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unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - HS AMP
Document publié le Mercredi 1 janvier 2025
Lien du pdf (unknown - Métropole - Aix-Marseille-Provence - HS AMP)
Thèmes du document : Environnement, Aménagement du territoire, Énergies,
MARS 2025
Une métropole
qui accélère
L’attractivité
renforcée
Un territoire
en transition
Les ambitions d’une métropole
engagée
Aix-Marseille Provence Hors-sérieOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 5
Comprendre le territoire
à l’heure où il se projette
Si l’histoire de Marseille s’écrit depuis 2 600 années, celle de sa métropole vient à peine de com- mencer. Née au forceps en 2016, la création d'Aix-Marseille-Provence n’était pas d’une évidence criante. Fruit d’un compromis fragile, la naissance de ce territoire deux fois plus imposant que
le Grand Londres, a suscité bien des re-
mous. Pourtant, la métropole a su prendre
à bras le corps ces difficultés. Mieux : elle
s’est engagée dans un projet titanesque
à plusieurs dimensions : pour sa popu-
lation au plus près des problématiques
du terrain, mais également à la hauteur
du contexte géopolitique dans lequel elle
entend jouer sa partition.
Habitat, développement économique,
innovations, cadre de vie, respect de
l’environnement, la métropole est sur
tous les fronts. Une chose est sûre : elle
va profondément changer de visage. Ac-
compagnée par de nombreux opérateurs
et l’État, elle ambitionne même de de-
venir un véritable laboratoire urbain du
XXI ème siècle.
Disposant d’atouts indéniables, à com-
mencer par la beauté de son cadre et sa
qualité de vie, mais aussi sa position
géographique la situant au carrefour de
civilisations, la Métropole Aix-Marseille-
Provence écrit son avenir avec force,
résilience et détermination.
Dans ce numéro spécial, nous détaillons
sa feuille de route et mettons un coup
de projecteur sur ses projets et ses réa-
lisations. Une invitation à découvrir l’en-
gagement des femmes et des hommes
qui incarnent cette ambition.
ÉDITO
Samuel Bendeks
directeur de la publication
et rédacteur en chef © Antonia Torrès
QUI FAVORISE LA CRÉATION D’EMPLOIS ?
LA MÉTROPOLE,
LE PARTENAIRE DE VOTRE QUOTIDIEN
MOBILITÉ - AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE - ENVIRONNEMENT - ÉCONOMIE
ampmetropole.fr
Métropole Aix-Marseille-Provence — 58 boulevard Charles Livon — 13007 MARSEILLE — Création : Direction Communication — Photo © GettyImages — 02/2025
partenaires duOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 7 6 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 6 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
Magazine édité par Eurocom
14, rue Cassette - 75006 Paris
SAS au capital de 169 024 euros
Rédaction :
14, rue Cassette - 75006 Paris
objectifmetropolesdefrance.fr
Directeur de la publication
et rédacteur en chef : Samuel Bendeks
samuel.bendeks@objectifmetropolesdefrance.fr
Directeur général délégué,
directeur de la rédaction : Sébastien Fournier
sebastien.fournier@objectifmetropolesdefrance.fr
Rédaction : Nathalie Bureau du Colombier,
Olivier Constant, Louis Guarino, Maria Salomon.
Secrétaire de rédaction : Aurélie Taupin
Directrice développement, partenariats
et relations publiques : Maud Vuillardot
maud.vuillardot@objectifmetropolesdefrance.fr
Maquette : Isabelle Enocq
Impression : Imprimerie De Bourg
Dépôt légal à parution
ISSN : 2269 - 8795
Enregistrement CNIL : 1715414.
Couverture © MAAMP
Aix-Marseille-Provence mars 2025 SOMMAIRE
Entretien avec Gérard Gazay,
vice-président délégué au
développement économique 20
Un territoire innovant au carrefour
de l'Europe et de la Méditerranée 22
Entretien avec Manuel Nivet,
directeur général du SERAMM 24
Un plan « Grandes Écoles »
pour former et conserver
les ingénieurs de demain 25
30 ans d'Euroméditerranée :
de friches industrielles à 3ème
quartier d'affaires de France 26
Un port entrepreneur
aux ambitions internationales 30
Le MIB, la tête chercheuse
en nouveaux médicaments 34
Aéroport Marseille-Provence,
un nouveau visage plébiscité 36
ITER, un catalyseur d'innovation
et de développement 37
Fos-sur-Mer, futur hub
méditerranéen de l'éolien flottant 38
6 Une métropole
qui accélère
20 L'attractivité
renforcée
Cap sur la reconquête industrielle 46
La révolution des transports
est en marche 48
L'apport majeur du futur
Réseau Express Métropolitain 52
Pour une mobilité plus verte
et plus durable 54
En image 56
46 Un territoire
en transition
A metropolitan area on the move
Interview with Martine Vassal 58
Aix-Marseille-Provence is already 60
gearing up for the transitions of 2035
Provence - spreading the word
and boosting its appeal as a business
and tourist destination 60
Aix-Marseille: global ambitions 60
Greater appeal
Marseille, Euro-Mediterranean
capital of innovation 61
A “Schools” plan to attract, train
and retain tomorrow’s engineers 61
58 English translation
© MAAMP
Euroméditerranée:
30 years of urban and economic
transformation 61
An enterprising port complex
with international ambitions 62
MIB: the quest for new drugs 62
Marseille-Provence airport:
bigger and better 62
ITER: a catalyst for innovation
and development in Provence 63
Fos-sur-Mer, the future
Mediterranean hub of floating
offshore wind power 63
Ambitious real-estate projects
A choice of housing instruments 63
A time of transition
Focussing on re-industrialisation 64
The transport revolution is underway 64
The huge contribution of the future
Metropolitan Express Network 65
Moving towards greener and
more sustainable transport 65
Fabriquer une métropole
productive et durable 40
Concevoir la ville résiliente face au
changement climatique 44
40 Une ambition
pour l'immobilier
Ouverture
Carte du territoire et chiffres clés 06
Entretien avec Martine Vassal,
présidente de la Métropole
Aix-Marseille-Provence 08
Aix-Marseille-Provence
prépare dès à présent
les transitions de 2035 10
La Provence, entre
rayonnement et attractivité 12
Aix-Marseille-Provence pousse
le curseur de l'internationalisation 18OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 9 8 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 8 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
Saint-
Zacharie
Pertuis
Port-Saint-Louis-
du-Rhône
Fos-sur-Mer
Port-
de-Bouc
Martigues
Sausset-
les-Pins Carry-
le-Rouet
Ensuès-
la-Redonne
Châteauneuf-
les-Martigues
Le Rove
Gignac-
la-Nerthe
Marignane
Saint-
Victoret
Marseille La Penne-
sur-Huveaune
Carnoux-
en-Provence
Cassis
La Ciotat
Ceyreste
Roquefort-
la-Bédoule
Cuges-les-Pins
Gémenos Aubagne
Roquevaire
Auriol
Allauch
Plan-de-
Cuques
Trets
Peynier
Belcodène
La Bouilladisse
La
Destrousse
Peypin Cadolive
Saint-
Savournin
Gréasque
Mimet Simiane- Collongue
Septèmes-
les-Vallons
Les Pennes-
Mirabeau
Rousset
Puyloubier
Vauvenargues
Jouques
Saint-Paul-
lès-Durance
Peyrolles-
en-Provence
Meyrargues
Venelles
St-Marc-
Jaumegarde
Saint-Antonin-
sur-Bayon
Beaurecueil
Le Tholonet
Aix-en-Provence
Le Puy-
Sainte-
Réparade
Rognes
St-Estève-
Janson
La Roque-
d'Anthéron
Charleval
Mallemort Sénas
Lamanon Alleins
Vernègues
Aurons
Lambesc
Saint-Cannat
La Barben
Pélissanne
Salon-de-Provence
Eyguières
Istres
Saint-Mitre-
les-Remparts
Miramas
Grans
Cornillon-
Confoux
Saint-Chamas
Lançon-Provence
Berre-l'Etang
La Fare-
les-Oliviers
Coudoux
Eguilles
Ventabren
Velaux
Rognac
Vitrolles Cabriès
Bouc-
Bel-Air Gardanne
Meyreuil
Châteauneuf-
le-Rouge
Fuveau
Étang de Berre
16
15
14 13
12
11
10
4
5
3
2
7
1
6
8
9
92 communes
1 911 300 habitants
793 800 emplois 18 % de taux de pauvreté
312 hôtels en 2025
985 200 logements
15,5 % des usagers utilisent
les transports en commun
pour se rendre au travail
de superficie
3 148 km 2
6 fois le Grand Lyon
4 fois le Grand Paris
2 fois le Grand Londres
38 110 entreprises crées en 2023
Sources : INSEE
2021, 2023 et 2025
C hacun à un souvenir qui le lie à Marseille. Cependant, bien au-delà des clichés de l’OM, du pastis et de la pétanque, la Métropole Aix-Marseille-Provence est un territoire d’une richesse exceptionnelle. Doté d’un cadre naturel spectaculaire, ce territoire, ouvert sur le monde, est au carrefour de civilisations. Plus grande intercommunalité de France, la métropole, née en 2016 de la loi MAPTAM, fait face à des défis majeurs pour son développement. Sa feuille de route est ambitieuse et prometteuse. La Métropole Aix-Marseille-Provence veut devenir un modèle urbain de référence où l’innovation, l’humain et l’environnement ne font plus qu’un.
Chiffres clés
© Pictos créés par Papergarden, ProSymbols, Silviu Ojog, Alice Design, Adobe Stock, corpus delicti, Khoon Lay, Cuputo pour Noun Project.
CARTE DU TERRITOIREEn quoi Aix-Marseille se distingue-t-elle
des autres grandes métropoles ?
Aix-Marseille-Provence est une
métropole-monde, un hub économique
et logistique stratégique reliant l’Europe,
l’Afrique et l’Asie. Le port de Marseille-
Fos est un pilier essentiel du commerce
international, tout comme l’aéroport
Marseille-Provence, le plus connecté
d’Europe du Sud. Notre territoire est
aussi un acteur incontournable du
numérique avec ses 18 câbles sous-
marins, qui nous placent en 6ème position
mondiale des hubs de données.
L’avenir se construit aussi à travers des
projets structurants sur le long terme,
comme celui d’ITER, laboratoire mondial
de la transition écologique.
Quelles sont aujourd’hui les filières
les plus dynamiques et stratégiques
pour l’économie du territoire ?
Aix-Marseille-Provence est un territoire
d’innovation où la santé occupe une
place centrale. Le lancement du Marseille
Immunology Biocluster en 2024 est une
grande victoire ! Ce projet d’envergure
mondiale positionne notre métropole
comme un pôle incontournable de
l’immunothérapie. Notre ambition
s’exprime aussi dans la transition
énergétique, la logistique et le maritime.
L’aéronautique, avec Airbus Helicopters,
poursuit son essor en misant sur
l’innovation bas carbone tout en
préparant l’usine du futur. L’innovation
culturelle et les industries créatives
jouent un rôle clé. Notre ambition est
claire : structurer une filière d’excellence,
du cinéma aux arts numériques pour
renforcer notre rayonnement culturel et
économique. Enfin, je dois souligner notre
feuille de route pour le développement
industriel du Golfe de Fos et l’Étang de
Berre, adoptée en décembre 2024 et
corédigée avec l’État et la Région Sud.
Notre métropole représente un véritable
levier de reconquête industrielle pour la
France et de souveraineté économique
pour l’Europe.
Quels sont les leviers qui ont renforcé
l’attractivité de la métropole auprès des
investisseurs étrangers ?
Depuis 2016, nous avons renforcé la
lisibilité et l’attractivité de notre
métropole avec une stratégie économique
claire et des filières d’excellence
structurées. Cette attractivité nous
permet d’accueillir des investisseurs
étrangers majeurs, à l’image de Tajima,
qui a choisi La Ciotat pour se développer.
Le groupe japonais qualifie notre
territoire de « balcon de l’Afrique ».
Mais c’est également la décision de
l’américain « Plug & Play », un des
leaders mondiaux de l’accompagnement
et du financement des Licornes de la
Tech, qui fait le choix de venir de la
Silicon Valley pour accompagner, ici,
l’innovation des entreprises africaines et
méditerranéennes. Nous poursuivons
cette dynamique avec la marque One
Provence chargée de promouvoir notre
territoire à l’international.
Vous avez toujours cherché à renforcer
les liens avec l’Afrique. L’Inde semble
désormais occuper une place clé.
Comment ces partenariats s’articulent-
ils et quelles sont vos priorités ?
L’Afrique et la Méditerranée ont
toujours été au cœur de notre stratégie
d’attractivité. Nous soutenons
activement Emerging Valley, qui a
permis, depuis sa création, de
rassembler plus de 12 000 acteurs de
l’innovation africaine sur notre territoire
et nous avons lancé Soft Landing
Provence Africa Connect pour faciliter
l’installation d’entreprises africaines.
Désormais, nous tissons aussi des liens
forts avec l’Inde, un acteur clé des
échanges internationaux. C’est tout le
sens du positionnement de Marseille
sur le corridor IMEC*. L’ouverture d’un
Consulat général d’Inde à Marseille
démontre l’intérêt de ce pays pour notre
territoire, tout comme le leader indien
du Numérique, INFOSYS, qui avait fait le
choix de s’implanter sur Marseille dès
2018, notamment pour travailler avec
CMA-CGM.
Quels sont les projets immobiliers
emblématiques qui vont transformer le
territoire dans les prochaines années ?
Nous avons récemment voté notre
nouveau dispositif de programmation
de l’offre foncière et immobilière pour
les entreprises. Il vise à développer 10
millions de mètres carrés supplémen-
taires pour les activités économiques à
l’horizon 2040 et permettre la création
de 140 000 emplois. Aussi, nous
modernisons notre réseau de pépinières
à Istres, Fos-sur-Mer et Miramas, et le
développons avec la création d’une
nouvelle pépinière pour les entreprises
innovantes à Pertuis. Enfin, nous
sommes engagés avec l’État, la Région
Sud, le Conseil départemental des
Bouches-du-Rhône et la ville de
Marseille dans l’Opération d’Intérêt
National Euroméditerranée. Nous avons
lancé un plan d’investissement de 50
millions d'euros pour moderniser et
étendre nos pépinières d’entreprises, afin
d’accueillir les industries de demain.
Dans le domaine de la « Fabrique de la
Ville », nous poursuivons la transforma-
tion de Marseille avec Euroméditerranée
2 qui intègre mobilités douces, efficacité
énergétique et nouveaux espaces verts.
Dans le domaine des énergies
renouvelables, le projet Carbon Lab
à Istres sera un cluster dédié à la
recherche et à la formation sur le
photovoltaïque, consolidant notre
ambition d’une industrie propre
et compétitive au service de la
souveraineté énergétique.
L’amélioration des mobilités a été l’un
des fondements de la création de la
métropole. Huit ans après, où en est-on ?
Nous nous sommes engagés à investir
300 millions d’euros par an sur 10 ans
pour la mobilité dans le cadre du plan
Marseille en grand. Nous voulons
permettre à plus de 90 % des métropoli-
tains d’accéder à un transport en
commun en moins de 15 minutes d’ici
2030. Nous déployons le Réseau Express
Métropolitain avec 26 lignes de cars à
haut niveau de service. Grâce au plan
« Marseille en Grand », nous renforçons
également notre réseau urbain avec de
nouvelles rames automatisées du métro
de Marseille, l’extension du tramway et
des lignes de Bus à Haut Niveau de
Service dès 2025.
Un téléphérique reliera, d’ici 2029, la gare
de Vitrolles à l’aéroport Marseille-Provence
en passant par Airbus Helicopters. Nous
soutenons aussi le fret ferroviaire et les
mobilités douces, comme je le disais.
Nous avons également triplé le nombre
de pistes cyclables et lancé un service de
vélos électriques à Marseille.
Comment la métropole accompagne-t-
elle les entreprises et les habitants dans
la transition écologique et énergétique ?
Notre ambition est claire : faire
d’Aix-Marseille-Provence le premier pôle
industrialo-portuaire décarboné de la
zone Euromed-Afrique. Avec la
transformation du port de Marseille-Fos,
nous accélérons la transition vers une
industrie plus propre et plus
compétitive. Notre engagement se
traduit également par le déploiement
d’un parc éolien offshore à Fos-sur-Mer
et à Port-Saint-Louis-du-Rhône, la
structuration de la SPL Énergies de
Provence et le renforcement
d’infrastructures de captation et
réutilisation du CO 2 pour réduire les
émissions industrielles. Notre
politique urbaine intègre des projets
emblématiques comme la boucle de
géothermie Thassalia et le Parc des
Aygalades de 14 hectares en plein
cœur de ville. Ainsi, nous développons
une véritable « trame bleue et verte »
dans le cadre du Démonstrateur de
Ville Durable en Méditerranée que
nous portons ensemble, métropole et
EPA Euroméditerranée, dans le cadre
du programme France 2030.
« Aix-Marseille-Provence
est une métropole-monde,
un hub économique
et logistique stratégique
reliant l’Europe,
l’Afrique et l’Asie. »
« Notre dispositif vise
à développer 10 millions
de mètres carrés
supplémentaires pour
les activités économiques
à l’horizon 2040 et
permettre la création
de 140 000 emplois. »
Propos recueillis par Nathalie Bureau du Colombier
« Bâtir le pôle
industrialo-portuaire
décarboné de la zone
Euromed-Afrique »
ENTRETIEN AVEC MARTINE VASSAL,
PRÉSIDENTE D’AIX-MARSEILLE-PROVENCE
© François Moura / MAMP
* IMEC : corridor économique
Inde - Moyen-Orient - Europe
OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 11 10 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 10 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
UNE MÉTROPOLE QUI ACCÉLÈREOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 13 12 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 12 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
illustre cette volonté de renaturer la ville.
Parallèlement, l’offre de formation se
renforce. Après l’ouverture de la Cité
Scolaire Internationale Jacques Chirac à
Marseille en 2024, les acteurs de la
French Tech et de l’écosystème numé-
rique lancent de nouveaux projets au-
tour de l’intelligence artificielle et de la
cybersécurité, avec la construction de La
Plateforme et du campus Théodora. Le
« Plan ingénieurs », destiné à attirer
écoles et étudiants, vient compléter cet
écosystème. La métropole investit 50
millions d’euros pour moderniser et dé-
velopper ses pépinières d’entreprises et
technopôles, afin de consolider son at-
tractivité économique.
Attirer et rayonner
Faire d’Aix-Marseille-Provence un terri-
toire où l’on trouve facilement un loge-
Aix-Marseille-Provence
prépare dès à présent
les transitions de 2035
Mieux vivre, mieux respirer, mieux se déplacer... À l’horizon 2035, la Métropole Aix-Marseille-Provence ambitionne de devenir un modèle de ville résiliente, attractive, plus durable et mieux connectée, où le développement économique, l’urbanisme et la transition écologique sont au service des habitants. Les grandes manœuvres ont déjà commencé. Par Nathalie Bureau du Colombier
Avec près de deux millions d’ha- bitants, Aix-Marseille-Provence engage une transformation sans précédent pour répondre aux grands dé- fis environnementaux, économiques et
sociaux. Le projet métropolitain, pensé
sur plusieurs trajectoires de temps, asso-
cie actions immédiates, objectifs à moyen
terme et vision prospective.
Dans un contexte où l’Europe interdira
la production de véhicules thermiques
d’ici 2035 et où la France accélère la sor-
tie des énergies fossiles, Aix-Mar-
seille-Provence joue un rôle clé dans cette
transition. Le réacteur thermonucléaire
ITER, implanté à Cadarache, marquera
une étape décisive en 2034 avec la fusion
du premier plasma neutre à 150 millions
de degrés Celsus, ouvrant la voie à une
production d’énergie propre et illimitée.
Fos-Étang de Berre :
un pôle industriel en mutation
La zone du pourtour de l'Étang de Berre
et du golfe de Fos, qui représente près de
20 % des émissions industrielles fran-
çaises, amorce sa mutation. Actuellement
responsable de 10 millions de tonnes de
CO2 par an, elle se transforme en un pôle
industriel bas carbone, porté par des en-
treprises telles que GravitHy et Arcelor-
Mittal. Dès 2029, des acteurs comme Elyse
Energy et H2V produiront de l’hydrogène
et du méthanol de synthèse sur le môle
central de Fos, alimentant ainsi le trans-
port maritime et aérien. La même année,
un parc de 19 éoliennes flottantes entrera
en service au large de Fos-sur-Mer, amor-
çant une première phase de production
d’énergie renouvelable.
Pour accompagner cette transition, la mé-
tropole, le département et les communes
créent la SPL Énergies de Provence, une
société publique locale dédiée au déploie-
ment massif des énergies renouvelables
sur le foncier public. Ce projet stratégique
vise à solariser le patrimoine public, en-
courager l’autoconsommation et renforcer
l’indépendance énergétique du territoire.
Grâce à ses infrastructures adaptées aux
énergies renouvelables et au grand pro-
jet d’hydrogénoduc reliant le Portugal et
l’Espagne, Aix-Marseille-Provence ambi-
tionne de devenir le premier pôle indus-
trialo-portuaire décarboné de la zone
Euro-Med-Afrique.
Une mobilité en pleine révolution
La mobilité, pilier central et originel du
projet métropolitain, fait l’objet d’inves-
tissements massifs. Le plan « Marseille
en Grand », soutenu par l’État, mobilise
256 millions d’euros de subventions et
744 millions d’euros d’avances rembour-
sables pour financer 16 projets de trans-
port à haut niveau de service et favoriser
le report modal, via les pôles d’échanges
multimodaux.
La gare Saint-Charles, axe central du Ré-
seau Express Métropolitain, sera transfor-
mée pour fluidifier les connexions entre
train, métro, bus et cars régionaux. Ce
projet accompagne la mise en service de
la ligne à grande vitesse Provence-Côte
d’Azur, attendue entre 2030 et 2035, avec
un objectif ambitieux : permettre à 90 %
des habitants de se trouver à moins de 15
minutes d’un transport en commun d’ici
2030.
Dès 2029, le réseau de transport évoluera
avec l’extension du tramway vers le nord
et le sud, notamment avec la ligne Belle
de Mai qui accompagnera la requalifica-
tion urbaine autour de la gare Saint-
Charles. Cinq nouvelles lignes de Bus à
Haut Niveau de Service renforceront la
fluidité des trajets entre les pôles écono-
miques et résidentiels. Deux téléphériques
urbains verront également le jour : l’un
reliera Saint-Antoine à l’Hôpital Nord,
l’autre la gare de Vitrolles à l’aéroport
Marseille-Provence.
La métropole poursuit également la dé-
carbonation complète de ses transports
publics, avec une volonté d’exploiter des
véhicules 100 % propres d’ici 2030. Cette
dynamique est accompagnée par le lan-
cement d’un nouveau Plan Vélo 2025-
2030, en partenariat avec le Conseil dé-
partemental des Bouches-du-Rhône et
les communes, et par le déploiement du
service « Lecovoiturage » pour encourager
les alternatives à la voiture individuelle.
Un territoire plus vert et plus intelligent
Face au changement climatique, la métro-
pole modernise ses infrastructures pour
mieux intégrer la gestion de l’eau et la na-
ture en ville. Le bassin de rétention de Gèze,
actuellement en construction, jouera un
rôle clé dans la régulation des eaux plu-
viales et la Smart métropole agira contre les
îlots de chaleur grâce aux objets connectés.
La transformation urbaine se poursuit avec
la requalification du périmètre Euromédi-
terranée, qui associe bâtiments éco-perfor-
mants, espaces végétalisés et mixité
d’usages. La transformation du Canet en
parc des Aygalades, prévue pour 2031,
ment, un emploi et où l’on peut entre-
prendre en confiance : telle est
l’ambition portée par la métropole pro-
vençale. Déjà capitale de la donnée
grâce à ses 17 câbles sous-marins, la
métropole est aussi un centre de savoir
avec Aix-Marseille Université, première
université francophone. Avec le Marseille
Immunology Biocluster, la métropole de-
vrait asseoir sa place dans le domaine de
la recherche en immunologie. Dans l’aé-
ronautique, les grands projets à Vitrolles /
Marignane et à Istres autour des projets
Henri Fabre et Jean Sarail renforcent son
rôle de hub industriel.
Capitale Européenne de la Culture en
2013, du Sport en 2017 et de l’Innovation
en 2023, Aix-Marseille-Provence a pour-
suivi son rayonnement en accueillant
les Jeux Olympiques 2024. Aujourd’hui,
elle ambitionne d’être la métropole
phare des JO 2030 et la porte d’entrée de
l’Europe sur la Méditerranée et l’Afrique
à l’horizon 2040.
Face au changement
climatique, la métropole
modernise ses infrastructures
pour mieux intégrer
la gestion de l’eau et
la nature en ville.
Dans un contexte
où l’Europe interdira
la production de véhicules
thermiques d’ici 2035
et où la France accélère
la sortie des énergies fossiles,
Aix-Marseille-Provence
joue un rôle clé
dans cette transition.
Avec près de deux
millions d’habitants,
Aix-Marseille-
Provence engage
une transformation
sans précédent.
© Adobe Stock
Les anneaux olympiques
sur la façade de la marina
à Marseille où se déroulent
les épreuves de voile
de Paris 2024.
© Adobe Stock
UNE MÉTROPOLE QUI ACCÉLÈREmétropolitain : aéronautique et méca-
nique, santé, énergies et environnement,
maritime et logistique, art de vivre, in-
dustries numériques et créatives.
L’agence de marketing territorial One
Provence, lancée en 2023 sous l’impul-
sion de la Métropole Aix-Marseille-Pro-
vence en partenariat notamment avec
le Département des Bouches-du-Rhône,
l’ensemble du monde économique, l’Aé-
roport Marseille-Provence, le Port de
Marseille Fos et Aix Marseille Universi-
té, a pour mission de valoriser l’image
du territoire autour de la marque One
Provence. Ce rassemblement des grands
acteurs de l’attractivité du territoire
autour d’une bannière unique et iden-
tifiable, contribue à renforcer l’action
des experts filières de Provence Pro-
motion et de Provence Tourisme pour
améliorer l’attractivité globale du terri-
toire. L’une des premières actions de One
Provence a consisté à lancer une cam-
pagne publicitaire nationale en détour-
nant avec humour les images de cartes
postales de la Provence. « En 2025, la boîte
à outils va s’enrichir d’une photothèque,
d’un kit de marque employeur, d’un ar-
gumentaire du territoire avec l’idée de
pouvoir en disposer en open source »,
souligne Christophe Imbert, chargé des
partenariats de One Provence.
One Provence s’attache ainsi à rassem-
bler l’ensemble des acteurs sous une
bannière commune. « Nous sommes
dans le secteur de la santé pour renfor-
cer la souveraineté du territoire.
Un objectif de souveraineté qui s’inscrit
dans un cadre suprarégional, Aix-Mar-
seille-Provence s’affirmant comme un
pôle industriel majeur au plan national,
dont les mutations visent à en faire un
hub des nouvelles énergies (hydrogène
vert, éolien, solaire, e-méthanol, ...).
En 2025, Provence Promotion a adapté
sa stratégie d’attraction des entreprises
et des talents, en analysant les déci-
sions d’investissement conduisant les
entreprises à s’implanter sur le terri-
toire ou à y développer leurs activités.
« La décarbonation, la digitalisation et
le besoin de souveraineté déclenchent
l’envie d’investir. Nous apportons des
solutions aux entreprises », souligne
Philippe Stéfanini. Le Directeur de Pro-
vence Promotion trace ainsi la nouvelle
feuille de route de l’agence, dont l’un
des piliers repose sur l’influence écono-
mique des grandes entreprises instal-
lées localement (dont CMA CGM, Airbus
Helicopters, Onet, Pernod Ricard), pour
convaincre leurs pairs, fournisseurs ou
partenaires à l’étranger d’étudier les op-
portunités d’investissement sur le terri-
toire. « Nous avons trois métiers : l’in-
fluence, la prospection et l’implantation
d’entreprises, avec comme ambition de
remonter en amont dans les chaînes
décisionnelles », souligne-t-il.
Afin de répondre à ces nouveaux défis,
Provence Promotion lance deux nou-
velles offres à l’attention des entre-
prises : Choose Provence for Impact et
Choose Provence for R&D avec le soutien
des acteurs de l’inclusion, de l’insertion
et du tout nouveau Pôle Universitaire
d’Innovation porté par Aix-Marseille
Université.
La démarche de
marketing territorial
de One Provence
s’appuie sur
le storytelling
d’ambassadeurs qui par
leurs success stories
entrepreneuriales
font briller le territoire.
reconnaissables, visibles ! Notre pro-
gramme de marketing territorial se
concentre sur l’évolution de l’image. Si
nous gagnons 0,1 point sur cinq d’image
de marque, l’économie touristique et
les investissements directs étrangers
progressent de 17 % et l’attractivité des
talents de 24 % », précise Lionel Flasseur,
Directeur Général de One Provence, s’ap-
puyant sur les résultats de l’étude me-
née par Bloom Consulting. Forte de cet
objectif, l'agence multiplie les initiatives
pour apparaître sur les écrans radars
avec un site internet basé sur l’IA, le
lancement de l’Académie One Provence
et des cycles de rencontres sur les sujets
de l’économie bleue ou encore la cyber-
sécurité. Des sujets sur lesquels le terri-
toire peut afficher un vrai savoir-faire.
Encore faut-il le faire savoir !
Provence Promotion :
décarbonation, digitalisation
et souveraineté
L’installation du Marseille Immunology
Biocluster (MIB) va permettre de créer
30 start-up et 2 000 postes publics et
privés pour mettre au point de nou-
veaux traitements contre les patholo-
gies incurables ou très invalidantes.
D’ici 2030, l’impact économique atten-
du est de l’ordre de 2 milliards d’euros
avec des centaines d’emplois à la clé et
l'attraction d'entreprises innovantes
© J. Vandal / Provence Tourisme
La Provence,
entre rayonnement
et attractivité
Provence Promotion et Provence Tourisme confirment
leur rôle de moteur de l’attractivité économique et touristique
en Provence avec 9,2 millions de touristes et 70 nouvelles
entreprises accueillies en 2024 autour d’un marqueur fort :
une internationalisation accrue.
Depuis un an maintenant, les deux agences travaillent main
dans la main avec One Provence. L'agence de marketing
territorial porte haut, depuis 2023, les couleurs du territoire
avec l'ambition d’attirer encore plus d’entreprises, de talents
et de touristes pour créer davantage de richesses et de valeur.
Par Nathalie Bureau du Colombier
La 4ème édition du Street Food Festival en 2024,
événement organisé par Provence Tourisme,
en partenariat avec le département et
la Métropole Aix-Marseille-Provence.
U n touriste d’aujourd’hui peut devenir l’entrepreneur de demain. Si ce n'est qu'une part infime des cas d’implan- tations d’entreprises, un simple séjour familial ou amical, une croisière, peuvent parfois se transformer en projet d’in-
vestissement. Provence Promotion, Pro-
vence Tourisme et One Provence tra-
vaillent de concert pour changer en
profondeur l’image de la Provence et
valoriser les six filières d’excellence qui
structurent la compétitivité du territoire
L’agence One Provence,
lancée en 2023
a pour mission
de valoriser l’image
d'Aix-Marseille-Provence
autour de la marque
One Provence.
OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 15 14 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 14 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
UNE MÉTROPOLE QUI ACCÉLÈREOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 17 16 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 16 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
UNE MÉTROPOLE QUI ACCÉLÈRE
« Les entreprises souhaitent désormais
que leurs équipes R&D travaillent dans
un environnement qui favorise la fertili-
sation croisée avec des pôles acadé-
miques de recherche », souligne Philippe
Stéfanini. En 2024, l’agence a accompa-
gné 70 entreprises dans la concrétisation
de leurs projets.
Provence Promotion capitalise sur les
atouts d’un territoire historiquement
marqué par l’industrie. En particulier
l’activité pétrochimique sur le Golfe de
Fos-sur-Mer et de l’Étang de Berre à
l’ouest du territoire métropolitain, dont
la mutation devrait mobiliser près de
20 milliards d’euros d’ici 2030 et créer
plus de 10 000 emplois sur le territoire.
C'est aujourd’hui la capitale mondiale
du transfert de données avec ses 18
câbles sous-marins pour attirer des
entreprises spécialisées dans l’IA et la
cybersécurité. Ce dynamisme posi-
tionne Aix-Marseille-Provence comme
un carrefour stratégique pour les en-
treprises technologiques, renforçant
son attractivité à l’échelle mondiale.
Parmi les temps forts à venir en 2025,
l’organisation de la conférence Choose
France au MIPIM, plusieurs missions à
l’international dont l’Inde et la Chine
avec le Grand Port, et la quatrième édi-
tion du Forum d’Aix-Marseille le 2 oc-
tobre prochain. Provence Promotion se
prépare également à signer ce 28 avril,
un partenariat avec le réseau des CCI
françaises à l’international.
Le tourisme en
grande forme olympique
Provence Tourisme, l’agence départe-
mentale soutenue par la métropole et
chargée de faire briller la destination
Bouches-du-Rhône, a réussi son pari
en 2024 avec une fréquentation boos-
tée par les Jeux Olympiques : 9,2 mil-
lions de visiteurs ont foulé le territoire
départemental, générant 46,3 millions
de nuitées pour des dépenses estimées
à 3,4 milliards d’euros.
L’accueil des épreuves de voile et de
football, a donné un coup de projecteur
sans précédent sur la région. Durant les
compétitions, du 24 juillet au 8 août,
plus de 580 000 touristes français ont
visité les Bouches-du-Rhône, tandis que
Marseille a enregistré une hausse de
fréquentation de 8 % par rapport à 2023.
Le nombre de nuitées internationales
a, quant à lui, bondi de 11 % dans le
département, avec un pic de 30 % à
Marseille.
Cet afflux de visiteurs a non seulement
dynamisé l’économie locale, mais a
aussi mis à l’épreuve les infrastructures
touristiques. Provence Tourisme, soute-
nue par le Département des Bouches-
du-Rhône et la Métropole Aix-Marseille-
Provence, a géré les flux touristiques
grâce à l’outil Flux Vision Tourisme. Ce
dispositif, basé sur les données du ré-
seau mobile Orange, a permis de suivre
en temps réel la fréquentation des sites
olympiques, optimisant ainsi l’expé-
rience des visiteurs et des résidents.
Provence Tourisme,
l’agence départementale
soutenue par
la métropole et
chargée de faire
briller la destination
Bouches-du-Rhône,
a réussi son pari en 2024
avec une fréquentation
boostée par les
Jeux Olympiques.
En 2025,
Provence Promotion
a adapté sa stratégie
d’attraction des
entreprises et des talents
en analysant les décisions
d’investissement
conduisant les entreprises
à s’implanter sur
le territoire ou à y
développer leurs activités.
« Les Bouches-du-Rhône ont su conju-
guer attractivité et responsabilité, en
accueillant des millions de visiteurs
tout en plaçant le développement du-
rable au cœur de leur stratégie touris-
tique. Nous avons mis en place des
initiatives concrètes pour réduire l’im-
pact environnemental de nos activités,
tout en renforçant l’attractivité de notre
territoire. C’est cette double ambition
qui fait aujourd’hui des Bouches-du-
Rhône une destination de référence, où
l’innovation et le respect de l’environ-
nement avancent main dans la main »,
résume Danielle Milon, présidente de
Provence Tourisme et vice-présidente
déléguée à l’Attractivité du territoire et
au Tourisme à la Métropole Aix-Mar-
seille-Provence.
« Les enjeux d’attractivité sont au
cœur de la stratégie métropolitaine
d’attraction des talents, des entre-
prises et de tous ceux qui souhaitent
découvrir ou s’installer sur notre ter-
ritoire. Nous avons décidé d’apporter
une réponse collective à ces enjeux en
nous rassemblant et en unissant nos
forces autour de la marque One Pro-
vence », poursuit Danielle Milon.Provence Tourisme : un acteur
engagé pour un tourisme durable
Au-delà de ces succès, 2024 a été l’an-
née de la consolidation des engage-
ments en faveur du tourisme durable.
Provence Tourisme, certifiée ISO 20121,
a mis en place des actions concrètes
pour réduire l’empreinte environne-
mentale de ses événements. De la ges-
tion optimisée des déchets à l’utilisa-
tion de vaisselle réutilisable, chaque
détail a été pensé pour minimiser l’im-
pact écologique. Le programme Éco-TE-
MA, lancé en 2021, a accompagné de
nombreux professionnels du secteur
dans leur transition écologique. L’année
dernière, ce dispositif a encouragé le
développement du « slow tourisme » (croi-
sières fluviales, randos à vélo ou pé-
destres...).
Provence Tourisme a également pour-
suivi son engagement en faveur des
labels éco-responsables. Ainsi, 103 éta-
blissements ont été labellisés Clef Verte
en 2024, dont 27 nouveaux candidats,
tandis que le partenariat avec Écotable
a permis à une vingtaine de restaurants
d’adopter des pratiques plus durables.
L’accessibilité a aussi été un axe fort de
l’année, avec plus d’une centaine de
sites désormais accessibles aux per-
sonnes en situation de handicap.
Enfin, l’innovation a été au cœur des
actions de Provence Tourisme en 2024.
Le média digital My Provence a mis à
disposition des visiteurs MIA, un assis-
tant virtuel basé sur l’intelligence arti-
ficielle, qui facilite la recherche d’infor-
mations touristiques. Une première en
France. Disponible en sept langues, MIA
a notamment répondu aux questions
des visiteurs lors des JO.
Avec une fréquentation stable et une
orientation résolument tournée vers un
tourisme durable et inclusif, Aix-Mar-
seille-Provence confirme sa place de
choix sur la mappemonde touristique. © Adobe Stock
LUMA Arles,
un campus créatif
qui participe
au rayonnement
du territoire.
OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 19 18 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 18 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
Le Mucem : musée des civilisations,
musée de société
Inauguré en 2013, le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (Mucem) est l’un des héritages majeurs de Marseille – Capitale européenne de la Culture. Son président, Pierre-Olivier Costa, revient sur l’ancrage du musée national et son concours à l’attractivité culturelle, touristique et économique du territoire métropolitain.
Le Mucem fait partie intégrante
du paysage culturel marseillais
et national : quels sont les gages
de réussite d’un équipement
culturel de cette ampleur ?
Le succès du Mucem tient d’une
part à sa localisation au cœur de la
ville de Marseille, sur un territoire
qui jusque-là n’hébergeait pas de
musée national. Ensuite, bien
entendu, au moment choisi pour
faire émerger ce musée : 2013,
l’année où Marseille est capitale
européenne de la culture. Le succès
vient aussi de sa collection qui peut
toucher un large public avec ses
350 000 objets populaires (de la
robe de scène d’Edith Piaf à un
morceau du mur de Berlin...).
Quelles sont les politiques muséales
et sociétales du Mucem, dans un
contexte qui rend la connaissance
des civilisations et le dialogue
entre les peuples indispensables ?
Le Mucem est un musée de société
avec un champ d’intérêt unique :
l’Europe et la Méditerranée. À ce
titre, il a pour mission d’établir des
passerelles entre les civilisations,
d’amorcer des dialogues avec les
autres pays du contour méditerra-
néen, d’être un lieu d’accueil et de
Nous avons ouvert la première
exposition permanente de la
collection du musée pour ses 10
ans en 2023 : Populaire ? a déjà
attiré plus de 220.000 visiteurs.
Le musée a accueilli 1,3 million
de visiteurs en 2024 :
comment cette fréquence se
répercute-t-elle localement,
d’un point de vue économique
et touristique notamment ?
La Chambre de commerce et
d’industrie de Marseille Provence
avait réalisé en 2015 une étude
qui montrait de quelle manière
le Mucem s’était ancré très vite
dans le paysage culturel français
mais aussi dans le paysage
économique régional. Le Mucem
est un lieu extrêmement attractif
dont les retombées économiques
avaient été estimées à 130 millions
d’euros pour le département des
Bouches-du-Rhône. Aujourd’hui,
c’est près de 700.000 touristes qui
viennent chaque année au Mucem.
Nous sommes bien un acteur
culturel, mais aussi un acteur
économique et social.
Le Mucem est un équipement
culturel ouvert sur la Méditerranée,
dont la philosophie et les
collections font du musée un
véritable lieu qui brasse les idées
et les gens, un lieu de dialogue.
croisements. Nous organisons régu-
lièrement des colloques, des débats,
des rencontres avec des personnalités.
Le Mucem reste également très attentif
à la société française et assume un
rôle social, éducatif et même sanitaire
pour permettre un accueil de tous
les publics. Ainsi, nous avons ouvert
en octobre 2024 une classe au sein
du musée pour adolescents en refus
scolaire anxieux, tandis que nous
ouvrirons en 2025 la première aire
de jeux inclusive du territoire. C’est
son rôle de musée de société !
« Le Mucem est un équipement culturel ouvert
sur la Méditerranée, dont la philosophie et les
collections font du musée un véritable lieu qui
brasse les idées et les gens, un lieu de dialogue. »
ENTRETIEN AVEC...
Pierre-Olivier Costa,
Président du Mucem
Posé face à la mer, sur l’ancien môle portuaire J4, le bâtiment conçu par Rudy Ricciotti
(associé à Roland Carta) est le cœur du Mucem.
PUBLI-RÉDACTIONNEL
© Maxime Verret / Mucem
© Maxime Verret / Mucem
UNE MÉTROPOLE QUI ACCÉLÈREOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 21 20 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
UNE MÉTROPOLE QUI ACCÉLÈRE
« Aix-Marseille-Provence
est la deuxième place
diplomatique française et
le premier territoire après
Paris pour les échanges avec
la Méditerranée et l’Afrique.
Notre stratégie repose
sur le renforcement
du territoire comme
hub MedAfrique,
tremplin essentiel entre
l’Euroméditerranée et
l’écosystème africain »
Vincent Languille,
conseiller délégué aux Fonds
européens et aux Relations
internationales à la Métropole
Aix-Marseille-Provence.
Aix-Marseille-Provence
pousse le curseur
de l’internationalisation
Forte de sa position
géographique privilégiée et
de sa connectivité aérienne
et maritime, notamment
dans le bassin méditerranéen
et en Afrique, la Métropole
Aix-Marseille-Provence
s’impose comme un hub
international de premier rang,
attirant les plus grands
acteurs de l’énergie, de
l’industrie, du numérique,
de la santé, de la logistique
et de l’aéronautique.
Par Nathalie Bureau du Colombier
A vec l’ouverture du Consulat général d’Inde, le 12 février dernier, Marseille compte dé- sormais 76 consulats. Cette décision, fruit de trois ans d’échanges bilaté-
raux, ambitionne non seulement de
faciliter l’implantation d’entreprises
indiennes sur le territoire mais aussi
d'inscrire la Métropole Aix-Marseille-
Provence dans le futur couloir India-
Middle East-Europe Corridor. Cette pro-
messe de nouveaux échanges commer-
ciaux, technologiques et académiques
avec le reste du monde.
L’Afrique parmi
les partenaires prioritaires
Parmi les destinations prioritaires de la
stratégie d’attractivité internationale
figurent les États-Unis, le Japon, l’Alle-
magne, ainsi que les pays du Maghreb
et d’Afrique, avec un focus sur le Séné-
gal et la Côte d’Ivoire. Premier hub car-
go de Méditerranée, Marseille, avec son
port et son aéroport, bénéficie d’une
large connectivité maritime avec le sud.
Chaque année, plus de 3 000 étudiants
africains sont accueillis sur le territoire.
La métropole est également un membre
fondateur et soutien du réseau Africalink
depuis 2017, une communauté forte de
220 entrepreneurs qui génère plus de 2
milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Parallèlement, Emerging Valley, événe-
ment phare de l'innovation en Provence,
offre aux startuppers africains une
plateforme pour développer leurs pro-
jets et accéder aux marchés européens.
Suite à l’obtention du label ICapital,
Capitale européenne de l’innovation en
2023, la métropole et ses partenaires
ont été plus loin, en lançant un dispo-
sitif de soft landing dans le but de favo-
riser les échanges économiques entre
la métropole et les pays africains. Par
ailleurs, le prix Provence Africa Connect,
créé il y a cinq ans, récompense des
entreprises qui favorisent les coopéra-
tions transcontinentales.
En 2023, sur 39 investissements inter-
nationaux sur le territoire, 15 prove-
naient ainsi d’Afrique. Les partenariats
entre accélérateurs métropolitains et
africains se sont multipliés, et le
nombre de talents africains accueillis
sur le territoire est passé de 5 000 à
10 000 par an.
Airbus Helicopters,
premier hélicoptériste mondial,
basé à Marignane.
© David Girard / MAMP
Énergie, décarbonation
et souveraineté
Un autre axe de développement majeur
réside dans l’attraction d’entreprises
créatrices de richesses et d’emplois
dans les grandes filières du territoire.
C’est notamment le cas d’ITER, réacteur
thermonucléaire expérimental situé à
Saint-Paul-lez-Durance, qui se poursuit
sur la zone industrialo-portuaire de
Fos-sur-Mer. Une troisième révolution
industrielle est en marche, au service
de la souveraineté énergétique de la
France et de l’Europe. Quinze milliards
d’euros de projets sont prévus sur les
quatre prochaines années pour la pro-
duction d’énergies renouvelables : pan-
neaux photovoltaïques, éolien offshore
flottant, e-méthanol et hydrogène.
Marseille, hissée au 6 ème rang mondial
des hubs de connectivité numérique,
attire des investissements majeurs
grâce à une position stratégique où
convergent 17 câbles sous-marins,
dont le fameux 2Africa et le futur In-
dia-Europe-Xpress (IEX) reliant l’Inde
à l’Europe via Marseille. Le groupe
américain Digital Realty va d’ailleurs
y démarrer la construction de son cin-
quième centre de données.
Le territoire métropolitain brille éga-
lement dans l’aéronautique, avec Air-
bus Helicopters, premier hélicopté-
riste mondial, dont le siège social est
basé à Marignane. En 2024, l’entre-
prise qui a vendu 450 appareils, em-
ploie 12 000 salariés et 50 000 per-
sonnes en associant la sous-traitance.
Aussi, dans le domaine de la santé,
Marseille se prépare à devenir la ca-
pitale mondiale de l’immunologie.
Soutenu par l'Agence Nationale de la
Recherche à hauteur de 96 millions
d'euros sur dix ans, le projet de Mar-
seille Immunology Biocluster posi-
tionnera la France en leader de la
recherche immunologique. En plus de
renforcer la souveraineté sanitaire, le
MIB créera près de 2 000 emplois et
favorisera l’émergence de start-up en
biotechnologie et MedTechs.
La Métropole Aix-Marseille-Provence
s’affirme comme une métropole in-
ternationale, et cette ambition se tra-
duit par l’organisation sur son terri-
toire de grands événements, tels que
l’accueil de la flamme Olympique en
mai 2024, la visite du Pape, l’organsa-
La Cité Scolaire Internationale, nouveau phare éducatif
Inaugurée en novembre 2024, la Cité Scolaire Interna-
tionale Jacques Chirac renforce l'offre éducative sur le
territoire Aix-Marseille-Provence. Soutenue par une
volonté académique de développer des dispositifs lin-
guistiques d’excellence tout en répondant aux diversités
socio-culturelles de la ville et de la métropole, elle est
appuyée par trois collectivités territoriales : la Région Sud
Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Conseil départemental
des Bouches-du-Rhône et la ville de Marseille. Elle a
le statut d'Établissement public local d'enseignement
international. Situé dans le quartier d'Euroméditerranée
à Arenc, l’établissement a déjà accueilli 22 classes à la
rentrée 2024 du CP à la seconde. À terme, l’établissement
accueillera entre 2 000 et 2 200 élèves (400 écoliers, 700
collégiens, 1150 lycéens). Cinq langues sont proposées
dès l’école élémentaire : allemand, arabe, anglais, chinois
et espagnol. L’accès est conditionné à des tests de niveau
en langue, assurant un haut niveau d’exigence pour une
formation résolument tournée vers l’international.
Ce projet reflète l’ouverture de Marseille sur le monde
et sa mixité sociale. L’offre éducative internationale
s’étend aussi en périphérie, avec de nouvelles sections
bilingues prévues à Aix-en-Provence et Bouc-Bel-Air.
tion des épreuves de voile et de foot-
ball à l’occasion des JO 2024, le
congrès de l’IRD, qui a célébré ses 80
ans l’an passé, l’Iter Business Forum
en avril prochain ou encore le Forum
Eurocities en octobre, qui réunira les
250 plus grandes métropoles euro-
péennes.OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 23 22 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 22 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
Animer l’écosystème des six filières d’excellence implantées sur le territoire métropolitain, favoriser la recherche de foncier pour les
structures innovantes et les entrepreneurs tout en facilitant
l’articulation entre recherche, innovation, enseignement supérieur et industrie / services, tels sont les axes de la feuille de route présentée par le vice-président chargé du développement économique.
Propos recueillis par Louis Guarino
« Notre Agenda s’appuie sur la
volonté de créer des emplois
pour tous, tout en préparant
l’économie de demain »
ENTRETIEN AVEC GÉRARD GAZAY,
VICE-PRÉSIDENT DÉLÉGUÉ AU
DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
La métropole s’appuie sur six filières
d’excellence : santé, maritime et
logistique, mécanique et aéronautique,
industries numériques et créatives,
énergie et environnement, art de vivre
et tourisme. Quels sont leurs atouts?
Ces six filières d’excellence ont été
choisies en raison des facteurs différen-
ciants de notre territoire. Elles sont des
moteurs économiques grâce à la présen-
ce de grands groupes ou d’entreprises
innovantes sur leur marché, d’un
écosystème d’innovation complet et
d’acteurs spécialisés de la formation,
l’enseignement supérieur et la recherche.
C’est donc sur ces filières que notre
capacité de création de valeur et surtout
de création d’emplois est la plus forte.
Comment ces filières d’excellence se
déploient-elles pour soutenir l’innovation
et la compétitivité des entreprises ?
Les filières s’incarnent dans des lieux
stratégiques, qu’il s’agisse du
Technopôle de l’Arbois et du projet ITER
pour la filière Énergies et environne-
ment, avec des leaders comme EDF et
Total, qui associent à leur dynamique
des start-up innovantes, du Technopôle
de Luminy pour la filière Santé, avec
l’APHM et des leaders comme Innate
Pharma et Sartorius. C'est également le
cas du Technopôle de Château-
Gombert pour la filière Aéronautique
et mécanique, avec des leaders comme
Airbus Helicopters. Pour la filière
Maritime et logistique, le port de
Marseille-Fos est aux avant-postes avec
CMA CGM et un réseau d’entreprises
innovantes. Pour la filière Industries
numériques et créatives, micro-
électronique, le territoire s’appuie sur
des leaders comme STMicroelectronics
et tout un écosystème d’équipements et
tiers-lieux innovants pour start-up.
Enfin, pour la filière Tourisme et art de
vivre, on trouve un parc national en
ville, Les Calanques, plusieurs parcs
régionaux, des monuments historiques,
Quelle est la stratégie et la feuille de route de la Métropole Aix-
Marseille-Provence en matière de développement économique ?
Aix-Marseille-Provence est une métropole de 92 communes,
s’étalant sur 3 148 km². Selon l’INSEE, c’est l’intercommunalité
qui correspond le plus au périmètre du bassin de vie et
d’emplois de ses habitants et entreprises. Il y a donc une
logique, pour Aix-Marseille-Provence, à agir sur les domaines
de planification urbaine, d’aménagement du territoire et
d’organisation des mobilités, afin d’œuvrer, avec ses partenaires,
au parcours résidentiel des entreprises et salariés. La métropole
est multipolaire avec une ville Centre, Marseille, mais aussi
d’autres cœurs urbains créant une dynamique autour d’eux,
comme Aubagne, La Ciotat, Salon-de-Provence, Istres, Martigues
et Aix-en-Provence. Notre métropole œuvre à une cohérence
socio-économique sur l’ensemble de son territoire. En s’ancrant
dans cette logique, notre Agenda du développement économi-
que métropolitain s’appuie sur la volonté de créer des emplois
pour tous, en soutenant l’économie résidentielle pour
dynamiser nos cœurs de villes, mais aussi en développant
les projets structurants pour nos filières d’excellence, et
en spatialisant cette politique d’investissement pour créer
des clusters maillant l’ensemble de notre métropole.
une culture gastronomique et une
production artisanale qui attirent des
leaders comme Voyage Privé et plus de
7 millions de touristes par an.
Comment la métropole optimise-t-
elle l’articulation stratégique entre
enseignement supérieur, innovation et
industrie / services ?
Il s’agit là en effet d’un enjeu majeur
car la dynamique et les synergies entre
tous ces acteurs sont fondamentales
pour assurer la compétitivité de
l’économie de son territoire, la réponse
aux défis que sont les grandes
transitions, en particulier la
décarbonation de son industrie. La
métropole a choisi d’agir sur des leviers
structurants. Par exemple, nous avons
voté en juin 2024 un Plan pour la
formation et l’attraction d’ingénieurs
sur le territoire métropolitain, qui vise
à apporter des réponses aux besoins
de l’industrie. La gouvernance mise en
place dans ce cadre, pilotée par la
métropole, rassemble les écoles
d’ingénieurs et les acteurs industriels,
l’État et la Région Sud. La métropole est
fortement impliquée dans l’animation
de son écosystème d’innovation au
travers du Club Innov Provence, qui
rassemble les acteurs de la création
d’entreprises innovantes. Elle soutient
les pôles de compétitivité de son
territoire, véritables catalyseurs de
projets collaboratifs entre recherche et
industrie, et apporte un soutien
exceptionnel à l’enseignement
supérieur et à la recherche à hauteur
de 43 millions d’euros.
Quelle est votre politique pour dévelop-
per la recherche de foncier et favoriser
l’initiative des entrepreneurs ?
Nous accompagnons les entreprises
dans leurs recherches de lieux
d’implantation et de développement
avec le concours des professionnels de
l’immobilier. Ce fut le cas en 2024 pour
les 1 300 entreprises qui ont bénéficié de
nos conseils dans le cadre de notre offre
« réseau ECO » consultable sur notre site.
La métropole est aussi aménageur de
son territoire pour permettre aux
entreprises de s’y installer et de s’y
développer. Nous avons récemment voté
notre nouveau dispositif de
programmation de l’offre foncière et
immobilière pour les entreprises, qui vise
à développer 10 millions de mètres
carrés supplémentaires pour les activités
économiques à l’horizon 2040 sous
initiative publique et privée et permettre
la création de 140 000 emplois. Afin
d’accompagner le parcours résidentiel de
nos entreprises à différents stades de
maturité, nous nous appuyons sur un
réseau de 25 développeurs économiques
répartis sur tout le territoire et nous
disposons d’une quarantaine de
bâtiments dans le patrimoine de la
métropole. Nous souhaitons moderniser
et développer ce patrimoine.
La présidente Martine Vassal s’est
engagée à investir 50 M€ sur cet
immobilier d’entreprises métropolitain,
ce qui nous permettra de moderniser
nos pépinières d’Istres, Fos-sur-Mer et
Miramas et d’en construire une nouvelle
à Pertuis, ou encore développer nos
technopôles avec notamment 5 000 m2
neufs supplémentaires sur le technopôle
de l’Arbois.
« Notre Agenda du
développement économique
métropolitain s’appuie
sur la volonté de créer
des emplois pour tous,
en soutenant l’économie
résidentielle, pour
dynamiser nos cœurs
de villes, mais aussi en
développant les projets
structurants pour
nos filières d’excellence. »
« Nous avons récemment voté notre nouveau
dispositif de programmation de l’offre foncière
et immobilière pour les entreprises, qui vise
à développer 10 millions de mètres carrés
supplémentaires à l’horizon 2040 et
permettre la création de 140 000 emplois. »
L’ATTRACTIVITÉ RENFORCÉE
© Mars Production / MAMPOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 25 24 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
L’ATTRACTIVITÉ RENFORCÉE
© François Moura / MAMP
de la région, une première en France. La
Smart métropole provençale s’affirme
comme territoire d’innovation et d’expé-
rimentation en testant l’usage de capteurs
de mesure du bruit, de trafic piéton et vélo
ou encore de détection des îlots de chaleur,
dans le but de mieux orienter ses poli-
tiques publiques au service des habitants
et de la qualité de vie.
Marseille, hub numérique et industriel
La position géographique privilégiée de
Marseille lui confère un rôle stratégique
dans les liaisons commerciales par les
câbles de télécommunication sous-ma-
rins. En dix ans, Marseille s‘est hissée du
44ème au 6ème rang mondial des hubs nu-
mériques, portée par un réseau de 18
câbles sous-marins reliant 57 pays et 5,3
milliards d’habitants. Une position propice
à attirer les plus grands opérateurs mon-
diaux de centres de données, qui font de
Marseille la tête de pont pour développer
les réseaux de communication au Ma-
ghreb et en Afrique.
Marseille, devenue un pôle majeur de l’in-
dustrie numérique, accueille depuis 2024
le Campus Cyber Euromed, déclinaison du
Campus Cyber national pour la formation
et l’accompagnement des entreprises face
aux cyberattaques. La Provence, berceau
du langage de programmation Prolog dans
les années 1970 et pionnière en intelligence
artificielle, s’impose aujourd’hui comme
un acteur clé dans ce domaine. L’IA et
l’internet des objets représentent des en-
jeux stratégiques portés par la métropole
qui soutient financièrement l’IoT Center,
un projet permettant aux industriels de
tester leurs solutions en conditions réelles
avant leur mise sur le marché. Cette plate-
forme intégrée à l’École des Mines de Gar-
danne, est portée par Aktantis qui fédère
l’écosystème Deeptech fort de 300
membres et représentant 1,5 milliards
d’euros de R&D.
Innovation autour des nouvelles énergies
Terreau des nouvelles énergies décarbo-
nées avec le projet de réacteur thermonu-
cléaire ITER en cours de construction sur
son territoire à Saint-Paul-Lez-Durance
(lire page 37), le territoire est engagé dans
une troisième révolution industrielle. Il
accueille de grands projets de production
de nouvelles énergies vertes au service de
l’industrie et de la mobilité lourde (H2V,
GravitHy, Elyse Energy, Carbon et le déve-
loppement de l’éolien offshore flottant)
qui vont se traduire par près de 15 mil-
liards d’euros d’investissements notam-
ment sur la zone industrialo-portuaire de
l’Ouest métropolitain. En parallèle, la mé-
tropole porte la création de WindTech, une
halle technologique à Port-Saint-Louis-du-
Rhône, destinée à accompagner l’émer-
gence d’une filière industrielle dédiée à
l’éolien flottant.
Au cœur de cet écosystème en pleine ef-
fervescence, le Club Innov Provence s’af-
firme comme un catalyseur d’initiatives
des acteurs de l’accompagnement des
entreprises innovantes autour des défis de
la décarbonation de l’industrie et des
transports, de la digitalisation et de l’in-
ternationalisation des start-up.
L’innovation territoriale ne se limite pas à
la technologie, elle intègre aussi une di-
mension sociale et inclusive. Tournée vers
le bassin méditerranéen et l’Afrique, la
Métropole Aix-Marseille-Provence ac-
cueille les jeunes pousses africaines qui
souhaitent se développer à l’international
et voient dans ce territoire une porte d’en-
trée vers l’Europe. En 2024, est né le pro-
gramme Soft-Landing Provence Africa
Connect porté par un consortium compo-
sé de l’Accélérateur M, Eurobiomed, Mar-
seille Innovation, Anima et Kedge Business
School. Sur 113 candidatures venues de
23 pays, 22 start-up ont été accompagnées
dont 7 en phase d’implantation. Une nou-
velle preuve de l’attractivité du territoire
métropolitain et de son rôle assumé de
tête de pont entre l’Europe et l’Afrique.
Un territoire innovant
au carrefour de l'Europe
et de la Méditerranée Deux ans après avoir obtenu le label Capitale européenne de
l’innovation, Aix-Marseille-Provence, pôle clé entre l’Europe et
la Méditerranée, continue d’accélérer les transitions industrielles,
économiques, énergétiques et numériques, tout en consolidant
sa position stratégique. Dans cette perspective, la métropole
structure ses filières d’excellence et attire investisseurs et talents : de la santé à l’aéronautique, du maritime à l’industrie culturelle,
l’innovation irrigue tous les secteurs et renforce l’attractivité
du territoire métropolitain. Par Nathalie Bureau du Colombier
A ix-Marseille-Provence est his- toriquement une terre d’in- novation. De la carte à puce conçue dans les années 1980 au pied du massif de la Sainte-Baume, au suc-
cès outre-Atlantique du bleu de méthy-
lène de Provepharm ou à l’engouement
international autour d’Innate Pharma,
le territoire affiche ses atouts dans le
domaine de l’innovation.
Entrée en 2022 dans le cercle prestigieux
des capitales européennes de l’innovation
en décrochant le label ICapital, la métro-
pole s’affirme comme un acteur incon-
tournable de l’innovation à l’échelle in-
ternationale. Une nouvelle stature qui se
traduit par l’implication de la métropole
au sein du réseau Eurocities et par des
projets d’ampleur internationale. Evo-
quons à cet égard le Marseille Immuno-
logy Biocluster (MIB), qui bénéficie d’un
soutien de l’État de 96 M€ au titre du
programme France 2030 pour renforcer
son rayonnement mondial (lire page 34)
Cette avancée marque la reconnaissance
d’un savoir-faire historique du territoire
dans le domaine de l’immunologie au
service du traitement des maladies virales
et auto-immunes. Évoquons également
les trois technopôles métropolitains de
Luminy autour des biotechnologies, ainsi
que de Château-Gombert tournée vers les
sciences de l'ingénieur et de l’Arbois, pre-
mier technopôle dédié à l'environnement
en France et quatrième au niveau mondial.
Cette dynamique se traduit également par
des partenariats structurants dans le do-
maine de l’innovation, qui ont notamment
abouti à la création en 2018 de la Cité de
l’Innovation et des Savoirs Aix-Marseille
(CISAM) dans l’immeuble emblématique
du Castel à Marseille. Co-initiée par la
Métropole Aix-Marseille-Provence et Aix
Marseille Université (AMU), la CISAM s’af-
firme comme un lieu totem pour la pro-
motion et le développement de la culture
scientifique et l’innovation au service de
l’essor économique du territoire. La CISAM
Entrée fin 2022 dans le cercle
prestigieux des capitales
européennes de l’innovation
en décrochant le prestigieux
label ICapital, la métropole
s’est affirmée comme
un acteur incontournable
de l’innovation.
accueille depuis 2019 l’Accélérateur M,
accélérateur métropolitain fondé en par-
tenariat avec Aix-Marseille Université, la
CCI Aix-Marseille-Provence, la French Tech
et les pôles de compétitivité. Elle accueille
également les filiales dédiées de CMA CGM
et L’Occitane dédiées à l’incubation de
start-up innovantes.
En parallèle, la Métropole Aix-Mar-
seille-Provence développe son offre fon-
cière et immobilière en s’appuyant sur des
infrastructures de pointe autour de six
filières d’excellence inscrites dans l’Agen-
da économique métropolitain : la santé,
l’aéronautique et la mécanique, le mari-
time et la logistique, les industries cultu-
relles et créatives, l’énergie et l’environne-
ment, le tourisme et l’art de vivre. La
métropole mobilise ses compétences pour
permettre le développement de ces filières,
comme sur le pôle aéronautique d’Istres
Jean Sarrail mais aussi à travers le Pacte
Territorial Sud Avenir Hélico, signé entre
les collectivités territoriales, les services
de l’État et Airbus Helicopters afin de
transformer le site industriel de Vitrolles/
Marignane, créer de nouveaux emplois et
consolider l’avenir de la filière. Ce pacte
vise à encourager l’innovation et à déve-
lopper des solutions de mobilité décarbo-
nées avec un transport par câble. Mais
au-delà de ces infrastructures, c’est par
des projets innovants et concrets que le
territoire démontre sa capacité à anticiper
les grands défis technologiques. L’expéri-
mentation en cours de la ligne pilote « Me-
dical Delivery », menée en partenariat avec
le pôle SAFE et l’Agence régionale de san-
té, illustre parfaitement cette ambition. Ce
projet vise à assurer le transport rapide et
sécurisé d’échantillons biologiques par
drone entre les établissements de santé
En dix ans, Marseille s'est
hissée du 44ème au 6ème rang
mondial des hubs numériques,
portée par un réseau
de 18 câbles sous-marins
reliant 57 pays et
5,3 milliards d’habitants.
L’AttoMap-310 est un microscope
analytique aux rayons X permettant
d’obtenir une cartographie chimique
de la distribution d’éléments à l’état
de traces. Un équipement unique en
Europe abrité par le CEREGE,
au coeur de la technopôle
de l’Arbois à Aix-en-Provence.Avec l’extension de l’unité de biogaz de Sormiou, la Métropole Aix-Marseille-Provence et le Service d’Assainissement Marseille Métropole (SERAMM), renforcent leur rôle dans la production d’énergie verte en France. Depuis 2019, l’unité de Sormiou transforme les eaux usées de 17 communes de la métropole en biométhane injecté dans le réseau public. Propos recueillis par Nathalie Bureau du Colombier
Sormiou, un site
stratégique pour
la production
de biométhane
ENTRETIEN AVEC MANUEL NIVET,
DIRECTEUR GÉNÉRAL DU SERAMM
Sormiou évoque d’abord la mer,
les calanques. Pourquoi y avoir
implanté une unité de production
de biométhane ?
L’usine de valorisation des boues
issues du traitement des eaux usées
a été bâtie en 1987 sur une ancienne
carrière de calcaire, faute de foncier
disponible au Prado.
Depuis, le site a évolué et en 2019,
nous avons lancé la production de
biométhane en partenariat avec la
Métropole Aix-Marseille-Provence
pour transformer les eaux usées
domestiques en ressource
énergétique locale et renouvelable.
Quels défis avez-vous dû relever ?
Depuis la création de l’unité, 10 M€
ont été investis pour produire un
biométhane de qualité, directement
injecté dans le réseau GRDF. Nous
nous étions engagés sur un taux de
disponibilité de 90 % et nous avons
atteint 98 %, ce qui est une véritable
performance. L’usine fonctionne
24h / 24, avec une équipe de 40
personnes mobilisées. GRDF réalise
un contrôle permanent pour garantir
la conformité du biométhane.
Comment fonctionne
concrètement cette production ?
Les boues, issues du traitement des
eaux usées, sont chauffées à 55°C, un
processus qui favorise le
développement de bactéries
thermophiles assurant la
décomposition de la matière
organique. Cela génère du biogaz, qui
est ensuite épuré pour obtenir un
biométhane aux mêmes propriétés
que le gaz naturel. Il est ensuite
odorisé, contrôlé et injecté dans le
réseau public. La production de ce
gaz vert permet d’éviter l’émission de
9 000 tonnes de CO2 chaque année.
Fin 2024, vous avez franchi
une nouvelle étape dans la production
de biogaz. Quels sont les résultats ?
Nous venons d’achever les travaux
d’extension de 35 % de la
production, atteignant désormais
37 000 MWh par an. Cela représente
10 % de la consommation en gaz
vert du 9ème arrondissement de
Marseille, permettant de chauffer
3 300 foyers du quartier de la Soude.
C’est une énergie renouvelable et
propre, utilisable pour le chauffage,
la production d’eau chaude ou
encore comme carburant. Notre
unité est aujourd’hui l’une des plus
importantes en France pour la
production de biométhane à partir
des eaux usées.
Quelles sont les prochaines étapes ?
Aux côtés de la Métropole Aix-
Marseille-Provence, nous voulons
aller encore plus loin dans
l’optimisation des process et le
développement du biométhane
sur le territoire avec par exemple,
son utilisation possible pour
promouvoir la mobilité
décarbonée en alimentant
des bus du territoire.
© SERAMM
OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 27 26 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 26 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
L’ATTRACTIVITÉ RENFORCÉE
Un plan « Grandes Écoles » pour former
et conserver les ingénieurs de demain
La démarche de réindustriali-
sation engagée sur le territoire
d’Aix-Marseille-Provence, implique
des besoins accrus d’ingénieurs.
C’est pourquoi la métropole passe
à l’action en lançant un vaste plan
métropolitain pour la formation
et l’attraction d’ingénieurs.
Par Nathalie Bureau du Colombier
P remier bassin industriel de la Ré- gion Sud, Aix-Marseille-Provence abrite des géants de l’énergie, du numérique et de la microélectronique, du maritime et de la logistique, ainsi que de
l’aéronautique et de la mécanique. Dans
les filières stratégiques, les entreprises
peinent à trouver les profils techniques
nécessaires à leur croissance, faute d’ingé-
nieurs en nombre suffisant sur le territoire.
Chaque année, entre 1 200 et 1 300 ingé-
nieurs sont diplômés dans les 10 écoles
d’ingénieurs du territoire : Centrale Médi-
terranée, Polytech Marseille, ENSM et ISEN
à Marseille, Arts et Métiers, ESAIP et CESI
à Aix-en-Provence, INSTN à Cadarache, les
Mines Saint-Etienne à Gardanne et l’École
de l’air et de l’espace à Salon-de-Provence.
Ces étudiants ingénieurs ne représentent
que 4,1 % du total des étudiants formés
sur le territoire métropolitain, ce qui re-
présente un déficit structurel certain.
Former et conserver les talents
D’ici deux ans, 9 millions d’euros seront
engagés dans le cadre du contrat d’avenir
pour muscler l’offre de formation en aug-
mentant les capacités d’accueil des écoles
d’ingénieurs déjà présentes sur le terri-
toire. Centrale Méditerranée, Arts et Mé-
tiers Aix-en-Provence, Polytech et l’École
des Mines de Saint-Étienne comptent
parmi les établissements prioritaires,
avec des projets de rénovation destinés à
consolider leur ancrage.
Parallèlement, la métropole est sollicitée
par des écoles d’ingénieurs qui souhaitent
s’implanter notamment sur le périmètre
euroméditerranéen. La métropole qui
veille à l’équilibre de l’offre éducative sur
le territoire, s’engage à les accompagner
dans le cadre de ses compétences d’amé-
nageur économique du territoire.
L’enjeu réside dans le développement
d’une offre de formation cohérente avec
les besoins des industriels locaux. L’étude
menée en 2023 pour établir ce plan, a mis
en lumière quatre secteurs prioritaires où
la demande en ingénieurs est particuliè-
rement forte : énergie et nucléaire, aéro-
nautique, informatique et électronique,
BTP et infrastructures. À ces filières,
s’ajoutent trois domaines transversaux
également sous pression : la mécanique,
la maintenance et la gestion qualité.
Au-delà du nombre, c’est aussi la diversi-
té des profils qui est en jeu. En parallèle,
la métropole veut encourager davantage
de jeunes femmes à s’engager dans ces
carrières, alors qu’elles ne représentent
aujourd’hui que 29 % des effectifs en
écoles d’ingénieurs.
Aix-Marseille-Provence entend également
travailler son attractivité pour convaincre
les étudiants de rester et de poursuivre
leur vie professionnelle sur le territoire.
Logement étudiant, accès aux transports,
tissu économique et industriel, écosys-
tème d’innovation riche et dynamique :
la métropole entend mettre en avant ses
nombreux atouts pour que les jeunes
diplômés s’y projettent à long terme grâce
à une campagne de marketing territorial
visant à consolider l’image d’Aix-Mar-
seille-Provence comme terre d’innovation
et d’excellence académique.
Attirer, former et retenir les ingénieurs
de demain sera déterminant pour faire
d’Aix-Marseille-Provence un véritable
pôle d’excellence industrielle.
D’ici deux ans, 9 M€ seront
engagés dans le cadre
du contrat d’avenir pour
muscler l’offre de formation
en augmentant les capacités
d’accueil des écoles
d’ingénieurs déjà présentes
sur le territoire.
© François Moura / MAMP
Le circuit intégré du capteur
FluidBOX développé par SP3H
implantée à Aix-en-Provence.
Un outil capable d'analyser
en temps réel la composition
des carburants.28 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 29
En 1995, l’État, avec le soutien des collectivités, lançait l’Opé- ration d’Intérêt National Euro- méditerranée pour réduire un chômage alors à 22 % à Marseille. L’Éta- blissement Public d’Aménagement (EPA) reconfigure d’abord 310 hectares
de la Joliette à la Belle de Mai. Une opé-
ration au long cours, marquée par la
réhabilitation de sites historiques
comme les Docks et le CEPAC Silo, qui
se poursuit depuis 2007 vers le nord sur
170 hectares supplémentaires.
« 30 ans, c’est le temps de la ville. L’ar-
rière de la zone portuaire marseillaise
s’est complètement transformé avec la
création d’un quartier d’affaires com-
prenant 756 000 m² de bureaux et l’ac-
cueil de 6 109 établissements, mais
aussi des espaces publics remarquables.
Le Mucem, l’Hôpital Européen, la Cité
scolaire Internationale Jacques Chirac,
ainsi que les tours emblématiques de
CMA CGM, d’une part, et de La Marseil-
laise, d’autre part, ont été édifiés sur le
périmètre d’Euroméditerranée, hissant
Marseille au rang de capitale du sud de
la France. Euroméditerranée est devenu
le troisième quartier d’affaires de
France », souligne la présidente du
conseil d’administration d’Euromédi-
terranée, Laure-Agnès Caradec.
Pour célébrer cet anniversaire, de nom-
breux événements sont programmés
cette année, dont des conférences et une
grande exposition photo « 30 ans, 30
lieux » retraçant cette métamorphose.
L’ATTRACTIVITÉ RENFORCÉE
30 ans d’Euroméditerranée :
de friches industrielles
à 3ème quartier d’affaires
de France
© 4Vents
Vue aérienne
d'Euroméditerranée
à Marseille
En 2025, l’Établissement Public d’Aménagement
Euroméditerranée célèbre ses trente ans. Créé sous l’impulsion
de l’État pour redynamiser l’économie et l’emploi à Marseille,
le projet a transformé des friches industrielles d’un secteur
arrière-portuaire en quartier de vie et premier pôle tertiaire
métropolitain. Aujourd’hui, Euroméditerranée reste l’un des
projets urbains les plus audacieux du sud de l’Europe.
Par Nathalie Bureau du Colombier
Un poumon vert au nord de la ville
Dans le même temps, 9 900 logements
neufs ont été créés et 5 280 réhabilités
depuis 1995. L’établissement public
poursuit aujourd'hui le renouvellement
urbain vers les quartiers au nord de la
ville, notamment dans les secteurs
Cazemajou, les Fabriques et Smartseille
avec 300 à 500 logements et 20 000 m 2
de bureaux produits en moyenne
chaque année. « Dans un contexte de
crise, nous voyons toute la force d’un
établissement public comme Euromé-
diterranée, avec des collectivités qui
font bloc pour soutenir ce projet », se
réjouit la directrice générale d’Euromé-
diterranée, Aurélie Cousi.
D’ici 2031, la transformation de l’an-
cienne gare de fret du Canet en parc de
16 hectares sera un projet phare, créant
un poumon vert au nord de la ville. Le
réaménagement de l’axe Cap Pi-
nède / Capitaine Gèze complètera cette
transformation. « Nous attendons la
mise en service du tramway T3 fin 2025
à Capitaine Gèze qui renforcera l'attrac-
tivité du secteur autour du terminus de
la ligne 2 du métro », complète Aurélie
Cousi. Fort de cette multimodalité, RTE
installera 500 salariés dans un bâtiment
livré fin 2025.
Un quartier d'affaires moteur
de la dynamique économique
du territoire métropolitain
Euroméditerranée a également confor-
té Marseille sur la scène internationale
en devenant l’une des villes les plus30 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 31
attractives de France. Ce dynamisme a
contribué à la création d’emplois sur le
périmètre, dans les secteurs de la santé,
du tourisme, de la banque / assurance,
de l’énergie, du numérique, du mari-
time et de la logistique.
La croissance de CMA CGM, 3 ème arma-
teur mondial, a contribué à redessiner
la skyline marseillaise, favorisant l’ins-
tallation du siège mondial du logisti-
cien CEVA et l’arrivée du géant indien
de l’informatique Infosys. Le tramway
à Arenc, la construction de logements
et l’ouverture en 2024 de la Cité Sco-
laire Internationale Jacques Chirac
répondent aux besoins des salariés et
de leurs familles.
En moins de trente ans, Marseille est
devenu le 6 ème hub digital mondial
grâce à 18 câbles sous-marins. Des
projets d’envergure comme le 5ème data
center phocéen de Digital Realty, la
future grande école du numérique por-
tée par Cyril Zimmerman avec La
Plateforme et encore, le quartier nu-
mérique Théodora de Kevin Polizzi aux
franges d’Euroméditerranée, renforce-
ront l’attractivité de la ville. Ces projets
compléteront l’offre éducative locale,
enrichie en 2025 par l’ouverture du
collège Loyola à Cazemajou.
Pari tenu pour Euroméditerranée qui,
trente ans après sa création, s’impose
comme un levier de développement
économique et urbain, mais aussi
comme un modèle d’aménagement
durable et innovant avec, par exemple,
les boucles à eau de mer qui ali-
mentent les bâtiments en chauffage et
refroidissement. Avec 40 000 nouveaux
habitants et 56 172 emplois, Euromé-
diterranée porte la prospérité écono-
mique tout en continuant à façonner
le visage de Marseille, dans le respect
de son identité.
Pari tenu pour
Euroméditerranée
qui, trente ans après
sa création, s’impose
comme un levier
de développement
économique et urbain,
mais aussi comme un
modèle d’aménagement
durable et innovant.
Laure-Agnès Caradec, présidente du conseil d'administration
et Aurélie Cousi, DG d'Euroméditerranée.
© NBC
L’ATTRACTIVITÉ RENFORCÉE
Spirit Entreprises
poursuit son déploiement en régions
Acteur économique et partenaire des territoires, Spirit Entreprises travaille à la construction de parcs d’activités qui accompagnent les entreprises dans leur parcours résidentiel. Ghislaine Seguin, présidente de Spirit Entreprises, et Laurence Dechaux,
responsable du développement Sud-Est, illustrent pour Objectif Métropoles de France les grands enjeux du promoteur immobilier.
Concevoir des parcs
d’activités adaptés aux demandes
du secteur économique
Depuis 20 ans, Spirit Entreprises
conçoit et développe des parcs
d’activités. Le promoteur propose
aux entreprises des solutions
« clés en main » et sur-mesure.
Ces offres s’adressent à des
secteurs d’activités variés,
des TPE/PME (artisans, boulangerie
industrielle, robotique, secteur de
la santé...) aux grandes entreprises
telles que GRDF et Kuka.
Spirit Entreprises conçoit ses
projets en tenant compte
des évolutions économiques et
des attentes des utilisateurs, ainsi
que des enjeux des territoires où
il implante ses opérations. Malgré
la rétractation de la demande due
au contexte économique de ces
encore de solutions promouvant les
mobilités douces. « Notre approche
intégrée conjugue parcs d’activités
et enjeux d’urbanisme tout en opti-
misant l’utilisation du foncier dispo-
nible » complète Ghislaine Seguin.
Des dynamiques qui s’appliquent
pleinement au Sud-Est
Spirit Entreprises poursuit son
développement territorial avec
des équipes à Marseille, Lille, Lyon et
Nantes. La métropole marseillaise et
aixoise est un territoire clé pour Spirit
Entreprises, avec trois opérations en
cours dont une à Marignane. Sur ce
secteur géographique stratégique et
prisé, Spirit Entreprises propose une
opération sur 20 000 m2 de foncier,
développant 10 000 m2 de surface de
plancher organisés en 5 bâtiments,
dernières années, Ghislaine Seguin,
présidente de Spirit Entreprises,
témoigne néanmoins d’un regain
d’intérêt pour l’acquisition : « cela
s’explique par l’amélioration des
capacités de financement des PME,
qui souhaitent devenir propriétaires
de leurs locaux pour sécuriser leur
développement » estime-t-elle.
Spirit Entreprises, un acteur
au service du développement
économique territorial
Spirit Entreprises fait également
preuve d’innovation territoriale
et sociale, en particulier au profit
de la qualité de vie au travail. Il
installe des parcours de santé, des
espaces de conviviliaté, et des
frigos connectés au sein de ses
opérations. Ces aménagements,
inspirés d’une configuration
«place de village», répondent aux
nouvelles attentes des entreprises
en matière de bien-être et de
convivialité. Spirit Entreprises
collabore également avec des
agences architecturales renommées
comme Ory Architecture, soucieuses
d’intégrer harmonieusement les
parcs dans le paysage urbain.
L’engagement environnemental
est également au cœur des préoc-
cupations. Ce dernier se concrétise
par l’obtention de labels et certifica-
tions, l’installation de panneaux
photovoltaïques, d’éoliennes ou bien
eux-mêmes découpés en cellules.
« Cette flexibilité nous permet de
nous adresser à tous types d’utilisa-
teurs : les filiales de grands groupes,
les entreprises productives régionales,
les artisans. Regrouper une telle
diversité d’acteurs au sein d’une
opération, est un marqueur fort de
Spirit Entreprises qui contribue à
dynamiser le tissu économique local.»
indique Laurence Dechaux.
En complément des projets de
réhabilitation de friches déjà
développés, Spirit Entreprises
travaille étroitement avec les
aménageurs et les collectivités,
et accélère sa réflexion autour de
nouveaux modes d’implantation
moins consommateurs de foncier
comme l’activité en étage.
ENTRETIEN AVEC...
Ghislaine Seguin,
présidente de Spirit Entreprises
& Laurence Dechaux,
responsable du développement
Sud-Est.
Le parc d’activités développé par Spirit Entreprises à Marignane bénéficie d’une implantation stratégique, ouverte sur le territoire régional, méditerranéen et national.
PUBLI-RÉDACTIONNEL
@ Spirit Entreprises
Un vade-mecum pour la ville durable méditerranéenne
Depuis 2020, Euroméditerranée développe sa charte
qualité pour la ville durable méditerranéenne, un outil
clé pour guider le développement de nouveaux projets
d’aménagement sur son périmètre d’intervention à Mar-
seille. Ce vade-mecum pour promoteurs et architectes fixe
un cadre pour garantir des réalisations alignées sur les
standards de durabilité et de qualité urbaine en contexte
méditerranéen. Il fournit des outils de conception par type
de bâtiment (logement, tertiaire ou générique) avec des
indicateurs tels que les surfaces minimales, l’intégration
des énergies renouvelables ou des systèmes de protec-
tion solaire adaptés au climat méditerranéen. Basée sur
six principes fondateurs, la démarche promeut une ville
résiliente face aux changements climatiques, ouverte sur
la nature et conviviale, avec des espaces partagés favo-
risant le lien social. Euroméditerranée valorise la mixité
et l’usage de ressources locales. Des projets comme
l’ensemble des quatre bâtiments dédiés à l’habitat CAP M
ou dans le secteur de Cazemajou, la résidence étudiante
CAZ01-08 illustrent ces ambitions, avec des logements
bi-orientés, des matériaux biosourcés et des toitures
végétalisées. NBCOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 33 32 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 32 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
Un port entrepreneur
aux ambitions internationales
Le trafic du port de Marseille-Fos s’est maintenu en 2024 en dépit d’un contexte économique complexe lié à l’emprise de la géopolitique sur les flux. Avec un chiffre d’affaires en hausse (+ 7 %) et des investissements de près de 100 millions d’euros dont la moitié consacrée à la décarbonation, l’essentiel reste à venir. Pour la métropole et l’écosystème industrialo-portuaire, une nouvelle séquence va s’ouvrir avec le futur corridor économique Imec reliant l’Inde au continent européen. Par Louis Guarino
Les activités industrielles du
port génèrent 40 % de l’activité
économique régionale.
L e port de Marseille-Fos, deuxième dans le classement français après le Havre, serait-il protégé par la Bonne Mère ? Il a enregistré en 2024 un chiffre d’affaires de 224,5 mil-
lions d’euros en progression de près
de 7 % sur un an, malgré un trafic to-
tal de marchandises traitées en léger
recul (– 2 % à 70,5 millions de tonnes).
« On est sur un trafic à peu près stable
avec des résultats très contrastés sui-
vant les filières », explique Hervé Mar-
tel, le président du directoire du Grand
Port Maritime de Marseille (GPMM)
dont le mandat vient d’être reconduit
à nouveau pour cinq ans. En tendance,
les flux enregistrent une bonne dyna-
mique sur les marchandises diverses,
une relative stabilité sur le pétrole
et les produits énergétiques et une
baisse significative des vracs solides,
en particulier le trafic lié à la sidérur-
gie. Le trafic des conteneurs affiche un
bon score en 2024 avec une croissance
de 9 %, liée pour moitié à l’augmen-
tation du transbordement inhérent au
détournement des routes maritimes
vers le cap de Bonne-Espérance (ndlr :
en raison des attaques des rebelles
houthis en mer Rouge) et pour moitié,
à l’évolution du flux d’importation et
d’exportation de l’Europe vers la Chine
(+ 12 %), l’Algérie (+ 12 %), la Turquie
(+ 13 %), la Réunion (+ 25 %) ou en-
core l’Egypte (+ 25 %). L’année 2024
avait pourtant commencé dans l’in-
connu avec la crise de la mer Rouge et
la recomposition des alliances conte-
neurisées. Au final, le grand port mé-
diterranéen français tire son épingle
du jeu. Sur l’Asie, son offre de lignes
est maintenue avec les nouvelles al-
liances : deux lignes pour Ocean Al-
liance et deux pour MSC et Premier
Alliance, plus une ligne en transborde-
ment pour Gemini.
Le Grand Port Maritime
de Marseille a enregistré
en 2024 un chiffre d’affaires
de 224,5 millions d’euros
en progression de près
de 7 % sur un an.
© Adobe Stock
Conception / Réalisation / Crédits photos : port de Marseille Fos
FIER
DE SON HISTOIRE Acteur majeur de la logistique, le Port a investi
33 millions sur 99 millions au total en 2024
pour moderniser ses infrastructures.
PRÉCURSEUR
DES TRANSITIONS Grâce au projet DEOS, le Port va construire et
mettre à disposition d’ici 2028 les aménage-
ments nécessaires au déploiement industriel
des champs en mer d’éoliennes flottantes.
SÛR
DE SES FORCES Avec plus d’une dizaine de projets d’implan-
tations industrielles en cours, le Port connaît
une transformation sans précédent dans son
histoire.
MARSEILLE FOS, UN PORT…
L’ATTRACTIVITÉ RENFORCÉEOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 35 34 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 34 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
L’ATTRACTIVITÉ RENFORCÉE
Le trafic des conteneurs
du Grand Port Maritime
de Marseille affiche
un bon score en 2024
avec une croissance
de 9 %.
L’autre grand choix vise à consolider la
liaison fluviale avec le Rhône afin d’en-
lever des poids lourds sur la route et
résoudre la question des corridors fer-
roviaires. « L’axe Méditerranée-Rhô-
ne-Saône, c’est le début de l’étape. Le
sujet, c’est de connecter le port aux
20 000 kilomètres de voies fluviales
européennes. Si le port n’est pas
connecté aux grands gabarits fluviaux
représentant près de 20 % du trafic
européen, on ne pourra pas agrandir
notre hinterland intérieur. Si on sou-
haite agrandir notre hinterland exté-
rieur côté mer, il faudra nouer des ac-
cords internationaux, accélérer la
création de nouvelles routes. » Le choix
de la France en faveur du projet IMEC
va dans ce sens. « Le port de Marseille
peut devenir à nouveau la porte d’en-
trée capitale de l’Europe du Sud. Ce
que l’on va faire avec l’Imec doit aussi
permettre d’accélérer nos relations
avec l’Afrique. Au-delà des investisse-
ments nécessaires, il faut rêver grand
et accepter que l’Etat soit stratège,
pose les ambitions, finance et assure
la fiabilité des projets aux côtés des
grands industriels », conclut Jean-Luc
Chauvin. Dont acte.
Le n° 1 mondial des armateurs, MSC, y
a réalisé de nombreuses opérations de
transbordement, devenant le premier
client du port avec un trafic en hausse
de 75 %.
Un carrefour géostratégique
La métropole profite de facto des retom-
bées de l’infrastructure portuaire et de
l’influence de la ville centre. « Marseille
est un territoire économique qui pèse
comme une ville-monde. Sa situation
géographique et géostratégique avec la
Méditerranée l'explique, bien sûr. De
plus, elle est la liaison des routes mari-
times vers l’Asie », décrypte Jean-Luc
Chauvin. Le président de la Chambre
de Commerce et d’Industrie d’Aix-Mar-
seille-Provence poursuit : « C’est une
ville économique diversifiée. Logistique
portuaire, développement du numé-
rique avec l’arrivée des câbles, logis-
tique de transport liée à la proximité
de la mer, sans oublier les activités de
services et d’énergie. Le programme
mondial ITER, le chantier du réacteur
expérimental de fusion nucléaire,
compte parmi ces dernières. » En réa-
lité, le vrai sujet pour le port en 2025
concerne la transformation du monde,
le changement de paradigme inhérent
à la décarbonation de la production et
à la décarbonation des flux. « Avec des
outils numériques qui se mondia-
lisent et pour lesquels la concurrence
s’intensifie entre les continents, le
port est un outil essentiel pour le ter-
ritoire métropolitain afin de peser
dans cette compétition, analyse Jean-
Luc Chauvin. C’est un outil majeur
aussi pour la Région Sud car il permet
d’avoir des activités industrielles qui
génèrent 40 % de l’activité écono-
mique régionale. Sans compter qu’il
draine plus de 50 % des investisse-
ments étrangers du territoire. Depuis
la pandémie, le débat sur la souverai-
neté économique s’est posé d’une
nouvelle façon avec les routes de
transport de marchandises et donc,
du développement économique des
50 prochaines années. »
Les financements sont-ils au ren-
dez-vous pour les prochaines années ?
« Devant nous, nous avons un mur d’in-
vestissements » prévient le président du
conseil de surveillance du port, Chris-
tophe Castaner, lequel avance le chiffre
d’un milliard d’euros d’investissements
nécessaires à l’horizon 2030 pour être
à la hauteur des rendez-vous qui l’at-
tendent. Le port a débloqué 99 millions
d’euros d’investissements en 2024, en
hausse de 30 % sur un an, dont près de
47 millions d’euros consacrés à des pro-
jets liés à la transition écologique et à
la décarbonation.
« Sur une centaine de projets d’inves-
tissement, on évalue à 10 à 15 milliards
d’euros les projets d’investissements
nouveaux qui ne seront pas financés
par le grand port maritime et l’État
actionnaire, affirme Jean-Luc Chauvin.
Nous sommes dans un momentum.
Cela veut dire pouvoir offrir aux por-
teurs de projets, dans une concurrence
mondiale exacerbée et renforcée par
l’arrivée de Donald Trump au pouvoir
aux Etats-Unis, les conditions favo-
rables à leur implantation, avec du
foncier accessible, des énergies décar-
bonées en quantités suffisantes à des
prix compétitifs, et des utilities (eau).
Nous sommes entrés dans la troisième
révolution industrielle avec l’énergie
électrique mais l’énergie de demain
sera l’hydrogène. Pour faire de l’hydro-
gène, il nous faudra de l’eau et de
l’électricité. »
Réponse géostratégique
Mais l’avenir du port se joue aussi à
l’heure des alliances stratégiques et
des routes maritimes comme le projet
IMEC (India-Middle East Corridor).
Cette grande route multimodale (mer/
rail) de 4 800 kilomètres reliant l’Inde
à l’Europe via le Moyen-Orient est re-
venue sur le devant de la scène le 12
février à l'occasion du déplacement
officiel du Premier ministre indien à
Marseille pour inaugurer le consulat
d’Inde. Sa vocation est d’offrir une
alternative offensive aux routes de la
soie (Belt and road initiative, BRI), la
grande ambition chinoise portée par
Xi Jinping depuis 2013. « Cela veut dire
trouver des partenariats et des inves-
tissements gagnants-gagnants. La ré-
ponse est vraiment géostratégique. La
France doit porter son ambition avec
l’Europe », insiste Jean-Luc Chauvin.
« Marseille est un
territoire économique
qui pèse comme
une ville monde, en raison
de sa situation géographique
et géostratégique
avec la Méditerranée
et grâces aux liaisons
maritimes vers l’Asie »,
décrypte Jean-Luc Chauvin,
le président de la Chambre
de Commerce et d’Industrie
d’Aix Marseille Provence
(CCIAMP).
© Adobe StockOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 37 36 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 36 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
L’ATTRACTIVITÉ RENFORCÉE
© François Moura / MAMP
Lauréat de France 2030, le Marseille Immunology Biocluster
(MIB) a été lancé en novembre 2024. Il renforce la renommée
mondiale de l’écosystème marseillais en faveur de la recherche
et de l’innovation en immunologie. Ce biocluster incarne les
avancées de la filière Santé identifiée comme filière d’excellence
au sein de l’Agenda économique métropolitain.
Par Louis Guarino
A u commencement, il y a une volonté, celle d’Emmanuel Macron qui va impulser en 2021, le volet santé du plan France 2030 pour booster la recherche médicale,
accélérer la mise sur le marché de nou-
veaux médicaments et combler le re-
tard français dans le domaine.
Marseille Immunology Biocluster (MIB)
s’inspire du modèle américain créé no-
tamment à Boston autour de l’univer-
sité de Harvard et du Massachussetts
Institute of Technology (MIT). L’objectif
est d’avoir des universités très proches
des structures de recherche, de créer de
la valorisation et d’y associer les collec-
tivités locales.
Lauréat de l’appel à projets Biocluster
du plan Innovation santé 2030, le MIB
est officiellement lancé le 13 novembre
2024 grâce à la signature d’une conven-
Le MIB,
la tête chercheuse
en nouveaux
médicaments
tion avec l’Agence Nationale de la Re-
cherche (ANR). Il bénéficie d’un finan-
cement de l’État de 96 millions d’euros
sur 10 ans dans le cadre du plan France
2030. « Nous ouvrons un nouveau cha-
pitre pour Marseille, mais aussi pour
l’immunologie à l’échelle mondiale »,
s’est félicité Éric Berton, le président
d’Aix-Marseille Université (AMU).
Mener de front
recherche et économie
Ce biocluster marseillais a une double
visée. Au niveau scientifique, il doit per-
mettre d’accélérer la recherche en im-
munologie (l’étude du système immu-
nitaire) sur les anticorps spécifiquement
fabriqués pour traiter une maladie, dits
monoclaux, capables à la fois de détec-
ter et de guérir une maladie. L’un des
grands défis sera d’ailleurs de faire
émerger un blockbuster, c’est-à-dire un
médicament destiné à être vendu sur
un large marché, mais aussi de réussir
à développer trois chaînes de produc-
tion de biomédicaments à terme. Au-de-
là, le MIB a une ambition de souverai-
neté économique pour la France et
l’Europe dans le secteur de la santé.
« Le Marseille Immunology Biocluster
était attendu avec beaucoup d’impa-
tience côté métropole ! Il est un accé-
lérateur pour notre filière Santé, une
des six filières d’excellence dans notre
Agenda du développement économique.
Cette filière est non seulement source
d’innovation mais aussi d’emplois et de
qualité de vie », a déclaré en novembre
2024 la présidente de la Métropole
Aix-Marseille-Provence et du Conseil
départemental des Bouches-du-Rhône,
Martine Vassal. Le MIB entend attirer
des entreprises, des talents et des
fonds : 30 nouvelles start-up, 30 im-
plantations d’entreprises, 2 000 emplois
directs.
Coordonné par Aix-Marseille Université
(AMU) et impliquant une vingtaine de
partenaires membres fondateurs pu-
blic-privé dont le CNRS, l’Inserm, l’Ins-
titut Paoli-Calmettes, l’AP-HM, Innate
Pharma, ImCheck Therapeutics, Alde-
raan Biotechnology, Sanofi, le labora-
toire Servier, ou encore le CHU de Brest,
le MIB fédère les acteurs du monde
académique, hospitalier, institutionnel
et de l’industrie pour accélérer la re-
cherche en immunologie appliquée à
quatre aires thérapeutiques : oncologie,
infectiologie (anticorps et protéines re-
combinantes), maladies auto-immunes
et maladies inflammatoires.
Le MIB est un consortium dont le bi-
nôme constitué par le professeur Daniel
Olive (professeur en immunologie,
Centre de recherche en cancérologie de
Marseille AMU/CNRS/Inserm/IPC) et
Hervé Brailly (Innate Pharma) est un
atout de taille pour veiller à l’essor
d’une structure (le bâtiment Totem),
chargée d’héberger les plateformes et
des biotechs à l’horizon 2028.
« Nous ouvrons
un nouveau chapitre
pour Marseille,
mais aussi pour
l’immunologie
à l’échelle mondiale. »
Éric Berton, président
d’Aix-Marseille Université
Ce biocluster marseillais
a une double visée.
Au niveau scientifique,
il doit permettre
d’accélérer la recherche
en immunologie (l’étude
du système immunitaire)
sur les anticorps
spécifiquement fabriqués
pour traiter une maladie,
dits monoclaux, capables
à la fois de détecter
et de guérir une maladie.
L’un des grands défis sera
aussi de réussir à développer
trois chaînes de production
de biomédicaments.
Une quarantaine de start-up doivent
ainsi être créées d’ici 2030 en immuno-
logie avec l’appui de la SATT Sud-Est,
de l’incubateur Impulse et des fonds
d’investissement européens et améri-
cains. « Nous sommes tous impliqués
pour la réussite de ce projet. Dès le
début de 2025, nous accueillerons les
premières plateformes du MIB, à Lumi-
ny, dans des locaux métropolitains et
à côté de notre pépinière de start-up »,
conclut Martine Vassal.
© François Moura / MAMPOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 39 38 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 38 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
Aéroport Marseille-Provence,
un nouveau visage plébiscité
Prêt juste à temps pour accueillir dans les meilleures conditions
possibles les athlètes et les passagers transitant par ses
installations durant les Jeux Olympiques et Paralympiques de
l’été 2024, l’Aéroport Marseille-Provence dispose avec le nouveau
Terminal 1 d’un outil propre à accroître le rayonnement
international de la Métropole Aix-Marseille-Provence.
Par Olivier Constant
S econd aéroport régional fran- çais pour l’importance de son trafic passagers et premier pour son fret, Marseille-Provence bénéficie d’atouts de choix pour accroître son
rayonnement. Grâce à la mise en service
du nouveau Terminal 1 le 17 juin 2024,
il s’est doté d’installations qui devraient
lui permettre de tirer pleinement profit
du développement de son trafic. Mar-
seille-Provence est l’aéroport du sud de
l’Europe le mieux connecté en Méditer-
ranée, contribuant à la stratégie métro-
politaine du Hub Euromed-Afrique.
Des améliorations bien perçues
Au-delà de l’extension des surfaces, tout
a été mis en mis en œuvre pour améliorer
l’expérience client. La simplification du
parcours passager a incontestablement
été au cœur du projet, avec la mise en
place d’une seule zone d’enregistrement.
Douze espaces de restauration ont par
ailleurs vu le jour côté salles d’embarque-
ment, au lieu de trois précédemment.
Enfin, et pour ne citer que ce troisième
exemple, le confort climatique présenté
comme « exceptionnel » fait appel aux
apports solaires en hiver et à la ventila-
tion naturelle en été. Au global, ce sont
ainsi plus de 200 M€ qui ont été consacrés
à cette opération, la plus importante me-
née depuis 1998.
Toutes ces améliorations ont été bien
perçues par des passagers toujours plus
nombreux (11 167 485 en 2024, en
hausse de 3,4 % par rapport à l’année
précédente). Ils lui ont, en effet, attribué
la note globale de 3,84 sur 5 au second
semestre 2024. Plus en détail, et suivant
les dernières enquêtes de satisfaction
Airport Service Quality, c’est le confort
en salle d’embarquement qui a vu sa
note progresser le plus sensiblement
l’année dernière. Un niveau de satisfac-
tion qui concerne aussi les contrôles de
sûreté dont la facilité de passage est
appréciée. Enfin, et ainsi que le relève
la Direction de l’aéroport, « les boutiques
et les restaurants n’ont jamais eu une
note aussi élevée au Terminal 1 ».
La transformation des installations se
poursuivra cette année, avec l’ouver-
ture au printemps prochain d’un nouvel
espace de restauration côté salles d’em-
barquement et la mise à disposition
d’un nouveau salon international. De
quoi mieux satisfaire encore une clien-
tèle à 70% internationale.
Meilleure accessibilité
Proposant à l’été 2025, 126 destinations
vers 37 pays, l’aéroport deviendra en-
core plus accessible en 2029 grâce à la
mise en place d’un transport par câble
jusqu’à la gare de Vitrolles. Cet outil
innovant, le premier sur le territoire,
comprendra deux trains de trois ca-
bines en ligne capables de transporter
jusqu’à 1 200 personnes par heure sur
un parcours d’un kilomètre. La nouvelle
installation arrivera directement au
pied du Terminal 1. Commentant ce
nouveau projet, Julien Coffinier, pré-
sident du directoire de l’Aéroport Mar-
seille-Provence, souligne que « ce futur
équipement va largement contribuer à
améliorer la qualité de vie autour de
l’aéroport, en mettant notamment, un
coup de frein au phénomène du dépose-
minute qui génère dix fois plus d’émis-
sions carbone qu’un trajet en transport
en commun ».
Au-delà de
l’extension des surfaces,
tout a été mis en œuvre
pour améliorer
l’expérience client.
© Shutterstock
Marseille-Provence est l’aéroport
du Sud de l’Europe le mieux
connecté en Méditerranée.
ITER
Un catalyseur d’innovation
et de développement Une prouesse humaine, technologique, économique et diplomatique...
Le projet international de réacteur à fusion ITER va bien au-delà
du défi de produire une énergie décarbonée à profusion. Depuis
le choix du site de Cadarache à Saint-Paul-lez-Durance en 2005,
ITER a impacté de manière très significative l’aménagement du
territoire. Allumage prévu en 2034 ! Par Nathalie Bureau du Colombier
Derrière cet acronyme se cache un projet hors norme, dédié à la fusion nucléaire, mais aussi un moteur puissant de développement éco- nomique, technologique et territorial.
ITER constitue un véritable Totem mon-
dial de la Recherche et Développement
au service de la filière « Environnement
et Energie » de l’Agenda économique
métropolitain et des grands enjeux mon-
diaux de transition énergétique.
« C’est un succès unique du point de vue
humain, avec 35 nationalités qui tra-
vaillent main dans la main. ITER est éga-
lement un succès technologique dans les
procédés de fabrication. Des technologies
de rupture ont été mises au point pour
réaliser cette installation de recherche.
C’est aussi un succès économique, qui
attire de nombreuses entreprises fran-
çaises et étrangères. Le territoire en est le
premier bénéficiaire », souligne Fabrice
Raynal, directeur de l'Agence ITER France.
Ainsi, Ansaldo Nucléaire France, filiale du
groupe national italien Ansaldo Energia,
a ouvert en 2019 une agence à Saint-Paul-
lez-Durance. Exerçant un rôle stratégique
dans les opérations d’assemblage du
cœur du Tokamak, l’ensemblier multiplie
les partenariats avec les PMI et ETI fran-
çaises et européennes.
Depuis 2007, les travaux d'ITER ont géné-
ré 9,7 milliards d'euros de contrats, dont
plus de 60 % ont été attribués à des en-
treprises françaises. Les entreprises de la
région ont capté à elles seules plus des
trois quarts de ces contrats. En 2024, des
entreprises comme Sogetrel Dalkia, Eco-
nocom, Bertin Technologies, Bureau Veri-
tas et Capgemini ont remporté des mar-
chés stratégiques, illustrant la richesse et
la diversité des compétences mobilisées
autour du projet.
Impact sur le tissu local
Au-delà des chiffres, c’est tout un écosys-
tème local qui a été transformé. L’en-
semble des communes autour du site ont
bénéficié d’un dynamisme sans précé-
dent, soutenu par l’arrivée de plusieurs
milliers de salariés avec leur famille. L'ou-
verture de nombreux commerces et la
création de l’École Internationale PACA à
Manosque, dispensant un enseignement
multilingue de la maternelle jusqu’au
lycée, témoignent de l’impact profond
d'ITER sur le tissu local.
À près de 10 ans de la mise en service du
premier plasma en 2034, le projet se pré-
pare déjà à ses phases d’exploitation et
de maintenance. « Il va falloir développer
des compétences en téléopération et, là
encore, les entreprises du territoire au-
ront de belles opportunités à saisir dans
le domaine de la haute technologie »,
conclut Fabrice Raynal, insistant sur la
nécessité de former les futurs opérateurs
chargés de la maintenance du site.
Les défis restent toutefois nombreux :
développement de systèmes de téléma-
nipulations complexes, études de sûreté,
procédés de recyclage du combustible,
ou encore mise au point de systèmes de
contrôle-commande électromécaniques.
Ces avancées ne profitent pas unique-
ment à ITER, mais favorisent également
l’émergence de nouvelles filières indus-
trielles en Provence.
© EJF Riche
ITER constitue un véritable Totem mondial
de la Recherche et Développement au service
de la filière « Environnement et Energie »
International ITER
Business Forum, un
salon dédié à la fusion
L’International ITER Business Fo-
rum (IBF), qui se tiendra du 23 au
25 avril 2025 à Marseille avec le
soutien de la Métropole Aix-Mar-
seille-Provence, sera l’occasion de
présenter les nouvelles opportuni-
tés pour les entreprises locales et
internationales. Les start-up mon-
diales de la fusion sont également
invitées à explorer les possibilités
contractuelles dans des domaines
variés, de la télémanipulation à
l’intelligence artificielle, en pas-
sant par les nouvelles technolo-
gies de maintenance. Cette année,
grande nouveauté : les entreprises
partageront leurs retours d’expé-
rience sur les technologies déjà
mises en œuvre, offrant aux nou-
veaux acteurs un éclairage pré-
cieux sur les défis et les réussites
du programme ITER.
ITER
L’ATTRACTIVITÉ RENFORCÉEOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 41 40 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 40 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
© NBC
Baptisé DEOS, le programme de Développement de l’Éolien
Offshore, lancé en 2024 par le port de Marseille-Fos vise
à transformer Fos-sur-Mer en un hub majeur à l’horizon 2028.
Avec un investissement estimé à 550 millions d’euros,
ce projet prévoit la construction d’une plateforme industrielle
de 80 hectares, dotée d’un quai de 1 000 mètres linéaires
et de zones de stockage à flot.
Par Nathalie Bureau du Colombier
A près la réalisation en 2023 d’un premier projet pilote de trois éoliennes flottantes offshore au large de Port-Saint-Louis- du-Rhône, baptisé Provence Grand Large,
EDF Renouvelables et Maple Tower ont
été désignés lauréats fin 2024, via la
société de projet « Eoliennes Méditerra-
née Grand Large », pour la construction
et l’exploitation du parc éolien flottant
dit Golfe de Fos 1. Celui-ci comprend
l’installation de 19 éoliennes, éloignées
de plus de 25 km des côtes. Leur mise
en service est prévue d’ici à 2031 et leur
capacité de production d’électricité
verte de 250 MW permettra d’alimenter
en électricité 450 000 habitants. Pour
mener à bien la réalisation de ce pro-
jet, le port de Marseille-Fos va engager
des moyens financiers considérables, à
hauteur de 550 millions d’euros, desti-
nés à la construction d’infrastructures
permettant le déploiement industriel
des champs d’éoliennes flottantes.
Ce projet industriel est emblématique des
filières Environnement et Energie et Maritime
de l’Agenda économique métropolitain
qui vise à développer l’emploi, l’innova-
tion et les opportunités d’affaires entre
les atouts de notre territoire littoral et les
enjeux de transition écologique.
Un rayonnement méditerranéen
Le projet Développement de l’Éolien
Offshore prévoit, à l’horizon 2028,
l’aménagement sur la zone industria-
lo-portuaire de Fos d’une plateforme de
80 hectares, adossée à un linéaire de
quai de 1 000 mètres, capable de sup-
porter de fortes charges.
Il prévoit également l’aménagement de
zones de stockage à flot de 40 à 50 hec-
tares. Compte tenu de l’importance de
cet investissement, le projet DEOS ne se
limite pas à l’installation de 19 éo-
liennes. Il se positionne comme un hub
industriel, une base de construction des
éoliennes flottantes sur le bassin médi-
terranéen. « Avec DEOS, notre ambition
est claire : devenir le hub de référence
en Méditerranée sur la filière de l'éolien
flottant et répondre aux futurs défis de
la souveraineté énergétique. Il s’agit d’un
projet d’assemblage des éoliennes, en
lien avec Port-La-Nouvelle, le but étant
d’être en capacité de construire des flot-
teurs grands comme un terrain de foot »,
a souligné Christophe Castaner. Le pré-
sident du Conseil de surveillance du port
de Marseille-Fos compte bien faire
rayonner cette nouvelle filière de pro-
duction d’énergie verte jusqu’au sud de
l’Espagne et à la Sicile. Les infrastruc-
tures du port sont calibrées pour dé-
ployer 25 éoliennes par an. S’agissant du
marché des seuls flotteurs, il pourrait
concerner un périmètre de 2 000 kilo-
mètres en Méditerranée. Près de 50 flot-
teurs pourraient être produits annuelle-
ment sur le site en combinant le projet
d’extension d’Eiffage Métal avec pour
effet 1 500 emplois créés pour la
construction des caissons et 200 emplois
supplémentaires pour l’intégration des
éoliennes, en mobilisant l’ensemble des
services portuaires maritimes. La
construction de flotteurs en béton géné-
rera des trafics maritimes évalués à
500 000 tonnes de vrac et entre 15 000
et 20 000 tonnes d’acier.
Avec une mise en service de DEOS pré-
vue pour 2028 et l’objectif national de
18 Gigawatts d’éolien en mer d’ici à
2035, la métropole s’ancre dans une
dynamique vertueuse combinant inno-
vation technologique, développement
économique et transition écologique.
Fos-sur-Mer, futur
hub méditerranéen
de l’éolien flottant
La fabrication des trois
premières éoliennes flottantes
a été réalisée par Eiffage Métal
sur son site de Fos-sur-Mer.
Le chantier avait mobilisé
jusqu’à 200 personnes.
L’ATTRACTIVITÉ RENFORCÉE
Gestion et préservation des ressources :
SUEZ relève les défis sur le territoire
Entre sécheresse et forte pression démographique sur la façade littorale, les ressources de la région Sud sont sous tension. SUEZ, gestionnaire dans le sud des déchets d’un habitant sur huit et des services publics de l’eau et d’assainissement d’un habitant sur deux, déploie des solutions innovantes mêlant technologies connectées, économie circulaire et valorisation énergétique.
Avec près de 10 millions de touristes
chaque année et 20 000 nouveaux
habitants, la région Sud fait face
à une pression sans précédent
sur ses ressources.
À l’ouest de la Métropole Aix-
Marseille-Provence, l’enjeu de la
qualité et de la disponibilité en eau
potable, a été confié à SUEZ,
délégataire du service public de
l’eau. Pour préserver cette précieuse
ressource, sur les 211 000
compteurs d’eau connectés en
région, plus de 40 000 compteurs
équipés de la technologie
ON’ConnectTM ont été installés
sur les communes d’Istres, de
Fos-sur-Mer, de Miramas et de
Port-Saint-Louis-du-Rhône.
Ces dispositifs permettent aux
Dans la périphérie de Marseille,
aux Pennes-Mirabeau, le centre
de tri des collectes sélectives du
Jas-de-Rhodes joue un rôle clé dans
la simplification du geste de tri.
Depuis 2020, 100 % des
emballages ménagers et papiers
des bacs jaunes du territoire y sont
recyclés, soit 40 000 tonnes de
papier et carton par an, réinjectées
dans l’industrie.
L’innovation ne s’arrête pas au tri.
En 2024, plus de 12 000 MWh
ont été produits à partir du biogaz
généré par la fermentation des
déchets (matières organiques),
couvrant ainsi la consommation
annuelle de près de 1 500 foyers.
habitants de suivre leur consom-
mation d’eau en temps réel et ainsi
de détecter d’éventuelles fuites.
En 2024, 8 900 fuites ont été repérées
et 64 % des clients avertis ont réparé
leur fuite dès la première alerte,
favorisant ainsi des économies d’eau.
Mais la gestion de l’eau ne se limite
pas à la distribution d’eau potable.
SUEZ assure via sa filiale SERAMM,
la collecte et le traitement
des eaux usées et pluviales sur
Marseille et 5 communes
périphériques : Allauch, Carnoux-
en-Provence, Le Rove, Septèmes-
Les-Vallons et la Zone Industrielle
de Gémenos, soit près d’1 M
d’habitants de la Métropole
Aix-Marseille-Provence.
À Marseille, Cassis et La Ciotat,
SERAMM contrôle également
quotidiennement pendant toute la
saison estivale, la qualité des eaux de
baignade pour préserver le littoral.
Déchets : du gaspillage au
traitement et à la valorisation
La gestion des déchets est un autre
défi majeur. Chaque habitant de la
région génère en moyenne 730 kg
de déchets par an, dont 50 % sont
valorisés sous forme de matière,
d’énergie ou de compost.
Le Pays Salonais se distingue avec
un taux de valorisation de 76,5 %
des 22 360 tonnes de déchets traités
en 2023. La déchèterie de Salon-de-
Provence reflète cette évolution avec
son concept Recydrive qui permet
aux usagers de déposer leurs déchets
sans sortir de leur véhicule.
Depuis janvier 2024, SUEZ traite et
valorise sur l’ensemble de la Métropole
Aix-Marseille-Provence, les déchets
alimentaires en compost pour les
agriculteurs locaux, réduisant ainsi
le recours aux engrais chimiques et
favorisant une agriculture plus durable.
Avec cette valorisation des déchets,
la Métropole devient acteur de
l’économie circulaire.
100 % des emballages ménagers et papiers des bacs jaunes du territoire sont recyclés
dans le centre de tri du Jas-de-Rhodes.
PUBLI-RÉDACTIONNEL
© Sylvie Villeger
© SERAMM
8 900 fuites après compteur ont été
détectées en 2024 par les agents SUEZ.OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 43 42 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 42 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
UNE AMBITION POUR L'IMMOBILIER
Aménageur d’un territoire de plus de 3 000 km2,
la Métropole d’Aix-Marseille-Provence possède
les leviers fonciers et immobiliers pour imaginer,
avec ses 92 communes et de nombreux partenaires
publics et privés, un territoire où se côtoient habitants
et entreprises. Dans une approche mixte qui privilégie
la qualité de vie et la densification urbaine.
Par Maria Salomon
D’abord, il y a la taille et la di- versité. Avec 3 148 kilomètres carrés, Aix-Marseille-Provence est la métropole la plus étendue de France. Ses 92 communes regroupent
près de deux millions d’habitants et
offrent les paysages les plus variés, des
Calanques au Luberon, du centre de
Marseille à celui d’Aubagne, des vignes
aux industries aéronautiques en pas-
sant par le port. L’équilibre entre tous
ses territoires et acteurs représente un
défi majeur pour la collectivité, pilote de
la planification urbaine, de l’aménage-
ment et du développement économique.
Fabriquer une métropole
productive et durable
Le développement en dynamique
« Dès sa création, en 2016, la métropole
s’est emparée de l’enjeu du foncier
économique, pointe Alexandre Perdriel,
directeur du pôle Développement des
entreprises et Offre territoriale du-
rable. Il est essentiel que nos entre-
prises trouvent le bon bien immobilier,
au bon endroit, au bon prix, au bon
moment ». En 2018, un premier dispo-
sitif de production de l’offre foncière
et immobilière pour les entreprises
(Dofie) avait permis de produire et
aménager 380 hectares en 2022, dont
près de 40 % en requalification.
Adoptée fin 2024, sa deuxième version,
le Dofie 2, vise cette fois la production
de 10 millions de mètres carrés supplé-
mentaires à 2040, « avec le concours des
professionnels de l’immobilier et des
communes, relève le directeur, en limi-
tant l’artificialisation des sols »1 . Cela
représente la création de 7 millions de
mètres carrés pour l'économie produc-
tive (industrie, bâtiments d’activités,
logistique portuaire et régionale, logis-
tique de distribution…) et de 3 millions
de mètres carrés pour l’économie rési-
dentielle (tertiaire dédié, commerce et
logistique de distribution).
Rééquilibrer l’offre de foncier
Pour développer ce foncier dédié, en
diminuant son coefficient d’occupa-
tion des sols, de 0,2/0,3 à 0,6 en
moyenne, la collectivité est d’abord
un aménageur. Son schéma de cohé-
rence territoriale (SCoT), finalisé en
juin prochain, « fixera l’ensemble de
la stratégie de développement de la
métropole jusqu’en 2040, précise So-
phie Lebault-Philogène, cheffe de ser-
vice Immobilier d’entreprise et Zones
d’activités économiques. La métropole
accompagne aussi la réalisation des
plans locaux d’urbanisme intercom-
munaux de ses six anciennes intercom-
munalités 2 . Ils peuvent contribuer, par
exemple, à rééquilibrer l’offre de fon-
cier économique à l’échelle de l’agglo-
mération ».
Autres outils d’aménagement, Aix-Mar-
seille-Provence s’est dotée à l’automne
2024 d’une société d’économie mixte
patrimoniale, la SEM Immobilier Déve-
loppement Aix-Marseille-Provence (en
réinvestissant dans la SEM Façonéo
existante) pour porter des projets im-
mobiliers d’envergure et, à une autre
échelle, d’une foncière commerciale
centre-ville, qui a engagé une quin-
zaine d’accompagnements de com-
munes depuis sa création en février
2024. « Nous accompagnons les com-
munes et leurs partenaires dans leurs
stratégies de revitalisation de leur
cœur de ville, complète Marion De-
moulin, du pôle Développement des
entreprises et Offre territoriale du-
rable. Nous étudions leurs projets et
les conseillons. Et nous pouvons réali-
ser les premières acquisitions d’un
projet, les rénover, les commercialiser
et les gérer jusqu’à dix ans, le temps
que les commerçants louent et testent
leur activité avant, éventuellement, de
racheter le local ».
Parallèlement, la collectivité projette
de moderniser la quarantaine de bâti-
ments de son patrimoine dédié à l’ac-
compagnement des entreprises. À
mi-mandat, Martine Vassal, présidente
de la métropole, a ainsi pris l’engage-
ment d’investir 50 millions d’euros
dans cet immobilier d’entreprises mé-
tropolitain. Pour moderniser les pépi-
nières d’Istres, Fos-sur-Mer ou Mira-
mas, par exemple, ou encore construire
près de 5 000 m² supplémentaires sur
le technopôle de l’Arbois.
Adopté fin 2024, le Dofie 2
vise la production de
10 millions de mètres
carrés supplémentaires
à 2040.
11 000 logements neufs par an
Côté habitat, la collectivité méditerra-
néenne affiche les mêmes ambitions
de production et d’équilibre sur tout
son territoire. « Le logement est une
priorité de l’action de la métropole,
appuie la présidente. Nous devons per-
mettre à chacun de bien se loger, selon
ses besoins quotidiens, dans toute la
métropole, en nous concentrant en
particulier sur la réhabilitation des
centres anciens et la prise en compte
de l’existant. En accompagnant de ma-
nière plus forte les publics fragilisés ».
À cet effet, la métropole s’est dotée
d’un Programme local de l’habitat
(PLH) pour 2023-2028. Il vise à dynami-
ser les centres urbains existants et à
rénover des logements anciens – 16 000
sur le plan énergétique – mais aussi à
construire quelque 11 000 logements
supplémentaires et plus de 5 000 loge-
ments sociaux par an. Sans omettre,
dans le cadre du plan métropolitain de
lutte contre l’habitat indigne, le traite-
ment prioritaire de 1 200 logements sur
dix ans et un engagement à « accélérer
l’ensemble des projets de l’Agence na-
tionale pour la rénovation urbaine re-
latif au territoire métropolitain, sur le
plan financier et opérationnel ».
© David Girard / MAMP
« Le schéma
de cohérence
territoriale (SCoT)
de la métropole,
finalisé en juin prochain,
fixera l’ensemble
de la stratégie
de développement
jusqu’en 2040 » précise
Sophie Lebault-Philogène,
cheffe de service
Immobilier d’entreprise
et Zones d’activités
économiques.
Les développeurs économiques
métropolitains interviennent tout
au long de la vie des entreprises
notamment dans la recherche
de locaux et du foncier.OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 45 44 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 44 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
UNE AMBITION POUR L'IMMOBILIER
Ville durable en Méditerranée
Cette planification aux objectifs chif-
frés s’inscrit dans un cadre partenarial
avec, par exemple, la création d’un
conseil métropolitain de l’habitat, ins-
tance de dialogue public – privé qui
suit l’avancée du PLH, ou celle des Es-
paces accompagnement habitat (EAH),
guichets uniques de conseil sur le loge-
ment et l’habitat, sur tout le territoire
métropolitain. Un autre partenariat,
conclu avec l’Établissement public
d’aménagement Euroméditerranée en
lien avec la ville de Marseille, se traduit
par un projet urbanistique innovant. Il a
été retenu en 2022 par l’État comme l’un
des démonstrateurs de villes durables et
ce, dans le cadre de l’Appel à manifesta-
tion d’intérêt du programme d’investis-
sements d’avenir, PIA4 – France 2030.
Celui-ci englobe un ensemble de quar-
tiers arrière-portuaires – La Cabucelle,
Les Crottes, Bougainville, Docks Libres
– marqués par la désindustrialisation et
conjuguant habitats anciens ouvriers,
entrepôts et locaux d’activités au bâti
souvent dégradé. Objectif annoncé : or-
chestrer un programme mixte, entre
immobilier d’entreprise et logement,
s’appuyant sur des innovations de déve-
loppement durable et attirant des inves-
tisseurs et des entreprises.
1 Dans le respect des objectifs de -50%
d’artificialisation d’ici à 2030, et de Zéro
artificialisation nette (Zan) à 2050, tels que
fixés par la loi Climat et Résilience, en 2021.
2 Ces intercommunalités n’existent plus depuis la
loi du 21 février 2022 relative à la différenciation,
la décentralisation, la déconcentration, et portant
diverses mesures de simplification de l'action
publique locale (3DS). En cohérence avec
l’ambition métropolitaine d’allier, dans
l’aménagement du territoire, la fabrique
de la ville et la réponse aux besoins
des entreprises.
La Cité Moulin à vent
après démolition du bâtiment A
et réhabilitation du bâtiment B
dans le quartier La Cabucelle.
© MAMP
DÉFIS & SOLUTIONS POUR LA DÉCARBONATION DES VILLES
Interview de Michel Salem-Sermanet, Directeur général d’Efficacity
Les objectifs climatiques de la France pour 2030 exigent
de doubler nos efforts annuels de réduction des émissions
de CO . Or en France, les villes sont responsables de 2/3
des émissions de CO , et il est donc urgent de leur donner
les moyens d’accélérer leur décarbonation.
« 2 2 «
Quelle approche recommandez-
vous pour accélérer cette nécessaire
décarbonation des villes ?
Pour accélérer la transformation bas
carbone des villes, il faut bien sûr
augmenter les investissements et
donc les financements, mais cela
ne suffit pas : il faut aussi optimiser
chaque investissement au regard de
son impact énergétique et carbone, ce
qui est encore loin d’être la pratique
actuelle. Ce changement profond des
pratiques est nécessaire d’une part à
l’échelle des projets d’aménagement
ou de rénovation urbaine c’est-à-
dire à l’échelle des quartiers qui
concentrent les investissements
urbains ; et d’autre part à l’échelle plus
diffuse des grands patrimoines bâtis
résidentiels ou tertiaires propriété de
collectivités, gestionnaires d’actifs ou
bailleurs sociaux. L’Institut Efficacity a
justement pour mission de développer,
expérimenter et diffuser à grande échelle
des outils d’aide à la décision pour
tous ces acteurs de la ville souhaitant
optimiser leurs investissements au
regard de leur impact énergétique et
carbone.
Comment mesurer concrètement
l’impact énergie & carbone des
investissements à l’échelle d’un
quartier ?
Il y a encore quelques années, cela
était assez complexe car un quartier
n’est pas qu’une somme de bâtiments,
mais inclut aussi les espaces publics, les
réseaux d’énergie, d’eau, de gestion
de déchets, sans oublier la mobilité.
C’est pourquoi depuis 2018, Efficacity,
le CSTB et de nombreux partenaires
dont le Cerema, ont développé une
méthode publique de référence pour
réaliser le bilan énergie & carbone d’un
quartier de façon à la fois précise et
non chronophage donc non coûteuse. Il
s’agit de la méthode « Quartier Energie
Carbone » qui, grâce à son logiciel
d’application UrbanPrint, est en phase
de diffusion nationale avec le soutien
de l’ADEME et du Ministère de la
transition écologique. Sa grande valeur
ajoutée est de permettre d’identifier
les actions les plus efficaces pour
réduire l’impact carbone d’un projet et
d’évaluer combien chaque action fait
gagner. Les labels à l’échelle quartier
favorisent cette diffusion puisque les
bilans carbone sont gratuits pour les
Ecoquartiers, et que le nouveau label
BBCA Quartier est fondé sur cette
méthode de référence.
J’ajoute que tous les acteurs qui
le souhaitent pourront bientôt, en
transmettant leurs bilans carbone
anonymisés, contribuer à une
importante démarche collective :
l’Observatoire national Quartier Energie
Carbone.
Il aura trois objectifs :
• Servir de « boussole » au niveau
national et régional en évaluant chaque
année si les projets d’aménagement
sont de moins en moins carbonés,
• Mettre en visibilité les actions les
plus efficaces par grande typologie de
projets,
• Enfin, mettre en valeur les collectivités
et les aménageurs qui ont décidé de
généraliser le bilan carbone de leurs
projets, à l’image de grands aménageurs
comme Nexity, Eiffage Aménagement,
Bouygues/LinkCity et Aire Nouvelle,
Kaufman & Broad, Espaces Ferroviaires,
les aménageurs de Toulouse Europolia-
Oppidea, ainsi qu’EPAMARNE.
Comment optimiser la stratégie
énergétique d’un projet d’aménagement
ou d’un grand patrimoine bâti ?
Il est en effet crucial d’optimiser
la composante énergétique des
projets d’aménagement car elle est
responsable d’environ un tiers de
leur impact carbone total. Cette
optimisation est souvent complexe car
il existe de très nombreuses options en
termes de mix énergétique, de réseaux,
de stockages, de performances des
bâtiments ; c’est pourquoi deux outils
ont été spécialement développés :
EnergyMapper pour le mix énergétique ;
PowerDIS, le premier outil européen
de simulation énergétique dynamique
(SED) à l’échelle urbaine, pour la
stratégie énergétique d’ensemble.
A noter que PowerDIS se révèle
également très efficace pour optimiser
les programmes de rénovation d’un
patrimoine bâti résidentiel ou tertiaire
et plusieurs expérimentations sont en
cours notamment grâce au soutien de
la Fédération des élus des Entreprises
publiques locales (FedEpl).
Ces nouveaux outils d’aide à la
décision, développés grâce à un
important soutien de l’Etat (France
2030), sont aujourd’hui opérationnels
et disponibles pour accompagner les
collectivités, aménageurs, gestionnaires
d’actifs immobiliers et bailleurs sociaux.
Ils leur permettent de répondre à cette
question cruciale : comment réduire au
maximum l’impact énergie & carbone
des projets dans un contexte budgétaire
contraint ?
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d’information sur les
métropoles françaisesOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 47 46 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 46 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
UNE AMBITION POUR L'IMMOBILIER
Concevoir la ville résiliente face
au changement climatique
Face aux défis climatiques, la ville de demain doit être résiliente
et capable de s'adapter aux mutations environnementales tout en
réduisant son impact. En France, la région Sud Provence-Alpes-Côte
d'Azur est l’un des territoires les plus exposés aux aléas climatiques.
L’agence d’architecture et d’urbanisme Bechu & Associés,
en pionnier, déploie des solutions inspirées du vivant et des
savoir-faire ancestraux, alliées aux dernières innovations.
D ’ici 2050, près de 80 % de la po- pulation mondiale vivra en mi- lieu urbain. En Europe, cette ré- alité est déjà effective. Or, les villes sont à la fois les principales responsables de
l’accélération du changement climatique
et ses premières victimes. Leur avenir re-
pose sur une double exigence : limiter leurs
émissions de CO2 et s’adapter aux boule-
versements climatiques déjà en cours.
Face à cette urgence, le triptyque Atténua-
tion – Adaptation – Biodiversité constitue
la feuille de route d’un urbanisme du-
rable. C'est dans cette dynamique que
s'inscrit l’agence d’architecture Be-
chu & Associés. L’agence revendique le
rôle de « gardien de l’habitabilité », avec
deux axes fondamentaux : la régénération
urbaine et l’invention de nouveaux habi-
tats. Le premier vise à reconstruire la ville
sur elle-même en intégrant sobriété et
résilience tout en respectant son identité.
Un projet durable naît d’abord de ses ra-
cines. Le second tend à repenser les mo-
dèles d’urbanisation en s’inspirant du bon
sens des anciens, enrichi par les outils du
XXIème siècle, notamment le design para-
métrique et les avancées scientifiques.
« Territoire pilote
de la planification écologique »
La région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur
est un territoire test grandeur nature :
cumulant le plus d’aléas climatiques en
France (inondations, sécheresses, feux de
forêts, submersions marines...), elle a été
désignée en 2023 « territoire pilote de la
planification écologique » par le Gouver-
nement. Son premier budget 100 % vert
marque une volonté politique forte de
transformation.
Dans ce contexte, les solutions d’adapta-
tion mises en œuvre par l’agence sur
d’autres territoires exposés aux mêmes
risques sont une source d’inspiration. À
travers le projet Estran à Biarritz, l’agence
a conçu un bâtiment de laboratoires et
tiers-lieu d’innovation qui s'intègre plei-
nement dans le cycle de l’eau, en consi-
dérant cette ressource comme une véri-
table matière du projet. À Nice, avec
Mimèsis, elle a imaginé une enveloppe
architecturale inspirée de la morphologie
crénelée du ferocactus, permettant une
optimisation de la passivité énergétique
du bâtiment. Plus au sud, au Maroc à
Laâyoune, le projet ASARI explore une
architecture 100 % autonome en énergie
adaptée aux climats arides, tandis qu’à
Dakar, le campus Baobab juste livré pour
la rentrée scolaire de l’ISM, redéfinit le
cadre éducatif et bâti en fonction des
conditions climatiques locales. Enfin, en
Martinique, la ville du Lamentin s'est en-
gagée dans une expérimentation d’urba-
nisme climatique, une mission d’avant-
garde menée en partenariat avec The
Climate Company, où l’ensemble de la
planification territoriale a été repensée
sous le prisme des défis climatiques.
L’innovation low-tech et biomimétique
guident cette approche, cette dernière
étant fondée sur la sobriété et les services
écosystémiques, principes inhérents au
vivant. L’agence d’architecture et d’urba-
nisme Bechu & Associés, durable par na-
ture puisqu’issue d’une lignée familiale
depuis 4 générations, favorise une archi-
tecture inspirée de la nature, tout en s’ap-
puyant sur les nouveaux outils de concep-
tion numérique et sur des partenariats
scientifiques de pointe.
Ainsi, les solutions expérimentées ailleurs
peuvent nourrir la résilience des villes
méditerranéennes. Car si l’urbanisme doit
s’adapter, il a surtout le pouvoir de trans-
former les contraintes en opportunités,
pour que la ville de demain reste un es-
pace de vie désiré et désirable.
© Bechu & Associés
Le projet Estran à Biarritz
de l’agence d’architecture
et d’urbanisme
Bechu & Associés.
Aix-Marseille Université,
un acteur clé dans la transformation
de la société
En quelques années, amU est devenue une référence au niveau national et international. Son secret ? L’exploration de nouvelles voies en matière de recherche,
des réponses concrètes aux défis du territoire, et un pari habile associant innovation, infrastructures de pointe et partenariats stratégiques.
Derrière une belle réussite,
il y a toujours un visage.
Pour amU, c’est celui de son
Président, Éric Berton.
Pour cause : le choix de
l’Innovation, c’est lui.
En 2018, il a déjà impulsé la
création de la Cité de l’Innovation
et des Savoirs Aix-Marseille.
Et depuis, la Cisam accompagne
les projets innovants et la création
d’entreprises, tout en investissant
des champs concrets : économie
verte et économie bleue.
Résultat : elle est identifiée dès
2022 « comme l’un des 25 lieux
d’innovation en France ».
Positionnée sur des problématiques
concrètes, amU déploie des
partenariats internationaux à
la hauteur de ses engagements.
Ce faisant, l’université s’impose
comme un acteur majeur dans des
domaines telles que la transition
énergétique, la lutte contre le
changement climatique et la santé.
amU a trouvé sa raison d’être
dans ses actions pionnières,
une voie qu’elle dessine et qui
peut surprendre, non seulement au
niveau français (fusion, initiative
recherche, de collaborations
partenariales ou des prestations
de services externes, ou encore
le PUI Provence lancé en décembre
2024, en vue d’accélérer la création
de start-up de la deeptech.
d’excellence, ancrage territorial,
structuration du soutien à l’inno-
vation socialement engagée, ou
encore, égalité femmes-hommes),
mais aussi au niveau international
(classements, structuration du
partenariat méditerranéen et
au-delà, rôle fort en Europe).
Chef de file pour l’Alliance CIVIS
Ainsi, amU a su mériter un rôle
de chef de file pour l’Alliance Civis.
Un fait remarquable, s’il en est,
puisqu’à travers cet accord entre
11 universités publiques à forte
intensité de recherche situées
dans toute l’Europe, Aix-Marseille
Université porte les valeurs d’une
offre de formation innovante, basée
sur les grands défis contemporains.
Et puis, il y a les fiertés plus
récentes. Déjà, le Marseille
Immunology Biocluster (MIB)
qui fait l’objet de développement
dans ce numéro, mais également
le Label Plateforme Aix-Marseille,
créé en partenariat avec le CNRS et
l’Inserm pour mettre à disposition
de la communauté scientifique et/
ou du monde socio-économique des
infrastructures de pointe pour
l’exécution de contrats de
La singularité du positionnement
d’AMU est de se hisser comme
chef de file, afin de construire
une traduction concrète de
son ambition au service de sa
jeunesse et de ses forces vives.
PUBLI-RÉDACTIONNEL
Le SIMMAR sur le site de l’Hôpital Nord
DEUX INAUGURATIONS AU PRINTEMPS 2025
• Le HIPE à la Timone, un laboratoire de recherche dédié
au sport, et déjà fréquenté par de grands athlètes
dans le cadre des JO de Paris 2024.
• Le SIMMAR sur le site de l’Hôpital Nord, un bâtiment de
simulation médicale réservé aux étudiants en médecine.
© Bartolo+Contré Architectes et Satori Architectes48 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 48 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
© MAMP
OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 49
UN TERRITOIRE EN TRANSITION
Cap sur la reconquête
industrielle
L es Territoires d’industrie (TI) font référence à un pro- gramme national créé en 2018 et co-porté par la Direction générale des Entreprises (DGE) et un opérateur
d’Etat, l’Agence nationale de la cohé-
sion des territoires (ANCT), pour ac-
compagner la réindustrialisation des
territoires. Véritables outils de poli-
tique industrielle territorialisée dont
les financements émanent notamment
de la Banque des Territoires et des Ré-
gions, 183 TI ont été labellisés fin 2024,
lors de la reconduction du programme
pour la période 2023-2027, rassemblant
630 Établissements publics de coopé-
ration intercommunale (EPCI). La Ré-
gion Sud compte à elle seule 8 TI dont
celui de la Métropole Aix-Marseille-
Provence.
« Les filières d’excellence sont l’ossa-
ture de notre Territoire d’industrie, dans
lequel la métropole est fortement en-
gagée. En cohérence avec l’Agenda du
développement économique de la mé-
tropole, actualisé en juin 2022, ces fi-
lières d’excellence sont majoritaire-
ment liées à l’activité industrielle »,
observe Gérard Gazay, vice-président
délégué au Développement économique
à la Métropole Aix-Marseille-Provence.
« Comme nombre de Territoires d’in-
dustrie, nous souhaitons nous attaquer
aux enjeux de réindustrialisation, au
service de la souveraineté industrielle
nationale, de décarbonation industrielle
et de transition écologique du secteur,
de limitation de l’utilisation de res-
sources et de réduction des pressions
sur la biodiversité. Nous nous enga-
geons également à améliorer l’accepta-
bilité territoriale et sociale des projets
industriels, et à accompagner ces pro-
jets, petits et grands, en termes de mo-
bilité, de logement et de formation. »
Animateur pilote
Lancé en mars 2024, après avoir été
désigné pour la seconde fois lauréat fin
2023, le Territoire d’industrie est de
facto animé par la métropole. « J’ai
souhaité que la métropole soit à l’ini-
tiative de la construction et de l’ani-
mation de la gouvernance du pro-
gramme pour assurer une démarche
collective entre tous les acteurs indus-
triels, l’État et la Région », souligne
Gérard Gazay. Dans les faits, il est pi-
loté par un binôme, constitué d’un élu
local, Jean-Pascal Gournès, maire de
Meyreuil et conseiller délégué à l’In-
dustrie à la Métropole Aix-Marseille-
Provence, et d’un industriel, Philippe
Marc, directeur de site et DRH chez
STMicroelectronics, qui évalue l’état
d’avancement du programme dans le
cadre d’un suivi mensuel.
« Nous avons également entrepris des
actions concrètes pour répondre aux
grands objectifs de Territoire d’indus-
trie, notamment le suivi et la mise à
jour du plan d’action métropolitain
pour faire avancer les 34 actions por-
tées par l’écosystème », ajoute Gérard
Gazay. Parmi ces actions, on retrouve
de nombreuses initiatives publiques
telles que l’élaboration d’une feuille de
route commune pour le développe-
ment industriel sur l’ouest de la mé-
tropole, sous l’égide du préfet de Ré-
gion, adoptée fin 2024, et le programme
Syrius pour les zones industrielles bas
carbone que la métropole soutient au
travers de l’Association PIICTO.
« Nous avons par ailleurs signé le pacte
Sud Avenir Hélico avec Airbus Helicop-
ters, et nous accompagnons des projets
industriels majeurs, tels que la giga-
factory Carbon et les projets de pro-
duction d’hydrogène de e-carburant
avec Masshylia, H2V et Neocarb », dé-
taille Gérard Gazay. « Nous nous atta-
quons enfin aux enjeux d’acceptabilité
sociétale avec le Lab Territorial piloté
par l’Etat sur la zone du pourtour de
l'Étang de Berre et du Golfe de Fos. » De
façon plus opérationnelle, les équipes
métropolitaines sourcent des projets
d’entreprises pour répondre aux be-
soins des industriels et créer des sy-
nergies.
Ces démarches ont déjà permis d’ob-
tenir des résultats prometteurs avec
une dizaine de projets industriels la-
bellisés TI en 2024, financés à hauteur
de 1,3 M€ sur le Fonds vert, et une
trentaine de projets en cours d’instruc-
tion. La dynamique lancée doit encore
se poursuivre en 2025. « Nous sommes
convaincus que l’appel d’air amené par
le fonds vert en 2024 est une grande
réussite à répliquer pour continuer à
faire vivre nos Territoires d’industrie »,
résume Gérard Gazay.
« Les filières d’excellence
sont l’ossature de notre
Territoire d’industrie,
dans lequel la métropole
est fortement engagée.
En cohérence avec
l’Agenda du développement
économique de
la métropole, actualisé
en juin 2022, ces filières
d’excellence sont
majoritairement liées
à l’activité industrielle. »
Gérard Gazay Territoires d’industrie
a déjà permis
d’obtenir des résultats
prometteurs, avec
une dizaine
de projets industriels
labellisés en 2024,
financés à hauteur de
1,3 M€ sur le Fonds vert,
et une trentaine de projets
en cours d’instruction.
La Métropole Aix-Marseille-Provence compte parmi
les 183 Territoires d’industrie déployés sur le territoire
national. Piloté par un binôme constitué d’un maire
et d’un industriel, le programme métropolitain
fonde sa raison d’être sur une logique d’animation
au service de la transition écologique, de la
réindustrialisation et de la création d’emplois.
Par Louis Guarino
La Plateforme Industrielle
d’Innovation Caban Tonkin
à Fos-sur-Mer© Adobe Stock
50 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 50 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
ligne longue de 6,5 kilomètres, dont
3 kilomètres en site propre, sera d’être
desservie par des bus de nouvelle géné-
ration fonctionnant au gaz naturel. Ces
bus seront accessibles aux personnes à
mobilité réduite.
Autre ligne BHNS, Zénibus va être pro-
longée d’ici à fin 2025. Reliant depuis
septembre 2016 les communes de Ma-
rignane, Saint-Victoret, Vitrolles et Les
Pennes-Mirabeau et connaissant une
fréquentation importante avec 1,5 mil-
lion de voyageurs transportés par an, la
ligne va être prolongée tout en étant
dédoublée. Baptisées ZEN A et ZEN B, les
deux nouvelles lignes permettront de
rejoindre la ZAC des Florides côté Mari-
gnane au sud et le futur pôle d’échanges
multimodal de Plan de Campagne à
l’est. Ce dernier comprendra une halte
ferrée réalisée par la Région Sud – Pro-
vence-Alpes-Côte-d’Azur avec la contri-
bution financière de la métropole. Cette
nouvelle configuration permettra, à
terme, d’augmenter la fréquentation de
Zénibus à 13 000 voyageurs / jour contre
8 000 actuellement. Là-encore, preuve
que le verdissement de la flotte est plus
que jamais une réalité concrète, la ligne
bénéficiera du déploiement de vingt-
deux nouveaux bus alimentés au gaz
naturel pour véhicules (GNV). Leur ca-
pacité sera de 103 places.
Castellane étant déplacé sur l’avenue
Cantini en juin 2025 – quinze nouvelles
rames de tramway seront réceptionnées.
Elles permettront de transporter 267
voyageurs dont 62 assis. En outre, au-de-
là de la création d’un nouveau centre de
remisage de tramways, un parking-relais
de 600 places sera mis en service sur le
site Dromel / Montfuron mi-2025.
2025 marquera également la mise en
service des premières rames du métro
automatique. Dénommées NEOMMA
pour Nouveau Métro de Marseille, ces
rames supplémentaires vont faire entrer
le réseau marseillais dans une nouvelle
ère : celle de la conduite automatique
intégrale. De fait, et à l’issue de l’équi-
pement des quais avec des portes pa-
lières, ce matériel sera mis en œuvre
conjointement avec des rames an-
ciennes en mode de conduite semi-au-
tomatique sur la ligne M2 à partir de la
fin de l’année. Commandées à 38 exem-
plaires, les nouvelles rames pourront
accueillir 493 voyageurs dont 104 assis.
Leur champ d’action sera étendu à la
ligne M1 à partir de 2026.
Toujours en 2025, plus précisément en
septembre, interviendra la mise en ser-
vice de la ligne de Bus à Haut Niveau de
Service dite BHNS, B4. Constituant un
nouveau mode de transport rapide pour
plus de 45 000 habitants des quartiers
nord de Marseille, elle reliera le nord à
l’est de la ville. Avec un potentiel de fré-
quentation de 30 000 voyageurs quoti-
diens, elle deviendra la ligne de bus la
plus fréquentée du réseau RTM. Elle per-
met de concrétiser le contournement de
Marseille en transport en commun et la
construction du réseau en étoile, afin de
faciliter les déplacements des habitants
de Marseille et du territoire.
Dans le même temps, s’achèvera la réa-
lisation du pôle d’échanges de Saint-An-
toine. Directement connecté à la gare
SNCF éponyme, ce pôle d’échanges s’ins-
crit dans le cadre du programme de ré-
novation urbaine du Plan d’Aou / La Viste.
Ainsi, il offre une alternative à la voiture
pour de nombreux habitants métropoli-
tains se rendant chaque jour dans le
centre-ville de Marseille mais aussi vers
Septèmes-les-Vallons, Gardanne et Aix-
en-Provence. Bénéficiant des travaux de
modernisation de la seconde phase de la
ligne de chemin de fer Aix-Marseille, le
nouveau pôle d’échanges permettra de
rejoindre la gare de Marseille-Saint-
Charles en moins de dix minutes. De quoi
largement favoriser le report modal !
Le BHNS en pointe
Appelée à devenir une grande année
pour la mobilité des métropolitains, 2025
verra aussi l’achèvement des travaux et
la circulation des premières rames d’es-
sais du Val’Tram. À partir de la réutilisa-
tion de l’ancienne plateforme de la voie
ferrée, dite de Valdonne, sur 13,2 kilo-
mètres, le Val’Tram sera un prolonge-
ment de la ligne de tramway sur Au-
bagne jusqu’à La Bouilladisse via la
vallée de l’Huveaune. Desservant au
total cinq communes, la nouvelle ligne
concernera un bassin de population de
60 000 habitants. Son trafic devrait être
de l’ordre de 15 000 voyageurs par jour
à l’horizon 2030.
Toujours dans le secteur d’Aubagne, le
BHNS deviendra également une réalité
concrète en septembre 2025. Il reliera le
pôle d’échanges multimodal de la gare
d’Aubagne à Gémenos, en passant par
les zones d’activités de Camp de Sarlier
et des Paluds, la zone commerciale de
la Martelle et le parc d’activités Plaine
de Jouques. La particularité de cette
© Adobe Stock
La révolution
des transports
est en marche Partie intégrante du Plan de Mobilité de la Métropole
Aix-Marseille-Provence pour améliorer les déplacements
sur le territoire et désenclaver les quartiers nord
de Marseille, « Marseille en Grand » devient chaque jour
une réalité plus concrète. Huit des seize projets de ce plan,
qui doivent être menés à bien d’ici 2030, seront livrés
cette année. Point d’étape.
Par Olivier Constant
Présenté comme la plus vaste opé- ration jamais réalisée en faveur des mobilités avec son budget de 2 milliards d’euros, « Marseille en Grand » accélère. Ses seize projets pour développer la mobilité sur tout le territoire de la Métropole Aix-Mar-
seille-Provence seront menés à leur
terme d’ici 2030. Parmi eux, huit devien-
dront opérationnels dès cette année.
Sept projets mis en service en 2025
Le premier d’entre eux concernera
l’extension du tramway T3 vers le nord
et le sud (phase 1). Avec un linéaire ral-
longé de 6,2 kilomètres, cette ligne
constituera à partir de la fin de cette
année la colonne vertébrale de la mobi-
lité de l’agglomération marseillaise.
Pour la desservir – le terminus actuel de
OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 51
Seize projets seront
menés à leur terme
d’ici 2030 pour
développer la mobilité
sur tout le territoire
de la Métropole
Aix-Marseille-Provence.
UN TERRITOIRE EN TRANSITION
Les premières rames du métro automatique
seront mises en service en 2025.OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 53 52 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 52 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 52 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
Huit autres projets à finaliser d’ici 2030
Au-delà des nombreuses réalisations à
mener à bien d’ici fin 2025, d’autres sont
en cours de préparation.
En témoigne l’extension du tramway T2
vers la place du 4 septembre. Cette nou-
velle ligne de tramway qui fait partie des
projets prioritaires de la métropole me-
nés avec l’État, permettra sur un linéaire
de 2,1 kilomètres, de désengorger l’un des
quartiers les plus denses de Marseille, à
ce jour uniquement desservi par les bus.
Sa mise en service est prévue fin 2028.
À une échéance légèrement plus loin-
taine puisque prévue en 2028/2030, le
tramway de La Belle de Mai se connecte-
ra à l’actuelle ligne de tramway T2 à
hauteur du Boulevard National et à la
gare ferroviaire d’Arenc. Elle desservira
le quartier du même nom jusqu’à la
place Burel. Cette dernière constituera le
terminus provisoire avant le prolonge-
ment de la ligne vers Saint-Jérôme.
Les travaux concerneront également les
pôles d’échanges, à commencer par celui
de Frais-Vallon. Sa mise en service est
attendue en 2027. Il deviendra, à cette
échéance, l’un des pôles d’échanges du
Réseau Express métropolitain (REM), en
intermodalité avec les BHNS B3, B4, B5
et le métro M1.
Le pôle d’échanges de Plan de Campagne
devrait, pour sa part, être mis en service
courant 2027. L’objectif est d’offrir une
alternative efficace à la voiture avec 290
places de stationnement, une gare rou-
tière disposant de onze quais de bus et
une halte ferrée connectée avec la gare
de Marseille-Saint-Charles, celle d’Aix-
Centre et les gares intermédiaires de
Gardanne et Saint-Antoine.
Enfin, le pôle de Saint-André qui suivra
en 2028 permettra de favoriser l’inter-
modalité avec le tramway nord/sud et
la halte ferroviaire de Saint-André.
Un autre projet de BHNS verra le jour
en 2027. Faisant partie de l’une des trois
lignes structurantes du réseau de trans-
port de l’ouest de l’Étang de Berre, cette
nouvelle ligne de 13 kilomètres reliera
les centres-villes de Martigues et de
Port-de-Bouc.
L’année suivante, le prolongement de
l’Aixpress sera mis en service. En effet, la
métropole a décidé de prolonger le BHNS
100 % électrique jusqu’au quartier en
pleine expansion du Val Saint-André. Ce
prolongement de 2,1 kilomètres concer-
nera près de 9 000 habitants et 4 000
salariés. Il permettra de transporter 5 100
voyageurs supplémentaires par jour.
Enfin, un seizième projet a été intégré
au plan « Marseille en Grand » en dé-
cembre 2024. Ce sera une première sur
le territoire métropolitain : un téléphé-
rique urbain reliant la gare de Vitrolles
à l’aéroport de Marseille-Provence via le
site d’Airbus Helicopters, à partir de
2029. Un projet de transport public no-
vateur estimé à 43 M€ avec une partici-
pation de la Métropole Aix-Marseille-Pro-
vence à hauteur de 22 M€, de l’État à
hauteur de 10,7M€, de la région pour
4 M€, et enfin, de l’aéroport et Airbus
Helicopters pour 3 M€ chacun.
Toujours plus loin pour le tramway
D’autres opérations majeures font partie
intégrante des seize projets de « Mar-
seille en Grand ». La plus importante
concerne la phase 2 de l’extension du
tramway T3. Ce projet, qui sera à mener
à bien d’ici à 2029, mobilise à lui seul un
investissement de 453 M€. Il se classe
donc en seconde position des projets les
plus importants, derrière la modernisa-
tion du métro de Marseille évaluée à
548 M€. Grâce à un prolongement de la
ligne de 7,1 kilomètres, le T3 sera en
mesure d’assurer le désenclavement de
nombreux quartiers prioritaires, au-
jourd’hui peu accessibles en transport
en commun, tout en renforçant l’accès
à plusieurs grands équipements et pôles
d’activités. Il assurera notamment la
connexion au réseau TER via le pôle
d’échanges multimodal de Saint-André.
En plus de rénover les stations de métro,
de nouveaux portiques seront installés
pour lutter contre la fraude. Ils rempla-
ceront progressivement les anciennes
portes, puis les anciens portiques auto-
matiques. Cette opération d’ampleur
concernera 200 nouveaux portiques au
total et sera achevée à l’horizon 2027.
Des objectifs ambitieux
Première métropole française de par sa
superficie (3 148 km²), Aix-Marseille-
Provence se devait d’avoir des objectifs
ambitieux au plan de la mobilité de ses
habitants. Ainsi, au terme du projet « Mar-
seille en Grand » en 2030, les nouveaux
équipements installés devraient per-
mettre une envolée de la fréquentation
du réseau, celle-ci étant actuellement
de 6,3 millions de déplacements par
jour. C’est, en effet, une augmentation
de 50 % de l’utilisation des transports
en commun et un doublement de la
fréquentation des lignes interurbaines
qui sont attendus. D’autant que 90 %
des habitants seront à terme situés à
moins de 15 minutes d’un accès aux
transports en commun. Il devrait s’en-
suivre une réduction de 28 % des émis-
sions de gaz à effet de serre, avec une
part de déplacements effectuées à vélo
qui devrait atteindre les 7 % à l’horizon
2030.
Présidente de la Métropole Aix-Mar-
seille-Provence, Martine Vassal entend
d’ores-et-déjà « aller au-delà du plan
D’autres opérations majeures font partie intégrante
des seize projets de « Marseille en Grand » . La plus importante
concerne la phase 2 de l’extension du tramway T3.
Ce projet, qui sera à mener à bien d’ici à 2029, mobilise
à lui seul un investissement de 453 M€.
UN TERRITOIRE EN TRANSITION
« Marseille en Grand » actuel. Alors que
les enjeux environnementaux sont
plus forts que jamais, je souhaite que
nous réfléchissions à la réalisation
d’un tramway qui traverserait, de part
en part, la zone à faibles émissions
souhaitée par l’État, dans le centre
élargi de la cité phocéenne. Une pro-
position qui viendrait encore renforcer
le réseau marseillais. Ce tramway pro-
longerait celui des Catalans pour em-
prunter la Corniche Kennedy et dans
une deuxième phase, il desservirait la
Pointe Rouge. Sans oublier le désencla-
vement de l’Est de Marseille avec la
réalisation d’un tramway vers l’Escale
Borély et La Valentine ». Avant d’ajou-
ter que « l’offre doit être complète du
nord au sud, sans oublier l’est ».
Par ailleurs, des études sont prévues
pour l’extension du métro de Dromel
vers les quartiers sud et est. Avec ce
projet, la métropole entend accompa-
gner le développement de la ZAC Val-
lon Régny et participer au désenclave-
ment du Redon et du Cabot. Enfin, la
création d’une nouvelle ligne de BHNS
vers les pôles d’activité d’Aix-en-Pro-
vence serait rendue possible grâce à
l’utilisation d’une partie de la plate-
forme ferroviaire Aix-Rognac. Elle in-
tègrerait la mise en place d’une piste
cyclable bidirectionnelle.
Nul doute qu’avec un plan d’investis-
sement de 300 M€ par an sur dix ans
voté par les élus métropolitains en 2023,
cette ambition devrait se concrétiser
pour accélérer la révolution des trans-
ports en cours sur le territoire de la
métropole.
Les premières rames d’essais
du Val’Tram circuleront en 2025.
© PIXXIM / MAMPOBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 55 54 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 54 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
UN TERRITOIRE EN TRANSITION
L’apport majeur
du futur Réseau Express
Métropolitain
Présenté comme l’une des composantes du futur Service
Express Régional Métropolitain (SERM), le Réseau Express
Métropolitain aura vocation à connecter les principaux pôles
urbains et d’activités de la métropole avec les principales
lignes de car du réseau REM, via des pôles d’échanges
multimodaux. Il est en phase de construction,
et les premières lignes devraient bientôt être labellisées.
Par Nathalie Bureau du Colombier
A vec un territoire aussi étendu que celui de la Métropole Aix- Marseille-Provence, il est appa- ru primordial de créer une armature de transports en commun forte afin de favo-
riser le report modal et répondre aux
grands enjeux de la mobilité. À ce titre, un
Réseau Express Métropolitain (REM) est
en phase de construction avec l’objectif
de le déployer en intégralité d’ici 2030. Il
consistera en la mise en place d’un réseau
maillé via des Pôles d’Échanges Multimo-
daux (PEM) et de voies réservées sur au-
toroutes (33 kilomètres réalisés à ce jour),
qui garantissent fluidité et régularité de
circulation. Il proposera également une
bonne articulation avec les réseaux qui
irriguent les bassins de proximité tout en
facilitant les ruptures de charge. De fait,
il apportera plus de confort pour l’usager
avec des services adaptés telles connexion
wifi et climatisation, ainsi que des temps
de parcours optimisés et réguliers.
Outil majeur
Plus en détails, le REM sera composé de
trois lignes ferroviaires, toutes au départ
de Marseille vers Toulon, Aix-en-Provence
et Miramas, et de vingt-sept lignes rou-
tières. Ainsi, 90 % de la population de la
métropole sera située à moins de 15 mi-
nutes d’un accès au REM. Surtout, il pro-
posera un départ toutes les 10 minutes
aux heures de pointe pour lecar+ et toutes
les 15 minutes pour les TER+ avec une
large plage horaire : de 6 h à 21 h, voire de
5 h à 24 h sur certaines lignes.
Fort de cette architecture et de la label-
lisation de ses premières lignes, le REM
permettra de répondre aux enjeux de
déplacements sur un territoire multipo-
laire, ceci en captant les flux de longue
distance par un principe de rabattement
vers les lignes de car ou ferroviaires
précitées depuis les PEM. Implantés au
cœur des villes et des villages ainsi
qu’en bordure des autoroutes et autres
voies rapides à des nœuds d’échanges,
les PEM participeront pleinement à la
stratégie des déplacements.
Traduit en chiffres, le REM devrait
conduire, à terme, à une augmentation
de 50 % de la fréquentation sur le ré-
seau interurbain. Il sera sans aucun
doute un outil majeur permettant d’at-
teindre l’objectif du Plan de Mobilités
(PDM) de doublement de la fréquenta-
tion interurbaine.
Aménagements novateurs
Le REM doit, par ailleurs, contribuer à la
diminution de la part modale de la voi-
ture. Cette part pourrait s’établir à moins
de 50 % à l’horizon du PDM 2030, parti-
cipant à la réduction des émissions de
gaz à effet de serre du secteur des trans-
ports dont l’objectif est fixé à -15 %.
De nombreux projets s’intégrant dans le
REM ont d’ores et déjà été mis en service
depuis la création de la métropole en
2016. Parmi ceux-ci figurent la mise en
place de plus de 33 kilomètres de voies
réservées aux transports en commun
(VRTC) et de six pôles d’échanges multi-
modaux, ces nouveaux équipements ve-
nant compléter l’armature déjà existante.
Dans le cadre du Contrat de plan
État-Région 2023-2027, de nouveaux PEM
et une trentaine de kilomètres de VRTC
supplémentaires sont prévus. Des amé-
nagements novateurs tels que des PEM
autoroutiers font également partie du
programme de mise en œuvre du REM
à horizon 2030.
Gare Saint-Charles 3.0
Présenté comme un réseau interurbain
à haut niveau de service, le REM le de-
viendra encore plus à la faveur de la
transformation complète de la gare de
Marseille-Saint-Charles. Au travers du
projet Ligne Nouvelle Provence – Côte
d’Azur (LNPCA), la métropole s’est en-
gagée à financer dès 2022 à hauteur de
270 M€ la réalisation de l’une des plus
grandes gares souterraines de France.
L’objectif est d’apporter de nouvelles
capacités à cette gare – aujourd’hui
saturée – pour démultiplier l’offre de
trains vers toutes les villes du territoire
métropolitain et créer ainsi le Service
Express Régional Métropolitain, pour
lequel la métropole prévoit de déposer
un dossier de synthèse avec la Région
début 2026.
Appelé à devenir un nouveau quartier
de gare métropolitaine, le plus grand
Pôle d'Échanges Multimodal de la mé-
tropole va devenir l’un des hubs les plus
structurants du territoire.
Dénommé Marseille Saint-Charles à
360°, le projet ambitionne d’ouvrir la
gare sur ses quatre côtés et de faire du
quartier de la future gare un nouveau
lieu d’attractivité profitant de la forte
visibilité de Marseille et de sa gare em-
blématique. Il vise également à mettre
en cohérence les différents projets
d’aménagement, notamment la créa-
tion du tramway longeant la gare et
reliant le quartier paupérisé de la Belle
de Mai au centre-ville, le développe-
ment des modes actifs (marche, vélo)
et l’intermodalité. Ce projet devrait
permettre de coordonner les politiques
publiques économiques, sociales, ur-
baines et de mobilité pour un fonction-
nement cohérent du quartier de la
gare, tout en répondant aux enjeux de
proximité et d’attractivité de la métro-
pole. Enfin, ce projet a vocation à ren-
forcer le lien entre le Campus Saint-
Charles d’Aix-Marseille Université et
son quartier, et à intégrer les nouvelles
contraintes socio-environnementales
(îlot de chaleur urbain, énergie, nature
en ville, vieillissement de la popula-
tion) pour faire de ce PEM une Gare
Saint-Charles 3.0.
Complètement intégrée à la nouvelle
ligne LNPCA et à la ville en mettant
l’accent sur l’apaisement et la renatu-
ration, la nouvelle gare déployée sur
quatre niveaux pourrait être mise en
service en 2035. À cet horizon, son tra-
fic pourrait augmenter à près de 19 mil-
lions de voyageurs annuels contre
12 millions actuellement.
Le REM consistera
en la mise en place d’un
réseau maillé via des Pôles
d’Échanges Multimodaux
(PEM) et de voies réservées
sur autoroutes (33 km
réalisés à ce jour).
© François Moura / MAMP
Le REM sera
composé notamment de
vingt-sept lignes routières.
La gare Marseille Saint-Charles
va connaître une complète reconfi-
guration : doublée en souterrain,
réorganisée en surface, reliée au
métro par une nouvelle galerie
et connectée à 360° à tous les
quartiers environnants.
© Pauline Leynaud Baguès / MAMP
Le pôle d'échange multimodal
Danielle Casanova à Martigues.56 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 57
UN TERRITOIRE EN TRANSITION
Approuvé en décembre 2021, le Plan de Mobilité de la Métropole Aix-Marseille-Provence vise à offrir un cadre de vie remarquable et respirable. Le Plan Vélo, le covoiturage et le verdissement des flottes de bus urbains constituent autant d’actions contribuant à répondre à cet objectif à l’horizon 2030. Par Olivier Constant
A l’image d’autres métropoles françaises, Aix-Marseille-Pro- vence démultiplie ses ac- tions pour favoriser le recours aux transports en commun via le report
modal. Ainsi, a été élaboré en mars
2024 le Schéma directeur des modes
actifs (SDMA), document-cadre des
axes d’intervention de la métropole
à l’horizon 2040 en termes de modes
actifs (vélo et marche). Il doit per-
mettre d’atteindre les objectifs définis
dans le Plan de Mobilité en matière
de développement de la part modale
du vélo, celle-ci devant passer de 1 %
actuellement à 7 % à l’horizon 2030.
Cette ambition repose sur la création
de 1 600 kilomètres de voies cyclables
d’ici à 2040.
Résultats significatifs obtenus
À ce jour, des résultats significatifs ont
déjà été obtenus grâce à la création de
l’offre levélo. 2 000 vélos électriques
sont désormais proposés en libre-ser-
vice dans 191 stations à Marseille, per-
mettant la réalisation de 14 500 trajets
par jour. D’ici fin 2025, cet usage de-
vrait se renforcer avec la mise à dispo-
sition de 2 600 vélos et la création de
de 139 stations supplémentaires. À
cette échéance, 70 % de la population
marseillaise sera alors à moins de 300
mètres d’une station.
Alors que les utilisateurs se déclarent
satisfaits du service levélo, l’aménage-
ment de pistes cyclables se poursuit.
D’ici 2030, seize lignes de vélo sécuri-
sées devraient voir le jour, ce qui repré-
sentera à terme un réseau de plus de
280 kilomètres. Ces lignes s’ajouteront
aux 630 kilomètres de pistes cyclables
actuels, dont 180 à Marseille. Ces efforts
seront poursuivis dans le cadre du plan
Vélo 2 couvrant la période 2025-2030.
Succès immédiat pour lecovoiturage
Pour inciter les habitants à limiter l’au-
tosolisme – plus de la moitié des dé-
placements s’effectuant en voiture - la
métropole a créé un service de covoi-
turage du quotidien le 29 juin 2023.
Dénommé lecovoiturage et devenu opé-
rationnel le 17 janvier 2024 via la so-
ciété Karos, ce dispositif est basé sur
une faible contribution des passagers
ou bien l’utilisation de son abonne-
Pour une mobilité
plus verte et durable
ment transport et une rémunération
des conducteurs. Son succès a été im-
médiat puisqu’il comptabilisait déjà
près de 300 000 trajets effectués sur le
territoire métropolitain au 31 dé-
cembre 2024. La courbe d’utilisation
de ce nouveau service est exponen-
tielle, ce qui indique qu’il correspond
à un véritable besoin. Le nombre de
trajets est passé de 8 800 en janvier à
plus de 45 000 en novembre. Le recours
à ce nouveau mode de déplacement
collectif a ainsi permis d’éviter 154 500
trajets en autosolisme, représentant
422 tonnes d’émissions de CO 2 .
Afin de promouvoir ce service, la mé-
tropole organise des rencontres auprès
des entreprises, des communes et des
acteurs du territoire pour en accélérer
encore l’utilisation.
Un verdissement des flottes
bien engagé
Au plan des efforts menés pour propo-
ser des déplacements plus durables, le
conseil métropolitain a adopté dès le 14
décembre 2017 une délibération ambi-
tieuse sur la transition énergétique du
parc de bus et de cars de la métropole.
Ce plan prévoyait que les véhicules
électriques seraient progressivement
déployés sur les réseaux de bus des
zones urbaines les plus denses à Mar-
seille et à Aix-en-Provence, et que le
reste du réseau, urbain et interurbain,
aurait vocation à être pour l’essentiel
exploité avec des véhicules fonction-
nant notamment au GNV.
Cependant, l’augmentation des coûts
de l’énergie ainsi que l’évolution du
contexte international et ses consé-
quences sur la disponibilité, ont conduit
la métropole à considérer l’ensemble
des énergies existantes, agro-carbu-
rants et hydrogène compris.
À fin 2023, les résultats de ce verdisse-
ment de la flotte étaient déjà tangibles
puisque 33 % du parc était constitué de
véhicules dits propres (électriques, GNV,
hybrides ou biocarburants). Cette pro-
portion est à rapprocher des 4 % relevés
en 2019. En 2024, la RTM a poursuivi le
renouvellement de son parc en inté-
grant 35 autobus électriques.
Le 21 octobre dernier, la métropole
Aix-Marseille-Provence a expérimenté
l’usage d’un bus à hydrogène. Le Solaris
Urbino 12 a circulé pendant dix jours en
conditions réelles sur la ligne 4 du ré-
seau Ulysse. Son approvisionnement en
hydrogène s’est effectué auprès de la
station Air Liquide de Fos Tonkin, réali-
sée dans le cadre du projet HyAMMED.
Poursuite des efforts d’ici à 2030
La RTM poursuivra en 2025 le renouvel-
lement de son parc avec l’acquisition
de 40 bus électriques. Ils s’ajouteront
aux 56 déjà en exploitation. D’ici à 2030,
l’intégralité du parc de véhicules rou-
lant de la RTM (hors interurbain) fonc-
tionnera à l’électricité.
Sur le réseau Aix-en-Bus, 110 véhicules
disposeront d'une motorisation 100 %
électrique, soit 59 % du parc. Le parc
comprendra également à terme 58 vé-
hicules hybrides équipés d'une motori-
sation Mild (thermique + électrique). Il
ne subsistera alors plus qu'une tren-
taine de véhicules thermiques à la
norme Euro 6.
© DR
L’offre libre-service comprend
des vélos électriques.
En 2024, le nombre
de trajets du dispositif
lecovoiturage est passé
de 8 800 en janvier à
plus de 45 000 en novembre.
Le recours à ce nouveau
mode de déplacement
collectif a ainsi permis
d’éviter 154 500 trajets
en autosolisme,
représentant 422 tonnes
d’émissions de CO2.
La métropole réceptionnera également
à partir de janvier 2025, huit autobus
fonctionnant à l’électricité et à comp-
ter de septembre 2025, un midibus
électrique.
Dans le cadre du développement du
GNV, et au-delà de la mise en service
d’un dépôt GNV réalisé sur la com-
mune de Salon en 2024, le réseau Salon
Étang Côte Bleue réceptionnera 12 au-
tocars GNV à partir de septembre 2025.
Quatre mois plus tard et en prolonge-
ment de l’expérimentation précitée
sur le réseau Ulysse, les lignes ur-
baines 4 et 5 devraient circuler, à leur
tour, avec des véhicules hydrogène. En
outre, sur ce même périmètre, la mé-
tropole mettra en service trois auto-
cars rétrofit hydrogène à partir de
septembre 2025. Ce vaste renouvelle-
ment du parc participera à l’atteinte
de l’objectif recherché d’une réduction
de 28 % des émissions de gaz à effet
de serre à l’horizon 2030.
2 000 vélos électriques
sont désormais proposés
en libre-service
dans 191 stations à Marseille,
permettant la réalisation
de 14 500 trajets par jour.
© DROBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 59 58 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 58 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 58 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 59
EN IMAGE
Le plus beau stade
du Monde !
Le stade Vélodrome à Marseille,
d’une capacité de 67 000 places assises,
arbore une jupe de 25 mètres de
hauteur éclairée par des leds
qui changent de couleur en fonction
des événements. Il est un modèle
avant-gardiste et éco-responsable.
Certifié ISO 20121, il bénéficie en effet
de plusieurs installations périphériques
qui contribuent à le rendre autonome
en eau et en énergie. Bien plus qu'un
stade, l’équipement sportif est intégré
dans un environnement urbain
de haute qualité.
© ShutterstockWhat makes Aix-Marseille stand out
from other large metropolitan areas?
Aix-Marseille-Provence is a world-
class metropolitan area, a strategic
economic and logistics hub linking
Europe, Africa and Asia. The port of
Marseille-Fos is a pillar of
international trade as is Marseille-
Provence airport which is the most
connected in Southern Europe. Our
17 submarine cables mean that our
region is also a key tech player
occupying 6 th place in the global data
hubs ranking. The future is also being
shaped by crucial long-term projects
such as ITER, the global
environmental transition lab.
Which sectors are the most
dynamic and strategic
for the local economy today?
Aix-Marseille-Provence is a hotbed of
innovation with a strong focus on
healthcare. The launch of the Marseille
Immunology Biocluster in 2024 was a
great victory! This world-class project
consolidates our position as a key
centre for immunotherapy. We also
have ambitions in energy transition,
logistics and maritime trade. The
aeronautics sector with Airbus
Helicopters is continuing to thrive
thanks to investments in low-carbon
innovation as it gears up for industry
4.0. Innovation is important for the
creative arts too. We are determined to
establish a centre of excellence in the
arts ranging from the film industry to
digital media to enhance our cultural
and economic reputation.
Lastly, I would like to mention our
roadmap for the industrial development
of the Golfe de Fos and l’Étang de Berre
adopted in December 2024, drawn up
jointly with the French government
and the South of France regional
authorities. Our metropolitan area
acts as a fantastic driver for the
re-industrialisation of France and the
economic sovereignty of Europe.
What assets have made the area
more attractive to foreign investors?
We have been striving to give our area
a higher profile and make it more
attractive since 2016 by adopting a
clear economic strategy and
establishing centres of excellence.
This has proved successful in
attracting key foreign investors such
as Tajima, a Japanese group which
considers our area to be “the balcony
of Africa” and has chosen La Ciotat as
a base for its operations. The same
choice was made by Plug & Play, a
global leader in tech unicorn funding,
which has come all the way from
Silicon Valley to support innovative
African and Mediterranean businesses.
In this connection, we use our One
Provence brand to promote our image
on the global stage.
You have always sought to strengthen
relations with Africa. But India now
seems to occupy a key place.
What form do these partnerships
take and what are your priorities?
Africa and the Mediterranean have
always played a pivotal role in our
promotional strategy. We are actively
supporting the Emerging Valley, which
has attracted more than 12,000 African
innovators to our region since it was
created and we launched the Soft-
Landing Provence Africa Connect
scheme to help African entrepreneurs
set up in business. We are now forging
strong links with India which is an
important international trade partner.
That is the logic behind Marseille’s
position on the IMEC*. The fact that
India has opened up a Consulate
General in Marseille shows the interest
aroused by our area as does the arrival
in 2018 of the Indian digital leader
INFOSYS which opted for our region
in particular to work with CMA-CGM.
Which of the milestone real-estate
projects in the pipeline look
set to transform the area
in the coming years?
A new spatial planning instrument for
commercial property development has
just been approved. The aim is to
develop an additional 10 million square
metres for economic activities by 2040
leading to the creation of 140,000 jobs.
We will be modernising our network of
incubators in Istres, Fos-sur-Mer
and Miramas and extending it with
the creation of a new incubator for
innovative enterprises in Pertuis.
Lastly, we are partnering with the
French government, the South of
France Regional Council, the
Departmental Council of the Bouches-
du-Rhône and the City of Marseille in
the Euroméditerranée Operation of
National Interest.
We have launched a €50 M investment
plan to modernise and extend our
enterprise incubators in order to host
tomorrow’s industries. With the
“Fabrique de la Ville” initiative, we are
continuing to transform Marseille with
Euroméditerranée 2 which includes
clean transportation, energy efficiency
and new green spaces. As for
renewables, the Carbon Lab project in
Istres will take the form of a research
and training cluster in the field of
photovoltaics, perfectly aligned with
our policy to achieve clean and
competitive industry to promote
energy sovereignty.
Better mobility was part of the
rationale behind the establishment
of the metropolitan area.
Where do we stand eight years on?
We have committed to investing €300
million a year over a ten-year period to
improve mobility as part of the
Marseille en Grand plan. Our goal is for
more than 90% of local residents to be
no more than 15 minutes away from
public transport in 2030. We are rolling
out the Metropolitan Express Network
(REM) with 26 bus rapid transit routes.
Thanks to the Marseille en Grand plan,
we are also consolidating our urban
network with new driverless metro
lines in Marseille, an extension to the
tram network and a bus rapid transit
service by 2025.
A cable car will link Vitrolles station
to Marseille-Provence airport with a
stop at Airbus Helicopters in 2029. As
I was saying, we are also supporting
rail freight and green transportation.
We have tripled the number of cycle
paths and launched an electric bike
service in Marseille.
How is the metropolitan area
helping business and local residents
navigate the energy and
environmental transition?
Our goal is perfectly clear: we intend
to make Aix-Marseille-Provence the
number one decarbonised industrial
port facility in the Euromed-Africa
zone. The redevelopment of the port
of Marseille-Fos is a step towards
transitioning to a cleaner and
more competitive industry. This
commitment is also materialised in
the deployment of offshore windfarms
at Fos-sur-Mer and Port-Saint-Louis-
du-Rhône, the establishment of a local
public enterprise SPL Énergies de
Provence as well as the extension
of CO2 capture and reuse facilities
to reduce emissions from industry.
Our urban policy includes emblematic
projects like the Thassalia geothermal
loop and the 14-hectare Parc des
Aygalades in the city centre.
We are developing green and blue
belts as part of the Sustainable
Mediterranean City Demonstrator
which we are co-managing with the
EPA Euroméditerranée public
development undertaking as part
of the France 2030 plan.
“Aix-Marseille-Provence
is a world-class
metropolitan area,
a strategic economic
and logistics hub linking
Europe, Africa and Asia.”
“The aim is
to develop an additional
10 million square metres
for economic activities
by 2040 leading
to the creation
of 140,000 jobs.”
By Nathalie Bureau du Colombier
“Building the
decarbonised industrial
port facility of the
Euromed-Africa zone”
INTERVIEW WITH MARTINE VASSAL,
AIX-MARSEILLE-PROVENCE PRESIDENT
© François Moura / MAMP
* IMEC : India-Middle-East-Europe
economic corridor
A METROPOLITAN AREA ON THE MOVE
OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 61 60 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE 60 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCEA METROPOLITAN AREA ON THE MOVE
© J. Vandal / Provence Tourisme
62 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 63 62 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
p 22
I n response to the shortage of engineers which is hampering re- industrialisation, Aix-Marseille- Provence is launching an ambitious plan to consolidate its training offering and
retain talents. The plan was adopted in
2024 and aims to double the number of
local graduates; the region currently
trains 1,200 students whereas the need
is for around 2,000.
€9 M will be invested over two years to
extend existing schools such as the Cen-
trale Méditerranée and École Nationale
Supérieure d’Arts et Métiers engineering
schools. New schools could open, in par-
ticular in the Euroméditerranée district.
The aim is to tailor the offer to industrial
priorities: energy, aeronautics, IT and
building. Diversity is also an issue with
women only accounting for 29% of en-
gineering students.
The metropolitan area is striving to
attract and retain talent by offering
student accommodation, good trans-
port links backed up by a marketing
campaign which paints Aix-Marseille
as a centre of innovation and academic
excellence. It aims to become the driver
of re-industrialisation in France.
T hree years after it was awarded the iCapital label, Aix-Marseille- Provence is speeding up its tran- sition and strengthening its strategic bonds with Africa. Thanks to its capacity
for innovation, the metropolitan area has
made a name for itself in healthcare,
aeronautics, shipping and digital tech-
nology. The €97 M Marseille Immunology
BioCluster is consolidating its role in
biotech, while the Euromed Cyber Cam-
pus is acclaimed for its work in AI and
cybersecurity. Marseille’s submarine
cables are proving attractive to top data
centre players and the city now ranks 6th
in the global network of digital hubs. The
region plays a pivotal role in decarbo-
nised energy and is investing €15 billion
in hydrogen and offshore wind farms.
Social innovation is important too with
initiatives such as Soft-Landing Provence
Africa Connect, which offers African
start-ups a springboard to Europe. With
its outward-looking and future-oriented
approach, Marseille is set to become the
Mediterranean capital of innovation.
Marseille, Euro-
Mediterranean
capital of
innovation
M arseille confirms a strategic position with excellent air and sea transport connections. It is carving out a place on the internatio- nal stage, attracting leaders from the en-
ergy sector, industry, digital technology,
healthcare, logistics and aeronautics.
There are now 75 consulates in the city.
The latest addition is the Consulate Gene-
ral of India which has helped consolidate
links with India and attract Indian bu-
sinesses since it opened in February 2025.
Aix-Marseille University and Kedge Bu-
siness School are ramping up their
partnerships with Indian establishments
to encourage academic exchanges and
joint research projects. The metropolitan
area is France’s second diplomatic centre
and forms a veritable “MedAfrica” hub
connecting Europe to Africa, which ac-
counts for 40% of traffic in the Port of
Marseille-Fos. Fifteen of the 39 internatio-
nal investments hailed from Africa in
2023. Ambitious energy projects such as
the ITER and renewable energy initia-
tives testify to the commitment of the
region to decarbonisation and energy
sovereignty.
Marseille has secured 6th place in the glo-
bal ranking of digital hubs and is attrac-
ting significant investments thanks to its
17 submarine cables including the future
India-Europe-Xpress. The Jacques Chirac
International School, inaugurated in No-
vember 2024, has capacity for 2,200 stu-
dents, showcasing the city’s commitment
to offering an international education.
Aix-Marseille:
global ambitions
One Provence, Provence Promotion and Provence Tourisme are joining forces to make the area more attractive. 9.2 million tourists vi- sited Provence in 2024 and 70 new com-
panies set up in business, testifying to its
fast-developing international reputation.
Provence Promotion supports the economic
transformation of the region by attrac-
ting innovative companies in the field of
healthcare, energy and digital technolo-
gy. The Marseille Immunology Biocluster
will create 2,000 jobs while investments
in hydrogen and solar energy are resha-
ping the industrial landscape.
Provence Tourisme is capitalising on the
boom in sustainable tourism and the
2024 Olympic Games reflected in an 11%
increase in visitor numbers. Provence is
being promoted as a competitive and
responsible destination bolstered by eco-
labels, slow tourism and accessibility
initiatives.
With One Provence, the region is making
a name for itself as a driver of innovation
and attractiveness.
Provence -
spreading the
word and boosting
its appeal as
a business and
tourist destination
A “Schools”
plan to attract,
train and retain
tomorrow’s
engineers
Aix-Marseille-Provence is already
gearing up for the transitions of 2035
C leaner air, easier travel... Aix- Marseille-Provence is evolving and reinventing itself as a resi- lient and connected urban area. Energy transition is ramping up fast with the
ITER, the re-industrialisation of the Fos-
Étang de Berre zone and the production
of green hydrogen in 2029.
The face of mobility is changing with an
extension to the tram network, new bus
routes and two urban cable cars. Saint-
Charles station will be redesigned to
ensure a smoother connection with the
future high-speed train line. The aim is
for 90% of residents to be less than 15
minutes away from public transport by
2030.
Aix-Marseille-Provence is rewilding its
spaces, modernising infrastructure and
enhancing its academic and economic
attractiveness. Already a digital and
scientific hub, its ambition is to form a
gateway between Europe and the Medi-
terranean and Africa.
p 10 p 18
p 12
GREATER APPEAL
p 25
world’s 6th digital hub and is home to five
Digital Realty data centres, the La Plat-
forme digital school and the Kevin Polizzi
cyber campus.
The former rail freight station in Le Canet
is slated for redevelopment and, in 2031, it
will become a 16 hectares urban park, the
Parc des Aygalades, bringing a breath of
fresh air to the north of the city. Euromé-
diterranée was a pioneer of sustainable
city planning, installing seawater loops and
drawing up a charter for a Sustainable
Mediterranean City. Thirty years later, Mar-
seilles is shaping its future by combining
the best of urban planning, innovation and
a strong local identity.
I n 2025, Euroméditerranée will be celebrating 30 years of urban trans- formation in Marseille during which brownfield land was converted into France’s third biggest business district of-
fering 756,000 sq.m. of office space, 9,900
housing units and 56,172 jobs.
These developments are illustrated by em-
blematic sites such as the CMA CGM tower,
the Mucem and the International School.
The city has been spreading out northwar-
ds since 2007, reclaiming 170 hectares of
additional land, bringing a better balance
to the city by redeveloping brownfield sites
near the port to create vibrant new dis-
tricts. Marseille can now claim to be the
p 26
Euromediterranée :
30 years of urban and
economic transformation
© Adobe Stock © David Girard / MAAMP
© François Moura / MAAMP
© François Moura / MAAMP
© 4Vents64 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 65 64 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
T he Marseille Immunology Bio- cluster (MIB), which won the Biocluster call for projects in the 2030 health innovation plan, officially came into being on 13 No-
vember 2024 under an agreement
signed with the French National Re-
search Agency (ANR). Its mission is to
give greater global visibility to Mar-
seille’s acclaimed immunology re-
search and innovation ecosystem to
speed up the licensing of new drugs.
It benefits from €97 million in state
funding over ten years and obtains
advance funding from local authori-
ties and industry which it manages
on a cash-back basis.
The MIB is a fully-fledged accelerator
for the metropolitan area’s Healthcare
sector and benefits from the expertise
of immunology professor Daniel Olive
and Hervé Brailly from Innate Pharma.
The aim is to attract 30 new start-ups
and 30 enterprises which will eventual-
ly result in the creation of 2,000 direct
jobs. It has about twenty public-private
founder members and is coordinated
by Aix Marseille University (AMU).
p 36
W ith its new Terminal 1 ope- ned on 17 June 2024, Mar- seille-Provence Airport has become a flagship for the Aix-Marseille- Provence Metropolitan Area, boosting
its international outreach. The vast
revamp operation costing €200 M was
the largest to be undertaken since
1998 and is still ongoing. It will include
a new eating area and an international
lounge in the departure hall due to
open in the spring.
Passenger traffic in 2024 amounted to
11.167 million and, in summer 2025,
the airport will serve 126 destinations
in 37 countries. It will be much easier
to reach in 2029 when a new cable car
link with Vitrolles station goes into
operation. It will consist of two sets of
three connected cabins with a capacity
of 1,200 passengers an hour and will
travel over a kilometre arriving direc-
tly at Terminal 1.
Marseille-
Provence
airport:
bigger
and better
MIB:
the quest
for new
drugs
GREATER APPEAL GREATER APPEAL AMBITIOUS REAL-ESTATE PROJECTS
the port is set to become a major in-
frastructure for the south of France. In
fact, the port absorbs 50% of foreign
investment in the region. Marseille is
an economic area which has the equi-
valent standing to a global city due to
its geostrategic position on the Me-
diterranean and excellent maritime
links to Asia. As a consequence, the fu-
ture India-Middle-East-Europe Corridor
(IMEC) linking India to continental
Europe should bring considerable
benefits for the Marseille industrial
port complex.
T raffic in the port of Marseille-Fos remained stable in 2024 despite a difficult economic environ- ment due to the knock-on effect of the geopolitical situation on trade flows.
Revenue was up by 7%, standing at
€224.5 million, and the port can boast
investments in the region of €100 mil-
lion, half of which are earmarked for
decarbonisation. The metropolitan area
and industrial port facilities are faced
with a change in paradigm today due
to the imperatives of decarbonisation.
Digital tools are now the norm and
p 30
An enterprising port
complex with international
ambitions
viding opportunities for the creation of
new industrial sectors in Provence in-
cluding the remote handling and recy-
cling of spent fuel. The International
ITER Business Forum, which will be
held in April 2025 in Marseille, will at-
tract manufacturers and scientists
from all round the globe who are keen
to explore the opportunities opened up
by the programme.
According to Fabrice Raynal, head of
the ITER France agency: “ITER is a suc-
cess in human, technological and eco-
nomic terms. The region is the main
beneficiary.”
with power by 2031. With a production
capacity of 50 floaters a year, the port of
Marseilles-Fos hopes to see its influence
extend from Southern Spain to Sicily. Ul-
timately, 1,500 jobs will be created for the
structures and 200 for wind turbine as-
sembly. The DEOS project will make Fos-
sur-Mer a benchmark for industry in the
Mediterranean, combining energy sove-
reignty and environmental transition.
I TER, which was set up in Saint- Paul-lez-Durance in 2005, is a major scientific and economic project in- tended to harness decarbonised energy from nuclear fusion. Involving 35 diffe-
rent nationalities, the project has gene-
rated €9.7 billion in contracts, 60% of
which were awarded to French compa-
nies; it has given the region a real boost.
The influx of thousands of workers has
transformed the local economy and
even lead to the creation of an interna-
tional school in Manosque.
Ten years before the planned commis-
sioning date - 2034 - the project is pro-
The Offshore Wind Power Deve- lopment (DEOS) programme launched in 2024 is designed to make Fos-sur-Mer a strategic hub for floating offshore wind turbines by 2028.
An 80-hectare platform and 1,000-m
quay costing €550 M will be built to
help establish this emerging sector.
The port infrastructure is gauged to
allow for the deployment of 25 wind
turbines a year.
Following on from the Provence Grand
Large pilot project, EDF Renewables and
Maple Tower will be running the Golfe
de Fos 1 project, a fleet 19 wind turbines
(250 MW) supplying 450,000 residents
p 37
p 34
H ousing falls within the res- ponsibility of the metropoli- tan area - and it is a priority. The authority adopted a local hou- sing plan (PLH) for 2023-2028 to meet
the needs of its entire population of
1.9 million - from the most vulnerable
to the most well-off - to allow them
to choose where they want to live. The
plan is designed to revitalise existing
urban centres with both new builds
and renovation, in particular to im-
prove energy-efficiency and is rolled
out in collaboration with the mayors
of its 92 municipalities who sit on a
metropolitan housing committee.
There are plenty of instruments avai-
lable to improve housing conditions
within the scope of spatial planning,
social care and the fight against subs-
tandard housing - by cracking down
on rogue landlords for example. New
home building will start again. Every
year between now and 2028, 11,000
additional dwellings will be built,
16,000 will be renovated to make them
more energy-efficient and more than
5,000 social housing units are in the
pipeline. This is in addition to a me-
tropolitan plan to fight substandard
housing which will concern 12,000
dwellings over a ten-year period.
A choice
of housing
instruments
Fos-sur-Mer, the
future Mediterranean
hub of floating
offshore wind power
p 40
ITER:
a catalyst for
innovation and
development
in Provence
p 38
© Adobe Stock
© François Moura / MAAMP
© Shutterstock
© EJF Riche
© NBC
© David Girard / MAMPA TIME OF TRANSITION A TIME OF TRANSITION
66 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE - 67 66 - OBJECTIF MÉTROPOLES DE FRANCE
A ix-Marseille-Provence Metro- politan Area was selected as one of the 183 Industrial Terri- tories (TI) for the second time at the end of 2023 under the most recent plan
which runs until 2027. The metropoli-
tan area is capitalising on the TI sche-
me, launched in March 2024, to
spearhead industrial policy in conjunc-
tion with industry, the French Govern-
ment and the Region.
Led by a local councillor (Jean-Pascal
Gournès, mayor of Meyreuil) working
in tandem with an industry leader (Phi-
lippe Marc, STMicroelectronics), it will
accelerate environmental transition
and re-industrialisation. It is an umb-
rella for myriad initiatives such as a
joint roadmap for the west of the me-
tropolitan area, the Syrius programme
for low-carbon industrial zones sup-
ported by the metropolitan authority
via a non-profit PIICTO as well as huge
industrial projects such as the Carbon
gigafactory and e-fuel hydrogen pro-
T he Metropolitan Express Net- work (REM) - designated as a key component of the future Metro- politan Regional Express Service (SERM) – is designed to connect the metropo-
litan area’s primary urban and bu-
siness centres with the main express
coach lines in the REM network via
multimodal interchange hubs. The aim
is to have the system up and running
by 2030. It will be based on the deploy-
ment of a network consisting of three
railway lines and twenty-seven road
routes linked via multimodal inter-
change hubs (PEM) and reserved mo-
torway lanes (including 33 km already
in existence) intended to ensure quick
and seamless traffic flows.
The REM will also form a natural link
with the networks serving local areas
while offering simpler transfers. It will
mean a more convenient journey for
users who will benefit from services
such as WIFI and air-conditioning as well
as optimised, scheduled journey times.
This aim is to see passenger numbers
double on the interurban network.
The huge
contribution
of the future
Metropolitan
Express Network
W ith a budget of €2 billion, the « Marseille en Grand » (Marseille thinks big) mobi- lity transformation project – announced as the biggest ever – is moving into the
fast lane.
The transport revolution
is underway Moving towards greener and more sustainable
transport
Focussing on
re-industrialisation
duction with Masshylia, H2V and Neo-
carb. About ten projects were approved
in 2024 and will receive green funding
to the tune of €1.3 billion and about
thirty more projects are under consi-
deration.
p 48
L ike other French metropolitan areas, Aix-Marseille-Provence is extremely proactive when it co- mes to promoting public transport with modal shifts.
This policy is materialised in the Ac-
tive Transportation Master Plan
(SDMA) adopted in March 2024. The
master plan is destined to become the
framework document for the metro-
politan area’s active transportation
(walking and cycling) actions for 2040.
It should help achieve the targets laid
down in the Mobility Plan regarding
the increase in the modal share of
cycling, due to rise from today’s figure
of 1% to 7% by 2030.
A new car-pooling scheme to discou-
rage solo drivers is already proving a
success clocking up nearly 300,000
journeys in the metropolitan area as
of 31 December 2024.
The greening of the fleets is already
well underway with 33% of vehicles in
use at the end of 2023 classified as
“clean” (electric, NGV, hybrid or bio-
fuel).
As Aix-Marseille-Provence is France’s
largest metropolitan area in terms of
size (3,148 sq. km), it is perfectly legiti-
mate to set ambitious goals to improve
mobility for its population. « Marseille
en Grand » includes 16 projects for 2030,
eight of which will be operational this
year. The new facilities should lead to
a considerable boost in passenger nu-
mbers with the aim of achieving a 50%
increase in public transport use (stan-
ding at 6.3 million journeys today) and
a doubling of passenger traffic on in-
terurban routes.
This is all the more probable as 90% of
the population will be able to access
public transport within 15 minutes.
This should result in a 28% reduction
in greenhouse gases, factoring in the
increase in cycle journeys expected to
reach 7% by 2030.
p 54
p 52
p 46
© MAMP
© Adobe Stock
© DR
© François Moura / MAAMPobjectifmetropolesdefrance.fr
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Métropole Aix-Marseille-Provence — 13007 MARSEILLE — Création : Direction Communication — Photos © CD13 — 02/2025
Martine Vassal annonce la gratuité des transports de la
Métropole Aix-Marseille-Provence pour les plus
de 65 ans et les enfants jusqu’à 10 ans ,
à partir du 1er septembre 2025.
"La gratuité des transports
c’est pour vous !"
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