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unknown - Communauté d'agglomération - Pays Basque - OJ 30 Plan paysage 1 diagnostic def compressed
Document publié le Mardi 7 octobre 2025
Lien du pdf (unknown - Communauté d'agglomération - Pays Basque - OJ 30 Plan paysage 1 diagnostic def compressed)
Thèmes du document : Aménagement du territoire, Environnement, Espaces terrestres et maritimes,
@communautePB | communaute-paysbasque.fr
RDA ]e
PaYsace
DIAGNOSTIC
WWwWw.cc-seignanx.fr
sommaire
introduction page 3| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 2
partie i page 5
une première analyse paysagère et patrimoniale
partie ii page 144
les dynamiques paysagères identifiées
partie iii page 180
les premiers enjeux paysagers identifiés
annexes page 187
Un document« Fiches paysage » vient compléter le diagnostic en
présentant de manière plus complète les unités de paysage (UP) définies par les Atlas des paysages des Pyrénées-Atlantiques et des Landes.
Document réalisé en 2025 avec l’appui
introduction| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 3
1. La réalisation d’une étude « paysages et patrimoines »
La Communauté d’Agglomération Pays Basque (158 communes), située dans le Département des Pyrénées-Atlantiques, et la Communauté de Communes du Seignanx (8 communes), située dans le Département des Landes, ont souhaité initier conjointement une étude portant sur les
paysages et les patrimoines avec l’appui du prestataire Atopia.
« Le paysage est une partie de territoire telle que perçue par chacun. Il est central dans notre cadre de vie et constitue un facteur d’attractivité du territoire ».
Le territoire local offre une réelle qualité environnementale et un cadre de vie et une grande diversité de paysages et de patrimoines naturels et culturels.
Cependant, soumis à de fortes dynamiques d’aménagements urbains et touristiques, le territoire doit s’organiser afin de répondre aux aspirations des habitants et des acteurs locaux, et anticiper les évolutions à venir. Il s’agit d’éviter la banalisation des territoires sans pour autant le mettre « sous cloche ».
Cette étude menée entre 2021 et 2024 s’inscrit dans le développement des connaissances des paysages. L’étude paysagère a eu notamment pour vocation d’alimenter des démarches stratégiques comme le Schéma de cohérence territorial (SCOT) Pays Basque Seignanx, le projet de Parc Naturel Régional (PNR) de la Montagne Basque, les futurs Plans locaux d’urbanisme intercommunal (PLUI) et nourrir la réalisation d’un Plan de paysage à l’échelle des 166 communes .
La réalisation de cette étude a permis de capitaliser les études existantes et en cours, et notamment les Atlas départementaux des Landes et des Pyrénées Atlantiques. En effet, les deux Départements ont initié une
actualisation de ces documents en favorisant une démarche orientée vers le grand public, et une mise en ligne des Atlas. Les intercommunalités ont été associées à la réflexion.
L’étude menée par la Communauté d’Agglomération Pays Basque et la Communauté de Communes du Seignanx s’inscrit ainsi dans la continuité et
complémentarité de ces Atlas départementaux de manière à fonder une vision globale, prospective mais aussi spécifique.
2. La formalisation d’un Plan de paysage Pays Basque et
Seignanx 2025-2030
A l’appui de cette étude et au regard de la méthode d’animation proposée, la Communauté d’Agglomération Pays Basque et la Communauté de
Communes de Seignanx ont souhaité rendre compte de la dynamique de projet à travers l’élaboration d’un Plan de paysage.
Le Plan de paysage est un outil de coordination. Il apporte une vision d’ensemble qui permet de comprendre le fonctionnement du territoire. C’est un outil opérationnel qui permet de fédérer les acteurs et habitants d’un territoire autour d’un projet œuvrant pour la préservation, la gestion et la mise en valeur des paysages.
Il se compose de :
• Un diagnostic partagé, construit avec les acteurs du territoire et
les élus et techniciens communautaires et communaux, pour
poser un état des lieux et définir les enjeux du territoire au regard
du paysage ;
• Des objectifs de qualité paysagère (OQP) qui découlent du
diagnostic. Ils permettent d’élaborer une stratégie pour garantir
la qualité des paysages de demain ;
• Un programme d’actions à engager avec les acteurs du territoire.
Il s’inscrit en dialogue avec les Plans climat air énergie des deux collectivités territoriales afin de prendre en compte les enjeux énergétiques et le changement climatique
Ce document restitue le diagnostic territorial et thématique
du Plan de paysage Pays Basque et Seignanx.C2 Contour projet SCoT,Plan
PaysageRLPi
C1 Contours PLUI
{77} Périmètre PNR Montagne
Basque
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 4
Carte des périmètres projets sur le territoire de la Communauté d’Agglomération Pays Basque et de la Communauté de communes du Seignanx (source : atopia, bdtopo)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 5
partie i : une première analyse paysag ère
et patrimonial e
identification, approfondissement des motifs de paysage et des fondements identitaires et patrimoniaux du territoire.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 6
I- UNE LECTURE SENSIBLE DES PAYSAGES
Ce que révèle le territoire arpenté
La première lecture paysagère du territoire tend à capter les sensibilités, et ce qui fait « cœur » et « marqueur » dans le paysage. Lors des étapes d’arpentage de terrain, plusieurs sensations et motifs ressortent et
permettent de composer un premier récit de ce qui fait le « remarquable », et ce qui peut être identifié comme une « menace ».
En parcourant le territoire, trois grands paysages ressortent et se
manifestent par des caractéristiques très spécifiques et distinctives, en particulier à travers quatre grandes occupations et composantes : les flux et l’urbanisation, l’agriculture, l’eau et la forêt. En se basant sur ces
« constituants », il est possible d’identifier :
• Un premier paysage littoral et des premières collines. Les
paysages littoraux et estuariens sont situés en bordure et sous
l’influence de l’Océan atlantique. Aux plages de dunes du Seignanx
et d’Anglet, s’étire par la suite une côte rocheuse composée de
falaises stratifiées sur une trentaine de kilomètres associées à de
petites plages et de baies.
C’est un paysage urbanisé, dès le front de mer, animé de villes et
villages, un paysage de foule, de flux, en mouvement, marqué par
une urbanisation qui semble être en constante évolution. C’est aussi
un paysage fréquenté, touristique et animé par des sites attractifs
mêlés à des sites de nature où la présence de l’eau est présente
(Barthes, zones humides, cours d’eau, estuaires, etc.). Enfin, c’est le
paysage des marins et des pêcheurs de la côte, des artisans et des
commerçants. L’empreinte historique y est forte, avec le caractère
balnéaire des bâtiments, l’identité commerciale ancienne, ou
encore les quartiers de pêcheurs. Dans la bande rétro-littorale, on
retrouve un maillage à vocation économique aux franges et le long
de certains axes et une agriculture résiduelle mais encore très
présente.
• Un second paysage de plaines, petits vallons, vallées et de
collines, piémont pyrénéen, qui annonce les Pyrénées, caractérisé
par des paysages humides et boisés, qui ondulent légèrement,
entaillés par de nombreux cours d’eau, plus ou moins discrets. Le
paysage est boisé, les activités sylvicoles sont présentes, ainsi
qu’une activité céréalière plus au Nord.
Le piémont pyrénéen est un véritable paysage de transition. On y
trouve une succession de vallées et des vallons qui marquent la
frontière entre le monde de l’élevage développé sur de petites
parcelles en pentes et celui de l’agriculture aux différentes cultures
en plaines et sur les collines aux altitudes plus douces.
Même si ce paysage verdoyant composée de plaines et de collines
au caractère rural est le témoin du recul de l’élevage et de la
sylviculture, il est néanmoins encore animé par des activité
pastorales. La diversité des villages et quartiers marquent la
présence des activités humaines.
• Un troisième paysage de montagne constitué de monts et de
massifs variés par nature. Les différentes altitudes et les différents
degrés de pente induisent de nombreuses contraintes pour les
activités humaines qu’elles soient agricoles ou d’habitation. On y
trouve des microclimats, des écosystèmes uniques et des pratiques
et des usages spécifiques de la montagne comme l’élevage et
l’agro-pastoralisme. Les paysages naturels sont enrichis par un
patrimoine architectural pastoral, rural, industriel et touristique
harmonieusement intégrés. Les paysages sont habités et pratiqués
toute l’année. Il s’agit d’un territoire de montagne dont le paysage
est caractérisé par le relief, qui oscille entre des amplitudes de
hautes, moyennes et petites montagnes ; et des espaces de vallons
et de vallées. Les vallées les plus marquantes sur le territoire sont
celles de la Nivelle, des Nives, des Aldudes, de la Bidouze et du
Saison. Les montagnes basques sont délimitées au sud par la
chaîne pyrénéenne, qui constitue la limite naturelle avec l’Espagne,
et au nord par les reliefs moins marqués du piémont. C’est là que se
constitue le réseau hydrographiqueJandes indesaures due — Cane TS -Hanens bauce 1%.
- fat = Fumer ®
|
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 7
Carte sensible du terrain effectuée en novembre 2021 (source : atopia)
Les premiers éléments d’analyse sensible des paysages à
travers l’audition d’acteurs locaux
Durant la prise de connaissance des documents et des études existantes, une première étape de concertation s’est déroulée en septembre et octobre 2021 sous la forme d’entretiens individuels de plusieurs acteurs du territoire, notamment ceux rattachés à la réalisation de différents projets structurants sur le territoire d’étude.
En complément, une réunion des partenaires locaux a été organisée en janvier 2022. Elle a associé environ 60 partenaires locaux et a permis de présenter la démarche, et de recueillir des premières impressions. Un premier portrait issu du regard de ces différents acteurs a permis de dresser des premiers éléments d’analyse sensible, qui paraissaient à la fois
prioritaires et insuffisamment traités aujourd’hui. Ces échanges font état des constats suivants :
• Une mosaïque paysagère complexe, riche et contrastée, issue de
la contiguïté sur un même territoire du littoral, des plaines et de la
montagne,
• Une économie productive et des ressources naturelles du bois et
de la terre à développer sur le territoire : sylviculture et agriculture,
• Deux types d’agricultures majeurs : une production de plaine
orientée notamment vers le maïs et les céréales ainsi que l’élevage
et une production de montagne très orientée vers l’élevage (ovins
et bovins) et le pastoralisme,
• Un prix du foncier qui est de plus en plus élevé,
• Une forêt « culturelle » sur le territoire : l’exploitation forestière a
un fort impact sur le paysage (enfrichement, déboisement),
• Un territoire collinaire et humide dans le Seignanx, divisé en
plusieurs « séquences » paysagères :
o le littoral fragilisé (érosion) et la côte sableuse,
o la vallée de l'Adour : zone agricole et naturelle inondable,
exploitation forestière,...
o des zones humides avec de grands plans d'eau, et des
pentes boisées.
o des coteaux du Seignanx agricoles et urbains découpés par
les cours d'eau et les pentes boisées
o Hier pâturé, le Seignanx dispose aujourd’hui avant tout
d’une agriculture davantage orientée vers le maïs et les
céréales.
• Des effets du changement climatique qui marquent le territoire :
augmentation des risques (inondation, débordement, érosion,
incendie), mais aussi sécheresse, perte de biodiversité, etc.
Les personnes interrogées relèvent les besoins et faits suivants :
Parcours de la montagne du 15 novembre 2021
Parcours des collines et des plaines du 16 novembre 2021
Parcours du territoire du Seignanx du 17 novembre 2021| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 8
• Favoriser la transition du territoire face aux enjeux et problématiques du
changement climatique : évolution des essences de la forêt, développer davantage
de projets photovoltaïques, etc.,
• L’énergie éolien : difficilement intégrable pour plusieurs raisons (biodiversité,
secteur migratoire, vols militaires),
• L’énergie solaire : sujet qui peine à s’insérer sur le territoire,
• L’eau, une préoccupation majeure : pénurie, pollution, sécheresse, problème
d’irrigation, etc. Les inondations sont de plus en plus importantes et dévastatrices sur
le territoire,
• Le recul du trait de côte,
• Les espaces forestiers sont soumis à des pressions anthropiques et aux risques
naturels associés au changement climatique (tempête et incendie), entraînant ainsi
une régression des forêts. Le changement de température perturbe également la
végétation, notamment avec quelques dépérissements de chênes sur le territoire
(ONF).
La montagne, un paysage culturel identitaire pour les acteurs :
• Des activités anciennes culturelles associées à la montagne : activité minière,
forge, transformation des minerais de fer, transhumance,
• Un paysage de montagne qui a assez peu évolué au cours de la dernière décennie,
la présence d’une agriculture dite « agropastorale traditionnelle » est encore très
présente,
• Toutefois, la montagne est soumise à une déprise agricole et humaine
(mouvement démographique et modification des pratiques agricoles
traditionnelles),
• Des conflits d’usages entre les agriculteurs et ceux qui « pratiquent » les
activités sportives et les loisirs de montagne,
• Les pratiques de l’écobuage ont toujours été présentes sur le territoire mais sont
questionnées aujourd’hui,
• La ressource en eau se fragilise.
Des paysages identifiés comme menacés, notamment la montagne et le littoral :
• Le littoral et le rétro littoral : deux entités menacées par le développement
urbain :
o La façade maritime évolue beaucoup, notamment avec un développement
urbain très important et la création de nombreux axes de communication.
Il y a une différence d’évolution entre l’intérieur des terres et la côte,
formant ainsi deux entités distinctes : le littoral et le rétro-littoral.
o La côte est sous pression urbaine car elle attire, du fait de sa proximité avec
l’océan et de son accessibilité
• Les milieux ouverts sur l’ensemble du territoire sont menacés par la déprise
agricole. Il s’agit de milieux qui ont une qualité écologique et paysagère
considérable,
• Les Barthes des cours d’eau des Nives, Nivelle et de l’Adour, fragilisées par
l’artificialisation,
• Une architecture traditionnelle menacée par la simplification architecturale.
Des paysages identitaires et remarquables à valoriser / préserver :
• Des micros-paysages alimentaires : secteurs de culture du piment, de la vigne,
ainsi que l’existence de secteurs de maraichage,
• Les forêts sont précieuses sur le territoire, pour leur caractère écologique et leur
rôle de poumon vert,
• Le paysage est menacé par les pressions urbaines et les effets de mitage,| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 9
• Les routes paysagères qui ont un caractère remarquable, comme par exemple
la route des cimes au Pays Basque avec ses points de vue qualitatif.g agence d'u L otkntique & pyrènas BUdap
#
64 Cc Le Seignanx = Pyrénées-Atlantiques
- aue
Conseñ d'arcmirecture, d'urbemtsme
ec de l'errronnement
= Pays
_ A, TE SEIGNANX ET ADOUR ENEES HERRIà PYR Département ATLANTIQUES
des Landes RENE
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 10
À l’issue des entretiens acteurs, quelques mots-clés identitaires apparaissent et dessinent les premiers paysages du territoire (source : atopia)
Ouverture sur l’océan
Pression urbaine
Littoral
Agriculture pastorale
Estives
Étagement altitudinal
Triptyque Homme– Nature - Culture
Bâtis dégradés
Pinèdes
Cultures de maïs
Entrées de villes dégradées
Lignes de crête
Points de vue
Carrières
Canaux
Barthes
Collines ouvertes
Rétro-littoral
Sommets
Truites
Kintoa
Recul traitde côte
Bocage
Fougères
Peupleraies
Îles
Dunes
Falaises rocheuses
Montagne
Villages perchés
Patrimoine bâti
Architecture traditionnelle
Massifs forestiers
Vallées
Filières agricoles
Vallons humides Kiwi
Zones d’activités
Piments
Vignes Fermes
Maïs
Charnégou
Estuaire
Plateau cultivé
Vallons boisés
Cayolar
Le Saison
Zones intermédiaires
Inondation
Les Nives
Voitures
PNR Montagne Basque
C O M M U N AU T É
D ’AG G LO M É R AT I O N
H I R I G U N E
E L K A R G OA| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 11
Des secteurs géographiques qui se dessinent
a) Trois sessions d’ateliers sur trois secteurs géographiques Entre février et avril 2022, trois sessions d’ateliers se sont déroulées, portant sur des thématiques différentes afin d’alimenter l’étude. L'ensemble des membres du comité de pilotage, du comité technique et du groupe de partenaires a été convié. Environ 40 personnes par session ont participé aux ateliers, permettant ainsi l'expression d'avis pluriels et complémentaires. Pour chacune des sessions, trois ateliers ont été réalisés, sur des secteurs géographiques spécifiques, afin de faciliter la lecture et l’appropriation du territoire par les acteurs. Ainsi, trois secteurs ont été découpés, sur la base de plusieurs critères physiques et culturels : le relief, l’agriculture céréalière, les landes/estives/bocages et les prairies.
Critère 1 et 2 : le relief (à gauche) et les prairies (à droite)
Critère 3 et 4 : l’agriculture céréalière (à gauche) et les landes/estives et bocage (à droite)
Superposé, l’ensemble de ces critères permet de dessiner les contours de ce que nous appellerons plus tard dans l’étude : le secteur montagne, le secteur de plaines et de collines et le secteur littoral. Ces contours s’astreignent des limites administratives pour ne prendre en compte que le paysage.
Les découpages géographiques et paysagers pour les ateliers (atopia) 1. Secteur montagne.
2. Secteur collines et plaines.
3. Secteur littoral| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 12
b) Résultats obtenus lors de l’atelier 1 sur l’identification des
paysages
Cet atelier a permis d’entrevoir une première photographie sensible du territoire et des paysages. Les éléments identifiés par les acteurs ont été directement intégrés à l’étude. Dans ce cadre et par exemple, des icônes ont été sélectionnées par les participants, représentant d’après eux les facteurs identitaires et spécifiques au territoire.
Carte des icônes apposés sur le territoire par les acteurs (source : atopia)<--->
I AU
Zone d'estive collective : mixité des espèces
Principal zone d'estive
Principaux flux d'estive
Pression urbaine
Flux migratoir (oiseaux)
échange transfrontalier
Chemin de saint-jacques
Village traditionnels sur les haut de colines
Zone en forte évolution
Risque érosion
Risque innondation
Zone humide
Monoculture de maïs
Espace naturel à concerver
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 13
Carte de synthèse de l’atelier (source : atopia)
Il faut vivre avec les
aléas liés à
l’inondabilité,
indispensables pour
la pérennité des
milieux naturels
La voiture est très
présente sur le
littoral, surtout avec
les stationnements
près des dunes,
vides une partie de
l’annéeLa forêt à une triple
fonction : c'est une richesse
pour La biodiversité une
ressource pour l'économie
locale et une source de loisir
à | P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 14
Les pratiques agricoles et de loisirs
associées à la montagne sont
souvent en conflit, par la
dégradation des chemins, la
perturbation des troupeaux, l’éco-
buage…| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 15
Des sites stratégiques pour aller plus loin
Des randonnées paysagères thématiques ciblées sur des sites stratégiques du territoire ont été réalisées en juin 2022. Six secteurs ont retenu
l’attention :
- Le secteur de la montagne à Bidarray sur le thème des évolutions agro- pastorales ;
- Le secteur d’Ascarat pour traiter des évolutions urbaines ;
- Le secteur d’Ustaritz, près de la Nive, pour échanger sur le thème de l’eau et des inondations ;
- Le secteur de Saint-Palais pour observer et parcourir des entrées de ville ;
- Le secteur du Saison, de Mauléon à Tardets, pour observer la
configuration et les développements du fond de la vallée ;
- Le secteur de Saint-Martin-de-Seignanx pour échanger autour de
l’intégration des zones d’activités économiques.
DÉCOUVERTE DE LA MONTAGNE À BIDARRAY
- La première randonnée
s’est tenue le 7 juin 2022 à
Bidarray et sa périphérie, dans un
écrin paysager de montagne.
L’objectif principal de cette
balade a consisté à échanger
autour de l’activité pastorale et
son rôle dans l’entretien des
paysages de montagne,
notamment dans les zones
basses, intermédiaires et les
estives.
Ces pratiques régressent
aujourd’hui et tendent même à
disparaitre à certains endroits.
Ainsi la question suivante a été
posée aux acteurs : Quels paysages de montagne face aux évolutions des pratiques pastorales et du changement climatique ? Des représentants de l’association foncière pastorale (AFP) étaient présents afin de partager de nombreux projets pour la réouverture de la montagne et la réappropriation des ressources végétales et animales.
La réintroduction animale des
« trois dents » : le Pottok, la
vache Aubrac et des races de
brebis rustiques permettraient
d’entretenir les zones
intermédiaires| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 16
ARPENTAGE ENTRE LES VIGNES, LES MONTAGNES ET LES PLAINES D’ASCARAT
- La seconde randonnée
s’est tenue le 7 juin 2022 à
Ascarat et sa périphérie, dans
un cadre paysager périurbain à
proximité de Saint-Jean-Pied-
de-Port.
L’objectif principal de cette
balade consistait à échanger
autour des développements
urbains, architecturaux et
agricoles dans ce paysage
soumis aux pressions urbaines
et démographiques exercées
par le littoral, et par le pôle de
Saint-Jean-Pied-de-Port. Ainsi,
la question suivante a été posée aux acteurs :
Quels développements urbains se sont produits ces dernières années ? Quels impacts et effets d’entraînements dans le paysage ?
BALADE AU FIL DE L’EAU, LE LONG DE LA NIVE A USTARITZ
- Cette randonnée
s’est tenue le 8 juin 2022
à Ustaritz, suivant la Nive,
du bas vers le haut de la
commune.
L’objectif principal de
cette balade a consisté à
échanger autour des
thèmes de l’eau, des
inondations, de la façon
d’habiter et de la culture
au bord de l’eau. Ainsi la
question suivante a été
posée aux acteurs :
Comment vivre demain
avec les inondations ?
Quels enjeux pour notre territoire ? Quelles adaptations imaginer ?
Un phénomène s’est banalisé : les
habitants du territoire cherchent
à se loger à l’intérieur des terres
pour avoir accès à la propriété et se
déplacent quotidiennement vers
le littoral pour y travailler
Les canaux et les clapets ont un
intérêt crucial pour la gestion des
inondations : fermés ou dégradés,
ils ne permettent plus le drainage
et l’évacuation de l’eau| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 17
Ustaritz s’est développé le long de la Nive, s’inscrivant dans un écrin paysager de zones humides, de plaines inondables, de boisements et de ripisylves. La ville est caractérisée par son inscription sur un promontoire rocheux, utilisé autrefois pour la défense de la ville.
DES ENTRÉES DE VILLES DÉGRADÉES ET DES ACCÈS LIMITÉS AUX ENTITÉS NATURELLES
- Cette balade s’est tenue le
8 juin 2022 à Saint-Palais, sur
deux entrées de ville où sont
établies des zones d’activités
commerciales et économiques.
L’objectif principal de cette
balade a consisté à échanger
autour du thème des entrées de
ville et de villages, lesquelles sont
fortement impactées par les
nouvelles constructions, qui
présentent bien souvent une
discordance avec les codes
architecturaux et urbains
traditionnels.
Ces zones dégradent les fronts
des villes et des villages,
enclavant l’espace et ne favorisent généralement pas ou peu les
transitions avec les espaces de nature tels que les terres agricoles, les cours d’eau ou les forêts. Ainsi la question suivante a été posée aux acteurs : Quels constats/enjeux des seuils et des franges urbaines ? Quelles qualités urbaines, architecturales et paysagères des entrées de ville et des futures zones d’activités et quelles transitions ?
BALADE AU FIL DE L’EAU, LE LONG DU SAISON ET DE LA ROUTE DÉPARTEMENTALE
Les cours d’eau n’ont plus
la fonction qu’ils avaient,
les berges se ferment, les
accès sont rares, les
moulins sont en friches,
les ripisylves se densifient| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 18
Cette balade s’est tenue le
09 juin 2022 depuis
Mauléon-Licharre jusqu’à
Tardets.
L’objectif principal de cette
balade a consisté à
échanger autour de la
vallée du Saison, de son
évolution depuis Mauléon-
Licharre, jusqu'à Tardets
plus au Sud. Le long de la
vallée du Saison, se
déroulent les 3 secteurs de
la Soule : Arbaille, la Haute-
Soule et la Basse-Soule.
Les villages qui défilent montrent une grande diversité patrimoniale, mais aussi une grande fragilité, du fait des nombreuses zones d’activités, des développements urbains et de la fermeture paysagère des pentes. Ce territoire est animé par la Départementale qui traverse l’ensemble des villes et villages, conférant des formes urbaines particulières. Ainsi, la question suivante a été posée aux acteurs : Comment envisagez-vous le paysage de demain pour en guider les évolutions ?
LES ZONES D’ACTIVITÉS À SAINT-MARTIN-DE-SEIGNANX
Cette balade s’est tenue le 9 juin
2022 sur deux zones d’activités de la
commune de Saint-Martin-de-
Seignanx, l’une ancienne et l’autre
récente, avec des points
d’amélioration écologique,
paysagère et architecturale.
L’objectif principal de cette balade a
consisté à échanger autour des zones
d’activités, des anciennes et des
nouvelles générations, afin de
constater les évolutions réalisées.
Ainsi, la question suivante a été posée aux acteurs : Comment envisagez-vous le paysage
de demain pour en guider les évolutions ?
De nombreuses zones d’activités
ont été réalisées au gré des
opportunités foncières à partir des
années 70, sans réelle
réglementation pour accompagner
les aménagements et
implantations.
Les centralités se vident
et se dévitalisent tandis
que les franges des
villes et des villages se
développent et impactent
le paysage de la vallée
du Saison| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 19| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 20
II- UN SOCLE GÉOGRAPHIQUE QUI STRUCTURE
LES PAYSAGES
L’analyse amène à comprendre ce qui fait l’ossature du territoire, pour désigner son cadre physique : topographie, hydrographie, géologie, etc. Cette première lecture du territoire donne ainsi une meilleure
compréhension de l’occupation des sols et des implantations urbaines. Le socle géographique permet également d'appréhender les échelles larges propres aux processus naturels. Inscrire son projet dans le socle est donc un moyen d'intégrer ces grandes dimensions, de changer d'échelles, de les élargir.
La dénomination et la valeur du « socle » est de trois ordres : le socle est naturel, permanent, spécifique :
- Naturel car il est le produit combiné des forces de la nature.
- Permanent car ces forces s'inscrivent dans le temps long
(géologique).
- Spécifique car le socle donne sa singularité au site.
1.La géomorphologie, des affleurements permanents
- Le flysch, une roche associée aux formations des montagnes
La formation actuelle du socle du territoire est issue d’une mer peu profonde qui, il y a 180 millions d’années, a lentement recouvert la région avant de déposer des calcaires, comme dans les grottes d’Oxocelhaya et des Arbailles.
Ensuite, il y a 100 millions d’années, les blocs ibériques et européens se sont éloignés, creusant un sillon et provoquant des avalanches sous-marines. Elles ont déposé des sédiments appelés flyschs, qui dessinent notamment des plis sur la route de la corniche (littoral d’Hendaye à St-Jean-de-Luz). Il s’agit d’une alternance de couches de calcaires, de calcaires marneux et d’argiles formées par l’accumulation des dépôts de glissements de terrain sous-marins se produisant sur les flancs de bassins marins qui existaient alors à la place des Pyrénées actuelles.
Ainsi, la présence du flysch est associée à la présence de la montagne, car elle correspond à une accumulation sédimentaire dans un bassin océanique en cours de fermeture, dans le cadre d'une orogenèse (formation des montagnes).
- Une alternance de roches dures et tendres
Sur le territoire, la composition géomorphologique du sous-sol oscille entre une composition d’alluvions, de sables, de marnes dans les zones
vallonnées, et des secteurs rocheux de calcaires, de schistes, de gneiss et de grès, donnant les formes actuelles au relief, entre des zones basses aux roches modulables tendres, et des zones hautes aux roches dures, très
présentes en montagne et sur les secteurs vallonnés du territoire (Cf carte sur le socle géomorphologique ci-après). Dans le Seignanx spécifiquement, les conditions sableuses dominantes déterminent les mêmes types de sols que sur l’ensemble du littoral. Au-delà des plages et des dunes vives ou peu évoluées, la podzolisation est d’autant plus avancée que la surface est peu remaniée, que ce soit par le vent ou par l’action humaine (pratiques agricoles, types de sylvicultures pratiquées). À l’approche de l’Adour ou des landes intérieures, la couche de sable commence à se faire moins épaisse, laissant s’exprimer les roches constitutives des formations de plateaux ou de terrasses alluviales.
Dans la montagne basque, la formation géologique correspond à une alternance de diverses roches dures, de différents schistes notamment, donnant au relief cette alternance de sommets. Enfin, la présence du flysch entre montagne et Adour explique les vallonnements.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 21
- Affleurements géologiques dans le paysage littoral
Le plus ancien flysch qui affleure sur le littoral est celui de Guéthary. Ses calcaires blancs et massifs sont par endroits composés de couches de silice noire et translucide. On le rencontre à deux endroits sur la côte basque : il affleure dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, entre Ciboure et Socoa, ainsi que du Sud de Bidart à l’anse d’Erromardie.
De plus, on observe sur la côte des dépôts sédimentaires de l’ère
secondaire, riches en fossiles. Il s’agit de roches tendres qui se sont déposées dans un milieu marin peu profond. On les retrouve en deux endroits sur la côte : aux falaises de Bidart, et à la pointe Sainte-Anne à Hendaye.
Affleurement de Flysch sur le littoral basque (source : CAUE64)
Affleurement de Flysch sur la corniche basque (source : CAPB)Sites géomorphologiques d'intérêts
Sols dominants
nu Calcaires, marnes et flysch
D sy Es Calcaires, flysch et marnes
= argiles, nappes alluviales, sables fauves
— Flysch mamo-gréseux, flysch à silex
| flysch à silex
ii Marnes de Saint Palais, mames noires
{B! Grès et pélites, conglomérats
0 10km 20km AN
e .”
SOCLE GÉOMORPHOLOGIQUE
Source : BRGM, INPG
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 22| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 23
2.Exploitation du sous-sol et émergence de ces ressources
- Le thermalisme
Le thermalisme a pu exister sur le territoire avec les eaux chaudes qui remontent de manière homogène dans tout le sous-sol des pyrénéens. À partir du XIXème siècle, des stations thermales se sont popularisées,
notamment à Cambo-les-Bains dans le Pays Basque, et ont donné lieu à une architecture imposante caractéristique. Les abords ont également été traités d’un point de vue paysager, comme les jardins ou les alignements d’arbres remarquables.
- Les minerais
La roche constitue depuis longtemps une ressource pour l’homme sur ce territoire. Le minerai de fer présent dans le secteur de la montagne basque a été longuement exploité sous forme de petites mines (Cf carte ci-après). Des exploitations plus anciennes d’or, de cuivre et d’argent étaient
également présentes, et constituent aujourd’hui un patrimoine
archéologique important mais méconnu. Les mines de Banca qui
exploitaient le cuivre et l’argent dans la vallée de Baïgorry sont les plus notoires. Le sol a été - et reste encore – exploité, notamment pour ses
matériaux de construction :
- le marbre (d’Arudy étant le plus connu), utilisé comme parement
décoratif,
- la pierre de Bidache, exploitée dans les carrières aux alentours de
la ville de Bidache (17 carrières au XIXème siècle), qui est une pierre
calcaire de couleur grise, veinée de silex qui forme des bandes
sombres. Cette roche était également utilisée pour les fortifications
et les bâtis dans le Labourd. Dans la capitale labourdine, on la
retrouve également sur certains bâtiments,
- la pierre de Mousserole, une pierre calcaire sableuse aux tons
jaunâtres à ocre. Ce calcaire a été exploité entre l'Adour et la Nive
dans un quartier aujourd'hui urbanisé. Il constitue l'essentiel du bâti
bayonnais et a été employé depuis l'époque romaine jusqu'au Xllème
siècle,
- le grès de la Rhune, exploité depuis 1781 dans des carrières du
massif de la Rhune près d’Ascain. De couleur rose, il est le plus
souvent utilisé comme matériau d’extérieur (allées carrossables,
terrasses, allées et chemins),
Grandes carrières de grès de la Rhune, Ascain (source : Delcampe.net)
- Nous pouvons aussi citer la carrière Bortzirieta à Saint-Étienne-de-
Baïgorry qui extrayait de l’ophite jusqu’à il y a 40 ans. L’ophite est
assez fréquent dans les Pyrénées, il est utilisé pour les
enrochements massifs qui protègent les berges de rivières ou le
littoral des plages (Anglet ou digue de St Jean de Luz par exemple).
Actuellement, cette carrière fait l’objet d’un projet de revalorisation.
Dans ce sens, la commune souhaite préserver et mettre en avant
cet espace redevenu naturel.RS NNE de-HAIGOR +ETII SAINT
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 24
Carte postale ancienne représentant la carrière de Cancalon, extraction de prehnites ; Saint-Etienne de Baigorry (Source : Delcampe.net)
Les extractions sont actuellement orientées vers des mines de sables et graviers. Entre ces deux époques, des carrières à ciel ouvert se sont développées pour l’extraction de lherzolites, employées comme ballast pour les chemins de fer, ou comme sous-couche routière. La plupart de ces carrières sont désormais fermées. Pendant leur exploitation, elles ont eu un
fort impact sur le paysage et l’environnement. Une fois libérés, ces espaces retrouvent en partie leur caractère naturel.
Afin de garantir la bonne intégration des carrières dans le paysage et d’avoir le moins d’impact dans l’environnement, le schéma départemental des carrières (bientôt remplacé par le schéma régional des carrières) détermine les conditions d’implantation des carrières dans le département. Il prend en compte l’intérêt économique national, les ressources et les besoins en matériaux du département et des départements voisins, la protection des paysages, des sites et des milieux naturels sensibles, la nécessité d’une gestion équilibrée de l’espace, tout en favorisant une utilisation économe des matières premières. À titre d’exemple, un projet a été engagé sur la commune de Saint-Étienne-de-Baïgorry sur le devenir de l’ancienne carrière Borciriette.
Aujourd’hui, la géologie intéresse de plus en plus les visiteurs, et le géo- tourisme connait un véritable essor. De plus, l’intérêt pour l’esthétisme des couches géologiques et l’histoire qu’elles renferment a entraîné plusieurs ouvertures de sites et la création d’itinéraires dédiés.
Les mégalithes de la montagne basque
Des vestiges en pierre datant du Néolithique (dolmen, cromlech, tumulus et menhir) se trouvent en grand nombre dans la montagne basque. Les datations, réalisées au carbone 14, situent ces monuments entre 5000 et 1000 ans avant J.-C. En règle générale, ils sont érigés près des cols, à proximité des crêtes herbeuses, mais on en trouve aussi un petit nombre dans les plaines et, parfois même, groupés à flanc de montagne.
Ils sont les témoignages d’une vie pastorale très ancienne et devaient être utilisés pour des rites d’incinération, qui étaient pratiqués à cette époque (fin de l’ Âge du Bronze et à l’ Âge du Fer. Les pierres levées pouvaient aussi servir de bornes pastorales et de repères de passage. Les dolmens de plaine sont les plus monumentaux, à l’opposé des dolmens de montagne qui sont plutôt des coffres dolméniques de proportion plus modeste.
Ces vestiges archéologiques, vieux de plus de 5000 ans, ne sont pas tous signalés sur le terrain, et certains sont peu visibles voire difficilement identifiables.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 25
0 10km 20km
Socle argileux, calcaires et marnes
N
SOCLE GÉOMORPHOLOGIQUE
Source : BRGM
Flysch
Grès, marnes et conglomérats
Marnes, argiles et calcaires
Sables, argiles, graviers
Schistes, calcaires
Série marine
Turbidites silicociastiques, teschénite,
dolérite
Sols dominants
Sable et gravier
Calcaire pour pierre de taille
Ophite
Grès pour dallage et parement
Mines de fer
Mines de cuivre et or
Mines de cuivre
Ancienne exploitation
Sites d’extractions
Sable et gravier
Calcaire
Ophite
Anciennes carrières
Ressource
Temporalité
Plus en activité
Encore en activité| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 26
3. La topographie
a) Une large amplitude liée au relief
Le territoire d’étude est un espace mouvant où se déploie une topographie chahutée et très différente d’un bout à l’autre du territoire, du Seignanx au Sud de la Soule, donnant naissance à une grande diversité de paysages et de points de vue. Quatre grands types de reliefs sont identifiés sur le territoire :
• Un paysage de plaines et de collines : correspondant à des petites
élévations de terrain, de formes arrondies dont l’altitude varie entre
300 et 400 mètres et créant un contraste visuel avec les fonds des
vallées élargies.
• Un paysage de pentes et de coteaux : constitué d’espaces de
basses collines successives, formant un plateau creusé par des
cours d’eau et impliquant des fortes pentes et des talwegs étroits.
Les coteaux n’excèdent pas les 200 mètres d’altitude.
• Un paysage de basses montagnes : s’élevant jusqu’à 900 mètres
d’altitude.. Les basses montagnes peuvent avoir des sommets
rocheux tandis que les pentes des versants ne permettent
généralement pas la mécanisation des travaux agricoles. L’eau y est
très présente façonne le paysage ( nombreuses vallées).
• Un paysage de hautes montagnes : caractérisé par des sommets
ou versants rocheux et s’élevant à plus de 2 000 mètres d’altitude.
Ils constituent des massifs montagneux isolés mais tout de même
accessible. Les pentes sont parfois trop raides pour permettre le
parcours libre du bétail bovin et équin. Les motifs paysagers y sont
multiples et très liés à l’eau notamment : sources, rivières, torrents,
gorge et vallées étroites, zones humides.
La topographie et l’hydrographie constituent des limites naturelles qui se définissent pour beaucoup par des éléments contraints naturels : cours d’eau ou relief important. Plusieurs « limites » ou « seuils » naturels peuvent être identifiés : la chaîne des montagnes Pyrénéennes au Sud, le fleuve de
l’Adour (qui constitue autant une limite qu’un trait d’union Basque / Seignanx) ou encore l’océan à l’ouest.
Paysage de plage dans le Seignanx (atopia)
Paysage de la côte basque à Biarritz (atopia)
Paysage de Haute Soule dans la montagne à Larrau (atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 27
Paysage de Basse Navarre à Ascarat, proche de la vallée des Aldudes (atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 28
VALLONS
HUMIDES ET
FORÊTS
CORDON
DUNAIRE
MASSIF DE LA
RHUNE
TRAMES DE
VALLONS BOISÉS
ST-PALAIS (50m)
MAULÉON-LICHARRE (135m)
HASPARREN (100m)
CAMBO-LES-BAINS (45m)
HENDAYE (7m)
BAYONNE
ONDRES (37m)
BIDART (30m)
ST-JEAN-DE-LUZ
GUÉTHARY
TARNOS
ST-JEAN-PIED-DE-PORT (162m)
COLLINES ET SOMMETS
SOULETINS
MASSIF DES
ARBAILLES
LANDES ET
COLLINES
PÂTURÉES
MONTAGNE
D’IRATY
Vallée des
Aldudes
BOIS D’USTARITZ
PAYSAGE
AGGLOMÉRÉ
CÔTE ROCHEUSE
BASQUE
ESTUAIRE DE LA
NIVELLE
ESTUAIRE DE LA
BIDASSOA
BARTHES DE
L’ADOUR
Aldudes (370m) Col Hargibel (922m)
Larrau (629m)
Pic de Bizcarze (1657)
Pic d’Orhy (1472m)
La Madeleine (795m)
Arbailako (1286m)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 29
Illustration sensible des différentes amplitudes topographiques (sources : atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 30
b) Des vues et repères paysagers
Les larges amplitudes liées au relief génèrent une alternance de sommets, marqueurs et repères dans le grand paysage. Plusieurs vues sont identifiées par l’Audap sur le territoire, offrant de nombreux panoramas, plus
nombreuses dans le secteur de la montagne Basque compte tenu du relief important. Les repères dits « naturels » sont nombreux et de plusieurs natures :
- Les vallées : les vallées du Saison, de la Bidouze, des Nives, de
l’Adour ou de la Nivelle, etc.
- Les pics principaux :
• Pic du Mondarrain (749m) : offre une vue à 360° sur toute la côte
• Mont Baïgura (897m) : l’un des sommets les plus visibles des montagnes basques
• La Rhune (905m) : offre des vues intéressantes sur la côte
• Mont d’Artzamendi (926m) : spectaculaire belvédère sur les Pyrénées
Atlantiques et espagnoles
• Pic d’Iparla (1044m) : offre un immense panorama du Pays Basque au pic du midi de Bigorre et de l'autre côté, l'océan jusqu'aux côtes landaises
• Pic d’Orhy (2017m) : offre un passage vertigineux par la crête d’Alupegha, soit une balade facile depuis le Col du Port de Larrau
• Mont Ursuya à 679 m : belvedère sur la montagne basque et la vallée de Piémont
• Col Suhalmendi : un des plus beaux panoramas de la Côte Basque
• Pic de Larla à 640 m : belvédère avec des vues imprenables sur le Pic d’Iparla, Arzamendi
• Jara à 800 m : montagne charnière entre deux vallées et aussi entre Saint- Étienne-de-Baigorry et Saint-Jean- Pied-de-Port, dévoilant les montagnes de Basse Navarre
• Arradoi à 650 m : domine la plaine de St Jean pied de port
• Arbaille à 1286 m : massif pyrénéen séparant la Soule de la Basse-Navarre • Sommet Eltzarruze à 421 m : domine des collines karstiques
• Sommet Okabe à 1456 m : situé en forêt d’Iraty, offre une vue dégagée sur une très grande partie du Pays Basque et des montagnes béarnaises
• Sommet Urkulu à 1 423 m : situé sur la frontière franco-espagnole, entre Saint- Michel dans les Pyrénées-Atlantiques au nord et Orbaitzeta en Navarre au Sud • Sommet de la Madeleine à 757 m : situé sur la commune de Tardest • Pic des escaliers à 1472 m : offre un belvédère sur la Soule et la Basse-Navarre toute proche
• Le Mont Munhoa ou Monhoa, à 1 023 m : entre Saint-Étienne-de-Baïgorry et Saint-Jean-Pied-de-Port, remarquable belvédère à 360°
- Les Karsts & paysages karstiques : illustrés notamment par le
massif des Arbailles entre Basse-Navarre et Pays de Soule et ses
gouffres.
Les vues peuvent être de plusieurs catégories et offrir des scènes
complètement différentes d’un bout à l’autre du territoire :
- Les larges et profondes vues sur l’océan, structurées par la côte
rocheuse basque ou les dunes du Seignanx,
- Les ouvertures depuis les villages perchés, sur les hauteurs dans
le Seignanx, comme à St-Barthelemy au bord de l’Adour,
- Les vues en montagne, ouvertes et remarquables, aux panoramas
composés d’une multitude de sommets et de profondeurs,
- Les ouvertures et les étendues bocagères visibles sur les hauteurs
des vallons et des buttes dans le nord et la centralité du territoire.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 31EL
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 32
TOPOGRAPHIE ET POINTS DE VUE
Source : Audap, atopia
0 10km 20km
N
Vallée de la
Bidassoa
Vallée du Batzan
Vallée des
Aldudes
Haute Nive
Hergarai
Vallée de la Haute
Soule
1. La Rhune (900m)
2. Pic du Mondarrain
(749m)
3. Artzanmendi (926m)
4. Ursuya (678m)
5. Baïgoura (926m)
6. Irpla (1044m)
7. Jara (811m)
8. Itcherbegui (1072m)
9. Laurigna (1278m)
10. Urkulu (1419m)
11. Pic des escaliers
(1472m)
12. Pic d’Orhy (1472m)
13. Autza (1305m)
14. Adartza (1250m)
15. Okabe (1456m)
16. Suhalmendi (301m)
17. Arbailako
mendigunea (1286m)
18. Pic d’Argibel (724m)
19. La Madeleine (795m)
Sommets / repères d’altitudes
Points de vue (recensement Audap)
Vallée de
la Nivelle
19| Pic d'Argibel
(724m)
Pic d'Orhy
(1472m)
Pic des
escaliers
(1472m)
Okabe (1456m)
Arbailako Mendiguena (1286)
Urkulu (1419m) Jara (812m)
Arradoy (6608)
Eltarruzé{421m)
Munhoa (101 m)
Lara (705
igura (897
SCÉNOGRAPHIE DU RELIEF ET REPÈRES VISUELS DE LA
MONTAGNE
Source : atopia
Argibel (1074m)
iMondarrain (749m)
La Rhune
{905m)
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 33| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 34| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 35
Pic Escaliers, vallée du Saison (source : CAUE 64)
Panorama sur la vallée du Saison (CAUE 64)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 36
4. L’eau sous toutes ses formes
Le territoire est soumis aux influences climatiques océaniques. La présence de la chaîne de montagne accentue ces effets et engendre une très forte pluviométrie. L’eau est abondante dans cette région où de nombreuses sources jaillissent du sol en formant des ruisseaux et cours d’eau qui dessinent le territoire.
Des cours d’eau peuvent être qualifiés de « principaux » sur le territoire par leur taille et leur caractère emblématique, notamment la Nivelle, les Nives, la Bidouze, le Saison, l’Uhabia, ainsi que le fleuve de l’Adour qui constitue la liaison entre Pays Basque et Seignanx. Ces cours d’eau entaillent et façonnent le territoire, transversalement à la topographie, donnant à voir de profondes et larges vallées, qui se réduisent à mesure que l’altitude augmente. L’eau et le relief sont ainsi intimement liés dans le paysage, leur combinaison est source de vie, indispensable pour l’agriculture et certaines pratiques et loisirs. Chacun des bassins versants impactent fortement le paysage, avec un système hydrographique qui lui est propre, émanant des caractéristiques d’occupations et des modes d’habités différents.
On peut noter que les rivières au plus près de leur source ont toujours fait l'objet d'une charge symbolique et d'un attachement très forts pour les habitants notamment des montagnes basques et particulièrement en Soule. Elles constituent en quelque sorte des archétypes fondamentaux du
paysage. Il en est de même pour les torrents aux eaux claires et rapides qui irriguent les vallées habitées avant de traverser des gorges étroites qui les relient aux vallées. Il y règne une atmosphère sombre et humide, qui en font un seuil singulier entre les vallées éloignées et les vallées plus basses en altitude. Elles sont alors bordées d'une route qui a nécessité la réalisation d'ouvrages d'art et de murs de soutènement.
Le territoire est par ailleurs une terre de prédilection pour le développement des végétaux des climats tempérés et notamment des espèces exotiques envahissantes. Ce climat favorable accélère le cycle de développement des plantes et, par conséquent, les évolutions biologiques et paysagères,
comme la fermeture des paysages ou le changement d’essences
forestières.
Ce réseau hydrographique dense s’insère au sein d’une mosaïque de zones humides d’une grande diversité (zones tourbeuses de montagne, fonds de vallon, prairies humides, ripisylves, barthes, prés salés…) avec une faune et une flore spécifique souvent menacées. Des documents réglementaires sont mis en place dans le but de préserver et valoriser ces espaces, c’est le cas des SDAGE, des SAGE et des contrats de rivières qui agissent chacun à leur échelle.
L’eau sur le territoire présente aussi une menace et des risques, d’une part à travers sa rareté en période estivale entrainant des périodes de
sècheresses avec des répercutions sur les cultures et l’élevage dans les plaines comme en montagne où l’eau s’infiltre mais ne reste pas et d’autre part, à cause des inondations de plus en plus fréquentes.
Cours d’eau de l’Adour (source : atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 37
Barthes de l’Adour (Source : CAUE 64)
Mer et digue à Saint-Jean-de-Luz (Source : CAUE 64)
Nive aux rives urbanisées à Saint de-Jean-pied-de-port (source atopia)
Nive aux rives naturelles (source atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 38Bassins versants À N
La] La Bidassoa
EN L'Untin
M La Nivelle
Imi Le Gave d'Oloron
mi Le Saison
= L'Adour du confluent du gave de Pau au
confluent de la Bidouze
ei L'Adour du confluent de la Bidouze au
confluent de la Nive
El La Nive au confluent de la Nive d'Arnéguy
= Le Boudigau
— L'Uhabia
EN L'Antereneko Erreka
10km 20km
MVELLE
UNTXIN
EM Cours d'eau Em Zones humides
HYDROGRAPHIE ET BASSINS VERSANTS
Source: CAPB, RPG Bassin versant, atopia
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 39BEBIRSÉSSÉESSRENSIN
| « D-CDrias lMétéo-France, CNRM-GAME, PEL CERFACS) “és done
Cumul des précipitations, (période de référence 1976-2005).
Source : Météo France (2019)
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 40
5. L’influence du climat et du changement climatique sur
les paysages
La position géographique du Seignanx et du Pays Basque les place sous plusieurs influences en matière de climat, néanmoins, celui-ci est avant tout océanique. Ce territoire, situé en bordure de l’océan atlantique subit ainsi l'influence des masses d'air maritimes tempérées qui ont pour effet
d'atténuer les extrêmes climatiques. Le climat océanique se caractérise par des hivers doux et humides et des étés frais et avec un temps variable. Le maximum de précipitations se produit durant la saison froide. Le Pays Basque est également sous l’influence du climat montagnard, propre au massif de Pyrénées. Cela peut conférer à certaines communes un climat plus frais. Enfin le territoire étant relativement vaste, certaines communes dans les terres présentent un climat océanique pouvant être dégradé qui a pour conséquence de réduire les précipitations et d’augmenter les écarts
thermiques.
Le constat sur les températures actuelles
Au niveau national, l’amplitude thermique est relativement large du fait de l’existence de climats différents selon les parties du territoire français. Ainsi, en France, la température moyenne annuelle se situe entre 4°C et 20°C selon les saisons et les territoires (source : Météo France). En Pays Basque, les températures moyennes annuelles évoluent à une amplitude
relativement similaire au territoire français. L’amplitude des températures est plus forte en été (températures moyennes entre 17°C et 24,7°C) alors que les hivers restent cléments (températures moyennes hivernales entre 4,8°C et 12°C).
Sur les cinquante dernières années, l’évolution des températures annuelles au Pays Basque montre un net réchauffement. Sur la période 1959/2009, la tendance observée des températures moyennes annuelles est de l’ordre de +0,2 °C et +0,3 °C par décennie.
Le constat sur la pluviométrie actuelle
La pluviométrie annuelle cumulée atteint environ 1450,9 mm par an sur la station de Biarritz-Anglet et est largement supérieure à la moyenne en Nouvelle Aquitaine (910,1 mm par an). Comparé aux autres départements, le Département des Pyrénées-Atlantiques est un territoire pluvieux, la
moyenne nationale sur les 50 dernières années étant de 889 mm. Les pluies sont distribuées de manière assez hétérogène sur l'année, avec un cumul
minimum de 69,3 mm en juillet et un maximum de 185,9 mm en novembre (normale 1981-2010 à Biarritz-Anglet).
Pour le territoire d’étude, les précipitations annuelles présentent une très légère baisse depuis 1959. Elles sont de plus caractérisées par une grande variabilité d’une année sur l’autre.
La carte ci-dessous représente les évolutions de la température moyenne annuelle, simulée par un modèle climatique régional.Scénario
RCP4.5
Scénario
RCP
2.6
Scénario
RCP8.5
Référence Horizon proche Horizon moyen Horizon lointain 1976-2005 2021-2040 2041-2070 2071-2100
ei Ce Moyenne 1 à 1.5 °C
A Dé) e '
Tr "
À # 1 À
en 00 000 qu me 4
Dem
dès.
Moyenne 4 à 5 °C
{
Référence
1976-2005
Horizon proche
2021-2050
Scénario
RCP
246
Scénario RCP4.5
Scénarno RCPS.5
Horizon moyen
2041-2070
Horizon lointain
2071-2100
Ternpératures moyennes estivales aux horizons 2035-2055-2095 {écart à la référence en degré)
Source : base de données Gaspar, Géorisques (2019)
Températures moyennes estivales aux horizons 2030-2055-2080 [écart à la référence en degré)
Source : base de dannées Gaspar, Géorisques (2019)
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 41
La projection des températures : une hausse inévitable
La modélisation de ces scénarios à une échelle plus locale permet
d’identifier les tendances pour les années à venir. Ainsi, pour la Région Nouvelle Aquitaine, les projections climatiques montrent une poursuite du réchauffement annuel jusqu’aux années 2050, quel que soit le scénario retenu. Sur la seconde moitié du XXI siècle, l’évolution de la température moyenne annuelle diffère significativement selon le scénario considéré.
Cette hausse de température, selon le scénario considéré, ne sera pas uniforme à l’échelle du territoire d’étude. La partie sud, montagneuse, subira moins fortement ces hausses. En cohérence avec l’augmentation des températures, les projections climatiques montrent une augmentation du nombre de journées chaudes. Elle pourrait être de l’ordre de 27 jours par rapport à la période 1976-2005.
En conséquence
- le nombre de jours de vague de chaleur augmentera de manière
significative,
- La hausse des températures se poursuivra en période hivernale,
- Une diminution significative du nombre de gelées
Vers une baisse sensible des précipitations
Sur toute la France, une baisse de 10% est prévue au niveau des
précipitations moyennes annuelles. Toutefois, si le cumul pluviométrique projeté semble décroissant, les épisodes pluvieux risquent d’être plus intenses et violents. Les projections sur le territoire du Pays Basque ne montrent que peu d’évolution des précipitations annuelles d’ici la fin du XXIe siècle. Néanmoins cette absence de changement en moyenne annuelle| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 42
masque des contrastes saisonniers. On observe peu d’évolution concernant les précipitations hivernales. En revanche, selon le scénario RCP8.5, sur la seconde moitié du XXIe siècle, les projections indiquent une
diminution des précipitations estivales.
Les changements climatiques sont et seront notables dans les années à venir et auront une influence sur l’évolution des paysages. Toutes les conséquences du changement climatique ne sont pas encore connues. Le changement est comparable à une chute de dominos où on se doute des premiers qui vont tomber, mais où les derniers sont beaucoup plus
incertains :
- La hausse du niveau de la mer est déjà observable avec le recul
toujours plus important des plages et des falaises (évolution du trait
de côte),
- La fonte des neiges est également à craindre, dans le massif
Pyrénéen,
- La disparition d’une partie non négligeable de la biodiversité locale,
- La disparition de certaines espèces végétales comme animales est
aussi à craindre, notamment celles qui dépendent le plus de
conditions climatiques très particulières,
- L’augmentation des inondations, tempêtes, ou encore canicules et
sécheresses induisant de véritables interrogations sur la gestion de
l’eau sur le territoire
- La modification des saisons peut aussi induire des changements
d’usage et d’entretien des terres agricoles, etc.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 43
III- DES PAYSAGES PROTÉGÉS IDENTIFIES
1. Les dispositifs de protection du patrimoine naturel
Le patrimoine naturel bénéficie d'une biodiversité extraordinaire et d'une variété de milieux et de paysages, des côtes rocheuses aux habitats montagneux, en passant par les milieux aquatiques et humides. Ces milieux, étant donné leur richesse, et étant donné leur fragilité due à la pression de l’homme, ont été protégés car ils présentent un taux d’endémisme élevé. Des espèces menacées au niveau national sont particulièrement bien représentées sur le territoire.
La richesse des milieux est connue et fait l'objet de protections et/ou outils de gestion (Znieff, Natura 2000, sites ENS, sites du conservatoire du Littoral, cantonnement de pêche, sites classés ou inscrits, sites naturels gérés par les collectivités etc.). Cette richesse biologique participe à l’attrait paysager et touristique du territoire. Cependant, la biodiversité ordinaire ne doit pas être sous-estimée, car elle représente le socle des écosystèmes et participe à la diversité spécifique du territoire
Le secteur montagne concentre le plus grand nombre de protection. Près de 62% du territoire de la Montagne Basque est couvert par des dispositifs d’inventaire, de protection, de valorisation ou de gestion du patrimoine naturel. De la même façon, les secteurs où la présence de l’eau est forte sont aussi les plus protégés. On pourrait en déduire que la plus grande partie de la biodiversité remarquable ou la plus fragilisée se trouve sur ces secteurs.
Bien que les dispositifs identifiés ne possèdent pas tous le même niveau de protection et de gestion, il est important de considérer spatialement
l’ensemble des dispositifs pour identifier ce qui est reconnu actuellement sur le territoire.
La proximité de ces espaces naturels avec l’urbanisation en fait un enjeu majeur du territoire. Soumis à de fortes pressions, notamment en période estivale avec l’arrivée massive des touristes, les espaces naturels se
retrouvent menacés. La sensibilisation est donc indispensable dans la préservation de ces espaces. A contrario, des espaces de montagne et les zones humides majeures du territoire, notamment le secteur littoral et rétro- littoral, ne concentrent que très peu de protections. Ces secteurs présentent donc un enjeu car ils sont davantage vulnérables aux pressions, à savoir les développements urbains croissants qui touchent la côte littorale. Le nord du territoire apparait également fragile compte tenu de l’absence de dispositifs.
Une liste de l’ensemble des dispositifs est disponible en annexe de ce document.ZONES NATURELS D'INTERET ECOLOGIQUE
Source : MNHN
2"
Protections des espaces
(es) Natura 2000
III Directive oiseauxzPS
—— Directive Habitat ZIC
‘ DM zur 18
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 44CONCENTRATION DES ZONES NATURELS
D'INTERET ECOLOGIQUE
Source : MNHN
à Lan
# Espaces naturel les plus protégés
Espaces naturels les moins protégés
ê F _» 0 10km 20km An 5”
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 45
Les dispositifs de protections et
de recensements des milieux
écologiques ont été superposé
sans hiérarchisation afin de
révéler où se situent les
espaces, selon les dispositifs,
avec une diversité biologique
élevée.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 46
2. Les dispositifs de protection du patrimoine bâti et
paysager
Le patrimoine reconnu se caractérise par une diversité d’éléments protégés. Sont recensés notamment :
• des éléments de patrimoine protohistorique, correspondant
principalement à des dolmens, menhirs, tumulus et cromlechs, des
zones de fouilles archéologiques et des ruines anciennes. Un
inventaire archéologique dans le Pays Basque - secteur Sud Basse
Navarre pour recenser ces éléments de patrimoine, en appui de la
DRAC, a été réalisé en 2023.
• des éléments de patrimoines religieux notamment des chapelles,
des églises, des cimetières avec notamment les stèles discoïdales,
etc.
• des éléments de patrimoine liés à l’histoire du territoire des forts,
des châteaux, etc.
)
• De nombreux dispositifs existent sur le territoire :
- des Monuments Historiques et leur périmètre de protection (la liste
des Monuments Historiques est disponible en annexe),
- des Sites patrimoniaux remarquables : Bayonne, Espelette, Saint-
Jean-de-Luz, Bidache, Biarritz, Ciboure, Boucau-Tarnos, ou encore
Guéthary. D’autres SPR sont à l’étude sur le territoire : Saint-Jean-
Pied-de-Port et La Bastide Clairence,
- des sites classés tels que la corniche Basque, le Massif de la Rhune,
ou encore le site archéologique d’Elhigna (la liste des sites classés
est disponible en annexe),
- des sites inscrits tels que l’étang landais sud, la pointe Saint-Martin,
hameau de Garris, les Gorges de Kakuetta, la route des Cîmes, ou
encore le site du littoral à Hendaye (la liste des sites inscrits est
disponible en annexe),
- des zones de présomption de prescription archéologique,
- au titre de l’UNESCO et en lien avec les Chemins de Saint Jacques
de Compostelle, trois composantes bâties sont concernées : la
cathédrale de Bayonne, l’église de l’Hôpital Saint Blaise et la Porte
Saint Jacques à St Jean Pied de Port ainsi qu’une section de chemin
Aroue/Ostabat située sur la voie du Puy en Velay.
• D’autres dispositifs, qui ne sont pas des labels de protection,
révèlent également la qualité patrimonial des bâtis et des
villages: label Plus Beaux villages de France: Sare, Ainhoa, Saint-
Jean-Pied-de-Port et La-Bastide-Clairence.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 47
Certains autres villages ne sont pas nécessairement protégés mais
possèdent une haute qualité patrimoniale, notamment par la
présence de fortifications anciennes, de rues commerçantes
typiques ou de maisons historiques conservées, c’est notamment
le cas de Sare, Ascain, Mauléon, Tardest, Cambo Les Bains,
Ustarritz, etc.
Châteaux à Abbadia (source : CAPB)
Châteaux à Bidache (source : CAPB)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 48
Châteaux de Garro à Mendionde (source : CAPB) Fort Socoa à Ciboure (source : CAPB)Dia dès de sas NT 4
Courbes topo 100m
Tâche urbaine
| Monuments historiques
C_] Périmètre de protection
des Monuments Historiques
et LLC RENE TES
Es Sites patrimoniaux remarquables
EJ Sites classés
Sites inscrits
ES °°: de présomption
de prescription archéologique
_—— Section du chemin Aroue-Ostabat
EM entités UNESCO
ES Zone tampon UNESCO
+ Patrimoine géologique : cavités
° Inventaire du patrimoine 2021
Aut trimoi
+ Frontons pelote basque
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 49
Carte des dispositifs de protection du patrimoine bâti et paysager (Source : Atlas des patrimoine culturel, CAPB, UNESCO, atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 50
IV- DES STRUCTURES ET MOTIFS DE PAYSAGE
REVELES
Les Atlas des paysages Départementaux permettent d’apporter une
première clé de lecture au paysage du territoire, notamment à travers l’approche des Unités de Paysage (UP) qui traduisent des structures et des motifs paysagers spécifiques. Les Atlas des Pyrénées Atlantiques et des Landes ont fait l’objet d’une actualisation entre 2020 et 2023. De nouvelles unités ont été déterminées au regard de critères plus enclins à représenter les dynamiques territoriales, et en s’appuyant davantage sur les points d’intérêts culturels et topographiques. Les premiers atlas de 2002-2003 s’appuyaient sur des critères historiques et sur des critères physiques tels que la topographies, l’hydrographie et l’occupation du sol.
Il est proposé un regard complémentaire à cette lecture paysagère à travers une analyse multicritères qui permettra de conforter les travaux déjà réalisés pour les Atlas. Cette analyse servira également aux différentes conduites de projet afin de nourrir leur connaissance en matière de paysage.
1. Les « Unités Paysagères » des Atlas départementaux
des paysage
Logique de détermination des unités paysagères de l’Atlas des paysages des Pyrénées Atlantiques de 2024 :
L’actualisation de cet Atlas - donc des unités paysagères - s’appuient sur de nouveaux critères. Les unités de paysages ont été́ déterminées avec la participation d’acteurs locaux à travers 9 « ateliers mobiles des paysages », et plus de 150 personnes rencontrées individuellement ou en groupe, pendant une journée sur leur espace de vie (agriculteurs, élus, forestiers, biologistes, boulangers, garagistes, aides-soignantes, etc.).
Ces unités ont été́ choisies en fonction de plusieurs critères croisés, différents en fonction de chaque unité. Il n’y a pas de logique univoque à la détermination des unités mais une certaine souplesse, pour pouvoir intégrer notamment ces grandes évolutions en cours et qui font sens pour les habitants et les acteurs (Cf carte jointe).
Logique de détermination des unités paysagères de l’Atlas
des paysages des Landes de 2024 :
L'actualisation de l'Atlas des paysages des Landes a été déterminée au regard de différentes sources d'information (prise en compte de l'ancien atlas, travail bibliographique et de terrain, etc.) avec l'appui d'un prestataire et d'une gouvernance de projet spécifique.
Selon des approches diverses et un travail cartographique dédié, des unités paysagères ont pu être proposées.
Par une approche paysagère et/ou géographique, une reprise graphique avec une saisie des limites et des dénominations des unités paysagères a été établie. Apparaissent ainsi des consensus et des points de divergence concernant tant les délimitations que les appellations. L’étude a permis ainsi d’actualiser et déterminer de nouvelles limites des unités paysagères.UNITÉS PAYSAGÈRES DE 2021-2022
Source : Atlas actualisé des paysages des Landes et Atlas
actualisé des paysages des Pyrénéens Atlantiques, atopia
'CTRTARNE et ER RNR RM ; Der
Atlas des Landes (2022)
BR LaMaremne
7 Gosse-Seignanx
BH |allée de l'Adour (sous unité : Adour maritime)
Atlas des Pyrénées Atlantiques (2022)
Littoraux Basques C7
EM l'archipel urbain
EM Coteaux composites
EM Mile collines et sommet pastoraux
MM Barthes de l'Adour et de la Nive (Chevauche L'UP Vallée de l'Adour en partie)
BR Baie de tingudi
7
EE
O1
EE
En
Camous et ribères
Grandes hêtraies et hautes estives Piémont Béamnais
Terres neuves Pays des Neiges
Pays des confluences Hautes vallées des gaves
EUDBD L'entre-deux gaves Les gorges de la Nive 0 10km 20km ÂN | P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 51( eee
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Le code couleur ci-après correspond à la légende de la carte ci-avant.
LE GOSSE SEIGNANX
• Paysage situé en rive droite de l’Adour. La vallée forme une limite continue au Sud de l’unité.
• Paysage vallonné et boisé avec des replats agricoles.
• La silhouette des Pyrénées se dessine à l’horizon.
• Paysage caractérisé par une succession de petits plateaux, au paysage agricole semi-ouvert, des vallons et des petites vallées qui entaillent le relief.
• Une alternance de paysages ouverts en haut, et intimes et forestiers en bas, crée un contraste et des transitions assez marquées dans le Seignanx.
• Un réseau dense de rivières qui entaille les plaines et s’inscrit dans un réseau de milieux humides prédominants, composés de marais, d’étangs, etc. L’eau est un élément très présent dans ce paysage.
• Rares sont les endroits où l’on ne perçoit pas une construction. Villages, hameaux, ferme- métairies, châteaux, se trouvent sur les hauteurs. Le bâti anime les clairières et se mêle à la végétation.
• Les abords des principaux villages ou bourgs sont visibles depuis les routes. La proximité de Bayonne et du littoral a induit un développement pavillonnaire important.
ADOUR MARITIME : UNE UNITÉ COMMUNE AU SEIGNANX ET AU PAYS BASQUE
• Paysage « d’entre deux », frontalier avec les Pyrénées Atlantiques. Elle
représente culturellement une frontière mais également une séparation, une limite ancienne.
• La vallée, à ce niveau, est relativement symétrique avec des coteaux de hauteurs semblables. En rive gauche, du côté des Pyrénées-Atlantiques, le coteau donne une impression de régularité avec une hauteur égale et des pentes habitées. En rive droite, le coteau bordant le Gosse-Seignanx est plus irrégulier et forestier.
• La caractéristique principale de ce fleuve correspond aux barthes (plaines alluviales inondables) cultivées ou non où se déploient des systèmes de canaux à l’intérieur, alimentés et régulés par de petits ouvrages et des portes le long de la digue, en fonction des marées et des crues.
• Certaines barthes, plus basses, se composent d’un patchwork structuré de boisements, d’étangs, de marais et de peupleraies de taille et de visibilité très variables.
• Aucun village ne s’est installé sur ces étendues, à l’exception de quelques constructions qui s’égrènent au fil de l’eau, des fermes et des maisons de maître.
LA MAREMNE
• Une forte présence de l’urbanisation sous de nombreuses formes. Elle est incluse dans l’ensemble du littoral urbain.
• De multiples infrastructures qui traversent cette unité paysagère témoignent de son passé de passage et d’échange.
• Le lien entre le littoral et le plateau landais est assuré par la présence de la forêt de pin qui constitue une véritable articulation entre ces deux milieux.
• L’urbanisation s’étend au plus près de l’eau, ici, l’urbanisation est en recul de l’océan, laissant sur le littoral un cordon dunaire.
• Ondres et Tarnos forment des secteurs très urbanisés, à l’instar de ce que l’on retrouve sur la côte basque, avec des zones d’activités et de nombreuses infrastructures. On ressent la proximité du pôle Biarritz/Bayonne qui génèrent une pression importante sur ces secteurs.
• Ce paysage se compose de forêt de pin, de marais, d’étalement urbain pavillonnaire et d’espaces agricoles. Tout s’imbrique et se mélange, et l’absence de réelles coupures urbaines brouille les perceptions et l’appréhension de ces espaces. Il n’est pas toujours aisé de s’orienter, et les vues lointaines sont absentes, hormis sur le littoral.
LITTORAUX BASQUES
• Séquence qui associe paysages naturels, rocheux, urbains et
remarquables.
• Diversité et affleurements géologiques.
• Pressions anthropiques et développements urbains importants, contrariés par les processus érosifs et les instabilités de terrain affectant le trait de côte.
• Existence de quelques espaces naturels encore préservés, mais peu connectés.
• Le recul du trait de côte, les submersions marines mais aussi l’arrivée massive de nouveaux résidents tendent à comprimer cette unité de paysages sur elle-même.= = OS OU EU 0 OO OO NO OU OU UN UN UN OU OU ON ON ON ON ON ON ON OO OO ON ON ON ON ON NO OU OO On
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 53
• Paysages très attractifs pour les touristes comme pour les nouveaux
habitants, lesquels exercent, d’une part et d’autre part, une forte
consommation urbaine et, de fait, des pressions sur la répartition de l’espace.
L’ARCHIPEL URBAIN
• Paysages de la côte basque et d'une grande partie de l'intérieur du Labourd qui résultent d’une urbanisation progressive, diffuse et confuse.
• Paysages de collines inégalement urbanisées, mais en perpétuelle
mutation, sous l’effet de la croissance démographique rétro-littorale.
• Grands centres villes de Bayonne, Biarritz et Saint-Jean-de-Luz-Ciboure qui forment des paysages urbains spécifiques.
• Tissus urbains plus diffus ou encore ce qui pourrait être comparé à une campagne urbanisée avec des paysages qui ne sont ni véritablement urbains, ni véritablement agricoles.
• Des formes urbaines et architecturales se mélangent dans le tissu bâti (centres historiques, habitats individuels et collectifs anciens et récents, zones commerciales et zones d'activités, bâtis agricoles, infrastructures de déplacements, de loisirs, etc.).
COTEAUX COMPOSITES
• Paysage de coteaux, peu élevés en altitude mais marqués par de fortes pentes et des zones sommitales assez larges et plates formant l'esquisse de petits plateaux.
• Une mosaïque riche : des crêtes ouvertes et continues, des fonds de vallons, abandonnés au taillis lorsqu’ils sont trop étroits, et des talwegs humides.
• Des espaces boisés, entretenus en prairies, en cultures ou en landes. • Une répartition historique de l'habitat en groupements lâches et espacés. • Paysage peu traversé et parcouru par leurs rares habitants.
• Une activité d’élevage de brebis.
• Points de vue sur la montagne.
• Des grandes forêts communales qui marquent les coteaux (le bois
d’Ustaritz, le bois d’Hasparren et le bois de Mixe) et des forêts morcelées au milieu de prairies et de cultures de maïs.
MILLE COLLINES ET SOMMETS PASTORAUX
• Paysage ponctué d’innombrables monts, accessibles et dégagés dans lesquels se lovent des vallées habitées, plates et cultivables.
• Paysage ordonné : exploitations agricoles en plaine, prairies verdoyantes en bas des pentes, sur les pentes légères et sur les replats, landes à fougères colorées complantées de chênes et de châtaigniers isolés sur les pentes raides.
• Des étagements dus aux pratiques de l’homme dans ces milieux.
• Paysage en mutation, marqué par la fermeture progressive du milieu et la recrudescence de la forêt.
• L’activité pastorale conserve et maintient ces paysages en équilibre, entre les espaces de prairies, les espaces de landes et de forêts.
• Le pastoralisme et la présence d’animaux marquent le paysage, pour l’essentiel des brebis mais aussi des vaches, des cochons, des chevaux. • Paysage de la vigne occupe les terrains en pentes du vignoble d’Irouleguy, en alternative à la déprise pastorale.
• Les pommeraies sont réapparues, avec la coopérative Eztigar à Saint-Just- Ibarre.En,
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 54
BARTHES DE L’ADOUR ET DE LA NIVE
• Le paysage de grandes barthes de l’Adour et de la Nive regroupe des paysages humides et de grandes cultures.
• Ces deux parties de l’unité paysagère ont pour point commun l’eau, d’une part, qui forme une colonne vertébrale dans le paysage, et d’autre part le dénivelé, qui est faible.
• Les terrains plats le long des cours d'eau jouent traditionnellement un rôle de régulation des crues pour la ville de Bayonne, à l’aval, mais
l’endiguement et l’artificialisation du système de régulation des eaux a réduit considérablement ce rôle.
BAIE DE TXINGUDI
• Baie fermée par un rideau de montagnes qui constituent un décor naturel (la Rhune, le Xoldo, les Trois-Couronnes et le Jaizkibel).
• Une artificialisation progressive de l’estuaire de la Bidassoa.
• Autoroute, route nationale historique, voie ferroviaire, ports, aéroport sur l’eau côtoient de vastes espaces et dynamiques naturelles.
• Quatre villes principales (Hendaye, Biriatou, Fontarabie et Irún) rassemblées sur une superficie restreinte, et autour d’une étendue d’eau calme qui fait penser à un lac.
• Positionnement transfrontalier, qui se perçoit de par l’architecture, les fonctions et les activités en place et l’ambiance globale.
GRANDES HÊTRAIES ET HAUTES ESTIVES
• Paysage de grandes hêtraies d’altitude (forêt d'Irati, forêt d'Orion, forêt d'Hayra) et de pelouses rases au pied des sommets.
• L’eau est omniprésente, le réseau hydrique y est fort et les pluies dues à l’influence atlantique sont fréquentes. C’est aussi le pays des grandes sources des Nives des Aldudes, des Nives de Lecumberry, de la Bidouze dans les Arbailles…
• Les estives sont utilisées par les éleveurs, faisant transhumer leurs
troupeaux, et occupant les cabanes pastorales éparses (etxola, kayolar). Les pratiques pastorales transfrontalières y sont encore fortes et sont le fruit d’une histoire ancienne.
• Mondes souterrains avec des formations géologiques singulières (karsts des Arbailles et de La Pierre-Saint-Martin) ; des gorges étroites et profondes (Haute Soule) ; des grottes monumentales (La Verna en Haute Soule).
TERRES NEUVES
• Paysage récent, résultat de la grande évolution agricole des années 1950/60.
• L’activité agricole est déconnectée de l’élevage, lequel caractérisant
pourtant encore les paysages pastoraux voisins.
• Le maï s y a été implanté et cultivé de manière intensive.
• De grandes constructions agricoles sont visibles ponctuellement et de manière relativement ostensible.
• L’absence de fortes pentes a permis une large exploitation des terres en cultures.
PAYS DES CONFLUENCES
• Paysage d’eau et de convergence de grandes rivières pyrénéennes autour duquel s’articulent toute une mosaïque paysagère humide (aquifère et champs inondables).
• L'organisation historique de l’espace s'est faite autour de l’eau (ports fluviaux, moulins, cales, barthes inondables...), générant des formes
urbaines concentrées sur les collines qui dominent les plaines
fréquemment inondées.
• Ces terres inondables ont été aménagées au fil de l’histoire pour les rendre cultivables, ou pour les exploiter avec l’élevage.
• Culture principale de monoculture de maïs.
• Développement du kiwi dans le paysage depuis une vingtaine d’années.
L’ENTRE DEUX GAVES
• Paysage de petits coteaux entremêlés, forestiers et agricoles, aux pentes marquées et striées de petites vallées.
• Ces coteaux et plaines sont principalement exploités en monoculture de maïs. Ils alternent points de vue dégagés et talwegs.
• L’urbanisation est présente sous forme de petits villages qui ponctuent le paysage.
• Les paysages sont essentiellement forestiers. Au fur et à mesure que les reliefs
s’accentuent, l’agriculture extensive et l’élevage bovin laissent place à la forêt.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 55
• La répartition des forêts est discontinue. Elles sont constituées de chênes ou de
hêtres.
CAMOUS ET RIBIÈRES
- Paysage des prairies humides inondables du bord du Saison («barthes»). Ces terres sont aujourd’hui en grande partie cultivées en monoculture de maïs. - La vallée du bas Saison est large et s'apparente à une plaine.
- Les infrastructures, ponts et moulins, soulignent à quel point le gave a joué un rôle important dans la vie des habitants.
- L’urbanisation semble être modérée dans les plaines.
- Ces vallées, à l’écart des zones urbaines et des grands axes routiers du département, échappent à l’industrialisation et restent essentiellement
agricoles.
PAYS DES NEIGES
• Paysage d’altitude au-delà de la ligne des 1500 mètres. Il s’agit
principalement de sapinières et de hêtraies des derniers hauts sommets de la chaine pyrénéenne.
• L’habitat et les constructions humaines sont rares. Ils se limitent à des cabanes d’estives, des refuges d’altitude, de simples abris et des chemins. • Ce sont essentiellement des paysages d’estives, de roches et de sommets plus ou moins célèbres.
• Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces espaces peu habités sont chargés d’histoire, avant tout pastorale et nomade, mais aussi industrielle, touristique, et de découverte de la montagne.
GORGES DE LA NIVE
• La Nive traverse, entre Itxassou et Saint-Jean-Pied-de-Port, le socle géologique le plus ancien des montagnes basques.
• Les sols y sont les moins fertiles, à part si des argiles plus récentes se sont glissées sur les roches anciennes.
• Une ambiance impressionnante de la traversée des gorges que génèrent les petits massifs qui les bordent.
• Il est possible d’observer dans les gorges des aménagements pour les
déplacements (routes et chemin de fer), l’industrie et l'énergie (ouvrages hydrauliques, centrales électriques...), les activités économiques récentes (zones d'activité d'Ossès...).
Précision : Une présentation des unités paysagères est proposée dans un livrable « Fiches paysages » afin de présenter plus spécifiquement ces
dernières.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 56
2. Les quatre séquences paysagères révélées par
le territoire
Présentation de la méthode d’élaboration
Le travail en ateliers ainsi que les balades ont permis, dans le cadre de cette phase de diagnostic, de faire émerger des éléments saillants de paysages. Cette lecture sensible et partagée du territoire a été réappropriée dans le cadre de réunions de travail techniques et partenariales, afin de proposer une représentation paysagère cohérente du territoire.
Les étapes de terrain et les analyses complémentaires permettent ainsi d’amorcer une proposition de séquençage paysager renouvelé et
complémentaire des Atlas paysagers départementaux. Cette proposition a été établie en s’appuyant sur l’expression des participants aux ateliers, de la prise en compte d’études portant sur le territoire d’étude, la compréhension des paysages thématiques et restitués en tant que tels (cf. pages suivantes), ainsi que sur la mise en évidence de quelques critères, et notamment :
Des critères principaux que sont le relief, la géomorphologie et les
occupations du sol principales, et notamment liées à l’agriculture et au développement urbain. Ces critères permettent de réaliser un premier découpage.
- Le relief joue beaucoup sur les premières perceptions visuelles,
notamment les rythmes et les transitions/seuils associés aux
amplitudes topographiques,
- La diversité des pratiques de gestion agricoles et les cultures
associées marquent par ailleurs fortement le territoire et révèlent
des paysages gérés et entretenus par l’Homme et les animaux,
- La présence de grands massifs forestiers et/ou espaces naturels
et/ou de nature qui marquent et structurent l’espace,
- La multiplicité et la présence des villes, villages et quartiers sur
l’ensemble du territoire d’étude indiquent par ailleurs une
organisation territoriale spécifique sur le territoire et donne à voir
des paysages habités.
Des critères secondaires basés sur l’hydrographie et les systèmes de vallées et de gorges, qui permettent de croiser la première approche géographique avec les bassins versants, et une lecture amont/aval. Cette approche permet d’intégrer une vision non plus Est/Ouest mais Nord/Sud, et de signaler l’importance des vallées dans le fonctionnement du territoire (positionnement des villages, du réseau routier, etc.).
Des critères complémentaires qui s’appuient sur des motifs paysagers et des entités spécifiques, car connues et reconnues par les habitants et acteurs du territoire. Il s’agit là de prendre en compte, par exemple, les paysages vécus et pratiqués comme des repères en tant de tels.
Ainsi, à travers le croisement de ces différents critères, nous identifions, en complémentarité avec les étapes de terrains et de concertations, plusieurs familles de paysages et séquences paysagères.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 57L
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QE
D'OLORON
SR
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 58
PAYSAGES DE PLAINES ET COLLINES
6. Les vallées et collines du Labourd
7. L’Arberoue
8. Les collines de la Joyeuse et de la Bidouze
9. Le Bassin de Saint Palais
10. La basse vallée du Saison
11. Les collines boisées entre Saison et Gave d’Oloron
PAYSAGES DE MONTS ET MASSIFS
12. Vallée de la Nive et massifs de la Rhune et de l’Artzamendi
13. Vallée de la Nive et massif du Baigura
14. Les vallées de Baïgorry et des Aldudes
15. Bassin de Garazi et le Massif des Arbailles
15.A. Vallée de Cize
15.B. Les Massifs des Arbailles
16. Les collines et les premiers sommets Souletins
17. Les grandes hêtraies et estives d’altitudes
17.A. Grandes hêtraies et estives d’altitude d’Iraty
17.B. Grandes hêtraies et estives d’altitude de Haute Soule
PAYSAGES LITTORAUX
1. Le rivage Landais et Basque
1.A. Dunes Landaises
1.B. Côte sableuse et rocheuse du littoral Basque
2. L’arrière littoral Landais et Basque
2.A. Retro-littoral Landais
2.B. Retro-littoral Basque
PAYSAGES DE LA VALLÉE DE L’ADOUR ET DES
COTEAUX ASSOCIÉS
3. La vallée de l’Adour
3.A. L’estuaire de l’Adour
3.B. L’Adour et ses barthes
4. Le Gosse Seignanx
4.A. La vallée du Marée d’Orx
4.B. Les plateaux et coteaux du Seignanx
5. Pays Charnegou
VERS UNE CHARPENTE PAYSAGÈRE
Familles et séquences paysagères du territoire de la Communauté d’Agglomération Pays Basque et de la Communauté de communes du Seignanx
0 10 Km| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 59
Séquences paysagères proposées
1. Paysages littoraux et arrière littoral
1. Le rivage Landais et Basque
1.A. Dunes Landaises
1.B. Côte sableuse et rocheuse du littoral Basque
2. L’arrière littoral Landais et Basque
2.A. Retro-littoral Landais
2.B. Retro-littoral BasqueCONTINUUM URBAIN SUR LE LITTORAL
Source : OCS 2075, atopia
CÔTE ROCHEUSE PLAGE ESTUAIRE BAIE LITTORAUX ARTIFICIALISÉS
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 60
UNITES PAYSAGERES ASSOCIEES :
- Le long du littoral du sud au nord : la baie de Txingudi, le littoral
basque et la Maremne,
- L’arrière littoral : les coteaux composites, l’archipel urbain.
STRUCTURES ET MOTIFS DE PAYSAGE SPECIFIQUES AU
LITTORAL LANDAIS ET BASQUE :
- Une diversité paysagère caractérisée par des paysages urbains,
rocheux, dunaires, végétaux et boisés.
- Une mosaïque hydrographique associée :
- Le littoral du Seignanx se caractérise par un cordon dunaire,
praticable et facilement accessible par des voies d’accès longilignes
à travers des étendues de pinèdes, et aménagés par de nombreux
espaces de stationnements vides une partie de l’année.
- La dune du Seignanx naît à la fin du 18ème siècle pour servir
d’obstacle artificiel et protéger les forêts et les lacs de l’ancien lit de
l’Adour.
- Une diversité géomorphologique qui se manifeste par des
affleurements rocheux (flysch).
- Un littoral rectiligne, voire légèrement curviligne, avec une falaise
allant de 20 à 30 mètres d'altitude, constituant la terminaison de la
pénéplaine du Labourd.
- Un littoral caractérisé par des processus érosifs et des instabilités
de terrain affectant le trait de côte.
- Un continuum urbain très présent, d’Hendaye à Anglet, puis morcelé
jusqu’à Ondres, avec quelques espaces de respirations manifestés
par des pentes boisées, des espaces verts et la pinède du Seignanx.
- Des infrastructures de transports continues proposant une bonne
desserte sur les différentes zones urbaines de la côte.
- Une urbanisation qui se caractérise par de nombreuses
constructions principalement situées dans les espaces de « creux »| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 61
où le relief est le moins fort (Hendaye, Saint Jean de Luz, Biarrtiz), et
le long de la côte, parfois au plus près des falaises.
- Des zones d’activités économiques et commerciales très
présentes dans la continuité des zones urbaines, de grandes
dimensions, impactant fortement les transitions entre les
différentes communes.
- Un patrimoine balnéaire important avec des styles
architecturaux spécifiquement présents sur la côte : art déco,
hôtels particuliers, riches demeures, casino, quartier de
pêcheurs, anciens ports de pêche à la baleine convertis au
tourisme.
- Un littoral marqué par l’estuaire de l’Adour, peu lisible dans le
paysage aggloméré.
- Des espaces portuaires présents et fortement appropriés par
des zones d’activités.
STRUCTURES ET MOTIFS DE PAYSAGE SPÉCIFIQUES l’ARRIERE
LITTORAL :
- Paysage de transition entre le littoral fortement artificialisé et les
espaces de prairies et de forêts situés en Labourd, et des
vallons boisés et cultivés en Gosse Seignanx.
- Bande « apaisée » derrière le continuum urbain et les
infrastructures situées le long de la côte.
- Une urbanisation à la fois diffuse et dense, issue du phénomène
d’étalement urbain et de mitage très présent.
STRUCTURES ET MOTIFS DE PAYSAGE SPÉCIFIQUES À L’ADOUR ET ESTUAIRE :
- Large ouverture paysagère sur le littoral.
- Secteur enclavé, encerclé d’activités économiques et
industrielles, de secteurs résidentiels et d’espaces portuaires.
- Berges et abords du cours d’eau très minéralisés et réservés à
la voiture : parkings et voies viaires.
- Peu de place pour le piéton.
- Une embouchure encadrée par des jetées, notamment la Barre
de l’Adour, et pas des plages de sables : plage de la Barre et
plage de la Digue.
Plaines alluviales céréalières aux abords de l’Adour (source : atopia)TATITIT
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 62
Photographie du littoral basque à Hendaye et Guétary et du cordon dunaire à Ondres (Source : atopia)
Plage urbaine à Biarritz (Source : CAUE 64
Plage à Ondres (Source : GIP Littoral)
Corniche et prairies de la côte basque (source : CAUE64)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 63
Digue Tarnos (Source : GIP Littoral)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 64
Paysage littoral et retro-littoral à Tarnos (source atopia)
Crédit Photo : Plage du Métro Tarnos (GIP Littoral))
ZONES
INDUSTRIELLES BOISEMENT DENSE
DE CONIFÈRES
PLAGE LANDAISE
DE SABLE
PARKING DE
LA PLAGE
OCÉAN
TISSU INDIVIDUEL GROUPÉ
DE MAISONS LANDAISES
PAYSAGE LITORAL ET RÉTROLITORAL LANDAIS
Source : atopial’'Adour et Coteaux de Mouguerre
ses barthes et de St-Pierre-d'irube
Coteaux boisés Ville fortifiée
et cultivés du CEF de de Bayonne Seignanx Mouguerre A64
La Nive et ses barthes
Coteaux boisés
de Bayonne et de
Boucau — nn
Boucau __
Sites industrialo-
portuaires
Forêts du Lazaret
et du Pignada
Embouchure D
de l’'Adour =
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 65
Paysage de l’estuaire de
l’Adour (Source : Atlas
des paysages des PA)
Port de Tarnos et Estuaire de l’Adour (Source : CC Seignanx)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 66PE te-Charrittel ute:
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 67
2. Paysages de la vallée de l’Adour et des coteaux
associés
Carte de la séquence paysagère (Source : atopia)
3.La vallée de l’Adour
3.A. L’estuaire de l’Adour
3.B. L’Adour et ses barthes
4. Le Gosse Seignanx| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 68
4.A. La vallée du Marais d’Orx
4.B. Les plateaux et coteaux du Seignanx
5. Pays Charnegou
UNITÉS PAYSAGÈRES ASSOCIÉES DU NORD AU SUD :
- Le Gosse Seignanx,
- La vallée de l’Adour,
- L’archipel urbain,
- Les coteaux composites,
- Pays des confluences.
STRUCTURES ET MOTIFS DE PAYSAGE SPÉCIFIQUES DE L’ADOUR : - La vallée de l’Adour, une unité paysagère trait d’union entre le
Seignanx et les Pyrénées Atlantiques, séquencée en plusieurs
paysages : l’Adour urbanisée, autour de Anglet, Bayonne, l’Adour
insulaire, ouverte en terrasse, constituée de nombreuses îles et,
enfin, l’Adour canalisé, rectiligne et structuré.
- La vallée de l’Adour ouvre un large sillon au gré des crues du fleuve.
La séquence qui s’inscrit sur le territoire correspond à « l’Adour
maritime ». Cette sous-unité identifiée dans l’atlas des paysages des
landes, s’étend de la confluence avec les Gaves réunis, où l’Adour
fait un coude, pour prendre une direction rectiligne est/ouest,
jusqu’aux portes de l’agglomération de Bayonne :
- L’Adour est constitué d’un fond de vallée très large, avec de
nombreuses terrasses, qui amoindrit l’identification et la lecture de
la vallée. Le fleuve, lui-même, bien que se manifestant par des crues
saisonnières, reste discret dans la végétation, même depuis les
belvédères des coteaux.
- Les barthes sont des éléments caractéristiques de ce paysage de
vallée, ce sont des plaines alluviales humides qui subissent des
inondations régulières. La physionomie des barthes se caractérise
par la présence de terres (exhaussées) dites "barthes hautes" près
de l’Adour et de terres en cuvette au pied du coteau dites "barthes
basses". Ces dernières sont les plus humides.
- L’Adour et ses abords sont très peu urbanisés, à l’exception de
quelques constructions qui s’égrènent au fil de l’eau, des fermes
barthaises, des demeures de maitres (château de Montpellier),et de
rares bâtis récents.
- La linéarité du fleuve offre de nombreuses vues, des profondeurs
qui laissent apprécier la composition agricole et sauvage de cette
entité. St-Barthélemy, implanté sur une butte détachée du coteau,
dominée par l’église, offre un panorama sur les barthes.© Éteng de Moisan
Vieux-Boucau
Angen lit de l'Adour
Capbreton
d
Er 7,
y Ondres
Étang du Turc
! Étang de Garroste
Labenne
>” Tarnos
Trossoat
Nive
Boucau
Adour
D'après valdadourmarilime.com
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 69
Ancien tracé de l’Adour sur le territoire
Barthes et canaux d’irrigation sur l’Adour (Source : atopia)
Organisation paysagère de l’Adour (Source : atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 70
Système de canaux dans les barthes – vallée de l’Adour (Source : Géoportail)
STRUCTURES ET MOTIFS DE PAYSAGE COMMUNS DU GOSSE
SEIGNANX ET DU CHARNEGOU :
- La séquence du Gosse Seignanx est une succession de petits
plateaux, au paysage agricole semi-ouvert, de vallons et de petites
vallées qui entaillent le relief. Cette alternance de paysages ouverts
en haut, et intimes et forestiers en bas créent un contraste et des
transitions assez fortes.
- La séquence du Charnégou est un paysage d’eau, à la confluence
des cours d’eaux de la Joyeuse, de la Bidouze et de l'Adour. C’est
un paysage végétal dense, habillé de vallons boisés et de prairies.
- Une urbanisation dense à proximité directe de l’Adour et des
plaines alluviales sur la séquence du Charnégou et une
urbanisation très en retrait des barthes sur la séquence du Gosse
Seignanx.
- Un réseau dense de rivières entaille les plaines et s’inscrit dans une
mosaïque de milieux humides très présents, composés d’étangs,
etc. Les plaines alluviales sont plus profondes côté Gosse Seignanx
que côté Charnégou.
- En fonction du relief des coteaux, le basculement est net ou plus en
transition, caché par les boisements. Au nord, c’est l’aplanissement
du relief et l’apparition de la forêt de pins, avec une fermeture du
paysage, qui s’imposent. À l’ouest, le basculement urbain vers le
littoral se fait au niveau de la RD 810. Au-delà l’organisation du
paysage change avec l’urbanisation plus marquée le long de l’axe
routier et des bourgs situés sur le littoral.
- Des plateaux semi-ouverts sur les hauteurs constituées de clairières
agricoles limitées par la présence des boisements et des bosquets,
créant des lisières qui cloisonnent les vues. Le regard gagne ainsi
une petite respiration, ou bien se faufile souvent, limité également
par les talus ou les cultures de maïs en saison estivale. Des reliefs
plus élevés, notamment proches de la vallée de l’Adour, offrent des
vues dominantes panoramiques, avec parfois des vues sur les
Pyrénées. La présence du pin mêlée aux feuillus rappelle la
proximité du littoral.
- Des zones basses boisées et humides caractérisées par la densité
de cours d’eau qui innervent largement le territoire, créant de petits
basculements et descentes successifs dans des fonds intimes sous
la végétation. Ces reliefs en creux, bien que peu profonds (une
trentaine de mètres majoritairement), paraissent encaissés avec des
pentes parfois marquées. Le contraste avec les hauts agricoles est
surprenant, cette alternance de paysages ouverts en haut et intimes
et forestiers en bas se répètent régulièrement. Depuis les points hauts, ces
sillons forestiers, donnent aux vues une tonalité globale boisée.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 71
- De vastes clairières occupées par des villages, hameaux, fermes-
métairies, châteaux, se trouvent sur clairières et se mêle à la
végétation. Les abords des principaux villages ou bourgs sont
visibles depuis les routes.
- La proximité de Bayonne et du littoral a induit un développement
pavillonnaire plus important à l’ouest des deux séquences
paysagères. Ailleurs, les hameaux anciens servent d’accroche aux
lotissements, apportant une perception « d’entre deux » mi-rurale,
mi-urbaine.
- Châteaux et demeures montrent une singularité cachée, nombreux
mais finalement peu perceptibles. La RD 817 sur la séquence du
Gosse Seignanx, ancienne route royale, déroule son ruban ondulé
d’est en ouest, avec de longues perspectives soulignées de
magnifiques alignements de platanes. Les châteaux et demeures
bourgeoises ponctuent et marquent le paysage en rappel de
l'histoire de vastes domaines ruraux, avec l'histoire des métairies, et
du commerce le long de l'Adour, avec des architectures originales
et riches dans les Barthes, entre autres.
- Sur la séquence du Charnégou, la présence de l’autoroute A64
génère une limite avec le reste du territoire basque.
- Une architecture caractéristique avec la présence des fermes dans
les barthes.
Barthes de l’Adour (Source : CAUE 64)
Barthes de l’Adour aux alentours de Urt| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 72
Architecture du bord de l’Adour Peuplerais dans les zones à caractère humide aux abords de l’Adour| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 73
• 3. Paysages de plaines et collines
Carte de la séquence paysagère plaine et colline (Source : atopia)
6. Les vallées et collines du Labourd
7. L’Arberoue
8. Les collines de la Joyeuse et de la Bidouze
9. Le Bassin de St Palais| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 74
10. La basse vallée du Saison 11. Les collines boisées entre Saison er Gave d’Oloron| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 75
UNITÉS PAYSAGÈRES ASSOCIÉES D’OUEST EN EST :
- L’archipel urbain,
- Barthes de l’Adour et de la Nive,
- Coteaux composites, Mille collines et sommets pastoraux,
- Terres neuves,
- Camous et ribières,
- L’entre-deux gaves.
STRUCTURES ET MOTIFS DE PAYSAGE COMMUNS AUX QUATRE
SÉQUENCES :
- Un système bocager dense quadrillant les espaces de prairies et
traduisant la présence de plusieurs motifs spécifiques : les haies, les
arbres isolés, les bosquets éparses. Les collines boisées et
bocagères sont notamment très présentes sur la séquence la plus à
l’est sur la séquence du Saison aux collines.
Les paysages bocagers sont de plusieurs types sur le territoire, avec
des motifs de haies très différents : des haies plutôt denses et
stratifiées d’arbres et d’arbustes et des haies davantage fines,
morcelées et constituées d’une rangée arbustive ou arborée.
Exemple de paysages bocagers denses à l’est de Mauléon (Source : map)
Exemple de paysages bocagers fins près de Méharin (Source : atopia)
Exemple de paysages bocagers fins près de Méharin (Source : atopia)EPL CET) ENS
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 76
Exemple de haies présentes sur la séquence Collines de la Bidouze (Source : atopia)
- Des vallonnements boisés denses sur les pentes les plus
accidentées ne permettant ni la pratique agricole ni l’implantation
urbaine, très présents en particulier sur la séquence Collines de la
Bidouze et entre Monts et vallées.
Exemple de paysages vallonnés boisés à l’ouest d’Hasparren (Source : map)
- L’élevage ovin, une pratique récurrente dans le paysage,
notamment sur la séquence Colline de la Bidouze. Les pâtures de
moutons et de vaches sont nombreuses.
- Alternance de plaines et de collines cultivées et boisées,
constituées de coteaux et de mamelons, peu élevés en altitude mais
marqués par de fortes pentes, sur la séquence Entre Monts et
vallées.
- Paysage de transition à la limite entre les montagnes, le littoral,
l’Adour et entaillés par les vallées de la Nivelle, des Nives et du
Saison.
- Paysage à dominante agricole, constitué de boisements composites
qui varient en fonction de la proximité avec les zones urbaines, de
la nature des sols, du calcaire à l’argilo-siliceux, qui entrainent des
présences de végétations différentes.
- Une répartition de l’habitat en « nébuleuse », correspondant à un
tissu diffus, soit ponctué par des quartiers, soit par des exploitations
agricoles| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 77
- À mesure que l’on progresse vers le nord, le paysage passe d’une
dominante d’élevage bovin et ovin à des cultures céréalières,
principalement du maïs, très présent aux abords des cours d’eau,
notamment le long de la Bidouze et du gave du Saison. La présence
de silos à maïs et de cultures de céréales sont proprement des
motifs associés à la séquence Plateau Céréalier.
Silo de maïs (Source : atopia)
- Un mitage urbain très présent et des étalements importants sur
certains secteurs du territoire, notamment à l’ouest, impulsés par le
littoral, sur la séquence entre Monts et vallées.
- Un patrimoine de fermes, de châteaux et de grands domaines qui
caractérise particulièrement la séquence Colline de la Bidouze.
- Des paysages qui dialoguent avec la montagne (pratiques
agricoles notamment).
Habitat éparse autour de Jatxou (Source CAUE 64)
Motifs récurrents dans le paysage :| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 78
- Bâtiments agricoles
o Borde
o Cabane de berger
o Petit silo et cribs
o Grand silo de coopérative
o Les clôtures
- Les cultures :
o Petite clairière agricole
o Alignement de platane
o Champs pour culture annuelle (maïs, etc) et près
o Champs pour élevage
o Vergers
o Cerises
o Piments
o Clôtures
o Haies
o Bocage
o Fougères en zones intermédiaires
- Les arbres
o Tonnelle de platane
o L’arbre isolé (chêne t, etc.)
o Les trognes
o Les vergers
o Les peupleraies
o Les forêts mixtes ou spécialisées (hêtres, pins, etc.)
• 4. Paysages de Monts et MassifsLE in
DURE Uu os
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 79
Carte de la séquence paysagère de montagne (Source : atopia)
12. Vallée de la Nive et massifs de la Rhune et de l’Artzamendi
13. Vallée de la Nive et massif du Baigura
14. Les vallées de Baïgorry et des Aldudes
15. A. Vallée de Cize
15B. Les Massifs des Arbailles
16. Les collines et les premiers sommets Souletins
17A. Grandes hêtraies et estives d’altitudes d’Iraty
17B. Grandes hêtraies et estives d’altitudes d’IratyCCE PER CPEUTCE PEN T EL 2
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 80
UNITÉS PAYSAGÈRES ASSOCIÉES D’OUEST EN EST :
- Mille collines et sommets pastoraux,
- Grandes hêtraies et hautes estives,
- Pays des Neiges.
STRUCTURES ET MOTIFS DE PAYSAGE DES MONTS ET DES MASSIFS :
- Un paysage caractérisé par son relief, qui oscille entre des amplitudes de hautes, moyennes et petites montagnes et des espaces de vallons
et de vallées. Les vallées les plus marquantes sur le territoire sont
celles de la Nivelle, des Nives, des Aldudes et du Saison
- Un patrimoine géomorphologique qui ressort dans les constructions traditionnelles, en particulier la roche de la Rhune, caractéristique par
sa teinte rougeâtre. Cette roche est très présente sur la séquence du
Massif de la Rhune.
- Une organisation paysagère structurée par trois étages paysagers
principaux :
• Les fonds de vallées voués aux cultures et prairies de fauche et de boisements, praticables et constitués de maisons et d’exploitations
agricoles. Les motifs récurrents correspondent aux brebis, à la fougère qui apporte cette couleur rousse caractéristique, les systèmes de haies et les cours d’eau sinueux et discrets. Ces vallées sont relativement plates et cultivables, comblées par des prairies clôturées de piquets d’acacias qui contrastent avec les grandes fougeraies qui colonisent les pentes. À l’automne, les pentes se colorent de l'orange, du marron et du violet de la fougère, de l’ajonc et de la bruyère. Plusieurs végétaux dominent
visuellement ces paysages : la fougère aigle, les plantes des prairies (« l’herbe ») et les trois chênes : le chêne pubescent, le chêne pédonculé et le chêne tauzin.
• Les espaces intermédiaires sont occupés par des pâtures de bas-versants, des bocages et des bordes, de la forêt dense (chênaie, hêtraie et hêtraie- sapinière) et de hautes granges. C’est une terre de « pente », de relief, où s’étale les exploitations agricoles et d’élevage dans les zones basses, les bordes où s’égrènent des exploitations agricoles. Ce paysage est celui de la forêt, de la fougère et des animaux, tels que la brebis, des bovins et des Pottocks.
• Les espaces d’altitude comprennent la lande de pelouses basses et hautes, les forêts de pins à crochets, les lacs d’altitude, les falaises abruptes et
sommets rocheux voire combes enneigées pour les pics les plus élevés. Ces espaces s’animent à la fin du printemps jusqu’à l’automne suite à la transhumance des troupeaux de vaches ou de brebis qui montent depuis les maisons des vallées. Les fougeraies laissent leur place à des pelouses rases. Durant l’été, les bergers utilisent les bordes aux altitudes les plus basses et les cayolars plus hauts qui ponctuent les paysages de pelouses et de pierres. De nombreuses petites constructions, installations et aménagements divers parsèment ces espaces d'herbes et de forêts : les cayolars, les anciennes installations humaines du néolithique sur les hauts plateaux (cercles de pierre d’Okabe…) et autres constructions historiques (tour d’Urkulu…), les cabanes de chasse à la palombe, les chalets à Irati, les aménagements autour des sources... C’est pour ainsi dire le règne de l’habitat temporaire et saisonnier.
Organisation urbaine de la montagne (Source : Le feu pastoral en Pays Basque, Euskal Herriko)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 81
Estives et landes
Quartier des bordes
Prairies de fauche
Terrasses et
pâtures : prairies
permanentes
Zones intermédiaires
fermées Collines et
montagnes
moyennes : pentes
de vignes
Plaines et vallons
cultivés
Prairies
humides Cours d’eau
ripisylve
Entrées de villages et de
villes déqualifiées
BOISEMENTS
ENCAISSÉS
cayolar
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BOCAGE : HAIES
ET ARBRES ISOLÉS| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 82
Organisation de la montagne près des Aldudes (atopia)
- Une prédominance des paysages agro-pastoraux, une activité
inféodée aux rythmes des saisons et des conditions d’accès à la
ressource herbagère.
o C’est ce pastoralisme qui a façonné et qui façonne encore
les paysages de montagne : le système étagé des
ensembles des ressources herbagères et les pratiques
anciennes associées de la transhumance, de l’écobuage et
du fauchage font toujours partie du cortège de pratiques
inhérentes à l’activité pastorale.
- Trois milieux emblématiques : une présence très forte de la lande,
qui représente un apport de litière, de matière organique et d’herbe
de pacage après les coupes, de la forêt et des estives.
- Des paysages de cultures accrochés aux pentes et aux
vallonnements du relief comme c’est le cas sur la séquence des
Aldudes et de Basse Navarre avec par exemple les cultures
d’Irouléguy.
Paysage de vignes à Ascarat (Source : atopia)
- Une présence urbaine traduite par des bourgs principaux et un système de « quartier » caractérisant le tissu diffus dans le paysage.
Certaines communes n’ont d’ailleurs pas réellement de bourgs mais
plusieurs quartiers équivalents. Dans le cas où un bourg existe, les quartiers et fermes isolées se trouvent en général plus en marge de ces terroirs riches et faciles à exploiter.
- Le bâti est également rattaché au système étagé. Il se manifeste principalement par des fermes, des maisons d’habitation, notamment au sein des massifs forestiers ou des hautes estives, où les cabanes de bergers prennent le relais (Etxes, bordes, cayolars).| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 83
Photographies de montagne dans le secteur de Bidarray (Source : atopia)
- Sur les niveaux les plus hauts et à l’est, près de Larrau et de Saint Engrâce, la montagne est à la transition entre les hauts sommets et les montagnes à l’ouest. Ce paysage est élevé, les altitudes sont fortes, régulières et occupées principalement de pelouses, de landes et de
forêts. Sur ces paysages s’étendent des mondes souterrains qui sont, eux aussi, de véritables paysages : des formations géologiques
singulières (karsts des Arbailles et de La Pierre-Saint-Martin) ; des gorges étroites et profondes (Haute Soule) ; des grottes parfois gigantesques (La Verna en Haute Soule), etc.
C’est aussi là que l'on trouve les grandes sources du Pays Basque
nord: les sources de la Nive des Aldudes, de la Nive de Béhérobie, des
Nives de Lecumberry, de la Bidouze dans les Arbailles et des gaves de Larrau et de Saint-Engrâce qui confluent pour former le Saison en Haute-Soule.
PAYSAGE DE MONTAGNE PRÈS DE SAINT-ÉTIENNE-DE-BAÏGORRY
Source : atopia
Surface pastorale - ressources
fourragères ligneuses prédominantes
Boisements sur les hauteurs
Pente ponctuée de parcelles
viticole
Urbanisation de Saint-Etienne-de-
Baïgorry
Pente boisée issue de l’enfrichement et
abandon de l’agriculture
Surface pastorale| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 84
Paysage des Aldudes (Source : atopia)ER SE
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 85
PAYSAGE DE HAUTE SOULE PRÈS DE LARRAU
Source : atopia
Surface pastorale - ressources
fourragères ligneuses prédominantes
Prairie permanente - herbe prédominante
(ressources fourragères ligneuses absentes
ou peu présentes)
Larrau
Cours d’eau sinueux qui
« faillent » le relief
Surface pastorale - ressources
fourragères ligneuses prédominantes
Sommets et pentes boisées
Sites de prairies et
de sommets
dégagés
Sites pastoraux et
de sommet
couverts| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 86
V.DES PAYSAGES THÉMATIQUES ETABLIS
L’analyse paysagère n’est pas seulement et simplement fondée sur les structures et les motifs de paysage. Elle permet aussi de projeter une approche transversale du territoire et de considérer l’ensemble des thèmes qui touchent de près ou de loin au paysage. Ainsi, l’ensemble des
occupations du sol est décomposé afin de définir des liens avec les pratiques humaines, les projets de territoire, etc (Cf Déclinaison des
occupations sur le territoire ci-après). Cette approche thématique a nourri la proposition concernant les séquences paysagères. Dans cette partie, des paysages thématiques seront analysés :
- Le Paysage des transitions : constitue l’ensemble des seuils entre certains types de paysages.
- Le Paysage dit « naturel » : permet de mettre en évidence des milieux ayant une qualité écologique et paysagère.
- Le Paysage de l’eau et des vallées : caractérise les trames
hydrographiques et les motifs associés à l’eau.
- Le Paysage des risques : qui se manifeste fréquemment et historiquement sur le territoire, jusqu’à impacter l’organisation paysagère.
- Le Paysage culturel : se base sur les traditions et pratiques culturelles qui ont façonnées l’histoire du territoire et définissent certains motifs actuels.
- Le Paysage habité : retranscrit l’occupation urbaine, son histoire et ses typologies les plus emblématiques.
- Les paysages des mobilités : Les infrastructures de transport sur le territoire, telles que les routes, voies ferrées et sentiers de randonnées.
- Les paysages des ressources : retranscrit l’exploitation des ressources qui forge les paysages.
- Les paysages touristiques : faisant état des pressions sur les
paysages emblématiques.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 87
1.Paysage des transitions
En parcourant le territoire du Nord au Sud et d’Ouest en Est, nous sommes frappés par les variations paysagères et plus précisément les grandes transitions qui s’opèrent. Plusieurs composantes génèrent de telles
évolutions dans le paysage, très perceptibles en parcourant le territoire par les réseaux routiers et depuis les points hauts :
- Le premier élément marquant est le relief, qui joue beaucoup sur les premières perceptions visuelles, les rythmes et les transitions / seuils associés à la variation topographique et géologique du territoire.
- Le second élément, plus discret mais définitivement un marqueur fort du territoire, est l’eau, du littoral aux vallées puissantes et larges et
jusqu’aux chevelus humides et aux discrets affluents qui définissent
des « seuils » puissants dans le paysage.
- Enfin, la végétation, le socle naturel herbacé arbustif et arboré
constitue également une composante saillante qui varie d’un bout à l’autre du territoire, s’accrochant aux pentes, aux fonds des vallons, à
l’alignement, en haie, isolée, naturelle ou taillée. Sa densité et sa hauteur apportent au paysage un sentiment de splendeur sur les
zones montagneuses, intime dans les vallées et protecteur dans les zones urbaines. Sa présence traduit également des seuils et des transitions : dans le Seignanx par exemple, entre les cordons dunaires
et les espaces urbanisés, ou encore sur les zones intermédiaires des
versants montagneux.
Déclinaison des occupations sur le territoire (Sources : atopia, Bd topo, OCS 2015/2020
)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 88
Zone de fougère
qui s’enfriche
CAYOLAR
Sentier de
promenade
Exploitation
Estives, fougères,
bordes et hêtraies
Zones intermédiaires,
fougère, enfrichement,
vignes
Fond de vallée,
exploitation, barthes et
plaines cultivées
Collines et talwegs,
haies, boisements éparses,
anciennes fermes
SCHÉMA DES SEUILS PAYSAGERS
Source : atopia
SEUIL
SEUIL
SEUIL
SEUIL
SEUIL— Vallées et cours d'eau
MM Pelouses, pâturages naturels,
landes et estives
M Prairies
M Tissu urbain
M Haie
EM Céréales où autre
<>
0 5 10 km
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Transition de milieux /
de paysages
LES TRANSITIONS PAYSAGÈRES
Source : OCS 2020, Bdtopo, atopia
Transition landes
et prairies
Transition prairies et
cultures de céréales
Littoral urbain
et prairies
Transition landes et prairies
Transition prairies et
cultures de céréales
Littoral urbain
et prairies| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 90
2.Paysage dit « naturel »
Les milieux rocheux continentaux
Les falaises et les cavités rocheuses présentes dans la montagne basque sont des milieux très spécifiques favorables à une flore et à une faune particulières. Les grottes correspondent aux réseaux souterrains de
ruisseaux des reliefs karstiques. Elles abritent de nombreuses espèces de chiroptères qui font leur valeur patrimoniale.
Les grottes de Sare, Bexankako Leiza, Mikelauensilo font l'objet de
protection vis-à-vis de leurs hôtes. La plus vaste salle souterraine d’Europe (La Verna) est située en Soule. Les chiroptères nombreux en Pays Basque trouvent aussi refuge dans les arbres creux, dans les kayolars ou les fermes du Pays Basque. Les falaises rocheuses sont le refuge de rapaces
emblématiques tels que le vautour fauve, le vautour percnoptère ou le gypaète barbu.
L’océan et le littoral rocheux
Le littoral, offrant une large variété de milieux et de fonds marins (grotte, arches, canyons, tombants rocheux, champs de blocs,…), est le support d’une biodiversité tout à fait remarquable, contribuant à une diversification de la chaîne trophique, des organismes planctoniques, jusqu'aux prédateurs supérieurs. Le littoral basque, long de 44 kilomètres, comprend des espaces remarquables tant sur le plan paysager que sur le plan biologique, abritant par exemple pour les falaises des associations végétales uniques et des populations d’oiseaux rares (Faucon pèlerin, Océanite tempête…).
Les zones estuariennes constituent des milieux spécifiques liés au mélange d’eau salée et d’eau douce, ainsi qu’un apport de sédiments important qui confèrent aux berges des caractéristiques physico-chimiques particulières. Elles abritent ainsi une flore riche composée d’espèces typiques telles que le Roseau commun ou la Salicaire et des espèces inféodées à ce milieu. Ces zones sont aussi des zones de transition pour des espèces migratrices telles que l'anguille, le saumon atlantique, mais aussi des zones de refuge et de nourricerie pour certaines espèces marines.
Le Nord du territoire marque la fin du cordon dunaire du massif des Landes, ainsi que la fin de la forêt de pins maritimes. Le paysage dunaire d’Ondres à anglet est marqué et est associé, quant à lui, à une biodiversité propre. Le
pin maritime reste relativement présent et vient casser, avec des petits massifs forestiers, le continuum bâti de la côte.
Les milieux aquatiques continentaux et milieux humides
Les milieux aquatiques sont nombreux et diversifiés sur le territoire. Des étangs rétro littoraux tels que ceux d’Izadia (dit lacs de Boucau), le lac Mouriscot, l’étang du Turc ou le lac Marion, des lacs de montagne tels que le lac du Xoldokogaina ou le lac d’Irati et des étangs de plaine tel que l’étang de Chourroumilatxh, le lac de Sames, l’étang d’Yrieu, le marais d’Orx. Les plans d’eau représentent 2% de la surface du territoire du Seignanx.
Selon leurs caractéristiques, ils abritent une faune et flore plus ou moins variées. Le territoire, aussi bien le Pays Basque et le Seignanx, est un pays d’eau. Son réseau hydrographique est relativement dense avec 3 500 km de fleuves et de rivières de plus de 1 km répartis en 2 grands sous- ensembles avec d’une part, l’Adour et ses affluents et d’autre part, les fleuves côtiers.
Les zones humides, associées à des cours d’eau, des sources ou des suintements, constituent un patrimoine exceptionnel en raison de leur richesse biologique. Les plus connues et suivies sont les zones humides de La Rhune et du Xoldokogaina, les zones humides des Nives, les barthes de l’Adour, les zones humides du Mondarrain et de l’Artzamendi. En fonction de leurs situations par rapport aux différents milieux montagnards, littoraux ou de plaine, ces zones humides ont des diversités biologiques et des rôles différents. Elles représentent 33% du territoire du Seignanx et vont au-delà des Barthes (talwegs, chevelus hydrographiques, ancien lit de l'Adour sur le littoral entre Tarnos-Garros-Ondres sur lequel on constate des remontées de nappe)
Les tourbières et milieux tourbeux caractérisent les milieux humides de la montagne basque. Ces tourbières sont principalement habitées de
végétaux bryophytes comme les sphaignes, de plantes carnivores, telles les droséras et les grassettes et de plantes herbacées. Trois tourbières ont été recensées à Saint-Laurent-de-Gosse dans le Seignanx.
Les milieux forestiers| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 91
Ils regroupent les forêts littorales, les forêts des plaines alluviales, les forêts mixtes des zones de coteaux, et les forêts d'altitude où le hêtre est fortement présent. La forêt d’Iraty (17 300 ha) répartie entre la Soule, la Basse Navarre et la Navarre (côté espagnol) est la hêtraie la plus grande d’Europe. En Iparralde, les forêts couvrent environ 70 000 ha et sont d’origine
anthropique, ce ne sont pas des peuplements naturels. Cependant, ces forêts sont anciennes et la proportion de très gros arbres creux de 150 à 200 ans compte parmi les plus importantes de France, et offre une biodiversité remarquable. Certaines forêts traditionnelles abritent de vieux arbres taillés en têtard (près de 1 500 ha).
Une partie de la forêt privée en Pays Basque est inexploitée depuis plus de 50 ans. Ces forêts constituent des zones refuge pour la faune et la flore. La composition des massifs présente une variété d’essences (pins, hêtre, sapin, chênes, feuillus divers, exotiques acclimatés). Le climat et la mosaïque des milieux colonisés par la forêt (dunes, coteaux, ravins, karst, berges,
versants,...) présente une variété et une rareté de microhabitats pour de nombreuses espèces, dont la flore et la faune endémiques. Avec 2,8 millions d’hectares de forêts, la Nouvelle-Aquitaine est la première région forestière de France. On constate une variation de la répartition du boisement, correspondant aussi à une diversité des formations forestières présentes : • Les forêts landaises constituées principalement de pins maritime,
mais aussi de chênes pédonculé et de chênes tauzin ;
• Les quelques plantations de peupliers situées dans les plaines
alluviales de l’Adour.
Les milieux ouverts entretenus par les pratiques de l’homme
L’homme fait partie intégrante des écosystèmes et de leurs évolutions. Ainsi, les activités des hommes dépendent largement des services rendus par les écosystèmes. La notion de patrimoine naturel dépasse sans conteste celle de la biodiversité. La biodiversité renvoie aux éléments de la nature présents sur un territoire : de la génétique des espèces aux espaces naturels, à la géologie... Le « patrimoine naturel » renvoie à une dimension plus
anthropologique : la reconnaissance par les hommes de la richesse que constitue l’environnement qu’ils partagent et qu’ils contribuent à créer. Ce patrimoine naturel est donné ou peut résulter d’une sélection effectuée par l’homme (races animales et végétales) ou de l’action de l’homme (bocage, prairies, forêts).
Ces milieux ouverts sont notamment liés à l’activité agricole, dont la Surface agricole utilisées (SAU) couvre environ 60% du territoire. Ces espaces sont principalement entretenus par le pâturage et les systèmes bocagers, les landes humides ou sèches, les pelouses ou les prairies, directement liés au maintien des pratiques agropastorales (pâturage, fauche). La composition des landes est largement fonction des sols acides et humides, avec des landes à fougères, landes à ajoncs, landes Les pelouses, elles, se trouvent essentiellement sur les secteurs d'estive. Dominées par des espèces de graminées, les caractéristiques des pelouses varient en fonction de la géologie, de l'altitude, de la pression de pâturage et du climat du site. (Cf carte sur le paysage naturel ci-après). La carte des unités écopaysagères de la Nouvelle-Aquitaine, issue des travaux menés dans le cadre du dispositif d’Assistance Continuités Écologiques (ACE) débuté en 2014, permet de comprendre la notion de paysage, croisée à celle des milieux naturels.
Différents milieux sur le territoire de la CC du
Seignanx (crédit CPIE seignanx)ES
B Plateaux et coteaux calcaires cultivés du lot-et-
on Gi) Territoire cultrué haut-agenais et bergeracois (2) Pays de
# Serres (3) Territoire cuttivé de l'Albret 54) Coteaux boisés de
la Garonne 4) Coteaux du Baradais et de Casteljaloux
… (Gé)Haurtes terrasses alluviales cultivées
E Collines et plateaux agricoles des pays de l'Adour
(7) Collines cutivées Adour, Chalosse et Tursan 8 Terrasses
et plateaux céréaliers maïsicoles #9) Collines et coteaux
| agroforestiers (cultures, bois, prairies) 46) Marsan agrotoresner
D (curures, pins et feudlus) 41) Bas-armagnac
Territoires d'élevage
B Bocages deux-sévriens
à) Bocage sur socle cristallin
Plateaux herbagers et bocages du Limousin
443)Bocage de la Basse Marche, du Bas-Berryet des Combradles É 44)Compagne ondulés herbagère et bocagère du Limousin (45)
Plteaux herbagers des contreforts du Limousin (66) Vallées
î et gorges boisées 47) Secteur agroforestier granitique du
Périgord-Limousin 8) Bassin préseux de Brive
BR Zone d'élevage basque et béarnais
@s) Montagnes agropastorales basques et béarnaises
fl 60) Collines basques et béarnaises $t) Coteaux et coilines du
Béarn 62) Plateæux memeux basques
Territoire agroforestier du Périgord
B Causses du Périgord et de Corrèze
G3)Causse du Périgord central 64 Causse du Périgord Noir et de
Corrère #5) Causse de Daglanet du Lot
&?) Monts et collines du Limousin (Mont de Blond, Monts
dAmbazoc et de Saint-Goussoud, Mossif de Guèret, Massif de
Toulx-Sainte-Croix)
Plateaux agroforestiers et gorges boisées
&3) Hauts platecocréziens 6 Plateaux corréziens et de la
ü Xaintrie 63) Gorges de ta Dordogne et ses affluents $e° Gorges
de le Corrèze et ses affluents
Massif Pyrénéen
H Vallées et montagnes pyrénéennes
f €7) Haute-Soute #5) Gorges de Lourcos 465) Vallée d'Aspe
9) Vallée d'Ossau fi) Vallée de l'Ouzourmn (2) Montagnes
pyrénéennes
H Hautes montagnes et sommets pyrénéens
3) Pic d'Anie, Pic du mit d'Ossau, Pic de Ger
Vallées alluviales principales et
secondaires
fs) Plaines et vallées alluviales 95) Vallées des Gaves
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 92
Extrait des unités éco-paysagères de la Nouvelle-Aquitaine (Source :
https://www.aquitaineonline.com)EXPLOITATION
AGRICOLE
DOISEMENTS ÉPARSES DE
ri FEVILLUS
À COURS D'EAU ET
VÉGÉTATION
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 93
Mosaïque éco-paysagère du Nord Basse NavarrePAYSAGE NATUREL Pelouses et
Source: OCS 2020, atopia pâturages naturels
Landes et
broussailles
15%
xl"
É KL. sk EU HRÈNS LON +7. 1.12
[M Forêt de feuillus
[2] Prairies
\ EM Landes et broussailles
> [2] Pelouses et pâturages naturels
EM Forêts de conifères
Végétation clairsemée
EM Cours et voies d'eau
EM Plans d'eau
(NN Marais et Tourbières
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 94
En lien avec la carte des paysages naturels ci-avant (Source : OCS 2015/2020, atopia )| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 95
3.Les paysages de l’eau et des vallées
Les paysages de l’eau sont communs à beaucoup d’autres paysages et constituent des espaces de transition comme des coupures. La lecture paysagère d'une vallée ne fait pas appel aux mêmes schémas que ceux qui s'appliquent aux autres types de paysages. Une plaine, un bocage renvoient à des « modèles géographiques », tandis que les vallées sont très différentes et constituées d’une multitude d’occupation et de motifs. Les axes de transport (ferroviaires, routiers, etc.) ont historiquement emprunté de
longues sections de vallées.
La mosaïque paysagère associée aux vallées
De nombreux paysages accompagnent et bordent les cours d’eau du territoire. Les paysages humides sont constitués de plaines alluviales, cultivées ou non, d’étangs artificiels, d’étangs naturels, des vasières, des tourbières, traversées par de nombreux cours d’eau.
- Les barthes : ces plaines alluviales devinrent des terres d’élevage
après des travaux d’assainissement au 17ème siècle, drainé par des
canaux constituant des espaces privilégiés pour la pâture. Elles sont
présentes le long des principaux cours d’eau du territoire, en
particulier l’Adour, les Nives. Les barthes peuvent être de plusieurs
natures et de dimensions différentes, tout dépend de la topographie
de la vallée.
En particulier le long de l’Adour, les barthes se démarquent à travers
un fonctionnement hydraulique spécifique : les « esteys » qui
prennent naissance au pied des coteaux et amènent l’eau de
ruissellement vers l’Adour, et les « traverses » qui partagent les eaux
de la barthe par de nombreuses petites rigoles. Le système
fonctionne, à condition que la pluviométrie ne soit pas trop
importante.
Les barthes ont un intérêt économique par l’agriculture et
écologique (captation de Carbonne). Elles sont entretenues par
l’agriculture et constituées d’un ensemble de canaux et de clapets.
Ces éléments de patrimoine permettent de favoriser la gestion des
inondations. Ceux-ci sont de plus en plus menacés, car fermés,
rebouchés ou artificialisés, et ne permettent plus le drainage,
l’évacuation et la vidange de l’eau.
Extrait de l’ouvrage « les richesses du Seignanx » réalisé par le Pays du Seignanx.
- Des anciens moulins, utilisés autrefois pour toutes sortes d’activités
artisanales, sont encore présents le long de l’eau, rénovés ou en
friches. À Ustaritz, un canal de vidange appartenant à un ancien
moulin, rebouché aujourd’hui, marque l’entrée de la ville à l’est et
rappelle le passé économique de la ville.
- Les berges et les ripisylves sont également des motifs structurants
qui sont particulièrement denses en dehors des zones habitées. La
privatisation des berges pose problème, malgré des aides
financières et des ouvrages dédiés à la sensibilisation et à l’aide de
réalisation des travaux de renforcement des berges (essences
végétales, techniques de plantation, matériaux, etc.). Le maintien
des berges a de nombreux intérêts, aussi bien pour l’écologie, le
paysage et pour limiter les inondations.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 96
A Saint-Palais, la Bidouze et la Joyeuse sont très peu accessibles aujourd’hui du fait d’une privatisation des berges depuis les années 80-90. Ces cours d’eau n’ont plus la fonction qu’ils avaient et se sont fermés car les
agriculteurs n’entretiennent plus les berges (autrefois besoin d’accès à la ressource en eau pour arroser les champs) : les chemins de halage et agricoles n’existent plus, les ripisylves se sont densifiées par manque d’entretien et les berges ne sont plus accessibles et praticables. Les ripisylves étaient également entretenues par les locaux pour la ressource bois qu’elles produisaient. Un projet de nettoyage des berges par la CAPB est enclenché pour entretenir quatre kilomètres de berges de la Joyeuse.
Les cours d’eau majeurs et emblématiques du territoire
Plusieurs cours d’eau constituent des colonnes vertébrales au territoire et accompagnent une multitude de paysages, variant en fonction des
occupations du sol, des espaces habités, de la végétation ou encore du relief. Les cours d’eau sont moins des limites (entre deux départements pour l'Adour, entre les espaces urbains de la côte et les espaces des coteaux composites à l'est pour la Nive) que des bassins de vie, de travails et d’échanges. La puissance de ces vastes masses d’eau, la sérénité qui s’en dégage, le microclimat presque permanent impriment à ces paysages une ambiance très singulière de vastes étendues lumineuses.
La Nive à Saint-Jean-Pied-de-Port (Source : atopia)
La Nive à Ustaritz (Source : atopia)Collines et coteaux
; boisés et cultivées
Plaine alluviale en cultures :
maraichages, prairies, céréales.
iChemin
ide halage
COUPE PAYSAGÈRE DE LA NIVE
AUX ABORDS DE CAMBO-LES-BAINS
Source: atopia
; Boisement éparse : Village légèrement surélevé
Pente boisée:
0 50m 100m
i Cours d'eau de la Nive
et sa ripisylve
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 97
Quelques exemples de cours d’eau identitaires :
La Nive, Errobi en Basque, naît au pied du Mendi Zar (1 323 m), au-delà de la frontière espagnole, sous le nom de Harpeko erreka. Sa source principale se trouve à l'altitude de 360 m. La Nive est constituée près de Saint-Jean- Pied-de-Port de l'union des torrents bas-navarrais :
a) la Nive de Béhérobie (cours principal),
b) le Laurhibar,
c) la Nive d'Arnéguy.
La Nive présente des fluctuations saisonnières de débit assez marquées, de décembre à avril inclus, et une période de hautes eaux d'hiver-printemps. Deux maxima sont identifiés : le premier en décembre-janvier, et le second, un peu plus élevé en avril. La taille du bassin versant est relativement élevée, expliquant les crues, parfois très abondantes. Il est intéressant d’indiquer que les débits de crues de la Nive sont nettement supérieurs à ceux de la Marne aux portes de Paris, alors que son bassin est quinze fois plus vaste.COUPE PAYSAGÈRE DE L'ADOUR PRÈS DE
ST-LAURENT-DE-GOSSE
: Chemins près des berges, fermes, Source : atopia : clapets; canaux et digues
: Alternance surfaces G « |
: boisées et cultivées f | : Plaine alluviale en cultures : canaux, i - : maraichages, pâturage, arbres ? Route éloignée du cours d'eau : fruitiers, prairies, céréales. È
Plaine inondable et évolution des berges È Plaine inondable et évolution des berges
Cours d'eau de l'Adour : ouvert et large
) 200m : Ripisylve parfois dense parfois absente
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 98
L'Adour est un fleuve du Bassin aquitain dans le Sud-Ouest de la France, classé site Natura 2000. Il prend sa source dans le massif pyrénéen du pic du Midi de Bigorre, au col du Tourmalet (Hautes-Pyrénées) et se jette dans l'océan Atlantique après Bayonne, à Tarnos (Seignanx) pour la rive droite et Anglet (Pyrénées-Atlantiques) pour la rive gauche. Autrefois, l'Adour se terminait par un delta correspondant au Maremne, autour de son estuaire principal de Capbreton. En 1562, la ville de Bayonne, alors en déclin, obtint
de Charles IX de France qu'on lui donnât un accès direct à l'océan.
C'est Louis de Foix qui, aidé par une crue providentielle de la Nive, fit réaliser la trouée vers l'océan dans laquelle le fleuve s'engouffra le 25 octobre 1578.
L'Adour entretenait une forte activité de transport de marchandises sur galupes (gabarres landaises), permettant d'écouler la production de
l'intérieur du Sud-Ouest et notamment les vins des vignobles gascons. CetteCOUPE PAYSAGÈRE DU SAISON PRÈS DE
LICHOS
Source : atopia
: Plaine alluviale cultivée
: Pente douce cultivée Bocage : haies, arbres isolés : Pente raide ponctuée de
striée de boisements ; : Ripisyive dense et boisement de cultures
i boisement
Plaine inondable et évolution des berges = : _ | Plaine inondable et évolution des berges
0 45m Grande surface boisée i Cours d'eau du Saison : étroit : Pente raide difficilement praticable mm : et fermé, peu accessible ë pour l'activité agricole
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 99
activité perdura jusqu'à l'orée du XXe siècle, où elle s'inclina devant l'arrivée du train, plus rapide et plus économique.
Le Saison ou gave de Mauléon, appelé Uhaitz Handia, « le grand gave » en basque, est le principal affluent du gave d'Oloron. Lors des périodes glaciaires, la haute vallée du Saison fut occupée par un glacier formé par la rencontre des glaciers supérieurs de Larrau et de Saint-Engrâce.
Ces eaux accueillent de nombreuses espèces piscicoles, la truite fario (salmo trutta fario) par exemple, et plusieurs espèces de poissons migrateurs se reproduisent ou grandissent dans le Saison (anguilles, aloses, lamproies
marines, saumons atlantique et truites de mer...). Le Saison est une rivière très abondante, puissamment alimentée par les précipitations massives qui tombent sur les hauts sommets pyrénéens.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 100| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 101
4.Le paysage des risques
Le territoire est exposé à plusieurs risques, essentiellement naturels
(inondation, submersion marine, feux de forêt, recul du trait de côte, mouvement de terrain), pouvant occasionner des catastrophes. C’est
pourquoi, la Communauté d’agglomération Pays Basque accompagne les communes dans l’élaboration d’outils d’aide à la décision et d’information des populations.
Risques liés à l’eau
LES INONDATIONS
Les inondations sont très fréquentes sur le territoire et font partie de son histoire. Les populations locales ont toujours vécu avec elles, s’étant implantées en prenant en compte les risques d’inondabilités des cours d’eau, comme c’est le cas le long de l’Adour à travers l’utilisation de fossés ou de barthes, avec des systèmes de canaux qui drainaient et évacuaient le surplus d’eau. L’homme fuyait naturellement les abords des plaines
alluviales, les agriculteurs entretenaient les berges et curetaient les cours d’eau.
Aujourd’hui, les inondations sont de plus fréquentes et intenses, notamment celle de 2014 qui a fortement impacté le territoire. Du fait des inondations, les formes des cours ont beaucoup évolué ces dernières années,
notamment les tracés, les formes et la densité des berges et ripisylves.
Exemple de la Nive : Environ 30 à 50 mètres de cours d’eau permanant se sont retirés ces dernières années, le fil de l’eau est ainsi plus discret, plus réservé. Toutefois, les inondations qui ont lieu sont, elles, davantage dévastatrices. Le débordement a lieu à partir de Cambo-les-Bains et inonde les plaines. Lors des crues, plusieurs problématiques apparaissent,
notamment :
- une accumulation de sédiments qui peuvent bloquer et modifier le
tracé de l’eau, en bouchant ou détruisant les ouvrages (ponts ou
barrages) tout en aggravant certaines inondations.
- des dépôts de matériaux, charriés sur les plaines et les berges,
notamment des plantes, des roches ou des déchets.
Les crues inondent les plaines et ne permettent pas beaucoup de
possibilités en termes d’aménagement, on retrouve notamment :
- l’agriculture, principalement pour deux sortes de cultures : les
céréales, le maïs et le piment.
- des équipements sportifs qui connaissent des difficultés,
notamment pour l’évacuation de l’eau et la pérennité des matériaux.
- des boisements, principalement des essences adaptées à un sol
très humide, mais également des essences exotiques, telles que le
bananier ou le palmier et, plus problématique, des essences
invasives qui pullulent, notamment la renouée du japon et l’herbe
de la pampa.
Bien que la volonté première soit de « maîtriser » les inondations, il est important de rappeler que le cours d’eau est un système entier, et qu’il fonctionne en complémentarité de l’amont à l’aval. Lors des crues, freiner ou contourner l’inondation peut avoir des répercussions sur les communes situées en aval et amont.mme 1
M Zones potentiellement sujettes aux débordements de nappe
M Zones potentiellement sujettes aux inondations de cave
# Territoire à risque important d'Inondation
# Territoire à risque moyen d'inondation
M Surfaces hydrographiques
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Des PPRI très hétérogènes (Source : PCAET du Pays Basque 2019)
LES REMONTÉES DE NAPPE
On parle d’inondation par remontées de nappes lorsque l’inondation est provoquée par la montée du niveau de la nappe phréatique jusqu’à la surface du sol. Les nappes phréatiques sont alimentées (rechargées) par l'infiltration d'une partie de l'eau de pluie qui atteint le sol. Leur niveau varie de façon saisonnale :
- la recharge des nappes a principalement lieu durant la période
hivernale, car cette saison est propice à l'infiltration d'une plus grande quantité d'eau de pluie : les précipitations sont plus importantes, la température et l'évaporation sont plus faibles, et la végétation, peu active, prélève moins d'eau dans le sol ;
- à l'inverse, durant l'été, la recharge des nappes est faible ou nulle ;
- on appelle «battement de la nappe» la variation de son niveau au cours de l'année.
Le phénomène de remontée de nappes entraine plusieurs conséquences sur le territoire : l’inondation généralisée dans les vallées majeures,
l’apparition d’étangs et de mares, des mouvements de terrains, des
inondations des sous-sols, etc. Les territoires autour des principaux cours d’eau sont les plus touchés.
Les inondations et les remontées de nappe sur le territoire (Source : Géorisques 2022, atopia)
SALINISATION DES RESSOURCES EN EAU POTABLE
La salinisation sur le territoire est un phénomène qui s’observe de plus en plus et traduit une toxicité pour les végétaux et les organismes du sol. Le sel dégrade la qualité des eaux douces de surfaces, rend l’eau corrosive également. La salinisation diminue la productivité des zones humides. L’homme est en partie responsable de ce phénomène, notamment via l’irrigation, le défrichement, des pompages dépassant la capacité naturelle de recharge de la nappe.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 103
Risques liés à la terre
MOUVEMENT DE TERRAIN
Le territoire est soumis à des risques de mouvement de terrain. En effet, les zones de coteaux sont exposées aux glissements de terrain, et les zones littorales à l’érosion des falaises ou du cordon dunaire. Aussi, l’avancée de l’océan menace de plus en plus les habitats.
Carte du risque de mouvement de terrain (Source : Infoterre, géorisque, atopia))
Dans cette catégorie de risques, on retrouve également
- le risque sismique touchant notamment le Sud du Pays Basque, dans le secteurs des montagnes. Des règles de construction parasismique sont donc mises en place pour certains ponts ou bâtiments.
- - Le risque de « retrait et gonflement des argiles » qui touche notamment les zones côtières soumises aux variations en eau du terrain.
Cependant, les zones concernées restent constructibles.
- Le risque lié à la présence de cavités, qui sont susceptibles de
s’effondrer avec les mouvements de terrain. Un recensement de ces cavités a été réalisé par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières en 2010.
RISQUE DE RUISSELLEMENT
Le ruissellement désigne le phénomène d’écoulement des eaux à la surface des sols. Il est à l’origine des épisodes de coulées de boues qui sont un aléa important pour le territoire. Les coulées de boues sont constituées de grandes quantités d’argile, de sable et de rochers portées par l’eau ; cette charge en matériau solide leur confère un comportement intermédiaire entre celui d’un solide et d’un liquide.
Le risque de ruissellement et de coulées de boues est le plus fort lors des phénomènes orageux. Il est aussi particulièrement lié à la configuration du territoire. Les pentes et l’imperméabilisation des sols favorisent ce risque. Les espaces imperméables, très minéralisés, et les terres agricoles nues d’entités et de motifs végétalisés tels que les haies, les arbres isolés, etc.| Aléa feu de forêt Risque feu de forêt :
| Très faible Faible Moyen Fort Très fort
Faible | Faible
Enjeux Moyen | Très faible Faible
Fort |
Risque feu de forêt
Très faible
Faible
__ Moyen
EN Fort E=3 DDRMS4
En Très tort
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RISQUE LIE AU FEU
Carte du risque feu de forêt à l’échelle de la commune (Source : Plan Départemental de Protection des Forêts Contre les Incendies pour le département des Pyrénées- Atlantiques)
Le risque d’incendie, accru par l’augmentation des épisodes de sécheresse, est une préoccupation majeure sur le territoire notamment dans les zones de montagnes et quelques secteurs sur le littoral. Ce phénomène s’intensifie à mesure que les températures augmentent et durent sur des longues périodes. Viennent s’ajouter les pratiques tel que l’écobuage qui comporte| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 105
un risque. Les incendies impactent beaucoup les paysages et la biodiversité en modifiant le socle boisé.
RISQUE D’EROSION ET DE SUBMERSION
« Sur le littoral de la Région Nouvelle-Aquitaine on observe une
augmentation moyenne d’environ 2 mm/an depuis 1940 avec une
accélération notable de cette augmentation depuis les années 1990 et des taux d’élévation constatés compris entre 1,5 et 3 mm/an sur le territoire Basque. (Données issues du PCAET du Pays Basque, 2021). Le GIEC prévoit une élévation du niveau des mers et océans comprise entre 26 et 77 centimètres d'ici à 2100 pour un réchauffement planétaire de 1,5°C. » Extrait du PCAET du Pays Basque.
Le littoral Seignanx et Basque s’étend sur un linéaire de près de 40 kilomètres, dont 35 sont composés de côtes à falaises rocheuses présentant des hauteurs comprises entre 10 et 70 mètres. Des plages de baie et des estuaires marquent également le paysage emblématique de la côte. Ce linéaire est particulièrement sensible aux risques d’érosion et de
submersion, en effet, le recul du trait de côte impacte le Pays Basque d’une manière singulière.
Les mouvements de terrain sont aléatoires et font reculer la falaise par à- coups sur plusieurs dizaines de mètres. La nature des roches joue un rôle primordial dans le mode de dégradation des falaises et dans leur forme : les formations peuvent être meubles et donc fragiles (sables, limons, argiles, marnes, etc.), laissant des formes « adoucies », ou elles peuvent être dures (calcaires, marno-calcaires, etc.), donc moins érodables, donnant
généralement des formes plus abruptes. Dans les formations meubles, on retrouve généralement des glissements (ou coulées boueuses), alors que dans les formations dures, éboulements et chutes de blocs sont majoritaires.
Les exemples d’instabilité sont nombreux tout au long du littoral basque. A Guéthary, un glissement de près de 15000 m3 s’est produit en janvier 2004 à la suite de fortes précipitations. Vers la pointe Saint-Martin et Biarritz ainsi qu’à Bidart, des éboulements de près d’une dizaine de milliers de mètres cubes sont survenus ces dernières décennies, voire ces dernières années. L’instabilité des falaises est issue de la conjonction de nombreux facteurs naturels, réunis en deux grands ensembles plus ou moins prégnants selon les sites :
§ d’une part, les processus marins en pied de falaise qui, par l’action des vagues, entraînent une érosion sous-marine et aérienne (impact
de la houle sur la falaise). Cette dynamique marine peut engendrer
des sous-cavages déstabilisant la paroi sus-jacente.
§ d’autre part, les processus subaériens ou continentaux (vent,
précipitations, infiltrations, météorisation des roches, haloclastie…)
qui agissent sur la face de l’escarpement et au sommet de falaise.
Ces processus favorisent par actions chimique et mécanique le
démantèlement plus ou moins rapide de la matrice rocheuse,
provoquant glissements de terrain, éboulements, effondrements,
ravinements…
La Communauté d’Agglomération Pays Basque mène par exemple un programme d’actions volontaristes depuis 2017, visant à s’adapter aux aléas d’érosion côtière et de submersion marine sur les 20 à 40 prochaines années grâce à un outil commun : la « Stratégie locale de gestion des risques littoraux ». Cette dernière est une déclinaison de la méthode nationale (SNGITC) et régionale (GIP Littoral), et sa mise en œuvre est cofinancée par des fonds Européens FEDER. Cette action est aussi menée à l’échelle du Seignanx.
Quelques enjeux identifiés dans les Plans climat face aux risques :
• Limiter l’imperméabilisation des sols pour préserver les personnes et les biens face au risque inondation, notamment aux abords de l’Adour, de la Nivelle, et du Saison.
• Prendre en compte les contraintes liées aux sols (remontées de nappe, sismicité, etc.) afin d’adapter l’installation d’infrastructures et d’habitat en assurant la sécurité des hommes et de leur environnement.
• Prendre en compte l’état de pollution des sols afin d’adapter
l’installation de nouvelles infrastructures et d’en limiter les impacts environnementaux et sanitaires.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 106Océan À CN |
atlantique mo
a 1000 km
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 107
5.Le paysage culturel
Le territoire est associé à des identités culturelles forte avec de
nombreuses traditions festives et sportives, une riche gastronomie, et des langues anciennes encore pratiquées in-situ : le Gascon et l’Euskara (pratiquées sur les deux territoires). Mais aussi, les trois provinces
historiques du Pays Basque du Labourd, de la Soule et de la Basse Navarre sont liées par une culture riche et variée.
Le sentiment d’appartenance
Les cultures (landaise et basque) laissent des traces physiques dans le paysage, c’est notamment le cas de :
• L’architecture typique et la disposition notamment en « quartiers »
qui donnent un paysage construit diffus traditionnel avec des
couleurs assez spécifiques sur le territoire basque (rouge ou vert ou
bleu ou noir et blanc), les volumétries importantes,
Vue depuis Bidarray (Source : atopia)
• La morphologie des villages pittoresques, et notamment la
configuration des espaces publics, avec la présence de fronton de
pelote basque et les tonnelles de platanes tressées,
• Le système urbain présent dans la montagne avec la pratique de la
transhumance
• Les ports et les quartiers de pêcheurs,
• Les sports ruraux comme la pelote,
• Une toponymie propre, etc.
Traditions et artisanats
Quelques exemples :
La chasse à la baleine
Cette chasse était utile pour la viande et l'huile pour l'éclairage ; quant aux fanons, ils servaient à la décoration des casques des guerriers. Des
guetteurs sur les hauteurs (les atalayes), dans des tours (les guetarrios) échelonnées depuis la côte du Nervion à l'Adour surveillaient le large pour repérer les baleines.
À Biarritz, Bidart, Guéthary ou Saint-Jean-de-Luz, cette chasse à la baleine se développe, tant elle est bénéfique pour tout le monde. C’est tout un écosystème qui se met en place : il y a ceux qui dépècent, ceux qui font fondre, ceux qui tannent, ceux qui fabriquent le savon, les chantiers navals…Cette économie florissante attire du monde et la population de ses villages augmente.A Mintis-Mrdéine STaic de Crriabrre
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Carte des lieux de pêche des Basques et de leur évolution (Source :
http://archives.le64.fr/)
Tour Atalaye à Biarritz et Retour de pêche à Guethary en 1900 (Source :
paysbasqueavant.blogspot.com)
La pêche
Les pratiques de pêche concernent à la fois la mer, les rivières et les lacs sur le territoire. Il s’agit d’une activité aussi bien pratiquée dans le Pays Basque que dans les Landes.
La petite pêche côtière et estuarienne est pratiquée dans le Sud du golfe de Gascogne sur la côte basque. Les ports d’Hendaye et de Saint-Jean-de- Luz/Ciboure, et, à un degré moindre, celui de Bayonne, comptent une flottille de 149 bateaux, dont plus de la moitié sont armés en « petite pêche ». La pêche côtière (professionnelle et de loisir) participe à l'attrait touristique des ports. Pour la pêche professionnelle, elle offre en plus des possibilités d'écoulement en local des produits de la pêche. L’activité et la richesse créées par la petite pêche côtière irriguent et structurent le tissu socio- économique du territoire littoral. Pour l'estuaire, quelques 29 navires sont répertoriés comme actifs à la pêche. Les principales espèces exploitées sont l'anguille (stade civelle), le saumon atlantique, l'alose, la lamproie...
En rivière, grâce au potentiel offert par les nombreuses rivières classées en première ou deuxième catégorie piscicole, ce sont plus de 5 000 pêcheurs qui sont répertoriés dans les 5 Associations agréées de pêche et de protection des milieux aquatiques (AAPPMA) sans compter ceux d'autres régions qui viennent au titre de la réciprocité. Les propriétaires des moulins et la majorité des riverains connaissent bien la vie piscicole et les
particularités des parcours qui leur appartiennent. Ils entretiennent
régulièrement leurs berges, et dans un esprit de bonne cohabitation, ils autorisent les pêcheurs locaux et extérieurs à la région à pénétrer dans leurs propriétés.
La chasse
La chasse connaît un sérieux déclin mais reste présente sur le territoire du Seignanx et du Pays Basque. Elle peut concerner la chasse à la palombe sur tout le territoire, et plus particulièrement au niveau des crêtes des
montagnes et de la forêt, ou encore la chasse aux gros gibiers (sangliers, chevreuils). Le Pays Basque compte environ 200 associations et sociétés de chasse sur son territoire, notamment de multiples associations communales de chasse. Les nombreuses Associations Communales de Chasse Agrée (ACCA) gèrent les réserves de chasse tandis que les chasseurs interviennent également dans la régulation de certaines populations qui peuvent
représenter des nuisances pour certaines activités humaines (ex. sangliers pour les cultures) ou pour l’équilibre d’écosystèmes.
Le gemmage du Seignanx
Attestée à l’époque gallo-romaine, la méthode de récolte de résine de pin (aussi appelée gemmage) consiste à faire une entaille sur le pin, provoquant une sécrétion de gemme ou résine de pin brute, destinée initialement à faciliter la cicatrisation de l’arbre. En 1970-1990 , c’est l’apogée de l’activité de gemmage en Aquitaine avec 178 000 tonnes par an.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 109PATRIMOINE CULTUREL ÉCONOMIQUE
Source : IGN, atopia
Activités patrimoniales
CD Artisanat
ED Animaux d'élevages
@) végétaux cultivés
O Animaux sauvages
chassés/pêchés
Extraction anciennes
24368 Mines de cuivre
RE Mines de fer
EEE : ts Mines cuivre et or
e ....
=... Exploitation du fer
Transhumance D} ER. Autres
Mouvement d'hiver © Frontons
Déplacement d'hiver
LT Provinces historiques
Plaine et collines d'accueil pour à z
la transhumance - hiver € FUIT Re Se r L | Labourd
Mouvement d'été » RE HAUTE NIVE RD [| Basse-Navarre
#77 Estives syndicales LES y A LA fe __ | Soule
|__| Fauchage de la fougère LR |
) Transhumance transfrontalière
0 10km 20km A"
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 110| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 111
Les savoir-faires traditionnels (feu, fer, terre et eau)
Les savoir-faire anciens traduisent les paysages d’aujourd’hui. Le socle du territoire constituait une grande ressource au 19ème siècle : la multitude de ruisseaux et petits cours d’eau descendant de la zone plus montagneuse au sud ; la présence d’élevage pour les peaux et la présence d’une grande forêt clairsemée de chênes tauzin (sur sol calcaire) et de chênes pubescent (sur sol argilo-siliceux).
L’EAU
Les moulins étaient très nombreux sur le territoire jusqu’au milieu du XXème siècle. L’eau était utilisée pour toute sorte d’activités artisanales, notamment les boucheries, les tanneries, Le long du Saison, il n’est pas rare d’observer de nombreuses friches d’activités artisanales : moulins ou autres bâtiments qui servaient à la production de bonnets, d’espadrilles et de vêtements en laine. La toison des élevages de mouton était utilisée comme matière première pour ces fabrications, ainsi que le chanvre et le lin.
LA TANNERIE
Les tanneurs travaillaient des peaux lourdes dont les cuirs étaient réservés principalement pour les équipements militaires ou les semelles de
chaussures. Les mégissiers traitaient les petites peaux d'agneaux, de moutons ou de chèvres et utilisaient de l'huile de poisson pour les assouplir. Hasparren était notamment réputé pour son activité de chaussure jusque dans les années 70 : rien qu’à Hasparren en 1831, 51 tanneries existaient. Ainsi, grâce à l’accès facilité de l’eau et les nombreux élevages ovins, plusieurs activités ont perduré sur le territoire : laboureurs, tisserands, duranguiers, cordonniers, tanneurs, chocolatiers et marchands.
Activité de tannerie à Hasparren (Source : https://paysbasqueavant.blogspot.com/)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 112
LA MINOTERIE
Les activités de minoterie existent depuis le Moyen-Âge le long des cours d’eau. L’origine du mot minoterie viendrait de "minot" qui était le nom des barils de hêtre utilisés pour l’exportation des farines au XIXe siècle. Les moulins étaient autrefois à eau ou à vent et sont devenus, aux XIXème / XXème siècles, des minoteries industrielles, suite au changement de la méthode de broyage du grain (le remplacement des meules par les cylindres), et par l’intégration de toutes les tâches qui précèdent et suivent le broyage.
L’ESPADRILLE ET LE LIN
C’est au XIXème siècle, sur toute la vallée du Saison, que l’on assiste au développement économique de la cité. Mauléon fusionne avec Licharre en 1841. La fabrication artisanale de l’espadrille s’industrialise. Usines et belles maisons bourgeoises érigées à cette époque ornent les grandes rues, construites sur les premières pentes des coteaux, à l’abri des inondations, face au cours d’eau. Hélas, les usines ont été massivement fermées dans les années 80-90.
L’espadrille remonterait au moins au XIIème siècle dans le Pays Basque. Elle était fabriquée par des familles d'artisans spécialisés dans le lin et le chanvre. L’espadrille basque se démocratise ensuite au XIXème siècle. Elle est alors produite en grande quantité à Mauléon-Licharre dans les Pyrénées- Atlantiques pour être portée par les ouvriers et les paysans.
En 1881, la ville de Mauléon est la première ville électrifiée en France et connaît alors une période de prospérité. Les fabricants vont alors améliorer l'espadrille en lui ajoutant une semelle en caoutchouc et en adoptant de nouvelles formes. À la fin des années 1950, la concurrence devient de plus en plus rude et les mineurs abandonnent l'espadrille au profit de la chaussure de sécurité.
L’activité de tissage était une production artisanale datant du XVIème siècle et issu du lin. On constituait notamment des mantes, des vêtements et du linge de maison. Les tisserands itinérants utilisaient la récolte de lin afin de couvrir les besoins des paysans. Ils leur confectionnaient essentiellement des habits, du linge de maison et des couvertures pour les bœufs, les mantes. Symbole d’appartenance sociale, ces grandes pièces en toile de lin agrémentées de rayures, étaient apposées sur le dos des bêtes contre la chaleur et les parasites. Plusieurs crises économiques dans les années 70- 80 ont fait fermer ces activités industrielles. De nombreux bâtiments qui servaient à la production artisanale sont en friche aujourd’hui.
LE FEU ET LA PIERRE
Les carrières dans le Pays Basque remontent à des époques reculées où pierre, fer et or étaient exploités, à petite échelle, un peu partout sur le territoire. La pierre, sous toutes ses formes, qu’il s’agisse d’alluvions (galets, sables ou graviers) ou de pierres dures d’ornements.
LES MINES
L’exploitation des minerais s’étendait jusqu’au XIXème siècle tout le long des montagnes basques avec une densité plus importante entre Saint-Jean- Pied-de-Port et Sare. Le schéma d’exploitation reprend celui de l’exploitation de la pierre, les exploitations sont petites et directement en relation avec « les industries » de transformations. Ainsi, il y avait une mine, et sur le carreau de la mine, un site métallurgique associé.
Il a été retrouvé des traces d’exploitation d’or vers Itxassou, d’argent vers Urepel, de cuivre vers Broca. Les entrées de mine ressemblent à des entrées de grottes, pas bien larges ni bien hautes, le plus souvent recouvertes de végétation. L'archéologue Argitxu Beyrie situe le pic de l'exploitation entre le IIIème siècle avant Jésus-Christ et le IIIème siècle après. Mais des mines de fer ont perduré à l'époque médiévale, à la Renaissance et jusqu'en 1914, abandonnées ensuite en raison d'un potentiel insuffisant. Donc, à une époque il existait un important district minier entre Saint-Jean-Pied-de-Port et la côte. On peut même dire qu'il révèle une certaine spécialisation du territoire.
En 2015 l’entreprise SUDMINES a lancé une expertise pour reprendre l’exploitation des mines d’or avec un développement raisonné mais cela n’a pas donné suite.
LA PIERRE
Le grès de la Rhune : C'est le 27 octobre 1781 que fut autorisée pour la première fois l'exploitation des carrières de la Rhune. À l'occasion d'une mission ordonnée par Louis XVI, l'intendant Dupré de Saint-Maur,
accompagné de divers "experts techniques", autorisa en 1781 l'ouverture d'une carrière "pour extraire les matériaux en grès à la Rhune". Les pierres étaient acheminées ensuite à Saint-Jean-de-Luz pour divers travaux dans la baie.y 4 &
RE. (OH. = CARRIÈRE LE, FRATE — ASCAIN (8...)
Vue du Sito déchorgeant pierre cassée «ft morcique, M. D.
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 113
Très rapidement, l'importance économique des carrières se fit sentir. Des ouvrages importants furent érigés à partir de cette pierre qui fait, aujourd’hui, un marqueur identitaire du Pays Basque, notamment à Bayonne (le pont : 1845-1849), à Biarritz (le phare, en 1832), Oloron (le pont) sans oublier le pavage des rues, les bordures de routes, les soubassements des maisons. La pierre de Bidache fait aussi partie des carrières qui ont marqué le paysage par l’utilisation de leurs pierres dans le bâti. Cette pierre a été utilisée pour la construction des fortifications, des ponts, et de la plupart des maisons de Bayonne, Biarritz ou Dax.
Carrière sur le massif de la Rhune (Source : atopia)
Mythe Basque : La Rhune, dominant le Labourd, a été la scène de
nombreuses légendes. L'une d'entre elles raconte que dans ses entrailles vivait un serpent à sept queues, appelé lehen sugea. Un jour, il cracha des métaux nobles qui se trouvaient dans la montagne. L'or et l'argent sont descendus par les pentes de La Rhune, formant des rivières ardentes qui ont rasé les forêts de la zone. Ce serait une explication romanesque de l'absence de forêts dans le Labourd. (lannuairebasque)
Carrière à Ascain (Source : Delcampe.net)
LE GALET
La rivière est une ressource beaucoup moins inexploitée aujourd’hui.
Autrefois, elle était utilisée pour beaucoup de choses, notamment la
récupération de galets dans le lit de la rivière comme matériau de
construction. Il s’agissait notamment de mini carrières.
Aujourd’hui, la loi sur l’eau limite l’extraction des roches dans la rivière, à cause de la fragilité de son lit. En laissant ces roches, les inondations se sont aggravées. Des réflexions sont en cours, notamment autour des contrats de rivière pour permettre le curetage de certaines parties des cours d’eau. Le galet est très présent dans les constructions traditionnelles, autant pour les murets que pour les façades.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 114
LES FORGES BASQUE
De nombreuses forges ont également existé pour travailler les minerais. Cette pratique est issue d’une longue tradition en Pays Basque, son importance économique et sociale a fortement marqué ce peuple. Il en existait deux types : les forges à vent (Aizeola) et les forges hydrauliques (Urola) :
• Aizeolo sont des forges de montagne, implantées près des
boisements pour avoir accès à la ressource et alimenter le feu
(charbon de bois), et près des mines pour faciliter l’acheminement
des minerais. Ce type de forges a persistée jusqu’aux XIVeme siècles.
• Urola sont des forges implantées à proximité des cours d’eau afin
de bénéficier de la force motrice des rivières. Elles sont apparues
dans la continuité de la disparition des forges AIzeolo.
LES FORGES DE L’ADOUR
Édifiées à partir des années 1880, les forges de l’Adour sont des complexes sidérurgiques uniques employant, suivant les périodes, jusqu’à 2000
personnes. L’ensemble couvrait une superficie de 26 hectares environ, limitée à l’Ouest par la forêt de pins en bordure de l’océan. Ces forges sont alimentées en charbons et en minerais par la voie ferrée Paris-Bordeaux ou par bateaux. Dès des années 1950, l’usine est menacée par la fermeture. C’est le5 juillet 1965 que les Forges de l’Adour ferment définitivement. On retrouve aujourd’hui des traces historiques par la présence des anciennes cités des Forges de Tarnos.
Dimensions culturelles et linguistiques
Il s’agit des liens entre patrimoine naturel, récit (mythologie), héritage culturel (langue) et savoir-faire locaux (vernaculaires) qui sont nombreux et lointains aussi bien dans les landes qu'au Pays basque. La mythologie basque donne des éclairages sur les ancrages ancestraux des relations homme nature au Pays basque. « L'homme basque vit dans la plénitude et l'autosuffisance de sa maison et de son micro-cosmos; il est stable et sédentaire tant au plan spatial qu'au plan spirituel puisqu'il naît, vit et meurt dans sa maison. »
Il existe en Pays Basque une large connaissance vernaculaire du patrimoine naturel, la valorisation de la connaissance populaire et des mémoires collectives est essentielle pour une large appropriation du patrimoine. Des
acteurs tels que l’ICB, le Gis ID 64 ou Gure Irratia œuvrent pour collecter les mémoires vivantes et diffuser ces connaissances au travers d’expositions telles que "Itsasturiak, les gens de la mer" ou d’émissions de « Gure Bazterrak » dédiées à la découverte de site avec leur histoire, leur
patrimoine, leur environnement. Ce recueil des perceptions du patrimoine naturel par les populations locales dans l’histoire du pays et leur valorisation est essentiel pour créer un fil d’Ariane entre les générations et leur lien à la nature locale.
La langue basque est porteuse d’une approche très spécifique de la nature, du rapport de l’homme à la nature, sa façon de créer des mots, des significations. De nombreuses espèces et races sont connues et nommées en langue basque ; la toponymie en basque est aussi très liée aux éléments naturels.
Le Gascon, (variante de l'occitan), est aussi une langue ancrée dans le territoire mais pointée comme menacée d’extinction par l’atlas mondial des langues de l’UNESCO. La langue gasconne est d'origine occitane des langues d'Oc. Elle est principalement parlée entre la Garonne et les Pyrénées. Mais le territoire Charnégou est à la frontière de ce pays de la langue gasconne.
Basques et gascons ont longtemps cohabité et la langue a ainsi perduré. Aujourd’hui, ce dialecte a été déclaré "en danger" par l'Unesco. C'est pourquoi, la Communauté d'Agglomération Pays Basque a reconnu le gascon officiellement sur son territoire, au même titre que le basque.
L’héritage et la transmission des biens bâtis
La maison basque « Etxea » se distingue par une particularité du droit successoral au Pays basque qui a favorisé pendant longtemps une certaine pérennité et le maintien traditionnel de la maison, tout au moins dans sa partie d'habitation. Cette relation « occupants occupés », régie par la tradition, et un code juridique particulier qui octroie à l'aîné de la famille le nom de la maison et lui impose des obligations domestiques originales, sont quasi immuables.
Encore aujourd’hui, il n’est pas rare de nommer quelqu’un par le nom de sa maison natale.
Dans chaque famille, l’aîné, garçon ou fille, était l’héritier de la maison. Il/elle avait le devoir de le faire prospérer et fructifier, il devait prendre en charge ses parents, ses oncles, tantes, frères et sœurs célibataires demeurés au foyer. Parfois, l’intérêt de la maison exigeait une dérogation pour que ce soit le suivant qui devienne le jeune maître de maison.MODES DE GESTION DES TERRITOIRES MONTAGNARDS
Source : Audap, BD TOPO, Conservatoire des Espaces Naturels 64
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CC] Commission syndicale du Pays de Soule
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Cette transmission des biens et des terres est moins importante aujourd’hui, notamment pour les exploitations agricoles. En effet, on constate une importante diminution, de la part des exploitations sans successeur connu en 2010, notamment dans le secteur montagne où la reprise des terres et des domaines est souvent complexe.
La gestion d’un bien commun
Culturellement, l’activité pastorale repose sur une utilisation maîtrisée et partagée de la ressource herbagère tout au long des parcours conduisant en estive. Cette ressource est considérée comme étant un bien commun dont peuvent jouir tous les troupeaux. Aucun éleveur, berger ou pâtre n’en est propriétaire. Ces prairies représentent des parcours de pâtures qui sont la propriété des commissions syndicales, des communes ou d’associations foncières pastorales. Leur utilisation fait toujours l’objet de règles. Les commissions syndicales, forme d’organisation la plus répandue en Béarn comme en Pays-Basque, regroupent éleveurs et professionnels du
pastoralisme. On retrouve également des associations foncières pastorales, ainsi que des de propriétés communales (Cf carte page ci-contre).;
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6.Le Paysage habité
Elément de contexte :
La Répartition de la population et des secteurs d’emplois
Il est intéressant d’observer sur le territoire un fonctionnement Ouest et Est, issu d’un part des pressions et des dynamiques du littoral, et d’autre part des espaces ruraux et isolés des grands pôles.
Une aire urbaine est un ensemble de communes constituée par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci. Le littoral et le rétro-littoral constituent un grand pôle urbain qui s’étire jusqu’aux communes d’Ustaritz, Jatxou,
Mouguerre et Saint-Martin de Seignanx. À l’intérieur des terres, de
nombreuses communes sont attirées par ce grand pôle littoral, s’étirant jusqu’à Bidarray, Hélette, Saint-Esteben, Saint-Martin-d’Arberoue et Bardos. Cette couronne tournée vers l’océan subit donc les pressions urbaines et démographiques du littoral.
Ensuite, on constate l’existence de trois petits pôles, soit un ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle (unité urbaine) de 1 500 à 5 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci. Ces pôles correspondent à la localité de Saint-Jean-Pied-de-Port, Saint-Palais et
Mauléon-Licharre. Enfin, on constate certaines communes qui sont hors des influences des pôles cités ci-avant. C’est notamment le cas de quelques communes dans la vallée des Aldudes et dans le secteur de la montagne. Cette analyse des aires urbaines intègre également le sujet des
déplacements « domicile-travail » sur le territoire, qui s’exerce entre les pôles et les communes périurbaines associées. Ainsi, la plupart des flux et donc des infrastructures sur le territoire sont principalement concentrées sur le littoral, vers l’intérieur des terres, sur les couronnes et entre les petits pôles. Cette notion de déplacement est importante dans le paysage et doit être intégrée aux sujets des projets d’aménagements urbains.
0 10km 20km
Grands pôles
N
Couronnes des grands pôles
AIRES URBAINES
Source : IGN, Insee 2010, atopia
Communes multipolarisées
Petits pôles
Couronnes des petits pôles
Autres communes
Bayonne
Ustaritz
Hendaye
Ondre
Saint-Laurent de Gosse
Bidart
Cambo-les-bains
Bidarray
Saint-Jean-Pied-de-
Port
Mauléon--Licharre
Saint-Palais
Larrau
Bidache
TYPOLOGIE URBAIN/RURAL EN 2010
Source : IGN, Insee 2010, atopia
0 10km 20km
N
Pôle urbain
Couronnes périurbaine
Espace rural
Bayonne
Ustaritz
Hendaye
Ondre
Saint-Laurent de Gosse
Bidart
Cambo-les-bains
Bidarray
Saint-Jean-Pied-de-
Port
Mauléon--Licharre
Saint-Palais
Larrau
BidacheEDUEOU
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Le paysage construit
L’habitat dans le paysage (Voir carte sur le paysage habité ci-après)
La répartition bâtie globale permet de constater des implantations de différentes natures sur le territoire.
Des tissus urbains denses, concentrés principalement sur le littoral basque et du Seignanx, notamment le pôle urbain d’Anglet, Biarritz et Bayonne et Tarnos, ainsi que sur des communes spécifiques dans les terres : Saint-Jean- Pied-de-Port, Cambo-les-Bains, Mauléon-Licharre et Saint Palais. Cette
forme de tissu se caractérise par son homogénéité morphologique, en termes de bâti, d'espace ouvert et de composition entre les deux, et qui est souvent délimité par des éléments structurants introduisant un effet de coupure ou de discontinuité.
Zone urbaine dense : Saint-Martin-de-Seignanx (Source : maps)
Zone urbaine dense : Assurucq en Soule (Source : maps)
Un tissu urbain diffus, dont l’origine est basée historiquement sur une implantation dite en « quartier » d’habitations qui s’égrenaient dans le paysage et sur des fermes isolées. Plus récemment, à partir des années 1990 – 2000, un nouveau tissu diffus apparaît dans le paysage, des maisons isolées réparties ici et là, autant sur les zones basses que hautes. Ce développement aussi appelé « mitage urbain » génère un paysage qui perd progressivement son caractère rural verdoyant dominant.
Zone urbaine diffuse : Ayerre en Labourd (Source : maps)MANDOS
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Zone urbaine diffuse : Jayu en Basse Navarre (Source : maps)TISSUS URBAINS PRINCIPAUX
Source : atopia, OCS 2020
BR rssus denses
EM rissus diffus
0 5 10 km
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 119SR D
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Paysage habité : distinction du tissu urbain dense et diffus (OCS 2020, Bdtopo, atopia)
Les typologies urbaines
Dans l’analyse sur les typo-morphologies urbaines du territoire, plusieurs types d’habitats ont été identifiés et détaillés. Ainsi, nous identifions :
- Le bourg : Le village se distingue du hameau par le fait qu’il accueille
encore ou a accueilli des éléments de vie collective, une place de
village, une église, quelques commerces de proximité (boulangerie,
épicerie) ou service public même si ces derniers n’existent plus,
compte tenu de l’évolution des modes de vie. Le bourg répond aux
mêmes caractéristiques que le village mais sa taille est plus
importante (polarités).
- Le quartier constitué : Le quartier constitué se définit comme un
ensemble de bâtiments agglomérés à usage principal d’habitation,
composé d’un minimum de 15 constructions, présentant un
caractère homogène et groupé (distance de moins de 50 m entre
deux constructions) et sans enjeux agricoles ou environnementaux.
- Le hameau : Le hameau se définit comme un groupe de
constructions à dominante d’habitations, composé d’entre 5 et 15
constructions. Elles se perçoivent comme appartenant à un même
ensemble, compte tenu de leur implantation les unes par rapport
aux autres (distance de moins de 50 m entre deux constructions),
de leurs caractéristiques et de la configuration particulière des lieux
Le hameau est sans enjeux agricoles ou environnementaux
- Les habitats dispersés sont des ensembles de constructions
isolées, constitués de quelques bâtiments à vocation d'habitat ou
d'activités. Ces habitats dispersés (maisons d’habitation, bâti
agricole, châteaux, maisons bourgeoises/de maître, etc.) sont
nombreux sur le territoire.
Seuls les villages avec un certain nombre d’habitants sont inclus dans cette typologie, ici les villages identifiés comme des centralités de la commune ou des chefs lieu de commune (IGN) sont pris en compte. Dans cette analyse, il a été identifié 5 types de bourgs posant chacun des enjeux propres : le
bourg tas et ses hameaux étendues, le bourg étendu et/ou morcelé, les hameaux étendus, le bourg rue et le bourg compact/dense.
À droite, un bourg tas et des hameaux étendus et à gauche, un bourg étendu et/ou morcelé (atopia)
A droite, des hameaux étendus, et à gauche, un bourg rue (Source : atopia)TYPOLOGIE DES BOURGS
Source : atopia
Cscte
nette
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L’urbanisation particulière du littoral l (cf Atlas des paysage)
Un littoral landais préservé : grâce à des schémas d’aménagements tel que le MIACA (développé sur la côte landaise et basque 1967-1988)
l’urbanisation a réussi à être contenue et les aménagements ont été réalisés de manière parcimonieuse et en retrait de la côte, en venant conforter et consolider les villages. C'est le cas par exemple des plages de Tarnos, Ondres, etc.
Organisation de l’urbanisation en retrait de la côte, Ondre (Source :
géoportail)
Des paysages bâtis récents, sur le rétro-littoral du Seignanx. Cette partie du territoire présente beaucoup de paysages jeunes qui n’existaient pas il y a 50 ans. On reconnaît facilement dans les bourgs d’aujourd’hui le cœur de village modeste, d’ailleurs représenté sur le cadastre napoléonien du début du XIXème siècle, mais le village s’est considérablement étendu par quartiers de maisons individuelles, de type lotissement comme partout dans le département, mais il y a aussi des extensions plus denses, constituées de collectifs à 2 ou 3 niveaux, implantés dans la continuité du centre ancien. C’est le cas en particulier de St-Martin-de-Seignanx, très proche de
l’agglomération de Bayonne.
La proximité de l’agglomération basque engendre des densités bâties qui contrastent avec le caractère rural des villages. St-Martin-de-Seignanx
(Source :CC Seignanx)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 123
Traversée du village et desserte des services, école, mairie et commerce. St-Martin-de-Hinx
(Source :CC Seignanx).
Des villages en quartiers et des formes urbaines lâches, sur le rétro-littoral du Seignanx. Plusieurs communes disposaient d’une implantation sur les collines et d’un quartier en bord d’Adour. La présence de l’ancienne route royale de Pau à Bayonne, devenue route départementale 817 a également favorisé d’autres polarités. C’est ainsi que le « quartier neuf », en bord de RD817 de St-Martin-de-Seignanx, est bien moins neuf que le centre du bourg. Se trouvent là quelques vieilles bâtisses dont certaines sont encore des restaurants. Mais la route a également « coupé » certaines communes, comme Biarotte et Biaudos, qui étaient organisées en plusieurs quartiers, au nord et au sud du tracé. Ainsi, à Biaudos, le quartier dit « du château » au nord, était d’égale importance avec le quartier de l’église. À Ste-Marie-de- Gosse, également traversée par la route, le village était au sud et la partie nord n’était occupée que par des corps de ferme.
On remarque également qu’il n’y a pas ou très peu de continuité bâtie, peu de bâtiments construits en mitoyenneté ou implantés à l’alignement de la rue. L’observation du cadastre napoléonien montre que les villages se sont constitués autour de croisements de forme aléatoire ; ni patte d’oie, ni orthogonalité pour ces carrefours de routes au tracé souple qui s’adaptent à la topographie. Cette constitution d’origine donne des paysages bâtis aérés, sans hiérarchie ni perspective, dont la cohésion tient souvent à la présence des arbres, ceux des propriétés riveraines et ceux de la place publique. Ces formes souples, sans doute difficiles à reproduire, n’ont pas servi d’exemple pour les quartiers d’extensions tout proches, de
composition orthogonale plutôt rigide et sans nuances. (Source : Atlas des paysages des landes)
Les grandes bâtisses égrainées le long de rue, sans mitoyenneté, enveloppées de jardins, confèrent une
ambiance champêtre au centre du village. Ste-Marie-de-Gosse
Les villes-fronts d'océan : correspondent aux fronts urbains de Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye-plage et Fontarrabie. Ils se caractérisent par une forte densité de constructions basée sur un premier grand
développement des années 1850 aux années 1930, à Biarritz, Saint-Jean-de- Luz et Hendaye-plage et un second développement dans les années 1960- 70 à Biarritz, Hendaye-plage et Fontarrabie.f x CT LI : | :
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Urbanisation au plus près de la mer Saint-Jean-De-Luz (Source : CAUE 64)
Urbanisation au plus près de la mer Bidart (Source : CAUE 64)
Les villes-jardins balnéaires : construites sur les dunes de Chiberta à Anglet et sur celles de l'entrée de la baie de Txingudi à Hendaye. Ces deux villes d'assez faible densité (très faible à Chiberta puisque la ville est une juxtaposition de maisons individuelles et plus forte à Hendaye-plage où ont été construits au fil du temps de petits immeubles collectifs). Leur image actuelle de ville-jardin, très plantée pour Hendaye-plage et plus "nature"
pour Chiberta au milieu des forêts artificielles de pins maritimes et chênes- lièges, ne reflète pas l'effort initial d'artificialisation qui a été nécessaire pour contrecarrer les qualités du milieu naturel.
Villa du quartier de Chiberta (Source : atopia)
Les villages perchés de Guéthary et Bidart, qui constituent une forme urbaine à part, encore aujourd'hui. Perchés sur leur colline surplombant la mer, ils sont visibles de loin. Ils se sont développés en conservant cette image de village-bourg de bord d'océan. Les constructions y sont restées de taille plus modeste et moins opulentes qu'à Biarritz ou Saint-Jean-de-Luz, du fait du relief et de la végétation. Mais la pression résidentielle a transformé ces villages en petites villes à l’apparence de village balnéaire.
Reliquats agricoles : représentés par de fermes disséminées notamment sur la corniche à Urrugne autour du chemin de Xibau à Erromardie, en limite de Saint-Jean-de-Luz. Leur présence encore aujourd'hui est le résultat d'uneAXES ET ZONES INEUSTAELLES
ET COMMERCES AgmoutTuR ET
DOLSEMENT
MAICTUALLE)S
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MENACÉE PAR
L'EROSIEN
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politique de protection active de l'État, du Département et des collectivités locales.
Les quartiers de ports de pêche et les quartiers ouvriers : sont des ensembles d’habitations pour les travailleurs, proches des usines ou des ports. Six ports de pêche scandent la côte : le vieux port de Biarritz, les ports de Guéthary, de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, de Socoa, d’Hendaye-plage et de Fontarrabie. Ils sont d’une échelle très modeste, à l’exception des ports de Saint-Jean-de-Luz et de Ciboure, autour desquels s’est construite la ville.
Organisation urbaine le long du littoral basque (Source : atopia)ENTRÉE MARQUÉE PAR UN
ÉLÉMENT PATRIMONIALE
ENTRÉE PAR UNE Z
TONE D'ACIIVTÉ ZE
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ENTRÉE FORESTIÈRE
PAR LES VERSANTS
ENTRÉE AGRICOLE
ET VÉGÉTALE
L'ENTRÉE -RUE
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Les franges et les transitions entre espaces urbains et de nature
Des seuils urbains parfois peu lisibles : Autrefois, la transition ville-village et la campagne était directe, évidente et marquée. À partir du milieu du XXème siècle, les développements urbains ont transformés la relation ville- campagne et le rôle de la centralité urbaine. Les petites villes et les villages comportent encore un centre urbain, mais ils se sont étirés le long de la rue principale, engendrant l’apparition d’un espace périurbain.
Ces tissus sont le plus souvent dressés le long d’une rue principale, sans que l’on sache exactement où le tissu urbain commence et où il se termine. La discontinuité du milieu, la perte progressive de lisibilité, et l’articulation entre l’espace ouvert et l’espace urbanisé, constituent des enjeux majeurs dans de nombreuses communes du territoire. Les franges gagneraient à supporter davantage l’identité des villes et des villages, et ainsi
contribueraient à la promotion de ses intérêts patrimoniaux. Toutefois, la désorganisation spatiale, générée par la logique urbaine et l’accessibilité routière, ainsi que le manque de définition de la limite entre les espaces publics et privés, de même que l’affichage publicitaire (pré-enseignes et enseignes démesurées) génèrent une déqualification du paysage local.
Entrées de villes et de villages types sur le territoire (Source : atopia)
Les zones d’activités économiques et commerciales
En majorité, les zones d’activités du territoire d’étude sont peu qualitatives en matière architecturale et paysagère. Hormis quelques contre-exemples, notamment les zones vouées aux activités de tertiaire supérieur telles qu’Izarbel, Technocité sur l’Agglomération ou de nouvelles zones comme Soupesse sur le Seignanx, l’offre actuelle présente encore une faible qualité architecturale du bâti, des espaces publics peu soignés… qui à terme peuvent nuire au dynamisme de la zone, les entreprises étant de plus en plus regardantes sur ces aspects.
L’implantation des zones d’activités est principalement située en entrée de ville et de villages, le long des axes où les flux routiers sont les plus importants, notamment pour permettre aux acteurs économiques une bonne visibilité de leurs activités.
Bien que certaines nouvelles zones d’activités tendent à être mieux
intégrées dans le paysage grâce à des chartes environnementales et architecturales, la plupart constituent des « points noirs » dans le paysage. La plupart ont été aménagées déconnectées des codes architecturaux et urbains traditionnels, se rapprochant davantage d’un modèle standardisé en taule, de grande dimension, et où la place du piéton est absente. Ce sont des espaces à part, peu connectés au reste du tissu urbain et qui laissent une impression d’hostilité où le piéton n’a pas sa place.
Des marges de progrès évidentes existent quant à l’intégration urbaine, environnementale et paysagère des zones au territoire. D’autant plus pour les ZAE présentes dans un contexte très urbain, en lien direct avec des espaces d’habitat, de loisirs… A cela, dans un objectif de limiter la
consommation d’espace, il est opportun de poursuivre la priorisation du développement des activités dans les espaces déjà urbanisés (reconquérir des espaces de friches en milieu urbain et optimiser les zones d’activités actuelles avant toute extension et création de nouvelles zones).
Les zones portuaires et industrialo-portuaires sont particulièrement
concernées par cette problématique d’intégration urbaine, les villes s’étant développées progressivement aux portes du port. Le niveau de
littoralisation des activités économiques est important et il est vécu par les territoires intérieurs comme un déséquilibre qui porte préjudice.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 127
Le territoire reste dynamique en matière d’activités commerciales. Le
maillage commercial est très complet en cœur d’agglomération et sur la bande littorale. On peut noter une implantation commerciale par
opportunisme et sur l’intérieur du territoire ( Ondres, St Martin de Seignanx, Bidache, Cambo, Ustaritz, St Jean Pied de Port, Mauléon, St Palais,
Hasparren ,etc.). Les commerces participent à la construction de la ville et à ce titre, il doit pouvoir être attendu les mêmes exigences de qualité et d’intégration au territoire que les autres fonctions urbaines. En ce sens, le développement commercial doit être cohérent avec les politiques publiques en matière de déplacement, d’habitat, de protection de l’environnement, de qualité urbaine…
Jusqu’à présent, les stratégies locales ont très souvent produit des zones commerciales de faible qualité architecturale et paysagère, dégradant les entrées de ville et participant à l’étalement urbain des villes mais aussi des villages… Les zones commerciales restent encore des équipement
consommateurs d’espaces pour lesquels les liens avec le tissus urbain et existant reste encore peu pris en compte.
Leur étendue, la forte taille des bâtiments et leur positionnement le long des voies, en entrée de bourg ou en périphérie des villes, voire parfois isolés, leur confère une forte visibilité. Leur développement fait souvent appel à un mode d’urbanisation très spécifique, basé sur l’effet vitrine, l’accessibilité automobile et sur une composition architecturale et urbaine peu qualitative. La composition de ces lieux mérite d’être réinterrogée pour évoluer vers une plus grande qualité urbaine. Le dynamisme économique de la commune est un atout, s’il s’accompagne d’une qualité des aménagements et de
l’architecture.
Le positionnement de la zone d’activité et sa relation avec son entourage constitue également un enjeu. Plutôt que de s’isoler et de fonctionner tournées sur elles-mêmes, les zones commerciales pourraient être conçues comme un quartier urbain, présentant une diversité d’usages et d’accès. Des espaces de transitions seraient bienvenus pour mieux les associer à leur contexte tant urbain que rural. Les espaces publics gagnerait à être
structurés et hiérarchisés, avec un aménagement qualitatif au moins sur les voies principales, alliant simplicité et facilité de gestion.
L’objectif est de favoriser une unité et un cadre commun vis à vis
d’installations parfois hétéroclites, pour créer un projet d’ensemble
harmonieux. L’enjeu est de concilier l’effet de vitrine pour les entreprises et le maintien d’une image qualitative de la ville
D’autre part l’affichage publicitaire et la signalétique viennent ponctuer les entrées de ville et les zones d’activités et de commerces et renforcent la perte de qualité paysagère.
Comparaison d’une rue intérieure d’une ancienne et d’une nouvelle zone d’activité (Ambroise et Soupesse à Saint-Martin-de-Seignanx)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 128Prendre en compte le paysage lors de l'implantation d'une zone d'activités Mattrneer te ben d irrpéantetion er rome d'octrrtés ocrpuétet des réserves homcawert
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Leatset des empacts vasets puits ken oncrut em Detvédere et La concurrence vinsetle ævec mis
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 129
Cf Atlas des Landes, y _ X TAN
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Zones industrielles, d - een À Fe 46 Y | : LR)
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 130| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 131
Les ports de pêche
Les ports anciens, nombreux le long de la côte (notamment Saint-Jean-de- Luz, Socoa, Biarritz, Guéthary, Hendaye, Fontarabie), sont le reflet d’un riche passé de l’activité de pêche du littoral basque. Aujourd’hui, en termes d’aménités et de patrimoine, ils renforcent le charme désuet des lieux, fondé néanmoins sur une activité économique réelle de l’océan.
Par un développement croissant depuis les années 1960 et l’avènement du tourisme moderne, les ports de plaisance les ont supplanté. Ils constituent des motifs du littoral qui alignent de nombreux voiliers sont bien plus visibles aujourd’hui avec leurs forêts caractéristiques de mâts : Anglet sur l’Adour, Larraldenia à Saint-Jean-de-Luz, Hendaye-plage et de Fontarabie.
Port de pêche à Ciboure (Source CAUE64)
Port de plaisance à Socoa (Source : CAUE64)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 132
Bâtis abandonnés
Certaines maisons ou fermes sont dégradées du fait de la vacance sur l’ensemble du territoire.
Dans le paysage, cette vacance ne se ressent pas de la même manière partout. En fonction de la taille et de la densité urbaine des communes, la perception de la vacance n’est pas la même. Dans les communes littorales, celle-ci est moins perçue car le tissu urbain est conséquent. Or, dans les communes rurales éloignées des pôles, cette vacance se ressent davantage au regard de la taille des bourgs. C’est notamment le cas dans la vallée des Aldudes, aussi baptisée « la vallée des volets fermés ». La présence de cette vacance, davantage présente dans les centralités historiques des
communes, implique de fait une dégradation du patrimoine architectural et urbain, qui tend à tomber en ruine faute de rénovation et de valorisation. A contrario, le développement urbain amène de nouvelles constructions qui s’implantent en périphérie des tâches urbaines, souvent mal intégrées, et qui dénature les profils des villages traditionnels.
Anciens bâtiments agricoles à l’abandon et délabrés (Source : atopia)
Habitat abandonné en Soule (Source : atopia)Z
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RTS CARACTÉRISTIQUES DES| Source : CAUE 64, atopia
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Im Mixité architecturale : style gascon et
basco-landais
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Va Re ON SAT : «SES, CE » PP / x =
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92. Caractère béarnais et bigourdans, large,
tuiles d'ardoises noires
+ +,» Pierres appareillées, claveaux surélevés,
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0 10km
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 133
Les constructions caractéristiques du territoire
CARACTÉRISTIQUES DES MAISONS
Source : CAUE 40, CAUE 64, atopia| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 134
Dans le Seignanx …
• Architecture de la maison landaise
Tout comme la maison basque, il n’existe pas de modèle unique de la maison du Seignanx mais des variantes. Jusqu’à la fin du XIXème siècle, l’architecture est caractéristique du système agro-pastoral landais. Avec la disparition de ce système, la généralisation du gemmage, les cabanes de résiniers vont quitter les forêts millénaires de la côte pour conquérir le plateau landais.
Les maisons de la lande forestière sont souvent basses, avec une large toiture à 2 ou 3 pentes, la façade étant en pignon. Mais en Maremne on trouve aussi des maisons parallélépipédiques, à étage complet ou à demi- étage, avec des toitures à 4 pentes et des façades plates sans auvent. Les murs à ossature bois sont remplis de torchis, de moellons enduits, ou bien de briques. Les toitures sont en tuiles avec une pente de 30 % environ. Les ouvertures sont étroites.
Maisons landaises (Source : atopia)
• Un style basco-landais
Au XXème siècle, de nombreuses formes architecturales apparaissent en s’inspirant du patrimoine bâti traditionnel Basque. Les façades sont alors marquées par l’identité basque et landaise : faux pans de bois en
maçonnerie avec remplissage de briquettes en épis, souvent en ciment peint, façade blanche et crépie, murs saillants, encorbellement, pignons.
Maisons style néo-basquo-landais (Source : atopia)
• Les maisons des Barthes
Il s’agit de fermes situées sur une bande de 20 à 50 mètres bordant l’Adour. Elles furent construites dès la fin du XVIIIème siècle, abritées des marées par les digues nouvellement élevées, et s'alignent le long des berges. La maison des Barthes est une variante de la maison des coteaux de Chalosse : toiture à 2 pans en tuiles creuses, façade pignon tournée vers l'Est, murs de moellons enduits. Elle se distingue par son caractère adapté aux
inondations, puisque la partie habitable se trouve à l'étage. Pour répondre aux facteurs météorologiques, ces maisons furent construites selon le même principe : les façades Ouest et Nord aveugles (pluies et des vents
dominants). Le rez-de-chaussée quant à lui comprend une vaste grange d’où part un escalier, au pied duquel on attachait les couralins, pour abriter le matériel de l’étable lors des inondations. En cas de submersion, l’étage servait à accueillir les hommes et les récoltes. Le bétail était sauvé sur son « radeau » de fumier, fait à base de joncs qui s’élèvent.
Fermes anciennes au bord de l’Adour (atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 135
Schéma d’une ferme de l’Adour (Extrait de l’ouvrage « les richesses du Seignanx » réalisé par le Pays du
Seignanx)
• Les fermes du Seignanx
Elles sont construites en pierres, avec un grand toit landais à 2 ou 3 pentes. La pièce principale est la cuisine, avec son plafond à solives apparentes où pendent jambons, boudins et ventrèches. Lorsque l’étable est séparée du bâtiment principal, elle est généralement à pans de bois avec torchis. La grange est toujours en bois, avec une armature de gros poteaux.
Exemples de fermes dans le Seignanx (extrait de l’ouvrage sur les richesses du Seignanx)TL Î DT | 9 PTS
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Dans le pays basque…
• Architecture du Charnégou à la confluence des Landes et du Pays
Basque
Il s’agit du territoire le plus au Nord du Pays Basque, à quelques pas de Bayonne. Le Pays de Charnégou est une de zone de confluence où la vie est rythmée par les eaux de la Joyeuse, de la Bidouze et surtout de l'Adour. Rapidement, les Vascons (mélange de basque et de gascons), ont aménagé les rives pour y construire de petits ports qui ont permis à tous ces villages de se développer avec le commerce fluvial. Les galupes, sortes de barques à fond plat, faisaient un va-et-vient ininterrompu entre Bayonne et l'intérieur du Pays Basque. On dit qu'au XXème siècle plus d'un millier circulaient sur les eaux de l'Adour.
L’architecture dans le Charnégou constitue également une fusion entre l’architecture landaise et basque, avec des caractéristiques spécifiques.
La maison Basque l’Etxe, un élément de patrimoine identitaire bâti
Dans l’histoire et l’héritage basque, la maison, « Etxe » s’impose dans le paysage, avec deux styles de maison :
• à pans de bois, qui se caractérise par une façade à pignon sur rue
d’un ou deux étages avec des fenêtres à croisées, s’appuyant sur
un bandeau transversal mouluré.
• en pierre, principalement de style Renaissance, réservée aux plus
fortunés, présente des caractéristiques quasi-identiques, à la
différence que les encadrements de portes et fenêtres sont en
pierre jaune de Mousserolles.
Jusqu'au Moyen âge, la maison bloc à salle unique, en pierre, en pisé ou en bois, est présente sur les trois provinces historiques du Pays Basque, au même titre que la maison tour et les bâtisses en pierres sèches couvertes de lauzes. Plusieurs styles de maisons se distinguent les unes des autres. En fonction des provinces historiques, l’architecture évolue d’un bout à l’autre du territoire. Ainsi, le modèle architectural du Labourd est différent de celui de la Basse Navarre et de la Soule.
Le modèle labourdin
Constitué de murs blanchis à la chaux, on les reconnaît grâce à leurs toitures asymétriques, à deux pans, et couvertes de tuiles. Les façades des maisons labourdines sont agrémentées de colombages en bois peints. L’un des derniers éléments qui les différencie de leurs cousines, est le “lorio” : un espace couvert qui est créé par l’avancée de l’étage sur le rez-de-chaussée, dans la construction. Il servait d'abri pour travailler dehors. Dans les landes intérieures, l’architecture tend traditionnellement plus vers le modèle
labourdin.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 137
Le modèle navarrais,
Situé en Cize, Baïgory et Ostabarret, qui se traduit par une façade enrichie d'une porte centrée en plein centre, en pierres appareillées et à claveaux surélevés. En dépit de la complexité de sa topographie, morcelée par les reliefs et les vallées, le secteur, qui correspond au sud de la Basse Navarre, présente une remarquable cohérence architecturale. Des maisons-blocs* massives abritent sous un même toit le logement des hommes et celui des animaux, les récoltes et le fourrage, ainsi que tout le matériel nécessaire à la vie de l’exploitation.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 138
Le modèle souletin,
D'un volume plus contrasté, présente des caractéristiques architecturales très différentes,
proches des exemples béarnais et bigourdans. Elle se caractérise par sa disposition en largeur
et son toit d’ardoises, dont la forte pente se termine en coyau. C’est une habitation
rectangulaire, sobre, qui abrite de grandes pièces derrières des murs en pierre épais. Au rez-de-
chaussée on trouve la cuisine, la salle à manger utilisée uniquement lors des fêtes ou des
réunions de famille, et la grange. Il y a un étage où se trouvent les chambres et enfin le grenier.Toit de tuiles creuses à fort
débord
Les fenêtres s'insérent dans
le rythme des pans de bois
Murs de pierres appareillèes
formant sailre Lorio
La souche, massivé, désigne la pièce à feu.
Le débord du toit est
généralement court
Mais sur certaires maisons
d'est plus important
etest porté par des
‘corbeaux de bois
Les encadrements
de haies peuvent
etre en plerre O4
en bois.
Parlois dans une
rnéme façade
les deux maté rnaux
cohabftent
Un cartouche de prerre
Aporte une dédkace,
parfois une date
La travée de parte engendre
l'axe de compeshian de la façade
Les fenêtres s'ocganisent
autour de l'aun de la porte
Les ouvertures se sUpérposent
etsom distribuées régulièrement.
Mur de soubassement enduit
Façade Nord peu et
irrégulièrement percée
= \
Les toits fortement pentus sont adeptes à l'ardoise ou à La tuile plate.
La façade du logis
est toujours enduite,
Le corps de logis se caractérise
per les croupes qui couvrent
les petits <ôtes.
Pour augmenter le volume du comble,
les bitiments agricoles se térrrurvent
sur des pignons ou des quart de coupes.
Souvent les bâtiments
agricoles sont lais565s
en pierre apparente.
Une où plusieurs portes chartetières
caractérisent les btiments à usage agricole.
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Composition de l’habitat Labourdin (CAUE64)
Composition de l’habitat Souletin (Source : CAUE64)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 140
L’appropriation de l’Etxe dans les constructions contemporaines : le style Néo-Basque
Au début du XXème siècle, l’essor du tourisme de luxe a donné naissance à un courant régionaliste duquel est issu le style Néo Basque. Les façades sont identiques à l’etxe traditionnelle, principalement labourdine, et jouent avec de nombreuses combinaisons : multiplication des décrochements de l’avant corps, superposition d’étages, et asymétrie des toits. Cette
architecture s’inspire des éléments traditionnels : sablières, pans de bois souvent factices, en ciment et les balcons deviennent de simples éléments de décors.
Plusieurs évolutions de l’Etxe apparaissent, notamment le style « cantabro- aquitain », couvert de tuiles, en Navarre et au Labourd, et le modèle « pyrénéen », couvert d'ardoises, en Soule. D’autres changements
apparaissent, l’ossature de bois des maisons se recouvre d’un enduit imitant la pierre, et les fenêtres sont entourées d’un cadre en bois mouluré avec des garde-corps en fer forgé. La maison basque perd progressivement sa fonction rurale, pour tendre vers un style néo-basque, puis par la suite en maisons labourdines banalisées. Le style l’etxe est si singulier qu'il n'arrive pas, ou très peu, à être véritablement renouvelé sur le territoire.
Maisons collectives et individuelles à Ascarat (source : atopia)
Le cayolar
Les cabanes d’estives sont le lieu d’habitation des bergers durant la période estivale de pâture en haute montagne. Elles permettent de regrouper le troupeau dans des enclos construits à proximité́, et sont le lieu de la fabrication des fromages. Ces cabanes sont nommées « cayolars » en basque, et présentent des particularités suivant les territoires.
Le lieu de leur implantation est choisi avec attention, elles sont souvent construites sur un replat ou en surplomb, en dehors des couloirs
d’avalanches, ou adossées à un bloc erratique, ou une falaise en guise de protection. Les cabanes d’estives et les enclos sont également implantés à la croisée de différents parcours de pâturage.
Ces cabanes ont récemment dû s’adapter aux nouvelles normes encadrant la production de fromages, et offrir le confort légitime attendu par la nouvelle génération de bergers qui assure la transhumance estivale en famille. Les récents projets de réhabilitation s’appuient sur une énergie solaire intégrée pour alimenter les besoins quotidiens en électricité.
Quelques cayolars en montagne Basque (Source : atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 141
La borde
Dans les textes français anciens, la borde désigne une métairie. Le bordier est un tenancier qui exploite un bien, pour moitié pour lui, pour moitié pour le propriétaire. Ce modèle évoluera à la Révolution française, vers une indépendance en faveur des exploitants, qui deviendront propriétaire de leur terre.
La borde est historiquement une construction éloignée du village et de la maison, modeste et simple. Elle sert à garder les troupeaux, les récoltes, le foin, la fougère et autre denrée. Ainsi, sa forme reste rudimentaire, assez basse et longue, dans des matériaux locaux.
Quelques bordes en montagne Basque (Source : atopia)
La bastide : une forme remarquable d’habitat
Cette forme apparut au XIIème siècle et répondit à des nécessités d’ordre démographique, commercial, voire stratégique. Les bastides étaient
construites sur un plan régulier avec une place centrale réservée aux échanges et au négoce. Il existe quelques modèles de bastides encore bien préservés sur le territoire, c’est notamment le cas de la Bastide-Clairence et de Bidache.
Exemple de la Bastide-Clairence (Source : Géoportail)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 142
Exemple de Bidache (Source : Géoportail)
Les maisons de nobles et la maison bourgeoise
La maison noble ou « jaureguia » apparaît au XVIIIème et au XIXème siècles. Dans le Seignanx, elle estt souvent qualifiée de maison bordelaise, ou de maison de maître. Le plus souvent, il s'agit d'une construction maçonnée en hauteur, avec une toiture à 4 versants, une façade classique, agrémentée d'éléments décoratifs : génoises, frontons, appareillages, pilastres,
soubassements, ... Dans le Maremne, cette maison de maître s'appuie souvent sur une ossature bois avec remplissage de briques.
Au Pays Basque, elle se caractérises par un grand toit à double pente et une façade sur mur pignon, avec de grandes proportions. Elles possèdent une grande porte charretière richement décorée. Ces maisons sont en nombre réduit sur le territoire
Parallèlement, la maison bourgeoise apparaît au XIXème siècle, souvent dans le bourg et les centres villageois. C’est une maison plan carré, surmontée d’un toit à quatre pentes en tuiles canal. Ces façades sont symétriques et possèdent de nombreuses ouvertures. La bourgeoisie rurale se démarque de ses origines paysannes en se ralliant à un type de construction provenant de provinces plus riches.
Maisons noble et bourgeoise (Source : atopia)
Les ports et les quartiers de pêcheurs
L’activité de la pêche au XVIème et au XVIème siècles a fortement impactée l’architecture et les formes urbaines des côtes et des estuaires basques. Des quartiers de pêcheurs aux parties aristocratiques du XIXème siècle, le littoral est un millefeuille architectural qui rappelle son histoire économique et de loisirs. Les quartiers des pêcheurs se fondent dans les architectures
balnéaires et les riches demeures bourgeoises. Plusieurs monuments
emblématiques occupent la côte : le fort de Socoa et la maison de l’infante Marie-Thérèse d’Espagne, à Saint-Jean de Luz. De Biarritz jusqu’à Guéthary, l’architecture est typiquement basque, avant de s’orienter progressivement vers une architecture catalane.
- Les hôtels et les grandes demeures basques
Témoignage d’un passé fastueux, les hôtels et demeures fleurissent sur la côte basque, notamment aux abords de Biarritz, avec la Villa Eugénie, résidence d’été de l’impératrice construite autour de 1855. Elle seOnes trlaBarre de PARA
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transformera par la suite en hôtel de luxe et deviendra l’Hôtel du Palais, un palace de la côte atlantique qui a vu défiler têtes couronnées et stars de cinéma. Parmi les autres fleurons hôteliers de la Riviera basque, on retrouve le Régina, un édifice emblématique de la Belle Époque qui fut construit en 1907.
Autres édifices d’exception : la villa du plateau d’Atalaye, et l’église
orthodoxe, dans le style byzantin qui doit sa création à la forte présence aristocratique russe du début du XXème siècle après la révolution. Le château d’Ilbarritz, bâti en 1897 pour le baron Albert de l’Espée, jouit quant à lui d’une situation exceptionnelle. N’oublions pas l’emblématique Villa Belza, de style néo-médiéval, accrochée à la falaise à proximité du Rocher de la Vierge, à Biarritz. Autre construction remarquable à Saint-Jean-de-Luz, le Grand- Hôtel, un établissement 5 étoiles posé sur la plage, face à la baie et construit en 1909.
- L’influence art déco sur la cote
Des constructions qui célèbrent la joie de vivre retrouvée après la guerre ont été érigées au cours des années 20 et 30, véritable âge d’or de l’architecture moderne et de l’Art déco. On retrouve notamment tout un ensemble de bâtiments aux formes géométriques étonnantes, cédant
souvent aux influences mauresques de l’époque, bousculant le style
traditionnel basque. Les façades Art déco ne manquent pas, avec
notamment celle de la piscine de Biarritz, et celle du casino le long de la Grande Plage.
Parmi quelques exemples, on retrouve le Didam à Bayonne (un ancien bâtiment de la Bourse du travail situé au bord de l’Adour) et la splendide verrière sur la façade épurée des magasins « Aux dames de France » à Bayonne, et « Aux bonheurs des dames » à Biarritz (devenus Les Galeries Lafayette). La villa Malaye à Bayonne, la villa Sousanna à Anglet, la villa Rêverie, la résidence Itsasoan, et l’hôtel Guétharia à Guéthary jouissent également d’étonnantes façades pour leur style. Enfin, n’oublions pas la célèbre Villa Leihorra, à Ciboure, qui fait office de joyau de l’Art déco, à l’échelle du Pays Basque, et même au-delà.
Maisons noble et bourgeoise (Source : atopia)
Les châteaux
Le territoire est constitué de nombreux châteaux tels que le château ducal de Gramont à Bidache, mentionné en 1329. D’autres jalonnent le territoire comme le château d’Andurain de Maytie, édifié au XVIIe siècle à Mauléon- Licharre, en Soule, ainsi que le château fort de Mauléon datant du XIIème siècle. Le château d’Urtubie à Urrugne fait office de figure romantique et appartient à la même famille depuis le XIVème siècle. Le château des barons d’Ezpeleta à Espelette est le plus ancien, car daté de l’an 1000. Le château de Camou, proche de Saint-Palais, date quant à lui du XIe siècle. Le château observatoire Abbadia à Hendaye fait figure de joyau plus contemporain. Dessiné par le célèbre architecte Viollet-le-Duc, il repose sur la corniche basque face à l’océan.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 144MALSON LABOURDIN
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 145
Les matériaux de constructions traditionnels
Les couleurs
• Le blanc des enduits au mortier de chaux dans le seignanx
• Le rouge, « gorri » en basque, correspondrait historiquement au
sang de bœuf. On l’utilisait pour empêcher que le bois ne pourrisse,
et pour le protéger des éléments.
• Le vert, « berde » en basque, viendrait de l’extraction du minerai de
fer, très présent dans les sols basques.
• Le bleu, « urdin » en basque, trouverait ses origines dans le passé
maritime de la région. Les familles de la côte basque, qui vivaient
beaucoup de la pêche, auraient utilisé les restes des peintures des
bateaux de pêche.
Les matériaux
Dans la longue durée, l’évolution des architectures semble commandée par l’effacement progressif des structures en bois au profit des maçonneries de pierre, par le retrait du charpentier pour laisser place au maçon. Dans les constructions les plus anciennes, des files de poteaux de bois forment l’ossature du bâti, distribuant l’espace intérieur et portant la charpente. Parfois, ces poteaux, pris dans une gangue de maçonnerie, transparaissent en façade.
Près de Sare, différentes utilisations des couleurs dans les constructions (Source : atopia)
Exemple d’utilisation de la couleur rouge sur les façades d’habitations (Source : atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 146
7.Le paysage des mobilités
Les mobilités
Les tracés viaires traversant les villes et les villages sont des lieux de passage, l’emprise est donc généralement très large, constituée de voies de circulation réservées aux véhicules motorisés et d’accotements non
aménagés, sans trottoirs.
Les routes constituent le premier support de déplacements quotidiens mais aussi touristiques. Parfois remarquables pour découvrir le paysage, elles peuvent cependant être bordées d’espaces déqualifiés, notamment
d’aménagements récents, sans intégration ni logique vis à vis de leurs environnements. Pourtant, elles sont sans aucun doute un moteur primordial du développement du territoire, notamment pour l’accessibilité aux zones les plus reculées.
La route est autant un moyen de « visiter » qu’un mode de déplacement quotidien. Si les grandes routes bordées de platanes ou d’érables peuvent être remarquables, souvent les paysages des abords sont banalisés
(parking, hangar, enseigne, clôture...).
Toutefois, certains axes peuvent constituer des ruptures dans le paysage, comme c’est le cas des tracés principaux, avec l’autoroute A63 le long du littoral, et l’autoroute A64 qui se déploie le long de l’Adour.
Les tracés de voies ferrées sur le territoire constituent d’excellents moyens de découvrir le paysage tout en limitant des flux trop importants. Les tracés de train génèrent sur le territoire un impact fort, positif par sa capacité à le connecter, mais aussi négatif par les ruptures et nuisances qu’elle peut opérer.
Les tracés des voies ferrés actuellement en place ont une logique Nord / Sud très forte, connectant les grandes villes situées plus au Sud à Hendaye, desservant Bayonne et Biarritz. Les tracés existants connectent aussi Pau à l’Est, mais aussi Saint-Jean-Pied-de-Port sur le lien entre transport ferré et accompagnement d’un développement des territoires. En définitive, les voies ferrées sont développées de façon irrégulières et disproportionnées, ne permettant pas l’accès à certains secteurs du territoire hormis par l’usage de la voiture.
Les liaisons douces constituent un enjeu important pour la réduction de la pollution et soulignent la nécessité de multiplier les possibilités de
déplacements doux (cycle, piéton). Le développement des mobilités s’est fondé essentiellement sur la voiture, et sur les aménagements associés (parking), sans laisser une réelle place aux mobilités alternatives. En plus de la limitation des nuisances liées à la voiture, la mobilité douce représente un intérêt évident pour la santé. C’est également un mode de déplacement avec une proximité directe de l’espace public et de son organisation (lieux d’arrêt et de pause, lieux d’informations,...) et participe ainsi au
développement de la cohésion sociale.
La mobilité questionne également sur la localité des équipements, services et commerces, ainsi que l’accès à certaines ressources, souvent trop éloignées et difficile d’accès à vélo ou à pied, d’autant plus sur un territoire aussi vaste que le Pays Basque ou le Seignanx. De surcroît, la mise en réseau des lieux de vies quotidiens (comme ceux du loisir ou de la randonnée) est appréhendée dans un même système, lequel s’appuie sur les potentialités de paysages, et contribue, de fait, à sa pérennité et à sa valorisation.
Des sentiers de randonnées, cyclables et équestres constituent également des réseaux de mobilité douce de qualité sur le territoire, pratiqués par les touristes et les locaux. Ils sont nombreux, notamment en montagne, et réputés par la qualité des paysages traversés. Il en existe de plusieurs sortes : les circuits de Grandes Randonnées, les sentiers équestres, les sentiers de découvertes, etc. Certains itinéraires sont très célèbres,
notamment :
- la route des Cimes, qui débute à Saint-Etienne-de-Baïgorry ;
- le sentier de la Rhune, en passant par Ascain, Sare et le col de Saint-
Ignace ;
- le sentier du littoral, de Bidart à Saint-Sébastien, sur 54 kilomètres ;
- le sentier des gorges de Kakuetta conduisent à une grande cascade
et à la grotte aux lacs ;
- l’Ursuya, qui débute à Hasparren ;
- le sentier de découverte à Saint-Jean-Pied-de-Port.
- le pas de Rolland à Itxasou, etc.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 147—— Itinéraire équestre
—— Sentier de découverte
—— Piste cyclable
—— Sentier
mu sût
Relief (courbes 10m)
--- Voies ferrées
| : Û
_ Forêts
—— Autre
—— Tracé viaire
© Gares
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 148| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 149
Carte des mobilités douces et viaires sur le territoire d’étude (Source : atopia)
Voies de circulations viaire et ferrée à Urt (Source CAUE64)
Autoroute aux abords de la côte basque Biarritz (Source CAUE64)
Voies ferrées sur la côte basque aux alentours de Bidart| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 150
Chemin le long du littoral au sein d’un Espace Naturel Sensible (Source CAUE)
8.Le paysage des ressources
Le territoire d’étude se dessine à travers plusieurs formes et paysages agricoles, industriels, d’extraction, sylvicoles, etc. Les activités de l’Homme ont fortement impacté le paysage, via l’exploitation des ressources (la terre, la pierre, la mer, le bois, l’eau), et par de nombreuses constructions qui accompagnent cette anthropisation des paysages.
Le paysage agricole
• Un paysage agricole principalement issu du pastoralisme.
L’agriculture reflète des savoir-faire locaux et des traditions souvent
ancestrales. D’un bout à l’autre du territoire, l’agriculture évolue au regard du relief, de l’hydrographie, du socle forestier, de la composition du sol, etc. L’agriculture est la première activité en termes d’occupation d’espace et repose sur des spécificités sociales, économiques, culturelles et territoriales. L’occupation agricole la plus prégnante dans le paysage correspond
certainement à l’élevage, ovin en particulier, mais aussi bovin (viande), qui se déploie de toutes parts, jusqu’aux abords de certains secteurs littoraux.
Ainsi, 84% de la SAU est de la prairie (permanente ou temporaire artificielle), selon le Registre parcellaire agricole de 2020.
Le pastoralisme amène une richesse inégalée sur le territoire, en jouant un rôle important dans l’entretien de la grande diversité de paysages,
d’espèces et de milieux. Dans la séquence paysagère de la montagne, un équilibre est établi entre le triptyque « Homme-Nature-Culture », en totale interconnexion. Si l’un d’eux est fragilisé, les deux autres le sont également. L’agriculture de montagne, multifonctionnelle et singulière, est vulnérable aux menaces internes et externes qui tendent à fragiliser l’équilibre Homme- Nature et qui impactent les éléments de patrimoine et le maintien d’un modèle économique durable. L’agriculture est garante de l’entretien de l’espace, de la biodiversité et des paysages.D.
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 151
Schématisation des ressources associées aux séquences paysagères (Source : atopia)
Comme le Seignanx, le littoral était auparavant fortement cultivé et pâturé, notamment les terres humides des trois estuaires (l’Uhabia, la Nivelle et la Bisdassoa). Dès les années 20, de grands plans voient le jour, les
constructions se multiplient, la population augmente, car tout un peuple de travailleurs précède et suit l'afflux des nouveaux résidents.
Au XXème siècle le long de la côte, les maraîchers sont plus rares et les prix au marché beaucoup plus élevés. Ils le sont encore davantage à St-Jean-de- Luz, peut-être encore plus à Hendaye. Actuellement, l’agriculture du littoral est davantage confidentielle, avec quelques parcelles éparses qui perdurent dans le paysage.
Avec le développement touristique et l’urbanisation des villages côtiers, le littoral, et particulièrement les estuaires de la Nivelle (Uhabia et Bidassoa), ont progressivement été canalisés afin de pouvoir les bâtir, quand ils n’ont pas été drainés pour y installer des équipements (Golf de la Nivelle, stade
Jean Poulou à Saint-Jean-de-Luz ; voies ferrés et aéroports à Hendaye ; stade municipal, parc ludique ou station d’épuration à Bidart).DER. CURE ! TYPESD'ELEVAGE e- , Source : Codes NAF 2022, stopio
199 BIARRITZ. — Dans les Champs. — Les Hersages. — LL,
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 152
Hersage dans les champs à Biarrtiz (Source : Delcampe.net)
• Un système bocager caractéristique des espaces de plaines et de
collines
Lorsque l’amplitude du relief s’adoucit, les croupes sont suffisamment praticables pour y intégrer de l’élevage. À l’instar du système d’étagement sur la montagne, c’est le système bocager qui est propre aux paysages collinaires et de plaines, quadrillé de haies, alternant entre des espaces de pâtures sur les pentes, et des espaces de cultures (herbagères, fourragères, maraichères et céréalières) sur les terrains les plus plats, le plus souvent en fonds de vallées.
Ce paysage de plaine est également caractérisé par des cultures
spécifiques, notamment le piment d’Espelette, présent en Labourd.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 153
Quadrillage de haies en Basse-Navarre (Source : atopia)
• Une production de céréales très présente au nord du territoire
Les céréales constituent une production considérable au Nord du territoire, notamment sur les replats du relief, et dans les paysages de vallons et de collines où les pentes sont douces et accessibles. Le Seignanx est
également une terre propice pour cette culture, tout comme les abords des cours d’eau, où les plaines alluviales sont très convoitées, notamment pour le maïs très exigent en termes d’irrigation. Ce paysage de maïs et de céréales est spécifique à différentes zones : Nord de la Basse Navarre sur les plateaux, Nord de la Soule le long de la vallée du Saison, étendues alluviales en fond de vallée, abords de l’Adour et clairières ouvertes dans le Gosse Seignanx.
Les bâtiments agricoles évoluent également sur la moitié nord du territoire dans la zone basque, en passant d’un bâtiment plus adapté à l’accueil d’animaux et des fermes plus proche de celles présentes dans des milieux paysagers de bocage, comme le Berry, avec des hautes portes chartières, des granges
ouvertes, des cours davantage fermées. Le silo à maïs est un motif identitaire de ce paysage, présent souvent en entrée de ville, dans la continuité des exploitations agricoles.
La culture de maïs est historiquement très ancrée dans le Seignanx. Il était ramassé à la main, épi par épi, puis dépouillé à l’aide d’un cabillon, petit bout de bois permettant de percer les rafles.
Motifs agricoles dans le Seignanx, extrait de l’ouvrage « les richesses du Seignanx » réalisé par le Pays du
Seignanx.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 154PAYSAGE AGRICOLE DOMINANT Prairies
Source : RPG 2020, atopia temporaires
41%
Estives et landes
41%
EM Prairies permanentes
EM Estives landes
EM Fourage
[B Gel
EM Autres oléagineux
EM Tourmesol
EM légumes - fleurs
Cola
EN Oge
C1 Blé tendre
D eye
EM Vignes
EM Protéagineux
[M Autres céréales
EM 2res
EM Maïs grain et ensilage
OM Prairies temporaires
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Boisement /
bosquet
ponctuel
Etalement
urbain
linéaire
Parcellaire
agricole en
lanière
Exploita9on
agricole
Lotissement
en dehors du
tissu
Cours d’eau et
sa ripisylve
dense
Prairies permanentes
Estives landes
Fourrage
Gel
Autres oléagineux
Tournesol
Légumes - fleurs
Colza
Orge
Blé tendre
Vergers
Vignes
Protéagineux
Autres céréales
Divers
Maïs grain et ensilage
Prairies temporaires
Paysage de culture
Source : IGN, RPG, atopiaCHÈVRES
PAR EXPLOITATION
Source : Agreste ÊGA 2010, atopia
êtes: 19/0 à 33,9
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Source : Agreste AGA 2010, atopia
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 157
Environ 4881 chèvres
sur 79 exploitations
Environ 368 012 brebis
laitières sur 1392
exploitations
Environ 7 053 vaches laitières
sur 256 exploitations
• Des pratiques anciennes rattachées à l’agriculture
Le feu est un outil de défrichement ancien utilisé partout sur la planète. Pour les éleveurs, l’objectif de l’usage du feu est de maintenir la prairie landicole (séquence herbacée) valorisable par leurs troupeaux. L’usage du feu
sélectionne alors indirectement les végétaux qui sont les plus adaptés. Il crée un nouveau milieu totalement anthropique qui, en cas d’abandon des pratiques humaines, reprend sa dynamique vers la forêt.
Cette pratique consiste à incendier des espaces : bois, clarières afin de les maintenir en état, par le passage répété du feu, et de privilégier la pâture. Il permet ainsi le maintien de milieux ouverts. L’écobuage est une pratique très ancienne, dont les premières traces remontent il y a plus de 8000 à la période de l’Holocène. Son utilisation a permis d’intégrer progressivement l’agriculture sur le territoire, notamment par le déboisement temporaire pour des mises en culture. La fréquentation devient réellement importante à partir de l’Âge de Bronze (présence de pâturage au-dessus de 500m), puis se développe réellement au Moyen-Âge, avec, d’une part, une augmentation significative de la taille des troupeaux et du nombre de cabanes sur les estives, et d’autre part, une intensification de l’activité d’élevage de porcs.
L’usage récurrent du feu, dans le Seignanx comme dans le Pays Basque, tous deux des espaces traditionnellement très pâturés, s’explique par le fait qu’il demeure le moyen le moins onéreux et le plus efficace pour entretenir l’écosystème, et maintenir une mosaïque de milieux écologiques utiles aux éleveurs. Dans cet écosystème, la biodiversité végétale dépend du niveau d’intensification : plus faible dans les parties mises en culture qui reçoivent des intrants, plus élevée dans les zones sans intensification. Les pratiques pastorales (fauchage, pâturage, usage du feu) accroissent la diversité végétale des prairies permanentes et des prairies landicoles.
Enfin, l’écobuage répond aux besoins des troupeaux, notamment en
favorisant la production du fourrage à travers la disparition des refus, favorise la pousse des graminées et permet d’assurer pour le bétail un fourrage d’un rapport qualité/quantité avantageux. Cette pratique permet également de maintenir le potentiel de production pour les générations futures. C’est un objectif pour les paysans, dans le cadre de l’étape de la succession. Par exemple, le site Natura 2000 de la vallée des AldudesMarensin SECTEURS DE MONTAGNE CONCERNÉS PAR DES ACCORDS
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 158
propose une MAEC (mesure agro-environnementale et climatique), une aide financière de 5 ans pour adapter les feux pastoraux aux types de milieux.
• Les faceries ou accords de pacage transfrontaliers
Les faceries sont des accords anciens passés entre vallées françaises et espagnoles voisines. Elles permettent le pacage des troupeaux de l’autre côté de la frontière, l’utilisation des sources d’eau, le ramassage des glands, etc.
Entré en vigueur en 1375, c’est le plus ancien accord de facerie et le premier traité de coopération international connu en Europe. Ce traité a pour vocation d’autoriser les pratiques pastorales dans la vallée de Roncal située en Navarre, à la frontière avec la vallée de Barétous, en Béarn. Ce traité porte avant tout sur le maintien de la paix entre les populations pastorales. Il est né en réponse à de nombreux conflits causés par la dispute des prairies entre bergers de vallées voisines.
• Des types d’agriculture iconiques sur le territoire
La pisciculture en Basse Navarre
La pisciculture est une activité qui date du début du XXème siècle et constitue un élément économique identitaire du territoire, notamment avec la
présence de nombreuses truites. En Basse- Navarre, les premières
piscicultures apparaissent dans les années 1930, où sont élevés les alevins de truite.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 159
Pisciculture à Saint-Étienne-de-Baïgorry (Source : Delcampe.net)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 160
Micro-paysage de vigne
Aux alentours d’Ascarat, d’Irouleguy et de Saint-Jean-Pied-de-Port, on observe la présence d’une forme agricole identitaire qui marque le paysage, ce sont les vignes pour la production de vins AOC Irouléguy. Ces versants cultivés, caractéristiques d’une succession de linéaires horizontaux de vignes, sont perceptibles de loin et indiquent l’entrée de la vallée des Aldudes. Au XXème siècle, la vigne était répartie sur l’ensemble des versants. Aujourd’hui, la vigne n’est présente que sur les hauteurs des coteaux, notamment en réponse à la charte pour l’AOP Irouléguy. Ainsi, les pieds des pentes se sont enfrichés par un épais socle boisé, fermant le paysage. Des cabanes de vignes témoignent encore de la présence de cette activité. Le paysage de bocage a également régressé : les parcelles se sont agrandies, les haies ont beaucoup diminué. L’agriculture vivrière de proximité a laissé place à une agriculture de plus grande échelle.
Micro-paysage de piment
La culture du piment est très présente vers Espelette, son « cœur »
patrimonial, où de nombreuses parcelles de production s’étendent dans le paysage. C’est notamment le cas vers Cambo-les-bains.
Paysage de piment à Cambo-les-Bain (Source : atopia, Delcampe.net)
Paysage de vigne à Ascarat (Source : atopia, Delcampe.net)
Micro paysage de kiwis dans le Seignanx
Autrefois, la culture de maïs coexistait avec des prairies pâturées en été comme en hiver, et la récolte du foin y était pratiqué à certain endroit. L’agriculture traditionnelle était tournée vers l’autosuffisance, entre
polyculture-élevage et vignes. Depuis la deuxième moitié du XXème siècle, le maïs devient la culture principale, et le kiwi fait son apparition.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 161Forêts Estives
Figure 5 Circuit énergétique et équilibre des ‘2% GE milieux : les relations entre lesressourceset [__] “rise copains 1.2 Action de FEDer sur les terres Collectives
la pratique pastorale traditionnelle donnant ©) capnai want LOT Hessources, apport
lieu à une autonomie nourricière (Source : C. Et : Doriaine de Herploliation, Che +, Apport de nounture après transformation surfaces privées gérées et entretstues par l'Ete DENDALETCHE, Réalisation : |.Urruty) Ca or
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 162
• Des races et des aires de productions patrimoniales
La forte ressource herbagère est propice à l’élevage sur le territoire et favorable à une grande diversité de productions : bovin viande, porc basque (kintoa), piment d’Espelette AOP, agneau de lait des Pyrénées IGP, vin d’Irouléguy AOC. Elle garantit une alimentation locale de qualité ainsi qu’une valorisation des races locales, parfois menacées. Certaines productions fromagères en AOP reconnues sur le territoire reposent sur la valorisation de races locales, inscrites dans un shéma de sélection : la Manex tête rousse, la Manex tête noire, la Basco-Béarnaise, les betizu et la pirenaika (race de bovin locale) ou le poney Pottok.
Le porc kintoa est un animal emblématique du paysage, notamment la vallée de Baïgorri, et fait l’objet d’une valorisation économique. Des espèces végétales et locales font également l’objet d’une valorisation économique, notamment le piment d’Espelette, cerise d’Itxassou, maïs roux (Cf carte sur les paysages alimentaires reconnues p°120).
• La gastronomie
La cuisine est conviviale, avec des produits de qualité, cultivés ou élevés localement, et parfois même transformés à la maison. Beaucoup de foyers fabriquent encore eux-mêmes les confits de poules, d’oies et de canard, des bocaux de foies d’oies et de canards, la piperade, ainsi que des confitures, compotes et conserves de fruits au sirop. Le rituel de la cochonaille (ou pèle- porc) est ainsi encore bien ancré localement (fabrication de tripot, lukinka, xinxou, graillon, pâté de foie, de couenne, jambon, ventrèche, goula...). Ces traditions qui perdurent trouvent leur explication dans la difficulté́ de
ravitaillement de certaines zones de montagne, et donc la nécessité de réaliser des réserves pour l’hiver.
D’autre part, les produits de la chasse, de la pêche et de la cueillette sont très appréciées : civet de sanglier, de cerf, salmis de palombes, anguille, truite ; ainsi que les champignons ; cèpes, girolles, mousserons ; qui agrémentent de nombreux plats à l’automne. Plusieurs plats et produits sont typiques des régions landaise et basques comme la garbure, la piperade (tomates, piments...), le gâteau basque, le fromage à base de lait de brebis, le breuil, le pignolet (œufs aux lait), le piment d’Espelette, l’Axoa de veau, le Patxaran (liqueur confectionnée à base de prunelles sauvages et d’anis) ... On retrouve aussi les traditionnelles merveilles, beignets, crêpes lors des carnavals et des festivals.
Pour conclure cette partie sur le système agricole et d’élevage, il est intéressant de relever que l’ensemble des composants qui constituent les productions animales et végétales du territoire sont intimement associés les uns aux autres pour former un système presque symbiotique. Comme indiqué sur l’illustration ci-dessus réalisée par Idoia Urrity dans son analyse « Différenciation des paysages du Pays Basque rural à travers l’étude des pratiques agricoles passées et actuelles », les éléments suivants peuvent être soulignés :
- la maison est la centralité de l’exploitation où sont rassemblés
l’Homme, les élevages et certaines productions (fromages, cidres,
galettes, pains ; viandes, foins, etc.),
- des pratiques sont associées aux cultures et élevages : la fougère
fauchée, les feux pastoraux, la transhumance, etc.
- des milieux sont connectés et apportent la ressource : la forêt, les
estives, les landes, les vergers, les prairies, les potagers, etc.ww LES « PAYSAGES ALIMENTAIRES » RECONNUS Source : zabal-agriculture.opendata-paysbasque, Institut national
de l'origine et de la qualité(INAO), atopia
if
C2] (GP : comté tolosan Tarn et Garonne, Volailles du Béarn et de Gascogne, porc du Sud Ouest, jambon
de Bayonne, canard et foie gras du Sud Ouest
LIST
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C2] 1GPtomme des Pyrénées ue. CT 16P kiwi de l'Adour ne 9
[1 1GP Agneau de lait des Pyrénées ne ET 16P Volailles des Landes ee 2 2 © 2 1 IGP Asperge des sables des Landes
EM GP sel des Salies-de-Béarn
2 7 T2 IGP Bœufs de Chalosse
AOP ossau lraty
DS AOP Piment d'Espelette
EM 40C lrouléguy
AOP Kintoa / Jambon de Bayonne
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| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 163| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 164
La forêt
- Le socle forestier : une ressource écologique
De nombreux massifs forestiers couvrent le territoire, les plus vastes dans les zones montagneuses : forêt transfrontalière d’Iraty et forêt des Arbailles en Pays Basque, forêt d’Issaux et du Bager (Aspe) et forêt du Bitet(Ossau), forêt dunal (Ondre&Tarnos) et abritent une riche biodiversité.
Ces forê ts sont remarquables à plus d’un titre : hêtraies pluri- centenaires, rôle historique dans l’exploitation des bois de marine à Iraty, essences de valeur (hêtres, frênes, châtaigniers, chênes, merisiers, acacias), espaces à forte valeur environnementale, riches en vestiges archéologiques.
- Le socle forestier : une ressource économique
Les activités sylvicoles ont par le passé elles aussi modelé les massifs forestiers du pays-basque et du Seignanx. Les massifs forestiers basques revêtent un caractère emblématique, grâce à leur richesse patrimoniale, qu'elle soit de nature socio-culturel, historique ou naturaliste. Sur le territoire du Seignanx, la forêt dunaire, de par sa superficie, son endémisme et ses différents faciès, représente un élément fort de la zone littorale sud Lande. La diversité d’espèce végétale et animale qu’elle renferme s’explique par sa gestion non productive depuis plusieurs décennies.
En montagne, ces forêts étaient entièrement dédiées à la production de bois et aux activités traditionnelles (pâturage, chasse, cueillette), mais
aujourd’hui, la forêt est en général sous exploitée. Les forêts constituent cependant toujours une ressource fourragère et un abri pour les troupeaux. Les forêts régulent et purifient le régime des eaux du bassin versant. Elles renferment une grande richesse archéologique liée au pastoralisme (petit patrimoine bâti, cromlechs) et une faune sauvage appréciée des
contemplatifs et des chasseurs. La forêt reste aussi une ressource
économique au sens strict du terme (bois d’œuvre, de chauffage…). Des collectivités locales et des entreprises s’engagent aujourd’hui pour
revaloriser le bois local. C’est le cas par exemple en Soule avec des projets de création de chaufferie bois, ou en Cize avec le lancement d’une SCIC
pour valoriser le bois de la vallée de l’Hergarai. La forêt des Landes, plus grande forêt cultivée d’Europe, dont le Seignanx représente l’extrême Sud, est encore grandement exploitée aujourd’hui (mobilier, papier, produits issus de la résine de pin).
L’ONF assure sur l’ensemble des forêts communales, domaniales et
syndicales une triple mission de production de bois, régénération des forê ts, et protection des milieux, mais aussi une lutte contre l’érosion.
- Histoire de la forêt exploitée
La forêt s’est établie principalement au cours du XXème siècle par déprise agricole et par plantation. Reposant pour l’essentiel sur une structure foncière de petits propriétaires, une filière bois s’est structurée autour de l’exploitation de résineux (épicéa puis douglas) sur un modèle sylvicole [futaie régulière] /[coupe rase]. Les boisements issus de l’enfrichement de terres agricoles, notamment des terres les moins facilement mécanisables, font essentiellement l’objet d’une valorisation pour du bois de chauffage, et plus ponctuellement pour l’approvisionnement de structures en bois de trituration. La valorisation des arbres en bois d’œuvre a connu son âge d’or dans la première moitié́ du XXème siècle, lorsque la forêt était la moins
soumise aux pressions exercées par le pâturage et les coupes d’affouage pour le bois de chauffage domestique (exode rural important et utilisation d’autres sources d’énergie). L’apparition de techniques d’exploitation par câble dans les fortes pentes a permis d’ouvrir la voie sur des forêts difficiles d’accès.
Sylviculture dans le Labourd (atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 165
Carte de la sylviculture sur le territoire et distinction des forêts privées et publiques (Source : atopia)Centre valorisation déchets Biltagarbi,
Bayonne Dune emma lnnbesllé à MO ina
Hangar agricole, Ainhice-
Puissance installée : 250 kKWc
Ombrières parking, Leclerc A
Puissance installée : 1 750 kWc
Pulisance
annuelle
irwallèe
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5; DUO
20 000
15000
19 000
5000
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Soutca : Open Deus Résa Énergies (OM)
LA ELECTRICITE
| Photovotltaique toiture et ombrieres : Etat des lieux des installations et dynamiques
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Puissance
cumulée
(MWc}
Capacité de
production
Production
2024 annuelle
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 166
Les énergies renouvelables (schéma des ENR en cours)
Le territoire est très peu pourvu en infrastructure d’énergies renouvelables, alors que le potentiel semble opérant. En lien avec les PCAET, les deux collectivités engagent l’élaboration de schéma directeurs des énergies renouvelables afin de mieux appréhender le potentiel et préconiser un scénario de développement à court, moyen et long terme. L’objectif étant de pouvoir proposer un « bouquet énergétique » le plus adapté au territoire. Quelques informations sont proposées et restent à consolider.
- Photovoltaïque
Le territoire présente actuellement une faible production d’électricité
renouvelable avec le solaire photovoltaïque. La ressource solaire n’est pourtant pas négligeable sur ces territoires. Il y a donc un potentiel de développement important, notamment sur le territoire du Seignanx et le Nord de l’Agglomération, qui présente une topographie moins chahutée, et une exposition favorable. Les deux territoires ont déployé un cadastre solaire, qui identifie les sites les plus propices à l’installation d’unités de production.
Si le développement s’accélère sur les toitures et les ombrières, une forte pression est ressentie sur les terres agricoles en lien avec l’évolution du contexte réglementaire sur l’agrivoltaïsme.
Exemple d’installations sur le territoire de l’Agglomération
Source : SDE CAPB (2025)
- Le potentiel hydroélectrique Basque
En 2019, une étude a été diligentée par la Communauté d’Agglomération du Pays Basque dans le cadre de sa politique énergétique, afin d’identifier le potentiel hydroélectrique sur les seuils/moulins non équipés du territoire, ainsi que les usines hydroélectriques existantes.
28 installations en production sont existantes. Toutefois, des contraintes (enjeux de biodiversité, préservation des continuités écologiques,
renouvelles des installations…) fragilise le gisement et la pérennisation de la production.Source : Diagnostic potentiel hydroélectrique Pays Basque CAPB, ISL 2019
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 167
- Force houlomotrice
Les côtes basques et landaises possèdent un fort potentiel en énergies marines renouvelables, en particulier l’énergie de la houle. Un projet transfrontalier France/Espagne a été lancé en 2017 afin de mesurer le potentiel de développement de cette énergie houlomotrice et de
comprendre les conditions d’accès à cette ressource locale. Ces énergies marines renouvelables (EMR) n'ont pas toutes le même degré de maturité aux niveaux technique, économique ou industriel. Des études spécifiques doivent donc être menées pour identifier précisément le potentiel de production .
- Méthanisation / biogaz
Le biogaz est généré par la fermentation de déchets organiques, un processus appelé méthanisation. Plusieurs méthodes permettent de
valoriser le biogaz :
la combustion pour produire de la chaleur, la combustion pour générer à la fois chaleur et électricité (cogénération), après purification, son utilisation comme carburant pour les véhicules fonctionnant au gaz naturel ou son injection dans le réseau de gaz naturel, autorisée depuis 2011.
Dans le Pays Basque, deux unités de méthanisation ont été installées : 1. L'unité d'Itxassou, qui exploite principalement les effluents agricoles
pour produire du biogaz, utilisé en cogénération (production de
chaleur et d'électricité).
2. Le centre de valorisation des déchets ménagers de Bayonne, Canopia, géré par le Syndicat Bil Ta Garbi, qui valorise également le
biogaz via la cogénération.
- Géothermie
La géothermie est l’exploitation de la chaleur stockée dans le sous-sol. Les pompes à chaleur sont un mode de chauffage qui fonctionne en puisant la chaleur de l’environnement extérieur pour la transférer à l’intérieur de la maison. Le territoire d’étude peut disposer d’un potentiel de
développement qui n’est pas encore suffisamment bien appréhendé
actuellement.
- Eolien
Le potentiel éolien est faible sur ces territoires, à cause des contraintes géographique (topographie), réglementaire (Loi littorale, servitude aviation, périmètres de protection…) et culturelle. Néanmoins, il existe des petites zones identifiées sur le SRE Aquitaine. (Schémas Régional Eolien).Teritoire favorable (18 350 kr)
1655 communes sont concernées
par 1728 zonages
Zone de contrainte absolue etou
| | vent insuffisant située dans les communes
concernées par au moins 1 zone favorable
Communes dont tout le territoire est
[7] dans une zone de contrainte absolue etou
vent insuffisant (inférieur à 3,5 mis)
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Cartographie des communes jugées comme favorables pour l’installation d’éolienne. Source : SRE (2012)
- Bois énergie
Le bois énergie est le terme désignant les applications du bois comme combustible en bois de chauffage. La valorisation thermique de la biomasse, soit le bois énergie, est la principale source de chaleur renouvelable du territoire, avec 83% de la production de chaleur, qui représente 65% de la production totale d’énergie sur les deux territoires.
La filière bois présente le plus de potentialité pour des actions à courts termes sur les deux territoires. Cette filière est déjà bien développée, et poursuit son essor avec des projets de nouvelles chaufferies à usage du bois, en substitution du gaz et/ou du fioul. La ressource du bois de chauffage est une ressource sous-exploitée à l’échelle du Seignanx et de la CAPB. Des projets sont montés pour dynamiser cette filière, notamment « DYNAMIC Bois » initié par l’ADEME qui vise à exploiter en priorité les zones non exploitées ou plus exploitées.
Le développement de cette filière énergétique est interconnecté avec la problématique de la séquestration de carbone, et de la biodiversité locale (TVB).
Répartition des installations collectives de bois énergie par puissance Source : Agloé d’après AREC
.ENR
* Centrale hydroélectrique
e Centrale photovoltaïque
e Parcéolien
e Unité de méthanisation
M Périmètre d'étude resseré éolien
0 5 10 km
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 169| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 170
Cartes des énergies renouvelables sur le territoire (Source : atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 171
8. Le paysage touristique
Les pressions liées au tourisme
- Le littoral
Différentes catégories de tourisme sont dégagées sur le territoire : un tourisme balnéaire ; un tourisme de pleine nature ; et un tourisme tourné vers la gastronomie, les traditions et cultures locales.
L'attrait principal reste l'océan, pour la baignade et la pratique des sports nautiques, en particulier le surf. Ces activités sont fortement liées à l'eau et à sa qualité. Depuis une quinzaine d'années, les activités touristiques et de loisirs se développent aussi sur la montagne basque : la randonnée, la promenade contemplative, les sports d’eaux vives, les sports de vol, les sports motorisés, la chasse, la pêche. L’ensemble de ces activités est intimement lié à la qualité du patrimoine naturel : paysage, espaces
emblématiques, diversité biologique, qualité des milieux.
Ces activités constituent à la fois une pression (aménagement,
fréquentation, pollutions), mais peuvent aussi constituer un support
d’éducation et de développement éco touristique. Elles constituent en outre une activité économique importante pour le développement économique direct, mais aussi indirect (hébergements, restauration, vente de produits locaux). Enfin, plus globalement, des filières locales de recherche-
développement, mais aussi industrielles, sont liées à l’océan. Les deux agglomérations littorales en partenariat avec les acteurs industriels et de la recherche développement s’engagent pour construire une filière océan et mettent ainsi au grand jour le dynamisme de la filière glisse, nautisme et activités aquatiques.
- La montagne
La montagne est aujourd’hui pratiquée tout au long de l’année, que cela soit par les locaux et/ou les touristes et pour différents usages (balade,
randonnées, découverte, sport, etc.). La gestion des flux devient une vraie préoccupation car selon les usages et les pratiques, les activités agricoles et pastorales sont impactées.
La signalétique mise en place pour sensibiliser les promeneurs ne suffit plus à certains moments. La sensibilisation et la surveillance doivent être
appréhendées en complémentarité.
Une répartition des équipements touristiques hétérogène
La plupart des équipements touristiques sur le territoire sont situés sur le littoral, et plus particulièrement sur le littoral basque, outre l’accès à l’océan, ce qui explique sa forte fréquentation, notamment en période estivale. Quelques hébergements sont présents à l’intérieur des terres, notamment des hôtels, des campings, mais aussi quelques musées. Toutefois, le nombre d’équipements est négligeable au regard de la forte concentration sur le littoral.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 172
SYNTHÈSE
UN SOCLE GÉOGRAPHIQUE RÉVÉLATEUR D’ENTITÉS NATURELLES DE QUALITÉ
- Un patrimoine géomorphologique qui se manifeste à travers une ancienne activité minière et d’extraction de roches.
- Un relief très contrasté d’un bout à l’autre du territoire générateur d’une grande diversité de paysages et support de nombreuses vues : hautes, moyennes et basses montagnes, collines, vallées, gorges, plaines, plages
- Des repères d’altitudes et des points de vue exceptionnels,
notamment dans le secteur de la montagne avec les nombreux sommets.
- Un système hydrographique dense qui fait émerger des vallées principales ayant une valeur sociale et culturelle : Les Nives, la Nivelle, la Bidouze, l’Adour, le gave du Saison, etc.
- Des zones humides associées aux cours d’eau, signes d’une grande valeur écologique mais également zones de conflits d’usages.
- Des ouvrages et des ressources exploitées liées à l’eau très liés aux pratiques humaines.
UN PAYSAGE ET DES PATRIMOINES RECONNUS ET/OU PROTÉGÉS PAR DE NOMBREUX DISPOSITIFS
- Des secteurs ayant un intérêt patrimonial, reconnus et protégés,
notamment dans le secteur de la montagne, la vallée des Aludes, le massif de la Rhune et la vallée de l’Adour.
- Une mosaïque de milieux naturels ou résultant d’une sélection
artificielle (élevage, culture) et de l’action millénaire de l’homme sur son milieu (bocages et prairies)
- Des sites protégés situés principalement sur le littoral, le rétro-littoral et le secteur montagne.
- Une reconnaissance mondiale UNESCO
- Un patrimoine reconnu et protégé caractérisé par : des éléments de patrimoine protohistorique, des éléments de patrimoines religieux et un tissu villageois de qualité.
- Une qualité architecturale très diverse et riche de l'histoire des lieux et des Hommes et d'un fonctionnement de confluence (à la croisée des chemins)
- Un patrimoine ordinaire de qualité: construction traditionnelle landaise et basque, frontons, demeures anciennes, etc.
- Des risques naturels ayant un impact sur le paysage :
o inondation (modification de la forme du cours d’eau)
o incendie (modification du socle végétal)
o augmentation de la température (modification des essences
boisées et des cultures)
o érosion de la biodiversité (fragilité des milieux naturels et
espèces invasives)
o érosion sur le littoral (recul du trait de côte).
UNE DÉCLINAISON DE PAYSAGES ET DE MOTIFS
- 16 unités paysagères ont été déterminées sur la base du socle géographique, du relief et des mutations en cours sur le territoire lors de l’actualisation des Atlas.
- Une déclinaison de structures et de motifs paysagers basée sur : le relief et les repères altitudinaux, l’occupation du sol et les pratiques culturelles associées (fougère, écobuage, élevage...), le réseau
hydrographique et les espaces de plaines alluviales et de barthes associés et les implantations urbaines et la présence de certaines infrastructures de transport.
- Des paysages littoraux et rétro-littoraux associés à des motifs de côtes rocheuses et de cordon dunaire, d’une urbanisation dense et continue, d’espaces de respiration boisés résiduels, de motifs d’estuaires, de ports, de constructions balnéaires et de quartiers de pêcheurs.
- Des paysages collinaires et des plaines qui s’appuient sur un système bocager et des vallons boisés, constitués d’une urbanisation diffuse, d’élevages ovins, de fermes et de cultures de maïs.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 173
- Des paysages de montagne caractérisés par un étagement altitudinal traduisant des modes d’habités, agricoles, d’élevages et des pratiques liés à ce système estives – zones intermédiaires – vallées.
- Les paysages humides du Charnégou, de l’Adour et du Seignanx qui révèle une empreinte paysagère liée à la vallée, aux zones humides et aux boisements. La topographie chahutée révèle des paysages
historiquement navigués et exploités par l’homme ; avec les motifs des
barthes, des fermes, des châteaux et des grandes demeures.
DES TRADITIONS ET DES PRATIQUES CULTURELLES REFLETS D’UNE HISTOIRE RICHE
- Des cultures et des traditions historiquement tournées vers l’usage des ressources naturelles : la chasse, pêche de la truite et du saumon,
les activités autour de l’eau (tannerie, minoterie, espadrille, tissage du
lin, etc.), les activités minières et de forges, les activités de la pierre, les galets dans les rivières, etc.
- Une dimension culturelle et linguistique très forte entre le basque et le gascon.
- Un héritage et une transmission des biens bâtis qui se délite
progressivement.
- Des codes architecturaux déclinés d’un bout à l’autre du territoire mais qui disparaissent face aux évolutions des développements urbains et économiques.
- Des codes culturels dans les espaces publics : frontons de pelote, tonnelles de platane, cimetière…
- Une identité de montagne et un équilibre homme – nature- culture
reflété notamment par l’étagement altitudinal (fond de vallée, zone intermédiaire et estive)
UN PAYSAGE HISTORIQUE TOURNE VERS CES RESSOURCES
NATURELLES
- Des paysages cultivés et exploités différemment d’un bout à l’autre du territoire, en fonction des richesses de chaque secteurs : la terres, le
minerais, la végétation, l’eau, etc.
- Des pratiques culturelles intimement associées à l’économie du
territoire : pâturage et étagement altitudinal de montagne, fauche de
fougère, assainissement et mise en culture des landes, maraichages
et cultures vivrières du littoral, etc.
- Des paysages cultivés reconnus et pérennisés par des chartes
AOC/AOP (piment, vigne, kiwi, asperge, etc.)
- La forêt, une ressource économique au sens strict du terme (bois
d’œuvre, de chauffage...). Des collectivités locales et des entreprises
s’engagent aujourd’hui pour revaloriser le bois local.
- Un tourisme basé sur la patrimonialité et le patrimoine naturel : balnéaire, pleine nature, la gastronomie, les traditions et cultures locales.
- Une forêt sous-exploitée : l’exploitation de bois d’œuvre a décliné́ à
partir de la fin des années 1960, conjointement à la dépréciation de la
valeur des bois et l’emploi d’autres matériaux. Les équipements tels
que les unités de séchage pour sécher le bois sur place manque.
Aujourd’hui, le relief important, ainsi que les nombreux propriétaires
privés contraignent une exploitation sylvicole globale et une gestion plus harmonieuse des forêts.
UN PAYSAGE FRAGILISÉ PAR DE NOMBREUX RISQUES
- Des inondations de plus en plus fréquentes et importantes qui
questionnent les modes d’habiter, les aménagements et les cultures
sur les plaines alluviales et les berges des cours d’eau : des sites
perméables inadaptés face au risque inondation, notamment aux
abords de l’Adour, de la Nivelle, et du Saison.
- Des épisodes de sécheresses qui interrogent les cultures de
céréales et l’accès à l’eau, notamment pour l’élevage.
- Des incendies fréquents et dévastateurs qui menacent les paysages
et les populations, davantage alimentés par le phénomène
d’enfrichement des pentes et l’abandon de l’agriculture.
- Des contraintes liées aux sols (remontées de nappe, sismicité, etc.)
parfois incompatibles avec certaines installations d’infrastructures
et d’habitats
- Prendre en compte l’état de pollution des sols afin d’adapter
l’installation de nouvelles infrastructures, et d’en limiter les impacts
environnementaux et sanitaires.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 174
DES DÉVELOPPEMENTS URBAINS QUI DÉQUALIFIENT LES PAYSAGES
- Un développement des tissus urbains diffus et morcelés qui
déqualifient les paysages.
- Un territoire de montagne habité et pratiqué
- Un étalement urbain important le long de certains villages et villes,
modifiant les typologies urbaines historiques et perturbant la lecture
des seuils urbains.
- Des zones activités économiques et commerciales en entrée de
villes et de villages qui dégradent les transitions entre espaces
urbains et de nature.
- Des nouvelles architectures et formes urbaines en dissonances des
formes traditionnelles basque et gascon.
DES ENERGIES RENOUVELABLES PEU DÉPLOYÉES
- Une opportunité pour le développement sur toiture et ombrière du
photovoltaïque avec la question de l’intégration dans le paysage
- Une opportunité de développement de l’énergie hydroélectrique
par la mise en valeur et la réhabilitation d’anciens moulins
- Un déploiement peu important des énergies éoliens,
photovoltaïques et des méthaniseurs sur le territoire.
UNE FRÉQUENTATION TOURISTE IMPORTANTE MAIS INÉGALE
- Une fréquentation des zones de montagnes et littoraux sujets à des
conflits d’usages et des problématiques de fréquentation et de
pollution de certains sites, notamment littoraux et de montagne.
- Un tourisme fortement basé sur les loisirs et sports de nature, avec
de nombreux sentiers de randonnées, pédestres, équestres et
cyclos, ainsi que des sites naturels de qualité : grottes, cours d’eau,
plages, etc.
- Une fréquentation en montagne qui peut perturber les activités
pastorales sur place.
- Une répartition inégale des équipements touristiques sur le
territoire, avec une forte concentration sur le littoral.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 175
partie i i : les dynamique s paysagère s
l’analyse du territoire a été réalisée à travers la mobilisation des nombreuses études et données existantes sur le territoire, notamment les atlas de paysage.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 176
I. TENDANCES D’EVOLUTIONS THEMATIQUES
1) PAYSAGE LIE AUX MILIEUX NATURELS
• Destruction des habitats sous la pression de l’urbanisation et de l’aménagement
Le patrimoine naturel sur le territoire s’avère être un atout indéniable pour son développement. Néanmoins, l’urbanisation du littoral, la concentration des flux et l’attractivité touristique et résidentielle sont des facteurs de destruction des habitats et de fragmentation des milieux naturels.
L’urbanisation étalée, le développement des infrastructures de transports, les aménagements balnéaires ont pour effet l’augmentation de cette
pression sur la frange littorale (routes, lignes ferroviaires, aéroport). Dans un contexte urbanisé, l’attractivité des espaces naturels relictuels, et des espaces agricoles entraîne une fréquentation humaine importante, avec un piétinement fréquent, et une perturbation importante des milieux. Entre deux recensements de zones humides en Pays Basque (1998/2006), le CEN Aquitaine considère que 20% des zones humides ont disparu en 8 ans : des zones humides associées au cours d’eau, des tourbières, et des bas marais. En plaine, des projets urbains (habitats, commerces) ou agricoles ont été réalisés sur des zones humides comblées et aménagées.
• Surexploitation des espèces et des ressources
Il existe un exemple historique de surexploitation locale d’une espèce : au XVème siècle, les pêcheurs basques chassaient systématiquement la baleine de Biscaye, ou « baleine des basque », qui approchait des côtes pour se reproduire. Un siècle plus tard, au XVIème siècle, la lente baleine noire avait presque entièrement disparu. Aujourd’hui, il ne reste plus que quelques centaines d'individus, amenant cette espèce au rang infortuné du cétacé le plus menacé de disparition de la planète.
• Prolifération d’espèces invasives
La prolifération d’espèces “invasives” est devenue un problème de plus en plus tangible à mesure que les échanges internationaux se sont intensifiés. Ces espèces, introduites volontairement ou pas, colonisent des sites et concurrencent la flore ou faune locale. La lutte contre leur développement est souvent complexe et coûteuse.
On peut citer quelques exemples : l’herbe de la Pampa, le frelon asiatique, le vison d’Amérique, la perche du soleil, l’écrevisse américaine, la renouée du Japon, l’érable negundo, l’ailante, l’ambroisie, certaines essences de palmiers envahissent les forêts et les milieux naturels du Seignanx.
• Transition associée au changement climatique
Le changement climatique exerce une pression supplémentaire sur la diversité biologique. Certaines espèces animales et végétales pourront se développer, et d’autres seront amenées à disparaître (ou à migrer), selon leur capacité d’adaptation. En milieu marin, la hausse des températures de l’eau s’accompagnera probablement d’une modification des espèces
présentes dans le sud du golfe de Gascogne.
Des risques naturels s’accroissent également, modifiant considérablement le paysage, partout sur le territoire. Les inondations, les incendies, le recul du trait de côte.
• Projection des températures (issue du PCAET du Pays Basque) Le scénario le plus optimiste établi par le GIEC se traduirait en termes d’augmentation de la température moyenne de la surface du globe de 2°C à l’horizon 2100, le plus pessimiste (RCP8.5) conduirait à une augmentation de 5°C à l’horizon 2100.Le rapport spécial du GIEC sur 1,5°C de
réchauffement.
Sur les cinquante dernières années, l’évolution des températures annuelles au Pays Basque montre un net réchauffement. Sur la période 1959/2009, la tendance observée des températures moyennes annuelles est de l’ordre de +0,2 °C et +0,3 °C par décennie.ÉCOSYSTÈMES TRÈS VARIÉS DD x ARE (A) (A)
INTERFACE ENTRE LES MILIEUX
MENU ERA SUAU
avec le compartiment panctonique :
un bon témoin des changements
DS + ACQUÉRIR ACTIVITÉS RÉSILIENCE DES CONNAISSANCES HUMAINES DURABLES DES SOCIO-ÉCOSYSTÈMES
descripteurs, Indicateurs en harmonie avec le territoire
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 177| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 178
Fragilités des milieux naturels face aux changement climatiques (Source : https://www.acclimaterra.fr/) 2. PAYSAGE DES RISQUES
• Les risques d’érosion sur le littoral
L’érosion s’est accentuée ces dernières années par plusieurs facteurs anthropiques, notamment :
§ L’urbanisation qui s’accompagne parfois d’un rehaussement du toit
de la nappe phréatique (irrigation des jardins, fuite des piscines…) et
de rejets d’eau de ruissellement quelquefois incontrôlés.
§ Le piétinement sur des sentiers a un effet déstabilisateur.
§ L’aménagement des routes sur les pentes de la falaise perturbe
l’équilibre du versant par le jeu des terrassements (talutages et
surcharges liées aux déblais).
§ L’exploitation des sédiments en pied de falaise qui entraîne un
appauvrissement des cordons littoraux naturels, qui protègent
normalement le pied de la falaise.
Face au risque d’érosion, la stratégie régionale de gestion de la bande côtière mise en œuvre par le GIP Littoral Aquitain dès 2012 propose différents modes de gestion selon les usages, les enjeux et les taux d’érosion.
La stratégie régionale, déclinée sur les territoires en stratégies locales, distingue notamment : l’accompagnement des processus naturels (« laisser faire » avec surveillance), la lutte active souple (ex. : végétalisation de haut de plage, reprofilage des plages), la lutte active dure (épis, perrés, digues, etc.) et à moyen terme la relocalisation des activités et des biens menacés.{ Tee ARC E de ll.
0,2 m/an do
A0 commerces
10 et 70 m
0,5 à 1 m/an
529 habitats LIN |
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 179
L’EROSION ET LA SUBMERSION : QUELS CHANGEMENTS A LONG
TERME ?
L’érosion sur la côte rocheuse basque réduit le trait de côte de 1m par an depuis 70 ans. La submersion d’ici 2010 augmentera entre 0,3 et 1,5 m, soit environ 3 mm par an. Les plages ont aujourd’hui considérablement diminué. Les reculs des traits de côte littoraux concentrent des incertitudes, bien que celui-ci soit estimés à -65/100m à horizon 2050. En effet, prévoir l’évolution du trait de côte au cours des prochaines décennies est une mission qui se heurte à la complexité des phénomènes. Par exemple, la chronologie des houles, ou l’occurrence et l’intensité d’un événement extrême, ne pourront jamais être prédits de manière tout à fait précise au-delà de quelques semaines. Vivre avec ces risques introduit de nouvelles adaptations et mesures :
• Nouveaux modes de vies
• Protection adaptée
• Relocalisation
• Une gestion et une restauration des écosystèmes
Les tempêtes s’accentuent avec le niveau de la mer qui devient de plus en plus haut. De ce fait, elles deviennent de plus en plus dévastatrices.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 180
• Problématiques d’inondation et de submersion
Sur le territoire, les précipitations annuelles présentent une très légère baisse depuis 1959. Elles manifestent également une grande variabilité d’une année sur l’autre. Les communes les plus concernées par l’aléa inondation sont celles de la façade littorale, et celles situées aux abords des cours d’eau et rivières, tels que l’Adour, les Nives et la Nivelle.Les effets du changement climatique marqués notamment par des étiages plus longs et plus sévères, risquent d’engendrer des conflits liés à la disponibilité de la ressource, et à la qualité de l’eau et des milieux. Plusieurs problématiques apparaissent concernant l’eau, notamment des évolutions hydro-
climatiques qui engendrent un phénomène de sécheresse et une
problématique d’irrigation :
- Croissance tendancielle de la température moyenne annuelle,
particulièrement marquée au Sud de la région et sur la période
estivale;
- Décroissance globale des précipitations, surtout en période estivale
et beaucoup moins nette en hiver, où se dessine toutefois une
tendance à une concentration des précipitations hivernales;
- Augmentation de l’évapotranspiration, assortie d’un assèchement
des sols.
- Les tendances actuelles d’évolution des débits des cours d’eau de
la région Nouvelle-Aquitaine s’inscrivent globalement dans celles
des fleuves et rivières français. On observe d’années en années :
- Une baisse des moyennes annuelles des débits de la quasi-totalité
des cours d’eau
- Peu d’évolution nette concernant les phases de crue, tant pour leurs
intensités que pour leurs fréquences ;
- Des étiages plus sévères en intensité et en durée.
• Le cas particulier des barthes
Les barthes ont longtemps été des terrains appartenant aux communautés villageoises où chacun avait des droits d’usages et de jouissance. Au cours de la seconde moitié du XVIIIème siècle, alors que les travaux
d’assainissement et de drainage commencent à porter leurs fruits, on assiste à un premier partage des barthes et l’exploitation individuelle progresse. Des statuts sont dès lors écrits afin de fixer les droits de chacun, et la nature
des usages collectifs. Il s’agit ainsi de délimiter des propriétés, de fixer l’époque où le pâturage commun est autorisé, ou encore de définir la nature des travaux d’entretien des ouvrages de gestion hydraulique. Une nouvelle ère de partage des barthes et d’aliénation des communaux va se mettre en place dans le dernier tiers du XIXème siècle. À l’échelle de la vallée de l’Adour, ce processus a été particulièrement important à l’aval du Bec de Gave. C’est à cette époque que le paysage des barthes se fixa dans la plupart des communes : des parcelles rectangulaires en lanière perpendiculaire au fleuve, desservies par des chemins communs et séparées par fossés. Après la seconde guerre mondiale, ces fonds de vallées humides vont connaître des trajectoires différenciées. Certaines seront remembrées et les travaux de drainage poursuivis : elles seront alors souvent mises en culture en fonction de techniques agronomiques modernes. D’autres seront
rattrapées par l’urbanisation, comme à Bayonne ou Saint-Pierre-D’irube. Enfin, beaucoup de barthes humides, trop difficile à exploiter, s’enfricheront progressivement. Dès lors, les boisements d’aulnes et de saules prennent le pas sur les prairies. À l’heure où les inondations sont dévastatrices, ne serait- il pas raisonnable de restaurer les ouvrages et aménagements utilisés autrefois par les populations pour lutter contre celles-ci ?140
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BRRARRRTRRRRSRRRSENRRSSRSRSSSSSRRSS
= Tempète
2 inondations et coulées de boue
Binondations et chocs mécaniques liés à l'action des vagues
Minondations par remontées de nappe naturelle
minondations par remontées de nappe phréatique
BChocs mécaniques liés à l'action des vagues
mEboul , Eli êt affai de terrain
a Glissement de terrain
m Mouvements de terrain
Recensement des arrêtés de catastrophes naturelles sur le territoire de la CAPB
Source : base de données Gaspar, Géorisques (2019)
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 181| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 182
Évolution de la forme du Saison à Tardets (Source : atopia)400000
350000
300000
250000
200000
150000
100000
50000
228632
= CA Pays Basque
282853
267595
241057 252613
1975 1982 1990 1999
CU CC du Seignanx . CA Pays Basque + CC du Selgnanx
EVOLUTION DE LA POPULATION DE 1968 À 2018
Source : Mrsoe Séries Nistoviques, aan
324415 3
308819
2008 2013 2018
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 183
3. PAYSAGE HABITÉ ET MOBILITÉ
L’analyse démographique, couplée à l’évolution des emplois et à l’évolution des nouvelles constructions sur le territoire, permet de mettre en avant plusieurs dynamiques très contrastées, notamment les phénomènes de dévitalisation démographique, économique et de déprise agricole.
Évolution de la population de 1968 à 2018 (Source : Insee Séries historiques, atopia)
Bourg dévitalisé : Volet fermé et rue déserte à Bergouey et Undureinlan Sitha + 19 1 000 se Dnrsnninnene lan. nee +0,61%/an un.
0
- 500
- 1000
1985-2000 2000-2009 2009-2015 2015-2020
M Espaces urbanisés 1985
SÈ 2,28% du territoire
®) =: 5,18% du territoire
DENSITÉ DE POPULATION EN 1968 Source : IGN, Insee 1968, atopie
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 184
Ensuite, au regard des logements commencés en 2019, et de l’évolution positive de la population, on constate que le territoire est divisé en trois logiques et dynamiques de développement urbain, associées aux pôles urbains principaux du territoire :
• Un grand développement issu du littoral qui s’étire à l’intérieur des
terres, concernant la moitié Ouest du territoire.
• Un développement issu des trois pôles secondaires du territoire :
Saint-Palais et Saint-Jean-Pied-de-Port et Mauléon-Licharre.
• Une évolution nulle voire négative sur le reste du territoire, dans les
communes dites les plus rurales. Cela concerne surtout la moitié Est
du territoire.
Ce développement urbain hétérogène et très localisé entraîne une
dissolution du lien social sur le territoire, notamment en montagne, et en opposition de nombreux facteurs de pressions et de tensions sur le littoral et l’intérieur des terres. Évolution des espaces urbanisés sur le territoire d’étude entre 1985 à 2020 (OCS,1985 à 2020, atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 185
0 10km 20km
N
20 50 100 500
DENSITÉ DE POPULATION EN 2010
Source : IGN, Insee 1968, atopiaMM tache-batie-1930
UM tache-batie-1970
EM tache-batie-1950
IN tache-batie-1990
MM tache-batie-2010
IN tache-batie-2020
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 186| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 187
Évolution des tâches urbaines sur le territoire d’étude entre 1930 à 2020 (Source : fichiers fonciers MAJIC, atopia)Sentiers de découvertes
— Sentier GR
— Sentiers pédestres
=== Chemin de Compostelle %
é r 0 10km 20km LS
À [UE |
ct PS
ITINÉRANCE
Source : Bd topo, AUDAP, OSM, atopia
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 188| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 189
Historique urbain et des infrastructures :
- La naissance d’un paysage à l’habitat dispersé
Les premiers habitats semblent s’être établis individuellement ou en très petites unités sur des terres fertiles et aux pentes bien exposées. Les nouvelles maisons se sont groupées autour des anciennes, constituées par les premières familles, pour former des hameaux. La création progressive de maisons en dehors du noyau initial, sur les terres indivises de la
communauté par les cadets des familles, a donné naissance à des hameaux à l’habitat dispersé.
Au fil du temps, ces hameaux se sont transformés en quartiers. C’est aux XVème et XVIème siècles que se sont constitués véritablement les villages regroupés autour de l’église, du cimetière, du fronton et la mairie.
Un paysage urbain diffus ancien et préservé sur les communes de Larrau et de Saint- Engrâce (Source : fichiers fonciers MAJIC, atopia)
- Les évolutions des années 70 jusqu’aux années 90
Les développements urbains des années 70 jusqu’aux années 90 furent les plus importants et les plus anarchiques sur le territoire. Il est intéressant d’observer plusieurs vagues d’évolutions qui ont fortement impacté le paysage du territoire. Dans les années 70 et surtout 90, le développement urbain s’accentue en périphérie des structures urbaines principales jusqu’à modifier le profil traditionnel des villes et des villages sur le territoire. C’est notamment le cas des villes situées sur le littoral, où l’urbanisation pénètre davantage dans les terres.
- Les évolutions des années 90 à 2020
Depuis ces vingt dernières années, l’urbanisation a considérablement
évolué, du fait de la pression urbaine exercée par le littoral notamment. Cette situation se ressent par les habitants du territoire qui prennent de plus en plus à se loger, du fait d’une augmentation importante du prix du foncier. Cette difficulté pour se loger entraîne de fait des nouveaux projets de logements qui sont peu qualitatifs dans le paysage. D’autres types de projets apparaissent pour pallier la difficulté d’accès au logement, notamment la création de logements collectifs, qui s’intègrent dans les volumétries
traditionnelles. En effet, un modèle de maison individuelle a fait son apparition dans le paysage, sous forme de regroupement de maisons, en milieu de parcelle, toutes alignées, face à la rue. Au-delà des
caractéristiques architecturales qui ne sont pas respectées (perte de la volumétrie traditionnelle), ces nouvelles constructions sont difficilement intégrées dans le paysage : front urbain visible de loin, clôtures de hauts murs ou en thuya. L’ambiance urbaine et patrimoniale traditionnelle est complètement perdue. Cette multiplication des projets de nouveaux
logements individuels à l’extérieur du bourg déqualifie profondément le paysage, notamment aux abords des pôles principaux et intermédiaires. C’est le cas des abords de Saint-Jean à Ascarat où le paysage est fortement impacté par les bâtiments agricoles récents et les bâtiments d’activités industrielles et commerciales. Les toitures sont très visibles dans les
paysages et se démarquent de loin par leur texture et leur couleur, parfois radicales.
Sur la page suivante : zooms sur plusieurs secteurs du territoire ayant fait l’objet de développements urbains importants dès les années 1970 à nos jours (fichiers fonciers MAJIC, atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 190
Sont représentés de gauche à droite et de haut en bas :le secteur aggloméré de Bayonne et Anglet, le secteur de Saint-Jean-Pied-de-Port et Saint-Étienne-de- Baïgorry, Cambo-les-Bains, Mauléon-Licharre, Saint-Martin-de-Seignanx et OndresDM tuhehatie 1930
2 hebitie 1950
Mn cie baie-1970
D taie batio 1990
M tahebatie 2010
0 tachebatie-2020
Luisen secondaire
— Luisan precipale
atrégiorale
Zone de ségétition
M tache baie 1930
A tache-bacie 1950
A tache-baske 1970
D txche baise 1900
M tache baie 2010
MN the Date 2020
— Lisisen principale
etrégionale
Zone de véétition
D tache tane 1930
EM the tatie 1950
AM tahotatie 1970
Mn tahe-katie 1990
MN tache batie 2010
D txhe-tatie 2020
Lnison secondare
— Liison principale
etréginale
Zone de végétation
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 191D sichesatie 1930
D ‘sche-satie-1950
M rachesatie-1970
D tache-tatie-1990
D rache-hatie-2010
0 tacheatie-2020
— Liaison prinapale
et réghnale
Zone de végétation
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 192
Impact des nouvelles constructions sur le paysage
L’étalement urbain
Le phénomène de développement urbain à
partir des années 1960-1970 est issu de la
progression des surfaces urbanisées à la
périphérie des villes et des villages. Cela
concerne l'habitat, en grande partie des
maisons individuelles, mais aussi de
nombreuses entreprises qui demandent de
grandes surfaces, et parmi elles, des centres
commerciaux.
L’étalement urbain génère des tissus bâtis dont la forme paraît irrégulière, sans caractère patrimonial. Ce phénomène atteint des zones de plus en plus éloignées des centres urbains, ce qui est certes discutable sous l’aspect d’un développement durable sur le territoire. Cet étirement de l’urbanisation amène deux constats sur le paysage :
- Une déformation des typologies villageoises traditionnelles,
- Une perte de lisibilité sur les entrées et les sorties des villes et des
villages,
- Un impact paysager sur les seuils urbains et naturels.
Des implantations sur les lignes de crêtes
Des nouvelles constructions s’étendent sur les hauteurs, notamment sur les lignes de crêtes, déqualifiant les perceptions visuelles dans le paysage. Deux constats apparaissent pour ces constructions : elles ferment les points de vue depuis les lignes de crête, et dégradent les perceptions depuis les points bas.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 193
Séries de photographies représentant des implantations urbaines sur des lignes de crêtes (Soruce : atopia)
Des implantations qui déqualifient les entrées de villes et des villages
Les évolutions urbaines importantes sur le territoire laissent des marques dans le paysage, notamment en entrée de ville, où les seuils paysagers n’existent plus. Autrefois, les fonds de parcelles étaient cultivés ou étaient en pâtures, ils constituant ainsi une zone tampon avant de pénétrer au sein du tissu.
Depuis ces vingt dernières années, les nouvelles constructions
correspondent le plus souvent à des opérations de logements individuels
standardisées qui déqualifient le paysage. Ces constructions impactent globalement l’ensemble du territoire, davantage le littoral, le rétro-littoral et les villes importantes dans les collines et plaines. Les vallons humides et boisés du Seignanx constituent également un secteur particulièrement fragilisé par ces évolutions, notamment à Saint-Martin-de-Seignanx.
L’urbanisation est partout, le plus souvent « éclatée », sous forme
d’opérations de logements individuels redondants et standardisés.CHANTIERS DE
LOGEMENTS
COLLECTIFS \
À CONSTRUCTION SUR
4
L. = S MT — Ps| : pe
ee
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 194
Entrées de villes Ouest à Ondres (Source : atopia)
Entrées de villes près de Saint-Martin-de-Seignanx (Source : atopia)
Constructions neuves près d’Hasparren (Source : atopia| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 195
Le mitage urbain
Le mitage urbain est représenté par un tissu diffus et éclaté, en dissonance avec les codes architecturaux traditionnels d’implantations et de
compositions architecturales. C’est un tissu récent, issu des années 1990 à nos jours, différent de l’implantation traditionnelle urbaine « en quartier » que l’on retrouve historiquement sur le territoire.
Extension d’une exploitation agricole traditionnelle
Opération linéaire détachée de la structure urbaine principale
Opération dense détachée de la structure urbaine principale
Construction isolée détachée de la structure urbaine principale
Des modèles contemporains ne reprenant par les styles architecturaux traditionnels
De nombreuses opérations des années 2000 et 2010 sont conçues et implantées selon un modèle standardisé de maison individuelle, en milieu de parcelle, délimitée de clôture et de haies ornementales (thuya). Les codes tels que le colombage à pans de bois n’apparaissent plus.
Quelques maisons individuelles Dans le Seignanx (Source : atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 196
Quelques maisons individuelles dans le Pays Basque (Source : atopia)XNYN9HS-30-NILUVW-IS
ZLIAVISN
NIVISY
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Dans le paysage du rétro-littoral, l’urbanisation s’est considérablement développée, suite à la saturation des terres sur le littoral et à la hausse des prix. Certaines communes ont subi des développements anarchiques, résidentiels comme des ZAE. En fonction du relief et de la présence du végétal, certaines communes se sont étirées, d’autres se sont éclatées pour former un paysage urbain diffus et éclaté.ZNT-30-NVAT-1S
19
114
AUVH13909
13
LV
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L’urbanisation sur le littoral s’est d’abord développée dans les baies et les estuaires, favorable à l’implantation des ports et des quartiers d’habitations de pêcheurs et résidentiels. Les développements urbains se sont d’abord produits le long de la côte, avant de rentrer davantage dans les terres, au gré des opportunités foncières. Ce phénomène se poursuit encore aujourd’hui.A4O9IVa-10-3NN3IL3-IS
140d-10-NV3T-1S
NvauvT
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 200
Dans le paysage de montagne, l’urbanisation a évolué en fonction de la proximité avec le littoral, et le pôle secondaire de Saint-Jean où ses communes périurbaines se sont considérablement développées. Les villages de montagnes, plus difficile d’accès, ressentent moins l’impact des développements, en raison des contraintes associées aux milieux, notamment les fortes pentes associées
à certains secteurs.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 201NIHUVdSVH
SIVIVd-LNIVS
JH4VHIN-NOTINVN
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 202| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 203
Certaines villes des paysages de collines ont également subi des développements urbains importants, c’est notamment le cas d’Hasparrren, Cambo-les-Bains, Saint-Palais, ou encore Mauléon, du fait notamment de la présence de certains axes, services, commerces et équipements. Leurs entrées de ville sont considérablement impactées par les zones d’activités et les projets de logements individuels.
URBANISATION ET CHANGEMENT CLIMATIQUE
Le réchauffement climatique induit une augmentation du nombre de jours avec des
températures diurnes supérieures à 30°C. Ce réchauffement excessif, couplé à la minéralité des
espaces urbanisés, amènent à une augmentation des îlots de chaleur.
La montée attendue du niveau des mers à l’horizon 2100 — déjà très sensible à l’horizon 2050
— associée à des risques de crues fluviales liées à des précipitations exceptionnelles et brutales,
font apparaitre un aléa submersion qui ne concerne pas uniquement le littoral, mais également
les cours d’eau du territoire : les Nives, la Nivelle, l’Adour et le Saison.
L’étalement urbain engendre un allongement des déplacements domicile-travail, qui se traduit
par la congestion de plus en plus importante des infrastructures, la pollution atmosphérique
aux heures de pointe, et la dépendance de plus en plus haute à l’automobile.
La densification ne garantit pas à elle seule de meilleures performances environnementales. En
effet, une densification trop importante du noyau concentrique central de l’agglomération
comporte le risque d’accroître la congestion, source de nuisances sonores, d’émissions
polluantes et de problèmes de santé, ainsi qu’une hausse du prix du foncier.
Dans une perspective d’atténuation du changement climatique, l’usage individuel de la voiture,
à plus forte raison en ville où elle émet davantage de polluants en raison des ralentissements
et embouteillages, doit être fortement réduit. Une stratégie concernant la mobilité douce doit
être mise en place, à l’échelle des communes mais également à une échelle intercommunale.BR EES nes ner ; __ SAUETEXPLOITATIONEN2010
LT RS pi Source : Agréste RGA 2010, atopia
; » ace z En, À V Ce Ç Per “
CS 234
RPG 2010 RPG 2020 EVOLUTION
| — Hectares x Hectares % Hectares Prairies permanentes 53 144,63 31% 7268000 41% 19535,37 Estives landes 63943,85 GTX 7259515 4% 865130 Fourrage 5747 003% 120008 069% 114261 Gel . 837,51 048% 837,51 Autres oléagineux 20,50 00h 73072 042% 71022 Tournesol 48.10 003% 41306 0,24% 364,96 Légumes - fleurs 78,79 005% 417,76 024% 33897 Colza 438 000% 21106 012% 206,68 Orge 47,21 003% 22669 013% 17948 Blé tendre 83,67 005% 194,33 011% 11066 Vergers 98,53 006% 168,84 0,10% 70,31 Vignes 191,07 OM% 24413 0.14% 53,06 Protéagineux 19,04 001% 56,85 0,03% 37,61 Autres céréales 658,10 038% 687,87 0,39% 29,57 Légumineuses à grains - - 2,21 0,0013% 221 Plantes à fibre : : 0,10 0,0001% 0,10 Fruits à coque 8,04 0,005% 6,10 0,0035% 41,94) Autres cultures industrielles 54,34 003% 19,84 001% (34,50) Divers 2339,53 1% 129440 074% (1045,13) Maïs grain et ensilage 18980,85 1% 1602627 9% (2954,58} Prairies temporaires 32.689,37 19% 715007 4% (25 539,30) TOTAL 17246747 100% 175 162,64 100% 2695,17
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 204
4. PAYSAGE DES RESSOURCES
§ Évolution des cultures agricoles
La dynamique agricole sur le territoire permet de relever plusieurs constats sur la pérennité de certaines pratiques et traditions, ainsi que le maintien des paysages. Tout d’abord, on observe globalement une diminution des surfaces agricoles utilisées des moyennes et grandes exploitations, plus ou moins fortes sur certains secteurs. Là où les SAU ont fortement diminué, c’est dans le secteur du littoral, du rétro-littoral et dans l’intérieur des terres, jusqu’à Hasparren et Bidarray. De plus, en parallèle, il est intéressant d’observer une diminution du nombre de moyennes et grandes exploitations entre 2010 et 2020, proportionnellement au phénomène observé sur les SAU. Les données du RPG 2010-2020 indiquent une diminution des cultures de maïs (11% à 9% en 2020) et des prairies temporaires (19% en 2010 à 4% en 2020), ce qui traduit et confirme la diminution de certaines surfaces cultivées sur le territoire.-10
-15
-20
-25
-30
-35
40
45
EVOLUTION AGRICOLE DE 1970 À 2010
Unité de travail Surface agricole Source : Agrest RGA 2000 et 2010, atopia Exploitations 1. annuel (UTA) ; utilisée (SAU)
1970
9335 sur le territoire
2010
6197 sur le territoire
Soit -33,62%
1970
1,5 UTA sur le territoire
2010
1,3 UTA sur le territoire
Soit -13,33%
1970
12,8 ha sur le territoire
2010
27,5 sur le territoire
Soit +114,82% [nn Montagne | | Hors montagne L | France CC du Seignanx
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 205| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 206
`
Évolution du paysage agricole au bord de l’Adour (Source : Géoportail) 1950 1950
2020
2020| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 207
Évolution du paysage agricole de Musculdy en Soule, près de Mauléon-Licharre (Source : Géoportail)
• La disparition des clôtures et des haies dans le paysage
agricole
Le paysage évolue beaucoup au regard des mutations agricoles qui
s’opèrent sur le territoire. Dans les années 50 à 90, la hausse de la mécanisation et la mise en place de la PAC amènent les agriculteurs à produire davantage pour avoir un meilleur rendement dans leur production. De nouvelles cultures font leur apparition, les céréales se développent, notamment le maïs, les parcelles s’agrandissent et les motifs végétalisés qui délimitaient autrefois les tracés parcellaires disparaissent.
La haie assure plusieurs rôles fondamentaux dans le paysage. Elle assure une protection contre les vents, une diminution des écoulements de pluies, des abris, et une ressource alimentaire pour la petite faune, les insectes et les oiseaux. Ils constituent également une source d’énergie renouvelable, notamment pour la production de bois d’œuvre et de bois de chauffage. La régression de ce motif impacte fortement les paysages, et tend également à banaliser les compositions paysagères. En plus de la haie, ce sont également les clôtures (murets, etc.) qui sont menacées. Elles ont un rôle culturel très ancien car elles permettaient autrefois de délimiter les
propriétés.
Évolution du paysage agricole près de Armendarits en Basse-Navarre (Source : Géoportail)
1950
2020| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 208
Évolution d’un paysage retrolittoral près d’Urrugne (Géoportail)
• Évolution des pratiques d’élevage
Depuis les années 80, l’élevage semble avoir considérablement diminué. On peut deviner cette évolution importante par la progression du socle boisé sur le territoire, notamment dans les zones de montagne : plus la forêt gagne du terrain, plus l’élevage semble avoir diminué (en rouge sur la carte ci- dessous).
L’activité pastorale a ainsi évolué avec les modes de vie, et s’inscrit aussi dans des logiques économiques qui conduisent parfois les éleveurs à délaisser certaines pratiques. On constate un abandon progressif des pâturages situés sur les versants de petites montagnes (Baïgura, Rhune, Ursuya, ...) et des prairies de zones intermédiaires qui servaient
traditionnellement soit de pâtures, soit à produire litières et fourrages (fauche traditionnelle de fougères de moins en moins pratiquée), ou encore l’abandon de certains parcours de transhumance.
L’élevage est une activité qui semble se pérenniser à partir de 2010 sur certains secteurs du territoire. En effet, l’augmentation des espaces de fourrage depuis 2010 renforce l’idée d’un développement / une stabilité en faveur de l’élevage. L’augmentation également des surfaces de prairies permanentes et des estives/landes permet de traduire une possible
occupation par l’élevage. Tandis que l’élevage de brebis semble être maintenue dans le Pays Basque, on constate que l’activité de transhumance diminue de plus en plus, devenue trop contraignante dans certains cas. L’activité bovine diminue également considérablement, contrairement à l’activité caprin qui augmente beaucoup. Dans le Seignanx, l’élevage semble diminuer globalement, aussi bien bovins, ovins et caprins.
• Vers une fermeture des paysages et une augmentation des risques d’incendies
L’abandon de ces pâturages et fougeraies est à la fois lié au changement de pratiques, mais aussi au déclin de l’activité pastorale, et a pour conséquence la fermeture progressive des paysages des montagnes basses, de certaines vallées et des zones intermédiaires. L’embroussaillement et la dégradation des couverts végétaux augmentent les risques de glissements de terrains et d’incendies. L’évolution des pratiques a également conduit à l’abandon de l’entretien des réseaux de haies, à leur disparition et à la simplification du paysage agricole. Certains secteurs du territoire sont plus sujets à la fermeture paysagère, au regard de l’évolution de l’élevage et de l’évolution du socle boisé (évolutions positives et négatives observées), permettant ainsi de faire état des zones davantage fermées et des zones davantage ouvertes (Cf carte des fermetures paysagères p°157).
1950
2020ACER OT ANNDS PRES UT ES LU AE A UTE 72 | DYNAMIQUE VÉGÉTALE ET FERMETURE PAYSAGÈRE
?
3? Source : RGAAgrest 2010-2020, données EHLG, OCS 2015-2020, lo Ve
< ag
1
Evolution du socle boisé et entretien par le pâturage (1950-2020)
EM Pelouses et prairies pâturées
EMI Zones fermées : artificialisation, boisement, _ boisement clairesemé, densification,
enfrichement
AM Zones ouvertes : coupe, défrichement, forêts =
disparues eu
Dynamiques liée à l'élevage (2010-2020)
C1 Augmentation de l'élevage (brebis, chèvre)
C1 Diminution de l'élevage
Augmentation des brebis et/ou chèvres et À À SAR" ET = D Re Eh er AS EU
An AN
POSE. RE vis “: Es
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 209EVOLUTION DE L'ÉLEVAGE DE 2000 À 2010
Source : Agrest RGA 2000 et 2010, atopia
-10
15 :
-20
-25
-30 :
-35
40
Vache
laitière
ES Montagne
Brebis
| Hors montagne Em France
Chèvre
CC du Seignanx
2010
188 têtes
Soit entre 2000 et 2010
-1,2% du territoire
2010
28,5 têtes
Soit entre 2000 et 2010
-21% du territoire
2010
19,6 têtes
Soit entre 2000 et 2010
+2,2% du territoire
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 210| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 211
Aujourd’hui cette fermeture rend difficile l’accès à la montagne, autant par l’homme que l’animal d’élevage, à l’exception du sanglier qui n’a fait que de se développer ces dernières années, à tel point que des programmes de régulation sont nécessaires pour limiter leur prolifération. De plus, la montagne offre une richesse végétale hétérogène d’Est en Ouest, tandis que le secteur d’Iraty est favorable pour cette pratique. Avec une altitude élevée, le secteur de Bidarray parait moins adapté et contraignant pour les bêtes. L’enfrichement des ravins et des pentes laisse place aujourd’hui à un paysage principalement végétal qui ne permet la lisibilité des motifs de la montagne. De fait, on constate un enfrichement plus important sur le secteur montagne Ouest qu’à l’Est. La réintroduction de la transhumance parait compromise, au regard de la fragilité des troupeaux, à tel point qu’il n’est plus possible aujourd’hui de les laisser aller et venir dans la montagne (stress, fatigue, maladie, blessure, etc.). L’Association foncière pastorale (AFP) débute des projets de réappropriation des zones intermédiaires à travers différents angles d’approches :
• Une entrée animale par différents projets de réintroduction,
notamment le Pottock, la vache Aubrac et des races de brebis rustiques. Ces « trois dents » comme l’explique les éleveurs, peuvent
entretenir les zones intermédiaires et donc limiter l’enfrichement des pentes. Certains élevages, comme celui du Pottock, évoluent en
fonction de la période de l’année (6 mois sur les hauteurs et 6 mois en zone intermédiaire). L’intégration de vache Aubrac permettrait également la mise en place d’une filière viande locale (projet d’atelier de transformation).
• Une entrée végétale, par la plantation de fruitiers sur les pentes, notamment des châtaigniers, des pommes ou des cerisiers.
Ces élevages et ces cultures constituent des « activités secondaires »
exercées par les éleveurs. Le but globalement est de retrouver une forme d’autarcie, qui était très présente avant la mécanisation et la régression des élevages. Autrefois, les paysans ramassaient le bois, les châtaignes, les pierres et les fougères. Tout était utilisable et c’est ce qui permettait
d’entretenir la montagne.
• La fougère et l’écobuage
Sur certains secteurs de pente, introduire de l’élevage ne suffirait pas, car la végétation s’est développée de façon trop importante. Ils ne sont accessible ni par l’homme, ni par le bétail. L’écobuage est une pratique importante pour entretenir ce genre
d’espace ; et ainsi permettre l’accès au bétail. Afin de favoriser l’utilisation de l’écobuage, il serait
intéressant d’identifier les parcelles qui ne seraient ni accessibles au bétail, ni mécanisables, pour
cibler les secteurs où la pratique de l’écobuage est nécessaire. La fougère est utilisée pour la litière des animaux ainsi que comme fourrage. Il serait intéressant de mobiliser et de valoriser davantage cette fougère, très présente sur le territoire, pour en faire une ressource d’exception à plus large échelle. Aujourd’hui, du foin est importé dans les zones de montagne, alors que la ressource issue de la fougère est sous-exploitée. La fougère peut se ramasser au broyeur, à condition que la pente de soit pas trop importante.
• Un paysage sylvo-pastoral perdu
Une étude a été réalisée par Idoia Urrity portant que la « Différenciation des paysages du Pays Basque rural à travers l’étude des pratiques agricoles passées et actuelles », permettant de mettre en avant l’intérêt des activités agricoles d’autrefois, et l’intérêt pour le maintien des paysages ouverts : « Cette photographie correspond au paysage de basses montagnes basques jusque dans les années 50. Dans la plaine, on distingue les fermes espacées et le maillage de haies et de clôtures délimitant les parcelles. On y cultive du maïs mais la grande majorité d’entre elles sont des prairies permanentes. Dès que le mont commence à s’élever, l’espace n’est plus fermé. Ce sont les terres communales et collectives recouvertes de landes à fougères et de bois. Le bois est dense en contrebas et dans les ravins. Il apparait plus éparpillé en remontant, laissant penser à une régénération des essences du bas. Plus haut, la forêt est lâche et induit un pâturage de ces versants. »| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 212Exemple d'évolution agricole sur l'unité
paysagères « Coteaux composites »
Source : atopia
; Polyculture et polyélevage
Î Ferme ancienne
; Arbres isolés
: Développement de nouveaux
bâtiments agricoles
Simplification du
parcellaire et des
motifs agricoles
. nn
.
Apparition de nouvelles ë
exploitations :
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 213| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 214
Évolution du couvert végétal au nord-ouest, près de Bidarray (Source : Géoportail)
1950
2020[TO An HT ne PIS mer nn s re
| = + Dar Er. ANTRADITIONNELLE
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 215
• Évolution du bâti : entre abandon et constructions modernes L’évolution des pratiques conduit également à l’abandon de granges, bordes ou cabanes pastorales, trop éloignées des routes carrossables, et inaccessibles pour une activité agricole, ou encore à l’abandon de murets en pierre. Outre l’abandon du bâti, et donc une érosion du patrimoine agricole, on constate également un développement de nouvelles constructions agricoles qui ne correspondent pas aux codes architecturaux et urbains traditionnels de la montagne basque.
Exemple d’une insertion d’un bâtiment agricole déqualifiant dans le paysage (Source : atopia)
Exemple d’un bâtiment agricole en taule dans les collines près de la Bidouze (Source : atopia)
Exemple d’implantation de bâtiments agricoles récents dans les Adudes à gauche et près de Mendive à droite (Source : maps)
• Des bordes et cayolars en montagne à l’abandon et délaissés Nombreux sont les bordes et les clos dans le paysage de montagne, visibles de loin par leur couleur distinctive rouge / brune issue de la pierre locale. Beaucoup de ces bordes sont aujourd’hui à l’abandon, car elles n’ont plus vocation à être utilisées dans les activités d’élevage. Ces bordes ne sont pas recensées ni protégées et tombent souvent en ruine. Certaines bordes ont pu autrefois faire l’objet de rénovation qui ne respectaient pas nécessairement les codes architecturaux en vigueur, ni les matériaux et les pratiques artisanales : toit en taule, etc. Les savoir-faire pour tailler et poser la pierre ne sont plus suffisamment valorisés pour les rénovations. Les paysans allaient autrefois récupérer des pierres dans la montagne qu’ils taillaient sur place, afin de les utiliser pour les roues des moulins.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 216
AGRICULTURE ET CHANGEMENT CLIMATIQUE
Selon l’étude acclimatera sur l’anticipation des changements climatiques en Nouvelle-Aquitaine, trois milieux sont principalement touchés :
• Le sol : avec une augmentation de l’intensité des pluies, entrainant de l’érosion.
• L’eau : avec la réduction des pluies et une augmentation de
l’évaporation, entraînant ainsi un déficit hydrique estival
• Le vivant : avec l’augmentation des insectes, des champignons, des agents pathogènes, des ravageurs, etc.
Le végétal, du fait des changements de température, va évoluer plus
rapidement à des périodes inadaptées (10 jours d’avance par °C
supplémentaire)
La production de lait des animaux d’élevage, soit les brebis, les
vaches et les chèvres, va être impactée avec -25% de lait à partir de
32-38°C.
La production de fruits et de légumes sera fortement touchée,
impactant la production de vin d’Irouléguy notamment, avec des
fruits malformés et une qualité du vin altérée.
La diversification des cultures et le choix d’espèces et de variétés adaptées au climat futur, les économies d’intrants (eau, azote, énergie), la réduction du travail du sol, la méthanisation des effluents d’élevage permettent de viser l’un ou l’autre de ces objectifs sans effet antagoniste, voire avec un effet
synergique (cas de la réduction du travail du sol).
Le développement de la prairie, l’accroissement de la surface en
légumineuses, les cultures intermédiaires et intercalaires, l’agroforesterie et
les haies sont des leviers puissants d’atténuation par stockage accru de carbone dans le sol ou fixation symbiotique d’azote, avec dans quelques cas des effets synergiques avec l’objectif d’adaptation (réduction du risque érosif grâce à la couverture permanente du sol, microclimat favorable aux animaux en agroforesterie).
Dans quelques cas, il peut cependant apparaître un risque d’antagonisme avec l’objectif d’adaptation, en particulier en cas de faible disponibilité en eau. La faible production d’herbe en été, la sensibilité de certaines espèces de légumineuses au stress hydrique, la consommation d’eau par les cultures intermédiaires ou intercalaires et les arbres peuvent limiter l’intérêt de ces leviers en sols à faible réserve en eau. Leur mise en œuvre doit donc être raisonnée en fonction du contexte pédoclimatique et du système de
production. La mobilisation de nouvelles ressources en eau pour l’irrigation est aussi un levier d’adaptation, mais qui risque de se heurter aux conflits d’usages pour cette ressource.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 217
5. PAYSAGE BOISÉ ET VÉGÉTAL
Depuis ces années 50, le socle boisé a fortement évolué sur le territoire, influencé par plusieurs facteurs, notamment l’évolution des pratiques
agricoles, l’urbanisation, la multiplication des infrastructures de transport, la diminution des exploitations ou encore une gestion insuffisante des espaces forestiers.
Les prairies permanentes, c’est-à-dire les espaces en prairies depuis au moins cinq ans ou naturellement des prairies, ont eu une augmentation de presque 20 000 ha sur le territoire, soit une surface totale de 41% selon le registre parcellaire graphique de 2020, contre 31% en 2010. Les prairies temporaires sont, à l’inverse, en régression de 25 540 ha entre 2010 et 2020, ce qui implique une mise en culture de ces prairies ces dernières années, notamment des légumineuses et des céréales.
Les estives ont également évolué positivement depuis 2010, passant de 37% à 41% de la surface totale du territoire. La pérennité et la croissance de ces deux milieux démontrent une faible pression foncière, urbaine, agricole sur certains secteurs, notamment dans la montagne.
Le socle forestier est amené à évoluer au regard des évolutions des pratiques sur le territoire, notamment agricoles et urbaines, qui tendent davantage vers un paysage d’enfrichement, notamment sur les zones de pentes. Les incendies qui touchent principalement les espaces forestiers, modifient considérablement le paysage et impactent la biodiversité en place.
L’évolution des hêtraies
Les hêtraies ont été plantées il y a longtemps par des paysans et des forestiers pour bénéficier de cette ressource. Actuellement, les forêts sont très importantes et sont sous exploitées pour plusieurs raisons :
• Difficulté d’accès à ces espaces,
• Perte de l’appropriation de la ressource (même le bois mort à terre
n’est plus récupéré),
• Difficulté d’entretien et de taille de ces espaces du fait de la pente.
Le territoire manque de scieries et d’ateliers de transformation, notamment pour la filière bois de chauffage, bois plaquette. Des projets
intercommunaux permettraient de favoriser la gestion des forêts. Il est également nécessaire de penser au renouvellement des populations de hêtraies, et effectuer de nouvelles plantations
.
LE SOCLE VÉGÉTAL ET LE CHANGEMENT CLIMATIQUE
Le système de prairies et l’écosystème agro-pastoral pyrénéens sont
sensibles aux changements climatiques. La diminution du feuillage des arbres peut être la conséquence d’incidents climatiques, d’attaques de ravageurs, de champignons et de perturbations anthropiques. Un déficit de feuilles peut entraver la croissance des arbres, leur processus de
reproduction, voire compromettre leur survie.
Les essences forestières comme le hêtre manifestent une remontée
altitudinale de leur optimum de croissance, et un déclin à basse altitude (en dessous de 600 m), conjointement aux variations climatiques
contemporaines. Ces observations soulèvent l’enjeu de l’avenir des
paysages forestiers et de leur transformation.
Le changement climatique va impacter la croissance et la pérennité de certaines espèces sur le territoire. Pourtant, selon le rapport Acclimterra de la nouvelle aquitaine, 44% des propriétaires forestiers ne voient pas le changement climatique comme un problème et 41% des propriétaires repoussent la mise en œuvre de solutions à plus tard.
Ainsi, il est nécessaire d’enclencher dans un premier temps une prise de conscience des effets du changement climatique, mais également débuter plusieurs grands « changements » face aux effets déjà présents :
• Une rotation des productions plus courte,
• L’introduction de nouvelles espèces adaptées aux températures
plus élevées et aux hivers moins rigoureux et courts
• La migration naturelle et/ou assistée par l’Homme.
Enfin, pour lutter contre les risques d’incendies et la disparition des
essences forestières en place, une gestion adaptative paraît indispensable, notamment par le choix de nouvelles espèces plus résistances à la chaleur, aux gelées irrégulières, aux intempéries et moins abrasives.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 218
L’arbre isolé
Au pays Basque, il n’est pas rare de trouver dans le paysage des arbres isolés, très souvent majestueux. Ils sont le marqueur d’une pratique agricole qui tend doucement à disparaître. Les paysans et agriculteurs ne plantaient pas des arbres pour la biodiversité mais pour répondre à des besoins pratiques : préservation des sols en bord de cours d’eau, production de bois et de fruits, fabrication de petit matériel, abris contre le vent, le froid ou le soleil, parcage des animaux… Les arbres étaient répartis astucieusement dans l’espace, isolés, en ligne ou regroupés, en fonction des réseaux hydriques, de la pente, du soleil, des vents dominants ou encore pour délimiter les propriétés.
Ils ont aussi sélectionné des essences et variétés adaptées à leurs besoins. Au Pays Basque, on retrouve de vastes étendues de chêne pédonculé et de châtaignier. Les éleveurs plantaient aussi du frêne à proximité des bordes, afin de nourrir le bétail avec ses feuilles fraîches ou séchées pour l’hiver, et bien sûr, des arbres fruitiers à proximité des maisons. Ces éléments restent dans le paysage actuel et nécessitent des actions de préservation.
La trogne
Une pratique particulière a longtemps été développée dans les Landes et au Pays Basque. Créée sur un jeune arbre, la trogne ou arbre têtard offre une cueillette qui, convenablement gérée, peut durer des siècles. Cette pratique ancestrale, connue depuis au moins 3 000 ans, présente de multiples avantages : production augmentée et de proximité hors d’atteinte de la dent des herbivores sauvages et domestiques, pérennité de l’arbre et de son système souterrain, limitation de l’emprise sur les cultures ou les bâtiments voisins, pôle de biodiversité inestimable, mobilisation du carbone, marqueur de paysage... La taille en trogne témoigne depuis toujours d’une intense complicité entre les arbres et les agriculteurs. Caractéristiques des pays bocagers, ces arbres issus des modes de gestion paysans se
rencontrent presque partout sur ce territoire. Avec la réémergence de l’agroforesterie qui popularise à nouveau ces pratiques, face à la raréfaction et le coût croissant des énergies fossiles, ou encore l’urgence d’optimiser les ressources dans un contexte de changement climatique (eau, sol, biodiversité...), la taille en trognes ouvre aujourd’hui de nouvelles
perspectives de développement dans les territoires ruraux, pour une
agriculture productive et durable.
Arbre isolé aux alentours de Arhansus, CAUE64| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 219
Alignement de trognes de Platane en bordure de ruisseau, Irissarry2 000
1 000
-1 000
-2 000
-3 000
-4 000
-5 000
-6 000
+1 126 ha | 618 ha
+0,07%/an 127 ha -0,04%/an +149 ha 259 ha
_l -0,01%/an +0,02%)/an +0:05/%/an _——— | us
-205 ha
-2 803 ha -0,04%/an
-0,29%/an
-4 159ha
-0,17%/an
1985-2000 2000-2009 2009-2015 2015-2020
D Forêt Espaces naturels
5 1985 32,6% du territoire 2020 32,9% du territoire 1985 49,7% du territoire
2020
47,7% du territoire
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 220
Évolution des espaces de forêts et des espaces naturels sur le territoire d’étude entre 1985 à 2020 (OCS,1985 à 2020, atopia)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 221
• SYNTHÈSE
DES EFFETS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR L’AGRICULTURE
- Un impact sur la production de lait des animaux d’élevage qui va
modifier la quantité et la qualité du lait, et donc du fromage.
- La réduction des cheptels par manque d'eau et alimentation/terres
moins pratiquées et entretenues
- Un impact sur la production de fruits et de légumes : vin d’Irouléguy,
piments, kiwi, maraîchage, etc. (diminution de la production à cause
du manque d’eau)
DES RISQUES NATURELS QUI S’ACCROISSENT, MODIFIANT
CONSIDÉRABLEMENT LE PAYSAGE
- Des risques naturels s’accroissent : les inondations, les incendies, le
recul du trait de côte.
- Destruction des habitats sous la pression de l’urbanisation et de
l’aménagement, notamment les zones humides associées aux cours
d’eau, des tourbières et bas des marais.
- Pression sur la diversité biologique : certaines espèces animales et
végétales seront amenées à se développer et d’autres à disparaître
ou à migrer, selon leur capacité d’adaptation.
- En milieu marin, la hausse des températures de l’eau
s’accompagnera probablement d’une modification des espèces
présentes dans le Sud du golfe de Gascogne.
- La prolifération d’espèces “invasives” est devenue un problème de
plus en plus prégnant à mesure que les échanges internationaux se
sont accrus.
- Une modification des sujets arborés du fait de la hausse des
températures qui va impacter la croissance et la pérennité de
certaines espèces sur le territoire.
DES DÉVELOPPEMENTS URBAINS ET DES MODES D’HABITÉS
QUESTIONNÉS
- Une dévitalisation des centralités urbaines qui délaisse et dégrade
le tissu urbain historique, conduisant à une vacance de logement
parfois importante
- Des zones habitées et économiques menacées par des risques
naturels tels que les inondations, l’érosion de la côte, les incendies.
- Un développement urbain très inégal, à trois vitesses sur le
territoire : une occupation et des développements urbains parfois
démesurés sur le littoral, une forte pression urbaine sur les trois
communes de Saint-Jean-Pied-de-Port, Mauléon-Licharre et Saint-
Palais, contre un développement modéré à très faible sur le reste
du territoire
- Des flux importants et des déplacements domicile-travail
considérables entre l’intérieur des terres (espace très résidentiel) et
le littoral (où se situent la majorité des emplois du territoire).
UNE ÉVOLUTION DES PRATIQUES D’ÉLEVAGE ET DE CULTURE UNE REGRESSION DE CERTAINS MOTIFS ET PRATIQUES AGRICOLES
- Une régression des motifs végétaux suite au remembrement et à la
prolifération des monocultures : réduction des haies, des arbres
isolés, des murets traditionnels en pierre.
- Un abandon de certaines pratiques agricoles qui engendre une
fermeture paysagère : changement des pratiques pastorales avec
un recul de la transhumance et de la fauche de la fougère. Si la
déprise touche assez peu les zones d’estive, ce sont les zones
intermédiaires qui sont les plus délaissées et difficiles à entretenir.
- Une perte progressive des activités culturelles
- L’appropriation des ressources végétales et animales.
- Des fermes, bordes et cayolars peu valorisés et dégradés.
- Des nouveaux bâtiments agricoles insuffisamment intégrés dans le
paysage.LA PROTECTION ET LA VALORISATION DES PAYSAGES COMME DES «x PAYSAGES PUITS DE CARBONE » ET DES a PAYSAGES CLIMATISEURS » INDISPENSABLES
[En] Les montagnes
ren te litoratet le rétroëttorz
EE Les collines, coteaux, landes et vallées
C1 Li floue Adour et l'estuaire
LA PRISE EN COMPTE ET LA PRÉSERVATION DES POINTS DE VUES REMARQUABLES, DES POINTS ÉMERGEANTS, DES LIEUX D'INTÉRÉT, DES SITES PAYSAGERS INSCRITS ET CLASSÉS, DES PAYSAGES URBAINS REMARQUABLES, ET DU PATRIMOINE BÂTI PROTÉGÉ
sl Les points de vue remarquables et lleux d'intéréts (grottes, gorge-s,etc.)
+ Le patrimoine bâti protégé au Utre des mormments historiques
EM dites cassés ou titre de la loi de 1930
Les sites Inscrits au Utre ce Li MN de 1930
LA PRISE EN COMPTE DU CARACTÈRE ÉVOLUTIF DES PAYSAGES LITTORAUX
LIT oynamique dérosion du trait de côte et de montée des eaux
LE MAINTIEN ET L'ENCOURAGEMENT D'ACTIVITÉS AGRICOLES ET SYLVICOLES DE QUALITÉ GARANTES DE LA GESTION ET DE L'ENTRETIEN DE PAYSAGES « PUITS DE CARBONE » ET « CLIMATISEURS »
(®- Le maintion d'une dynamique pastorale ot transhumante forte
2
CR 71 72,270
Carte de synthèse des enjeux liés aux paysages - Réalisation AUDAP
nau
D/ varstasque 4
Elkergos
Agvect d'uidiéne
Aturthter À Apéro. ms
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 222| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 223
partie i ii : les premiers enjeux paysagers identifiés
identification des paysages « remarquables », « vulnérables » et des enjeux de territoire.EXCEPTIONNALITÉS DANS LE PAYSAGE
Environnement paysager
Secteurs et ou sites naturels ou semis naturels
ayant une grande valeur patrimoniale et disposant
d'un dispositif de protection et ou de gestion
Occupation ayant une valeur paysagères et écolo-
In! giques( boisements, landes, pâturage et prairies)
Patrimoine culturel
Secteurs protégés par un ou plusieurs dispositifs
KE du patrimoine bâti (SPR, MH, UNESCO, Sites ins-
crits, Sites classés, ZPPA)
Inventaire du patrimoine : inventaire participatif
© du patrimoine bâti en lien avec l'élaboration des
PLUI (Soule, Amikuze, Sud Basse Navarre)
æ Fronton( édifice non protégé le plus souvent)
Entités géographiques structurantes
—— Réseau hydrographique
—— Lesitinérances douces
©) Les points de vues reconnus
Parcelles agricoles patrimoniales : lrouléguy et
Piment d'Espelette
0 5 10 km
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 224
LES PAYSAGES D’INTERETS| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 225
Les secteurs paysagers remarquables (atopia)
La carte ci-après constitue la synthèse de l’ensemble des composantes paysagères d’exceptions révélatrices de l’identité paysagère du territoire. Il est intéressant de constater des secteurs faisant l’objet d’une
reconnaissance, manifestement des paysages aux traits remarquables avec des qualités culturelles et patrimoniales bâties, une reconnaissance du patrimoine naturel. C’est le cas notamment :
Paysages de rivage et littoral, aux affleurements géologiques
remarquables, aux plages étendues, avec des villages balnéaires reconnus, des architectures et un patrimoine vernaculaire de qualité ainsi que des
parcs et jardin de grandes notoriétés, offrant des points de vue remarquable sur l’océan mais aussi les contreforts des Pyrénées
Paysages de l’Adour, sites remarquables par leurs diversités (cours d’eau aux ambiances naturelles et/ou urbaines, barthes, espaces de cultures, estuaire), avec des motifs variés et relevant d’une richesse écologique mais aussi patrimoniale (caractère architectural des villages et des fermes,
grandes demeures et châteaux…) et offrant des espaces récréatifs.
Paysages de vallées remarquables bordées par des plaines alluviales historiquement cultivées ou des vallées encaissées avec des gorges.
Paysages de basse et moyenne montagne reconnus, protégés, pâturés et cultivés, structurés notamment par l’étagement altitudinal, associant des productions agricoles protégées et traversées par de nombreux sentiers de randonnées, ainsi que des estives et des cabanes de bergers (calyolars).
Paysages associés à la Bidouze et au Saison, ainsi que de moyenne et de haute montagne, pouvant être isolés et constitués d’un socle boisé
important, et de landes remarquables et pâturés, et ainsi que des estives et des cabanes de bergers, offrant selon les saisons des contrastes saisissants, notamment en automne (palette de couleur automnale et sommets
enneigés en hiver).
Paysages reconnus et protégés, ponctués de quelques éléments de patrimoine
§ Sites patrimoniaux reconnus disposant d’une protection et ou à
l’étude (SPR, MH, UNESCO).| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 226
LES PAYSAGES VULNÉRABLESRisques liés au changement climatique :
Zones avec des hauts risques d'incendie
- Zones soumises aux aléas inondation
Enfrichement et de fermeture paysagère (diminution
des pratiques d'entretien des forêts, des estives et des
zones intermédiaires en montagne)
Diffusion de l'espace urbain sur les zones naturelles et
4 agricoles, réduisant les espaces de respiration
Réduction de la diversité des culture et des motifs pay-
Es sagers( haie, bocage, arbre isolés, etc.) notamment par
la diffusion de monocultures( notamment maïs)
EE Mutations urbaines fragilisant les formes urbaines, les
codes architecturaux et patrimoniaux
Menaces de l'étalement urbain sur les espaces naturels
” et agricoles
___7 Aues de diffusion de l'urbanisation
N\\ Entrées de villes déqualifiées
Bi Intégration du potentiel éolien
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 227[ny Secteur sous pression urbaine, paysage de flux et
surfréquenté, menacé par le risque d'érosion
C] Secteur de développement urbain important,
fragilisé par les inondations, aux larges flux, aux
entrées de ville déqualifiées.
C] Secteur de transition, sous pression urbaine et
aux développement céréaliers importants
Secteur de plaines et collines enfriché, entaillé de
voies viaires, aux développements urbains
modérés
Des secteurs urbains importants, aux tissus étalés
et diffus, aux entrées de ville déqualifiées, soumis
à des flux
Un secteur de montagne menacé par
l'enfrichement, fermé, aux pratiques culturelles
en régressions et fragilisé par les problèmes
d'incendie et d'accès à l'eau
OC] Secteur isolé, préservé des évolutions urbaines et
aux motifs agricoles et boisés relativement
valorisés
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 228
Les secteurs paysagers menacés et vulnérables
Le patrimoine paysager est fragilisé par plusieurs pressions anthropiques, issues des activités et des développements liés à l’homme, fragilisant les milieux comme les espèces présentes sur le territoire. Le paysage bâti et le tissu villageois traditionnel sont déqualifiés par les dynamiques urbaines et d’infrastructures en provenance du littoral et des pôles ruraux de Saint-Jean- Pied-de-Port, Saint-Palais et Mauléon-Licharre. Les nombreux villages situés sur ces secteurs subissent de nombreux développements urbains, en dissonance avec l’architecture traditionnelle. Ces constructions déqualifient les entrées de villes et de villages et les vues sur le grand paysage, notamment à cause d’installations sur les lignes de crêtes. Cette pression urbaine associe également d’autres fragilités, notamment une augmentation du prix du foncier et un développement des résidences secondaires, lequel implique, de fait, des tensions sur le parc résidentiel pour les locaux.
Le paysage est également fragilisé par la régression, voire l’abandon des activités agropastorales qui permettent de maintenir les milieux ouverts, notamment dans le secteur de montagne, sur les zones intermédiaires et dans le Seignanx. Cette fermeture des paysages agropastoraux, des pentes et des replats, amène plusieurs effets d’entraînement : l’augmentation spontanée du socle forestier, une fermeture des vues paysagères, la prolifération d’espèce végétales spontanées invasives et de sangliers, le risque accru d’incendies, la perte de certains habitats propre aux milieux ouverts, et de la biodiversité inféodée.
Des flux touristiques et les activités sportives fragilisent certains sites paysagers remarquables, notamment les paysages littoraux et de montagne. L’ensemble de ces facteurs déséquilibre les différentes composantes
patrimoniales paysagères.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 229
APPROCHE THEMATIQUE DES ENJEUX
La démarche d’identification des enjeux
Après la lecture synthétique des paysages remarquables et fragilisés du territoire, une première lecture spatiale sensible permet de proposer une première approche de ce qui est « en jeux » sur le territoire, par séquence paysagère :
Les enjeux du littoral et de l’arrière littoral
- Le risque d’érosion du littoral / évolution du trait de côte dans les
usages et les pratiques / les aménagements existants et futurs
- Les pressions humaines et urbaines
- Écosystème cultivé : Le maintien et la protection des milieux
naturels ainsi que la faune et la flore
Les enjeux de la séquence Monts et Massif
- L’entretien et la gestion des paysages par l’agriculture
- La maitrise du développement urbain / industriel et veiller à la
valorisation des constructions traditionnelles
- La relation entre les activités touristiques / pratiques sportives, les
milieux et les autres activités humaine (agriculture)
- La fragilité́ des milieux et l’augmentation des aléas et risques
naturels face au changement climatique et le rôle de puits de
carbone que jouent les espaces de prairies, forêts, landes et zones
humides
- La transmission des traditions immatérielles et matérielles (orales et
bâties) culturelles
Les enjeux de la vallée de l’Adour et des coteaux associés
- Maitriser la dispersion de l’urbanisation et la banalisation des formes
urbaines traditionnelles et réduire la place de la voiture
- Valorisation du patrimoine (naturel et bâti) et veiller à la qualité
architecturale et des formes urbaines
- La pérennité́ des milieux et usages face au changement climatique
- La diversité des motifs agricoles traditionnels de bocages, de
prairies et d’arbres isolés
Les enjeux de la séquence plaines et collines
- Le développement d’un tissu urbain diffus, banal et morcelé dans le
paysage et le long des axes de communications et sur les lignes de
crêtes
- La pérennité des motifs associés au système bocager, agricole et
forestier afin de contrer le développement des grandes cultures
céréalières
- La fragilité des milieux et l’augmentation des aléas et risques
naturels face au changement climatique et adaptation
- La redynamisation des centre-bourgs afin de maintenir la qualité
architecturale bâ tis et le cadre de vue
- La pérennité des espaces naturels, boisés et agricoles au
développement urbain
- L’agriculture face au changement climatique
Plusieurs thématiques apparaissent prégnantes par cette première lecture :
- L’urbanisation ;
- L’agriculture ;
- Le développement local (les ressources) ;
- La forêt et plus largement la biodiversité ;
- L’eau ;
- La mobilité.
L’ensemble de ces premières pistes permettent d’apporter une réflexion qui a été renforcée dans le livrable stratégique de l’étude en phase 2.tt,
# ÉCSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSISISSISISSI
ÉSUSSNNNSNNNENNNENNNENNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNnun = = -
“
<—> 10 km
| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 230
Approche spatiale des enjeux
ENJEUX RETRO-LITTORAUX
Un tissu diffus et morcelé ; une forte régression de l’agriculture
et des motifs de bocages ; des risques d’inondation importants
; des constructions standardisées récentes ; des axes dégradés
ENJEUX MONTAGNE
Des centralités villageoises dévitalisées ; une régression des
pratiques agropastorales ; une fermeture des paysages ; un
risque élevé lié aux incendies ; des conflits d’usages ; un
patrimoine vernaculaire dégradé
ENJEUX PLAINES CÉRÉALIÈRES
Monoculture céréalière ; problématique de sécheresse et
d’accès à l’eau ; régression des motifs liés aux bocages et à la
forêt ; une perte d’appropriation des cours d’eau et des
risques d’inondation importants
ENJEUX SECTEURS URBAINS
Un étalement urbain important ; des axes de diffusion de
l’urbanisation ; des nouvelles constructions déqulifiantes ;
des franges urbaines dégradées ; des flux très importants
ENJEUX DE GESTION ET DE VALORISATION DES DOMAINES
BOISÉS PUBLICS
ENJEUX D’ADAPTATION AUX RISQUES LIÉS AU CHANGEMENT
CLIMATIQUE DES COURS D’EAU
SECTEURS PAYSAGERS REMARQUABLES À PROTÉGER /
VALORISER
ENJEUX LITTORAUX
Banalisation paysagère et urbaine, seuils urbains à intégrer,
diffusion et étalement urbain, un réseaux de mobilités viaires
denses, une érosion de la côte, un patrimoine bâti peu lisible et
sous-exploité
ENJEUX COLLINES ET PLAINES BOCAGÈRES
Des centralités villageoises dévitalisées ; des fermes
traditionnelles à l’abandon ; des motifs bocagers qui
régressent ; un enfrichement des pentes
UN TERRITOIRE À CONNECTER DES MOBILITÉS
DOUCES À RENFORCER| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 231| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 232
annexes| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 233
GLOSSAIRE
AGER : (nom latin) le champ. Ce mot est employé pour dégager l’ensemble des cultures. L’ager est un des éléments du triptyque saltus-ager-sylvus pour les phytolosociologues
AGRICULTURE EXTENSIVE : Agriculture qui investit peu et mobilise de vastes étendues pour obtenir un produit significatif.
AGRICULTURE INTENSIVE : Agriculture qui produit beaucoup par unité de surface, au prix d'intrants considérables (travail, engrais). C'est le cas de toute agriculture industrielle ou industrialisée
ALLUVION : Sédiment déposé par les cours d’eau.
AMBIANCE : Impression donnée par le milieu dans lequel une personne évolue. Les paysages peuvent évoquer des ambiances très marquées de l’ordre de la ruralité, de l’exotisme, de l’accueil, de l’austérité ou de la gaieté…
AMENITE PAYSAGERE : Agrément d’un lieu ou d’un site, expression souvent associée à des aménagements d’accessibilité et d’équipement.
ANTHROPISE/ANTHROPIQUE : Anthropisé signifie modifié par les sociétés humaines, placé sous les effets leur influence, transformé par elles : aménagements, dégradations, exploitations des ressources, etc. Est
anthropique un phénomène géographique attribuable à l'action des
humains. Les deux termes dérivent de la racine grecque anthropos,
signifiant l'Homme, l'espèce humaine.
ARBRE TÊTARD (taillé en) : Arbre émondé drastiquement, très réduit par une taille sévère régulière pour récolter le bois.
ARTIALISATION : Processus artistique qui transforme et magnifie la nature au moyen de représentations artistiques, littéraires, picturales,
photographiques.
ARTIFICIALISATION : Le processus d’artialisation montre comment le regard paysager résulte d’une construction culturelle, historiquement datable
(genre pictural paysager à partir du XVIe siècle) qui donne à voir le paysage, non par la simple juxtaposition d’éléments visuels épars, mais plutôt comme une structure d’ensemble, sorte de modèle paysager à usage de
contemplation qui doit beaucoup aux codes culturels de la représentation artistique.
AULNAIE : Forêt à dominance d'aulnes souvent dans des zones humides ou au bord de cours d'eau
AULNAIE-FRÊNAIE : Forêt à dominance combinée d'aulnes et de frênes souvent dans des zones humides, des vallons ou au bord de cours d'eau.
BANALISATION : Processus par lequel un paysage perd tout caractère distinctif en raison de l’effacement de ses caractères singuliers. Ce paysage perd ainsi de son attractivité.
BARTHES : Sont appelés "barthes" les bas-fonds humides près des cours d'eau dans la vallée de l'Adour et celle de ses affluents comme la Nive, la Bidouze, etc. Le terme est employé jusqu'aux terres basses de la basse vallée des gaves d'Oloron et de Pau.
BASSIN VERSANT : Surface dont les cours d’eau convergent vers un exutoire commun.
BELVEDERE : Lieu à partir duquel il est permis d’embrasser d’un coup d’œil une scène de paysage. Le terme s’apparente à point de vue ou panorama en incluant une dimension pittoresque.
BIODIVERSITE : Variété des organismes vivants et des écosystèmes dans lesquels ils se développent.
BLOC DIAGRAMME : Représentation graphique d’un espace en trois
dimensions permettant de synthétiser les informations du relief et de l’occupation des sols, exprimant les structures paysagères.
BORDE : borde est un nom dont l'usage est variable. Il est donné à différents types de constructions rurales dans le sens de "bâtiment agricole", de "bergerie", de "grange" mais aussi à des ensembles comme des "fermes" et des "métairie". La présence de bordes a donné beaucoup de toponymes et noms de personnes dans le piémont et la montagne basque et béarnaise comme : Borde, Laborde, Lesbordes, Bordère, Bordeneuve, Bordenave, Bordevieille...
CAYOLAR : "Dans toutes les vallées on utilise le terme de cabane : cabane, cabano, parfois capana. Mais chaque vallée ou chaque groupe de vallées possède un terme propre pour désigner en même temps et la cabane et l'espace qui l'entoure, parfois même une partie du pâturage au milieu duquel elle est implantée".
CONTINUITE NATURELLE : Réseau des espaces qui assurent l’intégrité éco biologique d’un territoire
CONTINUITE PAYSAGERE : Enchaînement de motifs dont l’intégrité assure la stabilité du paysage. Les ruptures de continuité par fragmentation ou effacement des motifs qui le composent entraînent la dégradation des paysages, voire leur disparition.
Conurbation : Ensemble formé d’une ville et de ses banlieues ou de villes et villages voisins réunis.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 234
CORRIDOR ECOLOGIQUE (BIOCORRIDOR) : Désigne un ou des milieux reliant entre eux différents habitats vitaux pour une espèce ou un groupe d’espèce.
COTEAU : Versant d’une petite colline ou d’une vallée de faible ampleur mais bien marquée. Souvent utilisé pour décrire les versants assez raides portant des vignes ou des vergers.
DELAISSE : Espace abandonné, sans usage, en friche. Dans l’attente de nouvelles affectations, les délaissés urbains peuvent être l’objet de
reconquêtes sociales et de projets de paysage.
Densification : Installation programmée ou spontanée de constructions supplémentaires dans un tissu urbain comportant des lacunes ou
remplacement d’immeubles par des constructions élevées.
DENSITE : Rapport entre une quantité (nombre d’habitants, de logements…) et une surface (parcelle, quartier, commune, etc.).
DEPRISE : La déprise est la diminution de l'intensité ou de l'extension d'une activité socio-économique dont les effets sont perceptibles dans
l'occupation humaine de l'espace : déclin démographique et ses
conséquences, paysages d'abandon, équipements obsolètes, etc.. Dans l'agriculture, il se traduit par l'abandon des terres ou la sous-utilisation de certaines parcelles (déprise agricole). Les friches, agricoles ou urbaines, sont les paysages caractéristiques de la déprise.
DESENCLAVEMENT / ENCLAVEMENT : Action par laquelle est rompu l’isolement matériel, économique, social de territoires enclavés par le manque de dessertes, l’absence de moyens de communication ou par des coupures physiques naturelles ou créées par les constructions ou des infrastructures.
DIVERSITE PAYSAGERE : Variété des configurations et des caractères des éléments du paysage ou de celui-ci dans son ensemble.
ÉLEMENT/MOTIF DE PAYSAGE : Objet matériel composant les structures paysagères (bâtiment, arbre isolé…). Ils possèdent des caractéristiques paysagères, c’est-à-dire qu’ils sont perçus non seulement à travers leur matérialité, mais aussi à travers des filtres historiques, naturalistes, sociaux (voir A. Roche – Éléments pour l’actualisation des Atlas de paysages).
EMBOUCHURE : En géographie, l’embouchure correspond à la « partie d’un fleuve où il se jette dans la mer » (GV). Mais dans le langage courant, ce vaste espace est réduit à l’endroit où le fleuve débouche sur la mer. L’embouchure de l’Adour est en ce sens célèbre car elle porte un nom : la Barre (voir ce mot) et est devenue est un espace de loisir important. ESPACE DE MOBILITÉ D’UN COURS D’EAU : Un cours d’eau est un système dynamique, mobile dans l’espace et le temps. La plupart d’entre eux ont été
contraints dans un lit mineur restreint au fil du temps pour éviter les aléas des crues et inondations sur les terres adjacentes. Cela a souvent eu pour conséquence d’accentuer les risques d’inondation à l’aval. Aujourd’hui les politiques publiques reviennent progressivement sur ces principes artificiels en cherchant à permettre aux cours d’eau d’utiliser plus librement les possibilités d’expansion dans leur lit majeur pour estomper les effets croissants des crues. Des aménagements sont réalisés dans ce sens par exemple le long du gave de Pau à l’amont de Pau dans la plaine de Nay. ESPÈCE ENDÉMIQUE : « Une espèce est dite endémique d’une zone
géographique lorsqu’elle n’existe que dans cette zone à l’état spontané. Elle a une localisation géographique très limitée. Certaines espèces endémiques sont des espèces relictuelles, comme par exemple une grenouille
endémique des Pyrénées que l’on trouve dans les torrents de montagne à partir de 800 mètres d’altitude, ou bien des espèces encore plus discrètes d’escargots telles qu’une espèce d’alzonielle ou une autre de bythinelle que l’on ne trouve que dans les sources du massif des Arbailles au Pays basque. ESPÈCE INVASIVE : Les espèces végétales ou animales sont dites
« invasives » quand elles font irruption dans un milieu et qu’elles s’y
développent massivement au détriment de populations végétales déjà en place. Par exemple, la renouée du Japon est dite invasive parce qu’on ne la trouve pas à l’état spontané dans les écosystèmes en France avant les années 1940 et qu’elle colonise une grande partie des bords des cours d’eau de l’Adour, des Gaves et des Nives dans le département. Deux espèces de renouées ont été introduites dans les jardins en provenance du Japon au XIXè siècle et se sont hybridées, créant une troisième espèce qui s’est répandue dans différents écosystèmes. Leur présence importante a transformé les paysages végétaux des plaines de l’Adour par exemple en leur donnant avec d’autres parfois un air quasi exotique.
ESPÈCE SUBSPONTANÉE: De manière courante, on parle d’espèce
subspontanée à propos des espèces échappées des jardins qui se
développent spontanément dans une région où elle n’existait pas. Il est utilisé souvent en synonyme d’espèce envahissante ou invasive.
ESTIVE : L’estive correspond à l’espace de pâturage d’été sur les prairies et pelouses d’altitude dans les Pyrénées. C’est l’espace-temps des paysages de troupeaux. Les bêtes montent en général en juin, après avoir pâturé les prés de moindre altitude dans les vallées. Elles redescendent en septembre- octobre. Certaines estives sont très connues et ont une histoire pastorale très ancienne.
ESTUAIRE : Les estuaires sont des embouchures fluviales affectées par les marées qui ne sont pas constituées en deltas. « L’action de la marée a pour effet le plus immédiatement sensible une pulsation périodique du niveau de| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 235
la surface des eaux » (GV). Un effet moins visible est le mélange des eaux douces et salées qui influe largement sur les paysages végétaux et animaux que l’on y rencontre (voir l’entrée eaux saumâtre). Les grands estuaires de l’Adour et de la Bidassoa sont des paysages très singuliers du
département.
ÉTAGE MONTAGNARD : On parle d’étage montagnard à propos de l’étage de végétation située entre l’étage collinéen assez bas en altitude et l’étage subalpin où le gel commence à avoir une influence importante sur la végétation. Il se situe environ entre 700 mètres et 1800 mètres d’altitude. Dans le département, c’est principalement l’espace de la forêt de hêtres et de sapins.
ÉTAGE SUBALPIN : On parle d’étage subalpin à propos de l’étage de végétation au-dessus de la hêtraie et de la hêtraie-sapinière dans le département. C’est-à-dire à partir d’environ 1500/1800 mètres d’altitude. On y trouve au plus bas parfois un espace forestier de bouleaux et de sorbiers (ceinture altimontaine) puis la pinède de pins à crochets associés aux rhododendrons, aux bruyères ou au raisin d’ours. Au-dessous, les espaces s’ouvrent de plus en plus vers les sommets en s’appauvrissant en pins. ÉTIAGE : « Période pendant laquelle les débits des cours d’eau sont très bas et variables parce que issus des seules nappes souterraines en voie d’épuisement, de tarissement » (DL&M). L’étiage est problématique
notamment dans les espaces de culture monospécifique du maïs comme dans les vallées de l’Eventail nord-est béarnais. Les cours d’eau qui
prennent naissance sur le plateau de Ger ne sont pas alimentés par la fonte des neige en montagne. De nombreuses retenues ont été construites récemment pour faire des réserves d’eau très visibles dans les paysages. FEU PASTORAL : Pratique d’aménagement et de gestion des espaces de la montagne pour les maintenir ouverts. Les éleveurs mettent volontairement le feu aux versants pour substituer à la végétation de fougères, d’arbustes ou de broussailles une végétation de pelouse propre à l’alimentation des troupeaux. Utilisée depuis des millénaires, elle est aujourd’hui contrôlée par le préfet de département et encadrée par les pompiers. A la saison des feux, en fin d’hiver, les vallées basques et béarnaises se voilent d’une brume singulière. Le terme « écobuage » est aussi utilisé par les techniciens et écologues, mais il n’évoque pas aussi bien le rôle qu’il joue depuis
longtemps au sein des pratiques d’aménagement agro-pastorales.
FEUILLUS : Les arbres qui perdent leur feuille en hiver.
FLYSCH : Le flysch est la formation très épaisse de dépôts marins
(alternance de lits de grés et de schistes) qui après plissement a donné les reliefs doux et bombés caractéristiques de collines et petits sommets du
Pays basque. L’image d’Épinal des collines aux formes arrondies et
verdoyantes du Pays basque a donc pour origine cette formation géologique particulière.
FOND FORESTIER NATIONAL : Le Fond forestier national est un « fond français créé en 1946 pour permettre une gestion plus dynamique des forêts françaises et pour aider la filière bois à se développer. Il visait principalement à encourager le reboisement et à désenclaver les forêts, c’est-à-dire y favoriser l’accès aux grumiers » (W). De nombreuses pistes forestières ont été aménagées dans les collines et les montagnes basque et béarnaises grâce à ce fond entre 1946 et 2000. Ses effets sont aussi perceptibles à travers des boisements isolés monospécifiques comme par exemple des boisements de chênes d’Amérique dans les landes de Hasparren...
FORÊT FRUITIÈRE : La forêt fruitière est une « plantation ou un peuplement spontané d’arbres dont la hauteur, le port et la distribution spatiale évoquent davantage ceux d’une forêt que ceux d’un verger, et qui sont néanmoins exploités surtout pour leurs fruits » (DL&M). Dans le département, il s’agit par exemple des grandes chênaies qui ont été exploitées pour la glandée ou des châtaigneraies qui trouvent un nouvel attrait dans le bassin de Macaye, Mendionde et Hélette au Pays basque. Ces forêts créent pour la plupart des paysages plus clairsemées que les forêts d’exploitation de bois.
FORÊT PÂTURÉE : Il y avait beaucoup de forêts pâturées dans le
département, mais les grandes ont progressivement disparues comme celle de Sare par exemple ou celle de Hasparren. Formes intermédiaires entre la forêt et le pâturage, elles diversifiaient l’alimentation du bétail, le
protégeaient du soleil et du vent, et permettaient l’exploitation du bois. Leur disparition est très largement liées à des conflits entre activité pastorale et activité forestière. Aujourd’hui, dans les montagnes basques, on croise souvent à faible altitude des pré-bois, espaces boisés pâturés de petite taille à l’apparence clairsemée caractéristique.
FORME URBAINE : Organisation associant la forme de l’espace public, les modes d’implantation et la densité des volumes bâtis, la répartition des fonctions. Le village, le lotissement, la ville constituée, sont des formes urbaines.
FRAGMENTATION : La fragmentation d’un paysage se traduit à toutes échelles par la dégradation, l’interruption, la segmentation, la fermeture, l’occultation ou la disparition des motifs d’intérêt des paysages et de leurs enchaînements en continuités tant physiques que visuelles (continuités écologiques, continuités agricoles ouvertes, continuités de l’espace public du réseau viaire, etc.) sous l’effet des dynamiques non maîtrisées de la végétation, de l’urbanisation et de l’équipement, notamment les
infrastructures.| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 236
FRAGMENTATION PAYSAGERE : Résultat d'un processus de rupture et de morcellement de la continuité d'un paysage et de sa cohérence.
FRANGE URBAINE : Bord d’un espace donné où les caractères sont modifiés par l’apparition d’un autre type d’espace. Dans les franges urbaines, le tissu urbain se présente avec plus ou moins de lisibilité aux espaces ruraux. FRICHES : Les friches sont des terrains qui ont perdu leur fonction, leur vocation, qu’elle soit initiale ou non : friche urbaine, friche industrielle, friche commerciale, friche agricole. Laissées momentanément à l'abandon, ces surfaces peuvent fournir l'opportunité de repenser l'aménagement du
territoire, tant dans les espaces ruraux qu'urbains.
GEOMORPHOLOGIE : Partie de la géographie physique qui a pour objet la description et l’explication du relief terrestre actuel.
GR : Chemin de Grande Randonnée
HORIZON : L’horizon est aussi important que le cadrage dans la composition paysagère. L’horizon est en relation avec le point de vue
LANDES À FOUGÈRES ET AJONCS : Les landes à fougères ou ajoncs sont aussi appelées la touya dans le département. Elles recouvrent les versants acides des montagnes et collines leur donnant une teinte typique marrons à l’automne. Les pratiques pastorales empêchent ces versants de retourner à l’état forestier : feux pastoraux, fauche de la fougère, pâturage...
LISIERE : Une lisière est un écotone entre une formation végétale ouverte et une formation végétale fermée, par exemple entre la forêt et les prairies ou les champs. Les lisières offrent des types d’habitats écologiques
spécifiques, permettant à certaines espèces l’accès aux ressources
complémentaires des deux types de milieux.
LIT MINEUR, LIT MAJEUR : « le lit mineur est occupé en permanence par le cours d’eau. Le lit majeur est envahi par les hautes eaux. On réserve le nom de lit rocheux au fond de vallée où se trouve la roche en place » (GV).
MITAGE : Le mitage est l'éparpillement, sans plan d'urbanisme réellement cohérent, d'infrastructures, de zones d'habitat, de zones d'activité, dans des espaces initialement ruraux (forestiers ou agricoles). Le phénomène de mitage s'observe en zone périurbaine, sous l'effet de fortes pressions foncières ou/et touristiques et en l'absence d'une réglementation
d'occupation du sol suffisamment cohérente et contraignante.
MOSAÏQUE PAYSAGERE : Ensemble formé par les divers usages du sol qui composent un territoire déterminé.
NATURA 2000 : « Le réseau Natura 2000 rassemble des sites naturels ou semi-naturels de l’Union européenne ayant une grande valeur patrimoniale, par la faune et la flore exceptionnelles qu’ils contiennent » (W).
OBJECTIF DE QUALITE PAYSAGERE : Formulation, par les autorités
publiques, des aspirations de la population en ce qui concerne les
caractéristiques paysagères de son cadre de vie.
PACAGE : « espace où l’on mène paître le bétail » ou « action de faire paître » (DL&M). Il est utilisé en synonyme de pâturage, pâture et pâturer. PARCOURS : Le parcours est un espace non cultivé et couvert d’herbe, utilisé pour le pacage du bétail en montagne. L’utilisation et l’itinéraire des parcours est déterminé par de nombreux éléments, à fois liés aux
conditions du milieu mais aussi à l’organisation sociale de l’estive.
PASTORALISME : Le pastoralisme est le terme utilisé pour qualifier l’activité et plus généralement le mode de vie des éleveurs dans les pays
de montagne. Il se caractérise par une utilisation extensive des pâturages. L’occupation de l’espace est rythmé par les saisons, notamment par les variations climatiques et la pousse de l’herbe. Le département des
Pyrénées-Atlantiques est un haut lieu du pastoralisme toujours actif. Les paysages de la montagne sont très largement le produit de ce mode de vie. PATRIMOINE CULTUREL IMMATERIEL : Pratiques, représentations,
expressions, connaissances et savoir-faire - et instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés -que les communautés, les groupes et le cas échéant les individus, reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Transmis de génération en génération, le patrimoine culturel immatériel est continuellement recréé par les
communautés et les groupes en fonction du milieu dans lequel ils vivent, des rapports qu'ils entretiennent avec la nature et de leur histoire. Il leur procure un sentiment d'identité et de continuité, et favorise ainsi le respect de la diversité culturelle et de la créativité humaine.
PAYSAGE : Désigne une partie de territoire telle que perçue par les populations, dont le caractère résulte de l’action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations (article 1 de la convention européenne du paysage signée en 2000).
PAYSAGE ANTHROPISÉ : Expression qui relève du pléonasme pour insister sur le fait que l’action humaine a largement modelé la quasi totalité des espaces du département.
Perception du paysage : Appréciation de la part d'un individu ou d'un collectif des valeurs d'un paysage ainsi que de son état de conservation. PEUPLERAIE : Plantation de peupliers (synonyme plus courant de populaire). PIEMONT : Espace de plaine situé au pied d’une montagne et qui entretient des rapports géographiques avec celle-ci.
PLAINE ALLUVIALE : « La plaine alluviale correspond au lit d’inondation des cours d’eau. Elle peut être appelée aussi basse plaine » (GV). Du fait de| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 237
l’accumulation répétée des dépôts d’alluvions par les crues, les terres y sont très riches pour les cultures (voir terrasse alluviale).
PLU : Le Plan Local d’Urbanisme est le principal document d’urbanisme de planification de l’urbanisme au niveau communal ou intercommunal. Il remplace le plan d’occupation des sols (POS).
PNR : Parc Naturel Régional
POLYCULTURE : La polyculture est un système agricole qui mélange
plusieurs types de productions, voire un ensemble très complexe. Elle caractérise surtout les agricultures traditionnelles et paysannes, qui
s’efforcent de couvrir l’essentiel des besoins alimentaires d’un groupe ». PRAIRIE DE FAUCHE : Prairies qui sont destinées à la production du foin ou du regain.
PRAIRIE PERMANENTE : « Dans le langage courant, une prairie permanente est une prairie qui n’est jamais retournée » (W). Par exemple, les prairies d’estives sont des prairies permanentes. Elle peut être aussi appelée permanente quand elle n’a pas été ressemée depuis une dizaine d’années. PRAIRIE TEMPORAIRE : Une prairie est dite temporaire quand elle est
semée régulièrement de graminées fourragères. Elle peut s’inscrire dans un système de rotation de cultures. Elle offre en général une biodiversité
beaucoup moindre que les prairies permanentes.
RAILLÈRE : « Nom donné dans les Pyrénées à certains versants abrupts avec des cailloux roulants » (W). Raillère peut être synonyme d'éboulis.
REMEMBREMENT : Un remembrement est une opération foncière visant à transformer un parcellaire morcelé pour faciliter la motorisation de
l'agriculture, parfois associée à une modernisation des réseaux (eau, égouts par exemple). En France, la grande période des remembrements correspond à l'accélération de la modernisation de l'agriculture entre 1955 et 1975. RÉSINEUX : « Dans le langage courant un résineux est un arbre qui produit de la résine » (DL&M). On parle de résineux à propos de la plupart des conifères comme les diverses essences de pins, de sapins, d’épicéas, etc. Les boisements de résineux sont particulièrement visibles dans les
paysages, souvent plus sombre, et conservant en permanence leur feuillage d’aiguilles.
RIPISYLVE : Forêt des bords de cours d’eau.
SAU : Surface Agricole Utile
STRUCTURE PAYSAGERE : Système formé par des objets, éléments
matériels du territoire considéré, et les interrelations, matérielles ou
immatérielles, qui les lient entre eux et/ou à leur perception par les populations. Ces structures constituent les traits caractéristiques d’un
paysage (voir A. Roche – Éléments pour l’actualisation des Atlas de
paysages).
TAILLE EN TÊTARD : La taille en têtard est une technique de taille drastique des arbres pratiquée notamment en Pays basque. Les alignements de platanes taillés en têtard le long des cours d’eau et des fossés reste typique de certains paysages de plaine alluviales du département. Par exemple, on en trouve beaucoup dans la vallée de la Joyeuse autour de Labastide- Clairence.
TAILLIS : Un taillis est un « peuplement forestier qui, résultant d’un traitement sylvicole par coupes répétées, est constitué par les cépées d’essences feuillues capables de rejeter de souche […]. La demande de bois de feu (chauffage domestique ou activités industrielles) au cours des siècles passés est à l’origine du traitement en taillis de certaines forêts » (DL&M). Les taillis sont assez rares dans le département aujourd’hui. On trouve plus facilement des fourrés qui sont des espaces enforestés par des arbres de petite taille (saules, bouleaux…) qui ne sont pas exploités.
TALWEG (orthographe ancienne : thalweg) : Le terme de talweg désigne la ligne qui relie les points les plus bas d’une vallée. Par extension, il est utilisé pour parler des dépressions créées par des cours d’eau permanents ou temporaires dans les versants d’une vallée.
TAUZIAR : Forêt clairsemée de chêne tauzin au Pays basque, au sous-bois couvert de fougères.
Terroir : Le terroir est défini dans le lexique agraire de la commission de géographie rurale comme « un territoire présentant certains caractères qui le distinguent au point de vue agronomique de ses voisins » (1968). Terroir et finage ont longtemps constitué deux des mots pivots de la géographie rurale et la notion de terroir est fortement chargée d’histoire et de symbole. TISSU URBAIN : Image de plus ou moins grande concentration d’une population sur l’espace urbanisé (tissu serré de centre-ville et des vieilles villes et tissu lâche des zones résidentielles ou des espaces de service). TRAME VERTE ET BLEUE : promue à travers le Grenelle de l’environnement, la trame verte et bleue « doit constituer une infrastructure écologique du territoire autour de laquelle doit s’inventer un aménagement durable et des réhabilitations de territoires précédemment fragmentés » et contribuer à « l’amélioration du cadre de vie aussi bien dans les paysages urbains que ruraux ».
TRANSFORMATION DU PAYSAGE : Changements intervenus dans les caractéristiques naturelles ou culturelles du paysage et tendant à modifier ses valeurs ou son aspect.
Transition paysagère : La transition paysagère est définie par Vincent Clément comme une « phase de l'évolution des paysages qui part d'une| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 238
certaine situation caractérisée par des processus d'humanisation dominants dans le cadre d'un système spatial déterminé, et qui aboutit à d'autres processus d'humanisation dominants, correspondant à un autre système spatial.
UNITE PAYSAGERE : Portion du territoire caractérisée par une combinaison spécifique de composants paysagers de natures environnementale,
culturelle, perceptive et symbolique, ainsi que par des dynamiques
clairement identifiables lui conférant une idiosyncrasie différant de celle du reste du territoire.
ZICO : Acronyme de Zone importantes pour la Conservation des Oiseaux. « Elles constituent un inventaire scientifique qui recense les zones les plus favorables pour la conservation des oiseaux sauvages jugés d’importance communautaire. Cet inventaire a été lancé en 1990 par le Ministère de l’Environnement et publié en 1994. Il a été réalisé préalablement à la mise en place de Zone de Protection Spéciale (ZPS) au titre de la Directive européenne Oiseaux. Toutes les ZICO n’ont pas été systématiquement ou dans leur intégralité désignées en ZPS. Cet inventaire un peu ancien demeure un élément de connaissance du patrimoine naturel » (site internet du Ministère de la transition écologique).
ZNIEFF : Acronyme de Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique. « En France, une ZNIEFF est un espace scientifiquement reconnu pour l’intérêt de ses écosystèmes. L’inventaire des ZNIEFF a été initié en 1982. En 1995, 14000 ZNIEFF avaient été recensées » (DL&M).
ZONE DE MARNAGE : « La zone de marnage est la portion de berge autour des étendues d’eau qui est située entre la limite supérieure des hautes eaux et la limite inférieure des basses eaux » (DL&M). Les cours d’eau proches de la Côte basque, soumis à la marée, sont connus pour avoir un marnage important comme par exemple l’Adour, la Nive et la Nivelle.
ZONE INTERMÉDIAIRE : On appelle zones intermédiaires en montagne les espaces qui se situent entre les prairies de fauche dans les fonds de vallée
et l’estive d’altitude. Les pratiques pastorales ont beaucoup évolués ces dernières décennies et les zones intermédiaires ont perdu leur intérêt pour les troupeaux qui n’occupent plus ces espaces avant leur montée en estive ou en redescendant vers la vallée à l’automne. Si bien que cette partie des vallées qui s’enfriche participe d’une transformation très visible et
problématique des paysages. On parle d’« abandon des zones
intermédiaires » et de « montagne qui se salit ».| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 239
Liste des Monuments Historiques :
Monument historiques
Commune Nom
Arx Église Saint-Martin
Saint-Martin-de-Seignanx Château de Saint-Martin
Parleboscq Église Saint-André de Bouau
Saint-Sever Hôtel de Bourrouilhan
Parleboscq Église de Saint-Cricq
Parleboscq Église de Sarran
Baudignan Église Saint-Jean-Baptiste
Parleboscq Ancien moulin à vent
Parleboscq Église Saint-Martin
d'Espérous
Saint-Martin-de-Seignanx Villa Saint-Jean
Saint-Sever Église abbatiale
Parleboscq Château de Lacaze
Gabarret Maison
Pouydesseaux Site protohistorique des
Treize Pouys
Biarrotte Église Saint-Etienne
Tarnos Eglise Notre-Dame des
Forges
Arx Croix aux instruments de la
Passion
Escalans Eglise Saint-Jean-Baptiste
Escalans Château de Caumale
Parleboscq Eglise Notre-Dame de Mauras
Rimbez-et-Baudiets Eglise Saint-Luperc de
Rimbez
Saint-Laurent-de-Gosse Château de Montpellier-sur-
Adour
Lantabat Enceinte protohistorique
fortifiée
Lecumberry Cromlechs d'Ilarrita ou
d'Okabe| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 240
Bayonne Citadelle
Sare Camp retranché de Mouiz
Arcangues Villa Berriotz
Lecumberry Camp protohistorique
Isturits Grottes d'Isturits,
d'Oxocelhaya et d'Erberua
Béguios Enceinte protohistorique
Béhasque-Lapiste Camp de Sardasse
Charre Château de Mongaston
Cambo-les-Bains Villa Arnaga
Saint-Jean-Pied-de-Port Citadelle
Isturits Fortifications protohistoriques
Chéraute Fortification protohistorique
Juxue Camp protohistorique
Macaye Camp protohistorique
Saint-Étienne-de-Baïgorry Camp protohistorique
Saint-Jean-Pied-de-Port Remparts
La Bastide-Clairence Église Notre-Dame de
l'Assomption, cimetière juif
(ancien), Ancien jeu de paume
Lantabat Camp protohistorique
Saint-Jean-le-Vieux Redoute de Bella Esponda
Ascain Groupe de neuf cromlechs
Alçay-Alçabéhéty-Sunharette Dix tumuli d'Ibarletta
Hendaye Château Abbadia
Ordiarp Camp protohistorique "de
Gastelusare"
Urrugne Villa Mendichka
Bayonne Fortifications
Camou-Cihigue Grotte Etcheberriko Kharbia
Luxe-Sumberraute Site du château des seigneurs
de Luxe
Trois-Villes Château d'Eliçabéa
Itxassou Cromlechs de Meatse,
Meatseko Biskarra, Iuskadi,
Zelaïou ou Mendittipia
Bayonne Remparts du Petit Bayonne
Bidache Château de Bidache
Alçay-Alçabéhéty-Sunharette Sept tumuli d'Ibarnaba
Bayonne Cimetière juif
Aïcirits-Camou-Suhast Château de Camou (ancien)
Mendionde Château GARRO
Saint-Jean-le-Vieux Camp romain et vicus routier
Iholdy Château d'Iholdy
Saint-Pée-sur-Nivelle Redoute d'Hergaray
Idaux-Mendy Camp de Choykanteguia
Itxassou Cromlech d'Arluxatta
Sare Redoute d' Ermitebaita
Uhart-Cize Redoute de Kurutchamendy| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 241
Irouléguy Dolmen d'Artxuita
Biriatou Redoute Louis XIV
Ayherre Château de Belzunce
Saint-Étienne-de-Baïgorry Forge d'Etchaux
Larressore Ancien séminaire
Banca Mine de fer de Banca
Saint-Pierre-d'Irube Cimetière
Sare Redoute de Souhamendi
Guiche Château de Guiche
Urrugne Redoute des Emigrés
Urrugne Redoute de la Bayonnette
Saint-Pée-sur-Nivelle Redoute de Kamietako Borda
Sare Redoute de Mendibidea
Irouléguy Dolmen d'Arrondo
Urrugne Redoute de Bortuste
Arancou Grotte de Barrouilla
Sare Redoute de Santa Barbara
Ustaritz Domaine d'Haïtze
Saint-Pée-sur-Nivelle Redoute de Ziburuko Borda
Saint-Michel Redoute de Château Pignon
Sare Redoute de la chapelle de la
Madeleine
Ustaritz Maison Mokopeita
Ascain Redoute de Biscarzoun
Saint-Pée-sur-Nivelle Redoute d'Ibarartéa
Hendaye Villa Mauresque et son jardin
Bayonne Manège de Marracq
Urrugne Château d'Urtubie
Ascain Redoute d'Esnaur
Uhart-Mixe Château d'Uhart Mixe
Bayonne Château du Vigneau
Saint-Jean-Pied-de-Port Prison des Evêques
Mauléon-Licharre Vieux Château de Mauléon
Amorots-Succos Eglise Saint-Martin de Tours à
Succos
Bayonne Château de Marracq
Ciboure Fort de Socoa
Ostabat-Asme Château de Laxague
Bayonne Synagogue
Urrugne Eglise Saint-Vincent
Saint-Étienne-de-Baïgorry Eglise Saint-Etienne
Saint-Pée-sur-Nivelle Eglise Saint-Pierre
Mauléon-Licharre Château d'Andurain
Bidarray Pont Noblia
Ustaritz Eglise Saint Vincent
Arcangues Château| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 242
Anglet Eglise Sainte Marie
Sare Eglise Saint-Martin
Lahonce Église Notre-Dame
Bidart Église de l'Assomption
Béhasque-Lapiste Gué sur la Bidouze
Hendaye Église Saint-Vincent
Hendaye Villa Bakhar Etchea
Hendaye Villa "Maison rouge"
Ascain Église de l'Assomption
Arcangues Église Saint Jean-Baptiste
Saint-Jean-Pied-de-Port Église Notre-Dame
Sare Redoute de la chapelle d'
Olhain
Ascain Pont sur la Nivelle
Arbonne Église Saint-Laurent
Villefranque Église Saint Jean-Baptiste
Mendionde Église Saint-Cyprien
Ossès Église Saint-Julien d'Antioche
Itxassou Église Saint-Fructueux
Cambo-les-Bains Eglise Saint-Laurent Diacre
Irissarry Commanderie
Lacarre Château
Ascain Maison Earle
Mouguerre Église Saint-Jean-Baptiste
Ainhoa Église Notre-Dame de
l'Assomption
Sainte-Engrâce Église Sainte Engrâce
Ahetze Église Saint-Martin
Bidarray Église Notre-Dame de
l'Assomption
Halsou Église Notre Dame
Ahaxe-Alciette-Bascassan Église Saint-André de
Bascassan
Saint-Esteben Église Saint-Etienne
Saint-Étienne-de-Baïgorry Château d'Etchaux
Biriatou Église Saint-Martin
Aussurucq Château de Ruthie
Bussunarits-Sarrasquette Château d'Aphat
Saint-Pée-sur-Nivelle Château
Aldudes Église Notre Dame
Saint-Jean-le-Vieux Église Saint-Pierre
Ordiarp Église Saint-Michel
Sare Maison Ihartze Artea
Uhart-Cize Église Notre Dame de
l'Assomption
Arancou Église
Saint-Gladie-Arrive-Munein Église
Luxe-Sumberraute Château de Sumberraute| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 243
Saint-Pée-sur-Nivelle Pont d'Ibarron
Saint-Jean-Pied-de-Port Maison "de Mansart"
Saint-Pée-sur-Nivelle Pont d'Amotz
Ibarrolle Maison Basque "La salle
d'Etchepare"
Gotein-Libarrenx Église de Gotein
Bergouey-Viellenave Église de Viellenave
Espès-Undurein Église Saint-Martin d'Espes
Ustaritz Château Lota
Ostabat-Asme Chapelle Saint-Nicolas
d'Harambels
Espès-Undurein Église Sainte Catherine
d'Indurain
Jatxou Chapelle Saint-Sauveur
Saint-Jean-le-Vieux Église de la Magdeleine
Mauléon-Licharre Chapelle Saint-Jean de
Berraute
Moncayolle-Larrory-Mendibieu Manoir
Hendaye Monument aux morts de la
guerre 14-18
Haux Église Saint-Jean Baptiste
Larrau Église Saint-Jean Baptiste
Lantabat Chapelle Saint-Cyprien
d'Ascombéguy
Ahaxe-Alciette-Bascassan Chapelle Sainte Croix
d'Alciette
Saint-Pierre-d'Irube Benoiterie (ancienne)
Arbonne Benoiterie (ancienne)
Saint-Jean-le-Vieux Chapelle Saint-Blaise
Saint-Jean-le-Vieux Chapelle Saint-Jean Baptiste
d'Urrutia
Saint-Just-Ibarre Chapelle Saint-Jacques
(ancienne)
Ahaxe-Alciette-Bascassan Benoiterie de Bascassan
(ancienne)
Saint-Esteben Croix de chemin
Aincille Croix de carrefour
Lacarre Cimetière
Urrugne Monument aux morts de la
guerre 14-18
Mauléon-Licharre Calvaire
Hendaye Ancien cimetière
Irissarry Croix de carrefour
Tardets-Sorholus Monument aux Morts de la
guerre 14-18
Suhescun Croix de chemin
Gamarthe Croix de Galcetaburu
Mendive Dolmen de Xuberaxain Harri
Mendive Dolmen de Gasteynia
Bussunarits-Sarrasquette Croix de carrefour de
Sarrasquette
Bussunarits-Sarrasquette Croix de carrefour
Saint-Jean-le-Vieux Croix de la Madeleine
Saint-Jean-le-Vieux Croix de carrefour
Aincille Croix de cimetière| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 244
Hosta Cimetière
Béhorléguy Croix Harispe
Ahaxe-Alciette-Bascassan Croix de cimetière d'Ahaxe
Mendive Cimetière
Bayonne Église Saint-Esprit
Bayonne Immeuble
Biarritz Phare
Saint-Pierre-d'Irube Villa "Sugulna"
Bidart Atalaye de Guéthary
(ancienne)
Bayonne Ancien Fort du Réduit
Ayherre Eglise Saint-Pierre
Bidacha Pont de Gramont
Bayonne Château Neuf
Bayonne Monument aux morts de la
guerre 14-18
Ciboure Villa Leïhorra
Ciboure Croix "Blanche"
Bidache Moulin sur le Lihoury (ancien)
Bayonne Fontaine Saint-Léon
Bayonne Château Vieux
Saint-Jean-de-Luz Maison Esquerrénéa
Ciboure Villa Lehen Tokia
Saint-Jean-de-Luz Maison Saint-Martin
Bayonne Cathédrale Notre-Dame
Hasparren PDA Chapelle du Sacré-
Coeur et Eglise Saint-Jean-
Baptiste
Ciboure Maison Neria
Saint-Jean-de-Luz Maison Betbeder Baïta
Saint-Jean-de-Luz Maison "de l'Infante"
Saint-Jean-de-Luz Maison "des Pigeons blancs"
Bayonne Immeuble
L'Hôpital-Saint-Blaise Église Saint-Blaise
Saint-Jean-de-Luz Église Saint-Jean Baptiste
Guéthary Mairie
Bayonne Maison dite Dagourette
Bayonne Immeuble
Bayonne Maison Saubist
Jatxou Église Saint Sébastien
Saint-Jean-de-Luz Maison dite "Lohobiague"
Bayonne Immeuble
Guéthary Église Saint Nicolas
Ciboure Église Saint Vincent Diacre
Ciboure Maison de Ravel
Bayonne Maison Lapeyre| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 245
Bayonne Immeuble
Ciboure Couvent des Récollets
Louhossoa Église Notre-Dame de
l'Assomption
Ciboure Fontaine monumentale
Ciboure Port de Ciboure/Saint-Jean
de Luz
Bayonne Immeuble
Bayonne Hôtel de Belzunce
Bidache Cimetière juif
Guéthary Villa Saraléguinéa
Ciboure Croix sculptée
Ciboure Église Notre-Dame de
Bordagain (ancienne)
Bidart avenue Reine Nathalia Château d'Ilbarritz
Liste des sites inscrits :
Site inscrits
Ensemble urbain (BAYONNE)
Rives de la Nive
Parc d'hiver, port des Pêcheurs, hôtel du Palais et plateau du Phare
Pointe St-Martin, Chambre d'Amour, Chiberta la barre de l'Adour
Etangs landais sud
Lac de Chiberta et une partie de ses abords
Chapelle Saint-Joseph et chapelle Sainte-Madeleine
Site du littoral (BIDART)
Place et ses abords (GUETHARY)
Site de la Redoute du Premier Empire
Château Lauga et ses abords immédiats
Route des Cimes
Terrains de contrebas de l'avenue des terrasses et du boulevard
Grancher
Terrains (URRUGNE)
Village (AINHOA)
Ensemble dit du Labourd
Village (BIRIATOU)
Hameau d'Elnazu
Place et ses abords (URRUGNE)
Village (ALDUDES)
Mamelons dominant la baie de Saint-Jean-de-Luz
Croix des bouquets (URRUGNE)
Zone côtière
Partie côtière (CIBOURE)
Partie côtière de la ville de St-Jean-de-Luz, au sud de la pointe Ste-Barbe
Pointe Sainte-Barbe (initial)
Parc, château et vieux pont sur la Nive (ST-ETIENNE-DE-BAIGORRY)
Hameau d'Urdos| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 246
Village (ARNEGUY)
Ville (SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT)
Chapelle de la madeleine, moulin, château d'Irrumberri et leurs abords
Moulin d'Aphat, prés qui l'entourent et chapelle
Sources de la Bidouze et leurs abords
Source d'Ahusquy et ses abords
Église de Mendy et ses abords
Église, cimetière et abords de la maison Ruthie
Eglise et cimetière (MUSCULDY)
Place de l'Eglise et ses abords (GOTEIN-LIBARRENX)
Ville haute de Mauléon
Ruines du château de Mongascon et ses abords
Ruines du château de Belzunce et ses abords
Hameau de Harambels
Hameau de Garris
Bec du Gave
Château, moulin et leurs abords
Gaves de Pau et d'Oloron
Bastide (HASTINGUES)
Château et ses abords (BIDACHE)
Gorges de Kakuetta
Gorges d'Holzarte
Église, cimetière, place, fronton et leurs abords
Site du littoral (HENDAYE)
Pointe Sainte-Barbe (extension)
Baie de Chingoudy
Château d'Abbadia et ses abords
Place des Arceaux et rue Notre-Dame
Liste des sites classés :
Site classé
Pointe Sainte-Barbe (initial)
Site dit de "Elhorrien - Borda"
Bourg de Sare et quartier Yhalar
Parc du château d'Urtubie: ensemble du sol et des essences
Chapelle de Socorry et ses abords
Massif de la Rhune
Domaine de Saint-Martin
Propriété ancienne d'Edmond Rostand, à Arnaga
Église, cimetière, place : parcelles n° 334 et 360 section A (LOUHOSSOA)
Site archéologique d'Elhigna
Église, cimetière et château de Sumberraute avec son parc
Corniche basque (englobant la baie de Loya)| P L A N P A Y S A G E 2 0 2 5 – D I A G N O S T I C 247
Corniche Basque
Place (abords)
Château d'Arcangues et son parc
Cimetière basque et la chapelle d'Ascombéguy
Place des Arceaux et rue Notre-Dame
Allée Lauga sur la rive gauche de la Nive
Parc du château (BIAUDOS)
Parc du château de Camiade
Terrasse et bois d'Estrac
Moulin d'Erromardie
Retenue d'eau (SAINT-JEAN-DE-LUZ)
Pointe Sainte-Barbe (extension 1)
Parc de la maison Mayou
Pointe Sainte-Barbe (extension 3)
Pépinières Maymou
Etangs girondins (Carcans-Hourtin, Lacanau) et landais (Blanc, Léon, Noir, Yrieux)= PaYs
/ Basque
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