EXTRAIT DU REGISTRE DES DELIBERATIONS
DU CONSEIL MUNICIPAL
___________
Conseillers en exercice : 65
Reçu en Préfecture le : 09/03/2023
ID Télétransmission : 033-213300635-20230308-128520-DE-
1-1
Date de mise en ligne : 10/03/2023
certifié exact,
Séance du mercredi 8 mars
2023
D-2023/40
Aujourd'hui 8 mars 2023, à 14h11,
le Conseil Municipal de la Ville de Bordeaux s'est réuni à Bordeaux, sous la présidence de
Monsieur Pierre HURMIC - Maire
Le maire quitte la séance et laisse la présidence à Madame Claudine BICHET de 16H23 à 16H25
Etaient Présents :
Monsieur Pierre HURMIC, Madame Claudine BICHET, Monsieur Stéphane PFEIFFER, Madame Camille CHOPLIN, Monsieur Didier JEANJEAN, Madame Delphine JAMET, Monsieur Mathieu HAZOUARD, Madame Harmonie LECERF MEUNIER, Monsieur Amine SMIHI, Madame Sylvie SCHMITT, Monsieur Dimitri BOUTLEUX, Madame Nadia SAADI, Monsieur Bernard G BLANC, Madame Céline PAPIN, Monsieur Olivier CAZAUX, Madame Pascale BOUSQUET-PITT, Monsieur Olivier ESCOTS, Madame Fannie LE BOULANGER, Monsieur Vincent MAURIN, Madame Sylvie JUSTOME, Madame Sandrine JACOTOT, Monsieur Laurent GUILLEMIN, Madame Françoise FREMY, Madame Tiphaine ARDOUIN, Monsieur Baptiste MAURIN, Madame Marie-Claude NOEL, Monsieur Didier CUGY, Madame Véronique GARCIA, Monsieur Patrick PAPADATO, Madame Brigitte BLOCH, Madame Isabelle ACCOCEBERRY, Madame Isabelle FAURE, Monsieur Francis FEYTOUT, Madame Eve DEMANGE, Monsieur Maxime GHESQUIERE, Monsieur Matthieu MANGIN, Monsieur Guillaume MARI, Monsieur Jean-Baptiste THONY, Monsieur Stéphane GOMOT, Monsieur Marc ETCHEVERRY, Madame Myriam ECKERT,
Monsieur Didier CUGY présent à partir de 15h32
Excusés :
Monsieur Dominique BOUISSON, Madame Servane CRUSSIERE, Madame Marie-Julie POULAT, Monsieur Radouane- Cyrille JABER, Madame Charlee DA TOS, Madame Léa ANDRE, Madame Nathalie DELATTRE, Monsieur Nicolas PEREIRA, Madame Evelyne CERVANTES-DESCUBES, Monsieur Philippe POUTOU, Monsieur Bernard-Louis BLANC,
Absents :
Mme Béatrice SABOURET, Mme Alexandra SIARRI, Mme Géraldine AMOUROUX, M. Nicolas FLORIAN, M. Fabien ROBERT, M. Pierre de Gaétan NJIKAM MOULIOM, M. Marik FETOUH, M. Guillaume CHABAN-DELMAS, Mme Pascale ROUX, Mme Catherine FABRE, Mme Anne FAHMY, M. Thomas CAZENAVE, M. Aziz SKALLI,madd-bordeaux. Projet scientifique et culturel (PSC).
Autorisation
Monsieur Dimitri BOUTLEUX, Adjoint au Maire, présente le rapport suivant :
Mesdames, Messieurs,
Le Projet scientifique et culturel (PSC) du Musée des Arts décoratifs et du Design, madd- bordeaux, pour la période 2023-2027 a été pensé en adéquation avec la feuille de route culturelle municipale et en lien avec un contexte exceptionnel, celui de la rénovation architecturale des deux bâtiments du musée – l’hôtel de Lalande et l’ancienne prison – qui commence en 2023.
Cette rénovation améliorera considérablement l’accessibilité des lieux, en particulier pour les personnes à mobilité réduite et dotera le musée d’un espace d’accueil généreux et de nouveaux espaces dédiés à la médiation des jeunes publics. Ce projet permettra également de réduire sensiblement la consommation énergétique des deux bâtiments, notamment par son raccordement au réseau de chaleur urbain de Mériadeck et par la rénovation de l’ensemble des huisseries.
La rédaction de ce document s’inscrit dans un monde en pleine mutation qui, en l’espace de cinq ans, a connu de profondes transformations. La rénovation du musée offre une opportunité exceptionnelle pour revoir le parcours permanent des collections et penser un musée accueillant pour toutes et tous contribuant, par ses expositions et ses actions dans la ville, à la transition écologique et sociale.
Ce PSC expose les principaux enjeux que le musée s’est fixés et qui infusent toutes les actions présentées dans le document :
- Placer le design au cœur des enjeux climatiques et sociaux ;
- Porter un nouveau regard sur les collections, inclusif et multiple ; - Éduquer autrement en proposant des actions relevant de l’éducation artistique et culturelle (EAC) ;
- Aller à la rencontre de nouveaux publics en développant des actions hors-les-murs dans les différents quartiers de la ville et construire avec eux un lien privilégié et durable ;
- Favoriser l’expression culturelle de tous. Il s’agit de considérer le patrimoine culturel comme une ressource pour le développement humain, permettant de concilier des perspectives et des récits différents, pour une confiance et une compréhension mutuelle des communautés culturelles.
- Mettre les créateurs au centre du projet du musée ;
- Réévaluer la place des femmes dans les arts décoratifs et le design ; - Contribuer à la connaissance et la reconnaissance des métiers d’art et des savoir-faire ; - Proposer une programmation qui éclaire sur le monde d’aujourd’hui, pour participer à sa transition culturelle et contribuer au développement d’un esprit critique.
Ce nouveau projet scientifique et culturel a été mené collectivement par l’équipe du musée sous la direction de sa directrice, Constance Rubini. Le projet a également été suivi par un copil incluant des membres de l’équipe municipale ainsi que des conservateurs du service des musées de France et de la DRAC.
En conséquence, nous vous demandons, Mesdames et Messieurs, de bien vouloir autoriser Monsieur le Maire à :- Approuver le projet scientifique et culturel élaboré par le musée des Arts décoratifs et du Design (madd-bordeaux).
ADOPTE A L'UNANIMITE
Fait et Délibéré à Bordeaux, le 8 mars 2023
P/EXPEDITION CONFORME,
Monsieur Dimitri BOUTLEUXProjet
scientifique
et culturel
madd-bordeaux
2022-2027« Donner à voir le monde,
c’est commencer à le faire changer »
Buckminster Fuller, designer, inventeur, penseur,
poète de la technologie moderne et génie inventif d’un système
qui entend « faire le plus avec le moins, ’more with less’ ».Un environnement porteur
En conclusion Annexes
I
Une configuration
architecturale exceptionnelle
I
Le projet architectural
IV
La recherche, un outil
essentiel de remise
en question
IV
Vers une rénovation
du bâtiment des réserves
V
Un musée responsable
V
Les expositions : une
programmation audacieuse
VI
Un musée au service
d’un nouveau métissage
des publics
VI
Une programmation
qui éclaire sur le monde
d’aujourd’hui et participe à
sa transition culturelle
VII
Un musée qui rayonne
localement et
internationalement
VII
Un service des publics au
service d’une société plurielle
VIII
Communiquer pour rajeunir
l’image du musée et
accroître sa notoriété
VIII
Un réseau de partenaires
soutenu pour ancrer le musée
dans le paysage
IX
Ressources : vers
une montée en compétences
IX
Une communication
hybridée, entre physique
et numérique, à l'image
du musée de demain
X
Ressources : accompagner
le développement du musée
II
Les collections : histoire
polyphonique d’un musée
centenaire
II
Repenser le parcours du
musée : un nouveau regard
sur les collections, multiple
et inclusif
III
Transmettre aux générations
futures : conservation
préventive et restauration
des collections
III
Gestion et préservation
des collectionsAvant-propos 12
Le madd-bordeaux en quelques chiffres 14
PARTIE - État des lieux et des actions développées depuis 2013
Un environnement porteur : Introduction 19
Bordeaux en 2022 - Un contexte transformé par la crise du Covid et un écosystème à reconstruire 20
Bordeaux, patrimoine de l’Unesco et capitale mondiale du vin 20
Un important bassin d’emploi 21
Une présence universitaire dynamique 21
Un tourisme toujours en essor 21
Un écosystème culturel dynamique 21
La feuille de route culturelle de la Ville 22
I. Une configuration architecturale exceptionnelle : L’association inédite
entre un hôtel particulier XVIII et une prison XIX
1. Un hôtel particulier construit au XVIII siècle 26
2. L’ancienne prison 28
3. Les bureaux 30
4. Les réserves 30
5. Naissance d’un projet de rénovation 31
II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 33
1. Histoire de l’institution et évolution du programme muséologique 34
2. Le parcours de visite du musée depuis 2013 48
3. Les inventaires et le chantier des collections 50
4. Nature et évolution des collections 52
5. Les dépôts 67
6. Acquisitions et enrichissement des collections 71
III. Transmettre aux générations futures : conservation préventive et
restauration des collections 75
1. État sanitaire des bâtiments ouverts au public 76
2. État sanitaire des réserves 77
3. État sanitaire des collections 79
4. Programmes pluriannuels de conservation-restauration des collections 80
IV. La recherche, un outil essentiel de remise en question 85
1. Le musée comme un lieu ressource pour les chercheurs 86
2. Les publications 87
3. Les projets de recherche en collaboration avec les universités et les instituts de recherche 90
4. La valorisation de la recherche 92
V. Les expositions : une programmation audacieuse assise sur deux piliers,
patrimoine et création contemporaine 95
1. Invitations aux jeunes diplômés en design 96
2. Des grandes expositions de design 99
3. Invitations aux collectionneurs particuliers d’arts décoratifs 100
4. Renouvellement thématique de l’accrochage des collections anciennes 100
VI. Un musée au service d’un nouveau métissage des publics 105
1. Les publics qui fréquentent le madd 106
2. Les objectifs du service des publics 106
3. Programmes et actions mis en places 107
4. Une dynamique de réseau 112
5. Les limites de l'organisation actuelle 112
VII. Un musée qui rayonne localement et internationalement 115
1. Le madd-bordeaux au cœur du réseau culturel et associatif bordelais 116
2. Le rayonnement national du musée : une institution de référence pour l’étude et
la valorisation des arts décoratifs et du design 120
3. Un musée ouvert sur l’international 121
4. Une communauté d’ambassadeurs 122
5. Une présence significative dans les médias 124
VIII. Communiquer pour rajeunir l’image du musée et accroître sa notoriété 127
1. Les points forts de la stratégie mise en place 128
2. En 2020, une communication réinventée avec la crise sanitaire 129
3. Les marges de progression 129
IX. Ressources : vers une montée en compétences 131
1. Ressources humaines 132
2. Mutualisation des services 134
3. Ressources financières 135PARTIE - Vers un nouveau musée des Arts décoratifs et du Design, acteur des transformations de la société
I. Le projet architectural 141
1. L’esprit architectural du projet 142
2. Une rénovation durable du musée 144
3. Repenser l’accueil, la circulation et l’accessibilité de tous les publics 146
4. Redéployer les espaces de bureaux des équipes 149
5. Rationnaliser la gestion du travail des équipes 150
II. Repenser le parcours du musée : un nouveau regard sur les collections,
multiple et inclusif 155
1. L’élaboration d’un nouveau parcours : une conception collaborative 156
2. Artistes femmes et représentations féminines : réflexion sur la place de la femme dans la société à travers les collections 156
3. Mémoire et patrimoine : pour une relecture et une requalification des œuvres 159
4. Derrière les œuvres, les collectionneurs-donateurs mis en valeur 161
5. Mise en valeur de certains axes de la collection 163
6. Orientation des acquisitions et des dépôts 168
7. Poursuite de la numérisation et de la mise en ligne des collections 169
III. Gestion et préservation des collections 171
1. Poursuite du récolement des œuvres 174
2. Un plan pluriannuel de restauration des œuvres pour renouveler les présentations 173
3. Mise en sécurité des œuvres 176
IV. Vers une rénovation du bâtiment des réserves 179
V. Un musée responsable 183
1. Une stratégie d’amélioration au prisme de la transition écologique 184
2. Rendre le musée accessible à tous 186
VI. Programmation qui éclaire sur le monde d’aujourd’hui
et participe à sa transition culturelle 197
1. Pendant la fermeture du musée 192
2. À l’horizon 2025 193
VII. Un service des publics au service d’une société plurielle 199
1. Objectifs principaux 200
2. Mise en œuvre de la médiation culturelle 201
VIII. Un réseau de partenaires soutenu pour ancrer le musée dans le paysage 217
1. Des liens renforcés avec l’écosystème local 218
2. Fédérer les réseaux sur le territoire néo-Aquitain 219
3. Le rayonnement national du madd-bordeaux 219
4. Le déploiement international du madd-bordeaux 222
IX. Une communication hybridée, entre physique et numérique à l'image
d'un musée de demain 225
1. Les orientations stratégiques 226
2. La mise en œuvre 227
X. Ressources : accompagner le développement et la transformation du musée 229
1. Consolider les RH et continuer à professionnaliser l’équipe
du madd-bordeaux, cœur battant du musée 230
2. Recherches de financements 232
3. Création de la boutique du madd-bordeaux 233
En conclusion 235
L’équipe du musée 237
Iconographie 238
Annexes
Plans du musée 244
Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 260
Acquisitions et dons depuis 2013 280
Relevés hygrométriques de l'hôtel de Lalande et l'ancienne prison 326
Le musée dans la presse 328
Feuille de route culturelle de la Ville 338
Charte égalité femmes/hommes des établissements culturels de
la ville de Bordeaux 356PSC 2022 ● musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux 13 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 12
Une première version de ce PSC a été réalisée en 2017. Ce document détaillait insuffisamment les questions
de conservation préventive et de restauration des collections. Ainsi, à la demande du Service des Musées
de France (SMF), ce travail est aujourd’hui repris et complété. Fruit d’un travail collectif, mené avec toute
l’équipe du musée qui s’est, depuis, développée et professionnalisée, il rend compte, dans une première
partie, du travail réalisé entre 2013 et 2020, date du premier confinement.
La seconde partie (« Vers un nouveau musée des Arts décoratifs et du Design, acteur des transformations
de la société »), post-confinement, ouvre une nouvelle ère pour ce musée, comme pour l’ensemble
des institutions.
À l’aube de la fermeture pour raisons sanitaires liées au Covid, le musée avait, en cinq ans, doublé
sa fréquentation : 2014 : 46 040 visiteurs, 2019 : 93 040 visiteurs.
En 2020, et en dépit d’un contexte très difficile et de longs mois de fermeture, il a accueilli durant les quelques
semaines d’ouverture de l’exposition Playground, le design des sneakers, 58 548 visiteurs.
Le succès de cette exposition reflète le nouveau visage du musée, allant à la rencontre des centres d’intérêt
de publics très variés, et souvent éloignés du monde des musées, pour lui en révéler les aspects culturels
inconnus ou méconnus.
Durant la première étape de développement (2013-2020), l’équipe a concentré ses efforts et son énergie sur
le développement de la programmation scientifique (production de grandes expositions et rencontres avec
le public) pour transformer l’institution, trop souvent appelée au préalable « la belle endormie », en un lieu
culturel riche, dynamique et convivial.
Depuis 2021, le travail scientifique mené par l’équipe du musée est entré dans une deuxième phase. Moins
guidée par l’urgence à faire exister le musée dans le paysage local, national et international, l’équipe peut
dorénavant dédier un temps plus grand à un travail en profondeur sur les collections du musée, tout en
maintenant, bien sûr, l’activité et la programmation temporaire des expositions.
La deuxième partie du PSC (« Vers un nouveau musée des Arts décoratifs et du Design, acteur des
transformations de la société ») abordera un futur proche, celui de la fermeture du musée pour travaux dès
début 2023, et fera également part d’une vision future du musée.
Il apportera un regard renouvelé sur son rôle culturel, dans une société profondément transformée, et sur
son accueil des publics. Un nouveau parcours de visite, engendré par la rénovation et la réorganisation
architecturales des bâtiments, mettra en exergue les points forts de la collection, les questions associant
mémoire et patrimoine, les représentations et les artistes féminines.
Le madd-bordeaux, qui vit depuis quelque temps au rythme d’un public rajeuni et diversifié, continuera
sa transformation vers un musée inclusif et collaboratif, dont les enjeux de demain seront, plus que
jamais, ceux d’une prise de parole décomplexée et plurielle, ou l’amateur se mêle à l’expert pour enrichir
généreusement une culture ouverte, hybride, interactive, éthique et éco-responsable.
Après avoir traversé la crise de la pandémie du Covid, qui a suscité de si nombreuses publications dans
le monde des musées, en France et à l’international, l’équipe du musée s’interroge sur la façon dont
l’institution doit sortir de cette longue crise, pour s’inscrire dans un espace qui ne peut plus être neutre
mais doit porter au-devant de la scène des enjeux contemporains forts.
Constance Rubini
Directrice du musée des Arts décoratifs et du Design
Avant-propos
C’est en tant que spécialiste de design que j’ai postulé au musée des Arts décoratifs de Bordeaux.
Ma candidature a été choisie par le maire de la Ville, au départ de Bernadette de Boysson, conservatrice du
musée de 2000 à 2012, afin de donner un essor aux collections et présentations contemporaines.
J’ai ainsi pris la direction du musée des Arts décoratifs de Bordeaux en 2013.
J’ai souhaité exprimer ce choix du design au travers du nom et du logo du musée. Ainsi, courant 2013,
la Ville a sollicité l’avis du Haut Conseil des musées de France afin de transformer « musée des Arts décoratifs
de Bordeaux » en « musée des Arts décoratifs et du Design » et le conseil municipal de la Ville de Bordeaux a
entériné cette nouvelle dénomination. Ce projet a généré le besoin d’un second espace, la prison, à dédier
à la culture du design, afin de conserver la présentation des arts décoratifs prenant place aujourd’hui, et
depuis 1955, dans l’hôtel de Lalande.
L’objectif est de montrer comment le présent réactive le regard sur le passé et, vice versa, comment
le passé nourrit le présent. Loin d’être voué à la nostalgie d’un patrimoine ancien, le musée d’Arts décoratifs et
du Design est donc dédié à la création, de quelque époque qu’elle soit ; son rôle est de faire comprendre et
aimer les productions artistiques anciennes et nouvelles.
Mettre en lien les arts décoratifs anciens et la création contemporaine est, en effet, un gage de vitalité
pour l’institution.
Ce projet scientifique et culturel en est le reflet.
Il propose un dialogue entre l’esprit des Lumières — dont le musée est une des plus belles représentations
patrimoniales bordelaises — et les formes les plus contemporaines du champ du design. Il accorde une
place importante à l’éducation artistique, artisanale et environnementale en s’appuyant sur la conviction
que l’art, les savoir-faire et la culture jouent un rôle essentiel pour l’épanouissement individuel et collectif.
Le madd-bordeaux est en cela tout à fait emblématique du projet culturel de la Ville de Bordeaux, qui peut
être particulièrement mis en lumière et susciter un intérêt local et international à travers l’esprit qui souffle
sur le madd-bordeaux, résolument tourné vers l’avenir et la jeunesse.
Le musée ambitionne d’évoquer, au gré des conférences, des rencontres et des expositions, la diversité qui
caractérise ce domaine hybride qu’est le design, dont les champs d’activité vont du design d’objet au design
d’environnement, en passant par le design d’information, multimédia, graphique, ou encore sonore, et de
montrer comment ce domaine, qui se construit entre art, science, technique et économie, est une discipline
moteur de l’innovation et de la transition.
Le musée des Arts décoratifs et du Design de Bordeaux, ou madd-bordeaux, vise ainsi à devenir une institution
de référence pour la culture des arts décoratifs et du design en France, qui soit un tremplin pour les jeunes
designers talentueux, un lieu d’interactions artistiques, scientifiques et économiques, où l’on évoque
les savoir-faire artisanaux, les modes de fabrication industriels et leur nécessaire évolution au regard du défi
écologique, et surtout un lieu d’éducation et de sensibilisation des jeunes générations.
Outil d’accompagnement des transformations qui modèlent la société, le design permettra d’aborder
les grands sujets qui génèrent un débat culturel.
Le site du madd-bordeaux comprend deux bâtiments : l’hôtel particulier, qui accueille le musée actuel,et, à
l’arrière, un second édifice, ouvert au public depuis 2016, dans lequel se trouvaient les réserves des collections.
Le projet de rénovation architectural du musée vise à réaménager ce second bâtiment, une ancienne prison,
pour y présenter le design dans les conditions requises par les nouvelles normes muséales.
Il doit également permettre d’aménager un espace, qui fait fortement défaut aujourd’hui, dédié aux ateliers
pédagogiques et doit relier les deux bâtisses en dégageant des circulations plus fluides.
Celles-ci donneront enfin accès au musée de façon identique à tous les publics, en difficulté ou non
(accessibilité des fauteuils roulants notamment).PSC 2022 ● musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux 15 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 14
Histoire du musée
Collections et expositions
Fréquentation physique et numérique du madd-bordeaux Le madd-bordeaux en quelques chiffres
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réquentation
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la crise sanitaire
e site nternet et les réseaux sociaux en 2021
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Enquête menée par l'institut
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Excellent niveau de
recommandation pour
le madd-bordeaux
Note : 9,5/10
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de mesurer la fidélité et la satisfaction
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Rénovation
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le madd-bordeaux
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Excellent niveau de
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le madd-bordeaux
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Niveau de recommandation des visites Ĩ l'entourage
Enquête menée par l'institut
d'enquête et de sondage Gece en 2018
Excellent niveau de
recommandation pour
le madd-bordeaux
Note : 9,5/10
NPS : Net Promoter Score, % permettant
de mesurer la fidélité et la satisfaction
des visiteurs
1778 1924
1964
2003 2016
2018
Construction
de l'hôtel de
Lalande
Création du
musée d’art
ancien
Les services
de police
quittent l'hôtel
de Lalande
et la prison
désaffectée
devient dépôt
des objets
trouvés
Année
d'attribution
du label Musée
de France
Naissance
du projet de
rénovation du
musée
Classement
au titre des
monuments
historiques de
la prison et
de l’hôtel de
Lalande
1887 1955 1979 2013 2017 2019
2014
Une hausse de plus de
40% en 5 ans
Fréquentation impactée par
la crise sanitaire compensée par
une augmentation du nombre
de visiteurs online
28 430
58 548
153 689*
181 069*
64 443
46 640
Nombre de visites au musée
Nombre de visites online
Visites cumulées sur
le site Internet et les plans
interactifs des expositions
2019 2020 2021
Création du
musée des
Arts décoratifs
Travaux de
restructuration
de l'ensemble
des bâtiments.
L'ancienne
prison abrite
les réserves
du musée
Création du
musée des
Arts décoratifs
et du Design
Ouverture de
la prison aux
expositions
temporaires
Sélection
du cabinet
d'architecte
Antoine
Dufour
pour la
rénovation
du musée
L'hôtel de
Lalande devient
caserne
municipale et
la prison est
mise en service
34 247
œuvres inscrites à
l'inventaire en 2022
Plus de 1 300
œuvres entrées dans les
collections depuis 2013 dont
920 dons
Plus de 600
dépôts provenant de
musées et d'institutions
nationales
Plus de 500
œuvres prêtées depuis 2013
en France et à l'étranger
40
expositions ont
été organisées depuis 2013
12
catalogues publiés
depuis 2013
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*musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 16
PARTIE I
État des lieux et des actions
développées depuis 2013Partie — Un environnement porteur 19
Ces dernières années, Bordeaux s’est métamorphosée afin
de répondre à l’explosion démographique due notamment
à la mise en ligne du train à grande vitesse, la plaçant à
deux heures de Paris. Des projets urbains redessinent la
Ville de Bordeaux et des grandes opérations d’aménage-
ment voient le jour sur d’anciennes friches industrielles.
Désormais, la Ville engage une politique d’urbanisme et de
l’habitat pour une ville décarbonée, solidaire, accueillante
et équilibrée. Sanctuarisant les espaces naturels, revégé-
talisant les sites artificialisés, elle structure les zones ur-
banisées autour des artères vertes et bleues (la Garonne)
et crée le label Bâtiment Frugal Bordelais pour un urba-
nisme résilient. Face à l’augmentation des prix de l’immo-
bilier, la ville œuvre également à rendre les logements plus
accessibles financièrement.
Au coeur de ces évolutions vers une transition écolo-
gique et sociale, la culture joue un rôle essentiel dans la
construction d'une ville plurielle, solidaire et créative.
Un environnement
porteur
IntroductionPartie — Un environnement porteur 21 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 20
Bordeaux en 2022
Un contexte transformé par la crise
du Covid et un écosystème
à reconstruire
Plus récemment, la pandémie mondiale a mis à mal de nombreux secteurs économiques,
en particulier les domaines du tourisme et de la culture. Les chiffres de fréquentation de
2020 et 2021 sont bas, notamment concernant les visiteurs internationaux. Le monde
de la culture a profondément souffert des contraintes liées à la pandémie. Salles et musées
fermés, spectacles annulés, les secteurs qui reposent sur une économie présentielle ont été
et continuent à être fortement touchés.
De nouvelles pratiques culturelles ont vu le jour ou se sont renforcées tout au long de cette
crise, illustrant la capacité de résilience et d’adaptabilité des différents acteurs du secteur
du tourisme et de la culture. La digitalisation des pratiques culturelles et touristiques et
les initiatives auprès des publics de proximité ont connu un essor important.
Aujourd’hui, dans un contexte institutionnel et financier qui interpelle toutes les collectivités
territoriales, Bordeaux capitalise sur ses acquis, pour devenir le cœur d’une métropole
du XXI siècle, à la fois ambitieuse dans son développement vers le million d’habitants
d'ici 2030, exemplaire en termes écologiques et soucieuse de conserver ses valeurs et
la qualité de vie de ses habitants.
Bordeaux, patrimoine
de l’Unesco et capitale
mondiale du vin
La ville de Bordeaux bénéficie d’une notoriété internationale en raison de son patrimoine
historique et ses vignobles.
Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 2007 pour la qualité et l’intégrité de
son ensemble urbain exceptionnel qui couvre près de la moitié de sa superficie, la ville
représente, à ce jour, le plus grand périmètre urbain classé par l’organisation. De nouvelles
œuvres architecturales contemporaines ont été bâties depuis lors et essaiment le paysage
bordelais aux côtés des bâtiments centenaires de la cité. Parmi eux, vingt bâtiments labellisés
architecture contemporaine remarquable dont neuf sont propriété de la ville, dont le stade
Matmut Atlantique construit par Jacques Herzog et Pierre de Meuron.
Le vignoble bordelais, qui compte 65 appellations et s’étend sur 112 000 hectares, est le plus
grand et le plus ancien vignoble de vins fins du monde. Sa renommée est telle que, chaque
seconde, 20 bouteilles de Bordeaux sont vendues dans le monde. Un rayonnement qui permet
au nom de la ville de Bordeaux, d’être reconnu dans le monde entier.
Un important
bassin d’emploi
Centre touristique important, Bordeaux est aussi un poumon économique majeur et
un pôle d’attractivité pour les entreprises françaises et européennes. Des secteurs d’activité
d’excellence sont présents à Bordeaux et continuent à se développer et attirer les entreprises
et les investisseurs. Le secteur de l’aéronautique, du spatial et de la défense, comporte
notamment l’Aerospace Valley, pôle de compétitivité mondial dans le domaine de
l’« Aéronautique, Espace et Systèmes embarqués ».
Dans le secteur numérique, elle se distingue comme la capitale de la French Tech. Pôle
d’excellence du numérique, Bordeaux est la troisième métropole française pour la création
d’entreprises dans ce secteur.
Dans l’industrie de la santé, elle pourvoit plus de 60 000 emplois et développe des solutions
d’excellence dans les domaines de la biotechnologie, de l’e-santé et des dispositifs médicaux.
Dans le secteur financier, Bordeaux occupe la quatrième place bancaire française avec plus de
10 banques internationales, des directions interrégionales et banques d’affaires. Bordeaux est
également à la quatrième place française dans le domaine de l’industrie créative et culturelle.
La ville occupe également une place importante dans le développement des énergies
renouvelables (secteur de l’éco-industrie) au sein de la première région de France productrice
d’énergie solaire, deuxième parc de France en matière de bioénergies.
Une présence
universitaire dynamique
Le développement de l’enseignement supérieur à Bordeaux croît en adéquation avec
le développement de ces secteurs économiques. Très attractive pour les étudiants, elle leur
permet de bénéficier de nombreuses formations, notamment l’accès à des prépas et des grandes
écoles. Bassin d’emploi dynamique, elle leur offre également une expérience culturelle riche.
Le site letudiant.fr indique une grande satisfaction des étudiants bordelais qui recommandent
leur ville à 92%. En 2021-2022, ils sont près de 105 000 à y étudier. Bordeaux compte plusieurs
établissements d’enseignement artistiques : l’École supérieure des Beaux-Arts de Bordeaux,
le Conservatoire à rayonnement régional (CRR) de Bordeaux, le Pôle d’Enseignement
Supérieur de Musique et de Danse, Bordeaux Nouvelle-Aquitaine (PESMD) et l’École supérieure
de théâtre Bordeaux Aquitaine.
Un écosystème culturel
dynamique
Aussi, face à ces nouvelles données, les musées repensent leur activité. Le madd-bordeaux
doit renforcer son image au sein d’un paysage culturel riche, composé de :
▶ Quatre autres musées municipaux : musée d’Aquitaine, musée des Beaux-Arts,
Muséum - Sciences et Nature, CAPC centre d’art contemporain ;
▶ Bordeaux Patrimoine Mondial - CIAP, outil du Label Ville et pays d'art et d'histoire ;
▶ Le jardin botanique de Bordeaux ;
▶ Un conservatoire à rayonnement régional (CRR) ;Partie — Un environnement porteur 23 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 22
▶ Onze bibliothèques municipales et sept bibliothèques spécialisées (musées et
conservatoire) ;
▶ Des musées relevant de différentes tutelles :
◆ relevant d'une tutelle publique : musée national des Douanes, musée
d'Ethnographie, Frac Nouvelle-Aquitaine MECA
◆ des musées relevant d'une tutelle privée : musée du Vin et du Négoce, musée
de l'Imprimerie
▶ Les Archives de Bordeaux Métropole ;
▶ La salle des fêtes du Grand Parc ;
▶ Des espaces culturels municipaux – espaces d’exposition et/ou d’événements :
halle des Chartrons, espace Saint-Rémi, marché de Lerme, Mably-Cour et salle
capitulaire, théâtre Inox, théâtre la Lucarne, théâtre Pergola, Base sous-marine ;
▶ De nouveaux établissements culturels privés : Musée Mer Marine, Cité du Vin
(gouvernance mixte), Bassins de Lumières ;
▶ Le paysage culturel est également riche d'établissements proposant des pratiques
amateurs : la Rock School Barbey et l'école du Cirque.
La feuille de route culturelle
de la Ville
En juin dernier, la ville de Bordeaux s’est appuyée sur une consultation citoyenne afin de définir
la feuille de route de la nouvelle politique culturelle municipale en s’appuyant sur une méthode
de co-construction des projets. Après une consultation pendant un an des acteurs culturels et
des habitants, le forum de la culture, initié en juin 2021, va se déployer sur le tout le mandat.
La feuille de route en est le fil rouge, elle présente les actions principales envisagées à
l'horizon 2026 concrétisant trois principes majeurs énoncés : « Garantir à tous et à toutes
le droit de participer à la politique culturelle », « Mettre l’art et la culture au cœur de
la transformation urbaine», « Soutenir et accompagner un environnement propice à
la création» (voir en annexe la feuille de route culturelle de la Ville, page 334).
Elle donne la priorité à l’éducation artistique et culturelle, aux actions solidaires et responsables,
à la prise en compte des droits culturels, à l'écologie et au travail de proximité avec les quartiers.
Seront créés des LAC, Lieux d’Art et de Culture, espace d’expérimentations artistiques
hybrides et alternatifs au cœur des quartiers.
La rénovation du madd-bordeaux fait partie des actions de la feuille de route culturelle
2021-2026. Elle répond au besoin de la valorisation et d’animation des patrimoines collectifs
et inscrit la création et la culture comme une priorité au cœur de la transformation urbaine.Partie — I. Une configuration architecturale exceptionnelle 25
I. Une configuration
architecturale
exceptionnelle :
L’association inédite entre
un hôtel particulier XVIII et
une prison XIXPartie — I. Une configuration architecturale exceptionnelle 27 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 26
- Un hôtel particulier construit
au XVIII siècle
Le musée est installé dans un hôtel particulier construit autour de 1778-1780, pour le conseiller
au parlement Pierre de Raymond de Lalande.
L’entrée dans la cour pavée se fait par une porte cochère à deux vantaux, garnie d’un lourd
heurtoir en boucle sur platine découpée et d’un riche ensemble de serrurerie donnant un
caractère et une identité forte au lieu. À droite, un haut mur aveugle coiffé d’une balustrade
abrite l’hôtel particulier de la rue ; à gauche, la grande arcade cintrée donnait à l’origine accès
à l’aile des communs (écuries, remises aux carrosses, buanderie, laverie, cuisine, garde-manger),
transformée aujourd’hui en salle d’exposition.
La façade en pierre blanche recouvre trois niveaux : un rez-de-chaussée légèrement surélevé,
un premier étage, un étage de combles établi sous un haut toit « à la française » à deux versants
et croupes recouvertes d’ardoises. Les deux pavillons qui encadrent symétriquement les cinq
travées centrales, accueillent les escaliers. La décoration, très sobre au centre, est plus abondante
sur ces pavillons : chaînes d’angle à refends, frontons triangulaires à denticules et guirlandes
de feuilles de chêne retenues par des nœuds de ruban plissé encadrées par deux consoles à
imbrications terminées par un effet de passementerie. Les deux portes d’entrée, placées sur
les façades internes des pavillons, sont désaxées par rapport à la porte cochère et donc invisibles
de la rue ; on y accède par un perron de deux marches qui produit un effet théâtral,
caractéristique du XVIII siècle.
Depuis la première publication du musée d’Art ancien, en 1924, l’architecture du bâtiment
est attribuée à l’architecte bordelais Étienne Laclotte. Cette attribution est aujourd’hui
communément partagée. Pour autant, aucun acte depuis 1773 (actes d’achat, de construction
de l’hôtel, déclaration de succession...) ne mentionne de nom d’architecte pour cette construction.
Dans sa récente monographie consacrée aux architectes Laclotte, Philippe Maffre précise
d’ailleurs que « si ce n’était le témoignage de Paul Pallandre, contemporain des Laclotte, aucun
document ne permettrait d’affirmer que ce sont bien ces architectes qui construisirent le vaste
hôtel du conseiller Pierre de Raymond de Lalande ». Cette attribution mérite donc d’être réétudiée.
À la lecture du document d’archive de demande de construction de l’hôtel de Lalande, daté
du 18 mai 1778, il nous semble aujourd’hui lire (plutôt décrypter) le nom d’un autre architecte
bordelais, François Lhôte (1743-1808). Un travail de recherche est en cours afin de confirmer,
ou infirmer, cette nouvelle piste, qui pourrait être vraisemblable compte tenu du contexte
architectural bordelais.
Nous insistons, ici, sur ce point, car ces recherches sont essentielles pour la compréhension
du bâtiment. Nous ne possédons, en effet, actuellement aucun plan d’origine permettant de
connaître la distribution de l’hôtel particulier au XVIII siècle.
Après la Révolution, celui-ci passe de main en main avant d’être racheté en 1880 par la Ville,
qui y installe les services de police. S’ensuit la construction d’une prison, à l’arrière, à la place
du vaste jardin.
Un musée d’Art ancien est créé à l’étage de l’hôtel particulier en 1924. Restructuré, il est
transformé en musée des Arts décoratifs en 1955 (voir en annexe le discours de réception à
l’Académie de Bordeaux de Constance Rubini en 2016, qui retrace l’histoire du bâtiment
et celle du musée, page 256).
En 1984, le musée s’étend dans l’aile des communs et dans les combles, formant ainsi deux
ensembles architecturaux distincts. Le corps de logis, avec ses boiseries et ses parquets anciens,
constitue une enveloppe parfaite pour la présentation des collections XVII, XVIII et XIX siècles,
quand les communs offrent, eux, un espace neutre, peint en blanc. Ces deux espaces d’univers
différents cohabitent et sont accessibles par une entrée et un accueil communs.
En 2014, la création de l’exposition rétrospective Andrea Branzi, pleased to meet you. 50 ans
de création a confronté le musée au problème d’espace : comment développer la présentation
contemporaine sans réduire les espaces dédiés au XVIII siècle ce qui, d’une part, aurait été
contraire à l’esprit du musée, aménagé avec raffinement entre 1980 et 2012, par les deuxPartie — I. Une configuration architecturale exceptionnelle 29 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 28
conservatrices Jacqueline du Pasquier et Bernadette de Boysson, pour qu’il soit à l’image
des plus belles maisons de la noblesse bordelaise du XVIII et, d’autre part, aurait été perçu
par le public bordelais comme un parti pris trop provocateur.
L’exposition Andrea Branzi, pleased to meet you a ainsi été organisée en 2014 hors les murs, dans
une église gothique désacralisée devenue espace culturel municipal.
- L’ancienne prison
À l’heure où les musées délocalisent leurs réserves en raison de la hausse du coût du foncier
en centre-ville, la solution qui est vite apparue comme évidente a été de récupérer le très bel
espace de la prison qui, depuis 1980, accueillait les réserves du musée. D’autant plus que cet
espace, aménagé il y a plus de trente ans, ne correspondait plus aux normes de conservation
actuelle (cf. partie 1 – III, 2, a) .
Historique
La prison, « dépôt de sûreté destiné aux marins français et étrangers pour faits commis contre
la discipline et aux filles qui commettent des infractions aux règlements sur la morale et
les bonnes mœurs », est construite sur l’emplacement du jardin de l’hôtel particulier. Ce jardin
nous est connu grâce au plan cadastral napoléonien daté 1822.
Il est décrit dans l’acte de vente de 1860 fait entre Duffour-Dubergier et Antoine Dalléas :
« La façade sur le jardin est également élevée, au-dessus du sol
d’un rez-de-chaussée et d’un premier. Elle est percée à chaque étage de
sept ouvertures, au rez-de-chaussée, les trois ouvertures du milieu ouvrent
sur le perron par lequel on descend au jardin.
Ce jardin clôturé par de grands murs est complanté d’environ soixante arbres
disposés à droite et à gauche sur trois rangs, l’espace compris entre ces rangés
d’arbres est occupé par un gazon garni de plantes
ou arbustes et coetera. ».
L’histoire de la construction de la prison municipale était assez bien renseignée grâce à un article
de Jacqueline du Pasquier (« L’hôtel de Lalande et la prison municipale de Bordeaux », Revue historique
de Bordeaux et du département de la Gironde, 1981) s’appuyant sur les dessins et projets de l’architecte
de la ville Marius Faget en date de 1885. La numérisation de cet ensemble de dessins a permis
d’apprécier quelques écarts entre le projet initial et l’état réel de la construction de cet édifice.
Une série de correspondances conservées aux Archives de la Métropole, ainsi que des photos
anciennes, ont permis de replacer cette prison dans son contexte de fonctionnement initial, à
l’époque où l’ensemble des bâtiments, — corps de logis de l’hôtel Lalande, aile des communs
et prison, formait un véritable hôtel de police, regroupant différents services administratifs.
Mise en service en 1886, elle formait alors un quadrilatère, sur les trois côtés des rues Boulan,
Verteuil, et Castelmoron. Quelques modifications dont on ne savait jusqu’ici apprécier l’époque
ont pu être datées depuis. Dès janvier 1887, la sécurité de la prison est remise en cause en raison
de l’évasion de prisonniers par escalade. C’est ce qui explique l’enduit épais gris foncé que
l’on remarque aujourd’hui et qui bouche largement les creux entre les pierres de blocage, posé
pour empêcher les prisonniers de s’agripper aux pierres pour escalader les murs et s’échapper.
Cette même année un mur de séparation dans l’une des deux grandes cours est réalisé à
la demande du Gardien en Chef, afin que « les enfants des deux sexes soient séparés des hommes
ou femmes plus âgées, et que les condamnés ou condamnées par le tribunal de simple police viennent
purger leur peine sans contact avec les malfaiteurs ou les filles publiques ».
Un mur sera construit également dans la deuxième cour. Laurence Amiel précise, en effet,
dans son ouvrage La prostitution et les prostituées à Bordeaux du début du XIX siècle que la prison
« comprend 4 quartiers distincts, affectés aux hommes, aux femmes, aux enfants et aux prostituées ».
Aucune archive à ce jour ne renseigne précisément sur
le fonctionnement de cette prison, mais le caractère
fonctionnel de son architecture nous permet d’en
comprendre la structure en lien avec les usages. De
nombreux graffitis sur les murs témoignent de ce passé ;
nous en avons réalisé des relevés photographiques
pour en fixer les traces.
Ce n’est qu’en 1964 que les services de Police français
quittent l’hôtel de Lalande. Dès 1966, la cour arrière
du musée fait office de garage à vélos pour le personnel
de l’hôtel de ville. La prison désaffectée devient le dépôt
des objets trouvés et le restera jusqu’en 1979, date à
laquelle le Cabinet de programmation C.A.F.E.
Claude Pecquet et Patrick O’Byrne est chargé de
la restructuration de l’ensemble des bâtiments,
l’ancienne prison, l’hôtel de Lalande et ses communs.
Les quatre cours principales de la prison sont alors
réunies en deux grandes cours après la démolition
partielle des deux murs en pierre. Deux vastes mezzanines
en métal, surplombées de toitures, sont aménagées
dans ces cours pour accueillir les réserves du musée.
Première étape vers un espace d’exposition
Le projet du musée, posé dès 2014, est de faire dialoguer
arts décoratifs et design, en continuant à exposer
les arts décoratifs anciens dans leur si belle enveloppe
XVIII siècle, l’hôtel de Lalande, et en exposant le design,
cet art appliqué né au XIX siècle, dans la prison,
ce bâtiment construit au XIX, dont on lit encore
la fonction à travers l’organisation architecturale
intérieure (cellules, portes lourdes en bois, judas...).
Cette configuration favorise la lecture du projet et
le dote d’une singularité et d’une force architecturale.
Ainsi, en 2015, une première étape a été franchie :
la prison a été vidée et les réserves délocalisées.
Cela a entraîné un chantier important de localisations,
prises de vue des œuvres, constats d’état et
reconditionnements, conduisant à la mise en place
d’une campagne de restauration sur le long terme,
de nombreuses œuvres – surtout celles qui étaient
localisées sur les mezzanines, sous les toits – étant
dans un état alarmant (cf. partie 1 – III, 1, b).
La prison est ouverte au public pour la première fois
lors des Journées européennes du patrimoine en 2016.
La queue des visiteurs remonte toute la rue. Ce succès
auprès du public bordelais et dans la presse locale
renforce la légitimité du projet de réaménagement.
L’espace de la prison accueille une première exposition
en juin 2017 : Oh couleurs ! Le design au prisme de la couleur,
conçue avec difficulté car l’espace n’est pas encore
aménagé selon les normes muséales. On y accède
difficilement, en traversant les bureaux
de l’administration.
Cet espace se compose de deux cours principales
couvertes, d’environ 140 m² chacune. Elles se présentent
symétriquement de part et d’autre d’un couloir central.Partie — I. Une configuration architecturale exceptionnelle 31 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 30
Treize cellules, voûtées en pierre de taille et faisant chacune entre 10 et 15 m² de superficie,
sont disposées autour des cours ainsi qu’à l’extrémité du couloir central. La superficie
disponible pour les expositions temporaires s’élève au total à 540 m².
Dans ce bâtiment de la prison ont été aménagés également une petite salle de conférence
rudimentaire (capacité d’accueil maximale : 50 personnes, pas d’accès Internet, pas de
chauffage) et un atelier pour les enfants dont la capacité d’accueil maximale (17 enfants) est
trop réduite pour l’activité du service des publics qui reçoit de nombreuses classes.
Y sont aussi installés l’atelier de restauration, un espace de stockage des catalogues, un espace/
studio photo rudimentaire, un espace de réserve de transit, un atelier de menuiserie et une salle de
repos et de change pour le personnel qui travaille à l’atelier et à la garde dans les salles du musée.
En 2013, une attention renouvelée à l’architecture des deux bâtiments permet de valoriser,
en collaboration avec la Direction générale de l’urbanisme, du patrimoine et des paysages
de la Métropole de Bordeaux, leurs qualités et spécificités architecturales ainsi que leur intérêt
historique. S’ensuit une inscription au titre des monuments historiques en octobre 2016.
Cette protection, initialement demandée pour l’hôtel particulier seul, a été étendue, sur
proposition de la commission régionale du patrimoine et des sites (CRPS), à la prison.
Les deux bâtiments ont ensuite été classés au titre des monuments historiques
en avril 2018.
« - Les bureaux
Outre les espaces d’accueil et d’exposition, l’hôtel de Lalande abrite également, à l’étage de l’aile
des communs, la majorité des bureaux du musée, partiellement organisés en open space.
Les bureaux du pôle conservation et une partie des bureaux du pôle service des publics sont
situés au sein de la bibliothèque, qui est riche de plus de 8 000 ouvrages. Ces espaces
restreints rendent difficile l’accueil des chercheurs et des invités.
L’équipe grandissant, il a été nécessaire d’aménager des bureaux supplémentaires à l’étage
de la prison.
On y trouve maintenant les bureaux des nouveaux services de la régie et de la sécurité.
¬ - Les réserves
Depuis 2015, le musée a donc externalisé ses réserves qui étaient installées dans l’ancienne
prison depuis 1983 (cf. partie 1 – III, 1, b) :
Hôtel Ragueneau
Dans l’attente des travaux de rénovation du site Jean Vaquier, une partie des collections,
principalement les collections organiques (coffrets en bois, ivoires, textiles, peintures et arts
graphiques), est entreposée dans des réserves provisoires situées dans le centre-ville de Bordeaux.
Le bâtiment, situé à l’arrière de l’hôtel Ragueneau, a servi de dépôts pour les Archives
municipales de Bordeaux jusqu’à leur déménagement dans de nouveaux locaux rive droite.
L’édifice, construit en béton derrière la façade d’origine en pierres de taille, est réparti sur huit
niveaux dont deux en sous-sol. Chacun de ces niveaux a une superficie d’environ 70 m².
La hauteur sous plafond est réduite, la hauteur des étages d’origine ayant été divisée par deux
afin d’augmenter la superficie de stockage.
Les différents niveaux sont desservis par un petit ascenseur. Les étages sont également
accessibles par un escalier métallique en colimaçon, tandis que les deux niveaux de sous-sol
et le 6ème étage sont desservis par un escalier en béton.
Les mouvements à l’intérieur du bâtiment sont compliqués car les accès sont très étroits.
Situé au cœur d’un quartier ancien, le bâtiment est difficile d’accès. Les rues sont étroites,
rendant complexe l’acheminement des œuvres par camion. Enfin, l’absence de places de
stationnement oblige, à chaque transport, le blocage de la rue et rend les manœuvres délicates.
Site Jean Vaquier
Ce site est situé à 10 km du musée, sur la zone de Bordeaux Nord et à proximité des réserves
lapidaires du musée d’Aquitaine, des réserves du Muséum d’Histoire Naturelle et des services
d’archéologie préventive de Bordeaux Métropole. Une station de bus de la Métropole est
également installée sur le site depuis 2021.
Elles sont accessibles en tram et le site est gardienné.
Ces réserves se composent de deux bâtiments, nommés X et L. La surface totale exploitable est
de 760 m².
Le bâtiment X est constitué de trois grandes salles (nommées X/A, X/B et X/C), reliées par une
cour centrale abritée d’une verrière. L’ensemble est desservi par deux couloirs faisant office
de quais de déchargement. Les murs de ces bâtiments sont en béton creux préfabriqués.
L’ensemble des surfaces vitrées est occulté par des panneaux en PVC, doublés par des grilles
métalliques permettant la sécurisation des ouvertures. La toiture est constituée de bacs acier
avec une isolation d’environ 12 cm de laine minérale.
Le bâtiment L, situé à proximité du bâtiment X, est un édifice à deux niveaux, le rez-de-chaussée
et le premier étage, desservis par un escalier.
Les espaces du musée, bâtis et intérieurs, sont à rénover et à rationaliser pour leur
conférer un usage plus efficace, une meilleure isolation thermique et une accessibilité
aux personnes à mobilité réduite.
- Naissance d’un projet
de rénovation
Un programmiste a tout d’abord conduit en 2016-2017 une étude dans ce sens, en collaboration
avec les services de la Ville et l’équipe du musée. L’objectif était de conserver l’atmosphère,
très forte et particulière de chacun des deux bâtiments, leur identité et leur intérêt architectural,
tout en les dotant des conditions de conservation et d’expositions requises au XXI siècle.
La restitution de l’étude de pré-programmation en 2018, et le soutien financier d’Elisabeth
Wilmers, propriétaire du Château Haut-Bailly, qui poursuivait ainsi l’œuvre de mécène de
son mari Bob Wilmers décédé en 2017, ont permis le lancement d’une procédure
concurrentielle avec négociation de commande publique début 2019.
Cinq équipes d’architectes ont été présélectionnées : Antoine Dufour Architectes, l’Atelier
provisoire associés à Scaranello, Barozzi Veiga associés à Tolila et Gilliland, HBAAT-Hart
Berteloot Atelier et NP2F associés à Office Kersten Geers David Van Severen.
La diversité géographique des profils des candidats et la présence d’équipes émergentes ont
été au cœur des discussions menant à cette sélection et au choix final de l’agence Antoine
Dufour Architectes, jeune duo (Aymeric Antoine et Pierre Dufour) choisi notamment pour
l’intérêt tout particulier qu’il porte au patrimoine, Pierre Dufour étant architecte en chef
des monuments historiques. Une équipe très jeune mais dont la démarche sensible et
rigoureuse prend en compte les matériaux et le bon usage des savoir-faire à l’échelle
du bâtiment, tout en étant très attentive aux détails. Des caractéristiques très attendues
dans ce projet visant le réaménagement de deux bâtiments classés MH, dans une ville elle-
même classée au Patrimoine de l’Unesco.
Quelques semaines après la publication de ce choix, leur nomination (novembre 2019)
en tant que lauréat de l’Équerre d’argent première œuvre, a confirmé le talent pressenti
de cette jeune équipe.Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 33
II. Les collections :
histoire polyphonique
d’un musée centenaire
L’histoire du musée et le récit des premiers parcours de
visites qui lui sont liés permettent de mieux comprendre
la description des collections.Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 35 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 34
° Histoire de l’institution et évolution
du programme muséologique
Rendre en quelques lignes une image qui soit à la fois exacte, complète et lisible de l’institution
et de ses collections est une entreprise délicate.
Pour l’appréhender, il suffit d’observer l’évolution des espaces dédiés aux collections ainsi que
les intitulés successifs du musée depuis son installation rue Bouffard : « musée d'Art ancien »
(1924-1955) ; « musée des Arts décoratifs » (1955-2013), puis « musée des Arts décoratifs et
du Design » (depuis 2014). Symbole du dynamisme de l’institution, ces changements de
dénominations font également ressortir un besoin culturel, propre à chaque époque,
dont le projet du musée est le reflet.
Son origine s’inscrit également dans une histoire plus large : celle, tout d’abord, des musées de
province qui voient le jour après la Révolution et se structurent progressivement, tout au long
du XIX siècle et jusqu’au milieu du XX siècle (moment où ils adoptent l’organisation qu’on
leur connaît aujourd’hui); ensuite, de l’émergence d’un nouveau champ du domaine des arts :
celui des arts industriels ou des arts décoratifs, dont la reconnaissance progressive, à partir du
milieu du XIX siècle, favorisa – dans une logique de préservation du patrimoine –
la naissance de musées dédiés (sur le modèle de celui de Paris, inauguré en 1905)¹.
Mais au-delà des spécialités traditionnelles qu’on s’attend à trouver dans un musée d’arts
décoratifs (mobilier, objets d’arts de toutes époques), il est primordial de souligner l’ancrage
local du musée et de ses collections, comme en témoigne l’importance de certains fonds liés
à l’histoire de la ville, à son patrimoine et aux savoir-faire locaux. De ce point de vue, il est
aussi un musée d’Art et d’Histoire régionale.
Cette réalité fixe à grands traits les spécificités du musée des Arts décoratifs et du Design de
la ville de Bordeaux.
a. Le musée d’Art ancien (1922-1954) et son parcours de visite
En 1922, après qu’un projet d’un musée unique rassemblant l’ensemble des collections de
la ville de Bordeaux avait été longtemps discuté², puis finalement abandonné, le Conseil
municipal vota les crédits nécessaires à la création d’un « musée d’Art ancien » pour
abriter une partie des collections rassemblées – à la faveur des saisies révolutionnaires,
des découvertes archéologiques, des dons et des achats de la ville – et exposées (ou stockées)
depuis le milieu du XIX siècle dans différents locaux municipaux (l’hôtel de ville ; l’hôtel
Jean-Jacques Bel, rue Mably ; l’ancien couvent des Dominicains, place Mably ; le musée
Carreire, sur le site actuel du campus de l’université de Bordeaux).
Le parti pris architectural adopté est celui qui avait été préconisé par la Société Archéologique
de Bordeaux : reconvertir en musée un bâtiment ancien appartenant déjà à la ville. Le choix
se porta sur l’hôtel de Lalande (que l’on nommait à l’époque hôtel Dalléas), très bel hôtel
particulier du règne de Louis XVI³, qui offrait l’avantage, outre un cadre élégant, d’être situé en
plein centre-ville et donc d’être accessible à un plus vaste public (préoccupation qui n’est pas
nouvelle). Par économie de moyens, selon une pratique courante à l’époque, il fut cependant
décidé que le futur musée partagerait (provisoirement) ses locaux avec les services de
la police municipale, installés dans les lieux depuis 1880, et la prison, construite sur le jardin
intérieur en 1885. Le 12 janvier 1923, une délibération du Conseil municipal décidait d’affecter
le corps de logis principal au nouveau musée. Certains services de la police sont maintenus
provisoirement (jusqu’en 1925) dans l’aile des communs ; les écuries sont occupées par
la Garde à cheval ; la prison ne fermera ses portes que beaucoup plus tard, en 1964.
Le modèle de musée d’arts industriels, décliné par matériaux et par techniques, destiné avant
tout à la formation du goût et au développement des productions nationales, ne satisfait plus
entièrement ou ne fonctionne pas toujours avec la variété des objets réunis (des plus humbles
au plus raffinés). La volonté de s’adresser à un public plus large, de donner davantage de
profondeur historique à la présentation des collections, celle aussi de rendre mieux perceptible
l’évolution des styles font l’objet de réflexions nouvelles.
. Il faut souligner que les
musées d’Arts décoratifs
sont relativement peu
nombreux en France ; les
collections de Bordeaux
se situent en bonne place
si on les compare à celles
de Nantes, Sainte-Omer,
Saumur, Riom, voir à
celles des grands musées
comportant des sections
d’Arts décoratifs à Lyon,
Strasbourg ou Lille
par exemple.
Le parti pris muséographique de l’architecte de la ville, Jacques D’Welles, et du directeur
du musée d'Art ancien, Paul Courteault⁴, s’inspire de celui du musée Carnavalet (« Musée
historique de la ville de Paris », créé en 1880) où des boiseries sont présentées, par ensembles
décoratifs, à la manière de ce que l’on nommera plus tard, aux États-Unis, des period rooms.
Au premier étage, défiguré par le séjour prolongé des services de police et faute de documents
permettant d’en restituer le décor d’origine, des boiseries anciennes (d’époque Régence, Louis XV
et Louis XVI, provenant de trois hôtels particuliers et d’un immeuble bordelais du XVIII siècle),
sont installées en lieu et place des pièces d’origines (trois chambres – deux petites et une grande
chambre – desservies par un couloir central, terminé par un cabinet de toilette)⁵. Selon
Jacques D’Welles⁶, « leur mise en place a pu être faite si heureusement et avec une exactitude
si minutieuse qu’elles paraissent avoir toujours fait partie de l’hôtel ». Compte tenu
du peu d’éléments d’origine subsistant à l’étage, cette installation est incontestablement
une réussite – hormis, peut-être, l’absence de la corniche de la boiserie de l’hôtel de Gascq,
qui n’a pas été conservée, et des parquets, qui ont pratiquement tous été remplacés. Seules
les boiseries Louis XVI des deux premières pièces en enfilade, lorsqu’on arrive en haut de
l’escalier d’honneur, sont conservées. Le rez-de-chaussée semble avoir moins souffert,
puisque les six boiseries Louis XVI faisant partie du décor d’origine de l’hôtel particulier sont
encore en place ; toutes les pièces donnant sur l’ancien jardin ont gardé leurs planchers à
caissons d’origine ; ceux de la Grande et de la Petite Salle à Manger, comme on appelait
ces pièces en 1860⁷, ont été remplacés de même que le sol de l’antichambre du rez-de
chaussée⁸. À cette époque, selon les mêmes sources, le poêle en faïence de la salle à manger
semble être encore intact⁹, ainsi que les trois consoles d'origine du Grand Salon.
Les collections à la disposition de Paul Courteault, nommé à la direction scientifique du projet
en 1922, correspondent à celles des institutions dont il a la charge, à savoir : celles du Médailler
municipal abrité au musée des Beaux-Arts ; les collections préhistoriques et ethnographiques
exposées au rez-de-chaussée du Muséum d’Histoire naturelle ; les collections entreposées
au musée Carreire – essentiellement celles provenant de l’ancien musée d’Armes et Objets
anciens, ainsi que les collections destinées à un musée de la Marine.
En mars 1925, sous l’impulsion du maire de Bordeaux Fernand Philippart (1919-1925), une
convention fut conclue entre la municipalité et le collectionneur Daniel Astruc (1863-1950),
en vertu de laquelle celui-ci s’engage à céder son « importante collection d'estampes du
XVIII siècle¹⁰ »contre le droit d'occuper sa vie durant les appartements du rez-de-chaussée
de l'hôtel. Une exposition d’une partie de sa collection est inaugurée le 25 janvier 1926.
Elle est accessible au public deux après-midis par semaine¹¹, sous la surveillance du
« Conservateur du musée d'Art ancien », M. Astruc.
Aucun témoignage ne vient éclairer la manière dont ce marché, proposé au maire dès 1921¹², fut
accueilli par Paul Courteault ; il est certain, en revanche, que la présence du collectionneur dans
les six pièces principales du rez-de-chaussée – dont trois avaient déjà été aménagées en salle
d’exposition au mois d’avril 1924¹³ – vint restreindre les projets de Courteault qui, dès cette
époque, évoquait la possibilité d’édifier, à la place de la prison, des galeries spacieuses où pourraient
être installées les collections qui n’auraient pas pu trouver place dans le bâtiment principal.
Le musée d'Art ancien fut inauguré le 15 juin 1927. Il est intéressant de noter que le parcours
des collections ne comprenait à l’origine que deux salles situées au rez-de-chaussée
(correspondant aux actuelles antichambres). Les sept salles du premier étage ne seront
accessibles qu’au cours de l’année suivante ; les deux premières à partir du 19 février 1928 et
les cinq autres à partir du mois de mai 1928, dans le cadre de [l’] « Exposition d’iconographie
bordelaise » organisée par Paul Courteault et accompagnée d’un catalogue¹⁴.
Grâce à cette exposition qui comportait près de 500 œuvres, et dont la presse a largement
fait écho¹⁵, le fonds du musée d'Art ancien s’était accru d’objets provenant des Archives et
de la Bibliothèque municipales, du Grand-Théâtre ainsi que de nombreux dons d’amateurs
bordelais fédérés au sein d’une Société des Amis du musée d'Art ancien, créé en 1924¹⁶.
. Voir notamment Georges
Bouchon, « Les arts anciens
et modernes : un musée
à Bordeaux », Bulletin de
la Société Archéologique
de Bordeaux, tome XXXVI,
1914, p. 1-16 (surtout les
dernières pages) ; ainsi que
Paul Fourché, « Un musée
d'Art ancien à Bordeaux,
Rapport présenté à la
Société archéologique », op.
cit. (1914), p. 17-26 ; Florence
Barutel, « Les multiples
épisodes du projet d’un
grand Musée de Bordeaux »,
Au fil de l’histoire des musées
de Bordeaux, Saint-Quentin
de Baron, 2015, p. 97-109.
«. Bien que dans son
ensemble, le style du
bâtiment s’apparente
davantage à la période de
Louis XV ou même à celle
de Louis XIV (simplicité un
peu rigide de l’architecture
générale et, surtout, grands
combles ardoisés qui coiffent
le bâtiment central et les
deux pavillons d’angle) –
un style qui tranche avec
ce qui se faisait à Bordeaux
dans les années 1780.
¬. Paul Courteault (Bordeaux,
1867-1950), directeur des
musées de Bordeaux.
. Telles que décrites dans
la désignation de l’hôtel en
1860 (cf. Affiche annonçant
la vente publique de l’hôtel,
le 7 juillet 1860).
½. Jacques D’Welles, « Une
visite au musée d'Art ancien
de la ville de Bordeaux »,
Renaissance de l’Art Français,
Paris, juillet 1924, p. 649.
¾. Des recherches sont
actuellement en cours
auprès de Cécile Lestienne,
auteure d’une thèse de
doctorat sur ce sujet pour
connaître la dénomination
précise de cette pièce au
XVIII siècle (cf. C. Lestienne,
Le temple de Comus. Naissance
et évolution de la salle à manger
dans l’architecture française,
XVII-début XIX siècles,
Paris IV, 2017).
¿. Pièces qui étaient
probablement toutes
carrelées à l’origine (de même
que l’antichambre à l’étage).
À. En 1965, seule subsiste la
partie haute du poêle.
Á. Un état estimatif de la
collection (240 numéros)
dressé en octobre 1928 par
Daniel Astruc, fait état d’une
valeur de 3 144 330 francs –
soit 1 843 712 euros.
. Le dimanche et le jeudi,
aux mêmes heures que le
musée. Le musée est ouvert
au public, tous les jours,
le lundi excepté, de 14 à 16
heures, du 1Æ novembre
au 31 mars, de 14 à 17 heures
du 1Æ avril au 30 octobre.
. Ceci est confirmé par
les plans du futur musée
dressés par Jacques D’Welles
à partir de l’automne 1921.
«. Un compte rendu
anonyme, intitulé « Visite
au musée d'Art ancien »
publié en 1924 dans la Revue
philomathique de Bordeaux
et du Sud-Ouest (p. 145-157)
offre un témoignage de
ce qui se trouvait présenté.
¬. Exposition d’iconographie
bordelaise, 13 mai – 30 juin
1928, Bordeaux, musée
d'Art ancien.
. Voir notamment l’article
intitulé « Images de province »
paru dans le Journal des Débats
du 7 juin 1928 (p.2) qui détaille
le contenu de cette exposition
ainsi que certains dons.
½. A sa création, la Société
des Amis du Musée d'Art
ancien est présidée par
Henri Cruse (1861-1944).Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 37 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 36
Parcours de visite du musée d'Art ancien
Un guide du visiteur publié en 1935 ainsi qu’une nouvelle édition parue à la veille de la guerre,
en 1939, rendent comptent du parcours des collections et des pièces exposées¹⁷. À la lecture de
ceux-ci, on a du mal à percevoir la cohérence du programme muséographique – en dehors de
deux ensembles de collections : celle de Daniel Astruc (notamment l’ensemble très important
d’œuvres du graveur Louis-Philibert Debucourt) et celle issue du legs Pelleport-Burète.
De 1925 à 1932, le vicomte Pierre de Pelleport-Burète et son frère, le baron Charles, ont rivalisé
de zèle pour enrichir le musée ; ce legs comprenait notamment 500 pièces de céramiques
(essentiellement des faïences) des XVII, XVIII et XIX siècles, 450 gravures¹⁸ ainsi que du mobilier
Directoire et des objets d’art provenant de leur aïeul, le général d’Empire Pierre de Pelleport
(1773-1855), dont une partie était présentée dans deux « salons » au premier étage¹⁹. Parmi
les autres dons significatifs intervenus à la même période, on signalera celui du collectionneur
Henri Georges Guestier²⁰, qui, en 1936 faisait don d’un ensemble de 79 pièces (des meubles
et objets d’art français du XVIII, des porcelaines chinoises, des petits bronzes animaliers
du sculpteur Barye ainsi que des portraits de famille) décorant son hôtel particulier (ancien
hôtel de Poissac). Quatre vues d’intérieurs du peintre bordelais Félix Carme (1863-1938)
réalisées entre 1932 et 1936, conservées dans les collections du musée, rendent comptent de
l’aménagement de l’antichambre, du petit salon, et du grand salon du collectionneur, qui
comportaient essentiellement des meubles et objets d’art français du XVIII ainsi qu’un grand
tapis Empire dit « des Maréchaux²¹ ».
Tous ces legs²² ou promesses de dons exercèrent une influence durable sur la future identité
du musée qui s’orienta de plus en plus vers un musée du XVIII siècle.
Ainsi, en 1938, 1947 et 1949, Daniel Astruc, au travers de trois testaments successifs, exprima
la volonté que ses « faïences, porcelaines, argenteries, meubles de toutes natures, sièges,
tapisseries, écrans, rideaux, tapis et tentures, objets d’art, marbres, bronzes, pendules, lustres,
[ses] deux bibliothèques, tous [ses] livres, [ses] armes, enfin toutes les choses d’art qui ont
apporté un peu de joie à [sa] vie si troublée, soient conservées au musée d'Art ancien ».
Cependant, la naissance d'une enfant naturelle (reconnue en 1923) vint à contrecarrer
la généreuse volonté du collectionneur. Le différend familial lié à « cette enfant qu’on [lui]
impose » se soldera en 1952 par un jugement statuant que la Ville n’aurait droit qu’aux
estampes prévues à l’origine, plus une vingtaine de pièces d’une valeur globale d’un million
de francs. Le reste de la succession – qui n’a jamais été étudiée – fut dispersée au cours
d’une grande vente publique (les 11, 12, 13 et 20 mai 1953²³) au profit de sa seule et
unique héritière²⁴.
Au-delà du parfum de scandale qui est venu ternir l’aura de ce legs, il est surprenant
de constater le peu d’informations en notre possession aujourd’hui sur la vie et les motivations
de celui qui, pendant quarante ans, a réuni cette collection d’estampes, et qui par la suite,
pendant près de vingt-cinq ans, vécut dans les plus beaux salons du rez-de-chaussée
de l’hôtel de Lalande entouré de ses meubles et de ses objets d’art.
L’exposé des actions entreprises pour concevoir le musée d'Art ancien, depuis 1922 jusqu’à sa
fermeture en 1939, montre bien le contexte complexe et foisonnant de l’institution de l’époque.
b. Une restructuration nécessaire : vers un musée du XVIIIsiècle ?
En 1948, au sortir de la guerre, Paul Courteault, âgé de 81 ans, démissionne de ses fonctions.
Après une longue période de fermeture et de repli du musée d'Art ancien (de 1940 à 1955),
un vaste plan de réorganisation des musées est mis en œuvre à Bordeaux mené par Robert
Mesuret²⁵ et orchestré par la direction des musées de France.
À l’instar du musée d'Art ancien, les six autres musées de la ville contiennent de tout, dans
une confusion extrême – notamment parce qu’ils n’ont pas d’inventaires tenus à jour²⁶.
Les transferts des collections, évacuées en caisses dès 1939 dans différents châteaux de
la région, les réquisitions de bâtiments, tous les bouleversements liés au conflit avaient
désorganisé l’ensemble des établissements à un point qu’il est difficile d’imaginer.
¾. Paul Courteault, Musée
d'Art ancien, Guide du visiteur,
Bordeaux, Castera ed., 1935
(34 p. ; 32 ill.) ; l’édition de
1939 comporte le même
nombre de pages mais sera
enrichie d’une illustration
supplémentaire (une « Vue
d’ensemble du vestibule et
de l’escalier du Musée ») ;
en outre, il est souligné
que cette nouvelle édition
est publiée sous le mandat
de M. Adrien Marquet (élu
depuis 1925), dont le nom
est suivi de ceux de toute
l’équipe municipale.
¿. Cet ensemble est déposé
aux Archives municipales où
il est toujours conservé.
À. Au sein d'un décor de
boiserie provenant de l’hôtel
Ravezies (actuel « Salon
bordelais ») et celle provenant
d’un immeuble de la place
de l’hôtel de Ville (actuel
« Salon Beautiran »).
Á. Henri Georges Guestier
(1860-1936) et Marguerite
Cruse (1864-1901).
. Probablement un tapis
de la manufacture de la
Savonnerie (non conservé).
. Pelleport-Burète, 1925-
1932 ; Cruse-Guestier, 1936 ;
legs Perié, 1945.
«. Succession de
M. D Astruc. [Objets
d’art et d’ameublement,
principalement du XVIII
siècle ; estampes anciennes
des XVIII et XIX siècles ;
importante bibliothèque ;
tableaux ; faïences et
porcelaines anciennes ;
argenterie ; objets de
vitrine ; bronzes ; pendules ;
lustres ; sculptures ; sièges
et meubles du XVIII siècle,
estampillés des maîtres
ébénistes Dupain, Lapie,
J. Louis, etc.] dont la vente
aux enchères aura lieu à
l’hôtel des Ventes de
Bordeaux, par le ministère
de Me J Duval, commissaire-
priseur, les 11, 12, 13 mai 1953
[pour les estampes, meubles
et objets d’art] et 20 mai
1953 [pour les livres].
¬. Dans un courrier adressé
au maire de Bordeaux en
1975, celle-ci tenta encore
de récupérer les 240 gravures
léguées à la ville par son
père sous prétexte de non-
respect par la municipalité
des clauses d’origine du legs
de son père. On lui promit,
en retour, de donner le nom
de son père à l’une des salles
du musée.
. Conservateur des
musées Saint-Raymond,
Paul-Dupuy et Georges-
Labit à Toulouse, détaché à
Bordeaux.
½. Robert Mesuret, « La
réorganisation des musées
de Bordeaux », Revue Historique
de Bordeaux et du département
de la Gironde, Bordeaux,
janvier-mars 1952, p.38.Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 39 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 38
La municipalité décide de confier à Xavier Védère (Bordeaux, 1898-1992), ancien élève de
Paul Courteault et directeur des Archives municipales depuis 1931, la charge d’assurer l’intérim
de la direction des musées dont ce dernier avait la responsabilité.
Par la suite, après qu’un énorme travail préalable de regroupement, d’identification et d’inventaire
fut accompli entre 1950 et 1953 sous la direction de Robert Mesuret, Xavier Védère est
officiellement nommé conservateur du « musée du XVIII siècle » — nouvelle dénomination
du musée d'Art ancien, à laquelle on préfèrera finalement (en 1955) celle de musée
des Arts décoratifs.
c. Le musée des Arts décoratifs (1955-2012)
Aménagements et travaux entrepris par Xavier Védère (1955-1959)
Un article rétrospectif publié dans la Revue des Arts en 1959²⁷ offre un résumé très clair
de la situation et des actions entreprises par Xavier Védère au cours des premières années
à la tête du musée :
« Lorsqu’en 1954 [sic], je fus chargé de la réinstallation du Musée de Lalande,
il ne pouvait être question de reconduire le Musée d'Art ancien de 1925,
si agréable à parcourir mais conçu selon les goûts et les principes du temps.
Ce musée offrait toutes les formes de l’art, des origines historiques à la fin
du XIX siècle, sans ordonnances systématiques de genres, ni d’époques ;
sans autres règles que les lois de la symétrie. La richesse des collections
intégralement exposées leur faisait déborder le cadre architectural
des boiseries et dépasser les capacités de nos salles.
Notre programme muséologique nous a été imposé par le caractère même
de cette résidence parlementaire classique du XVIII siècle. Et, bien que nous
l’ayons étendu jusqu’au Moyen Âge, les productions du XVIII siècle, « Belle
Époque» de Bordeaux, replacées dans leur ambiance originelle,
n’en conservent pas moins la prééminence.
Notre première tâche fut la remise en état de l’hôtel, qui accusait de
nombreuses années de fermeture sans entretien ni chauffage. Aux dix salons
de l’ancien musée s’en étaient ajoutés quatre autres récupérés sur
un appartement privé.
Les sombres lambris de ces quatorze salles furent voilés de tons clairs
soulignant les modelés et ne heurtant pas la polychromie des objets –
des céramiques en particulier. Une seule boiserie Louis XV a pu retrouver,
débarrassée de multiples couches de peintures modernes
son inimitable vert et or d’origine.
Les anachroniques radiateurs, qui équipaient seulement quatre salles, ont
été remplacés par un chauffage central sans sources apparentes²⁸, dispensant
dans tout le musée, par les cheminées des salons, une chaleur d’ambiance
suffisante. L’éclairage électrique, qui n’existait pas dans l’ancien musée, est
venu, sans fils ni appareils visibles, animer les nombreuses vitrines nouvelles
exigées²⁹ par la nature même des collections³⁰. »
L’étage des combles est alors consacré à la création des premières réserves du musée,
tandis que l’aile des communs, occupée en grande partie par les anciennes écuries,
est laissée vacante.
« Dans ce cadre modernisé sans excès ni anachronisme, un compromis a dû
être partout recherché pour présenter sans trop de heurts des collections très
variées dans des salons où les boiseries anciennes rapportées, elles-mêmes
pièces de collection, classées MH, ajoutent leur attrait, mais imposent de
nobles et gênantes servitudes. Contenant et contenu ont dû se faire de
mutuelles concessions (…) »
Cet euphémisme ferait presque oublier le fait que les visiteurs du musée, lorsqu’ils pénétraient
dans la cour d’honneur, côtoyaient encore (jusqu’en 1964) les véhicules de police attachés au
fonctionnement de la prison, ce qui avait peut-être de quoi surprendre.
Lors de son inauguration, le 2 juillet 1955, le musée des Arts décoratifs propose un parcours
allant du Moyen Âge à la fin du XVIII siècle et regroupant, selon les mots de Xavier Védère³¹ :
« toutes les collections municipales d’arts appliqués européens » (…) ; celui-ci « renferme les
collections illustrant les arts appliqués du bois, du fer, des imagiers³², de la terre et du feu.
La variété des collections de faïences et de porcelaines de ce musée le place au tout premier
rang des musées français de céramique. L’histoire locale et, en particulier, l’histoire de l’art
bordelais y sont évoquées par un grand nombre de pièces authentiques [sic]. On s’est efforcé,
par la présentation, de restituer à tous ces objets familiers (…) leur ambiance originelle ».
Parcours de visite du musée des Arts décoratifs (1955-1979) : la vision
des collections de Xavier Védère
Le musée comprend 14 salles. En reprenant le guide, publié quelques années plus tard en 1965,
il est possible de se faire une idée du parcours de visite proposé au visiteur.
L’accès aux appartements du corps de logis principal s’effectue, comme à l’origine, par un
« Hall d’entrée » situé dans le pavillon nord de l’hôtel ; dans cet espace sont présentés des
objets en fer (coffres-forts, boîtiers de serrure, cadrans, mortiers).
La première antichambre (« Salon I ») est consacrée au mobilier du XVI au XVII siècles
et présente également des faïences et des portraits de la même période. La deuxième
antichambre (« Salon II ») est dédiée à la « faïence de Bordeaux du XVIII siècle ».
Dans l’actuel Salon de Compagnie (« Salon III »), sont présentés les étains (dans une vitrine
de forme oblongue autour de laquelle le visiteur peut tourner) ainsi que les porcelaines de la
Compagnie des Indes exposées dans une vitrine encastrée dans une des portes de la boiserie
d’origine ainsi que dans une vitrine-table. Les deux thématiques de cette salle sont complétées
par du mobilier du XVIII siècle (fauteuils meublants disposés le long des murs, consoles
d’origine de l’hôtel), des portraits peints et sculptés ainsi que des vues de Bordeaux.
Une épinette façon vernis Martin à décor d’attributs révolutionnaires vient compléter le décor
de ce salon.
La Grande Salle à Manger (« Salon IV ») est dédiée aux monuments bordelais et au mobilier ;
y sont présentées, entre autres, les sept réductions en plâtre du péristyle du Grand-Théâtre,
ainsi que le bronze équestre de Louis XV par Lemoyne.
L’ancienne Petite Salle à Manger³³ (« Salon V³⁴ »), qui par sa forme, constitue comme un
reliquaire, est utilisée pour présenter une partie du fonds important d’Art sacré (croix de
procession ; plaques de revêtement de croix ; coffrets ; sculpture votive ; orfèvrerie) qui est
présenté dans des vitrines.
Dans l’Escalier d’Honneur (dont le nom a été conservé) sont présentés des chefs-d’œuvre de
« Ferronnerie bordelaise du XVIII », complétant la présence de la fameuse rampe d’escalier
d’origine ; le décor de la cage d’escalier est complété par trois tapisseries anciennes.
La première antichambre à l’étage (« Salon VII ») présente les « céramiques françaises du
Nord, hollandaises, anglaises, allemandes et suisses ». Comme au rez-de-chaussée, des
vitrines ont été aménagées dans les boiseries d’origine ; dispositif complété par des vitrines
mobiles autour desquelles le visiteur peut tourner pour étudier les pièces.
La deuxième antichambre (« Salon VIII ») est intégralement consacrée à la « Céramique
française » ; y sont présentées les faïences du Sud (jusqu’à La Rochelle). Le décor est complété
par une grande tapisserie d’Aubusson.
¾. Xavier Védère,
« Nouvelles présentations
Bordeaux, musée des arts
décoratifs », Revue des Arts -
Musées de France, 1959, 9
année Paris, n°3, p. 143-144.
¿. Est-ce à ce moment
précis que la partie basse du
poêle en faïence de la salle à
manger a disparu ?
À. C’est à ce moment,
comme le montre les
photographies des salles,
que des ouvertures
sont pratiquées dans
les panneaux de lambris
des boiseries du rez-de-
chaussée et de l’étage pour
y créer les vitrines que l’on
connaît aujourd’hui.
«Á. Xavier Védère fait
ici référence au nombre
important de céramiques,
verres, éventails, pièces de
serrurerie, objets de vitrines
présents dans les collections
et qu’il est difficile de
présenter autrement.
«. Xavier Védère, Musée des
Arts décoratifs du Moyen Âge
au XVIII siècle : guide
du visiteur, Bordeaux, 1965, p. 7.
«. Peintures et arts
graphiques, selon l’acception
moderne du terme.
««. Pièce des buffets.
«¬. À la lecture du guide du
musée des Arts décoratifs
paru en 1965, on est surpris
de constater que la sixième
salle du rez-de-chaussée de
l’hôtel de Lalande (celle où
les dessus de portes sont
surmontés par des vues de
ports) n’est pas mentionnée.Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 41 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 40
La petite salle en prolongement (« Salon IX ») où fut installée la boiserie à décor aux singeries
(dessus de portes) provenant de l’hôtel de Gascq est consacrée aux faïences d’Italie et
d’Espagne. Celles-ci sont présentées sur une sorte d’autel à gradins recouverts de velours.
Deux colonnes torses placées de part et d’autre complètent cette scénographie baroque³⁵.
La pièce suivante (« Salon X »), où avait été remontée la boiserie de l’hôtel Dudevant, était
consacrée aux éventails, aux ivoires, coffrets et autres petits objets dits « de vitrine ».
L’actuelle pièce aux panneaux de lambris verts, conçue à partir de l’importante boiserie
d’époque Régence provenant de l’hôtel de Gascq (« Salon XI »), était dédiée à la verrerie
et à l’orfèvrerie.
La salle suivante (« Salon XII »), où avait été installée la boiserie provenant d’un immeuble de
la place de l’Hôtel de Ville, est consacrée à la ferronnerie et à la dinanderie – un des points
forts de la collection du musée³⁶.
La dernière salle du parcours de l’étage (actuel Salon bordelais, constitué de boiseries
provenant de l’hôtel Ravezies), est la reconstitution du salon d’un grand négociant bordelais ;
elle contient la plupart des pièces du legs concédé au musée en 1936 par Georges Guestier³⁷.
Faute de place, ce parcours de visite demeurera le même jusqu’à la fin des années 1970.
Acquisition de la collection Jeanvrot : vers un musée du XIX siècle ?
L’entrée au musée d’une collection tout à fait singulière, celle de Raymond Jeanvrot, acquise
par la ville en 1958, complétée par un legs en 1966 (soit un ensemble de plus de 18 000 œuvres),
fit ressurgir la douloureuse question à laquelle le musée est confronté depuis ses débuts :
celle du manque de place pour exposer l’ensemble de ses collections et donc du choix difficile
à opérer parmi celles-ci. En outre, en raison de son contenu, l’intégration de cette collection
pose aussi la question de l’identité du musée.
Le bordelais Raymond Jeanvrot (1886-1966) fut un collectionneur passionné, tout d’abord
de documents liés au passé de sa famille³⁸, puis cédant à un sentiment royaliste d’un autre
temps, de souvenirs bourbonniens – tableaux, arts graphiques³⁹ et petits objets divers
(argenterie, bronzes, cristaux, objets de vitrine) –, avec une prédilection pour les souverains et
princes de la Restauration, en particulier la duchesse de Berry et le duc de Bordeaux. S’ils n’ont
pas toujours de rapport direct avec les derniers Bourbons, ces objets recréent cependant
le cadre de vie dans lequel ils ont vécu et l’ambiance romantique de cette époque.
Parallèlement à la constitution de cet ensemble unique, qui est en soi un chapitre de l’histoire
du goût, le collectionneur constitua aussi un énorme fichier iconographique⁴⁰ qui le guida
à travers le dédale compliqué des généalogies princières. Le musée conserve en outre une
partie de son fonds de correspondance (plus de 900 lettres). Ces documents patrimoniaux
viennent en complément du journal du collectionneur légué aux Archives de Bordeaux-
Métropole et des documents relatifs à l’histoire de sa famille (fonds Jeanvrot).
Dans un article paru dans la Revue des musées de Bordeaux en 1967, un an après le décès de
Jeanvrot, Xavier Védère évoque un avenir possible pour cette collection⁴¹:
« Nous ne pouvons que souhaiter que, dans un proche avenir,
ce Musée des Bourbons, qui sera l’un des plus intéressants musées historiques
de France, une sorte de petit Carnavalet bordelais,
puisse être présenté au public. Nous savons que c’est aussi le désir
et l’une des préoccupations actuelles de l’Administration
de la ville de Bordeaux. »
La possibilité de récupérer la prison bâtie sur l’ancien jardin intérieur de l’hôtel de Lalande,
puisqu’elle ne sert que de lieu de dépôt pour les objets trouvés, laisse donc, à partir de 1973,
le champ libre à plusieurs projets d’agrandissement du musée dans le but de créer
un « musée du XIX siècle ».
Parallèlement, en 1969, l’équipe du musée s’agrandit avec l’arrivée de Jacqueline du Pasquier
recrutée pour seconder Xavier Védère et s’occuper du projet de musée du XIX siècle.
«. Les visiteurs de
l’époque se souviennent
de la présence d’une grille
ancienne en fer forgé peinte
en bleu (!) qui était utilisée
comme mise à distance.
¬. Jacqueline du Pasquier,
« Les miniatures de Dagoty
dans la collection Jeanvrot »,
La Revue des musées de
Bordeaux, 3 année, 1969,
p. 43-50.
«½. Cette salle reprend la
thématique déjà présentée
dans l’Escalier d’Honneur.
«¾. Du temps de Paul
Courteault, la collection
« Cruse-Guestier » (tel est
le nom sous lequel celle-ci
doit être désignée - selon
les volonté du légataire),
fut d’abord présentée au
premier étage, au sein de
l’ancien décor de boiseries
vertes d’époque Régence
provenant de l’hôtel de
Gascq ; celle-ci fut par la
suite réinstallée par Xavier
Védère parmi les boiseries
Louis XVI provenant de
l’Hôtel Ravezies (actuel
« Salon Bordelais ») puis,
finalement au rez-de-
chaussée, dans la petite
salle à manger de l’hôtel
de Lalande.
«¿. 600 portraits de ses
ancêtres (les Haraneder,
de Saint-Jean-de-Luz ; les
Roubeau, établis au XVIII
siècle en Guadeloupe ; les
Larréguy, les Jeanvrot) –
certains signés par des
artistes connus.
«À. 5 000 gravures, dessins,
aquarelles et miniatures.
¬Á. Vingt et un classeurs.
¬. Xavier Védère, Un musée
bourbonien à Bordeaux,
La Revue des Musées de
Bordeaux, p.7-12Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 43 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 42
Spécialiste des miniatures et de la collection Jeanvrot⁴², Jacqueline du Pasquier prendra
la suite de Védère, au moment de son départ en retraite en 1972, et assumera la direction
du musée jusqu’en 1999.
Les deux premiers projets, après avoir été à l’étude pendant plus de six ans, sont jugés peu
convaincants et finalement abandonnés⁴³ ; un troisième projet, qui proposait de conserver la
prison en l’affectant au musée, obtient l’adhésion du directeur des musées de France, Hubert
Landais qui convaincra ensuite le maire de Bordeaux, Jacques Chaban-Delmas.
Restructuration et extension du musée (1979-1984)
La rénovation du musée des Arts décoratifs, qui s’étala sur cinq ans, fut la première opération
d’envergure décidée par Jacques Chaban-Delmas. Cette restructuration en profondeur de
l’ensemble des bâtiments – à savoir l’ancienne prison, l’aile des communs et l’hôtel de Lalande
– fut le second chantier d’envergure de l’histoire du musée. La direction du projet est confiée
à un cabinet de programmation réputé « C.A.F.E. », dirigé par Claude Pecquet (muséologue) et
Patrick O’Byrne (architecte) qui en 1974 avaient travaillé sur l’implantation du Centre Georges
Pompidou et celui du musée d’Orsay⁴⁴; le cabinet d’architecture Alain Rodriguez & Bernard
Bourgeois s’occupa des travaux. Les salles du XIX siècle (collection Jeanvrot) et la salle
des expositions temporaires prenant place dans l’aile Boulan sont ouvertes au public en
janvier 1983⁴⁵ ; l’ensemble du musée sera officiellement inauguré le 10 février 1984.
Au lieu de raser l’ancienne prison construite par Marius Faget, le nouveau projet propose
de reconfigurer ce bâtiment⁴⁶ suffisamment grand pour abriter les réserves (jusque-là dans
les combles), une salle de stockage, des services techniques (atelier de menuiserie, salle de
prise de vue, laboratoire photographique) ainsi qu’une salle d’animations pour les publics
scolaires. Ce projet, outre une économie de budget, permettait aux réserves d’êtres
consultables et d’y travailler. L’ancienne prison devient alors le lieu où, selon les mots
de C. Pecquet, le « spectacle qui est donné à voir dans les salles s’élabore⁴⁷ ».
L’aile des communs qui avait jusqu’alors conservé sa distribution d’origine (cour des écuries,
cour des cuisines et greniers) sera, quant à elle, profondément remaniée pour devenir
le point central de l’activité du musée. L’accueil, la billetterie ainsi que la salle des expositions
temporaires sur deux niveaux (en mezzanine) — déjà évoquée plus haut — prennent la place
de l’ancienne cour des écuries, et des greniers. À la suite de l’accueil, en lieu et place de la cour
des anciennes cuisines, cinq nouvelles salles, traitées dans le goût et l’esprit du XIX siècle,
sont créées pour y présenter la collection Jeanvrot. À l’étage sont installés les bureaux
de la conservation ainsi qu’une bibliothèque de travail⁴⁸.
À la différence de l’aile des communs, la distribution du corps de logis principal de l’hôtel
de Lalande a été, dans l’ensemble, peu modifiée — à l’exception de l’ancienne petite salle à
manger qui fait dorénavant office de point d’accès entre le corps de logis principal et l’aile des
communs. L’ouverture axiale entre la « petite salle à manger» et la grande salle à manger a
été bouchée au profit d’un accès sur le côté par une double porte donnant sur un petit couloir
de dégagement allant vers l’escalier de service (pavillon de gauche) et rejoignant la « petite
salle à manger » ; dans celle-ci, une grande ouverture pratiquée dans la boiserie d’origine
ouvre vers l’escalier de service⁴⁹ et les communs. Enfin, toujours dans la « petite salle à manger »,
une porte est créée en lieu et place d’une des deux fenêtres qui ouvraient sur l’ancienne
cour des cuisines (fermée par une verrière).
Les couleurs des boiseries de l’ensemble des pièces du rez-de-chaussée sont repeintes dans
des tons clairs : dans la salle à manger, les fonds sont blanc crème et les encadrements
rechampis en gris-beige ; dans le salon de compagnie, les fonds sont blanc crème et
les encadrements rechampis à la feuille d’or ; dans les deux antichambres les fonds bleu
(presque gris) des boiseries se détachent sur des moulures peintes en blanc.
À l’étage plusieurs boiseries ont été « repeintes dans la gamme de couleurs vives (lilas, bleus,
jonquille, vert, ocre clair rechampi en turquoise) prescrites pour les petits appartements⁵⁰ ».
Les combles sont dorénavant accessibles à la visite : quatre salles d’expositions permanentes
y sont créées.
¬«. L’idée avancée par
ceux-ci était de détruire
l’ancienne prison afin de
libérer la façade arrière de
l’hôtel et de lui redonner
une place « entre cour et
jardin » en l’ouvrant sur un
espace planté. À propos
de ces différents projets
voir, Constance Rubini,
« Du musée d'Art ancien au
musée des Arts décoratifs
et du design : l’histoire
d’un des plus beaux lieux
de Bordeaux », Actes de
l’Académie nationale des
Sciences et Belles-Lettres de
Bordeaux, 5 série, tome XLI,
2016, p. 7-19.
¬¬. Claude Pecquet,
Patrick O’Byrne, « La
programmation, un outil
au service du conservateur,
du maître d'ouvrage et du
maître d’œuvre », Museum
international, vol. XXXI, n°2,
1979, p. 74-93.
¬. Dans la salle des
expositions temporaires sont
présentées les acquisitions
effectuées par le musée de
1970 à 1980.
¬½. Les quatre cours
principales, qui servaient de
lieux de promenade pour les
prisonniers, sont désormais
réunies en deux grandes
cours recevant de vastes
mezzanines et surplombées
de toitures métalliques.
¬¾. Claude Pecquet, Patrick
O’Byrne, « Attention …
un musée en cache souvent
un autre ! », Guide du musée
des Arts décoratifs, Bordeaux,
sans date [1984], p. 11-13.
¬¿. Auparavant, le bureau de
« M. le conservateur » était
situé au rez-de-chaussée, au
fond de l’aile des communs,
dans une pièce ouvrant
par une fenêtre sur la cour
arrière.
¬À. Ces modifications, qui
permettent de faire la liaison
entre l’aile des communs et
le corps de logis principal,
transforment cependant
complètement l’expérience du
visiteur qui tend à perdre de
vue la distribution logique des
pièces d’un hôtel particulier
ainsi que la distinction
entre les parties privées et
publiques du lieu tel qu’il
avait été pensé à l’origine.
Á. Jacqueline du Pasquier,
Guide pratique du visiteur,
Musée des Arts décoratifs,
Bordeaux, 1992, p. 87.
Cette rénovation aura donc permis de créer neuf nouvelles salles qui viennent s’ajouter aux
treize salles déjà présentes auparavant.
Renouvellement du parcours de visite du musée des Arts décoratifs (1984-
1999) : la vision des collections de Jacqueline du Pasquier
L’idée forte du nouveau parcours de visite est de montrer la richesse des collections
du XIX siècle et d’ajouter cette nouvelle identité à celle du siècle des Lumières déjà présente
lors de l’élaboration du parcours de visite précédent.
Directement après l’accueil du musée, situé au milieu de l’aile des communs, le visiteur
pénètre dans les cinq nouvelles salles dites « du XIX siècle » – même si, comme nous le
verrons, le XIX siècle n’est pas cantonné uniquement à cet espace du musée.
Le premier salon est dit « des papiers peints » en raison de la présence d’un papier
panoramique Les Fêtes grecques, daté vers 1824 de la Manufacture Joseph Dufour, acquis
par le musée en 1982 et provenant d’une maison à Quinsac. Ce premier salon est dédié à la
personnalité de Raymond Jeanvrot : ses origines créoles et bordelaises ; le collectionneur de
souvenirs historiques ayant trait aux Bourbons de la Restauration. L’ensemble est complété
par du mobilier royal et bourgeois du XIX siècle permettant d’évoquer l’atmosphère des
intérieurs romantiques de cette époque. Un couloir tapissé de velours vert et deux salons
en suite, aménagés dans l’ancienne cour des cuisines, renferment les objets, souvenirs et
portraits des souverains de la Restauration (Louis XVIII, Charles X et le duc de Bordeaux,
devenu à sa majorité comte de Chambord). Les deux derniers salons sont consacrés, l’un,
au duc et à la duchesse d’Angoulême et à leur triomphe à Bordeaux le 12 mars 1815 ; l’autre,
à la duchesse de Berry.
Pour effectuer une visite des intérieurs et des collections XVIII, le visiteur du musée est
contraint d’emprunter un parcours « à rebours » qui ne lui permet pas d’appréhender la
logique de la distribution des pièces de l’hôtel de Lalande, ni leur fonctionnement ; pour ce
faire, ce qui n’a jamais été possible, il faudrait quitter l’accueil (situé dans l’aile des communs),
ressortir à l’extérieur dans la cour d’honneur, traverser le perron pour rejoindre le pavillon
nord situé à droite.
Les œuvres présentées dans le vestibule, l’escalier d’honneur ainsi que les deux premières
antichambres du rez-de-chaussée offrent un aperçu du développement de l’urbanisme à
Bordeaux au XVIII siècle, organisé autour de trois grandes thématiques/moments : Bordeaux
et son port ; le Grand-Théâtre ; la place Royale avec au centre le fameux monument équestre
du roi. La deuxième antichambre conserve les deux vitrines de faïences de Bordeaux aménagées
dans les boiseries du temps de Xavier Védère – cette thématique venant s’ajouter aux trois
autres purement liées à l’architecture. Le décor est complété par du mobilier bordelais
du XVIII siècle (notamment un ensemble de sièges provenant d’une loge du Grand-Théâtre ;
ainsi qu’un bureau à cylindre en acajou).
Dans le salon de compagnie sont présentés des bustes des grands hommes de la ville de
Bordeaux par Lemoyne (Montesquieu et les Gabriel père et fils, architectes), de l’orfèvrerie
bordelaise ainsi que des porcelaines chinoises d’exportation (Compagnie des Indes). Comme
dans les antichambres, un ensemble de sièges permet de redonner vie à la pièce – on
privilégie des sièges dits volants conformément à l’usage du XVIII siècle.
La dernière pièce du rez-de-chaussée, en enfilade côté jardin, est consacrée à la porcelaine
de Bordeaux. C’est l’emplacement qui est retenu pour présenter le fameux meuble desserte à
bords arrondis d’époque Louis XVI de Jean-Ferdinand Schwerdfeger (legs Lataillade, 1969).
La salle à manger, située face au salon de compagnie, était dédiée à l’importante collection
de faïences stannifères bordelaises du XVIII siècle. Au centre de cette pièce, une grande table
dressée pour le dîner rendait compte de la fonction et de l’atmosphère du lieu. Sur le mur
en face du poêle en faïence (à la place de l’ouverture d’origine qui menait à la petite salle à
manger), était placée une grande armoire bordelaise de salle à manger en acajou à l’intérieure
de laquelle étaient présentées (portes ouvertes) les vingt-huit pièces de faïence du service
« au Cartus ». Le reste du mobilier d’exposition consistait en six vitrines mobiles où étaientPartie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 45 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 44
exposées une sélection de pièces d’orfèvrerie bordelaise, témoignant de la prospérité de la
ville au XVIII et d’étains.
Le petit couloir en enfilade dit « des miniatures » présente une partie de l’importante
collection de portraits de la société de négociants bordelais notamment ceux réalisés par
Pierre-Édouard Dagoty.
Dans l’ancienne petite salle à manger, au rez-de-chaussée, est présenté une partie du legs
Cruse-Guestier composé de meubles parisiens du XVIII siècle, ainsi que des portraits de
famille et une vitrine contenant une dizaine de réductions en bronze d’œuvres du sculpteur
animalier Antoine-Louis Barye.
En poursuivant son parcours au rez-de-chaussée, le visiteur arrive (ou revient) dans
les cinq salles du XIX siècle qu’il a déjà pu apercevoir depuis l’accueil du musée. Pour
découvrir le reste des collections situées à l’étage (six salles) et dans les combles, il lui faut
emprunter, au choix, l’escalier d’honneur (situé dans le pavillon de droite, qui dessert
uniquement l’étage) ou bien l’escalier de service (situé dans le pavillon de gauche)
qui permet d’accéder à l’étage ainsi qu’aux combles⁵¹.
Étage
À l’étage, le dispositif muséographique a peu évolué ; ainsi, les vitrines créées par Xavier Védère
à l’intérieur des panneaux de boiseries des antichambres et des boiseries anciennes lors
du réaménagement précédent sont conservées – voire étendues⁵².
En revanche les dénominations des salles sont modifiées : les boiseries provenant de l’hôtel
Dudevant et de Gascq sont renommées « salon Jonquille » et « salon vert ». Quant au salon de
l’hôtel Dudevant, rehaussé de couleur vives, il est rebaptisé « salon bordelais ».
Dans les deux premières antichambres sont présentées les collections de faïences françaises
du XVIII siècle : productions du Nord de la France (première antichambre) ; productions du
Sud de la France (deuxième antichambre). La faïence de Delft, quant à elle, est exposée parmi
les décors de boiseries du Salon des Singeries (provenant de l’hôtel de Gascq) et du salon
Jonquille (provenant de l’hôtel Dudevant)⁵³. Dans ce dernier salon est également présentée,
dans des vitrines-tables, la collection de montres portatives (depuis la Renaissance). Comme
c’était déjà le cas avant l’arrivée de Jacqueline du Pasquier, des vitrines insérées dans les
fenêtres des deux derniers salons, du côté de la cour de l’ancienne prison, permettent
d’exposer la collection de verres anciens de toutes les époques.
Autour de ces typologies d’objets sont présentés des meubles du XVIII faisant écho au style
des boiseries : dans le salon Jonquille, du mobilier Louis XVI ; dans le salon vert de l’hôtel
de Gascq des chaises Régence ainsi qu’un salon bordelais du règne de Louis XV.
Au sein de la boiserie bordelaise de la pièce suivante, provenant d’un immeuble de la place
de l’Hôtel-de-Ville (la boiserie plus simple des collections), sont présentées les productions
de céramique bordelaises du XIX siècle — notamment les pièces de la manufacture Jules
Vieillard. La thématique de cette salle s’étend sur le palier avec des objets orientalisants
provenant du musée des frères Bonie.
Le dernier salon à l’étage, enfin, présente la reconstitution de ce que pouvait être un riche
intérieur bourgeois bordelais du début du XIX siècle encore marqué par les créations du
XVIII siècle⁵⁴.
Combles
Dans les quatre salles nouvellement créées dans les combles se trouve réunie dans des
vitrines une partie des éléments de mobilier et objets d’art antérieurs au XVIII siècle.
Des éléments de ferronnerie bordelaise sont placés dans le petit corridor en haut de l’escalier.
. Il faut se souvenir en effet
que les combles ne sont
accessibles que par l’escalier
de service.
. Comme c’est le cas dans
le salon des Singeries où une
vitrine est aménagée dans le
panneau de lambris du fond
de la pièce.
«. Les faïences italiennes
qui étaient présentées dans
cette pièce auparavant sont
placées dans le hall d’entrée
dans une vitrine basse.
¬. Jacqueline du Pasquier,
Guide pratique du visiteur,
Musée des Arts décoratifs,
Bordeaux, 1992, p. 87.Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 47 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 46
chasse ; chaises pliantes dites « perroquet » ; tapisserie de Bruxelles ; portes torchères ; etc.
« Un canapé [placé en haut de l’escalier] rappelle la fonction du palier qui était d’accueillir et
de faire asseoir les visiteurs en attendant leur réception dans les antichambres. »
La thématique développée dans la première antichambre et dans la seconde antichambre
du rez-de-chaussée reste, comme précédemment, dédiée aux grands moments de l’urbanisme
bordelais (le Grand-Théâtre et la place Royale). On y retrouve les mêmes œuvres que
précédemment mais déployées différemment : les réductions en plâtre de sept des douze
statues qui ornent le sommet de la façade du monument (placées différemment), ainsi
qu’un ensemble de sièges Louis XVI provenant de l’ancienne loge municipale du Grand-Théâtre,
sont installés ensemble dans la première antichambre. La présentation de la seconde
antichambre, toujours dédiée à la place Royale, n’a pas beaucoup évolué, si ce n‘est
une exceptionnelle armoire bordelaise d’époque Régence (dépôt du musée des Arts décoratifs
de Lyon) placée entre les deux vitrines de faïences bordelaises (collections de pots à pharmacie
des manufactures Hustin et Boyer) ainsi qu’un portrait de l’intendant de Tourny qui œuvra
à la transformation de Bordeaux à partir de 1743.
Dans le salon de compagnie, lieu de sociabilité principal d’un hôtel particulier, la présentation
est axée autour des fonctions de la pièce (salon de lecture, de musique, de jeux) avec,
notamment, des ensembles de sièges volants Louis XV et Louis XVI ; une table à deux fins de
l’ébéniste parisien Pierre IV Migeon, ainsi que plusieurs portraits aux pastels par Jean-Baptiste
Perronneau. Les bustes des grands hommes bordelais (Montesquieu) sont placés dans
la seconde antichambre. Le visiteur est ensuite invité à se diriger vers la salle à manger dont
la présentation n’a pratiquement pas évolué par rapport à l’époque de Jacqueline du Pasquier
— en dehors des porcelaines de Bordeaux qui sont retirées de cette salle pour être placées
dans l’ancienne chambre de M. de Lalande qui devient un salon dit « des porcelaines⁵⁷ ».
Les six dernières salles du parcours au rez-de-chaussée demeurent inchangées.
Étage
À l’étage, en revanche, plusieurs changements interviennent notamment au niveau des dernières
salles du parcours où des « chambres » viennent remplacer les « salons » des époques précédentes.
Le parcours débute à nouveau par les deux antichambres auxquelles on accède par l’escalier
d’honneur. Leurs thématiques demeurent inchangées — faïences stannifères du Nord de
la France (première antichambre) ; faïences stannifères du Sud de la France — et les œuvres
présentées avec le même dispositif muséographique. Seule véritable nouveauté, la présence
du meuble de Schwerdfeger (qui auparavant était installé dans la pièce connue comme
la chambre de M. de Lalande).
Dans le salon des Singeries, devenu un boudoir, la vitrine aménagée dans le panneau de
boiserie du mur du fond – dans laquelle étaient auparavant exposées certaines faïences de
Delft – présente dorénavant une sélection d’éventails (sur les quelque 320 pièces que compte
la collection du musée⁵⁸) ainsi que des accessoires de toilette féminins.
Le salon Jonquille, à la suite, est transformé en chambre – grâce à l’arrivée dans les collections
d’un lit « à la polonaise » (à baldaquin) de Philippe-Joseph Pluvinet ; ce lit est complété par
un ensemble de sièges de Pluvinet et par un mobilier compatible avec la nouvelle destination
du lieu : table chiffonnière ; commode à tiroirs Louis XVI ; petites armoires vitrées formant
bibliothèques. La tonalité jaune de la pièce est contrebalancée par la présence de céramiques
de Delft à décor bleu et blanc à l’imitation de la porcelaine chinoise. Dans les vitrines aménagées
depuis 1955 dans l’embrasure des fenêtres sont présentées, comme par le passé, de la verrerie.
Le salon Vert demeure pratiquement inchangé excepté l’ajout d’un meuble scriban bordelais
présenté ouvert (l’intérieur contenant des faïences de Delft).
La pièce suivante, précédemment dédiée à la présentation de la faïence de Bordeaux au XIXsiècle,
est transformée en chambre par l’installation d’un lit « à la duchesse », conçu pour être recouvert
d’une garniture ancienne en toile de coton imprimée rouge garance représentative de
la manufacture de Beautiran à Bordeaux. L’ensemble est complété par du mobilier bordelais
en acajou (scriban, commode, armoire d’angle) ainsi qu’une table de toilette recouverte d’un drap⁵⁹
sur laquelle étaient présentés des étains (notamment une très belle aiguière casque).
½. Avant d’avoir la
charge du musée des Arts
décoratifs, Bernadette
de Boysson fut pendant
dix ans (à partir de 1990)
conservatrice au musée
des Beaux-Arts, institution
avec laquelle elle a toujours
conservé des liens étroits.
¾. Une armoire lingère
bordelaise, présentée
ouverte, fait office de vitrine.
¿. Legs Perié (1945).
Dans la première salle, en suite, sont présentés le mobilier du XVII, les ivoires ainsi que les
émaux. Dans la deuxième et la troisième salles étaient présentées les armes et les pièces de
serrurerie. Enfin, dans la dernière, les étains et objets d’art et traditions populaires.
Changements opérés dans le parcours de visite par Bernadette de Boysson
(2000-2012)
Au cours des années où Jacqueline du Pasquier eut la charge du musée (1972-1999), celle-ci
assura, outre l’agrandissement des espaces d’exposition, des réserves et la réorganisation du
parcours des collections, le commissariat d’une vingtaine d’expositions et la publication de
nombreux guides, ouvrages et articles sur à peu près tous les domaines des collections.
Bernadette de Boysson, qui lui succéda en 2000 et dirigea le musée des Arts décoratifs
jusqu’en 2012, hérite d’un lieu dont l’espace et la renommée se sont considérablement accrus ;
le musée bénéficie de collections vastes sur lesquelles un important travail d’étude a été déjà
en partie accompli permettant de mieux les comprendre et donc de mieux les présenter. Dans
la préface du nouveau guide du musée publié en 2005, Bernadette de Boysson y exprime sa
perception des lieux ainsi que les enjeux muséographiques auxquels elle a dû faire face pour
élaborer le nouveau parcours des collections⁵⁵ :
« [Les œuvres] les plus belles et les plus célèbres, à bien
des égards les plus importantes, sont exposées dans les décors
de l’hôtel comme des objets de collection [dans des vitrines]
ou intégrées dans des séquences de period-room,
la grande difficulté étant de créer une harmonie
entre ces deux modes de présentation. »
La clé pour trouver cette harmonie consiste, selon elle, à faire percevoir au visiteur « l’esprit »
du musée, de son architecture et de ses collections. Pour ce faire, le visiteur est invité à se
replonger dans l’ambiance de l’époque :
« Le parcours de visite essaie de respecter à la fois l’ordre suivi
par les invités de monsieur et madame de Lalande au XVIII siècle
et un parcours chronologique racontant les arts décoratifs à travers
les œuvres présentées dans le musée (…) ; ainsi que nous l’avons précisé (…),
certaines pièces sont organisées en period-room et d’autres sont aussi
des lieux d’exposition ; leur alternance donne aux visiteurs l’illusion d’être
les hôtes de cette maison tout en découvrant les différents départements
des Arts décoratifs du XVII au XX siècle à Bordeaux,
en France et en Europe. »
Le nouveau parcours de visite présente des œuvres allant du XVII au XX siècle ; il reprend
en grande partie – notamment pour les pièces contenant des décors historiques (rez-de-
chaussée + étage) – les thématiques développées par Jacqueline du Pasquier.
En revanche, Bernadette de Boysson fait preuve d’un esprit beaucoup plus avant-gardiste
dans le choix des couleurs des deux antichambres au rez-de-chaussée et à l’étage ; le bleu-
gris du fond des panneaux de boiseries des deux antichambres au rez-de-chaussée est
remplacé par un ton bleu beaucoup plus soutenu (proche du bleu roi) ; les deux antichambres
à l’étage sont repeintes dans un ton orangé.
Rez-de-chaussée
Le parcours des collections débute de manière chronologique par le vestibule et l’escalier
d’honneur dont la thématique a été modifiée ; y sont dorénavant présentés des meubles et
objets du XVII siècle provenant principalement du fonds du musée d'Art ancien, de dons
et dépôts du musée des Beaux-Arts⁵⁶ : portrait de profil de Louis XIV ; portraits de grands
aristocrates de la région ; cabinet d’ébène ; majoliques italiennes et espagnoles ; table de
. Bernadette de Boysson,
« Si le musée m’était
conté… », Hôtel de Lalande :
Musée des Arts décoratifs de
Bordeaux, Paris, Somogy, 2005.
À. Comme on le faisait
traditionnellement avant
l’invention d’un type de
meuble spécifiquement dédié.Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 49 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 48
Le salon Bordelais, dernière pièce du parcours à l’étage, reprend la thématique du parcours
précédent – à savoir la reconstitution de ce que pouvait être un riche intérieur bourgeois
bordelais du début du XIX siècle : portraits de négociants, meubles en acajou (commode
en tombeau, scribans, table en cabaret, table à jeux au XVIII siècle) archétypes du mobilier
portuaire créés à Bordeaux au XVIII siècle.
Combles
À la suite des œuvres du XVII qui sont exposées dans le vestibule de l’escalier d’honneur, de
celles du XVIII siècle au rez-de-chaussée, celles du XIX et du XX siècle sont présentées dans
les quatre pièces des combles. La sélection d’armes qui jusqu’alors occupaient deux salles sont
remisées en réserves, de même que la plupart des étains⁶⁰.
Une sélection de pièces de ferronnerie et serrurerie de Bordeaux du XV au XIX siècle
accueille le visiteur dans le petit corridor à l’entrée. L’importante collection de céramiques
bordelaises du XIX siècle, notamment les nombreuses pièces léguées à la ville en 1895 par
les frères Bonnie, est présentée dans des vitrines. Une table, plusieurs buffets dressés
ainsi qu’un manteau de cheminée dans le style de la Renaissance permettent d’évoquer
l’atmosphère éclectique, rempli d’objets, d’une salle à manger de la deuxième moitié du
XIX siècle. S’ensuivent, une section liée à l’Art nouveau (Émile Gallé, Majorelle), à l’Art déco
bordelais (avec un ensemble important d’œuvres du céramiste René Buthaud) et au design
avec un fonds créée par Jacqueline du Pasquier d’une centaine de pièces (dont de
nombreuses éditions récentes).
La visite se termine au rez-de-chaussée (en redescendant par l’ancien escalier de service),
par les cinq salles de la collection légitimiste de Raymond Jeanvrot.
2 - Le parcours actuel de visite
du musée depuis 2013
L’arrivée de Constance Rubini en 2013 marque un tournant dans l’histoire de l’institution.
Afin de manifester la volonté du musée de devenir un lieu important de diffusion de la culture
design, celui-ci est rebaptisé « musée des Arts décoratifs et du Design ». Les réserves, situées
dans l’ancienne prison, sont alors externalisées, libérant un nouvel espace d’exposition
dédié à la création contemporaine (cf. partie 1 – I, 2). Cette évolution permet de rendre
accessible au public ce bâtiment dont l’architecture reflète l’histoire importante, et de
ne pas déconstruire la présentation des collections d’arts décoratifs mise en place, par
les deux directrices précédentes, dans l’hôtel de Lalande. Le parcours de visite ne connaît
donc pas de modifications majeures.
Trois salles des combles ont cependant été réaménagées et en partie repeintes en 2018.
La salle dédiée à la dernière période de la manufacture J. Vieillard & Cie jusqu’à sa fermeture
en 1895 a été réaménagée dans l’esprit de la fin du XIX siècle : les riches intérieurs éclectiques
de la bourgeoisie où tous les styles historiques et extra-occidentaux se mêlent, l’abondance
et l’accumulation d’objets caractéristiques des Expositions universelles, auxquelles
la manufacture a participé. Ce nouvel accrochage, qui met en avant de nombreuses pièces
jusque-là conservées en réserves, permet également d’offrir aux visiteurs une plus grande
proximité avec les œuvres, en retirant certaines mises à distance.
Les salles adjacentes dédiées aux premières décennies du XX siècle ont été repeintes dans
un ton neutre, afin de mieux mettre en valeur les œuvres et d’améliorer la lisibilité du parcours.
Le choix des œuvres exposées s’est concentré sur le contexte bordelais, afin de mettre en
lumière certaines figures méconnues de la période, comme Paul Berthelot, fondateur de
la Société d’Art moderne à Bordeaux.
La collection de design qui s’est largement développée ces dernières années, est présentée
au sein du parcours permanent, en rotation tous les six mois environ.
½Á. Celles-ci viennent
rejoindre l’important fonds
d’œuvres religieuses « Haute
époque » qui avaient été
retirées des salles en 1979.Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 51 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 50
1958 et par legs en 1966, représentent sept volumes. Les œuvres sont
numérotées de 58.1.1 à 58.1.16856, et de 66.1.1 à 66.1.1724.
◆ L’inventaire du legs Lataillade représente un volume, les œuvres sont
numérotées de 69.3.1 à 69.3.541.
◆ Les dons de Marcel Doumezy, de Jo Philippard et les legs Bauquier,
Vieillard, Sur, réalisés entre 1970 et 1979 font également l’objet d’un volume
spécifique.
▶ Le dernier registre d’inventaire couvre la période 1972-2009. Il s’agit du dernier
registre manuscrit, avant l’informatisation de la gestion des collections.
Il concerne les numéros d’inventaire de 72.1.1 à 2007.11.1.
▶ Un inventaire rétrospectif des œuvres qui ont perdu leur numéro d’inventaire
est réalisé parallèlement en 1973. Il est composé d’un volume, comprenant
les numéros de 73.1.1 à 73.1.358.
▶ Les derniers cahiers d’inventaire ont été imprimés à partir du logiciel de gestion
des collections Micromusée. Cela représente quatre volumes (2007-2010 ; 2011 ;
2012-2016 ; 2017-2022).
Le musée possède par ailleurs, dans son fonds d’archives, les inventaires d’anciens musées
de la ville de Bordeaux, dont les collections ont été réparties dans les différents musées
municipaux. Ces inventaires constituent une source incontournable pour les recherches sur
la provenance des œuvres. Ils feront prochainement l’objet d’une campagne de numérisation
et seront déposés aux Archives de Bordeaux Métropole. Ces inventaires, qui représentent sept
volumes, concernent le musée des Antiques, le musée d’Armes et le musée Bonie.
b. Outils de gestion des collections
Les collections ont été informatisées sur le logiciel de gestion des collections Micromusée
à partir de 2002. Il permet de saisir les données dans le respect des normes françaises et
offre un module permettant de réaliser des exports vers la base Joconde de POP (Plateforme
Ouverte du Patrimoine). Le logiciel permet par ailleurs de suivre les différentes opérations de
conservation (mouvement des objets, restauration…).
La variété des champs à renseigner offre un format suffisamment flexible pour s’adapter à
tous les types d’objets.
Le champ « Création » permet d’indiquer les multiples acteurs à l’origine de la création de
l’objet ce qui est particulièrement utile pour les objets d’arts décoratifs et de design
(la création d’un plat peut par exemple faire intervenir un artiste décorateur, un céramiste
et un éditeur).
Le champ « collection antérieure » permet de renseigner tout l’historique de la provenance
de l’objet, non seulement l’identité des propriétaires successifs, mais également les dates de
passage en ventes publiques etc.
Plusieurs images peuvent être associées aux fiches, ainsi que tout document d’archives en lien
avec l’œuvre.
c. Le récolement décennal – état des lieux
Le premier récolement décennal s’est effectué en parallèle de l’informatisation des collections.
L’objectif principal de ce récolement a été de vérifier la localisation des œuvres, leurs marquages,
leurs dimensions et leur état, ainsi que la conformité avec les registres d’inventaire.
La campagne effectuée entre 2004 et 2015 avait permis de récoler plus de 70 % des œuvres.
Toutefois, le service de la régie du musée, chargé d’effectuer la nouvelle campagne décennale
à partir de 2016, a constaté que ce chantier n’avait été que partiellement mené. En effet,
C’est un dispositif discret dans lequel les objets contemporains, plutôt que d’affirmer
leur présence volontairement, s’intègrent dans les collections anciennes. Sans perturber
la narration, cette sélection propose un dialogue stimulant avec les objets d’arts décoratifs et
cherche à susciter des questions autour de thématiques telles que l’usage, les matériaux,
les techniques et notre rapport affectif aux objets. Si la présentation se fait, dans les premières
années, par doses homéopathiques, la présence des pièces de design est maintenant
renforcée, à la demande des visiteurs.
Loin d’être voué à la nostalgie d’un patrimoine ancien, le musée des Arts décoratifs et
du Design est ainsi dédié à la création de toutes les époques.
3 - Les inventaires et le chantier
des collections
a. L’inventaire des inventaires
Les numéros d’inventaire des œuvres du musée témoignent de l’histoire de ses collections,
de la création du musée d'Art ancien à la numérotation par année d’acquisition, effective
depuis 1972. Un inventaire des inventaires permet de comprendre les multiples strates
de numérotation :
▶ L’inventaire du musée d'Art ancien (n°1 à 3346) se compose d’un seul
volume, tenu entre 1924 et 1950. Cette numérotation est abandonnée avec
la réorganisation des collections municipales au début des années 1950.
Cependant, ce précieux volume permet de retrouver ou de confirmer
les provenances de certains dons et acquisitions, mal reportés ou oubliés dans
les inventaires successifs. Les numéros d’inventaire du musée d'Art ancien
sont, autant que possible, renseignés sur les fiches de la base micromusée
des œuvres correspondantes. Afin de faciliter la recherche, le volume a été
entièrement transcrit sur un fichier excel.
▶ Les collections acquises avant l’ouverture du musée des Arts décoratifs en 1955
portent le numéro donné par Robert Mesuret, chargé par la ville de réaliser,
entre 1951 et 1953, un inventaire rétrospectif des collections municipales (n°1 à
14 644) dans l’objectif de « réorganiser, redistribuer et moderniser » les musées
de la ville. À cette occasion, un nombre significatif d’œuvres des collections
d’autres musées municipaux est affecté aux collections du musée des Arts
décoratifs. Une copie papier de cet inventaire qui comprend six volumes est
conservée au musée, il a par ailleurs été numérisé.
▶ Les objets présents au musée et ne portant pas de numéros d’inventaire en
1955 sont numérotés, à la suite des numéros édités par Robert Mesuret. Cet
inventaire complémentaire prend la forme d’un volume (n°16 000 à 16 246).
▶ À partir de 1951, des cahiers d’inventaire successifs sont tenus.
◆ Un premier cahier numéroté de 51.2.1 à 69.5.110, dans lequel figurent tous
les dons, legs et achats jusqu’en 1969, à l’exception des legs Jeanvrot (1959)
et Lataillade (1969).
◆ Un second cahier comprend toutes les acquisitions réalisées entre 1969 et
1971, dont les legs Lataillade, les dons Raimondi Artemio, Jacques d’Welles,
Roger Hudrissi, Lawton, Jean Tauzin, Lung-Mestrezat, Mme Chauvot.
▶ L’entrée dans les collections de plusieurs legs importants entre 1958 et 1979 font
l’objet de cahiers d’inventaire spécifiques :
◆ Les inventaires de la collection Jeanvrot, acquise en vente viagère enPartie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 53 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 52
du fonds du musée d’Armes et d’Objets anciens (plus de 700 numéros sur les 1 206 figurant
au catalogue de celui-ci en 1860) furent ainsi transférés au musée d'Art ancien installé dans
l’hôtel de Lalande en 1924. Le fonds d’objets transférés comprenait essentiellement des armes,
des pièces d’orfèvrerie et de dinanderie (objets religieux) ; de la sculpture « haute époque »,
des chefs-d’œuvre de compagnonnage (serrurerie-ferronnerie) – le point commun entre
toutes ces pièces étant leur lien avec l’histoire locale de Bordeaux au début de l’époque
moderne du XV au XVII siècle. Le XIX siècle manifesta, en effet, un intérêt considérable
pour toutes les formes de productions anciennes, phénomène qui relevait alors d’un goût –
évoqué presque comme une maladie – celui de la « curiosité ». La collection Bonie, léguée
à la ville de Bordeaux en 1894, en constitue peut-être la manifestation la plus éloquente à
l’échelle de Bordeaux. Cet intérêt renouvelé pour les objets anciens allait entraîner l’apparition
de nouveaux marchés soutenus par des collectionneurs particulièrement actifs en province,
notamment pour la faïence et l’orfèvrerie – domaines de collections dont le développement
s’accompagne des premières publications dédiées⁶². L’ouverture du musée d'Art ancien
(1924), suscita immanquablement l’afflux d’un nombre important de faïences anciennes,
françaises et européennes, dont le XVIII siècle constitue la période la plus féconde.
Grâce à des dons d’amateurs passionnés – legs Pierre-Eymeric de Pelleport-Burète, 1932 ;
legs Cruse-Guestier, 1936 ; legs Perié, 1945), et à la faveur de la réorganisation des musées
municipaux (1951-1953)⁶³, une réorientation progressive des collections s’opère, suivie
d’un changement de nom du musée qui devient le musée des Arts décoratifs en 1955. L’idée
de Robert Mesuret, qui est d’en faire un musée principalement réservé au XVIII siècle,
s’accompagne de l’inscription à l’inventaire de « quelques peintures de caractère historique,
particulièrement des portraits » et sculptures complétant celles déjà « cédées » par le musée
des Beaux-Arts en 1929 – parmi lesquelles le Port de Bordeaux (1806) par Pierre Lacour.
En plus des faïences, on trouve également, dans les collections du musée des Arts décoratifs,
de la verrerie, de l’argenterie mais également du mobilier, des luminaires, des pendules et
des textiles. Ces différents domaines de collection seront développés, jusqu’à aujourd’hui,
grâce à des legs (legs Andrès Lataillade, 1961-1969) et des achats effectués sur le budget de
la Ville, mais aussi par des dons, notamment de la Société des Amis du musée. Jusqu’à l’arrivée
de la collection Jeanvrot, léguée à la ville en 1958 et 1966, l’identité du musée des Arts décoratifs
n’est pas remise en question : le musée, et donc les collections qui y sont présentées, sont
celles d’un musée du XVIII siècle – période qui est considérée, de manière consensuelle,
comme l’âge d’or des arts décoratifs français et le symbole du rayonnement
de la ville de Bordeaux.
Le volume de la collection Jeanvrot (plus de 18 000 numéros) et l’arrivée, quelques années
plus tard, de la collection Doumezy entraînèrent de nombreuses questions et in fine l’ouverture
du musée à d’autres périodes historiques des arts décoratifs : le XIXe siècle, le XXe siècle
(notamment l’Art nouveau puis l’Art déco), la création contemporaine et le design.
a. Les collections anciennes
Céramique
La céramique est un des domaines les plus importants des collections du musée.
Trois grandes techniques sont principalement représentées : les faïences stannifères,
les faïences fines et les porcelaines.
Le fonds de faïences stannifères comprend environ 1 430 pièces. Au sein de cet ensemble,
les productions bordelaises constituent un domaine privilégié de collection.
La première manufacture de faïence stannifère fut créée à Bordeaux en 1714 par Jacques
Hustin et fonctionnera jusqu’en 1783. Une seconde manufacture créée par un de ses employés
Charles-Antoine Boyer en 1765 continuera son activité jusqu’en 1830. La production de faïence
bordelaise (166 pièces dans nos collections) est inspirée de celle des grands centres français,
Nevers, Moustiers, Rouen ou Montpellier d’où sont issus la plupart des ouvriers. L’originalité
de son style réside donc essentiellement dans l’interprétation, toujours en grand feu,
qu’elle donne de la production de ces modèles. Au sein de la collection du musée, se
½. Le musée d’Armes et
d’Objets anciens (1859)
et le musée de Peinture
et de Sculpture qui ouvrira
en 1879.
½«. Robert Mesuret, « La
réorganisation des musées
de Bordeaux », Revue
Historique de Bordeaux et
du Département de la Gironde,
janvier-mars, 1952, p. 37-47.
constats d’état, dimensions et photographies numériques manquaient pour de nombreuses
œuvres qui avaient pourtant fait l’objet d’un récolement.
La nouvelle campagne a concerné en priorité :
▶ Les œuvres qui avaient été transférées des réserves de la rue Guérin au site
Jean Vaquier. Fin 2021, 4 596 œuvres avaient été récolées dans les réserves.
▶ Les œuvres présentées dans les salles du musée. Seulement 968 œuvres
exposées avaient été récolées entre 2004 et 2014, et 294 œuvres ne disposaient
pas de photo numérique. Cette campagne a concerné 2 699 objets.
Près de 11 000 œuvres ont été récolées, soit environ 33 % des collections.
Dès 2011, des numéros provisoires ont été attribués aux œuvres non identifiées et
des fiches ont été créées, comportant une description du bien, ses dimensions et une photo
documentaire. En 2020, sur les 33 739 œuvres inscrites à l’inventaire informatisé, 1 761 biens
ont un numéro provisoire (numéros perdus). Le travail de mise en correspondance entre
les inventaires et les œuvres qui ont perdu leur marquage est complexe et n’a pas encore
permis d’identifier la totalité des œuvres.
À la fin de ces chantiers de récolement, nous avons constaté que 1 338 œuvres inscrites à
l’inventaire informatisé demeurent non localisées, dont 223 œuvres qui avaient été localisées
lors de la campagne précédente de récolement (2004-2014). Le travail d’identification
des œuvres disposant d’un numéro provisoire devrait permettre de diminuer de façon
significative ce nombre.
La campagne photographique des collections conservées en réserves doit se poursuivre.
Actuellement 1 210 objets ne disposent pas de photo numérique rattachée à
leur fiche Micromusée.
4 - Nature et évolution
des collections
Riche de près de trente-quatre mille pièces, s’échelonnant du Moyen Âge à nos jours,
les collections du musée illustrent les domaines traditionnels des arts décoratifs européens
(mobilier, objets d’art, textile, orfèvrerie, céramique, étain, verrerie, petits objets de toilette,
éventails, instruments de musique), des beaux-arts (peinture, sculpture, arts graphiques)
auxquels est venu s’ajouter celui du design. Le musée comporte aussi des fonds de
collections spécifiques, comme les armes et accessoires du costume militaire ; les objets liés
à l’histoire artisanale (chefs-d’œuvre de serrurerie, petits coffres et coffrets) et au patrimoine
architectural de Bordeaux (éléments de ferronnerie). Il faut signaler également un fonds
important d’œuvres, documents et souvenirs historiques commémorant la vie des derniers
Bourbons et célébrant le rattachement de Bordeaux à la cause légitimiste au XIX siècle
(collection Jeanvrot). Par leur diversité, les collections du musée permettent ainsi de rendre
compte de l’histoire générale des arts aussi bien à l’échelle nationale que locale.
Lorsqu’on s’interroge sur la double question de la nature et de l’évolution des collections,
peut-être faut-il aborder celles-ci non pas du point de vue de leur importance matérielle
mais plutôt sous l’angle de leurs dates d’arrivée au musée. Par ce biais, se dessinent, en effet,
plusieurs grands ensembles cohérents dont les identités respectives se reflètent dans
les dénominations successives du musée (cf. partie 1 – II, 1).
Les premières œuvres entrées dans la collection proviennent du musée d’Armes et d’Objets
anciens qui fut créé en 1853 et placé à l’Hôtel de Ville, dans des salles qui précédaient le musée
de Peinture et de Sculpture. Ce vaste ensemble regroupait les œuvres qui se trouvaient dans
des collections bordelaises, publiques ou privées, avant la création du Musée municipal en
1811 et sa structuration progressive en deux institutions distinctes⁶¹. Les deux-tiers environ
½. À propos de Bordeaux,
voir notamment Maurice
Meaudre de Lapouyade,
Essai d’Histoire de faïenceries
de Bordeaux du XVIII siècle à
nos jours, Macon, 1926 et les
nombreux travaux d’Ernest
Labadie sur les faïences
du Sud-Ouest et sur la
porcelaine (E. Labadie, Les
Porcelaines bordelaises. Notice
historique sur une manufacture
de porcelaine à Bordeaux sous
Louis XVI, Bordeaux, 1913).Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 55 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 54
distinguent une imposante fontaine à décor en camaïeu bleu de la manufacture Hustin (vers
1720) mais aussi les nombreuses pièces du service de table commandé par les Chartreux
de Bordeaux présentant l’inscription « Cartus. Burdig. » (36 pièces). Le musée conserve
également un ensemble important de pots à pharmacie et à tabac (23 numéros) illustrant les
productions des manufactures Hustin (114 pièces) et Boyer (52 pièces). Un accent particulier a
également été mis sur les autres manufactures du Sud-Ouest : Bergerac, Toulouse, Samadet,
Montauban et Moncaut. Cet ensemble a fait l’objet d’un catalogue – cf. J. du Pasquier,
Catalogue des faïences de Bordeaux et du Sud-Ouest, Bordeaux, 1991 (262 p.).
Le musée possède aussi un fonds intéressant de faïences révolutionnaires à décors
patriotiques (legs Pelleport-Burète pour la plupart), produites entre 1789 et 1799, en écho
aux événements de la Révolution. Si ces faïences s’inscrivent dans une longue tradition de
céramiques « parlantes », les décors nouveaux qui apparaissent alors tout comme l’intensité
des discours révèlent avec une force inédite les aspirations, les inquiétudes et les espoirs de
cette époque.
Les grands centres historiques de production de faïence stannifère français au XVIII siècle
sont également bien représentés dans les collections : Nevers (183 pièces), Rouen (80 pièces),
Strasbourg (39), Moustiers (209 pièces), Marseille (38 pièces), etc.
Les manufactures de faïences étrangères sont également représentées dans les collections —
Espagne (31 pièces), Italie (130 pièces) – notamment à travers quelques exemples de faïences
hispano-mauresques à décor lustré et de majoliques italiennes (Urbino, Faenza) permettant
d’illustrer l’arrivée de cette technique dans le Sud de l’Europe au XV siècle et son développement
aux XVI et XVII siècles, notamment aux Pays-Bas grâce aux productions de la manufacture
de Delft (337 pièces).
L’ensemble de la collection représente plus de 1 400 pièces.
La collection de porcelaine (près de 300 pièces) est essentiellement tournée vers les
productions bordelaises (257 numéros) : celles de la Manufacture des Terres de Bordes, créée
en 1784, mais active seulement pendant trois courtes (mais brillantes) années entre 1787 et
1790. Le noyau de la collection est constitué par la collection léguée en 1945 par Georges Périé
(60 pièces) ; elle s’est considérablement enrichie en 1978 et 1983 grâce à 162 pièces provenant
de la collection de Jacques Calvet et aux dons de Robert Coustet (1974 et 2020) ; puis, au fil
des ans, par des achats effectués grâce à l’aide de la Ville (1986 et 1988) et des Amis de l’hôtel
de Lalande (1994, 1996, 2007, 2020). Cet ensemble est bien connu grâce aux expositions
organisées par le musée : « La Manufacture des Terres de Bordes en Paludate » (1989) et
« À la table d’un collectionneur » (2021).
Le musée possède également des exemples d’autres grands centres porcelainiers comme
Sèvres, Meissen, Limoges ainsi qu’un ensemble important (302 pièces) de la Compagnie
des Indes (porcelaine de Chine, fabriquée pour le marché occidental).
Mobilier
La collection de mobilier ancien, riche de plus de 150 pièces, permet de documenter l’évolution
des styles historiques européens pratiquement depuis ses origines.
Le musée possède en effet plusieurs dressoirs du XVI en bois sculpté à la manière d’Androuet
du Cerceau représentatif du style de la vallée de la Loire, ainsi qu’un bel ensemble du XVII siècle
(coffres et coffrets, petits cabinets et cabinets) permettant d’illustrer les techniques de décorations
développées en Italie ainsi qu’en Europe du Nord pour les premiers meubles d’ébénisterie —
techniques qui seront adaptées par les maîtres artisans français au siècle suivant. Parmi ceux-
ci : un très beau cabinet à poser anversois (autour de 1610), en placage d’ébène et d’ivoire ;
un coffret en marqueterie d’écaille et d’ivoire, attribué à Jean Armand — qui travailla pour
Anne d’Autriche. Pour les sièges, relativement rares pour cette époque, nous conservons
quelques modèles français mais surtout anglais, en bois sculpté et dossiers cannés.
Les collections sont également riches d’un fonds important de mobilier du XVIII siècle —
tels que sièges (chaises, fauteuils, tabourets) ; tables (tables à jeux, tables de toilette, consoles,Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 57 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 56
bureaux) ; meubles de rangement (armoires, coffres, commodes, bibliothèques) et lits —
permettant d’évoquer l’atmosphère et l’art de vivre de riches bourgeois bordelais (membres
du parlement ou négociants) au sein d’un hôtel particulier du début du règne de Louis XVI.
Cet ensemble est, de très loin, le plus abondant et celui qui réunit les pièces les plus belles
et les plus intéressantes.
À l’intérieur de cette section, on distingue deux ensembles cohérents.
▶ Le premier concerne les meubles parisiens, dits « d’ébénisterie » (20 pièces), à
décor de placage ou de marqueterie, assemblant des pièces de bois (d’essences
et de tons différents), juxtaposées sur un fond de menuiserie (secrétaires,
commodes, bureaux plats, petites tables, etc.). Parmi ceux-ci, plusieurs meubles
méritent d’être distingués pour leur raffinement : une table « à deux fins »,
c’est-à-dire combinant les fonctions d’une table de toilette et d’une table à
écrire (vers 1750), par Pierre IV Migeon (1696-1758), ébéniste du règne de Louis XV
ayant notamment travaillé pour le garde-meuble de la couronne et pour
la marquise de Pompadour ; une commode munie d’un grand tiroir en ceinture,
à décor en placage de frisage à rapprocher du travail d’Antoine Robert Gaudreau
(1680-1746) ; un buffet bas de salle à manger (vers 1790) de Jean-Ferdinand
Schwerdfeger (1734-1818), auteur du célèbre serre-bijoux de Marie-Antoinette
— considéré comme le meuble le plus cher du règne de Louis XVI.
▶ Le second ensemble concerne les meubles de port bordelais, dits « de menuiserie »
(18 pièces) en acajou massif (scribans, armoires lingères et de salle à manger,
commodes, tables à cabarets, etc.). Ce deuxième ensemble, quasi inexistant
à l’origine du musée, a été développé à l’initiative de Jacqueline du Pasquier
(principalement entre 1972 à 2000) et enrichi grâce à de nombreux dons
des Amis du musée.
Ces deux ensembles permettent de créer un dialogue intéressant entre les spécificités locales
et nationales au XVIII siècle. En effet, la fabrication de meubles en bois exotique massif, que
l’on désigne sous le terme générique de « meubles de port », se développe singulièrement
dans les villes des régions portuaires de la façade atlantique — de Bordeaux à Dunkerque, en
passant par La Rochelle, Nantes et Saint-Malo — dès le début du XVIII siècle. Elle constitue
la plus remarquable particularité, sinon la plus ancienne, de l’école bordelaise. Cette pratique,
qui va à l’encontre des règles déterminées à Paris par la corporation des menuisiers — qui
attribuait l’exclusivité du travail des bois indigènes (bois nationaux) aux menuisiers en meubles
et celle du travail des bois exotiques, rares et chers, aux menuisiers en ébène (ou ébénistes) —
précéda de plusieurs décennies l’apparition de l’ébénisterie « pleine » qui viendra assouplir
la règle à partir de la deuxième moitié du XVIII siècle. Autre point intéressant, le développement
des meubles de port est indissociable du commerce maritime vers les Amériques, de l’exploitation
des Antilles et de l’épanouissement d’une nouvelle bourgeoisie européenne entre le XVI et
le XIX siècle, qui cherche à se démarquer du pouvoir central en affirmant un goût propre,
qu’on pourrait qualifier de « négociant ».
Le mobilier de l’époque Directoire et Empire, par lequel s’effectue la transition avec le XIX siècle,
est assez mal représenté dans les collections – en dehors de quelques pièces issues du legs
Pelleport-Burète, essentiellement des sièges. La collection de meubles du XIX siècle,
à proprement parler (c’est-à-dire la période allant de la Restauration jusqu’au début de la
III République) peut être classée en trois grands ensembles : le mobilier bourgeois, généralement
en acajou, qui prolonge le style Empire; du mobilier royal de très grande qualité en bois clairs
(on citera notamment un ensemble commandé en 1826 à Alphonse Giroux pour les Enfants de
France, Henri de Bourbon et sa sœur Louise d’Artois) ; enfin du mobilier de luxe historiciste –
notamment des meubles en ébène incrusté d’ivoire imitant les décors des meubles
de la Renaissance.
Les collections de mobilier bordelais et parisien du musée ont été publiées par Jacqueline du
Pasquier en 1997.
Instruments de musique
Le musée possède une petite collection d'instruments de musique du XVIII siècle :
une viole austro-vénitienne à décor mythologique (vers 1700) ; une harpe à pédales à décor
chinoisant réalisée par Chaillot à Paris (vers 1780), une épinette marseillaise à décor de motifs
révolutionnaires réalisée par Louis Bas en 1791 (connu pour être le facteur du premier « Grand
Piano » construit en France) ; deux piano-forte bordelais (vers 1790), dont un fabriqué par
Garnier Jeune 38 rue Bouffard (rue dans laquelle se trouve le musée), ainsi qu’un autre
piano-forte parisien, signé Pleyel (1816).
Ces instruments de musique, et plus particulièrement ceux à claviers (l’épinette ainsi que
les trois piano-forte), occupent une place importante dans le parcours de visite du musée,
ce qui n'est pas commun sur le territoire national et unique à l'échelle régionale. Cette collection,
par son unité – une période allant de la toute fin du règne de Louis XVI aux premières années
de la Restauration – illustre parfaitement le Bordeaux des années charnières entre le XVIII
et le XIX siècles, dont l'Hôtel de Lalande et les collections sont également les témoins.
Cependant, ces instruments qui animaient autrefois les salons bordelais sont présentés
aujourd'hui comme des éléments de mobilier de qualité, ou pour la source organologique
qu'ils apportent, puisque seul un des piano-forte est en état de jeu.
Instruments de mesure
Un ensemble d’instruments de mesure du temps (horloges de parquet, pendules à poser,
pendules de voyage, cartels d’applique et montres) permet d’illustrer les productions françaises
des XVIII et XIX siècles. Ces objets, caractéristiques de la fascination des élites pour les sciences
et l’innovation, font partie de l’ameublement traditionnel d’une demeure aristocratique telle
qu’on la conçoit au XVIII siècle. À côté de cet ensemble, on trouve également de nombreux
objets scientifiques (baromètres, boussoles, cadrans solaires, graphomètres, équerres, sablier,
etc.) dont un thermomètre-hygromètre d’Alexis Magny (1743).
Verres
Le grand intérêt de cette collection (quelque quatre cents objets de verrerie) est de présenter
des pièces illustrant les principales étapes de l’évolution du verre en Europe à l’époque moderne
mais aussi de faire connaître les productions des ateliers du Sud-Ouest qui profitaient de la
situation privilégiée de Bordeaux, que ce soit en termes d’approvisionnement ou de débouchés.
Le musée possède en effet, un ensemble de verres d’usage et d’apparat (verres « à la façon de
Venise » et verres soufflés et/ou gravés des XVI et XVII siècles) réalisés en Allemagne ou aux
Pays-Bas mais aussi du grand quart Sud-Ouest de la France. À partir du XVI siècle, le nombre
d’ateliers verriers dans la région (Casteljaloux, Beauziac, Pindères et Bordeaux) devient de plus
en plus important pour décliner au XVII. Celle-ci reprendra au XVIII siècle avec les verres
de table et bouteilles pour contenir le vin produits par la manufacture fondée en 1723 par
Pierre Mitchell à l’entrée du faubourg des Chartrons. Pour cette période on signalera aussi
un étonnant lustre en verre de Murano à décor d’œillets datant des années 1780. Les opalines
et cristallo-cérames de la collection Jeanvrot (200 pièces environ) permettent d’évoquer
certaines productions françaises du XIX siècle.
Objets de tabletterie et éventails
De très nombreux petits objets de tabletterie permettent d’évoquer les activités du quotidien
aux XVIII et XIX siècles : petites boîtes et coffrets, nécessaires de toilette, tabatières, étuis,
carnets, cachets, râpes à tabac, etc. font aussi la richesse des collections.
Au sein de cette catégorie d’objets, les éventails (217 pièces), qui associent généralement, en
plus des techniques propres à la tabletterie, des techniques liées aux arts graphiques, méritent
particulièrement d’être remarqués. Objet d’art à la fois public et privé, l’éventail tient, par les
sujets dont il est orné, un véritable discours porteur de sens. Ces pièces proviennent des legs
Perié (1945), Jeanvrot (1958 et 1966) et Lataillade (1969).Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 59 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 58
Orfèvrerie civile
La collection du musée se distingue d’abord par ses pièces françaises d’argenterie civile (plus
de 80 numéros), représentant différentes typologies d’objets exécutés en majorité au cours
du XVIII siècle (50 pièces) : ustensiles de toilette, pièces liées à la consommation des boissons
chaudes (théières, cafetières, chocolatières, sucriers et pinces à sucre), pièces de forme pour
la table (pot à oille, légumier, jatte, écuelle à bouillon, huilier-vinaigrier, salière, saupoudreuse à
sucre), couverts, objets liés à l’activité vinicole (tasse à vin, gobelet, pipette). Parmi celles-ci,
le musée possède naturellement de nombreuses pièces bordelaises – pot à eau et son bassin
(1775-1781) au poinçon bordelais d’Antoine Dutemple (legs Bonie, 1894); sucrier, théière et
pichet à vin couvert par Gabriel Mestre (legs Servan, 1939) – mais aussi parisiennes (à parts
à peu près égales), à l’image de l’exceptionnelle toilette (1744-1750) exécutée par l’orfèvre
parisien Jean-Charles Fauché, (legs de la comtesse de Marcellus, 1955), ainsi que quelques
pièces étrangères (Allemagne, Angleterre, Italie, Suisse) qui complètent cette riche collection
et permettent d’aborder le XIX siècle (30 pièces). Un catalogue des collections d’orfèvrerie
des XVIII et XIX siècles du musée a été publié en 1987 ainsi qu’un autre catalogue
spécifiquement dédié à la vaisselle d’argent à Bordeaux en 2000.
Étains
En parallèle de ce fonds prestigieux d’argenterie du XVIII siècle, le musée possède aussi
un fonds de vaisselle en étain (60 pièces environ) réalisée, pour la plupart, par des maîtres
bordelais. Le métier de potier d’étain se développa en Europe au cours du XIII siècle, avec
le remplacement progressif de la poterie de terre et des ustensiles en bois tourné par
de la vaisselle métallique. Les maîtres potiers d’étain, à l’instar des orfèvres, avaient le droit
de graver, d’armorier tous les ouvrages d’étain qu’ils fabriquaient et d’y apposer leurs poinçons.
Les objets en étain, souvent sous-estimés, sont des témoins privilégiés de l’artisanat
d’Ancien Régime. Un catalogue des collections d’étains anciens a été publié en 1990.
Orfèvrerie et dinanderie religieuse
Le musée possède également une vingtaine de pièces d’orfèvrerie et de dinanderie liturgique,
allant de l’époque médiévale jusqu’au XVIII siècle. Parmi celles-ci, des objets à décor d’émaux
limousins des XII et XIII siècles : croix simple (2), croix de procession (8), croix-reliquaire (2),
pyxide (2), gemellion (1). Des plats à offrandes en cuivre (4) des XIV et XV siècles. Pour ce
qui est du XVI siècle, il faut signaler une monstrance eucharistique en pierres dures (onyx,
agate, sardoine, cristal de roche) — monture en or, rehaussée d’émaux — ainsi qu’une très belle
plaque représentant l’Assomption de la Vierge et des seaux à aspersion datant du XVIII siècle.
Ces objets proviennent, pour la plupart, du musée d’Armes et d’Objets anciens et appartenaient,
jusqu’à la Révolution, aux trésors des églises de Bordeaux (chapitres, monastères, couvents,
paroisses, confréries et pèlerinages). L’absence d’un musée d’art sacré, ou à défaut d’un trésor
installé dans la cathédrale, ne doit pas dissimuler l’importance de Bordeaux qui fut, depuis
la fin des guerres de religion, l’un des bastions du catholicisme.
Serrurerie-ferronnerie
Le musée possède un fonds très important de serrureries-ferronneries bordelaises du XVI
au XVIII siècle : chefs-d’œuvre de maîtrise tels que serrures (70 pièces), clefs (75), cadenas (60),
cassettes, coffres, platines, pentures, crémones, heurtoirs (6), enseignes (2), grilles (60)
qui témoignent du riche passé de la ville dans le domaine de l’artisanat du métal. Au sein
de cet ensemble se détachent les pièces provenant du legs d’Alexis Évrard de Fayolle (1862-
1913) — conservateur du musée archéologique de Bordeaux, numismate et collectionneur
qui a légué à la ville plusieurs milliers de monnaies, médailles et objets divers – et du legs
Chaventon, d’où proviennent les plus belles pièces.
D’un point de vue technique, il convient de rappeler la différence entre le fer forgé, travaillé
au marteau (à froid ou à chaud) et la fonte de fer, qui est le fer tel qu’il sort du moule. Du point
de vue de l’art, on le comprend aisément, la mise en œuvre de ces deux matériaux fournitPartie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 61 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 60
des effets totalement différents. Le fer porte ainsi directement la marque du travail humain.
La fonte de fer (contrairement au bronze) revêt quant à elle un caractère plus industriel.
Le savoir-faire déployé dans la mise en œuvre de ce matériau a toujours été très apprécié,
qu’il soit travaillé pour forger un clou, un outil, réaliser une arme ou une armure, protéger
une demeure ou un bien.
Collectionnés comme modèles ou sauvés des destructions urbaines au cours des XIX et
XX siècles, ces objets sont, pour la plupart, des chefs-d’œuvre réalisés par les artisans pour
pouvoir accéder à la maîtrise. À cette fin, la corporation des maîtres-serruriers qui était
chargée de toute la protection de la demeure avait pour habitude multiséculaire de réaliser
une serrure — d’où l’importance de celles-ci dans les collections. Dès le début du XVII siècle,
sous l’influence de la Renaissance, les habitudes évoluent : le fer forgé remplace alors les lourdes
portes d’entrée en bois des villes, se développe aux grilles des jardins, pour finalement
conquérir au XVIII les façades des bâtiments, les vestibules et les cages d’escalier.
Une partie des collections du musée ont été publiées en 1973 dans le cadre de l’exposition
La clef et la serrure.
Armes
La collection, qui comporte 704 numéros, comprend des armes européennes anciennes et
modernes, ainsi que des pièces d’équipement du costume militaire (boucliers, éléments
d’armures, poires à poudre, étriers, etc.).
Les armes anciennes — armes d’hast (lances, hallebardes) ; armes blanches (épées, couteaux,
etc.) ; armes de jet (haches, masses, fléaux, etc.) ; armes de trait (arbalètes) — reflètent
les pratiques militaires à l’époque médiévale. La période suivante, définie comme l’époque
moderne en Histoire, qui va de la Renaissance à la fin du XVIII siècle, marque un changement
important de l’armement et des pratiques militaires du fait de l’usage d’armes à feu
(arquebuses, pistolets, canons, etc.).
Sur les 704 numéros que compte (actuellement) la collection d’armes, 137 proviennent
du « fonds ancien de la ville de Bordeaux », c’est-à-dire les pièces entrées dans les collections
municipales avant 1924 — date de création du musée d’Art ancien.
Cet ensemble d’armes variées provient en majorité du musée d’Armes et d’Objets anciens
de la ville de Bordeaux fondé en 1853 à partir des pièces des collections de monsieur Micol
(ancien inspecteur de l’armement des Gardes nationales de France, professeur de dessin à
Saint-Chamond), achetées par la ville en 1852, et de Gabriel-Joseph Durand (1792-1858), architecte
de la ville de Bordeaux, acquises en 1859. La collection initiale d’armes anciennes sera enrichie
d’acquisitions diverses mais surtout de legs provenant des collections Bonie (1895), Évrard de
Fayolle (1911), Faillette (1929), Jeanvrot (1958), Durhart (1966), Lataillade (1969) et Olmi (1982).
Bien que la collection d’armes ait fait l’objet d’un début d’étude, grâce à la publication
d’un catalogue sommaire des « Armes du musée des Arts décoratifs » établi par Jacqueline
du Pasquier en 1980 — avec l’aide de Jean-Pierre Reverseau (musée de l’Armée) — cette
collection, totalement méconnue aujourd’hui, était jadis considérée comme l’une des plus
belles de province. Un projet de remise en valeur des plus belles pièces de cette collection
(étude, restauration et présentation) est actuellement engagé (cf. partie 2 – II).
Peintures
Le musée des Arts décoratifs et du Design ne se limite pas à sa vocation première et possède
également un nombre important de tableaux (300 numéros) — ceux-ci étant toutefois
de qualité très disparate. Les œuvres les plus exceptionnelles — essentiellement des portraits
d’apparat de grands personnages bordelais des XVII et XVIII siècles — sont entrées dans
les collections avant 1955. On note ainsi la présence dans les collections d’un très beau portrait
de dame du XVII représentant Jeanne de Baritault, épouse d’un conseiller au parlement de
Bordeaux, donné au musée en 1933 ; pour le XVIII siècle, deux œuvres du peintre bordelais
Pierre Lacour (1745-1814), notamment la célèbre vue du Port de Bordeaux, considérée comme
son chef-d’œuvre, ainsi que deux portraits des époux
Mac Carthy par le peintre d’origine suédoise Adolf
Wertmüller (1751-1811).
Sculptures
Le musée possède également un fonds de sculptures
en plâtre, terre cuite, biscuit de porcelaine ou marbre,
bronze — disparates en qualité. Les pièces les plus
intéressantes faisaient partie du fonds ancien de la ville
de Bordeaux, elles furent affectées au musée en 1924
ou en 1955 lors de la création du musée d’Art ancien
puis du musée des Arts décoratifs. Parmi les pièces
les plus intéressantes on note : pour le XVII siècle,
un portrait en médaillon de Louis XIV en cuir estampé
d’après une composition de François Girardon (1628-
1715) réalisée en 1687-1690 pour l’Hôtel de Ville de
Troyes ; pour le XVIII siècle, la réduction en bronze
du monument équestre de Louis XV pour la place
Royale de Bordeaux (1766) par Jean-Baptiste Lemoyne
(1704-1778) — considéré comme un unicum ; du même
sculpteur, le buste en marbre de Montesquieu (1767) ;
enfin, les sept réductions en plâtre des sculptures qui
couronnent la façade du Grand-Théâtre de Bordeaux
(1780) par Pierre-François Berruer (1733-1797).
Du sculpteur parisien Joseph Deschamps (1743-1788),
La Religion voilée et La Ville de Bordeaux couronnée,
maquettes en terre cuite de la fin du XVIII siècle des
statues destinées à orner les deux niches du portail
du palais Rohan. Pour le XIX siècle, il faut noter :
une statue représentant le duc de Bordeaux âgé de
sept ans (portrait en pied, daté 1827) d’après Pierre-
Sébastien Guersant (1789-1853), le plus grand biscuit
produit par la manufacture de Sèvres au cours de son
histoire, mais également une série de bronzes animaliers
(fontes d’édition) d’Antoine-Louis Barye (1796-1875).
Arts graphiques
Le fonds d’arts graphiques est riche de plus de
12 400 pièces – dont une majorité proviennent de
la collection Astruc (1926) et du legs Jeanvrot, acquis
en 1958 et 1966. Il demeure peu étudié en dehors
des miniatures.
Pour les estampes (9302 numéros), celles du XVIII siècle
achetées par la Ville à Daniel Astruc (275 numéros)
contiennent un fonds important d’œuvres de
Philibert-Louis Debucourt (1755-1832). Fritz Lugt dans
son Dictionnaire des marques de collections paru en 1921
le présente comme « peut-être le plus célèbre des
graveurs en couleurs ; les pièces de sa bonne époque
atteignent aujourd’hui des prix sensationnels. Il ajoute :
« Nombreuses sont les études
consacrées à son talent et à son
œuvre, par exemple celles des Goncourt
dans leur Art du XVIII siècle,Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 63 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 62
de Bouchot dans Les Grands Artistes, de Portalis dans les Dessinateurs
d’illustration au XVIII siècle, de Portalis et Béraldi dans Les Graveurs
du XVIII siècle, de Beraldi, Les Graveurs du XIX siècle, etc. Citons
particulièrement l’important ouvrage de l’amateur parisien Maurice Fenaille,
qui possède lui-même l’œuvre de Debucourt le plus complet et le plus riche
qui soit : L’Œuvre gravé de P. L. Debucourt (1899). On y trouve le catalogue
descriptif des gravures de notre artiste (577 numéros) et un catalogue de son
œuvre peint et dessiné. Une importante exposition Debucourt fut organisée
au Louvre, en 1920 (11 juin-11 juillet), par la Société pour l’étude de la gravure
française, qui édita un intéressant catalogue illustré, avec texte
par E. Dacier, A. Vuaflart, et J. Hérold. »
Parmi les dessins (515 numéros), pour la plupart anonymes, on trouve cependant quelques
feuilles intéressantes — de (ou attribuées) à Jean-Baptiste Greuze (1725-1805), Louis Carrogis
dit Carmontel (1717-1806), Jean-Étienne Liotard (1702-1789), ainsi qu’un dessin et une contre-
épreuve de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) — qui mériteraient d’être étudiées.
Les pastels (110 numéros) comptent quelques beaux portraits de Maurice Quentin de Latour
(1704-1788) et de son rival Jean-Baptiste Perronneau (1716-1783).
Les miniatures (950 numéros) constituent le domaine le mieux étudié des collections d’arts
graphiques, grâce aux travaux de Jacqueline du Pasquier – voir notamment le catalogue
de l’exposition « L’âge d’or du petit portrait », paru en 1995 (350 p.). Cet ensemble de portraits
de l’école française, pour la plupart du XVIII et du XIX siècle, est dominé par la figure
de Pierre-Édouard Dagoty (1775-1871), portraitiste attitré de la bonne société de Bordeaux
pendant près de cinquante ans, dont le musée conserve un fonds d’œuvres très important
(108 numéros — dont 45 ont été données par Raymond Jeanvrot). Un des chefs-d’œuvre
de l’artiste est sans nul doute le portrait sur ivoire de son épouse et de ses deux filles tenant
son propre autoportrait en miniature. La collection léguée en 1958 et 1966 par Raymond
Jeanvrot (776 numéros) dont proviennent plus de 80 % des miniatures du musée, fut complétée
au fil du temps par plusieurs autres legs issus des collections Lataillade en 1969 (22 numéros),
Ferrière en 2007 (69 numéros) et Coustet en 2020 (34 numéros), ainsi que par des achats.
b. La collection Raymond Jeanvrot
Raymond Jeanvrot (Bordeaux, 1884-1966), légitimiste passionné et sentimental, consacra
toute sa vie, son amour et son énergie à collectionner de manière quasi obsessionnelle
peintures, gravures, objets, meubles de toutes sortes (18 579 numéros au total) — qu’il put
réunir d’abord autour de sa famille (notamment la société créole bordelaise du XIX siècle, à
laquelle appartenait sa mère) et « le vieux Bordeaux » puis, et surtout, des souvenirs royalistes.
C’est là le point le plus important de cette collection d’objets personnels qui se développa
selon trois axes : les souvenirs historiques concernant les « rois martyrs », Louis XVI et Marie-
Antoinette ; puis de manière presque exclusive ceux liés aux Bourbons de la Restauration,
Louis XVIII, Charles X ; aux Angoulême, la duchesse de Berry et le duc de Bordeaux, comte de
Chambord, héritier ultime, mort sans postérité. Cette seconde partie de la collection est la
plus considérable et riche en détails sur une époque historique généralement négligée, prise
entre ce qu’on perçoit comme le « glorieux » Premier Empire et la révolution de Juillet 1830 qui
chassa définitivement de France les derniers représentants de la branche aînée des Bourbons
au profit des Orléans. Cette collection permet de faire connaître un pan méconnu de l’histoire
de France en même temps qu’un chapitre ignoré de l’histoire du goût. La collection Jeanvrot
est aussi intrinsèquement liée à la ville de Bordeaux, qui, faut-il le rappeler, fut un haut lieu
du sentiment légitimiste. Unique en son genre, la collection Jeanvrot fut acquise par la ville,
pour partie, en 1958, contre une rente viagère, puis en 1966, au décès du collectionneur qui
souhaita que sa collection demeure à Bordeaux, conservée dans un musée auquel il était
par ailleurs très attaché.
L’histoire de la constitution de cette collection a fait l’objet d’un ouvrage écrit par Jacqueline
du Pasquier en 2007, à partir de très larges extraits du journal tenu par Raymond Jeanvrot
(de 1900 à 1965) et conservé aux Archives municipales de Bordeaux. Parallèlement àPartie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 65 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 64
la manière dont se constitua la collection, cette étude dévoile une personnalité attachante et
hors du commun, qui consacra sa vie et l’intégralité de ses modestes moyens à la création
de son musée (selon ses propres mots) qui remplissait l’appartement qu’il occupait
rue Jean-Jacques-Rousseau à Bordeaux.
c. L’aventure de la faïence fine à Bordeaux au XIX siècle
Les collections du musée sont riches de près de 1 000 pièces en faïence fine, qui se distingue
de la faïence stannifère (notamment) par sa pâte blanche et sa glaçure plombifère. Cette
technique, inventée en Angleterre en 1768 par Josiah Wedgwood, a connu un essor très
important à Bordeaux au XIX siècle, à travers les manufactures bordelaises de faïence fine
Lahens et Rateau (1830-1832), David Johnston (1834-1845) et Jules Vieillard (1845-1895).
Cette collection de faïence fine bordelaise compte environ 550 pièces, dont une centaine
de dessins. Constituée depuis 1970, cette collection n’a cessé de s’enrichir par des dons,
des legs et des achats réalisés notamment grâce à l’association des Amis du musée. Le don
de la collection Marcel Doumézy en 1970 en constitue les fondements, avec un portrait en
buste de Jules Vieillard en biscuit (1857), une rare coquille signée par le célèbre Amédée
de Caranza ou encore un plat octogonal de l’étonnant service dit « Rouge et Or ».
La production de la manufacture Vieillard à la fin du XIX siècle témoigne du goût pour
l’éclectisme et pour les styles extra-occidentaux. La participation de la manufacture
aux Expositions universelles est magnifiquement illustrée par une fontaine murale de style
persan et une vasque monumentale, deux pièces majeures présentées à l’occasion de l’Exposition
universelle de Paris en 1878, qui avaient été données à la Ville de Bordeaux à la fermeture
de la manufacture Vieillard en 1895.
Grâce à l’association des Amis du musée et à la générosité de donateurs privés, le musée a pu
faire l’acquisition ces dernières années de quelques pièces clés de cette production bordelaise.
Alors que la majorité des dessinateurs de la manufacture Jules Vieillard demeure inconnue,
le récent don de Julien de Beaumarchais en 2017 de douze dessins du service dit « aux souris »
a notamment permis de lever le voile sur l’identité de son auteur, Eugène Millet.
d. L’Art nouveau et l’Art déco à Bordeaux
Les premières décennies du XX siècle constituent, pour Bordeaux comme pour le reste
de la France, une période d’intense créativité. Si la ville n’est pas aussi importante que Nancy
pour l’Art nouveau, elle participe toutefois au renouveau des arts décoratifs grâce à
des personnalités comme le journaliste et critique Paul Berthelot.
Rédacteur à La Petite Gironde, il cofonde en 1899 la Société d’Art moderne de Bordeaux placée
sous le patronage de l’UCAD (Union centrale des arts décoratifs de Paris). La société organise
trois expositions à Bordeaux, en 1900 et 1901, et participe à l’Exposition universelle en 1900
à Paris. Grâce à Berthelot, les grands noms de l’Art nouveau, comme René Lalique, Auguste
Delaherche, Victor Prouvé ou Alfons Mucha, sont exposés à Bordeaux, participant ainsi
à la diffusion, la vulgarisation et l’éducation artistique du public bordelais. Les objets légués
à son décès en 1940 à la Ville de Bordeaux témoignent de sa vision moderne des arts décoratifs,
signés par des artistes parisiens comme Alexandre Bigot, bordelais comme Henri Hamm,
nancéien comme Émile Gallé, ou des manufactures étrangères comme Amphora.
Les années 1920 voient l’épanouissement de l’architecture Art déco à Bordeaux sous
l’impulsion de son maire Adrien Marquet et de l’architecte de la ville Jacques d’Welles comme
en témoignent la Bourse du travail (1938), la piscine Judaïque (1931-1935) ou encore le parc
Lescure (1938), actuel stade Jacques Chaban-Delmas.
C’est à cette période que l’industriel Henry Frugès restaure son hôtel particulier, situé place
des Martyrs-de-la-Résistance à Bordeaux. Entre 1913 et 1927, il fait intervenir les plus grands
artistes et artisans de l’époque comme le ferronnier Edgar Brandt, le laqueur Jean Dunand,
et le décorateur Clément Mère. Le musée acquiert en 1991 le mobilier de la salle à manger,
réalisé à partir des dessins du sculpteur Alexandre Callède.
Deux artistes bordelais de renommée internationale ont eux aussi participé à la décoration
de cet hôtel particulier : Jean Dupas et René Buthaud. De ce dernier, le musée conserve
un grand nombre de vases et de sculptures émaillés, acquis depuis les années 1970.
Le musée a également pu acquérir en 2004 et en 2018 deux rares panneaux en fixé sous
verre par René Buthaud, conçus dans les années 1930.
La céramique d’art bordelaise et du Sud-Ouest est particulièrement bien représentée dans
les collections. L’important legs du professeur Robert Coustet permet d’apprécier la richesse
et la créativité de cette production autour de la Céramique d’Art de Bordeaux (CAB), fabrique
créée en 1919 à Caudéran, la céramiste Marguerite de Saint-Germain active à Talence ou
encore Octave et Simone Larrieu à Maubourguet (Tarn).
e. Les collections design
Débutée dans les années 1980 par Jacqueline du Pasquier, la collection de design n’a cessé
de croître. En 1983, le musée a accueilli la première exposition monographique du groupe
Memphis qui compte deux bordelaises, Martine Bedin et Nathalie Du Pasquier, fille
de Jacqueline du Pasquier. Un premier noyau d’œuvres du groupe a pu être constitué.
Dès cette période, le Centre national des arts plastiques (Cnap) a procédé à de nombreux
dépôts de pièces emblématiques des années 1980, de designers comme Ettore Sottsass,
Olivier Gagnère ou Sylvain Dubuisson.
Une des priorités fixées dès 2013 à l’arrivée de Constance Rubini a été de poursuivre
le développement des collections de design des années 1980, une période indissociable de l’ADN
du musée. La collection s’est enrichie de pièces historiques comme la table Rocher d’Elisabeth
Garouste et Mattia Bonetti (1982), le fauteuil Crocodile de François Bauchet (1983), l’ensemble
Ollo d’Alessandro Mendini (1988), la lampe Swing de Martine Bedin (1988), acquises grâce
à la générosité de Didier et Clémence Krzentowski ; le Bar Milano d’Andrea Branzi (1979),
acquis à travers les recherches menées au moment de l’exposition Andrea Branzi ; le fauteuil
Well Tempered de Ron Arad (1987) ou le paravent Virgin de Dan Friedman (1987). Le travail
de recherche mené par le musée sur cette période a permis de révéler l’importance
de personnalités moins connues comme les designers Daniel Weil et Gerard Taylor et
le duo Bécheau & Bourgeois, ou d’éditeurs comme Anthologie Quartett.
La collection de design s’est également construite à travers des relations de confiance tissées
avec certains designers. À la suite de l’exposition Construction. Martin Szekely qui s’est tenue
au musée en 2018, Martin Szekely a réalisé un dépôt de 39 pièces au musée. Cet ensemble est
constitué en majorité de pièces présentées pendant l’exposition et également de la collection Pi
conçue entre 1982 et 1985. Ce dépôt exceptionnel s’est accompagné du don de l’étagère Opus
(2016), l’une des pièces récentes majeures du designer. Convaincus par le projet du musée
de devenir le lieu de conservation de référence de l’œuvre de Martin Szekely, Sophie et Alain
Minc ont très généreusement accepté en 2020 de réaliser un don de plusieurs pièces pour
compléter la collection du musée. Conçus entre 2004 et 2007, deux prototypes spécialement
créés pour le donateur (la table basse Paris et le caisson AM) et trois pièces produites en édition
limitée (le bureau Fine Art, la table PB et la table Solaris) ont ainsi fait leur entrée dans les collections.
Le don en 2021 d’un prototype de la chaise Pi (1982) a renforcé le musée dans cette ambition.
Le musée a développé des axes d’acquisitions transchronologiques autour de thématiques
fonctionnelles ou sociales : les vases et les arts de la table. Ces thématiques offrent des axes
de compréhension et de valorisation de la discipline et permettent un dialogue stimulant avec
les collections d’arts décoratifs.
Le don exceptionnel de l’éditeur italien Alessi en 2013 (240 pièces) et l’acquisition de plusieurs
pièces emblématiques du design du XX siècle (verres Smoke de Joe Colombo, verres de Kaj
Frank, carafes de Timo Sarpaneva, service de table Victoria d’Oscar Tusquets) ont permis
d’enrichir le dialogue entre les périodes au sein du parcours permanent.
La collection de design présente aussi une dimension prospective. De jeunes designers ont
fait leur entrée dans les collections comme Felipe Ribon avec le miroir Permutation (2015),
Fabien Cappello avec une lampe de la collection « Bright Rays » (2015), ou encore Jean-BaptistePartie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 67 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 66
Fastrez avec le vase Scarabée (2014). Grâce à la générosité de certaines maisons d’édition et
de donateurs privés, le musée a également pu faire entrer dans ses collections des pièces
représentatives du design contemporain, comme le cabinet Foresta d’Ettore Sottsass, le bureau
Diapositive de Ronan et Erwan Bouroullec (2014), don de la société Glas Italia, les suspensions
Chouchin de Ionna Vautrin (2011), don de la société Foscarini.
La collection compte aujourd’hui plus de 500 pièces, présentées en roulement dans les salles
de l’hôtel de Lalande.
Le musée a également développé une collection d’assises destinées à être utilisées et manipulées
par le public, mises à disposition dans la salle de conférences. Cet ensemble qui compte près
d’une cinquantaine de chaises, de fauteuils et de tabourets, a été constitué grâce à des dons
d’éditeurs (Vitra, Magis, Cappellini, Zanotta…). Il permet d’offrir au public une approche
sensible et pédagogique du design.
5 - Les dépôts
Le madd-bordeaux gère un total de 670 dépôts, provenant de 21 déposants, parmi lesquels
des institutions et musées municipaux (musée des Beaux-Arts, musée d’Aquitaine, archives
de Bordeaux Métropole), des musées nationaux (musée Guimet, musée national de Céramique,
musée du Louvre, musée d’Orsay), le Centre national des arts plastiques (Cnap), des musées
en région (musée Paul Dupuy à Toulouse, musée des Arts décoratifs de Lyon) et plusieurs
particuliers dont le designer Martin Szekely.
Ces dépôts sont actuellement revus au regard d’un parcours de visite qui sera renouvelé
au gré des modifications architecturales futures.
Musée Paul Dupuy
Le dépôt du musée Paul Dupuy de Toulouse remonte au début des années 1950, il s’agit
du plus ancien dépôt encore présent dans les collections du musée. Il compte 89 pièces, dont
un grand nombre est présentée dans les salles dédiées à la vie du duc de Bordeaux, et
aux duchesses d’Angoulême et de Berry.
Archives municipales
Dès 1955, la volonté de présenter l’histoire de Bordeaux, son urbanisme et ses principaux
monuments a entraîné plusieurs dépôts des Archives de Bordeaux Métropole (anciennement
Archives municipales), parmi lesquels des gravures de la place Royale, ancienne place de
la Bourse (D 55.1.4 ; D 55.1.14).
Musée du Louvre
Dans cet objectif également, le musée du Louvre a déposé en 1961 (D 61.1.1) un petit bas-relief
en terre cuite, maquette préparatoire du sculpteur Claude-Clair Francin (1702-1773), pour
le fronton de l’hôtel des Fermes du Roi (un des trois bâtiments de cette même place), ainsi
qu’un portrait du peintre bordelais Carle Vernet (1758-1836) par Robert Lefebvre, du début
du XIX e siècle. Le musée du Louvre a également déposé en 1973 une théière en porcelaine
de la manufacture des Terres de Bordes (D 73.4.1), permettant d’enrichir la présentation
de cette illustre mais brève production bordelaise de la fin du XVIIIe siècle.
Musée des Beaux-Arts de Bordeaux
Le musée compte aujourd’hui dans ses collections 93 œuvres déposées par le musée
des Beaux-Arts de Bordeaux.
À partir des années 1960, le musée des Beaux-Arts consent plusieurs dépôts dont une partie
se trouve encore dans les collections aujourd’hui. Il s’agit essentiellement de natures mortes,
de portraits de couples de négociants du XVIIIe siècle et de peintures à sujet mythologique
des années 1760. Ils contribuent à l’aménagement des salles évoquant la vie à la fin
de l’Ancien Régime.Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 69 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 68
La restauration de l’hôtel de Lalande au début des années 1980 étend la surface d’exposition
du musée et invite à revoir en partie le parcours d’exposition. Cette réflexion suscite de
nouveaux dépôts. En 1983, sont ainsi déposées plusieurs œuvres enrichissant différentes
sections, parmi lesquelles le tableau représentant L’entrée du duc et de la duchesse d’Angoulême
à Bordeaux le 5 mars 1815 par Boccia, peintre italien établi à Bordeaux sous la Restauration, ou
encore deux dessins aquarellés représentant l’intérieur de la maison des frères Bonie à Bordeaux.
Les expositions consacrées au céramiste bordelais René Buthaud en 1976 et en 1987
(un an après son décès), encouragent le dépôt en 1992 de 14 pièces de l’artiste, datant de
la dernière période de sa carrière (après 1945). La même année, 12 miniatures (D 2009.0.69
à 80) viennent enrichir la très belle collection du musée des Arts décoratifs, qui comprend
des pièces des plus grands maîtres de cet art. Ces pièces sont encore présentées dans
les salles aujourd’hui.
Ancienne conservatrice du musée des Beaux-Arts, Bernadette de Boysson a souhaité, à son
arrivée, réétudier le statut de certaines œuvres présentes au musée, mais également inscrites
sur l’inventaire du musée de Peinture et de Sculpture (ancien musée des Beaux-Arts).
Des numéros de dépôts ont été donnés à de nombreuses pièces qui avaient été déposées
depuis les années 1980. Cependant, des numéros rétrospectifs de dépôts ont aussi été conférés
à des œuvres, qui n’avaient non pas été déposées mais bien affectées aux collections du musée
d’Art ancien puis au musée des Arts décoratifs en 1955. Ces affectations aux collections
avaient bien été motivées par les projets scientifiques portés par les directeurs successifs.
En 2019, cette confusion entre les collections des deux institutions municipales a fait l’objet
d’une étude approfondie, qui a permis de confirmer l’affectation aux collections du musée
des Arts décoratifs de deux œuvres majeures : la Vue d’une partie du port et des quais de Bordeaux
dits des Chartrons et de Bacalan (1804-1806) de Pierre Lacour et le Buste de Montesquieu (1767)
de Jean-Baptiste Lemoyne.
Musée national de Céramique, Sèvres
Ce dépôt concerne essentiellement la dation du collectionneur Jacques Calvet et l’ensemble
de coupes et vases du céramiste Émile Decoeur.
En 1978, ce sont 190 pièces de céramique bordelaise du XVIII siècle qui font leur entrée par
dation au musée national de Céramique de Sèvres, dont le statut de musée national permet
ce type de donation. L’ensemble est déposé la même année au musée des Arts décoratifs de
Bordeaux. Cet ensemble exceptionnel comprend 28 faïences commandées par les Chartreux
de Bordeaux sous l’impulsion du cardinal de Sourdis, produites par la manufacture de
Jacques Hustin dans les années 1730-1740. Il compte également 152 porcelaines, provenant
essentiellement de la manufacture des Terres de Bordes, dont un grand nombre d’assiettes
et de pièces de forme (verseuses, aiguières avec bassin, pots à eau, services de cabaret,
théières, chocolatières).
Jacqueline du Pasquier sollicite, la même année, le dépôt de 29 pièces du céramiste Émile Decoeur
provenant de la collection du philanthrope américain Atherton Curtis (1863-1943) : un ensemble
exceptionnel mis en valeur dans sa totalité au sein du parcours permanent du musée.
Centre national des arts plastiques (Cnap)
Le dépôt du Cnap concerne aujourd’hui 141 pièces. Il s’agit du plus important dépôt.
Membre du comité consultatif de la création artistique chargé des acquisitions d’objets d’art
décoratifs pour le Fonds national d’art contemporain, Jacqueline du Pasquier propose dès 1985,
l’acquisition de pièces, dont elle sollicite les dépôts au musée des Arts décoratifs de Bordeaux.
Dès cette période, le musée expose ainsi plusieurs vases de la céramiste américaine Fance
Franck, la lampe Tetractys de Sylvain Dubuisson (1985), une verseuse en argent d’Olivier
Gagnère (1984), le miroir Grande Ourse de Garouste et Bonetti (1985), et plusieurs pièces
du groupe Memphis dont la table Lodge de Martine Bedin (1982), la coupe Murmansk d’Ettore
Sottsass (1983) et une pendule de George Sowden. D’autres dépôts sont sollicités dans les
années suivantes : en 1987, des pièces majeures du designer Enzo Mari éditées par Danese ;
en 1988, le lampadaire Tripode de Garouste et Bonetti (1983) et le canapé Animali Domestici
d’Andrea Branzi (1982).
Moins fréquentes dans les années 1990, les demandes de dépôt auprès du Cnap ont repris
sous la direction de Bernadette de Boysson à partir des années 2000, avec la constitution
d’un espace dédié aux arts décoratifs du XX siècle et au design. Ces dépôts ont suivi une
direction plus éclectique que celle adoptée par Jacqueline du Pasquier. Si les dépôts de pièces
de design des années 1980 (notamment la lampe Ashoka, la table City et les vases Nilo et
Euphrates d’Ettore Sottsass) ont été en partie poursuivis, d’autres demandes ont concerné
à la fois des pièces dites iconiques du design international du XXe siècle (des pièces des
années 1960 d’Arne Jacobsen, Gaetano Pesce, Roger Tallon ou Pierre Paulin) et des pièces
contemporaines (des années 1990-2000) de Ron Arad, de Frank Gehry et d’Andrée Putman.
Avec l’arrivée de Constance Rubini à la tête du musée, la définition de nouveaux axes
d’acquisition en matière de design et la tenue de l’exposition Houselife. Collections design
du Cnap au madd-bordeaux en 2016 ont encouragé une révision de l’ensemble des dépôts du
Cnap. Les dépôts rendus et les nouveaux dépôts sollicités depuis 2013 ont suivi trois grandes
thématiques, en lien avec la politique d’acquisition du musée : le design des années 1980, les
arts de la table et les vases. Un grand nombre des premiers dépôts de design des collections
est ainsi toujours au musée, présentés en roulement au sein du parcours permanent, en
dialogue avec les collections anciennes.
Dépôts de particuliers
Le designer Martin Szekely
À la suite de l’exposition Construction. Martin Szekely qui s’est tenue au musée en 2018, Martin
Szekely a réalisé un dépôt de 39 pièces au musée. Cet ensemble est constitué en majorité de
pièces présentées pendant l’exposition et également de l’iconique collection Pi conçue entre
1982 et 1985.
Le professeur Robert Coustet
Éminent historien d’art, spécialiste de la peinture et de l’architecture bordelaises des XIX et
XX siècles en particulier, collectionneur érudit et passionné, Robert Coustet était professeur
honoraire émérite à l’Université Bordeaux Montaigne, membre influent et respecté de l’Académie
nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux et de diverses sociétés savantes, vice-
président de la Société des Amis des musées de Bordeaux pendant de longues années, et plus
récemment, président de celle du musée d’Aquitaine. Figure incontournable et profondément
attachante de la vie culturelle bordelaise, il a apporté son soutien et son expertise à de nombreuses
institutions culturelles de la ville — musées, archives et bibliothèque —, contribuant régulièrement
à l’enrichissement de leurs collections.
Son premier don au musée des Arts décoratifs remonte à 1966. Depuis cette date, il n’a cessé
de poursuivre la constitution d’une collection, envisagée dès l’origine comme un complément
de celles des musées qu’il a généreusement dotés et soutenus, prolongeant tour à tour certains
partis pris ou complétant certaines lacunes.
Depuis le début des années 2000, Robert Coustet a également procédé à de nombreux dépôts
qui ont permis d’étoffer de façon significative la présentation des arts décoratifs à Bordeaux à
la fin du XIX et pendant les premières décennies du XX siècle. Outre les nombreux compléments
apportés à la présentation de la manufacture J. Vieillard & Cie, le public a ainsi pu découvrir
la spécificité des productions de nombreux artistes de Bordeaux et de la région, parmi lesquels
Amédée de Caranza et Alphonse Giboin qui se sont illustrés notamment dans le travail du verre
autour de 1900, mais aussi Marguerite de Saint-Germain, Octave et Simone Larrieu ou encore
la fabrique CAB, dans le domaine de la céramique d’art, tous actifs durant l’entre-deux-guerres.
Robert Coustet a également contribué à l’enrichissement des collections du XVIIIsiècle, d’orfèvrerie
bordelaise et de porcelaines de Bordeaux de la manufacture des Terres de Bordes.
À son décès en 2019, Robert Coustet a légué à la Ville de Bordeaux pour ses musées l’ensemble
de ses collections déjà déposées et inventoriées dans les musées de la Ville, ainsi que celles
se trouvant à son domicile. Robert Coustet a ainsi enrichi les collections du madd-bordeaux
d’un total de 279 œuvres.Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 71 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 70
6 - Acquisitions et enrichissement
des collections
Dans le projet du musée mis en place courant 2013 par la nouvelle direction, différents
axes de collections à développer se sont dégagés. Ces axes détaillés ci-dessous ont pu être
suivis grâce au budget d’acquisition dédié par la Ville de Bordeaux, ainsi qu’aux généreux
donateurs et mécènes qui ont permis de réaliser des acquisitions de pièces majeures.
Les collections du madd, tant pour les collections d’arts décoratifs que pour celles liées
au design, s’enrichissent autant, si ce n’est davantage, en effet, grâce aux dons d’œuvres,
dons effectués par des collectionneurs privés ou des artistes. C’est une des caractéristiques
de ce musée, qui traduit aussi la confiance que mettent les donateurs dans la visibilité qui sera
faite aux œuvres offertes et dans la qualité du propos scientifique qui les accompagnera.
Depuis 2013, ce sont ainsi plus de 1 300 pièces d’arts décoratifs et de design qui ont fait leur
entrée dans les collections, dont quatre pièces iconiques de l’histoire du design, le Bar Milano
d’Andrea Branzi (1979), la table Rocher de Garouste & Bonetti (1982), le fauteuil Well Tempered
de Ron Arad (1987) et l’étagère Opus de Martin Szekely (2016).
Voir en annexe acquisitions et dons depuis 2013, page 276.
a. Des axes d’acquisition transchronologiques
Le thème des arts de la table s’impose dans le contexte culturel et commercial bordelais.
Il remporte beaucoup de succès auprès des mécènes et partenaires locaux. Ce thème
qui traverse les époques fait un trait d’union entre les arts décoratifs et le design. Les arts
de la table comportent également un fort potentiel à interroger les mutations culturelles
de notre société.
Depuis 2013, nous avons complété des collections déjà importantes en orfèvrerie, faïence et
porcelaine bordelaises, et les avons ouvertes à un contexte contemporain plus global. Grâce
au soutien des Amis du madd-bordeaux, plusieurs pièces rares en porcelaine de Bordeaux ont
pu être acquises en 2019 et 2020, complétant des formes et décors jusque-là méconnus
de cette très brève production bordelaise (1787-1790). De nouvelles pièces d’orfèvrerie
bordelaise du XVIII siècle ont également intégré les collections grâce à la générosité des Amis
et de donateurs (legs Robert Coustet). Le don exceptionnel de l’éditeur italien Alessi en 2013
(240 pièces) et l’acquisition de plusieurs pièces emblématiques du design du XX siècle ont
permis d’enrichir le dialogue entre les périodes au sein du parcours permanent.
L’approche transchronologique invite à s’intéresser à des fonctions qui ont traversé les époques.
Le musée a ainsi poursuivi l’acquisition de vases, ces objets fonctionnels sans que la fonction
ne soit trop directrice ; ce sont donc souvent des objets singuliers, emblématiques. Le musée,
qui conserve plus de 500 vases, a récemment fait l’acquisition de plusieurs pièces qui invitent
à interroger la typologie, sa perception, son usage, mettant notamment en valeur les travaux
de jeunes designers et créateurs comme Jean-Baptiste Fastrez, Fabien Capello ou Floris Wubben.
La constitution d’un fonds d’art graphique lié aux notions de décor et d’ornementation poursuit
également cette visée transchronologique. Grâce à la générosité du marchand Jacques Sargos,
le musée a pu depuis 2018 débuter la constitution de ce fonds autour de plusieurs ensembles,
en lien avec les périodes, les styles et les techniques des collections du musée, ainsi que les qualités
architecturales de l’hôtel de Lalande et les décors de ses boiseries. Est ainsi entré notamment
dans les collections le fonds de la maison de tapisserie, de décoration et d’ameublement
Belloir et Vazelle, créée en 1820 et active tout au long du XIX siècle. Ce fonds d’art graphique
a été enrichi cette année par un ensemble de dessins de Paraud, orfèvre de la Chapelle
impériale, par un ensemble de dessins d’orfèvrerie de prestige d’époque Napoléon III, par
un lot de projets de décoration par Philippe Chaperon, et par un très beau projet de cabinet
d’amour, encore anonyme, datant de la deuxième moitié du XVIII siècle.Partie — II. Les collections : histoire polyphonique d’un musée centenaire 73 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 72
b. Développement des collections de design
Une des priorités fixées dès 2013 a été de développer les collections de design des années
1980, une période indissociable de l’ADN du musée, où s’était tenue en 1983, la première
exposition monographique de Memphis. Deux des designers phares de Memphis – les seules
deux femmes du groupe - sont bordelaises : Nathalie Du Pasquier et Martine Bedin.
Le développement de ce qui constituait le noyau des collections de design s’est imposé
naturellement. Depuis 2013, les acquisitions de pièces des années 1980 se sont poursuivies,
faisant de la collection une référence pour l’étude de la période. Elle s’est enrichie de pièces
historiques comme la table Rocher d’Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti (1982) acquise grâce
à la générosité de Didier et Clémence Krzentowski, le Bar Milano d’Andrea Branzi (1979), acquis
grâce aux recherches menées au moment de l’exposition Andrea Branzi, le fauteuil Well Tempered
de Ron Arad (1987) ou le paravent Virgin de Dan Friedman (1987). Le travail de recherche
mené par le musée sur cette période a permis de révéler l’importance de personnalités moins
connues comme les designers Daniel Weil et Gerard Taylor et le duo Bécheau & Bourgeois.
La collection de design s’est également construite à travers des relations de confiance tissées avec
certains designers. À la suite de l’exposition Construction. Martin Szekely qui s’est tenue au musée
en 2018, Martin Szekely a réalisé un dépôt de 39 pièces au musée (cf. partie 1 – II, 4, e).
c. L’enrichissement des points forts de la collection
Dans la continuité du travail mené par les précédentes directions, les acquisitions ont
poursuivi l’enrichissement des collections anciennes, dans l’objectif de compléter des ensembles
d’œuvres liées à la culture des arts décoratifs bordelais du XVIII à la première moitié
du XX siècle.
Ces acquisitions ont permis d’enrichir la présentation des collections permanentes et ainsi
de mieux saisir la spécificité de certaines productions bordelaises, notamment la production
de mobilier au XVIII siècle (console en acajou et marbre, vers 1750 et table de toilette
d’homme estampillée Leleu, vers 1780), de la manufacture J. Vieillard & Cie (plusieurs plats
et vases, vers 1880), de la fabrique de céramiques d’art CAB basée à Caudéran, ou encore
du céramiste René Buthaud (deux grands fixés sous verre, pièces très rares datées vers 1930).
Toutes ces pièces ont principalement été acquises grâce à la générosité des Amis du
madd-bordeaux et de donateurs privés.Partie — III. Transmettre aux générations futures : conservation préventive et restauration des collections 75
III. Transmettre
aux générations
futures : conservation
préventive et
restauration
des collectionsPartie — III. Transmettre aux générations futures : conservation préventive et restauration des collections 77 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 76
Ces différents points seront améliorés lors des travaux de restauration du bâtiment à
partir de 2023.
Voir en annexe les relevés hygrométriques de l'hôtel de Lalande et de l’ancienne prison, page 322.
2 - État sanitaire des réserves
Les collections en réserves sont réparties dans deux sites gérés par la Ville de Bordeaux :
l’hôtel Ragueneau, qui abritait les archives municipales, et, depuis 2017, le site de l’ancienne
régie du gaz, rue Jean Vaquier (appelé « site Jean Vaquier »).
a. Le transfert des réserves depuis 2015
Depuis 1980, l’ancienne prison abritait les réserves du musée. Ces réserves conçues à l’origine
dans l’objectif d’être des réserves visitables conservaient les collections dans des vitrines
d’exposition, sur des étagères en bois ou à l’intérieur de meubles faisant partie des collections.
Les tableaux étaient accrochés directement sur les murs en pierre, les horloges et les
chandeliers en bronze étaient posés sur le marbre des consoles inventoriées. Quelques autres
ensembles homogènes (armes, ferronneries, céramiques orientales…) étaient entreposés sur
deux mezzanines, sous la toiture en métal et verre. D’autres ensembles, comme la collection
de céramique européenne et la collection Jeanvrot, étaient répartis dans les anciennes
cellules. Aucun contrôle de l’hygrométrie n’était prévu dans ces lieux.
Cet espace, aménagé il y a plus de trente ans, ne correspondait plus aux normes de conservation
actuelles. La toiture n’était plus étanche et le système de chauffage par ventilation propageait
les moisissures. Un tel système de chauffage n’était plus envisageable aujourd’hui.
Restaurer la toiture et renouveler le système de chauffage impliquait des travaux importants,
nécessitant de vider le lieu de ses œuvres. Le choix a été de rebondir sur cette situation de
façon positive en cherchant des réserves à l’extérieur. À l’heure où les musées délocalisent
leurs réserves en raison de la hausse du coût du foncier en centre-ville, la solution qui
est vite apparue comme évidente a été de transformer ce bel espace (la prison a été
classée au titre des monuments historiques depuis 2018) en un espace d’exposition
accessible au public, ce qui permet d’exposer le design sans avoir à démonter la
présentation d’arts décoratifs dans l’hôtel de Lalande.
Suivant les préconisations de mise en réserves du cabinet Futur Antérieur, commandité
en 2015, un premier transfert est alors effectué vers des locaux provisoires situés en
centre-ville (hôtel Ragueneau). Pendant le chantier des collections, le service de la régie
du musée, renforcé par quatre vacataires, a pu revoir le conditionnement de certaines
collections comme les éventails, qui ont été conditionnés dans des boîtes de conservation en
polypropylène cannelé et Tyvek, les textiles qui ont été marqués convenablement et roulés
avec du Tyvek, une partie des miniatures, notamment celles du peintre Pierre-Édouard
Dagoty, ainsi que les arts graphiques conservés dans les meubles à plan.
Les collections ont été classées par matériaux/techniques, une organisation qui n’avait pas
été privilégiée dans les anciennes réserves et rendait donc difficile la gestion des collections et
notamment la régulation du climat spécifique aux matériaux. Cette organisation nécessitait
par ailleurs de plus grandes surfaces de stockage.
En 2017, un deuxième transfert des collections, de la réserve provisoire (hôtel Ragueneau)
au site Jean Vaquier, a été mené par les équipes du musée, à nouveau grâce à l’aide de quatre
vacataires. Les collections de nature inorganique (céramique, métal, verre et sculpture),
le mobilier XVIII siècle et les collections de design ont pu être transférés. Les collections sont
disposées sur des rayonnages métalliques, dans des meubles à tiroirs et sur des rayonnages
de type cantilever. Les objets de petites dimensions sont conditionnés dans des boîtes
en polypropylène cannelé afin de faciliter les manipulations. Une salle de quarantaine
est également présente sur le site.
1 - État sanitaire des bâtiments
ouverts au public
L’hôtel de Lalande et l’ancienne prison où sont présentées les collections ont fait récemment
l’objet d’un diagnostic précis, permettant d’identifier les principaux défauts et altérations
susceptibles d’affecter la conservation des œuvres.
Les menuiseries de l’hôtel de Lalande sont en mauvais état, en particulier celles du côté ouest,
malgré une intervention de remise en peinture réalisée en 2015 sur les sept fenêtres
du rez-de-chaussée. La fermeture des vantaux n’est pas étanche, le mastic est défaillant.
Le bois des pièces d’appui est très usé, et repose directement sur la pierre, parfois avec un joint
de silicone. Les portes d’origine de l’hôtel de Lalande, donnant sur le perron de la cour d’honneur,
ont subi des déformations. Elles ne ferment pas correctement, les panneaux présentent
des fentes, les pierres du seuil sont usées. Les deux portes ne sont donc pas étanches à
l’air et à l’eau.
Des défauts structurels sont également notables au niveau de la toiture, notamment
un manque d’étanchéité important au niveau de certaines zones (combles, premier étage),
entraînant le passage de l’eau pluviale à l’intérieur du bâtiment. Des traces d’infiltrations
ont été repérées sur l’arbalétrier de la ferme sous la noue sud, probablement à cause
d’une défaillance d’étanchéité au niveau de la couverture de la noue en feuilles de plomb
et/ou à la jonction avec le couvrement du faîtage en plomb. Ces infiltrations provoquent
le pourrissement de certaines poutres en bois et une altération des plafonds et des murs.
La couverture d’ardoise est en bon état, mais les couvertures en plomb des lucarnes et
des faîtages présentent des signes d’altération. En 2018, il a été constaté que les chéneaux
en zinc sont d’un seul tenant sans joint de dilatation et que les soudures sont partiellement
cassées. La réfection de l’ensemble des chéneaux est à prévoir.
L’isolation thermique en fibre de verre et les panneaux en fibre de bois sont humides, des auréoles
sont visibles sur les planchers des salles des combles et des auréoles sont également visibles
sur le plafond de la chambre jonquille et de la deuxième antichambre à l’étage.
Le diagnostic réalisé a mis en évidence la fragilisation de certains éléments de pierre en façade,
notamment au niveau des corniches des fenêtres et du toit. La chute de parties de blocs
de pierre a mis à nu les renforts métalliques qui, oxydés, causent un risque accru d’altération
de la façade.
Dans les salles, le climat est étudié grâce à des sondes Hanwell®. Les espaces sont chauffés
par une chaudière centrale au gaz. Ce système de production de chaleur et de ventilation est
programmé pour assurer une température de 20°C ±2°C. La régulation de la température
ne se fait pas automatiquement, le débit de l’air n’est pas maîtrisé et l’air n’est pas traité par
un apport de vapeur d’eau. Afin d’améliorer les conditions de conservation, un ajustement
du taux d’humidité est effectué à l’aide de déshumidificateurs d’appoint et par l’introduction
de gel de silice dans les vitrines.
Le manque d’isolation général des bâtiments, l’existence de plusieurs points d’infiltration
d’eau pluviale au niveau des toitures de l’hôtel de Lalande et de l’ancienne prison et l’absence
d’un système de régulation de l’hygrométrie rendent très difficile le contrôle de l’hygrométrie.
Le manque d’étanchéité des menuiseries entraîne également l’introduction sporadique
d’insectes xylophages. Pour faire face à cette problématique, une veille sanitaire est mise en
place par le service de la régie des œuvres avec l’installation de pièges à insectes.
Des opérations d’anoxie et des traitements en chambre froide sont également organisés
quand cela est nécessaire.
Les fenêtres des salles sont équipées de films anti-UV. Certaines salles sont également
équipées de stores aluminisés et les volets des fenêtres restent fermés en dehors des horaires
d’ouverture. La plupart des films anti-UV ont plus de 10 ans, une nouvelle campagne pour
le remplacement de ces films est à prévoir lors des travaux de rénovation.Partie — III. Transmettre aux générations futures : conservation préventive et restauration des collections 79 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 78
Les anciennes fenêtres du bâtiment ont été occultées par des plaques de plâtre, qui ne semblent
pas être un isolant suffisamment efficace.
Le site est doté de différents systèmes de chauffage : ventilo-convecteurs, chaudière murale
gaz à condensation, pompes à chaleur air/air de type mono ou multi-split. Cette multitude de
systèmes et la faible inertie des bâtiments rendent la stabilisation de l’hygrométrie difficile.
Pour garantir la conservation des collections, l’étude de l’hygrométrie est réalisée par des sondes
Hanwell et des déshumidificateurs d’appoint sont disposés dans les salles pour réduire
les variations. Des lampes Insectron 300 MW dans chaque salle permettent de contrôler
la présence d’insectes xylophages. Des campagnes d’anoxie statique et des traitements en
chambre froide sont organisés pour les collections qui présentent des signes d’infestation.
Afin d’améliorer les conditions de conservation des réserves, la Ville de Bordeaux a confié l’étude
thermique des bâtiments à la Société Alterea en 2020. Cette étude prévoit une isolation thermique
du bâtiment par l’intérieur, l’étanchéification des menuiseries, ainsi que le remplacement
des nombreux systèmes de chauffage et climatisation par un seul et unique système,
une CTA équipée d’une batterie chaude et d’une batterie froide hydraulique.
3 - État sanitaire
des collections
La campagne de récolement décennale et les divers chantiers de collections organisés pour
le transfert des réserves ont permis d’établir des bilans sanitaires sur une partie des œuvres
et de réaliser, en interne, des opérations de conservation curative. Ces bilans portent
principalement sur les collections de verrerie, arts graphiques, textiles, éventails et émaux.
Les collections du madd-bordeaux souffrent essentiellement des variations hygrométriques
enregistrées dans les salles d’exposition et dans les réserves.
Les collections stockées dans les réserves provisoires (hôtel Ragueneau) sont conditionnées
depuis trois ans dans des caisses navettes en polypropylène ou en tamponnage, en attendant
la fin des travaux du site Jean Vaquier, ce qui ne simplifie pas la gestion et l’étude des collections.
Verrerie
À l’occasion du premier récolement décennal en 2011, un bilan sanitaire sur la collection
de verres présentée dans les salles démontre que les variations d’hygrométrie agissent sur
le vieillissement de cette collection. Perte de brillance, changement de couleur (solarisation),
verres transpirants ou encore crizzling font partie des altérations les plus fréquentes observées
sur ces collections. À la suite de ce bilan, une partie de la collection a été mise en réserve et
les vitrines, dans les salles, ont été transformées afin de permettre une meilleure ventilation.
Boiseries
Un bilan sanitaire effectué en 2014 sur les boiseries du salon de Gascq met en évidence
de nombreuses fissurations sur les panneaux. Un relevé photographique montre la même
problématique sur les boiseries du salon de compagnie, ainsi que sur les boiseries provenant
de l’hôtel Dudevant (chambre Jonquille), celles de l’hôtel Ravezies (salon Bordelais) et
de la chambre Garance.
Arts graphiques
La collection d’arts graphiques conservée en réserves a fait l’objet d’un dépoussiérage par
micro-aspiration et d’un reconditionnement pour les œuvres non encadrées, conservées dans
les meubles à plans, en 2015 lors du transfert.
Une étude plus détaillée des collections exposées dans les salles a été commandée en 2021 à
Cécile Perrault afin de pouvoir planifier les restaurations à effectuer dans l’année à venir et
durant la fermeture du musée. Environ 229 œuvres ont été examinées.
Cependant, le transfert des collections a dû être mis en pause suite à différents problèmes
survenus, liés à l’état du bâtiment. Dans l’attente de travaux qui doivent être effectués,
une partie des collections demeure sur le site de l’hôtel Ragueneau.
b. Hôtel Ragueneau
Ces réserves sont provisoires, d’une part, car elles sont situées dans un beau bâtiment
du centre-ville et, d’autre part, en raison de leur inadéquation avec les conditions nécessaires
à la conservation des œuvres. Bien que conçu pour abriter les archives municipales, il présente
des problèmes d’étanchéité à l’air et à l’eau. Les menuiseries ne sont pas étanches et favorisent
les échanges d’air avec l’extérieur et l’introduction d’insectes. Le système de chauffage est
vétuste. La chaudière fait souvent l’objet de réparations et le contrôle de l’hygrométrie
est difficile, bien que des déshumidificateurs d’appoint aient été mis en place.
Les collections font donc régulièrement l’objet d’inspections. Des traitements par anoxie
statique ou en chambre froide sont organisés.
c. Site Jean Vaquier
L’accès facile des bâtiments et leur surface disponible ont facilité le transfert des collections
depuis l’hôtel Ragueneau. Ces bâtiments ont fait l’objet de travaux d’aménagement pour
pouvoir accueillir les œuvres. Toutefois, les travaux se sont avérés plus complexes à réaliser
que ce qui avait été estimé, et la phase de stabilisation des espaces est toujours en cours.
L’isolation thermique du bâtiment X est faible. Ses murs extérieurs sont réalisés en partie basse
au moyen d’éléments de béton creux préfabriqués, faiblement isolés, la partie supérieure
des murs extérieurs se compose de menuiseries dont la partie vitrée a été remplacée par
des panneaux sandwich. L’isolation du plafond est également médiocre.
De nombreuses ouvertures (anciennes entrées d’air, anciennes bouches de ventilation)
mettent en communication directe l’intérieur et l’extérieur. À la suite d’une fuite d’eau en
2019, une partie de la toiture a fait l’objet d’une révision.
Destiné à accueillir les collections de peintures, d’arts graphiques et de mobilier, le bâtiment L
présente également des problématiques d’isolation thermique.
X LPartie — III. Transmettre aux générations futures : conservation préventive et restauration des collections 81 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 80
Cette étude a permis d’identifier les problématiques
d’altération liées à la fois aux matériaux d’encadrement
(rubans adhésifs, cartons d’encadrement acides et
cadres non hermétiques à la poussière) et aux variations
hygrométriques.
Armes
La collection d’armes conservée en réserves (environ
400 pièces) mérite une attention particulière.
De nombreuses traces d’oxydation active sont visibles
et le film de gras, appliqué pour l’entretien, est
empoussiéré et oxydé.
Sur les objets composites de cette collection (bois/
métal ou bois/ivoire), on constate des phénomènes
de décollement des incrustations, des fissurations
et des pertes d’adhérence. Une collaboration est
actuellement mise en place avec le musée de l’Armée
afin d’étudier cette collection et définir une campagne
de conservation-restauration sur les œuvres qui
seront exposées dans le futur parcours du musée.
Autres mesures de conservation préventive
mises en place
La collection de miniatures conditionnée dans
des boîtes d’archives en carton acide a fait l’objet
d’un dépoussiérage par micro-aspiration et d’un
conditionnement plus approprié.
La collection de cuirs et de coffrets a été également
micro-aspirée et reconditionnée dans des boîtes en
polypropylène cannelé, tout comme les collections
d’éventails, de jouets et de textiles qui présentaient
des traces de moisissures dues à leur stockage
dans des armoires en bois et des taux élevés
d’humidité enregistrés.
4 - Programmes
pluriannuels de
conservation-restauration
des collections
Le musée poursuit depuis 2013 une campagne de
conservation-restauration des collections d’arts
graphiques, d’instruments de musique, d’émaux, de
céramiques et de l’ensemble du legs Cruse-Guestier.
Conservation-restauration des instruments
de musique
En 2013, le musée a créé une commission de
pilotage réunissant, entre autres, le C2RMF, la Cité
de la musique, le conseiller musées de la DRAC et
des restaurateurs afin de lancer une campagnePartie — III. Transmettre aux générations futures : conservation préventive et restauration des collections 83 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 82
▶ Huit pièces en faïence de Nevers du XVIII siècle ont été restaurées à l’occasion
de l’exposition temporaire La Passion de la Liberté. Des Lumières au romantisme
organisée en 2018 en collaboration avec le musée du Louvre et le musée des
Beaux-Arts de Bordeaux.
Conservation-restauration du legs Cruse-Guestier
Débutée en 2018, cette campagne de restauration a démarré avec deux consoles en bois doré
à plateaux de marbre d’époque Louis XVI (inv. 11314 et 11315/b) ; un écran à feu, XVIII siècle
(inv. 11305) ; deux dessins Jeune fille vue de dos (inv. 857) et Jeune fille vue de profil (inv. 858) de
Jean-Honoré Fragonard (1732-1806) ; plusieurs vues du salon Guestier par Félix Carme
(inv. 2018.11.1 et inv. 856).
Le musée souhaite poursuivre cette campagne avec la restauration d’une commode à tiroirs
en chêne et placage en bois de rose, filets de houx, bronze doré et marbre rouge (inv. 11312),
qui devrait être programmée en 2022.
de conservation-restauration des instruments de musique exposés, dans l’idée de pouvoir
organiser sur certains de ces instruments des concerts de musique de chambre.
La commission a examiné six instruments de musique : un piano-forte par Garnier, 1790
(inv. 96.2.15) ; piano-forte par Garnier le jeune, XVIII siècle (inv. 84.3.4) ; un piano-forte Pleyel,
1816 (inv. 11316) ; harpe de Challiot, XVIII siècle (inv. 2005.6.1) ; épinette de Bas, 1791
(inv. 57.3.1) ; viole d’amour, XVIII siècle (inv. 11231). Ces deux dernières pièces ont fait l’objet en
2018 d’une analyse scientifique du C2RMF afin de pouvoir identifier la couche picturale et
adopter un protocole de nettoyage approprié. La viole d’amour a fait l’objet d’une restauration
en 2020 et ; une campagne de restauration est à prévoir pour l’épinette (inv. 57.3.1). Les trois
piano-forte ont quant à eux été partiellement restauré entre 2015 et 2018.
L’intervention sur le piano-forte de Garnier et celui de Pleyel a consisté en une remise en état
de présentation (claviers bloqués). Seul le piano-forte de Garnier Jeune a été entièrement
restauré ; l’intervention sur cet instrument consistait, après être intervenu sur la partie
organologique, en une consolidation structurelle, un dépoussiérage et en une reprise
des finitions de l'ensemble.
Conservation-restauration de la collection d’émaux
L’étude réalisée sur la collection des émaux en 2018 par Agnès Gall-Ortik, spécialisée en
arts du feu et intervenante à l’INP, a permis d’évaluer l’état de conservation de la collection,
d’identifier les œuvres instables qui nécessitent des interventions curatives urgentes et celles
qui pourraient, à l’avenir, bénéficier de restaurations.
Cette étude a porté sur 45 objets :
▶ Un groupe de 6 objets médiévaux, champlevés sur cuivre du XIII siècle
(une chasse-reliquaire, 4 pyxides et une croix).
▶ Une plaque en émail peint du XVI siècle attribuée à Colin Nouailher.
▶ Un groupe de 19 objets en émail peint du XVII siècle (2 plaques attribuées à
la famille Nouailher, 4 objets attribués à la famille Laudin).
▶ Un groupe de 11 objets en émail peint et peinture sur émail datés du XVIII siècle
(1 plaque anonyme, 3 plaques et 2 plaques de bourse ainsi qu’un bénitier attribué
à la famille Nouailher, 3 plaques attribuées à la famille Laudin, ainsi qu’une plaque
de bourse).
▶ Un groupe de 8 objets datés du XIX siècle, en émail peint (4 plaques
rectangulaires, polychromes et encadrées, une plaque ronde en grisaille
non encadrée, trois pièces de formes polychromes).
En conclusion, 20 objets sont en état correct et nécessitent surtout des interventions d’ordre
esthétique en vue de leur éventuelle exposition ; 8 présentent un état médiocre et requièrent
des interventions curatives non urgentes ; 17 sont en mauvais état et nécessitent des
interventions curatives urgentes.
À la suite de cette étude, 14 pièces ont pu être restaurées, grâce à une collaboration avec l’INP
en 2019 (voir 4. Programmes pluriannuels de restauration). Les traitements réalisés ont été de
nature curative : nettoyage, consolidation des émaux, stabilisation de la corrosion.
Conservation-restauration des céramiques
La collection de céramiques a fait également l’objet de plusieurs campagnes de restauration
(dépoussiérage, reprise des anciennes restaurations et comblement des plus grosses lacunes).
▶ Treize céramiques en trompe-l’œil en faïence des manufactures d’Alcora, de
Marseille et du sud de la France, datant du XVIII siècle (inv. 2538 ; 2539 ; 2546 ;
2536 ; 2537 ; 2540 ; 2541 ; 2542 ; 2543 ; 2544 ; 2545 ; 69.3.30 ; 2858) ont fait l’objet
d’une restauration en 2017.Partie — IV. La recherche, un outil essentiel de remise en question 85
La participation du madd-bordeaux à la recherche en
sciences humaines et sociales est une de ses priorités, sen-
sible dans la composition même de l’équipe de conserva-
tion. Docteur en histoire de l’art – auteur d’une thèse sur
les relations franco-américaines dans les arts décoratifs
au tournant du XX siècle –, le responsable des collections
modernes et contemporaines a, en effet, un profil univer-
sitaire. En lien avec le service documentation et le service
des publics, il joue donc un rôle clé dans la coordination
des activités de recherche.
Le musée répond régulièrement aux demandes des cher-
cheurs, les accueille pour la consultation de publications
ou d’archives spécifiques, ou l’observation de pièces en ré-
serves. Ces visites et échanges permettent aussi d’enrichir
la connaissance des collections, en constante évolution.
Chacune des grandes expositions fait l’objet de la publica-
tion d’un catalogue, auquel sont associés des chercheurs
(conservateurs, universitaires ou chercheurs indépen-
dants) spécialistes des sujets abordés.
Des projets de recherche sont menés en lien avec les col-
lections et en collaboration avec plusieurs acteurs de la
recherche. Par ailleurs, des sujets de recherche sont pro-
posés aux étudiants en master et aux doctorants, en rela-
tion avec les UFR concernés.
Des cycles de conférences sont organisés en lien avec les
collections et les thématiques des expositions. Le musée
collabore à l’organisation de colloques et de journées
d’étude avec plusieurs acteurs de la recherche académique.
IV. La recherche,
un outil essentiel de
remise en questionPartie — IV. La recherche, un outil essentiel de remise en question 87 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 86
2 - Les publications
Toutes les grandes expositions font l’objet d’un travail de recherche de fond et, pour certaines,
de la constitution d’un comité scientifique, composé d’experts, spécialistes des différents
sujets abordés, et garants du contenu scientifique de l’exposition. Les expositions donnent lieu
à l’édition de catalogues, auxquels sont régulièrement associés des chercheurs (conservateurs,
universitaires ou chercheurs indépendants) qui partagent le fruit de nouvelles recherches
et contribuent aussi à la vulgarisation de leurs sujets d’expertise.
Ces publications donnent enfin l’opportunité de reproduire des documents d’archives inédits.
Ci-dessous, une présentation des principales publications depuis 2013, en lien avec
les expositions.
2021. Paysans designers, l’agriculture en mouvement
Cet ouvrage a réuni les contributions de plusieurs spécialistes du sujet parmi
lesquels le botaniste et biologiste Francis Hallé et l’ingénieur agronome
Marc Dufumier.
2020. Playground. Le design des sneakers
Cet ouvrage a réuni les contributions d’historiens comme Alexandre Samson,
responsable des départements haute-couture et créations contemporaines
au Palais Galliera, et Patricia Reymond, responsable des collections au Musée
olympique à Lausanne, d’enseignants-chercheurs comme Thomas Huot-Marchand,
spécialiste du design graphique, mais aussi de journalistes et critiques comme
Marie-Christine Vernay, spécialiste de la danse contemporaine, et
Pierre Demoux, spécialiste de l’économie des sneakers.
2019. Memphis – Plastic Field
Outre les contributions de plusieurs membres fondateurs de Memphis, cet ouvrage
reproduit pour la première fois l’intégralité des brochures et catalogues
des collections Memphis (1981-1988) ainsi qu’un grand nombre de textes et
entretiens d’époque, traduits pour la première fois en français. Il constitue donc
désormais une ressource de premier plan pour l’étude du design des années 1980.
2017. Oh couleurs ! Le design au prisme de la couleur
Le catalogue de l’exposition réunit les contributions de l’historienne du design
Alison Clarke, de l’historien des couleurs Michel Pastoureau, de la linguiste
Annie Mollard-Desfour et de l’historien de l’architecture Arthur Rüegg.
2014. Andrea Branzi, Objets et territoires
Publié à l’occasion de l’exposition Andrea Branzi, pleased to meet you, ce livre offre
des textes de différents auteurs dont un article du spécialiste de l’architecture
du XX siècle, Frédéric Migayrou, « No-Stop City : les variétés du neutre », et
la traduction en français de textes fondateurs historiques, sélectionnés par
Francesca Balesta et Constance Rubini, parmi lesquels les « Radical Notes »
d’Andrea Branzi publiées dans Casabella de 1972 à 1976.
2013. Verres d’usage et d’apparat, de la Renaissance au XIX siècle
Outre un article important sur l’invention du verre par Jean-Luc Olivié,
conservateur du Centre du Verre au musée des Arts décoratifs de Paris,
ce catalogue proposait le compte-rendu d’une recherche sur l’attribution
« verres du Sud-Ouest », par Isabelle Biron, responsable des études sur le verre
au laboratoire du Centre de recherche et restauration des musées de France
1 - Le musée comme un lieu ressource
pour les chercheurs
Le musée reçoit fréquemment des demandes d’étudiants, doctorants, enseignants, chercheurs
rattachés à des universités, des écoles d’enseignement supérieur, des musées ou de chercheurs
indépendants, travaillant sur des sujets en lien avec les collections et les fonds d’archives.
Par ailleurs, les équipes de la médiation et de la conservation accueillent régulièrement
des classes d’étudiants, pour des visites thématiques, notamment données dans le cadre
de master parcours recherche.
Les collections inventoriées dans leur intégralité sur Micromusée permettent de répondre
rapidement et de façon précise à certaines demandes. Cependant, la bibliothèque et le fonds
documentaire n’ont pas encore fait l’objet d’un inventaire numérique. Par ailleurs, l'exiguïté
des espaces de la bibliothèque ne permet pas d'offrir les meilleures conditions d'accueil.
La personne chargée de la bibliothèque et du fonds documentaire n’est, en effet, affectée à
ce poste qu’à hauteur de 40 % de son temps de travail (soit deux jours par semaine), ce qui
demeure insuffisant pour mener à la fois l’inventaire des fonds et l’accueil des chercheurs.
Le musée répond également aux demandes de photos en haute résolution de pièces
des collections, notamment pour la publication d’articles et d’ouvrages scientifiques. Plus
de 3 000 œuvres des collections disposent d’une photographie en haute résolution.
Ce chantier, également essentiel pour la visibilité des collections en ligne, va se poursuivre
avec la fermeture du musée.
À titre d’exemple, le musée a, ces dernières années, accompagné les recherches de plusieurs
doctorants parmi lesquels :
▶ François Rémy Roqueton
Les armoiries sur vitraux dans les églises de Gironde.
Sous la direction de Laurent Hablot (EPHE), cette thèse vise à constituer un
répertoire des pratiques héraldiques sur vitrail ecclésial dans les églises de Gironde.
Ces vitraux principalement issus des réaménagements ecclésiaux de la deuxième
moitié du XIX siècle sont dus à un grand nombre de bienfaiteurs laïques ou de
prélats commanditaires qui y laisseront leur empreinte par leurs armes. Identifier et
quantifier les constantes du corpus par typologies d’armoiries permet d’estimer
à quel point ce discours héraldique relève d’un système au service de la mention
du donateur ainsi qu’à l’ornementation néo-médiévale. Mis en tension entre
pouvoir et charité, ces emblèmes retracent les enjeux identitaires de leurs
détenteurs. En tant que véritables ornements biographiques, ils renseignent
une histoire locale et sociale au potentiel mésestimé.
▶ Louis Deltour
Les peintres français du « groupe de Rome » : enjeux culturels, esthétiques et politiques
dans l’Europe de l’entre-deux-guerres.
Sous la direction du professeur Dario Gamboni (université de Genève), cette thèse
porte sur un collectif informel de peintres français lauréats du prix de Rome, actifs
dans la première moitié du XX siècle, autour de Jean Dupas. Parmi ces artistes,
le céramiste René Buthaud sur lequel le madd-bordeaux possède une
documentation importante, un entretien audio réalisé à la fin de la vie de l’artiste
et un grand nombre d’éléments d’archives. Les travaux de Louis Deltour
conduisent à s’intéresser aux enjeux esthétiques et politiques liés à la construction
d’une « tradition » figurative dans l’entre-deux-guerres et à ce que l’on a nommé
le « rappel à l’ordre », ainsi qu’aux carrières des peintres dits « officiels » et à leurs
rapports au pouvoir et aux idéologies. Les questions de critique et d’historiographie
de l’art, en particulier liées à l’écriture du récit moderniste et aux oppositions
qu’elle a suscitées, occupent également une place centrale dans ses recherches.Partie — IV. La recherche, un outil essentiel de remise en question 89 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 88Partie — IV. La recherche, un outil essentiel de remise en question 91 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 90
▶ Repérage des restes humains dans
les collections publiques (2015)
Suite à la modification du Code
du patrimoine par la loi n° 2010-501
du 18 mai 2010 (dite loi « têtes maories »),
un groupe de travail consacré à
la problématique des restes humains
a été mis en place par le ministère
de la Culture et de la Communication.
Dans ce cadre, le madd-bordeaux a
participé à un premier repérage dans ses
collections d’objets « patrimonialisés »
comprenant des restes humains.
Un ensemble de 19 objets du XIX siècle,
principalement des reliques contenant
des fragments d’os ou des cheveux, a
ainsi pu être identifié.
▶ Les objets-frontières dans l’art
en Europe, de la Renaissance à
nos jours (2015)
Le programme de l’Agence nationale
de la recherche (ANR) « Exogenèses.
La production d’objets-frontières dans
l’art en Europe depuis 1500 » (2013-
2015) est coordonnée par l’Université
Bordeaux Montaigne en partenariat
avec le Collège de France et l’Université
Paris Ouest-Nanterre La Défense.
Il a pour but d’étudier les objets-frontières
et les espaces-frontières en contexte
muséal et non muséal pour mettre
en évidence l’apport d’autres cultures
dans la construction de la conscience
européenne moderne. Un inventaire
des objets exogenèses conservés
au madd-bordeaux a été réalisé par
les équipes du musée à l’initiative de
Sabine du Crest, maître de conférences
en histoire de l’art moderne à
l’Université Bordeaux Montaigne.
Le résultat de ces recherches, accessible
sur la plateforme et réseau social
Pinterest, a également donné lieu à
l’exposition Si loin si proche au musée
d’Ethnographie de Bordeaux, portant
sur les intérieurs de collectionneurs
aux XIX et XX siècles, pour laquelle
le madd-bordeaux a reconstitué
une partie de la maison du collectionneur
bordelais Édouard Bonie à travers
une mise en scène mêlant photographies
et objets de collection.
3 - Les projets de recherche
en collaboration avec les universités
et les instituts de recherche
En lien avec ses collections et son histoire, le musée mène ou contribue à plusieurs projets de
recherche, en collaboration avec l’université et différents acteurs de la recherche. Ci-dessous,
une sélection de projets portés par le musée :
▶ La manufacture bordelaise Johnston-Vieillard (1835-1895) :
Approches historique et technique et influence européenne (2017-2022)
Ce projet de recherche auquel est associé le musée bénéficie du financement
de la Région Nouvelle-Aquitaine. Il s’appuie sur les récentes fouilles entreprises
dans le quartier de Bacalan, à l’emplacement de l’ancienne manufacture de
faïence Johnston puis J. Vieillard & Cie. Il rassemble un grand nombre d’acteurs,
dont plusieurs instituts et unités de recherche (IRAMAT et CEMMC de
l’Université Bordeaux Montaigne, EHIC et SPCTS de l’Université de Limoges),
le centre archéologie préventive de Bordeaux Métropole, ainsi que la Société
archéologique de Bordeaux.
Ce projet a permis le financement d’une thèse soutenue par Emmie Beauvoit en
juillet 2021, à laquelle Étienne Tornier, responsable des collections modernes et
contemporaines, a été associé comme membre du comité du suivi.
Des analyses physico-chimiques poussées ont été menées sur les décors des
productions céramiques. Elles ont été réalisées sur des tessons trouvés lors des
fouilles, ainsi que sur plusieurs pièces des collections du musée, par l’IRAMAT et
le C2RMF. Ce projet a également permis de réaliser un inventaire des ressources
documentaires connues et accessibles sur le sujet.
Le fruit de ces recherches a fait l’objet d’une valorisation, à travers la participation
à des colloques internationaux, ainsi à Turin en juin 2019 (XVI European Ceramic
Society Conference) et à Barcelone en septembre 2019 (15ÕÖ European Meeting
on Ancient Ceramics), et à travers plusieurs publications, notamment dans
le Journal of Archaeological Science.
▶ Inventaire des collections publiques liées à l’histoire de l’esclavage, de
la traite négrière et de leurs abolitions (2017)
En partenariat avec le Comité national pour la mémoire et l’histoire de
l’esclavage (CNMHE), la direction générale des Patrimoines poursuit une
opération initiée en 2005 par la direction des musées de France, d’un inventaire
des œuvres, des objets et des documents conservés dans les collections
publiques et liés à l’histoire de l’esclavage, de la traite négrière et de leurs
abolitions. Ce travail d’inventaire, en cours dans les collections des XVIII et
XIX siècles du madd-bordeaux, permettra d’identifier, d’étudier et de valoriser
ce patrimoine.
▶ Histoire de la prison municipale (2016)
Des recherches menées aux archives municipales et départementales, associées
à la redécouverte d’archives et photographies conservées au madd-bordeaux,
ont permis de retracer l’évolution de ce dépôt de sûreté devenu, depuis, un
espace dédié aux expositions temporaires du musée. Les anciennes portes,
les cellules, les graffitis sur les murs rappellent aux visiteurs le quotidien des
détenus. Une histoire jusqu’ici méconnue du grand public. Un livret, édité à
l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2016, synthétise l’état des
recherches sur ce lieu étonnant.Partie — IV. La recherche, un outil essentiel de remise en question 93 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 92
▶ Isabelle Biron, responsable des études et des recherches sur le verre au C2RMF
et ingénieure de recherche spécialiste des émaux (13 février 2020)
▶ Camille Napolitano, doctorante en histoire de l’art et de l’architecture à l’École
pratique des hautes études (20 février 2020)
▶ Xavier Poux, consultant et chercheur AScA et chercheur associé à l’IDDRI
(23 septembre 2021)
▶ Marc André Selosse, professeur au Museum national d’Histoire naturelle et à
l’université Montpellier II, Centre d’Écologie Fonctionnelle et Évolutive du CNRS
(1 er octobre 2021)
Des journées d’étude, ouvertes au public, sont également organisées,
permettant de réunir plusieurs chercheurs autour de thématiques
spécifiques.
▶ Table ronde sur le thème « Usages européens des matières et des denrées
venues d’ailleurs aux XVIII et XIX siècles » organisée à l’occasion
de l’exposition « La Passion de la Liberté. Des Lumières au romantisme »
10 octobre 2019
Organisée par Sabine du Crest, maître de conférences en histoire de l’art moderne
à l’Université Bordeaux Montaigne (UBM), cette table ronde réunissait
Geneviève Lacambre, conservateur général du patrimoine, spécialiste
du japonisme ; Annick Notter, conservateur honoraire du musée d’Art et
d’Histoire de la Rochelle ; Laurent Nicol, doctorant de l’Université Bordeaux
Montaigne, spécialiste des cadeaux diplomatiques à l’époque moderne ;
Constance Fortel, étudiante, titulaire d’un master 2 sur l’influence de l’ailleurs
dans la mode bordelaise aux XVIII et XIX siècles.
▶ Rencontres et conversations autour du graphisme et de l’édition en
France et en République Tchèque. Journée d’étude organisée à l’occasion
de l’exposition « L’image-livre. Éditeurs et artistes de l’avant-garde tchèque »
8 mars 2018
Organisée par Pierre Ponant, historien du graphisme et co-commissaire
de l’exposition, cette journée réunissait Iva Knobloch, conservatrice en charge
des collections de livres modernes et des arts graphiques au musée des Arts
décoratifs de Prague ; Jan Brož, designer graphique cofondateur de Parallel
Practice Studio (Prague) ; Adam Štěch, membre du groupe Okolo, Prague, et
commissaire artistique de la 28 e Biennale internationale de design graphique
de Brno (2018) ; Philippe Millot, concepteur de livres pour les éditions Cent
pages ; Catherine Guiral et Brice Domingues, fondateurs du studio Officeabc ;
Sonia de Puineuf, docteur en histoire de l’art ; François Havegeer et Sacha
Leopold, fondateurs du collectif Syndicat.
4 - La valorisation de la recherche
Le madd-bordeaux participe à la valorisation de la recherche sur les arts décoratifs, le design
et la culture matérielle en invitant chercheurs et spécialistes à partager leurs travaux de
recherche, en lien avec les collections du musée et la programmation des expositions. Ces
conférences prennent parfois la forme de cycles thématiques en lien avec les expositions
(Design et couleur, Memphis, design graphique) ou en collaboration avec d’autres acteurs du
territoire comme le Goethe Institut (cycle sur le design allemand).
Organisés de façon hebdomadaire d’octobre à mai, les « jeudis du musée » ont offert
au public de nombreuses rencontres, conférences ou visites thématiques sur les collections,
les arts décoratifs et le design. Ces interventions étaient suivies d’un échange convivial, autour
d’un verre offert par le musée, entre le public et l’intervenant, l’occasion pour les visiteurs
de côtoyer directement des historiens, des spécialistes du monde des arts décoratifs et des
designers dans un contexte privilégié. Lancée en 2014, cette formule a évolué avec l’abandon
en 2020 du soutien des Galeries Lafayette, mécène essentiel pour l’organisation de
ces événements. Les rencontres et conférences ont cependant été maintenues à
une fréquence moindre, et leur organisation fait l’objet d’opérations de partenariat ou
de mécénat ponctuelles.
Parmi les chercheurs et spécialistes invités, ces dernières années :
▶ Éric Mansion Rigau, maître de conférences à l’université Paris Sorbonne
en histoire sociale et culturelle, spécialiste des élites aristocratiques
(12 janvier 2017)
▶ Bérengère Poulain, maître assistante, université de Genève, spécialiste du
décor au XVIII siècle (26 octobre 2017).
▶ Marie-Anne Sarda, conservatrice du patrimoine, conseillère scientifique à
l’INHA (23 novembre 2017)
▶ Marie-Anne Dupuy Vachey, historienne de l’art, spécialiste de Fragonard
(7 décembre 2017)
▶ Max Bonhomme, docteur en histoire de l’art, chercheur (université Gustave
Eiffel, Champs-sur-Marne) (8 février 2018)
▶ Bernard Chevallier, conservateur général honoraire du patrimoine
(1 er mars 2018)
▶ Fedora Parkmann, post-doctorante à l’Académie des Sciences de République
tchèque et chercheuse associée au Centre français de recherche en sciences
sociales à Prague (CEFRES) (29 mars 2018)
▶ Daniel Alcouffe, conservateur général honoraire du patrimoine
(18 octobre 2018)
▶ Katja Söchting, historienne de l’art et conseillère en design à Berlin
(13 décembre 2018)
▶ Kristina Lowis, commissaire de l’exposition Bauhaus Chicago
(14 mars 2019)
▶ Camille Lesouef, doctorante, université Paris 1 (2 mai 2019)
▶ Claudio Gulli, docteur en histoire de l’art, Palazzo Butera (Palerme)
(16 mai 2019)
▶ Christian Gaubert, historien au Centre de documentation de la culture
quotidienne en RDA (14 novembre 2019)
▶ Cécile Champy-Vinas, conservateur du patrimoine, chargée des sculptures au
Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris (21 novembre 2019)Partie — V. Les expositions : une programmation audacieuse assise sur deux piliers, patrimoine et création contemporaine 95
Depuis 2013, l’équipe du madd-bordeaux développe une
programmation conséquente pour faire dialoguer arts
décoratifs et design, participer à la diffusion culturelle de
ces domaines encore trop méconnus, associant économie,
transition écologique, culture et savoir-faire, et contribuer
à leur transmission.
Cette programmation dynamique est structurée autour
de quatre cycles :
▶ Grandes expositions de design
▶ Invitation à un(e) jeune diplômé(e) de design
▶ Invitation à des collectionneurs particuliers
▶ Renouvellement thématique de l’accrochage
des collections anciennes
Afin de rendre visible la direction scientifique que nous
souhaitons donner au musée, toutes les expositions,
depuis 2013, sont produites en interne, avec des com-
missariats assurés au sein de l’équipe, faisant appel à des
artistes et designers associés. Une situation qui sera ame-
née à évoluer, pour susciter des commissariats extérieurs,
visant notamment à établir des partenariats avec d’autres
institutions.
Toutes ces expositions sont possibles grâce à un finance-
ment privé. Le madd-bordeaux a bénéficié de la confiance
de Robert Wilmers, mécène d’honneur américain proprié-
taire du Château Haut-Bailly, qui a soutenu le musée
à partir de 2014. À sa mort, en décembre 2017, sa femme
Elisabeth s’est inscrite dans la suite de ce mécénat en
sa mémoire.
Simultanément, et pour chaque projet d’exposition, le musée
est en quête de partenaires spécifiques (cf. partie ¥ - IX ).
Chaque exposition est le sujet d’un travail de recherche
scienti¦ique, doublé d’un travail de médiation : aides à
la visite et rédaction du catalogue (cf. partie ¥ - IV).
V. Les expositions :
Une programmation audacieuse
assise sur deux piliers : patrimoine
et création contemporainePartie — V. Les expositions : une programmation audacieuse assise sur deux piliers, patrimoine et création contemporaine 97 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 96
1 - Invitation aux jeunes
diplômés de design
Le madd-bordeaux affirme sa volonté de soutenir la création, en proposant chaque année à
un(e) jeune designer de présenter le projet de diplôme qui lui a permis de se distinguer ou
un ensemble de projets récents. Le choix du madd-bordeaux se porte sur des étudiant(e)s
dont le travail soulève des enjeux de société et d’innovation.
En 2014, le musée a ainsi invité les jeunes designers Basile de Gaulle et Romée de La Bigne
diplômés de l’ENSAD. En portant un regard sur les pays en voie de développement où l’absence
de produits manufacturés stimule l’intelligence, ils ont imaginé des « objets-qualités » qui
remettent en question les modes d’emploi conventionnels. La Gambiarra, nom de leur projet
de diplôme et titre de l’exposition, est un terme brésilien qui désigne une intelligence pratique,
nécessaire pour résoudre un problème du quotidien avec les moyens du bord.
En 2015, Octave de Gaulle, diplômé de l’ENSCI, est invité pour présenter ses réflexions autour
du voyage dans l’espace. Le designer interroge ces environnements hérités d’une ère spatiale
exclusivement réservée au champ militaire. Conscient que les civils auront d’autres besoins et
d’autres désirs que les scientifiques ou l’armée, il conçoit des objets, des formes et des lieux
qui proposent d’accueillir l’humain dans toute sa dimension culturelle. Comment boire
un verre entre amis en apesanteur ? Quelle est la meilleure posture pour lire, contempler
le ciel ou discuter dans l’Espace ? Autant de questions longtemps délaissées au profit
de la survie, et qui génèrent aujourd’hui de nouvelles solutions pratiques et
un langage formel inédit.
En 2017, le musée invite le jeune designer d’interaction Pietro Alberti afin qu’il prolonge
dans l’espace du musée le travail développé pour son diplôme à l’ECAL (Prix d’excellence
du domaine Design et Arts visuels de l’École cantonale d’art de Lausanne).
S’inspirant d’Alice au pays des merveilles, Pietro Alberti propose une mise en abyme du salon
de compagnie en réalité virtuelle. Il crée un projet dans lequel les objets grandissent jusqu’à
changer radicalement d’échelle. Équipé d’un casque de réalité virtuelle, le visiteur était projeté
dans ce salon où une autre réalité prenait corps : sa perception de l’espace et des objets
environnants se modifiait en permanence.
En 2018, les designers Raphaël Pluvinage et Marion Pinaffo, diplômés de l’ENSCI, lauréats
des Audi Talents Awards 2016, ont partagé avec le public leur exploration des lois de la physique,
du numérique et de l’électronique en proposant d’expérimenter ces divers phénomènes
scientifiques par le biais de dispositifs intuitifs, divertissants et accessibles à tous.
En 2020, le musée invite Roman Weil et Tom Formont, diplômés de l’ENSCI, à prolonger
les recherches de leur diplôme commun autour des dispositifs dynamiques et lumineux à
destination des lieux de repos au sein des espaces festifs. Leurs machines nomades forment
une célébration joyeuse de la technique, réconciliant l’humain et la technologie par la mise en
place d’une proximité et d’une relation. Pour le madd, ils imaginent un environnement multi-
sensoriel qui suscite des attitudes, entraîne des jeux corporels et initie de nouvelles formes
de dialogue entre le musicien, l’espace et le public.
Parmi les autres invitations à de jeunes designers :
▶ Big-game, Q&A (2015)
▶ Felipe Ribon, corps subtils (2015)
▶ Fabien Cappello. Variations autour de la lumière (2016)
▶ Teddy Sanches, Sneakers et Danse Hip-Hop, le Fondement (2020)Partie — V. Les expositions : une programmation audacieuse assise sur deux piliers, patrimoine et création contemporaine 99 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 98
2 - Des grandes expositions
de design
Si le design est un domaine culturel important, d’autant plus important qu’il est un outil
privilégié pour accompagner tous les bouleversements que vit notre époque, le public, en
revanche, en a encore une mauvaise connaissance. Le mot, voire l’adjectif, « design » est très
utilisé, mais sa définition reste floue. Si la situation a beaucoup évolué au cours de ces vingt
dernières années — il s’est constitué en France un paysage du design qui n’existait pas avant
les années 1990 — il reste cependant un travail encore très important à faire pour asseoir
cette culture en France.
Ce cycle contribue ainsi poser les bases d’une culture du design. Il a été inauguré symboliquement
avec la première rétrospective du designer italien Andrea Branzi, considéré comme un des pères
du design, dont les œuvres, plastiques et théoriques, représentent un outil essentiel
de compréhension de l’évolution du design dans la seconde moitié du XX siècle.
Ce cycle s’est poursuivi en 2016 à travers l’exposition Houselife en collaboration avec le Cnap,
qui permettait de découvrir plus de 350 pièces significatives du design contemporain,
dans un écrin domestique, celui de l’hôtel de Lalande. Une autre partie de l’exposition était
à découvrir de façon inédite dans une demeure privée, la maison Lemoine conçue par
l’architecte Rem Koolhaas à Floirac, inscrite depuis 2002 à l’inventaire supplémentaire
des monuments historiques.
L’ouverture en 2017 de l’ancienne prison comme nouvel espace d’exposition temporaire a
donné une nouvelle échelle aux grandes expositions de design. Mise en scène par le designer
Pierre Charpin, l’exposition Oh couleurs ! Le design au prisme de la couleur proposait une immersion
dans la couleur, en l’interrogeant à partir de différents points de vue, donnant notamment
la parole à des spécialistes des domaines du design, de la mode, de l’industrie et de la sociologie.
Deux grandes expositions monographiques ont suivi en 2018 et 2019 : Construction – Martin
Szekely et Memphis - Plastic Field.
Organisée avec la complicité du designer, l’exposition Construction permettait au public de
découvrir la démarche de Martin Szekely, une recherche de simplification pour approcher,
avec exigence, l’état limite des matériaux. Expérimentant tous les matériaux, traditionnels
ou nouveaux, Martin Szekely aborde chaque projet comme une nouvelle remise en question.
Ses pièces rendent perceptibles des principes physiques qui questionnent notre rapport
au monde matériel.
Cette exposition, réalisée en collaboration avec les entreprises avec lesquelles le designer
collabore, mettait en avant les savoir-faire et métiers artisanaux de pointe.
En 2019, l’exposition Memphis revenait sur cette aventure inédite, celle d’un groupe de jeunes
designers réunis de 1981 à 1988 autour de la figure d’Ettore Sottsass, rêvant de faire voler
en éclats les codes de la modernité et du rationalisme. La culture qu’ils mettent en place
est une réaction vitaliste et instinctive face à l’embourgeoisement du design. En présentant
cette exposition, le madd-bordeaux s’inscrivait dans la continuité d’un travail inauguré par
Jacqueline du Pasquier, conservatrice honoraire du musée, qui accueillait à Bordeaux en 1983
la première exposition dédiée à Memphis en France.
À travers l’exposition Playground en 2020, les visiteurs (re)découvrent les baskets, tennis
ou encore sneakers, ces chaussures de sport qui ont marqué notre façon de vivre et de nous
habiller depuis le début du XX siècle. Portées par des millions de personnes à travers
le monde, les sneakers sont devenues, en quelques décennies, un objet de consommation
de masse qui transcende le genre, l’âge et les milieux socio-culturels. Avec plus de 600 paires,
films, documents d’archives, photos et témoignages, l’exposition était la première de cette
envergure en Europe à présenter ce phénomène culturel qui mêle le sport, la mode, la danse,
l’innovation technologique et les enjeux de durabilité.
À l’occasion de cette exposition, un terrain de basket a été installé dans la cour du musée.Partie — V. Les expositions : une programmation audacieuse assise sur deux piliers, patrimoine et création contemporaine 101 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 100
En collaboration avec la Fédération française de basket-ball se sont déroulés un certain
nombre de matchs officiels de 3Û3, drainant au musée un public sportif qui n’avait pas
forcément en tête que sport et culture pouvaient rimer ensemble.
3 - Invitations à
des collectionneurs particuliers
d'arts décoratifs
Inauguré en 2014 avec la présentation d’une des cinq plus belles collections européennes
de verres de la Renaissance, réunie par le Bordelais Philippe du Mesnil, ce cycle a pour enjeu
principal de juxtaposer une collection institutionnelle, celle du musée, qui s’inscrit dans
un passé et doit créer un lien avec l’avenir, avec une collection privée, réunie librement,
et d’aborder ainsi le thème de la constitution des collections publiques et privées.
Il s’est poursuivi en 2015 avec la collection de Laurence et Jacques Darrigade, qui ont réuni
depuis 25 ans plusieurs centaines de pièces des manufactures bordelaises de faïence fine,
David Johnston et Jules Vieillard. Une collection privée ayant une ambition exhaustive puisque
le couple des Darrigade vise à réunir toutes les pièces produites par la manufacture, ainsi que
les archives pouvant éclairer l’histoire de cette importante aventure industrielle bordelaise.
L’exposition revient sur cette longue et complexe histoire, où se mêlent l’art, l’économie
et le commerce.
En 2018, le musée a accueilli la collection de l’historien du graphisme Pierre Ponant, un ensemble
inédit de livres et revues tchèques, qui a permis au public de découvrir la spécificité et
la richesse du graphisme tchèque de l’entre-deux-guerres. Des prêts de peintures, d’objets
et de mobilier de la galerie Morave de Brno et la projection de films d’époque apportaient
des éléments de contexte artistique complémentaires.
En 2020, l’exposition À la table d’un collectionneur – Histoire de la porcelaine de Bordeaux
n’a malheureusement pas pu ouvrir ses portes au public en raison du contexte sanitaire.
Elle a cependant fait l’objet d’un plan interactif, accessible en ligne, permettant
aux internautes de découvrir cette très belle collection de porcelaines de Bordeaux, dont
la production, très brève, n’a duré que trois ans (1787-1790). Quelques invitations VIP
ont pu être faites auprès de spécialistes ou d’amateurs.
4 - Renouvellement thématique
de l’accrochage
des collections anciennes
La programmation du musée vise également à renouveler l’accroche des collections anciennes,
autour de thématiques spécifiques et à porter un nouveau regard sur les œuvres.
En 2014, l’exposition De l’intime ou l’art de vivre au quotidien aux XVIII et XIX siècles a ainsi été
initiée à la suite du premier récolement décennal des collections, lors duquel ont été
redécouverts, dans les réserves, de nombreux documents et objets témoignant de la vie
quotidienne aux XVIII et XIX siècles. Qu’ils aient appartenu à des anonymes ou aux descendants
des Bourbons, ces accessoires de costume, lettres, carnets de bal, jouets, bijoux et autres
petits ouvrages nous proposent une incursion dans l’intimité des foyers de l’époque.
Ces objets sont à la fois le reflet de goûts personnels et les supports d’expression de codes
fixés par des groupes sociaux en matière de mode, de mœurs, de comportements.
À l’occasion de cette exposition, cent cinquante objets habituellement conservés dans
les réserves ont été présentés au public.Partie — V. Les expositions : une programmation audacieuse assise sur deux piliers, patrimoine et création contemporaine 103 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 102
L’année suivante, le public redécouvrait les collections
permanentes sous l’angle du repas comme pratique
quotidienne et culturelle aux XVII et XVIII siècles.
Des aiguières en étain aux rafraîchissoirs en faïence, en
passant par les salières en cristal et les pots à oilles en
argent, cette exposition visait à retracer, à partir
des collections du musée, l’évolution des manières de
table, des modes et des comportements alimentaires.
Conçue en collaboration avec le musée des Beaux-Arts
de Bordeaux et le musée du Louvre, l’exposition
La Passion de la Liberté. Des Lumières au romantisme, en
2019, a également fourni une belle opportunité pour
redécouvrir les collections anciennes du musée, en
dialogue avec des œuvres provenant de ces deux
autres collections municipale et nationale. L’exposition
invitait le public à s’interroger sur le concept de liberté,
aux sens philosophique, politique, idéologique, social
et économique, dans les arts à une époque nourrie
par les idéaux de progrès, de raison et d’ouverture
des Lumières.Partie — VI. Un musée au service d’un nouveau métissage des publics 105
VI. Un musée au service
d'un nouveau
métissage des publicsPartie — VI. Un musée au service d’un nouveau métissage des publics 107 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 106
3 - Programmes et
actions mis en place
a. Des contenus d’exposition adaptés
afin d’être appropriables par tous
Chaque exposition, que son thème soit très grand
public ou confidentiel, donne lieu à un important
travail scientifique, puis à un travail non moins
important de médiation. Nous pensons, en effet, que
quel que soit le sujet, pointu, difficile d’accès ou pas,
si celui-ci est bien expliqué et transmis, au travers
de documents de médiation complets et respectueux
du public ainsi que de visites guidées, le public sera
tout à fait apte à se l’approprier. Plutôt que de baisser
le niveau des contenus pour s’adapter à un public
large, nous imaginons qu’une équipe de conservation
très passionnée saura choisir les mots pour transmettre
son enthousiasme et partager des contenus, quels
qu’ils soient. L’objectif est de rendre grand public
des contenus qui sont pointus.
Ainsi, pour chaque exposition, nous mettons en
place trois niveaux d’informations et d’explications :
large public et famille ; amateurs ; spécialistes.
Le contenu de ces expositions est également le noyau
autour duquel se développent rencontres et ateliers
pédagogiques.
b. Des contenus collaboratifs
Intégrés dans la scénographie de l’exposition
L’équipe du musée veille à proposer des contenus
collaboratifs permettant au visiteur de devenir
acteur et d’interagir avec le lieu, avec ses collections,
avec ses expositions, et avec les autres visiteurs.
La visite des expositions tend ainsi à être rythmée
par différents événements, liés à chaque fois à ses
contenus spécifiques. Dans l’exposition Oh couleurs !
par exemple, une cellule sollicitait la participation
des visiteurs (qui devaient laisser un baiser-trace de
leur rouge à lèvre, d’un rouge à chaque fois forcément
différent), une autre permettait d’expérimenter
l’interaction des couleurs (fondée sur la théorie de
Josef Albers), une autre était constituée de mobilier
d’édition pour que le public puisse essayer les meubles
de Verner Panton et se plonger dans l’atmosphère
de ses aménagements des années 1970. Enfin, dans
la cellule dédiée à Paule Marrot, une application de
réalité augmentée permettait de faire apparaître dans
l’espace un modèle de Dauphine, dans toutes les couleurs
imaginées par la créatrice dans les années 1950...
Ce besoin de contenus collaboratifs amènera
l’équipe à développer des outils et applications
de médiation numériques et un système permanent
de médiation interactive.
1 - Les publics qui fréquentent
le madd-bordeaux
À la fois musée-maison, musée d’histoire et musée spécialisé dans les arts décoratifs et le design,
le madd-bordeaux séduit un public de spécialistes, amateurs d’objets d'art anciens, un public
local de Bordelais, attachés à préserver les monuments de son patrimoine, ou encore un public
de touristes, qui voit réunies en ce lieu toutes les manifestations d’un art de vivre à la française.
Depuis 2013, la programmation s’est vue doublée d’un axe contemporain, mettant fortement
l’accent sur le design. Ce changement a fédéré de nouveaux publics, plus jeunes comme
on peut l'observer au quotidien dans les salles du musée. À titre d’exemple, en 2015, 250
détenteurs de la Carte jeune avaient fréquenté l’exposition, alors qu’ils étaient environ 700 en
2019 , soit une augmentation de 180 %.
Arts décoratifs anciens et design contemporain génèrent, en effet, des publics différents, qui
n’ont ni les mêmes pratiques ni les mêmes attentes.
C’est à la fois la force et la difficulté à laquelle l’institution doit faire face.
L’un des principaux enjeux du musée est de faire que ces publics se rencontrent, et
s’enrichissent mutuellement.
Sur deux jambes, ce musée marche cependant dans une seule direction, dessinée par
une programmation variée, dynamique et pointue, alternant sujets patrimoniaux et angles
contemporains.
Depuis 2016, le musée, qui ouvrait ses portes à 14 heures, ouvre à 11 heures, nouvelle étape
vers l’existence d’un lieu plus vivant, dont l’activité doit rayonner dans la ville.
Situé en plein centre-ville, non loin des musées des Beaux-Arts et d’Aquitaine, le madd-bordeaux
est par ailleurs très lié à son quartier, à sa rue — qui est historiquement celle des antiquaires.
Il émane de son bâti imposant, logé dans une cour-écrin, une force tranquille qui attire autant
qu’elle peut impressionner. L’ouverture de cette cour à des événements — depuis des projections
de films en plein air jusqu’à l’installation de foodtrucks, en passant par des concerts de pop-rock,
des matchs de basket-ball ou encore des ateliers de grainage autour de serres potagères –
véhicule le message d’un lieu ouvert à tous, un lieu de rendez-vous, d’échanges,
d’expérimentations. Un lieu qui vit aussi grâce à son cadre architectural, avant
même d’aborder ses collections et ses expositions.
2 - Les objectifs du service
des publics
Créé en 2015, le service des publics — composé d’une seule personne à son origine et
dont l’équipe s’est maintenant élargie, notamment grâce à la participation de services
civiques — doit :
▶ partager avec les publics les contenus des expositions et la vision portée par le
musée
▶ inclure le public dans la médiation pour des visites actives et inclusives
▶ mettre en place la rencontre entre les designers, artistes et artisans — au cœur
du projet — et les publics
▶ animer les événements culturels et éducatifs (conférences, ateliers etc.)
aller chercher de nouveaux publics hors les mursPartie — VI. Un musée au service d’un nouveau métissage des publics 109 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 108
Stages au musée
Le graphiste Philippe Millot a été le premier à initier
la série des stages « artistes et enfants » en 2014.
Il a lui-même conçu son programme pédagogique
autour du thème choisi pour le stage : l’écriture et
le graphisme, utiles dans la vie de tous les jours.
Depuis, nombreux artisans ou designers ont accepté
d’entrer ainsi dans une sorte de processus d’échange
avec le musée : ils viennent faire un travail de commande
(exposition, scéno, catalogue) et ils donnent de leur temps
(rémunéré bien sûr) pour partager avec les enfants.
Visites par les artistes
Dès que cela est possible, les artistes et designers
intervenant au musée sont sollicités pour conduire
eux-mêmes des visites (accompagnés par le musée
bien sûr) ou bien pour intervenir lors d’une conférence
ou d’une rencontre.
Le designer italien Andréa Branzi est ainsi resté
une semaine après l’ouverture de son exposition
Andrea Branzi, pleased to meet you, en 2014, pour faire
des visites aux publics.
En 2019, Martin Szekely, comprenant très bien
le challenge que représente pour le musée d’exposer
un designer connu des professionnels mais inconnu
du public, a accepté de venir un samedi tous les 15 jours
pour rencontrer les publics, et cela pendant toute
la durée de l’exposition Construction – Martin Szekely.
Dans le cadre de l'exposition As movable as butterflies.
Les chōchin du Japon, le public a pu fabriquer une lanterne
japonaise lors d’un atelier donné par les frères Kojima,
artisans japonais.
Un designer au lycée – Hors les murs
Initié en 2018, Un designer au lycée est un projet
d’éducation artistique et culturelle dans les classes
qui a pour objet de favoriser la rencontre entre
les designers et les lycéens. Octave de Gaulle, Ionna
Vautrin, Marion Pinaffo, Raphaël Pluvinage, Teddy
Sanches et Bérengère Bussioz comptent parmi
les jeunes designers engagés dans ces projets
pédagogiques. Soutenu financièrement par la DRAC,
Un designer au lycée propose de favoriser la rencontre
des élèves du secondaire, en particulier ceux
des filières professionnelles, technologiques ou
agricoles avec des designers, dans des territoires
éloignés des musées, soit par leur situation
géographique soit par les difficultés sociales
ou scolaires des élèves.
Ce projet important vise à :
▶ Familiariser les lycéens à la discipline
du design.
Dans un espace dédié aux enfants
Afin que les visites puissent se faire en famille, au cœur de chaque exposition est installé un
espace de jeux pédagogiques, pouvant accueillir les enfants seuls, laissant ainsi les parents
visiter à leur rythme. Cet espace est aussi équipé pour accueillir les visites d’enfants en
groupes, pour des visites ou ateliers dirigés. Les activités pédagogiques proposées alors sont
conçues en collaboration avec les commissaires d’exposition et les scénographes.
c. Autour des expositions, une offre culturelle enrichie et
diversifiée
Conférences, ateliers, stages s’organisent autour des thèmes d’exposition, en complément des
visites guidées proposées, par public, (individuel — adultes, adolescents, enfants — groupe,
scolaire, parascolaire), régulièrement à heures fixes, ou sur rendez-vous.
En complément des visites accompagnées, des livrets de visite, adultes et enfants, sont à disposition.
À la disposition des professeurs qui viennent faire des visites accompagnés de leurs élèves ou
étudiants, sont proposés des documents adaptés aux demandes.
Les Jeudis du musée
Toutes les semaines d’octobre à mai, les Jeudis du musée offrent au public des rencontres,
conférences ou visites thématiques sur les collections, les arts décoratifs et le design.
Ouvert à un large public, qu’il soit jeune, étudiant ou professionnel, ce programme a
comme ambition sous-jacente de nourrir culturellement les étudiants bordelais ou venus à
Bordeaux faire leurs études. L’objectif est que ces étudiants découvrent, grâce aux Jeudis, des
personnalités ou des domaines encore inconnus d’eux, et que ces rencontres enrichissent leur
vision du monde.
Afin que les étudiants de l’École des Beaux-Arts de Bordeaux s’approprient ce programme
de conférences, ils participent au choix des designers invités et conçoivent des outils dédiés :
affiche, programme et document présentant le designer invité. Une façon de faire participer
activement les étudiants aux programmes culturels.
Le musée a clairement ainsi resserré ses liens avec le public estudiantin.
Ces interventions sont suivies d’un échange convivial, autour d’un verre offert par le musée,
entre le public et l’intervenant. C’est l’occasion pour les visiteurs de côtoyer directement des
historiens, des spécialistes du monde des arts décoratifs, des artisans et des designers dans un
contexte privilégié.
Ces Jeudis répondent bien à ce que le public attend aujourd’hui : que le musée soit un
lieu de culture, mais également de rencontre, de vie.
d. La rencontre avec les artistes
Les artistes et designers sont continuellement présents et actifs au musée, soit directement
dans la programmation des expositions, soit dans leur mise en scène, et dans la réalisation
des catalogues (designers graphiques).
Chaque venue au musée d’un designer est l’occasion d’un contact avec les publics.
Pré-vernissages
La ou le designer exposé, la ou le scénographe de l’exposition, reçoivent les enfants pour
un pré-vernissage. Ils leur racontent l’exposition, leur parlent de leur travail, de leur métier,
échangent avec eux. Les questions des enfants, sans aucun a priori ni filtre, sont souvent
également très enrichissantes pour les artistes/designers.Partie — VI. Un musée au service d’un nouveau métissage des publics 111 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 110
Les ateliers de travail avec les artisans du programme
Manufacto sont un premier jalon vers la formation et
l’insertion professionnelle.
Des projets pédagogiques sur mesure
Ils sont également élaborés dans le cadre
d’une coopération étroite avec des enseignants ou
avec des partenaires de l’éducation. Learn in English
en est un exemple. C’est un programme pédagogique
d’apprentissage de l’anglais construit à partir
de l’exposition Playground, le design des sneakers à
l’attention des enseignants en anglais des collèges
et des lycées.
f. Hors les murs du madd-bordeaux
Le musée développe des activités hors les murs avec
trois objectifs :
Aller à la rencontre de publics qui ne
connaissent pas le musée
Favoriser l’accès à la culture pour un public, et
notamment scolaire, éloigné du centre-ville.
Pour sensibiliser ces publics et motiver par la suite
leur venue au musée.
Le musée étant aujourd’hui identifié comme un lieu
ressource sur les thèmes du XVIII siècle, de l’architecture
et du patrimoine, il organise hors les murs des parcours
thématiques, à l’image de « La vie au XVIII siècle :
de la ville à la campagne » conçu pour les établissements
scolaires de la Ville de Floirac et en coopération avec
le Domaine de Sybirol à Floirac.
Rencontre avec un designer, Vivre le design, Un designer
au lycée, Médiation dans la classe (pendant le confinement
en lien avec l’exposition Playground, le design des sneakers)
sont différents programmes développés à l’extérieur.
Pour les publics adultes, le service des publics organise
des rencontres dans les bibliothèques (avec parfois
un « corner » dédié à l’exposition) pour rencontrer
des publics intéressés par la culture mais qui n’ont
cependant pas de pratique familiale des musées. Une
façon de familiariser ces personnes avec le musée.
Coopérer avec les acteurs de l’insertion
sociale et de l’éducation populaire.
Des collaborations sont en cours avec les maisons
de quartier et les maisons du projet des quartiers
prioritaires, ou avec des infrastructures comme
Quai des sports, notamment. Il s’agit de tisser
des liens durables, et créer des parcours adaptés,
vecteurs d’émancipation.
Parmi les projets d’insertion sociale, un projet
de collaboration en construction avec le quartier
▶ Mettre en pratique une expérience créative à partir de leurs connaissances
théoriques.
◆ Découvrir des savoirs techniques et scientifiques dans un domaine
inattendu comme le design.
◆ Élargir leur horizon secondaire en les projetant vers des filières créatives.
◆ Valoriser les métiers manuels.
◆ Poser un regard nouveau sur le monde et les objets qui les entourent.
◆ Développer un esprit critique.
◆ Vivre une expérience collaborative, éducative et non académique.
Le programme se déroule en 3 étapes :
▶ Découverte de l’exposition in situ avec les médiateurs du musée, exploration
des thèmes et analyses des enjeux de design en lien avec la thématique abordée.
▶ Atelier d’expérience pratique du design animé par un designer dans la classe :
réalisation concrète d’un objet, expérience concrète de la matière,
de la technique et du geste.
▶ À cette occasion, le designer présente son métier et son parcours professionnel,
ses inspirations et ses expériences d’apprentissages.
Pour affirmer cette dimension créative du musée, l’institution doit être toujours plus
fréquentée par les créateurs locaux, nationaux et internationaux. Ils doivent être ainsi
régulièrement sollicités en tant que graphistes et scénographes d’une part (un musée de design
ne peut pas faire l’économie de leur participation aux montages d’exposition, quels qu’en
soient le sujet et les budgets), et invités à montrer et présenter leur travail d’autre part.
e. Notre mission d’éducation et d’ouverture à l’art
Une des principales missions inscrites, dès 2013, au PSC du madd-bordeaux est de participer
à l’éducation artistique des enfants. Nous sommes convaincus que le principe d’un accès
universel à la culture doit passer en priorité par le travail fait auprès des plus jeunes.
Les activités du musée sont des outils, complémentaires à ceux de l’école, de réflexion,
d’expression et de pratique. Ils visent à ouvrir de nouveaux horizons aux enfants, à les
sensibiliser au monde actuel et à ses nouvelles cultures, à développer des connaissances
critiques pour leur permettre de penser, par leurs propres moyens.
Au-delà des stages et rencontres avec les artistes énoncés ci-dessus, le musée met en
place des ateliers pédagogiques dans ses espaces, mais accompagne également les enfants
à l’extérieur, notamment pour des visites d’ateliers de verriers, d’ébénistes, d’orfèvres, de
designers ou autres métiers liés aux arts décoratifs ou au design. Un enseignement sur les
matériaux sera créé par ailleurs, afin de donner les connaissances élémentaires de ce qui
constitue la base de ces métiers et, parallèlement, de la lier aux questionnements actuels
suscités par les problématiques de développement durable. Expliquer, entre autres, comment
le choix des matériaux, au-delà de leurs conséquences plastiques, opère aussi sur l’intelligence
contextuelle d’une production et devient un positionnement éthique.
Le programme Manufacto, la fabrique des savoir-faire, va dans ce sens.
Initié et financé par la Fondation d’entreprise Hermès depuis 2016, en collaboration avec
l’Académie de Bordeaux, en partenariat avec les Compagnons du devoir, l’école Camondo
et le madd-bordeaux (pour le territoire de la Gironde), il est destiné à sensibiliser les jeunes
aux métiers de la main. Deux écoles pilotes ont été sélectionnées en coopération avec
l’Académie de Bordeaux pour l’année 2021/22 : 2 classes, 60 élèves, 2 artisans (ébéniste et
maroquinier), 24 ateliers coordonnés et animés par les médiateurs du madd-bordeaux.Partie — VI. Un musée au service d’un nouveau métissage des publics 113 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 112
ou une expérience pratique. Diverses solutions ont été mises en place sans pleinement
satisfaire le besoin des enseignants ni des équipes éducatives du musée : diviser la classe
en deux et doubler l’intervention de médiation, renoncer aux ateliers pratiques avec les classes,
exploiter les extérieurs quand le temps permet, faire médiation dans les classes mais loin
des œuvres.
Ces contraintes de bâtiment entraînent également des conséquences sur les activités
d’éducation artistiques et culturelles proposées au jeune public individuel car elles limitent
l’accueil dans les ateliers de pratique à une dizaine d’enfants.
Le développement d’un public plus jeune rend nécessaire le développement d’outils
de médiation adaptés. La médiation numérique est un des outils qui permet d’interagir avec
les publics avant, pendant et après la visite du musée. Si les initiatives se sont multipliées
(projet étudié avec l’entreprise HistoPad, projets expérimentaux menés avec des étudiants
diplômés ou en cours de diplôme en design interactif, projet conduit en partenariat avec
une start-up locale, I Can Fly, pour l’exposition Oh couleurs !), reste à produire un système
permanent de médiation interactive.
L’augmentation et la diversification des publics induisent la conception de nouvelles formes
de médiation adaptées à chacun. La nécessité d’une organisation du travail plus adaptée,
l’acquisition de nouvelles compétences et de nouveaux outils techniques (la vente ou
la réservation en ligne) permettront de mieux répondre à cette évolution et de contribuer
à la satisfaction du visiteur.
des femmes de la prison de Bordeaux-Gradignan a été mis en veille durant la cerise du Covid
mais démarrera dans un futur proche.
Préparer la venue au musée de publics en situation de handicap.
En collaboration avec l’Union nationale des aveugles et déficients visuels – UNADEV –,
le Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés – SAMSAH – ou encore
la Scop Signe – agence d’interprètes en langue des signes –, nous développons, dans la mesure
de nos moyens humains et financiers, des propositions sur mesure.
Des réflexions avec le pôle Culture du centre hospitalier Charles-Perrens pour un projet
délocalisé au sein de cet établissement sont également en cours.
4 - Une dynamique
de réseau
Depuis 2013, le madd-bordeaux travaille à devenir un interlocuteur incontournable de la scène
culturelle bordelaise : institutions et structures privées ou associatives.
Les collaborations avec les réseaux de l’Éducation nationale (DSDEN) sont de plus en plus
actives, notamment autour du design, qui fédère des acteurs de domaines très variés.
Ce champ de la création, intimement lié aux transformations actuelles de la société, est
essentiel pour constituer les bases de la pédagogie, qui se renouvelle autour des nouvelles
problématiques de développement durable, de numérisation et de responsabilité collective et
civique. Le musée met en place différentes propositions en ce sens, à destination
des enseignants de tous les niveaux.
La direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) et le réseau Canopé sont des partenaires
récurrents de nos projets pédagogiques, articulés autour de l’exposition phare de l’année.
Ces projets, se déroulant de septembre à mai, sont constitués de cinq temps forts,
des séances de formation des enseignants jusqu’à l’accueil d’un designer dans les écoles.
Les structures culturelles du territoire et lieux de pratique culturelle (le Rocher de Palmer,
le Grand-Théâtre, musées, Cap Sciences, librairie Mollat/Station Ausone, Quai des sports…)
sont des partenaires réguliers.
Le musée est maintenant parfaitement intégré dans une dynamique de proximité (notamment
avec l’association des commerçants de la rue Bouffard) qui permet de proposer des actions
communes originales.
Les prochaines étapes sont la création de liens plus forts avec le réseau associatif spécialisé.
D’autres activités ponctuelles mettent en œuvre différents partenariats avec des institutions
extérieures : les élèves commissaires-priseurs de l’École du Louvre, les Ateliers d’Art de France,
les Rencontres de l’AFAV (Association française pour l’archéologie du verre), le séminaire
national du réseau des ressources protocolaires de France, le pôle senior de la Ville de Bordeaux,
l’office de tourisme, et l’ensemble des institutions culturelles de la ville de Bordeaux.
5 - Les limites de
l’organisation actuelle
En 2019, 502 classes ont été accueillies au madd-bordeaux. Soit une augmentation de 52 %
depuis 2016. Ce qui représente plus de 15 000 élèves.
Cependant les contraintes d’espace des bâtiments empêchent d’accueillir les classes
complètes, et notamment pour des actions de médiation associées à une pratique artistiquePartie — VII. Un musée qui rayonne localement et internationalement 115
VII. Un musée qui
rayonne localement et
internationalementPartie — VII. Un musée qui rayonne localement et internationalement 117 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 116
1 - Le madd-bordeaux
au cœur du réseau culturel
et associatif bordelais
Au fil du temps, le madd-bordeaux a construit des liens privilégiés avec les acteurs culturels
du territoire, institutions, structures privées et associations.
a. Prêts et dépôts
Les relations entretenues avec les autres musées facilitent les prêts à l’occasion de grandes
expositions temporaires ou de présentations visant à mettre en avant les collections
municipales.
De septembre 2018 à janvier 2019, la présentation Mémoire d’architectures visait à mettre en
valeur la spécificité architecturale de l’ancienne prison, à travers des photographies anciennes,
et à les mettre en regard de bâtiments caractéristiques de l’ère industrielle, investis par des
artistes ou convertis pour des enjeux culturels. En écho à cette réflexion, étaient présentées
quatre séries de photographies des artistes Bernd et Hilla Becher qui, dans une démarche
documentaire voire encyclopédique, ont mis en évidence la beauté mécanomorphe des
bâtiments industriels. Cette présentation s’est construite en collaboration avec le CAPC qui a
généreusement prêté au madd cette importante série photographique des Becher.
En 2020, l’exposition À la table d’un collectionneur. L’histoire de la porcelaine de Bordeaux qui
mettait en avant la collection de porcelaines de Bordeaux réunies par un amateur bordelais,
était enrichie de plusieurs prêts de documents d’archives, provenant des Archives de
Bordeaux Métropole, des archives départementales de la Gironde, du musée
d’Aquitaine et de la bibliothèque Mériadeck.
L’évolution des parcours des collections permanentes de chacun des musées de la ville,
tout au long de leur histoire, a également suscité des demandes de dépôts pour enrichir
et compléter des thématiques, des ensembles ou des présentations. Le madd-bordeaux
compte ainsi 109 œuvres provenant des collections du musée des Beaux-Arts, du musée
d’Aquitaine, des Archives de Bordeaux Métropole. De la même manière, le musée a
également mis en dépôt plus d’une centaine d’œuvres, répartie dans plusieurs musées et
institutions de la ville, dont 19 œuvres au musée des Beaux-Arts, 52 au musée d’Aquitaine,
26 au musée du Vin et du Négoce, sept œuvres aux Archives de Bordeaux Métropole et
cinq à l’hôtel Saint-Marc (propriété du CHU de Bordeaux).
b. Expositions en coproduction
Ces dernières années, les collaborations avec les musées et institutions culturelles de la ville
ont aussi donné naissance à des expositions coproduites ou accueillies dans différents lieux.
D’octobre 2014 à janvier 2015, l’exposition Andrea Branzi, please to meet you, conçue et produite
par le madd-bordeaux, était ainsi répartie dans deux lieux hors les murs, l’église Saint-Rémi,
aujourd’hui désacralisée, située au cœur de la ville, et arc en rêve centre d’architecture,
qui a accueilli la partie de l’exposition dédiée au projet d’urbanisme No-Stop City développé
par le designer.
Les Saisons culturelles coordonnées par la direction des Affaires culturelles ont fourni des
opportunités pour de riches collaborations avec les musées et institutions culturelles.
En 2019, le thème de la Saison culturelle Liberté ! et la collaboration exceptionnelle avec le
musée du Louvre ont donné lieu à la conception de l’exposition La Passion de la Liberté. Des
Lumières au romantisme dont le commissariat était assuré à la fois par le musée des Beaux-
Arts et le madd-bordeaux.Partie — VII. Un musée qui rayonne localement et internationalement 119 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 118
c. Autres modes de collaboration
Le musée veille à s’inscrire dans une dynamique de réseau, en lien avec le tissu associatif actif
sur le territoire.
La programmation culturelle qui accompagne les expositions implique de façon régulière
les associations bordelaises ou de la métropole.
En janvier 2020, à l’occasion de l’exposition A.P.M – Ambient Party Machines, la FIMEB
« fabrique de projets culturels indépendants », installée à Bordeaux et spécialisée dans
les musiques électroniques, était invitée à faire vivre l’installation des jeunes designers Roman
Weil et Tom Formont par des performances de musique expérimentale ambient et techno,
lors de trois rendez-vous répartis sur la durée de l’exposition.
L’exposition Playground, le design des sneakers a également favorisé le tissage de liens avec
de nouveaux partenaires et publics. La collaboration, en amont de l’exposition, avec
l’association « Lâche-moi les baskets » a non seulement facilité de nombreux prêts, mais
a aussi permis de réaliser une série de rencontres et de moments conviviaux avec des passionnés
et collectionneurs de sneakers de Bordeaux et sa région. L’installation d’un terrain de basket
dans la cour de l’hôtel de Lalande, au cœur du musée, a entraîné la collaboration avec
la Ligue de Basket Nouvelle-Aquitaine, pour l’organisation de matchs officiels, qui
ont attiré des publics nombreux, découvrant le musée à cette occasion.
Parallèlement à ces événements culturels, le musée tente de répondre positivement au plus
grand nombre de demandes d’acteurs culturels à la recherche de salle de réunion ou d’espace
disponible. C’est, à chaque fois, l’occasion d’une rencontre suivie d’une visite dans les salles
pour les participants, et la façon de resserrer les liens avec ces acteurs culturels locaux.
Les différents acteurs d'Astre, le réseau arts plastiques et visuels en Nouvelle-Aquitaine,
organise ainsi des formations, ou autres, au musée.
L’organisation et la conception d’événements hors les murs donnent régulièrement lieu à
des collaborations avec de multiples acteurs. Outre les autres directions de la ville potentiellement
concernées, et les mairies de quartier, certains projets ont pris forme à travers des collaborations
avec des associations et collectifs d’habitants. En 2021, la création de jardins dans la ville,
l’un des volets hors les murs de l’exposition Paysans designers, a été rendue possible grâce à
la collaboration d’associations actives sur le territoire et sensibles aux enjeux développés par
l’exposition. Le réseau de l’association Les Incroyables Comestibles a permis de mobiliser
plusieurs collectifs d’habitants pour l’entretien d’un jardin place des Quinconces et, grâce à
la collaboration de l’association Insert’ Net’ (qui vise à la réinsertion professionnelle
de personnes sans emploi, rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières),
les jardins ont pu être arrosés pendant plusieurs mois. Les liens tissés avec les Incroyables
Comestibles se pérennisent à travers la réutilisation des jardinières conçues pour ce projet,
par des collectifs qui en ont exprimé le besoin pour des jardins partagés dans la ville.
Le musée profite également des temps forts de la vie artistique pour solliciter des collaborations
avec des acteurs de la scène locale : en 2019, à l’occasion de la Fête de la musique, le collectif
bordelais Super Daronne, qui œuvre pour la promotion de la culture électronique et urbaine,
a été invité à se produire dans la cour d’honneur du musée ; la même année, à l’occasion
du vernissage de l’exposition Memphis – Plastic Field, le musée a accueilli Chiquenaudes,
une chorégraphie de Daniel Larrieu (1982) en partenariat avec la Manufacture CDCN.
Enfin, le musée répond à de nombreuses sollicitations d’acteurs culturels qui rayonnent sur
le territoire bordelais, comme Bordeaux Open Air, dont le festival de musique électronique
multi-générationnel et ouvert à tous, rencontre un très grand succès chaque année. Bordeaux
Open Air décline un large panel d’activités culturelles et artistiques lors de ses événements.
En 2021, dans le cadre de sa saison supplément boa, Bordeaux Open Air a collaboré avec
le madd-bordeaux pour l’organisation d’une soirée sur les liens entre musiques électroniques
et transition énergétique, en deux temps, une conférence-table ronde suivie d’une découverte
de l’exposition Paysans designers en musique.Partie — VII. Un musée qui rayonne localement et internationalement 121 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 120
Les publications du musée à l’occasion des expositions
contribuent également à la reconnaissance du travail de
fond accompli dans les domaines des Arts
décoratifs et du design. Ces publications font l’objet
d’une très bonne diffusion sur le territoire (Norma
éditions) et sont présentes dans de nombreuses
bibliothèques généralistes, universitaires ou spécialisées.
Les catalogues des expositions Andrea Branzi, pleased
to meet you (2014) et Memphis - Plastic Field (2018) sont
ainsi répertoriés dans 17 bibliothèques en France
sur la base Sudoc. Le musée veille également à
ce que toutes ses publications soient transmises
aux bibliothèques des écoles et musées couvrant
les mêmes champs et disciplines.
Le madd-bordeaux fait partie du bureau du Conseil
National du Design (CNDes). Constance Rubini y
pilote la commission « Soutenir — Dispositifs d’appui
culturel au design ». Créée en septembre 2021, cette
instance de concertation agit comme un comité
professionnel de filière, chargé d’observer, d’étudier,
de faire de la prospective et des propositions aux pouvoirs
publics — pour mettre en place une stratégie et
une politique nationale du design. Le Conseil National
du Design (CNDes) remettra son premier rapport
d’activité au Premier ministre, ainsi qu’aux ministres
de la Culture et de l’Économie, des Finances et
de la Relance, fin 2022, rapport qui sera rendu public.
La présence de la directrice du musée au sein
de différentes instances nationales contribue également
au rayonnement du musée. Entre 2016 et 2019,
Constance Rubini a présidé le conseil
d’administration du Cnap. Elle fait également partie
du comité scientifique d’acquisitions du musée
des Arts décoratifs de Paris. Avec ces deux institutions,
le Cnap et le MAD, le madd-bordeaux a mis en place
un réseau des musées ou institutions françaises
de design et de graphisme, qui se réunit une fois par an.
Constance Rubini est membre du comité de pilotage
de la Galerie Nationale du Design/Cité 2025 projetée
à Saint-Étienne. Elle est régulièrement sollicitée pour
participer aux jurys de prix en lien avec le design, parmi
lesquels les Audi Talents Awards et le prix Liliane
Bettencourt pour l’intelligence de la main – dialogues.
Elle est également présidente du jury de sélection
pour la Section française de la Triennale 2022 et
participe au comité de pilotage du projet d’exposition.
3 - Un musée ouvert
à l’international
Depuis plusieurs années, le musée développe
des collaborations avec des institutions (écoles, musées)
et des artistes internationaux.
Le madd-bordeaux est aussi intégré dans une dynamique de proximité, notamment avec
l’association des commerçants de la rue Bouffard, qui permet de proposer des actions
communes originales.
2 - Le rayonnement national du musée :
une institution de référence pour l’étude
et la valorisation des arts décoratifs
et du design
À travers sa programmation rythmée et audacieuse et en renforçant ses liens avec les musées
nationaux et d’autres musées de région, le madd-bordeaux s’est imposé comme une institution
de référence en France pour l’étude, la valorisation et la diffusion des arts décoratifs et du design.
La programmation des expositions donne lieu à des collaborations à l’échelle nationale, avec
des institutions et des acteurs provenant de toutes les régions.
Le madd-bordeaux a ainsi pu bénéficier de prêts de nombreuses institutions parmi lesquelles
le musée du Louvre, le Centre Pompidou, le Cnap, le musée d’Art moderne de la Ville
de Paris, les musées nationaux de Sèvres et de Limoges, le musée national des Arts
asiatiques Guimet, le musée des Beaux-Arts de Rennes, le musée national du Sport.
Les designers et graphistes avec lesquels le musée collabore pour la scénographie et le design
graphique de chacune des expositions sont installés dans différentes régions (Île-de-France ;
Nouvelle-Aquitaine ; Pays de la Loire etc.) et ont, pour la majorité d’entre eux, déjà
une reconnaissance à l’échelle nationale dans leur domaine. Parmi eux, le designer français
Pierre Charpin a mis en scène l’exposition Oh couleurs ! en 2017. Le designer français Mathieu
Lehanneur, classé parmi les « 100 World top designers and influencers » par les magazines
Wallpaper et Surface, a mis en scène l’exposition Playground, le design des sneakers en 2020.
Le cycle d’invitations à de jeunes designers a permis de mettre en valeur de récents diplômés
d’écoles au rayonnement national ou international comme l’ENSCI – Les Ateliers (Roman
Weil et Tom Formont, Raphaël Pluvinage et Marion Pinaffo) et l’ENSAD (Basile de Gaulle
et Romée de La Bigne). La présence de la directrice du musée, Constance Rubini, dans
le jury du prix Audi Talents Award, a permis de mettre en lumière le musée, comme acteur
de promotion et de diffusion du design contemporain en France. Plusieurs lauréats du prix
ont présenté leurs travaux au musée, parmi lesquels Roman Weil et Tom Formont (A.P.M –
Ambient Party Machines), Raphaël Pluvinage et Marion Pinaffo (Phénomènes), ou encore
Teddy Sanches (Playground, le design des sneakers).
Les collections du madd-bordeaux connaissent une visibilité croissante depuis plusieurs
années, en raison notamment de la mise en ligne des collections de design sur la base
videomuseum (cf. partie 2 – II, 7). Le musée reçoit régulièrement des demandes de prêt
d’institutions culturelles au rayonnement national. Depuis 2013, le musée a ainsi prêté près
de 500 œuvres, dont environ 400 à des institutions en dehors de la ville, parmi lesquelles
le Château de Chambord, le musée Cognacq-Jay, le musée des Arts décoratifs de Paris,
le musée national Adrien Dubouché, le Grand Palais, le Centre national du costume
de scène de Moulins, le musée des Beaux-Arts d’Orléans, le musée d’Art moderne et
contemporain de Saint-Étienne, le musée des Beaux-Arts de Rouen, le FRAC Grand
Large à Dunkerque ou le Mucem à Marseille.
La conservation et la restauration des œuvres encouragent le musée à collaborer avec
des institutions nationales de premier plan dans ce domaine, notamment avec les élèves
restaurateurs de l’INP ainsi qu’avec le C2RMF pour des projets de restauration complexe.
Ce type de collaboration participe également de la reconnaissance du musée à l’échelle nationale.Partie — VII. Un musée qui rayonne localement et internationalement 123 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 122
Une des missions portées par Constance Rubini à son arrivée consistait à renouveler
la communauté vieillissante de l’association des Amis de l’hôtel de Lalande. Le nombre
de participants était en baisse, car les membres ne parvenaient pas à passer le relais auprès
de leurs familles ni de leurs amis. Il s’agissait donc d’entretenir et de créer un nouveau
groupe pour soutenir l’action contemporaine. La difficulté à contourner a été de développer
un nouveau réseau, plus tourné vers le design, sans heurter le groupe des amis anciens,
dont les familles sont souvent liées à l’histoire ancienne du musée. Le nom de l’association
a été changé en « Amis du musée des Arts décoratifs et du Design », de façon à être plus
fédérateur : un premier pas vers ce renouvellement.
Un groupe d’amis réuni autour du design a été constitué en 2018 et a pris le nom de « cercle
du design », afin de fédérer les amateurs de design et de leur proposer des activités dédiées.
Le Cercle a vu son nombre d’adhérents monter à 75 en 2021, nombre presque équivalent à
celui des amateurs des arts décoratifs cette année-là.
Forte de cette nouvelle communauté, tissant des ponts entre le design et les arts décoratifs
l’association réunit les amateurs d’art décoratifs et de design et propose des activités communes
à ses adhérents autour des collections, des expositions du musée, de visites hors les murs et
de voyages autour, notamment, des foires internationales.
Les cotisations permettent à l’association de contribuer et de soutenir différentes actions
du musée. Parmi elles, on peut citer les acquisitions d’œuvres d’art pour enrichir les collections
du madd-bordeaux, la publication de catalogues, les activités auprès des jeunes publics telles
que la Team junior du madd-bordeaux, l’organisation de cycle de conférences autour
des collections du madd-bordeaux et l’organisation de manifestations, événements, conférences,
concours, voyages pour faire partager la connaissance des arts décoratifs et du design
au plus grand nombre.
Ce réseau d’amis est un soutien financier, mais aussi une source de rayonnement pour
le musée. Réunissant un cercle de passionnés à l’occasion d’activités culturelles dédiées,
l’association des Amis facilite les rencontres entre des amateurs, des collectionneurs, des
conférenciers, des artistes et des acteurs du monde de l’art. Son développement est une
nécessité, il permet de continuer à construire et étoffer des liens entre le musée et différents
milieux sociaux et professionnels.
b. Les mécènes et partenaires
Le madd-bordeaux est accompagné chaque année par des mécènes et partenaires. Grâce à
leur soutien généreux et essentiel, le musée des Arts décoratifs et du Design peut développer
sa programmation et ses actions.
Soutenant chaque année, depuis 2014, la programmation du madd-bordeaux, Château
Haut-Bailly est le mécène d’honneur du madd-bordeaux. Grâce à son soutien, doublé par
la Ville de Bordeaux, le musée s’impose peu à peu comme lieu culturel majeur de la ville
de Bordeaux et centre de diffusion de la culture du design et des arts décoratifs.
Le mécénat de Château Haut-Bailly participe positivement à la visibilité du madd-bordeaux.
Il incite de nouveaux partenaires à nous rejoindre et renforce le réseau d’ambassadeurs, à
travers, notamment les Amis du madd-bordeaux, dont Elisabeth Wilmers, propriétaire
de Château Haut-Bailly, a pris en 2021 la présidence. Le soutien de Château Haut-Bailly est
un signe de confiance pour l’ensemble de nos collaborateurs et interlocuteurs. Cette impulsion
permet aux équipes du musée, qui se mobilisent autour de sa programmation et de ses actions
culturelles, à continuer de développer et faire rayonner le musée. Le Château Haut-Bailly
accompagne également les évolutions et transformations du musée et est le mécène
fondateur du grand projet de rénovation architectural du madd-bordeaux.
Certains autres mécènes, qui nous soutiennent annuellement, choisissent de cibler
leur participation sur le soutien de nos événements festifs auprès des publics. C’est le cas
des Crus Bourgeois qui accompagnent par un mécénat en nature nos événements culturels.
Le madd-bordeaux bénéficie régulièrement de prêts d’institutions étrangères. En 2017,
l’exposition Oh couleurs ! a bénéficié des prêts du musée de la Triennale de Milan, de la
fondation Judd à Marfa (Texas) et de plusieurs collectionneurs étrangers. En 2018, la galerie
morave de Brno et le musée des Arts décoratifs de Prague en République tchèque ont
contribué à l’exposition L’image-livre, éditeurs et artistes de l’avant-garde tchèque, par le prêt de
mobilier, d’objets et de tableaux. L’exposition Playground, le design des sneakers, qui réunissait
plus de 80 prêteurs, a bénéficié de la contribution du Northampton Museum and Art Gallery,
du Musée Olympique de Lausanne, des collections historiques de plusieurs marques (Adidas,
Puma, New Balance) et collectionneurs étrangers.
Le musée collabore également avec des artistes et designers internationaux. Outre le prêt
d’œuvres pour des expositions, ces collaborations peuvent prendre la forme de commandes,
comme celle passée à la graphiste néerlandaise Irma Boom à l’occasion de l’exposition
Oh couleurs ! en 2017 et au designer allemand Konstantin Grcic à l’occasion de la Saison
culturelle Liberté ! en 2019.
Les collections du musée ont également voyagé au-delà des frontières, à l’occasion
de grandes expositions, comme Bordeaux, port de la Lune présentée au musée d’histoire
de Fukuoka et au musée national d’art occidental de Tokyo en 2015, 21³´ Century. Design after
Design au musée de la Triennale de Milan en 2016-2017 et Hokusai and Japonisme au musée
national d’art occidental de Tokyo en 2017-2018.
Le madd-bordeaux est inscrit dans plusieurs réseaux de musées à l’échelle internationale :
membre de l’ICOM, il fait aussi partie du réseau FRAME (French Regional American Museum
Exchange) et du AAD Network (réseau des musées d’Art Décoratifs et de Design dans
le monde), autant de liens qui fournissent des opportunités d’accueil et de co-productions
d’expositions ou de futurs projets de recherche transversaux.
Enseignante à l’ECAL – École cantonale d’art de Lausanne, Constance Rubini joue un rôle
clé dans les liens que le musée a tissé avec cette école à la renommée internationale dans
le domaine du design. Le madd-bordeaux a ainsi mis en avant des projets de jeunes diplômés,
comme Pietro Alberti en 2017-2018. De jeunes designers issus de l’ECAL ont aussi été associés
à la scénographie de grandes expositions, comme Playground, le design des sneakers pour
laquelle Arthur Fosse (diplômé en 2019) a assisté Mathieu Lehanneur, et Paysans designers,
l’agriculture en mouvement pour laquelle Bérengère Bussioz (diplômée en 2020) a assisté
Jean-Baptiste Fastrez et François Bauchet. Pour cette dernière exposition, à l’invitation
du madd-bordeaux, les étudiants en deuxième année en Bachelor Design Industriel,
accompagnés des designers Erwan Bouroullec et Adrien Rovero, ont donné forme à
leurs observations et interrogations sur le paysage agricole actuel. Ils ont conçu l’installation
Real facts, présentée dans l’exposition, qui donne une forme plastique à un ensemble
de points de vue néophytes portés sur l’agriculture actuelle, à travers le prisme du design.
4 - Une communauté
d’ambassadeurs
Depuis sa création, le madd-bordeaux est soutenu par des donateurs et mécènes qui
accompagnent sa programmation, le rayonnement de ses collections et de son offre
culturelle auprès d’un public national et international.
a. Les Amis du musée, un soutien historique
L’association des Amis du madd-bordeaux rassemble des amatrices et amateurs d’arts
décoratifs et de design qui contribuent, par leurs dons, à l’enrichissement des collections et au
rayonnement du musée. Cette association s’inscrit dans l’histoire du musée, puisque le musée
d'Art ancien avait déjà à ses côtés une société d’amis, créée vers 1924. L’association réunissait
une communauté des « amis du musée », très dix-huitièmiste.Partie — VII. Un musée qui rayonne localement et internationalement 125 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 124
Pour accompagner les actions du service des publics, des partenariats sont également mis en
place, c’est le cas du partenariat avec la Fondation Hermès qui soutient et porte de concert le
projet Manufacto, programme EAC, auprès des scolaires.
À chaque projet d’exposition, le musée réunit des partenaires spécifiques qui se retrouvent
autour d’un projet qui fait sens pour chacun individuellement ou collectivement.
Scientifiques, techniques, financiers, les partenariats du madd-bordeaux sont conçus pour
fédérer une communauté autour de l’exposition, soutenir son propos. Ainsi à l’occasion
de l’exposition Paysans designers, l’agriculture en mouvement, près de 70 contributeurs ont
réuni leurs compétences, parmi eux 9 entreprises et fondations ont soutenu l’exposition :
Château Haut-Bailly, Château Cheval Blanc, Fonds d’Initiatives Lafite, La Fondation Didier et
Martine Primat et son Fonds Abrité Odonata, Farrow & Ball, Texaa, Les magasins Truffaut,
International Flavors & Fragrances (IFF).
Pour cette exposition, Cheval Blanc a accompagné le madd-bordeaux sur plusieurs volets :
un volet accueil du public avec un accès au domaine de Cheval Blanc grâce au billet d’entrée
de l’exposition ; un volet médiation avec l’accueil d’un grand nombre d’écoles pour découvrir
les techniques agroécologiques mises en place sur le domaine ; un volet communication par
un relais dans les médias de l’exposition au madd-bordeaux et hors les murs au domaine
Cheval Blanc ; et un volet financier par le soutien pécuniaire de l’exposition.
Partageant des valeurs communes et soutenant les actions du musée, les partenaires
du madd-bordeaux contribuent ainsi à ses missions culturelles sociales et éducatives et à
son rayonnement, participant par ce biais, à l’attractivité touristique, culturelle
et économique bordelaise.
5 - Une présence significative
dans les médias
La communication dans les médias est essentiellement axée sur les expositions temporaires.
L’activation des relations presse locales, nationales et internationales, de façon systématique
pour cette programmation, à un réseau ciblé mis à jour régulièrement par le service,
notamment presse design — arts décoratifs — culture, a permis d’inscrire le musée dans
une perspective de rayonnement en France comme à l’étranger. La mise en place d’une stratégie
spécifique déployée par le service communication (cf. partie 1 – VIII) a considérablement
augmenté la visibilité du madd-bordeaux dans les médias et a favorisé le développement de
liens privilégiés avec des journalistes spécialisés.
En parallèle, l'agence Claude Colin (marché public de la DGAC) accompagne de façon ponctuelle
le musée dans la mise en œuvre de la stratégie de relations presse dédiée à chaque exposition
temporaire majeure et dans la mise en place d’un voyage de presse annuel.
Le musée suscite chaque année toujours plus de retombées, en moyenne deux cents articles
et citations dans les médias off et online.
Chaque année, les équipes accueillent une quarantaine de journalistes.
La programmation est bien relayée dans les médias locaux (Sud Ouest, Vivre Bordeaux, Aqui,
Sortie à Bordeaux, Clubs et Concerts, Clubs et Comptines, Bordeaux Gazette, Le Bonbon, Le Type,
Un Air de Bordeaux, France 3, France Bleu Gironde, Radio Campus…) et des partenariats sont mis
en place avec certains d’entre eux (Junkpage, radio Nova…).
Les expositions majeures présentées au musée reçoivent un très bon accueil de la presse leader
et des journalistes spécialisés en France (cf. partie 1 – V). Elles bénéficient d’une belle
visibilité dans les quotidiens (Le Monde, Le Figaro, Libération, La Croix…), les hebdomadaires (M
le magazine du Monde, Challenges, La Croix, L’Obs, Le Point, Challenges...), la presse culturelle (Le Journal
des Arts, Beaux-Arts magazine, Le Quotidien de l’Art, Connaissance des Arts, L’Oeil, Télérama…) et
la presse spécialisée déco/design/architecture (AD,
IDEAT, The Good Life, Elle Déco, Art et Décoration, Côté
Ouest, Etapes, Architectures à Vivre, D’Architecture…).
Le musée et sa programmation ont également suscité
de très beaux articles en Espagne (El Mundo, El Pais,
Icon Design, AD Espagne…), en Italie (La Repubblica,
Corriere della Sera, Domus, Elle decor Italia, Design Do
Boom, Design Boom, Design Best, Its Liquid, Revista
Decor, Vogue Italia…), en Belgique (Damn magazine,
Tl magazine…), en Angleterre (Disegno, Wallapaper,
Domus…) ou aux États-Unis (AD USA, Artdaily.com,
Blouin Art Info, Travel + Leisure…).
En 2020, la crise sanitaire n’a pas été un frein à
la visibilité du musée. Le maintien de cette attention
médiatique s’explique par l’exposition Playground, le design
des sneakers qui a suscité un véritable enthousiasme,
essentiellement national dans le contexte, avec
plus de 170 articles et relais dont 8 en télévision
(le magazine 28 minutes sur Arte, le JT de 20h de TF1,
le JT de LCI, le JT 19/20 de France 3 national et régional
et le JT 19/45 de M6), 4 en radio (le journal du 18/20
d’Europe 1, RTL2, WitFm et radio Nova) et 113 dans
le presse nationale (Le Figaro, M Le Magazine du Monde,
Télérama, Beaux-Arts Magazine, Etapes, L’Oeil…).Partie — VIII. Communiquer pour rajeunir l’image du musée et accroître sa notoriété 127
Le musée, en 2013, n’était doté d’aucun poste dédié à la
communication. Il n’y avait pas d’identité clairement dé-
finie, pas de site Internet, pas de présence sur les réseaux
sociaux. Le musée et sa programmation étaient uniquement
visibles sur la page Culture du site de la Ville de Bordeaux,
bordeaux.fr.
Les nouveaux axes mis en place en 2013, affinés année
après année, ont amené la communication à jouer un rôle
de plus en plus déterminant au sein de la stratégie globale
de l’institution.
En 2016, un service communication a été créé avec le re-
crutement d’une responsable, accompagnée d’un service
civique pendant huit mois de l’année.
Ce nouveau service de la communication a relevé un en-
semble de défis majeurs pour informer le plus grand
nombre de visiteurs potentiels de l’offre culturelle du
musée dans sa totalité. Il s’agissait de mettre l’accent sur
les expositions, au cœur du dispositif, tout en faisant
la promotion de la programmation événementielle ou
ponctuelle (1er dimanche du mois, Journées européennes
du Patrimoine, Nuit européenne des musées…).
Les différentes actions mises en place, répondant aux
besoins renouvelés des musées à l’aube du XXI siècle,
ont renforcé la notoriété du madd-bordeaux et enrichi
son image, en région et au-delà. Le musée s’affirme au-
jourd’hui comme une institution culturelle engagée, vi-
vante, ouverte et bien ancrée dans son territoire.
VIII. Communiquer
pour rajeunir l’image
du musée et accroître
sa notoriétéPartie — VIII. Communiquer pour rajeunir l’image du musée et accroître sa notoriété 129 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 128
d. Des collaborations avec différents acteurs locaux et lieux
qui fédèrent la jeunesse
Ont ainsi été organisés dans la cour principale du musée une fête de la musique, en collaboration
avec l’association l’Orangeade, ou différents apéro-expositions en musique, dans la cour
arrière plus intime, avec l’I.Boat. Ce lieu pluridisciplinaire (salle de concert, restaurant créatif,
espace événementiel et d’exposition), installé sur un ferry amarré aux Bassins à flot,
s’est ainsi délocalisé à plusieurs reprises, au printemps, pour créer des rendez-vous réguliers
au musée. Des événements, en cohérence avec la stratégie portée par le service des publics,
qui participent au renouvellement de nos visiteurs et qui rendent visible notre programmation
auprès d’un public parfois peu enclin à franchir les portes du musée.
2 - En 2020, une communication réinventée
avec la crise sanitaire
La crise sanitaire a généré une mobilisation exponentielle du service communication. Avec 100 %
des publics devenus empêchés, s’assurer une présence numérique forte est devenu une priorité
pour maintenir le lien avec la communauté du musée. Un véritable défi pour le service de la
communication qui a dû acquérir rapidement de nouvelles compétences techniques (dévelop-
pement de plans interactifs en ligne des expositions, ateliers pour enfants en ligne, production
et montage vidéo, organisation de visio-visites sur Google Meet ou de Live sur les réseaux
sociaux…). Il a fallu produire et diffuser des contenus exclusifs sans cesse renouvelés et déclinés
sur les différents supports : site Internet, newsletter, réseaux sociaux… Une fois passé le temps
de l’urgence, le recrutement d’une assistante communication numérique en mars 2021 a permis
de structurer davantage le service et de maintenir le rythme des actions initiées pendant la crise.
3 - Les marges de progression
a. Une connaissance plus précise des publics
Les comportements des utilisateurs évoluent rapidement, au rythme de l’évolution
des technologies. Des attentes mieux identifiées permettent de garantir la pertinence des
actions online engagées.
b. L’expérience visiteur sur le site Internet
Première source d’information en pré-visite (26 % / 23 % pour les réseaux sociaux*),
des évolutions et aménagements sont à envisager afin d’optimiser notre référencement
(SEO-Search Engine Optimization) et notre accessibilité (RGAA-Référentiel général
d’amélioration de l’accessibilité).
c. Les moyens nécessaires à l’innovation et la transformation numérique
La crise sanitaire a donné une grande impulsion à la communication numérique mais a
considérablement creusé l’écart entre les institutions qui mettent ou non les ressources
nécessaires à leurs actions.
d. La signalétique extérieure
La création d’une station de Tram madd-bordeaux a été un avancement significatif,
témoignant d’une nouvelle visibilité acquise également auprès des services de la Ville sans
lesquels cela n’aurait pas pu se faire. S’est ajoutée une signalétique directionnelle en ville,
mais qui doit encore être développée aux abords du musée.
*Source : Impacts 2017
1 - Les points forts de
la stratégie mise en place
a. Une charte clairement identifiée
déclinée de façon cohérente sur
l’ensemble des supports génériques
En 2013, le nom du musée évolue en « musée des Arts
décoratif et du Design ». Une nouvelle identité visuelle
est développée par les designers Ruedi Baur et Pauline
Gourlet en 2013, avec la création d’un logo spécifique,
porteur des valeurs de l’institution. Depuis, cette charte
est déclinée sur l’ensemble des supports print et online
(site Internet, mailing, affiches, programmes papier,
dossier de presse…). Avec l’aide d’une designer graphique
recrutée en 2017, le service réalise en interne la création
et l’exécution d’une majorité de ces déclinaisons.
b. Des actions de communication
ciblées et diversifiées
Elles participent activement au développement et au
rajeunissement de nos communautés : création d’un site
Internet en 2017 comprenant plus de 350 pages en
bilingue, création d’un programme papier trimestriel,
production de contenus quotidiens, entre médiation et
communication, pour les réseaux sociaux (Facebook,
Instagram, Twitter, LinkedIn et YouTube), mise en
place de partenariats sur mesure avec des acteurs ou
des médias du territoire, afin d’accroître la visibilité
du musée à moindre coût (Gares & Connection, TBM
Keolis, Grand Hôtel, Junkpage, Radio Nova…)…
c. Des liens consolidés avec la presse
généraliste et spécialisée en région,
en France et à l’étranger
La communication du madd-bordeaux dans les médias
est essentiellement liée aux expositions temporaires :
envoi de communiqués et de dossiers de presse (en
français et en anglais), développement de partenariats
presse, organisation de visites et de voyages de presse.
La mise en place d’une stratégie spécifique a
considérablement augmenté la visibilité dans les médias,
en France comme à l’étranger. Face à la multiplication
des événements culturels dans toute la France et, de fait,
à l’agenda surchargé des journalistes, il a été décidé
de favoriser les invitations particulières sur l’habituel
voyage de presse concentré en une seule date. Sans
modifier le budget, cela implique une mobilisation
plus importante de la part de l’équipe mais permet
une relation singulière avec les journalistes, bâtie sur
mesure, très productive.Partie — IX. Ressources : vers une montée en compétences 131
IX. Ressources :
vers une montée
en compétencesPartie — IX. Ressources : vers une montée en compétences 133 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 132
1 - Ressources humaines
a. Structuration des équipes
En 2013, le madd-bordeaux fonctionnait avec une très petite équipe dont la plus grande partie
était mobilisée au gardiennage des salles. Cependant, c’était une équipe constituée d’agents
motivés et engagés qui, pour la majorité d’entre eux, étaient au musée depuis de nombreuses
années, toute une vie pour certains.
Durant ces dernières années, le travail mené en collaboration avec la DGAC et les ressources
humaines (RH) de la Ville a permis de professionnaliser la structure de l’équipe et de pallier en
partie une absence de compétences nécessaires au bon fonctionnement d’un musée (certains
métiers clés faisaient défaut : régie des œuvres, service exposition, communication, mécénat).
Quatre pôles, placés sous la responsabilité de la directrice de l’établissement, se sont
constitués à l’issue du comité technique du 16 juin 2020 :
1. Un département scientifique, constitué de trois personnes : deux attachés
de conservation (cat. A), l’un étant responsable des collections XVII-XIX siècles,
l’autre des collections XIX-XXI siècles (depuis 2017), et une responsable
de projets expositions et collections design (cat. A) depuis 2021.
2. Un département régie des œuvres (depuis 2014) assure les missions de :
transport et mouvements des œuvres sur les trois sites, sécurité des œuvres
dans le musée, dans les réserves et lors des expositions, surveillance
de l’état de conservation des collections dans le musée et dans les espaces
de réserve, l’organisation des transports et du convoiement des œuvres pour
les expositions et les prêts d’œuvres, la conception des emballages et caisses
(encombrement, volume, etc.).
Il est constitué d’un responsable régie des œuvres (cat. A), d’un assistant
régie des œuvres (cat. C), chargé également initialement de la photothèque
et, depuis 2016, d’un technicien-assistant de régie (catégorie B), plus
particulièrement affecté aux collections permanentes.
3. Un département des publics, communication et mécénat
Ce département est coiffé, depuis 2021, par une responsable (cat. A) en charge
du mécénat et des partenariats, qui encadre deux centres :
▶ Le service des publics : un agent (cat. A) responsable du service, assisté
d’un médiateur (cat. B) et un agent (cat. C) également en charge à mi-
temps de la documentation, ouverte au public sur rendez-vous ;
Deux services civiques (huit mois, à 28 h/semaine) complètent cette
équipe. Jusqu’en 2021, un professeur était mis à disposition par l’Éducation
nationale, à mi-temps.
▶ Le service communication : un agent (cat. A) en charge de
la communication, de la presse et du numérique (depuis 2016), aidé
par un service civique (huit mois, à 28 h/semaine), et un poste (cat. B)
de graphiste-scénographe (depuis 2017) transformé en 2019 en catégorie A
et, depuis 2021, une assistante (cat. C), venue renforcer l’équipe suite à
un départ à la retraite, pour le suivi et l’enrichissement de tous les supports
online (site Internet, réseaux sociaux, agendas...).
4. Un département administratif, sous la responsabilité d’une directrice
adjointe (cat. A) qui encadre quatre centres :
▶ Le centre administratif est dirigé par une responsable (cat. B) en charge
des finances et du suivi administratif du musée et des expositions, assisté
d’un agent (cat. B) depuis 2021 et un poste d'assistant de direction a été
créé (cat. C) en 2018.Partie — IX. Ressources : vers une montée en compétences 135 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 134
En 2022, la nouvelle municipalité a relancé le sujet de la mutualisation.
Un travail est en cours, dirigé par la DGAC, en collaboration avec les chefs d’établissements.
Un état des lieux et des problématiques doit être fait début 2023 par un groupe de 4 étudiants
stagiaires de l’INET qui ont prévu de travailler en immersion sur le terrain, avec les musées.
Les axes présupposés de la mutualisation sont les suivants :
▶ Sécurité/sûreté
▶ Communication
▶ Mécénat
▶ Ménage
▶ Bâtiment
▶ Logistique
▶ Bibliothèques
Il est notamment évoqué la piste d’un travail sur la durée des expositions et les agendas
de chacun des musées. Éviter des dates de vernissages concomitantes permettra de mieux
répartir dans l’année l’activité des ateliers techniques et rendra efficace leur mutualisation.
A la suite de cette étude, un cahier des charges sera établi, dont la rédaction sera confiée à
un AMO, pour un rendu opérationnel en septembre 2024.
3 - Ressources financières
Un budget annuel, en fonctionnement et en investissement, est alloué en budget primitif
de la Ville aux activités et au fonctionnement du madd. En tant que service de la Ville, le madd
s’intègre à l’ensemble des processus transversaux de gestion de la collectivité municipale
et des services mutualisés de Bordeaux Métropole. La gestion des ressources humaines,
l’administration, les finances, les systèmes informatisés, les transports, l’entretien et
la maintenance du bâtiment sont ainsi gérés grâce aux moyens et aux expertises d’autres
directions générales, l’équipe du madd assure un relais opérationnel des stratégies et
des gestions conçues et coordonnées par ces directions.
a. Budget de fonctionnement
Le périmètre de ce budget concerne l’action culturelle et les moyens généraux du musée.
Ce budget repose sur différentes ressources : recettes de location d'espace, de billetterie,
subventions, mécénats et partenariats. Les ressources humaines et plusieurs budgets de
fonctionnement du bâtiment (fluides, réseaux, assurances,...) sont pris en charge par d'autres
directions générales de la Ville.
Budget primitif de fonctionnement
En 2013, le musée bénéficiait d’un budget primitif de fonctionnement de 45 000 euros.
Ce budget a été augmenté de 100 000 euros grâce à la participation de Robert Wilmers,
mécène américain qui pratiquait le matching scheme : 1 euro apporté entraîne l’apport
d’1 euro par la Ville.
Ces 100 000 euros ont été, en 2016, rapportés de façon pérenne au budget du musée.
Le budget primitif de fonctionnement est donc aujourd’hui de 145 000 euros. Il reste modeste
au regard de l’exigence de fonctionnement des musées dans le contexte contemporain, et
des budgets de fonctionnement de l’ensemble des musées de la Ville de Bordeaux.
Budgets complémentaires de fonctionnement
Mécénat et partenariat
Outre les intéressements (location d’espace, billetterie (après ventilation et arbitrage de
la direction générale) le budget du madd est significativement augmenté par le mécénat,
les partenariats, et les subventions.
▶ Le centre accueil-billetterie est sous la direction d’un responsable
de centre (cat. C) qui assure l’encadrement de l’équipe d’accueil et gère
l’accueil de la billetterie. Un agent (cat. C) assure son intérim et 3 autres
agents (cat. C) assurent à la fois les responsabilités d’encadrant des
personnels temporaires le week-end, et de suppléant à la gestion de
la billetterie, à la sécurité et à la surveillance du musée.
▶ Le centre sécurité est sous la responsabilité d’un chef de la sécurité
depuis 2017 (cat. B), qui gère la vidéo-surveillance et la sécurité des
bâtiments du musée sur 3 sites, organise les astreintes et la planification
de l’entretien des locaux.
Deux agents (cat. C) sont directement affectés au PC sécurité, et assurent
l’ouverture et la fermeture du musée.
Trois agents de surveillance (cat. C) assurent une surveillance mobile dans
les salles et s’occupent du petit entretien des locaux et de la distribution
du courrier.
▶ Le centre technique est dirigé depuis 2018 par un agent de maîtrise
(cat. C), aidé de deux agents techniques depuis 2021 (cat. C).
b. Limites de l’organisation actuelle
En 2013, le musée accueillait une exposition tous les ans, ou tous les deux ans.
La montée en puissance de ses activités est passée par la production en interne de plusieurs
expositions par an.
Ce déploiement a été possible grâce à la structuration des équipes, qui se sont enrichies de 9
postes contribuant à la professionnalisation des métiers. La création d'un service exposition
rationaliserait aujourd'hui la préparation des expositions.
Un véhicule permettrait un travail plus serein et efficace pour assurer les mouvements
d’œuvres entre les trois sites notamment, et les déplacements techniques fréquents.
2 - Mutualisation des services
Une mutualisation des services entre musées et avec les différentes directions de la Ville tente
de se construire au fil des années.
▶ Les musées étant historiquement équipés (RH et ateliers) de façon inégale
et donc complémentaire, la mutualisation des ressources apparaît comme
une solution, mais année après année, cette solution a, jusqu’à présent, été
mise en échec, notamment en raison de la superposition des calendriers
d’expositions et d’événements, de plus en plus nombreux dans un contexte
compétitif et exigeant.
▶ La mutualisation fonctionne plus favorablement avec les services de
la Ville qui, pour certains, sont dotés d’ateliers techniques très performants
et peuvent s’avérer être d’un précieux soutien. Le musée collabore ainsi
avec les ateliers signalétique, peinture, menuiserie. Mais une demande
de l’équipe municipale, un changement de calendrier ou un autre événement
de dernière minute annulent une collaboration prévue depuis des mois.
Une dépendance qui a souvent mis le musée en difficulté.
▶ La mutualisation la plus efficace est celle qui est établie avec le service
transports et manifestations, qui a fait l’acquisition en 2014 d’un camion de
40 mètres cubes équipé spécifiquement pour le transport des œuvres d’art
(hayon, suspension hydraulique, climatisation, déshumidificateur, alarme
et extincteur à poudre). Ce camion est à l’usage de tous les musées de
la Ville et du service manifestations.Partie — IX. Ressources : vers une montée en compétences 137 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 136
des collectionneurs privés ou des artistes.
C’est une des caractéristiques de ce
musée, qui traduit aussi la confiance que
mettent les donateurs dans la visibilité
qui sera faite aux œuvres offertes et dans
la qualité du propos scientifique qui
les accompagnera.
c. L’association
Parallèlement à ces budgets, l’association des Amis
génère également un apport financier non négligeable.
Les cotisations
En 2013, la communauté de l’association des Amis
de l’hôtel de Lalande, créée le 17 novembre 1983, était
vieillissante et son nombre de participants était en
baisse car les membres ne parvenaient pas à passer
le relai auprès de leurs familles ou de leurs amis
(cf. partie 1 – VII).
Un des objectifs fixés par la Ville lors de l’arrivée
de Constance Rubini consistait donc à renouveler
les membres de l’association des « Amis du musée »,
très attachée au XVIII siècle, et d’attirer de nouveaux
membres plus tournés vers le design et souhaitant
soutenir l’action contemporaine du musée.
Le premier pas a été de changer, en 2015, le nom de
l’association en « Amis du musée des Arts décoratifs
et du Design de Bordeaux ». A été créé un « cercle
du design » en 2018 pour fédérer les amateurs et les
générations plus jeunes. Dès cette première année
d’existence, sur les 188 membres ayant cotisé, 53
s’étaient inscrits au cercle du design.
En 2021, après la période de fermeture sanitaire
un peu difficile, l’association comptait 166
membres, dont 75 pour le cercle.
La boutique de l’association
La boutique des Amis du madd-bordeaux, installée
dans un des salons du musée, est tenue par douze
bénévoles très dévouées. Fondée essentiellement
sur le dépôt-vente, elle met en vente des objets
créés par des artisans, voire des artistes, bordelais
ou de la région, tels que Jean-Paul Gourdon,
Maïté Chantoiseau, Roland Daraspe…
Bien que ses ressources aient diminué en 2020 et 2021
du fait de la pandémie, la boutique constitue
un apport financier notable.
A la réouverture du musée, la boutique passera
en régie municipale et sera installée dans l’espace
d’accueil, à l’entrée du musée (cf. partie 2 – X, 3).
Haut-Bailly, cité précédemment, est « mécène d’honneur ». Ce mécénat a un caractère
particulier car il contribue au fonctionnement du musée et à l’investissement (en moyenne
100 000 euros par an) et à l’investissement (2 millions d’euros pour les travaux de rénovation).
Le musée a également consolidé ses rapports avec le fonds de dotation Lafite qui contribue
largement au financement des catalogues.
Parallèlement aux châteaux viticoles, le musée tend à développer des partenariats sur le long
terme avec des entreprises locales.
Ces partenariats fonctionnent aujourd’hui surtout en nature (mécénat de compétences).
Ainsi le représentant France de Farrow&Ball mécène la mise en peinture de chacune
des expositions du musée, et l’entreprise Texaa offre au musée des tissus techniques pour
la sonorisation des espaces de projection.
De la même manière, l’Intercontinental Bordeaux-Le Grand Hôtel met à disposition du musée
un quota de chambres au moment des expositions et des événements.
Le musée compte également des partenariats extra-budgétaires pour la communication,
un réseau d’affichage notamment, dans les trams et bus du réseau métropolitain TBM, à
la gare, à l’aéroport, et en collaboration avec la compagnie Easy Jet ( sur le Boarding Pass).
La location d’espace
La configuration architecturale du musée ne favorise pas les locations d’espace. Souvent sollicité
pour la mise à disposition de lieux de réception permettant séminaire puis cocktail, le musée
doit malheureusement répondre par la négative en raison de son manque d’espace.
Sont parfois loués les salons de l’hôtel de Lalande mais ils sont, d’une part, limités par leur
taille et, de fait, par le nombre d’invités autorisés et, d’autre part, exigent des conditions
de mise à disposition restrictives en raison des collections anciennes qui y sont présentées.
En été, la location de la cour d’honneur du musée est une option, mais fragile car il ne peut y
avoir de solution de repli en cas de mauvaise météo. Elle génère cependant des recettes car
le lieu est prestigieux.
Ces ressources issues de la location d’espace sont versées sur le budget général de la Ville,
qui reverse actuellement 40 % de la somme au musée en année n+1.
b. Budget d’investissement
Le périmètre de ce budget concerne les acquisitions, restaurations d’œuvres, et petits
matériels muséographiques. Hors périmètre, l’informatique, et les travaux.
Budget primitif d’investissement
Ce budget est dédié :
▶ Aux acquisitions d’œuvres et à l’enrichissement des collections.
Jusqu’en 2018, il s’élevait à 100 000 euros, à répartir parmi les cinq musées de
la Ville. En nette augmentation, il s’élève aujourd’hui à 250 000 euros.
▶ Aux restaurations d’œuvres. Il est fixé à 20 000 euros par an et par musée.
▶ Au petit équipement. Il est fixé à 14 000 euros pour le madd.
Budgets complémentaires d’investissement
Ces budgets se répartissent entre :
▶ Mécénats, partenariats, subventions : marginal, pour les acquisitions
▶ Dons et mécénats en nature. Les collections du madd-bordeaux, tant pour
les collections d’arts décoratifs que pour celles liées au design, s’enrichissent
autant, si ce n’est davantage, grâce aux dons d’œuvres, dons effectués parPARTIE II
Vers un nouveau musée
des Arts décoratifs et du Design,
acteur des transformations
de la sociétéPartie — I. Le projet architectural 141
I. Le projet
architecturalPartie — I. Le projet architectural 143 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 142
1 - L’esprit architectural
du projet
Dans l’élaboration du projet de réaménagement des deux bâtiments, nous portons une grande
attention aux qualités architecturales de l’existant. Plutôt que d’ajouter un geste architectural
— ce qui ne nous paraît pas nécessaire compte tenu de la beauté des bâtiments et du contexte
urbain — il s’agit de renouer avec le genius loci de chacun des bâtiments pour que l’on sente à
nouveau leur histoire. L’hôtel de Lalande, fortement remanié à plusieurs occasions (cf. partie 1
– II) et plus particulièrement dans l’aile des communs, a perdu de sa lisibilité. Il s’agit de
clarifier les espaces et d’en rationaliser l’usage.
2 - Une rénovation durable du musée
a. En présupposé, le choix de la transformation plutôt que
de la création
Investir un bâtiment existant en renouvelant sa fonctionnalité, en actualisant son habitabilité,
en l’adaptant aux usages actuels d’un musée contemporain soucieux de son empreinte
carbone constitue en soi une démarche éco-responsable qu’il convient de rappeler et de
souligner, dans un moment où les musées neufs créés de toute pièce à l’écart des centres
urbains rivalisent de gestes architecturaux.
Cette rénovation est une transformation de l'existant qui purge notamment tous les ouvrages
de second-œuvre peu qualitatifs et contenant des substances potentiellement nocives ou
polluantes (solvants, peinture, etc,). Elle restitue une pérennité saine à l'existant.
Il s’agit d’anticiper et d’éviter au maximum tout besoin de transformation supplémentaire
dans les décennies à venir, et donc de constituer un outil culturel municipal opérant et
performant, loin des effets plastiques trop éphémères, susceptibles d’engendrer une rapide
dépréciation ou obsolescence.
b. Une inscription dans le temps long
Les architectes font une analogie avec le renouvellement dans le temps des cellules d’un corps :
les organes vitaux, neurones et cœur, ne se renouvellent quasiment jamais, là où les cellules
des autres organes se renouvellent graduellement selon leur importance et leur exposition.
Ici, les organes vitaux sont les structures, les enveloppes de pierre de taille des édifices existants
et leurs couvertures, le rapport des extérieurs aux intérieurs, et du plein au vide, qu’il convient
de sanctuariser.
Les autres organes correspondent aux ouvrages de second-œuvre, dont la durée de vie ne
peut être anticipée.
Des choix de matériaux qui s’inscrivent dans une équation juste entre impact carbone et durée de vie
La fonction la plus noble et la plus importante du projet est celle de la structure. C’est celle qui
doit offrir la plus grande pérennité possible, et qui par conséquent peut être plus consommatrice
d’énergie ou détenir l’impact carbone le plus fort. Dans le projet, les ouvrages les plus carbonés
sont les poutres métalliques en acier des nouveaux planchers et la nouvelle charpente de l’aile
Boulan, ainsi que l’ossature et habillage de l’extension à son extrémité ouest. Des matériaux
qui ont un impact carbone important mais qui se rééquilibre sur le temps long.
Pour le cas du plancher intermédiaire de l’aile Boulan, la solution est celle d’un plancher
collaborant intégrant des poutrelles métalliques en H, très fines, supportant une dalle béton
de faible épaisseur et non-armée, coulée en coffrage perdu directement sur les poutrelles.
Cette disposition permet de ne pas générer de déchets suite au coulage de la dalle, là oùPartie — I. Le projet architectural 145 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 144
habituellement les éléments de coffrage, en bois et à usage unique, sont jetés. L’usage des
poutres permet d’intégrer les dispositifs techniques de la scénographie/muséographie et de
l’éclairage dans l’âme du profil en H, sans nécessiter des ouvrages annexes.
Le recours au bois a également été envisagé, mais la disponibilité des essences autour de
Bordeaux n’offrait pas de garantie suffisante en termes de durabilité et de coût. Par ailleurs,
l’exploitation des bois massifs résineux les moins onéreux sont aujourd’hui à l’origine de lourds
impacts sur les sols, la qualité des forêts et la biodiversité.
Si la filière est moins émettrice de carbone que le métal, elle n’est pas beaucoup plus
vertueuse sur le plan des traitements appliqués aux bois résineux : bains d’acide, etc.
Les solutions en bois composites ont été exclues pour leur très faible qualité architecturale et
pour leur qualité structurelle essentiellement due à la présence de colle autant que de bois.
Leur durabilité sur le très long terme n’est pas garantie.
Ouvrages de second-œuvre
Le projet prévoit le recours à des matériaux recyclables et biosourcés.
Deux cas sont possibles : soit ces ouvrages de second-œuvre sont conçus pour engendrer
le moins de pollution nuisible à l'environnement ; soit leur conception permettra leur
démontage et remontage (cloison à ossature et habillage métallique), à l'image des boiseries
de l'Hôtel Lalande, montées et remontées à travers l'histoire.
L'encouragement à la nudité des matériaux bruts, à l'expression naturelle des matériaux mis
en œuvre par type d'ouvrage assure au projet une forme de frugalité à laquelle s'associe une
recherche d'optimisation. L'objectif est de faire en sorte que chaque ouvrage réponde à une
fonction majeure qui puisse être détournée ou augmentée à d'autres fins.
c. L’usage de matériaux recyclés et issus du chantier
Chaque élément ou ouvrage déposé sera systématiquement et soigneusement trié, en
veillant à distinguer pour chacun le potentiel de réemploi, notamment des pierres de taille
issues du pignon de l'aile Boulan donnant sur la cour secondaire.
Les ouvrages de maçonnerie neufs - les dalles béton, par exemple - seront constitués
d'agrégats concassés issus de bétons recyclés.
d. Ménager les possibles, ne pas surdéterminer pour
laisser advenir
La transformation et la mise aux normes du maddbordeaux, dans le respect de ses qualités
architecturales, en feront un lieu utile et fonctionnel et lui conféreront ainsi une réelle
pérennité.
La transformation de l'aile Boulan, par exemple, régule les niveaux de plancher. Cette action
optimise l'habitabilité des volumes existants, permet d'investir plus facilement l'édifice,
quelque que soit l'activité muséale accueillie.
e. Faire plus avec moins
Le vide comme ressource
L'acte fondateur du projet en réponse au programme initial, a été celui d'une préservation/
restauration des vides que constituent les nombreuses cours présentes dans
l’architecture d’origine.
Elles constituent une richesse fondamentale, permettant un accès important de lumière et
une ventilation naturelle constante. Cet engagement simple (mais pas pourtant rare dans un
musée), permet de conserver en état d'usage les fenêtres, et donc d'assurer la capacité à aérer
et éclairer naturellement les espaces, en limitant les sources d'éclairage artificielle en journée
et en réduisant la ventilation artificielle au minimum.
Des îlots de fraicheur
Dans le centre densément bâti de Bordeaux, la préservation des cours comme espaces
utiles est essentielle. Végétalisées, elles offriront de la fraicheur aux visiteurs et habitants
du quartier, ainsi qu’une hospitalité pour la faune urbaine, favorisant ainsi le retour de
la biodiversité en ville.
En retirant certains pavés (rangés et conservés bien sûr), on pourra favoriser des plantations
pleine terre.
Des espaces flexibles et polyvalents
Toujours dans la volonté de ménager les possibles, et de ne pas surdéterminer pour laisser
advenir, le programme réduit autant que possible les structures de muséographie qui
figeraient les espaces.
Ils sont au contraire conçus pour permettre une polyvalence des usages.
Ainsi, l’aile de circulation Boulan pourra être, lors de temps donnés, aménagée en espace de
conférences et rencontres, et pourra accueillir et mettre à l’abri les visiteurs lors des vernissages.
Elle pourra également, en dehors des heures d’ouverture au public, être disponible à la location
et permettre de générer des recettes.
Ne pas cloisonner
Les espaces dans leur globalité sont conçus pour être généreux et partagés. Le projet se
dispense d’un linéaire important de cloisons ou de portes, autant d’éléments de second-
œuvre qui auraient dû être, pour des raisons économiques, mis en œuvre avec des matériaux
fragiles, peu onéreux et peu vertueux.
Cette conception tend vers une transparence des fonctions. Plutôt que de dissimuler les
métiers à l‘œuvre dans le fonctionnement du musée, les coulisses seront au contraire offertes
aux visiteurs. Il apparaît, en effet, intéressant de montrer le travail des équipes, jusqu’à en
tirer un parti pédagogique.
Dans sa programmation culturelle, le madd-bordeaux valorise le design et les métiers d’art.
Cela se fera également de façon concrète, en donnant à voir les savoir-faire à l’œuvre dans
l’atelier technique du musée.
f. Réduire la consommation d’énergie
Réseau de chaleur de Mériadeck
Une des actions les plus significatives pour une meilleure maîtrise des coûts de l’énergie
consommée par le musée est son raccordement au réseau de chaleur urbain de Mériadeck.
Exploiter les potentiels énergétiques de l’existant
Valoriser l’existant, c’est aussi, dans le cas de l’Hôtel de Lalande, valoriser l’inertie et les masses,
c’est-à-dire tirer parti des épaisseurs des murs appareillés en pierre de taille. L’inertie
thermique de la pierre calcaire confère à l’édifice un confort thermique, notamment l’été :
grâce à ses 50cm d’épaisseur, le mur accumule la chaleur la journée et la restitue la nuit,
lorsque les visiteurs et le personnel sont absents, tandis qu’il accumule la fraicheur de
la nuit et la restitue en journée.
Dans la prison, conserver le voûtement en pierre des cellules permet de ménager un espace
tampon entre l’extrados de la voûte et la couverture non-isolée existante.
Recherche de frugalité
Comme précisé plus haut, la préservation des apports de lumière naturelle est une intention
structurante du projet, allant de pair avec la préservation des cours, des vides. La lumière
naturelle est, en effet, une énergie gratuite qui limite le recours aux lumières artificielles,
trop souvent utilisées dans les musées.Partie — I. Le projet architectural 147 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 146
Seront installés des stores dont les tissus techniques novateurs permettent de filtrer les UV
tout en laissant passer la lumière.
Palier les défauts énergétiques et améliorer les performances énergétiques
de l’existant
Le défaut de l’inertie thermique est d’être peu satisfaisante pour le confort thermique l’hiver.
Un complément d’isolation est donc nécessaire pour éviter les déperditions.
Pour l’isolation intérieure de l’aile Boulan et des combles, le choix s’est porté sur une
association chaux chanvre, issus de filières françaises, des matériaux naturels et
biodégradables, peu consommateurs d’eau et dont la culture préserve les sols. Grâce à
ses propriétés respirantes, cette isolation ne compromet pas l’inertie naturelle de la pierre
favorable au confort thermique d’été.
L’Hôtel de Lalande bénéficiera également d’une grande amélioration de son isolation par le
remplacement ou la restauration de ses menuiseries.
La prison sera équipée de doubles vitrages aux fenêtres. Ses nouvelles verrières sont conçues
pour ne pas engendrer de ponts thermiques.
g. Végétaliser les cours
La cour secondaire est envisagée comme un lieu à dominante végétale, avec la contrainte
de la conservation du revêtement en pavé pour des raisons fonctionnelles de logistique et
de desserte de la prison. La végétation pourra prendre place directement dans le sol – il est
possible de retirer certains pavés s’ils sont conservés – ou dans des pots dimensionnés et
prévus à cet effet, qui restitueront une canopée limitant le rayonnement et l’accumulation de
chaleur sur les sols.
La cour du restaurant, dans l'écoinçon sud de la cour d'honneur, se présente comme un patio
« oasis », un refuge frais, constamment à l'ombre.
La cour des écuries, qui retrouve sa forme initiale à ciel ouvert, sera dotée d’une généreuse
végétation grimpante sur le mur qui la sépare de la rue Boulan. Une fontaine designée par
Andrea Branzi – un don récemment entré dans les collections – apportera un sentiment de
bien-être à cet espace.
La végétalisation de la cour d'honneur est une opération délicate à envisager du fait de
son classement au titre des Monuments Historiques. La vocation originelle, historique,
patrimoniale et muséale de la cour d'honneur est minérale. Mais sa végétalisation pourra se
faire par l’installation d’une végétation grimpante sur les parois périphériques, en retirant
ponctuellement quelques pavés aux pieds des façades.
Toutefois, l'ouverture des joints des pavés n'en fait pas une surface strictement imperméabilisée.
Ces cours végétalisées contribueront à la réduction des effets d’îlot de chaleur urbain.
3 - Repenser l’accueil,
la circulation et l’accessibilité
de tous les publics
a. L’accueil, espace généreux d’un musée pour tous
À la réouverture du musée, le parcours du visiteur sera modifié dès la cour d’honneur.
Pour faciliter l’entrée en fauteuil roulant, le visiteur pénétrera par l’ancienne cour des écuries.
C’est dans cette cour d’entrée que sera rattrapé par une rampe le dénivelé de 40 cm entre
le niveau de rez-de- chaussée du musée et le niveau de la cour d’honneur.Partie — I. Le projet architectural 149 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 148
Elle réunit par un programme commun les deux entités que constituent l’hôtel de Lalande
et ses communs d’une part et la prison d’autre part. Cette figure de liaison se noue par une
extension architecturale mesurée dans la cour intermédiaire. Son architectonique se fonde
sur une gamme limitée de matériaux (métal et verre) et de registres constructifs répartis par
corps d’état. Ceux-ci sont choisis pour leur qualité et leur pérennité. Cette logique reprend
celle des architectures historiques du site en distinguant la nature des matériaux.
Le nouveau pavillon sera comme un trait d’union entre la salle Boulan et l’ava nt-corps de la
prison, offrant ainsi un espace privatisable en forme de L (une source de revenus pour le
musée) dont la surface a cependant été réduite de moitié après la décision de supprimer la
liaison en sous-sol entre les deux bâtiments.
Celui-ci conduira au vestibule de la prison, par lequel on pénètre dans l’espace d’exposition
principal. Les deux salles constituant cet espace privatisable, précédant le vestibule, pourront
être réunies, ou bien séparées pour plus de souplesse (séminaire, exposition dossier…).
D’un accès difficile aujourd’hui (marches raides), l’espace d’exposition sera ainsi enfin accessible
à tous types de publics.
d. La création de salles pédagogiques
La salle pédagogique actuelle ne permet pas d’accueillir une classe de scolaires. En raison
de cette contrainte d’espace, les actions EAC pour le jeune public individuel sont organisées
actuellement sous forme d’atelier de 10 enfants maximum.
Il a donc été décidé de dédier les espaces disponibles au sous-sol à un quartier des enfants,
incluant une salle d’atelier avec un point d’eau, un espace de stockage du matériel
pédagogique et un espace vestiaire, qui pourra accueillir les enfants pour la pause du déjeuner
et pourra éventuellement servir d’espace complémentaire pour les pratiques artistiques.
Ces espaces généreux rendent visible la volonté du musée de s’adresser aux jeunes générations,
moteur du changement, et de les placer au cœur du projet éducatif, pédagogique et
scientifique.
4 - Redéployer
les espaces de bureaux des équipes
À l’étage, ce nouveau trait d’union architectural (le nouveau pavillon) permettra de relier les
anciens espaces des bureaux de l’aile Boulan à ceux de l’avant-corps de la prison. Les bureaux
s’étendront ainsi également en L.
À l’extrémité de la grande jambe du L, la documenta tion, accessible au public, sera fermée par
une baie vitrée, donnant un accès visuel au-dessus des espaces d’accueil du musée.
Structurés en open space pour des raisons d’économie de surface, ces bureaux offriront à
l’équipe plusieurs petits espaces clos permettant de s’isoler ponctuellement,
et une grande salle/cafétéria/réunion de commune.
Pensés en pleine période de télétravail, ces espaces
de bureaux sont imaginés comme des espaces souples, pouvant répondre à des besoins
nouveaux. Si les bureaux actuels sont structurés comme un ensemble d’espaces individuels,
plus ou moins bien isolés car, par manque de surface, certains sont déjà en partie en open
space, les nouveaux bureaux seront articulés pour permettre un équilibre entre travail
d’équipe et travail individuel, travail sur place et travail à la maison.
Ce nouveau parcours évitera la traversée de la cour pavée et, de fait, la transformation du sol
pavé ancien. Il préservera la cour d’honneur de tout aménagement visible.
L’ancienne cour des écuries sera restituée mais dans des dimensions moindres. À ciel ouvert,
elle constituera plutôt une évocation de l’ancienne cour. Elle donnera accès, à gauche (vers
l’est de l’aile Boulan), au restaurant du musée, et à droite (vers l’ouest de l’aile Boulan),
au musée lui-même, et deviendra ainsi une desserte commune au musée et au restaurant,
ce dernier jouissant d’une forme d’autonomie et d’une flexibilité dans son fonctionnement.
Cet espace remplira un rôle essentiel de seuil avant d’entrer au musée, permettant
une transition douce de l’espace public et de représentation de la cour d’honneur, à l’espace
plus intime et domestique de l’accueil.
À l’heure actuelle, on entre par une porte située au fond à gauche de la cour, que les visiteurs
peinent à trouver. L’accueil ne dispose que d’une surface de 17 mètres carrés, et ne peut
accueillir simultanément qu’un maximum de 17 personnes. Les visites de classe ou de groupe
démarrent dans la cour, quelles que soient les conditions météorologiques.
Dorénavant, l’entrée au musée sera plus spacieuse et généreuse. Le nouvel accueil permettra
d’associer la nouvelle boutique du musée et la billetterie. Des surfaces seront dédiées
aux vestiaires, manteaux, sacs à dos, et scolaires, ce qui n’existe pas aujourd’hui.
Pour une plus grande cohérence narrative avec l’histoire du bâtiment, l’équipe de
la conservation aurait souhaité faire entrer le public par le vestibule de l’hôtel de Lalande.
Mais après études, il s’avère vraiment impossible de faire cohabiter, dans cet espace, billetterie
et vestiaire. Est en cours de réflexion la possibilité d’intégrer une porte vitrée automatique,
munie d’un lecteur de billet, dans la porte d’entrée de ce vestibule d’honneur, ce qui apporterait
une grande amélioration pour les visiteurs en termes de compréhension du bâtiment.
b. Un nouvel espace polyvalent entre l’hôtel de Lalande
et la prison
À la vue des différents remaniements ayant transformé l’aile Boulan (aile des communs),
les architectes et l’équipe de conservation ont opté pour la solution d’un axe de circulation
traversant.
Ainsi, après avoir dépassé les espaces publics d’accueil, cette nouvelle aile Boulan desservira,
sur sa droite, l’hôtel de Lalande et les collections permanentes. Un ascenseur permettra
dorénavant aux personnes à mobilité réduite d’accéder dans les étages de l’hôtel particulier.
En face, ce parcours conduira vers un espace polyvalent qui débouchera sur le nouveau
pavillon, menant à la prison et aux expositions.
Ce nouvel espace Boulan transformé (anciennement bureaux du personnel), sera polyvalent :
il pourra accueillir les rencontres et conférences (après 18h), et permettra d’accéder aux
expositions sans avoir à sortir à l’extérieur, dans la cour arrière. Une passerelle montante et
descendante permettra aux personnes à mobilité réduite d’y accéder.
c. La création d’un espace fort de liaison, confirmant
une nouvelle strate historique de réconciliation
L’insertion d’une figure forte de liaison permettant de dessiner un L, de l’aile Boulan à l’avant-
corps de l’ancienne prison, s’inscrit dans la continuité de projets déjà esquissés au XX siècle.
Elle ménage au maximum les structures existantes, mais s’affirme comme une intervention
volontaire visant à relier.
Cette figure confirme l’ajout d’une nouvelle strate historique dans le fonctionnement et
l’architecture du site, marquant la réconciliation de deux programmes historiques distincts.Partie — I. Le projet architectural 151 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 150
5 - Rationnaliser
la gestion du travail
des équipes
Le musée ne jouit aujourd’hui d’aucune spécificité
technique muséale. Ni l’ancien hôtel particulier ni
l’ancienne prison ne disposent d’espaces dédiés aux
mouvements d’œuvres, au montage ou au démontage
d’expositions. Les œuvres sont acheminées à pied,
traversent les deux cours sur un « chemin » de planches
pour parer aux vibrations créées par les pavés. Il n’y
a ni monte-charge, ni ascenseur dans aucun des
deux bâtiments.
Les travaux permettront l’accessibilité du musée à
tous types de publics, incluant les visiteurs en fauteuil
roulant, et ils permettront aussi un acheminement
plus facile des œuvres dans les étages, et donc
un travail plus adapté pour les équipes.
Bien que l’on soit toujours contraint par l’étroitesse des
espaces, ceux-ci seront repensés plus rationnellement.
Ainsi, les sous-sols de l’hôtel de Lalande seront
restructurés.
Si dans le projet initial, il était prévu de creuser un
sous-sol permettant le passage facile des œuvres
d’un bâtiment à l’autre, dans le projet actuel ce passage
et les espaces techniques qu’il pouvait offrir (ateliers
techniques, studio photos, stockage de transition pour
la régie, atelier de restauration, chambre froide) ont
été supprimés mais le sous-sol légèrement agrandi
devrait cependant permettre le stockage d’un certain
nombre de matériels à usage quotidien.
Seul musée de la Ville de Bordeaux à ne disposer
d’aucun véhicule, le transport des œuvres et caisses,
du musée aux réserves, demeure un casse-tête.Une plus grande attention
portée aux droits culturels
Une priorité
Les droits culturels des personnes font partie des droits
humains fondamentaux. Ils constituent un ensemble de
valeurs universelles dont l’objectif est de favoriser les relations
d’humanité dans la société par une meilleure reconnaissance
des personnes dans leur diversité culturelle.
Pour que cette approche des relations humaines imprègne
l’ensemble des actions menées par le musée, le madd participe
au « laboratoire de transition vers les droits culturels », hébergé à
la Halle des Douves de Bordeaux, et pilote le groupe de réflexion
« Musées et droits culturels ».
Les discussions s’appuient notamment sur la convention de Faro
sur la valeur du patrimoine culturel pour la société, adoptée
par le Conseil de l’Europe en 2005. Elle vise à promouvoir
une conception plus large du patrimoine et de ses relations
avec les communautés et la société. Elle envisage le patrimoine
comme une ressource pour le développement humain, qui permet
de concilier des perspectives et des récits différents, en favorisant
la confiance, la compréhension mutuelle et la coopération.Partie — II. Repenser le parcours du musée : un nouveau regard sur les collections, multiple et inclusif 155
II. Repenser le parcours
du musée : un nouveau
regard sur les collections,
multiple et inclusifPartie — II. Repenser le parcours du musée : un nouveau regard sur les collections, multiple et inclusif 157 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 156
Le portrait récemment acquis représentant Jeanne de Parouty par Jean-Baptiste Perronneau
(1767) permet, par exemple, d’évoquer la spécificité de l’art du portrait féminin au sein de
l’élite bordelaise dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Représentée à l’âge de 34 ans, elle
figure, comme nombre de ses modèles, en « majesté », c’est-à-dire en buste de face, avec
peu d’accessoires, si ce n’est un élégant collier de perles. La robe en gaze de soie rayée rose
n’est probablement pas le vêtement porté lors des séances de pose. On retrouve, en effet,
une attitude, un costume et un collier très semblables dans les portraits de mesdames
Schweighaüser et Boyer-Fonfrède, réalisés la même année. Les tissus luxueux, le rendu précis
des étoffes, ne doivent pas attirer le regard au détriment du visage. La texture du pastel
permet un rendu vivant du velouté de la peau et de la perruque poudrée.
L’évocation de la vie de Jeanne de Parouty ici représentée donne une tout autre dimension à
ce portrait. Elle naît en 1733 à Saint-Domingue, île la plus prospère et la plus peuplée des colonies
françaises aux Amériques. Son père, natif de Bordeaux, est notaire à Saint-Domingue puis
substitut du procureur du roi et enfin lieutenant et juge de sénéchaussée. En 1750, au décès
de sa mère, Jeanne est envoyée chez son oncle, négociant à Bordeaux, certainement pour
parfaire son éducation. En décembre 1750, elle épouse Jean-Louis de Parouty, avocat à la cour
originaire de Cadillac en Gironde. Cette alliance qui promet au jeune mari l’héritage
d’une plantation prospère à Saint-Domingue est d’autant plus avantageuse que les époux
sont apparentés au troisième degré : une dispense papale est obtenue afin que la fortune
reste dans la famille. Jean-Baptiste Perroneau réalise son portrait une quinzaine d’années
après son mariage, l’année où son mari achève d’une certaine manière son ascension sociale.
Comme nombre de négociants qui ont fait fortune, il vient d’acheter une charge, celle
de procureur à la cour des aides de Montauban.
Les objets témoins d’une culture matérielle
Les objets d’arts décoratifs sont des médias précieux pour saisir la place et le rôle des femmes
dans la société, à une époque donnée. Au XVIII siècle, de la table de toilette au fauteuil à
la reine, le mobilier contribue, par les gestes, les usages et les postures qu’il implique, à une
certaine théâtralisation des rapports sociaux. Les assises, par exemple, induisent une tenue,
une position du dos et un port de tête, autant d’aspects qui ne sont pas propres à la gente
féminine, mais qui contribuent à la mise en scène des activités domestiques auxquelles les
femmes des classes sociales les plus élevées sont généralement associées : la pratique de la
musique, les travaux d’aiguille ou la consommation des nouvelles boissons chaudes.
Éventails, flacons à parfum et à sels, nécessaires à couture font partie de ces objets du quotidien
de ces femmes assignées à la nécessité de paraître et aux menus travaux, destinés à les éloigner
de l’oisiveté qui les menace selon nombre de leurs contemporains masculins. Ainsi le parlementaire
parisien Pierre-Joseph Boudier de Villemert, dans son ouvrage L’Ami des femmes (1758), les décrit
tantôt sous l’angle de la passion et de l’agitation permanente, tantôt sous celui de la langueur
et de la paresse : « Celles qui se sauvent de la langueur, se livrent ordinairement à une dissipation
qui les fait se montrer avec excès, et se passionner pour tout ce qu’elles voient ; des fantaisies
qui se remplacent rapidement, les tiennent dans un mouvement perpétuel ; tantôt c’est un bijou
nouveau dont elles sont folles ; un magot de porcelaine les occupe ensuite aussi solidement. »
Les artistes femmes
La riche collection de miniatures permet de distinguer plusieurs artistes femmes dont le nom
est resté inconnu, bien que la production soit particulièrement remarquable. Nous souhaitons
les rendre visibles.
Parmi elles, Aimée Thibault, peintre miniaturiste née à Bordeaux en 1784, fait ses débuts à
Paris au Salon de 1804 où elle expose régulièrement jusqu’au début des années 1810. En 1817,
elle peint les portraits des rois Ferdinand VII et Marie-Isabelle de Portugal, qui la nomment
peintre miniaturiste d’Espagne en 1819. Ce statut l’amène à peindre les portraits de plusieurs
personnalités de la haute société espagnole. Le récent legs de Robert Coust et de deux
miniatures de l’artiste permet d’apprécier les spécificités de la miniaturiste.
D’autres noms d’artistes femmes émergent à l’analyse de la collection de miniatures, mais
leurs parcours demeurent largement méconnus, ainsi Julia Dagoty (1813 - ?), fille du célèbre
1 - L’élaboration d’un nouveau parcours :
une conception collaborative
C’est en prenant en compte la multiplicité des points de vue et la diversité des récits, parfois
contraires, que le nouveau parcours du musée est pensé, en incluant, de façon collaborative,
toutes les voix qui peuvent enrichir la compréhension et la lecture des œuvres.
Le cadre aristocratique de l’hôtel de Lalande, ses boiseries et les matériaux précieux
de son décor influencent le regard des visiteurs sur les objets. Ceux-ci illustrent un mode
de vie, des usages et des pratiques (le service à la française, la consommation des boissons
chaudes, les meubles volants… ). Ils témoignent aussi de la technicité des artisans qui les ont
produits. Autant d’aspects qui renvoient à un contexte historique précis et expriment
des intentions qui lui sont liées.
Qu’en est-il du point de vue d’autres communautés culturelles sur ces objets ? Certaines
œuvres, par leur iconographie, leur décor, leur matériau et technique de fabrication, permettent
de faire émerger d’autres récits, enrichissant et complexifiant ainsi le parcours de visite.
Dans cette volonté de s’ouvrir à une plus grande diversité des récits, le musée a sollicité l’artiste
Claire Malrieux afin d’interagir avec son œuvre Speakblue, un objet vocal pensé comme un être de
langages composé de différentes strates d’écriture et de prosodies.
Le dispositif d’intelligence artificielle qui assure son évolution fait de SpeakBlue une Persona
Vocale, qui s’adresse à nous dans une parole hybride qui semble nous demander de quoi et
de qui nous sommes les contemporains. Elle interroge les facteurs d’identité d’une voix de
synthèse en engageant des questions d’énonciation (qui parle ?) et de situation (d’où parle-t-
on ?). Les textes performés sont archivés et constituent une banque de données textuelles et
vocales dont l’algorithme se nourrit pour assurer son apprentissage et faire évoluer la voix.
Elle est investie par le champ artistique et c’est à travers la transmission orale de chaque
texte que se fabrique son identité.
Le caractère immatériel dominant de la voix demande une présence physique identifiable par
le public. Elle se fait par le design et la présence d’un speaker dédié, autonome, fonctionnant
à l’énergie solaire, mais aussi par son lieu de résidence qui assure son hébergement, en
l’occurrence, le musée des Arts décoratifs et du Design, dès la fin de l’année 2022.
2 - Artistes femmes et représentations
féminines : réflexion sur la place de la femme
dans la société à travers les collections
Il ne s’agit pas de dédier un espace spécifique aux artistes femmes ou aux représentations
féminines dans le futur parcours, mais plutôt de sensibiliser sur l'évolution de leur statut au
fil du temps ; permettre la redécouverte d'artistes femmes méconnues ; mettre en lumière
l'excellence de leur savoir-faire dont les métiers sont généralement déclinés au masculin, etc.
La charte égalité femmes/hommes des musées de la Ville de Bordeaux constituera une feuille
de route pour les équipes du musée (voir en annexe, page 352).
Les représentations
Le madd-bordeaux possède un nombre significatif de représentations féminines des XVII
et XVIII siècle : portraits et scènes de genre sous la forme de miniatures, de peintures,
de dessins, de pastels ou de gravures permettent d’évoquer plusieurs facettes du statut
de la femme dans la société française au XVIIIe siècle, dans la sphère publique comme privée.
Son habillement, son maquillage, les expressions, sa posture, les activités dans lesquelles
elle peut être représentée sont autant de traits qui permettent de dresser un portrait social
de la femme à cette période, qu’elle appartienne à la noblesse ou à la bourgeoisie.Partie — II. Repenser le parcours du musée : un nouveau regard sur les collections, multiple et inclusif 159 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 158
miniaturiste Pierre-Édouard Dagoty, ou encore Pauline Appert
(1810- v. 1880). Les recherches menées dans le cadre de la mise
en place du futur parcours permettront certainement de lever
le voile sur leurs histoires.
Les collections de design permettent également de mettre
en avant les œuvres de plusieurs artistes femmes. Plusieurs
d’entre elles ont effectué leur parcours dans le monde de
l’architecture et du design, majoritairement masculin durant
la seconde moitié du XX siècle, à l’exemple de l’Italienne
Gae Aulenti (1927-2012) ou de la Finlandaise Saara Hopea
(1925-1984). Nathalie Du Pasquier (1957-) et Martine Bedin
(1957–), toutes deux originaires de Bordeaux, étaient les seules
femmes parmi les membres fondateurs du groupe Memphis
en 1981, et aussi les plus jeunes du groupe. Leurs pièces,
incontournables pour l’étude des années 1980, sont
présentées en roulement dans le parcours du musée.
La place de la femme sur la scène artistique et plus
généralement dans la société est le sujet central de la série
« Greek Tragedy » imaginée par l’artiste israélienne Efrat Eyal,
dont le musée a acquis récemment deux pièces, un vase
et une coupe. La série a été conçue à partir de moulages
d’objets du quotidien, faisant partie de l’espace domestique
de l’artiste. Ces différentes formes, qui composent une sorte
de répertoire personnel, sont assemblées afin de créer
des vases et des coupes qui semblent avoir toujours existé.
Mais un regard plus attentif au décor révèle une tout autre
réalité. Les frises de motifs qui ornent la partie supérieure
de la panse et le col du vase sont réalisées à partir
de représentations stylisées d’objets que la société associe
à l’espace domestique et/ou à la sphère féminine : brosses,
plumeau, pinces à cheveux, raquette à tapis, reproduits en
rouge foncé, couleur caractéristique des céramiques grecques
à figures rouges, peuvent aisément être confondus avec
les frises de palmettes ou de motifs géométriques que
l’on trouve sur les vases antiques.
Sur une forme ancestrale, Efrat Eyal invente une nouvelle
narration : les gladiateurs et dieux grecs sont remplacés par
des photographies représentant une femme nue affairée
à des tâches domestiques (nettoyage, repassage…), issue
d’une série bien connue d’Eadweard Muybridge. En détournant
les photographies du photographe anglais, en jouant sur
notre perception des objets qui font partie de notre culture
visuelle, ce vase, objet domestique par excellence, invite
à s’interroger sur la place des femmes dans la société,
généralement assignées à l’espace domestique. Le nom
de cette pièce, Kneeling Woman (femme agenouillée),
interroge la façon dont les femmes accumulent les rôles
au quotidien, et d’autant plus, souligne Efrat Eyal, que l’on
est une artiste femme, et israélienne.
3 - Mémoire et patrimoine :
pour une relecture et une requalification
des œuvres
La médiation et l’enseignement de l’histoire de l’esclavage et en particulier de la traite
des Noirs, qui a contribué au développement commercial de la France et à l’enrichissement
de ses villes portuaires, est un enjeu contemporain relevant du devoir de mémoire.
La mémoire intervient pour réparer un oubli, affirmer une présence ignorée, en l’occurrence
celle des esclaves et de leurs descendants dans le récit national. Érigé autour de 1780, l’hôtel
de Lalande s’inscrit en partie dans cette histoire. Conseiller au parlement de Bordeaux, Pierre
de Raymond de Lalande possède de vastes plantations de café et de canne à sucre à
Saint-Domingue. Plusieurs parquets du rez-de-chaussée de la demeure ont été réalisés
en acajou, bois dans lequel on confectionnait les billes servant à lester les bateaux qui
rapportaient des denrées légères des Antilles.
Les collections du musée comptent de nombreux portraits d’importants propriétaires terriens
aux Antilles, contemporains de la traite des Noirs. Des objets témoignent, par leur décor et
leur iconographie, de cette histoire dont le récit doit désormais être visible et lisible
au sein du parcours du musée.
Ce travail actuellement en cours implique les équipes de la conservation et de la médiation
du musée, et inclut la participation des communautés patrimoniales concernées.
Des termes à bannir ?
Plusieurs œuvres présentées dans les salles incluent, dans leur titre, le substantif « nègre » :
pendule dite « au nègre », vasque dite « à la négresse », « Nègre portant une corbeille
de fruits », décor dit « au nègre » d’une cuiller ou d’une carabine.
Le terme « nègre » est indéniablement lié à la tragédie de l’esclavage, de la colonisation et
du racisme. Le mot apparaît au XVI e siècle d’abord pour désigner les Africains capturés sur
les côtes, les « negros », par les marins portugais. Le terme s’impose progressivement chez
les marins et les commerçants, puis dans le reste de la société, devenant un synonyme du mot
esclave. On peut lire ainsi en 1803, dans le nouveau Dictionnaire d’histoire naturelle : « Le Nègre
est et sera toujours esclave. L’intérêt l’exige, la politique le demande et sa propre constitution
s’y soumet presque sans peine. »
Si le statut d’esclave n’était pas, au Moyen Âge et à la Renaissance, lié à la couleur de peau
ou à une origine géographique particulière, la traite négrière change la donne et racialise
l’esclavage. La hiérarchie entre les races humaines, en fonction d’attributs physiques et
moraux, est alors théorisée, cherchant à justifier la prédestination à la servitude des « Nègres ».
Avec l’expansion du commerce et le développement des empires, le mot finit par désigner
toutes personnes noires, les réduisant à leur nature supposée servile. Cette hiérarchie raciale
ne disparaît malheureusement pas avec la fin de l’esclavage. D’esclaves, les « Nègres »
deviennent des sauvages qu’il convient de civiliser. On peut ainsi lire dans le Grand Dictionnaire
universel du XIX siècle de Larrousse (1872) : « C’est en vain que quelques philanthropes ont essayé
de prouver que l’espèce nègre est aussi intelligente que l’espèce blanche. » Un racisme
scientifique et biologique, porté par plusieurs disciplines (anthropologie, médecine,
anatomie…), s’évertue à démontrer l’infériorité des « Nègres » par rapport aux Blancs.
C’est dans ce contexte, celui de la traite des Noirs au XVIII siècle et de la pensée raciale liée
au développement des empires coloniaux au XIX siècle, qu’ont été produits tous les objets
et représentations dont les intitulés intègrent le terme « nègre », provenant des collections
du musée.
Parmi ces œuvres, une vasque monumentale réalisée par la manufacture bordelaise J. Vieillard
& Cie, présentée à l’exposition universelle de 1878. Depuis son entrée dans les collections
municipales en 1895, elle est intitulée « grande vasque surmontée d’une statue de négresse »Partie — II. Repenser le parcours du musée : un nouveau regard sur les collections, multiple et inclusif 161 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 160
ou « vasque à la négresse », selon les termes que l’on
retrouve dès 1878 sous la plume du rapporteur officiel
de l’exposition universelle : « On n’avoue pas son amour
pour une négresse ; de pareils sentiments sont d’un goût
douteux ; mais les artistes ont des privilèges et
nous en usons pour nous proclamer remués par
cette noire de grande race, par cette reine sauvage à
la robe jaune, au sein de marbre, au regard de braise,
aux lèvres de feu, marchant sur des fleurs voyantes,
bizarres et capiteuses. » (Victor de Luynes, 1878). On voit
là comment la figure de la femme noire est sexualisée.
Il faut attendre la Première Guerre mondiale pour
que cette vision évolue. Le recrutement de 200 000
Africains parmi les troupes françaises et leur installation
dans la métropole à l’issue de l’armistice modifient
la perception des « Nègres ». Si le mot est toujours
largement utilisé, il se teinte d’une dimension exotique
qui séduit les milieux artistiques et littéraires : l’art
nègre est en vogue et les « bals nègres » attirent
le Tout-Paris. Au même moment, les poètes de
la négritude, le Sénégalais Léopold Sédar Senghor
et le Martiniquais Aimé Césaire s’emparent du terme
et le réapproprient pour affirmer la négritude
comme culture.
Après les atrocités de la Seconde Guerre mondiale,
au lendemain de la Shoah, dans un contexte de
décolonisation, le terme disparaît de la langue officielle
en Europe et également aux États-Unis, où cependant
la ségrégation raciale stigmatise et discrimine
les personnes noires. Sociologues, biologistes et
anthropologues s’accordent progressivement pour
affirmer que le concept de race est un mythe qui
a causé des souffrances dévastatrices.
Dans un contexte globalisé, que faire du terme
« Nègre » aujourd’hui dans un musée ? S’il a disparu
du langage courant, il demeure indéfectiblement lié
à l’histoire de l’esclavage et du racisme. Le terme que
l’on ne peut prononcer aux États-Unis, le « N-word »,
participe toujours aux violentes tensions raciales.
Continuer de l’utiliser en dehors du contexte historique
et sociologique qui a rendu possible son apparition et
son usage est offensant et discriminant. Cependant,
supprimer ce terme des cartels du musée reviendrait à
nier son importance dans l’histoire des objets et
des décors qu’il désigne, et de leurs usages.
Suivant le modèle adopté dès 2016 par le Rijksmuseum
d’Amsterdam, les termes « nègre », « négresse » et
également « sauvage » seront supprimés des titres des
œuvres mais maintenus dans les cartels sous la forme
suivante : « anciennement intitulée… ». Le changement
de titre fera l’objet d’une explication spécifique.
La notion d’exotisme remise en question
Si la notion d’exotisme n’est pas, a priori, porteuse
de la même histoire, elle trahit cependant le point
de vue de celui qui l’emploie. Ce qui est exotique pour
un groupe d’individus ne l’est pas pour tous.
Qualifier d’exotique un objet ou une personne revient à l’essentialiser, ce qu’il représente ou
la culture qu’il évoque, c’est-à-dire figer son identité, la restreindre, la réduire à une seule
de ses dimensions. L’adjectif exotique renforce la distance et la différence en créant une altérité
globale et imaginaire (de classe, de culture, de pratique, d’apparence …). En effet, le terme
est indifféremment utilisé pour désigner des productions ou des représentations relevant
de cultures très différentes, et les réduit à leur seul caractère étranger, dans ce qu’il peut
revêtir de fascinant pour le regard occidental.
Si la description d’un objet se réduit à son caractère exotique, alors elle nie la multiplicité
des points de vue à l’œuvre dans le contexte de production de l’objet, comme la violence subie
par les esclaves noirs représentés sur l’anse de certaines théières en argent au XVIII siècle.
Dans un article intitulé « Faut-il en finir avec l’exotisme ? Réflexions d’après-coup »
(Hypothèses, 2008), l’auteur Frank Lestringant fournit des pistes intéressantes :
« Il faut penser un exotisme réversible, comme l’imagine déjà Montaigne dans
sa mise en scène des ‘Cannibales’, où les rôles de l’observateur et de l’observé
échangeraient leurs places respectives, un exotisme mobile où l’initiative ne
viendrait pas toujours du même côté, où le point de vue varierait sans cesse et
où la manipulation prendrait au piège le manipulateur même. »
4 - Derrière les œuvres,
les collectionneurs-donateurs
mis en valeur
Derrière les œuvres et les collections se cachent de nombreux donateurs, souvent invisibles
dans les parcours de visite. Il s’agira de mettre en avant ces collectionneurs, qui ont contribué
depuis le début du XX siècle à l’enrichissement des collections, à la connaissance et la mise en
valeur d’un patrimoine alors méconnu. Une manière d’incarner les collections différemment,
de désacraliser aussi les œuvres en proposant aux visiteurs un autre récit témoignant notamment
du rapport d’intimité que l’on peut tisser avec des objets. Une signalétique spécifique permettra
d’identifier ces portraits de collectionneurs tout au long du parcours du musée.
Nous présentons ci-dessous une sélection de trois collections qui feront l’objet d’une nouvelle
approche dans le futur parcours du musée.
La collection Raymond Jeanvrot
Les travaux entrepris dans l’ancienne aile des communs et des cuisines de l’hôtel de Lalande
nécessitent de déplacer les collections qui y étaient jusque-là présentées, en l’occurrence
la collection du Bordelais Raymond Jeanvrot (cf. partie 1 – II). Le nouveau parcours visera à mettre
en avant moins les figures emblématiques représentées dans sa collection, que le collectionneur
lui-même. Sa collection sera désormais présentée au deuxième étage de l’hôtel particulier,
dans une scénographie qui permettra de saisir la personnalité et l’originalité de ce collectionneur.
Cette nouvelle présentation visera à recréer l’intérieur du collectionneur, connu grâce à cinq
vues photographiques d’époque, mais aussi à mettre en avant les grands axes de sa collection,
qui mêle souvenirs historiques et objets d’art. L’une des particularités de la collection de
Raymond Jeanvrot réside dans sa passion pour des objets que l’on pourrait qualifier de désuets,
mais qui possèdent une grande charge évocative : des boîtes et des bonbonnières créés par
lui-même à partir de fragments de gravure, ainsi qu’un ensemble d’objets de vitrine,
passementeries, reliques diverses…
La collection des frères Bonie
À Bordeaux, dans le courant du XIX siècle, parallèlement au développement des musées
municipaux, des collections particulières se sont constituées, donnant naissance à de véritables
musées privés.Partie — II. Repenser le parcours du musée : un nouveau regard sur les collections, multiple et inclusif 163 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 162
céramique bordelaise au XIX siècle. Son métier l’amène à travailler dans de riches demeures
bordelaises et dans les châteaux de la région, où il forge progressivement son goût. Avec son
épouse, Marcel Doumézy s’installe dans une très simple échoppe bordelaise, située rue Saint-
Maur – qu’il écrivait non sans humour « rue 5 morts ». Au moment de léguer sa collection à la
ville de Bordeaux, âgé de 76 ans, il explique : « Je me suis privé beaucoup, et j’ai mis tout mon
argent dans mes collections, parce que ça me plaisait. »
Donnée au musée des Arts décoratifs en 1969, sa collection qui comprend plus de 220 pièces
constitue le noyau de la collection de céramiques des manufactures bordelaises Lahens & Rateau,
David Johnston et Jules Vieillard, qui compte aujourd’hui plus de 500 pièces dont plus
d’une centaine de dessins.
5 - Mise en valeur de certains axes
de la collection
a. Les chefs-d’œuvre de la collection
Les pièces les plus importantes des collections sont bien connues, ou au moins identifiées,
grâce aux travaux de nos prédécesseurs ou au travers de recherches récentes menées
en interne ou en collaboration avec des chercheurs ou d’autres institutions. Cependant,
certains domaines (comme celui des armes) ou sous-catégories (comme celles des coffrets)
nécessitent un travail plus approfondi ainsi que des avis extérieurs.
À l’heure actuelle, au sein du parcours, rien ne permet de différencier les chefs-d’œuvre
des autres pièces. Ainsi en est-il :
▶ Pour les œuvres graphiques, du grand dessin sur vélin d’Alexandre Marolles,
Vue en perspective du port et de la ville de Bordeaux (1738) ou de certains portraits
aux pastels – ceux notamment par Jean-Baptiste Perronneau ou
Maurice-Quentin de la Tour.
▶ Pour les sculptures, du buste en marbre de Montesquieu (1767) par Jean-Baptiste II
Lemoyne ou de la réduction en bronze de la statue équestre de Louis XV (1769)
du même auteur, qui sont tous les deux des exemplaires uniques.
▶ Pour les meubles, à l’instar du meuble desserte à hauteur d’appui (vers 1790)
par Jean-Ferdinand Schwerdfeger, ébéniste dont la production est rare – connu
pour avoir fourni à Marie-Antoinette son célèbre serre-bijoux, le meuble le plus
cher du XVIII siècle.
La liste est trop longue pour pouvoir être ici citée de manière exhaustive.
Pour y remédier, il paraît nécessaire, compte tenu de l’absence de cartels, de repenser
les dispositifs scénographiques (nouveaux soclages, mises à distance plus importantes) et
l’éclairage de ces pièces pour les mettre en exergue et les rendre immédiatement identifiables
par les visiteurs.
b. La collection de miniatures
Sans prétendre rivaliser avec les collections les plus prestigieuses, la collection de portraits
miniatures du musée des Arts décoratifs et du design de Bordeaux n’en constitue pas moins
une référence connue de tous les amateurs et des spécialistes. En effet, au même titre qu’il
existe une célèbre école de miniature lorraine ou à Genève, Bordeaux fut entre 1780 et 1850
un des centres européens de cette discipline sous l’influence du peintre Pierre-Édouard Dagoty
(1775-1871), « l’Isabey bordelais » – en référence à Eugène Isabey, plus célèbre miniaturiste
du Premier Empire.
Le terme « miniature » apparaît en français vers le milieu du XVII siècle mais son emploi
dans la langue courante n’a jamais été très strict ; de nos jours encore, le terme est peu ou
Il en est ainsi du musée Bonie qui, dès 1856, regroupe
à Bordeaux des objets anciens de tous genres et
de tous pays, collectés par Édouard Bonie (1819-1894)
au cours de ses nombreux voyages à travers le monde.
Magistrat, il débuta sa carrière en Algérie, où il resta
pendant une dizaine d’années lors desquelles il collecta
de nombreux objets caractéristiques de la culture
arabe ainsi que des souvenirs militaires liés à
la conquête du pays. De retour en France, il est affecté
dans différentes villes du Sud-Ouest, Condom, Cahors,
Agen puis Bordeaux, où il continue de rassembler
des objets représentatifs de l’artisanat de ces villes.
À travers ses voyages en Italie, en Tunisie, en Égypte,
en Angleterre, en Belgique, en Russie, en Autriche et
en Turquie, il constitue une riche collection, éclectique
en termes de styles et d’époques. Ses frères, Charles,
Alphonse et Théophile, ont tous occupé des positions
militaires à l’étranger d’où ils rapportent des objets
extra-occidentaux, qui ont par la suite rejoint
le musée des frères Bonie.
En 1894, il lègue à la Ville sa collection et l’hôtel
particulier qui l’abritait, dans lequel il avait fait
aménager « un fumoir arabe et un patio oriental ».
Le musée Bonie accroît ainsi d’environ 5 000 pièces
les collections municipales. Mais le musée devient
progressivement un dépôt commun pour plusieurs
musées de la Ville, qui procèdent autant à des emprunts
qu’à des apports de nouvelles œuvres. En déshérence
à la suite de la Seconde Guerre mondiale, il cesse toute
activité en 1965. En 1969, une grande partie des œuvres
du musée Bonie est transférées au musée des Arts
décoratifs. En 1981, les derniers objets et éléments
de décor sont transféré au musée d’Aquitaine. Deux
ans plus tard, les travaux d’élargissement de la rue
des Frères-Bonie entraînent la démolition du musée.
La mise en valeur de cette collection, qui témoigne
autant d’une passion pour les arts extra-occidentaux
et pour le patrimoine régional, offrira un autre regard
sur les notions d’orientalisme et d’altérité culturelle,
abordées dans le parcours du musée à travers
la production de la manufacture bordelaise J. Vieillard
& Cie, contemporaine des frères Bonie.
La collection Marcel Doumézy
En 1970, Marcel Doumézy est interrogé par un journaliste
de l’ORTF à l’occasion d’un reportage télévisé :
▶ Qui êtes-vous M. Doumézy ?
▶ Eh bien, je suis le fils de mon père…
▶ Mais encore ?
▶ Un collectionneur
Soldat pendant la Première Guerre mondiale, Marcel
Doumézy a travaillé toute sa vie comme menuisier
et raboteur de parquet à Bordeaux. Au fil des années,
il a acquis une importante collection de faïence
permettant de retracer toute l’histoire de l’industriePartie — II. Repenser le parcours du musée : un nouveau regard sur les collections, multiple et inclusif 165 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 164
présenté au public (une soixantaine de pièces
seulement sur les quelque 260 œuvres de très belle
qualité que nous possédons) ne permet pas de rendre
compte de l’évolution des styles des miniatures au sein
de notre collection, ni de la variété des objets
qu’elles touchent.
Cette collection pourrait être mise en valeur grâce
à l’attribution d’une salle dédiée. L’atmosphère
lumineuse de la « chambre jonquille », au premier
étage de l’hôtel de Lalande, où est montée la très belle
boiserie Louis XVI provenant de l’hôtel du négociant
et raffineur de sucre Louis-Hyacinthe Dudevant (57,
rue des Menuts) – oncle du mari de George Sand
– constituerait le cadre idéal pour accueillir cette
collection de miniatures.
La collection pourrait être présentée (de manière
chronologique) dans des tables vitrines, en même
temps que quelques portraits de chevalet réalisés
par des peintres traditionnels qui se sont essayés
également au genre de la miniature. La présentation
pourrait être enrichie par la présentation d’un matériel
de peintre miniaturiste (celui de Pierre-Édouard Dagoty
que nous conservons) ainsi que par quelques portraits
photographiques – technique qui supplanta celle
de la miniature.
La richesse du fonds du musée permettrait en outre
de présenter un certain nombre de boîtes ornées
de miniatures, permettant aux visiteurs de prendre
en compte la portée du phénomène et des différents
médiums utilisés (papier, ivoire, émail).
c. Hier pour demain : arts, traditions
et patrimoines liés au travail du fer
Au moment où l’on s’interroge sur le rôle des musées,
sur les œuvres qu’ils recèlent, les histoires qu’ils
racontent (par qui et pour qui ?), peut-être faut-il
reconsidérer certains domaines de nos collections qui,
malgré leurs qualités plastiques, ne sont pas ou peu
montrés (cf. partie 1 – II).
Ainsi en est-il des collections d’armes (plus de
700 numéros), de serrurerie-ferronnerie (environ
280 numéros) qui couvrent plus d’un demi-millénaire
d’histoire et de savoir-faire locaux.
Patrimoines différents, constitués au-delà des « chefs-
d’œuvre » de renommée universelle ou des genres admis
dans un musée d’arts décoratifs (traditionnellement
des objets de luxe liés au style de vie et aux valeurs
aristocratiques), ces œuvres nous invitent à enrichir et
complexifier le récit admis sur certaines périodes.
Elles nous permettent aussi de réinterroger la notion
d’Art qui, depuis la Renaissance, met au premier rang
les arts plastiques aux dépens des activités manuelles
ou industrieuses.
prou méconnu du grand public qui a du mal à cerner les acceptions que revêt ce mot. Dans
la majorité des cas, ce terme désigne des œuvres de petit format (de 2 à 20 cm) réalisées
au crayon, à la plume, à l’aquarelle, à l’huile, en émail (sur métal ou sur porcelaine, et même
sur verre). Par ses dimensions, ce type de portrait a été décliné de manière isolée, sagement
emprisonné dans un cadre, mais aussi sur différents objets : boîtes (à pilules, à tabac), étuis,
bijoux, etc., brouillant ainsi les frontières traditionnellement dévolues au genre ; ses usages,
souvent destinés à la contemplation privée, participent également de sa spécificité.
Pour être appréciées, les miniatures exigent de la tranquillité et du recueillement ; il faut,
idéalement, se retrouver dans un état d’âme apparenté, ne fût-ce que de loin, à celui de
l’artiste au moment de sa production. Mais au-delà du pur plaisir esthétique, de la curiosité
ou du goût de l’histoire nécessaires pour apprécier cette sorte de généalogie vivante,
il faut aussi donner aux visiteurs les clés permettant de comprendre ces œuvres qui sont
autant le reflet de la petite histoire individuelle que de l’évolution des grands courants
artistiques et des modes.
Du milieu du XVI siècle jusqu’à l’invention de la photographie au milieu du XIX siècle,
les portraits en miniature remplissaient un rôle spécifique : permettre d’emporter avec soi
une image de l’être cher aussi fidèle que possible, ou encore de donner une idée de l’apparence
d’une personne que l’on n’a pas encore rencontrée mais que l’on aimerait rencontrer (si
l’apparence, telle que rendue sur la miniature, est attrayante). Ainsi, jusqu’au XIX siècle,
bien avant l’ère des rencontres sur Internet, l’échange de portraits miniatures était la seule
occasion pour les mariés, qui souvent ne s’étaient jamais vus (à une époque de mariage
généralement arrangés), de découvrir s’ils se trouvaient attirants (ce qui, bien entendu, n’était
qu’un aspect secondaire). Lorsque les couples ou les familles étaient contraints de se séparer
— circonstance trop familière de nos jours —, le portrait miniature servait de substitut à
la personne absente, comme la photo aujourd’hui dans un portefeuille ou un selfie sur
un téléphone. Pour toutes ces raisons, les miniatures ont donc joué un rôle important,
scandant les grands événements de la vie et de ses âges. Aujourd’hui, ce sont des sources
d’information précieuses pour les chercheurs.
L’importante collection du musée est riche en œuvres de grands miniaturistes français tels
François Dumont (1751-1831), Jean Urbain Guérin (1760-1836), Daniel Saint (1778-1847), mais
aussi d’artistes ayant séjourné à Bordeaux, tels Jean Antoine Laurent (1763-1832), Louis
Antoine Collas (1775-1856), René-Margueritte Magol (1753-1793) ou encore des peintres
s’essayant occasionnellement à cette technique tels François Lonsing (1739-1799), Pierre
Lacour (1745-1814), Philippe-Gustave de Galard. Mais le maître incontesté du petit portrait à
Bordeaux est Pierre-Édouard Dagoty, artiste d’origine italienne qui a peint la bonne société
bordelaise – société cosmopolite de négociants, d’armateurs, de marchands, susceptibles
de s’absenter pendant de longues périodes et soucieuse de sa « représentation ». Tous
les observateurs s’accordent sur l’importance et l’épanouissement de ce genre à Bordeaux,
plutôt qu’ailleurs, ce qui permet de parler d’une véritable école bordelaise du portrait
en miniature, ayant ses propres spécificités.
L’école bordelaise ou le charme discret de la bourgeoisie
Le provincialisme, causé par l’éloignement de la capitale et une situation géographique
à l’écart des grands axes de communication, toutefois compensé par une ouverture sur
l’océan, nous vaut des œuvres souvent attachantes, d’un grand charme, mais dans l’ensemble
discrètes. Elles répondent au bon goût peu novateur d’une société bourgeoise avant tout
soucieuse de ses aises, conviviale et attachée à des valeurs sûres. Il existe un style bordelais
original et authentique, inspiré, peut-être, par la clémence du siècle et l’harmonie du site
urbain. Les artistes venus de différents horizons pour travailler dans cette ville s’y laissent vite
prendre ; les miniaturistes n’ont pas échappé à cette règle. Dagoty, peintre d’une ville et
de sa société, avec son œuvre pléthorique qui s’étend sur près d’un demi-siècle, témoigne
de cette réalité.
Remise en valeur de la collection : vers une approche sensible et diversifiée
Aujourd’hui cantonné à des espaces restreints — dans « le couloir des miniatures » ou
dispersées dans les vitrines des salles de la collection Jeanvrot —, le choix qui estPartie — II. Repenser le parcours du musée : un nouveau regard sur les collections, multiple et inclusif 167 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 166
Qu’en était-il exactement ? Quelle valeur accordait-
on à ce patrimoine et pour quelles raisons ? Pourquoi
avoir choisi d’intégrer les armes aux collections
du musée des Arts décoratifs et non à celles plus
ethnographiques du musée d’Aquitaine ?
Autrefois comme aujourd’hui, pas de créateur sans
consommateur, pas de musée sans public et encore
moins sans volonté politique ; de la création des
collections à la précision des missions du musée,
une histoire passionnante est à retracer.
Un fonds d’archives à étudier
La présence de cette collection d’armes au musée des
Arts décoratifs et du Design s’accompagne d’un fonds
ancien d’archives (regroupant des inventaires de
collection avec provenances, des dessins d’armes, de la
correspondance, des coupures de presse et des listes
d’achats effectués) documentant la vie de la collection
du « musée d’Armes » (un fonds d’archives — similaire
à celui concernant le « musée d’Ethnographie » versé à
l’université de Bordeaux et accessible en ligne).
Objectifs
Afin de mener à bien ce projet nous nous sommes
rapprochés du musée de l’Armée qui assurera une
sorte de comité de pilotage pour (1) étudier la
collection d’armes et (2) le fonds d’archives qui s’y
rattache avant de procéder (3) à la restauration des
pièces conservées en réserves — l’objectif final étant
de réintégrer une sélection des plus belles pièces dans
le nouveau parcours des collections.
Compte tenu de la difficulté de faire cohabiter ces
domaines de collection avec les espaces historiques
du musée, où sont présentés des objets d’arts liés au
décor intérieur, il nous paraît judicieux d’opter pour
des espaces plus neutres – dans l’ancienne prison,
dans les espaces du sous-sol de l’hôtel particulier ou
dans l’une de ses cages d’escalier (?).
6 - Orientation des
acquisitions et des dépôts
La politique d’acquisitions et de dépôts est pensée
d’une part en continuité avec les axes définis depuis
2013 (cf. partie 1 – II) et d’autre part en lien étroit avec
le futur parcours du musée.
Les acquisitions poursuivront les grandes orientations
adoptées : l’enrichissement des collections dédiées
aux arts de la table ; le design des années 1980 ; les
vases ; les points forts des collections anciennes du
musée. Chacun de ces axes fait l’objet d’un travail
de recherche et de médiation spécifique, qui sera
poursuivi y compris pendant la fermeture du musée.
Rassemblées en grande partie entre le début du XIX siècle et le premier quart du XX siècle,
au moment où l’industrialisation bat son plein et où on s’interroge sur la perte des savoir-faire
anciens, ces collections ont un double projet : aller plus loin dans la compréhension des valeurs
plastiques, ce pourquoi les œuvres rassemblées doivent se prêter à un discours sur les matières,
les techniques et les formes ; retrouver le sens des compétences, de l’habileté lentement
acquise, de la maîtrise et du savoir, ce pourquoi les œuvres choisies doivent représenter
une production manuelle plutôt qu’industrielle. Ce courant d’intérêt s’inscrit également
dans un contexte plus large, celui de l’émergence de la modernité qui s’exprime à travers
l’essor du réalisme et des nouvelles aspirations sociales.
Qu’il soit travaillé pour forger un clou, un outil, réaliser une arme ou une armure, protéger une
demeure ou un bien, fondre une cloche ou un mortier, le savoir-faire nécessaire à la mise en
œuvre du métal a toujours été valorisé. Du point de vue de l’art, on le comprend aisément,
la mise en œuvre de ce matériau fournit des effets totalement différents selon qu’il est travaillé
au marteau (à froid ou à chaud) ou fondu dans un moule. Le fer porte ainsi directement
la marque du travail humain et de l’évolution technologique de nos sociétés.
L’idée principale que nous souhaiterions faire ressortir est celle de la continuité des savoir-
faire que l’on retrouve dans les collections des arts du fer, qui regroupent la serrurerie et
la ferronnerie, dont Bordeaux fut, comme pour les armes, un des hauts lieux de production.
« Peu de villes peuvent s’enorgueillir de posséder même en partie les richesses de ferronnerie
que l’on trouve à Bordeaux », avait souligné l’historien Louis Blanc. Il n’est qu’à lever les yeux
ou à observer la porte même de la cour du musée pour s’en apercevoir.
L’exemple de la collection d’armes
Contexte
Cette collection, rappelons-le (cf. partie 1 – II), est constituée en majorité de pièces du Moyen
Âge provenant de la collection Micol acquise en totalité par la Ville de Bordeaux en 1852 pour
créer le musée d’Armes. Elle était considérée jusqu’au début du XX siècle comme une des
plus belles collections de province. Celle-ci prend un relief particulier lorsqu’on sait qu’elle
avait également été proposée à la Ville de Saint-Étienne, ville de longue tradition armurière,
qui projetait de l’intégrer à son musée de l’Artillerie (1874) qui préfigurait la création du musée
d’Art et d’Industrie (1889). La collection d’armes de la Ville de Bordeaux fut d’abord placée à
l’Hôtel de Ville dans une salle dédiée qui précédait le musée de tableaux en attendant un lieu
propice à créer un « musée d’Art et d’Industrie », regroupant l’ensemble des collections de
la Ville (hors Beaux-Arts) selon l’esprit encyclopédique de l’époque.
Le goût pour les collections d’armes remonte au début de la période moderne ; en rassembler
de manière artistique, dans une galerie ou un cabinet, renvoyait l’image d’un homme de goût,
en même temps qu’elle évoquait celui d’un glorieux héritage militaire, reflet des grands moments
de l’histoire nationale et d’un statut élevé dans la société d’Ancien Régime. Il a fallu attendre
1794 et la création d’un dépôt d’armes de tous genres (ancêtre du musée de l’Artillerie) pour
voir apparaître le premier musée d’armes sur le sol français. Quelques années plus tard, au cours
de la première exposition universelle en 1851, les armes anciennes font alors pleinement
partie des objets d’art tout comme les bijoux ; on considère qu’elles ont une égale valeur
d’enseignement, aussi bien pour leur aspect artistique que technologique ou encore historique.
Théâtre de batailles permanentes, Bordeaux fut depuis le XII siècle un centre de production
renommé pour ses armes de poing ou ses armures ; bien que la fabrication d’armes connût un
ralentissement après la conquête française au XV siècle, elle conserva une réelle importance
puisque des Milanais apportèrent à Bordeaux leurs secrets de fabrication pour les armures
de luxe¹. Dans un mémoire adressé au roi en 1542, à l’occasion d’un procès soutenu contre
les jurats par les avocats, procureurs, marchands et bourgeois de la Ville de Bordeaux, on
affirme « qu’il n’y avoit ville, dans tout le royaume, mieux réparée et munie d’artillerie et
de tous autres harnois de guerre que la ville de Bordeaux² ».
Sans doute n’était-ce pas un hasard si Jules Labet, le premier conservateur du musée d’Armes
de Bordeaux, était arquebusier de formation, dernier témoin d’un patrimoine industriel disparu.
. Ernest Gaullieur,
« L’armurerie milanaise à
Bordeaux au XV siècle »,
Revue d’Aquitaine : journal
historique de Guienne,
Gascogne, Béarn, Navarre (…),
Bordeaux, 1868, p. 36-53.
. « Arch. Mun. De
Bordeaux, série JJ, Invent.
Somm. De 1751, au mot :
bourgeois », cité par Ernest
Gaullieur, Les Gascons et
l’artillerie bordelaise au siège
de Fontarabie (1521 à 1524),
1877, p. 26 qui donne comme
référence bibliographique
« Archives historiques de la
Gironde, t. IV, 1863, p.155 ».Partie — II. Repenser le parcours du musée : un nouveau regard sur les collections, multiple et inclusif 169 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 168
Les collections de design seront toujours présentées en roulement au sein du parcours permanent.
Des vitrines dédiées pour la présentation de la collection de vases permettront d’en exposer
un nombre plus important qu’aujourd’hui. Un espace dédié à la présentation d’arts graphiques
permettra également d’inclure des productions graphiques de designers. Les relations établies
depuis de nombreuses années avec le Cnap et avec le CIRVA se poursuivront donc naturellement,
pour enrichir la présentation par de nombreux dépôts. Des dépôts du musée des Arts décoratifs
de Paris et du Centre Pompidou pourront également être envisagés.
7 - Poursuite de la numérisation et
mise en ligne des collections
La mise en ligne des collections s’effectue au fur et à mesure de l’arrivée de nouvelles pièces,
du récolement et des prises de vue professionnelles des œuvres. Leur accessibilité et leur
visibilité en ligne constituent une priorité pour le musée.
Dans la mesure où aucun autre musée de la Ville de Bordeaux n’a rejoint la base de données
Alienor, qui ne permet pas une intégration facile depuis Micromusée, le madd a également
fait ce choix, afin de se concentrer sur la mise en ligne des collections sur les bases Joconde et
Videomuseum.
La contribution à ces bases inscrit le madd-bordeaux dans une dynamique de réseau et lui
garantit une visibilité de ses collections à l’échelle nationale.
a. Plateforme Ouverte du Patrimoine (POP) - la base Joconde
Catalogue collectif des collections des musées de France, la base Joconde est le fruit
d’un partenariat entre le Service des Musées de France et les musées participants. Riche
de plus de 400 000 notices d’objets de toute nature (archéologie, beaux-arts, ethnologie,
histoire, sciences et techniques...), ce catalogue est enrichi et accessible à tous sur
la plateforme ouverte du patrimoine (POP). L’enrichissement de la base peut être réalisée
en parfaite autonomie et de façon simple via un import depuis notre logiciel de gestion
des collections Micromusée.
Aujourd’hui environ 800 œuvres sont répertoriées sur la base Joconde. D’ici la fin de l’année
2022, 2 000 œuvres seront accessibles. L’objectif de 5 000 œuvres est fixé pour la réouverture
du musée en 2025.
b. Videomuseum
Videomuseum constitue un réseau de musées et d’organismes possédant des collections
d’art moderne et contemporain (musées nationaux, régionaux, départementaux ou
municipaux, Cnap, Frac, fondations), qui se sont regroupés pour développer, en commun,
des méthodes et des outils utilisant les nouvelles technologies de traitement de l’information
afin de mieux recenser et diffuser la connaissance de leur patrimoine.
Videomuseum regroupe aujourd’hui 73 collections, soient plus de 400 000 œuvres, réparties
dans deux portails : « les collections des 23 Frac » et « les collections Design », auxquelles
le madd-bordeaux collabore avec plus de 500 pièces.
Pour des raisons de contrainte budgétaire, le madd-bordeaux a choisi de rester « membre
actif » du réseau et non « membre associé ». Ce dernier statut, qui permettrait d’être
entièrement autonome dans l’intégration de nouvelles œuvres et la modification des fiches
via le logiciel Gcoll, implique en effet une contribution financière élevée.
En lien avec l’équipe de Videomuseum, le madd-bordeaux enrichit la base de façon continue,
par des exports de données tous les six mois environ, au fur et à mesure des prises de vue
et des acquisitions de pièces de design.
Les acquisitions se concentreront sur des pièces
exceptionnelles, en raison de leur rareté, de leur
provenance, ou de leur valeur de symbole au regard
des périodes, des styles ou des typologies.
Le nouveau parcours du musée implique à la fois le
rendu de certains dépôts et la recherche de nouveaux.
Parallèlement, la politique d'acquisitions portera une
attention accrue aux productions qui témoignent d'une
réflexion sur les nouveaux enjeux climatiques, sociaux et
éthiques. Le travail de prospection mené par les équipes
s'orientera vers le travail d'une génération qui a à coeur
d'explorer le potentiel des objets et matériaux existants
pour produire moins, développer une créativité de
l'existant pour plus de sobriété. Le don récent au musée
(2022) de l’œuvre expérimentale et conceptuelle
OMR Sanitary Unit, du designer Jerszy Seymour est
emblématique de cet axe de réflexion.
Le salon Cruse-Guestier au rez-de-chaussée de l’hôtel
de Lalande sera désormais présenté dans l’actuel salon
dit bordelais, au premier étage. Ce déplacement permet
de libérer un espace au cœur du musée pour les ateliers
des enfants (cf. partie 2 – I). Il permet également d’offrir
un espace plus important et surtout plus adapté à la
présentation du cadre de vie des Cruse-Guestier dont
une partie du mobilier et des objets d’art était jusqu’alors
éparpillée dans le petit couloir adjacent. Le réaména-
gement du salon Cruse-Guestier s’appuiera sur les
différentes représentations connues du grand salon de
l’hôtel Guestier, rue Pierlot — notamment les quatre
vues d’intérieur peintes par Félix Carme qui sont dans
les collections du musée qui pourront être présentées
dans le petit corridor qui précède cette pièce. Le
caractère du salon était donné par un grand tapis dit
« des Maréchaux », qui faisait partie du legs donné au
musée en 1936. Ce tapis, placé en dépôt dans un garde-
meuble en 1943, a beaucoup souffert et n’a pu être
conservé. Un tapis de la Manufacture de la Savonnerie,
tout à fait similaire, présent dans les collections
du Mobilier national à Paris (GMT-2057-000), fera
prochainement l’objet d’une demande de dépôt.
Des dépôts seront également sollicités auprès de
différents musées et institutions pour la création d’une
chambre au rez-de-chaussée de l’hôtel de Lalande, dans
le salon dit des porcelaines, jouxtant le salon de
compagnie, dédiée à la présentation des porcelaines de
Bordeaux. La création de cette nouvelle pièce offrira une
meilleure compréhension de la distribution au rez-de-
chaussée de l’hôtel particulier. Cette chambre inclura
également un cabinet de travail-cabinet de curiosités
rassemblant notamment des objets extra-occidentaux,
des instruments de mesure et des objets évoquant le
goût renouvelé à la fin du XVIII siècle pour l’Antiquité.
Un travail de repérage est actuellement en cours afin
d’identifier les œuvres qui pourraient être déposées pour
enrichir cette présentation, auprès du musée d’Aquitaine,
du Muséum d’Histoire naturelle et du Mobilier national.Partie — III. Gestion et préservation des collections 171
III. Gestion et
préservation
des collectionsPartie — III. Gestion et préservation des collections 173 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 172
2. Un plan pluriannuel de restauration
des œuvres pour renouveler
les présentations
Les projets de restauration se concentrent sur les œuvres qui seront présentées dans le futur
parcours du musée et sur de vastes ensembles, actuellement exposées ou conservées en
réserves, dont l’état sanitaire nécessite une intervention globale.
Nous présentons ci-dessous une sélection des projets de restauration à venir.
Conservation-restauration du papier peint panoramique Les Fêtes grecques
Les travaux de rénovation du musée nécessitent le déplacement du papier peint panoramique
Les Fêtes grecques de la Manufacture Dufour et Leroy à Paris, vers 1824 (inv. 82.3.1),
actuellement présenté dans le premier salon du parcours d’exposition. À l’occasion de
cette opération, cet ensemble, qui présente un mauvais état de conservation, fera l’objet
d’une importante restauration.
Ce papier peint présente en effet de nombreuses dégradations mécaniques et chimiques.
Collé à même le mur, sans respecter l’ordre d’origine des scènes, l’œuvre présente également
un problème de lisibilité. Pour intervenir sur cette œuvre, la méthodologie de restauration
préconisée est de déposer le papier peint (phase 1) pour pouvoir le traiter en atelier (phase 2)
puis le remonter (phase 3). Ces opérations seront réalisées par une restauratrice agréée dans
les ateliers de restauration installés au musée Bernard d’Agesci à Niort, ateliers placés sous
le contrôle scientifique et technique du Centre de Recherche et de Restauration des Musées
de France (C2RMF). Un comité de pilotage pourra être sollicité pour le suivi des travaux
de restauration.
Moyens / Protocole Dates de réalisation Campagne Localisations
Récolement des
œuvres transférées
des réserves
provisoires (hôtel
Ragueneau) vers
les nouvelles
réserves (site
Jean Vaquier)
Récolement
des œuvres
en dépôt dans
des institutions
extérieures
Réserves
Musée Paul Dupuy
Musée du Vin et
du Négoce
Musée des Douanes
Musée des Beaux-Arts
Musée d'Aquitaine
Mairie de Bordeaux
Grand-Théâtre
Dominicains
Château de Duras
Château de
Chambord
Château de Cadillac
Bibliothèque
Vérification à partir de l’objet
et de sa localisation, constat
d’état, marquage, prise de
vue et conformité avec les
registres d’inventaire.
Vérification à partir de l’objet
et de sa localisation, constat
d’état, marquage, prise de
vue et conformité avec les
registres d’inventaire.
2023-2026
2023-2024
1. Poursuite du récolement
des œuvres
La poursuite du récolement des œuvres conservées en réserves constitue le premier objectif
de la deuxième campagne décennale qui s’achèvera en 2024. L’estimation des œuvres
conservées en réserves et qui n’ont jamais fait l’objet d’un constat est de 1 244 biens. Il s’agit
essentiellement des collections de peintures et textiles. Ces œuvres sont intégrées aux objectifs
de la deuxième campagne de récolement décennale. Ces œuvres ont cependant été pointées
lors de leur déménagement en 2016 dans les réserves situées rue Guérin.
Le deuxième objectif fixé est le récolement des collections déposées dans les institutions
extérieures (seulement 10 biens en dépôt à la préfecture de la Région Aquitaine avaient été
récolés en 2019, sur la centaine d'œuvres déposées).
Les deux années à venir seront également consacrées à la poursuite des recherches afin de
réattribuer un numéro d’inventaire aux œuvres qui ont perdu leur numéro, en s’appuyant
sur les inventaires (cf. partie 1 – II, 3). Cela permettra d’établir un procès-verbal précis sur
nos œuvres manquantes, relativement à la circulaire 2006 – 006 du 27 juillet 2006 : « Sont
considérés comme manquants les biens non localisés à la fin d’une campagne malgré des recherches
répétées qui se sont révélées infructueuses. »
La campagne photographique des collections conservées en réserves sera poursuivie.
Actuellement nous comptons 1 210 objets qui ne disposent pas de photos rattachées à leurs
fiches Micromusée.
Récolement des
acquisitions 2021
Recherches pour
réattribution
des numéros
d’inventaires
pour les œuvres
qui ont perdu
leurs marquages
Prise de vue
des œuvres
Récolement
des œuvres
en réserves
Réserves
Réserves, salles
d’exposition
permanente
Réserves
Réserves
Inscription à l’inventaire, constat
d’état, marquage, prise de vue,
localisation.
Recherches croisées avec
les fiches (numéros perdus et fiches
des œuvres non localisées +
consultations dossier d’œuvres et
registres d’inventaire).
Pour les œuvres dont les recherches
seraient infructueuses, un inventaire
rétrospectif pourra être réalisé.
Photo numérique des 1 210 œuvres
conservées en réserve non
photographiées.
Vérification à partir de l’objet
et de sa localisation, constat
d’état, marquage, prise de vue
et conformité avec les registres
d’inventaire.
2022
2022 – 2024
2023
2023-2024
Moyens / Protocole Dates de réalisation Campagne LocalisationsPartie — III. Gestion et préservation des collections 175 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 174
Des œuvres redécouvertes : l’exemple du dessin d’Alexandre Marolles
Ce projet de restauration concerne un grand dessin à la plume sur vélin, d’une extrême
précision et d’un format hors norme (81 x 145 cm) réalisé en 1738 par Alexandre Marolles
(inv. 80.2.15). Il s’agit d’un des dessins les plus importants figurant dans la collection du musée.
Outre la vue en perspective du port et de la ville de Bordeaux, qui occupe la majeure partie
de la composition, le dessin présente aussi, dans un petit cartouche (en bas au centre),
une vue de la futur place Royale inaugurée cinq ans plus tard en 1743. Ce dessin est
une des trois pièces de l’artiste répertoriées dans les collections des musées français.
Le musée Condé possède deux dessins de cet artiste datés des mêmes années.
Ce dessin fut spécifiquement commandé à Marolles par les jurats de la ville pour être offert à
Louis XV qui n’était jamais venu à Bordeaux et ne connaissait donc pas par lui-même les atouts
de la ville. Toute l’histoire de la commande figure dans la « Délibération de la Jurade » dont
les actes sont conservés aux Archives de Bordeaux Métropole.
De ce dessin très apprécié par le roi, découlent en quelque sorte les suites de la carrière
de Marolles (l’obtention d’une charge de dessinateur du roi, l’accès à une riche clientèle privée…)
mais aussi la construction de la fameuse place Royale de Bordeaux, point d’orgue du projet
d’aménagement des quais imaginé par Gabriel.
Ce dessin fut redécouvert en 1910 par Ernest Labadie (1885-1917), qui l’aurait acheté 300 francs
chez un marchand de gravures de Versailles ; il passa ensuite dans la collection d’un autre
amateur bordelais, Maurice Chaumette, puis, en 1929, celui-ci fut acquis par Adrien Marquet
(1884-1955), maire de Bordeaux, qui l’offrit au musée des Arts décoratifs par l’intermédiaire
de sa veuve en 1980.
L’étude la plus complète sur ce dessin, qui fait également un point sur la nomenclature (peu
fournie) des œuvres de Marolles, est due à Henri Boucher qui lui a consacré un développement
important dans un article monographique sur l’artiste paru en 1926. Boucher cite notamment
des sources plus anciennes qui font référence au dessin comme le Mercure de France et
le Livret du Salon de 1739. Cependant, comme le fait remarquer l’auteur, il est étrange que
le catalogue du Salon de 1739 ne mentionne que la vue de la place Royale sans indiquer
celle du port. « Marolles aurait-il fait une vue séparée de la place indépendamment de la vue
qui nous occupe ? » Un dessin à la plume sur vélin — de taille beaucoup plus modeste (38 x
46,5 cm) et antérieur d’une année (daté 1737) — passé en vente sur le marché de l’art parisien
en 2014, vient conforter cette hypothèse.
Le dessin conservé dans les collections du madd-bordeaux (inv. 80.2.15) n’est donc pas
celui qui fut présenté au Salon carré du Louvre en 1739 ; en revanche, il n’en demeure pas
moins que celui-ci est le plus grand dessin connu à ce jour d’Alexandre Marolles.
La restauration de ce dessin pose des questions complexes d’un point de vue méthodologique.
En effet, il présente des matériaux et des techniques de mise en œuvre peu employés ainsi que
des altérations complexes ; l’histoire matérielle du dessin (montages, interventions de surface)
n’est pas suffisamment documentée. Des analyses par microspectroscopie infrarouge (IRTF)
permettront de caractériser les matériaux organiques utilisés, des études nécessaires afin
de déterminer les opérations de restauration à mener.
Conservation-restauration des œuvres d’arts graphiques
Un bilan sanitaire sur l’ensemble de la collection d’arts graphiques exposés a été réalisé afin
d’étudier l’état de conservation de la collection et établir un programme de restauration
pluriannuelle. Environ 200 œuvres (pastels, estampes, dessins encadrés et objets d’art) ont
été examinées par la restauratrice Cécile Perrault et les régisseurs du musée (cf. partie 1 – III).
Pour la plupart des œuvres, la dégradation est liée à la présence de poussières dans
les cadres non hermétiques, associée aux variations hygrométriques et aux mauvais
matériaux de conservation. Afin de faire face à ces problématiques et améliorer les conditions
de conservation de ces œuvres, les équipes du musée ont été formées par une restauratrice
à des opérations simples de désencadrement, dépoussiérage et encadrement avec
des matériaux de conservation appropriés.Partie — III. Gestion et préservation des collections 177 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 176
▶ Un volet « pompiers» composé de plans indiquant la localisation des œuvres
à évacuer ou à protéger sur place en priorité par niveau et de fiches d’œuvres
correspondant à chacun des biens mentionnés sur ces plans. Pour chaque
œuvre sont indiquées les informations nécessaires à leur bonne manipulation
et évacuation (dimensions, poids, matériaux, points de fragilité, système
d’accrochage, conseil de manipulation et de conditionnement).
En parallèle, un stock de matériels et d’outils a été constitué afin de permettre le sauvetage
des œuvres dans les meilleures conditions : aspirateurs à eau, bâches hydrofuges et anti-feu,
caisses de transport, papier bulle, etc. Une étude menée sur des matériaux de protection contre
la chaleur, en partenariat avec la Ville de Bordeaux, le SDIS de la Gironde et une entreprise
OTEGO spécialisée dans les textiles techniques, a permis d’identifier de nouvelles bâches
aluminisées. Très performantes en cas d’incendie, elles sont aussi extrêmement légères et
peuvent donc être rapidement et facilement utilisées. Un ensemble de bâches a été acheté et
mutualisé entre les différents musées de la ville.
Un chantier des collections pourra être programmé pendant les travaux de rénovation
des salles. En vue du nombre important d’œuvres à réencadrer, un chantier école pourra
être organisé avec les étudiants de l’INP. Les œuvres concernées par un phénomène
prononcé de foxing et la présence de moisissures feront l’objet d’une campagne
de restauration externalisée.
Conservation-restauration des collections de céramiques
En vue du réaménagement des salles, le musée a lancé en 2021 une campagne de restauration
des collections de céramiques jusque-là conservées en réserves en raison de leur mauvais état.
Cette campagne permettra d’enrichir la présentation de la collection de porcelaines dite
de la Compagnie des Indes, qui illustre le goût des élites pour les objets extrême-orientaux
au XVIII siècle, y compris à Bordeaux. Cette campagne vise également à renouveler
la présentation de la collection de faïences des XVII et XVIII siècles, riche de plus de 1 000
pièces, représentative des principaux centres de production français mais aussi étrangers.
Enfin, plusieurs pièces de la manufacture bordelaise des Terres de Bordes, actuellement
exposées, nécessitent aussi des restaurations mineures. Parmi ces pièces :
▶ Un grand plat en faïence à décor en camaïeu bleu, atelier de Girolamo Salomoni
à Savone (Ligurie), vers 1690 (inv. 60.2.115),
▶ Un bol à punch à décor d’attributs maçonniques en porcelaine de Chine
(Compagnie des Indes), vers 1790 (inv. 5620)
▶ Une paire de vase pique-fleurs en porcelaine, manufacture des Terres de Bordes
en Paludate (Bordeaux), vers 1787-90 (inv. 1842 et inv. 1849)
▶ Un cadran de l’horloge de la place de la Bourse, manufacture de faïence Jacques
Hustin (Bordeaux), vers 1750 (inv. D 2019.0.1). Le cadran, brisé en plusieurs
morceaux lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale, avait été
confié au céramiste René Buthaud pour qu’il en fasse une (ou plusieurs) copie(s)
avant d’être déposé au musée des Arts décoratifs en 1956.
▶ Le quart supérieur droit du plan de Bordeaux par Lattré, plaque en faïence
peinte, datée 1756 (inv. 4608). Connu sous le nom de plan de Lattré, ce plan
gravé en 1755 est certainement le plus célèbre de l’époque des grandes
transformations de la ville.
3. Mise en sécurité
des œuvres
À la suite de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en avril 2019, une collaboration
étroite s’est développée entre le Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Gironde
(SDIS 33) et la Direction générale des affaires culturelles de la Ville de Bordeaux afin
de protéger plus efficacement les biens culturels en cas de sinistre.
La première étape a consisté à mettre en place un nouveau plan de sauvegarde des biens
culturels (PSBC) plus lisible, plus complet et dont la forme est commune à tous les musées
de la ville de Bordeaux. En cours de finalisation, ce nouveau plan de sauvegarde est constitué
de deux parties :
▶ Un volet « interne » constitué de documents facilitant l’organisation des équipes
du musée lors d’un sinistre : plans d’évacuation, plan de localisation des clés,
fiche méthodologique de chacun des postes, personnes à prévenir en priorité.Partie — IV. Vers une rénovation du bâtiment des réserves 179
IV. Vers une rénovation
du bâtiment
des réservesPartie — IV. Vers une rénovation du bâtiment des réserves 181 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 180
l’intérieur, de plus il est envisagé d’isoler les combles par de la laine de bois afin d’améliorer
l’inertie du bâtiment.
Dans ce cadre, deux scénarios ont été proposés :
▶ Scénario 1 : Isolation thermique des bâtiments et mise en place d’un CTA équipé
d’une roue dessiccante, d’une batterie chaude hydraulique
et d’un humidificateur
▶ Scénario 2 : Isolation thermique des bâtiments et mise en place d’un CTA équipé
d’une batterie chaude et d’une batterie froide hydrauliques
Ces deux scénarios doivent être complétés par les : diagnostic amiante ; diagnostic plomb ;
diagnostic termite ; diagnostic structure (toiture, plancher, murs) pour validation des charges
supplémentaires liées aux travaux (doublage brique, réfection couverture) ; diagnostic
électrique sur la conformité électrique de l’installation.
Des réserves qui prennent en compte l’évolution des exigences
de la conservation
Dans l’étude pour la rénovation des réserves, de nombreuses questions qui visent à élaborer
le schéma fonctionnel du lieu sont posées. La réflexion porte sur l’opportunité d’y croiser
différentes fonctions :
▶ Aires de quarantaine pour les objets risquant d’être infestés ou contaminés
▶ Atelier de conservation préventive pour les opérations de dépoussiérage,
marquage, prise de vue et conditionnement des collections
▶ Local destiné au stockage des caisses
▶ Un quai déchargement
▶ Bureau informatique
À cela s’ajoute le besoin de répondre à l’accroissement des collections en lien avec la politique
d’acquisition de la Ville de Bordeaux. Ainsi, une extension de 300 m² supplémentaires
est à prévoir pour répondre à la fois à l’accroissement des collections et également
aux problématiques liées au stockage des caisses et la gestion des collections.
Depuis quelques années, le rôle des réserves de musée a évolué. Leur destination n’est pas
seulement d’être un lieu de stockage pour les collections, mais également un lieu d’étude et
de conservation pour les œuvres.
Le rôle des réserves a été définie par le Conseil International des Musées (ICOM), en 2002,
dans son Code de déontologie.
« L’autorité de tutelle d’un musée a le devoir éthique de maintenir et
de développer tous les aspects d’un musée, ses collections et ses services.
Surtout, elle a la responsabilité de veiller à ce que toutes les collections qui
lui sont confiées soient abritées, conservées et documentées
de façon appropriée. »
« L’une des obligations déontologiques essentielles de chaque professionnel
de musée est d’assurer une protection et une conservation satisfaisantes
des collections et des objets individuels dont l’institution employeuse est
responsable. Le but doit être d’assurer, dans la mesure du possible,
la transmission des collections aux générations futures en aussi
bon état de conservation que possible eu égard aux conditions
actuelles des connaissances et des ressources. (…)
Tous les professionnels de musée qui ont la charge d’objets et de spécimens
se doivent de créer et d’entretenir un environnement protecteur pour
les collections, qu’elles soient en réserve, en exposition ou en cours
de transport. Cette conservation préventive constitue un élément
important dans la gestion des risques d’un musée. »
Le musée des Arts décoratifs et du Design a, depuis 2017, délocalisé ses réserves sur le site
Jean Vaquier situé en périphérie de Bordeaux. Ce choix raisonné résulte en partie de la nécessité
de faciliter l’accès aux véhicules de transport et d’agrandir la capacité de stockage des œuvres
tout en garantissant les conditions de conservation des objets en réserves. Cependant, comme
évoqué dans la première partie du PSC, ce bâtiment rencontre des faiblesses qui sont en partie
dues à son ancienneté. Dans le cadre de son projet de rénovation global, le madd-bordeaux a
conduit une réflexion qui nous amène aujourd’hui à la rénovation de ces bâtiments des réserves
pour développer leur rôle mais également afin d’améliorer les conditions de stockage
et de conservation.
Des réserves répondant aux normes énergétiques
L’étude pour l’adaptation des bâtiments est un travail qui se fait en collaboration avec
la Direction générale des affaires culturelles de la Ville de Bordeaux, le service conservation
et régie des œuvres du musée et les services de la Direction des bâtiments de Bordeaux
Métropole. L’adéquation entre les matériaux utilisés et les objets stockés ainsi que les choix
concernant l’environnement des œuvres résultent de ces échanges entre la maîtrise
d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre.
En 2020, une étude sur le bâtiment a été confiée à ALTEREA, une société spécialisée dans
le conseil, l’ingénierie, les services et les travaux liés à la transition énergétique, écologique
et numérique dans les domaines de la réhabilitation énergétique, des bâtiments durables,
du développement des énergies renouvelables, des réseaux de chaleur décarbonés, des villes
durables et connectées. Cette étude portant sur l’efficacité énergétique a mis en évidence
la faible isolation thermique des bâtiments. En effet, de nombreuses menuiseries sont
présentes dans les salles et la plupart d’entre elles ont été occultées sans prévoir une isolation
thermique, en plus de certaines qui ne sont pas étanches à l’air. L’isolation thermique de
la toiture est défaillante et les systèmes de chauffage, très nombreux par typologie, sont en partie
vétustes et ne permettent pas une régularisation de l’hygrométrie. Le bilan de cette étude
souligne l’importance de programmer une campagne de rénovation des bâtiments afin
de limiter les variations de température. Le choix du cabinet ALTEREA est de mettre en place
un parement intérieur en briques de terre crue (BTC) en complément d’une isolation parPartie — V. Un musée responsable 183
V. Un musée
responsablePartie — V. Un musée responsable 185 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 184
et limiter l’éloignement de leur provenance ? Comment
favoriser les co-convoiements, limiter
la production de caisses de transport ? Si l’éco-
conception coûte plus cher, comment se répartir
l’éventuel surcoût entre les différents corps de métiers
impliqués alors que leurs intérêts économiques
peuvent être contradictoires ?
Ces questions intéressent toute l’équipe du madd-
bordeaux, et des petites actions à échelle individuelles
sont déjà mises en place, précurseurs d’une envie et
d’une énergie collective à déployer pour ce nouveau
musée durable.
c. Sensibiliser le public aux enjeux
écologiques à travers
la programmation du musée
La transition écologique est une des questions majeures
qui traverse le design. Le madd-bordeaux est un relais
et un lieu ressource pour s’interroger sur les enjeux
écologiques à travers les expositions, les rencontres,
les visites thématiques proposées aux visiteurs.
La démarche du designer incite le visiteur du musée
à réfléchir au processus de fabrication d’un objet
et aux questions inhérentes à celui-ci : la gestion
des ressources, le choix de matériaux, les modes
de production. La présentation, au sein du parcours
du musée, d’œuvres de designer qui mettent l’éco-
conception au cœur de leur démarche, est une façon
de réfléchir à ces sujets.
De même, la programmation des expositions
dédiées aux jeunes designers montrera comment
cette génération de créateurs s’empare du sujet.
La plupart des étudiants en design ne s’intéressent
plus à la production d’objets (pourquoi ajouter à
la surconsommation ?). Ils remettent en question
les processus industriels et expérimentent d’autres
modes de production, d’une part, et d’autre part,
se penchent sur des thématiques plus urgentes :
l’usage des plastiques et le recyclage des matériaux,
la recherche de bio-matériaux, le transport alternatif
du dernier kilomètre, les modes d’éclairage, etc.
Parce que l’environnement est au cœur des enjeux
du design, il est présent dans la programmation
des expositions du madd-bordeaux.
Ainsi, l’exposition Paysans designers, l’agriculture en
mouvement montre comment l’agriculture agit
directement sur la biodiversité et sur le climat. Elle est
l’occasion de nombreuses rencontres au musée autour
du design et de l’expérimentation dans l’agriculture,
et présente une nouvelle génération de paysans qui
cherchent à nourrir tout en régénérant les sols et
la biodiversité.
En invitant à travailler ensemble des paysans,
1. Une stratégie d’amélioration
au prisme de la transition écologique
Le musée s’inscrit dans un espace qui porte au-devant de la scène des enjeux contemporains
forts. Nous avons actualisé ce PSC en développant son volet social et environnemental, afin
de rendre visible notre engagement auprès de l’économie sociale et solidaire, d’une part
(cf. partie 2 – VII), mais également en nous fixant des objectifs précis en termes de réduction
de l’empreinte carbone. Nos activités, expositions et événements, seront revues en adoptant
une charte écologique.
a. La rénovation énergétique du bâtiment
Un des enjeux de la rénovation du musée est de réduire les dépenses é nergétiques
des bâtiments.
La restauration des menuiseries (fenêtres et portes) de l’hôtel de Lalande et les réfections
d’isolation des combles permettront une bien meilleure isolation thermique.
D’autre part, pour une meilleure économie de moyens, le musée sera relié au réseau
de chaleur de la Ville.
Parallèlement sera menée en interne, auprès de l’équipe, une campagne de formation
aux gestes qui permettent de réduire la consommation d’énergie : débrancher les appareils
en veille non utilisés, éteindre l’électricité en sortant d’une pièce, etc., afin que tous se sentent
concernés et solidaires de cette démarche.
b. Réduire l’empreinte carbone de nos activités
Depuis les années 1960, les champs du design s'intéressent aux problématiques écologiques.
Des personnalités comme Victor Papanek ou Buckminster Fuller ont théorisé ce que devrait
être le design pour un monde durable. De nombreux musées de design ont été parmi
les premiers musées à alerter sur les conséquences de leurs activités. Des collectifs
internationaux réalisent des audits des musées de design. Parmi eux, le collectif Urge, est
maintenant installé à Biarritz, le musée pourrait bénéficier de son expertise.
L'éco-conception des expositions est, notamment, un objectif auquel le musée souhaite
souscrire de manière active au sein de son nouveau projet.
Pour mettre en place cette stratégie, il faudra dans un premier temps analyser l’organisation et
le fonctionnement du musée en termes de soutenabilité, puis repenser le rythme des expositions
temporaires et leur processus de fabrication. Renforcer la conception et la fabrication
des scénographies en interne (dans la mesure de ce qui est possible) permettra une meilleure
maîtrise des matériaux utilisés, et de leur possible recyclage. L’enjeu est de parvenir à
un fonctionnement qui s’intègre à un développement plus durable, et qui, par là même, assure
la promotion de valeurs qui faciliteront un type de consommation plus tenable.
Parmi les pratiques à améliorer que le musée a identifiées, le recyclage des déchets issus
d’équipements électriques et électroniques (ampoules, batteries, etc.). Celui-ci, aujourd’hui,
ne se fait que grâce à des lieux d’apport volontaire, car les musées ne produisent pas assez
de déchets électriques pour ouvrir un marché ; ce recyclage, pour qu’il ait lieu, doit être
effectué par les agents eux-mêmes ; dans le cas contraire, les ampoules et batteries
électriques partent dans la poubelle commune.
Le récent workshop organisé au musée des Beaux-Arts de Lille en janvier 2022 formule
de nombreuses interrogations, qui sont des premiers jalons pour initier cette démarche :
comment acheter mieux et moins ? Comment réemployer, trier et recycler ? Comment former
les équipes et impliquer les prestataires et fournisseurs dans cet effort ? La chronologie et
la méthodologie des expositions doivent-elles changer (travailler plus en amont et plus en
aval, de manière beaucoup plus interactive entre commissaires et prestataires) ? Comment
permettre le réemploi et où stocker le matériel ? Doit-on réduire le nombre d’œuvres empruntéesPartie — V. Un musée responsable 187 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 186
prioritaires de la Ville de Bordeaux et de la métropole.
Dans cet objectif, des liens sont établis avec les mairies
et associations de quartier qui sont en contact régulier
avec les habitants.
Il s’agit de s’appuyer sur leur expertise et leur
expérience pour construire un lien durable
avec ces publics.
L’insertion professionnelle des jeunes est aussi
au cœur des missions du musée : le musée est un lieu
de découverte et d’expérimentation pour les jeunes,
collégiens et lycéens, en quête d’une orientation
professionnelle. En effet, le madd-bordeaux est
une porte vers les métiers du design et de l’artisanat
mais aussi tous les métiers représentés au sein
de l’équipe du musée.
À travers sa programmation, le madd-bordeaux
participe à la valorisation des artistes et designers
émergents et entend continuer à jouer un rôle
de tremplin dans le parcours des jeunes créatifs.
Les collections d’arts décoratifs du madd-bordeaux
permettent de découvrir la richesse des métiers d’art
et la diversité des savoir-faire. Le musée organise
régulièrement des rencontres avec des artisans
et des visites d’atelier. Le programme « Manufacto,
la fabrique des savoir-faire » ou l’action « Un designer
au lycée » peuvent constituer des premiers jalons vers
l’insertion professionnelle.
Chaque année, le musée accueille, au sein de
ses différents services, de nombreux stagiaires et
services civiques participant ainsi à leur orientation
et à leur formation.
d. Renforcer l’accessibilité
numérique
Le développement du numérique, accéléré par la crise
sanitaire, permet au musée de toucher de nouveaux
publics et d’offrir des points d’entrée différents dans
ses collections et sa programmation.
La poursuite de la mise en ligne des collections
sur plusieurs plateformes (Videomuseum, POP),
l’enrichissement des contenus sur la chaîne YouTube
du musée, le développement de podcasts et la mise
au point d’une application mobile pour découvrir
les collections font partie des objectifs fixés par
le musée pour renforcer son accessibilité numérique.
Le site Internet devra également être responsive
(s’adapter à tous les écrans) et devra pouvoir restituer
les contenus en audio en temps réel pour
les malvoyants.
des chercheurs, des designers, des artistes, le madd-bordeaux crée des interactions fertiles,
sensibilise et éveille ses publics, de tous âge à différentes solutions qui participent à changer
de paradigme.
2. Rendre le musée
accessible à tous
a. Permettre enfin l’accessibilité de l’ensemble de l’hôtel
de Lalande
L’hôtel de Lalande est une des plus belles demeures du XVIII siècle bordelais. Malgré son
affectation en musée, il n’est toujours pas accessible à tous. Pour les personnes à mobilité
réduite, il est aujourd’hui impossible de découvrir le premier et le second étage de l’hôtel
de Lalande. Par ailleurs, l’accès aux expositions présentées dans la prison se fait par
un escalier étroit et glissant.
La rénovation de l’hôtel de Lalande permettra de rendre la totalité du musée accessible
aux personnes à mobilité réduite. Deux ascenseurs donneront dorénavant l’accès à tous les espaces
pour rétablir ainsi une égalité de traitement et d’accès à nos collections pour tous les visiteurs.
b. Développer des actions de médiation en direction de nos
publics porteurs de handicap
Le madd-bordeaux mène différentes actions auprès de personnes porteuses de handicap.
Avec et pour les personnes déficientes visuelles, des initiatives ont vu le jour en collaboration
notamment avec les associations « Reg’art » et « Chiens Guides Grand Sud-Ouest ». En 2022,
le service des publics accueille une personne en service civique, qui a développé une expertise
pour la médiation auprès de ces publics et prépare une analyse de la médiation et
des parcours de visite du musée à l’aune des difficultés rencontrées.
Des installations sonores immersives, telles que SpeakBlue de l’artiste Claire Malrieux, qui sera
présentée à la fin de l’année 2022, permettront aux voyants et non-voyants de partager
une expérience sonore collective. Le toucher et l’audio-description des expositions sont
des points à développer dans les années à venir.
Des visites de préparation sont organisées pour les éducateurs et accompagnants d’enfants
et adultes porteurs de troubles autistiques.
Un programme structuré et une sensibilisation des équipes aux sujets du handicap permettront
d’inscrire ces actions de manière durable au sein des offres du musée à l’attention de ses publics.
c. Favoriser l’inclusion sociale et réduire les inégalités sociales et économiques
Venir au musée est un chemin compliqué pour de nombreux publics, la distance n’est pas
uniquement géographique, mais aussi sociale et culturelle. Rendre accessible le musée à tous
et être un pont vers les métiers qu’il représente et met en valeur sont des objectifs au cœur
du projet du madd-bordeaux.
Parmi les actions menées auprès des publics issus du champ social, le musée coordonne
un parcours qui explore les sujets de la mémoire, de la citoyenneté et de la laïcité à partir
des collections du musée, mais aussi d’autres monuments de Bordeaux (cathédrale, musée
d’Aquitaine) à destination de lycéens vivant à proximité ou au cœur de zones urbaines
sensibles. En 2022, des élèves du lycée professionnel Théodore Monod à Noisy-le-Sec
participeront avec leur enseignante Samia Essabaa à ce programme, soutenu par
le Fonds d’Initiatives Lafite.
Pendant sa fermeture, le madd-bordeaux souhaite mener des actions avec les quartiersPSC 2022 ● musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux 189 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 188
Les créateurs, artistes et
designers au centre
du projet du madd-bordeaux
Une priorité
Les artistes nous révèlent ce que personne encore n’a
vu ni compris. Leur travail nous alerte, nous sensibilise,
nous rend vivants.
Le madd-bordeaux se veut être une fenêtre ouverte sur
le monde, sur ses transformations.
Au cœur de ses activités, il favorise la rencontre des publics avec
les artistes, les designers, les artisans.
Il leur donne la parole, leur offre un lieu d’exposition et
d’échanges. Leur pensée agile est invitée à nous réveiller.
Au madd-bordeaux, on perçoit à quel point la rencontre avec
l’art est une nourriture essentielle à chacun, quels que soient
son parcours ou son origine.Partie — VI. Programmation qui éclaire sur le monde d’aujourd’hui et participe à sa transition culturelle 191
La programmation scientifique et culturelle du musée est
animée par la volonté d’analyser, de porter un regard critique
et de créer le débat sur les grands enjeux contemporains.
Au cœur de la ville, le madd-bordeaux est une fenêtre ou-
verte sur le monde, et un miroir de ses métamorphoses. Il
se donne pour rôle d’accueillir les artistes et les designers,
qui savent mieux que personne nous sensibiliser aux bou-
leversements que vit actuellement notre société, un des
rôles du design étant d’accompagner et de rendre visibles
ces mutations.
La richesse de cette institution est sa double identité pa-
trimoniale et contemporaine. Mettre en lien les arts déco-
ratifs anciens et la création contemporaine est un gage de
vitalité pour le musée : celui-ci est voué à la création, de
quelque époque qu’elle soit, donc à la vie.
Les différents axes de la programmation :
▶ Montrent comment le passé nourrit la compréhension
du présent et comment, réciproquement, le présent ré-
active le regard sur le passé.
▶ Élaborent un contenu riche, mêlant connaissances et
interrogations, préparant le terrain pour des pratiques
de médiation inclusives et collaboratives.
VI. Programmation
qui éclaire sur
le monde d’aujourd’hui
et participe à
sa transition culturellePartie — VI. Programmation qui éclaire sur le monde d’aujourd’hui et participe à sa transition culturelle 193 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 192
c. Continuer à exposer le jeune design dans des lieux extérieurs
Un lieu sera identifié (possiblement la chapelle de l'ancien couvent de annonciatrice, siège de
la DRAC Nouvelle-Aquitaine ou l'espace Darwin) pour accueillir une ou plusieurs expositions,
de façon à ne pas stopper notre cycle d’invitations annuelles faites aux jeunes designers.
Ces expositions ont à la fois pour but de soutenir ces jeunes créateurs dans l’étape critique qui
suit la sortie d’école, et d’établir comme une passerelle entre l’école et le début d’une activité
professionnelle rémunérée. Elle a également pour but de partager avec le public les centres
d’intérêt, les recherches, les perspectives d’une nouvelle génération de designers, dont
les travaux révèlent ce que nous ne voyons ou ne comprenons pas encore du monde
qui nous entoure.
La découverte du design hors les murs se fera également à travers des méthodes qui
privilégient le « faire » :
▶ workshop dans les secteurs où une partie de l’équipe du musée prendra
ses quartiers d’été.
▶ poursuite du riche programme « Un designer au lycée », qui sera complété
par des visites du musée dans les classes, animées avec le support
d’une « mallette Design » en cours de réalisation avec les designers Raphaël
Pluvinage et Marion Pinaffo.
d. Animer le site Internet avec de nouveaux contenus pour
s’adresser à la communauté des visiteurs du madd-bordeaux
Un important travail de mise en ligne des contenus sera parallèlement développé sur le site
Internet. Celui-ci sera prolongé par une visibilité sur les réseaux sociaux.
▶ Un programme de podcasts, dont la première série abordera le processus
de création, à travers des créateurs de domaines différents. Des créateurs qui,
comme les designers, travaillent avec un commanditaire (éditeur ou autre).
La question sous-jacente est de révéler les éventuelles similitudes des processus
créatifs à l’œuvre.
Seront podcastés un designer bien sûr, puis un parfumeur, un maître de chai,
un écrivain, un architecte, un graphiste. La série sera complétée par la suite en
fonction des retours d’écoute.
▶ Seront postées sur le site Internet les acquisitions des dix dernières années
(une sélection parmi les 1 300 acquisitions), à raison d’une par jour.
À chaque fois, une notice évoquera l’intérêt de l’œuvre pour le public, pour
l’histoire des arts décoratifs ou du design, et pour la collection du madd-bordeaux.
Jour 1, jour 2, jour 3 …. Et ce durant les trois ans jusqu’à la réouverture.
2 - À l’horizon 2025
a. La programmation culturelle du musée continuera à enrichir
les axes développés jusqu’à aujourd’hui, à savoir :
1. Un cycle d’invitations à un(e) jeune diplômé(e) de design.
Le madd-bordeaux continuera à affirmer ainsi sa volonté de soutenir
la création, en proposant chaque année à un(e) jeune designer de présenter
le projet de diplôme qui lui a permis de se distinguer. Le choix du madd-
bordeaux se porte sur des étudiant(e)s dont le travail soulève des enjeux
de société et d’innovation.
1 - Pendant la fermeture
du musée
Durant ces dernières années, le musée a acquis une nouvelle visibilité, au cœur de la ville et
également dans la région. Un nouveau public jeune s’est mélangé au public adulte, attiré par
la pluralité et la convivialité des propositions culturelles.
La presse nationale et internationale a régulièrement salué les grandes expositions annuelles
(voir en annexe le musée dans la presse, page 324). Cette visibilité dans la presse était à la fois
un argument très rassurant auprès des mécènes et des Amis du musée qui soutiennent de façon
fidèle l’institution et, bien entendu, un canal médiatique auquel les visiteurs étaient sensibles.
À la veille de la fermeture, se pose la question de savoir comment rester en lien avec tous
ces publics, comment maintenir une relation privilégiée avec les amis et mécènes, comment
fédérer et intéresser de nouveaux visiteurs ou participants.
Quatre axes d’activités, en lien avec quatre types de lieux, seront développés.
a. Des visites de chantiers
Le musée sera fermé au public mais ce dernier sera informé de l’évolution du chantier par
des visites, sur inscription.
Le contenu de ces visites sera construit autour des enjeux architecturaux des travaux, en lien
avec le classement des bâtiments et celui du centre-ville.
Seront proposées des rencontres avec les artisans intervenant sur le chantier, pour débattre
des exigences propres à un chantier MH mais également pour partager des savoir-faire et
la passion qui leur est souvent liée.
Elles seront présentées dans la Newsletter du musée qui continuera son activité.
b. Mettre à profit cette parenthèse pour aller à la rencontre
des publics hors les murs – programme de rencontres avec
les designers : Le design, qu’est-ce que c’est ?
Pendant la durée des travaux, l’équipe de la conservation du musée sera mobile et partira
à la rencontre des publics, afin d’entamer un travail de terrain en profondeur. L’objectif est
de co-construire, en vue de la réouverture future du musée, des contenus pour des parcours
de visite inédits, pensés à travers le prisme d’angles culturels variés et délivrés dans différentes
langues, en travaillant en collaboration avec des volontaires rencontrés par l’intermédiaire
des associations de quartiers.
Ouvrir la porte à ces volontaires, d’origines diverses et de sources d’intérêt multiples, est
le moyen de permettre une consultation et une représentation des publics dans la mise en
place des programmes du nouveau musée, sans jamais déroger à l’exigence artistique.
Une façon de permettre à tous de se sentir concernés, de s’investir, de s’approprier
l’institution et ses collections.
Le cabinet de lecture mobile, conçu par Konstantin Grcic en 2018, pourra servir de lieu de
rencontres. Des conversations ou débats seront programmés autour de la question générale
mais qui demeure une question : qu’est-ce que le design, qu’est-ce que les arts décoratifs ?
Des invités (designers, graphistes, paysagistes, etc.), seront régulièrement conviés à
participer à ces « cafés de quartier » conviviaux. De ces discussions naîtront des contenus qui
alimenteront les thématiques de visites et de médiations futures, pour la programmation qui
suivra la réouverture.Partie — VI. Programmation qui éclaire sur le monde d’aujourd’hui et participe à sa transition culturelle 195 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 194
La citation apocryphe de Voltaire, citée par Evelyn Beatrice Hall¹ pour résumer la pensée
du plus populaire des philosophes des Lumières « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous
dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire ». inspirera
nos méthodes de travail. Face aux pratiques de dénonciation et aux mobilisations actuelles
qui tendent à créer des vides dans les récits historiques, le musée se positionnera en
accueillant le dialogue entre diverses voix, pour transmettre de façon éthique notre
patrimoine et notre histoire.
La parole extérieure sera intégrée au parcours muséal.
Les mots d’Hartwig Fischer, directeur du British Museum, postés le 5 juin 2021 sur le site
de son musée : « J’espère que nous trouverons les bons moyens pour permettre au musée
de mieux refléter nos sociétés et nos histoires complexes, pleines de contentieux et
d’histoires mélangées » expriment, en effet, le sentiment partagé par de nombreux directeurs
d’institutions nationales et internationales. Ces questions représentent un enjeu éducatif
du musée plus que jamais essentiel.
La collection du madd-bordeaux possède de nombreux objets qui ne pourront être réinstallés
à la réouverture du musée sans un parti pris pédagogique fort et peut-être même l’ajout
de nouvelles dénominations. Ainsi, La fontaine à la négresse de la manufacture Vieillard ou
encore le buste en terre cuite de la Jeune Amérique sont deux exemples importants d’objets
qu’il n’est plus possible, aujourd’hui, d’exposer sans présenter également le contexte
de leur création et sans proposer de leur attribuer un second titre.
Il s’agira, dans les documents accompagnant l’exposition nouvelle de ces pièces, de faire
des échanges et de la conversation « une manière de vivre » au musée, pour reprendre
l’expression du philosophe Ali Benmakhlouf.
c. La mise en place d’une politique transversale du numérique
adaptée aux attentes du public
Depuis la période des confinements, le numérique a transformé, dans un premier temps,
les actions du service de la communication. Il apparaît clair aujourd’hui que son usage devra
également être pensé dans la globalité des services du musée.
En 2020 et 2021, le développement des nouvelles technologies a généré dans le public
l’attente d’un « contenu personnalisé disponible à la demande » et d’expériences interactives
singulières en lien avec leurs centres d’intérêt. Des transformations comportementales
radicales, auxquelles le musée doit être particulièrement attentif car elles sont au cœur
des attentions et des attentes des jeunes.
Est à l’étude actuellement une forme de web application numérique à base de QR code,
dont la souplesse de fonctionnement permettra d’actualiser régulièrement les contenus
interactifs, qui seront pensés de façon à établir des liens entre la visite du musée et celle
de la ville. Leur souplesse permettra une programmation temporaire, identique à
celle des expositions.
Cette forme numérique donnera la parole aux équipes du musée et également à
des personnalités extérieures, artistes, philosophes, historiens, ou bien aussi habitants
des quartiers porteurs d’une culture locale.
c. Vers un espace numérique virtuel ?
Depuis quelques mois, différents colloques, réunissant les musées internationaux, abordent
le potentiel culturel et économique du Métavers.
L'équipe du musée démarre une réflexion autour de ces enjeux, qui traversent de nombreux
champs : acquisition d'oeuvres, expositions, prêts d'oeuvres, partage des connaissances...
Bien que ce sujet soulève de nombreuses inconnues, il est probable que le musée devra, à
l'horizon 2025, penser sa programmation culturelle, à la fois localement et virtuellement.
2. Un cycle de grandes expositions de design.
Il s’agit, ici, de continuer à poser les bases d’une culture du design. Ce cycle a été
inauguré symboliquement en 2014, avec la première rétrospective, en France et
à l’étranger, du designer italien Andrea Branzi, considéré comme un des pères
du design, dont les œuvres, plastiques et théoriques, représentent un outil
essentiel de compréhension de l’évolution du design dans la seconde moitié
du XX siècle.
Plusieurs expositions importantes ont suivi (détaillées dans la partie I de
ce document).
En coordination avec le Conseil National du Design (CNDes), dont Constance
Rubini pilote la mission de soutien aux dispositifs d’appui culturel au design, et
avec les autres lieux dédiés au design en France et notamment le musée d’Art
moderne et la Cité du design de Saint-Étienne, le MAD Paris ou le festival
de la jeune création, Design Parade, à Hyères, ce cycle d’expositions doit
continuer à forger et à soutenir la culture du design en France.
3. Un cycle d’invitations aux collectionneurs particuliers.
Inauguré en 2014 avec la présentation d’une des cinq plus belles collections
européennes de verres de la Renaissance, réunie par le Bordelais Philippe
du Mesnil, ce cycle a pour enjeu principal de juxtaposer une collection
institutionnelle, celle du musée, qui s’inscrit dans un passé et doit construire
l’avenir, avec une collection privée, réunie librement, sans cadre patrimonial,
et d’aborder le thème de la constitution des collections publiques et privées.
Le public est ainsi invité, pendant quelques mois, à découvrir des richesses
habituellement inaccessibles. Ce cycle entérine la participation importante
des collectionneurs privés dans la constitution des collections du musée,
à commencer par l’exemple fondateur du Bordelais Raymond Jeanvrot
(1884-1966) (cf. partie 1 – II). Un enjeu à maintenir pour l’enrichissement
des collections dans le futur.
4. L’arrivée récente (2021) d’un nouveau conservateur en charge des
collections XVII-XIX siècles permettra, parallèlement aux renouvellements
du circuit de visite permanent des arts décoratifs, de produire ou d’accueillir des
expositions d’arts décoratifs anciens, que nous souhaitons problématiser autour
d’enjeux inscrits dans nos collections ou en en dialogue avec
les questionnements internationaux contemporains.
b. Des expositions et des parcours temporaires de visites qui
révèlent les enjeux culturels actuels
Cette programmation, construite dans la ligne de la stratégie culturelle posée en 2013,
s’enrichira cependant en intégrant les nouvelles thématiques et questionnements traversant
actuellement la société. Le musée se veut être, en effet, un lieu où s’expriment les transformations
du monde. Ainsi, expositions, visites guidées, stages pédagogiques, interventions dans
les écoles et visites dédiées aux scolaires hors les murs, interrogeront à différents niveaux :
▶ les modes de fabrication actuels et les enjeux qui leur sont liés : écologie
de la production, place de l’artisanat, numérisation de la série… en s’appuyant
sur nos collections et/ou en collaboration avec les acteurs de la production
des objets
▶ les questions globales ayant trait aux enjeux écologiques, en s’appuyant sur
les activités du musée, les métiers des arts décoratifs et du design et
la production des objets
▶ le patrimoine colonial, en posant le débat sur la liberté d’expression versus
la culture de l’annulation
. Cité dans son livre,
The Friends of Voltaire, publié
en 1906 sous le pseudonyme
de S. G. TallentyrePSC 2022 ● musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux 197 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 196
L’éducation artistique et
culturelle (EAC)
Une priorité
Le madd est un lieu qui éveille la curiosité intellectuelle
des enfants, qui leur donne des clés de connaissance sur
le monde, qui les aide à se forger un jugement critique.
En observant des œuvres d’art, en apprenant sur leurs
processus de création, ils découvrent des champs jusque-là
inconnus, développent leur réflexion, leur imagination,
sources d’équilibre et d’une plus grande confiance en soi.
En découvrant des pratiques artisanales, ils s’ouvrent aux
domaines des métiers d’art.
Le musée permet aussi une éducation par l’art.
De façon plus globale, le madd veut inviter tous les publics à
rencontrer des artistes, à échanger, à expérimenter avec eux
une pratique artisanale ou artistique.
À vivre ainsi une expérience singulière.
Son rôle, en tant que service public, est d’offrir un accès
et une éducation à l’art, riche et diversifiée, dans ses formes
patrimoniales comme contemporaines, pour contribuer
à créer une culture partagée.Partie — VII. Un service des publics au service d’une société plurielle 199
Le rôle de la médiation vers les publics est de donner à
voir, à comprendre et à ressentir la programmation scien-
tifique et culturelle du musée. Elle est donc animée par les
mêmes objectifs.
Elle est au contact de ceux qui sont en difficulté, éloignés,
elle fédère des actions où se mélangent les générations,
elle pose des questions, propose des clés d’interprétation,
éveille à l’évolution des modes de pensée, sensibilise aux
métiers d’art et d’artisanat, invite les enfants à regarder
le monde.
Comme la programmation, elle place designers et artisans
au centre de son activité.
L’enquête menée lors de la mission « musées pour le XXI
siècle » sous la direction de Jacqueline Eidelman en 2017
confirmait que le « désir de musée » existe pour une part
importante de nos concitoyens et qu’il se nourrit d’une
programmation culturelle innovante, dans sa forme
comme dans ses contenus et d’une politique des publics
à l’écoute des visiteurs, en phase avec ses attentes et ses
usages... encore faut-il que les visiteurs se sentent en
confiance et qu’ils y trouvent leur place (..) « De fait, on ne
naît pas visiteur, on le devient. »
VII. Un service
des publics au service
d'une société pluriellePartie — VII. Un service des publics au service d’une société plurielle 201 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 200
et ses expositions temporaires. De formations très diverses, ces hommes et ces femmes
exercent différents métiers au sein de cette institution municipale : documentaliste à menuisier,
graphiste, agent d’accueil, médiateur, chercheur scientifique, agent administratif ou agent de
sécurité et constituent autant de témoignages et d’expériences professionnelles inspirantes
pour des jeunes en recherche d’avenir. En s’appuyant sur les structures éducatives ou d’insertion,
le madd-bordeaux propose des parcours de découverte et des rencontres avec ses professionnels.
2. Mise en œuvre :
la médiation culturelle
Petit à petit, le madd-bordeaux se transforme en lieu de vie pour répondre aux besoins des
visiteurs et faire face aux enjeux majeurs de notre siècle : ouvrir et faciliter l’accès à la culture
mais aussi réunir les communautés. Le madd-bordeaux est un lieu privilégié où nos idées
sur l’art, le design et la société dans son ensemble peuvent prendre forme. Mais il serait
une erreur de croire qu’il suffit de se retrouver devant ces objets de référence et de
les contempler pour que cette expérience ait un sens.
La médiation a pour fonction d’établir un lien entre ces objets et le visiteur, dans toute
sa singularité, en développant une approche sensible et en élaborant des clés
de compréhension adaptées.
a. Accueillir les publics et partager les contenus
L'hospitalité
Elle concerne à la fois la dimension physique (les bâtiments), pratique (horaires, tarifs) et
sociale (tous les publics y compris ceux pour qui cela est symboliquement difficile). La question
de l’accueil concerne et doit nécessairement relier différents services du musée. Le service
des publics joue son rôle en contribuant aux projets : nouvelle politique tarifaire, outil de
réservation d’activités en ligne, réalisation d’outils d’aide à la visite adaptés et accessibles
(plan, livret, audioguide, etc.).
Quatre chantiers d’amélioration de l’hospitalité du madd-bordeaux seront plus spécifiquement
portés par le service des publics :
▶ Concevoir une offre de médiation adaptées aux publics avec handicap
▶ Concevoir, avec les publics, une charte d’accueil du visiteur « Bienvenue
au musée »
▶ Relier la mission de surveillance et d’accueil à la mission de médiation
▶ Garantir une chaîne de continuité de l’accompagnement du visiteur :
avant, pendant, après la visite
Inventer de nouvelles formes de médiation et inviter au dialogue
In situ, ex situ, classiques ou hybrides, les formes de médiation et de parcours s’adaptent à
tous les publics et transforment la relation aux œuvres et au musée. Cependant, si l’imagination,
l’agilité, l’innovation sont au service de la médiation culturelle du madd-bordeaux, ces
nouvelles médiations doivent s’inscrire dans la durée et viser une relation solide et durable
avec les publics. Lors de la visite au madd-bordeaux, le médiateur agit comme un facilitateur
du dialogue entre les publics et les intervenants, entre les publics entre eux. Il partage des
connaissances accessibles par tous, pose des questions, invite à l’expression, ouvre les sujets
en fonction des orientations retenues par les publics lors de cette conversation. Les publics
deviennent acteurs de leur visite et auteurs d’une parole ouverte et libérée sur les œuvres.
1 - Objectifs principaux
a. Accueillir les publics et partager les contenus
La mission du musée est bien de conserver le patrimoine et de le transmettre. Dans un monde en
constant changement, l’équipe du madd-bordeaux s’interroge cependant : comment proposer
de nouvelles approches des œuvres et du patrimoine ? La médiation s’est fondée, historiquement,
sur un principe pyramidal plaçant le sachant en haut, et le public, en bas, en position de
recevoir. Cette structure est entièrement remise en cause aujourd’hui par l’outil Internet.
La connaissance est partout, et c’est autre chose que le public vient chercher au musée,
davantage de l’ordre de l’échange et la discussion. Mais il attend avant tout un positionnement
éthique et le fait que l’institution ne déroge jamais à l’exigence artistique.
Le thème même du design irrigue nos réflexions en se confrontant aux questions de société
mais aussi en contribuant à de nouvelles formes de médiation culturelle au service de
la circulation des connaissances, des savoirs et de l’expression des cultures.
b. Éduquer autrement et contribuer à l’éducation artistique et
culturelle
À travers une découverte des œuvres et du patrimoine, une rencontre avec des historiens
d’art, des médiateurs culturels, des artistes ou designers et une pratique artistique et
culturelle, au musée ou en dehors de ses murs, le madd-bordeaux propose une alternative
aux apprentissages traditionnels. Il contribue ainsi aux apprentissages à tous les âges
de la vie, à la compréhension du monde de manière active, ludique et ouverte.
Ces actions s'intègrent à la candidature de la ville au label 100% EAC et plus globalement au
projet éducatif de la Ville.
c. Favoriser l’expression culturelle de tous
Dans une époque de généralisation des échanges et de communication sans complexe,
les publics ont besoin de pouvoir agir et interagir entre visiteurs autant qu’avec les médiateurs
d’égal à égal. Exprimer leur curiosité spontanément, exercer leur esprit critique, déployer
l’intelligence émotionnelle sont les bases d’une conversation ouverte. La visite au madd-
bordeaux devient alors un espace d’expression de tous. Le discours sur les œuvres devient
polyphonique et les regards s’enrichissent.
Dans la définition de sa mission, dans son code déontologique (ICOM), le musée agit dans une
perspective de promotion du patrimoine naturel et culturel dans un cadre universel, au service
de la société et de son développement. Depuis la convention de Faro (2005), les enjeux de
diversité culturelle et de dialogue interculturel questionnent également la notion de patrimoine
comme ressource à connaître et à s’approprier pour construire une culture partagée.
Le madd-bordeaux s’engage pour un accueil de tous, pour l’expression des droits culturels dans
une volonté d’ouverture et de contribution au lien social, et particulièrement à l’attention
de personnes exclues, éloignées du musée.
Comment faire médiation pour les personnes les plus éloignées du musée ? Comment réussir
à les faire venir une première fois ? Comment tisser des liens ?
Comment avoir un discours qui leur parle ? Enfin, comment cette primo-expérience peut-elle
être suffisamment satisfaisante pour susciter l’envie d’y revenir et en faire une expérience
émancipatrice ? Comment faire du musée cette maison commune, ouverte à tous
inconditionnellement et qui agit pour plus d’égalité.
d. Faire découvrir les métiers, faciliter la rencontre avec
les professionnels
Plus d’une trentaine de personnes travaillent quotidiennement au musée des Arts décoratifs
et du Design de Bordeaux pour permettre aux visiteurs de découvrir ses collections permanentesPartie — VII. Un service des publics au service d’une société plurielle 203 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 202
Inventer de nouveaux rituels de visite
Tous les week-ends à 16h, une visite commentée « B.A.BA » est proposée pour
des groupes constitués sur réservation mais également pour le public individuel. Certaines
visites seront thématisées en lien avec l’actualité du musée et du territoire. La régularité
de ces rendez-vous permet de répondre aux besoins des habitants et également aux touristes
en court séjour, intéressés par une approche globale des collections et du bâtiment.
Parallèlement, sera mise en place la visite sprint, à la fois action de médiation et d’accueil.
En présentant de manière globale et ouverte le musée, ses bâtiments et ses collections, il s’agit
de familiariser les visiteurs aux espaces et aux collections. Réalisée à la manière d’un petit
tour de la « maison » à l’attention des « nouveaux invités », on y partage les mille et un détails
de l’histoire et des œuvres. On oriente le regard vers quelques chefs-d'œuvre représentatifs
des collections.
▶ Des vacances au madd-bordeaux. Afin de répondre aux besoins des familles,
des centres de loisirs et d’animation et d’un public touristique, des visites et des
animations seront possibles chaque jour de vacances.
▶ Des nocturnes conviviales. En coopération avec le restaurant du musée,
des soirées musicales sont proposées autour d’artistes invités et suscitent
un engouement pour l’événement par des publics peu habitués au musée.
Ces soirées seront plus nombreuses dans le futur. À leur occasion, les collections
sont ouvertes et les médiatrices et médiateurs invitent à la conversation
autour des œuvres.
▶ Les Jeudis du madd-bordeaux sont des rendez-vous réguliers autour
d’une thématique, l’occasion d’inviter des spécialistes à intervenir au musée.
Le public entre avec eux dans une discussion plus intime, autour d’un verre, après
la conférence. Cette programmation peut être développée sous forme de cycles
en coopération avec des acteurs de la vie intellectuelle bordelaise, française ou
internationale (l’Université, l’École nationale des Beaux-Arts, le Goethe Institute
etc.) et faire l’objet d’une diffusion ou rediffusion en ligne et/ou d’une édition.
▶ Les guides-conférenciers référencés par l’Office de tourisme et des congrès
de Bordeaux offrent une réponse à la transformation de la culture et de son
environnement. Ils reflètent le caractère du territoire dont ils sont les représentants
et donnent des clefs à ses visiteurs pour le comprendre. Ils contribuent ainsi à
l’accueil des publics au madd-bordeaux et font le lien entre le site patrimoine
mondial de l’Unesco et l’hôtel de Lalande, extérieur et intérieur.
▶ Des médiateurs présents dans les salles accueillent les visiteurs, facilitent leur
circulation et engagent la conversation autour d’une œuvre ou d’un thème.
Ce format de médiation permet une grande agilité de déplacement et une
adaptation du discours aux visiteurs, selon leur culture et leurs centres d’intérêt.
Elle valorise l’interaction avec un petit nombre de visiteurs, rendant possible
l’expression des cultures à la manière d’une conversation spontanée.
▶ La visite à 2 voix est une visite qui intègre la rencontre et l’échange avec
un invité : designer, artisan, artiste, collectionneur, restaurateur, comédien,
musicien, face aux œuvres… Il s’agit de proposer un regard neuf sur les œuvres.
▶ Dans les expositions, un espace de pratique ludique est dédié au jeune public
en visite libre, avec les parents. À leur disposition, jeux et outils ludiques facilitent
une pratique autonome ou accompagnée de l’exposition. Les activités sont
adaptées aux tranches d’âges. Dans les collections permanentes du madd-bordeaux,
la valise du petit explorateur du madd-bordeaux, mise à disposition
des familles, facilite l’observation et la découverte autonome des objets.
Par ailleurs, le plaisir du jeu et de l’humour n’est pas réservé qu’aux enfants,
des visites insolites et décalées seront proposées autour d’événements
particuliers et en lien avec les acteurs du spectacle vivant plus particulièrement.Partie — VII. Un service des publics au service d’une société plurielle 205 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 204
Fort de plusieurs années de pratique de l’éducation artistique et culturelle, le service
des publics du madd-bordeaux propose des parcours EAC à destination des enfants ou
des adultes dans les différents moments de leur vie.
EAC public scolaire et périscolaire
Maria Montessori l’évoquait : « L’intellect de l’enfant ne travaille pas seul, mais, partout et
toujours, en liaison intime avec son corps, et plus particulièrement avec son système nerveux
et musculaire. » Il permet des situations de transmission plus ouvertes, plus libres, de développer
des pratiques collectives dans l’apprentissage.
Expérience Design : 10 chaises / 10 designers dans ma classe est un atelier de découverte
du design à travers une expérience pratique et sensible de pièces de design : les chaises. En
fonction de l’âge des élèves, une série de scénarios pédagogiques est proposée pour observer,
comprendre et expérimenter les objets. Cette proposition de médiation fait la part belle à
l’expérience du corps, le toucher, la manipulation et à l’analyse technique des objets ainsi qu’au
développement de l’esprit critique des élèves. Des exercices pratiques de mise en situation
en lien avec des contextes d’usage permettent aux élèves de saisir le lien entre forme et fonction.
Convaincue de la nécessité de promouvoir les savoir-faire auprès du grand public, la Fondation
d’entreprise Hermès est à l’initiative du projet Manufacto, la fabrique des savoir-faire,
et le finance depuis 2016. Ce projet est mené en collaboration avec l’Académie de Bordeaux
(comprenant Bordeaux, Gironde et Dordogne), en partenariat avec les Compagnons du devoir,
l’école Camondo et le madd-bordeaux (pour le territoire de la Gironde). Ce programme est
destiné à sensibiliser les jeunes aux métiers de la main. Le service des publics du madd-bordeaux
pilote ce projet sur son territoire, sélectionne les écoles, les artisans et les assistants designers
et coordonne la réalisation des 12 ateliers de fabrication artisanale d’une pièce de design dans
chacune des classes. Il coordonne la documentation du projet, la communication et fait le lien
avec l’éducation nationale et les artisans. Il assure le bon déroulement de chaque séance tout
en favorisant une autonomie des intervenants. Il accompagne sur le plan pédagogique et
logistique. Il coordonne également une visite de l’atelier de l’artisan ainsi qu’une visite
thématique des collections du musée.
Ce projet offre également l’opportunité pour le madd-bordeaux de :
▶ Aller à la rencontre de nouveaux établissements chaque année et développer
des liens durables
▶ Viser des établissements des quartiers populaires voir QPPV, et tisser des liens
plus durables avec ces quartiers
▶ Mieux connaître les artisans du territoire et élargir les coopérations
▶ Conforter des liens avec l'Éducation nationale partie prenante de ce projet et
acteur de la sélection des candidats
▶ Développer les publics du madd à travers les familles des élèves et la vie de l’école
▶ Essaimer et transmettre ses compétences en accompagnant de nouveaux
coordinateurs de projets éducatifs
Le déploiement de ce projet partenarial est envisagé à long terme et vise une dizaine
d’établissements du territoire en 2024.
Soutenu financièrement par la DRAC, Un designer au lycée propose de favoriser la rencontre
des élèves du secondaire, en particulier ceux des filières professionnelles avec des designers,
dans des établissements plus éloignés des musées, soit par leur situation géographique soit
par les difficultés sociales ou scolaires des élèves.
Octave de Gaulle, Ionna Vautrin, Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage, Teddy Sanches
et Bérengère Bussioz comptent parmi les premiers designers engagés dans ce programme
collaboratif. Dans ce projet, le service des publics porte une attention particulière à la qualité
de la rencontre humaine avec les jeunes designers hommes et femmes, retenus pour
leur capacité à partager leur expérience professionnelle et personnelle de leur métier.
Décloisonner les disciplines : nouveaux regards sur les œuvres pour mieux
questionner le monde
En diversifiant les thèmes d’entrée qui conduisent vers le musée et ses œuvres, nous
enrichissons collectivement les connaissances et la compréhension des œuvres et du
patrimoine. Il s’agit bien de rendre les arts décoratifs et le patrimoine, le design et la création
parfaitement perméables au monde.
Edgar Morin dans son Manifeste pour changer l’éducation, Enseigner à vivre, nous invite à
« apprendre à apprendre, c’est-à-dire apprendre à la fois en séparant et en reliant, analysant
et synthétisant [...] à considérer les objets non plus comme des choses, closes sur elles-mêmes,
mais comme des systèmes communiquant entre eux et avec leur environnement, cette
communication faisant partie de leur organisation et de leur nature même. »
Quelques exemples de médiation interdisciplinaire :
Un objet peut être un support stimulant pour réfléchir sur une notion philosophique. Il permet
de concrétiser celle-ci, d’en présenter différents aspects ou facettes avant de tenter de
la comprendre dans sa globalité. Lors d’un atelier philosophique, en famille ou avec sa
classe, les enfants expriment leur pensée et débattent à partir d’une question philosophique.
En coopération avec les artisans d’art, le service des publics propose de développer
un programme de médiation mêlant les deux approches : historique et patrimoniale,
technique et artisanale autour d’ateliers de design d’une chaise, par exemple, ou d’un objet
de maroquinerie. La Planche, tiers-lieu bois de Bordeaux, la chambre des métiers ou les Journées
européennes de l’artisanat d’art seront des partenaires privilégiés de ce programme.
Des ateliers d’initiation au code seront développés en partenariat avec une structure associative
spécialisée à Bordeaux. Ils feront du musée un terrain de jeu et d’apprentissage du code au sein
duquel les enfants s’approprient la technologie tout en se familiarisant avec le musée.
En proposant une programmation musicale en coopération avec les acteurs bordelais
de musique électronique, il s’agit de faire se rencontrer deux cultures qui pourraient a priori
s’opposer mais qui en réalité se répondent. Ces sets inédits dans cette architecture exceptionnelle
du madd-bordeaux feront du musée une place reconnue et réputée des jeunes,
amateurs d’électro.
Les objets des collections du musée, dans toute leur diversité, par leur histoire et leurs origines
ou par celles de leurs auteurs et inventeurs, sont une opportunité exceptionnelle d’aborder
des sujets de société essentiels. En prenant soin de promouvoir la réflexion commune,
l’échange et l’expression de tous, et en s’appuyant sur la recherche scientifique, la question
de l’esclavage et de la citoyenneté sera abordée à travers les objets des collections.
Par ailleurs, cette maison du XVIII siècle, à travers son mobilier, ses objets, narre une partie
de l’histoire des femmes et invite à interroger la part manquante de cette histoire, tout autant
que son évolution jusqu’à aujourd’hui. (en lien avec la Journée du Matrimoine). Avec un public
adolescent, nous pourrons interroger nos propres codes de représentation sociale, d’hier et
d’aujourd’hui, comment ils influencent notre rapport au monde. Et enfin, à travers le design,
réinterroger notre usage des objets et du monde, inventer d’autres manières de penser et
d’agir à l’écoute des enjeux contemporains.
b. Contribuer à l’éducation artistique et culturelle : éduquer autrement.
L’éducation artistique et culturelle pour tous
L’éducation artistique et culturelle a pour objectif d’encourager la participation de tous à la vie
artistique et culturelle, par :
▶ l’acquisition de connaissances, un rapport direct aux œuvres,
▶ la rencontre avec des artistes et professionnels de la culture,
▶ une pratique artistique et culturelle.musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 206
Certains lycées sont engagés dans ce dispositif depuis plusieurs années. Ces expériences
partagées à plus long terme ont d’ailleurs permis de le faire évoluer. À l’avenir, tout l’enjeu
est d’essaimer ce projet auprès de nouveaux établissements scolaires moins familiers
de ces pratiques.
De plus, des outils pédagogiques seront professionnalisés afin de faciliter l’animation de cette
rencontre singulière : carnet de bord de l’élève, gamestorming à l’attention des groupes d’élèves,
modélisation des supports pédagogiques, plateforme de documentation collaborative et enfin
formation des médiateurs à la facilitation de l’intelligence collective et à la créativité.
Si l’émergence de ce projet a été financièrement rendu possible grâce au soutien de la DRAC
Nouvelle-Aquitaine, il s’agira, dans les années à venir, de diversifier son financement pour
en garantir sa pérennité et son essaimage.
Le madd-bordeaux des tout-petits : il s’agit de proposer une (première) expérience du musée,
une rencontre avec l’art et la culture. La visite du madd-bordeaux est construite de manière
à apporter la nourriture sensorielle, émotionnelle, langagière, relationnelle, indispensable à
la construction des ressources internes du tout-petit. En découvrant de nouveaux espaces, de
nouveaux objets, en regardant, en lisant, en touchant et en manipulant, l’enfant profite d’une
expérience sensible, esthétique, faite d’émotions et de relations avec l’adulte qui l’accompagne.
Ces ateliers s’adressent aussi aux professionnels de la petite enfance qui passent parfois
la porte du musée pour la première fois. Le professionnel ainsi sensibilisé à la santé culturelle
des jeunes enfants, ayant vécu un moment précieux avec eux durant la visite, sera plus
à même de poursuivre des activités d’éducation artistique et culturelle dans sa pratique
professionnelle.
EAC enfants et jeunes en temps extrascolaire
La petite fabrique du madd est un programme d’ateliers de pratiques créatives à destination
des groupes d’enfants en lien avec les associations, centres de loisirs et d’animation et/ou
à destination des familles. Il s’appuie sur une visite thématique des collections ou
des expositions adaptée à l’âge des participants, suivie d’un atelier de pratique artistique
et culturel animé par un artiste, un designer, un artisan ou un médiateur. Les objets ou
jeux réalisés en atelier sont conçus par des designers, artistes ou artisans en référence aux
collections du madd-bordeaux. Une attention particulière est portée au sens de ces objets,
leur forme, leur usage et les matériaux. Les ateliers sont renouvelés et différenciés selon
les âges, de manière à inciter les enfants à renouveler leur expérience et à tisser des liens
avec le madd-bordeaux tout au long de leur enfance.
Les maddanniversaires proposent une découverte des collections autour d’un thème, suivie
d’un atelier créatif conduit par une médiatrice du musée. Il s’agit d’un groupe d’une douzaine
d’enfants qui peut poursuivre le moment autour d’un goûter d’anniversaire dans la salle ou
bien au café du musée. Cette expérience privilégiée permet de tisser des liens personnels avec
les familles et de contribuer à la pérennité du lien avec le musée. Il y a un enjeu à renouveler
le catalogue d’objets conçus lors de ces ateliers afin qu’ils répondent au mieux à l’identité
du nouveau madd-bordeaux, en cohérence avec ses engagements éco-responsables et
en lien avec la diversité des publics visés.
Les tout-petits en famille (moins de 3 ans) est une expérience de visite de l’exposition
comme un terrain d’exploration ludique avec les 5 sens. Ici : permis de toucher, de bouger,
de goûter ou de chanter. Il a été conçu en coopération avec la direction famille et petite
enfance de la Ville de Bordeaux et permet d’accueillir les moins de 3 ans et leur famille.
EAC pour les seniors
En lien avec l’Université du temps libre, l’enjeu est de faire du madd-bordeaux un espace
d’apprentissage et de pratiques culturelles adapté au public senior à travers des cours et
des ateliers de pratiques amateurs encadrés par des enseignants, artistes ou médiateurs
du musée : dessin nature morte ou architecture, photographie, expression théâtrale.Partie — VII. Un service des publics au service d’une société plurielle 209 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 208
L’équipe s’interroge : comment la médiation culturelle
rend-elle possible au musée ou hors les murs un monde
durable, n’excluant personne, préservant et partageant
la diversité de ses ressources patrimoniales, matérielles
et immatérielles, culturelles et artistiques, passées,
actuelles et en devenir ?
Des médiateurs comme facilitateurs
de l’expression culturelle de tous
Le sujet même du madd-bordeaux est bien les objets.
Parce qu’ils ont une matérialité, trois dimensions et
une fonction, ils offrent une infinité d’entrées possibles :
l’histoire, le geste, l’usage, les matériaux, la technique,
l’auteur, le commanditaire, la facture, la représentation,
etc. Mais finalement ce qui compte, ce n’est pas
seulement l’objet, mais le lien d’intimité qui existe
entre cet objet et celui qui l’observe. Cela peut être
une pensée, une interrogation, un souvenir, une idée,
une intention ou bien l’imaginaire. C’est bien en
rendant possible l’expression d’une sensibilité intime,
profonde et personnelle que nous contribuerons à
élaborer et transmettre ce patrimoine commun.
Ainsi le médiateur du madd-bordeaux se fait-il
facilitateur de l’expression culturelle de chacun
sur les œuvres. Il vise dans son accompagnement à
rendre possible une conversation ouverte aux points
de vue diversifiés. S’il construit le scénario pédagogique,
il laisse une place importante à la parole, aux mots,
aux gestes et aux émotions du visiteur. Il rend possible
les échanges entre visiteurs qui contribuent aussi à
l’appropriation du patrimoine et des œuvres. Le médiateur
est en écoute active, ouverte et attentive à la singularité
de l’expérience de chacun des visiteurs.
Cette manière de faire médiation place le public, en
tant qu’individu, au centre de la médiation. Ainsi
il n’y a pas une visite qui soit semblable à une autre
même si son parcours, les œuvres et le thème sont
les mêmes, puisque ce sont les personnes présentes qui
vont orienter, colorer la visite de leur propre culture.
Les médiateurs professionnels portent cette
reconnaissance de l’autre et de sa culture dans
leur pratique quotidienne et savent bien qu’un groupe
ne ressemble jamais à un autre car il est fait
d’un ensemble d’individualités différentes, d’une diversité
culturelle qui va orienter les échanges et les regards
sur les œuvres durant la visite. Si la qualité de l’attention
portée à l’autre fait la richesse et la singularité
du métier de médiateur culturel, il fait aussi sa difficulté.
En effet, il faut être en mesure physiquement et
mentalement, de donner et de recevoir pleinement
à cet instant précis de la rencontre entre les œuvres
et ce public renouvelé. Il faut être en confiance pour
avancer vers l’autre, être en capacité d’interagir,
de rebondir et d’adapter un discours ou un parcours
en lien avec la contribution culturelle de l’autre.
L’éducation in et hors les murs
Les classes au musée
Une offre pédagogique permanente, thématique et co-construite avec les enseignants
permet de faciliter la visite autonome des classes avec leur enseignant. Pour bien se
préparer, les enseignants participent à des rencontres pédagogiques trimestrielles, suivent
une séance de formation à la médiation culturelle au musée et/ ou sont accompagnés dans
l’élaboration de leur projet pédagogique.
Des parcours pédagogiques spécifiques sont mis en place dans le cadre de coopérations
avec des acteurs éducatifs ou culturels du territoire et facilitent l’interaction avec certaines
écoles moins orientées « art et culture» dans leur projet pédagogique.
La valorisation de cette offre pédagogique à travers les plateformes de recensement
des projets pédagogiques comme Adage ou Pass culture-groupe (développé en coopération
avec l’Éducation nationale) devrait lui permettre d’être mieux identifiée et plus pratiquée
par les enseignants.
Le musée dans la classe
Sortir de l’hôtel de Lalande pour faire médiation culturelle dans la classe, c’est répondre à
différents enjeux : toucher de nouveaux publics dans leur quartier au sein-même d’un équipement
qui leur est familier et susciter l’envie de poursuivre la visite rue Bouffard, développer
des coopérations, élargir nos missions, rayonner sur notre territoire, résoudre un problème
de conditions d’accueil tout en assurant la continuité de notre mission éducative. De plus, ces
actions hors les murs visent à engager une relation plus durable avec les publics à commencer
par les élèves, leur enseignant, puis les enseignants de toute l’école et enfin les familles.
Des mallettes pédagogiques du madd-bordeaux en lien avec les collections anciennes et
contemporaines, offrent une opportunité de manipuler les objets pour mieux comprendre
leur forme et leur usage.
Expérimenter le design, c’est plonger dans un processus de création qui fait appel à
l’imaginaire comme à l’expérience, qui prend en compte les usages et le savoir-faire pour
découvrir et mettre en œuvre de nouveaux procédés, de nouvelles façons d’agir et de
créer des liens. La mallette Késako design comprendra une vingtaine d’objets de designers à
manipuler, un kit pédagogique de jeux et d’expériences artistiques et culturelles à mener en
classe, une sélection d’ouvrages à destination des élèves et à destination des enseignants.
Cette première initiation au concept de design permettra de mêler plusieurs thèmes et
de s’interroger sur nos propres usages des objets. Il sera aussi un moyen de mettre en
perspective les usages des uns et des autres, d’hier et d’aujourd’hui, de se représenter
le monde, d’exprimer ses impressions, ou de raconter une histoire... Porté par une démarche
scientifique et un design original, cet outil d’expérimentations tiendra compte de la curiosité
naturelle des enfants et de leur instinct pour l’exploration et la manipulation. À travers
des ateliers ou des pratiques libres, les plus grands seront invités à se glisser dans la peau
d’un designer : Que fait-il ? Comment fait-il ? Pourquoi ? Et pour qui ? Ces mallettes seront
conçues en coopération avec l’Éducation nationale, avec la collaboration des designers
Marion Pinaffo et Raphaël Pluvinage, grâce à un mécénat privé. Leur mise à disposition
sera organisée selon un planning annuel. Les enseignants seront formés par
les médiateurs du madd-bordeaux à l’usage de ces mallettes.
c. Favoriser l’expression culturelle de tous
Le droit à l’éducation et le droit de participer à la vie culturelle sont les fondements même
de la médiation culturelle. Chaque professionnel de musée et plus particulièrement
ceux qui interagissent au quotidien avec les publics portent dans leur pratique ce qui définit
la mission d’un musée « développer le rôle éducatif et drainer le public le plus large qui soit
de la communauté, de la localité ou du groupe qu’ils servent. Interagir avec la communauté et
promouvoir son patrimoine font partie du rôle éducatif du musée ».Partie — VII. Un service des publics au service d’une société plurielle 211 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 210
Enfin, pendant les vacances d’été, le service des publics porte une attention particulière
à l’élaboration d’un programme d’activités ludiques à destination du jeune public sans
vacances : ateliers pratiques, pique-nique dans la cour du madd... en coopération avec
les centres de loisirs et d’animation, les maisons de quartier des quartiers QPPV,
le Secours populaire, par exemple.
La lutte contre l’illettrisme est une priorité nationale. L’éducation est l’un des acteurs
majeurs en matière de prévention des difficultés de lecture et d’écriture. En s’appuyant sur
des coopérations avec les mouvements d’éducation populaire du territoire, le madd-bordeaux
développe des expériences éducatives et ludiques sous forme de parcours d’apprentissage de
la langue et de l’expression personnelle autour de visites mais aussi d’ateliers au musée.
Pour les personnes malvoyantes et aveugles (et leurs invités), toucher, manipuler et
expérimenter une sélection de chaises qui ont marqué l’histoire du design, pour comprendre
les développements du design et ces enjeux de demain. Ce parcours est ouvert aux personnes
malvoyantes et aveugles mais aussi aux voyants qui les accompagnent dans un objectif
de tisser des liens et une interconnaissance. À l’attention des personnes sourdes et
malentendantes et de leur famille, des cycles de visites en LSF sont proposés toute
l’année en coopération avec les associations relais et les guides interprètes.
Les personnes malades à l’hôpital ou non, les personnes en cité pénitentiaire ou en
parcours de réinsertion font partie des publics dits empêchés pour qui le madd-bordeaux
peut proposer des parcours inspirants, source d’émancipation et d’expérience culturelle
valorisantes.
Dans le cadre d’un projet de coopération avec les associations d’accueil des personnes
réfugiées (dont le CADA), les groupes de personnes réfugiées et demandeurs d’asile accèdent
gratuitement au musée. Avec l’implication d’un interprète, la première visite propose une
découverte du musée et invite à converser librement autour des œuvres et de l’imaginaire
qu’ils éveillent. Dans un second temps, la visite du musée devient le support d’exercices
d’apprentissage du français. Puis, si le lien se tisse, les personnes sont aidées à devenir
médiateur du musée pour leurs proches.
e. Faire découvrir les métiers et faciliter la rencontre avec
les professionnels
La démarche du service des publics pour contribuer à l’insertion des jeunes pourra également
dépasser la simple action culturelle pour inviter les étudiants et les jeunes professionnels à
prendre part à la vie du musée, côté coulisses, en coopération avec les différents professionnels,
à la découverte des métiers : du documentaliste au menuisier, du graphiste à l’agent d’accueil,
de la médiation au scientifique, de l’administration à la sécurité. Ces rencontres sont facilitées
par le Service des publics mais impliquent l’ensemble des services du musée, afin de faciliter
l’échange entre les jeunes et les professionnels autour de rencontres individuelles, collectives
ou informelles in situ ou hors les murs, de tutoring, d’ateliers, de co-animation d’événement
ou de stage.
Quelques exemples de projets :
Pour les jeunes, l’exercice de la prise de parole en public, celui de la synthèse d’un message
à la manière du pitch et/ou encore l’exercice de l’éloquence peuvent s’expérimenter à partir
d’une œuvre du musée. En coopération avec des acteurs de l’insertion, Pôle emploi, l’École
de la seconde chance, Prends la parole ! propose aux jeunes d’expérimenter et de vivre une
expérience professionnelle valorisante dans le musée encadrés par les profesionnels du musée
et de gagner une meilleure confiance en soi.
▶ Les apprentis d’Auteuil, l’École de la seconde chance et les Cordées de
la réussite proposent des dispositifs qui visent à faire de l’accompagnement
à l’orientation un réel levier d’égalité des chances. Elles ont pour objectif
de lutter contre l’autocensure et de susciter l’ambition scolaire des élèves
Le droit de parole, de contre-parole, d’interprétation et d’appropriation
Bienvenue aux guides-conférenciers dans les collections. Les guide-conférenciers qui
le souhaitent pourront, dans le cadre d’un événement ou de leur propre activité, proposer
des visites des collections du musée en lien avec leur spécificité : langue, domaine
de compétences, forme de médiation.
Au madd-bordeaux, une grande partie des œuvres est accessible au toucher mais il est
pourtant interdit de le faire pour des raisons de conservation évidentes. En revanche, il est
permis de photographier, de se photographier au milieu des œuvres, de se mettre en
scène, de partager sa photo, de commenter son expérience en ligne. Cette pratique sera
même encouragée via les réseaux sociaux notamment.
Participer à la fabrique du patrimoine
Des chantiers participatifs seront ouverts aux publics : Charte du visiteur « Bienvenue
au madd-bordeaux », ou « Nouveau parcours mémoriel à travers les collections
du madd-bordeaux ».
Par ailleurs, les publics du musée, les acteurs culturels du territoire pourront proposer
des activités ou des rencontres que le service des publics pourra rendre cohérent avec
sa programmation culturelle.
#SpeakBlue, une œuvre contemporaine autour des expressions culturelles
Une voix peut-elle saisir le contemporain ? Peut-elle être le reflet d’une hétérogénéité ?
L’artiste Claire Malrieux a imaginé Speakblue, un être de langage composé de différentes
strates d’écriture et de prosodies, une technologie de l’imaginaire, productrice de visions
du monde donnant corps au lointain et à l’immatériel. Le madd a invité Claire Malrieux à
installer Speakblue dans ses salles, pour construire, à partir des œuvres des collections et
de l’histoire de l’hôtel de Lalande et en collaboration avec les équipes du musée, des scenarii
d’expression de voix multiples.
d. Aller à la rencontre de l’autre, contribuer au lien social
Action discrète et durable, la coopération avec les acteurs de l’insertion sociale et
de l’éducation populaire est essentielle au développement de l’action sociale du madd-
bordeaux. Une connaissance de leur métier et une attention spécifique et renouvelée pour
les individus qui composent chacun des groupes, ont permis de tisser des liens durables, et
de créer des parcours parfaitement adaptés et vecteur d’émancipation.
La première rencontre avec les publics en insertion peut d’abord avoir lieu « à domicile ». Aller
chez les personnes avant de les faire venir au musée : briser la glace avec un public qui ne
vient pas naturellement au musée, en créant des moments d’étonnement et de convivialité
dans leurs lieux de vie ou d’activité. Cette première rencontre avec le médiateur, leur donne
un sentiment de légitimité lors de leur visite du musée et un droit à exprimer leur propre
culture à cette occasion. On sait à quel point l’identification d’un médiateur, la récurrence de
la rencontre tout au long du parcours, facilite la familiarisation des personnes avec le musée.
Culture du cœur, le Foyer fraternel, Promofemmes, le refuge, le CADA sont parmi les
partenaires les plus engagés du madd-bordeaux.
Les Quartiers prioritaires des villes réunissent un maximum de dysfonctionnements
sociaux : pauvreté, taux de chômage, déscolarisation, précarité de l’habitat, santé et défiance
vis-à-vis des institutions publiques. Les habitants y sont aussi plus jeunes. Dans le cadre
de son projet d'éducation artistique et culturelle Manufacto, le madd-bordeaux a choisi
d’orienter prioritairement ces actions dans les écoles des quartiers QPV du territoire en
considérant que ce projet bénéficie aux enfants scolarisés mais également à leurs familles.
Il s’agira donc de multiplier les coopérations sur un même territoire avec l’ensemble
des acteurs de l’insertion afin de consolider le lien établi.Partie — VII. Un service des publics au service d’une société plurielle 213 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 212
par un continuum d’accompagnement de la classe de 4 au lycée et jusqu’à
l’enseignement supérieur. Le service des publics accueille et encadre des
parcours de découverte du musée, de ses missions et de ses métiers pour
des groupes ou des jeunes. Ces parcours sont élaborés avec l’ensemble
des services du madd-bordeaux.
▶ Les étudiants du DN made design Bordeaux, ceux de l’École supérieure des
Beaux-Arts de Bordeaux, Archimuse (association des étudiants en master
patrimoine et médiation de l’Université Bordeaux Montaigne), le Campus
des métiers et des qualifications Cuir, textile, mode et luxe de Nouvelle-
Aquitaine sont également activement accompagnés dans leur expérience
de la vie professionnelle à travers des projets pédagogiques et des rencontres
avec les professionnels du musée.PSC 2022 ● musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux 215 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 214
La place des femmes dans l’art
Une priorité
Charlotte Perriand (1903-1999), Eileen Gray (1878-1976),
Gae Aulenti (1927-2012), les femmes qui, dans l’histoire du design,
ont réussi à se forger un nom sont rares. Portées par la visibilité
de leur mari, on connaît les femmes d’artistes, trop souvent
reléguées aux activités féminines : Sonia Delaunay (1885-1979)
dessinant des tissus et de la vaisselle, Annie Albers (1899-1994),
pionnière de l’art textile, Suzanne Prouvé (née en 1931), fille
de Jean, reconnue pour ses tissages de fils de toutes sortes,
polyamide, Inox puis cuivre.
Elles sont pourtant si nombreuses à avoir été audacieuses et
pionnières. Le madd-bordeaux souhaite leur donner la place qui
leur est due dans l’Histoire de l’art et du design.
Ainsi, lors de l’exposition Oh couleurs !, le public a découvert
la remarquable Paule Marrot (1902-1987). Décoratrice parisienne
qui, en 1953, sollicite Pierre Lefaucheux, PDG de la Régie Renault,
pour dessiner la gamme des coloris de la Dauphine. Elle y crée
le premier bureau de conseil en design industriel de la couleur.
Cette année, le madd expose l’artiste, designer et architecte
Nanda Vigo (1936-2020).
Au cœur de l’avant-garde italienne, dès la fin des années
cinquante, Nanda Vigo a influencé une génération d’artistes et
de designers. En dépit de son parcours remarquable, son travail
n’a pas encore acquis la reconnaissance qu’il mérite. Cette
exposition, sa première monographie en France, sera à la fois
un hommage à son travail et à sa figure d’artiste femme.Partie — VIII. Un réseau de partenaires soutenu pour ancrer le musée dans le paysage 217
VIII. Un réseau de
partenaires soutenu
pour ancrer le musée
dans le paysagePartie — VIII. Un réseau de partenaires soutenu pour ancrer le musée dans le paysage 219 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 218
▶ Création d’un parcours patrimoine avec une application géolocalisée.
Il permettrait d’identifier des constructions significatives du XVIII siècle
en Gironde, afin d’apporter une meilleure connaissance de ce patrimoine
architectural, des styles et des techniques de construction utilisées. La création
de l’application impliquerait les étudiants en histoire de l’art, en langue (si l’on
envisage une version bilingue) et en conception de projets numériques.
Elle s’appuierait sur les travaux de recensement du Ciap (Bordeaux Patrimoine
Mondial) et de la DRAC. Un autre parcours pourrait mettre en valeur
les artisans d’art en Gironde et les spécificités de leur savoir-faire.
▶ Dans le contexte d’un musée en travaux, associer les étudiants à une réflexion
autour des enjeux du musée aujourd’hui. Dans ce cadre, les étudiants et
enseignants-chercheurs pourraient être impliqués dans l’élaboration
de la médiation d’œuvres spécifiques, afin de contribuer à un autre regard
en adéquation avec les évolutions de la société.
b. S’inscrire durablement dans nos territoires : tisser des liens plus étroits avec le paysage économique local
La rénovation du musée aura un impact sur ses proches voisins : les commerçants
de la rue Bouffard, mais aussi les entreprises et associations bordelaises avec lesquelles
le musée collabore régulièrement, comme la librairie Mollat, la Machine à Lire ou la FIMEB…
Le madd-bordeaux souhaite les associer aux différentes étapes du projet et de sa
programmation hors et dans ses murs durant le temps des travaux et de la réouverture.
Les transformations récentes et à venir de Bordeaux et sa métropole s’inscrivent dans de
grands projets d’urbanisme au sein de nouveaux quartiers. Ces évolutions urbaines sont
accompagnées par des transformations économiques : se créent ou se développent de
nouveaux pôles économiques sur le territoire comme la Cité Numérique et le site Newton
qui accueillent des entreprises contribuant à la croissance verte. Le campus de Bordeaux
se transforme et renforce ses connexions avec les entreprises du territoire. Le musée, qui
se fait l’écho des changements de la ville, souhaite nouer des partenariats avec des acteurs,
entreprises, associations, chercheurs sur ces territoires en constante mutation.
Le madd-bordeaux continue à consolider les liens avec le monde viticole. Bénéficiant du label
vignobles et découvertes, attribué sur décision du Conseil Supérieur de l’Œnotourisme, le madd-
bordeaux est référencé comme destination du « Bordeaux Wine Trip, Irrésistible vignoble »,
marque de référence de l’offre touristique dans le vignoble bordelais.
En 2022, le madd-bordeaux a obtenu deux étoiles au guide vert Michelin, et souhaite œuvrer
à pérenniser cette distinction et la rendre plus significative. Soucieux de faire connaître et
améliorer son offre pour le grand public, le musée envisage de candidater à d’autres labels tels
que le label Qualité Tourisme, le label Tourisme et Handicap, le label Égalité Professionnelle
entre les femmes et les hommes.
2. Fédérer les réseaux
sur le territoire néo-aquitain
a. S’associer à la politique régionale du design
En encourageant les démarches d’innovation et en soutenant la création, le madd-bordeaux
rejoint les enjeux de l’Agence de Développement et d’Innovation de la Nouvelle-Aquitaine
(ADI N-A).
L’ADI N-A est un organisme régional qui vient en appui des entreprises du territoire néo-aquitain.
Il accompagne la création et la transformation d’entreprises, soutient l’innovation et
le développement de filières émergentes. Animant des réseaux régionaux, l’ADI N-A participe
1. Des liens renforcés avec
l’écosystème local
a. Développer les liens avec les musées, institutions et lieux
culturels du territoire
Dans les années à venir, le madd-bordeaux continuera de développer ses liens avec
les acteurs culturels du territoire. La période de fermeture offrira l’opportunité d’initier
de nouvelles collaborations.
Le musée entend poursuivre ses collaborations avec les différentes institutions culturelles
bordelaises, en particulier les musées de la Ville, afin de croiser les savoir-faire et construire
des projets communs, à l’image de l’exposition L’air du temps. Une histoire d’éventails, XVII -XXI siècles
qui aura lieu au musée d’Aquitaine en 2022, pour laquelle sont organisées des visites croisées.
La création d’un nouveau parcours du musée entraînera également un renouveau des dépôts
d’œuvres. Les coopérations entre les musées de la Ville sont régulières (cf partie 1-VII) et
continueront à s’étoffer au fil de leur programmation.
Le madd-bordeaux souhaite développer des liens plus pérennes et structurés avec l’Université
Bordeaux Montaigne, engagée dans une démarche d’ouverture sur les territoires et dans
une politique de science ouverte, convaincue que les disciplines ALLHS – Arts, Lettres,
Langues, Sciences Humaines et Sociales – ont une place décisive à tenir dans la formation
scientifique et critique.
Au cœur de l’université, la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine (MSHA) développe
la recherche en sciences humaines et sociales en réunissant des chercheurs, issus
de l’université et du CNRS. Une collaboration avec le madd-bordeaux est envisagée autour
de sujets de société liés aux collections et à la programmation du musée. Les actions
communes mises en place permettraient de rendre visibles les outils de la recherche,
de contribuer à animer l’espace de la Maison de l’Homme et de mobiliser les étudiants.
Ce partenariat prendrait la forme d’actions de médiation, de rencontres avec des chercheurs
et des professeurs, ainsi que de publications associant le musée et les chercheurs du MSHA.
Par ailleurs, l’Université Bordeaux Montaigne a sollicité le madd-bordeaux dans le cadre
de sa candidature à l’appel à projets « Excellence sous toutes ses formes », volet du PIA 4
(Programme d’investissement d’avenir). Le projet défendu vise dans les dix années à venir à
coordonner et renforcer les partenaires extérieurs et le maillage territorial de l’université ;
multiplier et expérimenter des formes innovantes de médiation scientifique, culturelle et
citoyenne (science ouverte et créative, recherche-action, recherche-création) ; articuler
formation, recherche et médiation.
Dans ce cadre, le madd-bordeaux et l’université, en collaboration avec les différents UFR
concernés, proposent de développer différents projets :
▶ Traduction de textes fondamentaux pour l’historiographie et la théorie
des arts appliqués et du design, qui donnerait lieu à une édition papier et
numérique. Pour ce projet, une collaboration avec les étudiants en langues
étrangères (allemand, anglais, italien notamment), les étudiants en design,
en histoire de l’art, en conception de projets numériques et avec les Presses
universitaires de Bordeaux pourrait être envisagée.
▶ Création d’un podcast université x madd-bordeaux mettant en évidence
l’importance du design comme méthode et approche pertinente dans tous
les champs de la société et qui s’appuierait notamment sur des initiatives
du territoire. Il ferait intervenir des designers en lien avec le musée et des
chercheurs de différents domaines et pourrait être réalisé en collaboration
avec les étudiants d’histoire de l’art, de design, d’aménagement et
d’urbanisme, de géographie et de philosophie.Partie — VIII. Un réseau de partenaires soutenu pour ancrer le musée dans le paysage 221 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 220
3. Le rayonnement national
du madd-bordeaux
a. Consolidation des liens avec les institutions nationales
À travers différents réseaux, le madd-bordeaux entretient des liens pérennes avec l’ensemble
des institutions françaises, publiques ou privées, qui participent à la culture des arts décoratifs
et du design.
Membre du comité de pilotage de la Galerie Nationale du Design/Cité 2025 projetée à
Saint-Étienne, Constance Rubini est également régulièrement sollicitée pour différents
jurys, notamment chaque année pour celui de la fondation Bettencourt qui récompense
l’association entre un designer et un artisan d’art. Ces occasions sont des moments
d’échanges privilégiés.
Elle pilote la commission « Soutenir - Dispositifs d’appui culturel au design » du Conseil National
du Design (CNDes) créé en septembre 2021 pour agir en conseil de la politique du design en
France auprès des ministres de la Culture et de l’Économie, et des Finances et de la Relance.
b. Contribution à l’animation du réseau français des institutions
de design
Le réseau français du design a été créé à l’initiative du Cnap, sur la suggestion de son directeur,
Yves Robert, et de sa présidente, Constance Rubini, en 2017. Il tend à réunir les institutions
françaises de design et de design graphique, pour permettre un échange de compétences
et une mise en commun des savoir-faire. Mis entre parenthèse pendant la crise du Covid,
ce réseau doit être réactivé.
c. Participation au réseau des responsables des collections
d’arts décoratifs
Le Service des Musées de France (SMF) œuvre à accompagner les musées et à développer
leurs relations respectives. En sus des réseaux existants comme le FRAME, ou l’Association
générale des conservateurs des collections publiques de France (AGCCPF), le SMF a
créé récemment un réseau des responsables des collections d’arts décoratifs qui permet
de développer les échanges de bonnes pratiques, d’offrir un espace de dialogue et
de concertation entre les professionnels des institutions conservant des arts décoratifs.
Le madd-bordeaux a rejoint le réseau.
d. Le nouveau conseil d’administration des Amis du
madd-bordeaux : un ancrage local et un rayonnement national
Le madd-bordeaux bénéficie de la confiance d’Elisabeth Wilmers, propriétaire du Château
Haut-Bailly, mécène d’honneur, qui poursuit l’œuvre de mécène de son mari Robert Wilmers,
initiée en 2014, en continuant à accompagner le musée par un mécénat important. En 2021,
Elisabeth Wilmers a témoigné de manière plus personnelle encore de son attachement pour
le musée en acceptant de prendre la présidence du conseil d’administration des Amis
du madd-bordeaux. Réunit autour d’elle, le nouveau conseil d’administration
des Amis reflète l’ancrage local et le rayonnement du musée :
▶ Pierre-Emmanuel Martin Vivier, vice-président Christie’s France —
Vice-président
▶ Patrick Perrin, collectionneur d’arts décoratifs - Trésorier
▶ Frédérique Dutheillet de Lamothe, directrice communication à l’Académie
du Vin de Bordeaux - Secrétaire
à l’attractivité du territoire et à la mise en place d’actions collectives pour relever les défis
économiques et environnementaux d’aujourd’hui et de demain.
Le musée s’associe à des jeunes entrepreneurs pour les accompagner dans le démarrage de
leur activité. Organisant des rencontres entre designers et jeunes entrepreneurs, le musée est
un lieu de mise en relation. En accompagnant des projets de recherche et d’expérimentation,
il est un lieu ressource pour l’innovation, qui rayonne dans tout le territoire néo-aquitain.
Le musée entend contribuer à mettre en lumière les enjeux contemporains du design,
notamment celui de la transformation numérique, écologique et énergétique. Cet objectif
passe par l’interaction entre disciplines. Ainsi, l’exposition Paysans designers, l’agriculture en
mouvement associait de façon inédite, dans une réflexion commune, des paysans de la région,
des jeunes entrepreneurs, des scientifiques, des artisans, des designers et des étudiants.
b. Le développement de projets à la rencontre des Néo-Aquitains
Au sein de sa programmation, le madd-bordeaux valorise la nouvelle création et accompagne
les designers de demain.
Le musée accompagne les jeunes à différentes étapes de leur formation. Par le programme
Un designer au lycée (cf. partie 1 – VI et partie 2 - VI), il contribue à développer leur intérêt
pour le design, les confronte à la pratique et initie une rencontre avec un professionnel.
Le déploiement de ce programme en Nouvelle-Aquitaine, couplé aux actions menées au sein
des expositions auprès des collégiens et lycéens, participe à la valorisation des métiers
du design et contribue à l’orientation professionnelle des jeunes. En présentant les travaux
des masters professionnels d’art et de design, comme ce fut le cas avec l’exposition Jungle
Design réalisée avec l’École nationale supérieure d’Art et de Design de Limoges,
le madd-bordeaux présente les premières productions de jeunes professionnels et les met
en relation avec les réseaux professionnels qui évoluent autour du musée.
Le territoire néo-aquitain accueille dix-huit formations aux métiers du design, dont huit
établissements en Gironde. Ces établissements publics ou privés accueillent des étudiants
pour les former au design d’espace, de produit, de packaging, mais aussi de design
stratégique, de marque, etc. Ces formations visent à transmettre à ces futurs designers
une culture artistique solide, dont elles viennent chercher les bases au musée.
Outre ces formations en design, certains secteurs sont ouverts aux pratiques du design.
Constance Rubini a ainsi reçu récemment les vingt-neuf étudiants du MBA BCM (Brand
Content & nouveaux média) de l’EFAP pour une matinée d’échanges autour de la puissance
narrative du design.
Le Domaine de Boisbuchet à Lessac (Charente) se présente également comme un partenaire
naturel du musée. Fondé par Alexander von Vegesack, au sein d’un domaine de 150 hectares,
Boisbuchet réunit des architectes, des designers, des artistes, des étudiants autour du design.
La formation et la recherche sont au cœur du projet. Des workshops conduits par des designers
ou architectes de renom sont organisés chaque été et un programme de résidence a lieu
chaque année.
Boisbuchet et le madd-bordeaux mettent en place des passerelles entre leurs programmations
respectives dont les thématiques se croisent parfois, avec l’objectif d’une co-construction
d’un programme de recherche dans le futur.
Fondateur du Vitra Design Museum, Alexander von Vegesack est un collectionneur majeur
de design, sa collection est une des plus importantes en France, comprenant plus
de 2 000 objets et 20 000 publications, dessins, lettres et autres documents. Le dépôt
au musée de cette collection exceptionnelle a été envisagé dès 2014, mais les conditions
pratiques n’ont malheureusement pas permis de finaliser cet objectif, ce qui n’empêche
pas le prêt ponctuel de certaines pièces.Partie — VIII. Un réseau de partenaires soutenu pour ancrer le musée dans le paysage 223 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 222
b. L’Italie, pays du design
À la suite des grandes expositions de design italien présentées au musée, à l’image de
la première rétrospective du designer italien Andrea Branzi (2013) ou de l’exposition Memphis -
Plastic Fields en 2019, le musée mettra à l’honneur à partir de juillet 2022 le travail de Nanda
Vigo, artiste, designer et architecte italienne décédée en 2020, figure féminine essentielle
de la scène artistique italienne des avant-gardes.
Dans le cadre de l’exposition de Nanda Vigo, l’espace intérieur, le musée collabore avec
de nombreuses institutions et acteurs culturels italiens parmi lesquels l’Archivio Nanda Vigo
et la fondation Lucio Fontana, à Milan, le Museo Casabianca, à Malo, l’éditeur Arredoluce,
Erastudio project.
La collaboration s’étend à différents partenaires anglais, allemands et suisses, qui participent
au rayonnement de Nanda Vigo en Europe. Parmi eux, The Mayor Gallery à Londres, la ZERO
foundation à Düsseldorf, l’EPFL Pavillions à Lausanne. Le travail de Nanda Vigo est également
présenté à la biennale de Venise 2022.
c. Perspectives de développement du réseau de partenaires
internationaux : projets à mener avec les partenaires
de l'ADD Network
Le madd-bordeaux est membre de l'ADD Network, un réseau international qui regroupe
des musées de design issus de différents pays, parmi lesquels le Museum für Kunst und Gewerbe
(Hambourg, Allemagne), le Design Museum (Londres, Royaume-Uni), le Museu del Disseny
de Barcelona (Barcelone, Espagne), le Museum of Decorative Arts in Prague (UPM) (Prague,
République Tchèque), le V&A Museum of Design (Dundee, Ecosse), le Vitra Design Museum
(Weil am Rhein, Allemagne), le Design museum (Helsinki, Finlande), le Designmuseum
Danmark (Kobenhavn K, Danemark), le Museum Angewandte Kunst (Frankfort, Allemagne),
le Kunstgewerbemuseum Schloss Pillnitz (Dresde, Allemagne), The Israel Museum (Jerusalem,
Israël), le Museum of Applied Arts and Design (Tallinn, Estonie), le Slovak Design Center
(Bratislava, Slovaquie), le Bauhaus Archive / Museum of design (Allemagne, Berlin),
le Museum of Arts and Crafts (Allemagne, Hambourg).
Organisant des réunions régulières, trois fois par an, l’ADD Network s’interroge sur
des sujets transversaux comme les relations entre le design, l’art, l’art appliqué et l’artisanat
ainsi que sur le rôle du design dans les enjeux du monde contemporain. La prochaine réunion
de l’ADD Network aura lieu les 28 et 29 avril 2022 à Barcelone, avec pour thème central
l’inclusion sociale.
▶ Brigitte Bloch, vice-présidente de l’Office du tourisme et des congrès
de Bordeaux Métropole
▶ Marie-Cécile Moueix, responsable régionale Christie’s France
▶ Sevrine Miailhe, directrice de Provenance, Wine Limited
▶ Bruno-Eugène Borie, président et propriétaire de Château Ducru Beaucaillou,
collectionneur de design
▶ Antoine Briscadieu, commissaire-priseur à Bordeaux
▶ Jean-Pierre Rousseau, président de Diva Bordeaux, Grand Chancelier
de l’Académie du Vin de Bordeaux
▶ Daniel Thierry, directeur général de GT finance et de Schyler participations,
Château Kirwan, membre du conseil d’administration de l’école nationale
supérieure des beaux-arts (ENSBA) de Paris et collectionneur d’arts décoratifs
et de dessins anciens
▶ Guillaume Féau, directeur général de Féau Boiseries
▶ Céline Villars Foubet, propriétaire du Château Chasse-Spleen
Ces passionnés d’arts décoratifs ou de design ouvrent les portes de leurs collections lors
de visites destinées à la communauté des Amis du musée. Par leur soutien, ils participent
au rayonnement culturel de Bordeaux sur son territoire et au-delà de ses frontières,
leur expertise et leur situation concourent à développer la notoriété du musée en France
et à l’international.
4. Le déploiement international
du madd-bordeaux
a. L’Espagne, voisin et partenaire privilégié
La proximité géographique de Bordeaux avec l’Espagne et la richesse des collaborations qui
peuvent être envisagées autour du design augurent de nouveaux projets communs avec
ce pays transfrontalier.
En 2013, le madd-bordeaux a réalisé l’exposition Design : España, première exposition en
France sur l’histoire du design espagnol. Cette exposition, qui révélait un panorama du design
ibérique de la fin des années 1920 à la création contemporaine, a été l’occasion de nouer
de nombreuses collaborations avec le réseau des musées espagnols, le Museo nacional de
Artes decorativas de Madrid, le Museo nacional de Artes decorativas de Barcelone, le Museu
nacional d’art de Catalunya, le Col-legi d’Architects de Catalunya, le Collège des architectes
de Madrid, les Universités de Barcelone et de Madrid. Quatre écoles espagnoles de design
ont été associées à cette exposition : l’Elisava à Barcelone, l’Institut européen du design
(IED), l’Escola Massana à Barcelone et l’École supérieure de design (ESD) à Madrid. Le musée
souhaite conserver et réactiver ces liens avec ces acteurs dans les années à venir.
Par ailleurs, le madd-bordeaux collaborera prochainement à deux projets de design à
Madrid : le Brief festival et le Fido project. Le Brief festival accueille depuis 2014 des designers
internationaux aux profils variés autour du design graphique. Le Fido project (Feminism in
Design Office) associe des femmes travaillant dans le secteur du design qui réfléchissent
en sororité, sur la place des femmes dans l’industrie du design et abordent ainsi les questions
de diversité, de non-discrimination, de durabilité, d’accessibilité et d’inclusion.Partie — IX. Une communication hybridée, entre physique et numérique, à l’image du musée de demain 225
La communication est un écho de ce qui se construit en
interne.
Sur papier ou sur les réseaux sociaux, elle s’exprimera avec
une approche décomplexée, alternant contenus scienti-
fiques, publications événementielles et teasing sur la vie
du musée et ses coulisses, pour désacraliser l’image de
l’institution.
Tout l’enjeu de son activité est de parvenir à ce que les pu-
blics, aussi divers soient-ils, se projettent et se reconnaissent
dans l’image que véhicule le madd-bordeaux. Qu’ils se
sentent concernés par ce lieu qui a pu leur paraître hors de
propos ou intimidant, et qu’ils se l’approprient.
Tout en poursuivant les actions de communication actuelles
qui ont des résultats satisfaisants, de nouvelles orientations
supplémentaires, proposées ci-dessous et issues d’une ré-
flexion collective tenant compte de l’impact de l’épidémie
sur la mutation accélérée du service ainsi que du futur pro-
jet de rénovation architectural, seront mises en place. Elles
permettront à l’institution de rester visible tout en conser-
vant une place singulière sur le territoire local et national.
Depuis la crise sanitaire, le déploiement du numérique et
de ses contenus s’est imposé de façon exponentielle. Un
quotidien virtuel auquel le service a dû s’adapter en consa-
crant une partie toujours plus croissante de son temps au
développement et à la production de nouveaux supports
(plans interactifs des expositions, interviews et captations
vidéo, podcasts, ateliers pour enfants en ligne…). Nous
savons aujourd’hui avec certitude qu’il ne suffit plus d’exis-
ter sur Internet pour retenir l’attention des internautes.
La pression concurrentielle et les attentes exponentielles
des publics depuis cette crise impliquent de l’adaptabilité,
de l’inventivité et la mise en place systématique de bonnes
pratiques.
IX. Une communication
hybridée, entre
physique et numérique,
à l’image du musée
de demainPartie — IX. Une communication hybridée, entre physique et numérique, à l’image du musée de demain 227 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 226
1 - Les orientations
stratégiques
Mettre en place un plan d’actions pendant
la fermeture pour renforcer la notoriété
du musée.
Repenser l’identité visuelle du musée pour
être au plus près du positionnement
du musée rénové.
Enrichir le musée virtuel pour nous
rapprocher des publics éloignés.
Renforcer la visibilité du musée dans
la ville, aux abords et au-delà.
2 - La mise en œuvre
a. Produire de nouveaux contenus
numériques pour informer, fidéliser
et développer nos publics
Il s’agira de suivre l’évolution des travaux du musée
fermé tout en valorisant les actions hors les murs.
D’un bâtiment fixe, le madd-bordeaux deviendra sans
frontières et ira à la rencontre de ses publics pour
devenir un lieu mobile d’échanges et de rencontres.
La communication se donnera comme mission de mettre
en lumière l’ensemble de ces actions via différents
supports (site Internet, journal de bord, newsletter,
mailing, réseaux sociaux…). Qu’il s’agisse d’expositions
(moins nombreuses et plus légères pendant
la fermeture) ou d’autres programmes, tout sera
systématiquement pensé avec son pendant numérique.
Puisque la relation virtuelle prendra le pas sur
la rencontre physique au musée durant la période
de fermeture, la production de contenus numériques
sera également pensée comme une programmation
à part entière (cf. partie 2 – VI), venant s’ajouter
aux programmes hors les murs. Sans se substituer
au musée physique, ce musée virtuel aura pour vocation
de maintenir sa mission d’éducation et de diffusion, et
d’échanger avec son public comme d’en rencontrer
de nouveaux. Le madd-bordeaux deviendra un éditeur
de contenus à part entière, il produira des contenus
numériques originaux destinés aux réseaux mobiles.
Pendant cette période, la priorité doit être donnée
à une production accrue de contenus numérique,
qu’il s’agisse de proposer des vidéos, des podcasts ou
d’explorer de nouvelles technologies numériques.
b. Redéfinir notre charte graphique pour affirmer les forces
du musée rénové
Un musée vivant, créatif, novateur, audacieux, engagé, ouvert et accessible à tous.
Pour être au plus proche du positionnement du musée, nous ferons évoluer le graphisme de
nos supports de communication Print/Online (documents internes, dossiers de presse ou de
mécénat, programme culturel papier, affiches, écran TV, site Internet, newsletter, mailings…)
et de promotion (badge personnel, sacs boutique…). Cette évolution graphique aura pour
objectif de signaler de façon cohérente la transformation du madd-bordeaux et de (re)
dynamiser l’image du lieu à sa réouverture.
c. Améliorer l’expérience du visiteur Online en faisant évoluer
le site Internet actuel
En collaboration avec la DGINSI et/ou un prestataire externe, un bilan global du site Internet
du musée, créé en 2017, devra être réalisé afin de lui donner une plus large visibilité et
accessibilité. Le travail de fond engagé sur le référencement naturel de l’écosystème web
du musée sera à consolider et à développer, afin que le site Internet soit bien positionné
dans les principaux moteurs de recherche, versions étrangères comprises.
Il s’agira également de l’adapter aux exigences exponentielles des publics en matière
de mobilité, d’améliorer son ergonomie pour rendre l’usage plus immersif, plus « mobile
friendly ». Enfin, le site et ses contenus devront répondre à un certain nombre de critères afin
de les rendre accessibles aux personnes en situation de handicap (RGAA : Référentiel général
d’amélioration de l’accessibilité).
d. Développer différentes formes de signalisation pour informer
le public pendant la fermeture, déclencher plus de visites et
de collaborations spontanées à sa réouverture
Signalisations informatives : pendant toute la durée des travaux, des panneaux ou bâches
pourraient être installés dans la rue Bouffard, de part et d’autre de la porte principale afin
d’informer le public sur le projet de développement et de rénovation du musée
(texte et visuels).
Signalisations directionnelles : des panneaux pourraient également être installés depuis
la station de Tram qui porte dorénavant le nom « madd-bordeaux» afin de baliser le parcours
jusqu’au musée.
Signalisations touristiques : des totems « relais d’informations culture » (plan + petits
descriptifs) par quartier pourraient signifier les offres culturelles de proximité et faciliter
leur localisation. Ils viendraient ainsi compléter les panneaux directionnels déjà en place.Partie — X. Ressources : accompagner le développement et la transformation du musée 229
X. Ressources :
accompagner
le développement et
la transformation
du muséePartie — X. Ressources : accompagner le développement et la transformation du musée 231 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 230
1 - Consolider les RH et continuer
à professionnaliser l’équipe
du madd-bordeaux,
cœur battant du musée
Durant ces dernières années, l’équipe s’est professionnalisée. Son développement a permis
une première structuration des services, puis l’équipe s’est spécialisée, notamment grâce à
des formations faites au sein d’équipes d’autres musées d’arts décoratifs.
a. Certaines améliorations sont encore à apporter à la structure
de l’organisation globale
▶ La mise en place d’un service exposition (administration des prêts, contrats
d’assurance, passages en douanes des œuvres, organisation des transports,
relations avec les prêteurs, etc.) permettrait une meilleure orchestration des
missions réparties aujourd’hui transversalement dans les différents services
(conservation, régie, administration).
▶ La réunion entre le service de la régie et celui des services techniques
apporterait un certain nombre de solutions aux difficultés actuelles, et
notamment dans la mutualisation des forces et compétences lors des
montages d’exposition. Ce changement sera proposé en vue d’un nouveau
passage de l’organigramme du musée en comité technique.
b. Certaines compétences devront être renforcées
Initiée durant la crise du Covid, la multiplication des supports numériques à enrichir (site
Internet, mise en ligne des collections, plan interactif, réseaux sociaux, site Pass culture,
nouvelle billetterie en ligne…) continue son essor au sein de la culture muséale. Le suivi et
la production exponentielle de contenus multimédias (vidéos, podcasts ou toutes autres
formes de technologies numériques), parfois en plusieurs langues, impliqueront le déploiement
de moyens humains (et/ou financiers), notamment le recrutement d’un chargé
de communication junior.
c. Vers de nouvelles pratiques au service d'un musée inclusif
et collaboratif
La transformation du musée, induite par la rénovation architecturale, implique un accompagnement
des équipes vers de nouvelles pratiques, économes, agiles, audacieuses et pertinentes.
Une des valeurs actuelles du madd-bordeaux est l’accueil fait au visiteur. Celui-ci est reçu
comme un invité. On ne le gère pas autoritairement mais on est, au contraire, à son service.
Le musée après rénovation conservera une échelle humaine et pourra continuer à apporter
ce confort au visiteur. Cependant, un nouveau paradigme culturel façonnera la relation
aux publics.
Le personnel du musée ne sera plus la voix unique de l’expertise mais sera ouvert
aux connaissances du visiteur, souvent expert du lieu lui-même grâce à sa visite au préalable
sur le site du musée. Le musée entre dans l’ère de la culture participative. Il doit rester garant
de l’exigence éthique, culturelle et artistique pour être digne de la confiance des visiteurs,
mais il n’est plus le seul détenteur des connaissances.
Ce paradigme implique un nouveau positionnement des équipes du musée et doit s’accompagner
d’une montée en compétences de chacun, notamment des équipes d’accueil, de surveillance
et de médiation dont les métiers sont en pleine mutation.Partie — X. Ressources : accompagner le développement et la transformation du musée 233 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 232
Des financements sont à trouver auprès d’entreprises ou de fondations investies dans
l’éducation qui, à l’exemple de la Fondation Hermès (partenaire de Manufacto cf. partie 2 – VII),
désirent s’inscrire dans le temps long qui est celui des projets éducatifs.
Consolider les partenariats existants et les liens avec les mécènes fidèles
Il faudra, pendant la fermeture notamment, œuvrer à fidéliser les partenariats financiers
déjà mis en place, en déployant des actions au bénéfice des mécènes. Ces actions habituelles
(mises à disposition d’espaces, invitations VIP, mises en relations bénéfiques pour les
partenaires, etc.) devront être réinventées dans ce contexte de fermeture.
Fidéliser ces mécénats implique de résoudre également parfois des situations délicates :
situation familiale en mutation, évolution à une échelle différente avec la création par
l’interlocuteur de Fonds de dotation, etc.
Développer les soutiens publics
▶ Cofinancer les projets de coopération européenne avec l’aide de Creative Europe.
Différents types de projets peuvent être soutenus, à échelles différentes. La plus
petite implique trois partenaires européens. Une façon de nous rapprocher
de l’Espagne, voisin si proche, avec un fort potentiel créatif et culturel
(cf. partie 2 – VII).
▶ Accompagner le développement numérique du musée, avec les soutiens
du FEDER, de PIA4, de la DRAC Nouvelle-Aquitaine.
Ces fonds peuvent apporter un soutien à la numérisation des collections et
des archives. Ils permettent aussi, en partenariat, d’expérimenter de nouveaux
modes d’apprentissage numérique auprès des plus jeunes.
3 - Création de la boutique
du madd-bordeaux
La boutique du musée est actuellement tenue par l’association des Amis du musée.
Les travaux de réaménagement engagent à une rationalisation de son fonctionnement et,
de fait, à la création d’une boutique en régie municipale.
Ce changement entraînera un renouvellement des ouvrages et objets proposés au public.
Sont à la réflexion une éventuelle collection d’objets d’art de la table en céramique, labellisée
« madd-bordeaux » et la production de différents produits dérivés des collections du musée.
La boutique continuera à travailler avec des artisans locaux afin d’ancrer son identité bordelaise.
S’ajouteront une sélection d’objets de design existants.
Un travail de recherche et d’identification de fournisseurs devra être mené, pour la réouverture
mais également dans le futur, afin d’être une vitrine de la création actuelle en design.
Un poste de responsable boutique devra être créé.
2 - Recherches de financements
a. Une stratégie de développement des ressources, adaptée
au déploiement du musée, pour :
1. Prolonger la rénovation de l’hôtel de Lalande
2. Financer les expositions, les catalogues et les cycles conférences
3. Développer les projets éducatifs
4. Accompagner le développement des pratiques numériques au musée
b. Mise en œuvre de la recherche de financements et
de partenariats
Recherche de nouveaux partenaires pour prolonger la rénovation de l’hôtel
de Lalande
Cette recherche passera certainement par la constitution d’un cercle de collectionneurs
internationaux, amateurs du XVIII siècle, fédérés avec l’aide du CA de l’association des
Amis du musée. Ce CA a été constitué avec des personnalités influentes à Bordeaux, des
collectionneurs respectés internationalement, des acteurs reconnus du marché de l’art et
des entrepreneurs importants. Ambassadeurs du musée, ils nous soutiennent dans
les prises de contact et, pour la majorité d’entre eux, soutiennent également
financièrement l’association du musée
Prospection auprès des entreprises pour le financement des expositions,
des catalogues et des cycles conférences
Des entreprises importantes installent leur siège à Bordeaux. Elles n’ont pas forcément
d’intérêt pour la culture mais, nouvellement implantées en Aquitaine, elles ont parfois besoin
ou envie d’une visibilité locale. Elles sont sensibles à une démarche qui peut faire écho à leur
activité. Pour développer son attractivité auprès de ces entreprises, le musée vise à :
▶ Développer des modules de visites conférences virtuelles à l’usage des
CE d’entreprises
▶ Construire des partenariats avec les entreprises qui mettent en exergue
leur démarche d’économie sociale et solidaire
▶ Accompagner les entreprises qui œuvrent à la transformation
environnementale et numérique
▶ Accompagner les entreprises qui souhaitent utiliser le design comme un outil
de transition et de compétitivité
Mettre en place des collaborations avec des fondations soutenant l’éducation
Ces collaborations pourront se mettre en place par le biais de partenariats sur le long terme
avec des entreprises qui partagent les mêmes ambitions pour l’éducation. Elles permettront
notamment la concrétisation de certains projets EAC et la conception d’outils pour agir
hors les murs.
Le programme Un designer au lycée, par exemple, a été mis en place avec un financement de
la DRAC qui avait pour objectif d’encourager des programmes éducatifs à l’échelle de la région,
dans des établissements éloignés de la culture. Un designer au lycée fonctionne depuis maintenant
cinq ans et ne remplit donc plus les critères pour une subvention d’initiation au projet.En conclusion 235
En conclusion
Après près d’une décennie de fort développement des activités du musée dans des conditions de travail
souvent difficiles, l’équipe du madd se réjouit de la rénovation architecturale des bâtiments qui devra lui
permettre de travailler dans un contexte professionnel plus adapté à ses missions.
Car, en effet, si la particularité des deux bâtiments leur confère une qualité architecturale et un caractère
très fort, ils n’en sont pas moins difficiles à pratiquer dans le cadre d’une activité muséale et d’accueil
du public.
La nouvelle configuration architecturale dotera les espaces d’ascenseurs-monte-charges, de pentes
pour pallier les variations de niveaux, d’espaces d’accueil pour les enfants (salle de travaux pratiques et
vestiaires) et pour les groupes (accueil agrandi, création de vestiaires), d’espaces polyvalents pour
les conférences ou la location d’espace, etc.
À la réouverture, une grande partie des espaces du musée aura ainsi fait peau neuve, permettant
une rationalisation du travail pour les équipes et un fonctionnement correspondant aux nouvelles
attentes des publics en ce premier quart du XXI siècle.
Le travail mené jusqu’aujourd’hui s’est fait avec la volonté de renouveler les publics et d’adapter l’offre
culturelle aux jeunes générations. Le musée qui ouvrait à 14h en 2013, avec une exposition par an ou tous
les deux ans, fréquenté par un public friand, avant tout, d’arts décoratifs bordelais du XVIII siècle, s’est
transformé.
Le musée est devenu plus vivant et convivial, les enfants ont été mis au cœur du projet, le travail avec
les associations de quartier a démarré avec des programmations adaptées aux thématiques des expositions,
et surtout, les designers, stars ou espoirs, ont été mis au centre du dispositif, pour rencontrer les publics,
expliquer les enjeux de leur travail, discuter entre générations.
L’installation du terrain de basket dans la cour à l’occasion de l’exposition sneakers, l’invitation faite à
la compagnie de danse Daniel Larrieu pour l’exposition Memphis, les collaborations avec les associations
de quartier qui ont entraîné des cours de yoga dans la cour, des concerts de musique électronique, la
fête des voisins… ou encore d’autres activités parfois éloignées des arts décoratifs et du design, mais
qui s’intègrent parfaitement dans l’architecture remarquable du lieu, ont fait du musée un lieu vivant et
désirable, même pour les jeunes.
Ils y ont découvert que les sneakers, par exemple, leur objet culte, pouvaient être associées à des questions
culturelles variées (musique, mode, danse, histoire du sport…), qu’elles véhiculaient des enjeux de production,
qu’elles étaient un terrain d’expérimentation pour les nouvelles technologies… Un réseau de chercheurs,
d’experts et d’amateurs a ainsi permis au musée de présenter ce sujet de société dans sa plus grande
richesse culturelle. De nombreux jeunes ont perçu à cette occasion que le musée était un lieu qui
les concernait. L’exposition a fonctionné comme un trait d’union entre générations.
Elle reste en cela emblématique de la façon dont nous voulons donner à voir et à comprendre un travail
scientifique réalisé sur un sujet ou un phénomène culturel actuel.
Persuadée que la culture, dans un monde qui vit au rythme du temps pour soi, doit être intégrée à
une démarche sociale d’échanges, de découvertes et de rencontres festives, l’équipe du madd nourrit
le rêve que, dans un futur proche, les musées s’approprient une place devenue vacante, qu’ils deviennent
les lieux fédérateurs de la société de demain, des lieux vecteurs d’identification culturelle où l’on aimera
venir pour se mélanger, se rencontrer, s’exprimer, se distraire, apprendre, se former aussi, et s’informer.
Un « troisième lieu » comme l’évoque Jacqueline Eidelman dans son rapport sur les musées du XXI siècle
(2016), « entre le domicile et le monde de la vie professionnelle, qui apparaît de nos jours comme
l’une des nécessités pour faciliter le processus de cohésion d’une société qui se fracture et s’effrite ».L'équipe du musée 237 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 236
Constance Rubini
Directrice
Étienne Tornier
Olivier Hurstel
Victoire Brun
Conservation
Nathalie Balerdi Paternotte
Christine Boubila Brillac
Gaëllane Bompart
Service administratif
et financier
Sabine Denis
Action culturelle et mécénat
Juliette Giraud
Audrey Bourgain
Margaux Vauclin
Véronique Darmante,
enseignante mise à
disposition
Service des publics
Carine Dall’Agnol
Emmanuelle Diaz
Communication
Izaskun Gaspar Ibeas
Design graphique
Giuseppina Ferrara
Alexandre Cordoba
Maud Moritz
Régie des œuvres
Perrine Flamain
Julien Martin
Service technique
Frédéric Marty
Jean Lepetit
Nicolas Treupel
Service sécurité
Joël Berdoulat
Bastien Le Bihan
Corinne Porge
Toni Soatto
Romain Suire
Accueil du musée
Eliot Blachon
Madhi Fikri
Sophie Gabal †
Martine Lacrouts
Marie-Francisca Sevilla
Surveillance des œuvres
Comité de rédaction
Ce PSC est un travail mené collectivement,
sous la direction de Constance Rubini
Christine Boubila Brillac, administratrice
Victoire Brun, responsable de projet expositions et collections design
Carine Dall’Agnol, responsable communication et presse
Sabine Denis, responsable du mécénat et de l’action culturelle
Giuseppina Ferrara, responsable du service régie des œuvres
Izaskun Gaspar Ibeas, design graphique
Juliette Giraud, responsable du service des publics
Olivier Hurstel, responsable des collections anciennes
Étienne Tornier, chef de service conservation, responsable des collections modernes et
contemporaines
Copil du PSC
Brigitte Bloch, conseillère municipale déléguée pour le tourisme et l'économie du vin
Dimitri Boutleux, adjoint au maire chargé de la création et des expressions culturelles
Catherine Dupraz, directrice générale des affaires culturelles
Baptiste Maurin, conseiller municipal délégué pour l'éducation artistique et la médiation culturelle
Marie-Claude Noël, conseillère municipale déléguéepour les arts vivants et visuels
Sylvie Schmitt, adjointe au maire chargée de l'éducation, de l'enfance et de la jeunesse
Jérôme Farigoule, conservateur en chef du patrimoine, adjoint pôle stratégies, réseaux et
tutelles, service des musées de France
Virginie Desrante, conservatrice du patrimoine chargée des arts décoratifs, service des
musées de France
Esclarmonde Monteil, conservateur en chef du patrimoine, bureau de l’animation scientifique
et des réseaux, sous-direction de la politique des musées
Roland Pintat †, conseiller musées, DRAC Nouvelle-Aquitaine
L'équipe du musée des Arts décoratifs
et du DesignIconographie 239 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 238
P. Á
Fête de la musique dans la cour d'honneur
du musée, juin 2018
© madd-bordeaux - I. Gaspar Ibeas
P. ½
Portail d'entrée du musée, 2016
© P. Faigenbaum
P. «
Atelier des enfants, exposition Playground.
Le design des sneakers (juin 2020-mars 2021)
© madd-bordeaux
P. À Úde haut en bas)
Vue de l’hôtel de Lalande, vers 1900
Vue de l’hôtel de Lalande, 1924
Vue intérieure actuelle de l’ancienne prison
© madd-bordeaux – L. Gauthier
P. «¾
Vue intérieure de l’hôtel de Lalande
(rez-de-chaussée)
© madd-bordeaux – I. Gaspar Ibeas
P. ¬Á
Jean-Baptiste Lemoyne, Louis XV à cheval, 1766,
inv. madd 7110
© madd-bordeaux – L. Gauthier
P. ¬¬
Vue actuelle de la salle « Les arts décoratifs
à Bordeaux, de l’Art nouveau à l’Art déco »,
deuxième étage (combles)
© madd-bordeaux – I. Gaspar Ibeas
P. ¬À
Vue de la salle à manger, exposition Houselife
(septembre 2016 – février 2017)
© P. Faigenbaum
P. ¬
Vitrine de tasses et sous-tasses des collections
du madd-bordeaux, exposition La passion de
la liberté. Des Lumières au romantisme (juin –
octobre 2019)
© madd-bordeaux
P. ¿
Vue du salon de compagnie
© madd-bordeaux – L. Gauthier
P. ½ Úde haut en bas)
Platine d’arquebuse à silex. Allemagne, fin du
XVII siècle (inv. madd 69.3.947)
© Bordeaux, musée des Arts décoratifs et
du Design
Pierre Lacour père, vue d'une partie du port et des
quais de Bordeaux, 1804-1806, inv. 731
© madd-bordeaux - L. Gauthier
Jean-Honoré Fragonard, jeune femme en costume
tradisionnel, vue de profil, vers 1774, inv. 858
© madd-bordeaux - L. Gauthier
P. ½
Jean-Baptiste Lemoyne, Buste de Montesquieu,
1767, inv. madd 7111
© madd-bordeaux – I. Gaspar Ibeas
P. ½½
RADI Designers, vase Transparent Cakes, édition
Tools Galerie, 2005, inv. madd 2016.11.3
© madd-bordeaux – I. Gaspar Ibeas
P. ¾Á
Martin Szekely, étagère Opus, édition MSZ, 2016,
inv. madd 2018.15.1
Don du designer, 2018
© F. Gousset
P. ¾«
Andrea Branzi, Bar Milano, édition Alchimia, 1979,
inv. madd 2014.12.2
© madd-bordeaux – J.C. Garcia
P. ¿Á
Vue de la première antichambre
du premier étage de l’hôtel de Lalande
Basse (fabricant), épinette, Marseille, 1791
Philippe Starck, chaise Mickville, édition Aleph
Driade, 1985, inv. madd 2020.21.1
© madd-bordeaux
P. À
Rencontres et conversations autour du
graphisme et de l’édition en France et en
République Tchèque, 8 mars 2018
© madd-bordeaux – I. Gaspar Ibeas
P. À¾
Vue de l’exposition Octave de Gaulle. Civiliser
l’espace (décembre 2015 – avril 2016)
© R. Escher
P. À¿ (de haut en bas et de gauche à droite)
Vue de l’exposition Andrea Branzi, pleased to meet
you (octobre 2014 – janvier 2015), église Saint-
Rémi à Bordeaux
© L. Gauthier
Vue de l’exposition Oh couleurs ! Le design au
prisme de la couleur (juin – décembre 2017)
© P. Antoine
Vue de l’exposition Houselife (septembre 2016 –
février 2017)
© madd-bordeaux – V. Pertseva
Vue de l’exposition As movable as butterflies.
Les chōchin du Japon (janvier – mai 2019)
© M. Peyroulet
Vue de l’exposition Memphis - Plastic Field (juin
2019 – janvier 2020)
© madd-bordeaux - I. Gaspar Ibeas
Vue de l’exposition Playground, le design des
sneakers (juin 2020 – mars 2021)
© Alastair Philip Wiper
P. Á
Grande aiguière gravée, vers 1870
Pièce de la collection de Philippe du Mesnil
exposée au musée (Verres d’usage et d’apparat,
de la Renaissance au XIXe siècle, décembre 2013 –
mars 2014)
© madd-bordeaux
P. Á
Vue (détail) de l’exposition De David Johnston à Jules
Vieillard, l’ivresse Darrigade (mai – septembre 2015)
© madd-bordeaux – L. Gauthier
P. Á¾ (de haut en bas)
Pré-vernissage junior de l’exposition Phénomènes
(novembre 2018-mars 2019) avec le designer
Raphaël Pluvinage
© madd-bordeaux
Visite de l’exposition Paysans designers, l’agriculture
en mouvement (juillet 2021 – mai 2022)
© madd-bordeaux
Visite d’une classe de primaire de l’exposition
Oh couleurs ! Le design au prisme de la couleur (juin
– décembre 2017)
© madd-bordeaux
P. ÁÀ (de haut en bas)
Conférence « Ruedi Baur & Studio Kubik :
l’identité graphique de Bordeaux Métropole »,
1Æ juin 2017
© madd-bordeaux
Pré-vernissage junior de l’exposition Playground,
le design des sneakers avec le designer Mathieu
Lehanneur, 20 juin 2020
© madd-bordeaux
Programme « Un designer au lycée » avec Teddy
Sanches, lycée professionnel Saint-Vincent-de-
Paul à Bordeaux, janvier 2021
© madd-bordeaux
P. (de bas en haut)
Programme Manufacto, 2021 :
une des lampes réalisées par les élèves ; fabrication
des composants de la lampe avec les élèves ;
présentation au madd-bordeaux des lampes
réalisées par les 60 élèves.
© Fondation d'entreprise Hermés - Benoît Teillet
© madd-bordeaux
© madd-bordeaux
P. ¾
Pierre-Sébastien Guersant (d’après), Duc
de Bordeaux enfant, biscuit de porcelaine,
Manufacture nationale de Sèvres, 1827, inv.
madd 99.3.1
© F. Deval
P. À
Vue aérienne de la cour d’honneur du musée
transformée en terrain de basket à l’occasion de
l’exposition Playground, le design des sneakers (juin
2020 – mars 2021)
© F. Brioude
P. (de haut en bas)
Exposition La Gambiarra. Objets potentiels,
une utopie de designers (mai – octobre 2014)
© B. Regnier
Vue de l’exposition Phénomènes (novembre
2018-mars 2019)
© madd-bordeaux
P.
Tournage média dans l’exposition Playground,
le design des sneakers (juin 2020 – mars 2021)
© madd-bordeaux
P. ¿ (de haut en bas)
Retransmission en direct live sur les réseaux
sociaux de la table ronde sur le thème « Les
baskets de demain » au cœur de l’exposition
Playground, le design des sneakers, 10 octobre 2020
© madd-bordeaux
Exposition Construction. Martin Szekely,
volet dans la ville, place Pey Berland (mai –
septembre 2018)
© madd-bordeaux – I. Gaspar Ibeas
Constance Rubini invitée du magazine 28
minutes sur Arte présenté par Anaïs Quin, à
l’occasion de l’exposition Playground, le design des
sneakers, 18 septembre 2020
P. ««
Installation dans une nouvelle vitrine de
la statue du duc de Bordeaux enfant par
les équipes du service technique et de la régie
des œuvres
© madd-bordeaux
P. «¾ (de haut en bas)
Timo Sarpaneva, carafe, 1989, inv. madd 2018.14.1
© madd-bordeaux – L. Gauthier
Manufacture des Terres de Bordeaux,
compotier, 1787-1790, inv. madd 2020.4.1
© madd-bordeaux – L. Gauthier
P. «¿
Vue des serres installées dans la cour d’honneur
du musée à l’occasion de l’exposition Paysans
designers, l’agriculture en mouvement (juillet 2021
– mai 2022)
© madd-bordeaux
P. ¬«
Détail de la maquette du musée présentant
le projet architectural d’Antoine Dufour
Architectes
P. ¬¾
Antoine Dufour Architectes, vue 3D de
l’extension qui assurera la liaison entre l’hôtel de
Lalande et l’ancienne prison
© Antoine Dufour Architectes
P. Á
Antoine Dufour Architectes, vue 3D de la cour
donnant accès à l'accueil du musée (à droite) et
au restaurant (à gauche)
© Antoine Dufour Architectes
P.
Terrain de basket dans la cour d’honneur du
musée, à l’occasion de l’exposition Playground,
le design des sneakers (juin 2020 – mars 2021)
© madd-bordeaux - C. Servant
P. ¿
Martin Bedin, vase Caracalla, 2005,
inv. madd 2014.11.2
© madd-bordeaux – L. Gauthier
Iconographiemusée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 240
Efrat Eyal, vase Kneeling Woman, 2013, inv. madd
2018.14.2
© madd-bordeaux – L. Gauthier
P. ½Á (de haut en bas)
Pendule dite “au nègre”, début du XIXe siècle,
inv. madd 58.1.3313
© madd-bordeaux – L. Gauthier
Buste allégorique de la Jeune Amérique, seconde
moitié du XVIIIe siècle, inv. madd 1085
© madd-bordeaux – V. Pertseva
P. ½
Manufacture J. Vieillard & Cie, fontaine murale,
vers 1878, inv. madd 73.1.428
© madd-bordeaux – I. Gaspar Ibeas
P. ½ (de haut en bas)
Pierre-Edouard Dagoty, portrait de Mme Justin
Frédéric Focke, 1811, inv. madd 83.3.12
© madd-bordeaux – M. Aeschimann
Pierre-Edouard Dagoty, portrait de Justin
Frédéric Focke, 1811, inv. madd 83.3.11
© madd-bordeaux – M. Aeschimann
Pierre-Edouard Dagoty, portrait d’homme au
col de fourrure, début du XIXe siècle, inv. madd
58.1.2654
© madd-bordeaux – M. Aeschimann
P. ½¾ (de haut en bas)
Rondache (bouclier) à ombilic et décor
rayonnant. Ecosse, XVII siècle (inv. madd 9765)
© Bordeaux, musée des Arts décoratifs et
du Design
Une des panoplies d’armes anciennes exposée au
rez-de-chaussée du château Carreire, collection
conservée aujourd’hui au musée des Arts
décoratifs et du Design. Carte postale ancienne
© Bordeaux, musée d’Aquitainex
Inventaire particulier du musée d’armes et
dépôt d’antiques, ville de Bordeaux
© madd-bordeaux
P. ½¿
Alessandro Mendini, cafetière Oggetto Banale,
1980, dépôt du Cnap, inv. FNAC 05-901.1
Exposition Houselife (septembre 2016 – février
2017)
© J.C. Garcia
P. ¾¬ (de haut en bas)
Examen du dessin d’Alexandre Marolles, vue du
port de Bordeaux, 1738
© madd-bordeaux
Désencadrement d’une œuvre par l’équipe de
la régie des œuvres
© madd-bordeaux
P. ¿
Vue de l’exposition Paysans designers, l’agriculture
en mouvement (juillet 2021 – mai 2022)
© A. Fosse
P. ¿¾
« L’usage de la couleur par Verner Panton » dans
l'exposition Oh couleurs ! Le design au prisme de la
couleur (juin - décembre 2017)
© madd-bordeaux
P. ¿¿
Le designer Martin Szekely présente l’une de ces
dernières créations dans l’exposition consacrée
à son travail Construction. Martin Szekely (avril –
octobre 2018)
© madd-bordeaux – C. Dall’Agnol
P. À½
Programme Manufacto, fabrication d’un des
composants d’une lampe en cuir par un élève,
2021 © madd-bordeaux
P. Á«
Vernissage de l’exposition A.P.M - Ambient
Party Machine, une installation conçue par les
designers Roman Weil et Tom Formont
© madd-bordeaux
P. Á¾
Programme « Un designer au lycée » avec
la designer Bérengère Bussioz, janvier 2022
© madd-bordeaux
P. ÁÀ
Atelier de calligraphie sur lanternes, à l’occasion
de l’exposition As movable as butterflies. Les
chōchin du Japon (janvier – mai 2019)
© madd-bordeaux – J. Nadin
P. «
Programme Manufacto, visite de La Planche,
tiers-lieu bordelais dédié au travail du bois,
janvier 2022
© madd-bordeaux – E. Diaz
P. ¬
Nanda Vigo, Tautologia di immagine, Villa Olmo,
Como, 1979
© Archivio Nanda Vigo
P. ½
Réalisation de contenus vidéos dans l’exposition
Playground, le design des sneakers (juin 2020 –
mars 2021)
© madd-bordeaux
P. «
Prise de vue en macrophotographie par les
équipes de la librairie Mollat, d’un compotier
en porcelaine de Bordeaux à l’occasion de
l’exposition A la table d’un collectionneur. Histoire
de la porcelaine de Bordeaux (décembre 2020 –
mai 2021)
© madd-bordeaux
P. «¬
Chorégraphie de Daniel Larrieu (Chiquenaudes,
1982) dans la cour d’honneur du musée, à
l’occasion du vernissage de l’exposition Memphis
- Plastic Field, juin 2019
En partenariat avec la Manufacture CDCN
© madd-bordeaux – I. Gaspar Ibeas
P. «½
L'équipe du madd-bordeaux réunie pour
se réjouir d'une deuxième étoile au guide
vert Michelin, mars 2022
© madd-bordeaux – I. Gaspar Ibeasmusée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 242
AnnexesAnnexes — Plans du musée 245 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 244
Hôtel de Lalande
LS-0 LT - 27,27m2
LS-1 LT - 25,65m2
LS-2 LT - 23,84m2
LS-3 espace de stockage - 43,17m2
LS-4 espace de stockage et zone de quarantaine
pour les oeuvres - 33,47m 2
LS-5 vestiaire des groupes salle hors sac
des groupes scolaire - 14,63m2
LS-6 deuxième atelier enfant salle
pique-nique - 30,87m 2
LS-7a local stockage mobilier de salle Boulan
et de la salle pédagogique - 7,59m2
LS-7b local stockage matériel pédagogique - 5,32m2
LS-8 sanitaire du public - 20,81m2
2
Prison
PS-0 espace de transit - 13,82m2
PS-1 LT - 36,65m2
PS-2 sous station chauffage - 18,91m2
PS-3 espace de stockage des caisses et réserve de
transit - 44,70m2
PS-4 LT - 4,17m2
PS-5 Monte-charge - 4,17m2
PLAN DE SOUS-SOL
PS-0
PS-1
PS-3
LS-0a LS-1a LS-2
LS-3 LS-4
LS-5
LS-6 LS-7a LS-7b
LS-8
LS-9a
LS-9b PS-2
LS-10
LS-11
PS-5 PS-4
Sous-sol — État actuel
Plans du muséeAnnexes — Plans du musée 247 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 246
Hôtel de Lalande
LS-0 LT - 27,27m2
LS-1 LT - 25,65m2
LS-2 LT - 23,84m2
LS-3 espace de stockage - 43,17m2
LS-4 espace de stockage et zone de quarantaine
pour les oeuvres - 33,47m 2
LS-5 vestiaire des groupes salle hors sac
des groupes scolaire - 14,63m2
LS-6 deuxième atelier enfant salle
pique-nique - 30,87m 2
LS-7a local stockage mobilier de salle Boulan
et de la salle pédagogique - 7,59m2
LS-7b local stockage matériel pédagogique - 5,32m2
LS-8 sanitaire du public - 20,81m2
2
Prison
PS-0 espace de transit - 13,82m2
PS-1 LT - 36,65m2
PS-2 sous station chauffage - 18,91m2
PS-3 espace de stockage des caisses et réserve de
transit - 44,70m2
PS-4 LT - 4,17m2
PS-5 Monte-charge - 4,17m2
PLAN DE SOUS-SOL
PS-0
PS-1
PS-3
LS-0a LS-1a LS-2
LS-3 LS-4
LS-5
LS-6 LS-7a LS-7b
LS-8
LS-9a
LS-9b PS-2
LS-10
LS-11
PS-5 PS-4
Hôtel de Lalande
LS-0 LT - 27,27m 2
LS-1 LT - 25,65m 2
LS-2 LT - 23,84m 2
LS-3 espace de stockage - 43,17m 2
LS-4 espace de stockage et zone de quarantaine
pour les oeuvres - 33,47m 2
LS-5 vestiaire des groupes salle hors sac
des groupes scolaire - 14,63m2
LS-6 deuxième atelier enfant salle
pique-nique - 30,87m 2
LS-7a local stockage mobilier de salle Boulan
et de la salle pédagogique - 7,59m2
LS-7b local stockage matériel pédagogique - 5,32m2
LS-8 sanitaire du public - 20,81m 2
LS-9a vestiaire public - 13,70 2
LS-9b vestiaire du personnel - 15,60m 2
LS-10 circulation
LS-11 circulation
Prison
PS-0 espace de transit - 13,82m2
PS-1 LT - 36,65m2
PS-2 sous station chauffage - 18,91m2
PS-3 espace de stockage des caisses et réserve de
transit - 44,70m2
PS-4 LT - 4,17m2
PS-5 Monte-charge - 4,17m2
PLAN DE SOUS-SOL
PS-0
PS-1
PS-3
LS-0a LS-1a LS-2
LS-3 LS-4
LS-5
LS-6 LS-7a LS-7b
LS-8
LS-9a
LS-9b PS-2
LS-10
LS-11
PS-5 PS-4
Sous-sol — ProjetAnnexes — Plans du musée 249 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 248
RÉNOVATION DU M
MAITRISE D'OUVRAGE ARCHITECTE MANDATAIRE ACMH MUSEOGRAPHE SCENOGRAPHE ECLAIRAGISTE BUREAU D'ETUDE STRUCTURE BUREAU D'ETUDE FUIDES, SSI, HQE ACOUSTICIEN phase Date
modifié le
02/05/2022
APD
Rez-de-chaussée — État actuelAnnexes — Plans du musée 251 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 250
0102030405060708091011
01020304 - 11.13ngf
01
02
03
04 - 11.13ngf
01
02
03
04
05
01
02
03
04
05
01 02 03 04 05 06
Hôtel de Lalande
L0-0a Grand véstibule - 29,15 m2
L0-0b escalier
L0-0c vestibule - 4,67 m2
L0-1 première antichambre - 39,98 m2
L0-2 deuxième antichambre - 40,37 m2
L0-3 salon de compagnie - 61,42 m 2
L0-4 salle à manger - 69,45 m2
L0-5 bureau de M. de Lalande - 43,59 m2
L0-6 salle pédagogique, atelier des enfants - 36,06 m 2
L0-7 circulation - 9,40 m2
L0-8 escalier
L0-9a cabinet M. de Lalande - 15,03 m2
L0-9b aire de dégagement - 3,99 m 2
L0-10 ascenseur
L0-11 salle Boulan (espace polyvalent), espace
privatisable - 68,82m 2
L0-12 escalier
L0-13 accueil des groupes - 19,87m2
L0-14 hall d'orientation et accueil des groupes
- 24,51m2
L0-15 chaufferie
L0-16 aire de dégagement - 13,76m 2
L0-17 salle d'exposition - collection arts graphiques
- 26,40m2
L0-18 espace carte blanche à un.e designer graphique
- 19,19m2
L0-19 local sécurité - 14,73m2
L0-20 accueil boutique librairie - 66,26m 2
L0-21 circulation exterieure
L0-22 entrée du musée - ancienne cours des écuries
- 61,68m2
L0-26 cuisine restaurant - monte-charge - 5,55m2
L0-27 sanitaire restaurant - 3,18m2
L0-28 accueil restaurant - 20,83m2
L0-29 courette restaurant
L0-30 local stockage pompier
L0-31 local poubelle -
L0-32 douche
Prison
P0-0 P0-1 entrée de l'exposition temporaire design -
15,77m2
P0-2 allée centrale - exposition temporaire design -
90,15m2
P0-3 cour couverte nord - exposition temporaire
design - 237,64m2
P0-4 atelier menuiserie - 44,29m2
P0-5 atelier menuiserie stockage - 35,57m2
P0-6 zone de déchargement - 8,30m 2
P0-7 circulation/escalier
P0-8 ascenseur
P0-9 local poubelle - ménage - 15,83m2
P0-10 cellule nord - 16,27m2
P0-11 cellule nord - 15,51m2
P0-12 cellule nord - 15,76m2
P0-13 local stockage matériel - 18,08m2
P0-14 cellule nord-ouest/passage - 3,99m 2
P0-17 cellule allée centrale - 11,05m2
P0-18 cellule sud-ouest - 9,40m2
P0-19 cellule sud-ouest - 9,67m2
P0-20 sanitaire personnel - 3,32m 2
P0-21 circulation
P0-22 zone de stockage tampon - 17,97m 2
P0-23 cellule sud - 15,10m2
P0-24 cellule sud - 15,43m2
P0-25 cellule sud - 15,57m2
P0-26 cuisine - office - stockage vin - 15,17m2
P0-27 circulation/escalier
P0-28 sanitaire du public - 9,59m2
P0-29 pavillon de liaison - collections permanentes, le
céramiste René Buthaud et sas comtemporains
- 50,19m2
P0-30 salle polyvalente, exposition savoir-faire - espace
privatisable - 44,01m2
PLAN DE REZ-DE-CHAUSS ÉE
P0-0 P0-1 P0-2
P0-3
P0-32
P0-4 P0-5
P0-6
P0-7 P0-8 P0-9 P0-10 P0-11 P0-12 P0-13
P0-14
P0-15
P0-16
P0-17
P0-18
P0-19
P0-20 P0-21
P0-22 P0-23 P0-24 P0-25 P0-26 P0-27 P0-28
P0-30
P0-29
P0-31
L0-3
L0-2 L0-1
L0-7
L0-4
L0-5 L0-6
L0-8
L0-0a
L0-0b
L0-9a L0-9b
L0-10
L0-11
L0-12
L0-13 L0-14
L0-15
L0-16
L0-17
L0-18
L0-19 L0-20 L0-21
L0-22
L0-26
L0-24 L0-25
L0-29
L0-27
L0-28
L0-23
L0-30
L0-31
L0-32
L0-0c
0102030405060708091011
01020304 - 11.13ngf
01
02
03
04 - 11.13ngf
01
02
03
04
05
01
02
03
04
05
01 02 03 04 05 06
Hôtel de Lalande
L0-0a Grand véstibule - 29,15 m 2
L0-0b escalier
L0-0c vestibule - 4,67 m2
L0-1 première antichambre - 39,98 m 2
L0-2 deuxième antichambre - 40,37 m 2
L0-3 salon de compagnie - 61,42 m 2
L0-4 salle à manger - 69,45 m 2
L0-5 bureau de M. de Lalande - 43,59 m 2
L0-6 salle pédagogique, atelier des enfants - 36,06 m 2
L0-7 circulation - 9,40 m2
L0-8 escalier
L0-9a cabinet M. de Lalande - 15,03 m 2
L0-9b aire de dégagement - 3,99 m 2
L0-10 ascenseur
L0-11 salle Boulan (espace polyvalent), espace
privatisable - 68,82m 2
L0-12 escalier
L0-13 accueil des groupes - 19,87m 2
L0-14 hall d'orientation et accueil des groupes
- 24,51m 2
L0-15 chaufferie
L0-16 aire de dégagement - 13,76m 2
L0-17 salle d'exposition - collection arts graphiques
- 26,40m2
L0-18 espace carte blanche à un.e designer graphique
- 19,19m 2
L0-19 local sécurité - 14,73m 2
L0-20 accueil boutique librairie - 66,26m 2
L0-21 circulation exterieure
L0-22 entrée du musée - ancienne cours des écuries
- 61,68m2
L0-23 local technique - 3,21m 2
L0-24 salle restaurant - 30,94m 2
L0-25 local technique transformateur EDF - 16,11m 2
L0-26 cuisine restaurant - monte-charge - 5,55m 2
L0-27 sanitaire restaurant - 3,18m 2
L0-28 accueil restaurant - 20,83m 2
L0-29 courette restaurant
L0-30 local stockage pompier
L0-31 local poubelle -
L0-32 douche
Prison
P0-0 P0-1 entrée de l'exposition temporaire design -
15,77m 2
P0-2 allée centrale - exposition temporaire design -
90,15m 2
P0-3 cour couverte nord - exposition temporaire
design - 237,64m 2
P0-4 atelier menuiserie - 44,29m 2
P0-5 atelier menuiserie stockage - 35,57m 2
P0-6 zone de déchargement - 8,30m 2
P0-7 circulation/escalier
P0-8 ascenseur
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P0-28 sanitaire du public - 9,59m2
P0-29 pavillon de liaison - collections permanentes, le
céramiste René Buthaud et sas comtemporains
- 50,19m 2
P0-30 salle polyvalente, exposition savoir-faire - espace
privatisable - 44,01m 2
P0-31 salle polyvalente, exposition savoir-faire - espace
privatisable - 44,56m 2
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- 213,22m 2
PLAN DE REZ-DE-CHAUSSÉE
P0-0 P0-1 P0-2
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Hôtel de Lalande
L0-0a Grand véstibule - 29,15 m 2
L0-0b escalier
L0-0c vestibule - 4,67 m 2
L0-1 première antichambre - 39,98 m 2
L0-2 deuxième antichambre - 40,37 m 2
L0-3 salon de compagnie - 61,42 m 2
L0-4 salle à manger - 69,45 m 2
L0-5 bureau de M. de Lalande - 43,59 m 2
L0-11 salle Boulan (espace polyvalent), espace
privatisable - 68,82m 2
L0-12 escalier
L0-13 accueil des groupes - 19,87m 2
L0-14 hall d'orientation et accueil des groupes
- 24,51m2
L0-15 chaufferie
L0-16 aire de dégagement - 13,76m 2
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L0-27 sanitaire restaurant - 3,18m 2
L0-28 accueil restaurant - 20,83m 2
L0-29 courette restaurant
L0-30 local stockage pompier
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raire design -
design -
ition temporaire
2
35,57m 2
30m 2
P0-17 cellule allée centrale - 11,05m 2
P0-18 cellule sud-ouest - 9,40m 2
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P0-20 sanitaire personnel - 3,32m 2
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Hôtel de Lalande
L0-0a Grand véstibule - 29,15 m 2
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L0-0c vestibule - 4,67 m2
L0-1 première antichambre - 39,98 m 2
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L0-5 bureau de M. de Lalande - 43,59 m 2
L0-6 salle pédagogique, atelier des enfants - 36,06 m 2
L0-7 circulation - 9,40 m2
L0-8 escalier
L0-9a cabinet M. de Lalande - 15,03 m 2
L0-9b aire de dégagement - 3,99 m 2
L0-10 ascenseur
L0-11 salle Boulan (espace polyvalent), espace
privatisable - 68,82m 2
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L0-13 accueil des groupes - 19,87m 2
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L0-15 chaufferie
L0-16 aire de dégagement - 13,76m 2
L0-17 salle d'exposition - collection arts graphiques
- 26,40m2
L0-18 espace carte blanche à un.e designer graphique
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L0-19 local sécurité - 14,73m 2
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L0-21 circulation exterieure
L0-22 entrée du musée - ancienne cours des écuries
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L0-29 courette restaurant
L0-30 local stockage pompier
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L0-32 douche
Prison
P0-0 P0-1 entrée de l'exposition temporaire design -
15,77m 2
P0-2 allée centrale - exposition temporaire design -
90,15m 2
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design - 237,64m 2
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céramiste René Buthaud et sas comtemporains
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P0-30 salle polyvalente, exposition savoir-faire - espace
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PLAN DE REZ-DE-CHAUSSÉE
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Hôtel de Lalande
L0-0a Grand véstibule - 29,15 m 2
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L0-1 première antichambre - 39,98 m 2
L0-2 deuxième antichambre - 40,37 m 2
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L0-4 salle à manger - 69,45 m 2
L0-5 bureau de M. de Lalande - 43,59 m 2
L0-6 salle pédagogique, atelier des enfants - 36,06 m 2
L0-7 circulation - 9,40 m2
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L0-9a cabinet M. de Lalande - 15,03 m 2
L0-9b aire de dégagement - 3,99 m 2
L0-10 ascenseur
L0-11 salle Boulan (espace polyvalent), espace
privatisable - 68,82m 2
L0-12 escalier
L0-13 accueil des groupes - 19,87m 2
L0-14 hall d'orientation et accueil des groupes
- 24,51m2
L0-15 chaufferie
L0-16 aire de dégagement - 13,76m 2
L0-17 salle d'exposition - collection arts graphiques
- 26,40m2
L0-18 espace carte blanche à un.e designer graphique
- 19,19m 2
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L0-22 entrée du musée - ancienne cours des écuries
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L0-30 local stockage pompier
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Prison
P0-0 P0-1 entrée de l'exposition temporaire design -
15,77m 2
P0-2 allée centrale - exposition temporaire design -
90,15m 2
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céramiste René Buthaud et sas comtemporains
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PLAN DE REZ-DE-CHAUSSÉE
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Hôtel de Lalande
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L0-13 accueil des groupes - 19,87m 2
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L0-16 aire de dégagement - 13,76m 2
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- 26,40m2
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P0-0 P0-1 entrée de l'exposition temporaire design -
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P0-4 atelier menuiserie - 44,29m 2
P0-5 atelier menuiserie stockage - 35,57m 2
P0-6 zone de déchargement - 8,30m 2
P0-7 circulation/escalier
P0-8 ascenseur
P0-9 local poubelle - ménage - 15,83m 2
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P0-24 cellule sud - 15,43m2
P0-25 cellule sud - 15,57m2
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P0-27 circulation/escalier
P0-28 sanitaire du public - 9,59m2
P0-29 pavillon de liaison - collections permanentes, le
PLAN DE REZ-DE-CHAUSSÉE
P0-0 P0-1 P0-2
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Hôtel de Lalande
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L0-4 salle à manger - 69,45 m 2
L0-5 bureau de M. de Lalande - 43,59 m 2
L0-6 salle pédagogique, atelier des enfants - 36,06 m 2
L0-7 circulation - 9,40 m2
L0-8 escalier
L0-9a cabinet M. de Lalande - 15,03 m 2
L0-9b aire de dégagement - 3,99 m 2
L0-10 ascenseur
L0-11 salle Boulan (espace polyvalent), espace
privatisable - 68,82m 2
L0-12 escalier
L0-13 accueil des groupes - 19,87m 2
L0-14 hall d'orientation et accueil des groupes
- 24,51m2
L0-15 chaufferie
L0-16 aire de dégagement - 13,76m 2
L0-17 salle d'exposition - collection arts graphiques
- 26,40m2
L0-18 espace carte blanche à un.e designer graphique
- 19,19m 2
L0-19 local sécurité - 14,73m 2
L0-20 accueil boutique librairie - 66,26m 2
L0-21 circulation exterieure
L0-22 entrée du musée - ancienne cours des écuries
- 61,68m2
L0-23 local technique - 3,21m 2
L0-24 salle restaurant - 30,94m 2
L0-25 local technique transformateur EDF - 16,11m 2
L0-26 cuisine restaurant - monte-c
L0-27 sanitaire restaurant - 3,18m
L0-28 accueil restaurant - 20,83m2
L0-29 courette restaurant
L0-30 local stockage pompier
L0-31 local poubelle -
L0-32 douche
Prison
P0-0 P0-1 entrée de l'exposition temporaire design -
15,77m 2
P0-2 allée centrale - exposition temporaire design -
90,15m 2
P0-3 cour couverte nord - exposition temporaire
design - 237,64m 2
P0-4 atelier menuiserie - 44,29m 2
P0-5 atelier menuiserie stockage - 35,57m 2
P0-6 zone de déchargement - 8,30m 2
P0-7 circulation/escalier
P0-8 ascenseur
P0-9 local poubelle - ménage - 15,83m 2
P0-10 cellule nord - 16,27m2
P0-11 cellule nord - 15,51m2
P0-12 cellule nord - 15,76m2
P0-13 local stockage matériel - 18,08m 2
P0-14 cellule nord-ouest/passage - 3,99m 2
P0-15 cellule nord-ouest - 10,09m 2
P0-16 cellule nord-ouest - 9,48m 2
P0-17 cellule allée centrale - 11,05m 2
P0-18 cellule sud-ouest - 9,40m 2
P0-19 cellule sud-ouest - 9,67m 2
P0-20 sanitaire personnel - 3,32m 2
P0-21 circulation
P0-22 zone de stockage tampon - 17,97m 2
P0-23 cellule sud - 15,10m 2
P0-24 cellule sud - 15,43m 2
P0-25 cellule sud - 15,57m 2
P0-26 cuisine - office - stockage vin - 15,17m 2
P0-27 circulation/escalier
P0-28 sanitaire du public - 9,59m2
P0-29 pavillon de liaison - collections permanentes, le
céramiste René Buthaud et sas comtemporains
- 50,19m2
P0-30 salle polyvalente, exposition savoir-faire - espace
privatisable - 44,01m 2
P0-31 salle polyvalente, exposition savoir-faire - espace
privatisable - 44,56m 2
P0-32 cour couverte sud - exposition temporaire design
- 213,22m 2
PLAN DE REZ-DE-CHAUSSÉE
P0-0 P0-1 P0-2
P0-3
P0-32
P0-4 P0-5
P0-6
P0-7 P0-8 P0-9 P0-10 P0-11 P0-12 P0-13
P0-14
P0-15
P0-16
P0-17
P0-18
P0-19
P0-20 P0-21
P0-22 P0-23 P0-24 P0-25 P0-26 P0-27 P0-28
P0-30
P0-29
P0-31
L0-3
L0-2 L0-1
L0-7
L0-4
L0-5 L0-6
L0-8
L0-0a
L0-0b
L0-9a L0-9b
L0-10
L0-11
L0-12
L0-13 L0-14
L0-15
L0-16
L0-17
L0-18
L0-19 L0-20
L0-0c
0102030405060708091011
01020304 - 11.13ngf
01
02
03
04 - 11.13ngf
01
02
03
04
05
01
02
03
04
05
01 02 03 04 05 06
Hôtel de Lalande
L0-0a Grand véstibule - 29,15 m 2
L0-0b escalier
L0-0c vestibule - 4,67 m2
L0-1 première antichambre - 39,98 m 2
L0-2 deuxième antichambre - 40,37 m 2
L0-3 salon de compagnie - 61,42 m 2
L0-4 salle à manger - 69,45 m 2
L0-5 bureau de M. de Lalande - 43,59 m 2
L0-6 salle pédagogique, atelier des enfants - 36,06 m 2
L0-7 circulation - 9,40 m2
L0-8 escalier
L0-9a cabinet M. de Lalande - 15,03 m 2
L0-9b aire de dégagement - 3,99 m 2
L0-11 salle Boulan (espace polyvalent), espace
privatisable - 68,82m 2
L0-12 escalier
L0-13 accueil des groupes - 19,87m 2
L0-14 hall d'orientation et accueil des groupes
- 24,51m2
L0-15 chaufferie
L0-16 aire de dégagement - 13,76m 2
L0-17 salle d'exposition - collection arts graphiques
- 26,40m2
L0-18 espace carte blanche à un.e designer graphique
- 19,19m 2
L0-19 local sécurité - 14,73m 2
L0-20 accueil boutique librairie - 66,26m 2
L0-26 cuisine restaurant - monte-charge - 5,55m 2
L0-27 sanitaire restaurant - 3,18m 2
L0-28 accueil restaurant - 20,83m 2
L0-29 courette restaurant
L0-30 local stockage pompier
L0-31 local poubelle -
L0-32 douche
Prison
P0-0 P0-1 entrée de l'exposition temporaire design -
15,77m 2
P0-2 allée centrale - exposition temporaire design -
90,15m 2
P0-3 cour couverte nord - exposition temporaire
design - 237,64m 2
P0-4 atelier menuiserie - 44,29m 2
P0-5 atelier menuiserie stockage - 35,57m 2
P0-6 zone de déchargement - 8,30m 2
P0-7 circulation/escalier
P0-8 ascenseur
P0-9 local poubelle - ménage - 15,83m2
P0-10 cellule nord - 16,27m2
P0-11 cellule nord - 15,51m2
P0-17 cellule allée centrale - 11,05m 2
P0-18 cellule sud-ouest - 9,40m 2
P0-19 cellule sud-ouest - 9,67m 2
P0-20 sanitaire personnel - 3,32m 2
P0-21 circulation
P0-22 zone de stockage tampon - 17,97m 2
P0-23 cellule sud - 15,10m 2
P0-24 cellule sud - 15,43m 2
P0-25 cellule sud - 15,57m 2
P0-26 cuisine - office - stockage vin - 15,17m 2
P0-27 circulation/escalier
P0-28 sanitaire du public - 9,59m2
P0-29 pavillon de liaison - collections permanentes, le
céramiste René Buthaud et sas comtemporains
PLAN DE REZ-DE-CHAUSSÉE
P0-0 P0-1 P0-2
P0-3
P0-32
P0-4 P0-5
P0-6
P0-7 P0-8 P0-9 P0-10 P0-11 P0-12 P0-13
P0-14
P0-15
P0-16
P0-17
P0-18
P0-19
P0-20 P0-21
P0-22 P0-23 P0-24 P0-25 P0-26 P0-27 P0-28
P0-30
P0-29
P0-31
L0-3
L0-2 L0-1
L0-7
L0-4
L0-5 L0-6
L0-8
L0-0a
L0-0b
L0-9a L0-9b
L0-10
L0-11
L0-12
L0-13 L0-14
L0-15
L0-16
L0-17
L0-18
L0-19 L0-20 L0-21
L0-22
L0-26
L0-24 L0-25
L0-29
L0-27
L0-28
L0-23
L0-30
L0-31
L0-32
L0-0c
Rez-de-chaussée — ProjetAnnexes — Plans du musée 253 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 252
Premier étage bureaux — État actuel
RÉNOVATION DU M
MAITRISE D'OUVRAGE ARCHITECTE MANDATAIRE ACMH MUSEOGRAPHE SCENOGRAPHE ECLAIRAGISTE BUREAU D'ETUDE STRUCTURE BUREAU D'ETUDE FUIDES, SSI, HQE ACOUSTICIEN phase Date
modifié le
02/05/2022
APDAnnexes — Plans du musée 255 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 254
8 7 6 5 4 3 2 1
19
18
17
16
15
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
9 10
11
1213141516171819
27
Aile Boulan
LE-0 bureau 1 poste - 17,86 m2
LE-1 local technique - 3,08 m 2
LE-2a sanitaire homme - 4,41 m 2
LE-2b sanitaire femme - 4,26 m 2
LE-3 bureau - espace téléphonique - 9,12 m2
LE-4 bureau 8 postes - 31,30 m 2
LE-5 direction - bureau du directeur(ice) - 19,49 m2
LE-6a bureau - 19,44 m2
LE-6b aire de dégagement - 18,45 m2
LE-7 circulation/escalier
LE-8 ascenseur
LE-8 bureau - 8 postes - 24,72m2
LE-9 espace archives bibliothèque - 42,53m 2
LE-10 réserve du restaurant - 20,14m 2
LE-11 cuisine du restaurant - 21,18m2
Prison
PE-0 bureau - espace téléphonique - 9,68 m2
PE-1 espace d'attente - 12,54 m2
PE-2 bureau open space 8 postes - 33,46 m 2
PE-3 bureau 1 poste - 11,63 m2
PE-4a bureau open space 4 postes - 33,36 m 2
PE-4b circulation/couloir
PE-5 bureau open space 4 postes - 23,81 m 2
PE-6 pavillon de liaison, tisanerie espace de repos
- 44,48m2
PLAN DE L’ENTRESOL (1ER ÉTAGE PRISON ET AILE
BOULAN)
PE-0
PE-1
PE-2
PE-3
PE-4a
PE-5
LE-0
PE-4b
LE-2a
LE-1
LE-4 LE-3
LE-8
LE-5a
LE-6b
LE-6a
LE-10
LE-9
LE-7 LE-8
LE-11
LE-2b PE-0
8 7 6 5 4 3 2 1
19
18
17
16
15
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
9 10
11
1213141516171819
27
Aile Boulan
LE-0 bureau 1 poste - 17,86 m 2
LE-1 local technique - 3,08 m2
LE-2a sanitaire homme - 4,41 m 2
LE-2b sanitaire femme - 4,26 m 2
LE-3 bureau - espace téléphonique - 9,12 m 2
LE-4 bureau 8 postes - 31,30 m 2
LE-5 direction - bureau du directeur(ice) - 19,49 m 2
LE-6a bureau - 19,44 m 2
LE-6b aire de dégagement - 18,45 m 2
LE-7 circulation/escalier
LE-8 ascenseur
LE-8 bureau - 8 postes - 24,72m 2
LE-9 espace archives bibliothèque - 42,53m 2
LE-10 réserve du restaurant - 20,14m 2
LE-11 cuisine du restaurant - 21,18m 2
Prison
PE-0 bureau - espace téléphonique - 9,68 m 2
PE-1 espace d'attente - 12,54 m 2
PE-2 bureau open space 8 postes - 33,46 m 2
PE-3 bureau 1 poste - 11,63 m 2
PE-4a bureau open space 4 postes - 33,36 m 2
PE-4b circulation/couloir
PE-5 bureau open space 4 postes - 23,81 m 2
PE-6 pavillon de liaison, tisanerie espace de repos
- 44,48m2
PLAN DE L’ENTRESOL (1ER ÉTAGE PRISON ET AILE
BOULAN)
PE-0
PE-1
PE-2
PE-3
PE-4a
PE-5
LE-0
PE-4b
LE-2a
LE-1
LE-4 LE-3
LE-8
LE-5a
LE-6b
LE-6a
LE-10
LE-9
LE-7 LE-8
LE-11
LE-2b PE-0
8 7 6 5 4 3 2 1
19
18
17
16
15
20
21
22
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24
25
26
27
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29
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
9 10
11
1213141516171819
27
Aile Boulan
LE-0 bureau 1 poste - 17,86 m 2
LE-1 local technique - 3,08 m 2
LE-2a sanitaire homme - 4,41 m 2
LE-2b sanitaire femme - 4,26 m 2
LE-3 bureau - espace téléphonique - 9,12 m 2
LE-4 bureau 8 postes - 31,30 m 2
LE-5 direction - bureau du directeur(ice) - 19,49 m 2
LE-6a bureau - 19,44 m 2
LE-6b aire de dégagement - 18,45 m 2
LE-7 circulation/escalier
LE-8 ascenseur
LE-8 bureau - 8 postes - 24,72m 2
LE-9 espace archives bibliothèque - 42,53m 2
LE-10 réserve du restaurant - 20,14m 2
LE-11 cuisine du restaurant - 21,18m 2
m 2
m 2
m 2
m 2
repos
ON ET AILE
PE-0
PE-1
PE-2
PE-3
PE-4a
PE-5
LE-0
PE-4b
LE-2a
LE-1
LE-4 LE-3
LE-8
LE-5a
LE-6b
LE-6a
LE-10
LE-9
LE-7 LE-8
LE-11
LE-2b PE-0
Premier étage bureaux — ProjetAnnexes — Plans du musée 257 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 256
RÉNOVATION DU M
MAITRISE D'OUVRAGE ARCHITECTE MANDATAIRE ACMH MUSEOGRAPHE SCENOGRAPHE ECLAIRAGISTE BUREAU D'ETUDE STRUCTURE BUREAU D'ETUDE FUIDES, SSI, HQE ACOUSTICIEN phase Date
modifié le
02/05/2022
APD
Deuxième étage — État actuelAnnexes — Plans du musée 259 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 258
Hôtel de Lalande
L2-0 local technique - 35,45 m2
L2-1 salle d’exposition – collections permanentes,
manufacture J. Vieillard- 35,94m 2
L2-2 salle d’exposition – collections permanentes,
collection Raymond Jeanvrot - 32,15m2
L2-3 salle d’exposition – collections permanentes,
manufacture J. Vieillard - 65,73m 2
L2-4 salle d’exposition – collections permanentes,
collection Raymond Jeanvrot - 56,74m 2
L2-5 salle d’exposition – collections permanentes,
collection Raymond Jeanvrot - 38,67m 2
L2-6 salle d’exposition – collections permanentes,
introduction et collection Bonie - 40,99m2
L2-7 aire de dégagement - 8,05 m2
PLAN DU DEUXIEME ETAGE
L2-0 L2-1 L2-2
L2-3 L2-4
L2-5 L2-6 L2-7
Hôtel de Lalande
L2-0 local technique - 35,45 m 2
L2-1 salle d’exposition – collections permanentes,
manufacture J. Vieillard- 35,94m 2
L2-2 salle d’exposition – collections permanentes,
collection Raymond Jeanvrot - 32,15m 2
L2-3 salle d’exposition – collections permanentes,
manufacture J. Vieillard - 65,73m 2
L2-4 salle d’exposition – collections permanentes,
collection Raymond Jeanvrot - 56,74m 2
L2-5 salle d’exposition – collections permanentes,
collection Raymond Jeanvrot - 38,67m 2
L2-6 salle d’exposition – collections permanentes,
introduction et collection Bonie - 40,99m 2
L2-7 aire de dégagement - 8,05 m 2
PLAN DU DEUXIEME ETAGE
L2-0 L2-1 L2-2
L2-3 L2-4
L2-5 L2-6 L2-7
Deuxième étage — ProjetAnnexes — Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 261 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 260
5
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7
Annexe n°1
Discours de réception à l'Académie de Bordeaux de Constance Rubini en 2016
Discours de réception à l'Académie
de Bordeaux, Constance Rubini
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7Annexes — Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 263 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 262
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7Annexes — Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 265 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 264
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7Annexes — Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 267 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 266
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7
13
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7Annexes — Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 269 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 268
14
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 15
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7Annexes — Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 271 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 270
16
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7
17
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7Annexes — Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 273 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 272
18
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7
19
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7Annexes — Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 275 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 274
20
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7
21
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7Annexes — Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 277 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 276
22
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7
23
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7Annexes — Discours de réception à l'Académie de Bordeaux, Constance Rubini 279 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 278
24
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7
25
p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7 p r o j e t s c i e n t i f i q u e e t c u l t u r e l • a n n e x e s • m a d d - b o r d e a u x • d é c e m b r e 2 0 1 7Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 281 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 280
Acquisitions et dons depuis 2013
2013.1.1 Tasse à café 2013.2.1 Tasse à vin 2013.3.1 Salière 2013.3.2 Salière 2013.4.1 "Hip Hop modernisme"
2013.4.10 Console 2013.4.12 "Caravanserraglio" 2013.4.13 Service "Boule" 2013.5.1 Vase 2013.5.2 Vase
2013.5.3 Vase 2013.5.4 Bol 2013.6.1 Corbeille à fruits 2013.6.2 Corbeille à fruits 2013.6.3 Assiette
2013.6.4 Bol 2013.6.5 Assiette creuse 2013.6.6 Assiette à dessert 2013.6.7 Soucoupe 2013.6.8 Terrine couverte
2013.6.9 Terrine
couverte
2013.6.10 Terrine
couverte 2013.6.11 Plat 2013.6.12 Plat
2013.6.13.1 Tasse à
moka
2013.1.1 Tasse à café 2013.2.1 Tasse à vin 2013.3.1 Salière 2013.3.2 Salière 2013.4.1 "Hip Hop modernisme"
2013.4.10 Console 2013.4.12 "Caravanserraglio" 2013.4.13 Service "Boule" 2013.5.1 Vase 2013.5.2 Vase
2013.5.3 Vase 2013.5.4 Bol 2013.6.1 Corbeille à fruits 2013.6.2 Corbeille à fruits 2013.6.3 Assiette
2013.6.4 Bol 2013.6.5 Assiette creuse 2013.6.6 Assiette à dessert 2013.6.7 Soucoupe 2013.6.8 Terrine couverte
2013.6.9 Terrine
couverte
2013.6.10 Terrine
couverte 2013.6.11 Plat 2013.6.12 Plat
2013.6.13.1 Tasse à
moka
2013.6.13.2 Soucoupe 2013.6.14.1 Tasse à thé 2013.6.14.2 Soucoupe 2013.6.15 Verre à eau 2013.6.16 Verre à eau
2013
Tasses Un café dans les nuages
Quentin Vaulot, Goliath Dyèvre, 2012
Limoges, société NON SANS RAISON
Porcelaine
Don de la Société NON SANS RAISON, inv. 2013.1.1 et 2
Tasse à vin
François Broustelet, maître orfèvre bordelais, 1654
Argent étiré, découpé, soudé
Don de Mme Jean-René Gazeau, inv. 2013.2.1
Paire de salières
Jean François JOUET le cadet, maitre orfèvre
bordelais, 1787
Argent étiré, repercé, ciselé, fondu et rapporté
Don des Amis de l’Hôtel de Lalande, inv. 2013.3.1 et 2
Double cabinet Hip hop modernism
Alessandro Mendini, Dan Friedman, 2001
Milan, Edition Design Gallery
Titane, laque et onyx
Don de Clémence et Didier Krzentowski, inv. 2013.4.1
Ensemble Ollo (10 pièces de mobilier)
Alessandro Mendini, Alessandro Guerriero, 1988
Edition Alchimia
Bois laqué blanc et noir, plateau laqué orange
Don de Clémence et Didier Krzentowski, inv. 2013.4.2
Service Boule (19 pièces)
Helen von Boch, 1971
Villeroy & Boch
Faïence
Don de Clémence et Didier Krzentowski, inv. 2013.4.13
Vases et bol Pleurs
Ruth Gurvich, 2001-2002
Acrylique sur montage en papier Tyveck
Don des Amis de l’Hôtel de Lalande, inv. 2013.5.1 à 4
Don de la société Alessi
Corbeille à fruits 370, 1952, acier inoxydable,
inv. 2013.6.1
Corbeille à fruits 826/24, 1976, acier inoxydable,
inv. 2013.6.2
Service « Ovale » (18 pièces), Ronan et Erwan
Bouroullec, 2010, céramique, verre, inv. 2013.6.3 à
2013.6.18
Service « Ovale » (18 pièces), Ronan et Erwan
Bouroullec, 2010, acier inoxydable, inv. 2013.6.19.1 à 17Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 283 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 282
2013.6.37 Verre 2013.6.38.1 Plateau 2013.6.39.1 Plateau 2013.6.40.1 Plateau 2013.6.41 Plateau FS01 2x3
2013.6.42 Plateau FS01
3x5
2013.6.43 Plateau FS01
4x4
2013.6.44 Plateau FS01
3x4
2013.6.45 Récipient
FS02 1x1
2013.6.46 Récipient
FS02 1x1
2013.6.37 Verre 2013.6.38.1 Plateau 2013.6.39.1 Plateau 2013.6.40.1 Plateau 2013.6.41 Plateau FS01 2x3
2013.6.42 Plateau FS01
3x5
2013.6.43 Plateau FS01
4x4
2013.6.44 Plateau FS01
3x4
2013.6.45 Récipient
FS02 1x1
2013.6.46 Récipient
FS02 1x1
2013.6.13.2 Soucoupe 2013.6.14.1 Tasse à thé 2013.6.14.2 Soucoupe 2013.6.15 Verre à eau 2013.6.16 Verre à eau
2013.6.17 Verre à vin 2013.6.18 Verre à vin 2013.6.19.1 Cuiller 2013.6.20.2 Louche 2013.6.21.1 Plateau
2013.6.22 Coupe à fruits 2013.6.23 Passoire à thé 2013.6.24 Corbeille à fruits 2013.6.25 Coupe 2013.6.26 Bol
2013.6.27.1 Corbeille à
fruits
2013.6.28 Corbeille à
fruits 2013.6.29 Cafetière
2013.6.30 Pose-
bouchon 2013.6.31.1 Plateau
2013.6.32 Bouilloire 2013.6.33.1 Louche 2013.6.34.1 Casserole 2013.6.35 Verre 2013.6.36 Verre
2013.6.13.2 Soucoupe 2013.6.14.1 Tasse à thé 2013.6.14.2 Soucoupe 2013.6.15 Verre à eau 2013.6.16 Verre à eau
2013.6.17 Verre à vin 2013.6.18 Verre à vin 2013.6.19.1 Cuiller 2013.6.20.2 Louche 2013.6.21.1 Plateau
2013.6.22 Coupe à fruits 2013.6.23 Passoire à thé 2013.6.24 Corbeille à fruits 2013.6.25 Coupe 2013.6.26 Bol
2013.6.27.1 Corbeille à
fruits
2013.6.28 Corbeille à
fruits 2013.6.29 Cafetière
2013.6.30 Pose-
bouchon 2013.6.31.1 Plateau
2013.6.32 Bouilloire 2013.6.33.1 Louche 2013.6.34.1 Casserole 2013.6.35 Verre 2013.6.36 Verre
Don de la société Alessi
Service « Caccia » (25 pièces), Luigi Dominioni
Caccia, Livio et Pier Giacomo Castiglioni, 1938, acier
inoxydable, inv. 2013.6.20.1 à 24
Ensemble huilier vinaigrier, Achille Castiglioni,
1980, acier inoxydable, inv. 2013.6.21.1 à 3
Coupe à fruits, Achille Castiglioni, 1995, acier
inoxydable, inv. 2013.6.22
Passoire à thé mélodique Bird cage, Alan Chan,
2010, acier inoxydable et PMMA, inv. 2013.6.23
Corbeille à fruits, Pierre Charpin, 2013, acier
inoxydable, inv. 2013.6.24
Coupe, Suzan Cohn, 1992, acier coloré, inv. 2013.6.25
Bol, Matali Crasset, Pierre Hermé, 2010, acier
inoxydable, inv. 2013.6.26
Corbeille et assiette, Pauline Deltour, 2010, acier
inoxydable et résine, inv. 2013.6.27.1 et 2
Corbeille à fruits, Pauline Deltour, 2010, acier
inoxydable, inv. 2013.6.28
Cafetière napolitaine, Riccardo Dalisi, 1987, acier
inoxydable, bois de noyer, inv. 2013.6.29
Pose-bouchon, Milton Glaser, 2012, acier inoxydable,
inv. 2013.6.30
Set à sushi Lily Pond, Stefano Giovannoni, 2006,
porcelaine, plastique, inv. 2013.6.31.1 à 5
Bouilloire, Michael Graves, 1985, acier inoxydable,
Inv. 2013.6.32
Service « Mu » (17 pièces), Toyo Ito, 2013, acier
inoxydable, inv. 2013.6.33.1 à 16
Pasta Pot (4 pièces), Patrick Jouin et Alain Ducasse,
2007, acier inoxydable, inv. 2013.6.34.1 à 4
Verres, Harri Koskinen, 2010, verre, inv. 2013.6.35 à 37
Set à salade (9 pièces), « Programme 8 », Franco
Sargiani et Eija Helander, 1970, acier inoxydable,
verre et céramique, inv. 2013.6.38.1 à 8
Set à fromage (6 pièces), « Programme 8 », Franco
Sargiani et Eija Helander, 1970, acier inoxydable, bois
et céramique, inv. 2013.6.39.1 à 5
Service à hors d’œuvres (6 pièces), « Programme
8 », Franco Sargiani et Eija Helander, 1970, acier
inoxydable, verre, inv. 2013.6.40.1 à 5
Plateau FS01 2x3, « Programme 8 », Franco Sargiani
et Eija Helander, 1970, acier inoxydable, inv. 2013.6.41
Plateau FS01 3x5, « Programme 8 », Franco Sargiani
et Eija Helander, 1970, acier inoxydable, inv. 2013.6.42
Plateau FS01 4x4, « Programme 8 », Franco Sargiani
et Eija Helander, 1970, acier inoxydable, inv. 2013.6.43
Plateau FS01 3x4, « Programme 8 », Franco Sargiani
et Eija Helander, 1970, acier inoxydable, inv. 2013.6.44
Récipients FS02 1x1, « Programme 8 », Franco
Sargiani et Eija Helander, 1970, céramique,
inv. 2013.6.45 et 46
2013Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 285 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 284
2013.6.62.1 Support 2013.6.63 Cafetière 2013.6.64 Cafetière 2013.6.65.1 Tasse à café 2013.6.65.2 Soucoupe
2013.6.66.1 Tasse à café 2013.6.66.2 Soucoupe 2013.6.67 Cuiller à café 2013.6.71 "Bouilloire 9091" 2013.6.72 Cafetière expresso
2013.6.73 Seau à
champagne
2013.6.74 Seau à
champagne
2013.6.75 Seau à
champagne 2013.6.76 Seau à glace
2013.6.77 Colonne
porte-seau
2013.6.62.1 Support 2013.6.63 Cafetière 2013.6.64 Cafetière 2013.6.65.1 Tasse à café 2013.6.65.2 Soucoupe
2013.6.66.1 Tasse à café 2013.6.66.2 Soucoupe 2013.6.67 Cuiller à café 2013.6.71 "Bouilloire 9091" 2013.6.72 Cafetière expresso
2013.6.73 Seau à
champagne
2013.6.74 Seau à
champagne
2013.6.75 Seau à
champagne 2013.6.76 Seau à glace
2013.6.77 Colonne
porte-seau
2013.6.42 Plateau FS01
3x5
2013.6.43 Plateau FS01
4x4
2013.6.44 Plateau FS01
3x4
2013.6.45 Récipient
FS02 1x1
2013.6.46 Récipient
FS02 1x1
2013.6.47 Récipient
FS02 3x4
2013.6.48 Récipient
FS02 4x4
2013.6.49 Récipient
FS03 1x2
2013.6.50 Planche à
découper 2013.6.51 Grille
2013.6.52 Tire-bouchon 2013.6.53 Tire-bouchon 2013.6.54 Bouchon à champagne 2013.6.55 Tire-bouchon 2013.6.56.1 Cuiseur et couvercle
2013.6.57 Moulin à
poivre 2013.6.58 Moulin à sel
2013.6.59.1 Table "Op-
la" 2013.6.60.1 Louche 2013.6.61 Carafe
2013.6.42 Plateau FS01
3x5
2013.6.43 Plateau FS01
4x4
2013.6.44 Plateau FS01
3x4
2013.6.45 Récipient
FS02 1x1
2013.6.46 Récipient
FS02 1x1
2013.6.47 Récipient
FS02 3x4
2013.6.48 Récipient
FS02 4x4
2013.6.49 Récipient
FS03 1x2
2013.6.50 Planche à
découper 2013.6.51 Grille
2013.6.52 Tire-bouchon 2013.6.53 Tire-bouchon 2013.6.54 Bouchon à champagne 2013.6.55 Tire-bouchon 2013.6.56.1 Cuiseur et couvercle
2013.6.57 Moulin à
poivre 2013.6.58 Moulin à sel
2013.6.59.1 Table "Op-
la" 2013.6.60.1 Louche 2013.6.61 Carafe
Don de la société Alessi
Récipient FS02 3x4, « Programme 8 », Franco
Sargiani et Eija Helander, 1970, céramique,
inv. 2013.6.47
Récipient FS02 4x4, « Programme 8 », Franco
Sargiani et Eija Helander, 1970, céramique,
inv. 2013.6.48
Récipient FS02 1x2, « Programme 8 », Franco
Sargiani et Eija Helander, 1970, céramique,
inv. 2013.6.49
Planche à découper, « Programme 8 », Franco
Sargiani et Eija Helander, 1970, bois, caoutchouc,
inv. 2013.6.50
Grille, « Programme 8 », Franco Sargiani et Eija
Helander, 1970, acier inoxydable, Inv. 2013.6.51
Tire-bouchon Anna G, Alessandro Mendini, 1994,
Résine thermoplastique et zamac chromée,
inv. 2013.6.52
Tire-bouchon Alessandro M, Alessandro Mendini,
2003, Résine thermoplastique et zamac chromée,
inv. 2013.6.53
Bouchon à champagne Anna sparkling, Alessandro
Mendini, 1998, Zamac chromée argenté, inv. 2013.6.54
Tire-bouchon Parrot, Alessandro Mendini, 2008,
aluminium, inv. 2013.6.55
Pasta Set (3 pièces), Massimo Morozzi, 1985, acier
inoxydable, inv. 2013.6.56.1 à 3
Moulins à poivre et à sel Pepe le Moko, Jasper
Morisson, 1998, acier inoxydable, inv. 2013.6.57 et 58
Plateau/table Op-la, Jasper Morisson, 1998, base
en acier inoxydable, plan et plateau en ABS,
inv. 2013.6.59.1 et 2
Service KnifeForkSpoon (19 pièces), Jasper Morisson,
2004, acier inoxydable, inv. 2013.6.60.1 à 18
Carafe, Jean Nouvel, 2003, acier inoxydable, résine,
inv. 2013.6.61
Boules à thé, Josef Knau et Otto Rittweger, 1924,
acier, inv. 2013.6.62
Cafetière La Cupola, Aldo Rossi, 1988, fontaine
d’aluminium, inv. 2013.6.63
Cafetière La Conica, Aldo Rossi, 1984, fontaine
d’aluminium, inv. 2013.6.63
Tasses, soucoupes et cuillères Fruit Basket,
SANAA, 2007, porcelaine, acier inoxydable,
inv. 2013.6.65.1 à 2013.6.67
Bouilloire avec sifflet mélodique, Richard Sapper,
1982, acier inoxydable, laiton, inv. 2013.6.71
Cafetière expresso, Richard Sapper, 1979, acier
inoxydable, inv. 2013.6.72
Seau à champagne CA72, Carlo Alessi, 1952, acier
inoxydable, inv. 2013.6.73
Seaux à champagne, Ettore Sottsass, 1979, acier
inoxydable, inv. 2013.6.74 et 75
Seau à glace, Ettore Sottsass, 1979, acier inoxydable,
inv. 2013.6.76
Colonne porte-seau, Ettore Sottsass, 1979, acier
inoxydable, inv. 2013.6.77
2013Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 287 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 286
2013.6.73 Seau à
champagne
2013.6.74 Seau à
champagne
2013.6.75 Seau à
champagne 2013.6.76 Seau à glace
2013.6.77 Colonne
porte-seau
2013.6.78.1 Shaker 2013.6.79 Plat à four et support 2013.6.80 Poivrier 2013.6.81 Moulin à piment 2013.6.82 Moulin à sel
2013.6.83.1 Plateau 2013.6.84 Dessous de verre 2013.6.85 Dessous de bouteille 2013.6.86.1 Louche 2013.6.87 Presse- agrume
2013.6.73 Seau à
champagne
2013.6.74 Seau à
champagne
2013.6.75 Seau à
champagne 2013.6.76 Seau à glace
2013.6.77 Colonne
porte-seau
2013.6.78.1 Shaker 2013.6.79 Plat à four et support 2013.6.80 Poivrier 2013.6.81 Moulin à piment 2013.6.82 Moulin à sel
2013.6.83.1 Plateau 2013.6.84 Dessous de verre 2013.6.85 Dessous de bouteille 2013.6.86.1 Louche 2013.6.87 Presse- agrume
2013.6.88 Assiette 2013.6.89 Assiette à soupe 2013.6.90 Assiette à dessert 2013.6.91.1 Tasse 2013.6.91.2 Soucoupe
2013.6.92 Dessous de
bouteille 2013.6.97 Bouilloire
2013.6.98 Distributeur
de cure-dents 2013.6.99 Décapsuleur 2013.6.100 Verre
2013.6.101 Verre 2013.6.102 Seau à glace 2013.6.103 Dessous de verre 2013.6.104 Dessous de bouteille 2013.6.105 Seau à champagne
2013.6.106 Seau à glace
2013.6.88 Assiette 2013.6.89 Assiette à soupe 2013.6.90 Assiette à dessert 2013.6.91.1 Tasse 2013.6.91.2 Soucoupe
2013.6.92 Dessous de
bouteille 2013.6.97 Bouilloire
2013.6.98 Distributeur
de cure-dents 2013.6.99 Décapsuleur 2013.6.100 Verre
2013.6.101 Verre 2013.6.102 Seau à glace 2013.6.103 Dessous de verre 2013.6.104 Dessous de bouteille 2013.6.105 Seau à champagne
2013.6.106 Seau à glace
2013.6.88 Assiette 2013.6.89 Assiette à soupe 2013.6.90 Assiette à dessert 2013.6.91.1 Tasse 2013.6.91.2 Soucoupe
2013.6.92 Dessous de
bouteille 2013.6.97 Bouilloire
2013.6.98 Distributeur
de cure-dents 2013.6.99 Décapsuleur 2013.6.100 Verre
2013.6.101 Verre 2013.6.102 Seau à glace 2013.6.103 Dessous de verre 2013.6.104 Dessous de bouteille 2013.6.105 Seau à champagne
2013.6.106 Seau à glace
2013.6.88 Assiette 2013.6.89 Assiette à soupe 2013.6.90 Assiette à dessert 2013.6.91.1 Tasse 2013.6.91.2 Soucoupe
2013.6.92 Dessous de
bouteille 2013.6.97 Bouilloire
2013.6.98 Distributeur
de cure-dents 2013.6.99 Décapsuleur 2013.6.100 Verre
2013.6.101 Verre 2013.6.102 Seau à glace 2013.6.103 Dessous de verre 2013.6.104 Dessous de bouteille 2013.6.105 Seau à champagne
2013.6.106 Seau à glace
2013.6.88 Assiette 2013.6.89 Assiette à soupe 2013.6.90 Assiette à dessert 2013.6.91.1 Tasse 2013.6.91.2 Soucoupe
2013.6.92 Dessous de
bouteille 2013.6.97 Bouilloire
2013.6.98 Distributeur
de cure-dents 2013.6.99 Décapsuleur 2013.6.100 Verre
2013.6.101 Verre 2013.6.102 Seau à glace 2013.6.103 Dessous de verre 2013.6.104 Dessous de bouteille 2013.6.105 Seau à champagne
2013.6.106 Seau à glace
2013.6.88 Assiette 2013.6.89 Assiette à soupe 2013.6.90 Assiette à dessert 2013.6.91.1 Tasse 2013.6.91.2 Soucoupe
2013.6.92 Dessous de
bouteille 2013.6.97 Bouilloire
2013.6.98 Distributeur
de cure-dents 2013.6.99 Décapsuleur 2013.6.100 Verre
2013.6.101 Verre 2013.6.102 Seau à glace 2013.6.103 Dessous de verre 2013.6.104 Dessous de bouteille 2013.6.105 Seau à champagne
2013.6.106 Seau à glace
Don de la société Alessi
Shakers, Ettore Sottsass, 1979, acier inoxydable,
inv. 2013.6.78.1 et 2
Support et plat à four, Ettore Sottsass, 1994,
porcelaine, acier inoxydable, inv. 2013.6.79
Poivrier, moulin à piment, moulin à sel Twergi,
Ettore Sottsass, 1989, bois de hêtre, inv. 2013.6.80 à 82
Ensemble à condiments, Ettore Sottsass, 1978,
acier, verre, inv. 2013.6.83.1 à 5
Dessous de verre et de bouteille, Ettore Sottsass,
1979, acier inoxydable, inv. 2013.6.84 et 85
Service Nuovo Milano (26 pièces), Ettore Sottsass,
1987, acier inoxydable, inv. 2013.6.86.1 à 25
Presse-agrume Juicy Salif, Philippe Starck, 1990,
fonte d’aluminium, inv. 2013.6.87
Service Dressed (7 pièces), Marcel Wanders, 2011,
porcelaine, acier inoxydable, inv. 2013.6.88 à 93
Bouilloire Mama-O, Andrea Branzi, 1988, acier
inoxydable, inv. 2013.6.97
Distributeur de cure-dents, Andrea Branzi, 1991,
acier inoxydable, inv. 2013.6.98
Décapsuleur Ercolino, Andrea Branzi, 1999, acier
inoxydable, inv. 2013.6.99
Verres Alberto’s vineyard, EOOS, 2009, verre,
inv. 2013.6.100 et 101
Seau à glace, Carlo Mazzeri et Luigi Massoni, 1976,
acier inoxydable, inv. 2013.6.102
Dessous de verre et de bouteille Sitges, Lluís Clotet,
2003, acier inoxydable, inv. 2013.6.103 et 104
Seau à champagne Chiringuito, Ron Arad et Alberto
Gozzi, 2004, résine, inv. 2013.6.105
Seau à glace, Ron Arad et Alberto Gozzi, 1976, résine,
inv. 2013.6.106
2013Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 289 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 288
2014
oriental"
2014.1.1 Dessin 2014.2.1 Plat 2014.3.1 Vase 2014.3.2 Horloge murale 2014.4.1.1 Couteau
2014.5.1 Verre à jambe 2014.5.2 Verre à jambe 2014.5.3 Verre à jambe 2014.5.4 Verre à jambe 2014.6.1 Vase
2014.6.2 Vase 2014.7.1 Plat 2014.8.1 Jatte ronde 2014.8.2 Jatte ronde 2014.9.1 "Golden Gate"
2014.10.1 "Foresta" 2014.10.2 "Rocher" 2014.10.3 "Croisade" 2014.10.4 "Jardin" 2014.10.5 "Crocodile"
oriental"
Frise papier peint
Pierre Jeanvrot, 1908
Gouache sur papier
Don de Monsieur Bruno Foucart, inv. 2014.1.1
Plat dit « à la chasse » d’après une estampe
de Nicolas de Larmessin
Claude Guillaume Bigourat, Nevers, 1758
Faïence stannifère
Don de Monsieur Edouard Williamson, inv. 2014.2.1
Vase II
George Sowden, 1990
Sarri Ceramiche à Sesto Fiorentino
Céramique blanche émaillée
Don de Jacqueline du Pasquier, inv. 2014.3.1
Horloge murale
Nathalie du Pasquier et George Sowden, 1986
Editions Lorenz, Milan
Don de Jacqueline du Pasquier, inv. 2014.3.2
Jeu de couverts FB7
François Bauchet, 2001
Acier inoxydable brillant
Don Ercuis, inv. 2014.4.1.1 à 7
Verres à jambe à décor gravé au chiffre de
la famille Ferriere
France, fin du XVIII siècle
Verre
Don de Michel Ferriere, inv. 2014.5.1 à 4
Vase
René Buthaud, 1953
Porcelaine
Don des Amis de l’Hôtel de Lalande, inv. 2014.6.1
Vase
Céramique d’Art de Bordeaux, vers 1930
Céramique
Don des Amis de l’Hôtel de Lalande, inv. 2014.6.2
Plat
Barbara Schroeder, 2013
Ecole des Beaux-Arts de Limoges
Porcelaine
Don de l’association « Mécènes modestes », inv. 2014.7.1
Paire de jattes
Gervais Lafitte aîné, Bordeaux, 1770
Argent martelé, repoussé, ciselé, gravé
Don des amis de l’Hôtel de Lalande, inv. 2014.8.1 et 2
Vase Golden Gate, collection “Blister”
Andrea Branzi, 2004
Edition Design Gallery Milano, exemplaire 6/20
Métal laqué, acier doré, verre irisé jaune
Don des Amis de l’Hôtel de Lalande, inv. 2014.9.1
Cabinet Foresta
Ettore Sottsass, 2002
Edition Galerie Clio Calvi
Bois, verre, miroir, métal
Don de Didier et Clémence Krzentowski.
Inv. 2014.10.1
Table Rochers
Elisabeth Garouste, Mattia Bonetti, 1982
Edition Neotu
Tôle d’acier émaillé, verre coloré et blocs de pierre de
l’Yonne
Don de Didier et Clémence Krzentowski, inv. 2014.10.2
Miroir Croisade
Elisabeth Garouste, Mattia Bonetti, 1985
Miroir dans un cadre recouvert d’une tapisserie
d’Aubusson
Don de Didier et Clémence Krzentowski, inv. 2014.10.3
Tapis Jardin Oriental
Elisabeth Garouste, Mattia Bonetti, 1985
Production Tisca France
Tissage haute laine à la main, orange, violette et
bleue
Don de Didier et Clémence Krzentowski, inv. 2014.10.4
Fauteuil Crocodile
François Bauchet, 1983
Bois laqué beige rosé
Don de Didier et Clémence Krzentowski, inv. 2014.10.5
Chaises Pussycat
Kwok Hoï Chan, 1969
Editeur Steiner
Acier, thermoplastique, laine
Don de Didier et Clémence Krzentowski.
Inv. 2014.10.6 à 9
Vase
Enzo Mari, 1964
Edition UP&UP
Marbre
Don de Didier et Clémence Krzentowski, inv. 2014.10.10
Lampe W&O
Sacha Ketoff, 1985
Editeur Aluminor, 1985
Métal laqué noir et plaque nid d’abeille
Don de Didier et Clémence Krzentowski, inv. 2014.10.11
Lampe Swing
Martine Bedin, 1988
Edition Memphis, 1988
Aluminium anodisé et halogène
Don de Didier et Clémence Krzentowski, inv. 2014.10.12
Vases Roma, Caracalla, Ostia, Pasqua
Martine Bedin, 2006
Ceralica Rigoni, Nove (Italie)
Faïence
Achat de la Ville, inv. 2014.11.1 à 4
Pierced Bookcase, collection « Uomini e Fiori »
Andrea Branzi, 2006
Edition Design Gallery Milano
Métal, bois et verre
Achat de la Ville avec l’aide du FRAM, inv. 2014.12.1
Bar Milano, collection « Bauhaus 1 »
Andrea Branzi, 1979
Edition Alchimia
Bois et métal
Achat de la Ville avec l’aide du FRAM, inv. 2014.12.2
2014.10.6 Chaise 2014.10.10 Vase 2014.10.11 "ɔ" 2014.10.12 "S5ing" 2014.11.1 "oma"
2014.11.2 "Caracalla" 2014.11.3 "stia" 2014.11.4 "Pasqua" 2014.12.1 "Pierced oo)case" 2014.12.2 "ar ilano"Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 291 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 290
Aiguière
Raoul Larche, vers 1900
Fonte d’édition de la fonderie Siot-Decauville
Étain
Don de Madame Lagarde, inv. 2015.1.1
Boîte de peintre miniaturiste
Fin XIX siècle
Loupe d’orme loupe de padouk, tilleul, verre
Don de Madame Lagarde, inv. 2015.1.2
Cinq assiettes à dessert d’une série sur la Kabylie
Le camp français au pied de l’Atlas
Manufacture Jules Vieillard & Cie, vers 1870
Faïence fine
Don de Madame Lagarde, inv. 2015.1.3 à 7
Table à jeu bordelaise
Fin XVIII siècle
Acajou moucheté
Don des Amis de l’Hôtel de Lalande, inv. 2015.2.1
Boîte à thé
XIX siècle
Loupe de bois exotique avec incrustation de nacre et
filets de laiton
Don Robert Coustet, inv. 2015.3.1
« Vue d’un coin du salon de Monsieur Georges
Guestier dans l’hôtel de Poissac »
Félix Carme, vers 1934
Huile sur carton
Don Robert Coustet, inv. 2015.3.2
Bouilloire électrique
Peter Behrens, AEG, 1909-1910
Nickel et cuivre martelé, anse en rotin tressé
Don des Amis de l’hôtel de Lalande, inv. 2015.4.1
Infuseur à thé
Christian Dell, 1924
Métal argenté
Achat de la Ville, inv. 2015.5.1
Service à thé
Wilhelm Wagenfeld, vers 1935
Jenaer Glaswerke Schott & Genossen
Verre borosilicate transparent
Achat de la Ville, inv. 2015.5.2.1 à 15
Service empilable Kubus
Wilhelm Wangenfeld, 1938
Vereinigte Lausitzer Glaswerke
Verre moulé
Achat de le Ville, inv. 2015.5.3.1 à 10
Coupe Joséphine
Ettore Sottsass, 1994
Manufacture nationale de Sèvres, Venini
Porcelaine, verre
Don d’un collectionneur privé, inv. 2015.6.1
2015
2015.1.1 AiguiŘre 2015.1.2 oƀte
de peintre
miniaturiste
2015.1.3 Assiette
à dessert
2015.1.4 Assiette
à dessert
2015.1.5 Assiette
à dessert
2015.1.6 Assiette
à dessert
2015.1.7 Assiette
à dessert
2015.2.1 Tale à (eu6 2015.3.1 Co""ret à thé
2015.3.2 Vue
du petit salon
de . eorges uestier
2015.4.1 ouilloire 2015.5.1 oule à thé 2015.5.2.1 ThéiŘre 2015.5.2.1 à 15 Service à thé
2015.5.3.1 à 10
nsemle de
récipientsAnnexes — Acquisitions et dons depuis 2013 293 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 292
2016
Service de table Résonance (ensemble de 52 pièces)
François Bauchet, 2001
Manufacture Haviland, Limoges
Porcelaine
Don Haviland, inv. 2016.2.1.1 à 52
Saupoudreuse
Maître orfèvre bordelais Guillaume Ducoing,
vers 1935
Argent
Don des Amis de l’hôtel de Lalande, inv. 2016.3.1
Grand vase monté
Manufacture de Jules Vieillard & Cie, vers 1880
Faïence fine à émaux en relief, bronze doré et bois
noirci façon ébène
Achat de la Ville avec participation d’un mécène
bordelais, inv. 2016.4.1
Canapé Ploum
Ronan et Erwan Bouroullec, 2012
Edition Ligne Roset
Textile, mousse
Don de la Société Ligne Roset, inv. 2016.5.1
Vase
Céramique d’Art de Bordeaux à Caudéran, première
moitié du XX siècle
Céramique de grand feu
Don de François Guillemeteaud, inv. 2016.6.1
Vase
Céramique d’Art de Bordeaux à Caudéran, première
moitié du XX siècle
Céramique de grand feu
Première moitié du XX siècle
Don de François Guillemeteaud, inv. 2016.6.2
Vase
Céramique d’Art de Bordeaux à Caudéran, première
moitié du XX siècle
Céramique de grand feu
Première moitié du XX siècle
Don de François Guillemeteaud, inv. 2016.6.3
Ensemble de six tasses à thé, modèle « Air
France »
Raymond Loewy, 1976
Manufacture Raynaud à Limoges
Porcelaine
Don de François Guillemeteaud, inv. 2016.6.4 à 9
Sponge vase
Marcel Wanders, 1997
Edition MOOOI
Biscuit de porcelaine
Don de l’éditeur, inv. 2016.7.1
Egg vase
Marcel Wanders, 1998
Edition MOOOI
Biscuit de porcelaine
Don de l’éditeur, inv. 2016.7.2
Miroir Permutation
Felipe Ribon
Verre Narima Schott ®, miroir, pierre Serena
2015
Achat de la Ville, inv. 2016.8.1
Service « Color porcelain » (ensemble de 37 pièces)
Stefan Scholten et Carole Baijings, 2013
Arita, Japon
Biscuit de porcelaine
Achat de la Ville, inv. 2016.8.1 à 37
Chandeliers Flames
Chris Kabel, 2003
Edition Droog Design
Acier, cuivre, aluminium, plastic, caoutchouc
Achat de la Ville, inv. 2016.10.1 et 2
Théière Tea for One
Richard Hutten, 2013
Droog Design éditeur
Achat de la Ville, inv. 2016.10.3
Théière Handle with care
Richard Hutten, 2013
Droog Design éditeur
Achat de la Ville, inv. 2016.10.4
Nappe Table skin
Jennifer de Jonge et Koos Kalff (Dejongekalff), 2013
Droog Design éditeur
Textile stretch
Achat de la Ville, inv. 2016.10.5
Nappe Embroided Tablecloth
Hella Jongerius, 1999
Edition Jongeriuslab
Serie limitée à 10 exemplaires par couleur
Lin, coton, porcelaine, fil gris
Achat de la Ville Inv. 2016.11.1
Black Money Vase
Chris Kabel, 2006
Porcelaine teintée dans la masse
Achat de la Ville, inv. 2016.11.2
Vase Transparent cakes
RADI DESIGNERS, 2005
Edition limitée Tools Galerie (30 exemplaires)
Verre soufflé
Achat de la Ville, inv. 2016.11.3
Vase Dalle, collection « Playtime »
Pierre Charpin, 2005
Edition galerie Kreo en production avec le CIRVA
(Edition limitée à 3 exemplaires + 2 prototypes)
Verre
Achat de la Ville, inv. 2016.12.1
Théière High Teapot
Studio Wieki Somers, 2003
Biscuit de porcelaine, fourrure de raton laveur, acier
et cuir
Achat de la Ville, inv. 2016.12.2
Lampe, collection « Brights Rays »
Fabien Capello, 2015
Verre, métal
Achat de la Ville, inv. 2016.13.1
Théière Tea for Two
Richard Hutten pour le Studio Droog, 2013
Droog Design éditeur
Porcelaine
Don Boris Hutten, inv. 2016.14.1
2016.7.2 "gg vase" 2016.B.1 "Permutation" 2016.9.1 Plat creu6 2016.9.1 à 37 Service "Colour porcelain" 2016.10.1 " lames"
2016.10.2 " lames" 2016.10.3 "Tea "or ne" 2016.10.4 " andle 5ith care" 2016.10.5 "Tale s)in" 2016.11.1 "mroided Talecloth"
2016.11.2 "lac)
one7 Vase"
2016.11.3 "Transparent
ca)es" 2016.12.1 "alle"
2016.12.2 " igh
Teapot" 2016.13.1 ampe
2016.7.2 "gg vase" 2016.B.1 "Permutation" 2016.9.1 Plat creu6 2016.9.1 à 37 Service "Colour porcelain" 2016.10.1 " lames"
2016.10.2 " lames" 2016.10.3 "Tea "or ne" 2016.10.4 " andle 5ith care" 2016.10.5 "Tale s)in" 2016.11.1 "mroided Talecloth"
2016.11.2 "lac)
one7 Vase"
2016.11.3 "Transparent
ca)es" 2016.12.1 "alle"
2016.12.2 " igh
Teapot" 2016.13.1 ampe
2016.7.2 "gg vase" 2016.B.1 "Permutation" 2016.9.1 Plat creu6 2016.9.1 à 37 Service "Colour porcelain" 2016.10.1 " lames"
2016.10.2 " lames" 2016.10.3 "Tea "or ne" 2016.10.4 " andle 5ith care" 2016.10.5 "Tale s)in" 2016.11.1 "mroided Talecloth"
2016.11.2 "lac)
one7 Vase"
2016.11.3 "Transparent
ca)es" 2016.12.1 "alle"
2016.12.2 " igh
Teapot" 2016.13.1 ampe
"gg vase" 2016.B.1 "Permutation" 2016.9.1 Plat creu6 2016.9.1 à 37 Service "Colour porcelain" 2016.10.1 " lames"
2 " lames" 2016.10.3 "Tea "or ne" 2016.10.4 " andle 5ith care" 2016.10.5 "Tale s)in" 2016.11.1 "mroided Talecloth"
"lac)
Vase"
2016.11.3 "Transparent
ca)es" 2016.12.1 "alle"
2016.12.2 " igh
Teapot" 2016.13.1 ampe
2016.7.2 "gg vase" 2016.B.1 "Permutation" 2016.9.1 Plat creu6 2016.9.1 à 37 Service "Colour porcelain" 2016.10.1 " lames"
2016.10.2 " lames" 2016.10.3 "Tea "or ne" 2016.10.4 " andle 5ith care" 2016.10.5 "Tale s)in" 2016.11.1 "mroided Talecloth"
2016.11.2 "lac)
one7 Vase"
2016.11.3 "Transparent
ca)es" 2016.12.1 "alle"
2016.12.2 " igh
Teapot" 2016.13.1 ampe
2016.14.1 "Tea "or
T5o"
2016.7.2 "gg vase" 2016.B.1 "Permutation" 2016.9.1 Plat creu6 2016.9.1 à 37 Service "Colour porcelain" 2016.10.1 " lames"
2016.10.2 " lames" 2016.10.3 "Tea "or ne" 2016.10.4 " andle 5ith care" 2016.10.5 "Tale s)in" 2016.11.1 "mroided Talecloth"
2016.11.2 "lac)
one7 Vase"
2016.11.3 "Transparent
ca)es" 2016.12.1 "alle"
2016.12.2 " igh
Teapot" 2016.13.1 ampe
2016.14.1 "Tea "or
T5o"
2016.7.2 "gg vase" 2016.B.1 "Permutation" 2016.9.1 Plat creu6 2016.9.1 à 37 Service "Colour porcelain" 2016.10.1 " lames"
2016.10.2 " lames" 2016.10.3 "Tea "or ne" 2016.10.4 " andle 5ith care" 2016.10.5 "Tale s)in" 2016.11.1 "mroided Talecloth"
2016.11.2 "lac)
one7 Vase"
2016.11.3 "Transparent
ca)es" 2016.12.1 "alle"
2016.12.2 " igh
Teapot" 2016.13.1 ampe
2016.14.1 "Tea "or
T5o"
2016.7.2 "gg vase" 2016.B.1 "Permutation" 2016.9.1 Plat creu6 2016.9.1 à 37 Service "Colour porcelain" 2016.10.1 " lames"
2016.10.2 " lames" 2016.10.3 "Tea "or ne" 2016.10.4 " andle 5ith care" 2016.10.5 "Tale s)in" 2016.11.1 "mroided Talecloth"
2016.11.2 "lac)
one7 Vase"
2016.11.3 "Transparent
ca)es" 2016.12.1 "alle"
2016.12.2 " igh
Teapot" 2016.13.1 ampe
2016.14.1 "Tea "or
T5o"
2016.1.1 "Joséphine" 2016.2.1 Assiette de présentation 2016.2.2 Assiette de présentation 2016.2.3 Assiette plate 2016.2.9 Assiette creuse
2016.2.15 Assiette à
dessert
2016.2.21 Assiette à
pain
2016.2.27 Assiette de
présentation
2016.2.29 Assiette à
dessert
2016.2.35 Assiette
plate à
accessoires
2016.2.41 Coupelle 2016.2.47 Coupelle coquetier 2016.3.1 Saupoudreuse 2016.4.1.1 Vase 2016.5.1 "Ploum"
2016.6.1 Vase 2016.6.2 Vase 2016.6.3 Vase 2016.6.4 Tasse à thé 2016.7.1 "Sponge vase"
2016.1.1 "Joséphine" 2016.2.1 Assiette de présentation 2016.2.2 Assiette de présentation 2016.2.3 Assiette plate 2016.2.9 Assiette creuse
2016.2.15 Assiette à
dessert
2016.2.21 Assiette à
pain
2016.2.27 Assiette de
présentation
2016.2.29 Assiette à
dessert
2016.2.35 Assiette
plate à
accessoires
2016.2.41 Coupelle 2016.2.47 Coupelle coquetier 2016.3.1 Saupoudreuse 2016.4.1.1 Vase 2016.5.1 "Ploum"
2016.6.1 Vase 2016.6.2 Vase 2016.6.3 Vase 2016.6.4 Tasse à thé 2016.7.1 "Sponge vase"
2016.1.1 "Joséphine" 2016.2.1 Assiette de présentation 2016.2.2 Assiette de présentation 2016.2.3 Assiette plate 2016.2.9 Assiette creuse
2016.2.15 Assiette à
dessert
2016.2.21 Assiette à
pain
2016.2.27 Assiette de
présentation
2016.2.29 Assiette à
dessert
2016.2.35 Assiette
plate à
accessoires
2016.2.41 Coupelle 2016.2.47 Coupelle coquetier 2016.3.1 Saupoudreuse 2016.4.1.1 Vase 2016.5.1 "Ploum"
2016.6.1 Vase 2016.6.2 Vase 2016.6.3 Vase 2016.6.4 Tasse à thé 2016.7.1 "Sponge vase"
2016.1.1 "Joséphine" 2016.2.1 Assiette de présentation 2016.2.2 Assiette de présentation 2016.2.3 Assiette plate 2016.2.9 Assiette creuse
2016.2.15 Assiette à
dessert
2016.2.21 Assiette à
pain
2016.2.27 Assiette de
présentation
2016.2.29 Assiette à
dessert
2016.2.35 Assiette
plate à
accessoires
2016.2.41 Coupelle 2016.2.47 Coupelle coquetier 2016.3.1 Saupoudreuse 2016.4.1.1 Vase 2016.5.1 "Ploum"
2016.6.1 Vase 2016.6.2 Vase 2016.6.3 Vase 2016.6.4 Tasse à thé 2016.7.1 "Sponge vase"
2016.1.1 "Joséphine" 2016.2.1 Assiette de présentation 2016.2.2 Assiette de présentation 2016.2.3 Assiette plate 2016.2.9 Assiette creuse
2016.2.15 Assiette à
dessert
2016.2.21 Assiette à
pain
2016.2.27 Assiette de
présentation
2016.2.29 Assiette à
dessert
2016.2.35 Assiette
plate à
accessoires
2016.2.41 Coupelle 2016.2.47 Coupelle coquetier 2016.3.1 Saupoudreuse 2016.4.1.1 Vase 2016.5.1 "Ploum"
2016.6.1 Vase 2016.6.2 Vase 2016.6.3 Vase 2016.6.4 Tasse à thé 2016.7.1 "Sponge vase"
2016.1.1 "Joséphine" 2016.2.1 Assiette de présentation 2016.2.2 Assiette de présentation 2016.2.3 Assiette plate 2016.2.9 Assiette creuse
2016.2.15 Assiette à
dessert
2016.2.21 Assiette à
pain
2016.2.27 Assiette de
présentation
2016.2.29 Assiette à
dessert
2016.2.35 Assiette
plate à
accessoires
2016.2.41 Coupelle 2016.2.47 Coupelle coquetier 2016.3.1 Saupoudreuse 2016.4.1.1 Vase 2016.5.1 "Ploum"
2016.6.1 Vase 2016.6.2 Vase 2016.6.3 Vase 2016.6.4 Tasse à thé 2016.7.1 "Sponge vase"
2016.1.1 "Joséphine" 2016.2.1 Assiette de présentation 2016.2.2 Assiette de présentation 2016.2.3 Assiette plate 2016.2.9 Assiette creuse
2016.2.15 Assiette à
dessert
2016.2.21 Assiette à
pain
2016.2.27 Assiette de
présentation
2016.2.29 Assiette à
dessert
2016.2.35 Assiette
plate à
accessoires
2016.2.41 Coupelle 2016.2.47 Coupelle coquetier 2016.3.1 Saupoudreuse 2016.4.1.1 Vase 2016.5.1 "Ploum"
2016.6.1 Vase 2016.6.2 Vase 2016.6.3 Vase 2016.6.4 Tasse à thé 2016.7.1 "Sponge vase"
2016.1.1 "Joséphine" 2016.2.1 Assiette de présentation 2016.2.2 Assiette de présentation 2016.2.3 Assiette plate 2016.2.9 Assiette creuse
2016.2.15 Assiette à
dessert
2016.2.21 Assiette à
pain
2016.2.27 Assiette de
présentation
2016.2.29 Assiette à
dessert
2016.2.35 Assiette
plate à
accessoires
2016.2.41 Coupelle 2016.2.47 Coupelle coquetier 2016.3.1 Saupoudreuse 2016.4.1.1 Vase 2016.5.1 "Ploum"
2016.6.1 Vase 2016.6.2 Vase 2016.6.3 Vase 2016.6.4 Tasse à thé 2016.7.1 "Sponge vase"Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 295 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 294
2017.1.1 Portrait de
Madame de Parouty 2017.2.1 "Componibili"
2017.3.1 à 21 Service
"Aïo" 2017.4.1 Compotier
2017.5.1 Service à
dessert "Stations du
chemin de croix"
2017.6.1 Chenet 2017.7.1 Dessin d'exécution 2017.7.2 Dessin d'exécution 2017.7.3 Dessin d'exécution 2017.7.4 Dessin d'exécution
2017.7.5 Dessin
d'exécution
2017.7.6 Dessin
d'exécution
2017.7.7 Dessin
d'exécution
2017.7.8 Dessin
d'exécution
2017.7.9 Dessin
d'exécution
2017.7.10 Dessin
d'exécution
2017.7.11 Dessin
d'exécution
2017.7.12 Dessin
d'exécution 2017.8.1 Couvercle 2017.9.1 Plat
2017.9.2 Plat 2017.9.3 Vase rouleau 2017.9.4 Vase rouleau 2017.10.1 Bol 2017.11.1 Bouteille
2017.12.1 Broc 2017.12.2.1 Verre 2017.12.3 Carafe 2017.12.4 Carafe 2017.12.5 Verre
2017
Portrait de Madame Jacques-Jean-Louis
de Parouty
Jean-Baptiste Perronneau, 1767
Pastel sur papier dans son cadre en bois doré d’origine
Don de Monsieur Olivier Droin, inv. 2017.1.1
Componibili
Anna Castelli Ferrieri, 1969
Edition Kartell, 2017
ABS coloré dans la masse
Don Docks Design Kartell Bordeaux, inv. 2017.2.1
Service « Aïo » (22 pièces)
Ronan et Erwan Bouroullec, 2000
Edition Habitat
Porcelaine
Don Habitat, inv. 2017.3.1 à 21
Compotier présentant des échantillons de
décors imprimés de couleurs différentes pour
Manufacture de David Johnston, Bordeaux,
1834-1845
Faïence fine
Don de Monsieur Bertrand Faure, inv. 2017.4.1
Assiettes à dessert (12 pièces), série « Stations du
chemin de croix »
Manufacture J. Vieillard & Cie, Bordeaux, vers 1870
Faïence fine
Don d’Hélène et François Macé de Lépinay.
Inv. 2017.5.1 à 12
Paires de chenets
Vers 1750
Bronze doré
Don des Amis du musée des Arts décoratifs et du
Design, inv. 2017.6.1
Dessins préparatoires (12 pièces) pour la série
des assiettes à décor « souris »
Eugène Millet pour la manufacture J. Vieillard & Cie à
Bordeaux, vers 1880
Crayon, encre, aquarelle et gouache sur papier
Don de Monsieur Julien de Beaumarchais, inv. 2017.7.1
à 12
Couvercle d’une boîte à épices
Samadet, manufacture non identifiée, 1770-1780
Faïence stannifère à décor de grand feu
Don de Madame Marie-Christine Sentex-Moitry,
inv. 2017.8.1
Grand plat rond au portrait de la Joconde
Manufacture de Jules Vieillard & Cie à Bordeaux, 1845
– 1895
Faïence fine
Don des Amis du musée des Arts décoratifs et du
Design, inv. 2017.9.1
Plat rond à décor japonisant
Amédée de Caranza, Manufacture de Jules Vieillard &
Cie à Bordeaux, 1845 – 1895
Faïence fine avec émaux en relief
Don des Amis du musée des Arts décoratifs et du
Design, inv. 2017.9.2
Vases rouleau (2 pièces)
Manufacture de Jules Vieillard & Cie, Bordeaux, 1845
– 1895
Faïence fine
Don des Amis du musée des Arts décoratifs et du
Design, inv. 2017.9.3 et 2017.9.4
Petite jatte
Manufacture des Verneuilh à Bordeaux, 1787-1791
Porcelaine
Achat de la Ville, inv. 2017.10.1
Bouteille Ricard
Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti, 1997
Porcelaine émaillée jaune, sérigraphie bleue
Don des Amis du musée des Arts décoratifs et du
Design, inv. 2017.11.1
Broc « Plein air » Ricard
Robert Stadler, 2007
Plastique jaune et blanc
Don de la Société Ricard, inv. 2017.12.1
Série de huit verres Ricard
Mathieu Lehanneur, 2013
Verre
Don de la Société Ricard, inv. 2017.12.2.1 à 8
Carafes Ricard (2 pièces)
Mathieu Lehanneur, 2013 et 2017
Verre
Don de la Société Ricard, inv. 2017.12.3 et 2017.12.4
Verre Ricard
Olivier Gagnère, 1995 et logo 2017
Verre
Don de la Société Ricard, inv. 2017.12.5Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 297 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 296
2017.12.1 Broc 2017.12.2.1 Verre 2017.12.3 Carafe 2017.12.4 Carafe 2017.12.5 Verre
2017.13.1 Bureau 2017.14.1 Lampe 2017.14.2 Vase 2017.14.3 Vase 2017.14.4 Vase
2017.14.8 Vase 2017.14.9 Gobelet 2017.14.10 Gobelet 2017.15.1 Planche de modèles
2017.16.1 Portrait
d'Alexandre
de Bethmann et
de sa famille
Bureau Diapositive
Ronan et Erwan Bouroullec, édité par Glas Italia,
2014
Cristal orange et gris clair, frêne clair
Don de la société Glas Italia, inv. 2017.13.1
Lampe Olo
Jean-Baptiste Fastrez pour Edition Moustache, 2016
Céramique rouge
Achat de la Ville, inv. 2017.14.1
Vases Scarabée vert et rouge (2 pièces)
Jean-Baptiste Fastrez pour Edition Moustache, 2014
et 2017
Céramique émaillée et PMMA
Achat de la Ville, inv. 2017.14.2 et 2017.14.3
Vases Ruutu (4 pièces)
Ronan et Erwan Bouroullec, édition Iitala, 2014
Verre soufflé et teinté dans la masse
Achat de la Ville, inv. 2017.14.4 à 2017.14.7
Hidden vase
Chris KABEL pour Edition Valerie Objects, 2011
Céramique, verre coloré et métal
Achat de la Ville, inv. 2017.14.8
Gobelets Erosion (2 pièces)
Studio Floris Wubben, 2015-2016
Porcelaine taillée à l’aide d’un brûleur à gaz et
patinée
Achat de la Ville, inv. 2017.14.9 et 2017.14.10
Portrait d'Alexandre de Bethmann et sa famille
Pierre-Edouard Dagoty, vers 1840
Pastel sur papier
Don Famille de Luze, inv. 2017.16.1
2017Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 299 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 298
2018.1.1 Fixé-sous-verre
2018.2.1 Projet pour le
plafond de la salle
d'armes de la maison
des frères Bonie
2018.2.2 Projet pour
une fontaine
d'intérieur rocaille
2018.2.3 Projet de
broderie de fleurs pour
les bordures d'un gilet
2018.2.4 Projet de
broderie de fleurs pour
les bordures d'un gilet
2018.3.1 Verre 2018.4.1 iMac G3 2018.5.1 "Coupe de Rivoli" 2018.5.2.1 Tasse 2018.5.2.2 Soucoupe
2018.6.1 "Standing
Lamp n°1" 2018.6.2 Carafe 2018.6.3 Seau à glace 2018.7.1 Coupe 2018.8.1 Lithographie
2018.8.2 Lithographie 2018.8.3 Lithographie 2018.8.4 Lithographie 2018.9.1 "Virgin" 2018.9.2 Lampadaire
2018.9.3 Vase 2018.9.4 "Living room/Flower table" 2018.10.1 Verseuse 2018.11.1 Vue du grand
salon de M. Georges
Guestier
2018.12.1 Tissu imprimé
2018.1.1 Fixé-sous-verre
2018.2.1 Projet pour le
plafond de la salle
d'armes de la maison
des frères Bonie
2018.2.2 Projet pour
une fontaine
d'intérieur rocaille
2018.2.3 Projet de
broderie de fleurs pour
les bordures d'un gilet
2018.2.4 Projet de
broderie de fleurs pour
les bordures d'un gilet
2018.3.1 Verre 2018.4.1 iMac G3 2018.5.1 "Coupe de Rivoli" 2018.5.2.1 Tasse 2018.5.2.2 Soucoupe
2018.6.1 "Standing
Lamp n°1" 2018.6.2 Carafe 2018.6.3 Seau à glace 2018.7.1 Coupe 2018.8.1 Lithographie
2018.8.2 Lithographie 2018.8.3 Lithographie 2018.8.4 Lithographie 2018.9.1 "Virgin" 2018.9.2 Lampadaire
2018.9.3 Vase 2018.9.4 "Living room/Flower table" 2018.10.1 Verseuse 2018.11.1 Vue du grand
salon de M. Georges
Guestier
2018.12.1 Tissu imprimé
2018.13.1 Lunette
terrestre 2018.14.1 Carafe 2018.14.2 Vase 2018.15.1 "Opus"
2018
Fixé sous verre
René Buthaud, vers 1935
Verre, peinture à l’huile, feuilles d’or et de palladium
Don de Monsieur Daniel Thierry, inv. 2018.1.1
Projet pour le plafond de la salle d’armes de la
maison des frères Bonie
Augier et Millet, Bordeaux, 1892
Encre et gouache rehaussée d’or sur papier
Achat de la Ville, inv. 2018.2.1
Projet pour une fontaine d’intérieur rocaille
Dessinateur anonyme, Second tiers du XVIII siècle
Encre brune et lavis gris sur papier
Achat de la Ville, inv. 2018.2.2
Projet de broderie de fleurs pour les bordures
d’un gilet d’époque Louis XVI
N° 6, cachet de manufacture illisible, Seconde moitié
du XVIII siècle
Gouache sur papier
Achat de la Ville, inv. 2018.2.3
Projet de broderie de fleurs pour les bordures
d’un gilet d’époque Louis XVI
N° 22, cachet de manufacture illisible, moitié du
XVIII siècle
Gouache sur papier
Achat de la Ville, inv. 2018.2.4
Verres « Smoke » (4 pièces)
Joe Colombo, 1964
Verre
Achat de la Ville, inv. 2018.3.1 à 2018.3.4
Ordinateur Apple iMac G3
1998
Plastique, écran cathodique
Don Constance Rubini, inv. 2018.4.1
Coupe de Rivoli
Jules-Pierre-Michel Dieterle, Antoine Léon Brunel,
manufacture nationale de Céramique de Sèvres, 1866
Porcelaine peinte et dorée
Don de Monsieur Patrick de Chérade comte de
Montbron, inv. 2018.5.1
Tasse et soucoupe « Gothique » (2 pièces)
Pierre Richard pour la manufacture nationale de
Céramique de Sèvres, 1820 et 1824
Porcelaine peinte en bleu et dorée
Don de Monsieur Patrick de Chérade comte de
Montbron, inv. 2018.5.2.1 et 2018.5.2.2
Standing Lamp n°1
Fien Muller et Hannes van Severen, Editeur Serax,
label valérie objects
Acier laqué
Achat de la Ville, inv. 2018.6.1
Carafe
Masimo Vignelli pour Venini et Christofle,
Verre rainuré et teinté vert, métal argenté
Achat de la Ville. Inv. 2018.6.2
Seau à glace
Masimo Vignelli pour Venini et Christofle
Verre rainuré et teinté violet, métal argenté
Achat de la Ville. Inv. 2018.6.3
Coupe
Marguerite de Saint-Germain, Vers 1930
Céramique de grand feu
Don des Amis du musée des Arts décoratifs et du
Design de Bordeaux, inv. 2018.7.1
Lignes en mouvement (4 pièces)
Pierre Charpin, 2009
Lithographie sur papier
Don de l’artiste, inv. 2018.8.1 à 2018.8.4
Paravent Virgin
Dan Friedman, Editions Néotù, 1987
Médium laqué, boule en métal chromé
Achat de la Ville, inv. 2018.9.1
Lampadaire Soudain le sol trembla
Philippe Starck, Editions Drimmer, 1981
Bois tourné, caoutchouc, laiton gravé
Achat de la Ville, inv. 2018.9.2
Vase Walter (still life)
Daniel Weil, Editions Anthologie Quartett, 1984
Bois et métal laqué, verre
Achat de la Ville, inv. 2018.9.3
Table Living room/Flower table
Daniel Weil et Gérard Taylor, Editions Anthologie
Quartett, 1988
Bois et métal laqué, verre
Achat de la Ville, inv. 2018.9.4
Verseuse égoïste
Jean-François Jouet le cadet, orfèvre à Bordeaux, 1771-1772
Argent et bois noirci
Achat de la Ville, inv. 2018.10.1
Vue du grand salon de l’hôtel de Poissac
appartenant à Georges Guestier
Félix Carme, 1934
Aquarelle et rehauts de gouache sur papier
Don des Amis du musée des Arts décoratifs et du
Design de Bordeaux, inv. 2018.11.1
Indienne à décor dit « à la corne fleurie »
Manufacture de Jean-Pierre Meillier à Beautiran,
entre 1797 et 1832
Toile de coton imprimée polychrome, doublée et
surpiquée
Don de Madame Jeanne Lalouès, inv. 2018.12.1
Lunette astronomique ou terrestre
France, 1720-1730
Carton, bois, verre, chagrin et vélin
Don des Amis du musée des Arts décoratifs et du
Design de Bordeaux, inv. 2018.13.1
Carafe
Timo Sarpavena pour Venini, 1989
Verre soufflé
Don des Amis du madd – Cercle du madd, inv. 2018.14.1
Vase Kneeling woman
Efrat Eyal, Collection « A greek tragedy, second series »,
2013
Céramique, décor à la barbotine, impression sur émail
Don des Amis du madd – Cercle du madd, inv. 2018.14.2
Etagère Opus
Martin Szekely, Edition MSZ, fabrication
Euro-Shelter, 2016
Aluminium anodisé, nid d’abeilles
Don édition MSZ, inv. 2018.15.1Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 301 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 300
2019.1.1 Table de
toilette
2019.2.1 Portrait de la
duchesse de Berry en
veuve et de sa fille
Louise
2019.3.1 Verre 2744 2019.3.10 Verre 1725 2019.3.16 Verre 1153
2019.3.21 Vase 1405 2019.3.22 Vase 3400 2019.4.1 Verre 1125 2019.4.2 Verre 1125 2019.5.1 Bouteille
2019.5.2 Bouteille 2019.6.1 Coupe 2019.7.1 "Astor" 2019.7.2 "Nikko" 2019.7.3 "Kyoto"
2019.7.4 "Arizona" 2019.7.5 "Riviera" 2019.7.6 "Riviera" 2019.7.7 "Anchorage" 2019.7.8 "Cavalieri"
2019.7.9 "Suvretta" 2019.7.10 "Park" 2019.7.11 "Park Lane" 2019.7.12 "King's" 2019.7.13 "Diva"
2019.1.1 Table de
toilette
2019.2.1 Portrait de la
duchesse de Berry en
veuve et de sa fille
Louise
2019.3.1 Verre 2744 2019.3.10 Verre 1725 2019.3.16 Verre 1153
2019.3.21 Vase 1405 2019.3.22 Vase 3400 2019.4.1 Verre 1125 2019.4.2 Verre 1125 2019.5.1 Bouteille
2019.5.2 Bouteille 2019.6.1 Coupe 2019.7.1 "Astor" 2019.7.2 "Nikko" 2019.7.3 "Kyoto"
2019.7.4 "Arizona" 2019.7.5 "Riviera" 2019.7.6 "Riviera" 2019.7.7 "Anchorage" 2019.7.8 "Cavalieri"
2019.7.9 "Suvretta" 2019.7.10 "Park" 2019.7.11 "Park Lane" 2019.7.12 "King's" 2019.7.13 "Diva"
2019.7.14 "Ananke" 2019.7.15 "Colorado" 2019.7.16.1 "Manitoba"
2019
Table de toilette d’homme
Jean-François Leleu, Dernier tiers du XVIII siècle
(après 1764)
Acajou (en placage et massif), chêne, bronze doré, cuir
Dons des Amis du madd-bordeaux, inv. 2019.1.1
Portrait de la duchesse de Berry et de sa fille
François-Joseph Kinson, vers 1821
Huile sur toile sur châssis d’origine, cadre en bois doré
Dons des Amis du madd-bordeaux, inv. 2019.2.1
Verres 2744 (9 pièces)
Kaj Franck, 1953-1967
Edition Nuutäjarvi
Verre
Achat de la Ville, inv. 2019.3.1 à 9
Verres 1725 (6 pièces)
Kaj Franck, 1958-1967
Edition Nuutäjarvi
Verre
Achat de la Ville, inv. 2019.3.10 à 15
Verres 1153 (5 pièces)
Kaj Franck, 1958-1967
Edition Nuutäjarvi
Verre
Achat de la Ville, inv. 2019.3.16 à 20
Vase 1405
Kaj Franck, 1954-1967
Edition Nuutäjarvi
Verre
Achat de la Ville, inv. 2019.3.21
Vase 3400
Kaj Franck, 1956-1961
Edition Nuutäjarvi
Verre
Achat de la Ville, inv. 2019.3.22
Verres 1125
Saara Hopea, 1953
Edition Nuutäjarvi
Verre
Achat de la Ville, inv. 2019.4.1 et 2
Bouteilles Lintupullo
Timo Sarpaneva, 1956
Edition littala
Verre
Achat de la Ville, inv. 2019.5.1 et 2
Coupe Eating from the floor
Efrat Eyal, 2013
Céramique
Don de l’artiste, inv. 2019.6.1
Lampe de table Astor
Thomas Bley, 1982
Edition Memphis Milano, 2018
Bois laqué, plastique stratifié
Achat de la Ville, inv. 2019.7.1
Cabinet Nikko
Shiro Kuramata, 1982
Edition Memphis Milano, 2018
Bois peint, métal peint
Achat de la Ville, inv. 2019.7.2
Table Kyoto
Shiro Kuramata, 1983
Edition Memphis Milano, 2018
Pied et plateau en Star Piece, axe en tube d’acier chromé
Achat de la Ville, inv. 2019.7.3
Tapis Arizona
Nathalie Du Pasquier, 1983
Edition Memphis Milano, 2018
Laine
Achat de la Ville, inv. 2019.7.4
Chaises Riviera
Michele De Lucchi, 1981
Edition Memphis Milano, 2018
Plastique laminé avec coussins recouverts de coton
chintz rose
Achat de la Ville, inv. 2019.7.5 et 6
Théière Anchorage
Peter Shire, 1982
Edition Memphis Milano, 2018
Métal argenté, bois laqué
Achat de la Ville, inv. 2019.7.7
Lampadaire Cavalieri
Ettore Sottsass, 1981
Edition Memphis Milano, 2018
Métal peint, plastique laminé
Achat de la Ville, inv. 2019.7.8
Bibliothèque Suvretta
Ettore Sottsass, 1981
Edition Memphis Milano, 2018
Bois, plastique laminé
Achat de la Ville, inv. 2019.7.9
Table Park
Ettore Sottsass, 1983
Edition Memphis Milano, 2018
Marbre, métal et verre
Achat de la Ville, inv. 2019.7.10
Table Park Lane
Ettore Sottsass, 1983
Edition Memphis Milano, 2018
Marbre, bois laqué, résine
Achat de la Ville, inv. 2019.7.11
Lampadaire King’s
Ettore Sottsass, 1983
Edition Memphis Milano, 2018
Métal peint, verre
Achat de la Ville, inv. 2019.7.12
Miroir Diva
Ettore Sottsass, 1984
Edition Memphis Milano, 2018
Miroir, bois, plastique laminé
Achat de la Ville, inv. 2019.7.13
Vase Ananke
Ettore Sottsass, 1986
Edition Memphis Milano, 2018
Métal argenté, bois laqué
Achat de la Ville, inv. 2019.7.13
Théière Colorado
Marco Zanini, 1983
Edition Memphis Milano, 2018
Céramique
Achat de la Ville, inv. 2019.7.14
Manitoba, Ontario, Erie, Superior, Michigan
(ensemble de quatre pièces de table sur plateau)
Matteo Thun, 1982
Edition Memphis Milano, 2018
Céramique
Achat de la Ville, inv. 2019.7.16.1 à 5
Broc et compotierAnnexes — Acquisitions et dons depuis 2013 303 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 302
2020.1.1 Chouchin 1 2020.1.2 Chouchin 2 2020.1.3 Chouchin 3 2020.2.1 Tabouret 2020.3.1 Vase
2020.4.1 Compotier 2020.4.2 Broc 2020.5.1 Coupe à fruits 2020.6.1 Radio 2020.6.2 Coupe
2020.7.1 Tabouret 2020.8.1 Lampe console 2020.8.2 Assiette 2020.9.10 Assiette à dessert 2020.9.22 Plat à tarte
2020.9.24.1 Tasse 2020.9.36.1 Tasse à thé 2020.9.42.1 Tasse à café 2020.9.51 Verseuse 2020.9.52 Verseuse
2020.9.53 Sucrier
couvert 2020.9.54 Crémier
2020.10.1 Oeuvre à
protocole 2020.11.1 Canapé 2020.11.2 Chaise
2020.11.3 Table à thé 2020.11.4 Gobelet 2020.11.5 Tasse à vin 2020.11.6 Pipette de cave 2020.11.7 Pince à sucre
2020
Suspensions Chouchin
Ionna Vautrin, 2011
Edition Foscarini
Verre
Don de l’éditeur, inv. 2020.1.1 à 3
Tabouret Parpaing
Martin Szekely, 2002
Liège haute densité, contreplaqué de bouleau
Don du designer, inv. 2020.2.1
Vase
Dynastie Qing, règne de l’empereur Tongzhi (1861 –
1875), Chine
Porcelaine
Don de Mme Joëlle Chelle, inv. 2020.3.1
Broc et compotier
Manufacture des Terres de Bordes (Bordeaux), 1787 -
1790
Porcelaine
Dons des Amis du madd-bordeaux, inv. 2020.4.1 et 2
Coupe à fruits Claire
Daniel Weil, 1984
Edition Anthologie Quartett
Métal laqué
Achat de la Ville, inv. 2020.5.1
Radio in a bag
Daniel Weil, 1983
Plastique, composants électroniques
Don des Amis du madd-bordeaux, inv. 2020.6.1
Coupe Klingsor Atlantide
Marcello Panza, 1987
Edition Anthologie Quartett
Céramique
Don des Amis du madd-bordeaux, inv. 2020.6.2
Tabouret Duplex
Javier Mariscal, 1983
Edition BD Barcelona
Métal laqué
Don des Amis du madd-bordeaux, inv. 2020.7.1
Lampe console Lum & Par’A
Vincent Bécheau et Marie-Laure Bourgeois, 1987
Métal, résine, onduline, mousse expansée
Achat de la Ville, inv. 2020.8.1
Assiettes, collection « Saint-Laurent-des-
Hommes » (8 pièces)
Vincent Bécheau et Marie-Laure Bourgeois, 2015
Céramique
Achat de la Ville, inv. 2020.8.2 à 9
Service Victoria (70 pièces)
Oscar Tusquets, 1990
Edition Driade
Céramique
Don des Amis du madd-bordeaux, inv. 2020.9.1 à
2020.9.54
12.07
Sylvain Dubuisson, 2000
Œuvre à protocole
Don du designer, inv. 2020.10.1
Legs Robert Coustet (232 pièces)
Canapé, anonyme, XIX siècle, inv. 2020.11.1
Chaise, anonyme, début du XIX siècle, inv. 2020.112
Table à thé, Louis Majorelle, vers 1900, inv. 2020.11.3
Gobelet, Gabriel Tillet, vers 1720, inv. 2020.11.4
Tasse à vin, Jean Pitre, XVIII siècle, inv. 2020.11.5
Pipette de cave, anonyme, vers 1781, inv. 2020.11.6
Pince à sucre, Louis Ducoing, 3 quart du XVIII siècle,
inv. 2020.11.7Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 305 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 304
2020.11.3 Table à thé 2020.11.4 Gobelet 2020.11.5 Tasse à vin 2020.11.6 Pipette de cave 2020.11.7 Pince à sucre
2020.11.8 Timbale 2020.11.9 Corbeille 2020.11.10 Cuiller saupoudreuse 2020.11.11 Truelle de fondation 2020.11.12 Truelle de fondation
2020.11.13 Truelle de
fondation
2020.11.14.1 Boîte à
poudre
2020.11.14.2 Boîte à
poudre
2020.11.15 Boîte à
allumettes 2020.11.16 Boîte
2020.11.17 Timbale 2020.11.18 Plateau 2020.11.19.1 Théière 2020.11.20 Etui à cigarettes 2020.11.21.1 Pelle
2020.11.21.2 Brosse 2020.11.22 Coupe 2020.11.23 Timbale 2020.11.24 Timbale 2020.11.25 Timbale
2020.11.26 Timbale 2020.11.27 Boîte à allumettes 2020.11.28 Pilulier 2020.11.29 Timbale 2020.11.30 Oeuf d'autruche monté
2020.11.31 Boîte 2020.11.32 Boîte 2020.11.33 Boîte 2020.11.34 Boîte 2020.11.35 Boîte
2020
Legs Robert Coustet
Timbale, anonyme, début du XVIII siècle, inv. 2020.11.8
Corbeille, anonyme, XIX siècle, inv. 2020.11.9
Cuiller saupoudreuse, anonyme, 2ème moitié du
XIX siècle, inv. 2020.11.10
Truelle de fondation, anonyme, 1884, inv. 2020.11.11
Truelle de fondation, anonyme, fin du XIX siècle,
inv. 2020.11.12
Boîtes à poudre, anonyme, XIX siècle,
inv. 2020.11.14.1 et 2
Boîte à allumettes, anonyme, XIX siècle,
inv. 2020.11.15
Boîte, anonyme, XIX siècle, inv. 2020.11.16
Timbale, anonyme, 1897, inv. 2020.11.17
Plateau, Ferdinand Ducot, 1890, inv. 2020.11.18
Service à café, anonyme, vers 1890, inv. 2020.11.19.1 à 4
Etui à cigarettes, anonyme, vers 1900,
inv. 2020.11.20
Ensemble ramasse-miettes, anonyme, vers 1900,
inv. 2020.11.21.1 et 2
Coupe, Jean-Elysée Puiforcat, vers 1930,
inv. 2020.11.22
Timbale, anonyme, fin du XIX siècle, inv. 2020.11.23
Timbale, anonyme, XX siècle, inv. 2020.11.24
Timbale, anonyme, XX siècle, inv. 2020.11.25
Timbale, anonyme, XX siècle, inv. 2020.11.26
Boîte à allumettes, anonyme, 1909, inv. 2020.11.27
Pilulier, Roland Daraspe, dernier quart du XX siècle,
inv. 2020.11.28
Timbale, Roland Daraspe, dernier quart du XX siècle,
inv. 2020.11.29
Œuf d’autruche monté, Roland Daraspe, dernier
quart du XX siècle, inv. 2020.11.30
Boîtes, anonyme, XIX siècle, inv. 2020.11.31 à 38Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 307 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 306
2020.11.31 Boîte 2020.11.32 Boîte 2020.11.33 Boîte 2020.11.34 Boîte 2020.11.35 Boîte
2020.11.36 Boîte 2020.11.37 Boîte 2020.11.38 Boîte 2020.11.39 Montre 2020.11.40 Verre d'anniversaire
2020.11.41.1 Vitrail 2020.11.42 Bol 2020.11.43 Gobelet aux iris 2020.11.44 Vase 2020.11.45 Coupe
2020.11.46 Vase 2020.11.47 Pichet 2020.11.48 Vase 2020.11.49 Vase 2020.11.50 Gobelet
2020.11.51 Verre 2020.11.52 Verre 2020.11.53 Vase 2020.11.54 Bouteille 2020.11.55 Bonbonnière
2020.11.56 Vide-poche 2020.11.57 Terrine couverte 2020.11.58 Cafetière 2020.11.59 Théière 2020.11.60 Théière
2020.11.61 Tasse
trembleuse et sa
soucoupe
2020.11.62 Tasse et sa
soucoupe
2020.11.63 Tasse et sa
soucoupe
2020.11.64 Tasse et sa
soucoupe
2020.11.65 Tasse et sa
soucoupe
2020
Legs Robert Coustet
Verre d’anniversaire, vers 1860, inv. 2020.11.40
Paire de vitraux, attribués à Amédée de Caranza,
vers 1880, inv. 2020.11.41.1 et 2
Bol, Amédée de Caranza, vers 1880, inv. 2020.11.42
Gobelet, Amédée de Caranza, vers 1880, inv. 2020.11.43
Vase, Amédée de Caranza, vers 1880, inv. 2020.11.44
Coupe, Amédée de Caranza, vers 1880, inv. 2020.11.45
Vase, Amédée de Caranza, vers 1880, inv. 2020.11.46
Pichet, Amédée de Caranza, vers 1880, inv. 2020.11.47
Vase, Amédée de Caranza, vers 1880, inv. 2020.11.48
Vase, Amédée de Caranza, vers 1880, inv. 2020.11.49
Gobelet, Alphonse Giboin, vers 1900, inv. 2020.11.50
Vase, Alphonse Giboin, vers 1900, inv. 2020.11.51
Verre à pied, Alphonse Giboin, vers 1900, inv. 2020.11.52
Vase, André Delatte, vers 1920, inv. 2020.11.53
Bouteille, verrerie Domec, vers 1930, inv. 2020.11.54
Bonbonnière, verrerie Baccarat, vers 1930,
inv. 2020.11.55
Vide-poche, anonyme, vers 1960, inv. 2020.11.56
Terrine couverte, attribuée à manufacture Boyer,
deuxième moitié du XVIII siècle, inv. 2020.11.57
Cafetière, manufacture des Terres de Bordes,
Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.58
Théière, manufacture des Terres de Bordes,
Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.59
Théière, manufacture des Terres de Bordes,
Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.60
Tasse trembleuse et sa soucoupe, manufacture
des Terres de Bordes, Bordeaux, 1787-1790,
inv. 2020.11.61
Tasse et sa soucoupe, manufacture des Terres de
Bordes, Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.62
Tasse et sa soucoupe, manufacture des Terres de
Bordes, Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.63
Tasse et sa soucoupe, manufacture des Terres de
Bordes, Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.64
Tasse et sa soucoupe, manufacture des Terres de
Bordes, Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.65Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 309 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 308
2020.11.61 Tasse
trembleuse et sa
soucoupe
2020.11.62 Tasse et sa
soucoupe
2020.11.63 Tasse et sa
soucoupe
2020.11.64 Tasse et sa
soucoupe
2020.11.65 Tasse et sa
soucoupe
2020.11.66 Tasse et sa
soucoupe
2020.11.67 Broc et son
bassin 2020.11.68 Cache-pot 2020.11.69 Jatte 2020.11.70 Jatte
2020.11.71 Compotier 2020.11.72 Compotier 2020.11.73.1 Plateau 2020.11.74.1 Tasse litron 2020.11.74.2 Soucoupe
2020.11.75 Tasse
mignonette et sa
soucoupe
2020.11.76 Pendule 2020.11.77 Tasse et sa soucoupe 2020.11.78.1 Tasse litron 2020.11.78.2 Soucoupe
2020.11.79 Plat creux 2020.11.80 Assiette 2020.11.81 Jatte 2020.11.82 Assiette 2020.11.83 Assiette
2020.11.84 Assiette 2020.11.85 Assiette 2020.11.86 Plat ovale 2020.11.87 Pichet 2020.11.88 Pot à lait
2020.11.89 Moutardier
à couvercle 2020.11.90 Plat
2020.11.91 Bénitier
d'applique 2020.11.92.1 Vase 2020.11.92.2 Vase
2020
Legs Robert Coustet
Tasse et sa soucoupe, manufacture des Terres de
Bordes, Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.66
Broc et son bassin, manufacture des Terres de
Bordes, Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.67
Cache-pot, manufacture des Terres de Bordes,
Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.68
Jattes, manufacture des Terres de Bordes, Bordeaux,
1787-1790, inv. 2020.11.69 et 70
Compotier, manufacture des Terres de Bordes,
Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.71
Compotier, manufacture des Terres de Bordes,
Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.72
Service à thé (6 pièces), manufacture des Terres de
Bordes, Bordeaux, 1787-1790, inv. 2020.11.73.1 à 6
Tasse litron et sa soucoupe, manufacture des
Terres de Bordes, Bordeaux, 1787-1790,
inv. 2020.11.74.1 et 2
Tasse mignonette et sa soucoupe, manufacture
des Terres de Bordes, Bordeaux, 1787-1790,
inv. 2020.11.75
Pendule, anonyme, début du XIX siècle,
inv. 2020.11.76
Tasse et sa soucoupe, manufacture nationale de
Sèvres, 1846, inv. 2020.11.77
Tasse litron et sa soucoupe, manufacture nationale
de Sèvres, milieu du XIX siècle, inv. 2020.11.78.1 et 2
Plat, manufacture de Wedgwood, fin du XVIII siècle,
inv. 2020.11.79
Assiette, manufacture de Creil et Montereau, 1840-
1876, inv. 2020.11.80
Jatte Le port de Bordeaux, manufacture de Stone
Coquerel et Legros, Creil, vers 180-1840,
inv. 2020.11.81
Assiette Le Palais Gallien, manufacture Fouque-
Arnoux, Toulous, 1825-1832, inv. 2020.11.82
Assiettes (3 pièces), manufacture de Creil, début du
XIX siècle, inv. 2020.11.83 à 85
Plat, manufacture de Creil, début du XIX siècle,
inv. 2020.11.86
Pichet, manufacture David Johnston, Bordeaux, vers
1840, inv. 2020.11.87
Pot à lait, manufacture David Johnston, Bordeaux,
vers 1840, inv. 2020.11.88
Moutardier, manufacture David Johnston,
Bordeaux, vers 1840, inv. 2020.11.89
Plat, manufacture David Johnston, Bordeaux, vers
1840, inv. 2020.11.90
Pichet, manufacture J. Vieillard & Cie, Bordeaux, vers
1850, inv. 2020.11.91
Paire de vase, manufacture J. Vieillard & Cie,
Bordeaux, vers 1870, inv. 2020.11.92.1 et 2Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 311 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 310
2020.11.89 Moutardier
à couvercle 2020.11.90 Plat
2020.11.91 Bénitier
d'applique 2020.11.92.1 Vase 2020.11.92.2 Vase
2020.11.93 Vase 2020.11.94 Plat ovale 2020.11.95 Plat 2020.11.96 Vase 2020.11.97.1 Assiette
2020.11.98 Plat 2020.11.99 Grand ibis brun 2020.11.100.1 Vase 2020.11.100.2 Vase 2020.11.101.1 Assiette
2020.11.101.2 Assiette 2020.11.102 Cruche 2020.11.103 Vase 2020.11.104.1 Théière 2020.11.105.1 Serre- livres
2020.11.106 Pot de
pharmacie
2020.11.107 Femme en
pied 2020.11.108 Plat 2020.11.109 Statuette 2020.11.110 Vase
2020.11.111 Vase 2020.11.112 Vase 2020.11.113 Vase 2020.11.114 Vase 2020.11.115 Plat
2020.11.116 Vase 2020.11.117 Statuette 2020.11.118 Vase 2020.11.119 Coupe 2020.11.120 Vase
2020
Legs Robert Coustet
Vase, manufacture J. Vieillard & Cie, Bordeaux, vers
1870, inv. 2020.11.93
Plat, manufacture J. Vieillard & Cie, Bordeaux, vers
1870, inv. 2020.11.94
Plat, manufacture J. Vieillard & Cie, Bordeaux, vers
1880, inv. 2020.11.95
Vase, manufacture J. Vieillard & Cie, Bordeaux, vers
1880, inv. 2020.11.96
Assiettes service « décor chinois » (8 pièces),
manufacture J. Vieillard & Cie, Bordeaux, vers 1880,
inv. 2020.11.97.1 à 8
Plat, Amédée de Caranza, manufacture J. Vieillard &
Cie, Bordeaux, vers 1880, inv. 2020.11.98
Vase Ibis, manufacture J. Vieillard & Cie, Bordeaux,
vers 1880, inv. 2020.11.99
Paire de vases, manufacture J. Vieillard & Cie,
Bordeaux, vers 1880, inv. 2020.11.100.1 et 2
Paire d’assiettes, manufacture H. Boulenger,
Choisy-le-Roi, 1878, inv. 2020.11.101.1 et 2
Cruche, anonyme, début du XX siècle,
inv. 2020.11.102
Vase, atelier Primavera, magasins Le Printemps, vers
1930, inv. 2020.11.103
Service à thé, édition Robj, vers 1930,
inv. 2020.11.104.1 à 4
Serres-lires, anonyme, vers 1930, inv. 2020.11.105.1
et 2
Pot couvert, Jean Mayodon, vers 1930,
inv. 2020.11.106
Statuette de femme, Auguste Privat, Manufacture
nationale de Sèvres, inv. 2020.11.107
Plat, Edouard Cazaux, vers 1930, inv. 2020.11.108
Statuette couple de colombes, Céramique d’Art de
Bordeaux, Caudéran, vers 1920, inv. 2020.11.109
Vase, Céramique d’Art de Bordeaux, Caudéran, vers
1920, inv. 2020.11.110
Vase, Céramique d’Art de Bordeaux, Caudéran, vers
1920, inv. 2020.11.111
Vase, Céramique d’Art de Bordeaux, Caudéran, vers
1920, inv. 2020.11.112
Vase, Céramique d’Art de Bordeaux, Caudéran, vers
1920, inv. 2020.11.113
Vase, Céramique d’Art de Bordeaux, Caudéran, vers
1930, inv. 2020.11.114
Plat, Céramique d’Art de Bordeaux, Caudéran, vers
1930, inv. 2020.11.115
Vase, Céramique d’Art de Bordeaux, Caudéran, vers
1930, inv. 2020.11.116
Statuette, Claude Chantecaille, 1935, inv. 2020.11.117
Vase, René Buthaud, 1927, inv. 2020.11.118
Coupe, René Buthaud, vers 1930, inv. 2020.11.119
Vase, Marguerite de Saint-Germain, vers 1930, inv.
2020.11.120Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 313 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 312
2020.11.121 Vase 2020.11.122 Vase 2020.11.123 Vase 2020.11.124 Vase 2020.11.125 Vase
2020.11.126 Vase 2020.11.127 Vase 2020.11.128 Vase 2020.11.129 Vase 2020.11.130 Faune
2020.11.131 Vase 2020.11.132 Bol 2020.11.133 Plat 2020.11.134 Bol 2020.11.135 Bol
2020.11.136 Bol 2020.11.137 Bol 2020.11.138 Bol 2020.11.139 Jardinière 2020.11.140.1 Bougeoir
2020.11.140.2 Bougeoir 2020.11.141.1 Plateau 2020.11.141.2 Coupe- papier 2020.11.142 Console 2020.11.143 Plaque sculptée
2020.11.144 Cendrier 2020.11.145 Vase 2020.11.146 Buvard sous-main 2020.11.147 Boîte 2020.11.148 Boîte
2020
Legs Robert Coustet
Vase, Marguerite de Saint-Germain, vers 1930,
inv. 2020.11.121
Vase, Octave Larrieu, vers 1925, inv. 2020.11.122
Vase, Octave Larrieu, vers 1925, inv. 2020.11.123
Vase, Octave et Simone Larrieu, vers 1930, inv.
2020.11.124
Vase, Simone Larrieu, vers 1930, inv. 2020.11.125
Vase, Simone Larrieu, vers 1930, inv. 2020.11.126
Vase, Octave Larrieu, vers 1925, inv. 2020.11.127
Vase, Céramique d’Art de Bordeaux, Caudéran, vers
1930, inv. 2020.11.128
Vase, Marguerite de Saint-Germain, vers 1930,
inv. 2020.11.129
Statuette Faune, anonyme, début du XX siècle,
inv. 2020.11.130
Vase, anonyme, Chine, deuxième moitié du XIX siècle,
inv. 2020.11.131
Bol, anonyme, Chine, deuxième moitié du XIX siècle,
inv. 2020.11.132
Plat, anonyme, Chine, deuxième moitié du XIX siècle,
inv. 2020.11.133
Bol, anonyme, Chine, deuxième moitié du XIX siècle,
inv. 2020.11.134
Bol, anonyme, Chine, deuxième moitié du XIX siècle,
inv. 2020.11.135
Bol, anonyme, Chine, deuxième moitié du XIX siècle,
inv. 2020.11.136
Bol, anonyme, Chine, deuxième moitié du XIX siècle,
inv. 2020.11.137
Bol, anonyme, Chine, deuxième moitié du XIX siècle,
inv. 2020.11.138
Jardinière, anonyme, Chine, deuxième moitié du
XIX siècle, inv. 2020.11.139
Bougeoirs, anonyme, début du XIX siècle,
inv. 2020.11.140.1 et 2
Plateau et coupe papier, Edgar Brandt, vers 1930,
inv. 2020.11.141.1 et 2
Console, anonyme, vers 1930, inv. 2020.11.142
Bas-relief, Paul Belmondo, vers 1930, inv. 2020.11.143
Cendrier, Pierre Turin, vers 1930, inv. 2020.11.144
Vase, anonyme, Asie, deuxième moitié du XIX siècle,
inv. 2020.11.145
Buvard sous-main, anonyme (signé Souchon), fin
du XIX siècle, inv. 2020.11.146
Boîte, anonyme, deuxième moitié du XVIII siècle,
inv. 2020.11.147
Boîte, anonyme, XVIII siècle, inv. 2020.11.148Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 315 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 314
2020.11.144 Cendrier 2020.11.145 Vase 2020.11.146 Buvard sous-main 2020.11.147 Boîte 2020.11.148 Boîte
2020.11.149 Boîte 2020.11.150 Boîte 2020.11.151 Miroir à main 2020.11.152 Montre de gousset 2020.11.153 Miniature
2020.11.154 Miniature 2020.11.155 Miniature 2020.11.156 Miniature 2020.11.157 Miniature 2020.11.158 Miniature
2020.11.159 Miniature 2020.11.160 Miniature 2020.11.161 Miniature 2020.11.162 Miniature 2020.11.163 Miniature
2020.11.164 Miniature 2020.11.165 Miniature 2020.11.166 Miniature 2020.11.167 Miniature 2020.11.168 Miniature
2020.11.169 Miniature 2020.11.170 Miniature 2020.11.171 Miniature 2020.11.172 Miniature 2020.11.173 Miniature
2020.11.174 Miniature 2020.11.175 Miniature 2020.11.176 Miniature 2020.11.177 Miniature 2020.11.178 Miniature
2020
Legs Robert Coustet
Boîte « Les extrêmes se touchent ou le pas russe »,
Gustave de Galard (d’après), début du XIX siècle,
inv. 2020.11.149
Boîte, anonyme, XIX siècle, inv. 2020.11.150
Miroir à main, Albert Binquet, vers 1925,
inv. 2020.11.151
Montre de gousset, anonyme, XX siècle,
inv. 2020.11.152
Miniature, portrait d’homme, Oliver Isaac, 1er quart
du XVII siècle, inv. 2020.11.153
Miniature, portrait de femme, anonyme, milieu du
XVIII siècle, inv. 2020.11.154
Miniature, portrait d’homme, anonyme, début du
XIX siècle, inv. 2020.11.155
Miniature, portrait de femme, Louis-Marie Sicard,
vers 1770-1780, inv. 2020.11.156
Boîte, miniature, portrait d’homme, anonyme, fin du
XVIII siècle, inv. 2020.11.157
Miniature, portrait d’homme, Gabriel-Délie
Béguillet, vers 1795, inv. 2020.11.158
Miniature, portrait d’homme, anonyme, vers 1780,
inv. 2020.11.159
Miniature, portrait d’officier, Maximilien Villers, 1786,
inv. 2020.11.160
Miniature, portrait de Jean-Baptiste Boyer Fonfrède,
fin du XVIII siècle, inv. 2020.11.161
Miniature, portrait de femme, Charles Guillaume
Alexandre, 1797, inv. 2020.11.162
Miniature, portrait de femme, anonyme, XVIII siècle,
inv. 2020.11.163
Miniature, portrait d’homme, Léda et le cygne,
XIX siècle, inv. 2020.11.164
Miniature, portrait d’homme, Pierre-Edouard
Dagoty, vers 1800, inv. 2020.11.165
Miniature, portrait d’homme, Boccia, vers 1800,
inv. 2020.11.166
Miniature, portrait de John Geraud, Louis-Antoine
Collas, 1802, inv. 2020.11.167
Miniature, portrait de femme, Claude Charles-
Antoine Berny d’Ouville, XIX siècle, inv. 2020.11.168
Miniature, portrait de femme, anonyme, XIX siècle,
inv. 2020.11.169
Miniature, portrait de religieuse, Pierre-Edouard
Dagoty, XIX siècle, inv. 2020.11.170
Miniature, portrait d’une petite fille, Jean-Baptiste
Singry, entre 1806 et 1824, inv. 2020.11.171
Miniature, portrait d’homme, Eugène Lami, 1809,
inv. 2020.11.172
Miniature, portrait d’homme, E. C., 1810,
inv. 2020.11.173
Miniature, portrait, Clotilde Seguin, 1825,
inv. 2020.11.174
Miniature, portrait d’enfant, Hippolyte-Joseph
Lequeutre, vers 1830, inv. 2020.11.175
Miniature, portrait d’homme, anonyme, entre 1815
et 1830, inv. 2020.11.176
Miniature, portrait d’homme, anonyme, XIX siècle,
inv. 2020.11.177
Miniature, portrait de femme, Alphonse Labroue,
1832, 2020.11.178Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 317 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 316
2020.11.174 Miniature 2020.11.175 Miniature 2020.11.176 Miniature 2020.11.177 Miniature 2020.11.178 Miniature
2020.11.179 Miniature 2020.11.180 Miniature 2020.11.181 Miniature 2020.11.182 Photographie 2020.11.183 Photographie
2020.11.184 Miniature 2020.11.185.1 Miniature 2020.11.185.2 Miniature 2020.11.186 Photographie 2020.11.187 Photographie
2020.11.188
Photographie 2020.11.189 Miniature 2020.11.190 Miniature
2020.11.191
Photographie
2020.11.192
Daguerréotype
2020.11.193 Jeune
femme à la harpe 2020.11.194 Jeton 2020.11.195 Médaille 2020.11.196 Médaille 2020.11.197 Médaille
2020.11.198 Médaille 2020.11.199 Médaille 2020.11.200 Jeton 2020.11.201 Médaille 2020.11.202 Médaille
2020.11.203 Médaille 2020.11.204 Médaille 2020.11.205 Médaille 2020.11.206 Médaille 2020.11.207 Médaille commémorative
2020
Legs Robert Coustet
Miniature, portrait de femme, anonyme, entre 1830
et 1840, inv. 2020.11.179
Miniature, portrait de femme, Jean de Parada, 1843,
inv. 2020.11.180
Miniature, portrait de femme, Aimée Thibault, 1852,
inv. 2020.11.181
Portrait de femme, photographie, anonyme,
XIX siècle, inv. 2020.11.182
Portrait de famille, photographie, anonyme, entre
1840 et 1860, inv. 2020.11.183
Miniature, portrait de femme, Cheveux, Aimée
Thibault, 1847, inv. 2020.11.184
Miniature, ensemble de portraits (2 pièces), Cécile
Villeneuve, 1861, inv. 2020.11.185.1 2020.11.185.2
Portrait d’un couple, Lafon de Camarsac Pierre
Michel Marie Alcide, 1963, inv. 2020.11.186
Portrait de femme, photographie, Lafon de
Camarsac Pierre Michel Marie Alcide, 1865,
inv. 2020.11.187
Portrait de femme, photographie, Lafon de
Camarsac Pierre Michel Marie Alcide, 1875,
inv. 2020.11.188
Miniature, portrait de femme, anonyme, vers 1880,
inv. 2020.11.189
Miniature, portrait de femme, Antonine Odérieu,
entre 1877 et 1908, inv. 2020.11.190
Portrait de femme, photographie, anonyme,
XIX siècle, inv. 2020.11.191
Portrait d’homme, daguerréotype, anonyme,
XIX siècle, inv. 2020.11.192
Jeune femme à la harpe, Henri Frugès, entre 1900
et 1974, inv. 2020.11.193
Jeton, profil d’homme, anonyme, Antiquité,
inv. 2020.11.194
Médaille, portrait de Joseph Bonaparte, anonyme,
entre 1808 et 1813, inv. 2020.11.195
Médaille, portrait du duc d’Angoulême, anonyme,
entre 1814 et 1830, inv. 2020.11.196
Médaille, portrait du duc de Berry, anonyme, entre
1814 et 1830, inv. 2020.11.197
Médaille, portrait du duc et de la duchesse de Berry,
anonyme, entre 1814 et 1830, inv. 2020.11.198
Médaille, portrait de Louis XVIII, anonyme, entre 1814
et 1824, inv. 2020.11.199
Médaille, portrait de Louis Philippe Ier, Pierre-
Nicolas Tiolier, entre 1830 et 1848, inv. 2020.11.200
Médaille, portrait d’Henri IV, anonyme, 1831,
inv. 2020.11.201
Médaille, La Grosse Cloche, anonyme, XX siècle,
inv. 2020.11.202
Médaille, buste de la République, Daniel Dupuis, XIX
siècle, inv. 2020.11.203
Médaille, anonyme, XX siècle, 2020.11.204
Médailles, portraits d’Odilon Redon (2 pièces),
Joseph Rivière, vers 1950, inv. 2020.11.205 et
2020.11.206
Médaille commémorative, Raymond Gayrard, 1825,
inv. 2020.11.207Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 319 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 318
2020.11.203 Médaille 2020.11.204 Médaille 2020.11.205 Médaille 2020.11.206 Médaille 2020.11.207 Médaille commémorative
2020.11.208 Plaque
publicitaire 2020.11.209 Médaillon 2020.11.210 Médaillon 2020.11.211 Médaillon 2020.11.212.1 Sculpture
2020.11.212.2 Sculpture 2020.11.213.1 Christ en croix 2020.11.213.2 Vierge à l'enfant 2020.11.214 Trumeau 2020.11.215 Portrait de femme
2020.11.216 Portrait de
femme 2020.11.217 Facture 2020.11.218 Facture
2020.11.219 Carton
d'invitation
2020.11.220 Projet
(dessin)
2020.11.221 Projet
(dessin)
2020.11.222 Projet
(dessin)
2020.11.223 Planche de
modèles 2020.11.224 Yaourtière
2020.11.225 Radio-
Phono
2020.11.233 Cendrier 2020.11.234 Plateau 2020.11.235 Dent de cachalot 2020.11.236 "Bacchus et Ariane" 2020.12.1 Assiette
2020.12.2 Assiette à
dessert
2020.13.1 Assiette
creuse 2020.14.1 Soupière
2020.14.2 Assiette
creuse 2020.15.1 Cafetière
2020
Legs Robert Coustet
Plaque publicitaire, anonyme, inv. 2020.11.208
Médaillon, portrait de Pierre Lacour fils, Joseph Félon,
1850, inv. 2020.11.209
Médaillon, portrait de femme, Louis Adolphe Eude,
1863, inv. 2020.11.210
Médaillon, allégorie de la Ville de Bordeaux, Portrait
de Michel de Montaigne, Albert Binquet, vers 1935,
inv. 2020.11.211
Allégorie de l’été et de l’automne (2 pièces),
anonyme, XX siècle, inv. 2020.11.212.1 et 2020.11.212.2
Christ en croix et Vierge à l’enfant (2 pièces),
anonyme, XX siècle, inv. 2020.11.213.1 et 2020.11.213.2
Trumeau, décor de scène champêtre, anonyme,
XVIII siècle, inv. 2020.11.214
Portrait de femme, peinture, anonyme, XIX siècle,
inv. 2020.11.215
Portrait de femme, daguerréotype, anonyme,
XIX siècle, inv. 2020.11.216
Factures (2 pièces), manufacture Jules Vieillard
& Cie, Bordeaux, 1864 et 1889, inv. 2020.11.217 et
2020.11.218
Carton d’invitation, Jean Dupas, XX siècle,
inv. 2020.11.219
Projets (dessins, 4 pièces), Simone Larrieu,
XX siècle, inv. 2020.11.220 à 2020.11.223
Yaourtière Yalacta 4, Société Yalacta, 1951,
inv. 2020.11.224
Radio-phone, Radiola, 1950, inv. 2020.11.225
Ensemble de boîtes et encrier de voyage en
bakelite (6 pièces), anonyme, vers 1950,
inv. 2020.11.226 à 2020.11.231
Salière, anonyme, vers 1950, inv. 2020.11.232
Cendrier, Enzo Mari, 1957, inv. 2020.11.233
Plateau, anonyme, XIX siècle, inv. 2020.11.234
Dent du cachalot, vue des Antilles, anonyme,
XIX siècle, inv. 2020.11.235
« Bacchus et Ariane », Jean Despujols, 1925,
inv. 2020.11.236
Assiette et assiette à dessert modèle
« Dentelles »
Manufacture J. Vieillard & Cie, 1845-1895
Faïence fine
Don Florence Morendi, Inv. 2020.12.1 et 2
Assiette creuse modèle « Louis XV »
Manufacture J. Vieillard & Cie, 1845-1895
Faïence fine
Don Bertrand Lecat, inv. 2020.13.1
Sept assiettes creuses et une soupière, modèle
« Eventails »
Manufacture J. Vieillard & Cie, vers 1880
Faïence fine
Don Lise Rembert, inv. 2020.14.1 à 8
Service à café
Ferdinand Gaidan, vers 1875
Vers 1875
Don Olivier Martinaud, inv. 2020.15.1 à 2020.15.8.2Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 321 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 320
2020.12.2 Assiette à
dessert
2020.13.1 Assiette
creuse 2020.14.1 Soupière
2020.14.2 Assiette
creuse 2020.15.1 Cafetière
2020.15.2 Coupe 2020.15.3.1 Tasse 2020.15.3.2 Soucoupe 2020.16.1 Vase 2020.16.2 Pied de lampe
2020.17.1 Théière 2020.18.1 Coffret 2020.19.1 Fauteuil 2020.20.1 Table 2020.21.1 Chaise
2020.21.2 Chaise 2020.22.1 Fauteuil 2020.23.1 Tabouret 2020.24.1 Bureau 2020.24.2 Table
2020.24.3 Table basse 2020.24.4 Table basse 2020.24.5 Caisson
2020
Vase et pied de lampe
Roland Brice, vers 1960
Don Famille Bartelmé, inv. 2020.16.1 et 2
Théière Nefertiti
Matteo Thun, 1981
Edition Memphis
Faïence
Achat de la Ville, inv. 2020.17.1
Cabaret et son coffret
Manufacture des Terres de Bordes, Bordeaux, 1787-
1790
Cuir, porcelaine
Don des Amis du madd-bordeaux, inv. 2020.18.1 à 11
Fauteuil Well Tempered
Ron Arad, 1987
Edition Vitra
Acier brossé
Achat de la Ville, inv. 2020.19.1
Table Orio
Pierluigi Cerri, 1985
Edition Fontana Arte
Verre, fonte de fer
Achat de la Ville, inv. 2020.20.1
Chaises Mickville
Philippe Stark, 1985
Edition Aleph Driade
Métal
Achat de la Ville, inv. 2020.21.1 et 2
Fauteuil Pat Conley II
Philippe Stark, 1986
Edition XO
Métal
Achat de la Ville, inv. 2020.22.1
Tabouret
Olivier Gagnère, 1984
Médium, fer martelé et doré
Achat de la Ville, inv. 2020.23.1
Bureau Fine Art
Martin Szekely, 2004
Exemplaire 1/8
Verre, onyx blanc, résine
Don Sophie et Alain Minc, inv. 2020.24.1
Table PB
Martin Szekely, 2004
Exemplaire 5/8
Aluminium, acier inox
Don Sophie et Alain Minc, inv. 2020.24.2
Table basse Paris
Martin Szekely, 2006
Prototype N°1
Acier, pierre noire belge
Don Sophie et Alain Minc, inv. 2020.24.3
Table basse Solaris
Martin Szekely, 2007
Exemplaire 1/8
Acier
Don Sophie et Alain Minc, inv. 2020.24.4
Caisson AM
Martin Szekely, 2007
Prototype N°1
Aluminium, acier
Don Sophie et Alain Minc, inv. 2020.24.5Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 323 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 322
2021
2021.1.1 Centrotavola 2021.2.1 Lampe 2021.3.1 Théière 2021.3.2 Pot à lait 2021.3.3 Pot à sucre
2021.4.1 Projet de décor 2021.5.1 Projet 2021.6.1 Projet de vitrine 2021.7.1 Vue intérieure du Grand-Théâtre 2021.8.1.1 Projet de
décoration pour une
salle de billard
2021.8.1.2 Projet 2021.8.1.3 Projet 2021.8.2.1 Projet de plafond 2021.8.2.2 Projet de plafond 2021.8.2.3 Projet de décor
2021.8.2.4 Projet de
décor
2021.8.3.1 Projet de
plafond
2021.8.3.2 Projet de
plafond
2021.8.3.3 Projet de
plafonds
2021.8.4.1 Projet de
cheminée
2021.8.4.2 Projet de
cheminée
2021.8.4.3 Projet de
plafond
2021.8.5 Projet de
plafond
2021.8.6 Projet de
décor d'un théâtre 2021.8.7 Projet de décor
2021.8.8 Projet de
décor d'une galerie
2021.8.9 Projet de
plafond
2021.8.10 Projet de
décor
2021.8.11 Projet de
décor d'un théâtre
2021.8.12 Projet de
plafond
Centrotavola
Aldo Cibic, 1985-1992
Edition Alessi Tendentse
Céramique
Don des Amis du madd-bordeaux, inv. 2021.1.1
Lampe H’Arp
Daniel Weil, Gerard Taylor, 1987
Edition Anthologie Quartett
Métal, bois
Achat de la Ville, inv. 2020.2.1
Service à thé (3 pièces)
Manufacture de Locré, Paris, vers 1772-1797
Porcelaine
Don des Amis du madd-bordeaux, inv. 2021.3.1 à 3
Projet pour un décor de fête
Anonyme, fin du XVIII siècle
Crayon, papier
Achat de la Ville, inv. 2021.4.1
Projet pour un grand plat
Pierre Paraud (attribué à), début du XIX siècle
Crayon, encre sur papier
Don Jacques Sargos, Inv. 2021.5.1
Projet de vitrine
Anonyme (porte un cachet de l’architecte Percier),
vers 1840
Encre sur papier
Don Jacques Sargos, Inv. 2021.6.1
Vue intérieure du Grand Théâtre de Bordeaux
Paul Bazé, vers 1930
Gouache, papier
Don des Amis du madd-bordeaux, inv. 2021.7.1
Projets (3 pièces) pour l’hôtel de M. Charles
Laurent
Philippe Chaperon, 1873-1874
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.1 à 3
Projets (4 pièces) pour l’Hôtel du Prince Bibesco
Philippe Chaperon, 1872
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.2.1 à 4
Projets (3 pièces) pour l’Hôtel du Comte Mazewski
Philippe Chaperon, 1891
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.3.1 à 3
Projets de décor (3 pièces) pour l’hôtel Günzburg
Philippe Chaperon, vers 1880
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.4.1 à 3
Projet de plafond pour M. Grieu
Philippe Chaperon, vers 1870
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.5
Projet de décor pour un théâtre à Fontainebleau
Philippe Chaperon, vers 1880
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.6
Projet pour la section française à l’exposition
internationale de musique et de théâtre de
Vienne en 1892
Philippe Chaperon
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.7
Projet pour une galerie néo-Renaissance
Philippe Chaperon, vers 1870
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.8
Théâtre de l’Ahlambra, projet de plafond de
la salle de bal
Philippe Chaperon, 1887
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.9
Projet pour un grand hall à trois arcades
surmontées de loggias
Philippe Chaperon, vers 1880
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.10
Projet pour le théâtre de l’Internat des frères à
Paris rue Wattignies
Philippe Chaperon, 1889
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.11
Théâtre d’Angers, plafond de la salle
Philippe Chaperon, 1871
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.12Annexes — Acquisitions et dons depuis 2013 325 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 324
2021
2021.8.8 Projet de
décor d'une galerie
2021.8.9 Projet de
plafond
2021.8.10 Projet de
décor
2021.8.11 Projet de
décor d'un théâtre
2021.8.12 Projet de
plafond
2021.8.13 Projet de
plafond
2021.8.14 Portrait de
Philippe Chaperon
2021.8.15 Projet de
décor
2021.8.16 Projet de
décor
2021.8.17 Projet de
cartouche
2021.8.18 Projet de salle
de spectacle
2021.8.19 Décor de
pilastre
2021.8.20.1 Projet de
décor de loges
2021.8.20.2 Projet de
décor de loges
2021.8.21.1 Projet
d'écoinçon
2021.8.21.2 Projet
d'écoinçon
2021.8.21.3 Projet
d'écoinçon
2021.8.22 Projet de
décor de trophée
2021.8.23 Projet de
décor de cartouche
2021.8.24 Projet de
décor
2021.9.1 Projet
d'orfèvrerie
2021.9.2 Projet
d'orfèvrerie
2021.9.3 Projet
d'orfèvrerie
2021.9.4 Projet
d'orfèvrerie
2021.9.5 Projet
d'orfèvrerie
2021.9.6 Projet
d'orfèvrerie
Salle des Etats à Dijon
Philippe Chaperon, 1895
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.13
Portrait de Philippe Chaperon
Alfred Le Petit, vers 1880
Gravure
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.14
Projet pour un salon d’apparat
Philippe Chaperon, vers 1870
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.15
Projet pour le décor intérieur d’une salle
d’apparat aux armes de Napoléon III
Philippe Chaperon, vers 1860
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.16
Projet de médaillon aux initiales de la
République française
Philippe Chaperon, 1880
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.17
Plan d’une salle de spectacle
Philippe Chaperon, vers 1880
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.18
Projet pour un panneau en hauteur à motif de
grotesques
Philippe Chaperon, vers 1880
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.19
Projets de décor pour une grande salle de
spectacle
Philippe Chaperon, vers 1880
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.20.1 et 2
Projets de décor en mosaïque pour des écoinçons
Philippe Chaperon, vers 1880
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.21.1 à 4
Projet pour un décor de trophée représentant
les arts
Philippe Chaperon, vers 1880
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.22
Projet pour un cartouche ornant un rideau de
théâtre aux chiffres de Napoléon Bonaparte
Philippe Chaperon, vers 1860
Crayon, aquarelle, gouache sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.23
Projet de décor pour l’hôtel du prince Soltikoff
Philippe Chaperon, vers 1850
Crayon, aquarelle sur papier
Don Jacques Sargos, inv. 2021.8.24
Projets d’orfèvrerie (6 pièces)
Anonyme, vers 1870
Gouache, aquarelle, papier
Achat de la Ville, inv. 2021.9.1 à 6
Inventaire en cours de numérisationAnnexes — Relevés hygrométriques 327 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 326
Relevés hygrométriques de l'hôtel de Lalande
et de l’ancienne prison
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L'hôtel de Lalande (salon de compagnie) (0919-00431)
2020/21
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Hanwell Instruments Ltd.Annexes — Le musée dans la presse 329 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 328
Le musée dans la presse
Andrea Branzi. Please to meet you. 50 ans de création
10 octobre 2014 au 25 janvier 2015
Le Monde
21 octobre 2014
Le Figaro Magazine
31 octobre 2014
Télérama
29 octobre 2014
Paris Match
4 décembre 2014
Domus (Italie)
28 octobre 2014
Elle Décoration
15 septembre 2014
Libération Next
27 octobre 2014
0123 MARDI 21 OCTOBRE 2014 styles | 21
bordeaux
Vendredi 10 octobre, à Bordeaux, ce sont deux monuments qui atten- daient les esthètes. La frégate Hermione aux 2 200 m2 de voilure, quai Richelieu et, à deux pas, Andrea Branzi, pour le vernis- sage de la première rétrospective
qui lui ait jamais été consacrée. La
veille encore, dans l’église Saint-
Rémi devenue salle d’exposition,
le maestro de 76 ans disposait déli-
catement des fleurs graciles dans
chaque vase, avec la même con-
centration silencieuse qu’un
adepte de l’ikebana, l’art tradition-
nel japonais de « faire vivre les
fleurs ».
Cent quarante-sept pièces pré-
sentées entre deux lieux – ses pro-
jets d’urbanisme à l’espace Arc en
rêve, centre d’architecture, et ses
objets et meubles à l’espace Saint-
Rémi – reconstituent le parcours
de l’architecte florentin aux avant-
postes du design depuis un demi-
siècle. « Nous montrons cinquante
ans de la création d’un artiste,
d’une personnalité forte et singu-
lière, mais c’est aussi un moyen
d’évoquer l’histoire du design du
XXe et XXIe siècle dont Andrea
Branzi a été l’un des protagonistes
les plus influents », souligne Cons-
tance Rubini, directrice du Musée
des arts décoratifs et du design de
Bordeaux et commissaire de cette
remarquable exposition.
Meubles ludiques et colorés
L’historienne a « pisté » pendant
deux ans, aux Etats-Unis, en Ita-
lie, en Allemagne… les pièces em-
blématiques du parcours d’An-
drea Branzi. On peut ainsi décou-
vrir son projet de fin d’études, à
l’université d’architecture de Flo-
rence, en 1966, Supermarket-Piper
Luna Park : la maquette d’un parc
d’attractions très coloré, avec su-
permarché et discothèque, soit
un lieu destiné à la jeunesse, ins-
piré par le pop art et l’essor de la
société de consommation. Ses
premiers meubles avec le collectif
Archizoom – qu’il a fondé la
même année – usent du kitsch,
capable, par « son énergie expres-
sive, de produire une fracture dans
l’équilibre de la bourgeoisie », pré-
cise Andrea Branzi devant son
sofa Safari en forme de fleur, re-
couvert de tissu léopard. Quant à
la banquette ondulante Supe-
ronda (datant de 1967 mais en-
core éditée), tantôt chaise longue,
tantôt lit quand on l’accole à une
autre, « elle témoigne d’une typo-
logie d’objets qui commencent à
changer, deviennent plus ami-
caux, moins empreints de moralité
vis-à-vis des usagers », déclare
l’élégant Italien, en veste de tweed
olive assortie à ses chaussettes.
Dix ans plus tard, en 1976, en tant
que cofondateur d’Alchimia puis
membre du collectif Memphis,
avec son ami Ettore Sottsass, An-
drea Branzi insiste, en pratique
comme en théorie, sur la valeur
émotionnelle de l’objet plutôt que
sur sa fonction. Ainsi naissent des
meubles ludiques et colorés, dotés
d’effets de surprise et de tiroirs se-
crets, qui vont permettre de
« réenchanter le monde ». En 1985,
pour sa première exposition en
solo baptisée « Animali Domes-
tici », Andrea Branzi ose des sièges
aux formes radicales, sans couleur
ni motif décoratif, mais qui célè-
brent la rencontre de matériaux
industriels et de fragments de na-
ture intacte, primitive : branches
ramassées dans la forêt, troncs
d’arbre… Ce langage inédit, il y a
trente ans, est aujourd’hui em-
prunté par nombre de designers.
Fascinante cage à oiseaux
« Ce morceau de bois ? On ne trou-
vera pas le même de toute l’éternité.
Il y a une grande présence des ob-
jets uniques… En les utilisant, on ga-
gne une forme de sacralité », dé-
taille-t-il. Avec ses murs-bibliothè-
ques inspirés de Pompéi, ce théori-
cien du design entame une
nouvelle réflexion sur l’héritage
culturel des civilisations et l’em-
preinte dans nos mémoires.
« Rome, qu’en reste-t-il ? Ni l’archi-
tecture, ni le système militaire ou
politique. Seuls les poètes, les artis-
tes, ont survécu et font que Rome
reste Rome dans l’imaginaire col-
lectif », assène-t-il.
Depuis, le designer poète est de-
venu un tantinet animiste. Ses
meubles et objets prennent racine,
bâtis sur un bouleau, une souche,
de vieilles poutres de maison…
« L’écologie n’est pas la question,
fait-il remarquer, espiègle. Je suis
fan de Virgile parce qu’il a écrit sur
la sacralité de la nature et son mys-
tère. » Sous la nef de l’ancienne
église érigée entre le XIe et XVe siè-
cle, ses vases délicats en verre souf-
flé ou céramique immaculée sem-
blent s’épanouir, poussant sur des
segments de chêne-liège, calices
en forme de clochettes, de trom-
pettes-de-la-mort ou de coraux
constructeurs de récifs. Il y a enfin
cette fascinante cage à oiseaux où
s’ébattent de vrais volatiles sur
une branche d’arbre, à côté de
quelques étagères et d’un vase en
forme de glaçon. « C’est une biblio-
thèque Nature, on peut y voir des li-
vres mais aussi les oiseaux qui, avec
leur fiente, transforment ma sculp-
ture, et enfin le temps qui passe… »,
philosophe le designer, dans un
français impeccable.
Des bibliothèques « Trees » pré-
sentées à la Carpenters Workshop
Gallery, à Londres, en 2012, jusqu’à
la sculpture de verre La Cage sa-
crée au cœur du domaine de Chau-
mont-sur-Loire (Loir-et-Cher), ce
printemps, en passant par un pro-
jet de cinéma-bistrot pour la Jeune
Rue, à Paris : Andrea Branzi conti-
nue de créer tous azimuts, tel un
maître enchanteur du quotidien.
« Beaucoup de gens sont intéressés
par mon travail expérimental qui
ne répond pas au marché »,
s’amuse l’architecte, auréolé d’un
prestigieux Compas d’Or, dès 1987.
« En affranchissant le design de son
carcan industriel et standardisé, en
lui donnant une dimension auto-
nome et une véritable liberté d’ex-
pression, Andrea Branzi continue
de nourrir des générations de desi-
gners… Et il est resté en phase avec
l’époque actuelle », explique Cons-
tance Rubini. p
v. l.
Pleased to meet you, 50 ans
de création. Musée des Arts
décoratifs et du design de
Bordeaux. Jusqu’au 25 janvier
2015.branzibordeaux.fr
Branzi, Designer, architecte,
théoricien. 50 ans de création.
Ouvrage collectif bilingue,
Ed. Alternatives, 272 p., 35 euros.
« Le design a gagné sur l’architecture »
ENTRETIEN
A ndrea Branzi, qui a fondé, en 1982, la Domus Aca- demy, première école post-universitaire de design à Mi- lan, estime que notre époque ouvre un champ des possibles.
Fin observateur des mutations
de la société, quel regard por-
tez-vous sur ce siècle ?
Elles sont finies, les grandes uto-
pies du XXe siècle. Vouloir un
monde plus juste, du bien-être
pour tous… On a vu la faillite du
système socialiste et celle du capi-
talisme. Dans les années 1980, on
pensait que les religions allaient
disparaître, balayées par la logique
industrielle. Nous sommes au
cœur d’une guerre religieuse. On
pensait que la globalisation entre
les hommes, les marchés et les ter-
ritoires allait tout homogénéiser,
et on voit des conflits locaux et des
crises éclater. La société est tel un
ectoplasme qui se développe de
manière incontrôlée. Il faut accep-
ter ce monde fluide et divers. Il n’y
a plus de modèle définitif. Ainsi le
design a gagné sur l’architecture
moderne. Plus léger et fluide, le
premier pénètre dans l’espace do-
mestique. Il est capable d’apporter
du bien-être dans le quotidien des
hommes, par petites touches.
Quel conseil donnez-vous à vos
étudiants ?
C’est une époque très excitante.
Tout est en train de changer. Par
exemple, le temps de travail et le
temps libre se superposent. Le
passé, le présent et le futur ne font
plus qu’un. Il faut introduire dans
la conception d’objets une nou-
velle dramaturgie qui intègre la
nature, à la base de toute ré-
flexion sur la modernité. J’aime
ces grandes villes indiennes où
les bêtes et les hommes, la mort et
la vie cohabitent. Au contraire, en
Occident, on sépare les défunts
des vivants. Les animaux sont
souvent mis hors champ du de-
sign. Moi, je m’intéresse à cette
contamination. Il faut s’inspirer
des civilisations anciennes et con-
voquer de nouveau tous les thè-
mes essentiels de la condition hu-
maine : la mort, la vie, l’éros et le
sacré.
Le but est de susciter une émo-
tion ?
Le but du design est de faire des
objets qui ont une énergie expres-
sive et une capacité poétique. Une
chose qu’on aime voir, qu’on aime
croiser, qui a une présence. L’objet
n’est plus un bien que tout le
monde peut s’approprier, mais au
contraire il est devenu sélectif. Il
ressemble à ces animaux domesti-
ques qui vont jusqu’à choisir leurs
maîtres et vivent comme des es-
prits bienfaisants dans leurs mai-
sons. Regardez ce vase. On en
trouve dans toutes les civilisa-
tions, même dans celles qui n’ont
pas eu d’architecture. Voilà un ob-
jet inutile et indispensable. p
propos recueillis par
véronique lorelle
Le Musée des arts décoratifs et du design
de Bordeaux présente la première rétrospective
consacrée à l’un des ténors du groupe Memphis
Andrea Branzi, poète
animiste du design
EMANUELE ZAMPONI
Ci-dessus :
Maquette Bosco
di architettura,
2007. Andrea
Branzi avec
Daniele Macchi.
RODOLPHE ESCHER/
ARC-EN-RÊVE CENTRE
D’ARCHITECTURE,
GALERIE BLANCHE
Ci-contre :
vase Antheia
en céramique
et laiton.
COLLECTION UOMINI E
FIORI, ÉDITION DESIGN
GALLERY MILAN, 2006.
A gauche : service
à thé en argent
massif et bouleau.
LYSIANE GAUTHIER/MUSÉE
DES ARTS DÉCORATIFS
DE BORDEAUX
Ses meubles et
objets prennent
racine, bâtis
sur un bouleau,
une souche, de
vieilles poutres
6-8 RUE JEAN ANTOINE DE BAIF
75212 PARIS CEDEX 13 - 01 56 79 36 82
01/07 NOV 14
Hebdomadaire
OJD : 594049
Surface approx. (cm²) : 496
N° de page : 69
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5995581400507/GPP/AZR/2 Tous droits réservés à l'éditeur
ANDREA BRANZI PLEASCDTOMEETYOU
DESIGN
Théoricien de l'urbanisme et du design, il prône une approche sensible
du monde. Témoin, la rétrospective émouvante que lui consacre Bordeaux.
m Les sociétés modernes, en crise per
manente, forment un «chaos stable».
La production de masse y est supplan-
tée par la petite serie, au gré de ten
dances changeantes. L'architecture
est devenue moins importante que les
objets de consommation. L'urbain ct
le mi al se conloiident. Qui a dit cela?
Andrea Branzi, il y a des décennies
Ce Milanais de 76 ans, théoricien de
l'urbanisme, de l'architecture et du
design, a imaginé, avant les autres,
la société du «post»; postindustrielle,
postmarxiste, postcapitaliste. A l'acti-
visme de ses prédécesseurs, il prefere
la réflexion et l'écriture Au progrès
standaidisé, il oppose le sensible, le
fragile, le poétique, l'incomplet
Cette exposition retrace son parcours
en commençant par son projet de di
plume en 1966. Plus attiré par les Beat-
les et le pop art que par les maîtres de
l'architecture rationaliste, il imagine
un supermarché-discotheque-fête fo-
raine Puis c'est la No-Stop City, une
ville imaginaire sans fin ni bàtiment
fixe. Bianzi se tom ne ensuite vel s le
design et la production quasi artisa
nale, affirmant que l'on ne peut chan-
ger le monde que par petites touches
Dans les annees 1980, ses meubles Am
maux domestiques, incorporant du
bouleau bi ut, lancent un mouvement
« neopnmitiviste » qui se poursuit en-
core aujourd'hui. Maîs Branzi a sur
tout signé des vases. Ces objets sem-
blent sans importance, maîs ils nous
La lampe Foglia
d'Andréa Branzi
dans la collection
Passaggi, 1998
relient à toutes les époques et toutes
les civilisations. La plupart sont là, ex
posés à Bordeaux sur un présentoir
circulaire Le maestro italien en tire
des personnages, des paysages, de pe-
tites architectures avec une invention
sans cesse renouvelée Pour une car-
rière de cinquante ans, c'est à la fois
beaucoup et peu. Il ne faut pas man-
quer de compléter cette émouvante vi-
site par un passage au centre d'archi
lecture Arc en rêve, où films et
maquettes font mieux comprendre la
vision de la ville selon Branzi Et par un
tour à la galerie des Etables, où des
étudiants donnent à lire et à entendre
la parole de ce createur philosophe,
qui exerce une influence croissante
Sa gentillesse et sa douceur forment
unbeauprogrammepourle xxi e siecle.
- Xavier de Jarcy
I Jusqu'au 25 j a n v i e r musee des Arts
decoratifs et du design hors les murs,
espace Saint Rémi Bordeaux (33)
| « N o Stop City vision de v i l l e » jusqu'au
25janvier Arc en rêve | «Ecouter Andrea B»
par I Ebabx, Ecole d'enseignement
superieur d art de Bordeaux, jusqu au
14 novembre, galerie des Etables
I www branzibordeaux fr
LA LAMPE BOOO
DESIGN
NACHOCARBONELL
m C'est à la fois une ampoule à
LED et une lampe En caout-
chouc transparent, incas-
sable, elle forme une grosse
bulle granuleuse. Son côté
artisanal contredit l'aspect
standardisé habituel,
maîs sa duree de vie
annoncee est de vingt-
cinq ans (on n'a pas
pu vénfiei). La lampe
Booo a ete conçue par
le prometteur Nacho Carbonell Elle
est produite dans une ancienne usine
Philips d'Emdhoven, qui fut autrefois
la capitale de l'ampoule à incandes
cence. Et qui tente d'inventer l'indus-
trie du XXI e siecle -X.J.
L I R E aussi notre précèdent numero p 41
189€ I nachocarbonell com | wwwdesign
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DOn aime un peu UJBeaucoup ED] Passionnément D On n aime pas
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11 RUE BERANGER
75154 PARIS - 01 42 76 17 89
11 OCT 14
Mensuel
Surface approx. (cm²) : 2590
N° de page : 1,110,111,...,113
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3420561400502/XTO/ACR/2 Tous droits réservés à l'éditeur
andrea
branzi,
radicalement
vôtre Alors que s'ouvre à Bordeaux une grande rétrospective du designer italien, des architectes et des commissaires d'exposition décrivent l'influence de cette figure du radicalisme.
Texte Anne Marie Fevre et Clement Ghys
ace a la laideur du
monde actuel je suis
pousse a le changer en
commençant par ses com-
posants les plus petits
les objets domestiques
les produits superflus, les
rmc ro-piojets fonctionnels
ll n est pas vrai qu on
puisse changer le monde uniquement ai ec
des mega programmes ou des révolutions
on peut le faire aussi en modifiant la qualite
de minuscules choses La ville est un ensem-
ble de petites réalités et la qualite de I envi-
ronnement humain est constituée d un
essaim dc mole
et designer italien Andrea Branzi a
Liberation en 2009, dans le numero special
«Pourquoi désignez-) GUS ? » C'est a ce
grand théoricien de I architecture radicale
italienne que le musee des Arts decoratifs de
Bordeaux offre la premiere rétrospective
conséquente en France, cent quarante pieces
provenant des Euts-Ums el d Europe
Ne a Florence en 1938 installe a Milan le
jeune Branzi cofonde le mouvement
Archmiom Associati en 1966 — e n hom-
mage et reference aux architectes anglais
d'Archigram II propose alors un projet cri-
tique et utopique de ville sans fin No-Stop-
Ciry une grande metropole gérée par les
flux C est une ville comme un supermar-
che ou une usine formée de mobilier
urbain, répétitive < No-Stop-City, ecnt-il
est une i ision de reduction absolue un
niveau zero une soi te de 'ground zero ' de
I architecture > II ajoute
veut plus dire aujourd hut habiter une ville
maîs adopter un comportement particulier
constitue par le langage I habillement la
presse et la TV partout ou ces medias arri-
vent arme la ville » (l>
Cet architecte critique du modernisme a
peu bâti maîs s est empare au sortir de la
guerre, du projet de design italien pour en
faire un outil conceptuel Sans fonctionna-
lisme sans I industrie s ms s enfermer
entre forme ct fonction, il préconise la
petite serie et I artisanat, s'attache a la
valeui émotionnelle de I objet En 1981, il
participe au groupe Memphis fonde par
Ettore Sottsass a Milan une derniere
petite re\olution contre I industrie la
rationalité, fondée sur le sens et la pre
sence de l'objet Professeur d l'Ecole
Polytechnique de Milan qu'il a cofondee
en 1983 il a ensuite dirige la Domus
Academy ecole de design spécialisée
dans les troisièmes cycles
Avec les meubles Animah Domestici
(Animaux domestiques 1985), un mani-
feste, il cree des pieces hybrides entre
technologie et nature Dans l'espace
domestique, Branzi entend concilier
«memoiie, souvenirs personnalité,
anciennes et nouvelles technologies com-
portements individuels rêves et phan-
tasmes» Ses vases, Amnesia Antheia,
Bizien sont autant de petits mondes théâ-
traux, m} steneux
C'est ce parcours, aussi radical qu'in-
fluent qui a fait d Andrea Branzi l'une des
figures les plus marquantes du design
mondial Maîs ses combats esthétiques
jamais tres lom des luttes politiques sont
ceux d une epoque tres marquée
Comment penser agir et dessiner a la suite
d'un acteur aussi important 9 A-t-il ctc une
figure tutelaire, le parrain d une nouvelle
generation 7 Ou a î'mveise un pere qu il
fallait tuer ' Une foule de questions qui
révèlent le flou politique actuel ou en ces
temps de renoncement de désillusion
ou de come back enflamme ou \am
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a travaille entre ces deux extrêmes ll cree Œ
g des paysages ou SP cotaient
a environnement nature an maux habitat
jE technologies sacre et travail comme
fr dans son installât on Casa Madre ll défend
I une urbanisation legere flexible avec des
5 choses tres fragiles Ba force et sa
I faiblesse e est d etre «outre disc pline»
I il n est pas considère comrre
^ un designer de produits il est appréhende
3 rnmmp i in architecte de papier et notre
è sociale ne laooeple pas Son piujel leble
I vivant car I n cst pac encore accompli
a
g Luca Galofaro et Carmelo Baglivo,
~ architectes, agence lan*, à Rome.
3 Pendant nos etudes nous ignorions £
tout du travail de Branzi et e est en lançant >
Ë notre agence lan+ que nous avons
< réellement découvert ses théories
g Toute la radicahte des annees 70 voyait
S I dea même de «projet» comme
_ une réalité culturelle complexe
R qu invoque une analyse politique sec ale
I technologique A I inverse d une tendance
j contemporaine qui redut I architecture a
I une pure image a I allure d un batiment
5 ll est capital de trouver une actualite
g a la pensée radicale pour comprendre
5 so nécessite Dana un texte que nous
> avons signe No Manifesta nous
j proposions de ne plus faire d architecture
S radicale de se défaire du besoin d utopies
ss C était en réaction a un plpmpnt récent
n une relecture superf celle du radicalisme
qui ne conserve que son langage et
non la structure de la pensée critique
En somme que le radicalisme est
devenu une simple posture Lin nouveau
radicalisme peut et doit se developper
en continuité avec Branzi ou Superstudio
maîs en opérant un aggiomamento
de sa methode et en pensant
chaque projet comme I evolution
d un systeme politique
Les Sismo (Antoine Fenoglio et Frédéric
Lecourt), designers français.
Si Miohplp DP Lurrhi pst oplui par
qui nous sommes venus au design Branzi
nous a marques par cet aller retour entre
creation et reflex on ecrite Ce lien avec
I écriture a toujours ete dans notre travail
un maillon essentiel de la conception
et de la creation comme une maniere
de valider par d autres ressources plus
explictes ce que la créât on ne transmet
parfois q je dans I mphcite La partcularite
du radicalisme est de sexprmerdans
une epoque précise face a une réalité
sociale pour en tester les limites Et les
transformer En ce sens le radicalisme
des annees 70 aurait da nos iours un
aspect sûrement un peu désuet Pourtant
Bronzi lui mémo nous semble avoir su
donner une energie d adaptation as^pz
forte a son radicalisme pour le faire
évoluer avec lu et avec
la snripfp Aupjrdhui Iq rariicalifp
du design a tendance a s exprimer par
des actions moins «sophistiquées» moins
cérébrales et moins visuelles au profit
d une mise en oeuvre plus entrepreneuriat
et plus autonome Comme si cette
radicahte tres seventies avait glisse vers
d autres frontieres que celles de I art ou
de I architecture vers celles des reseaux
ou des economies Au sujet de la figure
tutelaire que peut représenter Branzi
on peut penser que le radicalisme actuel
ne cherche n heritage ni parrain puisque
la vie du monde passe desuimaib pai
Internet ll semble qu il y oit actuellement
dans IP champ riu (design lmp ripfianop
vis a vis de cette generation passée
qui a pu s exprimer si librement maîs
dans un contexte economique plus facile
En ce sens ce radicalisme s est fige
au moment ou I epoque qui I a portée
s est fossilisée et lorsquil a passe la porte
des grandes galeries •
[1] Extraits de Le Design italien
La Casa Calcia Andrea Branzi
edition francaise 1985
Andrea Branzi, pleased to meet you,
du 10 octobre au 25 janvier au musee
des Arts decoratifs et du design Bordeaux
Expositions hors les murs A I espace
Saint Remi Centre d architecture
Arc en Reve ecole des Beaux Arts
a la galerie des Etables du 10 octobre
au 25 janvier
www bol deaux f r
149 RUE ANATOLE FRANCE
92534 LEVALLOIS PERRET CEDEX - 01 41 34 80 00
OCT 14
Mensuel
OJD : 167011
Surface approx. (cm²) : 574
N° de page : 28
Page 1/1
8e72655254e0fd0592314064b10df5342a35d329a19b4b4
BORDEAUX7
8766231400508/XCB/ACR/2 Tous droits réservés à l'éditeur
ELLE DECO NEWS
Z.
Sous les feux de la rampe
Andrea Branzi
Un ouvrage et une expo monographique
ponctuent la rentrée de cette star italienne de
l'architecture et du design qui a libéré l'objet de la
tyrannie de l'usage. Né en 1938 à Florence, ce
théoricien de l'architecture radicale italienne,
cofondateur d'Archizoom Associati en 1966, a une
vie professionnelle toujours remplie. A Bordeaux,
il réalise la scénographie dè l'expo en créant un jeu
de rythmes dans la présentation des 150 pièces.
Il signe un texte inédit dans le livre qui lui est
consacré. Et apporte la dernière touche au cinéma
MK2 qui ouvrira début 2015 dans le cadre
de La Jeune Rue, dans le 3e arrondissement à Paris.
Le rendez-vous est déjà pris.
• Du 10 oct. au 25 janv., "Andrea Branzi, pleased
to meet you", musée des Arts décoratifs-Hors les
murs, à l'espace Saint-Rémi,
Bordeaux (www.bordeaux.fr)
designer
e
I. Andrea Branzi 2. Bibliothèque Pierced Bookcase ,2006 3. Vase Ipomea en
verre souffle emp labié 2000 4.Alire Andrea Branzi Designer architecte théoricien editions Alternatives (parution le 9 octobre) 5. Vases de la collection Amnesia 1991
6. Canape Safari Archizooin Associati 1967 ed Poltronova
Felipe Ribon
5 août au 2 novembre 2015
Le Monde
24 août 2015
Le Figaro
28 août 2015
Disegno (GB)
Avril 2016
Wallpaper (GB)
7 août 2015
Sud Ouest
18 septembre 2015
M le magazine du Monde
9 décembre 2015
Le Quotidien de l'Art
17 septembre 2015
Milk Decoration
7 août 2015
M, Le Magazine du Monde 12 au 19 SEPT 15 Presse nationale
Page 1/1
M, Le Magazine du Monde 12 au 19 SEPT 15 Presse nationale
Page 1/1
KADER ATTIA PROPOSE
À LYON UNE PLONGÉE DANS
L’INCONSCIENT AFRICAIN
ENTRETIEN page 7
LA GALERIE DES CARRACHE
DU PALAIS FARNÈSE
ROUVRE AU PUBLIC APRÈS
RESTAURATION
ROME page 2
FELIPE RIBON,
MÉDIUM
DU DESIGN
BORDEAUX page 5
JEUDI 17 SEPTEMBRE 2015 NUMÉRO 901
WWW.LEQUOTIDIENDELART.COM 2 euros
FORUM
D’AVIGNON RUHR
DONNÉES
PERSONNELLES
ET ENTREPRISES,
L’URGENCE
D’UNE ÉTHIQUE
P.9
KATIA BAUDIN
NOMMÉE DIRECTRICE
DES KUNSTMUSEEN
KREFELD Lire page 3
MilkDecoration.com 07 AOÛT 15 Presse internet
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Page 3/9
Page 6/9 LE QUOTIDIEN DE L’ART | JEUDI 17 SEPT. 2015 NUMÉRO 901
Le jeune designer franco-colombien Felipe Ribon convoque
les esprits du design au musée des arts décoratifs de Bordeaux,
dans une exposition qui emmène les visiteurs au-delà du
sensible._Par Alexandre Crochet
CORPS SUBTILS, CARTE BLANCHE À FELIPE RIBON – Musée
des arts décoratifs et du design, Bordeaux – Jusqu’au
2 novembre
Felipe Ribon,
médium du design
PAGE
05
/…
Vue de exposition
« Corps subtils, Felipe
Ribon », antichambre
rez-de-chaussée.
© Ribon.
CONSTANCE
RUBINI FAIT PREUVE
D’ORIGINALITÉ EN
EXPOSANT L’UN
DES TRÈS RARES
DESIGNERS À
EXPLORER NOTRE
PERCEPTION
EXTRASENSORIELLE
Esprit, es-tu là ? Au
XIXe siècle, Victor Hugo
faisait tourner les tables pour
communiquer avec les disparus.
Plus tard, le pionnier de
l’électricité Thomas Edison avait
rêvé d’utiliser la science pour
communiquer avec l’au-delà. Au
XXI e siècle, le designer français
d’origine colombienne joue à
son tour les médiums. Ce jeune
homme – il est né en 1981 – déjà
auréolé de multiples récompenses
a reçu « carte blanche », une
proposition qui fait sens en
l’espèce, pour « hanter » le
vénérable hôtel particulier du
XVIII e siècle qui abrite le musée
des arts décoratifs de Bordeaux. Sa
directrice, Constance Rubini, fait
preuve d’originalité en exposant
l’un des très rares designers
à explorer notre perception
extrasensorielle. « Felipe Ribon
est colombien, il est donc moins
cartésien que les Français et très
sensible à ces thématiques »,
confie la responsable du musée,
soulignant qu’une pratique
comme l’hypnose revient
dans l’actualité avec, entre
autres, l’utilisation de ce
médium pour réaliser des anesthésies en milieu hospitalier. « Selon les
scientifiques, seul 5 % de notre cerveau est utilisé », ajoute-t-elle.
C’est cette « part de cerveau disponible », pour plagier la formule
malheureuse d’un ancien dirigeant de télévision, que Felipe Ribon
sollicite à travers deux collections récentes, Mind the gap et æ – objets
médiums. Dans la première, le visiteur est convié à approcher la
pratique de l’hypnose à travers une série d’objets et d’installations.
Au début du parcours, l’une des salles accueille ainsi un tapis dont
les motifs codifiés évoquant des planètes matérialisent l’espace de la transe
hypnotique. Au-dessus est suspendu un pendule géant en verre soufflé
argenté et en grès qui canalise les énergies telluriques. De nombreux miroirs
EXPOSITION
LE QUOTIDIEN DE L’ART | JEUDI 17 SEPT. 2015 NUMÉRO 901 PAGE
06 EXPOSITION
FELIPE RIBON,
MÉDIUM
DU DESIGN
de sorcière (convexes) revisités,
moitié mat moitié brillant, reflètent une réalité troublée
et troublante, au-delà du visible, dans un clin d’œil
volontaire ou non au célèbre portrait des Époux Arnolfini
par Jan van Eyck.
L’autre volet de l’exposition, æ – objets médiums, aborde
la question de l’au-delà et le dialogue avec les morts.
Cette fois, Felipe Ribon a exhumé une série d’objets
mémoriels dans les réserves : « il a aimé ces lieux précédés
d’histoire et a pu utiliser le musée comme une matière »,
raconte Constance Rubini. Parmi les objets ainsi rendus
aux regards des vivants figurent des vases funéraires
de la fin du XVIII e siècle dits séditieux, reprenant de
façon dissimulée le profil de Louis XVI ou de Madame
Élisabeth dans un but de discrète propagande royaliste,
ou un reliquaire en forme de cercueil renfermant une
mèche de cheveux possiblement du roi décapité.
Un peu plus loin, Felipe Ribon a disposé des
Ghost-Busters en verre, destinés à capter les
mouvements invisibles – nous ne l’avons
malheureusement pas testé. Très répandue jadis,
la tablette alphabétique est remise au goût du
jour par le designer. Transportable, elle permet à l’esprit invoqué de
répondre à travers un nouveau système d’équivalences symboliques
entre le corps et les caractères typographiques. Caelum, enfin, empile
des cercles de marbres dans un mouvement de torsion ascendant,
reliquaire contemporain qui peut accueillir les cendres du défunt dans
un petit objet lui ayant appartenu. « Ribon est l’un des rares designers
de sa génération à être très attentif à la qualité et à la maîtrise formelle,
une dimension sans doute acquise auprès des frères Bouroullec », glisse
Constance Rubini. Une question demeure en suspens. Pour créer ces
objets, le designer s’est-il placé lui-même dans un état second ?
CORPS SUBTILS, CARTE BLANCHE À FELIPE RIBON, jusqu’au 2 novembre,
musée des arts décoratifs et du design, 39 rue Bouffard, 33 000 Bordeaux,
tél. 05 56 10 14 00, www.bordeaux.fr
SUITE DE LA PAGE 05
Felipe Ribon, Eye,
2015, faïence
émaillée, verre optique
dichroïde Essilor®.
© Ribon.
Felipe Ribon avec
un Ghost-Buster.
© Giesbrecht.
Felipe Ribon en dates 2008 Diplômé de l’École
nationale supérieure
de création industrielle-
Les Ateliers, Paris
2008-2012 Scénographe
et chef de projet au studio
des frères Bouroullec
2009 Remporte le Grand
prix de la création de la Ville
de Paris, le prix Best of
the Best du Red Dot Design
Award (Allemagne) et le prix
du public à la Villa Noailles
(Hyères)
2010 Commissaire de
l’exposition « Lumières »
à la Biennale de Saint-Étienne
2015 Prix Bettencourt
pour l’intelligence de la main
pour son diffuseur de parfum
Osmos
POUR CRÉER
CES OBJETS,
LE DESIGNER
S’EST-IL PLACÉ
LUI-MÊME
DANS UN ÉTAT
SECOND ?Annexes — Le musée dans la presse 331 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 330
Octave de Gaulle, civiliser l'Espace
11 décembre 2015 au 10 avril 2016
Le Monde
4 février 2016
Le Figaro
29 janvier 2016
Sud Ouest
26 mars 2016
Le Monde
3 septembre 2014
Bordeaux7
3 septembre 2014
IDEAT
2 juin 2014
Paris-Art
16 mai 2014
Sud Ouest
16 mai 2014
La Gambiarra, objets potentiels, une utopie de designers
15 mai au 15 octobre 2014
Design Au Musée des arts décoratifs et du design de Bordeaux,
deux jeunes créateurs interrogent, non sans malice, la notion d’objet utilitaire
Dis-moi à quoi tu sers?
Les meilleures entrées en France
culture & styles
Bordeaux
L e numéro 01-83-72-89-31 que voussuggèred’appelerlanoti- ce figurant dans la première vitrine de l’exposition « La Gam- biarra », au Musée des arts décora-
tifs et du design de Bordeaux, vous
apprend que « les objets que vous
avez sous les yeux sont de petites
improvisations glanées sur le Web
et dans la vie de tous les jours ».
« A première vue, poursuit la
voix sur le répondeur téléphoni-
que, ces petits objets paraissent un
peu décalés, presque sales, drôles
parfois (…). Ils nous éloignent du
type de produits que l’on consom-
me d’habitude, hyper définis, faci-
les à utiliser, très sécurisants. » Et le
commentaire de vous rassurer, si
besoin était : « La plupart d’entre
nous se sentent distants par rap-
port à ces objets, probablement par-
ce qu’ils naissent dans des milieux
moins équipés que le nôtre. »
Aucun doute : ces objets sont
déroutants, désopilants… La plan-
che à repasser pour faire griller des
saucisses ; la « cafetière honnête »,
qui laisse voir son réservoir, sa
pompe et l’ensemble de ses autres
organes; ou bien encore la poignée
en polyuréthane moulé, qui peut
servir aussi bien de presse-papiers,
de poignée pour le couvercle d’une
casserole, pour une brosse ou une
anse d’aspirateur, etc.
D’autres explications à propos
de différents groupes d’objets sont
ainsilivréesparrépondeurtélépho-
nique interposé. Cinq en tout. Pour
visiter la Gambiarra, il est donc
recommandé de se munir de son
téléphone portable.
Pourquoi un tel dispositif ?
« Pour répondre à la pénurie d’au-
dio-guides du musée bordelais »,
répondent les deux jeunes desi-
gners, Basile de Gaulle et Romée de
la Bigne. Diplômés de l’Ecole natio-
nale supérieure des arts décoratifs
deParis(Ensad)–le premierendesi-
gn graphique, le second en design
objet–, ils mettent ici en scène leur
travail de fin d’études, qui leur a
valu en 2013 les félicitations du
jury de l’école, présidé par le desi-
gner Mathieu Lehanneur.
Ils ne voulaient pas saturer par
des panneaux l’espace relative-
ment petit de l’exposition. Ils ont
donc demandé à quelques amis
d’emprunter la ligne fixe que ces
derniersn’utilisentjamais – lesjeu-
nes se servant uniquement de leur
portable – et d’enregistrer sur les
répondeurs de ceux-ci des textes
permettant de guider les visiteurs
au pays de la Gambiarra.
Cette trouvaille ne pouvait pas
mieux illustrer ce terme brésilien
qui donne son titre à l’exposition.
La Gambiarra, lit-on sur un pan-
neauplacéàl’entréedelasalle,dési-
gne«unartdevivre rythméparl’im-
provisationet lessolutionsprovisoi-
res ». Là où face, le plus souvent, à la
pénurie et à la nécessité, l’on fabri-
que une table à partir de toute sur-
face plane… Autrement dit le systè-
me D ! Dont les exemples les plus
connus sont le dos d’une chaise
converti naturellement en porte-
manteau. Ou une bouteille plasti-
que coupée en deux devenant à la
fois tasse et entonnoir…
Prenant le pari de la plus grande
liberté,lesdeuxdesigners ont réali-
sé non pas des objets vendables
mais une réflexion autour d’objets
potentiels et de leurs qualités telles
que prendre, tourner, chauffer. En
partant deleurs qualités plutôtque
de leur fonction, considérant que
cette dernière est un point final et
la qualité un point de départ, ils
montrent qu’une tige maniable et
déformable, avec sa résistance
chauffante, a plusieurs fonctions :
elle permet de cuire des aliments,
chauffe l’eau de la bouilloire, de la
douche, etc. Idem pour l’élastique,
dontilscontentune joliecomparai-
son avec le téléviseur, à la façon
d’une fable de La Fontaine, au
01-47-00-75-37.
L’exposition fait jaillir bien des
questionnements. Celui-ci par
exemple : à quoi servent les desi-
gners ? « En France, le métier est
flou. C’est un anglicisme qui, outre-
Manche est complété par une spéci-
ficité – objet, graphique, industriel,
etc. – Ici, le designer est décorateur,
ce que nous ne voulons pas vrai-
ment devenir. » En matière d’équi-
pement, de quoi a-t-on vraiment
besoin ? « De si peu finalement »,
répond le duo.
Leur propos est « d’aller au-delà
dudesignquivientcomblerlemoin-
dre besoin ». Il est vrai que l’abon-
dance de biens domestiques sem-
ble bien provoquer le fantasme de
l’équipement. Le designer italien
Bruno Munari (1907-1998) dans les
années 1960, ne s’en était-il pas
moquéenétablissant une listequa-
si exhaustive de tous les couverts
existant dans nos sociétés, quand
ailleurs deux baguettes suffisent !
A-t-on besoin d’une cuillère
pour faire fondre le sucre dans son
café ? Un film réalisé par les deux
comparses montre les 100 maniè-
res d’inventer sa cuillère. N’a-t-on
pas chez soi des machines qui ne
servent presque jamais ? Des appa-
reils dernier cri dans la cuisine
dont les fonctions se complexi-
fient chaque jour davantage et que
l’on utilisesi peu ? Desoutillages de
plus en plus performants qui, à
moins que l’on ne soit un bricoleur
hyperactif, restent enfermés dans
leurs boîtes quasiment toute l’an-
née ? Or, assurent-ils, « on ne peut
pass’équiper de toutetêtre sansces-
se dans le désir d’un objet qui fera
ceci ou cela. Le design s’est dévelop-
pé pour résoudre des problèmes,
fournir aux utilisateurs des solu-
tions à leurs besoins. Mais à voir le
nombre d’objets que nous produi-
sons, il semble que nous ayons bien
des problèmes »…
Loin de la technique marketing
dela« persona» –consistantà iden-
tifier un groupe cible afin de fabri-
quer en série un objet pour qu’il
soit acheté par le plus grand nom-
bre – ils ont réinventé, bricolé des
objets-éléments. De telle façon éga-
lement que chacun puisse à sa gui-
se faire son propre objet. Et non pas
l’objet de tout le monde.
Une utopie ? Pas tant que cela.
L’on se souvient de l’engagement
contre la frénésie de la production
d’objets qui animait dans les
années 1990 le groupe néerlandais
Droog Design. L’on se rappelle les
bouteilles de lait en guise de sus-
pensions lumineuses de Tejo
Remy. Récupération et recyclage
ont pris depuis les contours d’un
courant esthétique à la mode. En
ces temps d’alerte rouge sur l’ave-
nir de la planète, la démonstration
de Basile de Gaulle et Romée de la
Bigne pourrait bien rouvrir la voie
à l’engagement radical d’hier. p
Mélina Gazsi
La Gambiarra, objets potentiels, une
utopie de designers. Jusqu’au 15 octo-
bre, Musée des arts décoratifs et du
design de Bordeaux, 39, rue Bouffard.
Tous les jours sauf le mardi,
de 14 heures à 18 heures. Entrée libre.
www.bordeaux.fr
En cette rentrée, Lucy poursuit sa promenade de santé en tête du box-
office, parvenant, en 4e semaine, à dépasser la barre des 4 millions d’en- trées. En 20e semaine, Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? franchit, lui, le seuil faramineux des 12 millions d’entrées. Sinon, Party Girl réussit un
départ moyen compte tenu de son bon accueil critique : un peu plus de 64 000 entrées pour une moyenne par copie de 426 spectateurs. Fait
notable, Winter Sleep se maintient (– 4 % par rapport à la semaine du
20 au 24 août), atteignant un total cumulé de 220 000 entrées. Il s’agit
non seulement du meilleur résultat pour un film du Turc Nuri Bilge
Ceylan en France, mais aussi, étant donné la durée de ce long-métrage
(3 h 16), d’un bon résultat comparativement à d’autres Palmes d’or répu- tées difficiles (Le Goût de la cerise avait attiré 160 000 spectateurs, et
L’Eternité et un jour, 170 000). A noter, enfin, le bon score des Combat-
tants (plus de 200 000 entrées en moins de deux semaines).
LES FILMS DE LA SEMAINE
A-t-on besoin
d’une cuillère
pour faire fondre le
sucre dans son café?
Lucy 4 402 963 615 – 24% 4 159 706
Hercule 1 338 048 487 338 048
Les Gardiens
de la galaxie 3 288 558 586 – 24% 1 760 028
Nos étoiles contraires 2 228 438 299 – 17% 617 987
22 Jump Street 1 226 229 288 226 229
Expendables 3 2 219 639 588 – 53% 810 001
La Planète des singes :
L’affrontement 5 159 375 591 – 31% 3 574 410
Opération
Casse-noisette 4 122 627 410 19% 801 813
Qu’est-ce qu’on a fait
au Bon Dieu ? 20 93 600 441 – 9% 12 064 037
Enemy 1 82 127 157 82 127
AP : Avant-première * Estimation
Source : Ecran Total (1) Période du 27 au 31 août inclus
nRetrouvez l’intégralité
de la critique sur Lemonde.fr
(édition abonnés)
ppv À VOIR
Hippocrate
Film français de Thomas Lilti
(1 h 42).
Obvious Child
Film américain
de Gillian Robespierre (1 h 23).
pvv POURQUOI PAS
Boys Like Us
Film franco-autrichien
de Patric Chiha (1 h 30).
n Maintenant ou jamais
Film français de Serge Frydman
(1 h 35).
Une jeune mère de famille (Leïla
Bekhti) décide de piller une ban-
que alors que son mari, licencié
par son employeur, se trouve inca-
pable de payer les traites de leur
nouvelle maison. Problème : elle
s’éprend insensiblement du bra-
queur amateur (Nicolas Duvau-
chelle), auquel elle s’associe. On
voudrait y croire, mais le film lui-
même n’y croit pas plus que
cela. p J. Ma.
Métamorphoses
Film français
de Christophe Honoré (1 h 42).
n Le Secret de Kanwar
Film indien d’Anup Singh (1 h 49).
La quatrième fille d’Umber Singh
vient de naître : c’est celle de trop.
Prêt à tout pour avoir un fils, il déci-
de d’élever l’enfant comme un gar-
çon, même s’il faut pousser le
secret jusque dans ses limites les
plus absurdes et les plus doulou-
reuses… Mi-drame social au cœur
de l’Inde des années 1950,
mi-conte fantastique, Le Secret de
Kanwar se construit de manière
un peu vacillante, mais dresse un
tableau familial saisissant. p N. Lu.
vvv ON PEUT ÉVITER
n Irina, la mallette rouge
Film français de Bernard Mazauric
(1 h 27).
Une fillette serbe, jetée sur les rou-
tes alors que la guerre s’achève,
est recueillie par une famille de
paysans bosniaques. C’est un récit
d’apprivoisement classique que
filme Bernard Mazauric avec une
bonne dose de naïveté qui établit
immédiatement la cible à laquelle
s’adresse ce conte : le jeune public,
qui tirera les bénéfices d’une sensi-
bilisation au conflit qui embrasa
les Balkans. p N. Lu.
NOUS N’AVONS PAS PU VOIR
Délivre-nous du mal
Film américain de Scott Derrick-
son (1 h 49).
ARTS
L’Espagne rend à Bogota
un trésor précolombien volé L’Espagne a rendu, lundi 1er septembre, à la Colombie près de
700 objets d’art précolombien, que les autorités espagnoles
avaient découverts en 2003 lors d’une saisie de drogue. Les
objets – vases ornés de visages, bols de céramique décorés de
motifs géométriques aux tons ocre, instruments de musique, col-
liers, figurines – avaient été emportés hors de Colombie en
2001…
L’ensemble réunit des objets qui datent aussi bien de 1 400 avant
Jésus-Christ que du XVIe siècle. La récupération de ces trésors
archéologiques a, pour la Colombie, « une valeur qu’il est très diffi-
cile de chiffrer. Ils viennent de plusieurs de nos cultures et les rap-
porter au pays a pris des années », a déclaré la ministre des affai-
res étrangères colombienne, Maria Angela Holguin, lors d’une
présentation de cinquante de ces objets. – (AFP.) p
Cinéma Faye Dunaway au Festival Lumière de Lyon
L’actrice américaine Faye Dunaway sera l’invitée d’honneur de la
6e édition du Festival de cinéma Lumière, qui se tiendra à Lyon
du 13 au 19 octobre. Le film Bonnie and Clyde (1967), d’Arthur
Penn (1922-2010), dont elle fut l’interprète principale, y sera pro-
jeté en version restaurée, lors de la soirée d’ouverture.
Par ailleurs, une carte blanche sera consacrée au cinéaste espa-
gnol Pedro Almodovar et une rétrospective au cinéaste français
Claude Sautet (1924-2000).
Evolution
Nombre de par rapport Total semaines Nombre Nombre à la semaine depuis
d’exploitation d’entrées (1) d’écrans précédente la sortie
Planche à repasser pour griller
des saucisses. Ci-contre,
une bouilloire. Ci-dessous,
un réchaud. CLÉMENT LEPENVEN ; SAMY RIO
16 0123 Mercredi 3 septembre 2014
NOW!IARTIPHOTOIDESIGNIDANSEILIVRESIINTERVIEWSILIEUXICRÉATEURS AGENDA CRITIQUES
parisART recherche un-e COMMERCIAL-e MOTIVE-e connaissant le marché de l'art
ART | AGENDA
Romée de
la Bigne,
Basile de
Gaulle
La
Gambiarra.
Objets
potentiels,
une utopie
de
designers
15 mai-15
oct. 2014
Vernissage
le 15 mai
2014
Bordeaux.
Musée des
arts
décoratifs
de
Bordeaux
La Gambiarra est un terme brésilien qui désigne une intelligence pratique, nécessaire pour résoudre un problème du quotidien avec les moyens du bord. Le Musée des Arts décoratifs de Bordeaux présente un projet de design conçu par Basile de Gaulle et Romée de la Bigne autour de la réinvention des objets.
1/1
Communiqué de presse
Basile de Gaulle, Romée de La Bigne
La Gambiarra. Objets potentiels, une utopie de
designers
Page 1 of 1
16/05/2014 http://www.paris-art.com/exposition-art-contemporain/la-gambiarra-objets-potentiels-...
Houselife
24 septembre 2016 au 29 janvier 2017
Le Monde
10 octobre 2016
Le Figaro
19 octobre 2016
L’Œil
16 novembre 2016
Date : NOV 16
Pays : France
Périodicité : Mensuel
Page de l'article : p.110
Journaliste : Christian Simenc
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BORDEAUX7 1278549400509 Tous droits réservés à l'éditeur
Lœil DES EXPOSITIONS
EN REGIONS
_ Bordeaux et Floirac (33)
LE DESIGN IN SITU Musée des arts décoratifs Jusqu'au 29 janvier 2017
Rares sont les possibilités de visiter une
maison particuliere conçue par un archi-
tecte détenteur du Pntzker Prize, équiva-
lent du prix Nobel en architecture. C'est
lecas, pour quelques semaines, à Floirac,
près de Bordeaux, où la maison Lemoine,
érigée en 1997 par le maître d œuvre
néerlandais Rem Koolhaas (lauréat en
2000l, accueille l'un des volets d'une ex-
position bicéphale intitulée « Houselife »
[« Vie domestique »], qui réunit plus de
trois cent cinquante pieces dè dèsigners
français et internationaux datant des
années 1980 à aujourd hui, issues de la
collection design et arts décoratifs du
C e n t r e n a t i o n a l d e s a r t s p l a s -
tiques (CNAPI Le second volet se loge
dans lhôtel de Lalande, actuel Musee
des arts décoratifs et du design de Bor-
deaux Au premier étage de la maison
Lemoine, se déploient une cinquantaine
de pièces qui résonnent peu ou prou avec
la puissance et la technicité de cette ar-
chitecture contemporaine Sont ainsi
évoquées des notions de porte-à-faux, de
coulissage.de légèreté, de transparence,
ete Planté sur un fragile mikado en alu-
minium qui fait office de pieds, le canape
Ffying Carpe? d'Ilkka Suppanen évoque
justement le porte-à-faux, et immanqua-
blement la légèreté Le tabouret TMAG-F
d'Etienne Fermigier coulisse, lui, sur son
propre pied, à I instar d une large plate-
forme, qui, habituellement, traverse tous
les niveaux de la maison Pour I occasion,
cette plateforme s'est figée et a été suré-
levée d'un podium afin de recevoir une
myriade de vases de verre, dont un eton-
nant spécimen signé Bert Fnjns et bap-
tisé Cylindre. Penché rempli d'eau, il ne
tient sur sa base que s'il contient un mini-
mum de liquide De son côté, le Musee
des arts décoratifs et du design accueille
pas moins de trois cents meubles et ob-
jets repartis dans les différentes salles
devenues pièces d'habitation entrée,
salon, salleà manger, cuisine, chambre,
bureau Pou rie visiteur, e est I opportu-
nité de découvrir une (infime] partie de
cette imposante collection du CNAP, le-
quel a réuni, depuis 1981, quelque neuf
mille meubles et objets, dont six mille
contemporains
CHRISTIAN SIMENC
EttoreSottsass.Compof/erMurmansfc, 1982 vue
dp la presentation dans la Maison Lemoine,
collection CNAP ©Plio o MADDBordeaux/
Jeanchristophe Garcia
O « Houselife », Musee des arts décoratifs et du
design, 39, rue Bouffard, Bordeaux 1331. et,
jusqu au 10decembre2016.a Lav Lia Lemoine,
a Floirac www madd-bordeaux tr
Côté Ouest
Octobre 2016
Le Journal des Arts
Octobre 2016
Date : OCT/NOV 16
Pays : France
Périodicité : Bimestriel
OJD : 38587
Page de l'article : p.48
Journaliste : Neka Champey
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BORDEAUX7 3718819400504 Tous droits réservés à l'éditeur
Agenda
Domestiquer le DESIGN Deux lieux d'exception -l'hôtel particulier du XVIII e qui abrite le musée des Arts décoratifs et la Maison à Bordeaux, griffée Rem
Koolhaas- accueillent une sélection de 300 pièces emblématiques du design contemporain consacré à la maison. PA» NEKA CHA»PEY.
D epuis la Préhistoire, les objets du quotidien répondent a une double exigence ils se doivent d'être fonctionnels et « beaux » Une recherche de l'esthétique qui a certes évolue maîs a toujours ete pensée en parallèle Conçue parle musee des Arts decoratifs et du Design, « Houselife » se différencie des autres rétrospectives consacrées au design domestique grâce a une
presentation totalement in situ pas d installation froide de pieces
isolees posées sur socle, maîs une mise en scene pertinente dans
deux cadres d'exception, le somptueux hôtel de Lalande, siege
du MAUD et une maison contemporaine privee, dessinee par
Rem Koolhaas, perchée sur les hauteuis de Bordeaux Cafetières,
vases, lampes, armoires fauteuils ce sont pres de 300 pieces
de designers -Maicel Wenders, Ren Arad, Maarten Haas, François
Bauchet. Renan et Erwan Boutoullec - issues du Fonds national
d'art contemporain, de la collection du Centre national des arts
plastiques (Cnap) qui recréent une •< vie de famille » En mettant
en avant non seulement leur beaute plastique maîs leur fonction
dans la vie quotidienne Le design «vant trouve ainsi sa place
autant dans une maison d'architecte que dans un cadre XVIII e ,
tout en boiseries et parquets d'époque Une belle reflexion sur le
beau dans le quotidien, que n'aurait pas reniée le Bauhaus <>
Jusqu'au 29 janvier 2017 Musee des Arts decoratifs et du Design
de Bordeaux, 39, rue Boulard, 33000 Bordeaux madd-bordeaux fr
1. Inspirée des vases Ming, Hella Jongenus mélange supports et matériaux
inattendus. « Embroidered Tablecloth - Red Blossom » 2. « Knotted Chair »
de Marcel Wanders sera exposée dans le Cabinet des singeries du MADD.
3. L'«OggettQ banale» d'Alessandro Mendim trônera au Cabinet des
faiences fines du MADD. 4. Le « Floorfan », sculpte à la main, de Maarten
Baas. 5. « Papardelle » de Bon Arad : une chaise souple comme un ruban.
Date : 14/27 OCT 16
Périodicité : Bimensuel Page de l'article : p.17 Journaliste : Christian Simenc
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m situ Le design au quotidien
Les meubles et objets de design du Cnap retrouvent
leur fonction usuelle dans un univers domestique
Date : 14/27 OCT 16
Périodicité : Bimensuel Page de l'article : p.17 Journaliste : Christian Simenc
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B O R D E A U X • A v e c ses
9 DOO meubles et objets, dont
6 000 contemporains, la collec-
tion Design et arts décoratifs bâtie
depuis 1981 par le Centre natio-
nal des arts plastiques (Cnap) de
Bordeaux est aujourd'hui impo-
sante. Mais le Cnap n'est qu'un
fonds qui n'a pas de forme, en
l'occurrence un lieu pour exhiber
ledit fonds. D'où ses prêts pour
les expositions et autres dépôts
temporaires dans les institutions
publiques. Et depuis un an, le
Cnap expose davantage. Après la
présentation « Les Oracles du de-
sign », fin 2015, à la Gaîté Lyrique,
à Paris, puis « Zone de confort »,
en février, à la Salle Poirel, à
Nancy, c'est au tour de Bordeaux
d'accueillir « Houselife » [« Vie
domestique »], laquelle réunit
350 pièces de designers français
et internationaux datant des an-
nées 1980 à aujourd'hui.
L'exposition se déploie dans deux
lieux qui, historiquement et ar-
chitecturalement parlant, sont
à l'opposé l'un de l'autre. D'un
côté, en plein centre-ville, une
demeure du XVIII e siècle, l'hôtel
de Lalande, actuel Musée des arts
décoratifs et du design ; de l'autre,
une villa ultra-contemporaine des
années 1990, la maison Lemoine,
plantée par l'architecte batave Rem
Koolhaas sur une colline de la pé-
riphérie bordelaise, à Floirac. Deux
espaces distincts - soit deux ma-
nières de « montrer » un univers
domestique - qui, pour l'occasion,
inversent la logique habituelle :
le musée se métamorphose en
maison et la maison, à son échelle
évidemment, en musée.
Le design mis en contexte
Au Musée des arts décoratifs et du
design, le visiteur déambule ainsi
dans différentes salles transfor-
mées en pièces d'habitation : en-
trée, salon, salle à manger, cuisine,
chambre, bureau... Trois cents
objets que l'on peut admirer sans
filtre - c'est l'intérêt majeur de
cette présentation - investissent
les espaces, vitrines comprises.
Le procédé est simple : dans la
Maarten Baas, Floorfan, 2006,
présente dans le salon de Gascq,
Musée des arts décoratifs et du
design, Bordeaux. ©Photo MAUD
Bordeaux/Jean Christophe Garcia
cuisine, les ustensiles ou l'électro-
ménager, dans le salon, la chaise
longue et un lampadaire pour la
lecture, etc. Dans une vitrine, des
pièces en porcelaine signées Jaime
Hayon côtoient d'antiques pots de
pharmacie. Sur une commode,
deux porte-fruits ou légumes en
faïence de Florence Doléac enca-
drent une céramique ancienne de
Moustiers. Sur cette dernière, des
excroissances en forme de têtes
de lion ; sur les premiers, une my-
riade de bols ou d'anses. Entre les
intrus et les existants, meubles et
objets amorcent parfois un tête-à-
tête formel, mais le jeu s'arrête là.
Fatalement, dans le « vestibule »,
on retrouve un vélo - un Biomega
signé Marc Newson - et dans la
« chambre d'enfant » des meubles
« rigolos », telle une « chaise
langue » en résine de Marti Guixé.
Ce principe qui consiste à récréer
les pièces traditionnelles d'une
habitation n'autorise que très peu
de liberté, sinon de fantaisie, et le
choix des objets est souvent dicté
par l'affectation des salles. D'où
une scénographie sans surprises.
HOUSELIFE
-» Commissaire de
l'exposition : Constance
Rubmi, directrice du Musée
des arts décoratifs et du design
de Bordeaux.
-» Commissaire associée :
Juliette Pollet, responsable
dè la collection Design et Arts
décoratifs au Cnap.
-» Nombre de pièces : 350.
HOUSELIFE, jusqu'au 29 jan-
vier 2017, Musée des arts dé-
coratifs et du design, 39, rue
Bouffard, 33000 Bordeaux, et
jusqu'au 10 décembre 2016,
Maison Lemoine, 2 chemin des
Plateaux, 33270 Floirac , www.
madd-bordeaux.fr.
Exceptée la chaise Pappardelle de
Ron Arad qui opte pour un endroit
incongru en haut d'un escalier,
devant une cimaise truffée d'an-
tiques heurtoirs et verrous en fer
forgé, dont le matériau résonne
avec la cotte de maille inox de
l'assise, laquelle épouse moelleu-
sement les marches dudit escalier.
Lin dialogue contenant
et contenu efficace
Le propos est plus consistant dans
la Maison Lemoine, à Floirac, qui
accueille au premier étage - ou
rez-de-jardin, c'est selon - le se-
cond volet de cette exposition :
soit une cinquantaine de pièces ;
une gageure, car le lieu est ha-
bité. Âgée de deux décennies,
l'architecture n'a rien perdu de sa
superbe. Elle en impose même à
ces infortunés objets venus, pour
quèlques semaines, troubler son
existence. Néanmoins, le dialogue
s'instaure davantage entre conte
nant et contenus. Sont notam-
ment révélés divers aspects de la
technicité de la villa : systèmes
coulissants ou mobiles, porte-à-
faux, matériaux bruts... Les ri-
goureux tabourets métalliques de
Herbert Jakob Weinand répondent
à la géométrie du sol fait cle larges
panneaux en inox. Suspendu
comme en lévitation, le fauteuil
Bulle d'Eero Aarnio fait un clin
d'oeil à un œil-de-bœuf découpe
dans le rideau de plastique blanc
accroché en arrière-plan. Face à la
vigueur du béton brut s'affichent,
en regard, trois centres de table du
duo Dele Lindo, conçus en banals
tubes de PVC gris. Ou le Hamac
n° 28 du tandem Bless, tressé
d'épais boudins de coton anthra-
cite, lequel fait fi de la paroi vitrée
pour flotter littéralement dans
le paysage. Sur une plateforme
mouvante, figée pour l'occasion
et surhaussée en guise de podium,
sont disposés des vases en verre,
dont bon nombre sont séduisants,
qui évoquent la transparence et la
lumière naturelle au travers des-
quels on aperçoit le jardin.
Christian Simenc
Disegno (GB)
15 novembre 2016
Wallpaper (GB)
15 novembre 2016
DESIGN DESIGN REPORT REPORT
Domestic Treasures Domestic Treasures
Bordeaux Bordeaux
15 November 2016 15 November 2016
On the outskirts of Paris sits the Centre National des Arts Plastiques (CNAP). A state-owned institution dedicated to On the outskirts of Paris sits the Centre National des Arts Plastiques (CNAP). A state-owned institution dedicated to promoting contemporary visual arts, the CNAP is home to a vast collection consisting of almost 100,000 pieces. Along promoting contemporary visual arts, the CNAP is home to a vast collection consisting of almost 100,000 pieces. Along with artworks, the collection holds some 9,000 design objects. with artworks, the collection holds some 9,000 design objects.
“In France we refer to it as an exhibition that doesn’t have walls,” says Constance Rubini, the director of the Musée des “In France we refer to it as an exhibition that doesn’t have walls,” says Constance Rubini, the director of the Musée des Arts Décoratifs et du Design (MADD) in Bordeaux. “The CNAP is not like a museum that has a space to show its collection. Arts Décoratifs et du Design (MADD) in Bordeaux. “The CNAP is not like a museum that has a space to show its collection. Instead it’s all kept in storage.” The CNAP regularly loans items to museums and galleries for exhibitions and has an Instead it’s all kept in storage.” The CNAP regularly loans items to museums and galleries for exhibitions and has an online database where almost 80,000 of its contents are listed. It is rare, however, for objects from the collection to be online database where almost 80,000 of its contents are listed. It is rare, however, for objects from the collection to be shown in the same exhibition at any great volume. The sheer magnitude of the collection also means that many pieces shown in the same exhibition at any great volume. The sheer magnitude of the collection also means that many pieces have not been exhibited for several decades. It was these considerations that inspired have not been exhibited for several decades. It was these considerations that inspired Houselife Houselife, an exhibition curated by , an exhibition curated by Rubini that features 350 design objects, all belonging to the CNAP. Rubini that features 350 design objects, all belonging to the CNAP.
Houselife Houselife is split across two sites: MADD, an 18th century mansion located in central Bordeaux that was transformed into is split across two sites: MADD, an 18th century mansion located in central Bordeaux that was transformed into an art gallery in 1955; and Maison Bordeaux, a private residence situated on a hilltop in the bucolic surrounds of Floirac, a an art gallery in 1955; and Maison Bordeaux, a private residence situated on a hilltop in the bucolic surrounds of Floirac, a quaint town 5km east of Bordeaux. The three-story private residence was designed by architecture practice OMA and is quaint town 5km east of Bordeaux. The three-story private residence was designed by architecture practice OMA and is formed of three stacked levels: a cavernous ground floor that is sunken into the landscape, an airy first floor that boasts a formed of three stacked levels: a cavernous ground floor that is sunken into the landscape, an airy first floor that boasts a largely glass facade, and a top floor that features an aged metal facade punctuated by portholes. Maison Bordeaux was largely glass facade, and a top floor that features an aged metal facade punctuated by portholes. Maison Bordeaux was commissioned by wheelchair user Jean Francois Lemoine and his wife in 1994, completing in 1998. The focal point of the commissioned by wheelchair user Jean Francois Lemoine and his wife in 1994, completing in 1998. The focal point of the house is an elevating platform that freely moves between all three levels. house is an elevating platform that freely moves between all three levels.
Beyond its initial coverage in the architectural press, Maison Bordeaux has seldom been seen by the public. As part of Beyond its initial coverage in the architectural press, Maison Bordeaux has seldom been seen by the public. As part of Houselife Houselife, MADD will organise visits to the house. The owner will remain living in the house throughout the duration of the , MADD will organise visits to the house. The owner will remain living in the house throughout the duration of the exhibition, moving out of the central space on the first floor to accommodate the exhibts. “It was a bit of a crazy project, exhibition, moving out of the central space on the first floor to accommodate the exhibts. “It was a bit of a crazy project, to put a state collection in a private house. It is something that we would never usually do,” says Rubini. “But when I to put a state collection in a private house. It is something that we would never usually do,” says Rubini. “But when I proposed the project to the owner, she was very enthusiastic. I thought it would be interesting to present design objects proposed the project to the owner, she was very enthusiastic. I thought it would be interesting to present design objects in a real domestic space, a space that is still in private hands and not a museum.” in a real domestic space, a space that is still in private hands and not a museum.”
Where almost 300 pieces are on display at MADD, just under 60 objects are exhibited in Maison Bordeaux. “In the Where almost 300 pieces are on display at MADD, just under 60 objects are exhibited in Maison Bordeaux. “In the architecture, Rem Koolhaas has already considered the furniture,” says Rubini. “It is very economical, the minimum that architecture, Rem Koolhaas has already considered the furniture,” says Rubini. “It is very economical, the minimum that
11 // 99
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Oh couleurs ! Le design au prisme de la couleur
29 juin au 5 novembre 2017
Le Monde
28 juin 2017
Le Figaro
17 mai 2017
Télérama
18 octobre 2017
Étapes
Septembre 2017
Disegno (GB)
3 juillet 2017
Wallpaper (GB)
9 août 2017
AD (Espagne)
Octobre 2017
20 | styles JEUDI 29 JUIN 2017 0123
cinquante
nuances
àbordeaux Dans la capitale girondine,
le Musée des arts décoratifs explore
la relation entre objet et couleur.
Une déambulation chromatique
imaginée par Pierre Charpin
DESIGN bordeaux
Sûr que cette ancienne pri- son pour matelots et filles de joie, à Bordeaux, n’a jamais connu un tel feu d’artifice en Technicolor! Si- tuée à l’arrière du Musée des arts décoratifs et du design (MADD), elle en est devenue son prolonge-
ment avec le vernissage, mercredi
28 juin, de l’exposition «Oh cou-
leurs ! Le design au prisme de la
couleur». Il faut imaginer dans ce
décor du XIXe siècle, avec portes à
judas et murs gravés de graffitis
des détenus, quelque 400 objets
aux teintes vitaminées – des boî-
tes Tupperware au mobilier aci-
dulé d’Ettore Sottsass et autres
animaux de Jeff Koons –, le tout
habilement mis en scène par le
designer Pierre Charpin.
« Nous voyons le monde en-
chanté par la couleur. Pourtant,
elle est insaisissable parce qu’elle
n’est perceptible que dans la lu-
mière et varie selon sa quantité, le
support qui la reçoit et l’œil qui la
regarde», constate Constance Ru-
bini, la directrice du MADD Bor-
deaux. «Le comble, c’est que les de-
signers ne peuvent pas s’en passer,
puisqu’elle permet d’estimer la sil-
houette et le volume des objets et
d’établir un lien d’intimité avec
eux. Et eux aussi, ils ne la maîtri-
sent pas… », explique, amusée,
cette commissaire qui convie le
visiteur à une joyeuse enquête à
rebondissements.
Dans une première cour de la
prison – aujourd’hui couverte
d’un toit diffusant une lumière
zénithale –, un paon bleu em-
paillé, des oiseaux, des papillons
morphos et des coléoptères éme-
raude donnent toute la dimen-
sion de l’énigme. Ils ont en com-
mun comme les baskets irides-
centes Nike présentées à leurs cô-
tés, le vase Scarabée de Jean-
Baptiste Fastrez ou les bouteilles
de saké du japonais Toyal de
n’avoir aucun pigment. Leur cou-
leur est structurelle.
Diffraction de la lumière
Ainsi les reflets métalliques bleus
et verts du paon sont un effet
d’optique dû à la diffraction de la
lumière sur ses plumes, dotées de
microstructures qui renvoient les
ondes et créent des interférences.
Ses réflexions irisées évoluent se-
lon l’angle d’observation et
l’heure du jour. Les designers Pa-
tricia Urquiola, avec son guéridon
en verre cristallin, Shimmer (Glas
Italia, 2014), ou Felipe Ribon, avec
le miroir Permutation (2015), ont
utilisé le même subterfuge pour
créer une sensation chromatique.
Dans la deuxième cour de pro-
menade de la prison, les objets
présentés arborent des pigments
les plus vifs qui soient : Pierre
Charpin abat ici sa « carte blan-
che» qu’il a appelée «Todo es de
color » (« tout est couleur »),
d’après la chanson de Lole y Ma-
nuel (1975). Au pied du fauteuil
Proust, d’Alessandro Mendini,
aux taches multicolores façon ta-
bleau du pointilliste Seurat, trô-
nent des casques de chantier dans
six couleurs, correspondant à dif-
férents grades et métiers. Ici, une
installation de néons multicolo-
res vient souligner la ligne épurée
– et résolument noire – de la
chaise longue Pi, de Martin Sze-
kely, comme une virgule dans
l’espace. Là, un mur jaune fluo
change de nuance au fil du jour.
« A l’Ecole des beaux-arts, autre-
fois, j’ai appris toutes les théories
sur la couleur et j’ai décidé de m’en
libérer pour privilégier l’intuitif,
l’empirique… », souligne Pierre
Charpin, devant un rideau de
plastique industriel aux bandes
citron, qui invite le visiteur «à tra-
verser la couleur».
Il a choisi des pigments francs et
parfois si forts qu’ils ont endossé
l’identité de l’objet qu’ils ha-
billent. Comme la boîte aux let-
tres que l’on cherche dans le pay-
sage, telle une tache jaune, ou la
pharmacie, repérable à sa croix
verte qui clignote. «Je montre la
couleur sans connotation de va-
leur, tantôt jouissive, tantôt op-
pressive, car elle sert aussi à repé-
rer les individus et à les mar-
quer…», poursuit Pierre Charpin,
en montrant une combinaison
orange de prisonnier américain
du camp de Guantanamo.
Les bruns de la Garonne
Alentour, chaque cellule de la pri-
son permet d’explorer une nou-
velle facette de la couleur. L’une
d’elles présente les associations
géographiques, comme ce jaune
sud de la France, qui s’est immé-
diatement imposé à Van Gogh à
son arrivée dans cette région en-
soleillée. On le retrouve pareille-
ment dans les faïences de Mar-
seille du XVIIIe siècle, dans les ob-
jets commerciaux de Ricard, ou
dans ce grand plat de verre bap-
tisé «Jaune Vieux-Port», créé par
Gaetano Pesce au Centre interna-
tional de recherche sur le verre et
les arts plastiques. La ville de Bor-
deaux – notamment les bruns de
la Garonne et le vert-bleu des
feuillages – a inspiré à Irma
Boom, figure du graphisme inter-
national, un papier peint créé sur
mesure pour l’exposition.
Curieusement, sa palette de
couleurs rejoint celle de Le Cor-
busier qui, en 1924-1926, avait
imaginé pour la cité ouvrière de
Frugès, au sud-ouest de Bor-
deaux, des façades tantôt peintes
en terre de Sienne (pour établir
des points fixes), tantôt en vert
pour se confondre « avec le
feuillage des jardins et de la forêt»,
ce qu’illustre une maquette ar-
chitecturale présentée dans l’ex-
position.
Dans une autre cellule, c’est le
designer danois Verner Panton
(1926-1998) qui déploie ses rou-
ges et ses violets, dans une mini-
reconstitution du restaurant
Varna, à Aarhus (Danemark). « Il
n’y a pas de couleurs laides, seule-
ment des combinaisons laides de
couleurs», écrivait-il en 1991 dans
Notes on Colour (Danish Design
Center). Dans une des pièces voi-
sines, au-dessus de la Corner
Chair en aluminium laqué ver-
millon (1984), on peut lire cette
déclaration de son auteur, l’ar-
tiste plasticien américain Donald
Judd (1928-1994) : le rouge « me
semble être la seule couleur qui dé-
finisse précisément l’objet et fasse
apparaître nettement ses arêtes et
ses coins».
Au bout du compte, le visiteur
dont on a attiré l’œil perd ses re-
pères. Plus il croit cerner la cou-
leur, plus elle lui échappe… Un jeu
de piste fascinant. p
véronique lorelle
Oh couleurs ! Le design au
prisme de la couleur, 29 juin-
5 novembre, MADD Bordeaux.
Catalogue (courant juillet) avec
la participation d’experts, dont
l’historien de la couleur Michel
Pastoureau ou le directeur du
Palais Galliera, Olivier Saillard,
320 pages, 24 euros.
Madd-bordeaux.fr
DES PIGMENTS
SONT PARFOIS SI FORTS
QU’ILS ONT ENDOSSÉ
L’IDENTITÉ DE L’OBJET
QU’ILS HABILLENT. COMME
LA BOÎTE AUX LETTRES
QUE L’ON CHERCHE
DANS LE PAYSAGE TELLE
UNE TACHE JAUNE
la renault dauphine, la plus ven-
due en France de 1957 à 1961, est en-
trée dans la légende. On se souvient
beaucoup moins de Paule Marrot
(1902-1987), la décoratrice de talent à
qui l’on doit l’intrusion de la couleur
dans l’industrie automobile, et pro-
bablement le succès de cette petite
auto aux trente teintes.
Rare femme dans un monde
d’hommes, sa collaboration a débuté
avec la Régie Renault, en 1953, grâce à
une simple lettre dans laquelle elle
dénonçait la tristesse des 4 CV qu’elle
voyait rouler dans Paris. «La solution
pour avoir des teintes de carrosserie à
son goût serait qu’elle veuille bien con-
cevoir les couleurs des automobiles
pour la Régie», répond Pierre Lefau-
cheux, le PDG de l’époque. S’ensuivit
une collaboration de plusieurs an-
nées, où l’on voit la créatrice de texti-
les et de papiers peints, très en vogue
à Paris, se transformer en coloriste
conseil, un nouveau métier à la nais-
sance duquel elle participe, intuitive-
ment.
Paule Marrot développe son propre
système d’indexation chromatique et
conçoit des nuanciers avec les chi-
mistes, en interne. Une révolution à
l’époque. «Les couleurs des carrosseries
étaient laissées à l’initiative de la direc-
tion commerciale, qui s’arrangeait avec
le service fabriquant les peintures et ver-
nis, et avec le service publicité, pour pro-
poser les trois ou quatre options offertes
à la clientèle», raconte Fernand Picard,
à l’époque directeur des études et re-
cherches de Renault.
« La Charlotte Perriand de la Régie »
Le souci de Paule Marrot va jusqu’à ob-
tenir la même teinte que la «robe» sur
métal, lorsque celle-ci est reproduite
sur similicuir ou tissée. Pour chaque
couleur retenue à l’extérieur, elle pro-
pose des échantillons de tissu harmo-
nieux pour l’intérieur, en faisant appel
aux plus grandes fabriques d’étoffe.
Son travail exceptionnel mené à la Ré-
gie est donné à voir dans une des salles
de l’exposition « Oh couleurs ! Le de-
sign au prisme de la couleur», du Mu-
sée des arts décoratifs et du design de
Bordeaux jusqu’au 5 novembre.
«C’était la Charlotte Perriand de la Ré-
gie Renault: une femme forte capable de
s’imposer dans un monde très masculin,
de bouleverser les méthodes de travail et
de changer le regard des industriels sur
l’automobile», souligne Constance Ru-
bini, commissaire de l’exposition.
Aujourd’hui, Renault mise plus que ja-
mais sur la couleur, en ayant fait,
en 2010, du rouge le plus profond son
identité visuelle. Selon Laurens van
den Acker, directeur du design indus-
triel du groupe: la couleur «attire le re-
gard, c’est la phase numéro un de la sé-
duction». p
v. l.
Et Renault découvrit la couleur grâce à Paule Marrot
Des casques
de chantier trônent
au pied du fauteuil
«Proust» d’Alessandro
Mendini, des œuvres
installées dans
l’ancienne prison
municipale de
Bordeaux à l’occasion
de l’exposition
«Oh couleurs!».
M. DELANNE/MADD BORDEAUX
Décoratrice et coloriste conseil, Paule Marrot proposait pour chaque teinte de carrosserie des associations de tissus pour l’intérieur. RENAULT COMMUNICATION
V1
Sortie par morel le 28/06/2017 08:23:17 Date de Publication 29/6/2017
Date : 17 MAI 17
Pays : France
Périodicité : Quotidien
OJD : 305701
Page de l'article : p.1,4
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Date : 17 MAI 17
Pays : France
Périodicité : Quotidien
OJD : 305701
Page de l'article : p.3
Journaliste : Catherine Deydier
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I. Table Crescendn. structure polyuréthane,
mosaïques Bisazza, Galerie Kréo g
2 Canape Shoe, édition 2016, Cinna-Ligne Roset g>
3. Vase, collec-lion Cirva, Serie Lisse, edition limitée, JS
Galerie Kréo "^
4 Etagère en bois laqué, edition Post Design tc
5 Cnffee table aluminium laqué, édition limitée, -2
Galerie Kréo 5
6. Chaise empilable Prima, prototype en acier ^
el libre de verre ^
7. Pierre Charpin IS
Carte blanche
à la couleur En juin, le designer Pierre Charpin mènera, avec le Madd de Bordeaux, une réflexion sur ce thème complexe qu'il aborde avec un grand naturel. Rencontre.
Date : 17 MAI 17
Pays : France
Périodicité : Quotidien
OJD : 305701
Page de l'article : p.3
Journaliste : Catherine Deydier
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Designer plasticien et scénographe,
le discret Pierre Charpm décline
la palette des primaires et les nuances
sophistiquées avec un grand naturel
Meilleures preuves 9 Son célèbre canape
Slice édite par Cinna dont les tranches
sont proposées dans une autre palette par
la galerie Kreo sa serie d objets en verre
pour le Cirva (Centre international
de recherche sur le verre et les arts
plastiques) en 1998, une reference
dans le genre, ou encore ses créations
pour Alessi, les Cristalleries Saint Louis,
Hermes, Magis, Tectona, la Manufacture
de Sevres Celui qui a ete createur
de l'année Maison & Objet Paris
en janvier donne décidément le ton
en 2017, puisqu'il scénographie en juin
l'exposition « Oh couleurs ' » au Madd
de Bordeaux pour Constance Rubiru,
qui lui a également donne
carte blanche
«Pendant ma/ormanon, on m'a enseigne
pas mal de théories maîs en f ait le rapport
que j'ai a la couleur remonte tres tôt
dans I enfance Nous vivions,
grace a mes parents artistes naturellement
dans la couleur et sa presence a de maniere
assez inconsciente, influence la suite
Apres, dans ma pratique de designer,
j'ai presque fait une operation d'amnésie
vis a vis de tout ce que j'avais pu
apprendre, pour l'utiliser îe plus
naturellement et le plus intuitivement
possible »
Pour le createur, le rapport a la couleur
et son usage repondent a des criteres
qui lui permettent d'exprimer
des humeurs différentes «A certains
moments, ] 'ai besoin d'utiliser des pigments
vifs pour affirmer quelque chose de l'ordre
d'une energie, a d'autres fai besoin
d'utiliser des, coloris doux pour obtenir
des contrastes plus calmes Ln f ait
je n'ai pas de position définie sur la couleur
ni de gamme colorée qui me corresponde,
même s'il est vrai, rétrospectivement
que certains toni, comme des jaunes
assez forts par exemple, reviennent
dans mon travail » \insi l'objet
fondateur, « cette chaise Prima, pur
ejtemple un travail de jeunesse Ou encore
le Slice ie n'avais pas du tout l'intention de
faire de la couleur l'element principal du
projet Le point de depart était de travailler
sur les différentes densités de mousse
L idée s'est imposée de décomposer
le fauteuil, presque un re design de fauteuil
club, en tranches dossier assise
accoudoirs et assise de devant
Et en décomposant ce fauteuil
pour travailler avec différents types
d assises, je me suis dit que pour accentuer
l'idée de la décomposition du fauteuil,
la couleur avait un rôle a jouer
4u bout d un moment, c'est quasiment
dei enu I element central du projet On peut
v ajouter des poufs autant qu 'on veut
en faire un objet presque sans fin
qui symbolise pour moi I idée que I on peut
mélanger sans limites En fait, ce qui est
merveilleux et en même temps vertigineux
dans cette histoire de la couleur, ce sont
toutes ces possibilités qui s ' o f f r e n t quand
on commence a les articuler entre elles »
Le designer cherche a dessiner des objets
perçus d emblée de maniere sensuelle
car pour Pierre Charpm, « la couleur
est une jouissance, elle relevé vraiment
de cet ordre »
Tête chercheuse
Dans cc parcours quadn, les recherches
a\ec le Cirva occupent une place
importante car elles permettront
de décliner un rapport a la couleur
sur des supports qu il n'avait
jusqu'alors jamais travailles notamment
Ic verre colore Presque une lumiere
« Evidemment, le paysage que j'ai fait la
bas ne serait absolument nen
sans la couleur, sa transparence,
son opacité, car les objets des cylindres
traverses par des plaques, des ecrans
sont d une grande simplicité »
La serie des Stamps s'inscrit
dans le même registre II utilise
pour la premiere fois des couleurs
« signal », presque de signaletique
routiere La encore, l'objet reste
tres simple maîs le vert fluo introduit
« un plus par rapport a la perception
de cet objet qui est plus intéressant
dans la forme elle même»
L'exposition « Oh couleurs ' »
qu il scénographie actuellement
pour le Musee des arts decoratifs
et du design a Bordeaux (du JS juin
au S novembre) regardera « le design
au prisme de la couleur » s'interrogera
sur leurs liens « I o couleur
est insaisissable impalpable ingerablf
Date : 17 MAI 17
Pays : France
Périodicité : Quotidien
OJD : 305701
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Journaliste : Catherine Deydier
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Existe f elle vraiment 9 », commente
Constance Rubini, directrice du Madd
et par ailleurs commissaire
de l'exposition, qui s'est attaquée
avec son complice a sa diversite
et SL sa complexité pour mettre en scene
certaines de ses facettes En mêlant
intuition et reflexion scientifique
pour developper les différents thèmes
qu'ils ont retenus, avec l'ambition
de «montrer la folie de la couleur
a l'état naturel, sa puissance
pour emmagasiner l'énergie
dans les objets » « Fugace, rebelle,
elle n'est pas maîtrisable, si dépendante
de son interaction avec la lumiere »,
explique encore Constance Rubim
La question n'est pas de faire quelque
chose d'exhaustif, assurent ils
d'une même voix, maîs de montrer
que la couleur peut évoquer des choses
tres différentes «Parfois elle est la
pour le plaisir, parfois elle peut etre
répressive, maîs tres souvent elle joue
un rôle, précise Pierre Charpin
Signaletique, par exemple, comme la boite
aux lettres jaune de La Poste Ce n'est pas
une couleur qu'on trouve a l'état naturel
a part dans les champs de colza
Donc on la voit tout de suite » De même
l'enseigne de pharmacie, verte
et lumineuse Clin d'œil, la carte
de Bordeaux une des rares villes
qui portent le nom d'une couleur
se dessinera en silhouette sur un mur
bleu cyan « Ma carte blanche raconte
tout cela la aussi, conclut le designer
La couleur est partout, maîs pourtant
nous n 'arrivons pas a la cerner,
ni a l'enfermer dans des theones
Nous montrerons des nuanciers
évidemment car il y a une nécessite
de classi/ier, de donner des noms »
Ne pas manquer le couloir central
de l'ancienne prison, inaugurée pour
l'occasion en galerie, qui précisément
ne sera qu'un énorme nuancier
Une entree en matiere haute en couleur
Catherine DEYDIER
Date : SEPT/OCT 17
Périodicité : Bimestriel
Page de l'article : p.30-35
Journaliste : JEANNE QUÉH-
EILLARD
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i
i
Oh couleurs!
Le design
au prisme
de la couleur Le design traiterait-il la couleur de manière
spécifique?L'exposition "Oh couleurs! Le
design au prisme de la couleur", au musée
des Arts décoratifs et du Design de Bordeaux
du 29 juin au 5 novembre 2017, tente d'en
démêler les liens à partir d'objets réunis sous
le commissariat de Constance Rubini. Ils
relatent des recherches et des phénomènes
dont le champ du design s'est saisi. Dans
l'ancienne prison municipale de Bordeaux
construite au xo? siècle, devenue depuis 1980
lieu de stockage du musée, la scénographie
de Pierre Charpin sert magistralement
le propos, en s'appuyant sur l'agencement
du bâtiment.
Date : SEPT/OCT 17
Périodicité : Bimestriel
Page de l'article : p.30-35
Journaliste : JEANNE QUÉH-
EILLARD
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A utour de deux approches prin- cipales de la couleur, l'une pig- mentaire autour d'une carte blanche à Pierre Charpin, l'autre structurelle autour de l'irisation due à la dif- fraction de la lumière et aux principes phy- sico-chimiques de la matière, des exemples spécifiques relient le spectateur à l'expé-
rience universelle de la couleur. Les tex-
tiles bom (Japon) conçus à partir de haillons
ont une unité stylistique grâce à la teinture
incolore indigo qui se révèle en s'oxygénant.
Utilisé pour les vêtements de travail, le jean
en est un des exemples actuels. Des boîtes
Tupperware de 1940 à nos jours illustrent
révolution des couleurs selon les tendances
et les technologies. Pour les drapeaux, la
couleur est affaire de signification et de sym-
bole comme l'historien des couleurs Michel
Pastoureau le raconte1.
Concernant la position des designers, Pierre
Charpin donne le ton. Todo es de color 2 dit-il
en mettant le spectateur face à un mur jaune
fluo. Les principes sont posés. La couleur
est à la fois entité pigmentaire et recouvre-
ment de surface. Dans la suite, sur des fonds
de mur, rouge, noir, bleu clair, orange, rose,
bleu foncé, le designer dispose des objets qui
sont en rapport d'absorption ou d'opposi-
tion et dont la valeur colorée devient rela-
tive selon le voisinage et la lumière. Pour
certains des objets, la couleur est un facteur
identitaire, boîte aux lettres jaune, extinc-
teur rouge, croix de pharmacie verte... Elle
se relie à une forme ou à un objet même
quand on ne la voit pas. Dans le film Sanjuro 3
en noir et blanc, le rouge du sang qui gicle
reste prégnant. Se retrouvent ici les propos
d'Ettore Sottsass, pour qui la couleur est un
principe d'existence de chaque chose avec
<- Tupperware, des annees 1940
a aujourd'hui
T Le jaune du Sud - Couleur
et géographie
Date : SEPT/OCT 17
Périodicité : Bimestriel
Page de l'article : p.30-35
Journaliste : JEANNE QUÉH-
EILLARD
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L'usage de to couleur par Verner Ponton
Couleur et effets physiologiques
sa couleur attachée* et qui déjouent les clas-
sifications normées. // est impossible, dit-il,
de dire la couleur numéro 225, car on ne sait
jamais si le numéro 225 est à côté ou loin de
lafenêtre...
La perception relative de la couleur et ses
capacités ambiantales sont largement explo-
rées. LaDaylight Colour Wheel d'Hella Jon-
gerius 5 , directrice artistique chez Vitra
pour les couleurs et les matériaux, relate
les changements de teintes de quatre cou-
leurs au cours d'une même journée. Ver-
ner Panton 6 connaît l'influence de la cou-
leur sur nos humeurs. Dans une approche
intuitive de l'ambiance, Irma Boom conçoit
un papier peint inspire des couleurs de Bor-
deaux7. Les archives inédites de la Régie des
usines Renault concernant la collaboration
de la décoratrice Paule Marrot à partir de
1953 font état de son approche sensible des
couleurs dans la nature pour ses études de
teintes des carrosseries et selleries de la
mythique Dauphine. Elles seront codées et
reproductibles.
Largement inspire des théories du chimiste
Michel Eugène Chevreul, l'ouvrage didac-
tique de Josef Albers L'Interaction des cou-
leurs* conforte les approches des designers.
Les commentaires qu'en a faits Donald Judd
(L'approche d'Albers est une approche prag-
matique, sensible et libre de tout jargon et
de toute obscurité 9 ) peuvent s'appliquer à
cette exposition. Ni théorique ni exhaus-
tive, elle excite la curiosité du visiteur, petit
ou grand. Il en ressort dynamisé et joyeux,
jamais arrêté dans ses sensations, conscient
de la variabilité de ses perceptions et heu-
reux de ses incertitudes, toutes relatives. •
1. Dans la chambre Garance de l'hôtel de Lalande,
on peut s'asseoir pour écouter un extrait sonore
de Michel Pastoureau qui raconte le rouge garance
2. Que chantaient Loie et Manuel en 1975
3* Akira Kurosawa, Son/uro, 1962
4. En préambule, une citation d'Ettore Sottsass
donne le parti pris de cette exposition
Quand fêtais enfant, les couleurs étaient
les choses mêmes ll ne s'agissait pas de
"couleurs", mats simplement de guêpes, de
framboises, de champignons, de fleurs Ettore
Sottsass in Notes sur la couleur par Barbara
Radice, Abet Edizioni, 1993
5. Cette piece donne un aperçu du propos
d'Hella Jongenus qu'elle développe plus
largement dans l'exposition "Breathing Colour"
au Design Muséum a Londres du 24 juin
au 24 septembre 2017
6. Verner Panton, L/dr om Farver (Notes on Colour,
1991) publie par The Danish Design Center
7. En reference a son ouvrage Colour Based
on Nature, editions Thomas Eyck, 2012
8. Josef Albers, Interaction of color, 1963
Application interactive pour iPad,
Yale University, 2013
9. Donald Judd, Josef Albers, "L'interaction
des couleurs". Arts Magazine, novembre 1963
radar ra ra r dar dar da DISEÑO
por rocío ley
Una exposición en el
MADD de Burdeos explora
el diseño desde el prisma
del color. El creador
Pierre Charpin comisaría
una parte: pura explosión
cromática y sensorial.
Muestra DE
color
e pequeño, los colores eran las cosas en sí mismas. No eran sus
nombres (rojo, azul, verde), sino avispas, frambuesas, setas,
flores...”. De estas palabras de Ettore Sottsass parte la exposición
Oh couleurs! en el Musée des Arts Décoratifs et du Design (MADD) de
Burdeos. Su objetivo es analizar el diseño desde el punto de
vista del color. “Es escurridizo, efímero, nunca definitivo, cam-
bia con el tiempo, con la luz y depende del contexto y de los
otros tonos que estén cerca –comienza Constance Rubini, di-
rectora del museo y comisaria de la muestra–. Pertenece al
mundo de las ideas, más que al de lo real. Y sin embargo, deter-
mina en gran parte nuestra relación con los objetos. Gracias a él
apreciamos sus formas y volúmenes, confiere vida y energía,
define la función, indentifica, comunica. Hemos querido ense-
ñar esta faceta”. Rubini ha invitado al creador francés Pierre
Charpin a que diseñe una parte dándole carta blanca (paradojas
D
Pierre Charpin en
el sillón Proust de
Alessandro Mendini.
Arriba, el espacio
para niños sobre el
artista Josef Albers.
fotos: alberto heras
de la vida). “Era o él o Hella Jongerius, que también está presen-
te. Pero de Pierre me gusta su relación directa con el color: sen-
sorial, expresiva, casi festiva. Quería que el espectador se enfren-
tara a un explosión cromática. Y es el caso”, prosigue. El resulta-
do es una selección de piezas tan diversas como las Superbox de
Sottsass o el mono naranja de los presos de Guantánamo. La
exposición se celebra en la antigua cárcel municipal, que servía
de almacén para el museo desde los 80, y se reparte en dos gran-
des espacios centrales: uno habla de los pigmentos, la zona dise-
ñada por Charpin; y el otro, del fenómeno de la irisación, repre-
sentado por los escarabajos o los vestidos de Paco Rabanne.
Alrededor, las viejas celdas ofrecen una serie de salas monote-
máticas con objetos o autores que tienen mucho que decir sobre
el tema: las banderas, el plástico, el rouge de labios, el índigo de
los textiles japoneses boro, los coches Renault, Le Corbusier,
Josef Albers, Verner Panton o Donald Judd. “He tenido acceso
a diferentes teorías del color, pero he olvidado todo, hasta el
nombre de algunos de ellos. No he querido teorizar o clasificar,
ni exponer diseños míos. Aquí, como en mi trabajo, lo he usado
de manera intuitiva, en el orden de lo sensible”, remata Charpin.
Una escenografía que entra por los ojos. Hasta el 5 de noviembre en
el MADD. Burdeos: 39 rue Bouffard. www.madd-bordeaux.fr
La sala dedicada
a Verner Panton.
Izda., tupperwares
de varias épocas
y colores. Abajo,
la directora del
MADD, Constance
Rubini, junto a una
obra de Vincent
Beaurin y, la sala
dedicada al color
amarillo del Sur
entre los muros de
la antigua cárcel.
“El color es
escurridizo, eímero,
cambia con el
tiempo y la luz” .
CONSTANCE RUBINI
radar ra ra r dar dar da DISEÑO
Construction - Martin Szekely
26 avril au 7 octobre 2018
Le Monde
25 avril 2018
Libération
2 juillet 2018
Le Journal des Arts
8 juin 2018
Disegno (GB)
4 mai 2018
L’Œil
28 juin 2018
D'Architecture
Avril 2018
Wallpaper (GB)
4 juillet 2018
Le Figaro
1 er juin 2018Annexes — Le musée dans la presse 335 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 334
Phénomènes. Quand le design dévoile les technologies invisibles du quotidien
23 novembre 2018 au 3 mars 2019
As movable as butterflies. The chōchin of Japan
31 janvier au 19 mai 2019
Le Monde
13 décembre 2018
IDEAT
17 mai 2017
Paris-Art
27 novembre 2018
Télérama
11 février 2019
Disegno (GB)
25 février 2019
DAMN° Magazine (Belgique)
17 janvier 2019
AD (USA)
9 janvier 2019
Memphis - Plastic Field
21 juin 2019 au 5 janvier 2020
Télérama
13 juillet 2019
AMC
19 juin 2019
IDEAT
5 juillet 2019
Casa Brutus (Japon)
juillet 2019
Gray Magazine (USA)
20 juin 2019
Tl Mag (Belgique)
15 juillet 2019
Date : Juin - juillet
2019
Pays : FR
Périodicité : Mensuel
OJD : 6976
Page de l'article : p.123
Journaliste : A.B.
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BORDEAUX7 8064007500507 Tous droits réservés à l'éditeur
Studio Azzurro/Courtesy Memphis
BQQBB
LA LIBERTE SELON MEMPHIS
Le musée des arts décoratifs et du design de Bordeaux ne pouvait
pas mieux choisir que la figure tutélaire d'Ettore Sottsass, fondateur
du groupe Memphis, pour illustrer la liberté, thème de la saison
culturelle de la ville cette année. Déjà présentée à la fondation
Berengo en marge de la dernière Biennale d'architecture de Venise,
l'exposition «Memphis, Plastic Field» réunit plus de 160 œuvres ico-
niques de 20 designers - dont un très bel ensemble de vases réalisés
à Murano-, conçues entre 1981 et 1988 par l'un des collectifs
les plus subversifs de l'histoire du design. Si ces jeunes architectes
et designers se sont plu à dynamiter les certitudes du fonctionna¬
lisme et à faire éclater les codes de la modernité pour orienter
le design vers une communication visuelle, c'est avec une joie et
un humour qui, au vu de la production présentée, restent palpables
aujourd'hui. On y reconnaît nombre de best-sellers, comme la biblio¬
thèque Carlton, la chaise First, de Michele De Lucchi, ou la lampe
Super, de Martine Bedin, dont le succès ne se dément pas. Mais
surtout se dévoile un univers régi par la radicalité d'un langage
de formes et de couleurs qui ouvre le champ de tous les possibles,
le sens et la présence de chaque objet l'emportant sur sa fonction.
A noter que parmi les artistes de toutes nationalités réunis autour
d'Ettore Sottsass figurent deux Bordelaises, Martine Bedin et
Nathalie Du Pasquier. Remettre Memphis sur le devant de la scène,
c'est aujourd'hui l'occasion de s'interroger sur l'actualité de cet élan
de liberté qui a placé la culture démocratique au cœur des enjeux.
Car ce que prônait d'abord le groupe, c'était bien la décoration pour
elle-même, avec un retour à la spontanéité. Comme aimait à le dire
Ettore Sottsass, «Faire du design, ce n'est pas donner forme à un
produit plus ou moins stupide pour une industrie plus ou moins
luxueuse. [C'est] une façon de débattre de la vie.» A.B.
MEMPHIS, PLASTIC FIELD
Du 21 juin au 5 janvier 2020,
au musée des arts décoratifs et du design de Bordeaux,
commissariat de Jean Blanchaert et Constance Rubini
Studio Azzurro/Courtesy Memphis
i. Vase Alpha Centauri, de Marco Zanini, 1982. 2 . Ring de boxe Tawaraya, de Masanori Umeda, 1981.
3. Lampe de table Bordeaux, de Nathalie Du Pasquier, 1986.4. Chaise First, de Michele De Lucchi, 1983.
Date : Juillet - aout
2019
Pays : FR
Périodicité : Mensuel
OJD : 76253
Page de l'article : p.44
Journaliste : Anna Maisonneuve
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La comète Memphis
Par Ànna Maisonneuve
Le groupe Memphis - et son design exubérant, coloré, audacieux,
érudit et populaire - s’affiche au Madd, à Bordeaux, avec 160 de ses
œuvres iconiques, comme l’étagère Carlton ou la chaise First.
E n tout et pour tout, l’odyssée du groupe Memphis n’aura duré que sept ans. Mais le raz-de-marée suscité par son ascension fulgurante continue aujourd’hui d’irriguer bien des domaines. « Après Memphis, rien n’a plus jamais été pareil, rappelle ainsi
Constance Rubini, la directrice du musée des Arts décoratifs et du Design (Madd). Ses acteurs
ont rompu avec les codes d’une certaine esthétique bourgeoise: celle du bon goût, à laquelle
ils ont mis un point final. Leur état d’esprit très libre, très postmoderne - qui est celui de
l’hybridation et du mélange -a eu une influence qui va bien au-delà du design. » David Bowie
et Karl Lagerfeld n’en furent-ils d’ailleurs pas de fervents collectionneurs ? Pour la genèse,
retour au 18 septembre 1981. Ce jour-là, à Milan, la galerie Arc 74 inaugure la première
exposition d’une communauté de jeunes designers et d’architectes fédérée autour de l’Italien
Ettore Sottsass. Lors du vernissage, plus de 2 000 visiteurs se pressent pour découvrir leurs
ovnis stylistiques. Le nom de ce collectif de créateurs ? Memphis. Un clin d’œil à une chanson
de Bob Dylan - Stuck Inside of Mobile With The Memphis Blues Again -, mais aussi à la
capitale de l’Egypte ancienne. Populaire et érudite, spontanée et réfléchie, l’appellation condense
à la perfection l’esprit rebelle véhiculé par le groupe, qui comptera en son sein des noms comme
Michele De Lucchi, Marco Zanini ou Nathalie du Pasquier. Car Memphis a révolutionné la
logique créative et commerciale de la discipline. S’affranchir du carcan industriel, faire voler en
éclats les conceptions excessivement rationnelles du fonctionnalisme pur et dur symbolisé par
la formule de Louis H. Sullivan, « La forme suit la fonction. Telle est la loi », repenser l’objet
de manière plus large, insuffler une culture démocratique au cœur des enjeux du design...
tel était le nouveau langage instinctif défendu par Ettore Sottsass et ses acolytes. En 1988,
l’aventure prend fin. « Ettore Sottsass estimait que ce n’était pas fait pour durer, que le design,
c’est comme la vie, quelque chose d’éphémère », conclut Constance Rubini.
©
Les créations du groupe
célèbrent les symétries
audacieuses, les couleurs
explosives, les associations
intrépides, loufoques
et optimistes et gagnent
dès les débuts une visibilité
internationale.
1/ Chaise
First (1983) de Michele
De Lucchi. Collection
« Memphis Milano». ©STUDIO
AZZURRO / PROPRIÉTÉ MEMPHIS
SRL 2/ Lampe de table
Bordeaux (1986) de Nathalie
du Pasquier. Collection
« Memphis Milano».
© ROBERTO GENNARI/PROPRIÉTÉ
MEMPHIS SRL
3/ Étagère-
cloison Carlton (1981)
d'Ettore Sottsass. Collection
« Memphis Milano ».
©ALDO
BALLO, GUIDO CEGANI, PETER
OGILVIE/PROPRIÉTÉ MEMPHIS SRL
« Memphis -
Plastic Field ».
Au musée des Arts
décoratifs et du Design,
à Bordeaux (33),
jusqu’au 5 janvier 2020.
Madd-bordeaux.fr
Le Monde
27 juin 2019
Elle Décoration
9 juillet 2019
Libération
23 septembre 2019Annexes — Le musée dans la presse 337 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 336
28 minutes – Arte
18 septembre et
30 octobre 2020
JT 19/45 – M6
17 août 2020
JT de 20h sur TF1
10 juillet 2020
Design Boom
9 juillet 2020
La Stampa (Italie)
Août 2020
Le Figaro
3 juillet 2020
Le Journal des Arts
3 juillet 2020
Beaux-Arts magazine
Septembre 2020
Damn Magazine (International /
basé en Belgique)
Août 2020
M Le magazine du Monde
26 juin 2020
Art Daily (US)
9 juillet 2020
Frame magazine
(Amsterdam)
17 juillet 2020
JT 19/20 de
France 3 national
8 août 2020
Playground. Le design des sneakers
20 juin 2020 au 7 mars 2021
Icon Magazine (GB)
15 juillet 2021
Intramuros
(Belgique)
Décembre 2021
Le Monde
3 septembre 2021
RTL
10 octobre 2021
La Repubblica (Italie)
15 juillet 2021
TLmag (Belgique)
19 août 2021
Vanity Fair
16 juillet 2021
Damn Magazine (Belgique)
Hiver 2022
Télérama
25 août 2021
Wallpaper (GB)
29 juillet 2021
Parcours des Arts
(Espagne)
Automne 2021
Paysans designers, l'agriculture en mouvement
14 juillet 2020 au 8 mai 2021Annexes — Feuille de route culturelle de la Ville 339 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 338
POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE 1
LA
CULTURE EN PARTAGE
participation.bordeaux.fr
PLAN D’ACTION POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE
2021-2026
Retrouvez l’intégralité du plan d’action sur la plateforme
du Forum de la culture
Feuille de route culturelle de
la VilleAnnexes — Feuille de route culturelle de la Ville 341 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 340
POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE 2
L’équipe municipale a fait de la participation de toutes et tous à la vie locale un des piliers de son projet de mandature. Ce plan d’action est l’un des premiers résultats concrets de cette démarche, et nous sommes d’autant plus heureux de vous la présenter que l’épreuve de la crise sanitaire est venue rappeler le rôle essentiel de l’art et de la culture dans nos vies. Articulées autour de trois grandes ambitions, 84 actions structurent notre feuille de route culturelle
(dont le présent document vous propose une vision
synthétique). Elles ne représentent pas le catalogue
exhaustif de nos initiatives en matière culturelle mais
entendent avant tout affirmer une méthode, et une
ambition : celle d’une politique culturelle à
la fois audacieuse, responsable et solidaire, associant
étroitement cohésion sociale et territoriale, et animée
par la conviction que la culture n’est pas un domaine
réservé, mais ce « supplément d’âme » que nous
portons toutes et tous en nous, et qui ne demande
qu’à s’épanouir.
Elaboré avec la participation des habitantes
et des habitants, des artistes et des acteurs culturels,
socio-culturels et associatifs, ce projet est par nature
évolutif et ouvert : son périmètre et ses réalisations
sont ainsi appelés à être réinterrogés et évalués
tout au long du mandat et dès le printemps 2022,
dans le cadre du Forum de la Culture.
Nous en sommes convaincus : la culture est le socle
d’une démocratie vivante, et doit jouer pleinement son
rôle dans la construction d’une ville apaisée, équitable,
solidaire et créative.
Edito
Pierre Hurmic
Maire de Bordeaux
POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE 3
La culture est ce qui nous rassemble. Elle est la condition d’une démocratie vivante, un socle essentiel d’intégration et d’inclusion, d’équité et d’égalité entre toutes et tous, un puissant vecteur d’émancipation collective et individuelle. C’est pourquoi nous
voulons remettre la culture au cœur de la cité et de notre projet démocratique, lui redonner sa place centrale dans la vie des Bordelaises et des Bordelais, pour leur permettre d’exercer leur liberté d’expression et leur créativité.
1 Garantir à toutes et à tous le droit de participer à la vie culturelleAnnexes — Feuille de route culturelle de la Ville 343 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 342
POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE 4
L’Education Artistique et Culturelle a
pour objectif d’encourager la participation
de tous à la vie artistique et culturelle, par
l’acquisition de connaissances, un rapport
direct aux œuvres, la rencontre avec des
artistes et professionnels de la culture,
une pratique artistique et culturelle.
Promouvoir l’éducation
artistique et culturelle
tout au long de la vie
Une priorité : défendre et développer
l’éducation artistique et culturelle
(EAC) pour toutes et tous, dès le plus
jeune âge.
En contribuant à développer
la sensibilité et la maîtrise des
langages - écrits, parlés, numériques,
corporels et symboliques -, l’EAC
est l’un des facteurs essentiels de
compréhension du monde et de
développement de l’esprit critique,
pour une citoyenneté active des jeunes
générations.
Nos engagements :
Favoriser dès le plus jeune âge le contact
avec l’art et la culture
Créer une Charte EAC à l’échelle de la Ville
Expérimenter un « passeport EAC »
à destination des élèves bordelais
de 0 à 12 ans, leur permettant de garder une
trace de l’ensemble des actions auxquelles
ils auront participé
Mettre en place des marrainages et des
parrainages entre établissements scolaires,
artistes et/ou lieux culturels
Développer des résidences artistiques au
sein des relais petite enfance, des crèches
et des écoles
Développer des actions hors les murs à
destination des jeunes accueillis dans des
structures sociales et médico-sociale
Prendre en compte l’EAC dans les critères
d’attribution de subventions aux associations
Accompagner les pratiques en amateur
et consolider le lien avec les acteurs
socioculturels
Associer l’éducation populaire à la
construction des parcours EAC proposés
à Bordeaux
Accompagner le déménagement de l’École
de cirque de Bordeaux aux Aubiers
Soutenir le projet de rénovation de
la Rock School Barbey
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Privilégier une culture
solidaire et responsable
Un devoir : obéir à des principes d’équité et contribuer activement à l’inclusion et à la réduction des inégalités en facilitant l’accès de toutes et tous à la culture. Cette responsabilité sociale se double d’une responsabilité environnementale : de même qu’il existe une agriculture raisonnée, économe en ressources et respectueuses de l’environnement et du vivant, la politique culturelle de Bordeaux veut promouvoir une culture raisonnée, plus sobre et plus résiliente dans ses pratiques et ses usages, privilégiant autant que possible la mutualisation et le réemploi.
Nos engagements :
> Faciliter l’accès aux équipements
culturels municipaux
Créer un «bureau des temps» chargé
notamment d’adapter les horaires des
établissements et des services culturels
municipaux en prenant mieux en compte les
attentes des usagers et la qualité de vie.
teåondīe ăa taīiťÆation des ÑtaÅăisseĉents
culturels municipaux pour l’adapter aux
capacités contributives de chacune
et de chacun
Action en cours :
Accompagnement du projet d’Opéra
Citoyen porté par Emmanuel Hondré.
Être aux côtés des personnes en situation
de handicap ou d’isolement
Développer des outils de communication
culturelle plus accessibles et inclusifs
Poursuivre la mise en accessibilité de tous
les établissements culturels (dispositif Ad’Ap
agenda d’accessibilité programmée)
Expérimenter la mise en place de navettes
de nuit desservant les lieux culturels
Actions réalisées :
Signature d’une convention entre la Ville
et le CHU en juin 2021
Lancement du parcours sensoriel innovant
au Musée d’Aquitaine en décembre 2021
Faire du secteur culturel un acteur
de la transition écologique
Etablir un budget « climat » de la culture
permettant d’évaluer l’impact climatique
et de travailler à des pistes d’amélioration.
Créer une recyclerie culturelle à l’échelle
de Bordeaux Métropole
Intégrer systématiquement une dimension
écologique et énergétique dans le cahier
des charges des programmes de travaux
Hybrider culture et économie sociale
et solidaire (ESS)
Soutenir l’extension et la réhabilitation
de la Fabrique POLA
Intégrer dans les critères des cahiers
des charges des programmes de travaux,
le travail avec des prestataires de l’ESS
INFO : Depuis janvier 2022, Bordeaux assure
pour 2 ans la présidence du Forum mondial
de l’ESS.
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POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE 6
Faire culture ensemble
Une volonté : prendre en
considération les droits culturels,
permettant de préserver et
promouvoir la diversité des formes
culturelles portées par l’Unesco.
Parce que chacune et chacun est
porteur de culture, quels que soient
son genre, son origine et son âge,
les arts et la culture sont des leviers
déterminants pour renforcer la
cohésion sociale, construire des
valeurs communes et permettre aux
Bordelaises et aux Bordelais de vivre
ensemble dans leur diversité.
Nos engagements :
Placer les droits culturels au cœur de
l’action municipale
Soutenir et accompagner le Laboratoire
de transition vers les droits culturels
Action réalisée :
Création d’un Laboratoire de transition
vers les droits culturels en septembre
ǡǟǡǠɁȚ Ĩerĉanence ouverte ¾ la >alle
des Douves tous les mardis et mercredis
entre 17h et 19h. Pour plus d’informations :
labodroitsculturels@douves.org
Promouvoir l’égalité entre les femmes
et les hommes
Élaborer une charte de l’égalité femmes-
hommes dans les musées municipaux
Inciter les associations à faire progresser
l’égalité femmes-hommes dans leur
fonctionnement et leur programmation en
créant un critère d’attribution de subventions
dédié
Attribuer des noms de rues, places et
lieux à des femmes restées dans l’ombre de
l’Histoire
Action réalisée :
Organisation des premières journées
du matrimoine en septembre 2021
Valoriser l’identité multiculturelle de
Bordeaux et les apports du métissage
Encourager les initiatives associatives
interculturelles
Créer un parcours culturel et patrimonial
autour de la mémoire de la traite négrière
et de l’esclavage
Généraliser la mise en place de plaques
explicatives sur les rues de Bordeaux
concernées par l’histoire coloniale
Renforcer le lien entre les générations
Accroître le nombre d’actions hors les murs
au sein des établissements pour personnes
âgées de la Ville
Développer des visites croisées et des
actions culturelles intergénérationnelles
au sein des musées municipaux et des
bibliothèques
Les droits culturels visent à garantir à
chacun la liberté de vivre son identité
culturelle, comprise comme « l’ensemble
des références culturelles par lesquelles une
personne, seule ou en commun,
se définit, se constitue, communique
et entend être reconnue dans sa dignité ».
(Déclaration de Fribourg, 2007).
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Donner toute sa place
à la jeunesse
Un souhait : porter une attention
particulière à la jeunesse.
Avec 32 % de la population
bordelaise ayant entre 12-29 ans,
la reconnaissance de la jeunesse,
de ses pratiques et expressions
culturelles est un impératif à la fois
démocratique et social, pour le
présent et pour l’avenir.
Nos engagements :
Mieux inclure les expressions culturelles
de la jeunesse
Développer le Pass culture au sein des
établissements culturels municipaux
Construire avec les établissements
culturels municipaux des propositions
à destination des jeunes et tenant compte
de leurs pratiques et références culturelles
Action en cours :
Mise en place par le Capc Musée d’art
contemporain du dispositif des Nouveaux
Acquéreurs, en collaboration avec l’École
de la deuxième chance
Action réalisée :
Depuis le 1er janvier, extension du
dispositif Carte Jeunes à 21 communes
de la Métropole
Proposer des actions culturelles autour du
libre-arbitre et de la conscience citoyenne
Poursuivre le développement de la
«Fabrique du citoyen» proposée par les
bibliothèques de Bordeaux
Accompagner les expressions artistiques
permettant la prise de parole des jeunes
Développer les relations avec
l’enseignement supérieur et la recherche
universitaire
Rénover et agrandir l’école des Beaux-arts
de Bordeaux (ebabx)
Accompagner l’Université Bordeaux-
Montaigne dans sa participation au projet
ȹɁ'ŘÆeăăenÆes soķs toķtes ses åoīĉes Ⱥ
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2 L’art et culture doivent être placés non seulement au cœur de la cité, de la vie démocratique, mais également au cœur de la ville, et contribuer pleinement à l’élaboration du nouvel modèle urbain bordelais. Un modèle qui fait la part belle aux quartiers et qui accorde au lien social et la vie en commun une place centrale et dans lequel la culture joue un rôle essentiel. Rendre l’art et la culture présents partout dans Bordeaux, dans l’espace public comme dans chacun des quartiers de la ville, c’est permettre un égal accès à l’offre culturelle sur l’ensemble du territoire et multiplier les occasions de rencontre au quotidien. Mettre l’art et la culture au cœur de la transformation urbaine I s s u d uF orumde l a c u l t u r e
POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE 9
Faire vivre la culture
dans chaque quartier
de Bordeaux
Un désir : construire une nouvelle
dynamique urbaine, collective et
culturelle, qui s’ancre dans
les réalités territoriales exprimant
la singularité et la richesse
de chaque quartier.
Nos engagements :
Créer dans chaque quartier des Lieux d’Art
et de Culture (LAC)
Soutenir la rénovation et développement
du Garage ModerneMettre la culture au
cœur du nouveau modèle urbain bordelais
Reconstruire la bibliothèque de Bacalan,
premier exemple de bâtiment culturel frugal
à Bordeaux
Déployer la commande artistique dans
l’espace public
Élaborer un schéma directeur de l’art
dans ăa Œiăăe aťn de Ĩeīĉettīe ăȸÑĉeīæenÆe
de nouveaux pôles d’activités
Action réalisée :
Commande d’une fresque murale place de
la Ferme de Richemont réalisée par
l’artiste Rouge avec l’association
La Cloche Nouvelle-Aquitaine
Préserver, enrichir, valoriser
et faire vivre les patrimoines et les
mémoires des quartiers
Construire une offre de valorisation
patrimoniale globale en proposant des
parcours de visites et de découverte
Rénover le musée des Arts décoratifs
et du Design
Action en cours :
Chantier de rénovation de la Flèche
St-Michel
Faire de la nuit un espace d’expression
culturelle partagé
Soutenir les actions et dispositifs
de médiation et prévention dans le cadre
du label « Bordeaux la nuit »
Action en cours :
Adhésion au Groupement d’Intérêt Public
Cafés cultures, un dispositif d’aide à
l’emploi artistique dans les cafés, hôtels
et restaurants
LAC : lieux d’expérimentation
artistique hybrides et alternatifs,
ouverts à toutes et tous, dédiés à la
créativité, à la pratique, à l’échange,
au savoir et à la transmission.
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Nos engagements :
Renforcer la présence artistique et
culturelle dans l’espace public
Renforcer la mise en œuvre d’actions
artistiques et culturelles à destination
du jeune public
Développer la présence de l’art dans la ville
(art urbain, arts de la rue, danse…)
Redéfinir et simplifier le cadre général
de l’utilisation de l’espace public à des fins
culturelles
Déployer l’expérimentation de calendriers
culturels concertés à l’échelle des 8 quartiers
Favoriser les coopérations entre les
équipements culturels et les structures
associatives des différents quartiers
Créer un Pôle culturel dans le quartier
de la Benauge
Implanter une antenne du Conservatoire
dans le quartier de Bordeaux Maritime
Développer les interventions hors les murs
des établissements culturels municipaux
dans tous les quartiers, en partenariat avec
les acteurs de proximité
Expérimenter une offre de proximité
de lecture publique via la mise en place
de «points Lecture»
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Encourager la culture partout :
dans l’espace public
et hors les murs
Une certitude : l’art et la culture doivent s’aventurer en dehors des lieux qui leur sont assignés.
La construction d’une ville apaisée passe également par de nouvelles modalités de présence des artistes et de la culture dans la ville, notamment dans l’espace public, dans la rue ou dans les espaces verts, où il est possible de vivre un autre rapport avec l’expression artistique, et de laisser celle-ci transformer
notre quotidien.
POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE 11
3 La présence d’une communauté d’artistes sur un territoire est l’un des meilleurs gages de la vitalité de celui-ci, et la plus sûre manière d’ancrer la culture dans la ville. C’est pourquoi la politique culturelle entend
nouer avec les artistes un dialogue renouvelé et jouer pleinement son rôle de soutien et d’accompagnement, dans une logique d’écosystème.
3 Soutenir et accompagner un environnement propice à la création I s s u d uF orumde l a c u l t u r eAnnexes — Feuille de route culturelle de la Ville 351 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 350
POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE 12
Nos engagements :
Favoriser l’accès aux évènements et aux
équipements culturels pour les artistes
émergents
Créer un appel à projet de soutien aux
projets émergents, expérimentaux ou
d’opportunité ouvert à toutes les disciplines :
musique, spectacle vivant, cinéma…
Mettre à la disposition des artistes de
nouveaux espaces de pratique et de
diffusion
Ansķũeī ķne noķŒeăăe dřnaĉiĪķe Ĩoķī
les espaces culturels municipaux (Théâtre
La Pergola, Halle des Chartrons, marché
de Lerme, etc.)
Optimiser l’occupation des bâtiments
communaux en les mettant à disposition
des artistes
Favoriser la mutualisation et
l’interconnaissance
Encourager la mutualisation des ressources
logistiques entre équipements culturels
Organiser des temps collectifs
de rencontres par thématiques
et par territoires
Action en cours :
Les Mardis du Forum : temps de rencontres
mensuels et interdisciplinaires permettant
aux opérateurs culturels, artistes et
acteurs du champs socio-culturel de se
connaitre.
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Une ambition : soutenir et accompagner la dynamique de création de l’écosystème culturel et artistique bordelais dans son ensemble et rompre avec la logique événementielle et les injonctions productives.
Conforter et mieux valoriser les acteurs et les expressions culturelles déjà présents sur le territoire, libérer les artistes des contingences administratives, favoriser des temps longs de création et de vie des œuvres, faire émerger de nouvelles pratiques et de nouveaux territoires de création, mutualiser
les moyens : tout cela favorisera une dynamique nouvelle, fondée sur
la complicité et la complémentarité.
Soutenir la création
artistique
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Instaurer une nouvelle
gouvernance pour
une politique culturelle
partagée
Retrouvez la version intégrale de la feuille de route sur bordeaux.fr
et sur la plateforme participative participation.bordeaux.fr
Nos engagements :
Réformer les modalités d’attribution des
aides et des subventions afin de consolider
les relations avec les associations et de les
inscrire dans la durée
Développer les conventions
pluriannuelles d’objectifs et les réinterroger
périodiquement
Mettre en place de nouveaux critères
d’attribution des aides publiques
Action en cours :
Réévaluation des aides 2022 en
privilégiant les projets s’inscrivant dans
une logique de territoire et répondant
aux axes prioritaires de la feuille de route.
Faire du service public culturel municipal
un outil d’accompagnement et de
ressources pour les projets des acteurs
culturels
Créer un portail numérique de l’offre
artistique et culturelle
Créer un bureau de soutien et
d’accompagnement à l’attention
des opérateurs culturels
Renforcer le dialogue et la coopération
avec les communes de la Métropole
Développer les coopérations
internationales
Renouveler les coopérations culturelles
avec les Villes jumelées et les Instituts
étrangers à Bordeaux (Goethe Institut,
Instituto Cervantes, etc.)
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Une résolution : renouer les liens et restaurer la confiance entre la Ville et les acteurs culturels et les artistes.
Le service culturel municipal doit jouer auprès de ces derniers le rôle
d’un centre de ressources et d’ingénierie à l’écoute des besoins, garant d’un accompagnement dans la durée.Annexes — Feuille de route culturelle de la Ville 353 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 352
POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE
5 ÉQUIPEMENTS CULTURELS MUNICIPAUX 2
bibliothèques
municipales
Mériadeck
(2e de France),
Bacalan,
La Bastide,
Bordeaux Lac/
Aubiers,
Pierre Veilletet,
Flora Tristan,
Grand Parc,
Jardin Public,
Jean de La Ville
de Mirmont,
Saint Michel/
Capucins ainsi
qu’un bibliobus
itinérant et une
bibliambule.
Musées
de France :
musée
d’Aquitaine
(musée Goupil,
Centre Jean
Moulin, Centre
d’interprétation
d’architecture et
du Patrimoine) /
musée et galerie
des Beaux-arts /
musée des Arts
décoratifs et du
Design / Muséum
- Sciences
et nature
Musée de
France
Centre d’art :
CAPC,
musée d’art
contemporain
Jardin
Botanique
Conserva-
toire à
rayonnement
régional,
Conservatoire
Jacques Thibaud
(2 100 élèves)
espaces
culturels
dont 3 théâtres
(Halle
des Chartrons,
marché
de Lerme, Mably-
salle capitulaire
et cour,
Espace St Rémi,
La Lucarne,
L’Inox
et La Pergola)
lieux
de diffusion
municipaux :
Salle des Fêtes
Bordeaux Grand
Parc,
Base
sous-marine
lieux
municipaux
mis à disposition
d’artistes ou
d’associations
pour des
résidences,
bureaux et ate-
liers (Bougue-
reau, Professeur
Demons,
Maison
Bourbon, Annexe
B, Capérans,
rue Fieffé,
Salle des
Serrages, Hôtel
des Sociétés
Savantes...)
ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
École supérieure
des Beaux-Arts
de Bordeaux - ebabx
École supérieure
de théâtre de
Bordeaux Aquitaine
- éstba
Pôle d’Enseignement Supérieur
de Musique et de Danse
Bordeaux Nouvelle-Aquitaine
AUTRES ÉTABLISSEMENTS
La Cité du Vin (Fondation)
Les Bassins des Lumières (Délégation Service Public Culturespaces)
Les Archives de Bordeaux Métropole
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QUELQUES CHIFFRES
POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE
STRUCTURES SOUTENUES
PAR LA VILLE
Opéra National Grand théâtre et auditorium (orchestre
symphonique, ballet et chœur)
Centre dramatique national TnBA
Centre de développement chorégraphique national :
La Manufacture-CDCN
Scène d’intérêt national « art et création »
(scène conventionnée) : Glob Théâtre
Scène de Musiques actuelles : Rock School Barbey
205 structures, compagnies ou associations culturelles
Plus de 80 résidences et ateliers
PATRIMOINE
Ville d’art depuis 1975
et Ville d’art et d’histoire
depuis 2009
«Bordeaux,
port de la Lune»
est inscrit depuis 2007
sur la liste
du Patrimoine mondial
371 immeubles protégés
au titre des Monuments
historiques (2e ville en
France après Paris),
dont 49 sont propriété
de la Ville
20 bâtiments labellisés
Architecture contemporaine
remarquable, dont
9 sont propriété de la Ville
35 orgues municipaux
368 objets protégés (statues,
tableaux... mais aussi grues
des Bassins à flot)
3 églises sont également inscrites
au Patrimoine mondial en tant
que composantes du bien
«Les Chemins de Saint-Jacques-
de-Compostelle en France»
ESPACES PUBLICS
DÉDIÉS À L’ACCUEIL DES
FORMES ITINÉRANTES
La Place des Quinconces
L’Aire Rafaël Padilla : un espace
de 2 000 m², dévolu à l’accueil
de cirque de passage.
QUELQUES CHIFFRESmusée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 354
POUR UNE POLITIQUE CULTURELLE PARTAGÉE 16
La première année en chiffres
10 entretiens : 60 artistes, artistes et opérateurs culturels et universitaires
5 ateliers de travail (dont 1 avec les membres du Conseil municipal) : plus de 400 participants
3 groupes de discussions / 34 participants (habitants, opérateurs culturels et artistes, acteurs du champ éducatif, social et touristique, associations œuvrant contre les discriminations et pour la diversité et l’inclusion dans le secteur culturel).
1 plateforme participative : participation.bordeaux.fr
Une boîte à idées : 121 contributions individuelles
Un questionnaire ayant totalisé 2 204 réponses
Des ressources documentaires et comptes rendus des groupes de discussions / ateliers / conférences
1 série de 7 «micros-trottoirs» en vidéo
37 permanences dans les 8 quartiers de Bordeaux
7 ateliers avec des acteurs de proximité
5 rencontres-débats proposées en visio-conférence
8 ateliers interprofessionnels thématiques ayant réuni plus de 200 participants
Retrouvez l’ensemble des comptes rendus, synthèses, rencontres et contributions, ainsi que des ressources documentaires sur la plateforme participation.bordeaux.fr
Le Forum de la culture a pour vocation
de partager des attentes, des objectifs et
une méthode de mise en œuvre et de suivi
entre élus, services de la ville, citoyens,
artistes et tous les acteurs du champ
culturel au sens large. Cette expérience
démocratique, qui se déroulera pendant
toute la durée du mandat, a déjà réuni
3 000 personnes participantes.Annexes — Charte égalité femmes/hommes des établissements culturels de la ville de Bordeaux 357 musée des Arts décoratifs et du Design, Bordeaux ● PSC 2022 - 2027 356
B. Garantir l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes et leur égal accès à
la programmation, à l’enseignement et aux pratiques artistiques et culturels
4- Tendre progressivement vers la parité concernant les artistes et les auteurs, et au-delà, toutes et
tous les intervenants (conférences, ateliers pédagogiques,rencontres, master classes, jurys etc.) en
fixant des objectifs de progression lorsqu’un fort déséquilibre est constaté ;
5- Développer une politique d’acquisition et d’emprunts volontariste pour favoriser l’entrée d’œuvres
et de travaux de femmes au sein des collections ;
6- Développer une politique d’exposition temporaire qui intègre l’égalité femmes/hommes et valoriser
les artistes ou les scientifiques femmes dans les parcours permanents ;
7- Développer les références bibliographiques relatives aux artistes et aux autrices femmes dans
les bibliothèques et librairies des musées ;
8- Intégrer dans la politique formalisée d’acquisition des bibliothèques un axe de développement
des collections spécialisées concernant l’égalité femmes/hommes.
9- Viser la mixité des élèves au sein de toutes les disciplines enseignées au Conservatoire (danse,
musique et théâtre) en luttant contre les stéréotypes genrés.
C. Restituer une histoire mixte et lutter contre les stéréotypes de genre
10- Rétablir la contribution des femmes à l’histoire, la création artistique, la recherche scientifique et à
la société, à travers les collections et les actions portées ;
11- Rechercher à traduire dans les expositions, par un meilleur équilibre entre les représentations de
femmes et d’hommes, la réalité historique dans son ensemble et sa diversité, à travers des œuvres,
documents, objets… ;
12- Restituer le rôle historique des inégalités femmes-hommes dans la fabrication de déséquilibres
sociétaux, des représentations essentialistes et des stéréotypes et s’interroger sur le vocabulaire utilisé ;
13- Favoriser une diversité qui donne une visibilité aux femmes dans les productions éditées
(catalogues et textes d’accompagnement) ;
14- Développer des outils de médiation et ateliers spécifiques sur le genre à travers l’histoire, les droits
des femmes et les inégalités femmes-hommes ;
15- Proposer des parcours d’éducation artistique et culturelle œuvrant pour l’éducation à l’égalité entre
les femmes et les hommes
16- Produire des contenus spécialisés à vocation pédagogique à destination des classes maternelles et
primaires, tels que des mallettes.
D. Adapter ses outils et ses méthodes de travail
17- Sensibiliser et former l’ensemble des agentes et agents des établissements culturels aux
problématiques de genre et d’égalité ;
18- Conduire une évaluation annuelle concertée des progrès entrepris en lien avec la mission égalité
(intégrée au rapport en matière d’égalité femmes / hommes de la Ville) ;
19- Renseigner le genre des artistes, auteurs et personnalités dans les bases de gestion des collections
et outils statistiques à la disposition des équipes pour permettre cette évaluation annuelle ;
20- Intégrer la problématique de l’égalité femmes-hommes parmi les éléments de conception et
d’évaluation des projets ;
21- Faire mention de la charte dans les dossiers de candidatures, les conventions de partenariats, les
contrats. En accord avec ces valeurs, écarter les propositions véhiculant des positions sexistes ;
22- Partager la charte avec les artistes, les personnalités ou leurs ayants-droits pour partager
une communauté de valeurs ;
23- Lors d’appels à projets ou de tout autre processus de sélection, veiller à l’équilibre entre les candidatures
d’hommes et celles de femmes et développer l’usage de listes restreintes paritaires avant le choix final.
Charte égalité femmes/hommes des établissements
culturels de la ville de Bordeaux
Considérant,
- la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes qui prévoit dans son article 1Æ,
que les collectivités territoriales, ainsi que leurs établissements publics, mettent en œuvre une approche
intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’ensemble des politiques portées avec
notamment « des actions visant à garantir l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes et leur
égal accès à la création et à la production culturelle et artistique, ainsi qu’à la diffusion des œuvres » ;
- les rapports annuels de l’Observatoire de l’égalité entre femmes et hommes dans la culture et
la communication faisant état des progressions en la matière et des disparités persistantes depuis 2013 ;
- la feuille de route Egalité 2018-2022 du ministère de la Culture ;
- La charte d’engagement pour l’égalité femmes-hommes dans les industries culturelles et créatives créée
lors du Forum Génération égalité à Paris en juin 2021 ;
- l’implication de la Ville de Bordeaux, qui affirme la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes
au rang des priorités de son projet de mandature. Cette volonté se traduit par la mise en place d’actions
et le soutien d’initiatives en faveur de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, la prise en compte
de la question du genre dans chaque politique publique (démarche de budgétisation sensible au genre,
renforcement des indicateurs dédiés au genre, systématisation des critères d’égalité femmes hommes et
de lutte contre les discriminations dans les clauses d’attribution de marchés publics et des délégations de
service public, diffusion d’une culture de l’égalité, renforcement de l’égalité femmes hommes dans le champ
professionnel). Pour ce faire, la Ville s’appuie sur sa Mission Egalité, Diversité de la Direction Générale
des Solidarités et de la Citoyenneté qui intervient au côté de l’ensemble des directions opérationnelles.
La Ville s’engage avec détermination pour la promotion des droits des femmes et pour l’égalité réelle entre
femmes et hommes.
Cette priorité est rappelée dans le cadre du plan d’action pour une politique culturelle partagée 2021-2026,
et se traduit également par la mise en place d’une démarche intégrée de l’égalité et le questionnement des
dépenses publiques sous le prisme du genre. Cet enjeu irrigue l’ensemble des projets des établissements
culturels de la Ville, qui instaure en conséquence la présente charte. La Ville développe notamment des
parcours thématiques sensibilisant aux questions d’inégalité entre les genres. Elle organise également,
simultanément aux Journées du patrimoine, les Journées du matrimoine : réhabiliter ce terme employé dès
le Moyen Âge est une manière de revaloriser l’héritage culturel des femmes. La Ville incite les opérateurs
culturels privés à faire progresser, de la même façon, l’égalité femmes-hommes dans leur fonctionnement
et leurs programmations. Des noms de rues, places et lieux seront attribués à des femmes restées dans
l’ombre de l’Histoire afin qu’elles puissent servir de modèles aux nouvelles générations.
Les Etablissements culturels de la Ville de Bordeaux s’engagent à :
A. Porter les valeurs d’égalité femmes-hommes
1- Inscrire l’égalité entre les femmes et les hommes dans leurs orientations stratégiques et au sein
des projets scientifiques (Projet Scientifique et Culturel pour les musées, Projet Culturel scientifique
Éducatif et Social pour les bibliothèques, Projet d’établissement pour le Conservatoire, etc.) de chaque
établissement ;
2- Déployer une communication interne et externe inclusive, exempte de stéréotypes et valorisant
les femmes et les hommes dans toute leur diversité ;
3- Développer et animer des partenariats autour de cette thématique en lien avec des associations
reconnues comme expertes dans le domaine ;