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unknown - Lucciana 6 OK imprimerie Web
Document publié le Jeudi 30 mars 2023 par la commune de Lucciana.
Lien du pdf (unknown - Lucciana 6 OK imprimerie Web)
Thèmes du document : Culture et patrimoine, Histoire et mémoire, Aménagement du territoire,
Bulletin municipal - Janvier / Juillet 2024
Lucciana Lucciana
Sò di
Ferveur populaire
à la Foire de la Canonica
Un gala très au « poing »
Mariana expose à BastiaSommaire
Mairie de Lucciana
1045, Corsu Lucciana
CS 30026
20 290 Lucciana
Téléphone : 04.95.30.14.30
Fax : 04.95.38.33.94
Email : contact@ville-lucciana.com
Du lundi au jeudi : 8h30/12h - 13h30/17h
Vendredi : 8h30/12h - 13h30/16h
Adresse
Contacts
Horaires d’ouverture
2
Sports - Gala du KBCL/ Changement de direction et d’entraîneur au Gallia
/ Le RCL a atteint les quarts......................................................p 34 à 39
Hommage - Les 80 ans de la disparition d’Antoine de Saint-Exupéry.....p 32-33
Marana-Golo - Tourisme et Économie : Lucciana au centre des enjeux....p 28 à 31
Pèlerinage - Lucciana et Monaco à nouveau réunis
autour de Sainte-Dévote en 2025 ?.....................................p 26-27
Évènements - Ferveur à la Foire de la Canonica / Conférences et concerts au musée de Mariana / Exposition au musée de Bastia......p 10 à 25
Équipements - Projet de lycée / Installation d’une video surveillance /
/ Stade inauguré / Vestiaires livrés / Tennis en cours......p 4 à 9Edituriale
Éditorial
3
Lucciana ne tourne pas le dos à son passé,
au contraire, elle le magnifie en tant que
fondations de son histoire. L’exposition
« Corsica Rumana », conçue en coproduc-
tion avec le musée de Bastia, est la vitrine
sublime, physique et spirituelle, de son
antique mémoire qu’un très large public est
appelé à découvrir et à admirer.
Mais une commune rayonne aussi par sa
capacité à poser de solides jalons pour
l’avenir, porte grande ouverte pour les géné-
rations futures.
De tous les projets qu’elle espère voir se
concrétiser, c’est assurément le lycée d’en-
seignement général et technologique que
l’équipe municipale porte avec le plus de
force et de conviction. Le dossier de can-
didature auprès de la Collectivité de Corse
peut s’apparenter à une copie de classe
structurée avec une argumentation claire
et convaincante. La démographie de l’inter-
communalité, la diversité de l’offre et le ca-
ractère modal des transports qui favorisent
les circuits-courts et la mobilité durable, la
réserve foncière pour la construction, sont
autant de gages qui placent Lucciana en po-
sition avantageuse pour assurer le bien-être
des élèves et de leurs familles.
Aussi, le résultat de cet examen de passage
est attendu avec confiance et sérénité.
Lucciana ùn nega micca u so passatu è hà
sempre à core d’onurà e fundazione di a so
storia. A mostra “Corsica Romana” cuncepita
in co produzzione cù u museu di Bastia, hè
un nobile rispechju, fisicu è spirituale, di a so
antica memoria, chì u publicu hè chjamatu à
scopre è à cuntemplà numerosu.
Una cumuna splende dinù à traversu a so
capacità à custruì l’avvene à prò di e future
generazione.
Di tutti i prughjetti ch’ella ambiziuneghja,
ci n’hè unu chi a squadra municipale porta
cun forza è cunvinzione : hè quellu di u liceu
d’insignamentu generale è tecnologicu
U cartulare di candidatura indirizzatu à a
Cullettività di Corsica, hè fundatu nant’à un
argumentazione chjara è persuasiva, chi
mette in risaltu a demugrafia di l’intercumu-
nalità, a diversità di l’ufferta, u caratteru mu-
dale di i trasporti favurizendu i circuiti corti è
a mubilità durevule, è a riserva fundiaria per
a custruzzione. Parametri di prima trinca è
avantaghjosi chi distinguenu Lucciana, cume
una cumuna capace d’assicurà u benistà di
l’elevi è di e so famiglie.
Vale à dì chì l’esitu d’issu carturale hè aspet-
tatu cun cunfidenza è serenità.
Énergie scolaire
Energia sculare
José GALLETTI
Maire de Lucciana
Merre di Lucciana
Directeur de la publication
José GALLETTI
Rédaction et maquette
j3.com.info
Photos
j3.com.info - Musée de Bastia
Collections privées
Impression
EtoileVega== 7 = -. = = = sn 7
4
Après en avoir débattu lors du conseil
municipal en date du 11 juin dernier,
notre commune s’est officiellement por-
tée candidate, auprès de la Collectivité
de Corse, pour que soit implanté sur
son territoire le futur lycée d’enseigne-
ment général et technologique.
Un positionnement qu’elle justifie
en mettant en exergue quatre para-
mètres...
Concentration des effectifs
Il est à noter que près de 30% des ef -
fectifs des élèves du second degré de
Haute-Corse sont concentrés dans les
collèges de Biguglia, de Lucciana et de
Folelli selon les données statistiques
réalisées par l’Académie de Corse au
30 mars 2023. Cette concentration
souligne la forte demande éducative
dans cette zone, qui nécessite une
réponse adéquate pour assurer au
mieux l’accès à l’éducation pour tous
les jeunes de la région.
Réduction de la mobilité
La construction d’un lycée d’ensei-
gnement général et technologique à
Lucciana permettrait de réduire consi-
dérablement la nécessité pour les
jeunes de cette communauté et des
communes avoisinantes de se dé-
placer jusqu’à Bastia pour poursuivre
leur scolarité au lycée. Cela aurait un
impact significatif sur la réduction des
temps de transport, les coûts associés
et l’impact environnemental, tout en fa-
vorisant l’accès équitable à l’éducation.
Lycée : les arguments de l
Équipements
En voiture ou en train (et accessoirement aussi en avion) tous les chemins mènent à Lucciana... Notre commune réunit, indéniablement, toutes les conditions et offre les meilleurs avantages pour l’implantation d’un lycée.5
e la candidature de Lucciana
Rayonnement régional
En tant que commune centrale au sein de la
communauté de Marana-Golo et avec une
position géographique stratégique, Lucciana
souligne que la construction d’un lycée sur
son territoire aurait un rayonnement régio-
nal en permettant également aux jeunes
des communes voisines de bénéficier d’une
offre éducative de qualité plus accessible.
Infrastructures
et foncier disponibles
Lucciana dispose d’un territoire propice à la
réalisation d’une structure éducative, avec
des espaces fonciers disponibles adaptés
à la construction d’un lycée moderne. De
plus, la proximité du train via les gares de
Lucciana et Casamozza, ainsi que la pré-
sence des voies routières principales traver-
sant la commune, offrent une accessibilité
optimale pour les élèves et le personnel
éducatif. Deux échangeurs permettent de-
puis la T11 l’accès aux D507 et D107.
Conclusion
La construction d’un lycée d’enseignement
général et technologique à Lucciana est
une réponse nécessaire aux besoins édu-
catifs croissants de la région, en particulier
pour les jeunes de la communauté de Ma-
rana-Golu et des communes environnantes.
Cette initiative contribuera à réduire la mo-
bilité des élèves, à renforcer l’accessibilité à
l’éducation et à favoriser le développement
socio-économique durable de la région.6
Équipements
Des caméras pour lutter
contre les incivilités
Lasse des agissements relevant d’un incivisme
parfois sans limite, la commune a décidé
d’équiper l’ensemble de son territoire de camé-
ras de vidéo-surveillance.
Une démarche visant donc à lutter contre
toutes les formes de non-respect des règles
qu’il s’agisse de circulation automobile ou de
dépôt sauvage d’ordures. « Nous agissons
davantage dans un but préventif que répressif,
en ce sens que cet équipement tend à dissua-
der les mauvais citoyens de se comporter de
manière irresponsable. Mais il va de soi que
ceux qui ne tiendront pas compte de cette
forme d’avertissement s’exposeront aux sanc-
tions prévues par la loi » précise le maire José
Galletti.
Au total, ce sont 52 caméras dites « intelli-
gentes » (programmées en fonction du délit
ciblé) qui ont ainsi été disséminées sur l’en-
semble du territoire communal aux lieux qui
se sont jusqu’ici révélés les plus exposés aux
incivilités de type dépôt sauvage d’ordures,
ainsi qu’aux points stratégiques pour ce qui
concerne le réseau routier.
Après avoir obtenu pour cette installation
l’agrément de la commission départementale
de vidéo-surveillance, la commune a fait appel
à la Gendarmerie Nationale pour que le dis-
positif soit, à la faveur de ses retours d’expé-
rience, le plus efficace possible.
Une installation par ailleurs conçue pour ne
pas avoir à effectuer des travaux de voirie
(tranchées), la connexion entre les caméras
et le central installé en mairie, intervenant par
wifi. Un matériel « dernière génération » qui
a fait ses preuves dans de nombreuses com-
munes où les incivilités ont en effet chuté de
manière spectaculaire. Puisse Lucciana re-
joindre le lot de ces territoires où la mesure a
pleinement eu son effet dissuasif :
Au lieu-dit
Brancale c’est
le problème du
dépôt sauvage
d’ordures qui
est ciblé.
À l’entrée nord
de la commune,
point commercial
névralgique.7
Remplacement du revêtement (tartan rouge-
ocre) et élargissement de la piste à neuf cou-
loirs, couverture de la tribune (pose d’une toile
tendue de 1 000 m2 environ sur une charpente
métallique de 68 mètres de portée), le com-
plexe sportif Charles Galletti a fait l’objet de tra-
vaux de modernisation et de mise aux normes
IAAF (International association of athletics
fédérations) qui permettent au stade d’athlé-
tisme un classement « international », le seul
du genre en Corse. Le coût de ces réalisations
s’élève à 2,475 M€. La commune (1,25 M€),
l’Etat (925 000 €) via le Fonds d’aménagement
et de développement du territoire, la Collectivité
de Corse (160 000 €) et l’Agence nationale du
sport (140 000 €) sont partenaires dans cette
opération. L’inauguration a eu lieu le 24 janvier
en présence de Michel Prosic (préfet de Haute-
Corse), Michel Huertas (vice-président de la
Fédération française d’athlétisme), Nicole Filippi
(présidente de la Ligue corse d’athlétisme),
d’élus des communes environnantes et de re-
présentants de comités et clubs sportifs.
Dans le même temps, a été livré le nouveau
bâtiment construit en contre-bas du stade qui
abrite des vestiaires (et locaux divers) com-
muns aux stades de football et de rugby. Il sera
opérationnel dès la prochaine saison.
Inauguré Inauguré
Livré Livré8
Équipements
Sujet abordé dans le précédent numéro de ce
bulletin, la phase 1 du projet d’extension du
centre territorial de tennis est entrée, depuis,
dans sa dernière ligne droite avec une livrai-
son des travaux prévue pour la rentrée pro-
chaine.
Au terme de ce tie-break, seront opérationnels
les six nouveaux courts dont jouira la structure.
À savoir : deux en revêtement résine et quatre
en terre battue dont l’un doté d’une tribune en
forme de U d’une capacité d’accueil de 1 200
places, qui fera de lui le court central.
Un outil d’ouverture
à « l’international »
La municipalité de Lucciana a vu dans l’exten-
sion de cet équipement sportif l’opportunité
de proposer à la Fédération Française, via la
Ligue Corse, d’y organiser des épreuves de
haut niveau. L’accueil de délégations sportives
aura en effet de fortes retombées sur l’écono-
mie locale, y compris en avant et arrière-sai-
son touristique. Outre les compétitions qui
pourront s’y disputer, le centre territorial ainsi
conçu pourra également élargir son offre en di-
rection de clubs ou sélections internationales,
en abritant d’autres événements en période
hivernale (du type stages).
Une modernisation des infrastructures commu-
nales qui, à l’instar des précédentes, répond
par ailleurs aux préceptes du développement
durable dans sa conception, à travers que
l’emploi de matériaux et procédés vertueux.
Développer la pratique
sur la commune
En outre, cet équipement qui s’articulera alors
autour de douze courts (huit en terre battue et
six en résine) pourra contribuer à l’essor du
Tennis Club de Lucciana qui, fondé en 2019,
va ainsi être placé dans les meilleures condi-
tions pour promouvoir efficacement la pratique
de la discipline sur le territoire communal.
D’autant que la construction d’un nouveau
club house et la couverture de deux des courts
en terre battue sont prévues dans la seconde
phase de travaux.
Centre territorial de tennis : le9
: le 1 er set dans son tie-break
Le chiffre
1,9 M€
pour rappel, le coût de ce
complexe. La commune de
Lucciana prend en compte 53,4%
(1,03 M€) du financement, l’Etat
(via l’Agence nationale du sport) et
la Collectivité de Corse intervenant
à parts plus ou moins égales, soit
respectivement 23,4% (453 000 €)
et 23,2% (450 000 €).
José Galletti (maire), Isabelle Giudicelli (adjointe), Philippe Medori
(président de la Ligue corse de tennis) et Fred Casamatta (direc-
teur du tournoi international), lors d’une visite sur le chantier.E = — #
10
Traditions, dévotion et convivialité
Pour sa 128e édition - ce
qui en fait l’une des plus
anciennes organisées
dans l’île - la Foire de
la Canonica a, encore
une fois, connu un grand
succès populaire avec
la présence durant trois
jours (18, 19, 20 mai) de
plus de 10 000 visiteurs
sur le champ spéciale-
ment aménagé en face de
la cathédrale Sainte Marie
de l’Assomption.
Plus de 70 artisans et producteurs lo-
caux avaient monté leurs stands sous
des chapiteaux. Deux espaces de res-
tauration - l’un couvert avec une scène
pour les animations musicales, l’autre de
plein-air - et de nombreux jeux forains
avaient été installés sur le site. Plusieurs
ateliers d’animations à thèmes, des
activités pour les enfants et tout public,
des démonstrations d’artisans (potier,
coutelier…) et de sportifs, ont rythmé les
trois jours ponctués en soirée par des
concerts (gratuits) donnés par Sumenta
Nova, I Pignotti et Jean-Charles Papi.
Foire de la Canonica
De nombreux élus étaient présents à l’inauguration.
Le maire entouré
d’exposants
lors de son discours
inaugural.
Jannick Savelli,
responsable de
l’organisation,
et la délégation
monégasque.S d 2. ji " ;
Pr Lit À
ges ; À ue
Q 7
11
Avant de couper le ruban en compagnie de
représentants de la Principauté de Monaco et en
présence de nombreuses personnalités et d’élus,
José Galletti a dressé un petit historique lors
d’une allocation. « Nous devons avoir une pen-
sée émue pour ceux qui ont adhéré à l’initiative
du Chanoine Letteron, professeur au Lycée de
Bastia, de créer ce pèlerinage sur un des sites les
plus emblématiques de la Corse antique et mé-
diévale. Ils ont voulu, tout d’abord, rappeler l’em-
preinte chrétienne la plus importante de Corse qui
a été révélée grâce aux fouilles archéologiques
de Geneviève Moracchini-Mazel, mettant à jour la
basilique la plus importante de Corse bâtie au Ve
siècle. Ce pèlerinage dont le but était la restaura-
tion des chapelles de Mariana et de San Parteo
à l’état de ruines réclamée par Prosper Mérimée,
architecte des Monuments historiques, en 1841,
s’est doublé d’une foire artisanale capable d’ac-
cueillir tous les pèlerins et visiteurs du jour. Cet
événement traduit une volonté de renouveau
de cette côte orientale abandonnée depuis cinq
siècles à cause de la malaria. Les grands travaux
de Napoléon III ont été le signal d’un possible
renouveau » déclarait le maire de la commune.
« Cette foire que nous inaugurons aujourd’hui se
veut le rassemblement des artisans locaux soi-
gneusement sélectionnés, la possibilité pour les
familles et les enfants de se retrouver dans un
contexte de convivialité, de cordialité, et pour ceux
qui sont fidèles à la foi chrétienne, les cérémonies
du lundi de Pentecôte » concluait José Galletti,
avant d’entraîner dans ses pas les officiels pour
une visite des stands.4
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Foire de la CanonicaPPT ,
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Foire de la Canonica1516
Foire de la Canonica17
La Foire de la Canonica est aussi
l’occasion de fêter la Pentecôte, ce temps
fort pour les chrétiens qui marque la
descente de l’Esprit Saint et clôture la
période de Pâques après la mort de
Jésus, sa Résurrection et son Ascension.
Ainsi une messe a été célébrée, le lundi,
par l’abbé Jean-Marie Prescelti dans la
cathédrale Sainte Marie de l’Assomption.
Ce fut l’occasion également d’honorer
la mémoire de Sainte Dévote, jeune fille
corse martyrisée par les Romains pour
sa foi (IIIe siècle), dont la barque qui
transportait son corps pour l’Afrique
à destination d’une communauté
chrétienne pour un enterrement digne,
échoua finalement à cause des courants
à Monaco qui en fit sa patronne.18
Franchir le seuil d’un musée, c’est pousser une
porte grande ouverte sur la découverte, le sa-
voir, accomplir un voyage dans l’espace et dans
le temps. C’est aussi une expérience intime où
chaque objet, selon son propre for intérieur et
sa propre perception sensible, produit des émo-
tions différentes, des réminiscences enfouies
qui refont surface pour toquer à l’écoutille de
notre mémoire par moment perdue.
Mais un musée n’est pas un endroit où le
passé s’expose tout en se recroquevillant sur
lui-même, c’est un lieu d’invitation à d’autres
arts, à d’autres sensations, à d’autres savoirs
aussi. C’est là tout le sens de la démarche dans
laquelle s’inscrit Ophélie de Peretti, la directrice
de notre musée de site, qui élargit le champ de
nos connaissances et de nos sentiments pour
ne pas dire nos émois en proposant un cycle
de conférences et des concerts. Ainsi, chaque
récit historique et chaque interprétation vocale
et musicale suscitent différemment les ressentis
des visiteurs.
Les institutions culturelles que représentent
les musées proposent plusieurs actions qui se
traduisent notamment par une offre éducative et
culturelle riche et diversifiée. Lucciana a déjà su
s’ouvrir avec enthousiasme au monde scolaire
y compris les maternelles. Des visites qui ont
rencontré un succès insoupçonné. Mais au-de-
là de la dimension pédagogique, des liens ont
toujours existé entre l’art des sons et l’histoire
des civilisations. Des liens endémiques car les
trésors exposés ont des ramifications profondes
avec les traditions culturelles, tant au plan de la
création artistique que de la sociologie.
Avec des moyens limités mais une passion
infinie, le musée de site Prince Rainier III de
Monaco tend ses bras à des conférenciers et à
des groupes musicaux. Il suffisait de demander
le programme…
Musée archéologique
Des conférences
et des concerts en prime
Au voyage dans le temps que permet la visite attentive
des collections, vient se greffer un programme culturel
de conférences et de concerts pour un supplément d’âme
et d’émotions mais pas d’argent…
Concerts
Fado et chant polyphonique
Le musée accueillera deux ensembles musicaux qui abordent des univers très différents mais qui ont en commun l’authenticité et la tradition. Le premier, c’est le Trio Ribeiro qui donnera un concert dédié au fado, la musique emblématique du Portugal. La (re)découverte de cette symbiose entre le chant, la poésie et la mandoline comme instrument est programmé le samedi 3 août. Deu- xième concert à l’affiche du musée de site : I Campagnoli, le 7 septembre, sur un programme de polyphonies profanes et sacrées. Composé de trois chanteurs, d’un guitariste et d’une violoniste, ce groupe est né voici trente-cinq ans de la passion pour le chant de quelques jeunes de Nebbiu et de Bastia. Au fil du temps, il a su se réinventer et étoffer son répertoire avec le talent pour fil rouge. Les concerts débutent à 18 heures. Entrée libre.19
Journées européennes 2024
Pour leur 41e édition, les Journées européennes du
patrimoine seront organisées les vendredi 20, same-
di 21 et dimanche 22 septembre 2024 et auront pour
thèmes « le patrimoine des itinéraires, des réseaux et
des connexions et le patrimoine maritime ».
Ces journées offrent l’opportunité de visiter des
monuments et des sites, souvent exceptionnellement
ouverts. Celui de Mariana sera accessible entre 10 et
19 heures avec des visites guidées gratuites.
Informations pratiques
Le musée de site archéologique de
Mariana est ouvert jusqu’à la fin du
mois de septembre du mardi au
dimanche, de 10 à 18 heures.
L’église de la Canonica est ouverte
les mêmes jours de 13 à 18 heures
sur présentation d’un billet du
musée daté du jour. Le parc
archéologique est en accès libre.
Les visites guidées ont lieu les mer-
credi, samedi et dimanche à 15h30.
Par ailleurs, les médiateurs du mu-
sée proposent des activités ludiques
pour les enfants autour de l’histoire
et des collections. À compter du 1er
octobre, les horaires passent en
mode basse saison : du mardi au
vendredi de 13 à 17 heures et le
samedi de 10 à 17 heures.
Tarifs : plein 7€/personne ; réduit : 4€ ;
famille : 20 €.
Gratuité sous conditions.
I Compagnoli.
Photo DR
Conférences
Un choix éclectique
Le premier rendez-vous de l’été marie juste-
ment la parole à la musique. Le samedi 20
juillet, Damien Delgrossi, responsable de la
phonothèque au Musée de la Corse, va animer
une conférence musicale sur le thème « La sé-
rénade dans le patrimoine musical corse ». L’île
des balcons, en quelque sorte.
Le samedi 14 septembre, Antoine-Marie Graziani,
l’historien de renom spécialiste de la période ré-
volutionnaire de la Corse, du siècle des Lumières
et de Pasquale Paoli dont on prépare pour l’an -
née prochaine la célébration du tricentenaire de
la naissance, va évoquer pour sa part le rôle de
l’étang de Biguglia, site naturel d’exception, dans
notre histoire collective, depuis la Renaissance
jusqu’au XVIIIe siècle.
Changement de décor intellectuel le samedi 19
octobre avec une conférence au parfum de dé-
veloppement durable puisqu’il s’agira de réem-
ploi de matériaux dans l’architecture contempo-
raine de notre île. Pour en parler, un émissaire
éclairé de la Maison d’architecture de la Corse.
Le public se voit l’occasion de passer au registre
cultuel à la faveur de la conférence que don -
nera le samedi 9 novembre Mauricette Mattioli,
conservateur en chef du patrimoine industriel et
chef de service de l’inventaire du Patrimoine à la
Collectivité de Corse, sur les « Confréries de
pénitents ». Dès la fin du Moyen Âge, les
confréries ont joué un rôle fondamental de
valorisation des communautés corses, du terri-
toire et de l’identité locale. Elle se présentaient
comme des modèles de société idéale…
Enfin, samedi 14 décembre, l’éditeur ajaccien
qui a pignon sur rue, Alain Piazzola, évoquera
un sujet qui va éveiller la curiosité des innom-
brables férus de littérature et d’histoire : « Les
livres anciens consacrés à la Corse ».
Toutes les conférences commencent à 14h30.
Entrée libre.20
C’est sur deux ni-
veaux et une sur-
face de plus de 400
mètres-carrés que
cette exposition s’est
installée au terme
d’un travail d’équipe
remarquable piloté
par Sylvain Grego-
ry, conservateur du
musée de Bastia se-
condé par Alexandra
Moretti, responsable
des expositions temporaires, et Ariane Jurquet,
responsable de l’inventaire et de la documen-
tation des collections, Ophélie de Peretti, direc-
trice du musée de site Rainier III de Monaco,
et sa proche collaboratrice et régisseuse des
collections de Mariana, Jeanne Belgodère.
Somme toute, ce sont quelque 560 objets, pour
la plupart inédits, qui ont été soigneusement
agencés et mis en valeur selon la scénographie
de la société L’Atelier. Une grande partie du
mobilier exposé émane des fouilles préventives,
la coopération de l’INRAP s’étant avérée parti-
culièrement précieuse…
Des objets des premières
fouilles à Mariana
Plantons le décor historique dans lequel le
public est invité à s’immerger. Le caractère
antique de la Corse apparaît sur les premières
cartes conservées de l’île. Les cartographes ont
donc eu connaissance de la présence de ves-
tiges antiques encore visibles. Ainsi, dès1575,
le cosmographe d’Henri II, André Thevet, si-
gnale dans sa Cosmographie universelle les
sites de Mariana et d’Aléria. La découverte
inopinée d’une plaque de bronze gravée, faite
dans le Cap en 1669, fait l’objet d’une publi-
cation par le Révérend père Jésuite Étienne
Chamillart qui identifie un Rescrit de Vespasien
daté de l’an 77 de notre ère et visant à apaiser
une querelle foncière entre les Vanacini et les
habitants de Mariana. Au XVIIIe siècle, quelques
érudits rassemblent les sources antiques évo-
quant la Corse, au premier rang desquelles
Sénèque et Pline l’Ancien.
Au siècle suivant, dans le sillage de l’Inspection
des Monuments Historiques menée par Prosper
Mérimée en 1839, les vestiges visibles sont dé-
crits plus finement. L’une des figures majeures
de ces érudits corses du XIXe siècle est l’abbé
Jean-Ange Galletti, né à Lucciana au cœur de
Mariana. Celui-ci fait éditer en 1863 le remar-
quable ouvrage Histoire illustrée de la Corse où
il consacre de nombreuses pages à Mariana et
Aléria.
Les premières fouilles publiées sont menées
à Aleria en 1922 par Ambroise Ambrosi. Peu
après, en 1936 et 1937, cette fois-ci à Mariana,
Albert Chauvel, architecte en chef des Monu-
ments Historiques, et Louis Leschi, directeur
des Antiquités de l’Algérie, au fait des innova-
tions techniques, réalisent la toute première
prospection archéologique aérienne en Corse
La Corse au temps d
« Corsica rumana. Une île méditerranéenne
à l’époque romaine »
Cette grande exposition inédite est le fruit mûr
du partenariat entre les musées de Bastia et de Lucciana.
Une coproduction sans précédent vouée à attiser
la curiosité des visiteurs attendus en très grand nombre
cet été et jusqu’au 21 décembre…
Sylvain Gregory.
L’expo-évènementL’'EXPOSITION ÉVÉNEMENT
LE É
La
A
LA
N
21
des Romains et entreprennent des sondages archéologiques,
révélant plusieurs rues de la cité romaine et des
bâtiments publics comme privés.
Corsica rumana propose des photographies
de ces fouilles ainsi que des objets exhumés à
cette occasion et identifiés opportunément à la
faveur de la préparation de l’exposition !
Le rôle (et le buste)
de Lucius Cornelius Scipion
À l’aube de la romanisation, la Corse est perçue
comme un territoire stratégique en Méditerra-
née. Dès le début du VIe siècle avant notre ère,
les Phocéens créent un comptoir commercial
Alalia, lieu de la future Aleria. Mais dès 540, les
Étrusques, sensibilisés à la culture grecque,
s’implantent à leur tour à Alalia imposant leur
pouvoir aux Grecs. Le mobilier funéraire et les
éléments épigraphiques
conservés témoignent
d’une population mêlée
de Grecs et d’Étrusques
dans la plaine du Ta-
vignano sans que l’on
puisse déterminer com-
ment celle-ci interagit
avec les peuples indi-
gènes.
À la fin du IIIe siècle,
les Étrusques subissent
les assauts répétés de
Rome. Ainsi, en 259
toujours avant notre ère,
Lucius Cornelius
Scipion – dont le buste
exposé provient d’un prêt de la Galerie des
Offices de Florence – mène une opération
militaire romaine pour s’emparer d’Alalia et de
toute la Corse avant de poursuivre son expédi-
tion militaire vers la Sardaigne, terre carthagi-
noise. Vainqueur, il célèbre à Rome un triomphe
sur les Carthaginois, la Sardaigne et la Corse.
Rome prend la main sur l’île mais reste canton-
née au littoral oriental, car elle subit régulière-
ment des troubles à l’intérieur, révélant des ten-
sions avec les populations autochtones même
si par le biais des relations commerciales avec
la péninsule italique, la société corse devient
progressivement perméable à la civilisation
romaine.
../..
Ophélie de Peretti.=. 7
22
La Corse d’Aléria et de Mariana
à la fin de la République romaine
La dernière opération militaire romaine en Corse
a lieu en 111 avant J.C. si bien que l’île entre du-
rablement dans la sphère politique et administra-
tive de la République romaine. La fondation co-
loniale de Mariana s’inscrit dans un mouvement
géopolitique global où Rome vise à contrôler
militairement le Canal de Corse, porte marine de
l’espace tyrrhénien. Il s’agit notamment d’éviter
que l’île ne puisse offrir d’éventuelle base arrière
à une incursion carthaginoise.
Le général Caius Marius permet à ses vétérans
de s’implanter dans la plaine de la Marana en
créant une ville nouvelle au plus près de la côte
italienne, dans un secteur qui présente un mouil-
lage maritime sûr associé à une large embou-
chure fluviale et à des terres fertiles. Contribuant
à la structuration d’un vaste espace économique,
Mariana, cité à vocation portuaire, devient une
étape sur la route commerciale nord-sud qui de-
puis l’Afrique du Nord dessert l’Étrurie, la Ligurie
et au-delà les côtes de la Gaule Transalpine et
de l’Hispanie. Peu de temps après, en 81 avant
notre ère, Sylla, grand rival de Marius, fonde
la colonie d’Aléria sur l’ancien site d’Alalia, qui
bénéficie des mêmes atouts géographiques. La
République permet aux élites locales de conser-
ver un certain pouvoir politique mais l’assassinat
de Jules César va accélérer sa déliquescence.
L’expo-évènement23
Économie : tous les chemins
viennent de Rome
La cargaison des navires est profuse : lampes
à huile, vaisselles, lingots métalliques, blocs de
verre brut, productions alimentaires, matériaux
de construction, etc.
Au IIIe siècle avant notre ère, les amphores
grecques, puniques et massaliotes sont pré-
sentes sur l’île ainsi que de la vaisselle fine pro-
venant de Grèce et d’Italie du Sud ou encore des
blocs de verre venus du Proche-Orient.
À partir du IIe et jusqu’au Ier siècle, l’exporta-
tion des vins italiques devient massive avec
des navires au tonnage toujours plus important
atteignant rapidement plus de 1 000 amphores
de type gréco-italique, associées fréquemment
à de la vaisselle à vernis noir produite en Cam-
panie, puis jusqu’à 10 000 amphores grâce à la
production esclavagiste de la côte tyrrhénienne.
Dans le sillage marin de ces volumes considé-
rables, arrivent en Corse des sauces de pois-
sons d’Afrique du Nord et d’Ibérie, comme de
l’huile de l’Adriatique et plus modestement des
vins grecs, fort réputés, qui approvisionnent les
élites locales.
Les rares textes relatifs aux ressources propres
à la Corse indiquent de possibles exportations
de poix – utilisé pour l’étanchéité des navires –
de cire, de miel et de bois.
Autant de thèmes auxquels l’exposition Corsica
rumana confère une dimension pédagogique et
didactique accessible à tous les publics, jeunes
et adultes, passionnés et néophytes. Une chro-
nique de l’Antiquité magnifiquement mise en
scène.24
À l’issue de la première guerre punique, Corse et
Sardaigne sont réunies dans la même province
romaine et semble régie par un pouvoir militaire
découlant de la fraîche conquête. Puis, la Corse
passe sous l’autorité exclusive du Sénat romain.
À partir d’Auguste, à la fin du Ier siècle avant
notre ère, le princeps – titre porté par les empe-
reurs romains sous le Principat – réorganise l’ad-
ministration de l’île et impose des cadastrations
sur le territoire qui devient une province romaine
à part entière dont la capitale administrative est
Aléria. Un fonctionnaire de rang équestre, un
procurateur, est nommé en Corse par l’empereur
pour représenter le pouvoir impérial et assurer la
justice, la paix et les prélèvements des impôts.
Outre les colons romains, l’accès à la citoyen-
neté est possible pour les populations implan-
tées de longue date dans l’île, en particulier
les peuples autochtones. Cette promotion à la
citoyenneté passe quelquefois par des fonctions
religieuses ou administratives, notamment de
contrôle portuaire, mais surtout par l’engagement
militaire. En effet, un service militaire accompli
de 25 ans dans les cohortes d’infanterie ou les
ailes de cavalerie, ou de 26 ans dans la ma-
rine, permet de recevoir la citoyenneté romaine
non seulement pour lui-même, mais aussi pour
l’épouse, les enfants et les parents s’ils sont
vivants. Le nouveau citoyen reçoit une belle
somme de deniers et un lot de terre.
L’accès à la citoyenneté
Le sacré s’invite dans tous les domaines so-
cio-économiques, domestiques et culturels dans
l’antiquité romaine. La relation aux dieux et aux
morts régit la vie individuelle comme collective.
Une hiérarchie incontestable et précise offre une
place à chacun et organise les passages entre
les différents mondes. Croyance et spiritualité
sont incarnées par le strict respect des rituels :
accomplir un rite, c’est croire. La religion romaine
s’organise en cultes publics et cultes privés. Le
cortège des dieux de l’Olympe, du Panthéon,
s’inscrit dans la religion publique obligatoire et
commune à tous. Quarante-cinq fêtes religieuses
officielles rythment le calendrier annuel. Dans le
cercle privé, le père de famille est responsable
de l’accomplissement des rites pour toute la fa-
mille, qui intègre les serviteurs. Ainsi sont quoti-
diennement honorés les Lares, génies des lieux,
et les Pénates, protecteurs du foyer, des cultes
ouverts voire obligatoires pour tous.
Les rites funéraires célèbrent le défunt tout
en s’en protégeant : il faut éviter de créer des
Larves, morts insuffisamment honorés, errant
entre deux mondes et se jouant des vivants.
Dans la maison, les Mânes - les ancêtres - sont
fréquemment vénérés, quelquefois leurs portraits
exposés. Lorsque la mort frappe, le père ou le
fils de famille mène les funérailles. La sépulture
est une inhumation ou une crémation, sans que
l’une ou l’autre des pratiques soit liée à un statut
social ou à des croyances particulières. Cepen-
dant, à partir de la fin du IIe siècle, la proportion
d’inhumations est largement majoritaire. Le dé-
funt est vêtu, parfumé, paré et doté de quelques
effets personnels. Les objets nécessaires aux
offrandes et aux sacrifices sont couramment ins-
tallés dans la tombe. Un repas est partagé entre
le mort et les vivants. Ce banquet est renouve-
lé neuf jours plus tard, moment où les vivants
prennent définitivement leurs distances avec le
mort qui rejoint les Mânes.
Religion et pratiques funéraires
L’expo-évènement25
Les archéologues révèlent qu’un style de vie à
la romaine influe sur toutes les sphères domes-
tiques des insulaires.
En ville, les élites habitent dans des domus –
maisons spacieuses à cour centrale – décorées
de peintures murales et de pavements mo-
saïqués et parfois dotées d’un bain privé. Les
familles plus modestes installent leur habitat à
l’arrière ou au-dessus de leur boutique ou de leur
atelier.
Dans les espaces ruraux, les bâtiments liés à
l’exploitation agricole ou artisanale occupent les
plus grandes superficies, tandis que l’espace ré-
sidentiel reste sommaire. Dans les habitats, l’es-
pace réservé à la cuisine s’organise autour d’un
ou plusieurs foyers. Les récipients culinaires sont
en terre cuite et présentent des formes propices
à bouillir, frire et mijoter : marmites, jarres, co-
cottes, pots ou poêles. Le mortier, en céramique
ou en marbre, sert à broyer aliments, épices et
fines herbes à l’aide d’un pilon. Louches, cuil-
lères, couteaux et passoires en métal ou bois
complètent la batterie de cuisine. Le service de
table est composé d’objets en céramique fine
et en verre, coupes, tasses, assiettes, plats,
pichets, bouteilles. Dans la maison, les pesons
de métiers à tisser, les quenouilles, fusaïoles et
aiguilles en os témoignent des activités de filage
et de tissage.
Les jeux de table font partie des activités quoti-
diennes des habitants de la Corse romaine. Les
dés et les osselets, parmi les plus populaires,
sont des jeux de hasard ou d’adresse. Les jeux
de stratégie, plus complexes, se jouent avec des
pions sur des plateaux quadrillés. Leur but est
d’isoler, encercler, prendre les pions de l’adver-
saire en utilisant tactique, ruse et surprise, à la
manière de stratégies militaires …
L’art de vivre à la romaine26
Après la disparition de Mon-
seigneur Bernard Barsi, qui
avait organisé le pèlerinage
de Rainier III et manifesté
tout au long de son mandat
sacerdotal son indéfectible
attachement à la Corse
et à la communauté chré-
tienne de Lucciana, le pape
François a nommé le père
Dominique-Marie David, Ar-
chevêque de Monaco. Une
ordination épiscopale qui
s’est déroulée en présence
de la famille princière dont
il est aussi le Grand-Au-
mônier. Il faut savoir que
l’Archidiocèse de la Princi-
pauté est directement rattaché au Saint-Siège
de Rome.
Mgr David, né le 21 septembre 1963 à Beau-
préau dans le Maine et Loire, est titulaire d’une
licence de philologie. Il a étudié à la Faculté de
Théologie de l’Université catholique de l’Ouest
avant d’être ordonné prêtre le 29 juin 1991 pour
le Diocèse de Nantes. Son credo : placer la fa-
mille, les jeunes et l’éducation au centre de ses
missions : « comment les chrétiens baptisés
peuvent trouver leur place de témoins du Christ
dans la société aujourd’hui ; respecter ce que
chacun a vécu et avoir un regard d’attention en-
vers celui qui est à côté de moi dans ce monde
de plus en plus individualiste ; quel regard je
porte sur ceux qui m’entourent… »
Un message d’espoir et de fraternité qui, à
l’image de Sainte-Dévote, a vocation à traver-
ser la Méditerranée…
« Le sentiment de fraternité
traverse le temps »
Mgr David aurait l’intention de porter son mes-
sage en personne. Il souhaiterait organiser un
nouveau pèlerinage à Lucciana à l’horizon 2025
comme l’avait souhaité avant lui Mgr Barsi pour
se placer sur les pas de Sainte-Dévote. L’idée
fait son chemin et pourrait susciter un nouvel en-
gouement chez les fidèles de la Principauté qui
pourraient manifester en grand nombre le désir
de venir ou de revenir prier en Corse à l’occasion
de célébrations solennelles et festives.
Pèlerinage
Renouveler les voeux de p
avec la Corse de S
En 2003, SAS le Prince Rainier III de Monaco foulait la terre de Corse pour la première fois de son long règne. Accompagné de son fils, le prince héréditaire Albert, et entouré d’une immense foule de pèlerins, il était venu célébrer Sainte-Dévote sur le lieu même de son martyre, 1 700 ans plus tôt.
Un pèlerinage gravé dans toutes les mémoires que souhaite faire revivre l’Archevêque de Monaco, Monseigneur Dominique-Marie David en 202527
La Confrérie Sainte-Dévote de Lucciana sur la-
quelle veille Dominique Zattara serait heureuse
et honorée si ce magnifique projet devait abou-
tir. Dès lors que plusieurs centaines de fidèles
monégasques seraient du déplacement, les
autorités les plus éminentes de la Principauté le
seraient aussi, le Prince Albert en tête de cor-
tège, comme il l’avait fait en 2003 où il accom-
pagnait son père. La visite du Prince Rainier
III avait été vécue comme un authentique évé-
nement placé, bien sûr, sous la bénédiction de
Sainte-Dévote, la patronne révérée sur les deux
rives de la Méditerranée. « La cérémonie avait
été particulièrement émouvante pour mon père
et pour moi-même, il ne pouvait y avoir pour
nos deux communautés rassemblées plus belle
entrée en matière pour la célébration du XVIIe
siècle du martyre de Sainte-Dévote. Je me sens
heureux d’être parmi vous. Le sentiment de fra-
ternité traverse le temps… » se souvient avec
un pincement au cœur Albert II qui, six années
plus tard, scellait le jumelage entre Monaco et
Lucciana puis posait, aux côtés de José Gallet-
ti, la première pierre du musée de site qui porte
le nom de son défunt père.
Rainier III à jamais
dans les mémoires…
De cette fête de la Pentecôte de 2003, on
garde le souvenir d’une journée ensoleillée,
remplie de joie et de dévotion. Une foule dense
et recueillie d’un millier de pèlerins - dont plus
de deux cents monégasques - s’était unie,
physiquement et spirituellement derrière leurs
deux pasteurs, Mgr André Lacrampe, évêque
d’Ajaccio, et Mgr Bernard Barsi, archevêque de
Monaco, venu deux ans plus tôt pour préparer
le pèlerinage. Une communion dans la ferveur
chrétienne, à l’endroit même du martyre de
Dévote dont les reliques avaient traversé la mer
avec la délégation princière. Son Altesse Séré-
nissime, qui venait alors tout juste de célébrer
son 80e anniversaire, avait été chaleureuse-
ment accueillie, entourée et applaudie, elle-
même visiblement émue de prendre place au
premier rang de la nef de la cathédrale, face à
la statue de bronze de Dévote, agenouillée sur
une barque en marbre cérulescent de Carrare,
religieusement amenée par ses soins.
Après la messe solennelle illuminée par les
chants polyphoniques sacrés, Rainier III avait
arpenté les chapiteaux d’A Fiera di a Canoni-
ca et longuement échangé avec les artisans
locaux puis visité les vestiges archéologiques,
posant des questions sur l’histoire du lieu, les
campagnes de fouilles et les découvertes. Et
ce, sans savoir qu’un jour son nom serait à
jamais associé au site. Il sera présent dans tous
les esprits à la faveur du pèlerinage de l’année
prochaine, si le projet se concrétise avec le
soutien sans faille de la commune et le sens de
l’hospitalité de la population de Lucciana.
e paix et de fraternité
e Sainte-Dévotenu un 7
28
Marana-Golo
Le territoire de Marana-Golo, c’est la Corse
des cartes postales, avec ses longues plages
de sable doré le long desquelles la mer Tyrrhé-
nienne tricote sa dentelle d’écume et ses pay-
sages montagneux à couper le souffle.
C’est aussi la Corse hors des sentiers battus,
celle des lieux endémiques du patrimoine, le
musée de site archéologique, le lit du Golo ou
le paradis ornithologique de la Réserve natu-
relle de l’étang de Chiurlinu. On peut y faire
toutes les activités de plein-air, de la randonnée
au kayak en passant par les balades à cheval,
enrichir ses connaissances sur l’histoire de la
Corse et profiter du savoir-faire artisanal. Pour
ce qui est de l’hébergement et de la gastrono-
mie, l’offre est à la hauteur de l’attractivité.
Piloté avec dynamisme par la présidente
Isabelle Giudicelli et la directrice Géraldine
Ferralis, l’Office de Tourisme de Marana-Golo
est le centre névralgique pour promouvoir la
microrégion mais, plus encore, pour l’offrir sur
un plateau. Depuis sa création, la qualité de
ses actions et celle de ses équipes, resser-
rées mais vaillantes, lui valent un classement
professionnel haut de gamme et une notoriété
publique amplement méritée. Il ne s’endort pas
pour autant sur ses lauriers comme l’attestent la
mise en œuvre d’une stratégie numérique plus
performante en termes de visibilité, de promo-
tion, d’image de marque et de proximité ainsi
que ses deux dernières publications : un guide
touristique 2024-2025 actualisé et remarquable-
ment enrichi et la création d’une cartographie
ludique Kids friendly à destination des familles.
Les enfants se voyant par ailleurs proposer
un « jeu de piste » avec leurs parents dans un
village ou un espace naturel, une animation qui
s’inscrit dans l’esprit du parc à thème.
Tourisme
Pays béni des Dieux
Sous la présidence d’Isabelle Giudicelli, l’Office de tourisme a gagné en visibilité et en notoriété. Bientôt de retour sur la commune de Lucciana, il promeut le tourisme durable, multiplie les initiatives originales et met en scène des évènements culturels= = = —
= =
29
La proximité et le tourisme
durable privilégiés
Afin de mieux capter l’intérêt de la clientèle et
attiser sa curiosité sur le large panel d’activités et
de visites de Marana-Golo, l’Office a réalisé son
propre Schéma d’accueil et de diffusion de l’in-
formation afin d’être au plus près des visiteurs,
en particulier ceux qui n’ont ni prévu ni réservé
leurs activités en amont de leur séjour, pour les
informer, les conseiller, les guider. L’initiative a
pris la forme sympathique d’un triporteur présent
sur le cordon lagunaire de juin à septembre, pré-
cisément dans deux lieux choisis pour leur densi-
té de fréquentation : le camping San Damiano et
le centre commercial Leclerc.
De même, l’Office déploie une offre adaptée aux
souhaits de chacun et accessible gratuitement.
Ce peut être la visite commentée d’un village
ou une randonnée découverte. Dans le droit fil
de son programme « Écotour » et de sa charte
écoresponsable, de nouveaux itinéraires se-
ront proposés à court terme avec pour objectif
éthique la valorisation du tourisme circulaire et
des principes vertueux du développement du-
rable. Et ce, avec les PME du secteur pour par-
tenaires. La réussite de ce concept, qui favorise
l’émergence de nouvelles pratiques et confère
aux visites plus de sens et moins de carbone,
pourrait prochainement déboucher sur une cer-
tification européenne. En attendant, l’Office de
Tourisme Marana-Golo, sous l’impulsion de sa
présidente Isabelle Giudicelli, s’apprête à quitter
Borgo pour un retour à Lucciana, au croisement
de Crucetta, là où les flux convergent de tous
les points cardinaux. Un lieu plus spacieux, plus
fonctionnel et plus accessible. Un espace où
l’Office pourra être le miroir fiable et bienveillant
de l’hospitalité corse.
Isabelle
Giudicelli
(à droite)
et l’équipe
de l’Office
de tourisme.
« Arte Festival » à Borgo en 2025
L’Office de tourisme de Marana-Golo a créé un évènement
culturel festif, une biennale baptisée « Arte Festival », un festival
interactif d’art numérique qui mêle avec bonheur la création
visuelle contemporaine, en elle-même déjà spectaculaire, tout en
mettant en valeur des villages de l’intercommunalité, la culture,
les traditions, le patrimoine naturel et historique.
Prochain rendez-vous en septembre 2025 à Borgo-village.
La première édition avait connu un succès retentissant : le parcours
nocturne de Monte avait été arpenté par plus de 4 000 visiteurs
immergés dans un univers onirique façonné par le mariage entre la
nature et la technologie. Un itinéraire jalonné d’œuvres lumineuses
et poétiques nées de l’imagination d’artistes-scénographes de talent.
La musique et la polyphonie étaient venues étoffer le décor sonore,
grâce entre autres à Diana di l’Alba. Un nouveau chemin de lumière
et d’imagination est promis à Borgo.
Les chiffres*
4 500 personnes
accueillies dans les locaux
155 000 visiteurs
numériques (72 % de
femmes) 77 % des
visiteurs sont Français
(des familles pour plus
de la moitié)
510 000 € : le montant
de la taxe de séjour
(+ 6 % de nuitées)
* Principales données
enregistrées en 2023- 7
30
Marana-Golo
Désormais, pour la Collectivité de Corse, l’in-
tercommunalité est l’échelon pertinent pour
organiser l’accompagnement logistique et
financier des entreprises. Une volonté politique
de proximité qui a pris la forme de conventions
entre l’Agence de développement économique
de la Corse (ADEC) et les Communautés de
communes du territoire. La plus récente a été
passée avec Marana-Golo (*) dont Lucciana est
le fer de lance économique. « Tous les secteurs
et l’ensemble des services y sont représentés.
L’activité économique de Lucciana n’a cessé de
s’étoffer et de se diversifier. Parmi ses fleurons
industriels, la Centrale EDF, la SNC Fromagerie
Roquefort, la carrière Bétons et Agrégats et la
liste n’est pas exhaustive. Le fait que le pré-
sident de Marana-Golo soit aussi président de
la CCI de Corse donne plus de sens encore à
cette convention » remarque avec satisfaction
José Galletti.
« Ici, les entreprises
produisent de la valeur »
Déjà, Marana-Golo est la Communauté de
Communes la plus dynamique de l’île. Ses
entreprises sont essentiellement tournées vers
la production de biens et de services. En 2023,
l’ADEC y a accompagné 80 entreprises pour
une aide globale de 3 M€. La convention va
permettre de passer à la vitesse supérieure.
« C’est un bassin économique incontournable,
à la fois productif, agricole et touristique. Pour
autant, cette situation, aussi enviable soit-elle,
doit prendre à bras-le-corps la question du
développement entrepreneurial. Les transitions
écologiques, numériques et sociales auront un
impact significatif sur notre économie mais elles
offriront dans le même temps des opportunités.
Il nous appartient de fédérer, sur la base d’un
diagnostic pertinent, les acteurs, les ressources
et les talents au sein d’écosystèmes innovants,
résilients et coopératifs. Cette exigence est au
cœur de cette convention… »
Alex Vinciguerra estime que Marana-Golo est
le territoire idéal pour l’accomplissement de
la stratégie mise en place par la Collectivité
de Corse dans le cadre du nouveau Schéma
Régional de Développement Economique,
d’Innovation et d’Internalisation (SRDEII) – Ecu-
numia 2030. « Ici, les entreprises produisent
de la valeur, se réjouit le président de l’ADEC.
Il faut favoriser les regroupements en filières
de production, ce qui permettrait de partager
les marchés, notamment à l’exportation, et de
mieux surmonter les difficultés lorsqu’elles sont
communes… »
L’aide est directe lorsque l’ADEC est rendue
destinataire d’un dossier de création ou de
développement, et indirecte via les appels à
projets – devenus la procédure habituelle – qui
permettent de cibler les secteurs d’activités qui
vont faire prospérer la Corse dans le sens du
développement durable, de l’économie circu-
laire et de l’innovation.
Économie
Une nouvelle pierre à l’édifice
Lucciana est l’épicentre de la vie économique de la Communauté de communes Marana-Golo. La convention signée entre Jean Dominici, son président, et Alex Vinciguerra, président de l’ADEC, est un plus pour les entreprises qui veulent s’installer ou se développer= = = em
31
« Lucciana, c’est l’atout maître
de la centralité »
Le président de l’ADEC a fait deux annonces
importantes à l’occasion de la signature de la
convention. La première concerne l’accompa-
gnement des entreprises : les aides seront ver-
sées dans un délai resserré, trois mois au lieu
d’un voire deux ans, pour mettre beaucoup plus
rapidement le projet sur sa rampe de lance-
ment : « Il était indispensable de rapprocher le
temps économique du temps administratif. » La
deuxième, c’est la reconduction, en partenariat
avec les deux chambres consulaires, de l’appel
à projets Cresce orienté vers le soutien des arti-
sans et des petits commerçants. La première
opération avait mobilisé quelque 6 M€ pour plus
de 300 TPE bénéficiaires.
À Lucciana, tous ces dispositifs se déploient sur
un terrain propice, comme l’explique le maire :
« La municipalité s’est évertuée à ne pas aug-
menter les taxes, notamment celles relatives au
foncier bâti. Conserver un niveau d’imposition
locale attractif incite les chefs d’entreprises à
faire le choix de la commune pour s’implanter.
Par ailleurs, les capacités foncières dans le
nord se réduisent, et notre PLU a pu se doter,
en conformité avec le Padduc, de deux SER,
des secteurs d’enjeux régionaux, de Casa-
mozza à Bastia, et en direction de l’aéroport.
À ces atouts juridiques qui laissent présager le
développement de zones d’activités, se greffe
un atout géographique et stratégique favorable,
celui de la centralité. Les deux échangeurs
routiers de Casamozza, le réseau ferroviaire, la
proximité de l’aéroport international, les offres
de services au premier rang desquelles celle du
parc hôtelier, forgent cette centralité, vecteur de
croissance économique… »
Ainsi, pour José Galletti, la convention avec
l’ADEC sur un terrain aussi fertile, est perçue
comme un bon engrais de plus.
(*) Marana-Golo, c’est 167 km2, 24 000 habitants,
13 600 logements, 12 000 emplois répartis sur dix
communes : Biguglia, Bigorno, Borgo, Campitello,
Lento, Lucciana, Monte, Olmo, Scolca et Vignale.
Le chiffre
4 000
Le nombre d’entreprises
implantées sur le territoire
de Marana-Golo
José Galletti :
« L’activité
économique
de Lucciana
n’a cessé de
s’étoffer et de
se diversifier... »
Jean Dominici et Alex Vinciguerra lors de la signature de la convention.AS En
32
Saint-Exupéry, 80 ans après...
Honneur au pilote-écrivain !
En ce jour fatidique, Antoine de
Saint-Exupéry a 44 ans, il n’est pas
seulement un écrivain reconnu et admi-
ré, mais il est aussi le doyen des pilotes
de guerre, une « carcasse » usée par
les heures de vol et les accidents sur
de vieux coucous. Après plusieurs mois
d’interdiction de vol, il est réintégré sur
ordre d’Eisenhower lui-même. L’écrivain
se voit confier le manche d’un Lockheed
Lightning, la formule 1 des avions de
l’époque ! Une belle machine dont le
cockpit mal chauffé et non pressurisé
fait néanmoins souffrir son corps déjà
meurtri. Et pourtant il vole, plus encore
que les autres pilotes plus jeunes que
lui. Autorisé à accomplir cinq missions de
reconnaissance, il en est déjà à neuf, lorsque
le 29 juin 1944, malgré un moteur en panne, il
survole la plaine du Pô et photographie le port
stratégique de Gênes, au nez et à la barbe des
chasseurs allemands. Installé en Corse depuis
le 17 juillet, sa dixième a pour nom de code
Soda.
Le commandement américain envisage de lui
révéler des détails essentiels du prochain dé-
barquement en Provence. Ainsi, on ne courrait
pas le risque qu’il soit fait prisonnier.
Mais ce 31 juillet, le matin de ce dernier vol,
Saint-Exupéry est introuvable. Son lit n’a pas
été défait. On lui prépare déjà un remplaçant
lorsqu’à 7 heures, il débarque au mess, le
regard fatigué. La veille, plutôt que d’aller se
coucher à 20h30 comme le prévoit le règle-
ment, il a passé la soirée dans une auberge
du bord de mer. À 7 h 30, le commandant de
Saint-Exupéry arrive sur le terrain de Poretta
où l’attend son Lightning F-5B. Deux hommes
l’aident à enfiler son épaisse combinaison,
à boucler son parachute. Il s’installe dans
l’étroite nacelle et adresse aux hommes du
tarmac un dernier signe de la main. On ôte les
cales sous les roues, l’appareil se dirige en
bout de piste et décolle avec une réserve de
six heures de carburant. Il est 8h45. Vingt-cinq
minutes plus tard, la station radar américaine
Colgate annonce que l’avion a franchi la côte
vers Hyères. On ne le reverra plus…
Hommage
« Quand nous prendrons conscience
de notre rôle, même le plus effacé, alors
seulement nous serons heureux, car
ce qui donne un sens à la vie donne un
sens à la mort. »
Antoine de Saint-Exupéry
(Terre des Hommes)
Le 31 juillet 1944, Antoine de Saint-Exupéry s’envolait pour la dernière fois du camp militaire Henri Martin alors sur le territoire de Borgo. Un hommage particulier sera rendu à celui qui fut pionnier de l’aviation civile et écrivain, autour du célèbre « Petit Prince ». Le célébrer, c’est célébrer le courage, la liberté, la poésie…33
Saint-Exupéry stationnait en Corse long-
temps avant son dernier vol. Quel était son
rapport à l’île ?
L’été 1944 lui était particulièrement agréable :
fier de participer à la guerre, fier de se retrou -
ver sur une terre tout aussi fière de combattre
pour la France. Il aimait éperdument la Corse,
sa beauté, son climat. Il quittait fréquemment
la base, parfois, on ne le voyait pas de la
journée, pas toujours présent au mess des
officiers. Il aimait rencontrer la population
locale, boire dans des auberges, se mêler à
des déjeuners dans des guinguettes comme
la dernière soirée où il entreprit une jeune fille
qui dansait avec un groupe d’amis, pour lui
faire des tours de prestidigitation et pousser la
chansonnette…
Quand il décolle pour la dernière fois, c’est
à la veille du débarquement en Provence.
Que sait-on de sa mission ?
Comme les précédentes, une mission photo-
graphique destinée à prendre des clichés des
bases ennemies. Seul impératif, ne pas voler
trop bas, afin de ne pas se faire détecter. Il n’a
pas résisté cependant en pilote sûr de sa force
et de son aura à l’ivresse qui dut s’emparer
de lui par ce beau matin d’été méditerranéen,
en survolant une mer qu’il affectionnait et le
rapprochait de sa mère et des siens particuliè-
rement du château d’Agay à Saint-Raphaël ou
résidait sa sœur.
Son œuvre littéraire est indissociable de sa
carrière de pilote. S’il n’avait pas été dans
l’Aéronavale, aurait-il été écrivain ?
Avant même de rejoindre l’Aéropostale, il
exprimait son tempérament d’artistes, il écri-
vait des poèmes et dessinait des caricatures.
Il s’est toujours considéré comme un témoin.
De son temps et de l’Humain. C’est pourquoi
l’avion a influencé ses écrits. En ce sens, Saint
Exupéry rejoint la grande littérature des an-
nées 30-40, celle qui a vu naître Hemingway,
Jules Roy, Joseph Kessel, c’est-à-dire des
écrivains « de terrain ».
Une cérémonie sur son 31
La journée du mercredi 31 juillet sera à marquer d’une pierre blanche. Elle commencera le matin par une messe à 10h30 en l’église de l’Annonciation de Borgo présidée par Son Éminence le cardinal François Bustillo. À midi, arrivée à l’ancien camp Henri Martin en présence des personnalités civiles et militaires au premier rang desquelles le préfet de la Haute-Corse, le Commandant de la Base aérienne 126 de Solenzara et un descendant de Saint-Exupéry. Y sera planté un olivier. Une stèle sera ensuite inaugurée à Borgo, au camp Colonna d’Istria. La journée commémorative se poursui- vra à l’aéroport de Bastia-Poretta à partir de 15 heures où sont prévus une exposition, des ateliers mémoriels et un dépôt de gerbes devant la stèle qui accueille chaque année la cérémonie du souvenir. Sonnerie aux Morts. Minute de Silence. Hymne national. Avant la soirée de gala qui se dérou- lera à la salle des fêtes de Borgo, seront remis les prix du concours péda- gogique « Parle-moi de Saint-Exupéry » organisé à destination du public scolaire par l’Office national des Combattants et Victimes de Guerre.
Trois questions à... Alain Vircondelet
(Biographe de Sant Exupéry)
« Amoureux fou de la Corse »EE? ER
34
Sports
Le KBC Lucciana
a encore réussi son coup !
Le Cosec Mathieu Nucci a fait le plein de spec-
tateurs le 13 avril, à l’occasion du gala annuel
du Kick-boxing club de Lucciana. Une fois
encore Roger Santoni et son équipe ont réussi
à mettre en place une réunion particulièrement
attractive avec neuf combats amateurs et un
professionnel, dans huit catégories de poids.
Les combattants corses (Ajaccio, Bastia, Por-
to-Vecchio, Lucciana) ont partagé l’affiche avec
des représentants de clubs du continent, essen-
tiellement du sud-est du pays.
« C’est le fruit de plusieurs mois d’investisse-
ment car dès que ce gala sera terminé on ne
tardera pas à travailler sur l’organisation du pro-
chain » soulignait Roger Santoni, le président
d’u KBCL dont la réputation n’est plus à faire.
Rompu à ce genre d’exercice, le club luccianais
a d’autant plus réussi son coup que sur le ring
les combattants ont offert un spectacle de quali-
té tout au long de la soirée, dans une salle bien
« chauffée » !
Et carrément survoltée, quand le local Fabien
Vellutini rejoignait sur le ring Florent Rieu (KBC
Marguerites) pour une explication en - 86 kg.
Le Luccianais l’emportait aux points au terme
d’un combat bien géré face à un adversaire
solide. Tout autant porté par le public, Pierre-
Paul Santini, l’autre représentant du KBCL dans
cette soirée, a également « assuré » dans sa
confrontation face à Mickaël Valcke (Figth team
de Nice) en – 91 kg. Une victoire obtenue aux
points grâce plus particulièrement à une meil-
leure maîtrise en anglaise.
On notera aussi dans le camp corse, le succès,
en - 71 kg, de Thomas Colonna-Cesari (Boxing
Porto-Vecchio) sur Axel Content (Boxing Dra-
guignan) pas en mesure d’aller au bout des
rounds, et celui d’Alexis Acardo (Pitbull Ajac-
cio), en + 91 kg, devant Quentin Tramoni (Car-
noules).
À 23 heures passées, le combat pro (- 67 kg)
réunissait le Lyonnais Achraf Aasila (Team Hou-
mer Lyon) et Jérôme Valla (Section Paloise).
Et ça valait vraiment le coup d’attendre, tant
le combat fut intense et de qualité sur le plan
technique. La victoire revenait au Lyonnais face
à un Palois qui aura tout donné.
Roger Santoni
(2e à gauche)
en compagnie
de combattants
et officiels du
KBCL.3536
Sports
Avec le départ de Tchouky Corlija (voir pages
suivantes), c’est un chapitre de l’histoire du Gal-
lia qui s’est clos. Pour écrire le suivant l’équipe
dirigeante, en place depuis un an maintenant, a
fait le choix de la promotion interne en confiant
la responsabilité de l’équipe fanion à un duo
composé de Jean-Claude Cloet et Steven
Inzerillo.
Ancien professionnel passé par Valenciennes,
Nancy, Cannes et St-Dizier, Jean-Claude Cloet
a occupé plusieurs responsabilités techniques
au sein du Gallia, qu’il a rejoint en 2009.
Formé à Lyon et passé ensuite par plusieurs
clubs, Steven Inzerillo est installé en Corse
depuis plusieurs années puisqu’avant celui de
Lucciana, il avait porté le maillot de Calvi et
de Borgo. Après y avoir bouclé sa carrière de
joueur, il a entamé sa reconversion au Gallia,
en devenant en 2022 l’un des adjoints de Corli-
ja.
Si ce duo va devoir composer sans Jeff Gri-
maldi qui a décidé de mettre un terme à sa
carrière, il savait déjà pouvoir compter, à l’heure
où ce bulletin était publié, sur une recrue de
premier choix en la personne d’Anthony Robic,
ancien attaquant du SCB qui compte à son actif
plus de 250 matches dans le circuit pro. Un pré-
cieux renfort dans la perspective d’une saison
difficile avec cinq relégations (sur 14 équipes)
programmées dans le cadre de la refonte des
championnats nationaux.
L’autre bonne nouvelle de l’inter-saison est ve-
nue de la DNCG avec la validation des comptes
du club sans la moindre restriction. Ce qui
témoigne d’une gestion saine de la part d’une
équipe dirigeante qui, par la voix de Jérôme
Santoni, Anthony Zamboni et Jean-Marc Mattei,
a toutefois tenu à insister « sur le soutien sans
faille de la municipalité, toujours sensible à nos
efforts pour assurer une bonne représentati-
vité de la commune et offrir à nos gamins des
bonnes conditions d’épanouissement par le
football… »
Il en sera encore de même lors du prochain
exercice qui s’ouvrira avec les trois coups du
Championnat de N3 (le 25 août) et, dans la
foulée, par le traditionnel tournoi de jeunes (du
29 août au 1er septembre). Sera alors mise sur
orbite une saison que le Gallia fera encore en
sorte de placer sous le signe de la convivialité
et du partage.
Le nouveau staff
Entraîneurs : Jean-Claude Cloet
et Steven Inzerillo.
Préparateur physique : Christophe Girard.
Préparateur des gardiens : Bernard Rossi.
Kiné : Stéphane Cornille.
Médecin : Renaud Garcin.
Intendant : Patrick Mariani.
Entraineur de la réserve et responsable
de la préformation : Olivier Sbaïz.
Un duo aux commandes du Gallia
De gauche à droite :
Bernard Rossi,
Steven Inzerillo,
Jean-Claude Cloet,
Stéphane Corneille,
Christophe Girard
et Patrick Mariani.37
Tchouki, rappelle-nous dans quelles
conditions tu es arrivé à Lucciana après
avoir entraîné au SCB, à l’EFB et Borgo…
Le club venait de se séparer de Didier Gilles et
le projet que m’avaient présenté le président
Pierre-Jo Santini et le directeur sportif Jean
Lorenzi avait suscité mon intérêt. Le club accé-
dait en N3 et le challenge consistait aussi, outre
la préparation de l’équipe-fanion, à mettre en
place des structures qui permettent au club de
se stabiliser à ce niveau. Cela ne pouvait que
me plaire.
Comment s’était passée cette arrivée dans
le circuit des championnats nationaux ?
Nous partions dans l’inconnu et il nous a fallu
prendre nos marques. Mais cela n’avait pas pris
trop de temps. Nous devions aussi, en parallèle,
apprendre à nous connaître, ce qui a été encore
plus rapide car une confiance naturelle s’est
très vite instaurée entre nous trois.
Sportivement, nous avons réalisé une saison
très honorable, et avons pu, durant les sui-
vantes, asseoir notre présence à ce niveau en
améliorant nos structures comme cela avait été
planifié. Le but était de faire de notre petit club
amateur une structure qui, avec ses moyens,
fonctionne sur un modèle professionnel. Et le
maire José Galletti contribué à l’aboutissement
de ce projet en consentant les efforts néces-
saires en termes d’infrastructures.
.../...
Arrivé à Lucciana à l’été 2017 pour occuper la fonction d’entraîneur principal du club, l’ancien buteur va désormais dispenser son savoir sous d’autres cieux. Il est revenu pour nous sur les sept belles saisons qu’il a passées au club
Tchouki Corlija : « J’ai vécu
sept belles années »38
Sports
Sur l’ensemble des sept saisons, quelles
sont tes motifs de satisfaction ?
C’est parce qu’il y en a beaucoup que je tire
un bilan très positif de mon passage au Gal-
lia ! C’est aussi pour cela que je suis en droit
de partir tête haute, comme Pierre-Jo Santini
avait pu le faire un an plus tôt. Sans prétention
aucune, je crois que lui comme moi – et Jean
Lorenzi jusqu’à son départ deux ans plus tôt –
avons accompli du bon boulot. J’en veux pour
preuve les solides fondations dont le club est
aujourd’hui doté.
Voilà pour le principal motif de satisfaction.
Mais il y en donc d’autres…
Je suis fier, en effet, que nous ayons été le club
qui a fait le plus confiance aux joueurs du cru…
dont certains sont devenus des profession-
nels convoités. Je pense évidemment à Julien
Maggiotti, Christopher Ibayi, Amine Boutrah
et Sofiane Belle qui évoluent aujourd’hui à un
haut niveau. J’aime bien aussi que l’on fasse
souvent référence au spectacle que nous avons
offert en privilégiant un jeu ouvert. Ce qui a valu
à notre public d’assister à quelques matches
mémorables, tels celui remporté une année
contre Consolat (5-4) ou encore celui qui nous
avait vu faire tomber la grosse AS Cannes de
Yoann Micout avec un triplé de Belle (3-0).
Enfin, les réactions de la plupart des joueurs à
l’annonce de mon départ me portent à croire
qu’ils ont pris un certain plaisir à travailler avec
moi. Ce qui met toujours du baume au cœur.
Ton meilleur souvenir ?
La victoire en Coupe de Corse il y a deux ans,
contre Borgo, pour le 100e anniversaire de la
Ligue Corse. D’autant plus savoureuse que
nous avions perdu notre précédente finale
(contre l’EFB en 2018). Il y a eu aussi deux
participations au 7e tour de Coupe de France
qui nous ont valu de vivre de belles émotions et
ont permis que le nom de Lucciana apparaisse
dans les tirages nationaux.
Et le plus mauvais ?
L’élimination en Coupe de France contre Dran-
cy, sur notre terrain, en 2022. Parce que nous
avions, j’en suis persuadé, les moyens de
réaliser un beau parcours cette année-là. Une
rencontre qui avait, de surcroit, débouché sur
la lourde suspension de notre attaquant Antoni
Saffour, handicapante pour la suite du cham-
pionnat.
Juste un petit mot sur ta dernière saison
au Gallia ?
Une nouvelle équipe dirigeante est arrivée avec
la période induite de découverte et de nouveau
mode de fonctionnement.
Sportivement, nous avons connu une période
compliquée du fait de nos difficultés d’ordre
offensif, liées au départ de notre buteur Na-
djib Souazara. En dix matches, nous n’avions
pu inscrire que 4 buts ! Mais l’exercice s’est
toutefois bien terminé avec une série de cinq
victoires consécutives qui nous a permis de re-
monter à un rang plus conforme à notre poten-
tiel, puisque nous avons terminé 6e. Un classe-
ment proche de ce qu’il a été durant ces sept
saisons, même si notre meilleur rang a été 3e.
Une page que tu tournes visiblement
sans amertume, ni rancœur…
Les dirigeants en place ont considéré que du
changement s’imposait pour que le club entame
un nouveau cycle. C’est un choix que je res-
pecte même si je pars avec le sentiment du de-
voir accompli. Et la grande satisfaction d’avoir,
au niveau des rapports humains, vécu une belle
période au Gallia. J’y ai fait de belles rencontres
au premier rang desquelles celle de Pierre-Jo
Santini pour lequel j’ai le plus grand respect car
il est, à mes yeux, un grand Monsieur.
« Je pars avec le sentiment
du devoir accompli... »39
La voix de l’opposition
Fidèle à nos engagements, nous continuons inlassablement notre travail pour notre commune et nos concitoyens. Nous avions annoncé lors de notre élection que nous ne serions pas dans une opposition systématique mais au contraire que nous avions choisi d’être une opposition de construction. Depuis plus de 4 ans, nous naviguons au même rythme, guidés par le même idéal et la même fidélité.
Nous avons assisté à tous les conseils municipaux, posés des centaines de questions et motions. Et nous sommes toujours à l’écoute des habitants de la commune qui n’ont pas de voix. Nous les invitons à continuer à nous solliciter pour pouvoir faire remonter au cœur du conseil municipal les problèmes qu’ils rencontrent et leur proposition d’amélioration du quotidien, comme nous l’avons fait systématiquement.
Nous appelons également les Luccianinchi à faire entendre leur voix et à soutenir les nombreuses propositions que nous avons faites jusqu’à présent et qui n’ont pas été votées bien qu’elles aillent dans le sens des intérêts collectifs, ou bien qui ont été votées mais qui ne sont pas mises en ap- plication.
Nous ne sommes pas dans l’opposition systématique et au contraire, quand les propositions de liste majoritaire nous semblent aller dans le bon sens, nous n’hésitons pas à les voter, de même que nous nous opposons lorsque les propositions vont à l’encontre des intérêts des habitants de la commune.
Nous continuerons jusqu’au bout du mandat que les Luccianinchi nous ont fait l’honneur de nous confier de porter notre message et ses voix qui ne sont jamais entendues.
Le groupe PER LUCCIANA PER A CORSICA
(Contact : 06.14.08.63.83)
Engagé dans le Championnat de Régionale 1 de la Provence-Alpes-Côte d‘Azur, le RC Lucciana a réalisé une très belle saison ponctuée par un quart de finale dans le Challenge de France. Après avoir mené 18-12 jusqu’à la 53e minute de jeu (essais Loubic et Gelmini, transformation et deux pénalités de Perfetti) le RCL s’insclinait d’un petit point (18-19) devant Marcoussis, sur le terrain de Viry-Chatillon.M
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