
encouragées. Dans les départements concer-
nés, la mise en œuvre du verdissement et des
bonnes conditions agro-environnementales
peuvent contribuer au maintien des surfaces
en herbe notamment par l’arrêt des retourne-
ments de prairie ou la compensation stricte en
cas d’autorisation exceptionnelle. De la même
manière, dans les zones vulnérables, les pro-
grammes d’actions régionaux peuvent exiger
le maintien des surfaces en herbe ».
n Subventionné par le 10e programme de
l’Agence de l’eau : notamment « Recon-
version agricole de parcelles et adaptation
des cultures sur des zones inondables, si les
Exemple sur le bassin
n Le développement des drives fermiers « Bienvenue à la ferme » 56 est un enjeu important
pour le réseau et la marque des Chambres d’agriculture. Grâce à l’outil Mes produits en ligne, deux millions d’euros de chiffre d’affaires ont été gérés via cet outil en ligne. Outre la commande en ligne, ce site offre diverses facilités, notamment celles de créer des groupes de clients per- mettant d’affiner l’offre proposée ou encore de recevoir des emails personnalisés.
Exemple hors bassin
n L’équipe municipale d’Albi a officialisé début 2016 un défi ambitieux: parvenir à l’autosuf-
fisance alimentaire à l’horizon 2020 57. Une première en France pour une ville de cette taille (51 000 habitants). La production agricole dans un rayon de 60 km devra être en capacité de répondre aux besoins de la population. Une utopie qui vise surtout à faire bouger les mentalités et à favoriser les circuits courts ou de proximité. En bordure du Tarn, une vaste friche verdoyante non constructible de 73 hectares est située à une quinzaine de minutes de vélo du centre-ville, elle accueille Canavières, véritable laboratoire municipal de l’installation d’agriculteurs urbains. Ici, la mairie préempte les terrains et loue ensuite de petites parcelles d’environ un hectare à des néomaraîchers volontaires, qui se lancent dans la profession. Le loyer est raisonnable (70 euros par hectare et par an) mais les règles sont strictes : les cultures doivent être impérativement bios. En plus des jardins partagés et avec l’aide de bénévoles, les espaces verts municipaux entament progressivement leur mue puisque les fruits et les légumes sont maintenant plantés à la place des parterres de fleurs habituels afin que les habitants les cueillent librement.
enjeux de milieux le justifie (MAE dans le cadre
et suivant les modalités du programme régio-
nal en vigueur) ».
n Rappel législatif et réglementaire
• Loi pour l’avenir de l’agriculture, l’ali-
mentation et la forêt du 13 octobre 2014 :
« De promouvoir la conversion et le dévelop-
pement de l’agriculture et des filières biolo-
giques, au sens de l’article L. 641-13 ».
« De promouvoir la diversité des systèmes
de production sur les territoires, en particu-
lier ceux générateurs d’emplois et de valeur
ajoutée et ceux permettant de combiner per-
formance économique, sociale, notamment à
travers un haut niveau de protection sociale,
environnementale et sanitaire, notamment
ceux relevant de l’agro-écologie. »
L’introduction de clauses environnementales
dans un bail permet aux parties de fixer un
loyer inférieur à celui susceptible d’être
retenu pour de superficies équivalentes dans
le cadre d’un « bail ordinaire ». Ainsi, avec
cette minoration du loyer l’exploitant agricole
preneur bénéficie d’une compensation pour
les contraintes que lui impose le respect de
ses obligations environnementales. […] Ces
obligations peuvent être, entre autres pra-
tiques, le non-retournement des prairies,
la limitation ou l’interdiction des apports de
fertilisants ou la création ou le maintien de
haies, mares ou murets. Cette mesure per-
met aux agriculteurs comme aux bailleurs, y
compris les bailleurs privés, de contribuer à
la mise en œuvre et au maintien de pratiques
respectueuses de l’environnement sur l’en-
semble du territoire.
n Indication coût
Niveau 2.
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : sensibili-
ser, former, communiquer, développer des
« contrats de transition » entre collectivités
et parties prenantes de la filière agricole
pour aider la transition des filières agricoles
pour élaborer un calendrier des change-
ments des exploitations tout en assurant
un soutien économique, technique et une
visibilité accrue ou encore l’intégration de la
dimension « Changement climatique » dans
les contrats de pays.
• Financier : soutenir les besoins d’investis-
sements des filières, notamment en maté-
riel pour les organismes stockeurs (action
au niveau national et au niveau régional
sur le dispositif d’aides à l’agriculture, pro-
gramme d’aides de l’agence de l’eau), déve-
lopper et adapter les aides, incitations ou
compensations pour l’adoption de pratiques
durables en agriculture.
+ Co-bénéfice lien social, emplois et activi-
tés récréatives.
56 - http://www.drive-fermier.fr/
57 - http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/04/14/01016-20160414ARTFIG00180-comment-la-ville-d-albi-veut-conquerir-son-autosuffisance-alimentaire.phpla qualité de l'eau.
S) nationales.
tion durable des forêts
agement forestier
36
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
1CompCsitnspCsduiirx
n La métropole Rouen Normandie a plusieurs sites fores-
tiers bénéficiant du label « Forêt d’exception » et s’est inté-
ressé aux vestiges archéologiques afin de les prendre en
compte dans la gestion forestière, les études menées lui
ont permis de créer des sentiers pédagogiques dédiés. Une
stratégie pour réhabiliter les mares forestières, riches en
faune et en flore, a été mise en place notamment autour
de la mare d’Épinay. L’Arboretum du Petit Charme fait
l’objet d’études liées au changement climatique puisqu’il
a été créé dans les années 1970 pour tester la résistance
à la pollution industrielle d’une gamme variée d’essences
forestières aux provenances diverses.
La charte forestière de territoire de la métropole rouen-
naise, dans son axe 1.2 « Étendre les dispositifs CARNINO/
Acteurs clés : Exploitants forestiers
Action D.5 . Développer une gestion durable des forêts
Une gestion durable concilie les principales fonctions de la forêt (environnementale, éco- nomique et sociale). Compte tenu de la longueur du cycle forestier, il est nécessaire dès aujourd’hui d’intégrer les impacts du changement climatique et surtout les incertitudes dans son ampleur et ses variations. Il s’agit de réfléchir sur l’évolution des essences, de garantir la diversification et le mélange des essences et des provenances mais aussi de développer une gestion plus douce des forêts et de l’hydraulique (limiter au maximum le tas- sement des sols et les drainages par exemple) afin que la forêt puisse jouer pleinement son rôle de puits carbone et de réservoir de biodiversité. En termes de pratiques, il est notam- ment recommandé de restaurer les mares et les habitats intra-forestiers pour favoriser la biodiversité, gages d’adaptation des éco-systèmes forestiers au changement climatique.
n Objectif(s) visé(s)
• Protéger la biodiversité et les services
éco-systémiques.
• Préserver la qualité de l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Territoire ruraux et agricoles (mais égale-
ment périurbains) en priorité et l’ensemble
du bassin.
n Atténuation
Impact positif. L’Office national des forêts 58
explique que les forêts ont un mode de fonc-
tionnement dynamique dans le cycle du car-
bone. Grâce à la photosynthèse, les arbres
piègent le CO2 de l’atmosphère. Ainsi, le
stock de carbone dans un écosystème fores-
tier est constitué par le carbone des arbres
vivants, du bois mort sur pied et au sol, de
la végétation du sous-bois, de la litière et de
la matière organique du sol. Contenant en
moyenne une demi-tonne de carbone par
tonne de bois sec, les écosystèmes fores-
tiers français, en croissance, absorbent
du carbone. Ils se comportent comme des
« puits de carbone », à hauteur de 56,5 mil-
lions de tonnes équivalent CO2 par an, ce qui
correspond à environ 10 % des émissions de
gaz à effet de serre (GES) nationales.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition D6.67 : Identifier et protéger
les forêts alluviales : « Il est recommandé
que les forêts alluviales dégradées soient res-
taurées ».
n Rappel législatif et réglementaire
• L’Office national des forêts a créé le label
et la charte « Forêt d’exception® » 59 . Ce
label est destiné à faire connaître et à
valoriser le patrimoine forestier dans une
démarche d’exemplarité en matière de déve-
loppement durable. La qualification « Forêt
d’exception® » repose sur des valeurs affir-
mées et partagées du patrimoine forestier :
biodiversité, paysages, éléments culturels et
sylvicoles, patrimoine social. La « Forêt d’ex-
ception® » constitue un territoire privilégié
d’innovation et d’expérimentation pour de
nouvelles pratiques d’accueil et de tourisme
durable, de gestion des milieux, de gestion
sylvicole adaptée aux enjeux. Le transfert
d’expériences sur les massifs forestiers
« ordinaires » constitue l’un des objectifs.
• Loi sur l’avenir de l’agriculture, l’alimen-
tation et la forêt du 13 octobre 2014 :
« L’État veille :
- à l’adaptation des essences forestières au
milieu ;
- à l’optimisation du stockage de carbone dans
les bois et forêts, le bois et les produits fabri-
qués à partir de bois ;
- au maintien de l’équilibre et de la diversité
biologiques et à l’adaptation des forêts au
changement climatique ;
- à la régénération des peuplements forestiers
dans des conditions satisfaisantes d’équilibre
sylvo-cynégétique, au sens du dernier alinéa
de l’article L. 425-4 du Code de l’environne-
ment ; […] ».
Se référer au Code forestier qui fixe les prin-
cipes de gestion durable des forêts et au
document d’aménagement forestier
n Indication coût
Niveau 1.
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : la FAO
a édité un guide expliquant comment les
bonnes pratiques de gestion forestière
peuvent largement contribuer aux enjeux
d’atténuation et d’adaptation au change-
ment climatique. L’ONF porte des pratiques
de gestion forestière durables avec la Charte
Forêt d’exception et la Charte forestière ter-
ritoriale peut prévoir ces bonnes pratiques.
+ Co-bénéfice activités récréatives et édu-
catives.
58 - http://www.onf.fr/onf/sommaire/developpement_durable/responsabilite_sociale/@@index.html
59 - http://www.metropole-rouen-normandie.fr/files/foret/FE_Plaquette_institutionnelle_juin_2015_6_pages.pdf
IBP à l’ensemble des massifs forestiers de la Charte forestière
du territoire » prend en compte l’importance du bois mort et
la densité des très gros bois pour mesurer la valeur poten-
tielle écologique d’un milieu (IBP), ou l’état de conservation
d’un habitat (CARNINO). Dans son axe 1.1 « Lutter contre les
risques de ruissellement et protéger la ressource en eau »,
elle travaille sur : « La protection de la ressource en eau et
la lutte contre les risques de ruissellement sont également
mises en œuvre en dehors du contexte forestier, tout en faisant
appel aux arbres : haies bocagères, bosquets, agroforesterie…
La protection de la ressource en eau suppose aussi une prise
de conscience de la part des forestiers et gestionnaires, et
notamment sur la mise en place de pratiques sylvicoles qui ne
nuisent pas à la ressource en eau, lors des opérations d’abat-
tage et de débardage, et parfois lors de traitements chimiques
des grumes en milieu intra-forestier. »À LA SOURCE
à La baisse des débits, à l'augmentation de la température et aux
séquences de ces pollutions.
s et forestiers
ratiques alternatives
tection des végetaux
à court et long terme.
dépendance à l'eau.
la qualité de l'eau.
: sur leur éradication.
d'être accompagné par un conseil, un établis-
Composition du prix de l’eau moyen au 1 er
janvier 2015 sur le bassin Seine et côtiers
normands
À SAVOIR
Le biocontrôle
Le biocontrôle 60 est un ensemble de méthodes de protection des
végétaux par l’utilisation de mécanismes naturels. Seules ou asso-
ciées à d’autres moyens de protection des plantes, ces techniques
sont fondées sur les mécanismes et interactions qui régissent les
relations entre espèces dans le milieu naturel. Ainsi, le principe du
biocontrôle repose sur la gestion des équilibres des populations
d’agresseurs plutôt que sur leur éradication.
Arboriculture, grandes cultures, horticulture, toutes les filières
peuvent bénéficier de l’utilisation de produits de biocontrôle.
Actuellement, ces techniques sont particulièrement efficaces et utili-
sées en cultures légumières, en arboriculture fruitière et en vigne. Le
biocontrôle implique l’acquisition de nouvelles techniques et néces-
site, pour l’agriculteur, d’être accompagné par un conseil, un établis-
sement de recherche, un réseau d’expérimentation ou une Chambre
d’agriculture. Les produits de biocontrôle sont strictement encadrés
pour ne pas présenter de risque pour la santé ou l’environnement
(notamment par l’introduction d’espèces non indigènes potentielle-
ment envahissantes).
60 - http://agriculture.gouv.fr/quest-ce-que-le-biocontrole
37
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Pourquoi ? Pour faire face à la baisse des débits, à l’augmentation de la température et aux risques consécutifs en matière de dégradation de qualité, y compris à l’exutoire du bassin (risque de blooms phytoplanctoniques toxiques accrus par la hausse de la température de la mer), chaque acteur est invité à réduire ses pressions polluantes, à la source autant que possible au nom du principe de solidarité, afin d’éviter que les autres acteurs du bassin aient à gérer les conséquences de ces pollutions.
Acteurs clés : Exploitants agricoles et forestiers
Action E.1 . Adopter des pratiques alternatives
de fertilisation et de protection des végétaux
Les pratiques alternatives de fertilisation et de protection des végétaux doivent permettre de réduire l’usage de pesticides et de nitrates. Sur l’azote, facteur déterminant dans l’eu- trophisation en mer, il est recommandé de réduire l’utilisation des nitrates en visant des rendements optimaux et en formalisant des engagements avec les acteurs aval de la filière sur les exigences des cahiers des charges, notamment en céréales. Parmi les techniques alternatives reconnues, on trouve le biocontrôle, les engrais verts, les mélanges variétaux en céréales, les variétés résistantes, les décalages de dates de semis, la réduction de la densité de semis... Sans faire abstraction bien sûr de la succession culturale (diversification des cultures, allongement des rotations…) ; des pratiques qui offrent des rendements très satisfaisants à court et long terme.
RÉPONSE STRATÉGIQUE E
RÉDUIRE LES POLLUTIONS À LA SOURCE
n Objectif(s) visé(s)
• Réduire la dépendance à l’eau.
• Préserver la qualité de l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Territoire ruraux et agricoles.
n Atténuation
Impact positif.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
Disposition D3.30 : Réduire le recours aux
pesticides en agissant sur les pratiques :
« […] Pour cela, les utilisateurs, qu’ils soient
agriculteurs, collectivités publiques, acteurs
économiques ou particuliers, doivent dévelop-
per des stratégies réduisant le besoin de traite-
ment et favorisant des pratiques respectueuses
des objectifs du SDAGE. Ils doivent également
minimiser les quantités utilisées lorsque l’usage
est inévitable. » « Ils intègrent aussi des tech-
niques alternatives comme la lutte biologique
et la lutte physique (désherbage mécanique…).
L’agriculture biologique, la protection intégrée
des cultures, les cultures pérennes à très faible
niveau d’intrants sont des voies d’évolution qui
apportent leur contribution. »
Les mesures de maîtrise des pollutions dif-
fuses par l’agriculture couvrent un large
panel d’actions : conseil individuel ou collec-
tif, implantation de cultures intermédiaires
pièges à nitrates, limitations des transferts
de la parcelle aux cours d’eau par la mise en; pesticides.
ctuellement disponibles.
système de production.
jétique et de l'agro-écologie,
ment Les intrants et l'eaul.
61 - La méthode IDEA, Educagri Editions, http://www.civam.org/images/actions/ressources/agriculture%20durable/Grandes-Cultures-Economes1.pdf
62 - http://agriculture.gouv.fr/quoi-de-neuf-dans-les-fermes-dephy
63 - http://civambassenormandie.org/wp-content/uploads/2013/07/Article-paru-dans-lAgriculteur-Normand-du-2-ao%C3%BBt-2012.pdf
38
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie - Décembre 2016
place de dispositifs tampons, amélioration
des pratiques de fertilisation, diminution des
quantités de pesticides épandus, modification
des systèmes de production (par exemple
conversion à l’agriculture biologique) ou
encore acquisition foncière. Ces mesures,
seules ou combinées, ont pour objectif de
réduire la pollution par les nitrates, le phos-
phore et les pesticides.
n Rappel législatif et réglementaire
• Plan Écophyto : réduction par deux des
pesticides prévues initialement pour 2018
et reportée à 2025 (directive nitrate). Le
nouveau plan Écophyto, réaffirme l’objectif
de réduction de 50 % du recours aux pro-
duits phytosanitaires en France en dix ans,
en suivant une trajectoire en deux temps.
À l’horizon 2020, une réduction de 25 % est
visée, par la généralisation et l’optimisation
des techniques actuellement disponibles.
La France s’est fixé un objectif de pas-
sage en agriculture biologique de 20 % en
2020, le bio représente pour l’instant envi-
ron 3,6 % de la surface agricole utile soit
6,5 % des fermes françaises mais 10 %
des emplois agricoles. En quinze ans, le
pourcentage de Français consommant des
produits bios au moins une fois par mois
a explosé, passant de 37 à 65 %, selon les
chiffres de l’Agence BIO, et le secteur pour-
suit sa croissance régulière à deux chiffres.
• Loi pour l’avenir de l’agriculture, de
l’alimentation et de la forêt du 13 octobre
2014 : « Article 3 : 2° Proposer des actions
relevant de l’agro-écologie permettant d’amé-
liorer les performances économique, sociale
et environnementale de ces exploitations,
notamment en favorisant l’innovation tech-
nique, organisationnelle ou sociale et l’expéri-
mentation agricoles ».
n Indication coût
Niveau 1 à 2. Des essais ont été menés par
l’INRA sur les techniques de prévention en
culture de colza : travail du sol, choix varié-
tal, date de semis avancée. Celles-ci per-
mettent de limiter l’utilisation de produits
phytosanitaires tout en permettant une
économie de coûts de l’ordre d’une cen-
taine d’euros à l’hectare.
L’efficience dans le cadre de l’agriculture
durable 61 vise une productivité nette (pro-
ductivité brute - consommations) à la place
de la productivité brute apparente maximale
souvent recherchée en agriculture conven-
tionnelle. L’efficience exprime la tendance
vers l’autonomie et l’économie des res-
sources et traduit de fait l’efficience tech-
nique de l’utilisation et la transformation des
intrants par le système de production.
Diminuer les intrants agricoles peut per-
mettre d’améliorer l’efficience interan-
nuelle du système, d’autant qu’avec les
fluctuations climatiques, les itinéraires des
systèmes économes en intrants se révèlent
moins risqués, l’assolement diversifié étant
un gage de sécurité contre les aléas en en
répartissant les risques de pertes. Dans
un contexte d’augmentation et d’instabilité
des coûts de l’énergie et des matières pre-
mières, et face aux nouveaux enjeux de la
transition énergétique et de l’agro-écologie,
l’État encourage actuellement l’améliora-
tion de « l’éco-efficience » des exploitations
agricoles (mais aussi de l’industrie et de
la filière bois). Concrètement, il s’agit de
mettre en œuvre des systèmes de produc-
tion plus efficaces (gains de productivité,
performance des systèmes) en optimisant
les consommations d’énergie et de res-
sources (notamment les intrants et l’eau).
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : en accom-
pagnant les agriculteurs, en les sensibilisant,
en soutenant les filières de valorisation des
productions bas niveaux d’intrants et haies.
Contractualisation possible entre collectivi-
tés et parties prenantes de la filière agricole
pour aider la transition des filières agricoles
ou intégration de la dimension « Changement
climatique » dans les contrats de pays.
• Réglementaire : la PAC devrait plus tenir
compte du changement climatique y compris
dans la mise en œuvre du Plan de dévelop-
pement rural régional (PDRR), baux environ-
nementaux avec clauses environnementales.
• Financier : accompagnement des agricul-
teurs via les appels à projets « Ecophyto »
de l’agence de l’eau et de l’Onema, partici-
pation des chambres d’agriculture, soutien
de l’agriculture biologique, développement
des paiements pour services environne-
mentaux (PSE).
Exemples sur le bassin
n Le réseau DEPHY 62, pierre angulaire du
Plan Écophyto, amorcé en 2009, le réseau des
fermes DEPHY vise trois objectifs complé-
mentaires : démontrer que réduire l’utilisation
de produits phytopharmaceutiques est pos-
sible ; expérimenter des systèmes économes
en produits phytopharmaceutiques ; produire
des références sur les systèmes économes
en produits phytopharmaceutiques. En 2009,
un premier réseau de 180 exploitations agri-
coles a vu le jour. Au terme d’un processus de
réengagement des fermes et d’élargissement
à de nouvelles candidatures, le réseau compte
à présent 220 groupes et 2 630 exploitations.
Ces groupes concernent toutes les filières :
grandes cultures/polyculture-élevage (56 %),
viticulture (19 %), légumes/maraichage
(12 %), arboriculture (8 %), horticulture (4 %)
et cultures tropicales (3 %). Ils sont animés
essentiellement par des chambres d’agricul-
ture (65 %), des CIVAM (10 %), des réseaux
d’agriculteurs biologiques (9 %) et des coopé-
ratives (4 %).
n Le réseau RAD-CIVAM 63, qui accom-
pagne depuis plusieurs décennies des
groupes d’agriculteurs dans la mise en
place de systèmes de production économes,
autonomes et performants tant en systèmes
polyculture-élevage que grandes cultures,
est représenté au sein du réseau DEPHY
avec 22 groupes répartis dans différentes
filières. Les Défis ruraux (filière grandes
cultures) et la Fédération régionale des
CIVAM de Basse-Normandie (filière polycul-
ture-élevage) font partie des onze groupes
de fermes normandes participant au réseau
DEPHY d’Écophyto.
n Des agriculteurs ont testé de 2008 à 2011
un cahier des charges « Grandes cultures éco-
nomes » sur une approche globale similaire à
la mesure agri-environnementale systèmes
fourragers économes en intrants (MAE-
SFEI). Ce projet inter-régional, piloté par la
FRCIVAM Pays-de-la-Loire et le Réseau
agriculture durable, s’appuyait sur des expé-
rimentations menées par des groupes d’agri-
culteurs pionniers en termes de construction
de systèmes innovants. Ce travail permet
aujourd’hui de proposer des clés de compré-
hension des leviers agronomiques efficaces
pour allier performances économiques et
environnementales.2r La qualité de l'eau.
és et citoyens
as,
aires.
> aides de l'agence de l'eau aux
cier des aides à l'eau potable).
a végétation spontanée.
39
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Collectivités et citoyens
Action E.2 . Pour l’entretien des surfaces végétalisées,
réduire puis supprimer l’utilisation de pesticides
par les jardiniers amateurs ou professionnels*
et développer les pratiques alternatives
de protection des végétaux
* avant l’échéance de la loi (1er janvier 2019 pour les particuliers)
Exemple sur le bassin
n La commune de Crépy-en-Valois, en
parallèle de sa gestion à la source des eaux
pluviales, a mis en place la gestion diffé-
renciée sur ses espaces pour des pratiques
plus adaptées et respectueuses des espaces
de nature et permettre l’évolution des dif-
férents biotopes (humide, prairial, fores-
tier…) et a supprimé l’utilisation de produits
chimiques, pesticides ou engrais, au profit
d’un entretien doux et écologique, en accep-
tant aussi la végétation spontanée.
n Objectif(s) visé(s)
• Préserver la qualité de l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif.
n Rappel législatif et réglementaire
• Plan Ecophyto 2 : mise en place de l’ob-
jectif zéro pesticide dans l’ensemble des
espaces publics à compter du 1er janvier
2017 : interdiction de l’usage des produits
phytosanitaires par l’État, les collectivi-
tés locales et établissements publics pour
l’entretien des espaces verts, promenades,
forêts, et les voiries. La commercialisation
et la détention de produits phytosanitaires
à usage non professionnel seront inter-
dites à partir du 1er janvier 2019. Cette
mesure concerne tout particulièrement les
jardiniers amateurs. Les produits de bio-
contrôle, qualifiés à faible risque ou dont
l’usage est autorisé dans le cadre de l’agri-
culture biologique peuvent être utilisés.
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : formation
d’écojardiniers, sensibilisation-information
du public sur les risques liés à l’usage des
phytosanitaires. Réalisation et diffusion d’un
retour d’expériences (bonnes pratiques,
écueils à éviter) sur les toitures et murs
végétalisés. S’appuyer sur des outils tels
que Phyt’Eaux Cités développé par Eau de
Paris et l’Agence de l’eau, qui vise à accom-
pagner les collectivités à réduire les usages
urbains des produits phytosanitaires.
• Financier : mise en œuvre de l’éco-condi-
tionnalité des aides de l’agence de l’eau aux
collectivités (nécessité d’avoir mis en place
un programme de prévention « zéro phyto »
pour bénéficier des aides à l’eau potable).dépendance à l'eau
la qualité de l'eau.
culiers, etc.).
its.
Jant à la réduction des flux de
vers les milieux aquatiques.
Industriels
en eau des industries
stratégie d’ecologie
pris en lien
VU!
VU!
ordre de 165 000
40
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Industriels* et collectivités * et autres acteurs économiques
Action E.3 . Améliorer la sobriété en eau des industries
En généralisant les diagnostics « eau » par ateliers et par secteurs en lien avec les fédé- rations professionnelles.
En généralisant les usages de l’eau en circuit fermé.
En poursuivant l’accompagnement à la mise en œuvre des « meilleures techniques dis- ponibles » en matière de gestion de l’eau sur les sites industriels.
Action E.4 . Développer une stratégie d’écologie
industrielle territoriale y compris en lien
avec l’agriculture et l’agro-industrie
En développant des diagnostics territoriaux et en évaluant en particulier les synergies possibles entre filières, et les financements possibles.
En mettant en place des appels à projets et à expérimentation pour valoriser l’innovation durable.
Les collectivités et les acteurs économiques sont invités à évaluer et réduire leur « empreinte eau ». Localement, les acteurs sont invités à recenser les actions d’économie circulaire pos- sibles sur leur territoire afin de connecter les acteurs entre eux et de développer les filières. Concrètement, il s’agit d’inciter les acteurs économiques à développer des synergies, de sorte à développer les circuits de proximité, en réutilisant localement les outputs de produc- tion et en mutualisant certains services et équipements. L’objectif est de tendre vers un bou- clage des cycles des flux physiques à l’échelle des territoires, et ainsi de limiter globalement la consommation de ressources et les impacts environnementaux. L’écologie industrielle intéresse donc les entreprises mais aussi les acteurs publics, en particulier les collectivités locales, dans le cadre de leurs politiques de développement durable.
En développant, en milieu rural, les synergies, les moyens de collecte et de transports en matière d’épandage des boues agro-industrielles fertiles.
n Objectif(s) visé(s)
• Réduire la dépendance à l’eau
• Préserver la qualité de l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
• Zones péri-urbaines et d’activités écono-
miques.
• Territoires ruraux et agricoles.
n Atténuation
Impact positif
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Défi 3 : Réduire les pollutions des milieux
aquatiques par les micropolluants.
• Disposition D3.27 : Responsabiliser les
utilisateurs de micropolluants (activités
économiques, unions professionnelles, agri-
culteurs, collectivités, associations, groupe-
ments et particuliers, etc.).
• Disposition D3.28 : Mettre en œuvre priori-
tairement la réduction à la source des rejets
de micropolluants.
• Disposition D3.32 : Soutenir les actions pal-
liatives contribuant à la réduction des flux de
micropolluants vers les milieux aquatiques.
n Subventionné par le 10 e programme de
l’Agence de l’eau : « 3.3.1. Limiter les micro-
polluants dans les systèmes d’assainissement
des collectivités » ; « 3.3.2. Réduire les pollu-
tions par les micropolluants issus des activités
économiques (hors agriculture sauf dans le
cadre du plan Ecophyto II) » ; « 3.3.3. Aider à la
collecte et l’élimination des effluents concen-
trés ». Les aides sont actuellement limitées
dans le secteur des économies d’eau aux
zones sous tension quantitative (ZTQ). Les
opérations pilotes éligibles sont celles visant
la prise en compte des enjeux eau dans le
développement de filières ou de technologies
de production nouvelles (chimie verte, écolo-
gie industrielle, etc.), notamment les actions
en partenariat avec les pôles de compétitivité
ou les organismes professionnels.
n Rappel législatif et réglementaire
• Loi pour la transition énergétique et la
croissance verte du 17 août 2015 : « Art.
L. 110-1-1. - La transition vers une éco-
nomie circulaire vise à dépasser le modèle
économique linéaire consistant à extraire,
fabriquer, consommer et jeter en appelant
à une consommation sobre et responsable
des ressources naturelles et des matières
premières primaires ainsi que, par ordre de
priorité, à la prévention de la production de
déchets, notamment par le réemploi des pro-
duits, et, suivant la hiérarchie des modes de
traitement des déchets, à une réutilisation,
à un recyclage ou, à défaut, à une valorisa-
tion des déchets. La promotion de l’écologie
industrielle et territoriale […] » ; « Les poli-
tiques publiques promeuvent le développe-
ment de l’écologie industrielle et territoriale,
qui consiste, sur la base d’une quantification
des flux de ressources, et notamment des
matières, de l’énergie et de l’eau, à optimi-
ser les flux de ces ressources utilisées et
produites à l’échelle d’un territoire pertinent,
dans le cadre d’actions de coopération, de
mutualisation et de substitution de ces flux
de ressources, limitant ainsi les impacts envi-
ronnementaux et améliorant la compétitivité
économique et l’attractivité des territoires ».
n Indication coût
Niveau 2 - À titre d’exemple, l’association
Écologie industrielle estuaire a lancé deux
études externes (prestations de services) ont
été réalisées depuis 2011 pour un montant
total de l’ordre de 165 000 €.les appuis financiers publics pour les économies d’eau.
41
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
• Technique et méthodologique : mise en place de chartes entre collectivités et industries, élaboration d’études et de détection de symbiose, expérimentations, partenariats avec les pôles régionaux de compétitivité.
• Financier : aides de l’Ademe et de l’agence de l’eau (dans le respect des encadrements européens). Envisager d’élargir les appuis financiers publics pour les économies d’eau.
1CompCsistnipCidussrx
n Création du Club d’écologie industrielle de
l’Aube (CEIA) 64 en 2003 qui permet de sen-
sibiliser et de mettre en relation les acteurs
économiques locaux dans le cadre de projets
de territoire en écologie industrielle, créateurs
de richesses (emplois et innovation) et respec-
tueux de la santé et de l’environnement.
n Cristal Union a défini une stratégie déve-
loppement durable en cohérence avec sa
structure coopérative et sa vocation de valo-
risation des matières premières végétales de
ses adhérents. Cinq enjeux clés guident cette
stratégie parmi lesquels : la réduction de sa
consommation d’eau par l’utilisation maxi-
male des eaux issues du process industriel.
Ainsi la betterave étant constituée majoritai-
rement d’eau, sa sucrerie de Fontaine-Le-
Dun récupère cette eau afin de l’épandre pour
l’irrigation des betteraves produites locale-
ment. Le groupe participe aussi activement
à la maîtrise de l’impact environnemental
des épandages et limite les impacts environ-
nementaux de ses opérations industrielles.
Cristal Union met en œuvre une politique de
gestion des quotas d’émissions de gaz à effet
de serre, qui est combinée à la mise en œuvre
de plans de surveillance et de réduction des
consommations énergétiques sur l’ensemble
des sites.
n L’Association écologie industrielle estuaire
(AEIE) 65 , née de la charte du Grenelle de
l’estuaire en 2010, a pour mission la conduite
d’une réflexion engageant l’estuaire de la
Seine dans une démarche d’écologie indus-
trielle. Elle compte parmi ses membres trois
collèges d’acteurs : un collège de collectivités
territoriales (les cinq pays ayant participé au
Grenelle de l’estuaire), un collège de déci-
deurs économiques et un collège d’asso-
ciations et de syndicats. Cinq zones indus-
trielles dont trois industrialo-portuaires (Le
Havre, Port-Jérôme et Honfleur) constituent
les territoires d’expérimentation de cette
démarche, par la mise en place d’une gou-
vernance dédiée et l’identification de projets
concrets. Les pistes de projets sont nom-
breuses et variées : extension d’un réseau
d’eau industrielle, mutualisation de la gestion
des déchets autour de l’axe fluvial, centra-
lisation du potentiel « biomasse » du terri-
toire. Dans un premier temps, ont été définis
les périmètres d’étude pertinents, les sites
d’expérimentation et les différentes phases
d’étude (phase 1 de réalisation d’une étude
de métabolisme de l’estuaire de la Seine ;
phase 2 de détection des potentiels de sym-
bioses industrielles). Dans le cadre de la
phase 1, les travaux se sont concentrés sur
trois catégories de ressources : les matériaux
de construction, l’énergie et la biomasse. La
phase 2 a donné lieu à la mobilisation et à
l’audit d’un panel d’entreprises pilotes sur
les trois sites intéressants pour la détection
de symbioses (zone industrialo-portuaire du
Havre, site industriel de Port-Jérôme et zones
d’activités de Lisieux).
n L’Institut européen de la bioraffinerie 66 de
Pomacle Bazancourt (Grand-Est) présente
des synergies sur la vapeur, sur les effluents,
sur les produits et sur la R&D.
n La zone d’activités Jean-Mermoz 67 de
La Courneuve, qui s’étend sur 83 hectares,
fait l’objet d’un projet de requalification des
espaces publics, d’animation économique et
de gestion collective. Compte tenu de la forte
représentation des entreprises de recyclage-
valorisation, la ZAE Mermoz est un point
d’ancrage important du travail de filière mené
autour des éco-industries. Dès l’origine de la
démarche filière dédiée aux éco-industries
du territoire initiée en 2007, la question de
l’écologie industrielle a été au cœur du pro-
jet, dans l’optique de faire des déchets des
ressources pour le territoire, et un levier de
développement d’activités.
Exemple hors bassin
n Le port de Rotterdam au Pays-Bas est un
exemple mondialement cité pour ses réus-
sites en matière d’écologie industrielle. Le
premier port européen accueille des activités
très polluantes avec les géants de la chimie,
du pétrole, du gaz et de la raffinerie, repré-
sentant 150 000 emplois directs ou indirects.
Un des projets phares du port industriel est la
construction de pipelines qui récupèrent les
vapeurs des industries pour alimenter en cha-
leur certains quartiers de la ville. Conscients
que de tels investissements s’amortissent
sur vingt à trente ans, les industriels les plus
enthousiastes se sont aussi lancés dans
cette nouvelle philosophie économique, au
Japon, en Chine, aux États-Unis, au Maroc ou
encore en France avec le parc industriel de
Dunkerque notamment.
64 - http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/chap_3_Guide_EIT_CGDD_rub3_CEI_AUBE.pdf
65 - http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/chap_3_Guide_EIT_CGDD_rub3_EstuaireSeine.pdf
66 - http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/chap_3_Guide_EIT_CGDD_rub3_Bazancourt.pdf
67 - http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/chap_3_Guide_EIT_CGDD_rub3_Plaine_Commune.pdfet industriels
nissement
itees
À SAVOIR
Les stations d’épuration et l’énergie
Le Syndicat interdépartemental pour l’assai-
nissement de l’agglomération parisienne
(SIAAP) a mis en place depuis plusieurs années
des actions de comptage et d’optimisation
de ses consommations énergétiques afin de
réduire les coûts et les impacts environnemen-
taux associés. Grâce au comptage installé, une
cartographie des consommations énergétiques
a été réalisée à différentes échelles (macros-
copique, site, atelier). L’énergie électrique
est apparue comme étant la première source
d’énergie importée par les stations d’épura-
tion, et les procédés de traitement biologique
(aération) sont au premier rang des consom-
mateurs. Partant de ce constat, la méthodo-
logie de recherche des leviers d’optimisation
des consommations a permis de dégager des
solutions adaptées aux usines d’épuration.
D’une part, l’optimisation des coûts d’exploi-
tation doit obligatoirement considérer la filière
complète de traitement et englober l’ensemble
des dépenses. D’autre part, l’amélioration de la
boucle de régulation de l’injection d’air consti-
tue un levier efficace pour la diminution de la
consommation énergétique. Et, enfin, le suivi
du comptage électrique des principaux équi-
pements est indispensable afin de contenir les
surconsommations. Il est possible de s’inspirer
de ces travaux pour réaliser des diagnostics
eau complets
42
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie - Décembre 2016
Acteurs clés : Collectivités et industriels * * et autres acteurs économiques
Action E.5 . Améliorer l’assainissement
et la réutilisation des eaux usées traitées
En réduisant en priorité les déchets et les pollutions en amont pour faciliter l’assainis- sement (bouches avaloirs sélectives, dégrillage, prétraitement sur site, choix d’intrants peu polluants, etc.)
Il s’agit d’encourager les industries, en cas de polluants spécifiques ou dépassant les capaci- tés de traitement de la station d’épuration collective, à mettre en place une unité de pré-trai- tement sur le site, et, dès que possible, à opter pour des intrants industriels moins polluants dont le coût sera peut-être plus élevé à l’achat, mais moins au traitement.
En favorisant les rejets d’eaux usées traitées et les rejets d’eaux pluviales vers les zones humides pour recharger les zones humides « déshydratées » et/ou asséchées.
En privilégiant, lorsque les lieux le permettent, les zones de rejet végétalisées (ZRV) et en développant, la phyto-épuration.
En soutenant les éco-stations d’épuration.
Les éco-stations d’épuration répondent à des critères économiques et environnementaux vertueux : prise en compte du coût global, de la faible consommation d’énergie, de l’intégra- tion paysagère et de la biodiversité.
En asservissant la performance des stations d’épuration aux débits des cours d’eau dans la limite des consommations énergétiques impliquées.
Face à la baisse des débits estivaux, les villes rejetant dans des cours d’eau de débit faible par rapport à la pression démographique devraient améliorer leurs performances épuratoires en ayant préalablement agi à la source, les traitements poussés pouvant s’avérer énergivores et donc incompatibles avec une nécessaire atténuation. L’énergie consommée par les services d’eaux et d’assainissement représente souvent le premier poste de consommation électrique pour les collectivités territoriales. Ainsi, même si l’objectif principal des services d’assainis- sement reste – et doit rester – le traitement optimal des effluents rejetés dans les milieux récepteurs, la réduction des impacts environnementaux liés à la consommation énergétique de cet usage devient progressivement un sujet d’intérêt.
En favorisant la réutilisation des eaux usées traitées, en respectant les limités liées au bilan quantitatif et énergétique global 68.
Les normes retenues par l’arrêté du 2 août 2010, supérieures à celles préconisées par l’Or- ganisation mondiale pour la santé (OMS) pour les pays en voie de développement, sont du même ordre de grandeur qu’en Californie, en Australie, en Espagne ou en Italie. La réutilisa- tion des eaux usées traitées a un coût élevé puisque des traitements complémentaires sont à mettre en place selon l’usage et donc la qualité de l’eau que l’on souhaite obtenir (micro- filtration et/ou ultrafiltration associé à des méthodes de désinfection par UV pour l’irrigation ou la recharge des nappes ; osmose inverse ou nanofiltration associé à des méthodes de désinfection par UV pour l’industrie de haute technologie).
68 - Ces eaux doivent
être comptabilisées
dans le bilan quantitatif
du cycle de l’eau,
elles ne sont pas
des ressources créées.
Le traitement des eaux
usées pour obtenir les
seuils de qualité requis
peut parfois engendrer
des coûts énergétiques
très importants, il faut
donc être vigilants
et procéder à un bilan
énergétique et coûts/
bénéfices global.dépendance à l'eau;
2r La qualité de l'eau.
culiers…).
olluants.
5 exigences réglementaires.
ité du ? août 2010).
ss réutilisation).
débits.
43
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
n Subventionné par le 10e programme
de l’Agence de l’eau : notamment : « 3.3.1.
Limiter les micropolluants dans les sys-
tèmes d’assainissement des collectivités » ;
« 3.3.2. Réduire les pollutions par les micro-
polluants issus des activités économiques
(hors agriculture sauf dans le cadre du plan
Écophyto II) » ; « 3.3.3. Aider à la collecte et
l’élimination des effluents concentrés ».
n Rappel législatif et réglementaire
La réglementation prévoit ainsi la possibi-
lité d’irriguer les cultures ou d’arroser les
espaces verts. Elle distingue les garanties
à apporter sur cette activité en fonction des
risques (type de culture, environnement
proche et qualité des eaux traitées). Cette
réutilisation doit être compatible avec les
impératifs de protection de la santé publique
et de l’environnement : le risque sanitaire lié
à la réutilisation dépend à la fois des concen-
trations des contaminants et du degré d’ex-
position des populations. Les populations
exposées sont principalement les travail-
leurs agricoles, les consommateurs et les
populations vivant à proximité des zones
d’irrigation (Arrêté du 2 août 2010).
n Indication coût
Niveau 3. Le prix de l’eau 69 traitée pour
la réutilisation pour des usages agricoles
et urbains varie dans une fourchette de
0,50 €/m 3 à 1,26 €/m3. En fait il convien-
drait de ne considérer que le coût margi-
nal à l’exclusion du traitement secondaire,
nécessaire dans tous les cas. Ce coût mar-
ginal varie dans la fourchette de 0,06 €/m3
(moins de 15 % du prix de l’eau traitée sans
réutilisation) à 0,44 €/m3 (moins de 55 % du
prix de l’eau traitée sans réutilisation).
Concernant la gestion séparative des
urines à la source : dans l’hypothèse d’un
marché des toilettes à séparation arrivé à
maturation pour un territoire de 100 000
personnes à équiper au niveau des bâti-
ments résidentiels et tertiaires, le surcoût
d’investissement du système de collecte
séparative au niveau du bâtiment est lié à
la pose des tuyaux et des cuves : 10 €/pers
dans le tertiaire et 15 €/pers dans le rési-
dentiel. L’investissement pour le traitement
des urines par nitrification/distillation est
estimé à 73 €/pers. En coûts d’exploitation,
le transport représenterait environ 13 €/
pers/an et le traitement environ 12 €/pers/
an. La séparation à la source de l’urine coû-
terait donc moins cher que son traitement
actuel en station d’épuration. L’urine ainsi
collectée, dont le coût en termes d’assai-
nissement devrait être déduit de la facture
d’eau, pourrait être valorisée en engrais
pour l’agriculture et ce système réduirait
les problèmes de concentration des rejets
prévisibles avec une baisse des débits.
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
• Technique et méthodologique : recherche,
expérimentation, sensibilisation, forma-
tion des industriels et des consommateurs,
avoir un animateur de la politique de sépa-
ration à la source des eaux usées sur le
bassin pour développer la filière au niveau
institutionnel. S’appuyer sur des outils tels
que PRERI développé par Eau de Paris et
l’Agence de l’eau, qui sensibilise les indus-
triels aux risques de pollutions chroniques
et accidentelles de la Seine.
• Réglementaire : allègement des procé-
dures pour la réutilisation des eaux usées
traitées.
n Objectif(s) visé(s)
• Réduire la dépendance à l’eau;
• Préserver la qualité de l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Défi 3 - Réduire les pollutions des milieux
aquatiques par les micropolluants.
• Disposition D3.27 : Responsabiliser les
utilisateurs de micropolluants (activités
économiques, unions professionnelles, agri-
culteurs, collectivités, associations, groupe-
ments et particuliers…) .
• Disposition D3.28 : Mettre en œuvre prio-
ritairement la réduction à la source des
rejets de micropolluants.
• Disposition D3.32 : Soutenir les actions
palliatives contribuant à la réduction des
flux de micropolluants vers les milieux
aquatiques.
• Disposition D1.2 : Maintenir le bon fonc-
tionnement du patrimoine existant des
collectivités, des industriels et des exploi-
tations agricoles au regard des objectifs de
bon état, des objectifs assignés aux zones
protégées et des exigences réglementaires.
• Disposition D1.3. Traiter et valoriser les
boues des systèmes d’assainissement :
« Le traitement par recyclage ou la valorisa-
tion des boues ainsi que des sous-produits
d’épuration des eaux issus des activités éco-
nomiques (industrielles ou agricoles) sont
à privilégier. Cette valorisation peut se faire
sous forme de valorisation matière, de valo-
risation agronomique ou de valorisation éner-
gétique, la finalité étant la préservation des
ressources naturelles. Cette valorisation ne
doit pas constituer une pression significative
(au sens de la DCE) sur les eaux souterraines
ou superficielles ».
En développant des solutions alternatives en matière d’assainissement écologique, comme la gestion séparative des urines ou les toilettes sèches.
La séparation à la source des eaux usées semble constituer une voie prometteuse d’adap- tation au changement climatique. En effet, les sources d’azote et de phosphore des eaux usées proviennent essentiellement des urines et matières fécales, et même très majori- tairement de l’urine (90 % de l’azote et 70 % du phosphore des excrétas). En sortant l’urine des réseaux d’eaux usées par l’installation de systèmes de collecte à la source, on peut à la fois soulager les stations d’épuration et la Seine de ces nutriments et diminuer les consom- mations d’eau via la réduction des chasses d’eau. En outre, par la récupération des nutri- ments et leur utilisation en agriculture, on contribue également à l’atténuation du change- ment climatique. Une filière doit toutefois être mise en place, ce qui implique une anima- tion au niveau des collectivités ou au minimum du bassin pour mettre les acteurs en lien.
69 - http://www.snaasco.com/document1.pdf44
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
1CompCsistnipCidussrx
n Le projet AZHUREV, Aménagement d’une
zone humide à Reims pour l’épuration et
le vivant, consiste à créer une zone humide
de 5 à 10 ha en aval de la station d’épuration
de Reims Métropole (470 000 EH), visant à
apporter un traitement de finition par temps
sec, notamment sur l’azote et le phosphore
ainsi que les « substances prioritaires », ainsi
qu’un traitement des eaux by-passées par
temps de pluie, sur tous les paramètres clas-
siques des rejets urbains par temps de pluie
(RUTP), tout en créant un habitat de valeur
pour la faune et la flore en milieu humide.
n Le Réseau de l’assainissement écolo-
gique 70 est un collectif d’associations, de
bureaux d’études, d’artisans, d’entreprises
et de particuliers, actifs dans la promotion et
la mise en œuvre de systèmes d’assainisse-
ment écologique. Il met en avant les principes
et les pratiques de l’assainissement écolo-
gique : réduire la pollution en amont ; réduire
le risque sanitaire et environnemental ; être
accessible à tous, culturellement, sociale-
ment, techniquement et économiquement ;
responsabiliser l’individu. Pour cela il s’ap-
puie sur les concepts suivants : considérer
les matières de façon différenciée ; traiter et
valoriser les résidus ; utiliser des techniques
ayant un bilan énergétique faible ; avoir une
démarche locale.
n La région Ile-de-France apporte son
concours financier avec l’Agence de l’eau Seine
Normandie aux éco-stations d’épuration.
70 - http://www.rae-intestinale.fr/
n Le projet OCAPI (Optimisation des cycles
carbone, azote et phosphore en ville), porté par
le laboratoire LEESU et financé par l’Agence de
l’Eau et le SIAAP, explore les voies possibles
d’évolution du système d’assainissement de
l’agglomération qui permettraient de faire face
aux enjeux du XXIe siècle : maximiser la valo-
risation des ressources carbonées, azotées et
phosphorées aujourd’hui présentes dans les
eaux usées tout en limitant la consommation
d’énergie et de ressources et l’impact environ-
nemental du système d’assainissement. De
nombreuses recherches ont déjà été menées
à l’étranger sur les possibilités de changement
plus profond du paradigme de l’assainisse-
ment en explorant les voies de la séparation à
la source des différents composants des eaux
usées, principalement urines et fèces, et de
leur niveau de gestion plus ou moins décen-
tralisé. En théorie, cette nouvelle conception de
l’assainissement pourrait permettre une valo-
risation presque totale des ressources carbo-
nées, azotées et phosphorées des eaux usées,
des consommations énergétiques moindres,
des rejets au milieu naturel très fortement
réduits et des consommations d’eau plus
faibles. Or, depuis les années 1990, des dizaines
de projets ont vu le jour en Europe pour tester,
en laboratoire ou dans des nouveaux quartiers
d’habitation, ces paradigmes innovants de l’as-
sainissement. Les résultats de ces expériences
pionnières sont encourageants et, à partir des
travaux engagés principalement par la Suisse,
l’Allemagne, la Hollande et la Suède, les projets
pilotes se multiplient à travers le monde.dépendance à l'eau.
llectivites
érer l'eau pluviale pour l'assainissement.
locale. ‘estion]).
45
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Pourquoi ? Chaque acteur du bassin doit anticiper la baisse à venir des ressources et développer des usages responsables, les plus sobres en eau possible. Dans les zones littorales vulnérables aux intrusions salines, l’enjeu quantitatif est aggravé par le risque de salinisation des eaux.
Acteurs clés : Collectivités
Action F.1 . Pour les collectivités
de plus de 10 000 habitants en priorité,
réduire les volumes d’eau utilisés en équipant
en compteurs et en dispositifs hydro-économes
la totalité des bâtiments publics d’ici 2022
Il s’agit, face à la baisse possible des ressources, de limiter les prélèvements urbains des grandes collectivités en agissant en premier lieu sur le gaspillage et les économies d’eau à réaliser dans les bâtiments publics (écoles, hôpitaux, établissements administratifs...) notamment pour donner l’exemple. Des équipements permettent de délivrer des volumes d’eau contrôlés ou d’utiliser moins d’eau pour les mêmes usages alors que d’autres per- mettent de récupérer l’eau pluviale pour l’assainissement.
1CompCsitnspCsduiirx
n La ville de Rouen assure un suivi des
consommations d’eau de ses bâtiments, iden-
tifie les postes les plus consommateurs, rénove
ses conduites pour éviter les fuites, met en cir-
cuit fermé ses bassins et fontaines et en sup-
prime d’autres, installe des petits équipements
d’économie d’eau (mousseurs, robinets pres-
soirs…) et des récupérateurs d’eau de pluie.
Elle pratique également une gestion raisonnée
des espaces verts, en orientant son choix vers
des plantes sobres en eau et en développant
des terrains de sport synthétiques, même s’ils
ne présentent pas les mêmes avantages en
termes climatiques que les terrains naturels,
qui permettent des économies conséquentes
d’eau (3 000 et 5 000 m3/terrain/an). Enfin, un
nouveau forage est envisagé dans la nappe
RÉPONSE STRATÉGIQUE F
FAIRE BAISSER LES CONSOMMATIONS D’EAU
ET OPTIMISER LES PRÉLÈVEMENTS
phréatique à des fins d’arrosage (Jardin des
plantes) et d’alimentation de ses engins de
nettoiement (laveuses et balayeuses).
Exemple hors bassin
n Sur Potzdamer Platz à Berlin 71, les eaux
pluviales de voirie et de toitures sont recueillies
à la fois dans des cuves souterraines et dans
des bassins à surface libre. Les bassins jouent
le rôle d’évaporateurs géants et abaissent la
température du quartier de plusieurs degrés
selon les concepteurs. Les cuves servent de
réserve pour l’arrosage des espaces verts, les
chasses d’eau de certains immeubles et la
réalimentation des bassins paysagers.
n Objectif(s) visé(s)
• Réduire la dépendance à l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition D7.134 : Favoriser les écono-
mies d’eau et sensibiliser les acteurs concer-
nés : « La généralisation des compteurs indivi-
duels dans les constructions neuves et pour les
prélèvements industriels et agricoles ».
n Subventionné par le 10 e programme de
l’Agence de l’eau (en partie) : « Les comp-
teurs de sectorisation sur les réseaux de dis-
tribution publics ».
n Indication coût
Niveau 2. Certains équipements comme les
robinets ou filtres sont très peu coûteux mais
si l’on va jusqu’à la récupération de l’eau de
pluie, la somme des équipements peut être
élevée à l’échelle locale.
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : inscrip-
tion dans les plans de rénovation de toutes
les collectivités, services de l’État, établis-
sements publics concernés.
• Financier : financement possible par
l’Ademe et par l’agence de l’eau.
+ Mise en œuvre rapide
+ Co-bénéfice économique (économie
d’énergie, économie de frais de gestion).
71 - ASTEE, (2013).dépendance à l'eau.
mmune {le prix de l'eau étant de 4,18
Collectivités
llectivites
13).
VU!
des eaux usées.
46
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
72 - Voir http://www.valdemarne.fr/sites/default/files/etude_eaux_non_potables_extrait_eaux_usees.pdf
Acteurs clés : Collectivités
Action F.2 . Pour les collectivités
de plus de 10 000 habitants en priorité,
réduire les volumes d’eau utilisés
pour l’arrosage et le nettoyage
En fixant un objectif de réduction des volumes d’eau potable utilisés pour l’arrosage des espaces verts et le nettoyage des rues d’ici 2022.
En utilisant au mieux l’eau gravitaire ou récupérée (eau pluviale et piscines) (tout en veillant à garantir la sécurité sanitaire et en tenant compte des impacts sur la disponibilité de la ressource).
En développant la réutilisation des eaux usées traitées (tout en veillant à garantir la sécurité sanitaire et en tenant compte des impacts sur la disponibilité de la ressource).
Après avoir examiné les possibilités d’économies d’eau, il s’agit, pour limiter la pression quantitative des villes sur la ressource d’utiliser dès que possible les eaux pluviales ou les vidanges de piscine pour le nettoyage des voiries et l’arrosage des espaces verts et en suivant certaines précautions, de développer la réutilisation d’eaux usées traitées (en évitant les traite- ments énergivores). Ce faisant, les rejets d’eaux pluviales dans les réseaux sont réduits, ce qui limite la charge hydraulique des stations d’épuration et améliore leur rendement épuratoire.
Exemple sur le bassin 72
n La commune d’Orly a investi 415 000 euros pour mettre en place des cuves récupérant les eaux
de la piscine (eaux « de routine » et eaux de vidange), d’un volume total de 667 m3. La commune n’utilise plus du tout d’eau potable pour le nettoiement des voiries : seules les eaux pluviales récu- pérées (place du marché) et les eaux de piscine suffisent, les balayeuses de 3 m3 faisant le plein trois à quatre fois par jour. La ville a estimé les économies réalisées à environ 12 600 euros par an pour la commune (le prix de l’eau étant de 4,18 E/m3 en 2013).
n Objectif(s) visé(s)
• Réduire la dépendance à l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif. Des réserves sont toutefois à
prendre en compte pour la réutilisation des
eaux usées.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition D7.134 : Favoriser les écono-
mies d’eau et sensibiliser les acteurs concer-
nés : « La réutilisation des eaux usées traitées
pour l’irrigation de cultures ou d’espaces verts
et le nettoyage en zone urbaine ».
n Subventionné par le 10 e programme de
l’Agence de l’eau : notamment : « Les tra-
vaux couvrent la création et la modernisation
d’ouvrages publics de traitement des eaux
usées ».
n Rappel législatif et réglementaire
• Eaux de piscine : aucun texte mais soumis
à autorisation administrative.
• Eaux issues des stations d’épuration (eaux
usées traitées) : pour l’irrigation, arrêté du
2 août 2010 modifié par l’arrêté du 25 juin
2014. Les autres usages ne sont pas enca-
drés par une réglementation mais sont sou-
mis à autorisation préfectorale.
n Indication coût
Niveau 1-3. Des aménagements nouveaux
doivent être opérés pour récupérer, stocker
et éventuellement traiter l’eau pluviale ou
usée mais des économies liées à la baisse
des prélèvements et au soulagement du
réseau d’assainissement existant sont éga-
lement à la clé.
n Comment mettre en œuvre cette action ?
Intégration dans les PCEAT locaux, forma-
tion et sensibilisation des aménageurs pour
favoriser l’usage gravitaire de l’eau de pluie,
formation et sensibiliser des gestionnaires
des espaces verts pour économiser l’eau et
pour choisir des espèces et variétés adap-
tées, simplification réglementaire pour la
réutilisation des eaux usées.Collectivités
vw
su
a l'évolution
ifiée sur les usagers.
5 eaux
aux
2022,
2r de l'énergie lorsque les AEËP traitent inutilement l'eau.
dépendance à l'eau.
| réseau.
e l'emploi et du climat.
des réseaux d'eau potable.
e D
ance.
linéaire de perte (- 30,1 %).
47
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Collectivités
Action F.3 . Connaître d’ici 2022 l’état de 100%
des réseaux d’eau potable et en augmenter la performance
En réalisant dans chaque collectivité un diagnostic sur la performance du réseau d’ici 2022.
En augmentant la performance des réseaux d’eau destinée à la consommation humaine.
Action F.4 . Adapter le dimensionnement
des réseaux AEP et eaux usées à l’évolution
des consommations et leurs modalités de gestion
Les consommations d’eau depuis plus de dix ans baissent de 1 % chaque année et, paral- lèlement des zones voient leur population évoluer à la hausse ou à la baisse. Le prix de l’eau étant conditionné en grande partie par l’entretien des réseaux, il est important que le dimensionnement des réseaux soit adapté lors de son renouvellement et ne fasse pas peser de charge non justifiée sur les usagers.
Action F.5 . Obtenir sur les zones de répartition des eaux
(ZRE), 75 % de rendement sur la totalité des réseaux
d’eau destinée à la consommation humaine d’ici 2022,
puis 80 % d’ici 2028
Les réseaux « fuyards » laissent parfois partir dans les sols plus de la moitié de l’eau trans- portée. Même si cette eau percole dans le sol et rejoint ensuite les nappes, la réduction de ces pertes contribue à limiter les prélèvements ponctuels dans une ressource fragilisée et à économiser de l’énergie lorsque les AEP traitent inutilement l’eau.
1CompCsistnipCidussrx
n Eau de Paris présente un rendement
de 90 % et va lutter contre les fuites pour
optimiser son rendement et sécuriser ses
installations notamment pour faire face
aux risques d’inondations. Son Plan climat
énergie prévoit aussi d’anticiper l’évolution
des consommations d’ici 2050 en fonction
de l’évolution de la démographie, de l’urba-
nisme et des grands équipements, du tou-
risme, de l’emploi et du climat.
n Le conseil départemental de Seine-et-
Marne accompagne les collectivités seine-
et-marnaises dans l’amélioration des ren-
dements des réseaux d’eau potable.
n Rouen Normandie Métropole a dimi-
nué ses prélèvements de 9,6 % entre 2010
et 2014 grâce en partie à une baisse des
consommations des abonnés (- 3,2 %) mais
aussi à une amélioration du rendement des
réseaux (+ 8,6 % pour atteindre un rende-
ment de 76,25 % en 2014) et une diminution
de l’indice linéaire de perte (- 30,1 %).
n Objectif(s) visé(s)
• Réduire la dépendance à l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition D7.133 : Lutter contre les fuites
dans les réseaux AEP.
n Subventionné par le 10e programme de
l’Agence de l’eau (en partie) : l’Agence de
l’eau finance actuellement par appels à pro-
jets la rénovation des réseaux d’eau potable
en milieu rural.
n Rappel législatif et réglementaire
• Dans les zones où l’insuffisance de la res-
source par rapport aux besoins est chro-
nique, le classement en zone de réparti-
tion des eaux (ZRE) par le préfet (articles
R. 211-71 à 73 du Code de l’environnement)
permet un meilleur contrôle, par abaisse-
ment des seuils de déclaration et d’autori-
sation de prélèvement et une augmentation
de la redevance.
• Réduction des fuites dans les réseaux :
l’article L. 2224-7-1 du Code général des
collectivités territoriales (CGCT), son décret
d’application (décret n° 2012-97 du 27 jan-
vier 2012) et l’article L. 213-10-9 du Code
de l’environnement imposent aux services
d’eau potable l’évaluation du rendement des
réseaux ainsi que la réalisation d’un des-
criptif détaillé des réseaux : « […] Le rende-
ment du réseau doit être supérieur à un ren-
dement seuil calculé en fonction des caracté-
ristiques du réseau. Si ce n’est pas le cas, le
service d’eau potable a deux ans pour établir
un plan d’actions pour réduire les pertes en
eau du réseau ».
n Indication coût
Niveau 2. À titre d’exemple, le programme
pluriannuel d’investissement 2015-2020
d’Eau de Paris prévoit 78,3 M€ pour la fia-
bilisation du réseau.
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
Un soutien financier accru pourrait être étu-
dié, éventuellement en milieu urbain, en lien
avec la Caisse des dépôts et consignations,
sous réserve que le syndicat d’eau mette
en œuvre une tarification de l’eau durable
et des prochains programmes d’aides de
l’agence.
Généraliser un outil d’inventaire patrimonial
des réseaux d’eau potable pour un meilleur
appui aux collectivités dans leur gestion.dépendance à l'eau.
Collectivités
lévements suivant La saison ==
rficielles en période d'étiage.
rifaire et fiscale
vements
ité des ressources en lien avec le changement climatique.
font usage de l'eau.
où d'alerte.
CGCT].
er les situations de crise.
48
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
1CompCsitnspCsduiirx
n En période de tension quantitative, Eau
de Paris ajuste les prélèvements sur les
sources en veillant à respecter les débuts
réservés au soutien d’étiages (restitution
d’une partie de l’eau souterraine non déri-
vée à la rivière) et agit de manière concer-
tée avec les acteurs du bassin en période de
sécheresse ou d’alerte.
Exemple hors bassin
n Le syndicat département d’alimentation
en eau potable Vendée Eau 73 pratique une
tarification différenciée en période estivale
jusqu’à 160 % plus élevée qu’en période
normale.
Acteurs clés : Collectivités
Action F.6 . Répartir les prélèvements suivant la saison
et le type de ressource
Dans les systèmes d’AEP alimentés à la fois par des ressources superficielles et souter- raines, répartir les prélèvements en ménageant alternativement les ressources souter- raines pendant les périodes de recharge de fin d’automne à début printemps et les res- sources superficielles en période d’étiage.
Action F.7 . Développer une politique tarifaire et fiscale
incitative pour limiter les prélèvements
notamment en période estivale prenant en compte
les capacités physiques du milieu et l’ensemble
des autorisations délivrées sur une même ressource
Il s’agit de développer notamment une tarification locale de l’eau incitative notamment en zones de tension quantitative et en saison estivale et/ou d’adapter les redevances prélèvements à la vulnérabilité des ressources en lien avec le changement climatique.
n Objectif(s) visé(s)
• Réduire la dépendance à l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition D7.111 : Adapter les prélève-
ments en eau souterraine dans le respect
de l’alimentation des petits cours d’eau et
des milieux aquatiques associés : « Afin de
respecter l’objectif d’anticipation et de préven-
tion des déficits globaux ou locaux de la res-
source, l’autorité administrative compétente
peut prendre des mesures de diminution de
prélèvement en eau souterraine sur tout ou
partie des bassins versants hydrologiques et/
ou hydrogéologiques ».
n Rappel législatif et réglementaire
• Selon l’article L. 211-3 du Code de l’envi-
ronnement, l’autorité administrative peut
édicter […] des prescriptions spéciales
applicables aux installations, travaux et
activités qui font usage de l’eau.
• Une tarification saisonnière peut être
appliquée quand l’équilibre de la ressource
est menacé à certaines périodes de l’année
(article L. 2224-12-4 du CGCT).
n Indication coût
Niveau 1.
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
Sensibiliser les collectivités les plus vulné-
rables à une réflexion prospective permet-
tant d’anticiper les situations de crise.
73 - www.vendee-eau.fr/de l’eau.
LE
sécuriser l'approvisionnement en eau potable.
ants agricoles
tection
directeurs
49
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Pourquoi ? Face à la baisse des ressources, il est nécessaire de protéger les usages vitaux et en particulier de sécuriser l’approvisionnement en eau potable.
Acteurs clés : Collectivités et exploitants agricoles
Action G.1 . Délimiter 100 % des aires d’alimentation
de captages destinées à la production d’eau potable
et en doter au moins 50 % d’un programme de protection
(dont tous les captages prioritaires)
par rapport aux pollutions diffuses permettant
d’atteindre les objectifs de qualité d’eau potable d’ici 2022
Sécuriser l’approvisionnement en eau potable passe notamment par une protection effi- cace des aires de captages, ce qui permet de préserver la ressource brute. Définir les aires d’alimentation de captage (AAC) consiste à cartographier les vulnérabilités et les pressions exercées sur le milieu. Cela permet notamment de mieux orienter les programmes de pro- tection de ces aires de captage. Ceux-ci doivent être ambitieux par rapport aux enjeux de protection : réduire à la marge les pressions polluantes s’avère souvent insuffisant. Il faut savoir qu’environ un tiers des captages est délimité actuellement.
Action G.2 . Généraliser les schémas directeurs
d’alimentation en eau potable
pour les collectivités de plus de 10 000 habitants
RÉPONSE STRATÉGIQUE G
SÉCURISER L’APPROVISIONNEMENT
EN EAU POTABLE
n Objectif(s) visé(s)
• Réduire la dépendance à l’eau et Préserver
la qualité de l’eau.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Défi 5 : « Protéger les captages d’eau
pour l’alimentation en eau potable actuelle et
future ». Voir la liste des masses ou parties
des masses concernées par la protection
3.8.3 Les zones protégées destinées à l’ali-
mentation en eau potable (AEP).
• Disposition D7.128 : Garantir la maîtrise
de l’usage du sol pour l’AEP future.
n Subventionné par le 10e programme
de l’Agence de l’eau : « Pour maintenir ou
reconquérir la qualité des eaux brutes des cap-
tages d’alimentation en eau potable, il convient
de diminuer les pressions et les impacts des
pratiques agricoles et non agricoles sur les
aires d’alimentation de captages (AAC). Ceci
nécessite d’accompagner les maîtres d’ou-
vrage dans ces démarches. » « L’objectif est
l’accompagnement d’actions permettant des
changements de pratiques compatibles avec
la protection de la ressource en eau. »
n Rappel législatif et réglementaire
Plan national santé environnement (PNSE 3) :
sécuriser l’alimentation en eau potable,
atteindre 600 nouveaux captages protégés
par DUP par an et de mettre en œuvre des
plans d’actions contre les pollutions dif-
fuses sur les 1 000 captages prioritaires sur
la durée des SDAGE 2016-2021 au niveau
national.
n Indication coût
Niveau 1 à 2.
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
• Technique et méthodologique : simplifica-
tion des modalités de délimitation des aires
de captage pour plus d’efficacité, amplifica-
tion et diversification de l’accompagnement
au changement de pratiques, soutien de
filières à bas niveau d’intrants en lien avec
les aires de captage, formation des collecti-
vités sur la protection des captages (classes
d’eau captages...), sensibilisation via les
acteurs de la filière agricole (coopératives,
CUMA, Chambres d’agriculture …).
• Financier : programme d’aides de l’Agence
de l’eau, acquisition foncière par les collec-
tivités, baux environnementaux…slévements en eau souterraine
iciable à La qualité de l'eau.
narin.
50
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
1CompCsistnipCidussrx
n La commune de Nangis est maître d’ou-
vrage de deux captages Grenelle ; elle a signé
fin 2015 un contrat de captage avec l’Agence
de l’eau, le Conseil régional et le Conseil
départemental dans l’objectif de restaurer et
préserver la qualité des eaux brutes de ses
captages. Ce projet comprend des actions en
zones agricoles et non agricoles, avec, pour
les premières, le développement de l’agricul-
ture biologique en lien avec le GAB IDF.
n Le champ captant des Hauts Prés, à Val-
de-Reuil 74, alimente en eau potable les deux-
tiers de la population du territoire Seine-Eure,
soit 40 000 personnes. Pour protéger cette
précieuse ressource, l’agglomération a acheté
les cent dix hectares de terre du périmètre de
protection rapproché du champ captant, pour
y pratiquer une agriculture biologique. Les
champs ont été rachetés entre 2009 et 2011.
À l’époque, des agriculteurs exploitaient déjà
ces terres. Quatre agriculteurs ont accepté
de se convertir et produisent aujourd’hui des
céréales bio. L’agglomération s’est ensuite
mise en quête de maraîchers qui acceptent
de travailler en partenariat avec la collectivité
et les acteurs de la filière bio (Grab HN, Inter
Bio Normandie) dans le but de développer
une offre de produits locaux (dans les cantines
scolaires notamment). Les actions priori-
taires prévues par l’agglomération sont : la
mise en place d’une agriculture biologique,
le rétablissement de la continuité écolo-
gique de la zone humide, « les Pâtures », la
mise en place d’un partenariat avec le golf
du Vaudreuil pour développer des techniques
alternatives d’entretien et l’aménagement
d’un sentier pédagogique.
n En région parisienne, l’agence de l’eau
Seine-Normandie et la société Suez ont signé
un contrat de captage qui vise à déployer un
programme d’actions contre les pollutions
diffuses autour du champ captant de Flins-
Aubergenville. Pendant trois ans, l’agence
de l’eau Seine-Normandie financera à 80 %
un poste d’animation chez Suez et les actions
menées par des partenaires sur le champ
captant de Flins-Aubergenville qui alimente
500 000 personnes en eau potable en région
parisienne. Particularité locale, Suez est pro-
priétaire et exploitant de ces captages, clas-
sés prioritaires au titre du SDAGE.
n Eau de Paris a prévu de déployer sa stra-
tégie 2015-2020 de surveillance et de protec-
tion de la ressource sur ses 240 000 ha d’aire
d’alimentation de captages via les leviers de
l’agronomie, de l’aménagement du territoire et
du développement économique. Les résultats
sont au rendez-vous : au total 108 agriculteurs
étaient engagés en 2015 aux côtés d’Eau de
Paris pour maintenir en herbe plus de 927 ha
de terrains agricoles, cultiver 2 540 ha en agri-
culture biologique ou réduire les quantités
d’azote ou de pesticides utilisés sur 8 853 ha.
Acteurs clés : Collectivités
Action G.3 . Limiter les prélèvements en eau souterraine
dans les zones littorales
afin d’éviter les risques d’intrusion saline
L’action consiste à réduire les prélèvements d’eau souterraine en se reportant sur une autre ressource et/ou en limitant la demande afin de ne pas favoriser une intrusion salée qui serait préjudiciable à la qualité de l’eau.
n Objectif(s) visé(s)
• Anticiper les conséquences de la montée
du niveau marin.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Littoral et estuaires .
n Atténuation
Impact positif.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition D7.110 : Poursuivre la défini-
tion et la révision des volumes maximaux
prélevables : « Ces limites sont fixées de
manière à ne pas engendrer de modification
chronique de niveau susceptible de nuire à la
production d’eau potable […]. En zone littorale,
elles visent aussi à éviter l’intrusion d’eaux
saumâtres ».
n Comment mettre en œuvre cette action ?
• Technique et méthodologique : arrêté pré-
fectoral et information des usagers de l’eau
issue des captages en jeu sur la réduction de
leur consommation.
74 - http://www.agglo-seine-eure.fr/Les-Hauts-Pres-une-demarche-unique-dans-la-region_a69.htmlnarin.
ciellement
eau.
harge artificielle des nappes.
l L_1
LL LI |
L1 L1 Ï Ï
| L1 |
| | L_1
1 LI L_1 1
| Ï Ï
51
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Collectivités
Action G.4 . Recharger les nappes artificiellement
seulement dans le cas de l’intrusion saline
dans les nappes ou sous réserve des justifications
de rendement et de bilan carbone pour protéger
des ressources en eau potable stratégiques
Les intrusions salines représentent un risque majeur de pollution pour les aquifères litto- raux qui sont des réservoirs stratégiques. Ce risque s’accentue en raison de l’accroissement de la fréquence et de l’intensité des périodes de sécheresses et de canicules, mais aussi en réponse à l’augmentation importante de la population vivant en zone côtière. Il deviendra encore plus important lors de la remontée du niveau de la mer corrélative du changement climatique. Si la réduction des prélèvements visant à empêcher l’intrusion saline n’est pas possible ou insuffisante et que le contexte géologique le permet, une recharge artificielle de la nappe peut contribuer à protéger les captages menacés par la salinisation. Il est à noter que le rendement de la recharge artificielle des nappes est à ce jour faible (25% au mieux) pour un coût énergétique conséquent, c’est pourquoi l’infiltration naturelle est à privilégier par rapport à la recharge artificielle, qui devrait être utilisée pour des situations de secours.
1CompCsistnipCidussrx
n L’EPTB Seine Grands lacs a eu un projet de
recharge artificielle sur l’aquifère crayeux de
Champagne et les lacs de gravières des plaines
alluviales du bassin de la Seine en amont de
Paris : pompage de l’eau en rivières en hautes
eaux et réalimentation de la nappe par infiltra-
tion et des lacs de gravières. En basses eaux,
l’apport de la nappe et des lacs de gravière se
fait naturellement. En cas d’étiage sévère, un
pompage en nappe réalimente la rivière.
n Depuis les années 1950, une filiale du
groupe Suez exploite un dispositif de recharge
artificielle de nappe sur le champ captant de
Croissy-sur-Seine (78).
n Objectif(s) visé(s)
• Anticiper les conséquences de la montée
du niveau marin.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Littoral et estuaires.
n Atténuation
Impact potentiellement négatif : dans une
optique d’usage responsable de la ressource,
il convient de n’envisager la réalimentation
artificielle de nappe que dans le cas spéci-
fique de menace d’intrusion saline ou sous
réserve des justifications de rendement et
de bilan carbone. En effet, les rendements
étudiés pour l’instant sont de 25 %, c’est-à-
dire que seulement un quart de l’eau réinjec-
tée est utilisable. En plus d’être énergivore,
elle n’est pas sans conséquence sur le long
terme sur le cycle de l’eau et la réparti-
tion de la ressource. De plus, cette mesure
entretient les usages tels qu’ils sont, elle ne
pousse pas à réfléchir à une diminution de la
consommation ou à d’autres usages moins
gourmands en eau.
n Lien avec SDAGE 2016-2021
• Disposition D7.134. Favoriser les éco-
nomies d’eau et sensibiliser les acteurs
concernés : « la réalimentation de nappe
afin de prévenir les déficits lors de la période
d’étiage sous réserve d’une analyse globale
intégrant les aspects économiques, quan-
titatifs et qualitatifs et de la mise en œuvre
d’expérimentations concluantes (disposition
L1.162 du levier 1) »
n Indication coût
Niveau 3. Le soutien des étiages du bassin de
la Seine amont par cette recharge artificielle
est estimé de 5 à 10 m3/s entre la fin du prin-
temps et les étiages tardifs de novembre et
décembre tandis que le soutien des étiages
du bassin de la Marne de 1 à 4 m3/s pour les
mêmes périodes. Le coût est estimé à 30 à
40 ME (investissement).
n Comment mettre en œuvre cette action ?
Adaptation de la disposition D7.134 dans le
prochain SDAGE en prenant en compte la
menace de salinisation, information et sensi-
bilisation des syndicats concernés, exercices
de gestion de crise pour le risque de salinisa-
tion, réalisation d’expérimentations locales
pour la recharge artificielle des nappes.
Exemple hors bassin
n À Hyères-les-Palmiers dans le Var, un dis-
positif de réalimentation de nappe sera pro-
chainement mis en place afin d’éviter l’intru-
sion d’eau de mer, (pouvant réduire de 40 % la
capacité de production de la commune) dans
les nappes d’eau douce en période de séche-
resse. De l’eau sera pompée dans le canal
Jean-Natte voisin puis réinjecté dans la nappe,
ce qui permettra de rééquilibrer son alimenta-
tion et de rendre à la commune son autonomie.Collectivités
opper une gestion intégrée
risques d'inondations.
52
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Collectivités
Action H.1 . Développer une gestion intégrée
du trait de côte
La tendance jusqu’alors a été de construire des ouvrages de défense contre la mer (digues, épis, brises-lames, enrochements…) qui s’avèrent très coûteux et sont désormais insuffi- sants face à la montée de la mer. Il s’agit avec différentes approches de composer davantage avec la mer selon les situations locales et notamment de réfléchir à long terme aux relocali- sations des installations existantes. L’entretien des ouvrages de protection existants ne peut être réalisé que dans des conditions écologiques et économiques acceptables. La gestion intégrée désigne un mode de gestion de certaines activités qui intègre, dès la phase de conception, l’ensemble des facteurs écologiques, économiques et sociaux qui leur sont liés.
Action H.2 . Déplacer, adapter ou rehausser
les infrastructures de gestion de l’eau
(eau potable et assainissement)
confrontées à l’élévation des niveaux d’eaux marines
(et consécutivement continentales)
C’est dans un contexte d’événements pluvieux exceptionnels ou de période particulièrement humide, que la nappe peut alors atteindre la surface du sol ou encore que le cours d’eau peut déborder. C’est le phénomène d’inondation par remontée de nappe 75. Les infrastructures de gestion de l’eau (approvisionnement, assainissement…) pourront donc être confrontées à ce problème et devront donc, dans le cadre des stratégies littorales, se rehausser, s’adapter ou se déplacer.
n Objectif(s) visé(s)
• Prévenir les risques d’inondations.
• Protéger la biodiversité et les services
éco-systémiques.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
Littoral et estuaires.
n Atténuation
Impact neutre.
n Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021
• SDAGE : Orientation 15 : Promouvoir une
stratégie intégrée du trait de côte.
• Disposition D4.51 : Développer une plani-
fication de la gestion du trait de côte pre-
nant en compte les enjeux de biodiversité,
de patrimoine et de changement clima-
tique. « La mise en application de la straté-
gie nationale de gestion du trait de côte ainsi
que la lutte contre l’érosion marine incitent
à mettre en place des outils de planification
associant les problématiques de risque pour
le patrimoine (habité, culturel, touristique…)
et de préservation des espaces naturels ».
• PGRI : Disposition 2E.
n Rappel législatif et réglementaire
Le Grenelle de la Mer a lancé la stratégie
nationale (État et collectivités territoriales)
pour une méthodologie de gestion du
trait de côte, du recul stratégique et de la
défense contre la mer 76 en 2012. Trois axes
ont été précisés : développer l’observation
du trait de côte et identifier les territoires
à risque érosion pour hiérarchiser l’action
publique ; élaborer des stratégies partagées
entre les acteurs publics et privés ; évoluer
vers une doctrine de recomposition spatiale
du territoire.
Prévue par les articles L. 219-1 et suivants
du Code de l’environnement, la stratégie
nationale pour la mer et le littoral (SNML 77)
constitue un document stratégique de réfé-
rence pour la protection du milieu, la valori-
sation des ressources marines et la gestion
intégrée et concertée des activités liées à la
mer et au littoral, à l’exception de celles qui
ont pour unique objet la défense ou la sécu-
rité nationale. Elle porte une vision à long
terme de la politique intégrée de la mer
et du littoral (lien avec le PAMM : mesure
transversale MO22-NAT2 : Publier un guide
de mise en œuvre des chapitres individua-
lisés des SCOT valant schémas de mise en
valeur de la mer). Elle comprend six grands
thèmes énumérés dans l’article R. 219-1-1
du Code de l’environnement : la protection
des milieux, des ressources, des équilibres
biologiques et écologiques, ainsi que la
préservation des sites, des paysages et du
patrimoine, la prévention des risques et la
gestion du trait de côte, la connaissance, la
recherche et l’innovation, ainsi que l’éduca-
tion et la formation aux métiers de la mer, le
développement durable des activités écono-
miques, maritimes et littorales, et la valori-
sation des ressources naturelles minérales,
biologiques et énergétiques, la participation
de la France à l’élaboration et à la mise
en œuvre de politiques internationales et
75 - http://www.inondationsnappes.fr/presentation.asp
76 - http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/12004_Strategie-gestion-trait-de-cote-2012_DEF_18-06-12_light.pdf
77 - http://www.developpement-durable.gouv.fr/La-strategie-nationale-pour-la-mer.html
RÉPONSE STRATÉGIQUE H
AGIR FACE À LA MONTÉE
DU NIVEAU MARINrer
e l'érosion.
53
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
1CompCsistnipCidussrx
n Le projet LiCCo 78 est un projet Interreg fran-
co-britannique visant à accompagner les popu-
lations côtières pour comprendre, se préparer
et s’adapter aux effets du changement clima-
tique. Le Conservatoire du littoral s’est donné
pour objectif de faire de ses sites (dont 20 %
sont susceptibles d’être régulièrement submer-
gés au niveau national d’ici 2050) des zones où
la limite entre terre et mer sera fluctuante.
n Le projet « Notre littoral pour demain » 79
de la Région Normandie a pour objectif de
mobiliser et soutenir les élus du littoral pour
qu’ils s’engagent vers une gestion durable du
littoral. Il s’agit d’accompagner les collectivi-
tés qui souhaitent se lancer dans la définition
collective d’une stratégie locale de gestion
de leur littoral sur le long terme, à l’échelle
européennes intégrées pour la protection
et la valorisation des espaces et activités
maritimes, la gouvernance associée à cette
stratégie, les moyens de sa mise en œuvre
et les modalités de son suivi et de son éva-
luation.
n Indication coût
Niveau 2 à 3.
géographique la plus adaptée, et en concer-
tation avec la population. La région traite tout
particulièrement la problématique de montée
des eaux à travers son SRADDET (Schéma
régional d’aménagement, de développement
durable et d’égalité des territoires), concrè-
tement, la région offre un soutien technique
(notamment par la formation des élus) et
financier aux projets cohérents avec l’enjeu de
montée des eaux et concourant à l’élaboration
d’une stratégie locale de gestion durable de
la bande côtière, portés par un ou plusieurs
EPCI de Normandie.
n Le PAPI Bresle-Somme-Authie opte pour
une nouvelle approche de la gestion du trait
de côte et du développement du territoire de
l’estuaire de la Bresle à l’estuaire de l’Authie.
78 - http://www.rolnp.fr/rolnp/index.php/actualites-et-agenda/archives/291-licco-littoraux-et-changements-cotiers-living-with-a-changing-coast
79 - http://bn-aides.normandie.fr/index.php/2-amenagement-du-territoire-developpement-durable-transports-et-solidarites/274-notre-littoral-pour-demain-gestion-durable-de-la-bande-cotiere
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
• Technique et méthodologique : élaborer
des stratégies locales des risques érosion.
Faire évoluer les modalités de gestion du
domaine public maritime pour intégrer le
risque érosion du trait de côte dû aux aména-
gements. Établir un plan de communication et
de sensibilisation des populations aux risques
littoraux. Encourager la prise en compte de
l’érosion côtière dans les PGRI. Acquisition
foncière par le Conservatoire du littoral.
Élaboration d’un cahier des charges agricul-
ture en accord avec la lutte contre l’érosion.NAVIGATION
irculer par voie navigable à certaines périodes de l'année.
la gestion des étiages
péniches à certaines périodes de l'année.
> )
D u-
D 1
D u-
54
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
RÉPONSE STRATÉGIQUE I
ADAPTER LA GESTION DE LA NAVIGATION
Pourquoi ? Face à la baisse des débits et à des étiages aggravés il pourra devenir probléma- tique de circuler par voie navigable à certaines périodes de l’année.
Acteurs clés : Industriels et autres acteurs économiques
Action I.1 . Adapter la gestion des étiages
des grands canaux à la navigation commerciale
La baisse des débits et l’aggravation des étiages pourraient rendre problématique le pas- sage des péniches à certaines périodes de l’année.
En étudiant les conséquences socio-économiques des étiages sévères (cf Annexe 3).
En cas d’étiage sévère, la navigation touristique professionnelle et de transport de marchan- dises (notamment le transport de matières premières pour le bâtiment) peut être interrom- pue avec des conséquences importantes sur l’activité économique, cette configuration ne s’est pas encore présentée mais peut être envisagée à moyen terme.
En étudiant la possibilité d’utiliser les réservoirs des canaux de navigation pour le sou- tien d’étiage des cours d’eau.
En limitant, en période d’étiage, la consommation en eau par les canaux de navigation existants.
En limitant la circulation des navires de plaisance en période de pénurie d’eau et regrou- per les passages en général.
Dans certaines zones telles que la Bourgogne, l’alimentation des biefs pour le passage des plaisanciers implique une forte consommation d’eau du fait du relief. Il convient de réfléchir à l’établissement de priorités en situation d’étiage.
n Objectif(s) visé(s)
• Tous.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact neutre.‘e en place
isses d'activités...
liorer Les délais d'alerte —
our laisser Le temps
5 dates de fermeture estivale.
ystème de gouvernance
1 salines des captages, ….).
urbanisme
de population
insuffisante.
55
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
RÉPONSE STRATÉGIQUE J
RENFORCER LA GESTION
ET LA GOUVERNANCE AUTOUR DE LA RESSOURCE
Acteurs clés : Tous
Action J.1 . En cas de déficit récurrent mettre en place
une gestion collective de territoire permettant
de coordonner les prélèvements
en vue d’un équilibre ressources/usages
Il s’agit, à l’échelle d’une ressource (un bassin versant, une rivière, une nappe) de mettre en place des comités d’usagers associant les différents usagers de cette ressource (collecti- vités, industriels, agriculteurs…) notamment afin d’anticiper les situations de crises ponc- tuelles ou récurrentes, d’envisager quels devraient être alors les usages prioritaires, les possibles baisses d’activités…
Action J.2 . Améliorer les délais d’alerte
en cas de sécheresse pour laisser le temps
aux acteurs économiques de s’organiser
Des outils de prévision peuvent améliorer les délais d’alerte et permettre ainsi d’élaborer des plans d’actions collectifs et spécifiques à chaque usager. Les entreprises pourront alors envisager notamment la réduction de leur activité industrielle en période critique ou encore décaler les dates de fermeture estivale.
Action J.3 . Mettre en place un système de gouvernance
sur la partie aval de la Seine (CLE ou EPTB)
pour anticiper et gérer les pressions
notamment avec l’évolution du Grand Paris
Il s’agit, à l’échelle de l’estuaire de la Seine, d’organiser un système de gouvernance per- mettant d’envisager de manière concertée les projets d’aménagement du territoire et de les étudier à l’aune des enjeux environnementaux accentués par le changement climatique (y compris les enjeux à venir de relocalisation face à la montée du niveau de la mer, la salini- sation de l’estuaire, les intrusions salines des captages, …).
Action J.4 . Intégrer dans les politiques d’urbanisme
et les documents cadre ou contractuels
(PLU, PLUI, SCOT, PLH, PDU, PADD, DOO, PAPI)
le principe de cohérence entre densité de population
et/ou d’activités et ressource en eau
Il s’agit de concevoir l’évolution des zones urbaines et péri-urbaines en essayant de res- pecter au mieux l’équilibre entre besoins et ressources, en termes de prélèvements et en termes de rejets afin d’éviter des crises liées au manque d’eau ou à une capacité de dilution de la rivière insuffisante.irticipatifs de prospective territoriale.
56
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Action J.5 . Développer un dialogue
autour de la montée du niveau marin
La tendance jusqu’à maintenant a été de construire des ouvrages de défense contre la mer (digues, épis, brises-lames, enrochements…) qui s’avèrent très coûteux, reportent parfois le problème ailleurs et surtout désormais sont insuffisants face à la montée de la mer. Il s’agit désormais de plus composer avec la mer avec différentes approches selon les situations locales : accompagner l’évolution dans les espaces naturels, réfléchir à long terme au repli des installations existantes tout en entretenant la protection actuelle dans une certaine mesure… La concertation sur ce sujet difficile est essentielle. Il s’agit à la fois de développer le dialogue entre les élus concernés, et de sensibiliser et consulter la population.
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
Exercices participatifs de prospective territoriale.
1CompCsitnspCsduiirx
n Le projet LiCCO : dans le cadre de LiCCo, qui accompagne les changements littoraux dus à la
montée des eaux, l’ensemble des sites font l’objet :
• d’une étude sur la fonctionnalité des milieux ;
• d’une approche diachronique de l’évolution du trait de côte et de l’occupation du sol ;
• d’une étude socio-économique ;
• d’une comparaison de méthode et de résultats en inter-site au niveau régional et inter-site au niveau transfrontalier ;
• d’une évaluation de la fiabilité des données acquises, sur le long terme.
Ce projet Interreg construit avec le sud du Royaume-Uni permet de bénéficier de connaissances locales très fines, de sensibiliser les élus et les habitants aux problématiques d’élévation du niveau marin et de fonder un plan d’actions de long terme priorisant les biens et les activités devant faire l’objet d’une relocalisation.rritoriales
‘ent/érosion
bassin versant.
de bassin,
avis
ation.
\GE.
isme.
:,2F,4B2, 4B8.
assurer leur pérennité.
57
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Tous
Action J.6 . Inciter les collectivités territoriales
ou syndicats mixtes de bassins versants
à prendre la compétence ruissellement/érosion
pour compléter les missions de la compétence GEMAPI
des communes et intercommunalités
La compétence relative à l’érosion/ruissellement ne figure pas parmi les missions obliga- toires de la compétence GEMAPI malgré l’enjeu sur les inondations, les coulées de boues, la qualité des rivières et les bénéfices que peuvent apporter les aménagements d’hydraulique douce. Il paraît donc important que cette compétence, qui demande à la fois une bonne proximité de terrain (négociation, animation de terrain) et des moyens soit adoptée par un acteur situé à la bonne échelle territoriale, comme les départements ou les syndicats mixtes de bassin versant.
Action J.7 . Émettre au nom du Comité de bassin,
en lien avec son Conseil scientifique, un avis
sur la cohérence des grands projets d’aménagement
avec la présente stratégie d’adaptation,
dans le cadre des consultations publiques
Tout projet d’aménagement du territoire susceptible d’impacter fortement le cycle hydrologique, par exemple en termes d’infiltration de l’eau vers les nappes et d’accroissement des ruissellements, pourrait, notamment lors de la consultation publique, donner lieu à un avis du comité de bassin, sur le plan de sa cohérence avec la présente stratégie d’adaptation.
n Objectif(s) visé(s)
• Tous.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif.
n Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021
• Disposition L2.163 : Renforcer la synergie,
la coopération et la gouvernance entre les
acteurs du domaine de l’eau, des inonda-
tions, du milieu marin et de la cohérence
écologique.
• Disposition L2.164 : Structurer et consolider
les maîtres d’ouvrage à une échelle hydrogra-
phique pertinente et assurer leur pérennité.
• Disposition L2.165 : Identifier les péri-
mètres prioritaires d’intervention des EPAGE
et des EPTB au regard des enjeux de gestion
des milieux aquatiques et de prévention des
inondations.
• Disposition L2.168 : Favoriser la partici-
pation des CLE lors de l’élaboration, la révi-
sion et la mise en compatibilité des docu-
ments d’urbanisme (SCOT, PLU et carte
communale) avec le SAGE.
• Disposition L2.171 : Favoriser la mise en
place de démarches de gestion intégrée de
la mer et du littoral et leur déclinaison dans
les documents d’urbanisme.
• PGRI : Disposition 2 E, 2 F, 4B2, 4B3.er Le réseau d’acquisition
ice de l’eau
assin et asseoir la définition et Le suivi de de l'efficacité des actions
D €
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D »
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osition 4 El.
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RE
58
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Tous
Action K.1 . Développer le réseau d’acquisition
de données pour l’analyse et de surveillance de l’eau
d’ici 2022
L’objectif est de disposer des données de connaissances suffisantes pour analyser l’état des eaux du bassin et asseoir la définition et le suivi de de l’efficacité des actions
En densifiant le réseau de mesure hydrométrique notamment au niveau des petits affluents et des têtes de bassin et fiabiliser les mesures de débits d’étiage par des mesures directes de débit.
En développant un réseau de mesure de la température des eaux de surface et des eaux souterraines.
En développant un réseau de surveillance de la recharge en eau des sols.
En renforçant le suivi des bassins en déficit quantitatif potentiel et en opérant une sur- veillance rapprochée des niveaux de toutes les masses d’eau souterraine, au-delà de celles considérées comme vulnérables actuellement, afin de déterminer leur niveau de protection.
En développant un réseau de suivi spécifique des eaux souterraines en rapport avec le risque de salinisation par intrusion salée en zone côtière et par remontée d’eaux fossiles en zone continentale.
En développant des outils d’acquisition de données et les méthodes de connaissance de l’aléa submersion marine dans les zones basses littorales et estuariennes.
En accompagnant la mise en œuvre du réseau d’observation départemental sur les impacts du changement climatique sur l’agriculture et la forêt.
En améliorant la connaissance sur les rendements des réseaux d’eau potable.
En développant des outils opérationnels d’aides à la décision permettant aux gestion- naires de l’eau d’exploiter les données de connaissance.
n Objectif(s) visé(s)
Tous.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Lien avec SDAGE et PGRI 2016-2021
SDAGE : Levier 1.
PGRI : Disposition 4 E1.
RÉPONSE STRATÉGIQUE K
DÉVELOPPER LA CONNAISSANCE
ET LE SUIVIonnaissances
hydrologique
auxquels il est soumis.
59
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Tous
Action K.2 . Engager des études de connaissances
des pressions et du fonctionnement hydrologique
du bassin
Il s’agit d’acquérir les connaissances fines du fonctionnement hydrologique du bassin et des pressions auxquels il est soumis.
En étudiant les échanges entre les eaux souterraines et eaux de surface.
En améliorant la connaissance de la saisonnalité des prélèvements et restitutions et des volumes prélevés non soumis à redevances par l’AESN notamment en période de déficit.
En étudiant l’effet de la réduction de la disponibilité des ressources en eau de surface (en particulier sur les axes non régulés qui ne disposent pas de soutien à l’étiage) et sou- terraines pour identifier les territoires les plus concernés.
En étudiant l’évolution tendancielle du drainage.
En améliorant les connaissances des reliquats entrée hiver afin de mesurer la fuite vers les nappes (grâce à la comparaison avec les reliquats sortie hiver) et de pouvoir évaluer et améliorer en continu la pertinence et l’efficience des pratiques agricoles (modification d’assolement, choix et densité des CIPAN…).
En améliorant les connaissances sur la végétalisation (choix des arbres, disposition…) pour limiter l’augmentation de la température de l’eau.
En faisant une étude pour améliorer l’état des connaissances sur le recyclage des eaux industrielles et les technologies propres.
En étudiant les impacts de la hausse des températures sur les milieux et les activités sur le littoral et les estuaires.
En étudiant la possibilité de récupérer les eaux de toiture en évaluant les impacts sani- taires, les coûts et les bénéfices et l’incidence sur les recettes de l’agence.
En améliorant la connaissance sur les bassins identifiés en tension quantitative ou man- quant de donnée de suivi en continu.
En expérimentant les potentialités de l’outil Strateau d’aide à la décision et de modéli- sation des équilibres offres/demandes en eau à l’échelle d’un territoire compte tenu des spécificités du bassin.
n Objectif(s) visé(s)
Tous.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Atténuation
Impact positif.r Les futurs possibles
tudier et d'expérimenter des démarches d'adaptation sur le bassin.
‘eau.
1°
VU!
60
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs clés : Tous
Action K.3 . Anticiper les futurs possibles
L’objectif est d’étudier et d’expérimenter des démarches d’adaptation sur le bassin.
En favorisant les innovations par l’expérimentation et soutenir les changements de pratiques.
En étudiant l’effet de la répétitivité des années sèches sur les cours d’eau et les milieux aquatiques.
En évaluant l’efficacité globale des ouvrages de stockage en tenant compte des pertes par infiltration ou évaporation et leurs effets directs et indirects sur les écosystèmes à l’aval.
En faisant un bilan d’efficacité hydrologique et un bilan carbone des recharges artifi- cielles des nappes, et des expérimentations in situ.
En expérimentant et développant la collecte séparative des urines.
En étudiant l’évolution historique passée du fonctionnement hydrologique du bassin de la Seine compte tenu de l’évolution de l’occupation des sols et des prélèvements sur le XX e siècle afin de mieux appréhender les évolutions possibles.
En évaluant les conséquences socioéconomiques des sécheresses sévères.
En faisant une prospective en tenant compte des changements à l’agenda qui vont impacter l’eau et analyser si l’évolution est climato-compatible.
En modélisant les effets du changement climatique sur les inondations dans les zones estuariennes.
n Objectif(s) visé(s)
Tous.
n Type(s) de territoire(s) visé(s)
L’ensemble du bassin.
n Comment mettre en œuvre ces actions ?
Intégrer ces objectifs dans les travaux du
programme PIREN Seine, avec le soutien de
l’agence de l’eau.61
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
ANNEXE N°2
DONNÉES SCIENTIFIQUES62
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà| siècle.
larante ans.
63
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Des recherches sur les impacts du change-
ment climatique ont lieu en France et sur
le bassin depuis au moins une quinzaine
d’années 80. Les projections climatiques
à ces échelles proviennent de régionali-
sations des modèles climatiques globaux,
qui évoluent avec le travail du Groupement
international d’experts sur le climat (GIEC).
Le dernier rapport du GIEC simule les
impacts au niveau planétaire de quatre
nouveaux scénarios 81. Le scénario le plus
volontariste, c’est-à-dire celui où les émis-
sions de gaz à effet de serre stagnent puis
décroissent, le « RCP2.6 » 82 correspond à
une augmentation de 2°C d’ici la fin du siècle
tandis que le scénario « laisser-faire », qui
suit la croissance d’émissions actuelles,
sans application des engagements récem-
ment pris au niveau mondial, le « RCP8.5 »
correspond à une augmentation d’environ
5°C d’ici la fin du siècle.
Les océans ont absorbé 90 % 83 de l’énergie
accumulée sur Terre entre 1971 et 2010. Le
réchauffement le plus marquant a lieu en
surface (75 premiers mètres) : + 0,11°C par
décennie, entre 1971 et 2010, soit + 0,44°C
en moins de quarante ans.
La hausse des températures planétaires
conduit, par la dilatation thermique et la fonte
des glaciers, à une montée du niveau marin
et la hausse des émissions de CO 2 notam-
ment à une acidification des océans. En fin
de siècle, selon les différents scénarios et
les aires géographiques, la hausse pourrait
être de 30 cm à 1 m 84. Avec cette hausse,
une personne sur dix dans le monde pour-
rait être directement impactée par la mon-
tée des eaux. Cela impactera le trait de côte,
les milieux associés, les nappes littorales
et les estuaires et évidemment, toutes les
activités présentes. Entre 1901 et 2010, la
hausse moyenne du niveau des mers était
de 1,7 mm/an 85. Mais le phénomène s’accé-
lère, puisque la hausse était de 3,2 mm/an
entre 1993 et 2010. Elle est presque deux
fois plus rapide depuis vingt ans, par rapport
au siècle dernier. Par conséquent, le risque
d’inondations par submersion sur le littoral
augmenterait du fait de l’élévation du niveau
marin et consécutivement des eaux conti-
nentales dont l’évacuation deviendrait plus
difficile, notamment dans tous les secteurs
en dessous du niveau de la mer.
Concernant le bassin Seine-Normandie, les
projections climatiques régionales indiquent
une augmentation des températures atmos-
phériques moyennes annuelles de l’ordre de
1,5 à 3°C d’ici 2050 et de 2 à 4°C d’ici 210086.
DIAGNOSTIC SCIENTIFIQUE
SUR LES EFFETS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE
SUR LE BASSIN
L’ampleur des changements climatiques auxquels nous serons confrontés dépendra notamment de l’évolution future des émissions mondiales de gaz à effet de serre. L’Accord de Paris sur le climat vise une atténuation des émissions devant permettre de limiter le réchauffement global à 2°C. Comme il est difficile de dire aujourd’hui dans quelle mesure cet objectif sera tenu, dans ce document, notamment en ce qui concerne les chiffres, il est généralement fait l’hypothèse implicite que l’Accord de Paris permettra de limiter l’augmentation des concentrations atmosphériques en gaz à effet de serre et d’éviter d’atteindre les 5°C de réchauffement global associés aux scénarios sévères, sans toutefois que soit amorcée la rupture de trajectoire permet- tant de respecter la limite de 2°C de réchauffement.
Ces incertitudes quant à la trajectoire des émissions mondiales sont intégrées dans la stratégie du plan, notamment au travers du caractère sans regret et multifonction- nelle des mesures proposées.
1 n Températures, événements extrêmes,
pluviométrie, niveau de la mer
80 - Le projet GICC-Seine (2002), le projet REXHYSS (suite de GICC-Seine, 2009) dont les résultats sont récapitulés dans la brochure du PIREN consacrée au changement climatique (http://www.sisyphe.upmc.fr/piren/?q=webfm_send/1010), le projet Explore 2070 (2010) qui propose des stratégies d’adaptation pour les milieux aquatiques sur l’ensemble du territoire français, l’avis du Conseil Scientifique du Comité de bassin (2013), le projet Climaware (adaptation de la gestion des lacs-réservoirs de la Seine), la thèse de Julien Boé (2007), la thèse de Gildas Dayon (2015), le travail de l’IRSTEA, le rapport sur Le climat de la France au XXIème siècle sous la direction de Jean Jouzel (2014), les travaux HYCARRE en Bourgogne, l’expertise collective du GIPSA sur Les effets possibles du changement climatique sur les écosystèmes estuariens (2010), les travaux de Lemoine sur L’impact sur l’estuaire de l’élévation du niveau marin (2015), le projet ANR Oracle étudiant les effets de l’occupation des sols…
81 - Scénarios appelés « profils représentatifs d’évolution de concentration en gaz à effet de serre ».
82 - RCP pour Representative Concentration Pathways
83 - http://leclimatchange.fr/les-elements-scientifiques/
84 - http://leclimatchange.fr/les-elements-scientifiques/
85 - http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosclim1/biblio/pigb19/03_montee.htm
86 - Rapport Ducharne et al (2009).es débits minimaux.
[|
-77 -63 -49 -35 -21 -7 7 21 35 49 63 77
>artes de l'évolution relative
ansuel minimal
de de retour de cinq ans (AMNAS5)
-iode 1960-1990 et 2070-2100,
jJatre scénarios du GIEC)
64
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Il est très probable que le nombre de jours
chauds et de nuits chaudes augmente et
que les vagues de chaleurs soient plus fré-
quentes et plus fortes 87. Ainsi, la canicule
exceptionnelle de 2003 pourrait corres-
pondre à une année normale d’ici quelques
décennies. Durant cet épisode, la différence
de température entre Paris intramuros et
la grande couronne a atteint plus de 8°C la
nuit, ce qui illustre le phénomène d’îlot de
chaleur urbain.
Les précipitations devraient en revanche
diminuer de l’ordre de 6 % selon la moyenne
de 18 scénarios cumulés (soit de 0 à - 14 %)
d’ici le milieu de siècle et de l’ordre de
12 % selon 18 scénarios cumulés, (soit
de + 4 % à - 24 %) à l’horizon 2100 88. Les
baisses se feraient nettement sentir en été
et en automne, mais les scénarios sont plus
contrastés en hiver et au printemps, saisons
pour lesquelles une partie des scénarios
indique une augmentation des précipitations.
2.1 n La baisse des débits des cours d’eau
Plus précisément, concernant les débits des cours d’eau, les prin-
cipales projections font état d’une baisse des débits tout au long de
l’année de manière générale, de - 10 à - 30 % selon les scénarios
optimistes 90 à l’horizon 2070-2100, d’une aggravation significative
des étiages sévères 91 et de changements incertains concernant
les crues. Des étiages plus sévères accentueraient la survenue de
situations de rareté de la ressource et de conflits potentiels, néces-
sitant une meilleure répartition des usages de l’eau. Aujourd’hui,
sur le bassin Seine-Normandie, un certain nombre de cours d’eau
sont déjà en situation limite en termes de pressions polluantes par
rapport à leur débit 92.
Des travaux plus récents basés sur le 5e rapport du GIEC confir-
ment cette tendance à la baisse des débits 93, y compris pour le
scénario volontariste « + 2°C », du moins en période estivale, cette
baisse étant plus marquée et étendue sur une période allant de juin
à novembre pour le scénario « laisser-faire » 94 (RCP85). La figure 2
permet de constater l’importance des politiques d’atténuation dans
l’évolution des débits minimaux.
Le bassin pourrait perdre entre 11 et 18 jours
de pluies par an d’ici 2100 mais les épisodes
de fortes pluies devraient s’intensifier. Les
simulations montrent en fin de siècle une
augmentation probable de la fréquence des
événements de fortes pluies plus marquée
en hiver 89.
Néanmoins, les travaux sur les précipitations
ne permettent pour l’instant pas d’établir de
certitude sur l’évolution pluviométrique. Les
modèles permettent difficilement de simuler
les situations extrêmes sur le bassin et les
conclusions des simulations sur les crues
sont encore insuffisantes pour pouvoir en
tirer des projections pour le risque d’inon-
dations par débordement. En revanche, il est
assez plausible que le risque d’événements
locaux préjudiciables liés aux ruissellements
(exemple : coulées de boues) s’accroisse, ce
qui a aussi des conséquences sur la qualité
de l’eau puisqu’en ruisselant, l’eau se charge
de matières en suspension et de polluants.
2 n Les conséquences sur les ressources en eau
Les projections du changement climatique
sur le bassin laissent envisager de nom-
breux impacts sur le cycle hydrologique
dès le milieu de siècle et plus encore à la
fin de siècle : réductions des débits, aggra-
vation des étiages, augmentation de la tem-
pérature de l’eau, élévation du niveau de la
mer, augmentation des fortes pluies, etc.
Les conséquences en matière de gestion
de l’eau en seraient : une diminution de
la ressource disponible pour les différents
usages pourtant susceptibles d’exprimer
des besoins accrus, une baisse de la dilu-
tion donc une augmentation de la pression
polluante à quantité de polluants inchangée,
des difficultés d’adaptation de la flore et de
la faune étant donnée la rapidité des chan-
gements, des risques plus grands d’inon-
dation par ruissellement et par submersion
marine, une érosion accrue du trait de côte...
87 - Le climat de la France au XXI e siècle, Scénarios
régionalisés-Editions 2014 pour la métropole et l’Outre-
mer, G. Ouzeau, M. Déqué, M. Jouini, S. Planton, R. Vautard,
M.Vrac sous la direction de Jean Jouzel (Août 2014).
88 - Impact du changement climatique sur les ressources
en eau du bassin versant de la Seine – Projet GICC
RexHyss (janvier 2011).
89 - Le climat de la France au XXI e siècle, Scénarios
régionalisés-Editions 2014 pour la métropole et l’Outre-
mer, G. Ouzeau, M. Déqué, M. Jouini, S. Planton, R. Vautard,
M.Vrac sous la direction de Jean Jouzel (Août 2014).
90 - Projections RExHySS/Explore 2070, confirmées par les
dernières projections par exemple Dayon (2015).
91 - L’impact sur le QMNA5, qui sert de seuil d’alerte de
sécheresse, a également été étudié dans RExHyss.
92 - Par exemple le Ru de Gally, la Mauldre…
93 - Dayon (2015), Nicolas (2014).
94 - Dayon, Évolution du cycle hydrologique continental en
France au cours des prochaines décennies (2015).
95 - Dayon, ibid. (2015).
Figure 2 - Cartes de l’évolution relative
du débit mensuel minimal
d’une période de retour de cinq ans (QMNA5)
entre la période 1960-1990 et 2070-2100,
selon les quatre scénarios du GIEC) 95n1ts scénarios.
65
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
2.2 n L’augmentation
de la concentration
de certains polluants
et eutrophisation
Les évolutions de la température de l’eau
montrent une augmentation moyenne de
2°C environ sur l’ensemble du bassin selon
les différents scénarios.
La tendance à la diminution des débits
devrait accentuer les problèmes de pollu-
tion des milieux aquatique puisque la baisse
des volumes entraîne mécaniquement une
baisse de la capacité de dilution des rejets
d’effluents. L’augmentation de tempéra-
ture et l’augmentation de la concentration
de certains polluants comme le phosphore
et l’azote entraîneraient un risque accru
d’eutrophisation, ce qui impacterait aussi la
qualité de l’eau. Il faut rappeler que la Seine
draine environ 76 % en moyenne de l’azote
total du bassin. La très forte pression de
l’agglomération parisienne sur la Seine, dont
le débit est relativement faible par habitant,
induit un pouvoir de dilution de seulement de
700 l/jour/habitant quand celui du Rhône est
de 17 000 l/j/habitant 96.
L’ensemble du bassin Seine-Normandie est
classé en zone sensible à l’eutrophisation.
Si ce phénomène n’est pas souvent avéré
sur le bassin depuis quelques années, il est
parfois apparu sur certains secteurs du bas-
sin (Gâtinais, sud-ouest de la Picardie). Au
niveau des exutoires du bassin, les excès
d’azote et de phosphore à la mer sont
les principaux facteurs d’eutrophisation
des eaux côtières qui entraînent notam-
ment des blooms phytoplanctoniques en
Normandie, des écumes planctoniques
sur les plages du Nord ou encore la pro-
lifération des macro-algues vertes, phé-
nomènes parfois toxiques pour les êtres
vivants et les activités humaines 97.
2.3 n L’augmentation
de l’évapotranspiration
L’évapotranspiration potentielle (ETP) 98
devrait également augmenter sur le bas-
sin, de l’ordre de 16 % selon la moyenne de
18 scénarios cumulés (soit de 10 à 25 %) à
l’horizon 2050 et de l’ordre de 23 % selon
la moyenne de 18 scénarios cumulés (soit
de 15 à 35 %) à l’horizon 2100. Des projec-
tions plus récentes, basées sur le 5e rapport
du GIEC, notamment celles issues du scé-
nario « laisser-faire » 99 vont dans le même
sens 100. D’autres projections récentes 101
s’accordent également sur une forte aug-
mentation de l’évapotranspiration, sur toute
l’année et notamment en été, tous scéna-
rios du GIEC confondus. Par ailleurs, la
sécheresse accrue du sol pourrait entraîner
des phénomènes de retrait des argiles ce
qui pourrait avoir des effets notamment sur
les bâtiments comme lors des épisodes de
sécheresse de la dernière décennie.
2.4 n L’augmentation
des sécheresses
Au milieu du siècle (années 2050), des
évolutions très significatives, sous l’évo-
lution probable de l’évaporation due à la
hausse des températures, montrent des
sécheresses agricoles 102, inhabituelles en
termes d’expansion spatiale ou d’intensité
(sur trois mois et encore plus nettement
sur douze mois) malgré une évolution peu
sensible du régime pluviométrique. À la fin
du siècle (années 2080), des sécheresses
météorologiques plus fortes pourraient
apparaître, notamment en été et en automne
et les sécheresses agricoles empireraient.
Une grande partie du territoire connaitrait
très probablement de très longues séche-
resses du sol quasiment sans retour au
climat actuel : cet assèchement du sol en
moyenne se retrouverait en toute saison.
Enfin, la caractérisation spatiale des pro-
jections suggère une aggravation parti-
culière des sécheresses dans les régions
connaissant actuellement les sols plus
humides en moyenne, comme les régions
du Nord de la France ainsi que les zones de
montagne. D’ailleurs, le plafonnement des
rendements de blé tendre 103 depuis vingt
ans résulte pour moitié du changement cli-
matique qui a accentué le stress hydrique et
thermique en fin de cycle cultural.
2.5 n La baisse de la recharge
des nappes
Pour ce qui concerne les eaux souter-
raines, l’impact des précipitations efficaces
(sans tenir compte des échanges nappe-
rivières ou entre couches aquifères) sur le
fonctionnement des hydro-systèmes sou-
terrains est significatif malgré les incerti-
tudes, avec une baisse de la recharge des
nappes qui représente environ 30 % de la
recharge annuelle à la fin du XXIe siècle, et
16 % au milieu du siècle. Sur la Somme par
exemple, avec un scénario GES moyen, on
obtient pour la période 2046-2065 - 19 %
en moyenne et entre - 6 et - 30 % selon les
modèles climatiques 104.
La baisse de certaines nappes du bas-
sin pourrait atteindre plusieurs mètres,
jusqu’à plus d’une dizaine de mètres au
niveau local sans même tenir compte de
96 - Source : brochure Cinquante ans d’efforts pour la qualité de l’eau.
97 - Algues vertes sur les côtes normandes, Atelier presse Agence de l’eau Seine-Normandie (2014).
98 - Impact du changement climatique sur les ressources en eau du bassin versant de la Seine ; Projet GICC RexHyss (janvier 2011).
99 - Ce scénario, nommé officiellement « RCP 8.5 », correspond à une forte augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, du fait de l’absence de politique climatique concrète.
100 - Jouzel (2014) ; Terray L. et Boé J (2013).
101 - Nicolas (2014).
102 - Projet Climsec ; Impacts du Changement climatique sur la sécheresse et l’eau du sol, Météo France (2011).
103 - Chambre d’agriculture de Normandie ; Brisson et Al, INRA (2010).
104 - Rapport Explore 2070/Rexhyss.la réserve utile des sols.
ant au
nacées.
18 l'Est de la France.
2 de régresser sensiblement.
e, ambroisie...).
espèces
66
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
prélèvements accrus pour l’irrigation. Si
l’on replace ces baisses en perspective de
la plus importante enregistrée entre 1990 et
1994 (environ 5 m), il semble que le main-
tien du système d’irrigation actuel devien-
drait très coûteux, voire même fortement
improbable.
Par ailleurs, on estime qu’un tiers des
300 zones humides Natura 2000 du bassin
sont dépendantes des nappes et risquent
donc d’être asséchées en cas de baisse
des nappes. De plus, de nombreuses par-
celles font l’objet d’un drainage agricole
(tubes drainant enterrés), ce qui contribue à
réduire la réserve utile des sols.
Enfin, l’évolution des capacités de stockage
dans les réservoirs superficiels a été simu-
lée sous changement climatique sur la base
de trois modèles climatiques différents à
l’échelle de la France 105. Les résultats
sur le bassin Seine Normandie montrent
qu’avec l’augmentation des températures
atmosphériques, cette capacité pourrait
être réduite de 30 % notamment du fait de
la baisse des apports naturels en eau. Cela
cumulé à l’évapotranspiration accrue et à
la typologie du bassin, en fait donc une des
zones les moins favorables aux retenues de
stockage.
2.6 n L’intrusion saline
L’élévation du niveau marin aurait pour
conséquence, sur le littoral et les estuaires,
des pertes d’habitats 106 et de fonction-
nalités écologiques, accentuées par les
ouvrages qui fixent le trait de côte, limitent
la mobilité des estuaires et font obstacles à
la migration des milieux et des espèces vers
des zones de repli intérieures, les protégeant
de la remontée du biseau salé. La remontée
vers l’amont du gradient de salinité influe-
rait sur la distribution des communautés
côtières et estuariennes. Les intrusions
salines 107 représentent un risque majeur
de pollution pour les aquifères littoraux qui
sont des réservoirs stratégiques. Ce risque
s’accentue en raison de l’accroissement de
la fréquence et de l’intensité des périodes de
sécheresses et de canicules, mais aussi en
réponse à l’augmentation importante de la
population vivant en zone côtière. Il devien-
dra encore plus important lors de la remon-
tée du niveau de la mer consécutive au chan-
gement climatique. Les intrusions salines
en nappes auraient des conséquences sur
les usages de l’eau.
Par exemple, le havre de la Sienne, embléma-
tique des havres de la côte ouest du Cotentin,
est confronté aux problématiques d’érosion
côtière, d’intrusion marine et d’inondation.
Dans la baie des Veys, les surfaces d’estran,
déjà fortement réduites par la poldérisation,
risquent encore de régresser sensiblement.
3 n Les conséquences sur la biodiversité et le vivant
3.1 n Le développement végétal
Le changement climatique devrait modifier
les phases de développement végétales sai-
sonnières (feuillaison, floraison, fructifica-
tion, jaunissement automnal) et les aires de
répartition géographiques des plantes, avec
des répercussions en chaîne sur les éco-
systèmes terrestres et aquatiques 108. Les
espèces végétales les moins thermophiles
et résistantes à la sécheresse seraient donc
plus encore menacées.
Plus globalement, les hausses de tempéra-
tures moyennes depuis plusieurs décennies
ont induit des décalages dans les dates de
semis et de récole. Certaines études 109
montrent des cycles végétatifs raccourcis de
l’ordre d’un mois pour le blé d’hiver, l’orge
d’hiver et le maïs dans l’Est de la France.
De plus, le climat plus doux et humide favo-
rise la progression vers le nord de la France
de certaines espèces nuisibles à la santé
humaine, telles que la chenille procession-
naire du pin (le front de colonisation par
cette espèce a actuellement atteint la partie
sud des départements de la Manche et de
l’Orne), ainsi que l’implantation ou le déve-
loppement d’espèces végétales exotiques
nuisibles à la santé humaine et à la biodi-
versité 110 (berce du Caucase, ambroisie…).
3.2 n La faune terrestre,
aquatique et marine
Les émissions de dioxyde de carbone
entraînent une acidification des océans 111
(une baisse de pH des océans), puisqu’ils
absorbent une partie de nos émissions.
Depuis l’ère industrielle, le pH est passé de
105 - Pour une capacité de stockage maximale simulée de 1500m3/km2. Les trois modèles sont GFDL0, ARPEGE et MRI. Habets et al, HESS, (2014).
106 - Effets prévisibles liés au changement climatique dans l’estuaire de la Seine, GIP Seine Aval (2010).
107 - http://www.actu-environnement.com/ae/news/jean-philippe-bellot-intrusion-eau-salee-aquiferes-littoraux-16852.php4
108 - Lebourgeois F., Ceccini S., Godfroy P., Lanier M., Pierrat J.C., Ulric E., (2006), b. Phénologie des peuplements du Renecofor : Variabilité entre espèces et dans l’espace et déterminisme climatique. Rendez-Vous Techniques, n° 13, pp. 23-26
109 - Marc Benoît, présentation en CB spécial changement climatique (2013)
110 - Enjeux sanitaires et environnementaux du changement climatique, Agence régionale de santé Normandie (2016)
111 - http://oceanclimat.blog.lemonde.fr/2015/11/18/tout-ce-quil-faut-savoir-sur-lacidification-des-oceans/ser.
67
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
8,2 à 8,1 et si les émissions de CO2 conti-
nuent au même rythme, il est possible que
le pH diminue jusqu’à 7,7, créant ainsi des
océans plus acides que jamais. Par consé-
quent, ce changement de seulement 0,1
représente déjà une hausse de 30 % dans
l’acidité des océans 112.
Un certain nombre d’animaux et plantes
marines (coraux, huitres et autres crusta-
cés…) utilisent une partie du carbone pré-
sent naturellement dans les océans pour
former leurs coquilles ou leurs squelettes.
En piégeant ainsi le carbone, ils limitent la
formation d’acide carbonique et contribuent
doucement à freiner le processus d’acidifica-
tion. Néanmoins, un environnement de plus
en plus acide affaiblit ces organismes sen-
sibles à de faibles changements de pH. Plus
l’acidité augmente, plus la formation d’une
coquille ou d’un squelette leur demande de
l’énergie. Ils deviennent donc plus vulné-
rables, ont des problèmes pour grandir et
se reproduire, ce qui déstabilise alors toute
la chaîne alimentaire. Ces changements de
pH dans nos océans se sont fait tellement
rapidement que les organismes n’ont pas
eu le temps de s’adapter, et leurs coquilles
et squelettes se dissolvent petit à petit. En
affectant les animaux à coquilles, l’acidifi-
cation peut conduire à une dégradation de
la qualité de l’eau et des sédiments, faute
d’animaux filtreurs tels que les moules et
les huîtres 113 qui nettoient quotidienne-
ment de grands volumes d’eau.
En 2013, les 540 experts et scientifiques
réunis au 3e symposium de Monterey 114
sur l’acidification des océans ont voulu ré-
attirer l’attention des décideurs sur cet
enjeu planétaire en rappelant que le chiffre
d’affaires généré au niveau mondial par les
activités des éleveurs de moules et huîtres
et pêcheurs d’échinodermes (oursins), de
crustacés (crevettes, crabes) et de pois-
sons approche les 130 milliards de dol-
lars (96,5 Md€), et que la régression ou la
disparition de certaines espèces consom-
mées par l’Homme (poissons notamment)
aurait des conséquences sur la sécurité
alimentaire 115.
Ces évolutions climatiques ont également
des conséquences en termes de flux migra-
toires des oiseaux 116, ce qui peut induire
des problèmes de reproduction lorsque ces
changements ne coïncident pas avec les pics
d’abondance de leurs proies. Le même phé-
nomène de migration vers le Nord de cer-
taines espèces est observé 117 au niveau des
eaux marines dont la température moyenne
annuelle en Manche Ouest a augmenté de
1°C au cours des trente dernières années.
Par ailleurs, l’augmentation de la tempéra-
ture pourrait favoriser le développement
d’espèces envahissantes 118, étant donné la
capacité d’adaptation de ces dernières à des
conditions climatiques très diverses et à une
répartition géographique très importante,
elles sont susceptibles de s’adapter plus
facilement aux modifications climatiques
que les espèces natives. Certaines espèces
exotiques pourraient ainsi bénéficier des
nouvelles conditions climatiques et de la dis-
parition des espèces natives, pour devenir
envahissantes alors qu’elles ne l’étaient pas
auparavant. Inversement, des espèces enva-
hissantes pourraient être fragilisées par les
changements et voir leur progression ralen-
tir voire régresser.
Un scénario 119 de réchauffement des eaux
de + 2°C montre que l’estuaire resterait
favorable pour la majorité des migrateurs
présents aujourd’hui ou historiquement et
constituerait même une zone refuge pour la
faune littorale et marine. Pour les poissons
migrateurs en limite d’aire de répartition,
l’estuaire pourrait devenir plus favorable
(mulet porc) ou défavorable (éperlan). Pour
ce qui concerne l’impact sur les poissons du
bassin, on peut souligner que le bassin de
la Seine n’est pas le territoire où les effets
seraient les plus marqués. La zone allant de
la pointe bretonne à la frontière belge pré-
sente les impacts les plus faibles en termes
piscicoles. Toutefois, dans le bassin, cer-
taines espèces seraient impactées du fait
de la raréfaction des zones de refuge. Une
espèce comme le chabot pourrait régres-
ser rapidement. Le réchauffement des eaux
favoriserait les espèces appréciant les eaux
plus chaudes. Sachant que la tendance en
termes de flore, de faune, sauvage ou culti-
vée, est à l’homogénéisation, un enrichisse-
ment de la biodiversité cultivée et sauvage
représente en soi un gage d’adaptation au
changement climatique. De plus, la res-
tauration de la mobilité des cours d’eau et
la préservation des interfaces terre-mer
donnent l’opportunité aux espèces et éco-
systèmes de migrer et de s’adapter.
3.3 n Les forêts
Les grandes surfaces boisées accueillent la
biodiversité, stockent le dioxyde de carbone
et rafraîchissent l’air. A l’échelle mondiale,
20 % des émissions de gaz à effet de serre
dues aux activités humaines proviennent de
la dégradation des forêts. La protection des
forêts est donc un levier important dans le
bilan global d’atténuation du changement
climatique.
112 - Rhein et al. (2013).
113 - Sanford E, Gaylord B, Hettinger A, Lenz EA, Meyer k & Hill TM Ocean acidification increases the vulnerability of native oysters to predation by invasive snails (2014) et Michaelidis B, Ouzounis C, Paleras A, Pörtner HO Effects of long-term moderate hypercapnia on acid-base balance and growth rate in marine mussels Mytilus galloprovincialis (2005).
114 - Third Symposium on the Ocean in a High-CO2 World Ocean Acidification ; Valéry Laramée de Tannenberg ; Pourquoi il faut lutter contre l’acidification des océans (2013) dans Le journal de l’environnement, daté 15 novembre 2013
115 - Résumé pour les décideurs (IGBP, IOC, SCOR (2013). Ocean Acidification Summary for Policymakers ; Third Symposium on the Ocean in a High-CO2 World. International Geosphere-Biosphere Programme, Stockholm, Sweden) (2013).
116 - Effets prévisibles liés au changement climatique dans l’estuaire de la Seine, GIP Seine Aval (2010).
117 - Étude LICCO (2014).
118 - http://www.conservation-nature.fr/article2.php?id=107
119 - Effets prévisibles liés au changement climatique dans l’estuaire de la Seine, GIP Seine Aval (2010).ry, FAO [2010].
aux ou plus globaux.
ique, Âgence régionale de santé Normandie (2016).
68
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
La hausse des températures et de dioxyde
de carbone dans l’atmosphère ainsi que les
changements dans les précipitations ont
des impacts notables sur les forêts 120. Cela
affecte directement le développement, la
survie, la reproduction et la répartition des
espèces et des essences, changeant ainsi
l’abondance des parasites, prédateurs ou
compétiteurs. Les insectes et les maladies
sont les premiers indicateurs de change-
ments locaux, régionaux ou plus globaux.
Les forêts 121, en région humide comme en
région sèche, apparaissent toutes très vul-
nérables à la défaillance hydraulique. En
effet, sous l’écorce de chaque arbre bat un
ingénieux système vasculaire qui transporte
tous les jours des centaines de litres d’eau
vers. L’arbre transpire ces grandes quanti-
tés d’eau afin de refroidir ses feuilles tout
en absorbant du dioxyde de carbone pour
la photosynthèse. Cette eau est absorbée
du sol et transportée par un réseau de fins
conduits qui relient les racines aux feuilles
grâce à une pompe aspirante dont le moteur
est l’énergie solaire. Lorsque le sol se des-
sèche, la sève des arbres est exposée à de
très fortes tensions qui peuvent rompre les
colonnes d’eau à l’intérieur de leur système
vasculaire. L’extrême diversité génétique
des arbres est l’assurance de leur survie.
Encore faut-il comprendre et expérimen-
ter davantage pour savoir comment et
dans quelle mesure la diversité génétique
leur permettra de s’adapter et pour sélec-
tionner les bonnes espèces résistantes
de demain. Ainsi, il est important de res-
ter vigilant quant à la surexploitation des
forêts et leur dégradation afin que celles-
ci continuent de jouer leur rôle de puits
carbone et de réserve de biodiversité.
3.4 n La santé
Les impacts des changements climatiques
observés sur la propagation des maladies
restent relativement peu nombreux et mal
quantifiés. En revanche, le changement cli-
matique influe sur les déterminants sociaux
et environnementaux de la santé : air pur,
eau potable, nourriture en quantité suffi-
sante, sécurité du logement. Les tempéra-
tures caniculaires, auxquelles nous seront
de plus en plus sujets notamment avec les
phénomènes d’îlots de chaleur urbains,
contribuent directement à la mortalité par
maladies cardiovasculaires ou respira-
toires, en particulier chez les personnes
âgées ou fragiles. La teneur de l’air en
ozone et d’autres polluants, qui exacerbent
les maladies cardiovasculaires et respira-
toires, augmente aussi avec la température.
En ce qui concerne l’évolution qualitative pré-
visible des ressources en eau, elle pourrait
être responsable d’une augmentation des
maladies à transmission hydrique (virales,
bactériennes dont la légionellose, para-
sitaires) via le réseau d’eau potable, les
tours aéro-réfrigérantes (développement
des systèmes de climatisation) ou le contact
avec les eaux superficielles, des toxi-infec-
tions alimentaires collectives (TIAC) liées
à la consommation de produits de la pêche
(bactériennes ou toxiques). L’impact sani-
taire sera d’autant plus important que des
changements de comportements favorisant
l’exposition sont attendus en lien avec le
changement climatique (jeux d’eau en milieu
urbain, brumisation…), particulièrement lors
des vagues de chaleur. Par ailleurs, le déve-
loppement de blooms phytoplanctoniques ou
d’algues brunes ou vertes, potentiellement
toxiques pour les êtres vivants soulèvent
des inquiétudes pour le devenir des activités
récréatives ou économiques littorales.
La période d’activité des moustiques adultes
est allongée, les moustiques sont vecteurs
de différentes pathologies (chikungunya,
dengue, zika, paludisme, virus du West Nile,
etc.) et, à ce titre, il convient de souligner que
le moustique tigre 122 a été détecté en 2015
aux portes de la Normandie, à savoir en Ile-
de-France et dans la région Centre 123. Ce
dernier ne se développe pas dans les zones
humides ou les cours d’eau mais davantage
en ville dans les eaux stagnantes de petite
dimension (typiquement les récipients et
objets abandonnés des balcons et jardins).
120 - Forestry, FAO (2010).
121 - http://www.inra.fr/Grand-public/Rechauffement-climatique/Tous-les-dossiers/Forets-et-rechauffement-climatique/Adaptation-genetique-des-arbres/(key)/3
122 - Le site pour le signalement du moustique tigre est : http://www.signalement-moustique.fr/
123 - Enjeux sanitaires et environnementaux du changement climatique, Agence régionale de santé Normandie (2016).69
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
ANNEXE N°3
PROGRAMME D’ACTIONS
ET D’ÉTUDES
ISSU DU RAPPORT DU PRÉFET
SUR L’HYDROLOGIE DE LA SEINE70
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôàde la Seine moyenne.
le piloter et suivre l'avancement des différentes actions indiquées ci-dessous.
ions reposent sur quatre leviers complémentaires :
mble du territoire :
jets d'aménagement ;
jes eaux pluviales adaptée ;
expansion
des nappes.
; dédiés
des « grands lacs de Seine » ;
ndations :
lation de Proisy ;
ritoires
le) à La crue :
71
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
La mission confiée au préfet coordonnateur de bassin par le premier ministre sur le fonc- tionnement hydrologique du bassin de la Seine permet d’établir un état des lieux consolidé sur les crues et les étiages et d’élaborer un programme d’actions et d’études cohérent agis- sant simultanément sur les risques d’inondation et sur la baisse de la ressource en eau. Centré sur des actions qui concernent les cours d’eau du bassin amont (notamment, Aube et Seine, Marne, Yonne, Oise) qui convergent dans la métropole parisienne, ce programme doit produire des bénéfices sur l’ensemble du bassin de la Seine et anticiper les consé- quences attendues du changement climatique (augmentation de l’évapotranspiration liée à l’accroissement des températures et modification du régime des précipitations dont résul- tera la baisse des débits). Il s’agit concrètement de recenser l’ensemble des projets structu- rants connus et leur degré de maturité, afin de proposer au premier ministre les études qui restent à conduire pour permettre la prise de décision sur ces projets. Le programme ne se limite pas à de grands aménagements, qui ne seraient en tout état de cause pas suffisants, il recense l’ensemble des leviers mobilisables, depuis la restauration des capacités naturelles d’infiltration et le recours aux zones d’expansion des crues et aux techniques d’hydraulique douce jusqu’à la réduction de la vulnérabilité, tant pour les nouveaux aménagements que pour les installations existantes. Il porte aussi sur les affluents de la Seine moyenne comme le Loing et les cours d’eau franciliens, dont les inondations de juin dernier ont rappelé qu’ils sont à la fois sujets de débordements importants sur leurs territoires, mais aussi contribu- teurs aux crues de la Seine moyenne.
La maitrise d’ouvrage des différentes études sera précisée notamment au regard de la mise en œuvre concrète de la compétence GEMAPI dans le bassin. Les grands EPTB du bassin (Seine Grands Lacs et Entente Oise Aisne) ainsi qu’une équipe pluri-disciplinaire constituée autour de l’équipe projet AESN-DRIEE (qui a conduit la présente étude) semblent à ce stade les plus à même de piloter et suivre l’avancement des différentes actions indiquées ci-dessous.
Les recommandations reposent sur quatre leviers complémentaires :
A n Restaurer les capacités naturelles d’infiltration
et d’écoulement pour limiter le ruissellement de l’eau
en zones rurale et sur les surfaces imperméabilisées
• En zone rurale, aménagements d’hydraulique douce (haies, zones
enherbées, fascines,... et pratiques favorables à des sols plus fil-
trants sur l’ensemble du territoire ;
• Désimperméabilisation de surfaces qui n’ont plus lieu d’être
imperméables ;
• Compensation systématique des surfaces imperméabilisées dans
les nouveaux projets d’aménagement ;
• En zone urbaine, développement des toitures végétalisées, noues...
pour une gestion des eaux pluviales adaptée ;
• Restauration des fonctionnalités des zones humides sur l’en-
semble du bassin.
B n Préserver et restaurer les zones d’expansion
des crues (ZEC)
• Restauration des fonctionnalités des cours d’eau et leurs annexes
hydrauliques ainsi que les zones humides alluviales sur l’ensemble
du bassin ;
• Identification, caractérisation et conservation des zones d’expan-
sion des crues naturelles (lits majeurs des cours d’eau) ;
• Aménagement de certaines ZEC anthropisées pour optimiser leur
contribution et mise en place de dispositifs associés d’indemnisa-
tion des propriétaires de terrains sur-inondés dans le cadre de stra-
tégies locales ;
C n Réguler les débits par des ouvrages dédiés
• Ouvrages à double finalité (prévention des inondations et soutien
au débit d’étiage) – exemple des « grands lacs de Seine » ;
• Ouvrages à finalité de prévention des inondations: exemple du pro-
jet des casiers de La Bassée ou de l’ouvrage de régulation de Proisy ;
• Ouvrages à finalité de soutien au débit d’étiage: retenues, recharge
artificielle des nappes.
D n Réduire la vulnérabilité des territoires
et des activités
• Limitation stricte de la construction en zone inondable (mesures
réglementaires, fiscales, tarifs d’assurance...) ;
• Développement de techniques résilientes de construction et d’amé-
nagement en zones inondables constructibles avec compensation des
zones d’expansion de crue ;
• Amélioration de la résilience des réseaux (transports, télécom-
munication, énergie, eaux usées et eau potable) à la crue ;
• Développement des pratiques industrielles et agricoles moins
consommatrices d’eau et facilitant l’infiltration d’eau et adaptées
aux sécheresses ou inondations ;
• Amélioration des dispositifs de prévision et de gestions de crise
(épisodes de sécheresse, crues sur les petits bassins versants) et
développement de la culture du risque sur les inondations et les
étiages.72
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà73
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
ANNEXE N°4
DÉCLARATION D’ENGAGEMENT74
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà-NORMANDIE
HANGEMENT CLIMATIQUE
Liberté « Liberté + Égalité » Fraternité + Fraternité
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
PRÉFET
DE LA RÉGION
D’ILE-DE-FRANCE
75
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Stratégie d’adaptation au changement climatique du bassin Seine-Normandie Projet présenté au Comité de Bassin du 8 décembre 2016
100
ANNEXE N°4 : DECLARATION D’ENGAGEMENT
BASSIN SEINE-NORMANDIE
ENGAGEMENT
POUR L'ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
DANS LE DOMAINE DE L'EAU
En signant la présente déclaration, en tant qu’acteur et utilisateur du système de l’eau, je m’engage à prendre une part active à l'adaptation du bassin Seine-Normandie au changement climatique. A ce titre, j’assure, sur mon domaine et sur mon territoire de compétences, la définition et la mise en œuvre des actions d'adaptation recommandées par la stratégie d'adaptation du bassin Seine-Normandie au changement climatique ou cohérentes avec celle-ci, avec les objectifs suivants :
§ réduire la dépendance à l’eau et assurer un développement humain moins
consommateur d’eau
§ préserver la qualité de l’eau ;
§ protéger la biodiversité et les services écosystémiques ;
§ prévenir les risques d’inondations et de coulées de boues ;
§ anticiper les conséquences de l’élévation du niveau de la mer.
En conséquence,
Je déclare avoir conscience des enjeux liés aux effets du changement climatique dans le domaine de l'eau et de mon propre rôle pour l'adaptation des activités et des milieux ;
Je m’engage, dans la limite de mon territoire et de mon domaine de compétence à :
§ Impliquer mes collaborateurs dans une démarche d'adaptation au changement climatique ;
§ Décliner les principes, objectifs de la stratégie d’adaptation du bassin Seine-
Normandie aux enjeux de mon territoire et de mon domaine de compétence ;
§ Mettre en œuvre des actions recommandées par la stratégie d’adaptation du bassin Seine-Normandie ou cohérentes avec celle-ci;
§ Assurer un suivi régulier de la mise en œuvre de ces actions ;
§ Organiser un retour d’expériences et une contribution aux mises à jour futures de la stratégie d'adaptation du bassin Seine-Normandie au changement climatique.
Date : Signataire :76
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà77
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
ANNEXE N°5
GLOSSAIRE78
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôàalités,
tions et
)i-
“atives,
ES
‘ement au climat attendu et à ses effets.
:s types d'adaptation selon le GIEC :
Je:
rroupes privés ;
tique.
utilisateurs de la terre.
ant envahissantes).
s décennies où plus.
79
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà
Acteurs du bassin Seine-Normandie : usagers,
gestionnaires, pouvoirs locaux présents sur le bassin
Seine-Normandie et/ou étant représentés dans les ins-
tances du Comité de bassin.
Collectivités : communes, intercommunalités,
départements, régions, leurs administrations et
élus.
Parties prenantes des filières agricoles : exploi-
tants agricoles, forestiers, CUMA, coopératives,
chambres d’agriculture, etc.
Industriels et autres acteurs économiques.
Adaptation : processus d’ajustement au climat présent
ou attendu et à ses effets. Dans les systèmes humains,
l’adaptation cherche à modérer ou éviter les nuisances
ou à exploiter les opportunités bénéfiques. Dans cer-
tains systèmes naturels, l’intervention humaine peut
faciliter l’ajustement au climat attendu et à ses effets.
Les différents types d’adaptation selon le GIEC :
• l’adaptation préventive : avant les impacts du change-
ment climatique ;
• l’adaptation autonome : réponse inconsciente aux sti-
muli climatiques et provoquée par le changement cli-
matique ;
• l’adaptation planifiée : résulte des stratégies et déci-
sions politiques prises pour répondre aux effets du
changement climatique ;
• l’adaptation privée : réalisée par les individus, familles,
communautés ou groupes privés ;
• l’adaptation publique : initiée à tous les niveaux de
gouvernement ;
• l’adaptation réactive : mise en place après les impacts
du changement climatique.
Agroforesterie : système dynamique de gestion des
ressources naturelles reposant sur des fondements
écologiques qui intègre des arbres dans les exploita-
tions agricoles et le paysage rural et permet ainsi de
diversifier et maintenir la production afin d’améliorer
les conditions sociales, économiques et environnemen-
tales de l’ensemble des utilisateurs de la terre.
Assainissement écologique : il s’agit d’une approche
globale de l’écosystème qui protège les milieux aqua-
tiques et traite les urines et les matières fécales
comme des ressources à valoriser pour la fertilisation
des sols. À la base de l’assainissement écologique,
il y a la gestion dissociée des eaux grises, par divers
systèmes utilisant le pouvoir épurateur du sol (filtres
plantés, pédo-épuration) et des excrétas humains, par
les toilettes sèches.
Atténuation : c’est l’intervention humaine qui a pour
objectif de stabiliser, limiter ou réduire les émissions et
concentrations de gaz à effet de serre dans ou d’amé-
liorer les capacités de séquestrations de gaz à effet de
serre.
Biocontrôle : ensemble de méthodes de protec-
tion des végétaux par l’utilisation de mécanismes
naturels. Seules ou associées à d’autres moyens de
protection des plantes, ces techniques sont fondées
sur les mécanismes et interactions qui régissent les
relations entre espèces dans le milieu naturel. Ainsi,
le principe du biocontrôle repose sur la gestion des
équilibres des populations d’agresseurs plutôt que
sur leur éradication. Arboriculture, grandes cultures,
horticulture, toutes les filières peuvent bénéficier de
l’utilisation de produits de biocontrôle. Actuellement,
ces techniques sont particulièrement efficaces et
utilisées en cultures légumières, en arboriculture
fruitière et en vigne. Le biocontrôle implique l’acqui-
sition de nouvelles techniques et nécessite, pour
l’agriculteur, d’être accompagné par un conseil, un
établissement de recherche, un réseau d’expérimen-
tation ou une chambre d’agriculture. Les produits de
biocontrôle sont strictement encadrés pour ne pas
présenter de risque pour la santé ou l’environnement
(notamment par l’introduction d’espèces non indi-
gènes potentiellement envahissantes).
Changement climatique : le changement climatique
(ou plus exactement les changements climatiques)
désigne une variation de l’état du climat qui peut être
identifiée (par exemple à l’aide de tests statistiques)
par des changements affectant la moyenne et/ou la
variabilité de ses propriétés, persistant pendant de lon-
gues périodes, généralement des décennies ou plus.
Les changements climatiques peuvent être la consé-
quence de processus naturels internes ou de for-
çages externes tels que : les modulations des cycles
solaires, les éruptions volcaniques et les changements
anthropiques persistants de la composition de l’atmos-
phère ou de l’utilisation des terres. On notera que la
Convention cadre des Nations Unies sur les chan-
gements climatiques (CCNUCC), dans son article 1,
définit le changement climatique comme étant : « des
changements de climat qui sont attribués directement ou
indirectement à une activité humaine altérant la compo-
sition de l’atmosphère mondiale et qui viennent s’ajouter
à la variabilité naturelle du climat observée au cours de
périodes comparables ». La CCNUCC établit ainsi une
distinction entre le changement climatique qui peut
être attribué aux activités humaines altérant la compo-
sition de l’atmosphère et la variabilité climatique due à
des causes naturelles.
CO2 équivalence : méthode de mesure des émissions
de gaz à effet de serre qui prend en compte le pouvoir
de réchauffement de chaque gaz relativement à celui
du CO2.
Co-bénéfice : on parle de co-bénéfice lorsqu’un projet
produit des effets positifs en plus de son objectif prin-
cipal.
Écologie industrielle et territoriale : fondée sur une
approche systémique, l’écologie industrielle et territo-
riale (EIT) est une démarche opérationnelle qui s’inspire
des écosystèmes naturels pour tendre vers une gestion
optimale des matières et de l’énergie : le système indus-
triel peut être considéré comme une forme particulière
d’écosystème. Ainsi, à l’image du fonctionnement des
chaînes alimentaires dans le milieu naturel, les déchets
et co-produits d’une activité peuvent devenir une res-
source pour une autre activité. Les entreprises peuventnn d'énergie.
de l'insolation.
“éémettent Le rayonnement infrarouge.
-urelles.
range).
age.
2 climat et la géographie locale.
15 Les sols et alimente les nappes.
nts souterrains (guide du MEDDE)].
Sviter.
e mathématique.
es de déchets.
réutiliser entre elles, ou avec les collectivités, leurs rési-
dus de production (vapeurs, co-produits, gaz d’échappe-
ment, effluents, déchets...) et ainsi, limiter la pollution,
le prélèvement de ressources, la production de déchets
et la consommation d’énergie.
Eutrophisation : apport en excès de substances nutri-
tives (nitrates et phosphates) dans un milieu aquatique
pouvant entraîner la prolifération des végétaux aqua-
tiques (parfois toxiques). Pour les décomposer, les
bactéries aérobies augmentent leur consommation
en oxygène qui vient à manquer et les bactéries anaé-
robies se développent en dégageant des substances
toxiques : méthane, ammoniac, hydrogène sulfuré,
toxines, etc.
Échaudage : accident de végétation auquel sont expo-
sées les céréales et la vigne, abîmant la fructification.
L’évaporation, système de refroidissement naturel
des plantes, peut être réduite en cas de manque d’eau.
Dans le cas des céréales, l’échaudage est un accident de
croissance des grains, dû soit à un coup de chaleur, soit
à une attaque parasitaire (piétin-échaudage) qui per-
turbe l’alimentation en eau de la plante. L’échaudage
de la vigne, ou « grillage », atteint parfois les grappes
de raisin au cours des journées très chaudes d’été. Les
baies se flétrissent et se dessèchent sous l’action de la
sécheresse et de l’insolation.
GES : gaz à effet de serre : constituants gazeux de
l’atmosphère, tant naturels qu’anthropiques, qui
absorbent et réémettent le rayonnement infrarouge.
Gestion intégrée : dans les domaines de l’environne-
ment et de l’économie générale, la gestion intégrée
désigne un mode de gestion de certaines activités qui
intègre, dès la phase de conception, l’ensemble des
facteurs écologiques, économiques et sociaux qui leur
sont liés. En évaluant l’ensemble de ses conséquences
sur un milieu donné, il apparaît que la gestion intégrée
contribue à économiser temps, espace et moyens de
production et à diminuer les pertes en matière d’éner-
gies et de ressources naturelles.
GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur
l’évolution du climat. Groupe de recherche piloté par
l’Organisation météorologique mondiale et le PNUE
(Programme des Nations-Unies pour l’environnement),
chargé d’organiser la synthèse des travaux scienti-
fiques sur le changement climatique (IPCC en anglais
pour Intergovernmental Panel on Climate Change).
Hydraulique douce : l’objectif des aménagements
d’hydraulique douce est de contenir le ruissellement à
l’échelle de la parcelle agricole et de limiter les trans-
ferts de limons vers les zones à enjeux, par le biais de
dispositifs techniquement simples à mettre en place et
bien intégrés dans le paysage.
Hydromorphologie : étude de la morphologie des cours
d’eau, plus particulièrement l’évolution des profils en
long et en travers et du tracé planimétrique : capture,
méandres, anastomoses. Elle vise à définir la forme des
bassins hydrographiques, leur densité et l’organisation
du drainage.
Îlot de chaleur urbain : élévations localisées des tem-
pératures, particulièrement des températures maxi-
males diurnes et nocturnes, enregistrées en milieu
urbain par rapport aux zones rurales ou forestières
voisines ou par rapport aux températures moyennes
régionales. Les îlots de chaleur urbains sont causés
principalement par la minéralisation des villes ; l’acti-
vité industrielle, les transports et la climatisation sont
les principales sources anthropiques de chaleur. Les
autres facteurs étant le climat et la géographie locale.
Infiltration : processus physique par lequel l’eau
pénètre dans les sols et alimente les nappes.
La surface non imperméabilisée est la surface sur
laquelle l’action de l’homme n’a pas altéré la capacité
d’infiltration ou de rétention naturelle de l’eau en rai-
son notamment de bâtis, de recouvrements artificiels
ou d’aménagements souterrains (guide du MEDDE).
Maladaptation : désigne un processus d’adaptation qui
résulte directement en un accroissement de la vulné-
rabilité à la variabilité et au changement climatiques
et/ou en une altération des capacités et des opportu-
nités actuelles et futures d’adaptation. La maladapta-
tion peut résulter en des effets négatifs qui sont aussi
sérieux que les impacts du changement climatique que
l’on cherche à éviter.
Modèles climatiques : représentations numériques
de la planète et des interactions entre ses différents
réservoirs qui modulent le climat : l’atmosphère,
l’océan et les surfaces continentales. L’espace géo-
graphique numérique est composé de cases, appe-
lées les mailles. Les interactions entre mailles sont
modélisées par un certain nombre d’équations mathé-
matiques. Plus la maille est petite, plus le modèle est
précis et donc plus il est fiable. Un modèle climatique
cherche à approcher le plus possible la réalité, il essaie
de représenter au mieux les forces qui induisent les
mouvements atmosphériques, océaniques ou ter-
restres. Pour cela, le modèle part de conditions ini-
tiales connues des paramètres climatiques tels que la
température, le rayonnement, l’humidité… et les fait
évoluer en suivant le formalisme mathématique.
Phytoépuration : ensemble de techniques mettant à
profit des processus naturels d’une combinaison végé-
taux – sol – microorganismes dans un écosystème créé
artificiellement pour le traitement des eaux usées, ainsi
que d’autres types de déchets.
Pollution diffuse : pollution des eaux due non pas à
des rejets ponctuels et identifiables, mais à des rejets
issus de toute la surface d’un territoire et transmis aux
milieux aquatiques de façon indirecte, par ou à travers
le sol, sous l’influence de la force d’entraînement des
eaux en provenance des précipitations ou des irriga-
tions.
Prélèvements : les prélèvements d’eau désignent
le volume d’eau captée artificiellement dans les cours
d’eau ou les nappes souterraines pour un usage agri-
cole, industriel ou domestique. Une partie de l’eau pré-
levée est rendue au milieu (production d’énergie en par-
ticulier, eaux domestiques via les eaux usées traitées).
80
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôàmmuns.
t à limiter Les impacts de l'événement.
:pousser le choc.
‘goureuses du climat où du milieu.
ue.
rentes périodes.
récréatives ou culturelles.
zones de rétention temporaire
Seule l’eau non restituée – ou restituée dans un état
inutilisable – est considérée comme consommation
d’eau (exemples : eau utilisée par les plantes, évapo-
ration). La disponibilité en eau est relative à la quan-
tité d’eau renouvelable et à la pression exercée par le
nombre d’habitants. La disponibilité signifie aussi que
l’eau est présente : dans le temps (au moment souhaité),
dans l’espace (au lieu souhaité), de qualité acceptable
(salubre).
RCP ou Representative Concentration Pathways sont les
quatre scénarios représentatifs d’évolutions différents
de concentration en gaz à effet de serre pour l’année
2100 présentés par le dernier rapport du GIEC : le
RCP 2.6 correspond à une augmentation de 2°C de la
température moyenne, donc à un scénario très volon-
tariste en termes d’émissions des gaz à effet de serre,
tandis que le RCP 8.5 correspond à une augmentation
d’environ 4 à 5°C, ce qui correspond au scénario de
croissance tendancielle en termes d’émissions de
GES. Les scénarios RCP 4.5 et RCP 6 sont intermé-
diaires.
Résilience : capacité des systèmes sociaux, écono-
miques et environnementaux à faire face à un événe-
ment, une tendance ou une perturbation dangereuse,
en répondant ou en se réorganisant de manière à
maintenir la capacité d’adaptation, d’apprentissage, et
de transformation. Cela implique la capacité à absor-
ber le choc et à limiter les impacts de l’événement.
Résistance : capacité à fonctionner de manière nor-
male et à repousser le choc.
Robustesse : qui résiste bien aux causes d’agression
ou d’altération. Se dit des végétaux qui supportent les
conditions rigoureuses du climat ou du milieu.
Sans regret : se dit de mesures qui sont au moins
égales à leur coût pour la société, souhaitables et
utiles en soi quelle que soit l’amplitude du réchauffe-
ment climatique.
Sécheresse : on distingue plusieurs types de séche-
resses :
• la sécheresse météorologique correspond à un déficit
prolongé de précipitations ;
• la sécheresse agricole se caractérise par un déficit
en eau des sols superficiels (entre 1 et 2 m de pro-
fondeur), suffisant pour altérer le bon développement
de la végétation. Elle dépend des précipitations et de
l’évapotranspiration des plantes. Cette notion tient
compte de l’évaporation des sols et de la transpiration
des plantes (l’eau puisée par les racines est évaporée
au niveau des feuilles). La sécheresse agricole est
donc sensible aux précipitations, à l’humidité et à la
température de l’air, au vent mais aussi à la nature des
plantes et des sols ;
• la sécheresse hydrologique se manifeste enfin lorsque
les lacs, rivières ou nappes souterraines montrent des
niveaux anormalement bas. Elle dépend des précipi-
tations mais aussi de l’état du sol influant sur le ruis-
sellement et l’infiltration. Le réseau hydrographique
détermine les temps de réponse aux déficits de préci-
pitations observés sur différentes périodes.
Service éco-systèmique : avantage matériel ou
immatériel que l’homme retire des écosystèmes.
Certains services écosystémiques sont des avan-
tages matériels liés à des processus naturels tels que
la production de biens directement consommables,
l’autoépuration des eaux, la stabilisation des sols ou
la pollinisation ; d’autres sont des avantages immaté-
riels, comme des activités récréatives ou culturelles.
Sélection participative des semences : processus
par lequel les agriculteurs créent ou sélectionnent, en
collaboration avec des chercheurs et associations, les
variétés adaptées à leurs besoins, environnement et
pratiques spécifiques. Ce processus vise à maintenir
ou amplifier la biodiversité cultivée.
Services climatiques : ensemble des informations et
prestations qui permettent d’évaluer et de qualifier le
climat passé, présent ou futur, d’apprécier la vulnéra-
bilité des activités économiques, de l’environnement et
de la société au changement climatique, et de fournir
des éléments pour entreprendre des mesures d’atté-
nuation et d’adaptation.
Solidaire : qui est ou s’estime lié à quelqu’un d’autre
ou à un groupe par une responsabilité commune, des
intérêts communs.
Trait de côte : il n’y a pas de définition unique du trait
de côte. Ce terme vise à identifier la limite entre la
terre et la mer, le trait de côte est mobile dans les trois
dimensions spatiales avec des évolutions temporelles
de fréquences diverses : journalière, saisonnière,
annuelle, etc.
Vulnérabilité au climat : propension d’une population
ou d’un écosystème à subir des dommages en cas de
variations climatiques, qui dépend de leur capacité
d’adaptation.
Zone d’expansion des crues : espace naturel, non ou
peu urbanisé ou peu aménagé, où se répandent natu-
rellement les eaux lors du débordement des cours
d’eau. Elle contribue au stockage momentané des
volumes apportés par la crue, au ralentissement et à
l’écrêtement de la crue et au bon fonctionnement des
écosystèmes aquatiques et terrestres. Les zones d’ex-
pansion des crues, encore appelées champs d’expan-
sion des crues, sont des zones inondables et elles font
partie du lit majeur des cours d’eau. Elles ne doivent
pas être confondues avec les zones de « surinonda-
tion ».
Zone de surinondation : zone permettant le surstoc-
kage des crues notamment par la mise en place d’amé-
nagements hydrauliques ou la modification d’aména-
gements en place dans le cadre de projets concertés à
l’échelle d’un bassin versant. Elle fait souvent l’objet de
l’’instauration d’une servitude de surinondation définie
à l’article L. 211-12 du Code de l’environnement). On
les appelle également « zones de rétention temporaire
des eaux de crues ».
81
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôà82
1Co1mpsitndonou1o1srxtoetl’oxpiaix1tlysao1sjeitnetvo22sxt isxi05rCaoxnsit0tbmliavCitScôàea
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ENSEMBLE
DONNONS
vie à L'EAU
Agence de l'eau
Liberté Libersé » Épalté» Fraternité Fraternité
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Ministère
de l'Environnement,
de l'Énergie
| et de la Mer
CAEN
ROUEN
COMPIÈGNE
NANTERRE
CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE
SENS
Rivières de Basse-Normandie
Seine-Aval
Paris petite couronne
Vallées de Marne
Seine-Amont
Rivières d’Île-de-France
Vallées d’Oise 50
14
61
76
60
95
78
77
51
55
52
10
21 89
45
91
58
08
02
27
28
Vos interlocuteurs
de l’agence de l’eau
Seine-Normandie
En Direction Territoriale
Rivières d’Île-de-France (départements : 77-78-91-95)
51, rue Salvador Allende - 92027 Nanterre cedex
Tél. : 01 41 20 18 77 - Fax : 01 41 20 16 39
Paris petite couronne (départements : 75-92-93-94)
51, rue Salvador Allende – 92027 Nanterre cedex
Tél. : 01 41 20 17 10 - Fax : 01 41 20 16 60
Seine-Amont (départements : 10-21-45-58-89)
2 bis, rue de l’écrivain - 89100 Sens
Tél. : 03 86 83 16 53 - Fax : 03 86 83 16 78
Vallées de Marne (départements : 51-52-55)
30-32, Chaussée du Port - 51035 Châlons-en-Champagne cedex
Tél. : 03 26 66 25 70 - Fax : 03 26 65 59 79
Vallées d’Oise (départements : 02-08-60)
Rue du Docteur Guérin - ZAC de l’Université - 60200 Compiègne
Tél. : 03 44 30 41 12 - Fax : 03 44 30 41 01
En Direction Territoriale et Maritime
Bocages normands (départements : 14-50-61)
1, rue de la Pompe - BP 70087 - 14203 Hérouville-St-Clair cedex
Tél. : 02 31 46 20 01 - Fax : 02 31 46 20 29
Seine-Aval (départements : 27-28-76-80)
Hangar C - Espace des marégraphes - BP 1174 - 76176 Rouen cedex 1 Tél. : 02 35 63 61 47 - Fax : 02 35 63 61 59
Services de l’État
Direction Régionale et Interdépartementale
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Siège
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92027 Nanterre Cedex
Tél. : 01 41 20 18 00
Fax : 01 41 20 16 24
www.eau-seine-normandie.fr
L’Agence de l’eau
Seine-Normandie
est un Établissement public
du ministère chargé
de l’Environnement
dont la mission est de financer
les ouvrages et les actions
qui contribuent à préserver
les ressources en eau,
les milieux naturels et à lutter
contre les pollutions, en
respectant le développement
des activités économiques.
Pour ce faire, elle perçoit
des redevances auprès de
l’ensemble des usagers.
Celles-ci sont redistribuées
sous forme d’avances et
de subventions aux collectivités
locales, aux industriels,
aux artisans, aux agriculteurs
ou aux associations qui
entreprennent des actions
de protection du milieu naturel.