Offres
API
Connexion
Documents similaires
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 1
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 18
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 23
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 10
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 13
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 24
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 6
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 11
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 18
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 3
Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 9
Document publié le Vendredi 22 avril 2022
Lien du pdf (Arrêté - Préfecture - Guyane - Pièce5 Etude d'impact 9)
Thèmes du document : Environnement, Énergies, Espaces terrestres et maritimes,
page 129
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
D’après le bilan annuel des feux de végétation, établit par l’EMIZ37 Guyane, il est recensé sur la
commune de Mana, pour l’année 2014, entre 80 et 150 feux de végétation.
Le projet situé au cœur du massif boisé est directement concerné par ce risque.
4.4.9.4. Risque de Transport de Matières Dangereuses
Le risque de transport de matières dangereuses, ou risque TMD, est consécutif à un accident se
produisant lors du transport de ces matières par voie routière, voie d'eau ou canalisation. Aux
conséquences habituelles des accidents de transports, peuvent venir se surajouter les effets du
produit transporté.
Alors, l’accident de transport de matières dangereuses combine un effet primaire, immédiatement
ressenti (incendie, explosion, déversement) et des effets secondaires (propagation aérienne de
vapeurs toxiques, pollution des sols..).
La commune de Mana étant une commune littorale, elle est concernée par le risque TMD. De la
même façon la RN1 (axe routier traversant la commune) est une route concernée par le transport de
matières dangereuses.
Le site de projet n’est traversé par aucune canalisation TMD, cependant la RN1 est située en bordure
Nord du site, ce qui génère un risque en termes du transport de matières dangereuses.
4.4.9.5. Risque pollution marine
Le risque pollution marine du littoral concerne la pollution marine accidentelle liée au transport de
matières dangereuses par voie maritime, terrestre ou aérienne. On distingue la pollution générée par
les substances chimiques et celle produite par les déchets aquatiques.
Le projet est situé à l’écart de la mer et du littoral, il n’est pas concerné par le risque de pollution
marine.
4.4.9.6. Risque de mouvement de terrain
Les mouvements de terrain regroupent un ensemble de déplacements, plus ou moins brutaux, du sol
ou du sous-sol, d'origine naturelle ou anthropique.
Les volumes en jeux sont compris entre quelques mètres-cube et quelques millions de mètres-cube.
Les déplacements peuvent être lents (quelques millimètres par an) ou très rapides (quelques
centaines de mètres par jour) et sont fonction des couches géologiques.
La commune de Mana est concernée par l’aléa recul du trait de côte et de falaises par une crue à
débordement lent de cours d'eau et par submersion marine. Ce risque est pris en compte dans le
PPRI de la commune approuvé le 09/04/2015 (voir section précédente 4.4.9.1. Risque Inondation).
37 EMIZ : Etat-major interministériel de la zone de défense et de sécuritépage 130
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Le site de projet n’est pas situé dans une zone inondable, il n’est donc pas concerné par le risque de
mouvement de terrain.
4.4.10. Synthèse des enjeux du milieu humain
La compatibilité de la centrale électrique hybride avec le PLU de la commune de Mana est un des
principaux enjeux auquel le projet devra faire face. A noter que la procédure de Mise en conformité du
document d’urbanisme (MECDU) de la commune est en cours de réalisation (procédure concomitante
à la présente étude d’impact).
La présence de la forêt guyanaise au droit des terrains d’implantation rend nécessaire la réalisation
d’un dossier de demande de défrichement dans le cadre de l’aménagement de la centrale électrique
hybride.
Le secteur du site est desservi par un des principaux axes routiers de la Guyane, la RN1, ce qui
facilite l’accès au projet.
Plusieurs habitations sont présentes à proximité du projet, la plus proche se situant à 120 m au Nord
de la limite de propriété du site. A noter que la RN1 est située entre ladite habitation et le site.
Au niveau économique, les activités de la commune sont essentiellement tournées vers le commerce,
le transport et les services divers, ainsi que vers l’agriculture, avec une activité sylvicole en
ralentissement depuis les dernières années.
Enfin, en termes de risques majeurs, le projet est concerné par le risque de feu de forêt. Des mesures
spécifiques devront être mises en place afin de le maîtriser.
4.5. Paysage et patrimoine
L’implantation d’un parc photovoltaïque (élément du projet le plus visible) compte tenu de sa taille est
susceptible de modifier la perception visuelle des paysages qui l’accueillent et des éléments du
patrimoine. L’analyse du contexte paysager et patrimonial est donc nécessaire, afin d’intégrer le projet
au paysage, sans le dénaturer et sans bousculer la perception paysagère sociale.
4.5.1. Cadrage préalable des aires d’études
L’objectif de l’analyse paysagère et patrimoniale est d’évaluer la sensibilité et la capacité d’accueil du
paysage, en regard du projet photovoltaïque. L’aire d’étude, nécessaire à cette appréciation, est
définie en fonction des dimensions des futures installations, ainsi que des caractéristiques paysagères
et patrimoniales du territoire d’accueil. Pour ce projet de centrale électrique hybride, le paysage
d’accueil sera analysé dans une démarche prospective, selon trois échelles de lecture :
▪ L’aire d’étude immédiate se rapporte au périmètre d’étude, dans lequel s’insère le projet (emprise parcellaire) et à ses abords immédiats. Cette échelle permet d’identifier avec précision les éléments paysagers susceptibles d’être impactés physiquement et visuellement par le projet. Seules les composantes paysagères de l’emprise foncière pourraient faire l’objet de
protection dans le cadre des mesures d’accompagnement, de réduction ou de compensation,
puisqu’elles sont susceptibles d’atténuer ou d’accentuer les incidences du projet sur le
paysage.
▪ L’aire d’étude rapprochée correspond ici au territoire compris dans un rayon de 2 km autour du site de projet. Les retours d’expérience montrent que les installations photovoltaïques au sol (comme c’est le cas de la centrale électrique hybride) peuvent être visibles dans ce périmètre (en l’absence d’écran visuel). Les composantes paysagères directement concernées par le
projet et les perceptions quotidiennes du paysage, depuis les zones riveraines, y seront
identifiées.page 131
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
▪ L’aire d’étude éloignée prend en compte un territoire compris dans un rayon de 5 km autour du site de projet et pouvant aller jusqu’à des distances plus importantes en fonction des enjeux en terme de perception. Dans le cas présent il est inutile d’étendre l’analyse au-delà puisque le projet prend place au sein d’un massif forestier et à l’écart des zones les plus habitées. Cette
échelle d’analyse permet d’appréhender les caractères généraux du grand paysage et les
sensibilités qui le caractérisent (lignes d’horizon, patrimoine et repères paysagers). Les
installations photovoltaïques ne sont généralement plus perceptibles à cette distance, ou
correspondent à une « trame grise » indistincte.
4.5.2. Patrimoine
Le patrimoine est, au sens du Code du Patrimoine, « l’ensemble des biens immobiliers ou mobiliers,
relevant de la propriété publique ou privée, qui présentent un intérêt historique, artistique,
archéologique, esthétique, scientifique ou technique ».
Le patrimoine est considéré comme indispensable à l’identité et à la pérennité de la communauté dont
il résulte. Il est reconnu comme digne d’être sauvegardé et mis en valeur, afin d’être partagé par tous
et transmis aux générations futures. L’étude patrimoniale s’attachera donc à identifier les éléments de
patrimoine du territoire d’étude, ainsi que leurs principales caractéristiques identitaires.
4.5.2.1. Patrimoine bâti et paysager protégé : zonages règlementaires
Figure 67 : Carte du patrimoine protégé sur l’aire d’étude éloignée
a Sites inscrits et classés
Les sites, inscrits ou classés, constituent « des monuments naturels et des sites dont la conservation
ou la préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique, légendaire ou
pittoresque, un intérêt général » (Article L.341-1 du code de l’Environnement).
L'inscription et le classement sont une reconnaissance de la valeur patrimoniale d’un site, justifiant
une surveillance de son évolution. Elles ne comportent pas de règlement, mais elles ont pour effet de
déclencher des procédures de contrôle spécifique des activités susceptibles d’affecter le bien.page 132
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Selon les données de la DEAL Guyane, l’aire d’étude éloignée ne comprend aucun site classé ou
inscrit. Le périmètre de projet n’entretient aucune interaction visuelle avec les sites classées et
inscrits de Guyane.
b Monuments Historiques
« Les immeubles dont la conservation présente, au point de vue de l'histoire ou de l'art, un intérêt
public sont classés comme monuments historiques en totalité ou en partie par les soins de l'autorité
administrative » (Article L.621-1 du Code du Patrimoine).
En application de la loi du 31 décembre 1913 modifiée sur les Monuments Historiques, un immeuble
classé au titre des monuments historiques « ne peut être détruit ou déplacé, même en partie, ni être
l'objet d'un travail de restauration, de réparation ou de modification quelconque, sans autorisation de
l’autorité administrative. » (Article L.621-9 du Code du Patrimoine).
Les édifices inscrits au titre des monuments historiques correspondent à des « immeubles ou parties
d'immeubles publics ou privés qui, sans justifier une demande de classement immédiat au titre des
monuments historiques, présentent un intérêt d'histoire ou d'art suffisant pour en rendre désirable la
préservation ». (Article L.621-25 du Code du Patrimoine). Ils ne peuvent être modifiés, en totalité ou
en partie, sans en avoir avisé au préalable l'autorité administrative et indiqué la nature des travaux.
Les travaux soumis à permis de construire, de démolir, d’aménager ou à déclaration préalable,
nécessitent l'accord de l'autorité administrative en charge des monuments historiques ; celle-ci ne
peut s'opposer aux travaux qu'en engageant la procédure de classement au titre des monuments
historiques (Article L.621-27 du Code du Patrimoine).
Les monuments historiques, inscrits ou classés, sont dotés d’un périmètre de protection au titre des
abords, ayant un caractère de servitude d’utilité publique. Dans le périmètre délimité des abords, les
travaux sont soumis à autorisation préalable, avec avis de l’ABF38.
Le site de projet et son aire d’étude éloignée (5 km) ne comprennent aucun monument
historique protégé et ne recoupent aucun périmètre de protection des abords.
L’édifice protégé le plus proche correspond à la « Maison bleue dite Palmier », monument
historique inscrit du XIXème siècle, située à près de 12,8 km à l’Ouest du projet. En raison de son
éloignement et du contexte paysager, le périmètre du projet ne possède aucune interaction
paysagère ou visuelle avec ce monument historique.
4.5.2.2. Zones de protection archéologiques
« Constituent des éléments du patrimoine archéologique tous les vestiges, biens et autres traces de
l'existence de l'humanité, y compris le contexte dans lequel ils s'inscrivent, dont la sauvegarde et
l'étude, notamment par des fouilles ou des découvertes, permettent de retracer le développement de
l'histoire de l'humanité et de sa relation avec l'environnement naturel. » (Article L.510-1 du Code du
Patrimoine).
L’archéologie préventive a pour objet d'assurer « dans les délais appropriés, la détection, la
conservation ou la sauvegarde par l'étude scientifique des éléments du patrimoine archéologique
affectés ou susceptibles d'être affectés par les travaux publics ou privés concourant à
l'aménagement » (Article L.521-1 du Code du Patrimoine).
Les missions préventives de détection, de conservation et de sauvegarde du patrimoine
archéologique relèvent de l'Etat, sous la forme de prescriptions de diagnostics et d’opérations de
fouilles archéologiques. Le Service Régional de l'Archéologie dirigé par le Conservateur Régional de
l'Archéologie au sein de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) est chargé de mettre
en œuvre la politique définie en la matière.
38 ABF : Architectes des Bâtiments de Francepage 133
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Les modalités d’application de l’archéologie préventive, qui relève de la loi n° 2001-44 du 17 janvier
2001 (modifiée par la loi n° 2003-707 du 1er août 2003), sont règlementées par les articles R.523-1 à
R.523-8 du Code du Patrimoine. Ainsi, doivent systématiquement faire l’objet d’une déclaration
préalable auprès de l’autorité préfectorale compétente (Service Régional de l’Archéologie, DRAC) :
▪ Les zones d'aménagement concerté et les lotissements d’une superficie supérieure ou égale à 3 hectares,
▪ Les aménagements et ouvrages soumis à étude d'impact,
▪ Les travaux d’affouillement, nivellement, exhaussement (…) soumis à déclaration préalable (article R.523-5 du Code du Patrimoine),
▪ Les travaux sur les immeubles classés au titre des monuments historiques.
Outre l’archéologie préventive, l’article L.531-14 du Code du Patrimoine impose la déclaration de
toute découverte archéologique fortuite auprès du Maire de la commune, qui en avertit sans
délai le préfet. Celui-ci avise l’autorité administrative compétente en matière d’archéologie.
Les articles L.114-1 à L.114-6 du Code du Patrimoine, protègent également les vestiges
archéologiques de toute dégradation ou destruction intentionnelle.
Après consultation de l’INRAP39, aucun chantier archéologique n’a été identifié dans le périmètre de
5 km autour du site de projet.
4.5.3. Paysage
La Convention européenne du paysage définit le paysage comme « une partie de territoire telle que
perçue par les populations, dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturels et/ou humains et
de leurs interrelations ».
Le paysage constitue ainsi un élément essentiel de ce que l’on appelle communément le « cadre de
vie ». La représentation paysagère recouvre une dimension esthétique forte, essentiellement visuelle,
mais elle est aussi représentative des réalités économiques, sociales et culturelles du territoire. Elle
est un mélange de composantes physiques objectives (relief, végétation, couleurs,…) et de
composantes immatérielles subjectives (culture, histoire, usages,…). Ces deux composantes évoluent
constamment, de manière temporaire (cycles quotidiens, saisonniers), ou permanente (mitage urbain,
défrichement, démolitions,…).
Lors d'un changement rapide et radical, un décalage peut survenir entre la réalité paysagère physique
et la représentation paysagère sociale, parfois difficile à accepter par les riverains. Ainsi, l’objectif de
l’analyse ci-après est de proposer une lecture partagée des paysages, qui servira de base à la
définition des enjeux susceptibles d’orienter le projet de parc photovoltaïque.
4.5.3.1. Analyse du grand paysage
Les informations ci-après proviennent de l’Atlas de Paysages de Guyane
39 INRAP : Institut national de recherches archéologiques préventives.page 134
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
L’aire d’étude éloignée appartient entièrement au
grand ensemble paysager de la forêt
monumentale. Couvrant plus de 90% du territoire
guyanais, où la forêt impressionne par son
omniprésence. Elle compose toute une gamme de
paysages fermés où les ambiances vont varier au
gré des groupements végétaux et des configurations
géomorphologiques. De fait, la forêt constitue la
matrice sur laquelle se fondent tous les paysages
guyanais. Elle en constitue soit l’horizon ou l’élément
principal.
La biodiversité de cette forêt équatoriale humide n’a,
aujourd’hui encore, pas livré tous ses secrets et fait
de cet ensemble amazonien un trésor écologique
toujours étudié. La forêt tire principalement son
caractère monumental de son échelle : la canopée
qui constitue la voûte forestière culmine entre 20 et
40 mètres avec des arbres qui peuvent émerger à
50 voire 60 mètres.
Figure 68 : Ambiance de monumentalité perçue
dans la forêt
L’uniformité du moutonnement vert qui s’étale à perte de vue n’est qu’apparente et le camaïeu
infini de vert émaillé des taches colorées de floraisons éphémères, laisse deviner toute la complexité
des écosystèmes forestiers. La combinaison du relief et des effets d’évapotranspiration compose des
effets de sfumato spectaculaires qui donnent une impression de « forêt à nuages ».
Les légumineuses, au sens large, occupent la première place dans cette forêt et sont représentées
par de nombreuses espèces comme l’Angélique, l’Amarante, le Wacapou et le Boco constituent des
bois d’œuvre remarquables.
Figure 69 : Vue aérienne sur les collines recouvertes
du manteau forestier
Figure 70 : Angélique sur la Montagne des Singes
Sur la base de ces compositions végétales, les écosystèmes forestiers vont composer différentes
ambiances au gré des reliefs notamment au travers des configurations d’hydraulique, d’exposition et
de sols, différentes. On distingue ainsi :page 135
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
▪ Les forêts de milieux humides recouvrent de nombreux types : Les forêts de basse
altitude sur sols hydromorphes avec les
forêts marécageuses, les forêts ripicoles,
les forêts inondables d’îlots de sauts et les
forêts de « flat » qui occupent les vallées
alluviales plus rarement inondées,
Figure 71 : La forêt de milieux humides
▪ Les forêts de basse altitude sur sols drainés, recouvrent les pentes et les
crêtes de collines, et constituent les forêts
les plus étendues et les plus riches en
espèces. Elles ont un aspect relativement
uniforme et les variations de flore sont plus
facilement perceptibles sur les
changements de conditions de drainage
que de sols,
Figure 72 : Forêts de basse altitude
Figure 73 : Carte d’analyse paysagère de l’aire d’étude éloignéepage 136
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Figure 74 : Les criques : brèche lumineuse ouvrant une
voie dans la forêt (saut sur la Camopi, Cliché T.
REQUILLART)
Les criques constituent une partie importante
du paysage éloignée du projet, marqué par le
passage de la crique Margot (au Sud-Ouest),
de la crique Agami (au Sud-Ouest) et de la
crique Sainte-Anne (à l’Est). Axes de
pénétration et de déplacement majeurs de
la forêt (à la fois pour les hommes et pour la
faune), les criques et leur réseau dense
drainant tout le territoire laissent ainsi les
paysages du cœur de la Guyane se découvrir
au « fil de l’eau ».
L’eau par le rythme de son débit, contribue
également à transformer les paysages de la
forêt. En période sèche, les petites criques
alors ourlées de blocs rocheux peuvent à la
saison des pluies, envahir la forêt sur de
vastes zones d’expansion et gommer les
subtiles variations topographiques des fonds
de vallées.
La présence du Parc Naturel Régional de Guyane, situé au Nord-Est du projet, est un facteur
marquant du paysage éloigné du projet. Celui-ci faisant également partie de l’unité paysagère de la
forêt monumentale.
L’habitat dans l’aire d’étude éloignée s’agit d’habitations dispersées (à l’exception d’un groupement
de maisons situées au lieu-dit Prospérité), situées principalement à proximité de la route nationale 1
(RN1). Ce sont des cases dont l’architecture correspond à celle des maisons en dur aux volumes
simples (toiture double pente en tôle).
Figure 75 : Maison traditionnelle à Saül Figure 76 : Habitat actuelle, bourg de Saint-Elie
L’habitation la plus proche est située à environ 120 m de la limite de l’emprise des terrains
d’implantation du projet au Nord, à proximité immédiate de la RN1 (cf. Figure 51 : Carte du bâti
sur la zone d’étude).
L’aire d’étude éloignée est marquée par le passage de deux axes routiers :
▪ Le principal correspond à la route nationale 1 (RN1), située en bordure Nord du site de projet et qui constitue une rupture paysagère linéaire. Le paysage perçu depuis cette voie correspond à la forêt monumentale et aux quelques habitations présentes sur les côtés de la route,
▪ Un deuxième axe routier traverse l’aire d’étude éloignée, situé en bordure Ouest du site de projet : il s’agit de la voie communale Ste-Anne qui connecte la RN1 avec l’intérieur du département jusqu’à la route de la crique Naï, 9 km au Sud-Est du projet. Le paysage perçu depuis la route Ste-Anne correspond à celui de la forêt monumentale et de la crique Ste-
Anne, celle dernière étant située à proximité de la route.
En raison de leur proximité, la RN1 et la route Ste-Anne présentent des interactions visuelles avec le
périmètre du projet.page 137
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
En conclusion, le projet présente des enjeux vis-à-vis des itinéraires de découverte du paysage.
4.5.3.2. Analyse de l’aire d’étude rapprochée
Figure 77 : Carte d’analyse du paysage de l’aire d’étude rapprochée
Le paysage de l’aire d’étude rapprochée correspond, de la même
façon que pour le paysage éloigné, à la forêt monumentale de
Guyane. Il est marqué par la présence de collines d’altitude
moyenne (entre 16 et 41 m d’altitude), entrecoupées par le passage
des affluents des criques présentes dans la zone (la crique Agami et
la crique Ste-Anne).
On remarque la présence de plusieurs habitations individuelles qui
se situent principalement le long de la RN1.
Au niveau de la route Sainte-Anne (qui longe l’emprise du projet à
l’Ouest), plusieurs abattis peuvent être observés.
Le rapport d’échelle entre le paysage et les dimensions du projet est
équilibré, garant d’une bonne insertion paysagère de la future
centrale électrique hybride.
Dans l’ensemble, le projet est largement occulté par la masse boisée
périphérique. Les points de vue potentiels en direction du site
concernent les routes à proximité.
Figure 78 : Crique Sainte-
Anne au niveau de l’emprise
du projetpage 138
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
4.5.3.3. Analyse de l’aire d’étude immédiate
Figure 79 : Carte d’analyse paysagère de l’aire d’étude immédiate
Le périmètre d’étude est cadré par :
▪ Au Nord : le passage de la route nationale 1 (RN1),
▪ A l’Ouest : le passage de la route Ste-Anne,
▪ Au Sud : la présence de quelques collines d’altitude moyenne (entre 32 et 42 m),
▪ A l’Est : le passage de la crique Ste-Anne.
Les arbres de grande taille (caractéristiques de l’unité paysagère de la forêt monumentale) et la
végétation abondante situées sur le périmètre du projet, agissent en tant qu’écrans naturels. De
cette façon, la covisibilité entre les habitations à proximité (situées au Nord du site), les axes routiers
limitrophes et le projet devient très difficile.
De la même façon, les expéditions des terrains ont montré la présence de plusieurs abattis en limite
Ouest des terrains d’implantation, au niveau de la piste Saint-Anne. Malgré le défrichement sauvage
de quelques portions de forêt au niveau de ces zones, des écrans naturels (végétation de la forêt
guyanaise) restent sur place limitant ainsi les vues directes sur le projet, depuis la route Sainte-Anne.
Abattispage 139
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Figure 80 : Abattis situés à proximité des terrains d’implantation au niveau de la route Sainte-Anne
4.5.4. Synthèse des enjeux paysagers et patrimoniaux
Le périmètre d’étude du projet est situé dans l’unité paysagère de la forêt monumentale de Guyane,
caractérisé ici par la présence d’une forêt abondante et de plusieurs criques avec ses affluents.
Le projet est suffisamment éloigné des éléments du patrimoine des communes de Mana et de
St-Laurent du Maroni (communes les plus proches du site de projet) pour n’avoir aucune covisibilité.
Des habitations, ainsi que des axes routiers sont présents à proximité du projet, cependant les vues
directes sont bloquées par des écrans naturels, correspondant à des arbres de grande taille et une
végétation luxuriante.page 140
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
4.6. Synthèse de l’état initial de l’environnement
Trois niveaux d’enjeux ont été hiérarchisés au regard de la synthèse de l’état initial :
▪ Les enjeux forts : ces zones présentent des contraintes :
• techniques, par rapport au projet d’aménagement envisagé,
• réglementaires, car elles bénéficient d’une protection administrative.
▪ Les enjeux moyens : ces zones peuvent être aménagées sous conditions.
▪ Les enjeux faibles ou positifs : ces zones peuvent faire l’objet d’aménagement.
Tableau 19 : Synthèse de l’état initial de l’environnement
Niveaux
d’enjeux Critères retenus
FORTS
Ecologie
• Habitats : Les zones humides identifiées sur l’emprise du projet (22,6 ha), présentent des enjeux de conservation forts
• Flore : les espèces suivantes présentent des enjeux de conservation très forts et forts, respectivement : Pachira dolichocalyx et Laplacea fruticosa
• Batrachofaune : Atélope de Guyane, Rainette des bas-fonds, Otophryne hurlante, Centrolène splendide
• Avifaune : Grand Jacamar, Râle concolor et Tamatia à collier (enjeux forts) et Milan à long bec (enjeux très forts)
Urbanisme • Projet non compatible avec le zonage du secteur : classement du site en zone A (agriculture) et zone Nf (naturelle forestière) – MECDU en cours
Hydrographie
• Des affluents de la crique Ste-Anne traversent l’emprise du projet, il s’agit de cours d’eau de taille très réduite
• Le site de projet est bordé par la crique Ste-Anne
MOYENS
Géologie
• Une forte teneur des sols en concrétions ferralitiques
• Présence locale d’argile brun-rouge, orange et blanche, pouvant engendrer des difficultés d’infiltration
Activités
• Un dossier de demande de défricher rendu nécessaire dans le cadre de l’aménagement de la centrale électrique hybride
Topographie •
Une localisation du site au sein de la forêt monumentale de Guyane
• Un relief présentant des contraintes pour implanter le parc photovoltaïque
Ecologie
• Habitats : o Les habitats suivants présentent des enjeux modérés de
conservation : Forêts denses sur sols meubles et profonds (15,1
ha) et Forêts denses sur pentes à Spatanthus lateralis (11,1 ha)
• Flore : les espèces suivantes présentent des enjeux de conservation modérés : Recordoxylon speciosum, Palmorchis prospectorum et Bollea cf
hemixantha
• Avifaune : 11 espèces identifiées présentant des enjeux de conservation modérés (cf. 4.3.4.1.c La faune)
Gestion de
l’eau
• Absence de réseau d’alimentation en eau potable dans ce secteur
• Absence d’assainissement collectif dans la zone d’étude
Risques
majeurs
• Risque de feu de végétation : commune de Mana concernée par ce risquepage 141
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Niveaux
d’enjeux Critères retenus
FAIBLES
ou
POSITIFS
Ensoleillement • Un ensoleillement favorable
Eaux
souterraines
• Ressource en eaux souterraines abondante, la nappe est située à proximité de la surface du sol (1 à 3 m de profondeur selon les saisons) :
bon état quantitatif et qualitatif de ces ressources
• Aucun captage AEP (ni de périmètre de protection de captage) recensé au sein du périmètre opérationnel
• Présence de puits et forages hors du site : aucune contrainte vis-à-vis du projet envisagé ou de la ressource en eau
Ecologie
• Habitats : des enjeux de conservation faibles et très faibles ont été identifiés au niveau des habitats suivants : Forêts dégradées denses et
hautes de basse altitude (77,2 ha) et Abattis Bushi Nenge (3,7 ha)
• Flore : les espèces suivantes présentent des enjeux de conservation faibles : Disteganthus lateralis, Qualea rosea et Dicorynia guianensis
• Batrachofaune : Rainette à doigts orange et Rainette crépitante
• Herpétofaune : Lézard coureur galonné
• Avifaune : 14 espèces identifiées présentant des enjeux de conservation faibles (cf. 4.3.4.1.c La faune)
Activités
• Des activités économiques essentiellement tournées vers le commerce, le transport et les services divers, ainsi que vers l’agriculture
• Des IG (Indications Géographiques de boissons spiritueuses) qui n’induisent pas de sensibilité particulière vis-à-vis du projet
• Une activité sylvicole sur la commune de Mana en ralentissement depuis les dernières années
Infrastructures
de
déplacement
• Un axe viaire principal (RN1) permet l’accès facilité au site
• Pas de piste DFCI existante aux alentours du projet
• Aucun enjeu d’itinéraire touristique
Bruit • L’habitation la plus proche se trouve à 120 m au Nord de la limite des terrains d’implantation du projet, en bordure Nord de la RN1
Energie
• Une ligne haute tension sur la RN1 au Nord du site de projet
• Le développement des énergies renouvelables encouragé par la Programmation Pluriannuelle de l’Energie de Guyane
Gestion des
déchets
• Présence de déchèteries dédiées aux particuliers sur le territoire intercommunal. Des sociétés spécialisées dans la collecte des déchets
des professionnels sont présentes sur le territoire de la Guyane
Risques
majeurs
• Risque d’inondation : emprise du projet hors zone inondable
• Risque Littoraux : site de projet situé à l’écart du littoral
• Risque de Transport de Matières Dangereuses (TMD) : pas de canalisations TMD sur la commune de Mana. La RN1 en bordure Nord du
projet est un axe routier employé pour le TMD
• Risque pollution marine : site de projet situé à l’écart de la mer et du littoral
• Risque de mouvement de terrain : l’emprise du projet n’est pas concernée par ce risquepage 142
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Niveaux
d’enjeux Critères retenus
FAIBLES
ou
POSITIFS
Patrimoine
culturel
• Aucune Zone de Présomption de Prescription Archéologique sur le site d’étude
• Aucun monument historique protégé sur le site ni même aucun périmètre de protection
• Aucun site classée ou inscrit dans un rayon de 5 km autour du site de projet
Paysage
• Un paysage de forêt monumentale de Guyane
• Aire d’étude immédiate : présence d’écrans naturels, n’offrant pas, ou de façon ponctuelle dans le temps, de vues lointaines
• Des points de vues partielles depuis la RN1 et la route Ste-Anne
• Covisibilité très réduite depuis les habitations à proximitépage 143
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
5. PRESENTATION DU PROJET
5.1. Contexte national
La Programmation pluriannuelle des investissements (PPI) de production d'électricité 2009-2020, fixait
des objectifs ambitieux de développement des énergies renouvelables électriques, pour contribuer à
l'atteinte d'une proportion de 23 % de la consommation d'énergie produite à partir d'énergies
renouvelables en 2020.
Cette programmation établissait, pour chaque filière d'énergies renouvelables, des objectifs chiffrés à
atteindre d'ici 2020. Pour la filière solaire, un objectif de 5 400 MW de puissance installée avait été
fixé. Du fait du développement rapide de cette filière, notamment du fait de la baisse importante des
coûts sur les années 2009-2015, cet objectif a été atteint au 3ème trimestre 2014.
(Source : Syndicat des Energies Renouvelables – Panorama de l’électricité renouvelable au 31 mars 2019)
Afin de garantir la poursuite du développement
des installations solaires, les objectifs ont été
relevés à 8 000 MW pour le 31 décembre 2020
(Cf. arrêté du 28 août 2015 modifiant l'arrêté du
15 décembre 2009 relatif à la programmation
pluriannuelle des investissements de production
d'électricité).
La loi sur la transition énergétique pour la
croissance verte prévoit l'accélération du
développement des énergies renouvelables,
pour atteindre 40 % de la production
d'électricité en 2030. Cela suppose des
objectifs renforcés pour la filière
photovoltaïque.
Il faut noter que le parc photovoltaïque français
installé au 31 décembre 2017 reste toutefois
inférieur à certains voisins européens, et que
cette énergie couvre 1,9% de la consommation
française d’électricité quand ce taux dépasse les
5% pour l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie ou encore
la Grèce comme en témoigne la carte à gauche.
(Source : Syndicat des Energies Renouvelables –
Panorama de l’électricité renouvelable au 31
décembre 2017)page 144
VOLTALIA- Etude d’impact d’un projet de centrale électrique hybride sur la commune de Mana – Mars 2020
Le projet de VOLTALIA contribue au développement du parc photovoltaïque français, ainsi qu’à l’augmentation de la couverture de la consommation électrique de la Guyane par la production solaire.
5.2. Historique du projet
La Programmation Pluriannuelle de l’Energie de la Guyane (PPE), publiée au Journal Officiel le
1er avril 2017, définit un besoin prioritaire en énergie pour l’Ouest du territoire (région en déficit
électrique chronique et dépourvue de centre de production de grande ampleur pérennes). La réponse
à ce besoin dans l’Ouest guyanais constitue un enjeu majeur de la transition énergétique du territoire.
Dans son Article 7, le Décret n° 2017-457 du 30 mars 2017 relatif à la PPE de la Guyane indique
la nécessaire « mise en service d'un moyen de base à puissance garantie de 20 MW dans l'Ouest d'ici
à 2023 en privilégiant les moyens de production à partir de sources renouvelables de puissance
garantie fournissant des services système ».
Cette demande s’entend hors besoins industriels miniers dont la demande est estimée à 20 MW de
production électrique continue supplémentaire. Les objectifs fixés devront être renforcés de +10 MW à
horizon 2030 pour répondre aux besoins de développement démographique de la commune de Saint-
Laurent-du-Maroni et sa sous-région.
Afin de répondre à une partie de ce besoin clairement identifié, VOLTALIA développe depuis mi-
2018 le projet de production d'électricité à puissance garantie, notamment à base d’énergies
renouvelables (solaire avec stockage) sur la commune de Mana près de Saint-Laurent-du-Maroni.
Pour produire de l’énergie en continue, un système d’appoint consistant en une centrale thermique
(groupes électrogènes fonctionnant au diesel et/ou biocarburant) a été intégrée au projet. Cela fait du
projet une centrale de production électrique hybride (production d’énergie à partir d’une source
renouvelable, couplée à une source conventionnelle).
En décembre 2018, une réservation foncière est établie auprès de l’ONF. Les études
environnementales et technico-économiques démarrent également à cette période.
Le projet a été porté à la connaissance de la préfecture de Guyane, ainsi qu’auprès des services
de la mairie, fin décembre 2018.
Enfin, en septembre 2019 la mairie de Mana délibère et engage la procédure déclaration de projet
emportant mise en compatibilité du PLU permettant ainsi l’implantation du projet au niveau de la
Crique Sainte Anne.
Étant donné l’urgence énergétique signalée par EDF (Bilan prévisionnel de l’Equilibre Offre Demande
2017, 2018) et les services de l’État, pour les années à venir dans l’Ouest guyanais, la mise en
service rapide de la centrale hybride de production d’électricité est souhaitable.
5.3. Raisons du choix du site
Les principaux critères ayant guidé le choix du site de projet (et de son périmètre) sont présentés ci-
après.
5.3.1. Critères techniques et économiques
5.3.1.1. Facteurs naturels du site
Le secteur offre un potentiel intéressant :
▪ Le secteur bénéficie d’un ensoleillement élevé, compte tenu de sa situation proche du littoral guyanais. D’après la DEAL Guyane, le gisement solaire moyen annuel du département s’élève à 1222 kWh/m²,
▪ Le terrain présente des zones relativement « plates », ce qui limitera les ombres portées.